
Spectre
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La théorie postcoloniale et le spectre du Capital
Un épisode autour du débat entre marxismes et études post-coloniales à partir du livre de Vivek Chibber, La théorie postcoloniale et le spectre du Capital (Asymétrie, 2018) – avec Benjamin, doctorant en sociologie et en philosophie à l’EHESS.
Economie féministe : la science contre le patriarcat ?
Les femmes gagnent en moyenne 25 % de moins que les hommes chaque mois, leur patrimoine est inférieur de 16% à celui des hommes. L’économie féministe regarde les inégalités femmes-hommes dans les portes-monnaies : pourquoi les conditions de vie des femmes sont-elles plus difficiles que celles des hommes ? Comment subvertir le patriarcat dans l’économie ? Avec Anne Eydoux, économiste au CNAM, présenté par Nino (Attac).
Une histoire des produits menstruels – avec Jeanne Guien
Ce soir nous étions avec Jeanne Guien, chercheuse, spécialisée en philosophie des techniques et en histoire industrielle, à l’occasion de la parution de son livre "Une histoire des produits menstruels" aux éditions Divergences. Cet ouvrage se construit autour de trois grands chapitres : les serviettes puis les tampons jetables et les applications de suivi du cycle menstruel. Il pose de nombreuses questions aussi bien économiques, sociales, écologiques, médicales que politiques !
Comment l’Etat expulse les pauvres – avec Camille François
Ce soir on a discuté avec le sociologue Camille François et fait avec lui l’état des lieux de la hausse des expulsions locatives en France. Après 10 ans de travail, il montre par le menu comment l’État s’y prend pour expulser les pauvres. Son livre De gré et de force est publié aux éditions La Découverte.
Retraites : le FN/RN de Marine Le Pen, l’autre parti du capital
Le Front national devenu récemment Rassemblement national (FN/RN) a indéniablement conquis une frange de l'électorat populaire au cours des quatre dernières décennies. Pour autant, défend-il un programme favorable aux intérêts matériels des classes populaires ? Pas le moins du monde, comme on le montre dans cet épisode avec l'économiste Denis Durand. Après avoir promu des politiques violemment néolibérales pendant les deux premières décennies de son histoire, il défend depuis - avec des évolutions selon l'actualité - une variété particulière de néolibéralisme : hostile au droit de grève et aux syndicats, à la cotisation sociale (donc à la protection sociale) et aux fonctionnaires (donc aux services publics). Plus fondamentalement, le FN/RN se situe dans la continuité de toutes les idéologies d'extrême droite : en défense des hiérarchies supposées naturelles (dont la domination du patron sur les travailleur·ses) et de la liberté des capitalistes d'exploiter sans entraves (sous le faux nez de la "libre entreprise"), contre la fiscalité progressive et l'imposition forte des bénéfices des entreprises, etc. Et contrairement à une idée reçue le FN/RN ne défend nullement la retraite à 60 ans pour tou·tes à taux plein. Loin de là d'ailleurs puisqu'au vu de ses propositions, certain·es devraient attendre 67 ans pour toucher une retraite pleine. S'il prétend ainsi soutenir la mobilisation actuelle qui s'oppose à la contre-réforme des retraites, espérant profiter de l'hostilité à Macron pour se poser en alternative crédible et populaire, il n'a cessé de s'opposer au mouvement réel, notamment en dénonçant la grève reconductible et en défendant les innombrables violences policières contre les manifestant·es.
Nietzsche, penseur rebelle ?
Un épisode qui revient de manière critique sur Nietzsche, sa philosophie ni nazie ni révolutionnaire, et son succès à l'extrême-gauche comme à l'extrême-droite - avec Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie, membre du comité de rédaction des éditions Crise et critique, auteur de « Le cas Nietzsche. Pourquoi Nietzsche n’est pas soluble dans une critique émancipatrice de la modernité » dans Jaggernaut n°1.
Comment lutter contre la corruption ? – avec Elise Van Beneden d’Anticor
Ce mercredi on parle résistance citoyenne avec Elise Van Beneden, avocate et présidente de l’association Anticor. On parlera de la corruption, de son coût économique mais aussi politique et bien sûr de la lutte menée par Anticor, au nom des citoyen·nes en rappelant que "la Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation", et que tout manquement à cet esprit, c’est-à-dire quand le pouvoir devient un moyen de servir ses propres intérêts est donc une perte de souveraineté populaire. Nous parlerons aussi des pistes ouvertes par Anticor pour la reconquérir !
Pour une sociologie de la race (2e partie)
Dans ce nouvel épisode de Contresons, on discute avec nos invitées Solène Brun et Claire Cosquer de leur livre "Sociologie de la race", paru récemment aux éditions Armand Colin. Plaidoyer pour une prise au sérieux des rapports sociaux de race, réflexion sur les concepts (race, racialisation, intersectionnalité, etc.), discussion des questions méthodologiques que soulève l'étude de la race, et synthèse des travaux sur les rapports sociaux de race dans le contexte français, ce livre est un apport majeur pour quiconque s'intéresse au racisme, et plus largement aux inégalités et aux rapports de domination. Dans cette 2e partie, on revient sur les apports de Frantz Fanon et de Colette Guillaumin, notamment autour des concepts de "racialisation" et de "racisation". On interroge également les manières concrètes de mener des recherches sur la race en sociologie, qu'il s'agisse d'enquêtes quantitatives (posant la question très discutée des dites "statistiques ethniques") ou de terrain (par entretiens et/ou observation). On évoque aussi les croisements, les échanges et les emprunts, voire les imbrications, entre les mouvements sociaux, ici les mouvements antiracistes, qui ont joué un grand rôle dans l'élaboration des catégories d'analyse de la race, et la recherche sur les rapports sociaux de race dans le cadre des sciences humaines et sociales. Et puis enfin on soulève les difficultés et les enjeux proprement politiques que rencontrent les recherches sociologiques sur la race en France ici et maintenant.
Laogai, le goulag chinois au coeur du pouvoir – avec Tania Rakhmanova
Cette semaine on a reçu en plateau la documentariste Tania Rakhmanova à l’occasion de la diffusion sur Arte du film "Les camps, secret du pouvoir chinois" Dans son documentaire en image d’archives et en dessins, nourri de glaçants témoignages de victimes, on plonge au cœur de l’effroyable système concentrationnaire chinois, instauré par Mao Zedong à la fin des années 1940. Ce système est toujours d’actualité puisque la surveillance reste généralisée dans la Chine du XXIe siècle et chacun peut être enfermé au "laogai", ce qui fait dire à l'une des victimes que ce pays est une "immense prison". Ce documentaire est programmé mardi 28 mars à 20h55 sur Arte et il est disponible en replay dès à présent sur le site arte.tv
Le mythe de l’entrepreneur. Défaire l’imaginaire de la Silicon Valley – avec Anthony Galuzzo
Cette semaine on a reçu en plateau le chercheur Anthony Galluzzo, maître de conférences à l’université de Saint-Étienne, qui s’attaque aujourd’hui à l’imaginaire de la Silicon Valley. Tous ces entrepreneurs de la "tech" sont, certes, des acteurs économiques, mais sans doute avant tout, le produit d’un discours : ce sont des personnages médiatiques qui assurent à l’ordre capitaliste sa vertu et sa légitimité…
Genre et politiques de l’emploi, Que font du genre les politiques institutionnelles ? – avec Gwenaëlle Perrier
Chômage, précarité, temps partiel, plafond de verre ou plancher collant.... Ce soir, on a parlé avec la chercheuse Gwenaëlle Perrier qui vient de publier "Genre et politiques d’emploi en France et en Allemagne" aux éditions des Presses Universitaires de Rennes. Les politiques française et allemande de lutte contre le chômage contribuent-elles à réduire les inégalités entre les sexes sur le marché du travail ? Le gender mainstreaming porté par l’Union européenne a-t-il favorisé une prise en compte de cette thématique dans les politiques d’"activation" des personnes sans emploi ? L’enquête de Gwenaëlle Perrier, centrée sur deux cas locaux montre que, malgré l’institutionnalisation des questions de genre dans le secteur de l’emploi, un écart important subsiste entre les objectifs proclamés de ces politiques valorisant l’égalité et leur mise en oeuvre locale. Dans un contexte où priment le retour rapide en emploi et la lutte contre la précarité, l’objectif d’égalité des sexes reste peu légitime, et donc peu approprié.
Pour un matérialisme ouvert et pluraliste. Marxisme et études post-coloniales
Un épisode de mise en dialogue critique de Marx, du marxisme et des études post-coloniales avec Kolja Lindner, maître de conférences à l’Université Paris 8, éditeur avec L'Asymétrie de Le Dernier Marx (2019), et auteur de plusieurs articles sur ce sujet.
La vie d’une librairie de quartier – avec Anaïs du Rideau Rouge
Cette semaine nous recevons Anaïs, libraire passionnée et militante, qui a ouvert il y a une vingtaine d’années la librairie Le Rideau rouge dans le XVIIIe arrondissement. Nous parlerons avec elle notamment des évolutions du métier, de son engagement, de différentes manières de militer à travers les activités qu'elle développe dans sa librairie comme la mise à disposition récente d’une bibliothèque militante, sa participation au projet « L’Europe des libraires indépendants » ou à l’Association pour une écologie du livre. La librairie Le Rideau rouge est située au 42 rue de Torcy, 75018 Paris
Le style réactionnaire. De Maurras à Houellebcq – avec Vincent Berthelier
Ce soir nous parlons littérature (de droite) : Y a-t-il un "style de droite" ? Le "style" n'appartient-il qu'à la droite ? Le style est-il une invention réac ? Nous recevons Vincent Berthelier, maître de conférences en littérature française à l’Université Paris Cité pour parler de son livre paru aux éditions Amsterdam « Le style réactionnaire - De Maurras à Houellebecq ». Nous traverserons avec lui plus d’un siècle de littérature très très à droite pour interroger les rapports entre les choix esthétiques, la manière d’écrire d’auteurs comme Bernanos, Jouhandeau, Aymé, Morand, Cioran, Renaud Camus… (que des hommes !) et leurs idées politiques.
De la grève générale en Grèce, vers un soulèvement de la jeunesse en mars ? – avec Fabien Perrier
Le mercredi 15 mars, à la veille de grève générale en Grèce, nous recevons le journaliste Fabien Perrier de passage de Paris pour nous parler des mouvements de protestation de la Crète à Thessalonique, de Patras à Volos, de Lesbos à Ioannina depuis la catastrophe ferroviaire qui a révélé de graves dysfonctionnements dans le secteur des chemins de fer récemment privatisé. Au delà de la catastrophe ferroviaire qui a bouleversé le pays, les Grecs crient leur ras-le-bol face à la détérioration des services publics dans un pays saigné à blanc par les années de crise et les plans d’austérité imposés par ses créanciers.
Corset de papier, Une histoire de la presse féminine – avec Lucie Barette
Hasard du calendrier, nous diffusons, pour le 8 mars, un entretien enregistré avec la chercheuse en littérature Lucie Barette qui a publié en 2022 aux éditions Divergences "Corset de papier - une histoire de la presse féminine" Nous plongerons avec elle dans l’histoire de la presse et constaterons que les sujets abordés par les journaux dits féminins n’ont pas tant changé que ça depuis le XIXème, qu’on y trouvait déjà un idéal de beauté bien spécifique et des injonctions à la performance. Mais heureusement, il y avait aussi quelques leviers de subversion. Bref, de quoi faire un état des lieux du chemin parcouru et de ce qui nous reste à parcourir !
Théorie(s) politique de la race et du racisme
"Non, la race n'existe pas. Si, la race existe. Non certes, elle n'est pas ce qu'on dit qu'elle est, mais est néanmoins la plus tangible, réelle, brutale des réalités" (Guillaumin). C'est en partant de ce paradoxe de "la race" comme inexistante biologiquement mais structurante socialement, et à ce titre incontournable pour tout mouvement d'émancipation sociale digne de ce nom, que nous discutons dans cet épisode de deux théories politiques de la race et donc du racisme, celle de l'autrice de cette citation, Colette Guillaumin, sociologue, féministe matérialiste et autrice à ce sujet de L'idéologie raciste (Gallimard, 1972) et de Sexe, Race et Pratique du pouvoir (éditions iXe, 2016), et de Théorie Communiste, collectif-revue marxiste qui a consacré son numéro 26 à ce sujet.
Face à la progression des forces ouvrières, le nazisme fut une contre-révolution
90 ans après l'arrivée de Hitler au pouvoir, le 30 janvier 1933, ce nouvel épisode de "Minuit dans le siècle" revient sur un moment historique un peu oublié mais qui contribua à électriser contre lui les forces nationalistes allemandes (dont les nazis constituaient la frange la plus extrême) : l'instauration de la République en novembre 1918, l'émergence de conseils d'ouvriers et de soldats partout dans le pays, et la possibilité réelle d'une révolution communiste. Avec l'historien Jean-Numa Ducange, autour de son livre récent "La République ensanglantée" (paru aux éditions Armand Colin), on discute également du cas autrichien, qui vit le parti socialiste le plus puissant au monde conquérir la capitale, Vienne, et la gouverner pendant plus d'une quinzaine d'années, puis être vaincu militairement par ce qu'on nomma l'austrofascisme. On essaie ainsi de comprendre comment les mouvements ouvriers les mieux organisés et les plus imposants au monde ont pu être défaits - sans combattre véritablement dans le cas allemand - par différentes variétés du fascisme, en rappelant l'origine et l'ampleur des sectarismes croisés entre socialistes et communistes qui les empêchèrent de bâtir un front uni face au danger mortel qu'ils affrontaient. Cet épisode permet ainsi d'aborder certains des débats stratégiques centraux pour l'antifascisme d'hier, mais aussi d'aujourd'hui.
Une analyse critique de la collapsologie
Une émission d'analyse critique de la collapsologie française et de ses thèses - avec Benoit, théoricien de la critique de la valeur et auteur à ce sujet d'Une critique anticapitaliste de la collapsologie (L'Harmattan, 2023) et Théa, qui travaille sur Marx et l'écologie et qui a écrit un article à ce sujet dans Autonomie de classe.
Alcools et colonisation #4 : Histoires de rhum
Dans cet épisode, Margo et Julie s’intéressent au rôle des esclaves dans le développement de l’industrie du rhum dans les Caraïbes à la période moderne. Elles en discutent avec Camille Cordier, spécialiste des marchés et des tavernes à Saint Domingue (l’actuelle Haïti) au XVIIIe siècle, et Julie Duprat, qui travaille sur la place des esclaves et des affranchis de couleur à Bordeaux au XVIIIe siècle. Camille et Julie D. montrent que les esclaves ont été actifs dans l’amélioration et la diffusion des techniques de production des deux côtés de l’Atlantique, ainsi que dans le commerce licite ou illicite de la boisson. Elles s'intéressent aussi aux modes de consommation du rhum, sa place dans le quotidien des personnes esclavisées comme lors des révoltes visant à renverser l'ordre colonial.
Pourquoi la gauche et les mouvements populaires ont-ils subi un coup d’arrêt au Chili ?
Avec Franck Gaudichaud on revient sur la situation politique au Chili dans ce nouvel épisode de "C'est quoi le plan", le podcast de la revue Contretemps consacré aux questions stratégiques. La gauche vient d'y subir un revers très important avec le large rejet par la population du projet de nouvelle constitution, qui devait mettre fin à la constitution actuelle, imposée sous la dictature de Pinochet. Il est crucial de comprendre ce qui se joue au Chili, tant on y voit se cristalliser toutes les contradictions sociales et politiques qui sont au coeur du capitalisme contemporain, et toutes les difficultés pour la gauche de rompre avec l'ordre néolibéral existant, particulièrement violent et destructeur dans sa variété chilienne. Franck Gaudichaud nous aide donc à y voir plus clair, avec un retour sur les trente dernières années - qui ont vu se déployer une "transition démocratique" laissant largement en place les institutions et les politiques de la dictature militaro-néolibérale - mais aussi sur la séquence qui s'est ouverte en 2019 avec la grande révolte populaire et les luttes qui l'ont préparée au cours des années 2010.
Jeunesse, écologie, féminisme : les retraites au cœur de nos luttes
Le gouvernement poursuit sa bataille contre la protection sociale : voici la réforme des retraites ! Ce mois-ci dans Du Mouvement Social, panorama des raisons de ne pas la vouloir. Au lieu de réparer les dégâts du patriarcat, si une femme galère dans sa carrière, la retraite la sanctionnera. Et plutôt que de travailler pour une société respectueuse de l'environnement, c’est dans le même monde que le pouvoir entend offrir aux jeunes de continuer à vivre. Qu’est la réforme des retraites – édition 2023 – et surtout, que n’est-elle pas ? Avec : - Hugo Prévost, membre de L’Alternative - Lisa, des Féministes Révolutionnaires - Vincent Gay, militant de l’Espace Ecologie et société d’Attac
Caisses de grève – mode d’emploi
Ce nouvel épisode de "La lutte c’est classe" sur Spectre est consacré aux caisses de grèves, à leur histoire et leur actualité, quelques jours après la puissante manifestation du 19 janvier 2023 contre la réforme des retraites. Gabriel Rosenman, doctorant en sociologie et histoire sur les caisses de grève, anciennement cheminot, militant à Sud, et Romain Altmann, secrétaire général d’infocom CGT et coordinateur de l’association caisse de solidarité, répondent à Fanny Gallot, militante FSU. Comment faire une caisse de grève ? Faut-il créer une association, un compte en banque ? A qui va l’argent, comme le répartir ? Quelle est l’histoire des caisses de grève ? Quelles différentes stratégies, syndicales ou non, pour en faire un outil de lutte sociale ?
Le marxisme écologique en débat
Une présentation des théories et des débats d’Andreas Malm et de Jason Moore, deux des principaux penseurs du marxisme écologique contemporain – avec Benjamin, doctorant en sociologie et en philosophie à l'EHESS.
Pour une sociologie de la race (1re partie)
Dans ce nouvel épisode de Contresons, on discute avec nos invitées Solène Brun et Claire Cosquer de leur livre "Sociologie de la race". Plaidoyer pour une prise au sérieux des rapports sociaux de race, réflexion sur les concepts (race, racialisation, intersectionnalité, etc.), discussion des questions méthodologiques que soulève l'étude de la race, et synthèse des travaux sur les rapports sociaux de race dans le contexte français, ce livre est un apport majeur pour quiconque s'intéresse au racisme, et plus largement aux inégalités et aux rapports de domination. Dans ce 1er volet, après être revenues sur les objectifs poursuivis en écrivant cet ouvrage, elles rappellent en quoi la race est une construction sociale et pourquoi il faut la prendre au sérieux.
Trajectoires du fascisme en Turquie
Le meurtre récent en plein Paris de trois membres de la communauté kurde, ainsi que la grande manifestation en l’honneur de Fidan Doğan, Sakine Cansız et Leyla Söylemez, trois militantes du mouvement kurde assassinées il y a dix ans à Paris également, réclamant qu’enfin justice soit faite, est venue rappeler la brutalité de la persécution que subissent les populations kurdes en Turquie, de la part du régime de Recep Tayyip Erdoğan, mais aussi des mouvements d’extrême droite. Avec Emre Öngün, militant franco-turc et docteur en science politique, nous revenons dans ce nouvel épisode sur les trajectoires du fascisme en Turquie. Celui-ci est principalement incarné, depuis près d’un demi-siècle, par une organisation : le MHP (parfois connu à travers son symbole, le « loup gris »). Mais il trouve ses racines intellectuelles chez Nihâl Atsiz, un écrivain qui fut proche du nazisme et qui élabora les principaux fondements idéologiques du fascisme turc. Le MHP est depuis 2015 un allié d'Erdoğan, qui se trouve lui-même engagé depuis une dizaine d'années dans un processus de fascisation marqué par une répression féroce des mouvements kurdes, l'enfermement de milliers de militant·es (notamment du HDP), la suppression de nombreux médias indépendants du pouvoir, le licenciement de centaines de milliers d'employé·es de la fonction publique n'ayant rien à voir avec la tentative de coup d'État, et plus profondément la concentration des pouvoirs dans les mains du chef, la soumission de la justice, etc. Ainsi se nouent au sein du pouvoir turc une droite conservatrice en voie de fascisation et une extrême droite fasciste ancrée dans l'histoire du pays.
Guerre en Ukraine, entre résistance populaire et tournant de la situation mondiale ?
La guerre de la Russie contre le peuple ukrainien a débuté depuis 10 mois, faisant des milliers de morts, mais démontrant aussi les capacités de résistance du peuple ukrainien. Comment analyser la résistance et les dynamiques au cœur de la population ukrainienne ? En quoi cette guerre marque une radicalisation du projet impérialiste de Vladimir Poutine ? Au-delà des frontières ukrainiennes, de quelle façon cette guerre reconfigure les rapports de force géopolitiques ? Quel rôle jouent les puissances de l’OTAN dans ce conflit ? Comment poursuivre la solidarité internationaliste avec le peuple ukrainien ? Avec : - Catherine Samary, économiste, spécialiste de l’Europe de l’Est, membre du conseil scientifique d’Attac - Daria Saburova, philosophe, Réseau européen de solidarité avec l'Ukraine (RESU) - Denys Gorbach, sociologue, spécialiste du syndicalisme en Ukraine, membre de la rédaction de la revue Commons
Amazon et le blackfriday, un modèle toxique
Un modèle toxique : le blackfriday d'Amazon. Derrière la valorisation de l'ultra-consumérisme, c'est l'ultra-capitalisme. Amazon détruit la planète, et les États lui ouvrent les portes de nos territoires, le tout sans payer d'impôt. Mais la résistance prolifère... Avec : - Youlie Yamamoto, porte-parole d'Attac - Tyrion, militant à Extinction Rebellion - Romuald Fontaine, syndicaliste à Solidaires, employé d'un entrepôt à Senlis - Daniel Kopp, de la coordination internationale "Make Amazon Pay"
Superprofits, Greenwashing, Afrique – Comment Total fait-il du sale?
Partout dans le monde, des multinationales pillent les ressources en provoquant dommages sociaux, humains et environnementaux. Les grands groupes profitent de leur statut transnational pour s’enrichir sans responsabilité sur les dommages causés. Parmi ces criminels climatiques, Total Energies : comment Total fait-il du sale?
Alcool et colonisation #3 : Alcool, médecine et morale
Dans cet épisode, Julie et Margo s’intéressent aux questions de santé et de morale qui entourent la vente et la consommation d’alcool. Elles en discutent avec Nessim Znaien, auteur de l’ouvrage Les raisins de la domination : une histoire sociale de l’alcool en Tunisie à l’époque du Protectorat (1881-1956) tiré de sa thèse. Pendant longtemps en Europe, l’alcool est vu comme un fortifiant, une substance qui redonne de la vigueur aux corps et aux esprits. C’est aussi vrai aux colonies, où les boissons alcoolisées sont utilisées comme médicament pour aider les colons à surmonter la fatigue et les douleurs liées à la chaleur, mais aussi administrées aux travailleurs coloniaux pour les encourager au travail ou masquer les maltraitances coloniales. Au cours du XIXe siècle, dans le contexte du développement du courant hygiéniste apparaît toutefois la notion d’alcoolisme : en métropole comme dans les empires, la lutte contre l’ivrognerie se médicalise, et s’articule aux discours légitimant la domination coloniale.
Quelle gauche face au capitalisme ? – partie 3
Après avoir examiné les limites d'un réformisme sincère, ce dernier épisode s'interroge sur les alternatives radicales et révolutionnaires au capitalisme. Dans "La guerre sociale en France", Romaric Godin évoque pour l'heure une "démocratie autoritaire", "une démocratie sans mesure, sans nuance, sans écoute, limitée à l'exercice d'un droit de vote dont le sens se perd progressivement." Quelles sont nos possibilités réellement démocratiques? La discussion soulève la question du "double pouvoir" comme caractéristique d'une situation révolutionnaire, par l'auto-organisation généralisée et la fédération de collectifs constitués à la base. L'échange porte donc sur une démocratie à tous les étages, qui suppose donc de réfléchir aussi à de tout autres rapports sociaux, de production et de propriété. En effet, une démocratie réelle ne peut advenir que si les droits ne sont pas seulement abstraits. Dans son livre "Les besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme", Razmig Keucheyan décrit des "biens émancipés", en détaillant leurs caractéristiques et leurs potentialités (robustesse, démontabilité, interopérabilité et évolution). Il examine ainsi ce que pourrait être un "communisme du luxe", en puisant notamment à l'exemple de la Commune de Paris. Il est donc question, pour finir, de biens communs, de conseils autogestionnaires, de soviets et de communisme…
Luttes sociales et fascisme au Brésil de Bolsonaro
En pleine vague de contestation post-électorale au Brésil, une émission d’analyse des luttes sociales au Brésil depuis 2013 et du néo-fascisme bolsonariste comme « révolte dans l’ordre » à partir de Incêndio. Trabalho e Revolta no fim de linha brasileiro [Incendie. Travail et révolte dans l’impasse du Brésil] paru en 2022 au Brésil – avec Rachel, Felipe et Fred.
Servir les riches – avec Alizée Delpierre
Ce soir nous allons derrière les façades des luxueux immeubles parisiens, les immenses grilles des châteaux, les baies vitrées des vastes villas de la Côte d’Azur avec la sociologue Alizée Delpierre qui vient de publier "Servir les riches Les domestiques chez les grandes fortunes" aux éditions La découverte. On tentera de comprendre avec elle ce qui "attache" les domestiques à leur métier, à leur patronne et comment on travaille dans l'intimité des autres...
Vieille fille / une proposition – avec Marie Kock
De quoi la figure de la "vieille fille" est-elle le nom ? On la dit aigrie, envieuse, frustrée, on la représente laide et méchante, l'expression elle-même est un repoussoir. Pourtant les femmes célibataires et sans enfant existent, vivent leur vie et parfois prennent la parole...
Comment sortir du capitalisme ?
Série "Sortir du capitalisme ?", Épisode #3 Dernier épisode de notre série d'introduction, celui-ci comporte : Une histoire des débats au sein des gauches au sujet de l’organisation révolutionnaire ; Une présentation de la critique bakouninienne de Marx ; Une histoire de l’évolution des idées de Marx sur l’Etat ; Une présentation du débat entre collectivistes (« à chacun selon son travail ») et communistes (« à chacun selon ses besoins ») ; Une discussion de l’articulation entre communisme et limites écologiques et sociales à l’abondance matérielle ; Une présentation des débats entre insurrectionnalistes, syndicalistes, organisationnels and anti-organisationnels ; Une discussion autour de l’impérieuse nécessité de ne pas tomber dans une fétichisation d’une stratégie révolutionnaire particulière sans pour autant adhérer sans critique au mouvement réel ; Une conclusion qui invite à un engagement critique avec l’histoire des luttes et des révolutions passées.
L’ère des rebelles réactionnaires ? Plongée au coeur de l’extrémisation des droites
On invoque souvent, à raison, le déclin des gauches et du mouvement ouvrier pour expliquer la montée des extrêmes droites. Mais on ne devrait pas sous-estimer ce qui se joue depuis au moins dix ans du côté des droites traditionnelles - libérales ou conservatrices - et de leurs électorats. Après tout, Trump et le trumpisme sont apparus dans l'orbite du Parti Républicain, sur un terrain préparé par le Tea-Party, des franges de la droite radicalisées par l'arrivée au pouvoir de Barack Obama. On voyait ainsi déjà progresser ce qui se présentait comme une "droite alternative" (alt-right). Ce qui était alors embryonnaire s'est développé et a fait de Trump, Bolsonaro ou Orbán les leaders d'un combat contre le mal : un cosmopolitisme progressiste qui chercherait à détruire tous les fondements de l'ordre traditionnel. Avec Pablo Stefanoni, auteur récent du livre "La rébellion est-elle passée à droite ?" (éd. La Découverte), c'est à comprendre ces dynamiques politiques et culturelles, qui pourraient bien devenir centrales au sein des droites à l'échelle mondiale, que nous nous consacrons dans cet épisode.
Quelle gauche face au capitalisme ? – partie 2
Ce deuxième épisode s'interroge sur le rôle, le projet et la stratégie de la gauche en France, en particulier de la NUPES et en son sein de La France insoumise. Les députés NUPES bataillent à l’Assemblée et le plus souvent le font bien. Mais c’est aussi là que le bât blesse : dans la passivité relative à laquelle ces mêlées nous conduisent. La politique comme bien commun ne peut être réduite aux joutes parlementaires, qui parfois nous confinent à l’impuissance et nous dépossèdent au fond. Nous ne pouvons aller seulement d’élection en élection. Or c’est le risque du réformisme, même quand il s'agit d'un réformisme conséquent comme c'est le cas ici : compter peu sur les luttes sociales et sur les mobilisations, et trop miser sur l’élection ; préférer les manifestations aux grèves ; ne jamais vraiment poser les questions pourtant décisives : l’auto-activité politique, la perspective autogestionnaire, les enjeux de propriété… Ça ne signifie évidemment pas qu’il faille négliger les élections. Elles permettent d'instaurer des rapports de force et peuvent constituer un appui à l’auto-organisation ; elles sont aussi l’occasion d’intenses moments de discussion et de politisation au sein de l’espace public et privé. Dans cet épisode, nous réfléchissons donc à l'organisation de cette gauche, aux perspectives qu'elle ouvre et à leurs limites stratégiques, sans négliger son fonctionnement interne.
Pourquoi sommes-nous capitalistes (malgré nous) ? – avec Denis Colombi
Beaucoup d’entre nous sont convaincu·es que le capitalisme est mauvais, qu’il mène aux catastrophes climatiques, sociales, voire sanitaires. Pourtant, rares sont ceux et celles qui n’ont pas de compte en banque, qui ne font jamais leur course en supermarché, qui ne se sont jamais comporté·es en consommateur ou consommatrice... C’est sur cet apparent paradoxe qu’on revient ce soir : le capitalisme est détestable, il n’est qu’un moment de l’histoire humaine et certainement pas le "propre de l’homme" et pourtant nous raisonnons très souvent en capitalistes. On reçoit Denis Colombi pour son livre Pourquoi sommes-nous capitalistes (malgré nous) ? (paru chez Payot).
La bataille de la Sécu, retour sur le régime de la Sécurité sociale – avec Nicolas Da Silva
La Sécurité sociale date de 1946 mais Nicolas Da Silva remonte plus loin dans l’histoire pour expliquer la naissance de ce régime. De la Révolution française à la Seconde Guerre Mondiale, en passant par la Première, entre socialisation et étatisation, avec les mutuelles, les assurances, les syndicats, les soignant·es… Le chercheur en sciences économiques peint le tableau gigantesque de ce qu’il appelle « La bataille de la Sécu », titre de son livre paru récemment aux éditions La Fabrique. Alors que ce modèle a subi de multiples réformes, alors qu’il est en permanence question du « trou d’la Sécu », alors que certains veulent la mettre à terre, il est nécessaire de se repencher sur la Sociale, que l’auteur distingue nettement de l’État social !
Deux siècles de critique anticapitaliste des médias
Le 24 novembre 2022 à Paris, Acrimed organisait une conférence, introduite par Mathias Reymond (co-animateur d'Acrimed), avec l'historien Dominique Pinsolle, auteur de "À bas la presse bourgeoise !" (Agone, 2022).
L’EAU, une question politique aux quatre coins du globe
L’eau devient aujourd’hui un enjeu politique majeur aux quatre coins du monde, dans une période où les dérèglements climatiques posent de nouveaux problèmes, et où les sécheresses vont se multiplier. On assiste partout, comme on l’a vu avec la problématique des mega-bassines dans le Marais Poitevin, à une appropriation de ce bien par le privé et un modèle agricole productiviste. Quelles sont les alternatives à ce modèle ? Comment faire de l’eau un bien commun ? C’est ce dont nous parlerons avec Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération Paysanne, et Sylvie Paquerot de la Fondation Danielle Mitterand.
Quelle gauche face au capitalisme ? – partie 1
« Que faire ? » La question est classique mais elle revient sans cesse avec force, obsédante et puissante. C’est l’interrogation que nous soulevons dans ce nouveau podcast de « C’est quoi le plan ? », avec Romaric Godin et Razmig Keucheyan. Dans ce premier épisode, nous revenons sur une analyse du stade actuel du capitalisme. L’objectif de cet échange n’est pas seulement de l’étudier en lui-même, avec cet « ordre néolibéral » qui est, selon Romaric Godin, « la revanche du capital ». Mais il s’agit d’y réfléchir dans une perspective stratégique avant tout : non pas seulement économique mais politique. Autrement dit, la question que nous nous posons face à la violence exacerbée du capital dans la phase que nous lui connaissons désormais, face à la fascisation comme devant la catastrophe environnementale : que peut encore aujourd’hui un réformisme conséquent ? A-t-il toujours du sens ?
Que fait la police ? Et comment s’en passer – avec Paul Rocher
Mais que fait la police ? C’est la question que s’est posée Paul Rocher dans son nouveau livre... Nous démonterons avec lui un certain nombre de clichés et d’idées reçues sur la police (manque de moyens, de formation, des policier·es qui doivent courir après les voyous ou protéger la veuve et l’orphelin·e…). Il s’agira aussi de voir, à travers deux expériences menées en Irlande du Nord et en Afrique du Sud, comment on peut s’en passer.
Au coeur du nouveau militantisme féminin d’extrême droite
On n'a sans doute pas assez insisté sur le rôle de la Manif pour tous, en France, dans le renouveau des extrêmes droites, dans la radicalisation de franges de la droite conservatrice mais aussi dans la stimulation d'un nouveau militantisme féminin ancré dans la sphère des droites radicales, identitaires et néofascistes. Dans ce nouvel épisode, on discute avec Magali Della Sudda de cette question à partir de son dernier livre, intitulé "Les nouvelles femmes de droite" et paru aux éditions Hors d'atteinte. On y évoque la création de nouveaux collectifs féminins, le socle éthique et politique qui les unit mais aussi les clivages qui les séparent, notamment entre antiféminisme et "féminisme identitaire". On revient sur les trajectoires, les propriétés sociales et les aspirations politiques de ces femmes - généralement jeunes - qui font le choix de militer dans ces collectifs. On parle enfin des nouvelles stratégies, communicationnelles et militantes, qu'elles mettent en oeuvre et la manière dont elles contribuent ainsi à la bataille culturelle.
Geodis Gennevilliers : une grève au coeur de la logistique !
Ce quatrième épisode du podcast "La lutte c'est classe" est consacré à une lutte en cours : celle des ouvriers de la logistique, à l'entrepôt Géodis de Gennevilliers, qui sont dans leur troisième semaine de grève. Pour leur donner la parole, nous nous sommes rendus sur le piquet de grève, et vous entendrez donc plusieurs interviews de grévistes et interventions lors d'une Assemblée Générale. Nous avons aussi donné la parole à la sociologue du travail Carlotta Benvegnu, qui étudie spécifiquement le secteur de la logistique et qui a accompagné et soutenu depuis plusieurs années les grèves successives des ouvriers de Géodis Gennevilliers. Vous entendrez beaucoup parler de la caisse de grève, car après trois semaines, les grévistes ont évidemment besoin de soutien. Nous profitons donc de ce podcast pour relayer leur appel à la solidarité financière : n'hésitez pas à participer à leur cagnotte en ligne ! https://www.cotizup.com/le-calex-geodis-calberson-idf
Une organisation non capitaliste de la vie : discussion avec Jérôme Baschet – partie 3
Dans cette dernière partie du podcast avec Jérôme Baschet, ce sont les questions de fond en termes stratégiques et d'alternatives tangibles qui sont abordées. En termes sociaux et économiques: il faut penser l'élimination ou la restriction de productions jouant un rôle crucial dans la catastrophe en cours. Ce basculement ouvrirait la voie à une révolution du temps disponible, à l'épanouissement subjectif que celle-ci rendrait possible et à un véritable partage des tâches, pour des subjectivités coopératives et non plus compétitives. En termes politiques, puisque J. Baschet propose une "politique non étatique": l'autogouvernement des communes sur la base de conseils communaux. La critique de l'État est proposée ici en tant qu'"adémie" (absence du peuple) jugée consubstantielle à l'État: il s'agit d'en discuter. L'échange dès lors se mène sur l'enjeu des échelles, des espaces et des rythmes.
Métropole et contre-pouvoirs habitants
Le 23 janvier 2021 à la Parole Errante à Montreuil une centaine de personnes sont venues regarder La Bataille de la Plaine (Primitivi), puis écouter et prendre part à une table-ronde sur les luttes urbaines et la métropole. S'en sont suivies des discussions arrosées avec des ami‧e‧s ou des inconnu‧e‧s autour d'un brasier fumant. Ce podcast est une archive sonore de ce rassemblement organisé par le G.R.A.P.E. (Groupe de Recherche et Action sur la Production de l'Espace).
La norme gynécologique, médecine et corps des femmes – avec Aurore Koechlin
Qu’est-ce qui fait que les femmes vont consulter un·e gynécologue pour la première fois ? Qu’est-ce qui fait qu’elles y retournent régulièrement - ou pas ? Comment se construit la relation entre un·e gynécologue et sa patiente ? Comment la contraception et la prévention sont-elles devenues des normes ? Comment s’est construite la « norme gynécologique » ? Que révèlent les consultations gynécologiques du monde dans lequel nous vivons ? Loin des idées reçues et des fausses évidences, nous répondrons à toutes ces questions avec la sociologue Aurore Koechlin qui a récemment publié aux éditions Amsterdam « La norme gynécologique ».
Alcools et colonisation #2 : profits et contrebandes dans les empires (2/2)
Dans cet épisode, Julie et Margo reviennent sur les enjeux économiques de l'alcool en situation coloniale. Elles soulignent la façon dont la production, la vente et la consommation de boissons alcoolisées dans les empires étaient étroitement contrôlées par les colonisateurs, parce que l'alcool représente un marché lucratif pour les Etats européens. En même temps, elles montrent comment ce contrôle ne fonctionne souvent pas, ou alors pas très bien : les individus trouvent toujours le moyen de contourner les lois qui, imposées par les Européens, régulent le marché de l'alcool : c'est le cas des pirates qui organisent la contrebande du rhum dans les Caraïbes, des paysans vietnamiens qui contestent le monopole de la France sur la production et la vente de l'alcool de riz en Indochine, ou des distilleurs de gin ghanéens. L'épisode s'organise chronologiquement et est composé de deux parties : la partie 1 revient sur les 17e, 18e et 19e siècles, tandis que la partie 2 porte sur le 20e siècle.
Iran, une insurrection, une révolution ? – avec Chowra Makaremi
La société iranienne s'embrase. Il y un mois, la mort de Mahsa Jina Amini sous les coups de la police des mœurs déclenchait un mouvement féministe, multiforme, aux allures désormais insurrectionnelles et qui demande la fin de la dictature. Comment comprendre et soutenir ce mouvement protestataire venu d'une société qu'on connaît finalement assez mal en France ? On en parle ce soir avec l'anthropologue Chowra Makaremi dont les travaux ont porté sur la violence politique d’État dans l'Iran post-révolutionnaire.