
Spectre
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Une histoire du pouvoir de punir – avec Vanessa Codaccioni
Réprimer c'est faire des choix politiques et c’est aussi une méthode de gouvernement. De la protection de la "chose publique" à la lutte antiterroriste, en passant par la gestion carcérale de la délinquance ordinaire, on retrace ce soir les transmutations de la répression d'État avec la chercheuse Vanessa Codaccioni qui vient de publier "Comment les États répriment" aux éditions Divergences
Le commun des mortelles – avec Margot Giacinti
Ce soir nous ferons une socio-histoire des féminicides avec la chercheuse Margot Giacinti qui vient de publier "Le commun des mortelles" aux éditions Divergences. Présentation de l’éditeur : Les meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes, autrement dit les féminicides, ont une histoire trop longue. Plusieurs générations de féministes, depuis la fin du 19e siècle, ont dénoncé à leur façon le caractère genré de ces phénomènes. C’est d’abord à elles que cet ouvrage rend hommage en retraçant leurs combats et leur pensée. C’est ensuite à l’expérience des victimes qu’il s’intéresse. Loin de subir passivement ces formes extrêmes de la domination masculine, celles-ci se sont souvent efforcées de dénoncer, de résister, d’agir contre leurs agresseurs. L’examen des archives (policières, judiciaires, médiatiques) met en lumière, de la Révolution française à aujourd’hui, des centres-villes aux campagnes, des classes bourgeoises aux classes laborieuses, des relations intimes aux meurtres crapuleux, les grands traits d’un fait social tristement structurel.
Vieillir et résister dans le monde ouvrier – avec Nicolas Renahy
Ce soir nous serons avec le sociologue Nicolas Renahy qui a publié aux éditions La Découverte « Jusqu’au bout - Vieillir et résister dans le monde ouvrier », livre consacré à un groupe de camarades de la CGT qui ont milité à Sochaux-Montbéliard dans les usines Peugeot et qui poursuivent la lutte pendant leur retraite, avec les entraves que charrie la vieillesse mais aussi avec la solidarité et les souvenirs joyeux qui maintiennent les liens serrés. Le livre revient avec beaucoup de tendresse sur des trajectoires militantes, sur les groupes Medvedkine, sur les rapports de classes, de genres et entre les générations…
La grossesse comme travail. Une analyse sociologique féministe
Un épisode autour de la grossesse comme travail dans une perspective sociologique féministe – avec Sofia, co-animatrice de Sortir du patriarcapitalisme, et Elsa Boulet, sociologue du genre, co-directrice d’Enfanter, entre normes médicales et représentations sociales (Erès, 2024) et autrice de Espaces et temps de la "production d'enfants". Sociologie des grossesses ordinaires (thèse de sociologie, Université Lumière Lyon 2, 2020).
Le pouvoir de nuisance des ultra-riches : comment les désarmer ?
Le pouvoir de nuisance des ultra-riches sur notre société s’exerce à différents niveaux. Sur l’économie avec leur pratique de captation des richesses et d’évasion fiscale, sur les libertés publiques et la démocratie avec la captation hégémonique des médias et la promotion de l’extrême droite par certains, ou enfin sur le climat de par leur mode de vie.
Écologie, nature et extrêmes droites : entre carbofascisme et écofascisme
Dans ce nouvel épisode, on revient sur les rapports entre les extrêmes droites et l'écologie, que nous avions commencé à aborder dans deux épisodes précédents (voir "Peste brune et greenwashing"). Pour approfondir le sujet, j'ai invité Antoine Dubiau, auteur notamment du livre "Écofascismes" (aux éditions Grevis). Avec lui on parle à la fois des grands partis d'extrême droite, ceux qui occupent le devant de la scène électorale et que l'on peut décrire comme relevant d'un "fascisme fossile" ou d'un "carbofascisme", et de courants ou de sensibilités numériquement plus marginaux et qui construisent un rapport différent à l'écologie, mais toujours à partir d'un socle raciste et réactionnaire, une culture qu'on peut qualifier d' "écofasciste". On montre que les rapports entre ces deux polarités, à l'extrême droite, ne sont pas simplement d'opposition : non seulement certains partis comme le FN/RN tentent de donner un vernis "écologique" à leurs obsessions identitaires mais on pourrait imaginer une cohabitation/collaboration entre un pouvoir carbofasciste et des enclaves écofascistes. On se demande pour finir ce que la gauche radicale et le mouvement écologiste peuvent opposer aux articulations proposées par l'extrême droite (entre mode de vie fondé sur les industries fossiles et identité blanche-occidentale, entre préservation de la nature et maintien des rôles traditionnels de genre, ou encore entre consommation de viande et masculinité). Enregistrement et mixage : Aurélien Thome.
Les bâtard·es du capital : colonialisme et violences sexuelles – avec Jules Falquet
Trigger warning : Dans cette émission, il est question de violences, notamment sexuelles, exercées contre les femmes et les enfants. Ce soir, nous serons avec Jules Falquet pour parler de son livre paru tout récemment aux éditions Amsterdam « La combinatoire straight - Colonialisme, violences sexuelles et Bâtard·es du capital ». Nous opérerons une plongée dans l’histoire du colonialisme et du capitalisme en lien avec le patriarcat pour mieux saisir les mécanismes à l’œuvre dans nos sociétés aujourd’hui. Il s’agira d’un parcours à travers les questions de race, de genre, de classe en lien avec les stratégies d’alliances matrimoniales et de production d’enfants.
Soyons Woke ! – avec Pierre Tévanian
Si le wokisme n’existait pas, alors il faudrait l’inventer ! Retournons le stigmate de la "bien-pensance" pour la revendiquer et discutons avec Pierre Tévanian de l'obsession "anti-woke" qui n'est que l'autre nom de la pensée réactionnaire, aussi vieille que nos désirs d'émancipation... D'ailleurs ces anti-wokistes ne sont-ils pas, par conséquent, des pro-sleepistes ? Ne veulent-ils pas simplement endormir les luttes sociales et la pensée de gauche ? Ce soir on parle du nouveau livre du philosophe Pierre Tevanian "Soyons Woke : Plaidoyer pour les bons sentiments" paru aux éditions Divergences
Combattre l’extrême droite de la rue à l’Assemblée nationale
Alors que la guerre génocidaire menée par l’État colonial d'Israël se poursuit à Gaza, avec son cortège quotidien de crimes de masse, alors que l'extrême droite progresse partout, l'actuel gouvernement n'a rien trouvé de mieux que de s'en prendre à Urgence Palestine et à la Jeune Garde antifasciste en les menaçant de dissolution. Nouvelle étape dans l'offensive autoritaire que mène tambour battant la classe dominante française depuis une quinzaine d'années, et de manière amplifiée la Macronie depuis 2017. Dans cet épisode j'ai rencontré Raphaël Arnault, militant antifasciste, co-fondateur et porte-parole de la Jeune Garde, député élu en juillet dernier dans le cadre du Nouveau Front populaire, et Mathilde Millat, militante anticapitaliste, membre du NPA-L'Anticapitaliste et suppléante de Raphaël. Tou-tes deux ont milité ensemble à Lyon, y ont construit des mobilisations, en particulier contre l'extrême droite, et iels se retrouvent à présent à l'Assemblée nationale pour prolonger ce combat. On revient ensemble sur leurs parcours militants, les raisons et les circonstances de leur engagement, à Lyon où ils se sont rencontrés dans les années 2010. On discute de la création de la Jeune Garde antifasciste (entre 2016 et 2018), des objectifs de ce collectif, de sa stratégie, de ses pratiques, et de ses acquis. On revient sur ce qu'iels ont essayé de faire vivre dans leurs deux campagnes électorales aux législatives de 2022 (à Lyon) et 2024 (à Avignon), en particulier de la manière dont iels conçoivent l'articulation entre luttes sociales et batailles électorales. On parle avec Mathilde de la bagarre des assistants parlementaires contre le média fasciste Frontières. On essaie de comprendre avec elleux ce que font des militant-es de terrain à l'Assemblée nationale, les obstacles qu'iels y rencontrent mais aussi les combats qu'iels y mènent. Et enfin on évoque la situation politique, qui peut trop facilement nous pétrifier alors que la gauche de rupture a des points d'appui, en particulier au sein de la jeunesse comme le souligne Raphaël. Enregistrement et montage : Ugo Palheta.
Défendre les fonctionnaires pour défendre les services publics ?
La détérioration des services publics est en marche : soumis à des contraintes de rentabilité, les fonctionnaires peinent à servir leurs missions d’intérêt général. Les usagers, qui subissent les résultats concrets de ces attaques, notamment la disparition des services de proximité, doivent ils se résoudre à la stigmatisation des fonctionnaires? Attention à ne pas se tromper de cible : pour défendre leur bien commun, comment les citoyen·nes peuvent ils se mobiliser pour organiser la riposte? Nous discuterons de tout cela avec Claire Lemercier, historienne, co-autrice de « La haine des fonctionnaires », Nina Palacio de la FSU et Angélique Grosmaire et Nicolas Galepides de Sud-PTT. Une émission animée par Vincent Gay.
L’extrême droite : une histoire française
Pour ce nouvel épisode de "Minuit dans le siècle", j'ai invité l'historienne Ludivine Bantigny. Avec elle, nous abordons l'histoire longue de l'extrême droite française, en revenant sur plusieurs épisodes incontournables de sa trajectoire. Tout d'abord ses origines dans la Réaction à la Révolution française, qui se manifeste en particulier en 1815 au moment de la Restauration. Puis les transformations de cette extrême droite à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, du moment boulangiste à l'affaire Dreyfus, avec le rôle central que joue alors l'antisémitisme. On discute également des années 1930, en particulier sous l'angle de la controverse entre historien-nes sur la prétendue "allergie française au fascisme". Un nouveau saut dans le temps nous amène jusqu'aux années 1980 et à la résurrection de l'extrême droite avec les premières poussées électorales du Front national. Enfin, on discute de la conjoncture politique présente, marquée par l'alliance de plus en plus ouverte entre une droite extrémisée et le FN/RN. Enregistrement et mixage : Aurélien Thome.
Le genre du capital. Dépossession des femmes et reproduction du patriarcat par la famille et le droit
Un épisode sur la reproduction du capitalisme patriarcal et la dépossession systémique des femmes au moment des séparations et des héritages, à partir de Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités (La Découverte, 2020) – avec les autrices, Céline Bessière, professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine, et Sybille Gollac, sociologue chargée de recherche au CNRS.
La spoliation des locataires juifs – avec Isabelle Backouche
Ce soir nous serons avec l’historienne Isabelle Backouche qui a écrit avec Sarah Gensburger et Eric Le Bourhis « Appartements témoins - La spoliation des locataires juifs à Paris, 1940-1946 » paru aux éditions La Découverte. Nous parlerons avec elle d’un pan assez peu connu car peu travaillé de l’histoire de la Seconde guerre mondiale : la spoliation des appartements et du mobilier des locataires juif·ves à Paris et à l’entour. Comment s’est-elle mise en place ? Quels en sont les principaux acteurs ? Quels étaient les types de bien visés et comment étaient-ils repérés ? À qui ont-ils été proposés ? Comment s’est passé l’après, lorsque les locataires sont revenu·es comme cela a parfois été le cas ? Nous aborderons ces questions et d’autres encore dans Les Oreilles Loin du Front.
Anticoloniale et antifasciste : comment la révolution a gagné le Portugal (partie 2)
Après un double épisode sur la dictature fasciste au Portugal, qui a duré près d'un demi-siècle (1926-1974), on aborde dans ce double épisode la Révolution des oeillets, à nouveau avec l'historien Victor Pereira. Cette révolution est souvent réduite au 25 avril 1974, journée magnifique durant laquelle un soulèvement militaire organisé par des officiers intermédiaires - les fameux "capitaines d'avril" - fait tomber enfin la dictature. Ce récit dissimule non seulement que la révolution a commencé sur le terrain colonial (comme on l'avait montré dans les précédents épisodes sur la dictature), avec l'offensive politico-militaire des mouvements de libération nationale - en Angola puis en Guinée, au Cap-Vert et au Mozambique - qui se déploie à partir du début des années 1960 et qui va considérablement affaiblir le régime. Mais la focalisation sur le 25 avril 1974 manque également ce qui va se jouer dans les 19 mois qui vont suivre, à savoir l'intrusion des classes populaires - ouvriers et employés des villes mais aussi paysans pauvres des campagnes du Sud - sur la scène politique. Dès les semaines qui suivent la chute du régime émerge ainsi le plus grand mouvement gréviste de l'histoire du pays. Il signale d'emblée que le peuple portugais n'aspire pas à troquer une élite modernisatrice contre une caste réactionnaire. Ce qui est vite à l'ordre du jour à mesure que la révolution se développe, c'est à la fois la décolonisation immédiate, la conquête d'une démocratie réelle (ne se réduisant pas à l'élection de "bons" représentants), et la sortie de la misère pour l'ensemble des travailleurs·ses. À travers des pratiques de lutte radicale et auto-organisées, cela va progressivement conduire à la montée d'une conscience anticapitaliste et à une aspiration à construire un "pouvoir populaire". Victor Pereira a publié notamment le livre "C'est le peuple qui commande. La Révolution des Œillets : 1974-1976", aux éditions du Détour en 2023. Épisode enregistré en octobre 2024. Enregistrement, montage et mixage : Aurélien Thome.
Lutter contre les souffrances au travail – avec Remy Ponge
Se relever après un burn-out professionnel, reprendre possession de sa santé physique et mentale, est un processus qui peut durer des années. Se relever et se tenir debout, c’est aussi, dans l’entreprise, oser prendre la parole et résister à la détérioration des conditions de travail. Ce soir, on parlera avec le sociologue Remy Ponge de son livre "Se tenir debout. Un siècle de luttes contre les souffrances au travail" publié aux éditions La dispute.
Aux racines de la domination masculine. Le féminisme matérialiste de Paola Tabet (2ème partie)
Un épisode en deux parties qui va aux racines de la domination masculine à partir de travaux de l’anthropologue et féministe matérialiste Paola Tabet rassemblés dans Les doigts coupés. Une anthropologie féministe (La Dispute, 2018) – avec Lise K., doctorante en sociologie du travail et du genre, et Leila Ouitis, autrice de plusieurs articles sur l’Algérie et une approche matérialiste de la question raciale.
Aux racines de la domination masculine. Le féminisme matérialiste de Paola Tabet (1ère partie)
Un épisode en deux parties qui va aux racines de la domination masculine à partir de travaux de l’anthropologue et féministe matérialiste Paola Tabet rassemblés dans Les doigts coupés. Une anthropologie féministe (La Dispute, 2018) – avec Leila Ouitis, autrice de plusieurs articles sur l’Algérie et une approche matérialiste de la question raciale, et Lise K., doctorante en sociologie du travail et du genre.
Anticoloniale et antifasciste : comment la révolution a gagné le Portugal (partie 1)
Après un double épisode sur la dictature fasciste au Portugal, qui a duré près d'un demi-siècle (1926-1974), on aborde dans ce double épisode la Révolution des oeillets, à nouveau avec l'historien Victor Pereira. Cette révolution est souvent réduite au 25 avril 1974, journée magnifique durant laquelle un soulèvement militaire organisé par des officiers intermédiaires - les fameux "capitaines d'avril" - fait tomber enfin la dictature. Ce récit dissimule non seulement que la révolution a commencé sur le terrain colonial (comme on l'avait montré dans les précédents épisodes sur la dictature), avec l'offensive politico-militaire des mouvements de libération nationale - en Angola puis en Guinée, au Cap-Vert et au Mozambique - qui se déploie à partir du début des années 1960 et qui va considérablement affaiblir le régime. Mais la focalisation sur le 25 avril 1974 manque également ce qui va se jouer dans les 19 mois qui vont suivre, à savoir l'intrusion des classes populaires - ouvriers et employés des villes mais aussi paysans pauvres des campagnes du Sud - sur la scène politique. Dès les semaines qui suivent la chute du régime émerge ainsi le plus grand mouvement gréviste de l'histoire du pays. Il signale d'emblée que le peuple portugais n'aspire pas à troquer une élite modernisatrice contre une caste réactionnaire. Ce qui est vite à l'ordre du jour à mesure que la révolution se développe, c'est à la fois la décolonisation immédiate, la conquête d'une démocratie réelle (ne se réduisant pas à l'élection de "bons" représentants), et la sortie de la misère pour l'ensemble des travailleurs·ses. À travers des pratiques de lutte radicale et auto-organisées, cela va progressivement conduire à la montée d'une conscience anticapitaliste et à une aspiration à construire un "pouvoir populaire". Victor Pereira a publié notamment le livre "C'est le peuple qui commande. La Révolution des Œillets : 1974-1976", aux éditions du Détour en 2023. Épisode enregistré en octobre 2024. Montage : Aurélien Thome.
Histoire de Jacqueline Manicom, la révoltée – avec Hélène Frouard
Ce soir, nous recevons l’historienne et journaliste Hélène Frouard pour parler de son livre « Jacqueline Manicom, la révoltée » paru aux Éditions de l’Atelier. Nous reviendrons avec elle sur cette figure du féminisme des années 60 et 70. Sage-femme et écrivaine née en Guadeloupe où elle a créé le premier Planning familial d’Outre-mer, elle a lutté pour le droit des femmes d’accéder à la contraception et à l’avortement mais aussi contre la colonialisme.
Haïti : quels espoirs pour sortir du chaos ?
Haïti traverse aujourd’hui des épreuves dramatiques : la montée des gangs armés et les crises économique, sociale, sanitaire et éducative poussent de nombreux Haïtiens à fuir leur pays au péril de leur vie. Face à cette situation, le peuple manifeste dans les rues, et les organisations sociales et politiques du pays et de la diaspora se mobilisent. En cette année bicentenaire de la rançon réclamée par la France, nous parlerons de l'histoire et de l'actualité du pays avec Jean-Marie Théodat, géographe et spécialiste d’Haïti, et Jane-Léonie Bellay, membre de l’espace enjeux et mobilisations internationales d’Attac et de la la Plateforme française de solidarité avec Haïti, qui agit pour le droit à l’autodétermination et la réparation de la dette.
Penser l’autogestion, l’écologie et les mouvements sociaux avec Gorz
Dans cet épisode de « C’est quoi le plan ? », nous recevons Céline Marty et Simon Duteil. Nos deux invité·es échangent sur les idées, les propositions défendues par André Gorz (1923-2007) – notamment sur l’aliénation, le pouvoir et l’autogestion, l’écologie, le syndicalisme – pour en mesurer non seulement l’actualité mais aussi en quoi elles peuvent rencontrer les préoccupations, l’intervention, les stratégies, des syndicats, des associations, des mouvements sociaux d’aujourd’hui. Céline Marty a publié en début d’année un petit ouvrage, "Découvrir Gorz", aux éditions sociales et fait paraître ce mois-ci aux Presses universitaires de France, "L’écologie libertaire d’André Gorz". Simon Duteil a été co-porte-parole de l’Union syndicale Solidaires de 2020 à 2024 et dans ce cadre a été l’un des artisans de l’Alliance écologique et sociale qui rassemble associations écologistes et syndicats. Théo Roumier est quant à lui membre du comité de rédaction de la revue en ligne Contretemps. Enregistrement et montage : Aurélien Thome.
De la situation des femmes sans domicile – avec Marie Loison
Alors que les expulsions reprennent depuis la fin de la trêve hivernale, cette semaine nous parlerons en plateau avec la sociologue Marie Loison de la situation des femmes sans domicile.
« On ne peut plus rien dire ! » – avec Thomas Hochmann
Alors que le droit semble un truc démodé, que la vérité ou le mensonge c’est apparemment du pareil au même, qu’on entend crier à la censure d’Hanouna ou de Zemmour, que certaines personnes se plaignent que, décidément, on ne peut plus rien dire à cause des wokes et des bien-pensant·es, nous recevons Thomas Hochmann, professeur de droit public, qui a publié aux éditions Anamosa « ‘’On ne peut plus rien dire…’’ - Liberté d’expression : le grand détournement ».
Comment soigner nos collectifs militants ? – avec Sarah Durieux
Ce soir, nous serons avec Sarah Durieux pour parler de son livre paru aux éditions Hors d’atteinte « Militer à tout prix ? - Pourquoi nos collectifs nous font mal et comment les soigner ». Alors que les champs de luttes se multiplient, que nous nous sentons pris·es dans un tourbillon réactionnaire, raciste, sexiste, LGBTphobe, avec des coups portés notamment aux services publics, aux retraité·es, aux plus précaires, à l’environnement, à la démocratie, il est urgent de se mobiliser. Cependant les collectifs militants ne sont pas toujours des espaces safe, ils reposent souvent sur des fonctionnements qui nous usent, nous font du mal et nous dégoûtent parfois de l’action. Voulons-nous vraiment militer dans des organisations où la compétition, la soif de pouvoir, de visibilité et de reconnaissance nous conduisent à l’épuisement ? Comment inventer d’autres modèles ?
Offensive réactionnaire et islamophobe à l’école : comprendre pour mieux combattre
Contrairement à une représentation courante, faisant de l’École une sorte de chasse gardée pour la gauche, les droites et extrêmes droites ont fortement investi la question scolaire ces vingt dernières années. Le premier aspect de cette offensive des droites, sans doute le plus visible, ce sont les politiques austéritaires qui - depuis Sarkozy notamment - ont contribué à dégrader les conditions de travail des personnels de l’Éducation nationale et les conditions d'étude pour les élèves. Ce qui ne pouvait manquer d'accroître les inégalités sociales face à l’École tout en favorisant l'enseignement privé (en France ultra-majoritairement un enseignement confessionnel catholique). Mais les forces réactionnaires et libérales ne se sont pas arrêtées là : une offensive idéologique et institutionnelle a été menée à plusieurs niveaux : pour délégitimer la démocratisation scolaire, favorisant - explicitement ou non - un retour à des procédures précoces de tri scolaire (qui fonctionne largement et objectivement comme tri de classe et racial) ; pour s'opposer aux politiques visant à lutter contre les inégalités de genre, les discriminations en fonction de l'orientation sexuelle, et les violences sexistes et sexuelles ("ABCD de l'égalité", "Enseignement de la vie affective, relationnelle et sexuelle", etc.) ; et enfin pour stigmatiser (et au besoin exclure) les enfants et adolescents de confession musulmane, au nom d'une "laïcité" vidée de son sens et transformée en arme de discrimination massive. On discute de toutes ces questions avec deux syndicalistes enseignant-es, Céline Sierra et Antoine Chauvel, et avec Cécile Ropiteaux, ancienne syndicaliste enseignante et militante associative. A noter que cet entretien a été réalisé en novembre 2024, avant la publication du nouveau programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité.
Le renouveau du radicalisme d’extrême droite – avec Sébastien Bourdon
Ce soir, on a reçu en plateau le journaliste Sébastien Bourdon pour parler de son livre "Drapeau noir, jeunesses blanches - Enquête sur le renouveau de l’extrême droite radicale" publié aux éditions du Seuil. Dans cette enquête, il montre à la fois le renouveau générationnel, idéologique et stratégique des groupuscules d'extrême-droite, mais aussi comment les dissolutions successives ont paradoxalement renforcé une "interfaf" (pour utiliser les mots mêmes des premiers concernés) et la menace grandissante qu'elle représente...
Barbès blues, une histoire populaire de l’immigration maghrébine – avec Hajer Ben Boubaker
Ce soir, Les Oreilles se délocalisent en pensée dans le 18e arrondissement pour parler avec Hajer Ben Boubaker de « Barbès blues - Une histoire populaire de l’immigration maghrébine », paru aux éditions du Seuil. Nous plongerons avec elle dans l’histoire de ce quartier emblématique des luttes anti-racistes, nous partirons à la rencontre de personnages qui ont milité pour l’indépendance des peuples colonisés, pour la défense des travailleurs immigrés, contre la haine et les frontières qui enferment. De Tati à l’église Saint-Bernard, de la rue de la Charbonnière à la rue de la Goutte d’Or, nous arpenterons des lieux où s’est construit et où se poursuit l’histoire de l’immigration maghrébine.
Identitaires : comment les médias dominants font le jeu d’une mouvance néofasciste
Depuis une vingtaine d'années, les identitaires se sont installés dans le paysage de l'extrême droite, à côté du Front national devenu Rassemblement national (mais non sans liens). Ils jouent un rôle spécifique, comme groupe violent là où ils sont présents mais surtout dans la bataille culturelle pour favoriser la diffusion et la légitimation des idées racistes, en particulier islamophobes. Avec le sociologue Samuel Bouron, spécialiste des médias mais aussi auteur d'une enquête par immersion dans la mouvance identitaire, nous revenons sur les origines de ce courant d'extrême droite singulier, sur sa vision du monde et ses stratégies, mais aussi sur les relais qu'ils trouvent dans les médias dominants. Dans son livre "Politiser la haine", qui vient de paraître aux éditions La Dispute, Samuel Bouron montre en effet que le relatif succès des identitaires - en termes d'influence, au regard de leur faiblesse numérique - est incompréhensible sans une analyse de l'écosystème médiatique. Et si celui-ci a permis la banalisation de leurs obsessions épuratrices focalisées sur l'islam et l'immigration, ce n'est pas simplement en raison de la présence croissante d'éditorialistes réactionnaires et racistes, mais du fait de transformations structurelles des médias (appropriation capitaliste de la presse, création de chaînes d'information en continu, soumission aux logiques d'audimat, journalisme web low-cost et montée des émissions de plateau, tout cela au détriment des enquêtes, etc.). Enregistrement et montage : Aurélien Thome.
Genre et Féminisme à Attac : un bilan tourné vers l’avenir
Où en est le féminisme à Attac ? En 2025, presque 10 ans après #metoo, Alice Picard, Annick Coupé et Valentine Gelin nous proposent une perspective sur un aspect important de la vie militante d'Attac : le féminisme. Comment l'association se situe dans les diverses luttes féministes actuelles ? Comment faire pour qu'Attac devienne un lieu d'émancipation pour les femmes ainsi que tous les autres groupes minorisés ?
Vivre au camping – avec Gaspard Lion
La France possède le parc de camping le plus important d’Europe et certaines personnes décident de s’y établir à l’année. Nous recevons le sociologue Gaspard Lion pour discuter de son livre « Vivre au camping - Un mal logement des classes populaires » paru aux éditions du Seuil. Nous revenons avec lui notamment sur les motivations qui amènent les gens à vivre au camping toute l’année, sur leurs profils, sur les réseaux de sociabilité et de solidarité qui s’y tissent, sur la précarité à laquelle ils et elles sont confronté·es. C'est également l’occasion de faire un point sur les politiques du logement depuis les années 80.
Découvrir la pensée d’André Gorz – avec Céline Marty
Ce soir nous rêverons à un autre monde, ou plutôt à un autre mode de fonctionnement du monde, un monde tel que l’a pensé André Gorz. Nous recevons, pour parler de son travail, la chercheuse Céline Marty qui a publié aux Éditions sociales « Découvrir Gorz ». Au programme : émancipation, écologie, décroissance, autogestion, technocritique, syndicalisme… De quoi respirer un peu dans une actualité bien lourde.
Les choses sérieuses – avec Isabelle Clair
Ce soir, nous parlerons d’amour puisque nous serons en compagnie de la sociologue Isabelle Clair que nous recevons pour son livre « Les choses sérieuses - Enquête sur les amours adolescentes » paru aux éditions du Seuil. Nous reviendrons avec elle sur ses différents terrains et sur tout ce qui fait des premières amours des « choses sérieuses » : changements physiques, de cadre d’études, de genre parfois, expression des sentiments et communication, désirs et rapport aux normes, peurs et hontes… Comment le regard sociologique peut-il nous permettre de lever un peu le voile sur ces "mystères de l'amour"?
Le langage est politique ! – avec Marie Loison et Gwenaëlle Perrier
L’écriture inclusive fait aujourd’hui l’objet de nombreux débats et de prises de position diverses dans nos vies personnelles ou professionnelles, en un mot, elle ne laisse personne indifférent. Mais qu’est-ce que l’écriture inclusive ? Pourquoi suscite-t-elle autant de passions ? Met-elle en « péril » la langue française ? Ne fait-elle d’ailleurs polémique qu’en France ? Ce soir on en parle avec les chercheuses Marie Loison et Gwenaëlle Perrier qui viennent de publier "L’écriture inclusive. Le langage est politique !" aux éditions Presses Universitaires Blaise-Pascal.
Syndicalistes et libertaires : l’expérience de l’UTCL
Dans cet épisode de « C’est quoi le plan ? », enregistré le 28 janvier 2025, Théo Roumier, membre de la rédaction de Contretemps web, s’entretient avec Patrice Spadoni, qui fut l’un des fondateurs de l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) en 1976. À l’occasion de la reparution en poche du livre "Syndicalistes et libertaires, une histoire de l’UTCL (1974-1991)" aux éditions d’Alternative libertaire, cette discussion est l’occasion de revenir sur l’histoire et les apports stratégiques de cette organisation originale dans le panorama de l’extrême gauche post-68. De ses prémisses, au sein de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), jusqu’à l’expérience de l’intervention en entreprise – à la poste et à la SNCF notamment – où les membres de l’UTCL contribuent à faire vivre un syndicalisme autogestionnaire dans la CFDT d’alors ; avec les coordinations de grévistes de 1986-1988 et jusqu’à la création des syndicats SUD, mais aussi au travers de l’élaboration d’un projet de société, c’est un pan d’histoire de la gauche radicale que l’on parcourt. Enregistrement et montage : Aurélien Thome.
L’Iran entre deux révolutions. Aux origines de la révolution iranienne de 1979 (4ème partie)
4ème et dernière partie d'un épisode qui revient aux origines de la révolution iranienne de 1979 par une histoire marxiste de l’Iran moderne, de sa révolution constitutionnelle de 1906 à celle de 1979, à partir de Iran between two revolutions (Princeton University Press, 1982) de Ervand Abrahamian et de De la politique en Iran (Senonevero, 2010) de Théo Cosme – avec Habib, préfacier de ce dernier ouvrage et participant à la révolution iranienne de 1979.
L’Iran entre deux révolutions. Aux origines de la révolution iranienne de 1979 (3ème partie)
3ème partie d'un épisode qui revient aux origines de la révolution iranienne de 1979 par une histoire marxiste de l’Iran moderne, de sa révolution constitutionnelle de 1906 à celle de 1979, à partir de Iran between two revolutions (Princeton University Press, 1982) de Ervand Abrahamian et de De la politique en Iran (Senonevero, 2010) de Théo Cosme – avec Habib, préfacier de ce dernier ouvrage et participant à la révolution iranienne de 1979.
L’Iran entre deux révolutions. Aux origines de la révolution iranienne de 1979 (2ème partie)
2ème partie d'un épisode qui revient aux origines de la révolution iranienne de 1979 par une histoire marxiste de l’Iran moderne, de sa révolution constitutionnelle de 1906 à celle de 1979, à partir de Iran between two revolutions (Princeton University Press, 1982) de Ervand Abrahamian et de De la politique en Iran (Senonevero, 2010) de Théo Cosme – avec Habib, préfacier de ce dernier ouvrage et participant à la révolution iranienne de 1979.
L’Iran entre deux révolutions. Aux origines de la révolution iranienne de 1979 (1ère partie)
1ère partie d'un épisode qui revient aux origines de la révolution iranienne de 1979 par une histoire marxiste de l’Iran moderne, de sa révolution constitutionnelle de 1906 à celle de 1979, à partir de Iran between two revolutions (Princeton University Press, 1982) de Ervand Abrahamian et de De la politique en Iran (Senonevero, 2010) de Théo Cosme – avec Habib, préfacier de ce dernier ouvrage et participant à la révolution iranienne de 1979.
Développer le care dans les milieux militants
A Attac, on se demande comment le concept et les pratiques liées au care pourraient nous aider, nous les militantes et militants, à trouver les ressources nécessaires pour affronter ensemble et collectivement les temps qui viennent. On a mené la discussion avec 3 personnes issues d’organisations de terrain : Marie-Charlotte (militante au pôle Médias du collectif #NousToutes, collectif dédié à la lutte contre les violences de genre), Camille (co-directrice de l’association Organisez-vous!, dédiée à l’exploration et au partage des méthodes d’organisation collective) et Damien (militant chez Extinction Rébellion, mouvement de désobeissance civile en lutte contre le changement climatique et la destruction des écosystèmes).
Les fonds vautours à l’assaut de la souveraineté des États – avec Benjamin Lemoine
Pourquoi des pays du Sud global, surendettés, soumis au déséquilibre structurel du commerce international paraissent-ils acculés au remboursement de leurs dettes au détriment, entre autres, de leur population, de leur marché intérieur et de programmes écologiques pourtant indispensables ? Benjamin Lemoine retrace pour nous l’histoire de la judiciarisation des dettes publiques, de la victoire de la raison propriétaire sur la raison diplomatique, mais aussi des résistances, passées et – on l’espère – à venir contre la mainmise des créanciers privés sur nos vies. On parle avec lui de son dernier livre : «Chasseurs d’États, les fonds vautours et la loi de New York à l’assaut de la souveraineté» paru aux éditions de la Découverte.
Racisme et néocolonialisme français
Dans cet épisode de Contresons, enregistré le 19 décembre 2024, nous recevons deux membres de l’association Survie, Riwadi et Mathieu. Fondée en 1984, Survie lutte depuis quarante ans contre la Françafrique. Le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 est un tournant dans la vie de l’association : alors que celle-ci avait appelé à cesser de soutenir le régime en place plus d’un an avant le génocide, les autorités politiques et militaires françaises se rendent complices des génocidaires. Depuis, Survie n’a eu de cesse de dévoiler et dénoncer ces responsabilités comme de combattre le négationnisme du génocide des Tutsis. Mais son action s’est aussi étendue à d’autres aspects : le soutien à la lutte du peuple kanak pour son indépendance, l’opposition aux interventions militaires françaises en Afrique, la critique de l’impérialisme de la Francophonie… Enfin, en octobre dernier, Survie a fait paraître une brochure, « Racisme et néocolonialisme français », voulant contribuer aux combats antiracistes et décoloniaux. Les questions soulevées par cette brochure sont au cœur de cet entretien. Enregistrement et montage : Aurélien Thome.
Pour un universalisme minoritaire – avec Bruno Perreau
Les condamnations répétées du wokisme, du communautarisme, du séparatisme, du "politiquement correct" reflètent la même peur des "minorités" qui seraient devenues vindicatives voire "tyranniques"... Loin de ces fantasmes conservateurs reste ouverte la question de comment vivre les uns avec les autres dans une société plus juste ? Comment mener des combats minoritaires en échappant à l’essentialisation ? Comment penser la présence minoritaire non pas comme une substance mais comme une relation ? C’est ce dont on va parler ce soir avec Bruno Perreau que nous recevons pour son livre Sphères d’injustice paru aux Éditions de La Découverte.
Comment (re)penser les quartiers populaires
Si les "cités" ou les "quartiers" sont l'objet d'un discours omniprésent depuis plus de quatre décennies en France, discours aussi bien politique que journalistique ou scientifique, il n'est pas certain que l'on sache bien de quoi on parle ni que la réalité sociale de ces territoires soit si bien connue. C'est d'ailleurs sans doute l'inverse qui est vrai, la plupart de ces discours faisant écran à une connaissance rigoureuse des conditions de vie des habitant·es de ces quartiers, de leurs expériences et de leurs trajectoires, de leurs manières d'être et de penser, ou encore de l'insertion des quartiers populaires dans la structure sociale française. Quartiers sensibles ou prioritaires, "territoires perdus de la République" ou simplement "quartiers", ghettos urbains ou quartiers ouvriers en déclin dans la sociologie, les catégories pour les désigner apparaissent d'ailleurs flottantes. Ainsi doit-on commencer par un travail de déconstruction des représentations qui entourent ces territoires pour espérer en comprendre quelque chose, un travail auquel s'attelle avec rigueur et brio le sociologue Pierre Gilbert dans son livre "Quartiers populaires. Défaire le mythe du ghetto" (aux éditions Amsterdam). Un livre indispensable, dans lequel il propose une relecture systématique et critique des travaux sociologiques qui portent sur les quartiers populaires en France depuis au moins un demi-siècle. Enregistrement et montage : Aurélien Thome.
Qui travaille vraiment ? – avec Denis Colombi
La récente allocution de Macron mentionne que malgré la censure, les entreprises pourront "continuer de travailler", mais que cache cette idée qu’une entreprise "travaillerait" ? On ne compte plus non plus les attaques de la droite envers les politiques de gauche qui mépriseraient la "valeur travail", mais que signifie cet idiome ? Qui travaille ? Qu’appelle-t-on "le travail" ? Pourquoi mobilise-t-on l’expression de la "France qui se lève tôt" et jamais celle de la "France qui se couche tard" ? Ce soir, on revient sur ce processus d’invisibilisation du travail avec Denis Colombi qui vient de publier "Qui travaille vraiment ?" chez Payot.
Guerre, révolution et contre-révolution au Rojava et en Syrie : mythes et réalités (1ère partie)
Décembre 2024 : le régime des Assad tombe après plus de 50 ans de dictature sanguinaire. Un régime oppresseur des kurdes syriens mais aussi parfois soutien contre la Turquie du mouvement armé de guérilla kurde PKK et de sa branche syrienne, le PYD. La chute du régime remet en cause le statu quo et notamment le pacte de non-agression entre le régime d’Assad et le PYD, qui avait permis à ce dernier de prendre le contrôle d’une partie du nord-est de la Syrie en 2011 en échange de sa complicité plus ou moins active avec l’écrasement du soulèvement syrien. Dans le Nord Est de la Syrie, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), force militaire multiethnique créée en 2015 contre Daech et sous contrôle du PYD, sont attaquées par l'Armée Nationale Syrienne (ANS), des anciens révolutionnaires syriens désormais la solde de la Turquie, avec des crimes de guerre, des viols, des pillages et une épuration ethnique, comme en 2018 et en 2019. Enfin, les FDS se retirent petit à petit, notamment suite à la révolte des populations arabes locales qui les perçoivent comme des occupants – et contre lesquels ils n’ont pas hésité à tirer à balles réelles, faisant des dizaines de morts –, de certaines zones conquises à l'Etat islamique le long de l’Euphrate en 2016-17. Oppression turque et arabe des kurdes syriens, liens troubles entre le régime des Assad et le PKK/PYD, offensives turques contre les FDS à l'aide de supplétifs issus de la révolution syrienne, conquête/occupation militaire de zones arabes par les FDS à l'occasion de la lutte contre Daech, et faillite de la gauche française à sortir d’un récit contre-révolutionnaire réduisant la guerre en Syrie à un affrontement entre les Kurdes et les islamistes, c'est précisément ce que cet épisode permet de comprendre, car la situation actuelle dans le Nord-est de la Syrie et notamment au Rojava plonge ses racines dans les années 2010 et même avant.
Étranges Étrangers : le droit du sol à Mayotte
Alors qu'un ouragan vient de semer la mort et la désolation sur Mayotte le 14 décembre 2024, Spectre publie un documentaire sonore sur la situation sociale et sécuritaire de l'ile, pour déconstruire les discours sur l'immigration à Mayotte, qui resurgissent aujourd'hui. En avril 2023, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, lance à Mayotte l'opération Wuambushu. Que recouvre ce mystérieux intitulé en shimaoré ? Sous prétexte de lutte contre l'habitat insalubre, contre l'immigration, pour la sécurité, le programme mobilise 1800 gendarmes et policiers, complétés par les effectifs de la CR8, spécialisée dans les violences urbaines. Alors que nous cherchions des voix dissonantes, à contre-courant des discours majoritairement favorables au plan, nous avons enquêté sur la signification du mot Wuambushu pour les habitant·es de l'île Maoré.
Henri Simon (1922-2024), de « Socialisme ou barbarie » au refus du travail et du syndicalisme bureaucratique
Un entretien de 2020 autour de sa vie, de son œuvre et de ses engagements politiques, et donc notamment au sujet de Socialisme ou barbarie, du refus du travail et des luttes de classe en France, en Pologne, en Espagne et Angleterre au cours des années 1950-1980 avec Henri Simon (1922-2024), communiste de conseils, notamment auteur de Le 25 juin 1976 en Pologne : travailleurs contre capital, Spartacus, 1977 ; Pologne 1980-82, lutte de classes et crise du capital, Spartacus, 1982 et de « To the bitter end ». Grève des mineurs en Grande-Bretagne (mars 1984-mars 1985), Acratie, 1987 ; et co-auteur avec Cajo Brendel de De l'anti-franquisme à l'après-franquisme. Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1979.
Le service public empêché – avec Nadège Vezinat
Alors que les attaques ne cessent pas contre le service public, nous lui consacrons une nouvelle émission ce soir puisque nous recevons la sociologue du travail Nadège Vezinat qui a fait paraître aux éditions PUF « Le service public empêché ». Nous aborderons avec elle ce qui dénature le service public et qui l’empêche de fonctionner correctement, créant du mécontentement voire de la souffrance chez ses agent·es comme chez les usager·ères.
Fascisme, race et capital : ce qu’il faut savoir et attendre de Trump
Trump a remporté l’élection présidentielle états-unienne et va revenir au pouvoir. Celui qui avait déjà occupé la fonction présidentielle de l'hyper-puissance états-unienne entre 2016 et 2020, et qui - entre beaucoup d'autres choses - avait alors voulu interdire l'immigration issue de pays musulmans ou tirer sur les manifestations antiracistes contre les crimes policiers. Celui qui a cherché à faire annuler sa défaite électorale de 2020, par diverses manoeuvres illégales et en fomentant une émeute. Celui qui, lors de sa campagne particulièrement extrémiste de 2024, a prétendu que l'immigration "empoisonnait le sang de la nation américaine", ou que les immigrés haïtiens mangeaient les animaux domestiques des bons Américains à Springfield. Comment expliquer ce succès ? Qui a voté pour Trump et pourquoi ? Qu'y a-t-il de commun avec sa précédente victoire de 2016 et qu'est-ce qui a changé entretemps ? Comment inscrire Trump et le trumpisme dans l'histoire des États-Unis, aussi bien celle de l'extrémisation du Parti Républicain lors des 15 dernières années que la longue trajectoire du suprémacisme blanc ? Comment caractériser le trumpisme : fascisme ou non ? Qu'attendre de cette nouvelle expérience de pouvoir et quelles résistances pourront ou sauront émerger ? C'est l'ensemble de ces questions, et quelques autres, que nous abordons dans ce nouvel épisode avec l'historienne Sylvie Laurent, spécialiste des États-Unis et de la question raciale. Elle est l'autrice de nombreux ouvrages, en particulier récemment : "Pauvre petit blanc. Le mythe de la dépossession raciale" (Éd. de la Maison des sciences de l'homme, 2020), et "Capital et race. Histoire d'une hydre moderne" (Éd. du Seuil, 2024). Enregistrement : Thomas Guiffard-Colombeau.
Optimisme de l’action : penser la résistance avec Gramsci
Nous vous proposons dans ce nouvel épisode du podcast "C'est quoi le plan ?", de la revue Contretemps, de revenir sur l'héritage d'Antonio Gramsci. En effet, comment dans un podcast consacré aux questions stratégiques passer à côté de celui qui, avec Lénine et Trotsky notamment, a affronté certaines des questions stratégiques les plus centrales au sein du marxisme du 20e siècle. Antonio Gramsci, dirigeant du Parti communiste italien, assassiné lentement dans les prisons de Mussolini, a renouvelé la pensée marxiste et apporté une contribution décisive à la théorie révolutionnaire. Largement étudiée aujourd’hui dans le monde universitaire, son œuvre ne cesse d’inspirer de nouvelles recherches dans les domaines les plus divers du savoir. Sa réception est pourtant paradoxale, en particulier en France. Souvent citée et instrumentalisée par les forces les plus réactionnaires, elle reste mal connue, y compris parmi celles et ceux qui se réclament de son héritage politique, et perce difficilement au-delà des cercles académiques. Face à une telle situation, comment se réapproprier sa pensée, et la remettre à disposition de ses destinataires naturels, les militant‧e‧s qui veulent changer le monde ? Comment l’actualiser, c’est-à-dire à la fois la transformer en fonction des spécificités de notre temps, et la traduire en acte ? C’est à ces défis que Contretemps a voulu se confronter en organisant une journée de discussion, qui s’est tenue le 4 mai 2024, la première de ce genre à se tenir à Paris hors de l’enceinte universitaire. Elle prolonge un travail de publication entamé de longue date dans les publications en ligne de la revue. Elle s’organise en deux séances. La première est consacrée à Gramsci comme ressource pour penser les rapports de domination, la seconde aux questions stratégiques de la politique émancipatrice que son approche a permis de remettre au centre de la discussion. Nous remercions nos ami·es et camarades du site Hors-Série, qui ont réalisé la captation audio et vidéo de cette journée, permettant de la proposer ici en deux épisodes de notre podcast consacré aux questions stratégiques, dont voici le deuxième.