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Le Nouvel Esprit Public

Le Nouvel Esprit Public

850 episodes — Page 14 of 17

Ep 178Thématique : Le Brésil / n°153 (9 août 2020)

Avec Bruno Meyerfeld, de père français et de mère brésilienne, correspondant du Monde au Brésil depuis septembre 2019 après l’avoir été en Afrique de l’est, ce qui a valu à notre ami Richard Werly le plaisir d’éditer sous votre signature un « Kenya, les séismes du Rif » publié dans sa collection « l’Âme des peuples », aux éditons Nevicata, vous avez travaillé pour le service photo de l’International New York Times et pour Radio France, vous êtes diplômé de Sciences Po Paris avec des incursions en chinois à l’université Fudan de Shangaï et en anglais à la New York university, et, pour vous interroger, j’ai réuni François Bujon de l’Estang, Béatrice Giblin et Nicole Gnesotto …Le Brésil est la principale puissance économique d’Amérique du Sud. Au sein de la zone de libre-échange MERCOSUR, il représentait les trois quarts de la richesse produite en 2018 avec un PIB évalué à 1.869 milliards de dollars. Il est ainsi la 9e puissance économique mondiale et fait partie du groupe des BRICS qui rassemble les principaux pays émergents. Il compte plus de 210 millions d’habitants, la richesse par tête est estimée à près de 9 000 $.La société est divisée par de très fortes inégalités : en 2017, 5% des Brésiliens les plus riches possédaient autant que le reste de la population. La situation s’est aggravée avec la crise économique qui touche le pays depuis 2014. Le taux de pauvreté, en constante diminution depuis les années 90, est reparti à la hausse. De très fortes inégalités géographiques sont également observées entre le Nordeste et le Sudeste mais aussi entre les favellas et les banlieues résidentielles protégées.L’arrivée au pouvoir, en 2018, de Jair Bolsonaro a marqué la fin des 15 ans de règne du Parti des Travailleurs, le PT, sous les présidences de Lula puis de Dilma Rousseff entre 2010 et 2016. Ces gouvernements fédéraux de gauche ont mené des politiques de redistribution des richesses, réduisant ainsi considérablement le nombre de Brésiliens pauvres. Cependant, la corruption, systémique, a jeté le discrédit sur l’ensemble de la classe politique brésilienne, favorisant l’apparition de candidats marginaux. Après la destitution de la présidente Dilma Rousseff, son successeur Michel Temer, convaincu de corruption d’abord par la presse, puis par la justice dût renoncer à se présenter à l’élection présidentielle de 2018, celle que Bolsonaro a remportée avec 55,1% des voix alors que le candidat naturel du PT, l’ancien président Lula, était emprisonné et déclaré inéligible quelques semaines avant le scrutin.Depuis son accession au pouvoir, Jair Bolsonaro conserve le ton outrancier qui lui avait permis de se faire connaître au niveau national. Les politiques menées favorisent les grands propriétaires terriens, au détriment des populations amazoniennes et de la préservation de la plus grande forêt du monde. S’inspirant de Trump, le pouvoir bolsonariste fait grand usage des réseaux sociaux sans s’embarrasser de la vérité et continue de nier l’importance du danger du coronavirus. Bolsonaro, ancien militaire, a fait entrer de nombreux hauts gradés au gouvernement, ce qui ravive pour certains les souvenirs de la junte au pouvoir de 1964 à 1985.Bruno Meyerfeld, avec Jair Bolsonaro les Brésiliens et les observateurs étrangers que nous sommes ont-ils commis les mêmes erreurs qu’avec Donald Trump ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 9, 20201h 3m

Ep 177Bada # 41 : Et en Corée du Sud ? Questions à David Elkaïm (7 août 2020)

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Comment les Sud-Coréens et leur gouvernement ont-ils affronté une pandémie qui s’est manifestée très tôt dans un pays aux multiples contacts avec la Chine ? David Elkaïm, installé depuis deux ans sur l’île de Jeju, lieu touristique si prisé que la ligne aérienne qui la relie à la péninsule est l’une des plus fréquentées du monde, décrit la rapidité de la réaction officielle, l’adhésion de la population aux mesures officielles - adhésion sans doute soutenue par une politique d’amendes très élevées -, le souci du bien-être des anciens, le plus souvent logés avec leur descendance et l’obsession de la réussite des enfants, la plupart uniques, dressés à la compétition pendant le confinement aussi implacablement qu’avant la pandémie. Il évoque la sensitivité de la Corée du Sud à ce qui se passe en Corée du Nord, pour autant que des informations fiables en sortent et rappelle le proverbe qui règle leur relation : « quand les baleines se battent, les crevettes ont le dos brisé ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 7, 202030 min

Ep 172Thématique : De Gaulle a-t-il quelque chose à nous apprendre ? / n°152 (2 août 2020)

Cette émission thématique sera consacrée au général De Gaulle, 30 ans après sa mort et 80 ans après l’appel du 18 juin. En décembre 2019, nous avions consacrée une thématique à la biographie du général, avec un universitaire britannique, Julian Jackson, dont le travail nous avait impressionné. La conversation d’aujourd’hui portera sur la politique du Général, à l’occasion de la parution de deux articles dont les auteurs sont connus de nos auditeurs. Dans la revue Pouvoirs, en effet, Jean-Louis Bourlanges, député des Hauts de Seine, signe une étude critique intitulée « Une certaine idée de la France », tandis que, dans la Revue politique et parlementaire, David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences -po fait paraitre sous le titre « Ni chêne, ni roseau » un article consacré à ce qu’il y a de moderne dans le gaullisme. L’un et l’autre de ces auteurs confronteront leur point de vue au cours de cette conversation où ils retrouveront un autre de nos fidèles, François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France et collaborateur du général de 1966 à 1969. Précisons que Jean-Louis Bourlanges avait 24 ans lorsque le général est mort et que David Djaïz est né 20 ans plus tard. Pour JLB, l’action du général est déterminée par la certitude que les États nationaux sont les acteurs indépassables de l’Histoire et par la conviction que dans le concert des nations, la France a vocation à jouer un tout premier rôle et qu’elle doit retrouver par le verbe la position hégémonique perdue. L’une et l’autre ont abouti à une impasse. Pour DD, c’est par un phénomène qui caractérise notre histoire et qui est fait d’alternance entre désastre et triomphe que la France a pu inspirer le monde en 1789, 1848 voire avec la Commune. Et c’est par l’union entre l’État et le peuple - le peuple, et non les élites – que De Gaulle a pu restaurer la situation et la position du pays. Là est le modèle qui devrait fonder l’élan dont le pays a aujourd’hui besoin.Si nos deux auteurs partagent le même attachement au multilatéralisme, c’est pour des raisons différentes. Bourlanges voit dans l’atlantisme et l’intégration européenne le moyen pour la France de continuer à peser dans les affaires du monde alors qu’elle doit renoncer à la première place et prendre acte de son affaiblissement depuis le XVIIème siècle. Pour David Djaïz, la France doit « redevenir la nation championne du multilatéralisme » et inspirer le monde en faisant « avancer les grandes causes universelles ». La persistance de l’idée d’une destinée particulière de la France transparait donc dans l’article de Djaïz. Qualifier la France d’ancienne « championne du multilatéralisme » fait notamment référence à l’opposition française à l’intervention unilatérale des États-Unis en Irak. Bourlanges, au contraire qualifie Dominique de Villepin de caricature de l’école du déni de l’affaiblissement français. David Djaïz perçoit donc le multilatéralisme comme un moyen pour la France de renouer avec une destinée particulière, qui permettrait la cohésion nationale, tandis que Jean-Louis Bourlanges la voit comme une nécessité imposée par l’affaiblissement de la France. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 2, 202059 min

Ep 177Bada # 40 : Et au Ghana ? Questions à Elliott Ledru (30 juillet 2020)

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Installé depuis 7 ans à Takoradi, troisième ville du Ghana, ingénieur dans une usine de transformation de l’hévéa, Eliott Ledru décrit une situation difficile et une information lacunaire. Comment sont traités les tests réalisés auprès des ouvriers? Quelles réactions provoquent-ils au sein de cette population ? Comment l’établissement pour lequel ils travaillent peut-il apporter des réponses, notamment sanitaires ? Quelles relations peut-il y avoir sur ce sujet entre cette entreprise et le gouvernement d’un pays de 30 millions d’habitants dans lequel, officiellement, il n’y a pas eu plus de 25 000 cas et 120 décès liés au coronavirus? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 30, 202022 min

Ep 176Thématique : La psychiatrie dans la cité / n° 151 (26 juillet 2020)

Merci de nous avoir rejoint pour cette discussion en compagnie de Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l’Université Paris Descartes et chef de pôle à l’hôpital Sainte-Anne à Paris.Dans une tribune publiée par Le Monde du 1er juillet, l’économiste Jean de Kervasdoué et le psychiatre Daniel Zagury écrivent : « Les partis politiques n’abordent les questions de santé que sous leur aspect économique et financier. Il y a fort à parier que, après le choc de l’épidémie de Covid-19, il ne sera pas dit grand-chose de la santé mentale qui, à notre connaissance, n’est pasà l’agenda du Ségur de la santé lancé le 25 mai. Pourtant, depuis une décennie, la situation est passée de grave à catastrophique. Certes, de tout temps, la folie – terme aujourd’hui refoulé – a dérangé, mais le rejet collectif du différent, de l’anormal dans une société du bien-être n’explique pas à lui seul la persistance du massacre. Certes, la reconnaissance publique par Agnès Buzyn de l’abandon de la psychiatrie a dégagé l’Etat d’une posture perverse de déni, mais, sur le fond, rien n’a changé. »L’institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) a publié en juin une étude consacrée aux effets du confinement sur la santé mentale des Français : un tiers des répondants déclare avoir été en situation de détresse psychologique durant le confinement.La psychiatrie a un rôle important à jouer dans la gestion de l’après-coronavirus mais les décideurs publics se sont, depuis de nombreuses années, détournés du soin des troubles mentaux. Cette spécialité est pourtant un observatoire pertinent de notre société : les troubles qu’elle cherche à soulager sont en effet les conséquences de notre organisation sociale et de ses dysfonctionnements. De plus, elle témoigne de la manière dont la déviance est appréciée dans notre pays.Raphaël Gaillard, en tant que président du Congrès de l’encéphale, , vous êtes auteur de nombreux articles qui permettent de découvrir la gestion de la crise sanitaire de l’intérieur. On peut y lire que la psychiatrie a, une fois encore, été le parent pauvre des politiques menées avec un oubli du GHU Psychiatrie dans la distribution de masques. Celui-ci accueille 70.000 patients par an. Vous livrez également votre vécu de la crise en tant que chef d’un pôle qui compte 600 soignants qui ont dû parfois recourir au système D pour continuer à prodiguer des soins. Par ailleurs, l’observation clinique que vous faite du champ politique dans le cadre de cette vous conduit à remarquer une recherche de coupables qui témoigne de l’impossibilité pour de nombreux citoyens de vivre avec la contingence d’un virus que nous découvrons chaque jour. Cet effritement de la contingence constitue « l’être au monde du paranoïaque », ce qui doit nous interroger. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 26, 202059 min

Ep 177Bada # 39 : Et en Italie ? Questions à Paolo Levi (23 juillet 2020)

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Alors que la pandémie a d’abord été regardée en Europe comme une affaire italienne, quels effets ce regard condescendant ou apitoyé a-t-il eu sur le national-populisme dans la péninsule ? Correspondant à Paris de l’Agence de presse ANSA et du quotidien La Stampa, Paolo Levi revient sur les premières semaines de l’apparition de la Covid-19 et sur le moment où beaucoup de commentateurs français semblaient croire que ce virus arrêterait sa progression à Vintimille. Il évoque les comportements inattendus de ses compatriotes, qui se sont surpris eux-mêmes à accepter des disciplines contraignantes. Il décrit la manière dont, au sud de Rome, dans le Mezzogiorno facilement décrié, la pratique des gestes barrières et autres précautions a permis de compenser la faiblesse des structures sanitaires et l’insuffisance d’équipement hospitalier. Il espère que ces trois mois sans touristes amèneront une autre politique du patrimoine et d’accueil. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 23, 202027 min

Ep 177Thématique : Le Vénézuéla / n°150 (19 juillet 2020)

Avec Fabrice Andreani, professeur de Sciences Politiques à l’université de Lyon, David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po, Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut français de géopolitique, et Richard Werly, correspondant à Paris du Quotidien suisse le temps… La situation du Venezuela est aujourd’hui celle d’un pays, qui possède les plus grandes réserves de pétrole connues du monde, et qui connait une pénurie d’essence depuis plusieurs mois. D’un pays régulièrement plongé dans le noir par les coupures de courant qui touchent les ménages, les magasins mais aussi les hôpitaux en pleine crise du coronavirus. D’un pays où la violence, déjà très présente à Caracas avant la crise, a explosé (les statistiques criminelles établissent le Venezuela comme le pays le plus violent du monde, d’un pays où le taux de pauvreté, qui était passé de 55,1% à 27,5% entre 2003 et 2007 est aujourd’hui estimé à 80%, d’un pays dont le PIB a été divisé par deux entre 2013 et 2018 tandis que l’inflation atteignait 130.000% en 2018 selon la Banque centrale du Venezuela. Cette crise économique et sociale est également politique : deux légitimités opposées coexistent. Nicolas Maduro, élu président en 2013 avec 50,6 % des voix, est le successeur désigné d’Hugo Chavez qui dirigeait le pays depuis 1999 et dont les partisans vantent la forte augmentation des dépenses sociales financées par le cours élevé du baril aujourd’hui au plus bas. Nicolas Maduro dispose du soutien de l’armée et le chavisme occupe une place importante dans le sous-continent américain à travers un réseau d’alliances et des réseaux d’influence. Le parti chaviste a cependant perdu les élections législatives de 2015, permettant à l’opposition parlementaire de centre-droit d’ouvrir un procès en destitution contre Maduro. Pour contourner le Parlement, celui-ci a fait élire en 2017 une Constituante que l’opposition a boycotté. Depuis, le Parlement a désigné Juan Guaido président de la République par intérim. Cette décision a été immédiatement reconnue par les États-Unis, le Canada et le Brésil puis l’Union Européenne. De son côté, Maduro peut compter sur le soutien de certains pays tels que la Russie, l’Iran et la Chine. La pandémie est donc apparue dans un pays où le blocage s’est installé, tandis qu’au fil des mois Juan Guaido et ses proches font l’objet de nombreuses critiques de la part de la population vénézuélienne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 19, 20201h 0m

Ep 176Bada # 38 : Et à Singapour ? Questions à Michel Léonardi (14 juillet 2020)

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6 millions d’habitants dans une ville-État grande comme le territoire de Belfort et dont la population est composée pour un quart de travailleurs immigrés payés très en dessous des singapouriens et logés sommairement dans d'immenses immeubles dortoirs qui sont devenus autant de foyers de propagation du Coronavirus...Ingénieur dans l’industrie pétrochimique, Michel Léonardi, à Singapour depuis deux ans, décrit la réponse du gouvernement à la pandémie. Comment le régime qui respecte le droit de vote mais restreint la liberté de la presse a-t-il gouverné depuis l’apparition du virus ? Comment la population a-t-elle réagi ? Comment interpréter les progrès de l’opposition aux élections législatives du 10 juillet ? De quelle manière l’économie singapourienne est-elle affectée par la pandémie, alors que l'immobilier, l'industrie, les transports, la restauration, le tourisme fonctionnent avec une main d’œuvre immigrée ? Michel Léonardi rappelle l’histoire unique de ce qui n’était qu’un caillou désert et qui est devenu l’une des toutes premières puissances économique au monde et décrit la cohabitation paisible entre les nombreuses cultures et religions présentes à Singapour. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 14, 202033 min

Ep 175Thématique : le Défenseur des droits, Jacques Toubon / n°149 (12 juillet 2020)

Jacques Toubon, vous avez été nommé à ce poste par le Président Hollande en juillet 2014 pour un mandat de 6 ans qui est arrivé à son terme le 12 juillet 2020. Vous êtes haut fonctionnaire et avez exercé de nombreuses responsabilités politiques et gouvernementales, mais avant d’en venir à vous, un rappel des missions et des moyens du DDD : cette autorité administrative indépendante a été créée en 2011 à la suite de la révision constitutionnelle de 2008. Elle reprend les missions du médiateur de la République, de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), de la HALDE, du Défenseur des enfants et la loi Sapin 2 lui a confié le rôle de protection des lanceurs d’alerte.Le Défenseur des droits peut être saisi par tout individu estimant ses droits violés ou étant témoin d’une violation de droits. Il peut également s’autosaisir.Disposant d’un pouvoir d’enquête, il peut proposer un règlement à l’amiable, comme dans 8 cas sur 10, ou faire des recommandations d’évolution des pratiques ou des normes. Il peut également intervenir dans une procédure judiciaire.Pour remplir ses missions, le Défenseur des droits est entouré de trois adjoints responsables chacun d’un domaine de compétence. Il dispose de 250 collaborateurs - principalement des juristes spécialisés. 510 délégués du Défenseur des droits dans les territoires assument bénévolement des permanences toute l’année et reçoivent gratuitement toute personne qui sollicite de l’aide pour faire valoir ses droits.En 2019, le Défenseur des droits a reçu plus de 100 000 réclamations, en augmentation de 40% depuis 2014. Certains domaines connaissent une forte hausse des requêtes : les droits des usagers du service public (+78,4%) et la déontologie de la sécurité (+178,8%). La dématérialisation à marche forcée des démarches administratives, la crise des Gilets Jaunes ou encore les soupçons de racisme chez les forces de l’ordre sont autant d’explications de ces hausses.Vous vous êtes particulièrement intéressé à la protection de l’enfance et au droit à l’éducation, notamment pour les mineurs non accompagnés. Vous avez développé durant votre mandat la sensibilisation des jeunes à leurs droits.Votre mandat a notamment été marqué par deux états d’urgence, l’adoption de dispositions jusque-là exceptionnelles dans le droit commun, une loi sur le renseignement et une crise migratoire. Sur chacun de ces sujets, vous avez dénoncé les atteintes portées par le législateur ou le gouvernement aux droits des citoyens, que ce soit au niveau des libertés individuelles, de la protection des plus vulnérables ou de la dignité de chacun.Vous êtes un homme de droite dont la nomination au poste de Défenseur des droits en 2014 avait provoqué une certaine grogne à gauche. Alors que vous quittez vos fonctions, les grognons battent leur coulpe et se bousculent pour faire votre éloge. Comme disent les Suisses, vous les avez déçus en bien. Nous comprendrons sans doute mieux ce qui vous vaut cet agréable revers de fortune, en nous penchant sur votre action à la tête d’une autorité qui n’est pas la seule de son genre en Europe, mais d’abord, dites-nous ce qui vous a poussé à accepter cette fonction. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 12, 20201h 8m

Ep 174Bada # 37 : Et à Hong Kong ? Questions à Bruno Charles

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Installé à Hong Kong depuis six ans après avoir fait une partie de ses études Pékin, Bruno Charles est le témoin de l’attitude d’une population qui a su prendre d’elle-même les mesures préventives de la pandémie avec un succès impressionnant. Il revient sur les racines des révoltes récentes, sur le comportement de Pékin et la série de « signaux faibles » envoyés par lui au fil des années, il remarque les divisions des Hongkongais quant au rapport avec ceux qui forment la « génération maudite » hier dans les rues et aujourd’hui menacée par la récente loi sur la sécurité, il pointe les impacts de la crise mondiale des échanges sur la situation économique du « territoire indépendant ». Il invite les 1.041 auditeurs que compte Le Nouvel Esprit public à Hong Kong qui souhaiteraient se rencontrer à se faire connaître en écrivant à [email protected] Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 7, 202027 min

Ep 174L'abstention et la crise de la démocratie représentative / Transformations politiques induites par les résultats / n°148

L’ABSTENTION ET LA CRISE DE LA DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE 22,61% des électeurs ont voté à Vitry sur Seine. Le communiste Jean-Claude Kennedy a recueilli les suffrages de la majorité de ces 22,61%, soit 12,3% des inscrits. A Tourcoing, moins d’un quart des électeurs a voté aux municipales. Gérald Darmanin, ministre d’Emmanuel Macron a été élu au premier tour, réunissant 9.592 votes sur 63.728 inscrits. Son voisin de Roubaix, le centriste Guillaume Delbar a dû attendre le deuxième tour pour rassembler sur son nom une majorité des 22,75% d’électeurs qui se sont rendus dans les bureaux de vote. A Paris, 63, 7% des électeurs sont restés chez eux dimanche dernier. Le taux d’abstention a augmenté dans la capitale de 13,2% La socialiste Anne Hidalgo a été réélue. A Grenoble, environ deux tiers des électeurs n’ont pas participé au scrutin. C’est 10% de plus qu’en 2014. Le vert Eric Piolle a conquis la mairie à la tête d’une troupe de 16.169 des 86.581 électeurs inscrits. A Strasbourg, près des deux-tiers des inscrits n’ont pas pris part au vote. La verte Jeanne Barseghian a convaincu 21.592 des 143.638 électeurs. A Lille, la socialiste Martine Aubry a été réélue par 15.389 des 124.439 inscrits. Selon le ministère de l'intérieur, l'abstention aux municipales du 28 juin a atteint le record absolu de 58,4% pour des élections municipales. Un chiffre en hausse par rapport au premier tour où elle avait été de 55,3%. Les municipales perdent un à trois points de participation à chaque édition depuis les années 1980. Il parait que le maire est l’élu le plus aimé des citoyensDirecteur général délégué de l’institut Ipsos, Brice Teinturier analysant le profil des abstentionnistes, constate que l’« abstention est massive chez les moins de 35 ans, et plus faible chez les plus de 60 ans. »Les cadres sont moins abstentionnistes que les milieux populaires. Jérôme Jaffré, le directeur du Centre d'études et de connaissances sur l'opinion publique (Cecop) et chercheur associé au Cevipof pointe le risque d’« une cassure aggravée du lien entre le citoyen et l'acte du vote, de plus en plus nette dans les catégories populaires ». Le sociologue Vincent Tiberj relève qu’ « Autrefois, les plus précaires allaient tout de même mettre un bulletin dans l'urne. Aujourd'hui, non seulement une proportion importante ne vote plus, mais elle n'a plus aucune autre forme d'engagement, voire de sociabilité. »***TRANSFORMATIONS POLITIQUES INDUITES PAR LES RÉSULTATSBoudées par les électeurs, ces élections municipales 2020 dessinent un nouveau paysage politique. Une vague verte. Une forte résistance de la gauche dans ses bastions. Une droite à la peine. Une extrême droite qui ne parvient pas à s'ancrer dans le pays. Et une déroute confirmée du parti présidentiel.La liste des villes passées au « vert » comprend : Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Tours, Annecy, Besançon, Poitiers, mais aussi Colombes et Savigny-sur-Orge. Martine Aubry, à Lille, a fortement tremblé. À Marseille enfin, c'est une candidate écologiste, bien que non-membre d'Europe Ecologie Les verts (EELV), qui est arrivée en tête. Les petites et moyennes communes restent largement acquises au parti Les Républicains et au Parti Socialiste.Les résultats de dimanche rebattent ainsi les cartes à gauche. Le Parti communiste durablement affaibli par de nombreuses pertes de bastions (Saint-Denis, Aubervilliers, Choisy-le-Roi, Champigny-sur-Marne, Arles ou Saint-Pierre-des-Corps) et la quasi-absence de La France Insoumise lors de ce scrutin laissent les écologistes en tête-à-tête avec le Parti socialiste. Le PS se maintient à Paris, Nantes, Rennes, Clermont-Ferrand, Rouen, Le Mans, Dijon, Brest, Villeurbanne, Avignon, Créteil et gagne Montpellier, Nancy, Saint-Denis, Bourges et Périgueux.Du côté des Républicains le deuxième tour des municipales a un goût étrange. Si la formation de droite remporte sur le papier plus de 50 % des villes de plus de 9.000 habitants, réussissant même à conquérir de nouvelles villes comme Metz, Orléans, ou Lorient, les pertes symboliques (et sociologiques) des grandes villes sont un vrai coup dur pour un parti qui espère se positionner pour la présidentielle de 2022. Le Rassemblement national, lui, conserve la plupart de ses villes, et conquiert Perpignan, mais aussi Moissac ou Bruay-la-Buissière.La majorité n'a pas masqué sa déception, malgré l'élection du Premier ministre, Édouard Philippe, au Havre. Premier ministre démissionnaire, remplacé vendredi par Jean Castex. Pour La République En Marche, les alliances avec la droite n'ont pas fonctionné, ni à Bordeaux, ni à Lyon, ni à Strasbourg. Quant à Paris, Agnès Buzyn y a connu le naufrage annoncé, réalisant au second tour un moins bon score (13%) qu'au premier. Le pari de l'implantation locale s’avère un échec pour le camp macroniste. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespr

Jul 5, 20201h 6m

Ep 173Bada # 36 : Et en Jordanie ? Questions à Alexis Boncenne

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Au royaume hachémite de Jordanie, où sont installés des réfugiés syriens, irakiens et palestiniens qui représentent un tiers de la population, où le taux de chômage s’élève à 20%, comment a-t-il été fait face à la pandémie ? Alexis Boncenne, chargé de programme social pour l’UNICEF décrit les réactions du gouvernement, la rapidité, la sévérité et l’efficacité des mesures prises, les résultats obtenus, les aides financières apportées par les autorités aux citoyens jordaniens et par les organisations internationales et les ONG aux réfugiés. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 30, 202024 min

Ep 173Que faire de la convention citoyenne pour le climat ? / Trump : trou d'air ou trou noir ? / n°147

QUE FAIRE DE LA CONVENTION CITOYENNE POUR LE CLIMAT ? Après neuf mois de travaux, la Convention citoyenne pour le climat a rendu publique ses 149 propositions. Depuis octobre 2019, 150 volontaires tirés au sort accompagnés par 14 experts ont planché sur une question : « Comment réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 dans un esprit de justice sociale » ?Ces 150 citoyens souhaitent une révision par referendum du préambule de la Constitution afin de préciser que « la conciliation des droits, libertés et principes ne saurait compromettre la préservation de l'environnement, patrimoine commun de l’humanité ». Ils veulent également ajouter à l'article premier que « la République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et lutte contre le dérèglement climatique » et envisagent la création d’un crime d’écocide, elle aussi par referendum. Ils proposent en outre de créer un Défenseur de l'environnement, à l'image du Défenseur des droits. Un premier chiffrage établit le coût des mesures proposées à 6 milliards d’euros/an. Certaines pourraient avoir un impact positif sur le PNB.La Convention ne s’est pas exprimée sur le nucléaire, ni sur la taxe carbone, elle a pris position sur la nécessité de mettre un terme à l’artificialisation des sols, de conduire une politique de réappropriation des grandes friches industrielles ou des parkings et de réquisition de logements et de bureaux vacants et s’est prononcée pour la la renégociation du Ceta – l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada – afin d’intégrer les objectifs climatiques de l’accord de Paris. Deux propositions ont fait beaucoup parler : la réduction à 28h du temps de travail hebdomadaire, qui n’a pas été votée par les conventionnels et la limitation à 110 km/h de la vitesse sur les autoroutes.Approuvées, quelquefois avec réserves par les écologistes, la gauche et l’extrême gauche, l’ensemble de ces propositions est brocardé à droite et à l’extrême droite. Seront-elles soumises au Parlement ou par référendum ? Le Président doit s'exprimer le 29 juin.***TRUMP : TROU D’AIR OU TROU NOIR ?Le meeting de Donald Trump à Tulsa le 20 juin, dans le bastion républicain de l’Oklahoma, était censé relancer sa campagne pour les présidentielles qui se tiendront le 3 novembre prochain. Il a surtout souligné la mauvaise passe que traverse actuellement le président américain. Donald Trump avait promis une démonstration de force à Tulsa. Toujours soucieux de la taille de ses audiences, il avait assuré qu'il n'y aurait pas un siège vide, lorsqu'il y prendrait la parole. La foule n'a pas été au rendez-vous.Après un printemps marqué par les épreuves, de la crise sanitaire à l'effondrement de l'économie qu'elle a entraîné, en passant par les manifestations contre les violences policières, l'événement était censé relancer la campagne de réélection de Donald Trump. Il a au contraire souligné la mauvaise passe que ce dernier traverse. Éreinté dans un livre de son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, empêtré dans le limogeage express d'un procureur de New York, le locataire de la Maison Blanche est pour l'instant à la peine dans les intentions de vote, à un peu plus de quatre mois de l'élection présidentielle.La Cour suprême lui a par ailleurs infligé coup sur coup deux camouflets, en étendant les droits des salariés homosexuels et transgenres et en validant les protections accordées par Barack Obama à 700.000 jeunes migrants, les « dreamers », qu'il voulait supprimer. Enfin, Donald Trump continue à nier la réalité de l'épidémie de Covid-19 alors que la maladie progresse dans plusieurs États et que le pays compte plus de 2,2 millions de cas.Selon l'agrégateur de sondages du site RealClearPolitics, le taux d'approbation de l’action du président a chuté de 47 % à 42 % les opinions contraires ont augmenté dans la même proportion. En matière d’économie Donald Trump jouit d'une image favorable : son action dans ce domaine est approuvée par une majorité de personnes interrogées (50 % contre 44 % d'avis opposés), tout comme en matière d'emploi (52 % contre 42 %). En revanche, il est minoritaire à propos de la lutte contre le Covid-19 (43 % contre 52 %), de la réforme de la santé (40 % contre 53 %), et plus encore sur sa « capacité à unifier le pays » (38 % contre 57 %).« Avec la crise politique (procédure de destitution), la crise sanitaire, la crise économique et la crise sociale (le meurtre de George Floyd), l'avance de Donald Trump dans les sondages s'est évaporée. On peut commencer à envisager une Administration Biden », estime Robert Malley, président de l'International Crisis Group. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 28, 20201h 6m

Ep 171Bada # 35 : Et à San Francisco ? Questions à Jules Fournier

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Installé à « Frisco » depuis deux ans, ancien collaborateur de Michel Rocard et conseil en stratégie pour l’un des GAFA qui y tiennent le haut du pavé, Jules Fournier décrit la stratégie de la maire démocrate, aux antipodes de Donald Trump, le comportement de la population, la diversité des situations dans cette petite ville dont le nom est le symbole d’une certaine Amérique, siège des services les plus modernes, pays de Cocagne des opportunités où la Roche Tarpéienne n’est jamais loin du Capitole. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 23, 202030 min

Ep 169Macron : où passe son nouveau chemin ? / Erdogan s’installe en Libye / n°146

MACRON : OU PASSE SON « NOUVEAU CHEMIN « ? Dans son allocution du dimanche 14 juin, le président de la République a donné pour cap au pays « L'indépendance de la France pour vivre heureux et vivre mieux. » A deux ans du terme de son mandat, le chef de l’État a ajouté que « les temps imposent de dessiner un nouveau chemin ».Emmanuel Macron n'entend pas pour autant se renier : « Je ne crois pas que surmonter les défis qui sont devant nous consiste à revenir en arrière. » Il rejette donc toute hausse d'impôts. Pour combler un endettement qui atteindra 121% du PIB, il faudra « travailler et produire davantage ». Le chef de l'État entend « tout faire pour éviter au maximum les licenciements », alors que son ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, anticipe la suppression de 800 000 emplois dans les prochains mois. La « reconstruction » économique du pays - terme utilisé à six reprises - devra, dans l’esprit, du président être « écologique », et « solidaire ». Sur le premier point, en soutenant la rénovation thermique des bâtiments, « des transports moins polluants » et les « industries vertes ». Sur le second, en revalorisant les salaires des soignants - des discussions sont ouvertes à ce sujet dans le cadre du Ségur de la santé - et en travaillant sur la dépendance des personnes âgées - le principe de la création d'une branche spéciale au sein de la Sécurité sociale vient d'être mis sur les rails à l'Assemblée nationale. La reconstruction économique devra être également « forte » et « souveraine ». En pleine polémique sur les violences policières, Emmanuel Macron a aussi apporté un soutien sans faille aux forces de l'ordre et fustigé le « communautarisme », prévenant qu'aucune statue ne serait déboulonnée. Le chef de l'État a par ailleurs annoncé l'ouverture d'un nouveau chantier de réformes institutionnelles visant à amplifier la décentralisation. « Tout ne peut pas être décidé si souvent à Paris », a-t-il jugé, en manifestant sa volonté de « donner des libertés et des responsabilités inédites » aux élus locaux, aux hôpitaux ou aux entrepreneurs. Le président a donné rendez-vous au pays en juillet, pour « préciser ce nouveau chemin, lancer les premières actions ». D'ici là, les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental doivent lui faire parvenir leurs contributions, tout comme les 150 membres de la convention citoyenne pour le climat, qui rend ses travaux ce dimanche [21 juin].***ERDOGAN S’INSTALLE EN LIBYE En Libye, la chute, le 5 juin, des dernières positions du maréchal Khalifa Haftar en Tripolitaine a marqué la fin de son offensive lancée le 4 avril 2019 pour en renverser le gouvernement libyen d'accord national (GAN) de Fayez al-Sarraj. Il s'en est fallu de peu qu'il y parvienne, avec ses troupes de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) et avec l'aide des mercenaires russes, membres du fameux groupe Wagner, dont le nombre a pu dépasser le millier, ainsi qu’avec l’appui de l’Egypte, de la France et des Emirats arabes unis. Mais Faïez Sarraj s'est trouvé un allié plus puissant encore : Recep Tayyip Erdogan, auquel il a encore rendu visite à Ankara le 4 juin. C'est à la Turquie, à ses drones et aux quelques 7.000 hommes des milices syriennes qu'elle a fait venir d'Idlib que Sarraj doit son salut. Le 28 novembre 2019, Erdogan a conclu, à Istanbul, un accord de coopération militaire et sécuritaire avec Fayez al-Sarraj. Les deux hommes s’inscrivent dans la mouvance des Frères musulmans. Bien qu'étant le chef d’un gouvernement reconnu officiellement par l'ONU, Sarraj était à l'époque au plus mal, retranché à Tripoli, et attaqué par le maréchal Haftar, maître de la Cyrénaïque. En décembre 2019, le président turc a assorti son soutien armé d'un accord de démarcation maritime. Par le biais de ce pacte, la Turquie s'arroge des droits de forage d'hydrocarbures en Méditerranée orientale. Un projet que la Grèce, Chypre, l'Egypte, les Emirats arabes unis et la France ont condamné, le jugeant illégal. La Libye est le premier producteur d’hydrocarbure africain, devant le Nigeria et l'Algérie.Cet accord visait aussi, à moyen terme pour la Turquie, à se faire donner quatre bases stratégiques en territoire libyen : les aérodromes militaires de Watiya (proche de la frontière tunisienne) et de Joufra (charnière entre la Tripolitaine et le Fezzan), les ports de Misrata et de Syrte (afin de contrôler par le sud la Méditerranée centrale). Le 2 janvier 2020, Erdogan obtenait du Parlement d'Ankara l'autorisation d'envoyer en Libye des forces turques qui ont emmené comme supplétifs plusieurs milliers de djihadistes, devenus oisifs dans la poche d'Idlib (au nord-ouest de la Syrie, à la frontière de la Turquie). Sans attendre, elles s'y déployèrent, permettant aux milices du gouvernement libyen d’union nationale de chasser progressivement de Tripolitaine les forces du maréchal Haftar. Au milieu de la Méditerranée, à 400 kilomètres des côtes siciliennes, la Libye occupe un

Jun 21, 20201h 6m

Ep 169Bada # 34 : Et au Brésil ? Questions à Christian Pouillaude

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Christian Pouillaude animateur du blog https://dictionnaireamicaldujardinoceanique.wordpress.com décrit la pandémie au Brésil, les bons débuts de la politique conduite par un ministre de la santé limogé pour n’avoir pas considéré la Covid-19 comme une grippette et pour avoir préconisé un confinement que Jair Bolsonaro jugeait contraire à la reprise économique, il raconte le « coup d’État statistique » du président brésilien, le « cabinet de la haine » et les « bolsominions » qui s’emploient autour de lui à décrédibiliser toute information non conforme à ses désirs, leur maîtrise des réseaux sociaux; il rapporte comment, dans les favelas, les patrons des réseaux de drogue ont assuré le confinement et même le couvre-feu, tandis que, dans les banlieues, à l’inverse, les leaders des réseaux de racketteurs ont imposé le non confinement; il constate qu’il ne reste guère comme contrepouvoir que la Cour suprême. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 16, 202023 min

Ep 168Racisme : ils n’en souffraient pas tous, mais tous étaient frappés / n°145

RACISME : ILS N’EN SOUFFRAIENT PAS TOUS, MAIS TOUS ÉTAIENT FRAPPÉS L’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux Etats-Unis continue de se propager en France. Le 2 juin, devant le tribunal judiciaire de Paris, 20.000 personnes, selon la Préfecture de police, au moins 60.000, selon les organisateurs, se sont rassemblées à l'appel du comité La vérité pour Adama du nom du jeune homme de 24 ans, mort en 2016, lors de son interpellation par des gendarmes dans des circonstances qui font encore aujourd’hui l’objet d’une information judiciaire. Le comité Adama est devenu le symbole le plus connu en France de la lutte contre les violences policières. Personne n'avait vu venir l'ampleur de la mobilisation, qui se poursuit dans plusieurs villes de France. Depuis plusieurs semaines, la dénonciation de certaines pratiques policières et les accusations de racisme à l'encontre des forces de l'ordre se multiplient. Sur plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, des insultes proférées par des policiers - utilisant des termes à caractère raciste - alimentent un débat sur l'interprétation à faire de ces comportements : faut-il y voir le fait d'agents isolés à sanctionner individuellement ou le symptôme d'un mal plus profond, structurel, au sein de l'institution policière ? Au-delà de l’affaire Adama Traoré la question est posée dans le calme ou avec passion du caractère institutionnel des violences policières et du caractère « systémique » du racisme. « Il s'agit de dire que le racisme est détachable des individus pour être le fait d'une institution ou d'un système, selon Fabien Jobard, sociologue et directeur de recherche au CNRS. Ici, le racisme est le produit d'un cumul de processus, notamment historiques, avec une histoire de la police fortement marquée par la guerre d'Algérie et la chasse aux travailleurs d'Afrique du Nord, et d'une organisation économique et sociale, qui veut que la jeunesse masculine sans diplôme, occupant l'espace public, est principalement formée de descendants de l'immigration post-coloniale ». Saisi d'une affaire relative à des violences policières sur des jeunes noirs et d'origine maghrébine de Paris, commises entre l'été 2013 et l'été 2015, le Défenseur des droits, Jacques Toubon a formulé, le 12 mai dernier, des observations devant le tribunal judiciaire de Paris plaidant pour une analyse « systémique » des discriminations qu'ont subies ces jeunes. Le ministère de l'intérieur, s'il condamne les cas individuels, refuse de parler de « racisme diffus dans la police », comme l'a déclaré le secrétaire d'État Laurent Nunez. Lors des questions d'actualité au gouvernement, le 2 juin, Christophe Castaner a défendu la police « qui protège dans ce pays les femmes et les hommes de tout, y compris du racisme ». L’ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira a jugé pour sa part que, contrairement aux États-Unis, où l’aspect systémique du racisme ne fait plus beaucoup débat, « chez nous, des personnes meurent d’avoir rencontré des policiers, pas d’avoir rencontré la police ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 14, 20201h 10m

Ep 168Bada # 33 : Et au Vanuatu ? Questions à Frédéric Ducarme

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A 16 320 kilomètres de l’appartement où nous enregistrons notre conversation hebdomadaire, Frédéric Ducarme peut revendiquer le titre de « notre plus lointain auditeur », en tout cas, il peut le disputer aux 242 fidèles que nous comptons en Nouvelle Zélande. Chercheur du Muséum National d'Histoire Naturelle, et professeur au Lycée Français de Port-Vila, il parcourt les 80 îles de cet archipel de 300 000 âmes qui a pu se protéger de la Covid-19. Les anciens « protecteurs » du Vanuatu, la France et le Royaume-uni ne sont plus présents que par quelques traditions sympathiques. La Chine, elle, est proche, présente et pressante : « une amie qui vous veut du bien » ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 9, 202022 min

Ep 167Un mort noir de plus, un mort noir en trop / Donald Trump contre l’OMS / n°144

UN MORT NOIR DE PLUS, UN MORT NOIR EN TROPLe 25 mai un policier de Minneapolis a été filmé alors qu'il écrasait de son genou pendant neuf minutes le cou d'un Africain-Américain, George Floyd jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dans son agonie, Floyd a gémi qu'il ne parvenait plus à respirer, une plainte qui rappelle les derniers mots d'Eric Garner, dont le décès, en 2014, a contribué à donner naissance au mouvement Black Lives Matter « les vies noires comptent ». La mort de Floyd est survenue seulement trois jours après l'arrestation en Géorgie de trois hommes accusés d'avoir traqué et assassiné un jeune Noir, Ahmaud Arbery, alors qu'il faisait son jogging.À Minneapolis, les manifestants ont déferlé dans les rues, et la police a réagi beaucoup plus durement que face aux contestataires anticonfinement armés jusqu'aux dents. Dans la soirée du 27 mai, les manifestations pacifiques ont dégénéré en émeutes. Le lendemain, le gouverneur démocrate du Minnesota appelait en renfort la Garde nationale. La colère provoquée par la mort de George Floyd à Minneapolis a continué de s'étendre, embrasant quelque 40 grandes villes du pays. Certaines ont dû instaurer un couvre-feu.Face à ces troubles, le président américain a menacé de déployer l'armée pour venir à bout de ce qu'il a qualifié de « terrorisme intérieur ». Il pourrait mettre en œuvre une loi de 1807, qui n’a pas été appliquée depuis 30 ans. Cette éventualité a semé le trouble dans l’institution militaire. L’ancien Secrétaire d’État à la défense, l’ex-général des marines, James Mattis, a publié, mercredi, une tribune incendiaire accusant le président de diviser le pays. « Je n’ai jamais imaginé qu’on ordonnerait à des soldats de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens », écrit-il dans le magazine The Atlantic. L’amiral Mullen, ex-chef d’état-major des armées, le général Allen, ancien patron de la coalition contre Daech et l’actuel chef d’état-major se sont prononcé contre le président. Mark Esper, l’actuel Secrétaire à la défense, a, lui aussi, pris ses distances avec la menace de la militarisation brandie par le président américain. Selon le New York Times, 40% des effectifs de l’armée américaine sont des « personnes de couleur ». Barak Obama a estimé que les noirs ont joué un rôle prépondérant pour « réveiller » le pays. ***DONALD TRUMP CONTRE L’OMS Le président Trump a annoncé le 29 mai « mettre fin à la relation » entre son pays et l'Organisation mondiale de la santé (l'OMS. Il accuse l'organisation onusienne de se montrer depuis le début de la pandémie trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète. La décision était redoutée mais attendue : après avoir gelé son financement en avril, puis l'avoir sommée, mi-mai, de se réformer en profondeur dans les 30 jours, Donald Trump a finalement privé l’OMS d'une part essentielle de son maigre budget et menacé ainsi des programmes de santé dans les pays les plus pauvres.Née en 1948, l'OMS est une énorme machine de 7.000 employés présente dans le monde entier. Ses missions sont tributaires des crédits accordés par ses États membres et les dons de bienfaiteurs privés. Dotée de 2,8 milliards de dollars par an (5,6 milliards sur l'exercice biennal 2018-2019), l'OMS a « le budget d'un hôpital de taille moyenne dans un pays développé », a déploré son directeur général, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Avec 893 millions de dollars apportés sur la période 2018-2019, (15 % du budget), les États-Unis en sont le premier bailleur de fonds, devant la fondation Bill et Melinda Gates, premier contributeur privé, l'Alliance du vaccin Gavi, le Royaume-Uni et l'Allemagne, et loin devant la Chine et ses 86 millions.La contribution américaine va essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient. Environ un tiers de ces contributions co-finance les opérations de lutte contre les urgences sanitaires, le reste étant d'abord consacré aux programmes d'éradication de la poliomyélite, à l'amélioration de l'accès aux services de santé et à la prévention et la lutte contre les épidémies. L'annonce américaine a stupéfié la communauté scientifique. Richard Horton, rédacteur en chef de la revue médicale britannique The Lancet, l'a qualifiée de « folle et terrifiante », estimant que « le gouvernement américain joue au voyou en pleine urgence humanitaire ».Une question demeure sans réponse pour le moment : quand et comment les Etats-Unis couperont-ils concrètement les vivres à l’OMS ? Dans un tweet publié le 29 mai, Lawrence Gostin, professeur au O'Neill Institute for National and Global Health Law à l'université de Georgetown et collaborateur de l'OMS, a jugé la décision du président américain « illégale » à deux titres : les Etats-Unis ont signé et ratifié un traité d'adhésion à l'OMS et les crédits sont votés par le Congrès américain. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux

Jun 7, 20201h 2m

Ep 166Bada # 32 : Et en Australie ? Questions à François Vantomme

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Rédacteur en chef du Courrier australien, créé en 1892 et devenu en 1940 le journal de la résistance dans le Pacifique, François Vantomme décrit la réaction dans l’île-continent à une pandémie qui a relégué au second plan des incendies d’une ampleur et d’une durée sans précédent. Comment a réagi le gouvernement si sévèrement jugé pendant les mois de feux de brousse, en quoi la pandémie ajoute-t-elle à la crise économique née de la catastrophe précédente ? Comment la Chine a-t-elle réagi à l’attitude australienne à son égard ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 2, 202024 min

Ep 164Élections sans conviction / Bruxelles : salto avant / n°143

ÉLECTIONS SANS CONVICTION Le Premier ministre a annoncé le 22 mai, que le second tour des élections municipales, qui concernera 4 922 communes, arrondissements ou secteurs et environ 16,5 millions d'électeurs, aura lieu le dimanche 28 juin. Cette décision, comme l'a précisé Édouard Philippe, est « réversible ». Le conseil scientifique sera appelé à réévaluer la situation épidémique dans les semaines précédant le scrutin et une « clause de revoyure » est prévue, « sans doute dans deux semaines ». Dans l'hypothèse où la situation sanitaire ne permettrait pas la tenue du second tour à la date envisagée, un projet de loi permet le report des municipales, en reprenant intégralement le processus, au plus tard en janvier 2021.Le conseil scientifique, qui considère que la situation sanitaire s’est « nettement améliorée », juge « difficile d’anticiper ». Ni pour ni contre, il a laissé à l'autorité politique la responsabilité de la décision, tout en formulant plusieurs recommandations : il estime que « l'organisation de la campagne électorale devra être profondément modifiée » et qu'il est « possible et nécessaire de sécuriser les opérations électorales proprement dites afin de réduire les risques qui leur sont associés ». Le Premier ministre entend poursuivre la concertation avec les associations d'élus et les partis politiques « pour organiser en toute sûreté les opérations électorales proprement dites » et « pour adapter la campagne à la situation sanitaire ». « La sincérité du scrutin, donc le bon déroulement de la campagne, est une des conditions sine qua non au bon fonctionnement d'une démocratie », insiste M. Philippe.Il s'est dit prêt à l'assouplissement des règles relatives aux procurations, pour en faciliter le recueil. Il ne s'est pas prononcé sur la possibilité de passer d'une à deux procurations établies en France par mandataire, ce qui supposerait une adaptation législative. En revanche, il s'est montré très réservé sur l'extension du vote par correspondance, rappelant que, si celui-ci avait été supprimé en 1975, c'était pour endiguer des fraudes électorales. Les maires sortants se sont félicités de la tenue du second tour en juin, notamment à droite et au Parti socialiste, cependant certains partis, notamment La France Insoumise et le Rassemblement National, s’inquiètent des conditions de la campagne.Prétendre que le niveau municipal constitue le nec plus ultra d’une démocratie réellement participative et proche des citoyens est une blague, un artifice de communication -c’est à dire de propagande dont sont également bénéficiaire les maires encensés et le président de la république qui se donne ainsi les apparences de la proximité-. C’est une blague, parce que le niveau municipal est celui où la corruption fait le plus de ravages, y compris dans de petites municipalités, parce qu’en choisissant l’intercommunalité plutôt que la fusion des communes, on a organisé l’irresponsabilité, préféré une fois de plus les dépenses de fonctionnement (notamment en personnel) aux dépenses d’investissement et introduit la bureaucratie au front de bœuf dans les rares endroits du pays où elle n’avait pas pu prospérer.***BRUXELLES : SALTO AVANT Le 27 mai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté au Parlement européen un plan de relance de 750 milliards d'euros pour aider le continent à sortir d'une récession sans précédent. Cette mesure s'ajoute aux 540 milliards d'euros de prêts d'urgences déjà consentis par l'UE et aux 1.000 milliards d'euros que la Banque centrale européenne (BCE) s'est engagée à injecter dans le système financier. Pour financer son plan, la Commission européenne empruntera sur les marchés 750 milliards d'euros, qui viendront abonder le budget européen, dont certains programmes seront renforcés et d'autres créés pour faire face à la situation.Sur cette somme, 500 milliards d'euros seront transférés, par le canal du budget européen, aux Etats membres qui ont été les plus affectés par le Covid-19, comme l'avaient imaginé Paris et Berlin. Pour en bénéficier, les pays devront présenter un plan d'investissements et de réformes, qui devra être compatible avec les priorités politiques de la Commission européenne, à savoir le « green deal », la transition écologique et une plus grande souveraineté européenne. Ils devront également tenir compte des recommandations que fait une fois par an la Commission à chacun des Vingt-Sept.Pour l'heure, la Commission a réservé une enveloppe à laquelle pourra prétendre chacun des Vingt-Sept. Ainsi l'Italie pourra-t-elle se voir accorder jusqu'à près de 82 milliards d'euros de subventions, l'Espagne jusqu'à 77 milliards, la France 39 milliards, la Pologne 38 milliards, l'Allemagne 29 milliards… Ursula von der Leyen a également prévu un volant de prêts, de 250 milliards d'euros, dont elle a également prévu une préallocation – soit 91 milliards pour l'Italie, 63 milliards pour l'Espagne, 26 milliards pour la Pologne, rien pour la France ou l'All

May 31, 20201h 3m

Ep 163Bada #31 : Et au Chili ? Questions à Manuel Antonio Garreton, sociologue et professeur à l’Université du Chili

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La pandémie est survenue dans un Chili secoué depuis l’automne 2019 par un mouvement social d’une très grande ampleur. Son l’aboutissement provisoire devait être une consultation populaire sur une nouvelle constitution. Cette échéance a dû être reportée en raison du Covid-19. Manuel Antonio Garreton revient sur ce mouvement et sur la situation créée par ce report. Il relate les limites des réponses à la pandémie, la nécessité de l’action publique dans un pays qui en a les moyens mais pas (encore) la volonté et il examine les différences et les ressemblances entre le Chili et ses voisins, l’Argentine, le Pérou et le Bolivie. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 28, 202026 min

Ep 162Coronabonds : le tabou est fêlé / En Chine, beaucoup de soucis / n°142

CORONABONDS : LE TABOU EST FÊLÉ Le18 mai, la chancelière allemande et le président français ont proposé que la Commission européenne emprunte 500 milliards d'euros sur les marchés. Ces fonds abonderaient le budget européen et seraient distribués aux États, régions et secteurs selon la sévérité des dommages occasionnés par la pandémie. Cet emprunt serait remboursé non pas individuellement par les États, mais par l'Union européenne. Il reste toutefois à préciser les critères d'attribution comme ceux de remboursement. Emmanuel Macron a insisté : il s'agirait de « transferts » aux États, puisque « les clés de répartition pour le remboursement ne seront pas nationales. » Infranchissable jusqu'ici, le tabou de la mutualisation de la dette serait ainsi ébranlé. « Nous devons agir en Européens pour que l'Europe sorte renforcée par cette crise » a avancé Angela Merkel pour justifier le glissement de la position allemande.Cette initiative représente une petite révolution potentielle pour l'Europe. Pour l'Allemagne, elle matérialise en effet la fin de deux tabous qui ont longtemps empêché une plus forte intégration économique européenne : une mutualisation des dettes et une hausse considérable des transferts c'est-à-dire de la redistribution entre les Vingt-Sept, puisque 500 milliards d'euros représentent trois fois et demie l’actuel budget annuel européen. C'est loin des 1.000 à 1.500 milliards espérés par Paris, mais c'est déjà plus que le plan Marshall américain de l'après-guerre. Désormais, la chancelière est d'accord pour que l’emprunt vienne abonder le budget communautaire et soit remboursé au niveau de l'Union européenne, et non pas en fonction de ce que les uns et les autres auront touché. Cependant, « un accord entre la France et l'Allemagne ne veut pas dire un accord à Vingt-Sept, a reconnu Emmanuel Macron. Mais il n'y a pas d'accord à Vingt-Sept sans accord franco-allemand », a-t-il ajouté. Rien n'est encore joué, puisque le camp dit des « frugaux » - qui réunit les Pays-Bas, l'Autriche et les pays scandinaves -, refuse encore le principe d'un mécanisme de subvention et souhaite que l'argent soit remboursé par ceux qui en auront bénéficié. Le ton est très différent à Rome et à Madrid, où quelques critiques étaient seulement entendues aux extrêmes de l'échiquier politique. Le Premier ministre portugais Antonio Costa a salué mardi le plan franco-allemand.Mandatée par les États membres pour proposer un plan de relance, la Commission européenne doit le présenter le 27 mai prochain.***EN CHINE, BEAUCOUP DE SOUCIS La Chine n’a pas pu éviter que l'assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé, les 18 et 19 mai, ne débatte de la place à rendre à Taïwan dans l’organisation, ni que l’OMS ne lance une enquête indépendante sur la gestion par l'agence de l'ONU de la crise du Covid-19. Face aux critiques internationales sur le manque de transparence dont son pays a fait preuve, le président chinois, Xi Jinping a parlé de l’avenir en promettant notamment de partager un éventuel vaccin avec le reste du monde et de consacrer, sur deux ans, 2 milliards de dollars à la lutte contre le coronavirus, en particulier dans les pays en voie de développement. Les États-Unis, ont dénoncé un artifice de communication et souligné la « responsabilité particulière de la Chine ». Fortement invité par les États-Unis, la plupart des pays européens et une quinzaine d’autres nations à réintégrer Taïwan comme observateur contre l’avis de Pékin, le directeur général de l'OMS, le docteur Tedros, a botté en touche et renvoyé la question à une prochaine session.Taïwan est un souci pour la Chine, non seulement à l’OMS, mais également en tant que modèle. La pandémie a en effet donné à Taïwan une occasion unique de briller sur la scène internationale, au grand dam de Pékin. Les habitants de l'île attribuent leur victoire sur la pandémie à ce qui fait leur force : transparence, liberté de la presse et mise à distance de la Chine. Les médias internationaux plébiscitent le « modèle » taïwanais et critiquent le chinois. Ulcéré par l'aura qui entoure actuellement Taïwan, Pékin a accentué sa pression sur l’ancienne Formose. Ses manœuvres militaires à proximité de l'île, dont la fréquence a augmenté depuis l'élection de la nouvelle présidente en janvier, ont continué ces derniers mois. « Le signal envoyé à Taïwan, comme aux Etats-Unis, qui la soutiennent, est clair : "Ne profitez pas de l'épidémie pour avancer vers l'indépendance" », analyse Kharis Templeman, consultant pour l'institut Hoover, de l'université Stanford.Le sommet de l’OMS s’est déroulé sur fond de poursuite de la pandémie en Chine : Pékin s’inquiète de nouveaux foyers de contamination concentrés depuis le début du mois dans la région du Nord-Est proche de la Russie, où les 600.000 habitants de la ville de Shulan sont en confinement strict chez eux depuis le début de la semaine.La Chine doit se batte sur un troisième front : celui de Hong Kong toujours en rébellion contre Pékin. La

May 24, 20201h 1m

Ep 161Bada # 30 : Et en Grèce ? Questions à Georges Prevelakis

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Georges Prevelakis, professeur émérite à La Sorbonne, géopoliticien et ambassadeur auprès de l’OCDE analyse la réaction sanitaire à la pandémie, l’attitude de la population, la situation des réfugiés et les perspectives économiques. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 20, 202022 min

Ep 160Demain, quoi d'autre ? / n°141

Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 17, 20201h 7m

Ep 157Bada # 29 : Et aux Etats-Unis ? Questions à François Bujon de l’Estang

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Ambassadeur aux Etats-unis de 1995 à 2002, François Bujon de l’Estang éclaire l’histoire récente de ce pays dans toute son excentricité et remet les années Trump en perspective. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 13, 202057 min

Ep 156Bada # 28 : Comment nous voient-ils ?

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A la veille du déconfinement partiel du 11 mai, Le Nouvel Esprit public met en ligne sous l’onglet Les Badas une conversation entre quatre correspondants de la presse étrangère en France Marc Bassets (El Pais), Paolo Levi (La Stampa), Richard Werly (Le Temps) et Michaela Wiegel (Frankfurter Allgemeine Zeitung). Comment ont-ils vu notre pays depuis le 16 mars ? Comment nous a-t-on vu dans leur presse ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 10, 202043 min

Ep 155Liberté, que d’abus on commet en ton nom / Couple franco-allemand : chambre à part / n°140

LIBERTÉ, QUE D’ABUS ON COMMET EN TON NOM Le projet de loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire de deux mois jusqu'au 24 juillet a été adopté par l’Assemblée et modifié par le Sénat. Le président du Sénat saisira le Conseil constitutionnel après le scrutin définitif. L'institution aura huit jours pour se prononcer. La majorité sénatoriale lancera une commission d'enquête sur la crise sanitaire. Avec 36 membres prévus, cette commission sera plus large que celle qui avait traité l'affaire Benalla, en septembre 2018. Le site gouvernemental Vie Publique rappelle que l’état d’urgence autorise le Premier ministre à prendre par décret des mesures limitant la liberté d'aller et venir, la liberté d'entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d'interdiction de déplacement hors du domicile) ; des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire ; des mesures temporaires de contrôle des prix. Ces mesures doivent être proportionnées aux risques encourus. Le ministre en charge de la santé a le pouvoir de prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures qui s'inscrivent dans le cadre défini par le Premier ministre. En présentant les modalités du déconfinement à venir, Édouard Philippe a donc annoncé que la liberté de circulation sans attestation serait la règle, excepté à Mayotte, mais une liberté limitée et surveillée. Une infraction aux règles applicables dans les transports en commun, comme le port obligatoire du masque et la possession d’une attestation d’employeur sera sanctionnée par une amende de 135 euros. Une limite de 100 kilomètres calculée à vol d'oiseau à partir du lieu de résidence est fixée pour les déplacements, sauf motif professionnel ou familial impérieux. Cette limite ne s'applique que si l'on quitte son département de résidence. Parcourir plus de 100 kilomètres dans son département de résidence reste possible sans restriction. Toutefois, pour permettre le contrôle de la règle des 100 kilomètres, une nouvelle attestation sera disponible (papier ou numérique) sur le site de Beauvau. Pour le contrôle d'un trajet à moins de 100 km de son domicile, un simple justificatif de domicile sera suffisant. Le défaut de présentation d'un justificatif sera sanctionné par 135 euros d'amende, susceptible d'augmenter en cas de récidive. La fermeture des frontières restera la règle, l'autorisation de passer l'exception. « Concernant les entrées et sorties de l'espace européen, l'assouplissement progressif et ordonné des règles de circulation viendra en temps voulu », a assuré le ministre de l'Intérieur. Mais il sera décidé avec l'ensemble des États concernés. Pour ce qui est des frontières entre la France et ses voisins européens, les restrictions mises en place sont prolongées jusqu'au 15 juin. Un article du texte pourrait se révéler particulièrement sensible, dans les discussions à venir au Parlement : l'article 6 du projet de loi, qui crée un « système d'information » - en clair, un fichier permettant de recenser les personnes infectées par le coronavirus « ou susceptibles de l'être », et les personnes ayant été en contact avec elles.***COUPLE FRANCO-ALLEMAND : CHAMBRE À PART Entre Paris et Berlin, les écarts se creusent. Lors du sommet européen du 26 mars, la chancelière allemande a rejeté les « coronabonds », cette mutualisation des dettes réclamée notamment par la France et l'Italie. Le 5 mai, la Cour constitutionnelle allemande a exigé de la Banque centrale européenne (BCE) qu'elle justifie dans les trois mois son programme d'achat de dettes lancé en 2015. Sinon, les juges ordonneront à la Bundesbank principale actionnaire de l'institut d'émission de Francfort de cesser de participer au programme de rachat de titres. Un jugement qui tombe alors que la BCE a lancé en mars un « plan pandémie » de 750 milliards d'euros d'achats de titres, et que le retour d'une crise de la zone euro n'est pas écarté.​Économiquement, pour aider les entreprises à amortir les effets de la crise liée au coronavirus, le gouvernement d'Angela Merkel a mis sur la table un plan de soutien historique de plus de 1.000 milliards d'euros, dont 156 milliards immédiatement disponibles. La France n'a pas lésiné non plus. Le « quoi qu'il en coûte » du président Macron se chiffre pour l'instant à 110 milliards d'euros. Mais, les deux pays ne sont pas dans le même état de santé financier. L'Allemagne a ramené sa dette à moins de 60 % du PIB, alors que l'endettement de la France frôle les 100 %. Le FMI prévoit qu'une fois mis en œuvre les plans de sauvetage économique, l'écart se sera encore creusé avec un niveau de dette respectif de 69 % et 115 % du PIB, ce qui reporte à un horizon lointain le retour de la France dans le giron des règles du traité de Maastricht. Alors que Paris prévoit une récession de 8 % en 2020, le repli anticipé par Berlin se limite à 4,2 %. Dans le domaine sanitaire, l’Allemagne constitue une exception, puisqu'elle a enregistré cinq fois moins de décè

May 10, 20201h 4m

Ep 153Kitafétoi : Michelle Perrot (n°2/2)

Ce second Kitafétoi avec Michelle Perrot tourne autour de l’invention d’une nouvelle discipline qui mettra du temps à s’imposer : l’histoire des femmes. Après les premières conférences qui dans les années 70, fondèrent cette discipline, elle donne à comprendre quel rôle a joué le concept de genre, comment, avec celles qui lui ont emboité le pas, « les silences de l’Histoire » ont commencé à être décryptés. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 5, 202057 min

Ep 152Kitafétoi : Michelle Perrot (n°1/2)

Ce premier des deux Kitafétoi avec Michelle Perrot tourne autour de ses travaux sur la classe ouvrière. Elle y évoque son enfance dans le Paris populaire des années 30, ses engagements politiques d’après la Libération, la vie conventionnelle mais stimulante de l’Université et chaque moment de son récit fait apparaître de nouveaux personnages. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 4, 20201h 1m

Ep 154Déconfinement : l’archipel français / Relance économique et urgence climatique / n°139

DÉCONFINEMENT : L’ARCHIPEL FRANÇAIS « Nous allons devoir vivre avec le virus » a prévenu le Premier ministre en présentant le 28 avril son plan de déconfinement à l'Assemblée nationale, qui l'a adopté par 368 voix pour et 100 contre. Les départements seront répartis en deux catégories : ceux peu touchés par l'épidémie seront déclarés verts et pourront piocher dans les différentes mesures de déconfinement annoncées pour le 11 mai. Les autres, rouges, seront soumis à un régime plus strict. ÉdouardPhilippe s’appuie sur l’avis de l'Académie de médecine qui a recommandé, le 7 avril dernier, que « la sortie du confinement soit décidée sur la base de la région et non par classe d'âge ». Élaborés par la Direction générale de la santé et Santé publique France, trois critères orientent cette classification qui sera arrêtée le 7 mai prochain. Ainsi le bulletin de santé d'un département sera rouge si, sur son territoire, « la circulation du virus reste active », si « les capacités hospitalières en réanimation restent tendues » et si « le système local de tests et de détection des cas contacts » n'est pas suffisamment prêt. Dans la mise en œuvre du plan gouvernemental, le couple maire-préfet est placé au cœur du dispositif, notamment pour la réouverture des écoles. Dans les départements classés rouges, si des maires ne sont pas prêts pour le 11 mai, l'État recherchera avec eux le bon rythme et la bonne organisation pour chacun des établissements. Pour Édouard Philippe, « Cet esprit, est plus important à comprendre que la règle, parce que c'est celui qui va nous permettre de piloter finement et efficacement la maîtrise de la circulation du virus. Donc il y aura des départements verts, des départements rouges, mais il y aura partout une discussion intense, précise, confiante, pour prendre les bonnes mesures ». Jeudi 30 avril, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran a dévoilé la carte départementale provisoire pour le déconfinement du 11 mai. Elle classe, à ce stade, les départements selon trois couleurs : vert, rouge, et orange, pour « incertain ». Les départements orange ont vocation à basculer en rouge ou en vert à la date du déconfinement, sans pour autant signer la disparition d’un nuancier qui s’enrichira de données apportées par les acteurs locaux après le 11 mai. La Haute-Corse, le Cher et le Lot réfutent la couleur rouge qui leur a été attribuée. Vendredi 1er mai, les agences régionales de santé (ARS) d’Occitanie et du Centre ont reconnu des erreurs de comptage.*** RELANCE ÉCONOMIQUE ET URGENCE CLIMATIQUE Avec 2.200 milliards de dollars, le programme pour la relance économique adopté par le Congrès américain fin mars est le plus important plan d'aide jamais adopté par les États-Unis. La France a annoncé 345 milliards d’euros ; l'Allemagne 750 milliards ; le Royaume-Uni 350 milliards de livres sterling ; la Suisse 42 milliards de francs... Pendant la reprise souhaitée et ainsi aidée sous quelle forme la question du changement climatique sera-elle à l’ordre du jour ? Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climatsouligne dans un récent rapport que pour rester dans la cible des 1,5 degré de réchauffement les besoins d'investissements dans le système énergétique se situent à 2,5% du PIB mondial jusqu'au moins 2035. Le récent « Pacte vert » de l'Union européenne vise à investir 1,5 % du PIB d'ici à 2030, quand les partisans de la Nouvelle donne verte aux États-Unis appellent leur gouvernement à yconsacrer 2 % du PIB. A Bruxelles, le président de la commission de l'Environnement du Parlement européen, Pascal Canfin a rassemblé 180 ministres, eurodéputés, ONG, think tanks, et dirigeants d'entreprise, autour de son appel pour une « alliance verte », dont l'objectif est de préparer l'Europe et la France à l'après-Covid-19. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) dans son rapport « Climat, santé : mieux prévenir, mieux guérir appelle à sortir des énergies fossiles pour faire face au choc sanitaire et au choc climatique. Les treize experts de cette instance indépendante, installée fin novembre 2018 par Emmanuel Macron, exhortent l'exécutif à placer la transition écologique et l'égalité sociale au cœur de la relance économique afin de renforcer notre résilience aux risques sanitaires et climatiques. Ils font dix-huit recommandations pour y parvenir, et demandent notamment de conditionner les aides publiques destinées aux secteurs sinistrés à « des plans précis » en faveur du climat. Des chercheurs de l'Institut pour l'économie du climat et de l'université Paris-Dauphine, dans une étude publiée le 1er avril, proposent une trentaine de mesures dans sept secteurs-clefs de la stratégie nationale bas-carbone, l'outil de pilotage qui indique comment la France entend réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ils suggèrent d'accélérer la rénovation des logements, de favoriser la production d'électricité renouvelable, de développer les transports en commun, les infrastructures ferroviaires, les r

May 3, 20201h 8m

Ep 151Bada # 27 : Et au Royaume-Uni ? Questions à Sylvie Bermann

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Sylvie Bermann a représenté la France à Londres pendant trois ans. Elle répond aux questions sur l’état sanitaire du Royaume-Uni, sur le NHS (National Health System) « presque aussi important que la Reine », sur la Reine, sur l’attitude de la population face aux mesures gouvernementales, sur la situation politique de Boris Johnson, sur le nouveau chef de « l'opposition de Sa Majesté », le travailliste Keir Starmer, sur les conséquences de la pandémie sur les négociations avec l’U.E et sur l’avenir de l’Ecosse. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 30, 202026 min

Ep 150Repartir, mais de quel pied ? / n°138

REPARTIR, MAIS DE QUEL PIED ? En 2020, selon le Fonds monétaire international, la croissance du PIB mondial pourrait reculer de 3% en 2020 après avoir augmenté de 2,9% en 2019.Le recul serait de 7,5% pour l'économie européenne et de 5,9% pour les États-Unis. 2021, pourrait connaître un rebond de l'économie planétaire estimé à 5,8%. Pour la cheffe économiste du FMI, il s'agit de "la plus grande récession depuis 1929" ». Paralysée en février par la pandémie, l'économie chinoise a enregistré une contraction de son PIB de 6,8% au premier trimestre. Dans son sillage, ses voisins asiatiques ont connu une forte chute de leur activité. En Asie orientale, les économies ont redémarré progressivement mais restent freinées par le peu d’activité en Europe et aux États-Unis. Toutefois, la Corée du Sud, quatrième économie d'Asie, n’a enregistré qu’une baisse de 1,4 % de son PIB. Les incertitudes sur un possible reprise de la pandémie planent sur l’avenir. En France, selon une note de l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiée le 20 avril, « l'impact de deux mois de confinement est estimé à environ 120 milliards d'euros, soit 5 points de produit intérieur brut (PIB) annuel en moins. » L'OFCE a calculé que les foyers français accumuleraient une épargne forcée de 55 milliards d'euros. La Banque de France estime que chaque quinzaine induit une perte de PIB annuel proche de 1,5 %. Emmanuel Macron a plaidé pour la mutualisation des dettes publiques de la zone euro dans une interview au Financial Times le 17 avril : « Nous sommes à un moment de vérité qui consiste à savoir si l’Union européenne est un projet politique ou un projet de marché uniquement. » Dans un article de la revue Politique internationale l’ancien secrétaire général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Khan a plaidé pour l’allégement de la dette des pays à faible revenu, et pour l’usage des droits de tirage spéciaux du FMI. Selon lui, « les dégâts peuvent être limités par une politique appropriée sur la demande. » Il appelle à, « une réponse budgétaire mutualisée » en Europe pour laquelle il faudra « rompre l'un ou l'autre de ces deux tabous : l'indépendance de la banque centrale ou l'unanimité des Etats membres. » En dépit d’une « forte volonté d’avancer ensemble », soulignée par le président du Conseil européen Charles Michel, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, réunis jeudi en visioconférence, sont restés divisés entre pays du sud et du nord de l’UE, sur la forme que devrait prendre un plan de relance européen. Cependant, les Vingt-Sept ont entériné les mesures d’urgence à 540 milliards d’euros qui complèteront, à partir du 1er juin, les 1.000 milliards d’euros que la Banque centrale européenne s’est engagée à injecter dans l’économie. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 26, 20201h 3m

Ep 149Bada # 26 : Et au Japon ?

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Karyn Nishimura, longtemps journaliste au bureau de l’AFP à Tokyo décrit la progression et l’état actuel de la pandémie au Japon, met en lumière les réactions souvent désordonnées du gouvernement, les contradictions des mesures prises, le clair-obscur des informations données aux Japonais et l’étonnante défaillance de la technologie dans un pays dont la capacité d’innovation est l’une des plus élevées au monde. Karyn diffuse deux fois par semaine un podcast sur la situation au Japon (moitié en japonais, moitié en français). https://soundcloud.com/karynpoupee Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 22, 202021 min

Ep 148Macron 2, moi le 1er / Dette africaine moratoire ou annulation ? / n°137

MACRON 2, MOI LE 1ER Emmanuel Macron, a annoncé, lundi 13 avril, la prolongation d’un mois du confinement en France. Il a esquissé la levée progressive des restrictions et une réouverture des écoles à compter du 11 mai. Cette allocution a été suivie par 36,7 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience globale de 94,4 % « un record absolu », selon Médiamétrie. S’il a tracé des perspectives pour le déconfinement, le chef de l’État a aussi maintenu quelques incertitudes sur sa mise en œuvre, laissant le gouvernement assurer, dès mardi, un service après-vente ardu, appelé à être poursuivi avec la présentation « d’ici quinze jours » d’un « plan de l’après-11 mai ». Plusieurs ministres ont temporisé, préférant parler du 11 mai comme d'un « objectif » et non d'une date officielle de déconfinement. Pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner « ce qu'a annoncé le président, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai. Il y a des conditions pour que nous puissions déconfiner le 11 mai. C'est un objectif, pas une certitude ». Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé une réouverture « progressive » des crèches, écoles, collèges et lycées à part du 11 mai, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a apporté des précisions. « L'école ne sera pas obligatoire le 11 mai, le retour sera progressif. Il y aura des aménagements ». Le ministre a notamment mentionné des mesures différentes selon les régions. Il appartient au gouvernement et à un haut fonctionnaire, Jean Castex, nommé délégué interministériel chargé des stratégies de déconfinement, de préparer cette phase cruciale dans les moindres détails. Elle consistera à mettre à l'abri les plus fragiles, à tester ceux qui ont des symptômes, à confiner strictement les malades et à équiper en « masques grand public » l'ensemble de la population. Un passage du discours présidentiel a particulièrement retenu l’attention : "Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience. Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier". Si 60% des Français souhaitent que la décision politique se fonde uniquement sur des « critères sanitaires », selon un sondage Odoxa, ils sont 39 % à considérer que « l’emploi et la reprise économique doivent aussi être pris en compte ». En outre, les Français doutent de la capacité du président à surmonter la crise. Sondage après sondage, la confiance s'étiole. Le 19 mars, trois jours après la proclamation du confinement, une enquête Ifop pour le Journal du dimanche indiquait que 55% des Français avaient foi en l'exécutif dans la conduite de « la guerre » contre le virus. Quatre semaines plus tard, ils ne sont plus que 38 %.*** DETTE AFRICAINE MORATOIRE OU ANNULATION ? Peu ou encore peu touché par la pandémie, le continent africain va en subir de plein fouet les conséquences économiques. Pour la première fois en 25 ans, l'Afrique subsaharienne va connaître une récession économique, prévoit la Banque mondiale. Après une croissance de 2,4 % en 2019, la récession devrait se chiffrer en 2020 entre -2,1 % et -5,1 %. Pour la Banque mondiale, les économies africaines sont victimes de la chute brutale de la croissance de leurs principaux partenaires commerciaux (particulièrement la Chine, la zone euro et les États-Unis), des cours des matières premières, de la baisse de l'activité touristique, ainsi que des effets des mesures de lutte contre la pandémie, comme le confinement. Le 13 avril, Emmanuel Macron a mis en avant la nécessité d’annuler massivement la dette de l’Afrique. Le pape François, l'ONG Oxfam et plusieurs dirigeants africains comme le président Sénégalais Macky Sall se sont exprimés dans ce sens. Dès mars, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international demandaient l'annulation ou un rééchelonnement de la dette. En outre, Le FMI a annoncé le 13 avril une aide d'urgence à 25 des pays les plus pauvres du monde. L'endettement du continent africain est considérable. Sur le site de l'agence Ecofin, la Banque africaine du développement, dans ses perspectives 2020 sur l'économie africaine, précise que « entre 2008 et 2018, la dette publique moyenne des pays africains est passée de 38 % à 56 % du Produit intérieur brut (PIB) du continent ». En 2018, la dette publique externe des pays d'Afrique subsaharienne s'élevait à 365 milliards de dollars. Mercredi, les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe G20 ont donné leur aval à une suspension immédiate et pour une durée d'un an de la dette de 76 États, dont 40 d'Afrique subsaharienne. Cette décisions’appliquera à compter du 1er mai jusqu’à la fin de l’année. Elle doit libérer 20 milliards de dollars de liquidités. “Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative”, précise le G20, en appelant les créanciers privés à participer à cet effort. Cette mesure est d’autan

Apr 19, 20201h 5m

Ep 147Bada # 25 : Et en Russie ? Etienne Bouche répond depuis Moscou

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Journaliste indépendant en poste à Moscou depuis 7 ans, Etienne Bouche répond aux questions de Philippe Meyer sur la situation sanitaire dans la capitale et dans le pays, sur la fiabilité des informations en provenance du Kremlin, sur les choix de Vladimir Poutine, sur le report de la consultation lui permettant de rester au pouvoir après 2024, sur les aides apportées par la Russie à l’Italie et aux Etats-Unis et sur l'évolution de sa politique pétrolière. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 15, 202020 min

Ep 146La Chine et ses vérités / Le déconfinement et ses hypothèses / n°136

LA CHINE ET SES VERITES Selon les chiffres officiels, le Covid-19 a fait 2.567 morts en Chine, dans la capitale de la province de Hubei, épicentre de l’épidémie, soit cinq fois moins qu’en Italie. Un bilan jugé bien en dessous de la réalité selon Radio Free Asia (RFA), qui avance le chiffre de 42 000 morts en se fondant sur des estimations du nombre d’urnes délivrées par les sept crématoriums de la ville. Cette polémique est une bombe à retardement pour le régime, à l’heure où il vante à sa population, et aux chancelleries du monde entier sa gestion « efficace » de l’épidémie, avec la bénédiction de l’Organisation mondiale de la santé. Le décalage entre les chiffres officiels chinois, et le nombre de morts en Europe, notamment en Italie interroge jusque chez les dirigeants occidentaux. Craignant une nouvelle vague d’épidémie, la Chine a annoncé coup sur coup le 26 mars, deux mesures spectaculaires pour bloquer le nombre de cas importés : la forte réduction des vols internationaux dès le 29 mars, et la fermeture « provisoire » de ses frontières aux ressortissants étrangers le 28 mars à minuit. De Milan à Téhéran, en passant par l'Afrique, les bataillons de blouses blanches chinoises volent au secours des populations menacées par le Covid-19. Quelques semaines après l'explosion de l'épidémie à Wuhan, au cœur de la Chine, la seconde économie mondiale rebondit sur le front sanitaire, devenant pourvoyeuse d'aide dans plus de 80 pays, à grand renfort de propagande. Trois cents personnels médicaux en Italie, un laboratoire de dépistage en Irak, un million de masques envoyés vers la France, ou des kits de tests en direction des Philippines. Sans compter 20 millions de dollars d'aide à l'OMS, et de nouveaux subsides en direction de l'Union africaine. La France a passé commande de près de deux milliards de masques à la Chine, a indiqué le 7 avril le ministre de la Santé Olivier Véran. Des masques qui seront livrés par toute une série de vols d'ici la fin juin, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. A l'Élysée, on tient à souligner la réciprocité qui a existé entre Européens et Chinois, pour rejeter toute idée de sauvetage du Vieux Continent par Pékin. On rappelle qu'à la fin janvier, le gouvernement chinois avait sollicité l'aide de la Commission européenne, qui avait envoyé 56 tonnes de matériel sanitaire, notamment des combinaisons de protection, du désinfectant et des masques chirurgicaux. Aucune publicité n'avait alors été faite sur ce sujet, pour ne pas embarrasser la Chine. La réciproque n'est guère vraie. Le président chinois, XI Jing Ping a évoqué, lors d'une conversation avec le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, le 16 mars, un nouveau concept de son projet d'investissements baptisé les « routes de la soie », en lui adjoignant une épithète : les « routes de la soie de la santé ». Toutefois, au bout de la route de la santé, les Pays-Bas, l'Espagne, la Finlande ou la République tchèque ont mis en cause la qualité de certaines livraisons de matériel médical d'origine chinois.*** LE DÉCONFINEMENT ET SES HYPOTHÈSES La stabilisation de l'épidémie de covid-19 en Norvège, Autriche, Slovénie, Danemark, Grèce, Portugal et Suisse pousse leurs gouvernements à envisager de sortir par étapes du confinement, parfois dès la semaine prochaine. L'Autriche est le premier pays de l'Union européenne à avoir annoncé, le 6 avril, un calendrier de sortie du confinement : les petits commerces, notamment bricolage et jardinage, ont réouvert le 7 avril, tous les autres magasins ouvriront début mai. Mais le télétravail demeurera la norme jusqu'à fin avril. Les établissements scolaires ne devraient pas rouvrir avant le 15 mai. Le masque, obligatoire depuis le 6 avril dans les supermarchés, le sera aussi dans les transports. L’Italie envisagerait un déconfinement à partir du 3 mai. La Norvège va rouvrir crèches et écoles le 20 avril et les lycées le 27. Le télétravail reste toutefois recommandé. Le port du masque y est peu pratiqué, comme au Danemark, où crèches et écoles vont rouvrir à partir du 15 avril. Les collégiens et lycéens patienteront jusqu'au 10 mai. Les rassemblements de plus de 10 personnes demeurent interdits et aucune date n'a été communiquée pour la réouverture des bars, restaurants, salons de coiffures, centres commerciaux et discothèques. Le gouvernement slovène a annoncé qu'il comptait assouplir graduellement les restrictions à partir du 14 avril. La Suisse a indiqué qu'elle présenterait le 16 avril un plan de « premiers assouplissements », qui entrerait en vigueur avant la fin du mois. Le Portugal et la Grèce envisagent un « retour à la normale en mai », sans autres précisions. Aucun de ces pays ne compte autoriser prochainement les grands rassemblements et manifestations sportives, cultuelles et culturelles, dont il est avéré qu'elles ont joué un rôle énorme dans la pandémie en Europe mi-février. Ce sera au plus tôt en juillet ou août. Ils n'ont pas non plus annoncé à te

Apr 12, 20201h 3m

Ep 145Bada # 24 : Les enfants et la Covid-19

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Les enfants et le Covid-19Faut-il tout leur dire ? A partir de quel âge ? Comment ne pas leur faire peur ? Comment se mettre à leur niveau ? Comment leur apprendre à distinguer les vraies des fausses nouvelles ? Avec François Dufour, co-fondateur de quotidiens pour enfants et adolescents. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 9, 202015 min

Ep 144Bada # 23 : Thématique avec Roselyne Bachelot

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THÉMATIQUE avec Roselyne BACHELOT : quel est le rôle de l’État face à une pandémie ? Comment assume-t-il -ou non- ses fonctions ? A quoi sert le principe de précaution et comment devrait-il se traduire en matière sanitaire ? Avec Nicolas Baverez, Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin et Lucile Schmid. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 7, 202059 min

Ep 143Europe : questions sans réponses / n°135

« Le climat qui semble régner entre les chefs d'État et de gouvernement et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l'Union européenne », a estimé Jacques Delors, ancien ministre français de l'Économie, qui a présidé la Commission de 1985 à 1995, au lendemain du sommet par visioconférence du 26 mars. C’est également après ce somment que Président du conseil italien Giuseppe Conte a appelé l'Union européenne « à ne pas commettre d'erreurs tragiques » face au coronavirus, sinon « l'édifice européen tout entier risque de perdre sa raison d'être ».Depuis ce sommet, les divisions entre Européens du Sud et du Nord sont ravivées : tandis que le groupe soutenu par la France et sept autres pays européens (la Grèce, le Portugal, la Slovénie, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande, rejoints depuis par Chypre) plaide pour la création d’un instrument commun de mutualisation des dettes sous forme de « coronabonds », celui qui comprend l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas, préfère la piste du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), un fonds de sauvetage de la zone euro créé en 2012.Les ministres des finances de la zone euro doivent se réunir le mardi 7 avril, par visioconférence, afin de trouver un terrain d’entente, avant un prochain Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 5, 202059 min

Ep 142Bada # 22 : Richard Werly raconte la France confinée

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Philippe Meyer interroge Richard Werly qui, pour son journal, a voyagé de Saint Denis à Marseille en passant par Montargis et Mulhouse pour observer et comprendre la France confinée. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 2, 202022 min

Ep 141Confinement quasi général, dépistage quasi exceptionnel / Le virus, la loi, la société / n°134

CONFINEMENT QUASI GENERAL, DEPISTAGE QUASI EXCEPTIONNEL En Europe, les autorités ont opté pour des stratégies différentes face à la propagation du coronavirus sur leur territoire, tout en surveillant ce qui se pratique chez le voisin. La Commission européenne a lancé, le 18 mars, un appel d'offres pour le compte de dix-huit États membres afin, notamment, d'acheter en commun des kits de tests. Toutefois, les industriels ont jusqu'à fin mars pour répondre à cet appel et Bruxelles ne décidera que début mai des candidatures retenues. Certains pays ont choisi une politique de confinement qui prend appui sur la diminution des interactions sociales, et donc de la transmission. D’autres ont opté pour une stratégie d’immunité collective qui repose sur l’idée que plus les personnes sont infectées par une maladie, plus elles développent des anticorps contre ce virus, et moins l’épidémie se propage dans la population. La France, la Chine ou l’Italie ont choisi la distanciation sociale. Les Pays-Bas ont fait le choix de l’immunité collective. La Grande Bretagne, après avoir prôné cette solution, a finalement opté pour le confinement. Le choix du confinement pose la question de son acceptation par la population et celui de sa durée. Il suppose une stratégie définie par l’OMS comme « agressive et ciblée ». L’OMS préconise un dépistage massif, qui permettrait de tester chaque cas suspect, d’isoler chaque cas confirmé et de retrouver puis de placer en quarantaine chacune des personnes avec qui ils ont été en contact proche. Regardée comme un modèle, la Corée du Sud a pratiqué un grand nombre de tests et s’est servie de la technologie pour localiser les personnes contaminées (même celles avec peu de symptômes). En Europe, l’Espagne, deuxième foyer de contamination en Europe après l'Italie, ne réalise plus le dépistage que sur les malades présentant des symptômes graves, faute de kits disponibles. LaScandinavie réserve le dépistage aux patients acceptés à l'hôpital avec des troubles respiratoires. L’Allemagne a porté à 500.00 le nombre de dépistage hebdomadaire. En France, face au nombre croissant de cas, les dirigeants s'interrogent sur la possibilité de suivre le modèle allemand de dépistage massif. Mais si le pays dispose d’assez de laboratoires, équipés, il manque de réactifs et d’écouvillons ans matériels fabriqués en Chine et aux États-Unis et pour lesquels la demande excède l’offre.*** LE VIRUS, LA LOI, LA SOCIÉTÉ Publiée au JO du 24 mars, la loi d’urgence sanitaire pour faire face à l’épidémie de Covid-19 organise le report du second tour des élections municipales, donne un cadre à la notion d’état d’urgence sanitaire, débloque des moyens pour prévenir les faillites, donne aux entreprises la possibilité de déroger au Code du travail, restreint les libertés de déplacement, de réunion (et d’exercice des cultes) et la liberté d’entreprendre. . « Ce sera un test pour notre démocratie. Nous devons montrer que nous pouvons protéger le peuple des pandémies sans rien renier de nos principes », avait déclaré dimanche dernier au JDD Emmanuel Macron qui, mercredi à Mulhouse, a appelé à « se mobiliser dans l’unité » face aux « facteurs de division ». Patrice Spinosi, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'État, explique dans un entretien à « l'Obs » : « Les mesures administratives prises (…)par le gouvernement s'appuient notamment sur le Code de la Santé publique, qui habilite le ministre de la Santé à prendre toute mesure proportionnée et appropriée pour répondre à une menace sanitaire grave telle qu'une épidémie »donnant raison à Montesquieu pour qui « Il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un voile sur la liberté comme on cache les statues des dieux. » « Proportionnée » et « appropriée » constituent matière à débat, tout comme la longueur et l’épaisseur du voile. Certains maires vont plus loin en instaurant le couvre-feu dans leur commune. Certains médecins en appellent au Conseil d’État pour imposer un confinement plus strict – voire absolu - à l’ensemble du pays. Des parlementaires d’opposition réclament une commission d’enquête ; ils ont obtenu une mission d’information. Un collectif de 600 médecins soutenu par 240.000 pétitionnaires a saisi la Cour de la République d’une plainte pour mensonge d’État contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn. Le Canard enchaîné révèle que les déplacements de certaines personnes ont étéretracés grâce au relevé des positions de leur portable. Le PDG d’Orange assure que ces données ont été anonymisées. Depuis le maintien du 1er tour des élections municipales, le caractère contradictoire, voire incohérent de plusieurs préconisations gouvernementales ne facilite pas l’adhésion de la population. On s’étonne que le ministre de l’agriculture souhaite, dans un contexte où il n’y a pas de dépistage, que l’on s’affranchisse de l’obligation du confinement pour aller aider les agriculteurs et que la porte-parole du gouvernement ne sache pas que les professeurs travaillent à distance et ne

Mar 29, 20201h 6m

Ep 140Traitement politique du Coronavirus / D’autres désordres / n°133

TRAITEMENT POLITIQUE DU CORONAVIRUS Le 17 mars, Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la Santé et candidate de la République En Marche à la Mairie de Paris, confiait au Monde : « Je savais que la vague du tsunami était devant nous. » « Le 30 janvier, j'ai averti [Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » « On aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade. » L'opposition réclame des explications : le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon s’indigne de ces « aveux consternants », et réclame que la mission d'information ouverte à l'Assemblée nationale sur le coronavirus s'en saisisse ; le député européen (Les Républicains) François-Xavier Bellamy tweete : « Comment ne pas être révolté ? (…) il ne fallait pas pleurer, il fallait agir ! » Les propos d’Agnès Buzyn ont obligé le soir même le chef du gouvernement à se défendre d'avoir sous-estimé le danger. « Si nous n'avions pas pris au sérieux cet événement sanitaire, je n'aurais pas organisé une réunion dès le mois de janvier » ni « pris des décisions lourdes », a fait valoir Édouard Philippe. Quant à l'alerte de l’ancienne ministre de la Santé sur la tenue des élections, il convient qu'elle a eu lieu le 30 janvier. Mais précise qu'« à l'époque, beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle ». Le conseil scientifique, nommé le 10 mars pour « éclairer » les choix du gouvernement a rendu public son avis du 12 mars, qui précise le cadre dans lequel il a eu à se prononcer sur un éventuel report des élections : « Cette décision, éminemment politique, ne pouvait lui incomber », expliquent ses membres. Le conseil a simplement précisé qu'« aucun élément scientifique n'indiquait que l'exposition des personnes lors du vote serait plus importante » que si elles allaient « faire leurs courses ». En clair : les scientifiques, loin de valider l'une ou l'autre option, ont simplement rendu un avis technique. La double injonction contradictoire du gouvernement demandant « à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile » et en même temps, qu'elles se rendent aux urnes, a jeté le trouble dans la population et la classe politique. Dimanche, les bureaux de vote se sont avérés plus vides que les rues. Notamment à Paris. Avec un taux d’abstention de 55,25%, soit une baisse de plus de près de 20 points par rapport à 2014, la participation s'est effondrée comme jamais, posant la question de la légitimité des résultats obtenus lors de ce premier tour. La date du second tour des élections municipales, qui devait initialement se dérouler aujourd’hui, dimanche 22 mars, « sera fixée par décret », prévoit un projet de loi d’urgence, qui acte son report « au plus tard au mois de juin 2020 ».*** D’AUTRES DÉSORDRES En Afghanistan, l'accord signé le 29 février à Doha par les États-Unis et les talibans vise à trouver une fin à dix-huit ans de guerre, au cours de laquelle près de 3.500 membres des troupes américaines et alliées ont été tués et qui a coûté des milliers de milliards de dollars. D’ici la mi-juillet, environ 4.000 hommes auront quitté l'Afghanistan. Les 8.600 restants plieront bagage d'ici avril 2021. Le secrétaire d'État Mike Pompeo a assuré que l'accord bilatéral n'était pas un abandon et précisé : "Nous observerons les talibans de près pour vérifier qu'ils respectent leurs engagements et nous ajusterons le rythme du retrait de nos troupes à leurs actions." Son collègue Mark Esper, secrétaire à la Défense a complété : "Si les talibans n'honorent pas leurs engagements, [...] les États-Unis n'hésiteront pas à annuler l'accord." La principale fragilité de l'accord de Doha est que le gouvernement afghan, même s'il a été tenu au courant des négociations, n'en est pas cosignataire. Le cœur de l'entente est de prévoir un retrait militaire américain en échange d'un arrêt du soutien taliban aux groupes djihadistes internationaux. Pour le reste, Kaboul et les talibans doivent, à partir de maintenant, parvenir à imposer un cessez-le-feu durable, et négocier l'avenir du pays. Sur le front pétrolier, le 9 mars 2020 les cours du pétrole ont chuté à environ 33 dollars le baril (un niveau inobservé depuis début 2016), soit une baisse de près de 25 % par rapport au vendredi 6 mars. À un choc de demande issu de la propagation du coronavirus et des mesures de confinement imposées notamment par la Chine, s'est superposé un choc d'offre issu des conséquences de la décision de l'Arabie saoudite et de la Russie de cesser leur coopération sur le marché, précipitant ainsi l'effondrement des cours et ce, d'autant plus que l'offre était déjà excédentaire sur le marché pétrolier au premier semestre 2020. En Russie, au nom de la « stabilité », le président russe, Vladimir Poutine, 67 ans, au pouvoir depuis vingt ans, vient de s'aménager la possibilité d'y rester seize ans de plus. Le 10 mars, l

Mar 22, 20201h 4m

Ep 139Coronavirus, in abstentia / n°132

De l’apparition d’un virus inconnu en Chine à un « Lundi noir » qui a vu les marchés chuter comme jamais depuis fin 2008 : en deux mois, l’épidémie de Covid-19 a mis l’économie mondiale à rude épreuve. L’un des chocs les plus durs vient du pétrole dont les cours ont frôlé lundi les 30 dollars le baril. Le même jour, les marchés boursiers se sont effondrés. Le CAC 40 a perdu 23% en une semaine. Une situation qui pourrait faire perdre au monde jusqu’à 2000 milliards de dollars, selon l’ONU. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a revu à la baisse de 2,9% à 2,4% ses prévisions de croissance mondiale pour 2020. La zone euro est seulement créditée de 0,8% avec une Italie en stagnation. Aux États-Unis, Donald Trump a proposé mardi un vaste plan de relance de 700 milliards de dollars, après avoir tenté de minimiser, à plusieurs reprises, l’impact du coronavirus sur l’économie américaine. Jeudi, il a mis en cause l’Europe, une institution qui, à ses yeux, a « échoué » face au virus et annoncé la fermeture des États-Unis aux voyageurs en provenance de l’espace Schengen, précisant toutefois que cette mesure ne visait pas le Royaume-Uni. En Europe, les Vingt-Sept tentent de coordonner leurs réponses budgétaires. La santé ne relevant pas des compétences de l’Union, la Commission n’a reçu que mardi un mandat spécifique de coordination, permettant à sa présidente, Ursula von der Leyen, d’annoncer que l’Union européenne allait créer un fonds de 25 milliards d’euros destiné aux systèmes de santé, aux PME et au marché du travail. En Italie, le gouvernement a débloqué 25 milliards d’euros et demande à l’Europe davantage de solidarité. En attendant, c’est de Pékin qu’il a reçu des livraisons de matériel sanitaire. Pour sa part, la chancelière Angela Merkel s’est dit prête à revenir sur la sacro-sainte règle du zéro déficit public pour faire face à l’épidémie. Épidémie devenue mercredi pandémie, selon l’Organisation mondiale de la santé. En France, Bercy évoque un coût « de plusieurs dixièmes de points » de croissance en 2020. Le Président Macron se prépare à une crise longue qui va mobiliser l’ensemble des moyens de l’Etat. Lors de son allocution de jeudi, il a annoncé notamment le maintien des élections municipales, la fermeture de tous les établissements scolaires et décliné une série de mesures en faveur des entreprises et des salariés, assurant « nous ne laisserons pas une crise économique et financière se propager […] nous réagirons fort et vite, quoiqu’il en coûte ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 15, 20206 min

Ep 138Bada #21: Les Syriens entre le marteau et l'enclume / 49:3 : la fièvre monte

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Les questions du public, enregistrées à l’Ecole alsacienne le 8 mars 2020, avec Philippe Meyer, Jean-Louis Bourlanges, Matthias Fekl, Béatrice Giblin et Lionel Zinsou. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 11, 202028 min

Ep 138Les Syriens entre le marteau et l'enclume / 49:3: la fièvre monte / n°131

LES SYRIENS ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME Le 27 février, des bombes russes ont tué au moins 33 soldats turcs à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, marquant une escalade dans les combats qui opposent depuis 2016 la rébellion syrienne soutenue par la Turquie aux forces loyalistes de Bachar Al-Assad appuyées par l’aviation russe. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est tourné vers ses alliés occidentaux, alternant appels à l’aide et menaces. Le Conseil de l’Alliance atlantique s’est contenté d’exprimer « ses sincères condoléances » à la Turquie et les alliés ont critiqué le cavalier seul d’Ankara et son offensive en Syrie. L’Otan avait été mise devant le fait accompli lorsqu’Ankara avait visé les milices kurdes en Syrie, celles qui ont combattu avec les Occidentaux les groupes jihadistes au Levant. En annonçant, le 27 février, l’ouverture de sa frontière occidentale avec la Grèce, Ankara a non seulement donné implicitement le signal de la ruée vers l’Europe aux 3,6 millions de réfugiés du conflit syrien déjà présents en Turquie, mais brandi la menace d’en faire éventuellement de même pour les 900 000 personnes qui, fuyant Idlib, se massent aux abords de la frontière turque. Un exode que l’ONU qualifie de plus grand drame humanitaire du moment. ​Ces menaces n’ont pas abouti à ranger l’Union Européenne aux côtés de la Turquie dans son affrontement avec la Russie, et l’installation à Idlib d’une division mécanisée turque n’a pas fait plier Vladimir Poutine. Les deux présidents se sont rencontrés à Moscou et ont, selon les termes de Vladimir Poutine, pris des décisions conjointes qui devraient aider à mettre un terme aux combats, tandis que Recep Tayyip Erdogan affirmait que son pays riposterait «de toutes ses forces » à toute attaque du régime syrien. En 2016 la Turquie s’était engagée à héberger les réfugiés en échange d’une aide européenne de six milliards d’euros (dont un peu plus de la moitié a été versée). La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue le 3 mars en Grèce à la frontière terrestre avec la Turquie. Elle promet 700 millions d’euros à Athènes pour que la Grèce maîtrise ses frontières. Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borell a promis à Ankara une aide d’urgence de 170 millions d’euros pour faire face à la situation humanitaire. Les dirigeants russe et turc sont convenus de mettre en place un « corridorde sécurité » de six kilomètres de part et d’autre de l’axe stratégique traversant la région d’Idlib, et de mener à partir du 15 mars des patrouilles conjointes. Russes et Turcs ont aussi assuré qu’ils feraient en sorte que l’aide humanitaire parvienne aux personnes déplacées.***49.3, LA FIÈVRE MONTE Samedi 29 février au soir, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé à l’Assemblée nationale qu’il recourrait à l’article 49.3 pour adopter la réforme des retraites. Une décision formellement actée le matin à l’occasion d’un Conseil des ministres convoqué sur le coronavirus. Gauche et droite ont dénoncéce recours au 49.3 : « Coup de force du gouvernement » pour le communiste Fabien Roussel, « pulsions totalitaires » d’Emmanuel Macron pour le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, « pire des solutions », pour l’Ecologiste Yannick Jadot, « cynisme le plus total » pour le patron des députés Les Républicains Damien Abad. L’opposition a déposé deux motions de censure, la première par Les Républicains, la seconde par le Parti socialiste, le Parti communiste et La France insoumise. Motions rejetées dans la nuit de mardi à mercredi. A peine le recours au 49.3 annoncé samedi soir, des rassemblements militants se sont organisés, à Paris devant le Palais Bourbon, et dans plusieurs grandes villes de province. En signe de protestation deux députés macronistesont claqué la porte et un sénateur a également annoncé qu’il abandonnait La République en Marche. Les syndicats opposant à la réforme ont appelé à de nouvellesmobilisations. Mardi quelques milliers de personnes ont défilé à Paris (20 000 selon les syndicats) contre le gouvernement, comme à Lille, Rennes, Marseille, Bordeaux ou Dijon. Pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, le 49.3 « ne tue pas le débat, mais l’obstruction » : 41 000 amendements ont été déposés, en grande partie par La France insoumise. Après 115 heures d’une discussion quasiment non-stop jour et nuit, les députés étaient seulement parvenus à la lecture de l’article 8 du projet de loi qui en compte 65. Plus de 29 000 amendements restaient à examiner. Depuis 1958, l’article 49.3 de la Constitution a été utilisé 89 fois : 56 fois par la gauche, 32 fois par la droite et une fois sous Emmanuel Macron. Avec un record de 28 recours par Michel Rocard. Plusieurs textes symboliques comme l’arme nucléaire, la CSG, la loi Savary ont ainsi été adoptés. Le projet de loi sera présenté dans les prochaines semaines au Sénat, où des débats auront lieu puisque le 49.3 n’y est pas applicable. Il reviendr

Mar 8, 20201h 6m

Ep 137Thématique : l’Algérie, un an plus tard / n°130

L’ALGÉRIE, UN AN PLUS TARD… Il y a un an, le vendredi 22 février 2019, les Algériens se soulèvaientpacifiquement contre la perspective d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, affaibli par un accident vasculaire-cérébral survenu en 2013. Avec le « Hirak », nom de ce mouvement populaire, l’Algérie entrait en protestation. Des femmes, des familles y participent massivement impulsant un caractère pacifique aux manifestations. Le 11 mars, le Président Bouteflika annonce qu’il ne se représentera pas etfinit par démissionner le 2 avril. Dans les mois qui suivent, un bras de fer oppose les manifestants à l’homme fort du régime, le général Ahmed GaïdSalah, chef d’état-major depuis 2004 d’une armée qui est un acteur social et économique doté d’importantes ressources financières : son budget s’élève à 12 milliards de dollars, soit 25% du budget de l’État. Des élections présidentielles se déroulent le 12 décembre 2019, sur fond d’abstention massives (60%). Elles portent au pouvoir Abdelmadjid Tebboune. Le 23 décembre, son principal soutien, le général Ahmed Gaïd Salah décède brutalement. Durant cette année, des ministres, de hauts responsables, des hommes d’affaires, mais aussi des officiers supérieurs, hier tout-puissants, sont envoyés en prison ou sont écartés. Mais les exigences populaires, qu’il s’agisse de la mise en place d’un gouvernement composé de personnalités indépendantes ou la remise à plat des institutions avec, éventuellement, l’élection d’une Assemblée constituante, demeurent insatisfaites. Aujourd’hui, sur 42 millions d’Algériens, les trois quarts habitent en ville, 30% ont moins de 15 ans et 45% moins de 25 ans. La jeunesse n’a pas connu la décennie noire de la guerre civile des années 90. Dix-sept millions d’Algériens sont connectés chaque jour sur les réseaux sociaux, qui ont joué un rôle essentiel dans la mobilisation. Leurs slogans : « 1962 territoire libéré – 2019 peuple libéré », « qu’ils dégagent tous », « tous des voleurs », « État civil, non militaire ». Actuellement, 1.300 personnes restent visées par des enquêtes judiciaires et 140 sont toujours emprisonnées selon le Comité national pour la libération des détenus. Plusieurs scrutins à venir – référendum sur la Constitution, élections législatives et municipales anticipées – marqueront l’évolution du rapport de force entre la rue et le régime en place à Alger. En attendant, les manifestations se poursuivent. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 1, 20201h 2m

Ep 136Sexe mensonges et vidéotape / Les désaccords de Munich / n°129

SEXE MENSONGES ET VIDÉOTAPE Le 14 février, le candidat de la République en marche pour les élections municipales à Paris, Benjamin Grivaux jette l’éponge, après la diffusion sur le web de deux vidéos privées à caractère sexuel. Le 16, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn quitte le gouvernement pour le remplacer. L’opposition accuse le Président de la République de faire primer la conquête de Paris sur la bonne marche du pays, au moment où la planète fait face à une épidémie de coronavirus aux conséquences incertaines tandis que la France est confrontée à la crise de l’hôpital et à la réforme des retraites. La bataille des municipales à Paris va voir s’affronter trois femmes : la maire PS sortante, Anne Hidalgo, la maire du 7e arrondissement Rachida Dati pour Les Républicains et désormais Agnès Buzyn pour la République en marche. La classe politique a unanimement condamné la diffusion des vidéos et mis en garde contre les dangers que cette séquence recelait pour la démocratie. D’Anne Hidalgo à Jean-Luc Mélenchon, en passant par le dissident ex-LRM Cédric Villani, tous ont critiqué les méthodes « indignes » de ceux qui ont publié et participé à la propagation de ces contenus et appelé au « respect de la vie privé ». Pour le président les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, « il est grand temps de réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux ». La diffusion des images doit « évidemment être poursuivie », a insisté le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en référence au délit de pornodivulgation, passible de deux ans de prison et de 60 000 euros d’amende. Piotr Pavlenski performeur russe réfugié politique en France et Alexandra de Taddeo, destinataire de la vidéo tournée par Benjamin Griveaux et aujourd’hui proche de l’activiste russe ont été mis en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même".***LES DÉSACCORDS DE MUNICH Souvent décrite comme « le Davos de la Défense », la 56e conférence de Munich sur la sécurité a réuni chefs d’Etat et diplomates du 14 au 16 avril, sur lethème de « Westlessness » comprendre « la fin ou la disparition de l’Occident », qui résumait bien l’état d’esprit d’une grande partie des participants. Dans le contexte d’une relation transatlantique dégradée, et alors que les Britanniques étaient absents cette année, deux semaines après le Brexit, plusieurs dirigeants européens en ont profité pour appeler à un sursaut européen. En ouverture, le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeir, a répondu positivement à l’appel du chef de l’Etat français, lancé au début du mois lors d’un discours à l’École de guerre, appel en faveur d’« un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». Estimant qu’« il y a un affaiblissement de l’Occident, et une politique américaine qui est celle du repli relatif, en tout cas qui reconsidère sa relation avec l’Europe », Emmanuel Macron a exhorté les Allemands à « aller plus vite et plus fort » pour relancer « l’aventure européenne ». Il a soutenu que l’Europe doit réengager un « dialogue avec la Russie » sur les conflits gelés, le cyberespace et la maîtrise des armements, et il a indiqué : « Je ne suis pas pro-russe, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen ». Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo s’est montré optimiste sur le destin de l’Occident, affirmant « l’Ouest gagne et nous gagnons ensemble ». La Chine a concentré le flot de critiques américaines. Mike Pompeo a accusé la firme chinoise Huawei, qui a pour ambition de développer en Europe la 5G,d’agir comme « un cheval de Troie pour le renseignement chinois ». Le Royaume-Uni a ouvert un accès limité à Huawei et plusieurs pays européens semblent prêts à adopter la même position que Londres. Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper s’est même fait menaçant, laissant entendre que les divergences transatlantiques sur Huawei risquaient de « compromettre l’Alliance la plus efficace de l’histoire : l’Otan ». Pour le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, « ces accusations américaines sont de purs mensonges basés sur aucun faits ». Le président du parlement allemand, Wolfgang Schäuble a déclaré pour sa part : « Nous sommes d’accord avec les Américains. Mais la liberté a besoin de diversité. Nous ne voulons dépendre ni de Shenzhen, sous contrôle de l’Étatchinois, ni de la Silicon Valley. L’Europe doit trouver sa propre voie ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 23, 20201h 4m

Ep 135Thématique : comprendre la Russie, avec Sylvie Bermann / n°128

Comprendre la Russie Pays de 147 millions d’habitants, répartis sur 17 millions de km2, la Russie est gouvernée depuis vingt ans par Vladimir Poutine. En 2024, l’ancien officier du KGB remettra en principe les clés du pouvoir puisque la Constitution l’empêche de briguer un troisième mandat consécutif. Le 15 janvier, il a annoncé des changements constitutionnels significatifs, qui feront bientôt l’objet d’un référendum. Les pouvoirs de la Douma, l’assemblée, seront accrus, tandis que ceux du président seront diminués. Le Premier ministre Medvedev a été prié de remettre la démission de son gouvernement. Un nouveau Premier ministre a été désigné en la personne de Mikhaïl Michoustine. S’appuyant sur les forces de sécurité dont il est issu, Poutine est parvenu à marginaliser toute réelle opposition politique. Démocratie autoritaire, la Russie a connu en 2019 des manifestations témoignant d’un réveil de la société civile. Ses revendications ont été parfois écoutées, le plus souvent sévèrement réprimées. Depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en 2014, et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, la Russie est soumise à des sanctions occidentales. Pour sortir de son isolement diplomatique, Poutine a noué un partenariat stratégique avec la Chine. La Russie est intervenue en Syrie en 2015 en soutien au régime de Bachar el Assad. Au-delà du Moyen-Orient, elle tente aussi de regagner en Afrique ses positions abandonnées après la chute de l’URSS. Sa dernière incursion hors de ses frontières, s’opère en Libye. Les sanctions pèsent sur l’économie russe, dont le PIB est équivalent à celui de l’Espagne, a reculé de trois places en cinq ans, au douzième rang mondial. Une économie qui demeure confrontée au défi de la modernisation. Un plan d’investissement de 375 milliards d’euros a été annoncé par le nouveau gouvernement pour moderniser d’ici 2024 le pays. L’objectif est de réduire de moitié la pauvreté, dans un pays qui détient le record des inégalités : 1% de la population accapare 60% de la richesse nationale. A cela s’ajoute le recul démographique. Selon l’ONU, la Russie pourrait perdre 20 millions d’habitants à l’horizon 2050. Pour ne rien arranger, un récent sondage indique que 53% des jeunes âgés de 18 à 24 ans souhaitent quitter définitivement le pays. Critique de l’Europe qu’il juge moralement décadente, antichrétienne, rongée par une immigration islamiste, et diplomatiquement soumise à l’Amérique, Vladimir Poutine a cependant été invité, dès le mois de mai 2017 à Versailles en grande pompe par le président Macron, afin de donner unenouvelle perspective aux relations franco-russes. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 16, 20201h 1m

Ep 134La Macronie bat la campagne ; L’Orient de l’Europe / n°127

LA MACRONIE BAT LA CAMPAGNE Depuis quelques jours, la macronie multiplie les bévues. Florilège : le Conseil d’Etat a étrillé le fin janvier les textes sur les retraites avant de retoquer la circulaire Castaner sur l’étiquetage politique aux municipales. Le président de la République a posé avec un t-shirt contre les violences policières, provoquant la colère des syndicats policiers. Dans l’avion qui le ramenait le 23 janvier de Jérusalem, Emmanuel Macron a évoqué sa politique mémorielle, affirmant que la guerre d’Algérie pourrait avoir « à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». Les réactions indignées ne se sont pas fait attendre et le président a procédé à un rétropédalage, niant avoir fait une équivalence mais seulement un parallèle dans le cadre d’une réflexion sur « les sujets mémoriels dans leur ensemble qui « disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique ». Pour avoir insulté l’islam sur son compte Instagram, une lycéenne de 16 ans, Mila est menacée de mort, de viol et d’égorgement. « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave » a déclaré la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Or, le délit de blasphème n’existe pas en France. La jurisprudence constante dans l’Hexagone et à la Cour européenne des droits de l’homme fait une distinction : insulter une religion est admis ; insulter les croyants non. Le rejet, jeudi 30 janvier par la majorité La République En Marche, à l’Assemblée, d’une proposition de loi du groupe UDI-Agir qui visait à instaurer un congé de deuil de douze jours plutôt que cinq pour le décès d’un enfant, a provoqué un tollé dans les rangs de l’opposition et une vive agitation dans la majorité. C’est finalement l’Elysée qui est intervenu en faisant fuiter qu’Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement « de faire preuve d’humanité ». Depuis le début du quinquennat, près d’une vingtaine de députés ont rompu avec le groupe En marche à l’Assemblée.*** L’ORIENT DE L’EUROPE L’historien britannique Ian Kershaw s’inquiète de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, à l’heure où « la montée d’un national populisme dans tous les pays membres menace les fondements de la démocratie ». Il déplore « le retour de certaines formes de nationalisme, de xénophobie, de racisme et de tentations protectionnistes qui vont à l’encontre du projet européen tel qu’il s’est construit après la seconde guerre mondiale ». Le 16 janvier, le Parlement européen a voté, à une large majorité, une résolution dénonçant la détérioration de l’état de droit en Pologne et en Hongrie. Le lendemain, le président polonais, Andrzej Duda, candidat, en mai, au nom du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir a lancé : « Ils ne vont pas nous dicter ici, en langues étrangères, quel régime nous devons avoir en Pologne et comment doivent être conduites les affaires polonaises ». En visite en Pologne les 3 et 4 février, le Président Macron a laissé de côtéles sujets de discorde entre les deux pays : travailleurs détachés, Otan, état de droit, Russie…, pour effectuer un rapprochement après des années de tensions.La France a besoin de la Pologne alors que le moteur franco-allemand est affaibli et que le Brexit a privé la France d’un partenaire géopolitique et militaire important. Le départ de l’allié britannique et l’éloignement des États-Unis forcent aussi la Pologne à revoir son approche et à considérer la France, rempart de l’islamisme en Afrique, comme un facteur clé de sécurité. La Hongrie de Viktor Orban a dû répondre de graves entorses à l’état de droit, notamment d’entraves à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice. Après la suspension de son parti le Fidesz par le Parti populaire européen le Premier ministre hongrois a fait mine de quitter de lui-même cette formation, avant de préférer multiplier les contacts pour éviter l’isolement et trouver, peut-être, une autre famille européenne. Il sait que la transformation de la suspension du Fidesz en exclusion est bloquée par les droites françaises, espagnoles, italiennes, slovènes et par les conservateurs de la CSU bavaroise. Il se garde de provoquer l’Union européenne dont les fonds de cohésion lui sont indispensables. Il s’affiche avec Matteo Salvini, Giorgia Meloni du mouvement souverainiste et anti-immigration Fratelli d’Italia et Marion Maréchal. En politique étrangère, il renforce ses liens avec la Chine, la Russie et Boris Johnson. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 9, 20201h 4m