
Spectre
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Aux sources du vote FN/RN (3) : prendre le racisme au sérieux (partie 1)
Dans cet épisode en deux parties, on discute avec Félicien Faury de son ouvrage qui vient de paraître aux éditions du Seuil : "Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l'extrême droite". Livre important, indispensable même, dans lequel l'auteur rend compte d'une enquête sur l'électorat du FN/RN dans le Sud-Est de la France, et où il nous invite à prendre au sérieux la dimension raciale et raciste du vote pour l'extrême droite. Une dimension esquivée dans des médias dominants qui oeuvrent de plus en plus à la légitimation du FN/RN et à la banalisation de son discours, mais aussi par certaines recherches sociologiques, pour lesquelles le racisme ne serait qu'un aspect superficiel du vote pour l'extrême droite et de sa dynamique politique, masquant des enjeux de classe. Dans cette 1re partie, Félicien Faury montre au contraire qu'il faut penser ensemble les frontières de classe et les frontières raciales, autrement dit saisir la position spécifique des électeurs·rices du FN/RN dans un espace social racialisé, pour comprendre le sens et la force du vote d'extrême droite dans certaines fractions de classe et certains territoires. À l'enregistrement : Thomas Guiffard-Colombeau
Paradoxes des récits de transfuges de classe – avec Karine Abiven
Nous en entendons de plus en plus parler, Annie Ernaux, Didier Eribon, Edouard Louis… Ils et elles construisent ce qui s’apparente à un genre littéraire à part entière, ce soir nous parlerons des transfuges de classe avec Karine Abiven, chercheuse en langue française, qui a écrit avec Laélia Véron, « Trahir et venger - Paradoxes des récits de transfuges de classe » publié aux éditions La Découverte.
Angela Davis, une icône ? – avec Najate Zouggari
Ce soir on enregistre un entretien (à distance) avec la philosophe Najate Zouggari qui vient de publier "Davis" aux éditions Les Péregrines. Ce petit livre revient sur le parcours de la militante féministe, antiraciste, communiste et anticarcérale qu'est Angela Davis.
Découvrir la révolution des Œillets- avec Ugo Palheta
Cette semaine, nous sommes revenues sur l’histoire de la révolution des Œillets au Portugal en 1974 avec le sociologue Ugo Palheta. le 25 avril 1974, jour où tomba enfin la plus vieille dictature fasciste du monde, est une date qu’on célèbre. 48 ans d’oppression balayés en 24 heures, quasiment sans coups de feu. Le mythe est beau – celui de ces soldats communiant avec un peuple avide de changement – mais l’histoire est plus tortueuse et plus riche. Ugo Palheta a publié un livre passionnant sur le sujet : Découvrir la révolution des œillets, Portugal (1974-1975) aux Editions sociales.
Colonisation de peuplement : aux racines du « conflit israélo-palestinien » (1ère partie)
En commémoration de l'expulsion forcée d'environ 750 000 Palestinien-ne-s en 1947-1948 (la Nakba), un épisode en plusieurs parties qui va aux racines du "conflit israélo-palestinien", de l'Etat d'Israël et du massacre à Gaza : la colonisation de peuplement.
Pour une Sécurité sociale de l’alimentation – partie 2
Régime général ! Non, il n'est pas question de nous affamer, mais bien de nous émanciper. Dans cet épisode de "C'est quoi le plan ?", Ludivine Bantigny dialogue avec Laura Petersell et Kévin Certenais, autour de leur livre qui observe notre système alimentaire sous toutes ses coutures (production, transformation, distribution, consommation) et propose une véritable révolution alimentaire, tout à la fois féministe, décoloniale, anticapitaliste et écologique. Dans cette seconde partie, il est question de la gouvernance, de l'investissement et des finalités de ce nouveau régime de production et de consommation de l'alimentation. La première partie traite du travail et de la propriété.
Contester les statues #1: Joséphine cou-coupé
ESuite à la mort de Georges Floyd le 25 mai 2020, une vague mondiale de contestations de statues liées à l'histoire de la ségrégation, de l'esclavage et de la colonisation, a ouvert dans l'espace public le débat sur la présence de symboles de violences et d'exclusions. Cette nouvelle série de Des colonisations s'intéresse à ce débat, aux acteurs et actrices engagés dans les contestations, mais aussi à la longue vie des statues coloniales. Dans le premier épisode, Valérie-Ann Edmond-Mariette et Adélaïde Marine-Gougeon nous parlent de la statue de Joséphine cou-coupé à Fort de France, symbole du pouvoir des Blancs créoles contestée depuis les années 1970 et détruite en 2020.
Portugal : de la dictature salazariste à la Révolution des oeillets (partie 2)
On commémore cette année au Portugal le 50e anniversaire de la Révolution des oeillets, qui mit fin le 25 avril 1974 à la plus vieille dictature fasciste du monde, issue d'un coup d'État militaire accompli en 1926. On est revenu dans un 1er épisode sur ce coup, mais aussi sur l'affirmation du pouvoir de Salazar, la mise en place de l'Estado novo (État nouveau), le rôle de l'armée mais aussi de la violence - puisque ce régime repose sur l'écrasement total de la gauche et de toute opposition sociale et démocratique. Dans ce 2e épisode, on aborde d'autres piliers du régime, en particulier l'Église catholique, le patronat et le système colonial. On discute également des transformations de la société portugaise au cours des années 1950 et surtout 1960, et enfin des guerres coloniales qui vont entraîner la dictature vers une crise militaire et politique qui l'amènera à sa chute. Ainsi le soulèvement militaire lancé par des jeunes officiers intermédiaires réunis dans le cadre du Mouvement des Forces armées (MFA) fait tomber en quelques heures le régime comme un château de cartes. Pour cela, je reçois à nouveau l'historien Victor Pereira, auteur de nombreux travaux sur la dictature salazariste, sur la politique d'émigration et les exilés portugais, et plus récemment d'un livre - intitulé "C'est le peuple qui commande" (aux éditions du Détour) - sur cette révolution qui permit d'en finir avec un régime particulièrement autoritaire et réactionnaire.
Portugal : de la dictature salazariste à la Révolution des oeillets (partie 1)
On commémore cette année au Portugal le 50e anniversaire de la Révolution des oeillets, qui mit fin le 25 avril 1974 à la plus vieille dictature fasciste du monde, issue d'un coup d'État militaire accompli en 1926. Avant d'en venir au soulèvement militaire qui fit tomber en quelques heures le régime comme un château de cartes, je voudrais dans cet épisode exposer précisément ce qu'était cette dictature, le contexte dans lequel elle a été fondée, les forces qui ont été à l'origine du coup d'État de 1926, leurs objectifs, mais surtout comment a pu perdurer aussi longtemps ce régime qui inspira en son temps une bonne partie de l'extrême droite française et fut une référence pour Pétain et sa "révolution nationale". Pour cela, je reçois l'historien Victor Pereira, auteur de nombreux travaux sur la dictature du "docteur" Antonio de Oliveira Salazar, et plus récemment d'un livre - intitulé "C'est le peuple qui commande" (aux éditions du Détour) - sur cette révolution qui permit d'en finir avec un régime particulièrement autoritaire et réactionnaire.
Histoire du marché de la rencontre – avec Claire-Lise Gaillard
Ce soir nous nous plongeons dans l’univers des petites annonces, des agences matrimoniales, des entremetteur·euses pour parler avec l’historienne Claire-Lise Gaillard du marché de la rencontre aux XIXème et XXème siècles ! À l’heure de Tinder et d’un incertain réarmement démographique, nous verrons, grâce à cette porte d’entrée dans l’histoire, que les enjeux de la rencontre amoureuse et du mariage nous en disent beaucoup sur le contexte social, économique et politique.
Combattre le fascisme dans les années 68
L'antifascisme a déjà une longue histoire, qui correspond à celle du fascisme puisque celui-ci suscita d'emblée une riposte de la part des gauches, du mouvement ouvrier et de tou·tes celles et ceux attaché·es aux idées d'égalité et de justice sociale. Avec l'installation des extrêmes droites dans les champs politiques des sociétés capitalistes actuelles, partout dans le monde, il est nécessaire de revisiter l'histoire riche de l'antifascisme. C'est à cette démarche que nous nous consacrons dans cet entretien - enregistré durant l'été 2023 - avec deux frères, Alain et Philippe Cyroulnik, tous deux militants de longue date de la gauche communiste et révolutionnaire (d'abord à l'Union des étudiants communistes puis à la Jeunesse communiste révolutionnaire, ensuite au sein de la Ligue communiste, refondée plus tard sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire, et aujourd'hui du Nouveau parti anticapitaliste). On revient avec eux sur leur entrée dans le militantisme, la place du combat contre le fascisme dans leur engagement révolutionnaire et ce que signifiait concrètement lutter contre l'extrême droite avant, pendant et après mai-juin 1968. On s'arrête notamment sur l'attaque par la Ligue communiste du meeting fasciste d'Ordre nouveau le 21 juin 1973, qui pose notamment la question de l'usage de la violence dans la lutte antifasciste. On conclut en s'interrogeant sur les défis présents, alors que l'extrême droite ne se réduit plus à des organisations violentes mais groupusculaires, car elle dispose d'une large base de soutien électoral, qui lui permet d'envisager la conquête du pouvoir politique en France - comme elle l'a fait dans d'autres pays.
Les détecteurs de mensonge, recherche d’aveux et traque de la vérité – avec Vanessa Codaccioni
Polygraphes, oculomètres, encéphalogrammes, ce soir on parle avec la chercheuse Vanessa Codaccioni de son dernier ouvrage "Les détecteurs de mensonge. Recherche d’aveux et traque de la vérité", paru aux éditions Textuel. Entre Blade runner et Minority report, on verra comment on navigue en plein technosolutionnisme dystopique
Femme! Vie! Liberté! Échos d’un soulèvement révolutionnaire en Iran – avec Chowra Makaremi
Ce soir on reçoit en plateau l’anthropologue Chowra Makaremi qui a publié "Femme ! Vie ! Liberté ! Échos d’un soulèvement révolutionnaire en Iran" aux Éditions de la Découverte. On parlera donc de l'Iran, mais aussi de l'invasion de l'Ukraine et de la destruction de la Palestine... Des peuples trahis et écrasés par les régimes autoritaires.
Israël-Palestine : colonialisme, classes et capitalisme
Comment analyser les réalités sociales, économiques et politiques israélo-palestiniennes à l’heure du massacre à Gaza (9 mars 2024) ? Avec quelles théories et quels concepts ? Partant de notre commune insatisfaction face aux approches dominantes des réalités israélo-palestiniennes, et tentant de combiner des approches en termes de capitalisme et de rapports de classe et des approches en termes de colonisation de peuplement, un épisode en forme de dialogue avec Emilio Minassian des éditions Niet, bon connaisseur des camps de réfugiés en Cisjordanie, et auteur sur ce sujet de plusieurs articles.
Féminisme et contestation sociale
« Du mouvement social ! » fait le point sur la place des femmes dans les mobilisations et les contestations sociales avec Lou Chesné (porte-parole d'Attac) et Fanny Gallot (historienne).
Le spécisme et l’antispécisme en question(s)
Un épisode sur le complexe animalo-industriel capitaliste, le spécisme comme système de domination naturalisé, l'approche matérialiste des rapports humains-animaux, et le mouvement antispéciste, à partir du livre Solidarité animale, défaire la société spéciste (La Découverte, 2020) – avec Axelle Playoust-Braure, co-autrice de l’ouvrage, journaliste rémunérée à la pige, et autrice d'un mémoire en sociologie et études féministes sur l'espèce comme variable sociologique.
Toujours contre les Jeux Olympiques 2024 ! – avec le collectif Saccage2024 de retour sur notre plateau
Parce qu’une seule émission ne suffisait pas pour parler des Jeux Olympiques et Paralympiques à venir, les ami·es de Saccage2024 reviennent aux Oreilles cette semaine ! Saccage2024 est un collectif de citoyen·nes qui lutte contre les saccages écologiques et sociaux provoqués par les JOP prévus en 2024, en Île de France et ailleurs. Nous ferons le point sur la situation à 5 mois du début des Jeux, nous parlerons davantage des jeux paralympiques et des conséquences qui s’abattront sur les gens qui vivent à Paris et alentours cet été.
Chaleur humaine, 18 réponses à la menace climatique – avec Nabil Wakim
Ce soir nous serons en plateau avec le journaliste du Monde Nabil Wakim. Nous parlerons ensemble de son livre "Chaleur humaine" publié aux édition du Seuil, une retranscription de 18 entretiens tirés du podcast du même nom, où il propose "18 réponses à la menace climatique", et construit un tableau systémique de la transition écologique : énergies, agriculture, transports, emplois, politique, ce livre est une base solide pour comprendre les enjeux de la crise climatique et les solutions qui existent déjà pour y faire face.
Gaza : le laisser-faire d’un génocide filmé
Gaza. Depuis le 7 octobre, la Palestine fait de nouveau la Une de l'actualité. Plus de 30 000 mort·es et des centaines de milliers de blessé·es du côté palestinien. On parle de génocide, de famine, d'apartheid. Des termes forts, trop forts peut-être ?
La révolution de 1917 (2ème partie)
100 ans après la mort d’un de ses principaux protagonistes, Lénine, une histoire sociale de la Révolution russe de 1917 qui prend le contre-pied des récits simplificateurs léninistes et anarchistes et de l’historiographie bourgeoise et contre-révolutionnaire, en deux parties et à partir de Marc Ferro, La révolution de 1917 (Albin Michel, 1997).
La révolution de 1917 (1ère partie)
100 ans après la mort d’un de ses principaux protagonistes, Lénine, une histoire sociale de la Révolution de 1917 qui prend le contre-pied des récits simplificateurs léninistes et anarchistes et de l’historiographie bourgeoise et contre-révolutionnaire, en deux parties et à partir de Marc Ferro, La révolution de 1917 (Albin Michel, 1997).
L’Argentine de Milei : néocapitalisme ou néofascisme ?
Libertarien, fasciste ou menteur arriviste ? Tout à la fois ? Le président argentin est pour sûr un visage de plus de l'extrême-droite au pouvoir. Retour avec nos invité.es sur trente ans de saccage par le FMI et les résistances populaires. Avec : Maria Laura Stirnemann, membre de l'Assemblée des Citoyens Argentins en France (ACAF) Maricel Rodriguez Blanco, chercheuse en sociologie, qui a fait une thèse sur les mouvements de chômeurs en Argentine entre 1990 et 2015
Autour de la revue La Déferlante – avec Emmanuelle Josse
Ce soir on est avec Emmanuelle Josse, co-fondatrice et rédactrice en chef de la revue La Déferlante. On parle ensemble de l’histoire de cette revue encore toute jeune, de sa ligne politique et des activités qui se développent autour d’elle.
Peut-on encore faire des économies sur la santé publique ? – avec Anne Gervais du Collectif Inter Hôpitaux
32 milliards supplémentaires pour l’hôpital a affirmé notre nouveau premier ministre, Gabriel Attal ! Que veut dire ce chiffre ? Pourquoi l’hôpital public est-il en train de couler ? Ce soir on parle de la logique libérale qui gangrène la gestion de nos hôpitaux avec Anne Gervais, médecin, praticienne à l’hôpital et membre du collectif inter-hôpitaux. On va tenter de comprendre avec elle les enjeux de la dernière loi de financement de la sécurité sociale et le danger qu’elle fait peser sur ce bien public qu’est notre santé à tous·tes.
Les politiques du tri et les inégalités de santé – avec Maud Gelly
Ce soir, aux oreilles loin du front pour la reprise du direct on a reçu en plateau la sociologue (et médecin) Maud Gelly pour parler de son livre "Les politiques du tri, d’une épidémie à l’autre - Sida, Covid" publié aux édition du Croquant. Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent.
Viktor Orbán, ou quand l’autoritarisme néolibéral fusionne avec le nationalisme réactionnaire
Dans ce nouvel épisode de "Minuit dans le siècle", on s'arrête sur l'un des représentants les plus influents des extrêmes droites contemporaines, en Europe et au-delà : Viktor Orbán. Modèle de Marine Le Pen en France, en raison notamment de ses politiques xénophobes et de sa longévité au pouvoir, il entretient de bonnes relations avec Vladimir Poutine mais aussi Narendra Modi, Recep Erdoğan, Benjamin Netanyahou, ou encore Donald Trump. Si les choix politiques d'Orbán s'ancrent dans l'histoire de la Hongrie, elles ne reflètent en rien un simple particularisme hongrois. Il se pourrait même d'ailleurs que sa trajectoire, exprimant une synthèse entre le néolibéralisme d'origine thatchérienne (qui fut son inspiration initiale) et le nationalisme réactionnaire (pour lequel il a opté ensuite), ait anticipé des transformations qui sont à l'oeuvre dans les droites de nombreux pays, y compris en France. Pour parler de tout cela, je reçois la journaliste Amélie Poinssot, autrice du livre "Dans la tête de Viktor Orbán", aux éditions Actes Sud.
Contre les Jeux Olympiques 2024 – avec le collectif Saccage2024
Cette semaine nous avons discuté avec 3 membres du collectif Saccage 2024, un collectif citoyen qui est entré en résistance face aux saccages écologiques et sociaux que provoquent les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Ce collectif est composé d’habitant.e.s de Seine-Saint-Denis et de ses alentours, d’associations et d'autres collectifs, qui se sont rassemblés pour défendre les espaces où ils vivent, habitent, se rencontrent, tissent des liens et s’amusent, qui sont menacés par la préparation et la tenue de ces jeux.
Terres agricoles, terres nourricières : bien commun ou marchandise pour le Capital ?
Alors que des dizaines de milliers de paysan.nes sont en train de partir à la retraite, le devenir des terres agricoles devient une question cruciale pour l’avenir de la paysannerie. Confrontées à un processus de financiarisation, les terres agricoles sont menacées. Artificialisation, « agrivoltaisme » et encore bien d’autres projets visent à supprimer l’usage agricole des terres. Comment ces processus opèrent ? Quels sont les enjeux attachés à la propriété et aux usages des terres agricoles ? Comment envisager des alternatives à la financiarisation des terres ?
La copossession du monde. Vers la fin de l’ordre propriétaire – avec Pierre Crétois
Ce soir on parle avec le philosophe Pierre Crétois de propriété privée, du chaos social et environnemental que les droits absolus sur les choses (et les moyens de production) engendrent. Quelle vision sociale, quelle philosophie politique sous-tendent la défense de la propriété privée ? Comment s'en défaire ? Quelle politique du commun pouvons-nous penser et exiger pour préserver nos vies et celles des autres ? Retour avec Pierre Crétois sur la pensée de la propriété privée comme ordre social pour mieux comprendre les autres voies possibles, à l'occasion de la parution de son livre salutaire "La copossession du monde, vers la fin de l'ordre propriétaire" aux Éditions Amsterdam
Comment le monde social engendre des individus ? – avec Wilfried Lignier
Cette semaine, nous avons discuté en plateau avec le sociologue Wilfried Lignier, qui vient de publier "La société est en nous - comment le monde social engendre des individus" aux éditions du Seuil. C'est une sorte de manuel de développement impersonnel qu'il nous livre, nous invitant à rechercher ce qui nous a fabriqué tel·les que nous sommes. Cet ouvrage pose les questions suivantes : "Comment sommes-nous devenu·es ce que nous sommes, cet individu précis parmi d’autres ? Comment, pour le meilleur et pour le pire, avons-nous hérité de cette personnalité particulière, avec ses habitudes reconnaissables, ses façons d’agir typiques, ses manières singulières de ressentir et de penser ?"
Retour sur l’affaire France Télécom avec le documentaire « Par la fenêtre ou par la porte » – entretien avec le syndicaliste Patrick Ackermann
Ce soir, nous étions avec Patrick Ackermann, syndicaliste Sud PTT, fondateur de l’Observatoire du stress et à l’origine de la plainte déposée contre France Télécom/Orange. Nous sommes revenues avec lui sur « l’affaire France Télécom », sur le procès de ses dirigeants et sur le documentaire réalisé par Jean-Pierre Bloc "Par la fenêtre ou par la porte" sorti en salle le 8 novembre 2023. Celui-ci retrace le combat contre un management odieux et déshumanisé qui a accompagné la privatisation de cette entreprise.
Flux ou Comment la pensée logistique gouverne le monde – avec Mathieu Quet
Ce soir, on a parlé en plateau avec le sociologue Mathieu Quet de son livre "Flux - Comment la pensée logistique gouverne le monde" paru aux éditions Zones. Il a raconté l’histoire de cette pensée et la façon dont la rationalisation s’est répandue dans la gestion de nos quotidiens dans notre monde de flux, des personnes, des biens de consommation, de la monnaie ou de festivaliers pucés, jusqu’au flux de nos données personnelles sur le Net. Mathieu Quet donne aussi des exemples de résistances à cette pensée logistique, permettant de reprendre le contrôle du rythme de nos existences.
Lip vivra ! Retour sur une expérience quinquagénaire – avec Patrick Silberstein
« Lip c’est possible : on fabrique, on vend, on se paie » ! Ce soir nous revenons 50 ans en arrière, à Besançon, en 1973, sur les traces de la lutte des Lip. Les salarié·es de l’usine horlogère Lip ont alors montré qu’une usine n’a pas besoin de patron et que l’autogestion, ça fonctionne ! Nous serons avec Patrick Silberstein qui a coordonné avec Christian Mahieux et Théo Roumier le livre « Lip Vivra ! 50 ans après, ce que nous dit la lutte des Lip » aux éditions Syllepse.
Du Nord au Sud : La dette au carrefour des relations internationales
L’annulation de la dette des pays du sud est une revendication historique de notre association, Attac, qui a dès sa naissance (nous fêtons cette année nos 25 ans) énoncé que les peuples devaient reprendre la main sur la finance, au niveau local comme au niveau global. Depuis les années 90, la question de la dette du sud global a évoluée, et la problématique de la crise climatique s’y est ajoutée. Cette émission va tenter de faire un point sur cette question de la dette des pays du sud, et sur son actualisation : qu’en est-il de la revendication de son annulation dans l’environnement géo-politique actuel ? Quels réseaux, quelles forces en présence ? Comment les formes de domination néo-coloniales ont-elles évolué, avec l’apparition de nouveaux impérialismes du côté de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ? Qu’appelle-t-on la « dette climatique » ?
Révolution et classes sociales
Qu'est-ce qu'une classe sociale ? Sur quoi peut-on fonder une théorie des classes ? Qu'est-ce qui explique que, tendanciellement et structurellement, la classe moyenne salariée soit contre-révolutionnaire ? En quel sens et en quoi le prolétariat, la partie productrice de plus-value des classes populaires, est-elle une "classe révolutionnaire" ? Autant de questions nous tentons de répondre dans cet épisode autour de la théorie des classes à partir de Temps libre n°2, "Contributions à la théorie des classes", 2021 - avec P-O, membre de Temps libre, revue québécoise de théorie communiste.
Le projet sioniste, la colonisation de la Palestine et l’extrême droite israélienne (partie 2)
Dans ce nouvel épisode, on poursuit avec Pierre Stambul - militant de l'Union juive française pour la paix - notre questionnement sur le projet sioniste, la colonisation de la Palestine et l'extrême droite israélienne, dans le contexte de la guerre génocidaire menée, en ce moment même, par le pouvoir israélien contre les Palestinien·nes de Gaza. Après être revenu sur le mouvement sioniste et sur l'histoire de l'extrême droite en son sein, une histoire plus ancienne que la création de l'État d'Israël et du nettoyage ethnique de 1948, qui a vu des centaines de milliers de Palestinien·nes être expulsé·es de leurs terres, on évoque dans cet épisode la domination politique de cette extrême droite en Israël ainsi que les différentes branches - notamment orthodoxe et laïque - en son sein, qui peuvent se différencier sur des sujets internes à la société israélienne mais qui toutes aspirent à construire un "Grand Israël" et, pour cela, à se débarrasser des Palestinien·nes. On aborde également la question de l'instrumentalisation du génocide des Juifs d'Europe à des fins de légitimation de l'État d'Israël, de sa politique de colonisation et de sa guerre actuelle contre Gaza. On termine sur la question de la répression des mouvements de solidarité avec la Palestine et du rôle que joue cette répression dans le processus de fascisation à l'oeuvre en France, tout en posant la question de la lutte contre l'antisémitisme.
Le projet sioniste, la colonisation de la Palestine et l’extrême droite israélienne (partie 1)
Dans ce nouvel épisode, on aborde avec Pierre Stambul - militant de l'Union juive française pour la paix - la question du projet sioniste et de la colonisation de la Palestine, sans laquelle on ne saurait comprendre ni l'extrême droite israélienne (actuellement au pouvoir dans le pays) ni la guerre (de nature potentiellement génocidaire) menée, en ce moment même, par le pouvoir israélien contre les Palestinien·nes de Gaza. Cette extrême droite et la radicalisation raciste de la politique en Israël, allant jusqu'à la déshumanisation de Palestinien·nes présenté·es par de hauts personnages de l'État comme des "animaux humains", ne viennent pas de nulle part. Il ne s'agit en rien d'une simple réaction aux attaques du Hamas : des organisations fascistes se développent depuis longtemps dans le cadre du sionisme, et elles s'inscrivent en pleine continuité avec 75 ans de colonisation de la Palestine tout en se proposant d'aller toujours plus loin, avec des méthodes toujours plus criminelles. Cette extrême droite a une longue histoire, plus ancienne encore que la création de l'État d'Israël et du nettoyage ethnique de 1948, qui a vu des centaines de milliers de Palestinien·nes être expulsé·es de leurs terres. Avant d'en venir au tableau précis de la politique israélienne actuelle, il nous faut donc revenir aux origines du sionisme, faire comprendre quel est son projet fondamental (et fondamentalement colonial), ainsi que les différents courants en son sein.
Les chaînes sans fin, une histoire du tapis roulant – avec Yves Pagès
Ce soir on a reçu en plateau Yves Pagès qui vient de publier un essai original et illustré "les chaînes sans fin - Histoire illustrée du tapis roulant" publié aux éditions Zones, qui retrace la généalogie du tapis roulant, un symbole de l’éternel recommencement de la marche forcée du monde capitaliste.
Lesbiennes & Gays au charbon, retour sur l’histoire des solidarités avec les mineurs en grève – avec Marie Cabadi
Ce soir, nous allons faire un tour au Royaume-Uni pour discuter de la grève des mineurs de 1984-1985 et surtout du mouvement Lesbians et Gays Support the Miners (LGSM). Nous serons avec Marie Cabadi qui a publié aux Éditions de l’EHESS "Lesbiennes et gays au charbon, Solidarités avec les mineurs britanniques en grève, 1984-1985". Vous pouvez regarder le film Pride pour vous mettre dans l’ambiance !
Pour une Sécurité sociale de l’alimentation – partie 1
Régime général ! Non, il n'est pas question de nous affamer, mais bien de nous émanciper. Dans cet épisode de "C'est quoi le plan", Ludivine Bantigny dialogue avec Laura Petersell et Kévin Certenais, autour de leur livre qui observe notre système alimentaire (production, transformation, distribution, consommation) sous toutes ses coutures et propose une véritable révolution alimentaire, tout à la fois féministe, décoloniale, anticapitaliste et écologique.
État, capitalisme, réformisme et révolution
La question de l'État, de sa nature, de sa relation au capitalisme, de sa conquête et de son sort post-révolutionnaire sont des questions indissolublement théoriques et politiques. L'État est-il neutre, de classe, ou intrinsèquement oppressif ? Quel lien entretient-il au capitalisme historiquement et aujourd’hui ? L'objectif doit-il être de conquérir l'État, de l'abolir, ou de le faire progressivement dépérir ? Ces questions, qui ont divisé les mouvements révolutionnaires et restent d'une actualité brûlante, nous tentons d’y répondre à partir de « L'État contre le capital ? » (Agitations n°1, avril 2021) – avec l'auteur, Leuh Ki, du collectif Agitations.
Un parti comme les autres ? Au cœur du fonctionnement du FN/RN
Que sait-on du Front national, devenu récemment Rassemblement national, en tant qu'organisation ? Comment fonctionne le parti dirigé longtemps par Jean-Marie Le Pen puis, depuis 2011 par sa fille, Marine Le Pen ? Comment devient-on un dirigeant de l'une des principales organisations d'extrême droite européennes ? En obtenant de plus en plus d'élus (locaux, nationaux ou européens), le FN/RN est-il devenu un parti comme les autres ? Qui y domine : les élu-es ou les membres de l'appareil ? Qu'est-ce que l'on observe lorsque l'on s'éloigne de la façade communicationnelle ou électorale ? C'est à ce type de questions que nous cherchons à répondre dans cet épisode avec la chercheuse en science politique Safia Dahani, qui a menée une longue enquête de terrain sur le FN/RN dans le cadre de sa thèse. Elle y propose notamment la notion de "parti patrimonial", mais développe aussi des réflexions passionnantes sur les modes de sélection des dirigeant-es, les rapports entre les élu-es et l'appareil, la manière dont l'organisation se perpétue dans et malgré les crises de direction, les formes et les raisons de l'engagement et du désengagement militant, le rôle joué par la médiatisation, le type de domination exercée par les dirigeants (en particulier Jean-Marie Le Pen puis Marine Le Pen), ou encore la formation des militants et des cadres, etc.
Attac a 25 ans. Bilans d’étapes et autres futurs
L'association Attac est née en 1998. Elle a contribué à l'essor de l'altermondialisme dans les années 2000, au combat contre le traité constitutionnel européen en 2005, aux luttes pour le vivant, à la défense des services publics et des retraites par répartition, et à tout ce que le néolibéralisme cherche à détruire. A l'occasion de ses 25 ans, retour en arrière sur cette histoire et perspectives présentes et à venir, avec Dominique Plihon, Annick Coupé et Youlie Yamamoto, anciens et actuels responsables de l'association.
Retour sur L’Orchestre rouge, entretien avec Gilles Perrault
Le journaliste et écrivain Gilles Perrault est décédé le 3 août dernier dans le village du Cotentin où il s’était installé depuis 1961. Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages (romans, reportages, enquêtes, essais), son nom reste lié à quelques-uns d’entre eux, qui connurent un grand retentissement et suscitèrent des controverses importantes. L’entretien qui suit est consacré à "L'Orchestre rouge" (1967), dont la parution a révélé au grand public l’histoire de ce réseau de renseignement actif avant et au début de la Deuxième Guerre mondiale, composé de militant·es communistes chevronné·es, juifs et juives pour la plupart, et dont plusieurs dizaines furent décapité·es, fusillé·es ou pendu·es par les nazis.
Politique, démocratie, parti, stratégie et révolution
Marx était-il un anarchiste, un précurseur du léninisme, ou ni l'un ni l'autre ? Qu'est-ce que la « dictature du prolétariat » ? La politique doit-elle être affaire de parti, de conquête du pouvoir d'état et de dictature révolutionnaire, d’intervention politique d’une « avant-garde » ? Que faire au 21ème siècle, à l’ère du capitalisme néolibéral et globalisé ? Des questions autant analytiques que stratégiques auxquelles nous tentons de répondre dans cet épisode avec Leuh du collectif Agitations.
Libertés publiques : peut-on encore désobéir ?
Les arrestations, procès, interdictions de manifester, suspensions de subventions et dissolutions d’associations se succèdent : cette répression judiciaire contre les mouvements sociaux s’additionne aux violences policières, économiques et sociales. Et pourtant, c’est nous que l’on accuse de violence, de terrorisme pour les plus sournois. Pour réprimer celles et ceux qui les intimident, les gouvernants retournent donc le langage : mais où est vraiment la violence ?
Chili 73 : la dictature de Pinochet, une contre-révolution néolibérale
Dans ce double épisode de rentrée, on revient sur ce qui s’est joué il y a exactement 50 ans au Chili : un coup d’État militaire mené contre le président élu Salvador Allende, qui mit fin à l'expérience de l'Unité populaire. L'installation de la dictature anéantit l’espoir pour des millions de Chilien-nes, appartenant notamment à la classe ouvrière et à la paysannerie, d’une sortie de la misère pour beaucoup mais plus profondément d’une société socialiste et démocratique mettant fin à l’exploitation et à toute forme d’oppression. Pour cela, j'ai rencontré Franck Gaudichaud, spécialiste des luttes sociales et politiques en Amérique latine, auteur de plusieurs livres sur le Chili et en particulier sur la séquence allant de l'élection d'Allende, en septembre 1970, au coup d'Etat militaire du 11 septembre 1973, ces "mille jours qui bouleversèrent le monde" pour reprendre le titre de l'un de ses ouvrages. Dans ce 2nd volet, on revient particulièrement sur la manière dont s'est déroulé concrètement le coup d'État et l'installation d'une dictature militaire sous la férule du général Pinochet, une dictature féroce à l'égard des militant-es de gauche et qui engagea le pays dans une contre-révolution néolibérale extrêmement brutale, une "thérapie de choc" qui a marqué très durablement le Chili.
Chili 73 : aux origines du coup d’État militaire
Dans ce double épisode de rentrée, on revient sur ce qui s’est joué il y a exactement 50 ans au Chili : un coup d’État militaire mené contre le président élu Salvador Allende, qui mit fin à l'expérience de l'Unité populaire. L'installation de la dictature anéantit l’espoir pour des millions de Chilien-nes, appartenant notamment à la classe ouvrière et à la paysannerie, d’une sortie de la misère pour beaucoup mais plus profondément d’une société socialiste et démocratique mettant fin à l’exploitation et à toute forme d’oppression. Pour cela, j'ai rencontré Franck Gaudichaud, spécialiste des luttes sociales et politiques en Amérique latine, auteur de plusieurs livres sur le Chili et en particulier sur la séquence allant de l'élection d'Allende, en septembre 1970, au coup d'Etat militaire du 11 septembre 1973, ces "mille jours qui bouleversèrent le monde" pour reprendre le titre de l'un de ses ouvrages. Dans ce 1er volet, on revient tout d'abord sur l'expérience de la gauche au pouvoir et la grande peur que celle-ci engendra du côté des classes dominantes, malgré le légalisme d'Allende et le caractère graduel des réformes. Dès la victoire de celui-ci, les forces de l'oligarchie, appuyées par les Etats-Unis, prirent ainsi des initiatives pour l'empêcher d'accéder au pouvoir puis l'empêcher de gouverner. Après le sabotage économique et le blocage institutionnel, qui n'empêchèrent pas l'Unité populaire de progresser électoralement, c'est vers l'option d'un coup d'État qu'ils se tournent en 1973.
Aux sources du vote FN/RN (2) : concurrences et solidarités dans les campagnes en déclin
Il faut évidemment refuser le discours dominant selon lequel les classes populaires seraient passées à l'extrême droite. Tenu aussi bien par des néolibéraux que par des idéologues ou des politiciens proches du FN/RN, ce discours valide les prétentions de ce parti : être devenu le parti du peuple, des ouvriers, des gens "modestes", de la classe travailleuse. Du côté du pouvoir néolibéral et de ses porte-voix, il s'agit - dans un mépris de classe évident - de renvoyer les classes populaires à une forme d'incompétence culturelle et de déviance politique : le peuple serait prompt à succomber comme un seul homme à l'autoritarisme et au racisme (alors même que c'est un gouvernement néolibéral qui mène actuellement des politiques autoritaires, anti-migrant·es et islamophobes). Pour autant, on ne devrait pas faire l'autruche en prétendant que les classes populaires seraient allergiques à l'extrême droite : il y a des franges de ces classes et des territoires populaires dans lesquels on vote assez largement - ce qui ne veut pas dire unanimement - pour le FN/RN. Il n'y a pourtant pas grand-chose de "social" dans le programme du FN/RN, et encore moins de propositions qui amélioreraient nettement les conditions de vie des classes populaires. Il importe donc d'interroger les logiques sociales qui conduisent malgré tout à voter à l'extrême droite. C'est de ces logiques dont on discute dans cet épisode avec le sociologue Benoît Coquard, spécialiste des classes populaires rurales et auteur d'un livre marquant il y a quelques années, "Ceux qui restent" (éditions La Découverte), où il relate une enquête par immersion et de long terme dans ce qu'il nomme les campagnes en déclin. Ayant rencontré en chemin la question de la politisation et du vote, sa recherche permet de comprendre comment, dans des territoires ruraux désindustrialisés, la politisation se construit en grande partie dans le cadre des "bandes de potes", c'est-à-dire dans les formes de solidarité qui naissent et s'entretiennent en bonne partie pour résister à la précarisation, à la montée des concurrences et des incertitudes, ou encore dans les processus de construction des masculinités ou de marginalisation des femmes (sur le marché du travail ou dans les sociabilités). C'est tout cela, sur fond de légitimation du racisme et de stigmatisation des "assistés" dans l'espace public, qui conduit concrètement à rendre l'extrême droite quasi-hégémonique dans certains territoires populaires, à amener certain·es à penser que voter pour le FN/RN c'est se ranger du côté des "gens biens".
Comment le genre construit la classe ? – avec Alexandra Oeser
Cette semaine, on a reçu en plateau la chercheuse Alexandra Oeser à l’occasion de la sortie de son livre "Comment le genre construit la classe- Masculinités et féminités à l’ère de la globalisation" publié aux éditions CNRS. Le 28 octobre 2008, la multinationale Molex Inc. annonce l’arrêt prochain de la production de connectique sur le site Villemur-sur-Tarn (acheté quatre ans plus tôt) et la délocalisation de l’activité en Asie du Sud-Est. Aussitôt, les salarié·es se mettent en grève, entamant un long conflit social, poursuivi ensuite sur le terrain judiciaire, qui parvient à capter l’attention des médias et des politiques. Cette enquête au long cours menée auprès des ouvriers et ouvrières, techniciens et administratives, contremaîtres et cadres de management français ou anglo-saxons aborde de front une question souvent laissée de côté : en quoi une telle mobilisation révèle, met en jeu et par certains aspects bouscule les masculinités et les féminités des actrices et des acteurs, ainsi que les relations nouées entre eux ? L’imbrication du genre et des classes sociales est ainsi mise en lumière, entre normes partagées, modèles convergents ou opposés, affirmation et transformations des rapports de pouvoir.