
Spectre
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Israël-Palestine : colonialisme, classes et capitalisme
Comment analyser les réalités sociales, économiques et politiques israélo-palestiniennes à l’heure du massacre à Gaza (9 mars 2024) ? Avec quelles théories et quels concepts ? Partant de notre commune insatisfaction face aux approches dominantes des réalités israélo-palestiniennes, et tentant de combiner des approches en termes de capitalisme et de rapports de classe et des approches en termes de colonisation de peuplement, un épisode en forme de dialogue avec Emilio Minassian des éditions Niet, bon connaisseur des camps de réfugiés en Cisjordanie, et auteur sur ce sujet de plusieurs articles.
Féminisme et contestation sociale
« Du mouvement social ! » fait le point sur la place des femmes dans les mobilisations et les contestations sociales avec Lou Chesné (porte-parole d'Attac) et Fanny Gallot (historienne).
Le spécisme et l’antispécisme en question(s)
Un épisode sur le complexe animalo-industriel capitaliste, le spécisme comme système de domination naturalisé, l'approche matérialiste des rapports humains-animaux, et le mouvement antispéciste, à partir du livre Solidarité animale, défaire la société spéciste (La Découverte, 2020) – avec Axelle Playoust-Braure, co-autrice de l’ouvrage, journaliste rémunérée à la pige, et autrice d'un mémoire en sociologie et études féministes sur l'espèce comme variable sociologique.
Toujours contre les Jeux Olympiques 2024 ! – avec le collectif Saccage2024 de retour sur notre plateau
Parce qu’une seule émission ne suffisait pas pour parler des Jeux Olympiques et Paralympiques à venir, les ami·es de Saccage2024 reviennent aux Oreilles cette semaine ! Saccage2024 est un collectif de citoyen·nes qui lutte contre les saccages écologiques et sociaux provoqués par les JOP prévus en 2024, en Île de France et ailleurs. Nous ferons le point sur la situation à 5 mois du début des Jeux, nous parlerons davantage des jeux paralympiques et des conséquences qui s’abattront sur les gens qui vivent à Paris et alentours cet été.
Chaleur humaine, 18 réponses à la menace climatique – avec Nabil Wakim
Ce soir nous serons en plateau avec le journaliste du Monde Nabil Wakim. Nous parlerons ensemble de son livre "Chaleur humaine" publié aux édition du Seuil, une retranscription de 18 entretiens tirés du podcast du même nom, où il propose "18 réponses à la menace climatique", et construit un tableau systémique de la transition écologique : énergies, agriculture, transports, emplois, politique, ce livre est une base solide pour comprendre les enjeux de la crise climatique et les solutions qui existent déjà pour y faire face.
Gaza : le laisser-faire d’un génocide filmé
Gaza. Depuis le 7 octobre, la Palestine fait de nouveau la Une de l'actualité. Plus de 30 000 mort·es et des centaines de milliers de blessé·es du côté palestinien. On parle de génocide, de famine, d'apartheid. Des termes forts, trop forts peut-être ?
La révolution de 1917 (2ème partie)
100 ans après la mort d’un de ses principaux protagonistes, Lénine, une histoire sociale de la Révolution russe de 1917 qui prend le contre-pied des récits simplificateurs léninistes et anarchistes et de l’historiographie bourgeoise et contre-révolutionnaire, en deux parties et à partir de Marc Ferro, La révolution de 1917 (Albin Michel, 1997).
La révolution de 1917 (1ère partie)
100 ans après la mort d’un de ses principaux protagonistes, Lénine, une histoire sociale de la Révolution de 1917 qui prend le contre-pied des récits simplificateurs léninistes et anarchistes et de l’historiographie bourgeoise et contre-révolutionnaire, en deux parties et à partir de Marc Ferro, La révolution de 1917 (Albin Michel, 1997).
L’Argentine de Milei : néocapitalisme ou néofascisme ?
Libertarien, fasciste ou menteur arriviste ? Tout à la fois ? Le président argentin est pour sûr un visage de plus de l'extrême-droite au pouvoir. Retour avec nos invité.es sur trente ans de saccage par le FMI et les résistances populaires. Avec : Maria Laura Stirnemann, membre de l'Assemblée des Citoyens Argentins en France (ACAF) Maricel Rodriguez Blanco, chercheuse en sociologie, qui a fait une thèse sur les mouvements de chômeurs en Argentine entre 1990 et 2015
Autour de la revue La Déferlante – avec Emmanuelle Josse
Ce soir on est avec Emmanuelle Josse, co-fondatrice et rédactrice en chef de la revue La Déferlante. On parle ensemble de l’histoire de cette revue encore toute jeune, de sa ligne politique et des activités qui se développent autour d’elle.
Peut-on encore faire des économies sur la santé publique ? – avec Anne Gervais du Collectif Inter Hôpitaux
32 milliards supplémentaires pour l’hôpital a affirmé notre nouveau premier ministre, Gabriel Attal ! Que veut dire ce chiffre ? Pourquoi l’hôpital public est-il en train de couler ? Ce soir on parle de la logique libérale qui gangrène la gestion de nos hôpitaux avec Anne Gervais, médecin, praticienne à l’hôpital et membre du collectif inter-hôpitaux. On va tenter de comprendre avec elle les enjeux de la dernière loi de financement de la sécurité sociale et le danger qu’elle fait peser sur ce bien public qu’est notre santé à tous·tes.
Les politiques du tri et les inégalités de santé – avec Maud Gelly
Ce soir, aux oreilles loin du front pour la reprise du direct on a reçu en plateau la sociologue (et médecin) Maud Gelly pour parler de son livre "Les politiques du tri, d’une épidémie à l’autre - Sida, Covid" publié aux édition du Croquant. Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent.
Viktor Orbán, ou quand l’autoritarisme néolibéral fusionne avec le nationalisme réactionnaire
Dans ce nouvel épisode de "Minuit dans le siècle", on s'arrête sur l'un des représentants les plus influents des extrêmes droites contemporaines, en Europe et au-delà : Viktor Orbán. Modèle de Marine Le Pen en France, en raison notamment de ses politiques xénophobes et de sa longévité au pouvoir, il entretient de bonnes relations avec Vladimir Poutine mais aussi Narendra Modi, Recep Erdoğan, Benjamin Netanyahou, ou encore Donald Trump. Si les choix politiques d'Orbán s'ancrent dans l'histoire de la Hongrie, elles ne reflètent en rien un simple particularisme hongrois. Il se pourrait même d'ailleurs que sa trajectoire, exprimant une synthèse entre le néolibéralisme d'origine thatchérienne (qui fut son inspiration initiale) et le nationalisme réactionnaire (pour lequel il a opté ensuite), ait anticipé des transformations qui sont à l'oeuvre dans les droites de nombreux pays, y compris en France. Pour parler de tout cela, je reçois la journaliste Amélie Poinssot, autrice du livre "Dans la tête de Viktor Orbán", aux éditions Actes Sud.
Contre les Jeux Olympiques 2024 – avec le collectif Saccage2024
Cette semaine nous avons discuté avec 3 membres du collectif Saccage 2024, un collectif citoyen qui est entré en résistance face aux saccages écologiques et sociaux que provoquent les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Ce collectif est composé d’habitant.e.s de Seine-Saint-Denis et de ses alentours, d’associations et d'autres collectifs, qui se sont rassemblés pour défendre les espaces où ils vivent, habitent, se rencontrent, tissent des liens et s’amusent, qui sont menacés par la préparation et la tenue de ces jeux.
Terres agricoles, terres nourricières : bien commun ou marchandise pour le Capital ?
Alors que des dizaines de milliers de paysan.nes sont en train de partir à la retraite, le devenir des terres agricoles devient une question cruciale pour l’avenir de la paysannerie. Confrontées à un processus de financiarisation, les terres agricoles sont menacées. Artificialisation, « agrivoltaisme » et encore bien d’autres projets visent à supprimer l’usage agricole des terres. Comment ces processus opèrent ? Quels sont les enjeux attachés à la propriété et aux usages des terres agricoles ? Comment envisager des alternatives à la financiarisation des terres ?
La copossession du monde. Vers la fin de l’ordre propriétaire – avec Pierre Crétois
Ce soir on parle avec le philosophe Pierre Crétois de propriété privée, du chaos social et environnemental que les droits absolus sur les choses (et les moyens de production) engendrent. Quelle vision sociale, quelle philosophie politique sous-tendent la défense de la propriété privée ? Comment s'en défaire ? Quelle politique du commun pouvons-nous penser et exiger pour préserver nos vies et celles des autres ? Retour avec Pierre Crétois sur la pensée de la propriété privée comme ordre social pour mieux comprendre les autres voies possibles, à l'occasion de la parution de son livre salutaire "La copossession du monde, vers la fin de l'ordre propriétaire" aux Éditions Amsterdam
Comment le monde social engendre des individus ? – avec Wilfried Lignier
Cette semaine, nous avons discuté en plateau avec le sociologue Wilfried Lignier, qui vient de publier "La société est en nous - comment le monde social engendre des individus" aux éditions du Seuil. C'est une sorte de manuel de développement impersonnel qu'il nous livre, nous invitant à rechercher ce qui nous a fabriqué tel·les que nous sommes. Cet ouvrage pose les questions suivantes : "Comment sommes-nous devenu·es ce que nous sommes, cet individu précis parmi d’autres ? Comment, pour le meilleur et pour le pire, avons-nous hérité de cette personnalité particulière, avec ses habitudes reconnaissables, ses façons d’agir typiques, ses manières singulières de ressentir et de penser ?"
Retour sur l’affaire France Télécom avec le documentaire « Par la fenêtre ou par la porte » – entretien avec le syndicaliste Patrick Ackermann
Ce soir, nous étions avec Patrick Ackermann, syndicaliste Sud PTT, fondateur de l’Observatoire du stress et à l’origine de la plainte déposée contre France Télécom/Orange. Nous sommes revenues avec lui sur « l’affaire France Télécom », sur le procès de ses dirigeants et sur le documentaire réalisé par Jean-Pierre Bloc "Par la fenêtre ou par la porte" sorti en salle le 8 novembre 2023. Celui-ci retrace le combat contre un management odieux et déshumanisé qui a accompagné la privatisation de cette entreprise.
Flux ou Comment la pensée logistique gouverne le monde – avec Mathieu Quet
Ce soir, on a parlé en plateau avec le sociologue Mathieu Quet de son livre "Flux - Comment la pensée logistique gouverne le monde" paru aux éditions Zones. Il a raconté l’histoire de cette pensée et la façon dont la rationalisation s’est répandue dans la gestion de nos quotidiens dans notre monde de flux, des personnes, des biens de consommation, de la monnaie ou de festivaliers pucés, jusqu’au flux de nos données personnelles sur le Net. Mathieu Quet donne aussi des exemples de résistances à cette pensée logistique, permettant de reprendre le contrôle du rythme de nos existences.
Lip vivra ! Retour sur une expérience quinquagénaire – avec Patrick Silberstein
« Lip c’est possible : on fabrique, on vend, on se paie » ! Ce soir nous revenons 50 ans en arrière, à Besançon, en 1973, sur les traces de la lutte des Lip. Les salarié·es de l’usine horlogère Lip ont alors montré qu’une usine n’a pas besoin de patron et que l’autogestion, ça fonctionne ! Nous serons avec Patrick Silberstein qui a coordonné avec Christian Mahieux et Théo Roumier le livre « Lip Vivra ! 50 ans après, ce que nous dit la lutte des Lip » aux éditions Syllepse.
Du Nord au Sud : La dette au carrefour des relations internationales
L’annulation de la dette des pays du sud est une revendication historique de notre association, Attac, qui a dès sa naissance (nous fêtons cette année nos 25 ans) énoncé que les peuples devaient reprendre la main sur la finance, au niveau local comme au niveau global. Depuis les années 90, la question de la dette du sud global a évoluée, et la problématique de la crise climatique s’y est ajoutée. Cette émission va tenter de faire un point sur cette question de la dette des pays du sud, et sur son actualisation : qu’en est-il de la revendication de son annulation dans l’environnement géo-politique actuel ? Quels réseaux, quelles forces en présence ? Comment les formes de domination néo-coloniales ont-elles évolué, avec l’apparition de nouveaux impérialismes du côté de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ? Qu’appelle-t-on la « dette climatique » ?
Révolution et classes sociales
Qu'est-ce qu'une classe sociale ? Sur quoi peut-on fonder une théorie des classes ? Qu'est-ce qui explique que, tendanciellement et structurellement, la classe moyenne salariée soit contre-révolutionnaire ? En quel sens et en quoi le prolétariat, la partie productrice de plus-value des classes populaires, est-elle une "classe révolutionnaire" ? Autant de questions nous tentons de répondre dans cet épisode autour de la théorie des classes à partir de Temps libre n°2, "Contributions à la théorie des classes", 2021 - avec P-O, membre de Temps libre, revue québécoise de théorie communiste.
Le projet sioniste, la colonisation de la Palestine et l’extrême droite israélienne (partie 2)
Dans ce nouvel épisode, on poursuit avec Pierre Stambul - militant de l'Union juive française pour la paix - notre questionnement sur le projet sioniste, la colonisation de la Palestine et l'extrême droite israélienne, dans le contexte de la guerre génocidaire menée, en ce moment même, par le pouvoir israélien contre les Palestinien·nes de Gaza. Après être revenu sur le mouvement sioniste et sur l'histoire de l'extrême droite en son sein, une histoire plus ancienne que la création de l'État d'Israël et du nettoyage ethnique de 1948, qui a vu des centaines de milliers de Palestinien·nes être expulsé·es de leurs terres, on évoque dans cet épisode la domination politique de cette extrême droite en Israël ainsi que les différentes branches - notamment orthodoxe et laïque - en son sein, qui peuvent se différencier sur des sujets internes à la société israélienne mais qui toutes aspirent à construire un "Grand Israël" et, pour cela, à se débarrasser des Palestinien·nes. On aborde également la question de l'instrumentalisation du génocide des Juifs d'Europe à des fins de légitimation de l'État d'Israël, de sa politique de colonisation et de sa guerre actuelle contre Gaza. On termine sur la question de la répression des mouvements de solidarité avec la Palestine et du rôle que joue cette répression dans le processus de fascisation à l'oeuvre en France, tout en posant la question de la lutte contre l'antisémitisme.
Le projet sioniste, la colonisation de la Palestine et l’extrême droite israélienne (partie 1)
Dans ce nouvel épisode, on aborde avec Pierre Stambul - militant de l'Union juive française pour la paix - la question du projet sioniste et de la colonisation de la Palestine, sans laquelle on ne saurait comprendre ni l'extrême droite israélienne (actuellement au pouvoir dans le pays) ni la guerre (de nature potentiellement génocidaire) menée, en ce moment même, par le pouvoir israélien contre les Palestinien·nes de Gaza. Cette extrême droite et la radicalisation raciste de la politique en Israël, allant jusqu'à la déshumanisation de Palestinien·nes présenté·es par de hauts personnages de l'État comme des "animaux humains", ne viennent pas de nulle part. Il ne s'agit en rien d'une simple réaction aux attaques du Hamas : des organisations fascistes se développent depuis longtemps dans le cadre du sionisme, et elles s'inscrivent en pleine continuité avec 75 ans de colonisation de la Palestine tout en se proposant d'aller toujours plus loin, avec des méthodes toujours plus criminelles. Cette extrême droite a une longue histoire, plus ancienne encore que la création de l'État d'Israël et du nettoyage ethnique de 1948, qui a vu des centaines de milliers de Palestinien·nes être expulsé·es de leurs terres. Avant d'en venir au tableau précis de la politique israélienne actuelle, il nous faut donc revenir aux origines du sionisme, faire comprendre quel est son projet fondamental (et fondamentalement colonial), ainsi que les différents courants en son sein.
Les chaînes sans fin, une histoire du tapis roulant – avec Yves Pagès
Ce soir on a reçu en plateau Yves Pagès qui vient de publier un essai original et illustré "les chaînes sans fin - Histoire illustrée du tapis roulant" publié aux éditions Zones, qui retrace la généalogie du tapis roulant, un symbole de l’éternel recommencement de la marche forcée du monde capitaliste.
Lesbiennes & Gays au charbon, retour sur l’histoire des solidarités avec les mineurs en grève – avec Marie Cabadi
Ce soir, nous allons faire un tour au Royaume-Uni pour discuter de la grève des mineurs de 1984-1985 et surtout du mouvement Lesbians et Gays Support the Miners (LGSM). Nous serons avec Marie Cabadi qui a publié aux Éditions de l’EHESS "Lesbiennes et gays au charbon, Solidarités avec les mineurs britanniques en grève, 1984-1985". Vous pouvez regarder le film Pride pour vous mettre dans l’ambiance !
Pour une Sécurité sociale de l’alimentation – partie 1
Régime général ! Non, il n'est pas question de nous affamer, mais bien de nous émanciper. Dans cet épisode de "C'est quoi le plan", Ludivine Bantigny dialogue avec Laura Petersell et Kévin Certenais, autour de leur livre qui observe notre système alimentaire (production, transformation, distribution, consommation) sous toutes ses coutures et propose une véritable révolution alimentaire, tout à la fois féministe, décoloniale, anticapitaliste et écologique.
État, capitalisme, réformisme et révolution
La question de l'État, de sa nature, de sa relation au capitalisme, de sa conquête et de son sort post-révolutionnaire sont des questions indissolublement théoriques et politiques. L'État est-il neutre, de classe, ou intrinsèquement oppressif ? Quel lien entretient-il au capitalisme historiquement et aujourd’hui ? L'objectif doit-il être de conquérir l'État, de l'abolir, ou de le faire progressivement dépérir ? Ces questions, qui ont divisé les mouvements révolutionnaires et restent d'une actualité brûlante, nous tentons d’y répondre à partir de « L'État contre le capital ? » (Agitations n°1, avril 2021) – avec l'auteur, Leuh Ki, du collectif Agitations.
Un parti comme les autres ? Au cœur du fonctionnement du FN/RN
Que sait-on du Front national, devenu récemment Rassemblement national, en tant qu'organisation ? Comment fonctionne le parti dirigé longtemps par Jean-Marie Le Pen puis, depuis 2011 par sa fille, Marine Le Pen ? Comment devient-on un dirigeant de l'une des principales organisations d'extrême droite européennes ? En obtenant de plus en plus d'élus (locaux, nationaux ou européens), le FN/RN est-il devenu un parti comme les autres ? Qui y domine : les élu-es ou les membres de l'appareil ? Qu'est-ce que l'on observe lorsque l'on s'éloigne de la façade communicationnelle ou électorale ? C'est à ce type de questions que nous cherchons à répondre dans cet épisode avec la chercheuse en science politique Safia Dahani, qui a menée une longue enquête de terrain sur le FN/RN dans le cadre de sa thèse. Elle y propose notamment la notion de "parti patrimonial", mais développe aussi des réflexions passionnantes sur les modes de sélection des dirigeant-es, les rapports entre les élu-es et l'appareil, la manière dont l'organisation se perpétue dans et malgré les crises de direction, les formes et les raisons de l'engagement et du désengagement militant, le rôle joué par la médiatisation, le type de domination exercée par les dirigeants (en particulier Jean-Marie Le Pen puis Marine Le Pen), ou encore la formation des militants et des cadres, etc.
Attac a 25 ans. Bilans d’étapes et autres futurs
L'association Attac est née en 1998. Elle a contribué à l'essor de l'altermondialisme dans les années 2000, au combat contre le traité constitutionnel européen en 2005, aux luttes pour le vivant, à la défense des services publics et des retraites par répartition, et à tout ce que le néolibéralisme cherche à détruire. A l'occasion de ses 25 ans, retour en arrière sur cette histoire et perspectives présentes et à venir, avec Dominique Plihon, Annick Coupé et Youlie Yamamoto, anciens et actuels responsables de l'association.
Retour sur L’Orchestre rouge, entretien avec Gilles Perrault
Le journaliste et écrivain Gilles Perrault est décédé le 3 août dernier dans le village du Cotentin où il s’était installé depuis 1961. Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages (romans, reportages, enquêtes, essais), son nom reste lié à quelques-uns d’entre eux, qui connurent un grand retentissement et suscitèrent des controverses importantes. L’entretien qui suit est consacré à "L'Orchestre rouge" (1967), dont la parution a révélé au grand public l’histoire de ce réseau de renseignement actif avant et au début de la Deuxième Guerre mondiale, composé de militant·es communistes chevronné·es, juifs et juives pour la plupart, et dont plusieurs dizaines furent décapité·es, fusillé·es ou pendu·es par les nazis.
Politique, démocratie, parti, stratégie et révolution
Marx était-il un anarchiste, un précurseur du léninisme, ou ni l'un ni l'autre ? Qu'est-ce que la « dictature du prolétariat » ? La politique doit-elle être affaire de parti, de conquête du pouvoir d'état et de dictature révolutionnaire, d’intervention politique d’une « avant-garde » ? Que faire au 21ème siècle, à l’ère du capitalisme néolibéral et globalisé ? Des questions autant analytiques que stratégiques auxquelles nous tentons de répondre dans cet épisode avec Leuh du collectif Agitations.
Libertés publiques : peut-on encore désobéir ?
Les arrestations, procès, interdictions de manifester, suspensions de subventions et dissolutions d’associations se succèdent : cette répression judiciaire contre les mouvements sociaux s’additionne aux violences policières, économiques et sociales. Et pourtant, c’est nous que l’on accuse de violence, de terrorisme pour les plus sournois. Pour réprimer celles et ceux qui les intimident, les gouvernants retournent donc le langage : mais où est vraiment la violence ?
Chili 73 : la dictature de Pinochet, une contre-révolution néolibérale
Dans ce double épisode de rentrée, on revient sur ce qui s’est joué il y a exactement 50 ans au Chili : un coup d’État militaire mené contre le président élu Salvador Allende, qui mit fin à l'expérience de l'Unité populaire. L'installation de la dictature anéantit l’espoir pour des millions de Chilien-nes, appartenant notamment à la classe ouvrière et à la paysannerie, d’une sortie de la misère pour beaucoup mais plus profondément d’une société socialiste et démocratique mettant fin à l’exploitation et à toute forme d’oppression. Pour cela, j'ai rencontré Franck Gaudichaud, spécialiste des luttes sociales et politiques en Amérique latine, auteur de plusieurs livres sur le Chili et en particulier sur la séquence allant de l'élection d'Allende, en septembre 1970, au coup d'Etat militaire du 11 septembre 1973, ces "mille jours qui bouleversèrent le monde" pour reprendre le titre de l'un de ses ouvrages. Dans ce 2nd volet, on revient particulièrement sur la manière dont s'est déroulé concrètement le coup d'État et l'installation d'une dictature militaire sous la férule du général Pinochet, une dictature féroce à l'égard des militant-es de gauche et qui engagea le pays dans une contre-révolution néolibérale extrêmement brutale, une "thérapie de choc" qui a marqué très durablement le Chili.
Chili 73 : aux origines du coup d’État militaire
Dans ce double épisode de rentrée, on revient sur ce qui s’est joué il y a exactement 50 ans au Chili : un coup d’État militaire mené contre le président élu Salvador Allende, qui mit fin à l'expérience de l'Unité populaire. L'installation de la dictature anéantit l’espoir pour des millions de Chilien-nes, appartenant notamment à la classe ouvrière et à la paysannerie, d’une sortie de la misère pour beaucoup mais plus profondément d’une société socialiste et démocratique mettant fin à l’exploitation et à toute forme d’oppression. Pour cela, j'ai rencontré Franck Gaudichaud, spécialiste des luttes sociales et politiques en Amérique latine, auteur de plusieurs livres sur le Chili et en particulier sur la séquence allant de l'élection d'Allende, en septembre 1970, au coup d'Etat militaire du 11 septembre 1973, ces "mille jours qui bouleversèrent le monde" pour reprendre le titre de l'un de ses ouvrages. Dans ce 1er volet, on revient tout d'abord sur l'expérience de la gauche au pouvoir et la grande peur que celle-ci engendra du côté des classes dominantes, malgré le légalisme d'Allende et le caractère graduel des réformes. Dès la victoire de celui-ci, les forces de l'oligarchie, appuyées par les Etats-Unis, prirent ainsi des initiatives pour l'empêcher d'accéder au pouvoir puis l'empêcher de gouverner. Après le sabotage économique et le blocage institutionnel, qui n'empêchèrent pas l'Unité populaire de progresser électoralement, c'est vers l'option d'un coup d'État qu'ils se tournent en 1973.
Aux sources du vote FN/RN (2) : concurrences et solidarités dans les campagnes en déclin
Il faut évidemment refuser le discours dominant selon lequel les classes populaires seraient passées à l'extrême droite. Tenu aussi bien par des néolibéraux que par des idéologues ou des politiciens proches du FN/RN, ce discours valide les prétentions de ce parti : être devenu le parti du peuple, des ouvriers, des gens "modestes", de la classe travailleuse. Du côté du pouvoir néolibéral et de ses porte-voix, il s'agit - dans un mépris de classe évident - de renvoyer les classes populaires à une forme d'incompétence culturelle et de déviance politique : le peuple serait prompt à succomber comme un seul homme à l'autoritarisme et au racisme (alors même que c'est un gouvernement néolibéral qui mène actuellement des politiques autoritaires, anti-migrant·es et islamophobes). Pour autant, on ne devrait pas faire l'autruche en prétendant que les classes populaires seraient allergiques à l'extrême droite : il y a des franges de ces classes et des territoires populaires dans lesquels on vote assez largement - ce qui ne veut pas dire unanimement - pour le FN/RN. Il n'y a pourtant pas grand-chose de "social" dans le programme du FN/RN, et encore moins de propositions qui amélioreraient nettement les conditions de vie des classes populaires. Il importe donc d'interroger les logiques sociales qui conduisent malgré tout à voter à l'extrême droite. C'est de ces logiques dont on discute dans cet épisode avec le sociologue Benoît Coquard, spécialiste des classes populaires rurales et auteur d'un livre marquant il y a quelques années, "Ceux qui restent" (éditions La Découverte), où il relate une enquête par immersion et de long terme dans ce qu'il nomme les campagnes en déclin. Ayant rencontré en chemin la question de la politisation et du vote, sa recherche permet de comprendre comment, dans des territoires ruraux désindustrialisés, la politisation se construit en grande partie dans le cadre des "bandes de potes", c'est-à-dire dans les formes de solidarité qui naissent et s'entretiennent en bonne partie pour résister à la précarisation, à la montée des concurrences et des incertitudes, ou encore dans les processus de construction des masculinités ou de marginalisation des femmes (sur le marché du travail ou dans les sociabilités). C'est tout cela, sur fond de légitimation du racisme et de stigmatisation des "assistés" dans l'espace public, qui conduit concrètement à rendre l'extrême droite quasi-hégémonique dans certains territoires populaires, à amener certain·es à penser que voter pour le FN/RN c'est se ranger du côté des "gens biens".
Comment le genre construit la classe ? – avec Alexandra Oeser
Cette semaine, on a reçu en plateau la chercheuse Alexandra Oeser à l’occasion de la sortie de son livre "Comment le genre construit la classe- Masculinités et féminités à l’ère de la globalisation" publié aux éditions CNRS. Le 28 octobre 2008, la multinationale Molex Inc. annonce l’arrêt prochain de la production de connectique sur le site Villemur-sur-Tarn (acheté quatre ans plus tôt) et la délocalisation de l’activité en Asie du Sud-Est. Aussitôt, les salarié·es se mettent en grève, entamant un long conflit social, poursuivi ensuite sur le terrain judiciaire, qui parvient à capter l’attention des médias et des politiques. Cette enquête au long cours menée auprès des ouvriers et ouvrières, techniciens et administratives, contremaîtres et cadres de management français ou anglo-saxons aborde de front une question souvent laissée de côté : en quoi une telle mobilisation révèle, met en jeu et par certains aspects bouscule les masculinités et les féminités des actrices et des acteurs, ainsi que les relations nouées entre eux ? L’imbrication du genre et des classes sociales est ainsi mise en lumière, entre normes partagées, modèles convergents ou opposés, affirmation et transformations des rapports de pouvoir.
La revanche des autrices – avec Julien Marsay
Vous connaissez Madame de Graffigny, Fortunée Briquet, Suzanne Roussi Césaire, Claire de Duras, Olympe Audouard, Germaine Beaumont ou Madame de Villedieu ? Non ? C’est tristement normal… Toutes ces femmes sont des autrices de talent qui ont été invisibilisées, chassées de l’histoire littéraire, et dont les œuvres ont été peu à peu oubliées. Dans son livre « La Revanche des autrices » paru en août 2022 aux éditions Payot, Julien Marsay, professeur de lettres en lycée, nous entraîne dans une enquête sur les stratégies des hommes pour faire disparaître les écrivaines de la mémoire littéraire. Une muse muette, ok, mais une femme qui pense, qui écrit, apparemment ça a beaucoup dérangé… et dérange encore ?
Enfances et colonisation – partie 1 : Être enfant en situation coloniale, ça veut dire quoi ?
Dans cet épisode, Aliénor et Sara se penchent sur l’enfance en situation coloniale. Ou plutôt, sur les enfances, au pluriel, tant cette notion regroupe des réalités différentes. Souvent en marge des travaux sur la colonisation, les enfants sont pourtant au cœur des dominations sociales et politiques, quels que soit leur âge et leurs origines, des colons aux colonisé·e·s en passant par les métis. Dans ce contexte, les chercheur·se·s, et notamment celleux du Groupe de recherche sur les ordres coloniaux (GROC), s’y confrontent, plus ou moins frontalement. Lydia et Violette reviennent ainsi sur leurs travaux centrés sur l’enfance, en Algérie et en Indochine. Une thématique se distingue alors : celle de l’école et de l’éducation, surtout lorsqu’elles sont à destination des colonisé·e·s. Empreintes d’un pseudo-argument civilisateur parfois encore tristement repris dans certains discours aujourd’hui, les réalisations coloniales ne sont ni précurseures, comme le montre Charlotte Courreye dans le cas algérien, ni accessibles à la majorité des populations des colonies. Réfléchir à l’enfance et à l’éducation, c’est donc mieux comprendre les mécanismes de domination et différenciation à l’œuvre en situation coloniale (et ses malheureuses survivances).
Services Publics : la richesse de ceux et celles qui n’ont rien
Après la manif de Lure sur les services publics, nous poursuivons le débat : comment défendre et améliorer les services publics alors que leur légitimité est aujourd’hui menacée par les forces néo-libérales ?
Inde : que veulent Modi et les ultranationalistes hindous ?
Narendra Modi et les ultranationalistes hindous sont au pouvoir depuis 2014, et ils aspirent à s'y maintenir en gagnant les prochaines élections législatives qui auront lieu en 2024. Mais cette mouvance n'est pas réductible à Modi et à son parti le BJP : celui-ci est l'incarnation sur le terrain politico-électoral d'une organisation : le RSS, l'Organisation des Volontaires nationaux. Créé dès les années 1920 sur le modèle notamment des fascismes européens, ce mouvement de masse est largement implanté dans la société indienne et extrêmement ramifié, puisqu'il a engendré au cours du 20e siècle un vaste réseau d’organisations satellites (réseau que l’on nomme le « Sangh Parivar ») : des organisations culturelles et religieuses comme le VHP (qui signifie en français le Conseil hindou mondial), des organisations de jeunes, de femmes, syndicales, d’éducation populaire, des think tanks, des coopératives, des médias, mais aussi des milices et le BJP qui en constitue une sorte de front politique et de vitrine électorale. C'est sur ce mouvement, son histoire et son idéologie, ses objectifs et son mode de fonctionnement, que nous revenons dans cet épisode avec le chercheur Christophe Jaffrelot, l'un des plus grands spécialistes au niveau mondial de l'extrême droite indienne et auteur de nombreux livres sur cette question, en particulier "L’Inde de Modi. National-populisme et démocratique ethnique" (publié en 2019 aux éditions Fayard).
La grande chasse aux sorcières, Histoire d’une répression – avec Ludovic Viallet
Ce soir nous diffusons un entretien que nous avons enregistré avec l’historien Ludovic Viallet à l’occasion de la nouvelle édition de son livre « Sorcières ! » qui s’intitule désormais « La grande chasse aux sorcières - histoire d’une répression (XVe - XVIIIe siècle) » aux éditions Armand Colin. Il s’agit de comprendre dans quel contexte s’est développée cette chasse aux sorcières, dans quel but et pour quelles raisons les victimes étaient exécutées. Nous revenons notamment avec lui sur les crimes d’hérésie et de sorcellerie pour explorer le fonctionnement de la justice entre la fin du Moyen-Age et l’époque moderne.
Fin du monde et petits fours – avec Edouard Morena
Ce soir, nous serons avec Edouard Morena, maître de conférences en science politique, pour discuter avec lui de son livre « Fin du monde et petits fours », paru aux éditions La découverte, ouvrage dans lequel il analyse les stratégies des ultra-riches face à la crise climatique. Nous parlerons "capitalisme vert", compensation carbone, philanthropie, lobbying, cabinets de conseil… bref, il s’agira de comprendre les grandes manœuvres des plus riches pour renvoyer l’image de personnalités engagées dans la défense de l’environnement (et surtout dans la sauvegarde de leurs intérêts).
Nazis dans la rue, RN à l’Assemblée : c’est toute l’extrême droite qu’il faut combattre
Nouvel épisode de "Minuit dans le siècle", court et sans invité, pour aborder un point qui a beaucoup agité les médias ces dernières semaines : les agissements de la mouvance dite "ultra-droite". Attaque contre le maire de Saint-Brévin, défilé dans Paris le 6 mai, colloque de l'Action française, hommage à Dominique Venner organisé par l'Institut Iliade, marche aux flambeaux à Annecy, etc., les militants néofascistes, royalistes et ultra-réactionnaires sont à l'offensive. J'essaie dans cet épisode d'expliquer pourquoi cette catégorie d'ultra-droite est une mauvaise piste, en montrant qu'il s'agit plutôt de la frange extraparlementaire et militante d'une extrême droite qui a aussi une branche institutionnelle (le RN), avec laquelle elle partage une vision du monde. Je tente également de donner quelques éléments de compréhension concernant les fonctions de l'extrême droite extraparlementaire, et d'avancer enfin des pistes sur la riposte en abordant la question qui fâche : faut-il soutenir des dissolutions et des interdictions ?
La théorie postcoloniale et le spectre du Capital
Un épisode autour du débat entre marxismes et études post-coloniales à partir du livre de Vivek Chibber, La théorie postcoloniale et le spectre du Capital (Asymétrie, 2018) – avec Benjamin, doctorant en sociologie et en philosophie à l’EHESS.
Economie féministe : la science contre le patriarcat ?
Les femmes gagnent en moyenne 25 % de moins que les hommes chaque mois, leur patrimoine est inférieur de 16% à celui des hommes. L’économie féministe regarde les inégalités femmes-hommes dans les portes-monnaies : pourquoi les conditions de vie des femmes sont-elles plus difficiles que celles des hommes ? Comment subvertir le patriarcat dans l’économie ? Avec Anne Eydoux, économiste au CNAM, présenté par Nino (Attac).
Une histoire des produits menstruels – avec Jeanne Guien
Ce soir nous étions avec Jeanne Guien, chercheuse, spécialisée en philosophie des techniques et en histoire industrielle, à l’occasion de la parution de son livre "Une histoire des produits menstruels" aux éditions Divergences. Cet ouvrage se construit autour de trois grands chapitres : les serviettes puis les tampons jetables et les applications de suivi du cycle menstruel. Il pose de nombreuses questions aussi bien économiques, sociales, écologiques, médicales que politiques !
Comment l’Etat expulse les pauvres – avec Camille François
Ce soir on a discuté avec le sociologue Camille François et fait avec lui l’état des lieux de la hausse des expulsions locatives en France. Après 10 ans de travail, il montre par le menu comment l’État s’y prend pour expulser les pauvres. Son livre De gré et de force est publié aux éditions La Découverte.
Retraites : le FN/RN de Marine Le Pen, l’autre parti du capital
Le Front national devenu récemment Rassemblement national (FN/RN) a indéniablement conquis une frange de l'électorat populaire au cours des quatre dernières décennies. Pour autant, défend-il un programme favorable aux intérêts matériels des classes populaires ? Pas le moins du monde, comme on le montre dans cet épisode avec l'économiste Denis Durand. Après avoir promu des politiques violemment néolibérales pendant les deux premières décennies de son histoire, il défend depuis - avec des évolutions selon l'actualité - une variété particulière de néolibéralisme : hostile au droit de grève et aux syndicats, à la cotisation sociale (donc à la protection sociale) et aux fonctionnaires (donc aux services publics). Plus fondamentalement, le FN/RN se situe dans la continuité de toutes les idéologies d'extrême droite : en défense des hiérarchies supposées naturelles (dont la domination du patron sur les travailleur·ses) et de la liberté des capitalistes d'exploiter sans entraves (sous le faux nez de la "libre entreprise"), contre la fiscalité progressive et l'imposition forte des bénéfices des entreprises, etc. Et contrairement à une idée reçue le FN/RN ne défend nullement la retraite à 60 ans pour tou·tes à taux plein. Loin de là d'ailleurs puisqu'au vu de ses propositions, certain·es devraient attendre 67 ans pour toucher une retraite pleine. S'il prétend ainsi soutenir la mobilisation actuelle qui s'oppose à la contre-réforme des retraites, espérant profiter de l'hostilité à Macron pour se poser en alternative crédible et populaire, il n'a cessé de s'opposer au mouvement réel, notamment en dénonçant la grève reconductible et en défendant les innombrables violences policières contre les manifestant·es.
Nietzsche, penseur rebelle ?
Un épisode qui revient de manière critique sur Nietzsche, sa philosophie ni nazie ni révolutionnaire, et son succès à l'extrême-gauche comme à l'extrême-droite - avec Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie, membre du comité de rédaction des éditions Crise et critique, auteur de « Le cas Nietzsche. Pourquoi Nietzsche n’est pas soluble dans une critique émancipatrice de la modernité » dans Jaggernaut n°1.