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Le Nouvel Esprit Public

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833 episodes — Page 14 of 17

Ep 168Bada # 33 : Et au Vanuatu ? Questions à Frédéric Ducarme

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A 16 320 kilomètres de l’appartement où nous enregistrons notre conversation hebdomadaire, Frédéric Ducarme peut revendiquer le titre de « notre plus lointain auditeur », en tout cas, il peut le disputer aux 242 fidèles que nous comptons en Nouvelle Zélande. Chercheur du Muséum National d'Histoire Naturelle, et professeur au Lycée Français de Port-Vila, il parcourt les 80 îles de cet archipel de 300 000 âmes qui a pu se protéger de la Covid-19. Les anciens « protecteurs » du Vanuatu, la France et le Royaume-uni ne sont plus présents que par quelques traditions sympathiques. La Chine, elle, est proche, présente et pressante : « une amie qui vous veut du bien » ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 9, 202022 min

Ep 167Un mort noir de plus, un mort noir en trop / Donald Trump contre l’OMS / n°144

UN MORT NOIR DE PLUS, UN MORT NOIR EN TROPLe 25 mai un policier de Minneapolis a été filmé alors qu'il écrasait de son genou pendant neuf minutes le cou d'un Africain-Américain, George Floyd jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dans son agonie, Floyd a gémi qu'il ne parvenait plus à respirer, une plainte qui rappelle les derniers mots d'Eric Garner, dont le décès, en 2014, a contribué à donner naissance au mouvement Black Lives Matter « les vies noires comptent ». La mort de Floyd est survenue seulement trois jours après l'arrestation en Géorgie de trois hommes accusés d'avoir traqué et assassiné un jeune Noir, Ahmaud Arbery, alors qu'il faisait son jogging.À Minneapolis, les manifestants ont déferlé dans les rues, et la police a réagi beaucoup plus durement que face aux contestataires anticonfinement armés jusqu'aux dents. Dans la soirée du 27 mai, les manifestations pacifiques ont dégénéré en émeutes. Le lendemain, le gouverneur démocrate du Minnesota appelait en renfort la Garde nationale. La colère provoquée par la mort de George Floyd à Minneapolis a continué de s'étendre, embrasant quelque 40 grandes villes du pays. Certaines ont dû instaurer un couvre-feu.Face à ces troubles, le président américain a menacé de déployer l'armée pour venir à bout de ce qu'il a qualifié de « terrorisme intérieur ». Il pourrait mettre en œuvre une loi de 1807, qui n’a pas été appliquée depuis 30 ans. Cette éventualité a semé le trouble dans l’institution militaire. L’ancien Secrétaire d’État à la défense, l’ex-général des marines, James Mattis, a publié, mercredi, une tribune incendiaire accusant le président de diviser le pays. « Je n’ai jamais imaginé qu’on ordonnerait à des soldats de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens », écrit-il dans le magazine The Atlantic. L’amiral Mullen, ex-chef d’état-major des armées, le général Allen, ancien patron de la coalition contre Daech et l’actuel chef d’état-major se sont prononcé contre le président. Mark Esper, l’actuel Secrétaire à la défense, a, lui aussi, pris ses distances avec la menace de la militarisation brandie par le président américain. Selon le New York Times, 40% des effectifs de l’armée américaine sont des « personnes de couleur ». Barak Obama a estimé que les noirs ont joué un rôle prépondérant pour « réveiller » le pays. ***DONALD TRUMP CONTRE L’OMS Le président Trump a annoncé le 29 mai « mettre fin à la relation » entre son pays et l'Organisation mondiale de la santé (l'OMS. Il accuse l'organisation onusienne de se montrer depuis le début de la pandémie trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète. La décision était redoutée mais attendue : après avoir gelé son financement en avril, puis l'avoir sommée, mi-mai, de se réformer en profondeur dans les 30 jours, Donald Trump a finalement privé l’OMS d'une part essentielle de son maigre budget et menacé ainsi des programmes de santé dans les pays les plus pauvres.Née en 1948, l'OMS est une énorme machine de 7.000 employés présente dans le monde entier. Ses missions sont tributaires des crédits accordés par ses États membres et les dons de bienfaiteurs privés. Dotée de 2,8 milliards de dollars par an (5,6 milliards sur l'exercice biennal 2018-2019), l'OMS a « le budget d'un hôpital de taille moyenne dans un pays développé », a déploré son directeur général, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Avec 893 millions de dollars apportés sur la période 2018-2019, (15 % du budget), les États-Unis en sont le premier bailleur de fonds, devant la fondation Bill et Melinda Gates, premier contributeur privé, l'Alliance du vaccin Gavi, le Royaume-Uni et l'Allemagne, et loin devant la Chine et ses 86 millions.La contribution américaine va essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient. Environ un tiers de ces contributions co-finance les opérations de lutte contre les urgences sanitaires, le reste étant d'abord consacré aux programmes d'éradication de la poliomyélite, à l'amélioration de l'accès aux services de santé et à la prévention et la lutte contre les épidémies. L'annonce américaine a stupéfié la communauté scientifique. Richard Horton, rédacteur en chef de la revue médicale britannique The Lancet, l'a qualifiée de « folle et terrifiante », estimant que « le gouvernement américain joue au voyou en pleine urgence humanitaire ».Une question demeure sans réponse pour le moment : quand et comment les Etats-Unis couperont-ils concrètement les vivres à l’OMS ? Dans un tweet publié le 29 mai, Lawrence Gostin, professeur au O'Neill Institute for National and Global Health Law à l'université de Georgetown et collaborateur de l'OMS, a jugé la décision du président américain « illégale » à deux titres : les Etats-Unis ont signé et ratifié un traité d'adhésion à l'OMS et les crédits sont votés par le Congrès américain. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux

Jun 7, 20201h 2m

Ep 166Bada # 32 : Et en Australie ? Questions à François Vantomme

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Rédacteur en chef du Courrier australien, créé en 1892 et devenu en 1940 le journal de la résistance dans le Pacifique, François Vantomme décrit la réaction dans l’île-continent à une pandémie qui a relégué au second plan des incendies d’une ampleur et d’une durée sans précédent. Comment a réagi le gouvernement si sévèrement jugé pendant les mois de feux de brousse, en quoi la pandémie ajoute-t-elle à la crise économique née de la catastrophe précédente ? Comment la Chine a-t-elle réagi à l’attitude australienne à son égard ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 2, 202024 min

Ep 164Élections sans conviction / Bruxelles : salto avant / n°143

ÉLECTIONS SANS CONVICTION Le Premier ministre a annoncé le 22 mai, que le second tour des élections municipales, qui concernera 4 922 communes, arrondissements ou secteurs et environ 16,5 millions d'électeurs, aura lieu le dimanche 28 juin. Cette décision, comme l'a précisé Édouard Philippe, est « réversible ». Le conseil scientifique sera appelé à réévaluer la situation épidémique dans les semaines précédant le scrutin et une « clause de revoyure » est prévue, « sans doute dans deux semaines ». Dans l'hypothèse où la situation sanitaire ne permettrait pas la tenue du second tour à la date envisagée, un projet de loi permet le report des municipales, en reprenant intégralement le processus, au plus tard en janvier 2021.Le conseil scientifique, qui considère que la situation sanitaire s’est « nettement améliorée », juge « difficile d’anticiper ». Ni pour ni contre, il a laissé à l'autorité politique la responsabilité de la décision, tout en formulant plusieurs recommandations : il estime que « l'organisation de la campagne électorale devra être profondément modifiée » et qu'il est « possible et nécessaire de sécuriser les opérations électorales proprement dites afin de réduire les risques qui leur sont associés ». Le Premier ministre entend poursuivre la concertation avec les associations d'élus et les partis politiques « pour organiser en toute sûreté les opérations électorales proprement dites » et « pour adapter la campagne à la situation sanitaire ». « La sincérité du scrutin, donc le bon déroulement de la campagne, est une des conditions sine qua non au bon fonctionnement d'une démocratie », insiste M. Philippe.Il s'est dit prêt à l'assouplissement des règles relatives aux procurations, pour en faciliter le recueil. Il ne s'est pas prononcé sur la possibilité de passer d'une à deux procurations établies en France par mandataire, ce qui supposerait une adaptation législative. En revanche, il s'est montré très réservé sur l'extension du vote par correspondance, rappelant que, si celui-ci avait été supprimé en 1975, c'était pour endiguer des fraudes électorales. Les maires sortants se sont félicités de la tenue du second tour en juin, notamment à droite et au Parti socialiste, cependant certains partis, notamment La France Insoumise et le Rassemblement National, s’inquiètent des conditions de la campagne.Prétendre que le niveau municipal constitue le nec plus ultra d’une démocratie réellement participative et proche des citoyens est une blague, un artifice de communication -c’est à dire de propagande dont sont également bénéficiaire les maires encensés et le président de la république qui se donne ainsi les apparences de la proximité-. C’est une blague, parce que le niveau municipal est celui où la corruption fait le plus de ravages, y compris dans de petites municipalités, parce qu’en choisissant l’intercommunalité plutôt que la fusion des communes, on a organisé l’irresponsabilité, préféré une fois de plus les dépenses de fonctionnement (notamment en personnel) aux dépenses d’investissement et introduit la bureaucratie au front de bœuf dans les rares endroits du pays où elle n’avait pas pu prospérer.***BRUXELLES : SALTO AVANT Le 27 mai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté au Parlement européen un plan de relance de 750 milliards d'euros pour aider le continent à sortir d'une récession sans précédent. Cette mesure s'ajoute aux 540 milliards d'euros de prêts d'urgences déjà consentis par l'UE et aux 1.000 milliards d'euros que la Banque centrale européenne (BCE) s'est engagée à injecter dans le système financier. Pour financer son plan, la Commission européenne empruntera sur les marchés 750 milliards d'euros, qui viendront abonder le budget européen, dont certains programmes seront renforcés et d'autres créés pour faire face à la situation.Sur cette somme, 500 milliards d'euros seront transférés, par le canal du budget européen, aux Etats membres qui ont été les plus affectés par le Covid-19, comme l'avaient imaginé Paris et Berlin. Pour en bénéficier, les pays devront présenter un plan d'investissements et de réformes, qui devra être compatible avec les priorités politiques de la Commission européenne, à savoir le « green deal », la transition écologique et une plus grande souveraineté européenne. Ils devront également tenir compte des recommandations que fait une fois par an la Commission à chacun des Vingt-Sept.Pour l'heure, la Commission a réservé une enveloppe à laquelle pourra prétendre chacun des Vingt-Sept. Ainsi l'Italie pourra-t-elle se voir accorder jusqu'à près de 82 milliards d'euros de subventions, l'Espagne jusqu'à 77 milliards, la France 39 milliards, la Pologne 38 milliards, l'Allemagne 29 milliards… Ursula von der Leyen a également prévu un volant de prêts, de 250 milliards d'euros, dont elle a également prévu une préallocation – soit 91 milliards pour l'Italie, 63 milliards pour l'Espagne, 26 milliards pour la Pologne, rien pour la France ou l'All

May 31, 20201h 3m

Ep 163Bada #31 : Et au Chili ? Questions à Manuel Antonio Garreton, sociologue et professeur à l’Université du Chili

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La pandémie est survenue dans un Chili secoué depuis l’automne 2019 par un mouvement social d’une très grande ampleur. Son l’aboutissement provisoire devait être une consultation populaire sur une nouvelle constitution. Cette échéance a dû être reportée en raison du Covid-19. Manuel Antonio Garreton revient sur ce mouvement et sur la situation créée par ce report. Il relate les limites des réponses à la pandémie, la nécessité de l’action publique dans un pays qui en a les moyens mais pas (encore) la volonté et il examine les différences et les ressemblances entre le Chili et ses voisins, l’Argentine, le Pérou et le Bolivie. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 28, 202026 min

Ep 162Coronabonds : le tabou est fêlé / En Chine, beaucoup de soucis / n°142

CORONABONDS : LE TABOU EST FÊLÉ Le18 mai, la chancelière allemande et le président français ont proposé que la Commission européenne emprunte 500 milliards d'euros sur les marchés. Ces fonds abonderaient le budget européen et seraient distribués aux États, régions et secteurs selon la sévérité des dommages occasionnés par la pandémie. Cet emprunt serait remboursé non pas individuellement par les États, mais par l'Union européenne. Il reste toutefois à préciser les critères d'attribution comme ceux de remboursement. Emmanuel Macron a insisté : il s'agirait de « transferts » aux États, puisque « les clés de répartition pour le remboursement ne seront pas nationales. » Infranchissable jusqu'ici, le tabou de la mutualisation de la dette serait ainsi ébranlé. « Nous devons agir en Européens pour que l'Europe sorte renforcée par cette crise » a avancé Angela Merkel pour justifier le glissement de la position allemande.Cette initiative représente une petite révolution potentielle pour l'Europe. Pour l'Allemagne, elle matérialise en effet la fin de deux tabous qui ont longtemps empêché une plus forte intégration économique européenne : une mutualisation des dettes et une hausse considérable des transferts c'est-à-dire de la redistribution entre les Vingt-Sept, puisque 500 milliards d'euros représentent trois fois et demie l’actuel budget annuel européen. C'est loin des 1.000 à 1.500 milliards espérés par Paris, mais c'est déjà plus que le plan Marshall américain de l'après-guerre. Désormais, la chancelière est d'accord pour que l’emprunt vienne abonder le budget communautaire et soit remboursé au niveau de l'Union européenne, et non pas en fonction de ce que les uns et les autres auront touché. Cependant, « un accord entre la France et l'Allemagne ne veut pas dire un accord à Vingt-Sept, a reconnu Emmanuel Macron. Mais il n'y a pas d'accord à Vingt-Sept sans accord franco-allemand », a-t-il ajouté. Rien n'est encore joué, puisque le camp dit des « frugaux » - qui réunit les Pays-Bas, l'Autriche et les pays scandinaves -, refuse encore le principe d'un mécanisme de subvention et souhaite que l'argent soit remboursé par ceux qui en auront bénéficié. Le ton est très différent à Rome et à Madrid, où quelques critiques étaient seulement entendues aux extrêmes de l'échiquier politique. Le Premier ministre portugais Antonio Costa a salué mardi le plan franco-allemand.Mandatée par les États membres pour proposer un plan de relance, la Commission européenne doit le présenter le 27 mai prochain.***EN CHINE, BEAUCOUP DE SOUCIS La Chine n’a pas pu éviter que l'assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé, les 18 et 19 mai, ne débatte de la place à rendre à Taïwan dans l’organisation, ni que l’OMS ne lance une enquête indépendante sur la gestion par l'agence de l'ONU de la crise du Covid-19. Face aux critiques internationales sur le manque de transparence dont son pays a fait preuve, le président chinois, Xi Jinping a parlé de l’avenir en promettant notamment de partager un éventuel vaccin avec le reste du monde et de consacrer, sur deux ans, 2 milliards de dollars à la lutte contre le coronavirus, en particulier dans les pays en voie de développement. Les États-Unis, ont dénoncé un artifice de communication et souligné la « responsabilité particulière de la Chine ». Fortement invité par les États-Unis, la plupart des pays européens et une quinzaine d’autres nations à réintégrer Taïwan comme observateur contre l’avis de Pékin, le directeur général de l'OMS, le docteur Tedros, a botté en touche et renvoyé la question à une prochaine session.Taïwan est un souci pour la Chine, non seulement à l’OMS, mais également en tant que modèle. La pandémie a en effet donné à Taïwan une occasion unique de briller sur la scène internationale, au grand dam de Pékin. Les habitants de l'île attribuent leur victoire sur la pandémie à ce qui fait leur force : transparence, liberté de la presse et mise à distance de la Chine. Les médias internationaux plébiscitent le « modèle » taïwanais et critiquent le chinois. Ulcéré par l'aura qui entoure actuellement Taïwan, Pékin a accentué sa pression sur l’ancienne Formose. Ses manœuvres militaires à proximité de l'île, dont la fréquence a augmenté depuis l'élection de la nouvelle présidente en janvier, ont continué ces derniers mois. « Le signal envoyé à Taïwan, comme aux Etats-Unis, qui la soutiennent, est clair : "Ne profitez pas de l'épidémie pour avancer vers l'indépendance" », analyse Kharis Templeman, consultant pour l'institut Hoover, de l'université Stanford.Le sommet de l’OMS s’est déroulé sur fond de poursuite de la pandémie en Chine : Pékin s’inquiète de nouveaux foyers de contamination concentrés depuis le début du mois dans la région du Nord-Est proche de la Russie, où les 600.000 habitants de la ville de Shulan sont en confinement strict chez eux depuis le début de la semaine.La Chine doit se batte sur un troisième front : celui de Hong Kong toujours en rébellion contre Pékin. La

May 24, 20201h 1m

Ep 161Bada # 30 : Et en Grèce ? Questions à Georges Prevelakis

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Georges Prevelakis, professeur émérite à La Sorbonne, géopoliticien et ambassadeur auprès de l’OCDE analyse la réaction sanitaire à la pandémie, l’attitude de la population, la situation des réfugiés et les perspectives économiques. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 20, 202022 min

Ep 160Demain, quoi d'autre ? / n°141

Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 17, 20201h 7m

Ep 157Bada # 29 : Et aux Etats-Unis ? Questions à François Bujon de l’Estang

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Ambassadeur aux Etats-unis de 1995 à 2002, François Bujon de l’Estang éclaire l’histoire récente de ce pays dans toute son excentricité et remet les années Trump en perspective. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 13, 202057 min

Ep 156Bada # 28 : Comment nous voient-ils ?

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A la veille du déconfinement partiel du 11 mai, Le Nouvel Esprit public met en ligne sous l’onglet Les Badas une conversation entre quatre correspondants de la presse étrangère en France Marc Bassets (El Pais), Paolo Levi (La Stampa), Richard Werly (Le Temps) et Michaela Wiegel (Frankfurter Allgemeine Zeitung). Comment ont-ils vu notre pays depuis le 16 mars ? Comment nous a-t-on vu dans leur presse ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 10, 202043 min

Ep 155Liberté, que d’abus on commet en ton nom / Couple franco-allemand : chambre à part / n°140

LIBERTÉ, QUE D’ABUS ON COMMET EN TON NOM Le projet de loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire de deux mois jusqu'au 24 juillet a été adopté par l’Assemblée et modifié par le Sénat. Le président du Sénat saisira le Conseil constitutionnel après le scrutin définitif. L'institution aura huit jours pour se prononcer. La majorité sénatoriale lancera une commission d'enquête sur la crise sanitaire. Avec 36 membres prévus, cette commission sera plus large que celle qui avait traité l'affaire Benalla, en septembre 2018. Le site gouvernemental Vie Publique rappelle que l’état d’urgence autorise le Premier ministre à prendre par décret des mesures limitant la liberté d'aller et venir, la liberté d'entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d'interdiction de déplacement hors du domicile) ; des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire ; des mesures temporaires de contrôle des prix. Ces mesures doivent être proportionnées aux risques encourus. Le ministre en charge de la santé a le pouvoir de prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures qui s'inscrivent dans le cadre défini par le Premier ministre. En présentant les modalités du déconfinement à venir, Édouard Philippe a donc annoncé que la liberté de circulation sans attestation serait la règle, excepté à Mayotte, mais une liberté limitée et surveillée. Une infraction aux règles applicables dans les transports en commun, comme le port obligatoire du masque et la possession d’une attestation d’employeur sera sanctionnée par une amende de 135 euros. Une limite de 100 kilomètres calculée à vol d'oiseau à partir du lieu de résidence est fixée pour les déplacements, sauf motif professionnel ou familial impérieux. Cette limite ne s'applique que si l'on quitte son département de résidence. Parcourir plus de 100 kilomètres dans son département de résidence reste possible sans restriction. Toutefois, pour permettre le contrôle de la règle des 100 kilomètres, une nouvelle attestation sera disponible (papier ou numérique) sur le site de Beauvau. Pour le contrôle d'un trajet à moins de 100 km de son domicile, un simple justificatif de domicile sera suffisant. Le défaut de présentation d'un justificatif sera sanctionné par 135 euros d'amende, susceptible d'augmenter en cas de récidive. La fermeture des frontières restera la règle, l'autorisation de passer l'exception. « Concernant les entrées et sorties de l'espace européen, l'assouplissement progressif et ordonné des règles de circulation viendra en temps voulu », a assuré le ministre de l'Intérieur. Mais il sera décidé avec l'ensemble des États concernés. Pour ce qui est des frontières entre la France et ses voisins européens, les restrictions mises en place sont prolongées jusqu'au 15 juin. Un article du texte pourrait se révéler particulièrement sensible, dans les discussions à venir au Parlement : l'article 6 du projet de loi, qui crée un « système d'information » - en clair, un fichier permettant de recenser les personnes infectées par le coronavirus « ou susceptibles de l'être », et les personnes ayant été en contact avec elles.***COUPLE FRANCO-ALLEMAND : CHAMBRE À PART Entre Paris et Berlin, les écarts se creusent. Lors du sommet européen du 26 mars, la chancelière allemande a rejeté les « coronabonds », cette mutualisation des dettes réclamée notamment par la France et l'Italie. Le 5 mai, la Cour constitutionnelle allemande a exigé de la Banque centrale européenne (BCE) qu'elle justifie dans les trois mois son programme d'achat de dettes lancé en 2015. Sinon, les juges ordonneront à la Bundesbank principale actionnaire de l'institut d'émission de Francfort de cesser de participer au programme de rachat de titres. Un jugement qui tombe alors que la BCE a lancé en mars un « plan pandémie » de 750 milliards d'euros d'achats de titres, et que le retour d'une crise de la zone euro n'est pas écarté.​Économiquement, pour aider les entreprises à amortir les effets de la crise liée au coronavirus, le gouvernement d'Angela Merkel a mis sur la table un plan de soutien historique de plus de 1.000 milliards d'euros, dont 156 milliards immédiatement disponibles. La France n'a pas lésiné non plus. Le « quoi qu'il en coûte » du président Macron se chiffre pour l'instant à 110 milliards d'euros. Mais, les deux pays ne sont pas dans le même état de santé financier. L'Allemagne a ramené sa dette à moins de 60 % du PIB, alors que l'endettement de la France frôle les 100 %. Le FMI prévoit qu'une fois mis en œuvre les plans de sauvetage économique, l'écart se sera encore creusé avec un niveau de dette respectif de 69 % et 115 % du PIB, ce qui reporte à un horizon lointain le retour de la France dans le giron des règles du traité de Maastricht. Alors que Paris prévoit une récession de 8 % en 2020, le repli anticipé par Berlin se limite à 4,2 %. Dans le domaine sanitaire, l’Allemagne constitue une exception, puisqu'elle a enregistré cinq fois moins de décè

May 10, 20201h 4m

Ep 153Kitafétoi : Michelle Perrot (n°2/2)

Ce second Kitafétoi avec Michelle Perrot tourne autour de l’invention d’une nouvelle discipline qui mettra du temps à s’imposer : l’histoire des femmes. Après les premières conférences qui dans les années 70, fondèrent cette discipline, elle donne à comprendre quel rôle a joué le concept de genre, comment, avec celles qui lui ont emboité le pas, « les silences de l’Histoire » ont commencé à être décryptés. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 5, 202057 min

Ep 152Kitafétoi : Michelle Perrot (n°1/2)

Ce premier des deux Kitafétoi avec Michelle Perrot tourne autour de ses travaux sur la classe ouvrière. Elle y évoque son enfance dans le Paris populaire des années 30, ses engagements politiques d’après la Libération, la vie conventionnelle mais stimulante de l’Université et chaque moment de son récit fait apparaître de nouveaux personnages. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 4, 20201h 1m

Ep 154Déconfinement : l’archipel français / Relance économique et urgence climatique / n°139

DÉCONFINEMENT : L’ARCHIPEL FRANÇAIS « Nous allons devoir vivre avec le virus » a prévenu le Premier ministre en présentant le 28 avril son plan de déconfinement à l'Assemblée nationale, qui l'a adopté par 368 voix pour et 100 contre. Les départements seront répartis en deux catégories : ceux peu touchés par l'épidémie seront déclarés verts et pourront piocher dans les différentes mesures de déconfinement annoncées pour le 11 mai. Les autres, rouges, seront soumis à un régime plus strict. ÉdouardPhilippe s’appuie sur l’avis de l'Académie de médecine qui a recommandé, le 7 avril dernier, que « la sortie du confinement soit décidée sur la base de la région et non par classe d'âge ». Élaborés par la Direction générale de la santé et Santé publique France, trois critères orientent cette classification qui sera arrêtée le 7 mai prochain. Ainsi le bulletin de santé d'un département sera rouge si, sur son territoire, « la circulation du virus reste active », si « les capacités hospitalières en réanimation restent tendues » et si « le système local de tests et de détection des cas contacts » n'est pas suffisamment prêt. Dans la mise en œuvre du plan gouvernemental, le couple maire-préfet est placé au cœur du dispositif, notamment pour la réouverture des écoles. Dans les départements classés rouges, si des maires ne sont pas prêts pour le 11 mai, l'État recherchera avec eux le bon rythme et la bonne organisation pour chacun des établissements. Pour Édouard Philippe, « Cet esprit, est plus important à comprendre que la règle, parce que c'est celui qui va nous permettre de piloter finement et efficacement la maîtrise de la circulation du virus. Donc il y aura des départements verts, des départements rouges, mais il y aura partout une discussion intense, précise, confiante, pour prendre les bonnes mesures ». Jeudi 30 avril, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran a dévoilé la carte départementale provisoire pour le déconfinement du 11 mai. Elle classe, à ce stade, les départements selon trois couleurs : vert, rouge, et orange, pour « incertain ». Les départements orange ont vocation à basculer en rouge ou en vert à la date du déconfinement, sans pour autant signer la disparition d’un nuancier qui s’enrichira de données apportées par les acteurs locaux après le 11 mai. La Haute-Corse, le Cher et le Lot réfutent la couleur rouge qui leur a été attribuée. Vendredi 1er mai, les agences régionales de santé (ARS) d’Occitanie et du Centre ont reconnu des erreurs de comptage.*** RELANCE ÉCONOMIQUE ET URGENCE CLIMATIQUE Avec 2.200 milliards de dollars, le programme pour la relance économique adopté par le Congrès américain fin mars est le plus important plan d'aide jamais adopté par les États-Unis. La France a annoncé 345 milliards d’euros ; l'Allemagne 750 milliards ; le Royaume-Uni 350 milliards de livres sterling ; la Suisse 42 milliards de francs... Pendant la reprise souhaitée et ainsi aidée sous quelle forme la question du changement climatique sera-elle à l’ordre du jour ? Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climatsouligne dans un récent rapport que pour rester dans la cible des 1,5 degré de réchauffement les besoins d'investissements dans le système énergétique se situent à 2,5% du PIB mondial jusqu'au moins 2035. Le récent « Pacte vert » de l'Union européenne vise à investir 1,5 % du PIB d'ici à 2030, quand les partisans de la Nouvelle donne verte aux États-Unis appellent leur gouvernement à yconsacrer 2 % du PIB. A Bruxelles, le président de la commission de l'Environnement du Parlement européen, Pascal Canfin a rassemblé 180 ministres, eurodéputés, ONG, think tanks, et dirigeants d'entreprise, autour de son appel pour une « alliance verte », dont l'objectif est de préparer l'Europe et la France à l'après-Covid-19. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) dans son rapport « Climat, santé : mieux prévenir, mieux guérir appelle à sortir des énergies fossiles pour faire face au choc sanitaire et au choc climatique. Les treize experts de cette instance indépendante, installée fin novembre 2018 par Emmanuel Macron, exhortent l'exécutif à placer la transition écologique et l'égalité sociale au cœur de la relance économique afin de renforcer notre résilience aux risques sanitaires et climatiques. Ils font dix-huit recommandations pour y parvenir, et demandent notamment de conditionner les aides publiques destinées aux secteurs sinistrés à « des plans précis » en faveur du climat. Des chercheurs de l'Institut pour l'économie du climat et de l'université Paris-Dauphine, dans une étude publiée le 1er avril, proposent une trentaine de mesures dans sept secteurs-clefs de la stratégie nationale bas-carbone, l'outil de pilotage qui indique comment la France entend réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ils suggèrent d'accélérer la rénovation des logements, de favoriser la production d'électricité renouvelable, de développer les transports en commun, les infrastructures ferroviaires, les r

May 3, 20201h 8m

Ep 151Bada # 27 : Et au Royaume-Uni ? Questions à Sylvie Bermann

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Sylvie Bermann a représenté la France à Londres pendant trois ans. Elle répond aux questions sur l’état sanitaire du Royaume-Uni, sur le NHS (National Health System) « presque aussi important que la Reine », sur la Reine, sur l’attitude de la population face aux mesures gouvernementales, sur la situation politique de Boris Johnson, sur le nouveau chef de « l'opposition de Sa Majesté », le travailliste Keir Starmer, sur les conséquences de la pandémie sur les négociations avec l’U.E et sur l’avenir de l’Ecosse. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 30, 202026 min

Ep 150Repartir, mais de quel pied ? / n°138

REPARTIR, MAIS DE QUEL PIED ? En 2020, selon le Fonds monétaire international, la croissance du PIB mondial pourrait reculer de 3% en 2020 après avoir augmenté de 2,9% en 2019.Le recul serait de 7,5% pour l'économie européenne et de 5,9% pour les États-Unis. 2021, pourrait connaître un rebond de l'économie planétaire estimé à 5,8%. Pour la cheffe économiste du FMI, il s'agit de "la plus grande récession depuis 1929" ». Paralysée en février par la pandémie, l'économie chinoise a enregistré une contraction de son PIB de 6,8% au premier trimestre. Dans son sillage, ses voisins asiatiques ont connu une forte chute de leur activité. En Asie orientale, les économies ont redémarré progressivement mais restent freinées par le peu d’activité en Europe et aux États-Unis. Toutefois, la Corée du Sud, quatrième économie d'Asie, n’a enregistré qu’une baisse de 1,4 % de son PIB. Les incertitudes sur un possible reprise de la pandémie planent sur l’avenir. En France, selon une note de l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiée le 20 avril, « l'impact de deux mois de confinement est estimé à environ 120 milliards d'euros, soit 5 points de produit intérieur brut (PIB) annuel en moins. » L'OFCE a calculé que les foyers français accumuleraient une épargne forcée de 55 milliards d'euros. La Banque de France estime que chaque quinzaine induit une perte de PIB annuel proche de 1,5 %. Emmanuel Macron a plaidé pour la mutualisation des dettes publiques de la zone euro dans une interview au Financial Times le 17 avril : « Nous sommes à un moment de vérité qui consiste à savoir si l’Union européenne est un projet politique ou un projet de marché uniquement. » Dans un article de la revue Politique internationale l’ancien secrétaire général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Khan a plaidé pour l’allégement de la dette des pays à faible revenu, et pour l’usage des droits de tirage spéciaux du FMI. Selon lui, « les dégâts peuvent être limités par une politique appropriée sur la demande. » Il appelle à, « une réponse budgétaire mutualisée » en Europe pour laquelle il faudra « rompre l'un ou l'autre de ces deux tabous : l'indépendance de la banque centrale ou l'unanimité des Etats membres. » En dépit d’une « forte volonté d’avancer ensemble », soulignée par le président du Conseil européen Charles Michel, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, réunis jeudi en visioconférence, sont restés divisés entre pays du sud et du nord de l’UE, sur la forme que devrait prendre un plan de relance européen. Cependant, les Vingt-Sept ont entériné les mesures d’urgence à 540 milliards d’euros qui complèteront, à partir du 1er juin, les 1.000 milliards d’euros que la Banque centrale européenne s’est engagée à injecter dans l’économie. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 26, 20201h 3m

Ep 149Bada # 26 : Et au Japon ?

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Karyn Nishimura, longtemps journaliste au bureau de l’AFP à Tokyo décrit la progression et l’état actuel de la pandémie au Japon, met en lumière les réactions souvent désordonnées du gouvernement, les contradictions des mesures prises, le clair-obscur des informations données aux Japonais et l’étonnante défaillance de la technologie dans un pays dont la capacité d’innovation est l’une des plus élevées au monde. Karyn diffuse deux fois par semaine un podcast sur la situation au Japon (moitié en japonais, moitié en français). https://soundcloud.com/karynpoupee Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 22, 202021 min

Ep 148Macron 2, moi le 1er / Dette africaine moratoire ou annulation ? / n°137

MACRON 2, MOI LE 1ER Emmanuel Macron, a annoncé, lundi 13 avril, la prolongation d’un mois du confinement en France. Il a esquissé la levée progressive des restrictions et une réouverture des écoles à compter du 11 mai. Cette allocution a été suivie par 36,7 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience globale de 94,4 % « un record absolu », selon Médiamétrie. S’il a tracé des perspectives pour le déconfinement, le chef de l’État a aussi maintenu quelques incertitudes sur sa mise en œuvre, laissant le gouvernement assurer, dès mardi, un service après-vente ardu, appelé à être poursuivi avec la présentation « d’ici quinze jours » d’un « plan de l’après-11 mai ». Plusieurs ministres ont temporisé, préférant parler du 11 mai comme d'un « objectif » et non d'une date officielle de déconfinement. Pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner « ce qu'a annoncé le président, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai. Il y a des conditions pour que nous puissions déconfiner le 11 mai. C'est un objectif, pas une certitude ». Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé une réouverture « progressive » des crèches, écoles, collèges et lycées à part du 11 mai, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a apporté des précisions. « L'école ne sera pas obligatoire le 11 mai, le retour sera progressif. Il y aura des aménagements ». Le ministre a notamment mentionné des mesures différentes selon les régions. Il appartient au gouvernement et à un haut fonctionnaire, Jean Castex, nommé délégué interministériel chargé des stratégies de déconfinement, de préparer cette phase cruciale dans les moindres détails. Elle consistera à mettre à l'abri les plus fragiles, à tester ceux qui ont des symptômes, à confiner strictement les malades et à équiper en « masques grand public » l'ensemble de la population. Un passage du discours présidentiel a particulièrement retenu l’attention : "Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience. Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier". Si 60% des Français souhaitent que la décision politique se fonde uniquement sur des « critères sanitaires », selon un sondage Odoxa, ils sont 39 % à considérer que « l’emploi et la reprise économique doivent aussi être pris en compte ». En outre, les Français doutent de la capacité du président à surmonter la crise. Sondage après sondage, la confiance s'étiole. Le 19 mars, trois jours après la proclamation du confinement, une enquête Ifop pour le Journal du dimanche indiquait que 55% des Français avaient foi en l'exécutif dans la conduite de « la guerre » contre le virus. Quatre semaines plus tard, ils ne sont plus que 38 %.*** DETTE AFRICAINE MORATOIRE OU ANNULATION ? Peu ou encore peu touché par la pandémie, le continent africain va en subir de plein fouet les conséquences économiques. Pour la première fois en 25 ans, l'Afrique subsaharienne va connaître une récession économique, prévoit la Banque mondiale. Après une croissance de 2,4 % en 2019, la récession devrait se chiffrer en 2020 entre -2,1 % et -5,1 %. Pour la Banque mondiale, les économies africaines sont victimes de la chute brutale de la croissance de leurs principaux partenaires commerciaux (particulièrement la Chine, la zone euro et les États-Unis), des cours des matières premières, de la baisse de l'activité touristique, ainsi que des effets des mesures de lutte contre la pandémie, comme le confinement. Le 13 avril, Emmanuel Macron a mis en avant la nécessité d’annuler massivement la dette de l’Afrique. Le pape François, l'ONG Oxfam et plusieurs dirigeants africains comme le président Sénégalais Macky Sall se sont exprimés dans ce sens. Dès mars, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international demandaient l'annulation ou un rééchelonnement de la dette. En outre, Le FMI a annoncé le 13 avril une aide d'urgence à 25 des pays les plus pauvres du monde. L'endettement du continent africain est considérable. Sur le site de l'agence Ecofin, la Banque africaine du développement, dans ses perspectives 2020 sur l'économie africaine, précise que « entre 2008 et 2018, la dette publique moyenne des pays africains est passée de 38 % à 56 % du Produit intérieur brut (PIB) du continent ». En 2018, la dette publique externe des pays d'Afrique subsaharienne s'élevait à 365 milliards de dollars. Mercredi, les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe G20 ont donné leur aval à une suspension immédiate et pour une durée d'un an de la dette de 76 États, dont 40 d'Afrique subsaharienne. Cette décisions’appliquera à compter du 1er mai jusqu’à la fin de l’année. Elle doit libérer 20 milliards de dollars de liquidités. “Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative”, précise le G20, en appelant les créanciers privés à participer à cet effort. Cette mesure est d’autan

Apr 19, 20201h 5m

Ep 147Bada # 25 : Et en Russie ? Etienne Bouche répond depuis Moscou

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Journaliste indépendant en poste à Moscou depuis 7 ans, Etienne Bouche répond aux questions de Philippe Meyer sur la situation sanitaire dans la capitale et dans le pays, sur la fiabilité des informations en provenance du Kremlin, sur les choix de Vladimir Poutine, sur le report de la consultation lui permettant de rester au pouvoir après 2024, sur les aides apportées par la Russie à l’Italie et aux Etats-Unis et sur l'évolution de sa politique pétrolière. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 15, 202020 min

Ep 146La Chine et ses vérités / Le déconfinement et ses hypothèses / n°136

LA CHINE ET SES VERITES Selon les chiffres officiels, le Covid-19 a fait 2.567 morts en Chine, dans la capitale de la province de Hubei, épicentre de l’épidémie, soit cinq fois moins qu’en Italie. Un bilan jugé bien en dessous de la réalité selon Radio Free Asia (RFA), qui avance le chiffre de 42 000 morts en se fondant sur des estimations du nombre d’urnes délivrées par les sept crématoriums de la ville. Cette polémique est une bombe à retardement pour le régime, à l’heure où il vante à sa population, et aux chancelleries du monde entier sa gestion « efficace » de l’épidémie, avec la bénédiction de l’Organisation mondiale de la santé. Le décalage entre les chiffres officiels chinois, et le nombre de morts en Europe, notamment en Italie interroge jusque chez les dirigeants occidentaux. Craignant une nouvelle vague d’épidémie, la Chine a annoncé coup sur coup le 26 mars, deux mesures spectaculaires pour bloquer le nombre de cas importés : la forte réduction des vols internationaux dès le 29 mars, et la fermeture « provisoire » de ses frontières aux ressortissants étrangers le 28 mars à minuit. De Milan à Téhéran, en passant par l'Afrique, les bataillons de blouses blanches chinoises volent au secours des populations menacées par le Covid-19. Quelques semaines après l'explosion de l'épidémie à Wuhan, au cœur de la Chine, la seconde économie mondiale rebondit sur le front sanitaire, devenant pourvoyeuse d'aide dans plus de 80 pays, à grand renfort de propagande. Trois cents personnels médicaux en Italie, un laboratoire de dépistage en Irak, un million de masques envoyés vers la France, ou des kits de tests en direction des Philippines. Sans compter 20 millions de dollars d'aide à l'OMS, et de nouveaux subsides en direction de l'Union africaine. La France a passé commande de près de deux milliards de masques à la Chine, a indiqué le 7 avril le ministre de la Santé Olivier Véran. Des masques qui seront livrés par toute une série de vols d'ici la fin juin, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. A l'Élysée, on tient à souligner la réciprocité qui a existé entre Européens et Chinois, pour rejeter toute idée de sauvetage du Vieux Continent par Pékin. On rappelle qu'à la fin janvier, le gouvernement chinois avait sollicité l'aide de la Commission européenne, qui avait envoyé 56 tonnes de matériel sanitaire, notamment des combinaisons de protection, du désinfectant et des masques chirurgicaux. Aucune publicité n'avait alors été faite sur ce sujet, pour ne pas embarrasser la Chine. La réciproque n'est guère vraie. Le président chinois, XI Jing Ping a évoqué, lors d'une conversation avec le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, le 16 mars, un nouveau concept de son projet d'investissements baptisé les « routes de la soie », en lui adjoignant une épithète : les « routes de la soie de la santé ». Toutefois, au bout de la route de la santé, les Pays-Bas, l'Espagne, la Finlande ou la République tchèque ont mis en cause la qualité de certaines livraisons de matériel médical d'origine chinois.*** LE DÉCONFINEMENT ET SES HYPOTHÈSES La stabilisation de l'épidémie de covid-19 en Norvège, Autriche, Slovénie, Danemark, Grèce, Portugal et Suisse pousse leurs gouvernements à envisager de sortir par étapes du confinement, parfois dès la semaine prochaine. L'Autriche est le premier pays de l'Union européenne à avoir annoncé, le 6 avril, un calendrier de sortie du confinement : les petits commerces, notamment bricolage et jardinage, ont réouvert le 7 avril, tous les autres magasins ouvriront début mai. Mais le télétravail demeurera la norme jusqu'à fin avril. Les établissements scolaires ne devraient pas rouvrir avant le 15 mai. Le masque, obligatoire depuis le 6 avril dans les supermarchés, le sera aussi dans les transports. L’Italie envisagerait un déconfinement à partir du 3 mai. La Norvège va rouvrir crèches et écoles le 20 avril et les lycées le 27. Le télétravail reste toutefois recommandé. Le port du masque y est peu pratiqué, comme au Danemark, où crèches et écoles vont rouvrir à partir du 15 avril. Les collégiens et lycéens patienteront jusqu'au 10 mai. Les rassemblements de plus de 10 personnes demeurent interdits et aucune date n'a été communiquée pour la réouverture des bars, restaurants, salons de coiffures, centres commerciaux et discothèques. Le gouvernement slovène a annoncé qu'il comptait assouplir graduellement les restrictions à partir du 14 avril. La Suisse a indiqué qu'elle présenterait le 16 avril un plan de « premiers assouplissements », qui entrerait en vigueur avant la fin du mois. Le Portugal et la Grèce envisagent un « retour à la normale en mai », sans autres précisions. Aucun de ces pays ne compte autoriser prochainement les grands rassemblements et manifestations sportives, cultuelles et culturelles, dont il est avéré qu'elles ont joué un rôle énorme dans la pandémie en Europe mi-février. Ce sera au plus tôt en juillet ou août. Ils n'ont pas non plus annoncé à te

Apr 12, 20201h 3m

Ep 145Bada # 24 : Les enfants et la Covid-19

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Les enfants et le Covid-19Faut-il tout leur dire ? A partir de quel âge ? Comment ne pas leur faire peur ? Comment se mettre à leur niveau ? Comment leur apprendre à distinguer les vraies des fausses nouvelles ? Avec François Dufour, co-fondateur de quotidiens pour enfants et adolescents. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 9, 202015 min

Ep 144Bada # 23 : Thématique avec Roselyne Bachelot

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THÉMATIQUE avec Roselyne BACHELOT : quel est le rôle de l’État face à une pandémie ? Comment assume-t-il -ou non- ses fonctions ? A quoi sert le principe de précaution et comment devrait-il se traduire en matière sanitaire ? Avec Nicolas Baverez, Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin et Lucile Schmid. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 7, 202059 min

Ep 143Europe : questions sans réponses / n°135

« Le climat qui semble régner entre les chefs d'État et de gouvernement et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l'Union européenne », a estimé Jacques Delors, ancien ministre français de l'Économie, qui a présidé la Commission de 1985 à 1995, au lendemain du sommet par visioconférence du 26 mars. C’est également après ce somment que Président du conseil italien Giuseppe Conte a appelé l'Union européenne « à ne pas commettre d'erreurs tragiques » face au coronavirus, sinon « l'édifice européen tout entier risque de perdre sa raison d'être ».Depuis ce sommet, les divisions entre Européens du Sud et du Nord sont ravivées : tandis que le groupe soutenu par la France et sept autres pays européens (la Grèce, le Portugal, la Slovénie, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande, rejoints depuis par Chypre) plaide pour la création d’un instrument commun de mutualisation des dettes sous forme de « coronabonds », celui qui comprend l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas, préfère la piste du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), un fonds de sauvetage de la zone euro créé en 2012.Les ministres des finances de la zone euro doivent se réunir le mardi 7 avril, par visioconférence, afin de trouver un terrain d’entente, avant un prochain Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 5, 202059 min

Ep 142Bada # 22 : Richard Werly raconte la France confinée

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Philippe Meyer interroge Richard Werly qui, pour son journal, a voyagé de Saint Denis à Marseille en passant par Montargis et Mulhouse pour observer et comprendre la France confinée. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 2, 202022 min

Ep 141Confinement quasi général, dépistage quasi exceptionnel / Le virus, la loi, la société / n°134

CONFINEMENT QUASI GENERAL, DEPISTAGE QUASI EXCEPTIONNEL En Europe, les autorités ont opté pour des stratégies différentes face à la propagation du coronavirus sur leur territoire, tout en surveillant ce qui se pratique chez le voisin. La Commission européenne a lancé, le 18 mars, un appel d'offres pour le compte de dix-huit États membres afin, notamment, d'acheter en commun des kits de tests. Toutefois, les industriels ont jusqu'à fin mars pour répondre à cet appel et Bruxelles ne décidera que début mai des candidatures retenues. Certains pays ont choisi une politique de confinement qui prend appui sur la diminution des interactions sociales, et donc de la transmission. D’autres ont opté pour une stratégie d’immunité collective qui repose sur l’idée que plus les personnes sont infectées par une maladie, plus elles développent des anticorps contre ce virus, et moins l’épidémie se propage dans la population. La France, la Chine ou l’Italie ont choisi la distanciation sociale. Les Pays-Bas ont fait le choix de l’immunité collective. La Grande Bretagne, après avoir prôné cette solution, a finalement opté pour le confinement. Le choix du confinement pose la question de son acceptation par la population et celui de sa durée. Il suppose une stratégie définie par l’OMS comme « agressive et ciblée ». L’OMS préconise un dépistage massif, qui permettrait de tester chaque cas suspect, d’isoler chaque cas confirmé et de retrouver puis de placer en quarantaine chacune des personnes avec qui ils ont été en contact proche. Regardée comme un modèle, la Corée du Sud a pratiqué un grand nombre de tests et s’est servie de la technologie pour localiser les personnes contaminées (même celles avec peu de symptômes). En Europe, l’Espagne, deuxième foyer de contamination en Europe après l'Italie, ne réalise plus le dépistage que sur les malades présentant des symptômes graves, faute de kits disponibles. LaScandinavie réserve le dépistage aux patients acceptés à l'hôpital avec des troubles respiratoires. L’Allemagne a porté à 500.00 le nombre de dépistage hebdomadaire. En France, face au nombre croissant de cas, les dirigeants s'interrogent sur la possibilité de suivre le modèle allemand de dépistage massif. Mais si le pays dispose d’assez de laboratoires, équipés, il manque de réactifs et d’écouvillons ans matériels fabriqués en Chine et aux États-Unis et pour lesquels la demande excède l’offre.*** LE VIRUS, LA LOI, LA SOCIÉTÉ Publiée au JO du 24 mars, la loi d’urgence sanitaire pour faire face à l’épidémie de Covid-19 organise le report du second tour des élections municipales, donne un cadre à la notion d’état d’urgence sanitaire, débloque des moyens pour prévenir les faillites, donne aux entreprises la possibilité de déroger au Code du travail, restreint les libertés de déplacement, de réunion (et d’exercice des cultes) et la liberté d’entreprendre. . « Ce sera un test pour notre démocratie. Nous devons montrer que nous pouvons protéger le peuple des pandémies sans rien renier de nos principes », avait déclaré dimanche dernier au JDD Emmanuel Macron qui, mercredi à Mulhouse, a appelé à « se mobiliser dans l’unité » face aux « facteurs de division ». Patrice Spinosi, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'État, explique dans un entretien à « l'Obs » : « Les mesures administratives prises (…)par le gouvernement s'appuient notamment sur le Code de la Santé publique, qui habilite le ministre de la Santé à prendre toute mesure proportionnée et appropriée pour répondre à une menace sanitaire grave telle qu'une épidémie »donnant raison à Montesquieu pour qui « Il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un voile sur la liberté comme on cache les statues des dieux. » « Proportionnée » et « appropriée » constituent matière à débat, tout comme la longueur et l’épaisseur du voile. Certains maires vont plus loin en instaurant le couvre-feu dans leur commune. Certains médecins en appellent au Conseil d’État pour imposer un confinement plus strict – voire absolu - à l’ensemble du pays. Des parlementaires d’opposition réclament une commission d’enquête ; ils ont obtenu une mission d’information. Un collectif de 600 médecins soutenu par 240.000 pétitionnaires a saisi la Cour de la République d’une plainte pour mensonge d’État contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn. Le Canard enchaîné révèle que les déplacements de certaines personnes ont étéretracés grâce au relevé des positions de leur portable. Le PDG d’Orange assure que ces données ont été anonymisées. Depuis le maintien du 1er tour des élections municipales, le caractère contradictoire, voire incohérent de plusieurs préconisations gouvernementales ne facilite pas l’adhésion de la population. On s’étonne que le ministre de l’agriculture souhaite, dans un contexte où il n’y a pas de dépistage, que l’on s’affranchisse de l’obligation du confinement pour aller aider les agriculteurs et que la porte-parole du gouvernement ne sache pas que les professeurs travaillent à distance et ne

Mar 29, 20201h 6m

Ep 140Traitement politique du Coronavirus / D’autres désordres / n°133

TRAITEMENT POLITIQUE DU CORONAVIRUS Le 17 mars, Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la Santé et candidate de la République En Marche à la Mairie de Paris, confiait au Monde : « Je savais que la vague du tsunami était devant nous. » « Le 30 janvier, j'ai averti [Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » « On aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade. » L'opposition réclame des explications : le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon s’indigne de ces « aveux consternants », et réclame que la mission d'information ouverte à l'Assemblée nationale sur le coronavirus s'en saisisse ; le député européen (Les Républicains) François-Xavier Bellamy tweete : « Comment ne pas être révolté ? (…) il ne fallait pas pleurer, il fallait agir ! » Les propos d’Agnès Buzyn ont obligé le soir même le chef du gouvernement à se défendre d'avoir sous-estimé le danger. « Si nous n'avions pas pris au sérieux cet événement sanitaire, je n'aurais pas organisé une réunion dès le mois de janvier » ni « pris des décisions lourdes », a fait valoir Édouard Philippe. Quant à l'alerte de l’ancienne ministre de la Santé sur la tenue des élections, il convient qu'elle a eu lieu le 30 janvier. Mais précise qu'« à l'époque, beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle ». Le conseil scientifique, nommé le 10 mars pour « éclairer » les choix du gouvernement a rendu public son avis du 12 mars, qui précise le cadre dans lequel il a eu à se prononcer sur un éventuel report des élections : « Cette décision, éminemment politique, ne pouvait lui incomber », expliquent ses membres. Le conseil a simplement précisé qu'« aucun élément scientifique n'indiquait que l'exposition des personnes lors du vote serait plus importante » que si elles allaient « faire leurs courses ». En clair : les scientifiques, loin de valider l'une ou l'autre option, ont simplement rendu un avis technique. La double injonction contradictoire du gouvernement demandant « à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile » et en même temps, qu'elles se rendent aux urnes, a jeté le trouble dans la population et la classe politique. Dimanche, les bureaux de vote se sont avérés plus vides que les rues. Notamment à Paris. Avec un taux d’abstention de 55,25%, soit une baisse de plus de près de 20 points par rapport à 2014, la participation s'est effondrée comme jamais, posant la question de la légitimité des résultats obtenus lors de ce premier tour. La date du second tour des élections municipales, qui devait initialement se dérouler aujourd’hui, dimanche 22 mars, « sera fixée par décret », prévoit un projet de loi d’urgence, qui acte son report « au plus tard au mois de juin 2020 ».*** D’AUTRES DÉSORDRES En Afghanistan, l'accord signé le 29 février à Doha par les États-Unis et les talibans vise à trouver une fin à dix-huit ans de guerre, au cours de laquelle près de 3.500 membres des troupes américaines et alliées ont été tués et qui a coûté des milliers de milliards de dollars. D’ici la mi-juillet, environ 4.000 hommes auront quitté l'Afghanistan. Les 8.600 restants plieront bagage d'ici avril 2021. Le secrétaire d'État Mike Pompeo a assuré que l'accord bilatéral n'était pas un abandon et précisé : "Nous observerons les talibans de près pour vérifier qu'ils respectent leurs engagements et nous ajusterons le rythme du retrait de nos troupes à leurs actions." Son collègue Mark Esper, secrétaire à la Défense a complété : "Si les talibans n'honorent pas leurs engagements, [...] les États-Unis n'hésiteront pas à annuler l'accord." La principale fragilité de l'accord de Doha est que le gouvernement afghan, même s'il a été tenu au courant des négociations, n'en est pas cosignataire. Le cœur de l'entente est de prévoir un retrait militaire américain en échange d'un arrêt du soutien taliban aux groupes djihadistes internationaux. Pour le reste, Kaboul et les talibans doivent, à partir de maintenant, parvenir à imposer un cessez-le-feu durable, et négocier l'avenir du pays. Sur le front pétrolier, le 9 mars 2020 les cours du pétrole ont chuté à environ 33 dollars le baril (un niveau inobservé depuis début 2016), soit une baisse de près de 25 % par rapport au vendredi 6 mars. À un choc de demande issu de la propagation du coronavirus et des mesures de confinement imposées notamment par la Chine, s'est superposé un choc d'offre issu des conséquences de la décision de l'Arabie saoudite et de la Russie de cesser leur coopération sur le marché, précipitant ainsi l'effondrement des cours et ce, d'autant plus que l'offre était déjà excédentaire sur le marché pétrolier au premier semestre 2020. En Russie, au nom de la « stabilité », le président russe, Vladimir Poutine, 67 ans, au pouvoir depuis vingt ans, vient de s'aménager la possibilité d'y rester seize ans de plus. Le 10 mars, l

Mar 22, 20201h 4m

Ep 139Coronavirus, in abstentia / n°132

De l’apparition d’un virus inconnu en Chine à un « Lundi noir » qui a vu les marchés chuter comme jamais depuis fin 2008 : en deux mois, l’épidémie de Covid-19 a mis l’économie mondiale à rude épreuve. L’un des chocs les plus durs vient du pétrole dont les cours ont frôlé lundi les 30 dollars le baril. Le même jour, les marchés boursiers se sont effondrés. Le CAC 40 a perdu 23% en une semaine. Une situation qui pourrait faire perdre au monde jusqu’à 2000 milliards de dollars, selon l’ONU. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a revu à la baisse de 2,9% à 2,4% ses prévisions de croissance mondiale pour 2020. La zone euro est seulement créditée de 0,8% avec une Italie en stagnation. Aux États-Unis, Donald Trump a proposé mardi un vaste plan de relance de 700 milliards de dollars, après avoir tenté de minimiser, à plusieurs reprises, l’impact du coronavirus sur l’économie américaine. Jeudi, il a mis en cause l’Europe, une institution qui, à ses yeux, a « échoué » face au virus et annoncé la fermeture des États-Unis aux voyageurs en provenance de l’espace Schengen, précisant toutefois que cette mesure ne visait pas le Royaume-Uni. En Europe, les Vingt-Sept tentent de coordonner leurs réponses budgétaires. La santé ne relevant pas des compétences de l’Union, la Commission n’a reçu que mardi un mandat spécifique de coordination, permettant à sa présidente, Ursula von der Leyen, d’annoncer que l’Union européenne allait créer un fonds de 25 milliards d’euros destiné aux systèmes de santé, aux PME et au marché du travail. En Italie, le gouvernement a débloqué 25 milliards d’euros et demande à l’Europe davantage de solidarité. En attendant, c’est de Pékin qu’il a reçu des livraisons de matériel sanitaire. Pour sa part, la chancelière Angela Merkel s’est dit prête à revenir sur la sacro-sainte règle du zéro déficit public pour faire face à l’épidémie. Épidémie devenue mercredi pandémie, selon l’Organisation mondiale de la santé. En France, Bercy évoque un coût « de plusieurs dixièmes de points » de croissance en 2020. Le Président Macron se prépare à une crise longue qui va mobiliser l’ensemble des moyens de l’Etat. Lors de son allocution de jeudi, il a annoncé notamment le maintien des élections municipales, la fermeture de tous les établissements scolaires et décliné une série de mesures en faveur des entreprises et des salariés, assurant « nous ne laisserons pas une crise économique et financière se propager […] nous réagirons fort et vite, quoiqu’il en coûte ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 15, 20206 min

Ep 138Bada #21: Les Syriens entre le marteau et l'enclume / 49:3 : la fièvre monte

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Les questions du public, enregistrées à l’Ecole alsacienne le 8 mars 2020, avec Philippe Meyer, Jean-Louis Bourlanges, Matthias Fekl, Béatrice Giblin et Lionel Zinsou. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 11, 202028 min

Ep 138Les Syriens entre le marteau et l'enclume / 49:3: la fièvre monte / n°131

LES SYRIENS ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME Le 27 février, des bombes russes ont tué au moins 33 soldats turcs à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, marquant une escalade dans les combats qui opposent depuis 2016 la rébellion syrienne soutenue par la Turquie aux forces loyalistes de Bachar Al-Assad appuyées par l’aviation russe. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est tourné vers ses alliés occidentaux, alternant appels à l’aide et menaces. Le Conseil de l’Alliance atlantique s’est contenté d’exprimer « ses sincères condoléances » à la Turquie et les alliés ont critiqué le cavalier seul d’Ankara et son offensive en Syrie. L’Otan avait été mise devant le fait accompli lorsqu’Ankara avait visé les milices kurdes en Syrie, celles qui ont combattu avec les Occidentaux les groupes jihadistes au Levant. En annonçant, le 27 février, l’ouverture de sa frontière occidentale avec la Grèce, Ankara a non seulement donné implicitement le signal de la ruée vers l’Europe aux 3,6 millions de réfugiés du conflit syrien déjà présents en Turquie, mais brandi la menace d’en faire éventuellement de même pour les 900 000 personnes qui, fuyant Idlib, se massent aux abords de la frontière turque. Un exode que l’ONU qualifie de plus grand drame humanitaire du moment. ​Ces menaces n’ont pas abouti à ranger l’Union Européenne aux côtés de la Turquie dans son affrontement avec la Russie, et l’installation à Idlib d’une division mécanisée turque n’a pas fait plier Vladimir Poutine. Les deux présidents se sont rencontrés à Moscou et ont, selon les termes de Vladimir Poutine, pris des décisions conjointes qui devraient aider à mettre un terme aux combats, tandis que Recep Tayyip Erdogan affirmait que son pays riposterait «de toutes ses forces » à toute attaque du régime syrien. En 2016 la Turquie s’était engagée à héberger les réfugiés en échange d’une aide européenne de six milliards d’euros (dont un peu plus de la moitié a été versée). La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue le 3 mars en Grèce à la frontière terrestre avec la Turquie. Elle promet 700 millions d’euros à Athènes pour que la Grèce maîtrise ses frontières. Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borell a promis à Ankara une aide d’urgence de 170 millions d’euros pour faire face à la situation humanitaire. Les dirigeants russe et turc sont convenus de mettre en place un « corridorde sécurité » de six kilomètres de part et d’autre de l’axe stratégique traversant la région d’Idlib, et de mener à partir du 15 mars des patrouilles conjointes. Russes et Turcs ont aussi assuré qu’ils feraient en sorte que l’aide humanitaire parvienne aux personnes déplacées.***49.3, LA FIÈVRE MONTE Samedi 29 février au soir, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé à l’Assemblée nationale qu’il recourrait à l’article 49.3 pour adopter la réforme des retraites. Une décision formellement actée le matin à l’occasion d’un Conseil des ministres convoqué sur le coronavirus. Gauche et droite ont dénoncéce recours au 49.3 : « Coup de force du gouvernement » pour le communiste Fabien Roussel, « pulsions totalitaires » d’Emmanuel Macron pour le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, « pire des solutions », pour l’Ecologiste Yannick Jadot, « cynisme le plus total » pour le patron des députés Les Républicains Damien Abad. L’opposition a déposé deux motions de censure, la première par Les Républicains, la seconde par le Parti socialiste, le Parti communiste et La France insoumise. Motions rejetées dans la nuit de mardi à mercredi. A peine le recours au 49.3 annoncé samedi soir, des rassemblements militants se sont organisés, à Paris devant le Palais Bourbon, et dans plusieurs grandes villes de province. En signe de protestation deux députés macronistesont claqué la porte et un sénateur a également annoncé qu’il abandonnait La République en Marche. Les syndicats opposant à la réforme ont appelé à de nouvellesmobilisations. Mardi quelques milliers de personnes ont défilé à Paris (20 000 selon les syndicats) contre le gouvernement, comme à Lille, Rennes, Marseille, Bordeaux ou Dijon. Pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, le 49.3 « ne tue pas le débat, mais l’obstruction » : 41 000 amendements ont été déposés, en grande partie par La France insoumise. Après 115 heures d’une discussion quasiment non-stop jour et nuit, les députés étaient seulement parvenus à la lecture de l’article 8 du projet de loi qui en compte 65. Plus de 29 000 amendements restaient à examiner. Depuis 1958, l’article 49.3 de la Constitution a été utilisé 89 fois : 56 fois par la gauche, 32 fois par la droite et une fois sous Emmanuel Macron. Avec un record de 28 recours par Michel Rocard. Plusieurs textes symboliques comme l’arme nucléaire, la CSG, la loi Savary ont ainsi été adoptés. Le projet de loi sera présenté dans les prochaines semaines au Sénat, où des débats auront lieu puisque le 49.3 n’y est pas applicable. Il reviendr

Mar 8, 20201h 6m

Ep 137Thématique : l’Algérie, un an plus tard / n°130

L’ALGÉRIE, UN AN PLUS TARD… Il y a un an, le vendredi 22 février 2019, les Algériens se soulèvaientpacifiquement contre la perspective d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, affaibli par un accident vasculaire-cérébral survenu en 2013. Avec le « Hirak », nom de ce mouvement populaire, l’Algérie entrait en protestation. Des femmes, des familles y participent massivement impulsant un caractère pacifique aux manifestations. Le 11 mars, le Président Bouteflika annonce qu’il ne se représentera pas etfinit par démissionner le 2 avril. Dans les mois qui suivent, un bras de fer oppose les manifestants à l’homme fort du régime, le général Ahmed GaïdSalah, chef d’état-major depuis 2004 d’une armée qui est un acteur social et économique doté d’importantes ressources financières : son budget s’élève à 12 milliards de dollars, soit 25% du budget de l’État. Des élections présidentielles se déroulent le 12 décembre 2019, sur fond d’abstention massives (60%). Elles portent au pouvoir Abdelmadjid Tebboune. Le 23 décembre, son principal soutien, le général Ahmed Gaïd Salah décède brutalement. Durant cette année, des ministres, de hauts responsables, des hommes d’affaires, mais aussi des officiers supérieurs, hier tout-puissants, sont envoyés en prison ou sont écartés. Mais les exigences populaires, qu’il s’agisse de la mise en place d’un gouvernement composé de personnalités indépendantes ou la remise à plat des institutions avec, éventuellement, l’élection d’une Assemblée constituante, demeurent insatisfaites. Aujourd’hui, sur 42 millions d’Algériens, les trois quarts habitent en ville, 30% ont moins de 15 ans et 45% moins de 25 ans. La jeunesse n’a pas connu la décennie noire de la guerre civile des années 90. Dix-sept millions d’Algériens sont connectés chaque jour sur les réseaux sociaux, qui ont joué un rôle essentiel dans la mobilisation. Leurs slogans : « 1962 territoire libéré – 2019 peuple libéré », « qu’ils dégagent tous », « tous des voleurs », « État civil, non militaire ». Actuellement, 1.300 personnes restent visées par des enquêtes judiciaires et 140 sont toujours emprisonnées selon le Comité national pour la libération des détenus. Plusieurs scrutins à venir – référendum sur la Constitution, élections législatives et municipales anticipées – marqueront l’évolution du rapport de force entre la rue et le régime en place à Alger. En attendant, les manifestations se poursuivent. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 1, 20201h 2m

Ep 136Sexe mensonges et vidéotape / Les désaccords de Munich / n°129

SEXE MENSONGES ET VIDÉOTAPE Le 14 février, le candidat de la République en marche pour les élections municipales à Paris, Benjamin Grivaux jette l’éponge, après la diffusion sur le web de deux vidéos privées à caractère sexuel. Le 16, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn quitte le gouvernement pour le remplacer. L’opposition accuse le Président de la République de faire primer la conquête de Paris sur la bonne marche du pays, au moment où la planète fait face à une épidémie de coronavirus aux conséquences incertaines tandis que la France est confrontée à la crise de l’hôpital et à la réforme des retraites. La bataille des municipales à Paris va voir s’affronter trois femmes : la maire PS sortante, Anne Hidalgo, la maire du 7e arrondissement Rachida Dati pour Les Républicains et désormais Agnès Buzyn pour la République en marche. La classe politique a unanimement condamné la diffusion des vidéos et mis en garde contre les dangers que cette séquence recelait pour la démocratie. D’Anne Hidalgo à Jean-Luc Mélenchon, en passant par le dissident ex-LRM Cédric Villani, tous ont critiqué les méthodes « indignes » de ceux qui ont publié et participé à la propagation de ces contenus et appelé au « respect de la vie privé ». Pour le président les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, « il est grand temps de réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux ». La diffusion des images doit « évidemment être poursuivie », a insisté le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en référence au délit de pornodivulgation, passible de deux ans de prison et de 60 000 euros d’amende. Piotr Pavlenski performeur russe réfugié politique en France et Alexandra de Taddeo, destinataire de la vidéo tournée par Benjamin Griveaux et aujourd’hui proche de l’activiste russe ont été mis en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même".***LES DÉSACCORDS DE MUNICH Souvent décrite comme « le Davos de la Défense », la 56e conférence de Munich sur la sécurité a réuni chefs d’Etat et diplomates du 14 au 16 avril, sur lethème de « Westlessness » comprendre « la fin ou la disparition de l’Occident », qui résumait bien l’état d’esprit d’une grande partie des participants. Dans le contexte d’une relation transatlantique dégradée, et alors que les Britanniques étaient absents cette année, deux semaines après le Brexit, plusieurs dirigeants européens en ont profité pour appeler à un sursaut européen. En ouverture, le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeir, a répondu positivement à l’appel du chef de l’Etat français, lancé au début du mois lors d’un discours à l’École de guerre, appel en faveur d’« un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». Estimant qu’« il y a un affaiblissement de l’Occident, et une politique américaine qui est celle du repli relatif, en tout cas qui reconsidère sa relation avec l’Europe », Emmanuel Macron a exhorté les Allemands à « aller plus vite et plus fort » pour relancer « l’aventure européenne ». Il a soutenu que l’Europe doit réengager un « dialogue avec la Russie » sur les conflits gelés, le cyberespace et la maîtrise des armements, et il a indiqué : « Je ne suis pas pro-russe, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen ». Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo s’est montré optimiste sur le destin de l’Occident, affirmant « l’Ouest gagne et nous gagnons ensemble ». La Chine a concentré le flot de critiques américaines. Mike Pompeo a accusé la firme chinoise Huawei, qui a pour ambition de développer en Europe la 5G,d’agir comme « un cheval de Troie pour le renseignement chinois ». Le Royaume-Uni a ouvert un accès limité à Huawei et plusieurs pays européens semblent prêts à adopter la même position que Londres. Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper s’est même fait menaçant, laissant entendre que les divergences transatlantiques sur Huawei risquaient de « compromettre l’Alliance la plus efficace de l’histoire : l’Otan ». Pour le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, « ces accusations américaines sont de purs mensonges basés sur aucun faits ». Le président du parlement allemand, Wolfgang Schäuble a déclaré pour sa part : « Nous sommes d’accord avec les Américains. Mais la liberté a besoin de diversité. Nous ne voulons dépendre ni de Shenzhen, sous contrôle de l’Étatchinois, ni de la Silicon Valley. L’Europe doit trouver sa propre voie ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 23, 20201h 4m

Ep 135Thématique : comprendre la Russie, avec Sylvie Bermann / n°128

Comprendre la Russie Pays de 147 millions d’habitants, répartis sur 17 millions de km2, la Russie est gouvernée depuis vingt ans par Vladimir Poutine. En 2024, l’ancien officier du KGB remettra en principe les clés du pouvoir puisque la Constitution l’empêche de briguer un troisième mandat consécutif. Le 15 janvier, il a annoncé des changements constitutionnels significatifs, qui feront bientôt l’objet d’un référendum. Les pouvoirs de la Douma, l’assemblée, seront accrus, tandis que ceux du président seront diminués. Le Premier ministre Medvedev a été prié de remettre la démission de son gouvernement. Un nouveau Premier ministre a été désigné en la personne de Mikhaïl Michoustine. S’appuyant sur les forces de sécurité dont il est issu, Poutine est parvenu à marginaliser toute réelle opposition politique. Démocratie autoritaire, la Russie a connu en 2019 des manifestations témoignant d’un réveil de la société civile. Ses revendications ont été parfois écoutées, le plus souvent sévèrement réprimées. Depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en 2014, et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, la Russie est soumise à des sanctions occidentales. Pour sortir de son isolement diplomatique, Poutine a noué un partenariat stratégique avec la Chine. La Russie est intervenue en Syrie en 2015 en soutien au régime de Bachar el Assad. Au-delà du Moyen-Orient, elle tente aussi de regagner en Afrique ses positions abandonnées après la chute de l’URSS. Sa dernière incursion hors de ses frontières, s’opère en Libye. Les sanctions pèsent sur l’économie russe, dont le PIB est équivalent à celui de l’Espagne, a reculé de trois places en cinq ans, au douzième rang mondial. Une économie qui demeure confrontée au défi de la modernisation. Un plan d’investissement de 375 milliards d’euros a été annoncé par le nouveau gouvernement pour moderniser d’ici 2024 le pays. L’objectif est de réduire de moitié la pauvreté, dans un pays qui détient le record des inégalités : 1% de la population accapare 60% de la richesse nationale. A cela s’ajoute le recul démographique. Selon l’ONU, la Russie pourrait perdre 20 millions d’habitants à l’horizon 2050. Pour ne rien arranger, un récent sondage indique que 53% des jeunes âgés de 18 à 24 ans souhaitent quitter définitivement le pays. Critique de l’Europe qu’il juge moralement décadente, antichrétienne, rongée par une immigration islamiste, et diplomatiquement soumise à l’Amérique, Vladimir Poutine a cependant été invité, dès le mois de mai 2017 à Versailles en grande pompe par le président Macron, afin de donner unenouvelle perspective aux relations franco-russes. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 16, 20201h 1m

Ep 134La Macronie bat la campagne ; L’Orient de l’Europe / n°127

LA MACRONIE BAT LA CAMPAGNE Depuis quelques jours, la macronie multiplie les bévues. Florilège : le Conseil d’Etat a étrillé le fin janvier les textes sur les retraites avant de retoquer la circulaire Castaner sur l’étiquetage politique aux municipales. Le président de la République a posé avec un t-shirt contre les violences policières, provoquant la colère des syndicats policiers. Dans l’avion qui le ramenait le 23 janvier de Jérusalem, Emmanuel Macron a évoqué sa politique mémorielle, affirmant que la guerre d’Algérie pourrait avoir « à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». Les réactions indignées ne se sont pas fait attendre et le président a procédé à un rétropédalage, niant avoir fait une équivalence mais seulement un parallèle dans le cadre d’une réflexion sur « les sujets mémoriels dans leur ensemble qui « disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique ». Pour avoir insulté l’islam sur son compte Instagram, une lycéenne de 16 ans, Mila est menacée de mort, de viol et d’égorgement. « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave » a déclaré la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Or, le délit de blasphème n’existe pas en France. La jurisprudence constante dans l’Hexagone et à la Cour européenne des droits de l’homme fait une distinction : insulter une religion est admis ; insulter les croyants non. Le rejet, jeudi 30 janvier par la majorité La République En Marche, à l’Assemblée, d’une proposition de loi du groupe UDI-Agir qui visait à instaurer un congé de deuil de douze jours plutôt que cinq pour le décès d’un enfant, a provoqué un tollé dans les rangs de l’opposition et une vive agitation dans la majorité. C’est finalement l’Elysée qui est intervenu en faisant fuiter qu’Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement « de faire preuve d’humanité ». Depuis le début du quinquennat, près d’une vingtaine de députés ont rompu avec le groupe En marche à l’Assemblée.*** L’ORIENT DE L’EUROPE L’historien britannique Ian Kershaw s’inquiète de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, à l’heure où « la montée d’un national populisme dans tous les pays membres menace les fondements de la démocratie ». Il déplore « le retour de certaines formes de nationalisme, de xénophobie, de racisme et de tentations protectionnistes qui vont à l’encontre du projet européen tel qu’il s’est construit après la seconde guerre mondiale ». Le 16 janvier, le Parlement européen a voté, à une large majorité, une résolution dénonçant la détérioration de l’état de droit en Pologne et en Hongrie. Le lendemain, le président polonais, Andrzej Duda, candidat, en mai, au nom du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir a lancé : « Ils ne vont pas nous dicter ici, en langues étrangères, quel régime nous devons avoir en Pologne et comment doivent être conduites les affaires polonaises ». En visite en Pologne les 3 et 4 février, le Président Macron a laissé de côtéles sujets de discorde entre les deux pays : travailleurs détachés, Otan, état de droit, Russie…, pour effectuer un rapprochement après des années de tensions.La France a besoin de la Pologne alors que le moteur franco-allemand est affaibli et que le Brexit a privé la France d’un partenaire géopolitique et militaire important. Le départ de l’allié britannique et l’éloignement des États-Unis forcent aussi la Pologne à revoir son approche et à considérer la France, rempart de l’islamisme en Afrique, comme un facteur clé de sécurité. La Hongrie de Viktor Orban a dû répondre de graves entorses à l’état de droit, notamment d’entraves à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice. Après la suspension de son parti le Fidesz par le Parti populaire européen le Premier ministre hongrois a fait mine de quitter de lui-même cette formation, avant de préférer multiplier les contacts pour éviter l’isolement et trouver, peut-être, une autre famille européenne. Il sait que la transformation de la suspension du Fidesz en exclusion est bloquée par les droites françaises, espagnoles, italiennes, slovènes et par les conservateurs de la CSU bavaroise. Il se garde de provoquer l’Union européenne dont les fonds de cohésion lui sont indispensables. Il s’affiche avec Matteo Salvini, Giorgia Meloni du mouvement souverainiste et anti-immigration Fratelli d’Italia et Marion Maréchal. En politique étrangère, il renforce ses liens avec la Chine, la Russie et Boris Johnson. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 9, 20201h 4m

Ep 133Bada # 20: Paris, les municipales en folie / Coronavirus : les pharmacies n'ont plus de masques

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Les questions du public. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 5, 202022 min

Ep 133Paris, les municipales en folie / Coronavirus : les pharmacies n'ont plus de masques / n°126

Six semaines avant les élections municipales qui se tiendront en France les 15 et 22 mars prochains, un sondage Odoxa pour CGI et Le Figaro, rendupublic le 26 janvier, confirme la tendance observée à Paris une semaine plus tôt, d’un duel entre la maire sortante, Anne Hidalgo, et la candidate Les Républicains, Rachida Dati. Créditée de 23% d’intentions de vote au premier tour, la socialiste fait, à ce stade, la course en tête. Mais elle est talonnée parl’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy à qui les sondages accordent 20% des voix. Le macroniste Benjamin Griveaux stagne en troisième position, avec 16%, ce qui lui permet quand même de creuser l’écart avec le dissident Cédric Villani à 10% ; mais ce qui l’expose e à la poussée des écologistes, dont le candidat David Belliard qui atteint 14,5%. Après sa rencontre à l’Elysée le 26 janvier avec le président Macron,Cédric Villani a annoncé qu’il maintenait sa candidature actant une « divergence » avec le Président. Il a notamment déclaré qu’« entre l’appartenance à un appareil politique et l’engagement pour la ville qui m’a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens ». Cédric Villani a été exclu de La République En Marche le 29 janvier. Sa candidature reste un souci pour Benjamin Griveaux, qui souffre toujours, en outre, d’une stratégie difficilement lisible. A Paris, comme à Lyon et Marseille, les municipales ne suivent pas les mêmes règles que dans les autres communes françaises. Comme pour le président américain, le ou la maire y est désigné(e) par des grands électeurs, élus eux-mêmes dans le cadre de différents secteurs géographiques, et non au sein d’une circonscription unique, la commune, comme c’est le cas ailleurs. Depuis la loi Defferre du 13 décembre 1982, Paris est découpé en secteurs électoraux, qui correspondaient, jusqu’à présent, aux vingt arrondissements. A partir de cette année, les quatre premiers arrondissements ne forment plus qu’un secteur, appelé « Centre ». Les 15 et 22 mars, il n’y aura donc pas une élection parisienne, mais dix-sept. Au soir du deuxième tour, les noms des 527 nouveaux élus parisiens seront connus : 364 d’entre eux ne siègeront que dans les arrondissements tandis que 163 ajouteront à ce mandat celui de conseiller deParis et éliront le ou la maire. Dans les trois plus grandes villes de France, l’élection municipale est une élection à trois tours, qui favorisent les marchandages d’appareils et peut donc réserver des surprises.*** Parti en décembre 2019 du marché de Wuhan, en Chine, le 2019-nCov, pour « nouveau coronavirus 2019 », s’est propagé en Asie, en Europe et aux Etats-Unis. Le 30 janvier, à Genève, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a procédé, en dépit des pressions de Pékin, à une « déclaration d’urgence internationale ». Une urgence déclarée par le passé pour endiguer Ebola en Afrique de l’Ouest. Les 56 millions d’habitants de la province de Hebei où est situé Wuhan sont en quarantaine. Alors qu’en Chine, le bilan de l’épidémie de coronavirus s’est alourdi aujourd’hui à 300 morts et 14.300 patients contaminés, des pays d’Asie et les Etats-Unis, commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance de Chine. Plus d’une quinzaine de compagnies aériennes, dont Air France, British Airways et Lufthansa, ont déjà interrompu leurs liaisons vers le pays. Les Français rapatriés de Wuhan doivent être mis à l’isolement pour une période de quatorze jours. En France, six cas d’infection ont été détecté à ce jour. Les autorités sanitaires sont mobilisées, toutefois, le docteur Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain à Paris, est plus inquiet des dégâts causés par la grippe, à l’origine de 650 000 décès chaque année dans le monde, dont plusieurs milliers en France. Délégué général de Résilience France, Yves Bourdillon juge pour sa part que « le risque d’une épidémie majeure de coronavirus en Europe reste faible […] sous réserve que le virus ne mute pas ». Pour Jacques Attali, même si l’épidémie parvient à être enrayée rapidement, les conséquences seront beaucoup plus importantes que lors du dernier épisode de ce genre, celui du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003. Non seulement économiquement, mais aussi politiquement. Selon lui « le régime chinois peut y perdre sa crédibilité, comme le régime soviétique perdit la sienne avec la catastrophe de Tchernobyl, démontrant, une fois de plus, que, contrairement au consensus actuel, une dictature ne peut devenir durablement une superpuissance mondiale ». En attendant, tandis que des Asiatiques font l’objet en France d’insultes ou de propos blessants, l’institut Pasteur promet un vaccin pour dans 20 mois. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 2, 20201h 4m

Ep 132La Libye au défi de la paix civile / L’ensauvagement des luttes sociales / n°125

Le sommet de Berlin qui a réuni le 19 janvier des délégations de onze Etats et de quatre organisations internationales (Nations unies, Union européenne, Ligue arabe et Union africaine) concernées par voire engagées dans le chaos libyen, a marqué l’affirmation de l’Allemagne en tant que puissance diplomatique. Le sommet s’est conclu par l’adoption d’une déclaration commune appelant notamment à un « cessez-le-feu » permanent en Libye, à « s’abstenir de toute ingérence dans le conflit armé », à respecter l’embargo en vigueur sur les livraisons d’armes, à répartir équitablement les revenus pétrolierset à relancer le « processus politique » brisé par l’attaque de Tripoli, en avril 2019, par le maréchal dissident Khalifa Haftar. Un « comité militaire mixte » - composé de cinq membres nommés par le Gouvernement d’accord national de Farez Sarraj et de cinq autres désignés par Haftar est appelé à se mettre en place. Cette entité devra fixer les modalités pratiques de l’hypothétique cessez-le-feu, et notamment le mécanisme de surveillance. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guteres a annoncé que ce comité devrait se réunir prochainement à Genève. Les combats opposent depuis neuf mois le Gouvernement d’accord national de Farez Sarraj à l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar. Sarraj, reconnu internationalement, qui contrôle la capitale Tripoli et l’ouest du pays (la Tripolitaine). Fin décembre, le président turc Erdogan a annoncé une intervention militaire de la Turquie en Libye pour soutenir le gouvernement Sarraj. De son côté, Haftar bénéficie du soutien de la Russie qui lui fournit armes et mercenaires, ainsi que de l’appui de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Il règne sur l’est du pays (Benghazi et la Cyrénaïque), et en particulier sur les ports pétroliers. L’Europe, proche des côtes libyennes, est la première concernée par le chaos d’un pays où combattent désormais des islamistes venus de Syrie et où vivent 700 000 migrants subsahariens, dont une partie rêve de traverser la Méditerranée. Entre le retrait américain de la région et l’irruption de la Turquie et de la Russie, les vingt-sept divisés sont menacés de marginalisation.L’interminable Brexit, la fragilité gouvernementale italienne, les préoccupations économiques allemandes et la position ambiguë de la France - entre soutien officiel à Sarraj et appui en sous-main à Haftar, qui prétend être le seul à pouvoir pacifier le sud Libyen, porte du Sahel pour le terrorisme islamiste que Paris combat – ainsi que les divisions européennes ont empêché la formation d’un front commun européen en Libye où se joue en partie, avec les djihadistes et la pression migratoire, la sécurité du continent.*** Avocats jetant leurs robes à terre, enseignants faisant de même avec leurs manuels scolaires, ballerines du corps de ballet de l’Opéra de Paris dansant un lac des cygnes protestataire sur le parvis du Palais Garnier, retraites aux flambeaux organisées par les syndicats : l’action contre la réforme des retraites arécemment pris de nouvelles formes. Mais depuis le 17 janvier, la contestation s’est traduite de manière moins souriante ; des militants CGT ont forcé l’accèsau siège de la CFDT, favorable au principe d’un système de retraite par points. Les Bouffes du Nord où le président de la République assistait à une représentation de La Mouche ont connu une tentative d’intrusion suivie, après son échec, d’une manifestation improvisée devant le théâtre. Dans la nuit, un départ de feu criminel s’est déclaré à la brasserie La Rotonde, prisée du président Macron. « Nous condamnons toute forme de violence » a déclaré dimanche dernier le numéro un de la CGT, Philippe Martinez dont le syndicat revendique des coupures ciblées d’électricité. Pour le spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux Stéphane Sirot, depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, « l’ébullition sociale est permanente ». L’historien souligne que « face à un pouvoir politique qui joue le pourrissement, on voit surgir des formes d’intervention plus spontanées, dynamiques, moins contrôlables » qui donc « peuvent déraper, d’autant plusqu’elles ne sont pas encadrées stricto sensu par les syndicats ». Selon lui, « il y a une ‘’gilet-jaunisation’’ du mouvement social ». Pour Eric Giuily, président du cabinet de conseil en communicationCLAI, « le pourrissement de la grève est inévitable, compte-tenu de l’opposition irréductible d’une partie des syndicats et de leur base à l’encontre du régime universel par points ». L’inefficacité du mouvement syndical, prévoit-il« devrait conduire à une radicalisation croissante d’au moins une partie de la base, avec le risque d’une multiplication d’actions coup de poing qui peuvent toujours dégénérer ». Pour sa part, l’ancien sénateur et député européen socialiste Henri Weber, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès observe que « le haut niveau de combativité du peuple français a permis de nombreuses conquêtes sociales et démocratiques. Mais

Jan 26, 20201h 6m

Ep 131Gouvernance mondiale et climat / n°124

A l’heure où les mégafeux qui ont ravagé depuis septembre en Australiequelque 11 millions d’hectares, soit l’équivalent de la Bulgarie, tué au moins 26 personnes, détruit 2 300 maisons et brulé plus de 500 millions d’animaux, les scientifiques redoutent la multiplication de ces incendies sur la planète. Tout l’ouest des États-Unis, les pays méditerranéens, l’Afrique méridionale, une grande partie de l’Asie centrale pourraient être victimes d’événements similaires. L’ancien vice-président du GIEC, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele observe que 2019 a été la plus chaude et la plus sèche depuis le début des enregistrements. Selon lui, « cela ne s’explique pas autrement que par le réchauffement climatique ». « Si les gouvernements et les populations n’agissent pas rapidement, les marchés financiers risquent de le faire », affirme l’hebdomadaire britannique The Economist. Dans la lutte contre le réchauffement climatique les signaux positifs peinent à compenser l’augmentation mécanique des émissions liées à la hausse de la population mondiale. Et cela, malgré les nombreuses initiatives internationales et nationales. Aux Nations unies, en septembre dernier, lors du sommet Action Climat, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a rappelé aux dirigeants du monde, qu’ils avaient l’obligation « de tout faire pour mettre fin à la crise climatique ». Mais si le Fonds vert pour le climat – cet instrument financier abondé par les économies développées et mis en place il y a dix ans pour soutenir les pays en développement – a bouclé fin octobre 2019 une enveloppe de presque 10 milliards d’euros sur 2020-2023, les États-Unis manquent à l’appel. Après le succès enregistrés en décembre 2015, à Paris, lors de COP21signé par les 195 États, la 25e édition en décembre dernier à Madrid s’est révélée décevante, n’enregistrant aucune avancée sensible. Au plan européen, le Green Deal européen (pacte vert) destiné à faire de l’Europe « le premier continent neutre en carbone » dès 2050, a été présenté le 11 décembre dernier, par la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Au moins 25% du budget de l’Union européenne devrait, à terme, être consacrés à la transition écologique. En France, le président Macron s’est adressé le 10 janvier aux 150 citoyens de la Convention sur le climat, cet outil inédit de démocratie participative né après le grand débat. La lettre de mission du gouvernement fixe pour objectif de réfléchir aux moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 « dans un esprit de justice sociale ». Pour l’économiste du MIT, Andrew Mc Afee, ce qui motive les gouvernements comme les entreprises, c’est d’abord l’action dela société civile : c’est elle qui suscite la pression nécessaire à tous les changements. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 19, 20201h 2m

Ep 130BADA #19 : L'enjeu de l'Iran

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Le bada de l'émission enregistrée en public à l'Ecole Alsacienne le 12 janvier 2020. Avec Jean-Louis Bourlanges, François Bujon de l'Etstang, Béatrice Giblin, Nicole Gnesotto et Philippe Meyer. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 15, 202016 min

Ep 130L'enjeu de l'Iran / n°123

Ordonné par Donald Trump, l’assassinat ciblé du général iranien GhassemSoleimani dans la nuit du 2 au 3 janvier près de l’aéroport de Bagdad, a provoqué une onde de choc au Moyen-Orient. Chef de la force Al-Qods des gardiens de la révolution, architecte de l’expansion iranienne dans la région, le général Soleimani, 62 ans, était un héros national. Considéré comme un terroriste par Washington, il était révéré dans son pays pour son rôle dans la lutte contre l’État islamique après 2014. Ses funérailles ont rassemblé une foule immense, plus nombreuse a-t-on dit que celles de l’ayatollah Khomeini et le parlement irakien a sommé les forces américaines » de quitter le pays, ce que les États-Unis ont annoncé puis démenti accepter. Cet assassinat intervient après une longue période de tensions puis unerécente escalade entre les Etats-Unis et l’Iran. En mai 2018, Donald Trump a dénoncé unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 et imposé une nouvelle politique de sanctions qui a coûté à Téhéran 200 milliards de et entraîné une forte récession dans le pays. En réponse, l’Iran a entamé un plan de réduction progressive de ses engagements en matière nucléaire. Fin 2019, l’escalade est devenue militaire. Le 29 décembre, cinq installations iraniennes en Syrie et en Irak ont été visées par des chasseurs F-15 américains, tuant 25 miliciens. Le 31 décembre et le 1er janvier, des milices chiites ont assiégé et envahi l’ambassade américaine ultra-sécurisée à Bagdad. Donald Trump a répliqué par l’assassinat du général Soleimani, suivi, une semaine plus tard par des tirs de missiles iraniens sur des bases militaires irakiennes abritant des soldats américains, sans qu’il y ait des victimes. Quelques heures après cetteréplique iranienne, un Boeing 747 d’Ukraine international Airlines s’est écrasé après son décollage de Téhéran, faisant 176 victimes, dont 57 ressortissantscanadiens, pour beaucoup binationaux iraniens. Hier, l’état-major des forces armées iraniennes a déclaré qu’une « erreur humaine » était à l’origine de la catastrophe. L’appareil a été pris pour un « avion hostile » et a été « touché » alors que les menaces ennemies étaient au plus haut niveau, a indiqué un communiqué publié par l’agence officielle IRNA. L’OTAN a suspendu ses opérations en Irak, et la coalition antijihadistesconduite par les Etats-Unis les a réduites tout en renforçant la sécurité des bases où sont déployés des Américains. A Istanbul, les présidents turcs Recep Tayyip Erdogan et russe, Vladimir Poutine, ont exhorté mercredi les Etats-Unis et l’Iran à la « retenue » et appelé « à donner la priorité à la diplomatie » pour faire baisser les tensions dans la région. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 12, 20201h 7m

Ep 130Événement - Hors-série Le Nouvel Esprit Public - Paris nous appartient

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Lundi 13 janvier à 19h30, nous vous attendons au Théâtre Michel pour un hors-série du Nouvel Esprit Public. Il débutera avec la lecture par Loïc Corbery et Emmanuel Noblet de textes sur Paris qui pourraient en surprendre (et en ravir) plus d’un. Sociétaire de la Comédie française, Loïc Corbery a récemment marqué de sa patte le personnage d’Herbert Thallman dans Les Damnés ; Emmanuel Noblet a interprété pendant quatre ans en France et dans de très nombreux pays son adaptation de « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal. En amis et en auditeurs du nouvel Esprit public, Loïc et Emmanuel accompagneront notre soirée.L’invité en sera Jérôme Fourquet, auteur du récent best-seller « L’Archipel français ». Ce livre a été salué pour l’intérêt et la nouveauté de son état des lieux du pays et pour sa mise en lumière des tendances structurantes de l’évolution de notre société. Mais on a moins relevé ce qui y est écrit sur Paris et sur la place très particulière qu’il tient dans cette évolution. Ce sera le point de départ de la conversation que Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin, Lucile Schmid et moi aurons avec Jérôme Fourquet. Venez nombreux, participation aux frais : 15€, inscriptions ici : https://www.weezevent.com/lnep-paris Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 7, 20201 min

Ep 115Thématique : le voyage en question, avec Jean-François Rial / n°122

En 2018, le nombre de voyageurs internationaux s’est élevé à 1,4 milliard, soit 6% de plus qu’en 2017. L’organisation mondiale du tourisme (OMT) table sur une nouvelle croissance de 3 à 4% cette année et prévoit 1,7 milliard de voyageurs internationaux en 2030. Première destination touristique mondiale, la France a reçu près de 90 millions de visiteurs étrangers en 2018, majoritairement britanniques, allemands, belges et luxembourgeois. L’Europe demeure la destination la plus prisée avec 713 millions d’arrivées, devant l’Asie-Pacifique (343 millions) et les Amériques (217 millions). Les 220 millions de touristes chinois en 2018, ont voyagé très souvent en groupe, de préférence dans les pays voisins de la Chine, ensuite en Europe, avec un budget moyen de 4.000€. Les touristes américains voyagent le plus souvent en famille, plus de 4 fois par an, essentiellement dans leur pays. Seuls 18% voyagent à l’étranger et dépensent près de 2.000$ par séjour. Les Français ont privilégié cet été la France à 56%. Ceux qui sont partis à l’étranger ont choisi les pays voisins, avec en destinations phares l’Italie et l’Espagne. Si le tourisme de masse représente une importante manne financière - globalement, il contribue à plus de 10% du produit intérieur brut mondial - il concentre 95% des voyageurs mondiaux aux mêmes endroits, sur moins de 5% de la planète. Les écologistes dénoncent le « surtourisme ». Il met en danger les animaux sauvages. Il pollue la planète (un avion rejette en moyenne 360 grammes équivalent CO2 lors d’un déplacement d’un km, contre 150 grammes pour une voiture et 11 grammes pour un train). Il rend les villes invivables, comme Venise, Barcelone ou Dubrovnik. Il vide certains quartiers de leurs habitants, comme à Paris, Berlin, Londres ou Amsterdam. Il menace les sites naturels et historiques : Îles de Pâques, temples d’Angkor, Galapagos, Maldives… Des solutions sont tentées pour remédier au « surtourisme » : répartir les flux géographiquement, les étaler dans le temps, augmenter le coût des séjours, limiter les locations de courte durée, interdire des lieux, imposer ou proposer des quotas, diriger les flux touristiques. Jean-François Rial, vous êtes le pdg du groupe Voyageurs du Monde, et vous réfléchissez de longue date aux phénomènes que je viens d’évoquer. Comment organiser des voyages basés sur le respect des régions et des populations visitées, comment organiser la solidarité et la répartition équitable des retombées économiques du tourisme, comment contrebalancer la pollution créée par les transports aériens ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 5, 202058 min

Ep 127BADA # 18 : Grève, COP 25 et séries télévisées

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Les échanges avec le public du 8 décembre 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 1, 202020 min

Ep 129Thématique : la géopolitique des séries ou le triomphe de la peur, avec Dominique Moïsi / n°121

LA GÉOPOLITIQUE DES SÉRIES OU LE TRIOMPHE DE LA PEUR Au lendemain du 11 septembre 2001, la géopolitique a envahi non seulement le réel mais aussi nos imaginaires. Les séries sont devenues des références politiques tout autant que culturelles. Par la force de leurs intuitions, les scénaristes ne sont-ils pas les meilleurs analystes du monde contemporain ? Que perçoivent-ils de nos sociétés ? Avant tout la peur, répond Dominique Moïsi dans son ouvrage « La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur ». La peur de la barbarie et le triomphe du chaos avec Game of Thrones, (Le Trône de fer), la peur de la fin de la démocratie avec House of Cards, (Le Chateau de cartes) celle du terrorisme avec Homeland, celle d’un ordre du monde qui disparait dans Downton Abbey, enfin la peur de la menace russe avec Occupied (Envahis). Foreign Policy s’était amusée à transposer le monde fantastique de Game of Throne ou la fascination du chaos, dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui. Ainsi les Lannister sont l’Arabie saoudite, la Maison Stark les mouvements d’opposition qui ont brièvement accédé au pouvoir au lendemain des « printemps arabes » ; la Maison Barathéon représente les autocrates… Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la réalité a dépassé la fiction. Ce n’estplus Winter is coming, mais Winter has come. Et comme dans la série, on peut craindre qu’il ne dure très longtemps. Dans Downton Abbey, Dominique Moïsi analyse la nostalgie de l’ordre. La série débute en 1912. Un monde s’apprête à être bouleversé. Cette saga familiale aurait pu s’appeler « Le déclin de la famille Crawley ». La problématique de Homeland – et si l’ennemi venait de l’intérieur, et s’il était nous ? – a pris une crédibilité plus grande aux lendemains des attentats de Londres en 2005, des assassinats de Toulouse en 2012, de Paris en 2015, de Fort Hood et de San Bernardino aux Etats-Unis… House of Cards, décrit la fin du rêve américain et la montée des populismes, avec à l’époque de la diffusion de la série, les premiers succès flatteurs de Donald Trump, lors de la campagne pour les primaires du Parti. House of Cards traduit une perte de confiance généralisée à l’égard des élites. Dans Occupied, on retrouve croisées toutes les peurs de notre temps, du réchauffement climatique à la crise du modèle démocratique encouragée par des dirigeants médiocres. De la montée de la peur face à la Russie de Poutine, surtout depuis sa gestion de la crise ukrainienne, au discrédit relatif ou absolu dans lequel sont tombés l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique au cours de ces dernières années. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 29, 201956 min

Ep 120Thématique : « De Gaulle » par Julian Jackson / n°120

J’ai trouvé dans les mémoires du diplomate et journaliste libanais Salah Stétié cette appréciation sur le commandant de Gaulle, rédigée par le général de Bigault du Granrut lorsque de Gaulle quitta son poste au Liban : "Depuis deux ans que je peux l'apprécier dans les fonctions de Chef du 3ème Bureau de mon état-major, je n'ai cessé d'éprouver pour l'ensemble des qualités intellectuelles et morales qu'il possède une estime mêlée d'admiration. Sur la valeur guerrière je n'ai pas besoin d'appuyer, ses blessures, le reste de ses citations se passent de commentaires. J'insiste sur les mérites hors pair de ce soldat qui développe par un travail constant les qualités qu'il a conscience de posséder. Il sait d'ailleurs les faire apprécier avec discrétion, gardant en toutes circonstances une attitude réservée, empreinte d'une correction toute militaire. Beau soldat, ce sera un beau chef, qu'il y a intérêt pour le bien de son armée et de toute l'armée à pousser rapidement aux hautes situations où il donnera sa pleine mesure et ne décevra pas." 2020 marquera un triple anniversaire : les 130 ans de la naissance de Charles de Gaulle, les 50 ans de sa disparition et les 80 ans de l’appel du 18 juin. Pour nous y préparer, c’est le citoyen d’un pays avec lequel le général a entretenu des rapports pour le moins contrastés, la Grande Bretagne. Professeur Julian Jackson, vous enseignez à Queen Mary, University of London, vous êtesun spécialiste de l’histoire de la France au XXe siècle. On vous doit notamment, « La France sous l’occupation 1940-1944 » aux éditions Flammarion et vouspubliez aux éditions du Seuil « De Gaulle. Une certaine idée de la France ouvrage salué par la critique britannique, américaine et française et couronné du Duff Cooper Prize.» Pour cette biographie, vous vous êtes appuyé sur de nombreux fonds documentaires, lettres, et livres, et sur les archives récemment ouvertes de la présidence de la Ve République, ainsi que de celles de Michel Debré. La personnalité rugueuse du Général constitue une donnée essentielle pour comprendre un itinéraire parfois chaotique. Courageux, déterminé, mais aussi colérique et ingrat, Charles de Gaulle parait un homme pétri de contradictions : « un soldat qui passa le plus clair de sa carrière à critiquer l’armée ; un conservateur qui s’exprimait souvent comme un révolutionnaire ; un homme de passion incapable, ou presque, d’exprimer des émotions » Si le général de Gaulle s’affirmait guidé par « une certaine idée de la France », vous montrez que cette idée était sujette à d’importantes variations selon une dialectique toute bergsonienne qui cherche « à établir l’importance de l’intuition par rapport à l’intelligence analytique, de l’élan vital contre la doctrine figée ». Professeur Jackson, au fil des 1.000 pages de votre biographie, comment s’est modifiée la certaine idée du général de Gaulle de vos débuts ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 22, 20191h 0m

Ep 128G.B. = Good Bye / n°119

G.B = GOOD BYE Les conservateurs britanniques conduits par Boris Johnson ont remporté jeudi la majorité absolue des sièges au Parlement. Des 650 sièges aux Communes, ils en obtiennent au moins 362 contre 317 lors du précédent scrutin en 2017, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn se sont effondrés à 203sièges (contre 262 en 2017). Celui-ci s’est déclaré vendredi « très déçu » du résultat des élections législatives, ajoutant qu’il ne « conduira pas le parti aux prochaines élections »Le Premier ministre Boris Johnson avait convoqué ce scrutin après avoir perdu sa majorité au Parlement, à la suite de désaccords avec son petit allié nord-irlandais du Parti unioniste démocrate et au sein de son propre Parti conservateur sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des britanniques.Pour l’hebdomadaire britannique The Economist, ces élections ont représenté un cauchemar, à cause de la radicalisation des deux principaux partis du gouvernement. Deux visions opposées, portées par deux leaders impopulaires, se sont affrontées durant la campagne électorale : le conservateurBoris Johnson a garanti la sortie de l’Union européenne, avec pour slogan « GetBrexit done » (Réalisons le Brexit), tandis que le travailliste Jeremy Corbin envisageait la sortie partielle de l’économie de marché. Ce que l’hebdomadaire Courrier international a résumé en un titre : « les Britanniques choisissent entre ‘’un marxiste’’ et un ‘’fanatique du Brexit’’ ». Ils ont donc choisi le « fanatique du Brexit » au terme d’une campagne électorale marquée selon The Times « par l’amertume, les exagérations et les mensonges à un degré inhabituel ».Elu pour un mandat de cinq ans, Boris Johnson s’est félicité d’avoir obtenu « un nouveau mandat fort, pour “faire le Brexit” qu’il peut mettre en œuvre au 31 janvier 2020. Toutefois, si, en vertu de l’accord de divorce, Londres a jusqu’au 31 décembre 2020 pour négocier la future relation avec le club européen, ce délai semble d’ores et déjà quasi impossible à tenir, et les experts parient déjà sur une prolongation de la transition.Dès mardi 17 décembre, les nouveaux députés feront leur entrée à Westminster et pourraient avoir à se prononcer sur le « Withdrawall bill », l’acte législatif de retrait de l’Union européenne avant Noël. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 15, 201959 min

Ep 125La grande grève ; Une COP chasse l’autre / n°118

LA GRANDE GRÈVE ​806 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, 1,5 million selon la CGT. A Paris, Rennes, Marseille, Toulouse, Bordeaux ou Lille, la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites a été très importante. Le secrétaire national du Parti Communiste Fabien Roussel note une mobilisation « dans toutes les provinces de France, mais particulièrement exceptionnelledans les petites communes et les villes moyennes, beaucoup plus en tout cas qu’en 1995 ».Cheminots, policiers, avocats, enseignants, pompiers, routiers, personnels hospitaliers, étudiants, retraités étaient dans les cortèges. 90% de TGV et 80% de TER ont été annulés, les métros et bus bloqués. 51,15% des enseignants du primaire et 42,32% du secondaire étaient en grève, selon le ministère de l’Éducation, tandis que les syndicats, qui parlent de record historique font état de 70% des enseignants du primaire et 75% dans les collèges et lycées. Au départ circonscrit à la seule annonce par les syndicats de la SNCF de leur grève reconductible, le mouvement a été rejoint par nombre de syndicats et de partis politiques, des Insoumis au Rassemblement national, à l’exception du parti présidentiel. Une mobilisation que 68% des Français estiment « justifiée », selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France info. Fin octobre, 57% des sondés se déclaraient opposés au mouvement. Pour Philippe Askenazy, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure-Ecole d’économie de Paris et chercheur au CNRS-Centre Maurice-Halbwachs, « le gouvernement semble avoir tout fait pour entretenir le flou sur le contenu final de la réforme et sur ses intentions, ajoutant même des déclarations contradictoires sur la ‘’clause du grand-père’’, un paramètre parmi une infinité d’autres inconnus à ce jour ». Plusieurs mouvements de grève ont été reconduits. A la RATP, il doit durer jusqu’à lundi. Le Premier ministre devrait communiquer l’architecture de la réforme en milieu de semaine prochaine. « La très grande diversité des régimes actuels, des 42 régimes de retraite actuels, ne peut pas perdurer » a rappelé vendredi Édouard Philippe. Une rencontre doit avoir lieu lundi avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales pour « clôturer le cycle de négociations sociales et de débats avec les Français ».***UNE COP CHASSE L’AUTRE La Conférence des Nations unies sur les changements climatique, COP 25 (pour « conference of parties ») qui se tient du 2 au 13 décembre à Madrid - sous la présidence du Chili, qui a dû renoncer à accueillir l’événement en raison de la crise politique en cours – est la réunion des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée en 1992. A l’occasion de cette 25e édition, des décisions devraient être prises sur au moins trois sujets : les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui doivent être revus à la hausse, l’aide aux pays les plus vulnérables, et l’encadrement des « marchés carbone ».​En 2015, faisant suite à la COP 21, l'accord de Paris, approuvé par 195 délégations, convenait de tout mettre en œuvre afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-delà des températures préindustrielles. Toutefois, la somme des contributions volontaires pour réduire les émissions domestiques à effet de serre annoncées par l’ensemble des pays ne permettait pas de contenir le réchauffement planétaire sous la barre des 3°C. En outre, si pour certains Étatsl’accord est contraignant, pour d’autres, il n’en est rien, puisque le traité ne prévoit aucune sanction en cas de non-respect des engagements. Quatre ans plus tard, dans un compte-rendu sur le climat publié en septembre, l’ONU évoquait « une décennie perdue ». Dans son dixième rapport annuel publié le 26 novembre dernier, l’Organisation internationale rappelaitque « le niveau actuel d’émissions de gaz à effet de serre est quasiment le même que ce que [nos rapports] prévoyaient pour 2020 si aucune politique n’était mise en place ». Fin novembre, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonçait, quant à elle, que la présence des gaz à effet de serre dans l’atmosphère avait battu de nouveaux records en 2018. A priori, cette COP 25, ne devrait pas être l’occasion de grandes décisions. Elle devrait lancer la dynamique vers celle de Glasgow en Ecosse, l’an prochain. Très attendue, la COP 26 sera le premier grand rendez-vous dans le cycle onusien depuis la signature des accords de Paris : les États volontaires y seront appelés à présenter de nouvelles « contributions nationales », plus ambitieuses. Pour l’instant, seuls 68 pays essentiellement des pays en développement (Chili, Mexique, Argentine, Fidji, îles Marshall, notamment) sur les 197 membres de la Convention cadre des Nations unies s’y sont engagés. Aucun des principaux pollueurs (Chine, États-Unis, Inde, Canada, Australie, Brésil), à l’exception de l’Afrique du Sud, n’a encore montré qu’il était prêt à s’engager

Dec 8, 20191h 6m

Ep 124Europe : la commission, enfin ! / Tremblement de peuple en Iran / n°117

EUROPE : LA COMMISSION, ENFIN !​Après un parcours semé d’embûches, le 27 novembre, le Parlement de Strasbourg a donné son aval au collège de 26 membres présenté par Ursula vonder Leyen avec la plus large majorité enregistrée jusqu’à présent : 461 voix pour, 157 contre et 89 abstentions. Avec un mois de retard sur le calendrier, l’ancienne ministre allemande de la Défense devient aujourd’hui, la première femme présidente de la Commission européenne. Un retard dû au profil contestéde commissaires désignés, aux atermoiements du Brexit, à la polémique autour du nom d’un portefeuille devenu « Promotion du mode de vie européen » au lieu de « Protection » de ce mode de vie, aux équilibres fragiles du Parlement européen où pour la première fois depuis sa création en 1979, le Parti populaire européen (PPE) et celui des Socialistes et démocrates (SD) ne réunissent pas une majorité absolue et doivent composer avec Renew, constitué en juin 2019 et auquel La République en Marche est affilé, et enfin en raison de la dégradationdes relations entre Paris et Berlin.​La France et l’Allemagne ont en effet eu bien du mal à se mettre d’accord sur le nom d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission européenne. Ni Michel Barnier, ni Manfred Weber n’ont été choisis. Paris a consenti à accepter une allemande à condition de décrocher un portefeuille économique large. Entre-temps, Berlin a profité de la polémique sur la nomination de Sylvie Goulard pour contester via le Parti populaire européen lepérimètre de son portefeuille jugé trop large. Au terme de son audition au Parlement européen, le 14 novembre, le Français Thierry Breton a hérité de ce poste qui englobe le marché intérieur, la politique industrielle, le marché unique numérique, ainsi que l’industrie de la défense et de l’espace.​Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée en 2017, les différends se sont accumulés entre Paris et Berlin. Fin octobre, le coup d’éclat du Président français qualifiant l’Otan d’institution en état de « mort cérébrale » avait été jugé inacceptable par la chancelière allemande. Auparavant, en août, le « virage russe », du chef de l’Etat a d’autant plus irrité l’Allemagne qu’il a été opéré sans concertation avec la chancellerie. Mais la décision française la plus préjudiciable, serait d’avoir fermé la porte, en octobre, à un élargissement de l’Union européenne à l’Albanie et la Macédoine du Nord. La mésentente concerne également les programmes communs d’armement, la réforme de la zone euro et l’avenir de l’Europe de la Défense. Finalement, ce que le président français reproche surtout à la chancelière allemande, c’est de ne pas avoir répondu à ses propositions de 2017. De ne pas avoir saisi la main tendue.***TREMBLEMENT DE PEUPLE EN IRAN ​En Iran, le 15 novembre, des manifestations ont éclaté dans une centaine de villes à l’annonce d’une hausse d’au moins 50% du prix des carburants à la pompe et malgré une réforme du mode de subvention de l’essence, censée bénéficier aux ménages les plus défavorisés. Le lendemain, sur ordre du Conseil suprême de sécurité nationale iranien l’accès à internet a été bloqué, pour n’être rétabli qu’une semaine plus tard. Durant cette période, une répression à huis clos s’est abattue sur le pays. Les manifestants s’en sont pris aux bâtiments officiels, symboles de la corruption du régime, y compris les écoles religieuses, les municipalités et les banques publiques. Des stations-service ont été incendiées, des commissariats de police attaqués et des magasins vandalisés. Les forces de sécurité ont fait usage d’armes à feu. Amnesty International évoque un bilan de plus de 150 morts vérifiées. Plus d’un millier de personnes auraient été arrêtées. « La rapidité avec laquelle le régime a réagi d’une main de fer indique qu’il se sent assiégé, et ne tolérera aucune dissidence », estime Ali Vaez, directeur du programme Iran à l’International Crisis Group. Pour un sociologue qui préfère demeurer anonyme, « cette violence est sans doute le résultat de l’accumulation de frustrations à la fois politiques et économiques ».​Depuis le retrait unilatéral de Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, les recettes du pays assurées à 40% par le pétrole ont chutédrastiquement. Selon le Fonds monétaire international, le produit intérieur brut de l’Iran, qui a chuté de 5% en 2018, devrait cette année baisser encore de 9,5%. La pénurie des biens de consommation entraîne une inflation qui atteint officiellement 40% et le taux de chômage des jeunes se situe autour de 30%. ​En outre, pour la première fois, l’influence iranienne dans le monde arabeest contestée. A Beyrouth et dans le reste du Liban, un mouvement populaire remet en cause depuis la mi-octobre le système confessionnel qui profite au Hezbollah, la puissante formation politique et militaire chiite, relais des intérêts de l’Iran dans le pays. Plus encore, à Bagdad et dans le sud chiite de l’Irak, des milliers de manifestants, depuis fin octobre, re

Dec 1, 20191h 2m

Ep 122Congrès des maires de France / L’Amérique latine dans la rue / n°116

Congrès des maires de France A quatre mois des municipales, le président Macron a ouvert mardi le 102e congrès des maires de France, à la Porte de Versailles à Paris devant plusieurs milliers d’élus locaux. Depuis son élection, Emmanuel Macron entretient des relations tumultueuses avec les maires, avec en point d’orgue sa décision de ne pas participer au Congrès 2018, alors même qu’il s’était auparavant engagé à venir chaque année. Depuis, le Président a souhaité s’appuyer sur les 34 967 maires lors du Grand débat national pour sortir de la crise des gilets jaunes et il amultiplié les signes en direction des élus. Parmi les sujets de friction figurent en particulier : les treize milliards d’euros d’économies réclamées aux territoires sur l’ensemble du quinquennat, la compensation de la suppression de la taxe d’habitation, ou encore la taille des intercommunalités jugée trop grande à force de regroupements. Plus largement, les édiles s’estiment dépossédés, abandonnés par le pouvoir central face à la disparition chronique des services publics, alors que, selon la dernière enquête du Cevipof, le maire est de loin le représentant politique en qui les Français ont le plus confiance (58% en décembre 2018, contre 31% de confiance envers les députés, et 23% pour le président). Dans son long discours mardi aux élus, Emmanuel Macron a tenté de corriger son image de « Président des villes » ou président « hors sol en martelant « J’ai besoin de vous », tout en évoquant notamment la hausse de la rémunération des maires, une nouvelle étape de la décentralisation qui sera présentée mi 2020 et en se prononçant contre l’interdiction des listes communautaires aux municipales. A quatre mois du scrutin, les maires ne sont plus que 28% à ne plus souhaiter se représenter en 2020, contre environ un sur deux il y a un an, selon une enquête du Cevipof. C’est sensiblement la même proportion que lors des municipales de 2014. Le Premier ministre Édouard Philippe est intervenu en clôture jeudi « sur le volet opérationnel », au moment où le parlement examine un projet de loi « Engagement et proximité » qui se veut une réponse aux attentes des élus locaux.*** L’Amérique latine dans la rue Depuis deux mois, au Chili, en Argentine, en Équateur, au Pérou, en Bolivie, en Uruguay, ou bien les gouvernements sont congédiés dans les urnes ou bien ils sont contestés dans les rues. Au Chili, si l’élément déclencheur a été l’augmentation du ticket de métro, les revendications massivement soutenues par des manifestations qui ont rassemblé jusqu’à un million de personnes, ont rapidement porté sur une profonde rénovation de la répartition des richesses et d’un système politique organisé par une constitution qui date du général Pinochet. En Argentine, ce sont les électeurs qui ont remercié dès le premier tour le président sortant, Mauricio Macri et son modèle d’austérité concocté avec le Fonds monétaire international. Ils ont confié aux péronistes le soin de venir à bout des maux qui rongent un pays dans lequel a été déclaré un état d’urgence alimentaire. En Equateur, la suppression des subventions pour l’essence et le diesel, décidées conformément aux préconisations du FMI, ont embrasé les rues de Quito et contraint le président Lenin Moreno à se réfugier à Guayaquil, la plus grande ville du pays, avant de négocier une trêve avec les manifestants. Des troubles moins directement liés à l’austérité ont également eu lieu au Pérou, en Bolivie, et en Uruguay, où les élections se sont déroulées sur fond de revendications sociales. En Colombie, les jeunes, et plus particulièrement les étudiants, manifestent depuis septembre pour dénoncer les cas présumés de corruption et réclamer une éducation décente. Au Venezuela, la crise économique et humanitaire n’en finit pas de ne pas trouver d’issue. Pour Olivier Compagnon, directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, cette vague de protestations latino-américaines a pour cause première l’effondrement de la croissance économique, qui est passée de 4% en moyenne entre 2000 et 2012 à une prévision de 0,6% en 2019. Une croissance en berne, dans une région que la commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’ONU décrivait en janvier comme « la plus inégalitaire du monde ». Pour le sociologue chilien Manuel Antonio Garreton si les mouvements englobent les revendications économiques et sociales, ils les dépassent et portent très fortement sur les modes de représentation politique. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 24, 20191h 2m

Ep 123BADA #17 : Réformes et OTAN

bonus

Les échanges avec le public, enregistrés le 17 novembre 2019 à l’Ecole Alsacienne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 22, 201925 min

Ep 121Réformes, le commencement de la fin ? / OTAN, l’alliance en miettes ? / n°115

Inquiet d’une résurgence des « gilets jaunes » - qui ont commémoré hier l’anniversaire du début de leur révolte – redoutant une défaite aux municipales de mars prochain, l’exécutif veut prendre son temps pour peaufiner ses réformes. Concernant celle des retraites, le président Macron indique que rien n’est encore décidé. La question de l’âge pivot n’est pas tranchée et le gouvernement a promis fin août une concertation de près d’un an. Le projet consiste à remplacer les 42 régimes de retraite existants par un système par répartition universel, dans lequel chaque euro cotisé donnerait le même droit à pension pour tous. La réforme, assure le gouvernement, ne se fera pas au même rythme pour tous. Chaque secteur concerné aura droit à sa négociation. Le basculement est prévu pour 2025. Aujourd’hui aucune date n’est sûre, toutes les hypothèses sont sur la table, y compris l’application de la « clause du grand-père », qui consisterait à n’appliquer la retraite par point qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Emmanuel Macron et Édouard Philippe estiment qu’il fautl’étudier, tandis que le Haut-commissaire chargé de la réforme, Jean-Paul Delevoye s’est déclaré contre. Ce dernier s’est fait sèchement recadrer. Selon un sondage Elabe pour Les Échos, Radio Classique et l’Institut Montaigne : 47% des Français se disent opposés à cette réforme et 29% s’y déclarent favorables. Autre front : l’hôpital. Le service public craque, après des années de restructurations mal digérées et de réductions d’effectifs mal calibrés. A Paris, ce sont des centaines de lits actuellement fermés en raison de difficultés de recrutement et de fidélisation chez les soignants. Des postes sont budgétés mais non pourvus. L’hôpital, « un sujet que je regarde avec énormément d’attention et qui me préoccupe beaucoup » a déclaré le président le 28 octobre sur RTL. « Il va falloir que l’on remette des moyens » assure-t-il. Après la mobilisation du personnel hospitalier le 14 novembre, des annonces devraient être faites lors du prochain conseil des ministres. « Le problème qu’on a c’est qu’on fait une stratégie qui va mettre 5 à 10 ans à se déployer », rappelle le président. D’ici là, le 5 décembre la CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs mouvements de jeunesse ont appelé à « une première journée de grève interprofessionnelle », dans le sillage de plusieurs syndicats de la RATP. L’exécutif craint un embrasement dans la fonction publique.*** Moins d’un mois avant le 70e anniversaire de l’Alliance atlantique qui sera célébré lors du prochain sommet de l’organisation à Londres les 2 et 4 décembre prochain, le président Emmanuel Macron a jugé le 7 novembre dans, The Economist que l’Otan était en « état de mort cérébrale ». Dans un long entretien avec l’hebdomadaire britannique, le président français explique cet état par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés et l’intervention militaire de la Turquie, membre de l’Alliance, dans le nord de la Syrie. « Il n’y a aucune coordination dans la prise de décision stratégique entre les États-Unis et ses alliés de l’Otan » regrette le président français qui se déclare également alarmé de la « fragilité extraordinaire de l’Europe » qui « disparaitra », si elle ne « se pense pas comme puissance dans ce monde ». Pour lui, le sursaut doit passer par deux chemins : le développement d’une véritable « souveraineté militaire » et la relance du dialogue avec la Russie.​Les coups contre l’Alliance atlantique ont été portés par Donald Trump, qui après avoir considérée qu’elle était « obsolète » pendant sa campagne électorale, a introduit le doute sur sa volonté d’honorer la solidarité militaire stipulée par l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord en cas d’attaque contre un de ses membres.​Les propos d’Emmanuel Macron ont suscité un tollé chez les alliés. Ils ont choqué en Allemagne où Angela Merkel a déclaré : « Je ne pense pas qu’un tel jugement intempestif soit nécessaire ». Les « termes radicaux » de M. Macron a ajouté la chancelière ne correspondent pas à « mon point de vue ». Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan a observé que « toute tentative d’instaurer une distance entre l’Europe et l’Amérique du Nord ne va pas seulement affaiblir l’Alliance transatlantique mais risque aussi de diviser l’Europe ». La présidente désignée de la Commission européenne, Ursula vonder Leyen a défendu « la plus puissante alliance de défense dans le monde ». Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompéo a jugé que l’Otan restait « historiquement un des partenaires stratégiques les plus important ». Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau a souligné le « rôle extrêmement important » de l’organisation internationale notamment en Irak et en Lettonie. Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki a estimé les propos d’Emmanuel Macron « dangereux » tandis que le président turc Recep TayyiupErdogan les a qualifiés d’« inacceptables » . Moscou, en revanche, a salué des « paroles en or » et « une définition pr

Nov 17, 20191h 2m