
Le Nouvel Esprit Public
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Ep 234Bada # 92 : Les régionales dans la perspective des présidentielles / Questions du public / 7 juillet 2021
bonusBada de l’émission en public du dimanche 4 juillet 2021 à l'Ecole Alsacienne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 234Les régionales dans la perspective des présidentielles / n°200 / 4 juillet 2021
LES RÉGIONALES DANS LA PERSPECTIVE DES PRÉSIDENTIELLES Le 27 juin, les régionales ont vu la réélection des 13 présidents de régions métropolitaines sortants, qu'ils soient de droite et du centre (7 régions) ou de gauche (5 régions) à l'issue d'un second tour marqué par une abstention massive de 65 ,7%, un point de moins qu’au premier tour. Trois poids lourds de la droite traditionnelle qui ambitionnent de disputer la présidentielle en 2022 ont emporté une nette victoire : Xavier Bertrand avec 53% dans les Hauts-de-France s’est aussitôt déclaré candidat à la présidentielle, Valérie Pécresse, forte d'un score de 45,9% en Ile-de-France a donné rendez-vous après l'été pour savoir si elle sera candidate ou non, tandis que Laurent Wauquiez (55,2% en Auvergne-Rhône-Alpes) dit refuser « ces espèces de course de vitesse où à peine élu, on passe à autre chose ». Le chef du parti Les Républicains, Christian Jacob, a annoncé lundi que la droite déciderait le 30 septembre de son « système de départage », qui serait ensuite soumis à un congrès militant. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le président Les Républicains sortant, Renaud Muselier, qui a bénéficié du retrait de la liste écologiste au lendemain du premier tour, l'a largement emporté sur le candidat du Rassemblement National Thierry Mariani, avec 57,30 % des voix contre 42,70 %.A gauche, le Parti socialiste a conservé ses 5 régions. En Occitanie la réélection haut la main – sans l'appui du reste de la gauche, et notamment des écologistes – de la sortante Carole Delga a été acquise avec 57,77 % des voix. En revanche, les écologistes – Karima Delli dans les Hauts-de-France et Julien Bayou en Ile-de-France – qui ont pris la tête de listes d'union de la gauche n'ont pas créé de dynamique. Aujourd’hui à gauche trois candidats se sont déclarés en piste pour les présidentielles. Le communiste Fabien Roussel, l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, et celle ou celui qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) désignera le 12 septembre, lors de la primaire des écologistes, Sandrine Rousseau, Yannick Jadot, Éric Piolle et, peut-être, Delphine Batho.Les grands perdants du second tour des élections régionales et départementales sont la REM et le Rassemblement national. La République en marche n’a gagné aucune région et totalisé moins de 7 % des voix, le pire score jamais réalisé par un parti au pouvoir. Le reflux du Rassemblement National au premier tour a surpris par son ampleur : en dépit d'une présence dans la totalité des régions métropolitaines, comme en 2015, les listes du Rassemblement National ont perdu 9,2 points, passant de 28,4 % à 19,2 %.Toutefois, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria réalisé avant le second tour et publié le 27 juin, Emmanuel Macron et Marine Le Pen restent en tête des intentions de vote à la présidentielle, quel que soit le candidat de la droite testé. S'il s'agit de Xavier Bertrand, Emmanuel Macron et Marine Le Pen feraient jeu égal, avec 24 % des voix, devant le candidat de la droite, crédité de 18 % des intentions de vote. Pécresse et Wauquiez, quant à eux, feraient 13 %. A gauche, Jean-Luc Mélenchon plafonne désormais à 10% dans les intentions de vote. Anne Hidalgo a dit qu'elle clarifierait son jeu à l'automne. Elle récolte 6% d'intentions de votes tout comme Yannick Jadot. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 231Bada # 91 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (27) … avec Yves Jeuland / 30 juin 2021
bonusSi C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ… (27) Avec Yves Jeuland, réalisateur de documentaires : « Paris à tout prix »(sur les municipales de 2001) « Les Gens du Monde » (sur les journalistes du quotidien du soir), « Il est minuit, Paris s’éveille » (sur les cabarets de l’après-guerre), « Le Président » (sur Georges Frèche) «Un Temps de président », (sur François Hollande), « Un Français nommé Gabin », « Bleu blanc rose » (sur les espoirs et les désespoirs du monde homosexuel), « Charlie Chaplin, le génie de la liberté »... ces quelques titres d’un catalogue qui en compte plus de trente donnent une idée de l’éclectisme d’Yves Jeuland , réalisateur à qui chacun reconnaît une exceptionnelle capacité à se fondre dans le paysage humain qu’il filme et une curiosité qui conduit ses spectateurs d’étonnements en découverte et de découverte en compréhension. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 231Élections sans électeurs / L’Iran après Rohani / n°199 / 27 juin 2021
ÉLECTIONS SANS ÉLECTEURS « Historique », « ahurissant », « phénoménal », « catastrophique », « abyssal », la concurrence des qualificatifs choisis pour dire publiquement l’ampleur de l’abstention enregistrée dimanche 20 juin au premier tour des élections régionales et départementales, exprime la sidération partagée face à une démobilisation électorale qui concerne désormais deux citoyens inscrits sur trois. Sur les 47,7 millions d'électeurs appelés à voter, plus de 30 millions ont choisi de ne pas se déplacer. Selon les chiffres publiés le 21 juin par le ministère de l'Intérieur, le taux d’abstention serait de 66,74 %. Soit une hausse de +17,9 points par rapport au même scrutin de 2015 (49,9 %). Depuis trente ans, l’abstention aux régionales progresse : 25,2 % en 1986, 31,4 % en 1992, 53,7 % en 2010... Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, moins d'un électeur sur deux a pris part aux scrutins successifs (législatives, européennes, municipales et aujourd'hui départementales et régionales).Une enquête de l'institut Ipsos publiée le 20 juin sur le profil sociologique des abstentionnistes, indique que les premiers à se démobiliser sont les jeunes, les électeurs les moins diplômés et les plus radicaux : 73 % des électeurs de Marine Le Pen et 67 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour de la présidentielle de 2017 se sont abstenus dimanche dernier, contre 44 % des électeurs de François Fillon. L'abstention par âge démontre aussi la quasi-absence des électeurs les plus jeunes : 87 % des 18-24 ans n’ont pas voté aux régionales, contre 40 % des 70 ans et plus. Les retraités s’abstiennent le moins (47 %). Viennent ensuite les cadres et les professions intermédiaires (69 %), puis les employés et les ouvriers (75 %).Dans toutes les régions métropolitaines, l'abstention a dépassé 60 %, atteignant même 69,15 % en Ile-de-France, 69,27 % dans les Pays de la Loire et 70,38 % dans le Grand-Est. Seule la Corse se distingue par une abstention qui n'est « que » de 42,92 %. A l'échelle départementale, la Seine-Saint-Denis détient le plus fort taux d'abstention avec 75,78 %, devant la Moselle (73,28 %), le Val-d'Oise (72,79 %) et la Seine-et-Marne (72,29 %). La Lozère est le département le plus mobilisé, avec 51,57 % d'abstention, devant le Gers (55,32 %), le Lot (56,17 %) et l'Aveyron (56,71 %). Selon un sondage de l'Ifop Fiducial réalisé le jour du vote, 40 % des personnes interrogées estimaient que ce scrutin ne changerait rien à leur vie personnelle et 35 % d'entre elles jugeaient qu'il ne modifierait pas la situation de leur région.***L’IRAN APRÈS ROHANI En Iran, l'élection du 18 juin 2021, pour désigner le successeur du réformiste Hassan Rohani en place depuis 2013, a porté à la présidence de la république islamique le conservateur Ebrahim Raïssi. Un tour aura suffi pour élire le candidat adoubé par le guide suprême Ali Khamenei âgé de 81 ans - à qui Raïssi pourrait succéder un jour étant lui-même Hodjatoleslam. Le Conseil des gardiens, organe non élu aligné sur l'ayatollah Ali Khamenei, le véritable maître du pays au nom du primat du religieux sur le politique, avait invalidé 99 % des candidats. Sans véritables adversaires, l'actuel chef de l'Autorité judiciaire a recueilli près de 62 % des suffrages, selon les chiffres officiels. Un résultat terni par un vote blanc massif et une abstention de 52%, la plus importantedepuis la révolution de 1979. Le président Raïssi sera investi en août et songouvernement en octobre. Tandis que les amis de l'Iran, dont la Syrie, la Russie et la Turquie ont rapidement félicité le président élu, Amnesty International a publié un rapport accusant Raïssi de « crimes contre l'humanité, notamment d'assassinats, de torture et de disparitions forcées », du temps où, à la fin des années 80, il était le jeune procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il aurait alorsdonné l'ordre d'exécuter 4 à 5.000 opposants aux Moudjahidines du Peuple.Raïssi figure sur la liste noire des dirigeants iraniens sanctionnés par les États-Unis pour « complicité de graves violations des droits humains ». L’élection s’est déroulée dans un contexte économique et social très dégradé. Depuis le retour des sanctions en 2018, avec le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire, l'inflation n'a cessé de grimper, jusqu'à atteindre aujourd'hui 40 %, tandis que le taux de chômage est de 12 %. Ces chiffresofficiels sont sous-estimés, selon de nombreux économistes. Les 83 millions d'Iraniens sont confrontés aux difficultés de la vie quotidienne et au manque de perspectives pour leurs enfants. La classe moyenne est en voie d'appauvrissement. De grandes manifestations ont agité le pays en 2019. Les chiffres issus du centre de recherches du parlement indiquent qu'avant la pandémie, 60% des Iraniens vivaient sous le seuil de pauvreté. Les médias pro-régime annoncent que désormais 80% de la population se situeraient entre les seuils de la pauvreté absolue et de la survie. Durant sa campagne, Raï

Ep 227Bada # 90 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (26) … avec Jean-Claude Casanova / 23 juin 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (26), avec Jean-Claude Casanova, directeur de la revue Commentaire. Quelle place les revues ont-elles tenues et tiennent-elles aujourd'hui en France dans la vie intellectuelle, littéraire, artistique depuis le 19ème siècle ? Fondée par des élèves de Raymond Aron à l’époque de la guerre froide, Commentaire réunit historiens, publicistes, économistes, spécialistes de la littérature et ne néglige pas l’actualité et la critique des médias. Comment vit une telle revue ? Comment et pourquoi résiste-t-elle à l’instantanéisme de la toile et de l’information « en temps réel »? En répondant à ces questions, Jean-Claude Casanova évoque aussi quelques unes des figures qui ont marqué la revue. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 228Biden en Europe : changement et continuité / La France au Sahel : partir revenir / n°198 / 20 juin 2021
BIDEN EN EUROPE : CHANGEMENT ET CONTINUITÉ« L’Amérique est de retour à la table », a déclaré le président américain le 13 juin, à l'issue du G7 organisé au Royaume-Uni. Le premier voyage à l’étranger de Joe Biden l’a conduit d’abord au sommet des pays industrialisés du G7 du 11 au 13 juin, en Cornouailles, puis à Bruxelles pour un sommet de l'OTAN, avant de rencontrer les dirigeants de l'Union européenne. Enfin, il a eu un tête à tête avec Vladimir Poutine à Genève, le 16 juin. Dans une tribune publiée le 6 juin par le Washington Post, le président Biden a expliqué qu'ilvenait en Europe pour « Rassembler les démocraties du monde autour de l'Amérique. » Toutefois, signe de l'intérêt tout relatif porté par l'administration Biden à l'Europe, les ambassadeurs américains auprès de l'Union européenne etde l'Otan, en France, au Royaume-Uni ou en Allemagne n'ont toujours pas été nommés. Les trois priorités affichées de Biden sont le climat, le Covid, et la Chine. Il a insisté sur la nécessité pour les États-Unis de travailler dans ces domaines avec des pays qui « partagent nos valeurs et notre vision de l'avenir - d'autres démocraties ». Critiqué pour son approche de la vaccination America first et pour son refus, pendant des mois, d'exporter le moindre flacon, Biden a annoncé en Cornouailles le don par les Etats-Unis de 500 millions de doses aux pays pauvres.A Bruxelles, le président américain a pris le contre-pied de Trump, en qualifiant l'Otan d'« Alliance la plus réussie de l'histoire du monde », et a affirmé « l'engagement inébranlable des États-Unis à l'égard de l'article 5 », cette disposition qui garantit que les alliés viendront en aide aux États membres en cas d'agression. Biden veut aussi étendre la vigilance de l'Otan à des menaces plus modernes, comme les cyberattaques contre les infrastructures, qui se multiplient ces dernières années. Washington a décidé de faire de l'attribution des cyberattaques un des piliers de sa politique d'endiguement envers la Russie et de la Chine. Ce choix se traduit par la désignation de plus en plus directe des auteurs présumés des attaques contre les intérêts des Etats-Unis, comme dans le cas de l'affaire SolarWinds, révélée fin 2020, que le président Biden a officiellement attribuée, mi-avril, à la Russie. Le communiqué final du sommet proclame que « les ambitions déclarées de la Chine et son comportement affirmé représentent des défis systémiques pour l'ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l'importance pour la sécurité de l'Alliance ». Après l'élection de Joe Biden, son administration avait fait passer au quartier général de l'OTAN un message selon lequel l'Alliance devrait mettre sur le même pied les menaces chinoise et russe.Avant de rencontrer Vladimir Poutine à Genève, Joe Biden a répété : « Nous ne cherchons pas le conflit avec la Russie. Nous voulons une relation stable et prévisible ». Les présidents américain et russe sont convenus de lancer des consultations sur la cybersécurité et la limitation des armements nucléaires, ainsi que du retour de leurs ambassadeurs respectifs à Moscou et à Washington.***LA FRANCE AU SAHEL : PARTIR REVENIRPlus de huit ans après l'intervention militaire française au Mali qui avait permis en 2012 de sauver sa capitale Bamako des groupes armés djihadistes et deux semaines après la survenue d'un nouveau coup d'État dans ce pays, le président Macron a annoncé, le 10 juin, « la fin de l'opération Barkhane en tant qu'opération extérieure » et la transformation profonde de la présence française au Sahel. Sans s'engager sur un calendrier ou une réduction chiffrée des effectifs, le chef de l’État a décidé d'un retrait progressif des forces françaises. « Le rôle de la France n'est pas de se substituer à perpétuité aux États », du Sahel, a-t-il expliqué en refusant de voir l'armée française « sécuriser des zones » auparavant contrôlées par les terroristes sans réengagement des États, essentiellement du Mali. Toutefois, Emmanuel Macron n'a pas annoncé un départ définitif et complet du Sahel. Le plan de sortie se veut progressif. Aujourd’hui, Paris déploie quelque 5.100 soldats sur onze bases militaires dont six au Mali - les autres étant au Tchad, au Niger et au Burkina-Faso en soutien aux armées des États du Sahel qui peinent à les combattre seules les djihadistes du groupe État islamique et Al-Qaïda. Après le second coup d'État au Mali en mai, la France a gelé cette mission d'accompagnement et veut désormais se concentrer sur la lutte ciblée contre les djihadistes. La future présence française au Mali devrait s'organiser autour de deux axes. Un premier pilier poursuivra la coopération avec les partenaires locaux. La mission de formation de l'Union européenne au Mali en sera l'axe central. L'autre pilier se concentrera sur la lutte antiterroriste. Elle sera structurée autour de la force Takuba. Lancée en juillet 2020, elle compte 600 militaires des forces spéciales, dont 300 Français et 300 Européens. Ses

Ep 227Bada # 89 : les questions du public de l’émission du 13 juin / 16 juin 2021
bonusLes questions du public lors de l’enregistrement du 13 juin 2021, et les réponses de Jean-Louis Bourlanges, Nicole Gnesotto, Marc-Olivier Padis et Richard Werly. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 227Réforme de la fonction publique / n°197 / 13 juin 2021
RÉFORME DE LA FONCTION PUBLIQUELe président de la République a annoncé le 8 avril, devant un parterre de 600 hauts fonctionnaires, la suppression de l'École nationale d’administration(ENA), imaginée par Jean Zay sous le Front populaire et créée par le général de Gaulle en 1945. Elle doit être remplacée à partir du 1er janvier 2022 par un Institut national du service public (ISP) qui rassemblera quatorze écoles de fonctionnaires, dans les locaux de l’ENA à Strasbourg. Le concours de recrutement ne devrait pas changer avant 2023. Les élèves auront toujours le statut de fonctionnaires stagiaires et un effort sera consenti en direction des boursiers de l'enseignement supérieur. L’INSP est conçu non pas comme une grande école, mais comme un institut dans lequel les cadres de la fonction publique pourront se former tout au long de leur carrière, afin, selon le ministèrede la Transformation et de la Fonction publique de diversifier le recrutement des hauts fonctionnaires, là où l'image de l'ENA était ternie par l'entre-soi social. Le contenu de la formation sera davantage ouvert sur le monde académique et sur les enjeux internationaux. On y étudiera un tronc d'enseignements communs auxquatorze écoles de service public, portant sur cinq thèmes (laïcité, numérique, écologie, inégalité-pauvreté, et rapport au discours scientifique) pour créer une « culture commune » à toute la fonction publique d'État. Autre innovation : les élèves n'intégreront plus directement les grands corps de l'État en fonction de leur classement, mais seront affectés pendant deux ans à des postes opérationnels ou de terrain. C'est la fin de la fameuse « botte », qui permettait aux quinze premiers d'intégrer le Conseil d'État, la Cour des comptes ou l'Inspection générale des finances. L’autre volet de la réforme concerne la suppression d’un certain nombrede grands corps, notamment les trois inspections que sont l’inspection générale des finances, l’inspection générale des affaires sociales et l’inspection générale de l'administration) qui seront fondues dans un seul et unique corps : celui des administrateurs d'État. En revanche, les corps attachés au Conseil d'État et à la Cour des comptes, du fait de leurs fonctions juridictionnelles, jouissent d'une protection constitutionnelle et ne seront pas touchés. Concrètement, à leur sortie d'école les élèves intègreront un corps régi par des statuts, auquel ils resteront attachés tout au long de leur carrière. Ils seront recrutés pour des emplois précis et à durée déterminée. Si le corps préfectoral est amené à disparaître, la fonction et le métier de préfet seront en revanche préservés. Il s'agit de « fonctionnaliser » ces missions explique-t-on au ministère de la Transformation et de la Fonction publique. Presque tous les corps concernés ont plus ou moins publiquement témoigné de leurs inquiétudes sur les conséquences de la réforme, ainsi que de leur agacement de se voir stigmatisés par un texte qui les vise : le 3 juin l'ordonnance pour la mise en œuvre de la réforme était présentée en Conseil desministres. Le mois de juin sera consacré à la consultation de hauts fonctionnaires, avant un point d'étape début juillet, qui sera rendu public par le Premier ministre Jean Castex et la ministre de la Transformation et de la Fonction publique Amélie de Montchalin. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 227Un peu de patience …
bonusChers auditeurs,L’émission d’aujourd’hui étant enregistrée en direct, il faut un certain temps avant qu’elle ne soit mixée et prête à être diffusée. Elle le sera dans le courant de l’après-midi, sur votre plate-forme de podcasts habituelle, ainsi que sur notre site, lenouvelespritpublic.fr Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 222Bada # 88 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (25) … avec Arnaud Séité / 9 juin 2021
bonusCet épisode est rendu possible grâce au soutien d'Axa Perspectiv'ESG. Pour plus d’informations, rendez-vous avec un Conseiller AXA en Agence et sur go.axa/assurancevie. L’investissement sur des supports en unités de compte présente un risque de perte en capital.SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (25) avec Arnaud Seité, musicien, jazzophile, cabaretier sur la péniche Le Marcounet, amarrée quai de l’Hôtel de ville à Paris, à deux pas du Pont-Marie, en face de l’île Saint-Louis. Guitariste amoureux du jazz manouche, Arnaud Seité et ses amis ont fait l’acquisition à Chalons-sur-Saône d’une péniche Freycinet de 1925 (39 m de long, 5,20 m de large), et l’ont fait convoyer jusqu’à la capitale où, transformée par leurs soins, elle est à la fois un cabaret qui accueille musiciens , chanteurs et comédiens, un bar, un restaurant et une terrasse sur les berges désormais vouées aux piétons, aux cyclistes et autres adeptes des déplacements non motorisés. On y entend des concerts gratuits au bord du fleuve, on y fête des mariages, on y organise des « événements », on y voit des défilés de mode… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 224Afrique : la France n’est plus ce qu’elle était / Une stratégie pour la biodiversité ? / n°196 / 6 juin 2021
Cet épisode est rendu possible grâce au soutien d'Axa Perspectiv'ESG. Pour plus d’informations, rendez-vous avec un Conseiller AXA en Agence et sur go.axa/assurancevie. L’investissement sur des supports en unités de compte présente un risque de perte en capital.AFRIQUE : LA FRANCE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT.Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le président français s'efforce de remanier la stratégie, les relations et l'intervention de la France en Afrique. Pour sortir du fameux « pré carré », il s’est tourné vers l'Afrique anglophone. Après sa visite en mars 2019 en Afrique de l'Est (au Kenya et en Éthiopie), Emmanuel Macron s’est rendu cette année au Rwanda et en Afrique du Sud. Il a créé un Conseil présidentiel africain, dans lequel on retrouve des chefs d'entreprise et les intellectuels africains les plus en rupture avec la Françafrique. Il s'est tourné vers les diasporas et s'est adressé en novembre 2017 à Ouagadougou à la jeunesse africaine. Il a annoncé qu'il entendait restituer « le patrimoine africain » détenu par la France, une demande très ancienne des États d'Afrique. Il a dévoilé, avec le président ivoirien Alassane Ouattara, une réforme du franc CFA, pour changer notamment le nom de cette monnaie africaine dont l'acronyme « Colonies françaises d'Afrique » n'a jamais varié. L'Élysée s'est attaché à renouer avec le Rwanda, autre abcès de la Françafrique en reprenant à son compte les conclusions du rapport Duclerc qui conclut à une lourde responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis, qui fit 800 000 victimes en 1994 tout en écartant la complicité Enfin, le président a tenté de fermer un autre chapitre délicat en autorisant la justice burkinabè à consulter les archives liées à l'assassinat de Thomas Sankara, perpétré en 1987 et dont la France est accusée d'avoir été complice.L’Élysée a organisé un mini-sommet sur la dette, car, selon le Fonds monétaire international, l'Afrique sub-saharienne aura besoin d'ici à 2023 de 890 milliards de dollars de financements extérieurs, soit 55% du PIB de la région. L'Afrique est devenue le terrain privilégié des luttes d'influence, et pas seulement de la part de la Chine : la Russie, la Turquie, l'Inde ou l'Iran chassent sur les terres africaines, où la France autrefois hégémonique peine à conserver ses « parts de marché ». A Montpellier, en octobre, un millier d’entrepreneurs, d'intellectuels, d'activistes ou de sportifs, devraient participer à un dépoussiérage de l'image de la France, et endiguer le sentiment antifrançais. La vieille relation française à l'Afrique n'est pas pour autant terminée, comme vient de l'illustrer le soutien apporté par Paris à Mahamat Idriss Déby, au Tchad, devenu président d'un Conseil militaire de transition après la mort brutale de son père, Idriss Déby, survenue le 19 avril. Toutefois, après le nouveau coup d’Etat au Mali, le 24 mai, Emmanuel Macron a déclaré, « nous n'avons pas vocation à rester éternellement » dans le pays en évoquant l'avenir de l'opération « Barkhane » où sont déployés plus de 5 000 soldats français depuis 2014.***UNE STRATÉGIE POUR LA BIODIVERSITÉ ? Dans un rapport publié en 2019, les experts de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques réunissant les représentants de 110 pays – sur les 132 que compte ce « Giec de la biodiversité », a révélé qu’un million d’espèces sont en danger d’extinction sur la planète. Le Fonds mondial pour la nature, le WWF, qui depuis 1998 publie tous les deux ans le Rapport Planète Vivante mesurant l'état de la biodiversité mondiale, a constaté qu’en 50 ans, nous avons perdu 68 % du nombre de vertébrés sauvages dans le monde. Les trois quarts des systèmes terrestres et les deux tiers des systèmes marins sont dégradés. En 2010, la communauté internationale adoptait à Nagoya, au Japon, 20 objectifs, dits d'Aichi, pour préserver la biodiversité d'ici 2020. Malgré des progrès, les Nations unies ont constaté, en septembre 2020, l'échec de la décennie d'Aichi, aucun des objectifs n'ayant été totalement atteint. Les prochaines ambitions mondiales doivent être approuvées lors de la COP15 prévue en octobre à Kunming, en Chine. Une coalition d'États plaide pour adopter le principe d'une protection de 30 % de la surface terrestre d'ici à 2030.Le premier One Planet Summit consacré à la biodiversité, organisé par la France en janvier dernier, a lancé une série de rendez-vous visant à aboutir, à la fin de l'année, à l'adoption d'une nouvelle feuille de route mondiale pour la protection des écosystèmes lors de la 15e Conférence des parties (COP15) de la Convention sur la diversité biologique. Ce sommet a été notamment l'occasion d'affirmer les liens entre les trois crises majeures que sont le dérèglement climatique, l'érosion de la biodiversité et la pandémie de Covid-19. La convergence entre le climat et la biodiversité s'est aussi exprimée sur les financements, par le biais d'un appel à ce que 30 % des investissem

Ep 219Bada # 87 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (24) ... avec François Jousseaume / 2 juin 2021
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Ep 222Fractures partisanes / Biélorussie : Tintin dans les geôles / n°195 / 30 mai 2021
FRACTURES PARTISANES A la veille des élections régionales, tandis que Les Républicains et le Parti Socialiste sont fragilisés de l'intérieur et sans véritable leader, La République en Marche peine à s'affirmer sur le terrain local. Seul, le Modem son allié à l'Assemblée nationale, est à la tête d'une liste commune en Centre-Val de Loire.Quinze membres du gouvernement se sont portés candidats, notamment dans les Hauts-de-France avec des poids lourds comme le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti.Prise en tenaille par La République en Marche et le Rassemblement National, la droite n'en finit pas de se déchirer sur les alliances locales de ses candidats. En Provence-Alpes-Côte-D’azur, les Républicain et les Marcheursont dansé le tango : fusion, irritation, convocation, séparation, conciliation, combinaison, recomposition, confusion… Georges Clémenceau disait de la danse argentine « on ne voit que des visages qui s’ennuient et des derrières qui s’amusent »Selon les estimations de l'Ifop, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur la liste du Rassemblement national conduite par Thierry Mariani, ex-Les Républicains,recueillerait 31 % des voix, contre 27 % pour Renaud Muselier. Dans le Grand-Est, le président sortant Les Républicains, Jean Rottner ne souhaite pas prendre sur sa liste l'eurodéputée Nadine Morano, jugée trop « droitière ». En réponse, celle-ci a annoncé qu'elle refusait de voter pour Jean Rottner et a estimé dans Le Parisien que la liste du Rassemblement national « n'incarne pas le fascisme et n'est pas d'extrême droite ». La gauche aborde également les régionales en ordre dispersé. En dépit des appels au rassemblement, l'union n'aura pas lieu. En tout cas pas au premier tour, à l'exception des Hauts-de-France où la liste menée par l'écologiste Karima Delli est la seule à réunir le Parti socialiste, le Parti communiste, Europe écologie-Les Verts et la France insoumise. Lutte Ouvrière présente sa propre liste dans chaque région métropolitaine. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, si Europe-Écologie Les verts, le Parti Socialiste et le Parti Communiste ont fait liste commune, ils n’ont pas obtenu le soutien de La France Insoumise. Partout ailleurs, les socialistes, les communistes, les Verts et les Insoumis ont présenté systématiquement deux voire trois listes différentes, avec le soutien à géométrie variable d'autres petites formations de gauche. Ce déchirement est particulièrement marqué dans les régions où la gauche est sortante et favorite, comme en Bretagne, où pas moins de cinq listes de gauche ou écologistes s'affrontent. Elles sont quatre en Centre-Val-de-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.***BIÉLORUSSIE : TINTIN DANS LES GEOLES. Le 23 mai un avion d’une compagnie irlandaise reliant deux pays de l'espace Schengen, la Grèce et la Lituanie, a été contraint par un chasseur de l’armée biélorusse d’atterrir à Minsk. Ce détournement a permis l'arrestation d'un opposant du régime, Roman Protassevitch et de sa compagne, a été qualifié de « piraterie » et de « terrorisme d'État » par certains pays. Peu après le journaliste a été contraint d'enregistrer des aveux filmés. Dès le lendemain, tout en réclamant la « libération immédiate » du journaliste et de sa compagne les dirigeants européens annonçaient à l’unanimité- requise en matière de politique étrangère - la fermeture de l'espace aérien et des aéroports européens aux avions biélorusses, ainsi que la préparation d'un nouveau volet de sanctions contre le régime. En août 2020, le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu avec officiellement 80% des suffrages. L'Union européenne n'a pas reconnu la validité du scrutinqu’elle a jugé « ni libre ni équitable ». Ses condamnations de la répression brutale et incessante des opposants sont restées sans effets. La liste des personnalités et entités sanctionnées individuellement va donc s'allonger dans les jours qui viennent. Elle compte déjà 88 noms (et 7 entités), dont le président Alexandre Loukachenko et son fils, Viktor (conseiller à la sécurité nationale). Ils sont interdits de séjour dans l'Union, leurs avoirs sont gelés et tout financement européen vers la Biélorussie est prohibé. La pression européenne pour accentuer l'isolement de la Biélorussie et appuyer l'opposition s’est renforcée. De Bruxelles, Emmanuel Macron a apporté son soutien à la demande de Svetlana Tikhanovskaïa, figure de proue de l'opposition biélorusse en exil en Lituanie, qui réclame « la participation des forces démocratiques biélorusses au G7 » prévu du 11 au 13 juin au Royaume-Uni.Le Kremlin a publiquement « regretté » la décision de l'UE de contourner l'espace aérien biélorusse et le président Vladimir Poutine a reçu le 28 mai Alexandre Loukachenko, pour la troisième fois cette année. Les deux pays sont étroitement liés par l’Histoire, la géographie et l’économie. Ils sont membres del'Union économique eurasiatique et de l'Organisation du Tr

Ep 218Bada # 86 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (23) ... avec Emmanuel Noblet (2/2) / 26 mai 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (23) Avec Emmanuel Noblet comédien, metteur en scène et adaptateur, Molière du Seul en scène pour « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal -2ème partie-.Comment mettre en scène un récit solitaire ? Quels sons ? Quelles lumières ? Comment se faufiler dans la programmation du off à Avignon ? Comment trouver un producteur ? Comment, à partir d’un mois sur la scène du Rond-Point, se déploient 302 représentations à travers la France, mais aussi à La Réunion, l’Ile Maurice, Madagascar, Moscou, Voronej, St Pétersbourg, Samara, Saratov, New-York, Los Angeles, Tunis… et comment réagissent les publics ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 220Sommet de Porto : où en est l’Europe sociale ? / Au Tigré, un génocide à bas bruit / n°194 / 23 mai 2021
SOMMET DE PORTO : OÙ EN EST L’EUROPE SOCIALE ? Les 7 et 8 mai, les chefs d'État et de gouvernement européens, se sont réunis à Porto, au Portugal, pour un sommet social de l'Union, aux côtés de représentants des institutions européennes, de partenaires sociaux, de membres de la société civile et de rmandataires d'organisations internationales. Les 27 États membres ont adopté une déclaration en treize points. Elle affirme leur détermination à mettre en œuvre le « socle européen des droits sociaux » adopté par les institutions à Göteborg en 2017, dont l'importance a été renforcée par la crise liée à la pandémie. Cette déclaration qui tient compte des « différentes situations nationales » contient des engagements généraux et non chiffrés en matière d'emploi, d'éducation, de formation, de réduction de la pauvreté et des écarts de salaire hommes-femmes ou encore de droits des travailleurs, notamment dans le nouveau domaine des plateformes numériques. Il ne s’agit que d’orientations car la compétence sociale reste aux États membres et l'Union européenne ne peut jouer qu'un rôle d'appui. Toutefois, les 27 État membres ont endossé à Porto le plan d’action présenté par la Commission européenne le 4 mars dernier qui trace la voie à suivre en Europe dans le domaine social, en fixant notamment trois nouveaux objectifs à atteindre d'ici à 2030 : un taux d'emploi de 78 % (au lieu de 73 % en 2019) ; 60 % de la main-d’œuvre adulte bénéficiant d'une formation chaque année (au lieu de 40 % en 2019) ; sortir 15 millions d'Européens de la pauvreté, dont 5 millions d'enfants. Afin de veiller à ce que les 27 États membres y parviennent, chacun à son rythme, les objectifs chiffrés vont être intégrés à la surveillance des budgets nationaux au même titre que la dette, les déficits, et les nouveaux critères climatiques dans le cadre du cycle de coordination des politiques économiques, budgétaires, sociales et du travail baptisé « semestre européen ».Si les traités ne permettent pas, par exemple, de fixer un salaire minimum européen, les discussions ont porté sur la définition de critères communs pour établir dans chaque pays un niveau minimal de rémunération, afin d'éviter de trop grandes disparités. Aujourd’hui, le salaire minimum en Bulgarie plafonne à 332,30 euros contre 2.201,93 euros brut au Luxembourg. L'inégalité salariale entre les hommes et les femmes en Europe est de 14,1 % en moyenne, mais ce chiffre masque de grands écarts entre les pays : au Luxembourg, l'égalité est pratiquement atteinte (1,3 % en 2019), les écarts les plus forts sont constatés en Autriche (19,9 %), en Allemagne (19,2) et en République tchèque (18,9 %). La France se situe dans la moyenne (14,1 %).Les pays latins, dont la France, sont systématiquement demandeurs de mesures sociales à l'échelle européenne, tandis l’Allemagne et les pays nordiques, attachés à leur modèle, et ceux de l'Est, soucieux de garder leur compétitivité, sont nettement moins enthousiastes.***AU TIGRÉ, UN GÉNOCIDE A BAS BRUIT Depuis le 4 novembre, l’Éthiopie est de nouveau le théâtre d’un conflit armé opposant le pouvoir central fédéral d’Addis-Abeba aux forces séparatistes du Front de libération des peuples du Tigré. Depuis l'arrivée au pouvoir, en 2018, du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, les dirigeants tigréens se plaignent d'avoir été progressivement écartés à l’occasion de procès pour corruption ou de remaniements de l'appareil sécuritaire. En septembre, le Tigré a organisé ses propres élections, défiant le gouvernement, qui avait reporté tous les scrutins en raison du Covid-19. Addis-Abeba considère désormais illégal le gouvernement régional du Tigré, qui à son tour ne reconnaît pas de légitimité au Premier ministre.Les Nations unies craignent l'imminence d'une catastrophe humanitaire dans cette région qui compte 6 millions d'habitants. Plus de 60.000 Tigréens ont déjà rejoint les camps de réfugiés de l'autre côté de la frontière, au Soudan. Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a interdit l'accès au Tigré aux journalistes et à la plupart des organisations humanitaires. Les rares échos qui parviennent de la province témoignent d'exécutions sommaires, de massacres de civils, de bombardements indiscriminés, de viols collectifs ainsi que de pillages à grande échelle. En décembre, la Commission européenne a suspendu le versement de quelque 90 millions d'euros d'aide budgétaire à l'Ethiopie, faute pour Addis Abeba de garantir un accès humanitaire sans restrictions au Tigré. Le 4 mars, la haut-commissaire de l'ONU aux droits humains, Michelle Bachelet, a annoncé que son bureau avait pu confirmer dans la région une série de violations graves qui pourraient constituer des « crimes de guerre et des crimes contre l'humanité », perpétrés notamment par des troupes érythréennes.Le Tigré est l'un des dix États de la Fédération d'Éthiopie. Il s'étend sur une superficie de l'ordre de 50.000 km2, soit 4,5 % du territoire éthiopien. Il partage des frontières avec l'Érythrée et la

Ep 218Bada # 85 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (22) ... avec Emmanuel Noblet (1/2) / 19 mai 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (22) Avec Emmanuel Noblet comédien, metteur en scène et adaptateur, Molière du Seul en scène pour « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal -1ère partie-. Comment une entrée dans la carrière peut prendre la forme d'un parcours en montagnes russes avec des bas assez bas et des hauts pas très élevés, comment renoncer définitivement au sextennat, comment les matches d’improvisation affutent la capacité d’écoute, comment une photo en smoking aux côtés de Fanny Ardant peut devenir un inconvénient, comment remonter du 36ème dessous après une année où l’on n’a touché qu'un seul cachet, comment réussir à convaincre qu’une histoire de transplantation cardiaque peut remplir des théâtres ?… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 218Jérusalem : un déjà vu sanglant / Mitterrand : l’inventaire est amer / n°193 / 16 mai 2021
JÉRUSALEM : UN DÉJÀ VU SANGLANTAprès un mois de tensions, Jérusalem s'est de nouveau embrasée les 23 avril, après une manifestation du mouvement d’extrême droite Lahava, à l’entrée de la vieille ville. Les Palestiniens ont répondu à ce qu’ils ont considéré une provocation. Les forces de polices sont intervenues pour garantir « la liberté d’expression » et le « droit de manifester » de Lahava .Des cris de mort aux Arabes ont été proférés. En dehors de ces affrontements, le cœur des griefs qu'expriment les Palestiniens et les Arabes israéliens depuis des semaines porte sur la menace d'éviction, par la justice israélienne, de plusieurs familles d’un quartier limitrophe de Jérusalem-est, Cheikh Jarrah, au profit de colons juifs Conquise en juin 1967 par l’armée israélienne et annexée dans la foulée, la partie orientale de Jérusalem s’est depuis lors régulièrement trouvée au cœur de flambées de violence. La part de la population arabe est passée d’un peu plus de 25 % en 1967 à près de 40 % aujourd’hui. Dans la Vieille Ville, la présence juive demeure très minoritaire, à10%, malgré le soutien des autorités à l’entreprise de colonisation. Comme tout habitant de la ville, les Palestiniens paient des impôts à la municipalité contrôlée par Israël. Pourtant, seuls 10 % du budget municipal sont consacrés aux dépenses publiques de Jérusalem-Est. Cette différence d'investissement se répercute sur la qualité de vie des Palestiniens. Au-delà des problèmes d'infrastructures, ils sont aussi nettement plus pauvres que les autres habitants de la ville. Plus de 70 % d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, alors que le taux de pauvreté moyen en Israël est de 21,7 %. Contrairement aux citoyens arabes établis dans les frontières d’Israël,les habitants palestiniens de Jérusalem-Est doivent pour la plupart se contenter du statut de résident et ne disposent pas du droit de vote. Des citoyens arabes israéliens, qui forment 20% de la population israélienne, qui ont violement manifesté à leur tour à travers le pays, notamment en Galilée. Washington, les Nations unies, la Jordanie, gardienne des lieux saints, mais aussi des monarchies arabes, le Qatar et le nouvel allié émirati, ont fait pression sur Israël, pour qu'il tempère des opérations policières démesurées ces derniers jours. Lundi, la Cour suprême israélienne a reporté sa décision sur les expulsions dans le quartier de Cheick Jarrah, la police a interdit aux ultranationalistes l'accès à l'esplanade des Mosquées puis à la porte de Damas, alors qu'ils y ont droit chaque année. Après une « désescalade » sensible mardi à Jérusalem, après quatre jours d'affrontements violents et des centaines de blessés, essentiellement palestiniens, depuis, une escalade militaire bien plus meurtrière a pris le relais entre les forces du Hamas à Gaza et Israël et un arabe a été victime d’un lynchage près de Tel Aviv et un Juif a été lapidé à Acre.*** MITTERRAND : L’INVENTAIRE EST AMERLe 10 mai 1981, l’élection du président François Mitterrand a ouvert la voie à une série de réformes qui ont marqué le pays : économique avec les nationalisations ; sociales avec la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, l'impôt sur les grandes fortunes, le relèvement du smic, des allocations familiales et du minimum vieillesse, les lois Auroux qui renforcent les droits des salariés, la semaine de 39 heures,; sociétales avec l'abolition de la peine de mort, la consolidation de l'Interruption volontaire de grossesse, la dépénalisation de l'homosexualité… culturelles avec la création de deux nouvelles chaines de télévision commerciale et d’une chaîne de télévision européenne, le prix unique du livre, la Fête de la Musique, les grands travaux...Au bout des deux septennats, un sondage Ipsos de janvier 1996 établissait que grâce à Mitterrand, on avait progressé sur la place de la France dans le monde, la construction européenne, les libertés, la protection sociale, la lutte contre le terrorisme, mais plutôt reculé dans la lutte contre la pauvreté, l'état de l'économie, la lutte contre le chômage ou la moralisation de la vie politique. A l’occasion des 40 ans du 10 mai 1981, la Fondation Jean-Jaurès a mené avec l'Ifop et Génération Demain une enquête sur le regard porté aujourd'hui par les Français sur l'ancien président de la République, aussi bien sur l'homme que sur le bilan de ses deux septennats. Invités à désigner le président de la Ve République qu'ils apprécient le plus, l’ensemble des Français placent François Mitterrand au 3e rang après le général De Gaule et Jacques Chirac, Si l’on ne retient que l’opinion de la « génération Mitterrand », c'est-à-dire des Français âgés de plus de 55 ans qui avaient donc au moins 15 ans en mai 1981, François Mitterrand occupe la deuxième place derrière Charles de Gaulle. 58 % des Français associent à son nom le mot « socialiste » et 53 % le terme « européen ». Les classes populaires plébiscitent en priorité les réformes sociales, puis l'abolition de la peine de

Ep 217Bada # 84 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (21) ... avec Christophe Leribault
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (21) avec Christophe Leribault. Conservateur général du patrimoine et directeur du Petit Palais, autrement dit Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Depuis 2000, il a été commissaire d’expositions comme « Les Anglais à Paris au 19ème siècle », « Napoléon et le Louvre », « Delacroix et la photographie », « Les Impressionnistes à Londres, artistes français en exil » « Paris romantique » et il sera bientôt celui d’« Ilya Répine, le peintre de l’âme russe ». De quoi est faite la carrière d’un conservateur du patrimoine, quels engagements sont ceux d’un directeur de musée, comment la pandémie a-t-elle affecté les expositions du Petit Palais, comment et quand peuvent-elles reprendre ? Comment rappeler aux Parisiens et aux visiteurs l’intérêt et la valeur des collections permanentes, de leur 50.000 œuvres abritées dans un bâtiment lumineux et surprenant ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 216Des généraux de division / Le Tchad perd son fort Déby / n°192 / 9 mai 2021
DES GÉNÉRAUX DE DIVISIONDans une tribune dans Valeurs Actuelles, le 21 avril, une vingtaine d’officiers généraux de réserve sur les plus de 5.000 que compte la deuxième section, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires ont conjecturé : « Si rien n'est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles ». Les signataires redoutent une « guerre civile » et s'alarment de la menace que feraient planer sur la France « l'islamisme, les hordes de banlieue » et « un certain antiracisme ». Leur tribune a recueilli plus de 10.000 signatures sur un total de 210 .000 militaires d’actives, hors gendarmerie. En 2019, une enquête de l'Ifop sur le vote dans les bureaux proches des casernes avait révélé des scores particulièrement élevés pour le Rassemblement national.Le 23 avril, Marine Le Pen a répondu, dans Valeurs actuelles, qu'elle partageait leurs analyses et les a invités à rejoindre le Rassemblement national. La gauche a affiché sa consternation devant ce qu’elle considère être un appel à l'insurrection à peine voilé. Après un silence de plusieurs jours, la ministre des Armées, Florence Parly a condamné le 25 avril la tribune, jugeant que « Les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France ».Dans les colonnes de Valeurs actuelles, cette tribune succède à l'« appel à l'insurrection » lancé le 17 avril par l'ex-secrétaire d'État Philippe de Villiers dont le frère, le général Pierre de Villiers, veut « réparer la France » autour de la notion d'autorité. D’après une étude Ifop publiée fin 2020, 20 % des Français seraient prêts à voter pour cet ancien chef d’État-Major des armées aux élections présidentielles de 2022...Une semaine après sa publication dans Valeurs Actuelles, un sondage Harris Interactive / LCI indiquait que 58% des Français déclaraient soutenir les militaires signataires. A droite, cette tribune entrâine 71 % de sympathisants LR et 86 % de ceux du Rassemblement national. Une très forte majorité de Français partage la vision exprimée par les anciens militaires sur « la société française en train de se déliter » (73%) ou « une forme d’antiracisme qui produit une haine entre les communautés » (74%). Le sondage montre qu’un Français sur deux (49 %) pense que « l’Armée devrait intervenir sans qu’on lui en donne l’ordre afin de garantir l’ordre et la sécurité en France. »Le ministère et l’état-major des armées ont décidé de punir les signataires. Une volonté que ne partagent pas les Français selon le sondage Harris/Ifop : seuls 36 % y sont favorables pour les militaires d’active et 26 % pour ceux à la retraite.***LE TCHAD PERD SON FORT DÉBYAu président Idriss Déby, mort à 68 ans dont 30 à la tête du Tchad a succédé un conseil militaire de transition composé de 15 généraux présidé par le général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président et chef de la Garde présidentielle, qui a promis des élections « libres et démocratiques » à l'issue d'une « période de transition » de dix-huit mois.Les années Déby ont été marquées par la violence d'État : crimes de masse dans le sud du pays dans les années 90, assassinats politiques, disparitions d'opposants et de journalistes, élections truquées, détournement des ressources pétrolières par le clan au pouvoir. L'armée d'Idriss Déby, dont la plupart des hauts gradés sont issus de sa communauté, les Zaghawas, est réputée pour être une des meilleures de la région. Elle tenait la frontière avec la Libye, luttant contre les groupes islamistes qui y ont pris leurs quartiers et contre les incursions des mouvements rebelles tchadiens. Ses hommes contenaient aussi la poussée de Boko Haram dans la zone du lac Tchad. Cet appareil militaire tchadien a édifié au détriment du développement du pays, qui avec ses 15 millions d'habitants est aujourd'hui 187e sur 189 de l’indice de développement humain de l’ONU qui prend en compte le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants.Idriss Déby était aussi la pierre angulaire du G5 Sahel, la force conjointe composée par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad pour lutter, auprès des Français de la force Barkhane, contre les groupes djihadistes dans la bande sahélo-saharienne. Signe de la proximité entre Paris et N’Djamena, Emmanuel Macron a été le seul président occidental présent aux funérailles le 23 avril de l'ancien autocrate à N'Djamena.Devant la suspension de la Constitution tout comme celle de l'Assemblée nationale dont le président devrait, selon les textes, assumer l'intérim, plusieurs groupes d'opposition ont dénoncé un « coup d'État » et appelé à ne pas reconnaître la « junte militaire ». Le 27 avril, des manifestations ont été durement réprimées dans le pays faisant au moins six morts. Depuis, le général Mahamat Idriss Déby tente de don

Ep 214Bada # 83 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (20) ... avec Nieves Salzmann / 5 mai 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (20)…Avec Nieves Salzmann, régisseure générale à la Comédie française. Peintre, scénographe, créatrice lumière, Nieves a multiplié les expériences artistiques avant d’être chargée, dans la plus ancienne institution théâtrale de France, de veiller à la totalité d'un spectacle, aujourd’hui, Le Bourgeois gentilhomme, mis en scène par Christian Hecq et Valérie Lesort. L’exemple de ce travail encore en chantier donne à comprendre la richesse et la diversité d’un métier essentiel à la réussite d’un spectacle. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 215Police, justice, insécurités / L’Afghanistan livré à lui-même / n°191 / 2 mai 2021
POLICE, JUSTICE, INSÉCURITÉS. A Tourcoing, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Évreux, Blois, Trappes... les violences urbaines, avec leurs lots de tirs de mortier d'artifice et de feux de poubelles se sont multipliées ces derniers mois. A Rambouillet, le 23 avril, la France a été de nouveau frappée par le terrorisme avec le meurtre d’une agente administrative du commissariat de la ville des Yvelines par un Tunisien de 36 ans dont la radicalisation « paraît peu contestable », selon les mots du procureur antiterroriste. Une attaque qui intervient quelques mois après un automne déjà marqué par la décapitation du professeur Samuel Paty et l'attentat au couteau dans la basilique Notre-Dame à Nice. Deux décisions de justice ont récemment soulevé de très vives protestations. Le 14 avril, la Cour de cassation a déclaré, l'irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, qui, en avril 2017, à Paris, avait agressé et défenestré une femme de confession juive de 65 ans, Sarah Halimi. L'instruction avait conclu au caractère antisémite de l'homicide mais la Cour de cassation a considéré que l'intéressé avait agi sous l'emprise de la drogue, son jugement ayant été aboli par un état psychotique. Devant l’émotion suscitée par cette décision, le gouvernement a annoncé qu'il allait envisager une modification législative. Le 18 avril, la Cour d'assises de Paris a condamné en appel cinq jeunes à des peines de six à dix-huit ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l'attaque de policiers brûlés dans leur voiture à Viry-Châtillon dans l’Essonne en 2016, et prononcé huit acquittements provoquant des manifestations de policiers devant des tribunaux à travers le pays. Les méthodes d’interrogation de certains accusés ont été remises en question dans une partie de la presse. Dans un entretien au Figaro du 19 avril, le président de la République a reconnu que la France « doit faire face, à une forte augmentation des violences sur les personnes » et notamment à « la progression des violences du quotidien, qui visent tout particulièrement les détenteurs de l'autorité […]Les policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, élus sont les principales victimes de la progression de la violence dans notre société ». Selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, près de 30 policiers et gendarmes sont blessés en mission chaque jour (chiffres de 2018, les plus élevés depuis 2009). Un sondage Ifop publié début avril, indique qu’à peine 26 % des personnes interrogées jugent positif le bilan du président contre l'insécurité, alors que ce pourcentage atteignait 41 % en avril 2018. D'après un sondage Ifop pour le JDD réalisé en mars dernier, 81 % des sondés considèrent que la justice est trop laxiste. Aujourd’hui, la lutte contre la délinquance est jugée « tout à fait prioritaire » par 69 % des Français, moins que la lutte contre le Covid-19 (82 %), mais au même niveau que la lutte contre le chômage (70 %) et nettement devant la protection de l'environnement (59 %).*** L’AFGHANISTAN LIVRÉ À LUI-MÊME En Afghanistan, la plus longue guerre de l'histoire des États-Uniss'achèvera le 11 septembre prochain, vingt ans après les attentats qui l'avaient déclenchée. Le 14 avril, le Président américain a annoncé le retrait définitif des quelque 3 000 soldats américains encore déployés dans le pays. Cette guerre qui a coûté la vie à 2 400 GI et au moins à 100.000 Afghans a aussi coûté près de 1.000 milliards de dollars. Dans la foulée, les pays de l'OTAN ont annoncé leur désengagement « d'ici le 1er mai ». Washington a appelé de ses vœux la formation d'un gouvernement intérimaire à Kaboul, sans nouvelle élection présidentielle, ainsi que la mise en place d'un Conseil consultatif islamique « qui donnerait son avis sur toutes les lois, afin de s'assurer qu'elles sont conformes aux principes de l'islam ». Le secrétaire d’État américain, Antony Blinkenjustifie cette approche en disant qu'un retrait militaire américain « sans règlement politique » laisserait le gouvernement d'Ashraf Ghani « vulnérable ». A son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden avait hérité d'un engagement de son prédécesseur, Donald Trump, pour un retrait sous condition, au 1er mai, conformément à un premier accord avec les insurgés talibans conclu en février 2020 au Qatar. Les talibans n'ont cessé de répéter depuis que, si le retrait des soldats étrangers n'était pas effectif au 1er mai, ils se sentiraient libres de reprendre les combats. Les désertions se multiplient. Les soldats et les policiers manquent d’équipement, et nombre d’entre eux disent n’avoir pas été rémunérés depuis des mois. Les talibans contrôlent près de la moitié du pays : très présents dans les campagnes, s’ils ne disposent d'aucune ville majeure, ils tiennent de nombreux districts proches de grandes villes, y compris de Kaboul, et ils ont renforcé leur présence sur certaines autoroutes où ils fouillent les voitures et multiplient les checkpoints. Si le soutien occidental au gouvernement afghan a permis aux filles d

Ep 214Bada # 82 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (19) ... avec Romain Dessal / 28 avril 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (19)…Avec Romain Dessal, fondateur, propriétaire, rédacteur et patron de la lettre d’information quotidienne et gratuite TTSO. Son mot d’ordre : faire le tri et trouver le ton. Le tri dans la pléthore d’informations, le ton pour rapporter celles que l’on a retenues. Le résultat doit être déposé chaque soir de semaine vers 18h30 dans 150 000 boites aux lettres. 60 destinataires sur 100 ouvriront cette correspondance. C’est trois fois le taux d’ouverture moyen des lettres d’information. Romain Dessal, en décrivant l’histoire, la conception, la fabrication et les règles de TTSO éclaire les raisons de cette réussite. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 214La gauche et la perspective d’une union pour la présidentielle / Ukraine : Poutine au défi / n°190 / 25 avril 2021
LA GAUCHE ET LA PERSPECTIVE D’UNE UNION POUR LA PRÉSIDENTIELLE A l'initiative de l'eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, Yannick Jadot, les forces de gauche et écologistes se sont retrouvées le 17 avril à Paris « in vivo », pour discuter de 2022. Socialistes, écologistes, communistes, insoumis ... les principales formations ont été représentées ainsi que des partis de taille plus modeste. Lors de cette réunion, trois points d'accord ont pu être dégagés : un pacte de « non-agression » pour mettre fin aux batailles entre les différentes familles de gauche, l'ouverture de débats publics autour des programmes, et la mobilisation collective autour de sujets fédérateurs comme le climat, la lutte contre la réforme de l'assurance chômage, ou contre la réforme des retraites. Il a également été convenu que cette réunion serait la première d'une longue série.La prochaine devrait se tenir fin mai et la plupart des formations présentes ont souhaité que la question d'une plateforme programmatique commune et « un contrat de gouvernement » soit réglée cet automne. Le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure a annoncé que le plus dur était fait, assurant quesocialistes, écologistes, radicaux et le mouvement Génération·s avaient pris l’engagement, d’ici un an de désigner un candidat commun pour la présidentielle. Le député de la France insoumise, Éric Coquerel a aussitôt corrigé cette annonce : « Ce n'est pas ce qui sort en commun de cette réunion, et beaucoup des présents, notamment du pôle écologiste, ont refusé de s'enfermer avec le Parti socialiste pour une candidature de centre gauche. » En effet, entre le chef de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon candidat aux présidentielles depuis novembre dernier, le secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel qui s'est lui aussi lancé, tandis qu’Anne Hidalgo y réfléchi sérieusement et ceux des Verts qui prévoient des primaires fin septembre, une candidature unique de la gauche semble compromise. Pour l'heure, dans les enquêtes d'opinion, le chef de La France insoumise devance ses rivaux Yannick Jadot et Anne Hidalgo avec 9 à 13 % des intentions de vote. Un sondage Odoxa Backbone Consulting réalisé pour Le Figaro et Franceinfo révèle que 82 % des Français considèrent que la situation de la gauche est « mauvaise ». Même les Français se positionnant à gauche ne sont pas plus positifs, puisque 78 % d'entre eux jugent « mauvaise » la situation de leur famille idéologique. Quand on observe les courbes du positionnement politique des Français, le recul de la gauche dans l’opinion publique est flagrant : seuls 13% se disaient de gauche en juillet 2020, contre 23% en mars 2017. La désaffection est têtue et s'observe aussi dans les dernières enquêtes d'opinion pour la présidentielle de 2022. Tous rassemblés derrière un candidat unique, la gauche ferait entre 13 et 15%. Partant divisés, les candidats de gauche ne pèsent additionnés ensemble que 27%. Contre 44% en 2012. Actuellement, 81 % des sympathisants de gauche souhaiteraient que les partis de gauche et les écologistes présentent un candidat commun pour l'élection présidentielle de 2022. L'union est souhaitée par 80 % des Insoumis, 72 % des socialistes, et 87 % des sympathisants écologistes.***UKRAINE : POUTINE AU DÉFI Après plusieurs semaines de tension, jugeant ses exercices terminés, la Russie a annoncé qu’elle amorçait le 23 avril le retrait de ses troupes massées près de l’Ukraine et en Crimée annexée. Jamais depuis l'annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine, en 2014, la Russie n'avait massé autant de forces militaires à la frontière ukrainienne : plus de 100.000 hommes le long des lignes, des milliers de tanks, une centaine de missiles balistiques Iskander et des renforts en Transnistrie et en Crimée. Le 13 avril, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait donné corps aux inquiétudes de Kiev et des Occidentaux en confirmant l'ampleur des déplacements de troupes aux frontières ukrainiennes : « En trois semaines, deux armées et trois divisions de troupes aéroportées ont été transférées avec succès aux frontières ouest de la Russie pour des exercices », avait indiqué SergueïChoïgou, invoquant comme justification les « activités militaires menaçantes » de l'OTAN. Le même jour, le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, annonçait l'envoi de 500 militaires supplémentaires en Allemagne. Depuis sept ans, le conflit dans le Donbass a fait plus de 13.000 morts. La Russie est considérée comme le parrain des séparatistes au Donbass à qui elle livre troupes, armes et financement ce qu'elle nie, qualifiant le conflit de « guerre civile ». Depuis, pas moins de 30 cessez-le-feu se sont succédé. Le dernier, instauré le 27 juillet 2020, a tenu le plus longtemps. Reçu le 16 avril à Paris, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, 43 ans, élu en mai 2019, a estimé que son pays confronté aux agressions de la Russie « ne peut pas rester indéfiniment dans la salle d'attent

Ep 212Bada # 81 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (18) ... Avec Vincent Poymiro et David Elkaïm (2/2) / 21 avril 2021
bonusAvec David Elkaïm et Vincent Poymiro, principaux scénaristes de la série d’Arte « En Thérapie ». Le succès en boule de neige de cette succession de 35 huis-clos en pleine période de restriction des possibilités de circuler et d’avoir une vie sociale donne la mesure de la densité que lui confèrent sa réalisation, son interprétation, son scénario et ses dialogues. Impressionné, comme près de 3 millions de téléspectateurs, par cette série inspirée d’un original israélien ("Be Tipul"), j’ai voulu faire la connaissance de ce duo de scénaristes seniors, connaître leur formation, leurs influences, leurs rencontres, leur première complicité au lycée Montaigne de Bordeaux et leur incessante collaboration depuis : c’est la 1ère partie de notre bada, mis en ligne le 14 avril. Le 21 avril, nous mettrons en ligne la seconde partie consacrée à « En Thérapie », à leurs méthodes de travail et d’écriture, aux distances prises avec la série matrice, Be Tipoul et avec son avatar étasunien (In Therapy), à leurs rapports avec les comédiens, à leur méthode d’écriture à quatre mains, aux difficultés propres à tel ou tel épisode ou à tel ou tel des 7 personnages principaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 213Thématique : avec Thierry Breton, Commissaire européen / n°189 / 18 avril 2021
Merci de nous avoir rejoints pour cette troisième et dernière thématique de printemps pour laquelle avec Jean-Louis bourlanges, David Djaïz et Nicole Gnesotto, nous recevons Thierry Breton. Vous avez été entrepreneur, et vous avez notamment réussi un redressement spectaculaire de Thomson, vous avez été ministre de l’économie et des finances, et vous avez axé votre politique sur la modernisation de l’économie, sur la réduction de la dette et sur la valorisation du patrimoine immatériel. Depuis novembre 2019 vous êtes commissaire européen chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l'espace. Au cours des douze derniers mois, c’est l’industrie pharmaceutique qui a occupé le devant de la scène. Si les laboratoires ont réussi à développer très rapidement des vaccins, l’outil industriel n’a pas suivi. « La science a dépassé l'industrie » a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, le 10 février dernier. Autre souci : en juin 2020, pour garantir l’approvisionnement et faciliter le déploiement des vaccins, la Commission et les États membres ont adopté une approche européenne commune. 2,3 milliards de doses de vaccins ont été commandées à six fournisseurs différents (Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca, Curevac, Janssen, Sanofi). Pour le moment, quatre d’entre eux ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Agence européenne des médicaments. Confrontés début 2021 à une troisième vague épidémique aggravée par des variants plus contagieux et plus mortels, et à des retards de livraison des vaccins commandés par l’UE, certains Etats membres ont rompu les rangs et se sont tournés vers Moscou. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré le 19 mars : « En ce qui concerne le vaccin russe, je suis d'avis que tout vaccin autorisé par l'Agence européenne du médicament devrait être utilisé dans l’UE ». Mais « si celle-ci n'intervenait pas alors l'Allemagne devrait agir pour elle-même et c'est ce que nous ferions ». Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a tenu un discours semblable alors que la péninsule pourrait produire le vaccin russe dès juillet. Dans ce contexte de pandémie, Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2021passées de 4,2% à 3,8%, En 2020, son économie s'était contractée de 6,8%. En outre, neuf mois après son adoption, seuls 16 des 27 pays membres de l’Union ont ratifié le plan de relance européen. Avec la Turquie, non plus, les 27 ne sont pas à l'unisson et le récent pataquès protocolaire surnommé sofagate n’a pas montré une parfaite harmonie entre la Présidente de la Commission et celui du Conseil alors qu’ils venaient discuter avec le président Erdogan de l'accord entre son pays et l’Union, de la question de l'union douanière et des visas, ou encore de cette conférence sur la Méditerranée orientale tant voulue le chef de l’État turc. Dans le ciel, plus précisément dans l’espace, l’Europe fait preuve de davantage d’unité. Elle pilote trois programmes : Govsatcom doit permettre les communications gouvernementales par satellite dès 2020 et garantir la sécurité des services de communication aux organisations et aux opérateurs jugés stratégiques pour l'UE. Galileo, système de positionnement par satellites (radionavigation) Copernicus, système d'observation de la terre très important pour l'étude du changement climatique et dont on a pu écrire qu’il « confère à l'Europe un réel pouvoir de persuasion dans les relations internationales, comme en témoigne la couverture des incendies qui ont ravagé la Sibérie et l'Amazonie au cours de l'été 2019 ». En réunissant l’industrie de défense et l’industrie spatiale dans une même Direction Générale, l’Union européenne a d’ailleurs pris acte de la dimension stratégique du secteur spatial. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 212Bada # 80 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (17) ... avec David Elkaïm et Vincent Poymiro (1/2) / 14 avril 2021
bonusAvec David Elkaïm et Vincent Poymiro, principaux scénaristes de la série d’Arte « En Thérapie ». Le succès en boule de neige de cette succession de 35 huis-clos en pleine période de restriction des possibilités de circuler et d’avoir une vie sociale donne la mesure de la densité que lui confèrent sa réalisation, son interprétation, son scénario et ses dialogues. Impressionné, comme près de 3 millions de téléspectateurs, par cette série inspirée d’un original israélien ("Be Tipul"), j’ai voulu faire la connaissance de ce duo de scénaristes seniors, connaître leur formation, leurs influences, leurs rencontres, leur première complicité au lycée Montaigne de Bordeaux et leur incessante collaboration depuis : c’est la 1ère partie de notre bada, mis en ligne le 14 avril. Le 21 avril, nous mettrons en ligne la seconde partie consacrée à « En Thérapie », à leurs méthodes de travail et d’écriture, aux distances prises avec la série matrice, Be Tipoul et avec son avatar étasunien (In Therapy), à leurs rapports avec les comédiens, à leur méthode d’écriture à quatre mains, aux difficultés propres à tel ou tel épisode ou à tel ou tel des 7 personnages principaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 209Thématique : avec Caroline Fourest, autour de Génération offensée (éditions Grasset) / n°188 (11 avril 2021)
Caroline Fourest, Génération offensée - De la police de la culture à la police de la penséeCaroline Fourest, vous êtes journaliste, essayiste et éditorialiste à Marianne. Depuis de nombreuses années, vous militez en faveur de l'égalité et de la liberté, contre le racisme, le sexisme et l'homophobie. Vous êtes rédactrice en chef de la revue ProChoix que vous avez cofondée en 1997 et qui a pour objet « la défense des liberté individuelles contre toute idéologie dogmatique, liberticide, essentialiste, raciste ou intégriste ». En 2018, après de nombreux documentaires, vous avez réalisé votre premier film de fiction intitulé Soeurs d'Armes.En février 2020, vous avez publié chez Grasset « Génération offensée : de la police de la culture à la police de la pensée ». Vous y alertez contre la montée en France d'une gauche moraliste identitaire déjà très répandue aux Etats-Unis. Sa vision confuse de l'anti-racisme la pousse non pas à réclamer l'éradication des préjugés mais un traitement particulier au nom de l'identité. Reprenant à l'extrême droite les thématiques identitaires, elle la fait se placer en défenseure de la mémoire et de la liberté d'expression. Loin de contester les catégories ethnicisantes de la droite suprémaciste, la gauche identitaire s'y enferme. Au lieu de rechercher la mixité et le métissage, elle fractionne nos vies et nos débats entre « racisés » et « non-racisés », monte les identités les unes contre les autres jusqu'à mettre les minorités en compétition.Vous dites qu'il ne faut pas laisser la critique de cette gauche identitaire à la droite conservatrice mais que seul un antiracisme sincère est à-même de lutter contre ses contradictions. Vous vous revendiquez ainsi d'un antiracisme universaliste et d'une approche par le « droit à l'indifférence », qui permet selon vous d'éviter l'essentialisation des identités et à chacun de s'autodéterminer.Dans cet esprit, vous niez le bien-fondé des usages de plus en plus abusifs du concept d'appropriation culturelle et rappelez que la culture, autant que la politique, ne saurait être quelque chose d'exclusif. C'est au contraire le mélange, la source même de la créativité, qui permet de composer un monde commun.Lieu de liberté, vous dites qu'internet est aussi celui de tous les procès, et dénoncez les tentatives d'intimidations de cette gauche identitaire dans le cadre de phénomènes de meutes 2.0 sur les réseaux sociaux. Surtout, vous alertez contre la démarche de plus en plus victimaire de la jeunesse hyper-sensible d'une société qui ne flatte plus le courage ou l'honneur mais le statut de victime et dont l'université n'éduque plus à l'esprit critique. Cette jeunesse se veut « woke » et éveillée à l'injustice, mais les réseaux sociaux la poussent à décontextualiser ses luttes. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 212Thématique : avec Pierre Veltz autour de l’économie désirable (éditions du Seuil) / n°187 / 4 avril 2021
PIERRE VELTZ L'ÉCONOMIE DÉSIRABLE Éditions du Seuil Pierre Veltz, vous êtes diplômé de l’école Polytechnique et ingénieur du Corps des Ponts. Président de l’établissement public Paris-Saclay de 2010 à 2015, vous êtes également sociologue et urbaniste. Vous avez été l'auteur en 2008 de La Grande transition, et en 2017 vous avez publié au Seuil un livre intitulé La Société hyper-industrielle dont votre nouvel écrit, L'Économie désirable – sortir du monde thermo-fossile, constitue le prolongement.Après avoir constaté la nécessité de changer en profondeur nos organisations économiques et nos façons de vivre, vous pointez du doigt le hiatus des théories de la décroissance mis en lumière par la crise du Covid-19 : la mise à l'arrêt de nos économies entraîne des dommages gigantesques payés principalement par les plus fragiles. Sans attendre l'avènement chimérique d'un gouvernement mondial, vous écrivez qu'il est urgent d'élaborer des perspectives qui ne passent pas par l'accroissement des inégalités, du chômage et de la précarité de masse.D'abord, vous pointez du doigt la dimension industrielle de la transition et la nécessité d'établir une nouvelle grammaire productive. Vous montrez néanmoins son insuffisance et la nécessité d'une évolution de la demande vers plus de sobriété.Ensuite, vous décrivez le passage d'une économie des choses vers une économie des usages et des expériences, dans laquelle le numérique joue un rôle essentiel. L'économie de demain sera selon vous humano-centrée, compensant les pertes d'emplois des secteurs thermo-fossiles par l'extension des capacités des individus et de la réinvention de nos espaces de vie partagés. Les secteurs de la santé, de l'éducation, de la culture, du divertissement, de la sécurité, de la mobilité et de l'habitat, doivent selon vous être reconnus comme des moteurs essentiels de la création de valeur.Si cette économie doit nécessairement prendre un tournant local, vous mettez en garde contre le localisme et rappelez que la valorisation unilatérale du proche peut devenir problématique lorsqu'elle crée des illusions d'autosuffisance et qu'elle ignore les interdépendances et les solidarités interterritoriales fondatrices de notre contrat social. Vous passez enfin en revue les différentes voies macrosociales du changement, à savoir la fiscalité, la finance, et la technologie vertes. Selon vous, ni les marchés financiers, ni le darwinisme de la technologie, ni la multiplication des projets verts à l'échelle des villes ne sont aujourd'hui capables d'embarquer nos économies dans un véritable changement de modèle. Sans rétablir un lien anachronique entre puissance étatique et centralisation hiérarchique, vous en appelez au retour de l'État qui, plus que simple garant du marché, doit fixer des perspectives stratégiques cohérentes, mettre en place de grandes infrastructures physiques et normatives, investir et veiller à l'accompagnement social des mutations. Comment assurer la soutenabilité écologique du développement de l’économie hyper-industrielle ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 212« Le cinéma et la Der des ders » / Republication d’une émission avec Bertrand Tavernier (31 mars 2021)
bonusBertrand Tavernier a apporté au Nouvel Esprit public son amitié et son soutien. Sa fascination désolée pour la guerre de 14-18 a guidé deux de ses films majeurs. Sa connaissance du cinéma, des cinémas, lui donnait toute la compétence et toute l’autorité nécessaires pour nous éclairer sur les représentations cinématographiques de ce conflit dévastateur.En remerciement et en hommage, nous mettons en tête de ligne la conversation enregistrée avec lui à l’occasion de la dernière année du centenaire de la prétendue « der des ders ».« C’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Élysées lors du défilé de la Victoire (environ trois heures je crois), j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante. » Telles sont les dernières phrases, lues par Philipe Noiret, de la lettre d’un personnage fictif, le commandant Dellaplane, sorti des imaginations associées de Jean Cosmos et de Bertrand Tavernier pour les besoins de « La Vie et rien d’autre », l’un des films qui aura le plus contribué à la mémoire de la guerre dont nous venons de commémorer l’armistice. « Capitaine Conan », du même scénariste et du même réalisateur, redonne vie à ce « Corps expéditionnaire d’Orient », dont les soldats poursuivirent la guerre dans les Balkans bien après que les cloches avaient fait retentir l’heure de l’armistice. Le succès de ces deux films- que vient amplifier leur audience à chaque passage à la télévision ou sur le câble- est assurément dû à leurs auteurs et à leurs interprètes. Mais ce sont aussi des œuvres qui atteignent en nous quelque chose de profond et souvent d’informulé : le vertige devant l’ampleur de ce que cette guerre aura détruit et le besoin inlassable de savoir, de comprendre et de compatir. Dès les premières années de la guerre, le cinéma fut mis à contribution, tantôt pour répondre à ce besoin, tantôt pour promouvoir telle ou telle vision du conflit. Cent ans plus tard, la Der des ders continue d’inspirer les cinéastes, même s’ils l’abordent sous un angle inédit – celui de la place des femmes dans une société en guerre- comme Xavier Beauvois dans un film de 2017, « Les Gardiennes ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 211Pandémie : comment gérer un pari perdu ? / Israël : un puzzle électoral / n°186 (28 mars 2021)
PANDÉMIE : COMMENT GÉRER UN PARI PERDU ?Le 29 janvier, le président de la République s'est affranchi de la demande d'une grande partie du corps médical qui appelait à un reconfinement national. Le 1er mars, il a demandé aux Français de tenir encore « quatre à six semaines ». Puis les contaminations sont reparties à la hausse : Emmanuel Macron a pris acte de ce que le virus restait le « maître des horloges ». Le 18 mars le Premier ministre a annoncé le confinement de 16 départements, portés à 19 le 25 mars. Au mot de « confinement », l'Élysée préfère l’expression « mesures de freinage supplémentaires » et affirme avoir cherché « la proportionnalité et un juste équilibre », incluant « des choix forts », comme le maintien de l’ouverture des écoles. Le 25 mars, Emmanuel Macron a estimé avoir « eu raison de ne pas reconfiner la France » fin janvier. Malgré les avis des épidémiologistes, le télétravail n’est qu’un sujet d’exhortation. Les nouvelles mesures sont peu compréhensibles et prises en désordre : la liste des commerces fermés est passée de 110.000 à 90.000. Les attestations de déplacement qui semblaient issues d’un skectch de Pierre Dac ne sont plus exigibles que dans de rares situations, tandis qu’un nouveau slogan gouvernemental « dehors en citoyen, dedans avec les miens » moissonne les quolibets et les parodies. Cette « troisième voie » choisie par le gouvernement fait l’objet de nombreuses critiques. L'opposition parle d’« échec » de la stratégie sanitaire, de « retard » de la politique vaccinale, des « ratés » du pari européen consistant à grouper au niveau de Bruxelles les commandes de vaccins. En la matière le message est passablement brouillé : ainsi le 14 mars, Jean Castex a affirmé qu'« il faut avoir confiance dans le vaccin Astra Zeneca », avant que le président de la République ne décide, vingt-quatre heures après, de suspendre ledit vaccin, tandis que trois jours plus tard l'Agence européenne du médicament donnait son feu vert à la reprise de la campagne. L'augmentation des livraisons attendues des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna et l'arrivée, mi-avril, du vaccin Janssen, de Johnson & Johnson pourraient, selon l’éxécutif compenser les défaillances d’Astra Zeneca. Dans un rapport du 11 mars, les membres du comité scientifique ont toutefois estimé que quand bien même la vaccination se maintiendrait à un rythme soutenu, elle serait « sans doute insuffisant[e] pour éviter une augmentation importante des hospitalisations » face à la menace que font peser les nouveaux variants. Selon un sondage Elabe, publié le 24 mars, les mesures prises par le gouvernement sont jugées « pas cohérentes » (74%) et « pas efficaces pour lutter contre l’épidémie » (73%). Et contrairement au chef de l’Etat, six Français sur dix pensent que l’exécutif a eu tort de ne pas reconfiner le pays fin janvier.***ISRAËL : UN PUZZLE ELECTORALPour la quatrième fois depuis avril 2019, les Israéliens se sont rendus aux urnes, le 23 mars, afin de tenter de dégager une nouvelle fois une majorité au Parlement israélien, la Knesset. La participation de 67,2 %, est la plus faible depuis le retour de Netanyahou au pouvoir, en 2009. Son parti, le Likoud perd 6,sièges et n’en obtient que 30, en en dépit d’une campagne de vaccination réussie (60% de la population a été vaccinée, un record mondial). Le parti séfarade ultra-orthodoxe Shas conserve ses 9 sièges. Le parti radical Yamina, qui veut dire « A droite » en hébreu, est crédité de 7 sièges. Son chef, Naftali Bennett, ancien ministre de la Défense du cabinet de Nétanyahou, promoteur d'un Grand Israël de la Méditerranée au Jourdain, n'a pas dit clairement s'il soutiedrait un gouvernement anti ou pro-Netanyahou, personnalité dont il partage l'idéologie mais critique la gestion. Le Parti national religieux de Bezatel Smotrich absent de la précédente assemblée a obtenu 6 sièges. Alors que le parti laïc et centriste Yesh Atid (« Il y a un futur ») de YaïrLapid, se place comme le deuxième parti de l’assemblée avec 17 sièges, l’autre parti centriste, le parti « Bleu-Blanc » de Benny Gantz, avec qui Netanyahou était arrivé au coude-à-coude lors des trois derniers scrutins, est crédité de seulement 8 sièges. Annoncés sur le déclin, les petits partis de centre gauche ou de gauche ont connu un sursaut : les sociaux-démocrates du Parti travailliste ont 7 sièges et les partisans du camp de la paix du Meretz progressent avec 6 sièges. Toutes les hypoth èses sont formulées quant aux 10 députés arabes, même si jusqu'ici aucune formation arabe n'a jamais fait partie d'un gouvernement israélien. Le parti Raam, proche des Frères musulmans a obtenu 4 députés, la liste arabe unifiée 6. La communauté arabe d'Israël représente 20 % de la population. La question palestinienne a été absente de la campagne électorale. L’instabilité politique est due au système électoral israélien : le scrutin proportionnel de liste, avec un seuil d'éligibilité à seulement 3,25 %, qui provoque un émiettement du paysage politique.

Ep 210Bada # 79 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (16) ... avec Charles Legargasson / 24 mars 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ…(16) Avec Charles Legargasson, ancien attaché culturel au Gabon. Des spectacles de la Comédie-Française précédés d’un éclairage du metteur en scène sur ses intentions en diffusion publique ou au lycée Blaise Pascal de Libreville, des rencontres de danse urbaine, du rap, des ateliers scientifiques, la prédominance désormais établie de Nollywood, le Bollywood nigérian, les microfictions à base d’histoires locales bricolées grâce aux smartphones et circulant grâce à la 4G, la présence de plus en plus sensible de la politique d’influence culturelle des Chinois à travers les centres Confucius…Charles Legargasson nous donne à voir ce qu’il a vu du paysage culturel d’un pays équatorial de 2 millions d’habitants et de près de 300 000km2 dont 42% de la population a moins de 15 ans. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 210La responsabilité sociale et environnementale des entreprises après l’éviction du PDG de Danone / Élections chez les frugaux / n°185 (21 mars 2021)
LA RESPONSABILITÉ SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE DES ENTREPRISES APRÈS L’ÉVICTION DU PDG DE DANONEContesté par des administrateurs et des fonds activistes jugeant trop faible la rentabilité du groupe, le conseil d'administration de Danone a congédié le 14 mars son PDG Emmanuel Faber. Dans un communiqué, ce dernier s’est déclaré « convaincu de la nécessité d'allier un fort niveau de performance économique au respect du modèle unique d'entreprise à mission de Danone ». En juin 2020, Emmanuel Faber avait fait de Danone le premier groupe coté de taille mondiale à adopter le statut juridique d'entreprise à mission, c’est-à-dire portant un projet social et environnemental à côté de l'impératif économique de rentabilité. Cependant, face au recul de son cours de Bourse et à la chute des ventes d'eau en bouteille liée à la pandémie, l’amélioration de la compétitivité est redevenue la priorité de Danone et le 23 novembre, Emmanuel Faber a annoncé la suppression de 2.000 emplois. « Est-ce qu'une entreprise cotée en Bourse peut tenir des engagements sociétaux ? J'ai bien peur que non. », a commenté Hélène Deborde, secrétaire fédérale CFDT. En instituant le nouveau cadre juridique de société à mission, la loi Pacte de 2019 a offert au monde entrepreneurial la possibilité d'affirmer un rééquilibrage entre l'intérêt général et la performance économique. Depuis, la responsabilité sociale et environnementale est devenue le nouveau mantra de la gouvernance des entreprises. Déjà les deux tiers des entreprises du CAC 40 ont défini leur « raison d'être », c’est-à-dire la façon dont elles entendent jouer un rôle dans la société au-delà de leur seule activité économique. Dans le reste du SBF 120 (un indice boursier regroupant les sociétés du CAC 40 et 80 autres sociétés), seules 16% l’ont fait selon une étude de Russell Reynolds. Pour les directeurs de ressources humaines, la responsabilité sociale et environnementale passe avant le développement du télétravail dans les priorités pour 2021, selon une enquête de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines réalisée fin septembre, auprès de ses quelque 5.000 entreprises adhérentes(plutôt des grosses PME ) : (53 %) des DRH interrogés prévoient de renforcer les actions dans ce domaine en 2021, contre 27 % en 2020.Le baromètre Mazars publié le 2 octobre a indiqué que 98 % des entreprises ont aujourd’hui une stratégie de responsabilité sociale et environnementale, en insistant sur le volet environnemental. Edwige Rey, en charge de ce dossier chez Mazars a observé notamment qu’« Europcar mesure la part des véhicules lavés sans eau avec des chiffons spéciaux, L’Oréal, la part recyclable de ses emballages, et Total, la teneur en hydrocarbure des rejets d’eau dans les stations offshore ».***ÉLECTIONS CHEZ LES FRUGAUXLes Néerlandais ont voté massivement du 15 au 17 mars. Malgré la pandémie, 82 % des inscrits se sont rendus aux urnes pour élire leurs 150 députés. Avec ses 35 sièges – 2 de plus que dans l’assemblée sortante- lePremier ministre libéral-conservateur Mark Rutte est en position d’exercer un quatrième mandat, en dépit d’un maigre bilan social après dix ans de pouvoir. Les coupes budgétaires ont réduit le nombre de lits d'hôpitaux. Le niveau scolaire a baissé. Les bénéficiaires de l'aide alimentaire sont passés de 50 000 en 2010 à 151.000 en 2019, alors que les millionnaires, 94.000 il y a 10 ans, sont aujourd’hui 223.000. La surprise a été créée par la deuxième position conquise par le parti centriste, libéral et social, Démocrates 66 emmené par la ministre du commerce et de la coopération, Sigrid Kaag. D66 se caractérise par son fort attachement au projet européen. En revanche, deux importantes formations de gauche, les écologistes de GroenLinks et du Parti socialiste (SP, gauche radicale)ont enregistré un net recul. Le petit parti paneuropéen et progressiste Volt, membre du groupe des Verts à Strasbourg a remporté ses trois premiers sièges.A droite, le Forum pour la démocratie anti-establishment (FvD) obtiendrait 8 sièges, tandis qu’à l’extrême droite, le parti populiste de la Liberté (PVV) de Geert Wilders a perdu 3 sièges. Mi-janvier, le gouvernement dirigé par Mark Rutte avait dû démissionner car son administration des impôts avait accusé à tort de fraude aux allocations familiales des milliers de familles de travailleurs - souvent étrangers - qui se sont trouvées forcées de rembourser ce qu’elles avaient légitimement perçues. Le 23 janvier, de violentes émeutes ont éclaté dans une demi-douzaine de villes, dont Amsterdam, La Haye et Rotterdam, pour protester contre l'instauration d’un couvre-feu, de 21h à 4 h30, mesures pourtant soutenues par 70% de la population néerlandaise. La pandémie a fait 15. 800 morts aux Pays-Bas, soit 95,2 morts pour 100.000 habitants, taux comparable à celui de l’Allemagne, le taux français étant de 136. Deux débats ont dominé la campagne électorale : faut-il construire une nouvelle centrale nucléaire pour faciliter la transition cli

Ep 208Bada # 78 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (15) ... avec Denis Mollat / 17 mars 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ…(15) avec Denis Mollat, libraire à Bordeaux. De quoi est faite la vie professionnelle du libraire ? Comment a-t-elle évolué depuis 1982, date à laquelle Denis Mollat, docteur en médecine, a délaissé les lits pour les livres et l’hôpital pour la maison fondée par son arrière grand-père en 1896 ? Quelles stratégies développer face à l’arrivée d’abord des grandes surfaces culturelles, puis de la distribution par Internet ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 208Le pape François dans l’Orient compliqué / La justice en procès / n°184 (14 mars 2021)
LE PAPE FRANÇOIS DANS L’ORIENT COMPLIQUÉAprès 15 mois d'interruption, le pape François a repris ses voyages apostoliques en se rendant en Irak du 5 au 8 mars, en dépit des risques sanitaires et sécuritaires. Chargée de symboles, de Bagdad à Erbil, en passant par Nadjaf et Karakoch, la visite de François, visait à la fois à soutenir les chrétiens d'Orient martyrisés, renouer les liens avec l'islam chiite et donner au pays l'occasion de montrer un autre visage que celui du terrorisme. Pays à majorité musulmane chiite, l’Irak est considéré comme un des berceaux du christianisme. De nombreux chrétiens ont pris la route de l'exil pour échapper aux persécutions de Daech, et peu sont revenus. Ils étaient 1.500.000 en 2003, avant l'invasion américaine ; ils ne sont plus que 200 à 400 000, selon les estimations les plus optimistes, soit environ 1% d’une population de 39 millions d'Irakiens. Le pape François les a encouragés à prendre une part active à la reconstruction du pays. Aucun chef de l'Église catholique n'avait jamais foulé le sol de l'Irak. Ce voyage a eu également une forte connotation interreligieuse. Il a été lecouronnement de plusieurs colloques organisés entre religieux catholiques et chiites depuis 2015, successivement au Vatican, à Paris et à Nadjaf. Depuis le début de son pontificat, les pays musulmans visités par François étaient tous à dominante sunnite (Turquie, Maroc, Égypte et Abou Dhabi). Son déplacement en Irak visait à rétablir l'équilibre vers le chiisme. Des membres de lacommunauté sunnite, qui constitue à ce jour 20 % des Irakiens - mais qui agouverné l’Irak jusqu'à l'invasion américaine de 2003 – en ont pris ombrage etreproché au pape de pas avoir rencontré individuellement un dignitaire musulman sunnite, alors que le Vatican a négocié pendant plusieurs mois la rencontre désormais historique avec le grand ayatollah Ali Al Sistani, grande figure de l'islam chiite. Le Premier ministre irakien chiite, Moustafa Al Kazimi, a annoncé que le 6 mars serait désormais en Irak la « journée nationale de la tolérance et de la coexistence », pour marquer aussi bien cette rencontre, que la rencontre interreligieuse dans la plaine d'Ur, berceau selon la tradition d’Abraham, considéré comme le père des trois monothéismes. Le pape Françoisy a présidé une rencontre interreligieuse, en l’absence toutefois des juifs qui ne seraient plus que huit à Bagdad. Avant la Seconde Guerre mondiale, les juifs formaient pourtant une communauté de poids en Irak : selon le recensement ottoman, ils composaient 40 % de la population de la capitale irakienne.*** LA JUSTICE EN PROCÈS Le 1er mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence dans « l'affaire des écoutes ». L'ancien chef de l'État, qui a fait appeldu jugement, se dit prêt à attaquer la France devant la Cour européenne des droits de l'homme. Tout en volant au secours de l'ancien président, les responsables du parti Les Républicains ont agité le spectre d'un « gouvernement des juges », d'une « politisation de la justice », croyant déceler un agenda politique derrière cette condamnation. Selon Liora Israël, directrice d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris et sociologue du droit de la justice, à travers ces attaques, « ce n'est pas l'indépendance de la justice qui est remise en cause, mais bien la séparation des pouvoirs ». Le Syndicat de la Magistrature (classé à gauche) s'est alarmé « que l'institution judiciaire soit attaquée et abîmée simplement parce qu'elle a rendu justice » et réclame que le ministre de la Justice et le président de la République interviennent « pour la protéger et faire en sorte qu'elle continue à officier sereinement, y compris lorsque la délinquance élitaire est visée ». Accusé ici de sévérité et/ou de partialité, la justice l’est ailleurs de laxisme. Les récentes émeutes urbaines, les luttes entre bandes, les agressions contre la police et les policiers sont évoquées comme autant de charges contre la lenteur et l’insuffisance de la réponse pénale. Dans une étude publiée en avril 2019, l’observatoire national de la délinquance notait l’insatisfaction de deux sur trois des personnes interrogées quant à l’action de la Justice et des tribunaux. Le reproche le plus médiatisé porte sur le laxisme de l’institution et s’articule avec un appel à davantage de sévérité et à une critique de l’insuffisance des moyens. Toutefois, les déplorations de l’insuffisante durée des peines ou de leur inexécution ne doivent pas faire oublier d’autres dénonciations : celle d’une justice de classe, à la fois inégale et inéquitable, qui réserve les longues peines d’emprisonnement aux classes populaires, mais aussi une critique que les auteurs de cette étude appellent humaniste, qui déplore que la Justice n’œuvre pas en faveur de la réinsertion des délinquants. Le 4 mars, le garde des sceaux a lancé son avant-projet de loi destiné à « res

Ep 207Bada # 77 : Les échanges avec le public de l’émission du 7 mars (10 mars 2021)
bonusLes échanges avec le public de l’émission du 7 mars. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 207Climat : la convention déchante / Moyen-Orient : une nouvelle politique américaine / n°183 (7 mars 2021)
CLIMAT : LA CONVENTION DÉCHANTELe projet de loi « Climat et résilience », a été présenté le 10 février en Conseil des ministres. Selon le gouvernement, ce texte reprend près de la moitié des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, destinées à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici à 2030 par rapport à 1990. La Convention citoyenne pour le climat, composée de 150 citoyens tirés au sort parmi les Français a été constituée en octobre 2019 par le Conseil économique, social et environnemental sur demande du gouvernement. Elle est censée représenter « une France en miniature ». Parmi les diverses mesures prévues par le projet de loi, figure notamment pour les produits et services commercialisés en France, une obligation d'affichage de leurs caractéristiques environnementales ; l'objectif de consacrer 20% de la surface de vente des commerces de plus de 400 mètres carrés au vrac à partir de 2030 ; l'extension en 2025 à la restauration collective privée de l'obligation d'utiliser 50% de produits durables et 20% bio ; une « trajectoire » de réduction des émissions dues aux engrais agricoles azotés. Le texte interdit en outre la publicité en faveur des énergies fossiles, et attribue au Conseil supérieur de l'audiovisuel la mission de promouvoir des « codes de bonne conduite visant à réduire efficacement les communications commerciales audiovisuelles relatives à des produits ayant un impact négatif sur l'environnement ». Il crée également un délit général de pollution de l'eau et de l'air, qualifié « d'écocide » lorsque les faits sont commis de manière intentionnelle. Réunie pour la dernière fois en visioconférence du 26 au 28 février 2021, la Convention citoyenne sur le climat a été appelée à voter, sur une échelle de 0 à 10, sur la prise en compte de 47 « objectifs » et des six grands thèmes sur lesquels ils ont travaillé puis à répondre - toujours par vote - à quatre questions plus générales, tirant le bilan de l'exercice. La thématique « se loger » a obtenu une moyenne de 3,4 sur 10, « produire et travailler », « se nourrir » et « se déplacer » 3,7 chacune, consommer 4 et les propositions sur la gouvernance 4,1. S'agissant de leur appréciation de la prise en compte par le gouvernement de leurs propositions, la note est rude : 3,3 sur 10. A l'interrogation « dans quelle mesure les décisions du gouvernement relatives aux propositions de la Convention citoyenne sur le climat permettent-elles de s'approcher de l'objectif fixé » par le président de la République, les conventionnels ont accordé un 2,5.Le projet de loi « Climat et résilience sera débattu à l'Assemblée à partir du 29 mars pendant trois semaines. De nombreux amendements sont attendus ; le gouvernement souhaite l’adoption définitive de ce texte fin septembre.***MOYEN-ORIENT : UNE NOUVELLE POLITIQUE AMERICAINE Pour « recalibrer » la relation de son pays avec l'Arabie saoudite, le président américain dialoguera avec le roi Salmane, et non avec le prince héritier Mohammed. La campagne militaire saoudienne au Yémen, n’est plus soutenue par les États-Unis car elle a créé « une catastrophe humanitaire et stratégique ». Les rebelles yéménites houthistes, alliés de l'Iran, ont été retirés de la liste des organisations terroristes, où les avait placés la précédente administration. Washington a, publié le 26 février un rapport sur l'assassinat de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien tué et démembré au consulat saoudien à Istanbul en 2018. Des sanctions contre plusieurs hauts dignitaires du royaume ont été annoncées, mais rien contre le prince héritier. Fin janvier, le nouveau gouvernement américain a suspendu des ventes d'armes à l'Arabie saoudite et des F-35 aux Émirats arabes unis afin de « réexaminer » la décision prise sous la présidence Trump. Toutefois, Joe Biden ne remet pas en cause la volonté d'installer trois nouvelles bases américaines dans l’ouest de l’Arabie saoudite en prévision d'un potentiel conflit avec l'Iran.Avec l’Iran, les États-Unis se disent prêts à entamer des discussions informelles en liaison avec l'Union européenne. Joe Biden a levé le 18 février les restrictions aux déplacements à New York des diplomates iraniens auprès de l'ONU imposées par Donald Trump. Le démocrate compte se concerter avec ses alliés occidentaux, à rebours de son prédécesseur. Soutenu en cela par Paris et Londres, Washington exige que les discussions avec Téhéran portent sur son programme de missiles balistiques et son ingérence régionale au Liban, en Syrie, au Yémen et en Irak). L’Iran s'y refuse absolument, estimant qu'il s'agit de dossiers clés pour sa sécurité.Au sujet du conflit israélo-palestinien, si l'ambassade américaine va rester à Jérusalem, la réouverture du bureau de l'OLP à Washington et celle d'un consulat américain à Jérusalem-Est laisse présager une différence d'attitude vis-à-vis des Palestiniens.En Syrie, « l'administration Biden cherche à promouvoir un "règlement politique" multilatéral pour me

Ep 206Bada # 76 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (14)… Avec Noé Debré / 3 mars 2021
bonusSI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (14)… Avec Noé Debré, principal scénariste de la série « Parlement » de France Télévisions et scénariste pour Jacques Audiard, Michel Hazanavicius, Yvan Attal, Eric Judor, Fred Grivois ou Thomas Bidegain. Comment a-t-il appris le métier de scénariste ? Comment travaille-t-il avec des cinéastes aussi différents ? Le scénariste d’une Palme d'or déroge-t-il en écrivant pour le petit écran ? Comment est née l’idée de « Parlement"? Comment et avec qui a-t-elle été développée ? Pourquoi Canal Plus y a-t-il renoncé après deux ans de développement du projet ? Comment la série a-t-elle été reçue au Parlement ? Dans les pays où elle a été diffusée ? Que peut-on déjà savoir de la deuxième saison rendue possible et même nécessaire par le succès de la première ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 206Joseph R. Biden et le leadership américain / L’islamo-gauchisme est-il un néo-conformisme ? / n°182 (28 février 2021)
JOSEPH R. BIDEN ET LE LEADERSHIP AMÉRICAIN « L'Amérique est de retour », a lancé Joe Biden lors de son premier discours de politique étrangère, mais un retour non pas comme leader planétaire, mais à la tête d'une « alliance des démocraties » priée de regagner « du muscle » face aux offensives de « l'autoritarisme ». Le 19 février, face à ses alliés européens, lors de la visioconférence de Munich sur la sécurité, le président des États-Unis, a décrit le monde comme un champ de rivalité entre le modèle des démocraties et les ambitions croissantes de la Chine et la volonté de la Russie d'affaiblir notre démocratie ». La Chine constitue le défi le plus important pourWashington, celui d'une compétition non seulement sur les valeurs, mais aussi en matière d'innovation, d'intelligence artificielle ou de cyberespace. Le président américain entend embarquer dans cette confrontation les alliés traditionnels de son pays, à commencer par les Européens, et il réuniraprochainement un sommet des démocraties. Si la Russie n’occupe que laseconde place des préoccupations de Joe Biden, elle représente selon lui l'épreuve la plus immédiate : « Poutine veut miner le lien transatlantique car il sait qu'il est plus facile d'intimider un État seul qu'une communauté ». Au Moyen-Orient, fin du soutien à la coalition saoudienne au Yémen, retour à l'accord de 2015 pour limiter la capacité de l'Iran à développer une arme nucléaire, si Téhéran accepte de renoncer à ses activités d'enrichissement d'uranium, sanctions contre les militaires birmans, Joe Biden croit au « leadership moral » des États-Unis sur la scène internationale, et annoncel'accueil dès l'an prochain de 125.000 réfugiés huit fois plus que cette année. Le 46e président des États-Unis voudrait que l'Amérique regagne auprès de l'Europe « sa position de leadership fiable ». Il souhaite que les États-Unis renouent avec un rôle plus traditionnel à l’intérieur de l'Otan, même si les demandes de contributions accrues à l'effort commun adressées par sonprédécesseur aux partenaires européens restent à l’ordre du jour. Joe Biden a confirmé qu'il allait « suspendre » le retrait partiel des troupes américaines d'Allemagne, le temps d'un « réexamen global du déploiement » des forces armées à l'étranger.*** L’ISLAMO-GAUCHISME EST-IL UN NÉO-CONFORMISME ? Le 14 février, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal a déclaré qu’elle allait demander une enquête au CNRS sur l'imprégnation de l'université par l'« islamo-gauchisme », afin de distinguer « ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l'opinion ». Le 16 février, devant l’Assemblée nationale, elle a confirmé son intention, déclenchant la « stupeur » de la Conférence des Présidents d'Universités qui a réclamé « des clarifications urgentes ». Le 17 février, le CNRS a publié un communiqué précisant que « l'islamo-gauchisme » « ne correspond à aucune réalité scientifique ». Fin octobre, dans une tribune dans Libération, le philosophe Pierre-André Taguieff était revenu sur ce mot, qu'il a forgé au début des années 2000, alors que débutait la seconde intifada. Il s’agit selon lui d’une « une alliance militante de fait entre des milieux d'extrême gauche se réclamant du marxisme et des mouvances islamistes de diverses orientations (Frères musulmans, salafistes, djihadistes) ». Pour Jean-Michel Blanquer, l’« islamo-gauchisme » est un « fait social indubitable » qu'il faut « regarder en face ». Fin octobre, après l'assassinat de Samuel Paty, le professeur de collège décapité après avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, le ministre de l’Éducation avait déjà pointé « l'islamo-gauchisme » dans les facs, dénonçant « une vision du monde qui converge avec les intérêts des islamistes », alors que des universitaires avaient signé un « appel des 100 » qui critiquait le déni de l'islamisme dans les universités. 600 chercheurs et universitaires ont demandé la démission de Frédérique Vidal qui s’est défendue en arguant du « ressenti de nos concitoyens » et d'« un certain nombre de faits », comme « l'empêchement, dans certains établissements, d'une représentation des Suppliantes d'Eschyle, ou de la lecture d'un texte de Charb ». Un sondage Odoxa Blackbone consulting 66% des Français approuvent les propos de la ministre. Le 24 février, dans Le Monde, un collectif de 130 universitaires a demandé que l'enquête réclamée par Frédérique Vidal ne soit pas confiée au CNRS, mais à une instance indépendante du ministère : le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, qui a vocation à apprécier la qualité des travaux et des formations, de manière à informer les organismes et les universités en vue des prises de décision. Le collectif universitaire reconnait qu’« il y a bel et bien un problème dans l'enceinte universitaire, mais ce n'est pas tant celui de l'« islamo-gauchisme » que celui, plus généralement, du dévoiement militant de l'enseignement et de

Ep 205Bada # 75 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (13) ... avec Marie-Cécile Zinsou (24 février 2021)
bonusAvec Marie-Cécile Zinsou, présidente de la Fondation Zinsou à Cotonou (Bénin). Créée en 2005, pour sa première exposition, la Fondation a offert aux Béninois une exposition d’oeuvres de Romuald Hazoumé, artiste notamment consacré par la documenta. S’en sont suivies 42 expositions (dont une consacrée à Basquiat et une autre à Keith Haring), l’ouverture de deux bibliothèques et de nombreux ateliers pour les enfants dans un pays dont 75% de la population a moins de 18 ans. Marie-Cécile Zinsou évoque aussi l’importance de la restitution par la France au Bénin de 26 œuvres provenant du Palais Royal d’Abomey pour laquelle le gouvernement béninois a décidé la création d’un musée dont l’ouverture est prévue pour l’automne 2021. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 205Peut-on imaginer Marine Le Pen présidente ? / Draghi peut-il sauver l’Italie ? / n°181 (21 février 2021)
PEUT-ON IMAGINER MARINE LE PEN PRÉSIDENTE ?Selon une enquête de Harris Interactive publiée le 25 janvier, Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Au second tour, elle remporterait 48% des suffrages. Selon le détail de l'étude, ce record pour la représentante du Rassemblement National serait rendu possible par deux facteurs : le ralliement à sa candidature d'un tiers des électeurs de François Fillon de 2017 et surtout le fait qu’un électeur de gauche sur deux préfèrerait s’abstenir que choisir entre l'un ou l'autre des protagonistes du second tour de 2017.Selon le tableau de bord IFOP-Fiducial de janvier pour Paris Match et Sud Radio, 33 % des Français estiment que le Rassemblement National « incarne le mieux l'opposition » au chef de l'Etat, contre 25 % pour La France Insoumise et 23 % pour Les Républicains. Première à s’être déclarée candidate pour 2022, Marine Le Pen, qui vient de fêter ses dix ans à la tête de son parti, se fixe comme objectif d'arriver en tête du premier tour pour créer la vague susceptible de la conduire à la victoire. En arrondissant les angles, elle tente d'élargir son audience. Elle a chassé du parti les skins, les néonazis et les membres de l'ultradroite, condamné l'antisémitisme, rendu hommage aux victimes du Vel'd'Hiv, au général de Gaulle et tient d'une main ferme l’appareil du Rassemblement National. Mais son principal verrou reste l'électorat âgé qui représente presque un quart de la population française : le sondage Harris Interactive publié par L'Opinion montre qu’elle ne recueille que 18 % des intentions de vote dans cette catégorie contre 34 % chez les 18-34 ans.Lors de ses vœux, le 25 janvier, Marine Le Pen s'est félicitée d'avoir imposé dans le débat les thèmes de prédilection du parti d'extrême droite, l'immigration, l'islamisme, le mondialisme et « l'ensauvagement ». Durant le face-à-face entre le ministre de l’Intérieur et la présidente du Rassemblement National sur France 2, le 11 février, Gérald Darmanin a reproché à Marine Le Pen d'être « un peu molle » sur l’islamisme radical. Une tentative de dédiabolisation qui a provoqué un malaise au sein de la macronie. Dès le lendemain sur Europe1, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a martelé : « Marine Le Pen est dangereuse pour notre pays ».Si les deux tiers des Français (67 %) jugent probable un nouveau duel Macron-Le Pen en 2022, selon une enquête Ifop pour « Le Figaro » publiée le 10 février, 70 %, ne le souhaitent pas, sans pourtant identifier les concurrents qui s'imposeraient.***DRAGHI PEUT-IL SAUVER L’ITALIE ?Mario Draghi, 73 ans, ancien patron de la Banque centrale européenne a été chargé le 2 février dernier de former un gouvernement pour permettre à l’Italie d'affronter la crise sanitaire et de mettre en place le plan de relance financé par l'Union européenne. Il est resté dans l'histoire en 2012 comme « l'homme qui a sauvé l'euro », et donc l'Europe, en promettant de préserver la zone euro, menacée par la crise de la dette des États, « Whatever it takes ». Aujourd’hui, l’Italie sort d'une crise gouvernementale qui survient avec la démission de Giuseppe Conte en plein milieu d'une pandémie qui a déjà fait près de 90 000 morts. Réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination, Mario Draghi a été économiste, banquier, vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs de 2002 à 2005, gouverneur de la Banque d'Italie de 2006 à 2011. « Super Mario » caracole déjà dans les sondages, avec un taux record de popularité de 71 %, loin devant le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte (65 %) ou le leader de la Ligue, Matteo Salvini (39 %), selon l’enquête Demos publiée par La Repubblica. La Stampa a jugé le recours à Mario Draghi comme « la solution la plus forte, la plus haute et la plus crédible […] la dernière chance pour l'Italie ».Le choc de la pandémie sur l'économie italienne, la troisième de la zone euro, est particulièrement rude. En 2020, le pays a subi sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un plongeon du PIB de 8,9 %. Le taux de chômage, lui, s'élevait à 9 % en décembre (29,7 % chez les 15-24 ans). Pour lutter contre les ravages de la pandémie, le pays peut tabler sur les 209 milliards d'euros de subventions et prêts, la plus grosse part du programme de 750 milliards d'euros adopté par les dirigeants des Vingt-Sept. Mario Draghi devra également restructurer la dette publique qui s’élève à près de 2.600 milliards d'euros, soit 158% du PIB fin 2020, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. Même avant la pandémie, le PIB par tête était inférieur à celui d'il y a vingt ans. L’Italie dépense quatre fois plus pour ses retraites que pour son éducation. Si les priorités établies par son prédécesseur restent inchangées - innovation, numérisation, compétitivité et culture ; transition écologique ; infrastructures pour la mobilité durable ; formation et recherche ; égalité des chances, égalité hommes-femmes, égalité

Ep 204Bada # 74 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (12) ... avec Nathanaël Karmitz (17 février 2021)
bonusAvec Nathanaël Karmitz directeur général de MK 2. La pandémie a accéléré spectaculairement le recours au numérique, principalement pour le cinéma et les séries. Mais cette tendance était déjà perceptible avant que le coronavirus ne nous assigne à résidence et elle rendait nécessaire de repenser le rôle et le fonctionnement des salles de cinéma. Nathanaël Karmitz et MK2 se proposent de mettre en avant leur programmation et leurs films, de penser leurs salles comme des médias et de gagner ainsi la grande bataille de l’époque : la bataille de l’attention, la bataille pour le temps de cerveau disponible. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 204Si jeunesse pouvait / Des gouvernements contre leur peuple / n°180 (14 février 2021)
SI JEUNESSE POUVAIT Dans son second Rapport sur la pauvreté, publié le 26 novembre dernier, l'Observatoire des inégalités a relevé que la crise touche surtout les plus fragiles et notamment les jeunes adultes (18-29 ans), qui ne vivent plus chez leurs parents : 22 % d’entre eux figurent parmi les pauvres. La précarité étudiante s’est traduite notamment par le recours à l’aide alimentaire et, depuis le 22 janvier, tous les étudiants, boursiers ou non, peuvent bénéficier de deux repas par jour au tarif de 1€ dans les restaurants universitaires. 58% des 18-24 ans sondés par Odoxa mi-novembre ont jugé lereconfinement « difficile à vivre », contre 46% de l'ensemble des sondés. Les trois quarts des jeunes estimaient avoir, pendant cette période, subi un « préjudice » sur le plan des études, de l'emploi ou de la vie affective. Déjà, les dommages psychosociaux apparaissent et sept étudiants sur dix se déclarentinquiets pour leur santé mentale. Face à ce constat, le gouvernement a annoncéla création, le 1er février, d'un chèque-psy afin de leur permettre de consulter sans avance de frais. La fermeture des universités impliquant des cours entièrement à distance épuise aussi bien les étudiants que les enseignants qui craignent un décrochage massif de leurs élèves. Leur entrée dans la vie professionnelle est rendue plus difficile car les stages et les embauches sont majoritairement suspendus. En décembre, le taux de chômage des jeunes en France s'est établi au 3ème trimestre à 21,8%, en hausse de 2,8% par rapport au même trimestre de l’année précédente. Fin juillet, alors que le contingent annuel de quelque 750 000 jeunes, leurs études terminées, s'apprêtait à entrer sur le marché du travail, l'exécutif a lancé le plan « 1 jeune, 1 solution ». Doté de plus de 7 milliards d'euros, il comprend plusieurs mesures destinées aux employeurs : aides à l'embauche de 4.000€ pour des CDI ou des CDD de plus de trois mois, primes de 5.000€ ou 8.000€ pour les contrats d'apprentissage ou de professionnalisation, bonus supplémentaires pour les embauches de jeunes issus des quartiers « politique de la ville » ... Le dispositif a été complété mi-novembre par un site Internet, 1jeune1solution. gouv.fr, donnant accès aux offres d'emploi et à l'ensemble des propositions d'accompagnement pour les jeunes. Objectif affiché : proposer 100 000 emplois fin janvier émanant d'un millier d'entreprises environ. La part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi ni en formations’établit à 13,4 %. C’est une diminution de 3,1 points, après une augmentation de 3,6 points au deuxième trimestre.***DES GOUVERNEMENTS CONTRE LEURS PEUPLES Le coup d’État militaire qui s’est déroulé en Birmanie, le 1er février, s’esttraduit par l’arrestation de Aung San Suu Kyi qui dirigeait le pays depuis 2016avec les militaires ainsi que par l’arrestation de très nombreuses figures de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), de la société civile et des minorités. Les militaires, qui ont de longue date mis le pays en coupe réglée et contrôlent tous les marchés lucratifs (gaz, hydroélectricité, bois précieux, jade, rubis, saphir, etc.) ont justifié leur coup d’État par des accusations - non étayées - de fraudes massives lors des élections législatives de novembre 2020, largement remportées par la LND. Ils ont déclaré un État d'urgence d'un an, jusqu'à l'organisation d'un nouveau scrutin. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Rangoun, la capitale économique, la loi martiale a été décrétée dans plusieurs quartiers de Rangoun et de Mandalay, la deuxième ville du pays. Les manifestations et les rassemblements de plus de cinq personnes sont désormais interdits et un couvre-feu a été instauré. L’auteur du coup d'Etat, le général Min Aung Hlaing est le responsable de l'épuration ethnique déclenché en 2017 contre les musulmans rohingya qui avait provoqué10 000 morts et plus de 750 000 exilés au Bangladesh. Condamnée par Washington, le coup d’Etat birman est qualifiée par la Chine de « remaniement ministériel ». La Chine, où plus d'un million de personnes seraient détenues au Xinjiang, à l'extrême-ouest du pays, alors que Pékin a engagé depuis 2016 une répression contre la minorité turcophone et musulmane des Ouïghours. Depuis trois ans, des chercheurs et des lanceurs d’alerte, ont apporté des preuves de l’existence des camps de rééducation. La Chine s’obstine à parler « d’école » ou de « centres de formation » destinés à fournir un emploi à la population et donc à l'éloigner de l'extrémisme religieux. Autre foyer de contestation du pouvoir chinois, Hong Kong, où à partir de mars 2019 d’immenses manifestations pro-démocratie ont secoué le territoire semi-autonome. Pékin a imposé, en juin 2020une loi sur la sécurité nationale draconienne pour mettre fin à la contestation. Le Parlement européen a averti qu'il tiendrait compte « de la situation des droits de l'Homme en Chine, y compris à Hong Kong, lorsqu'il sera invité à approuv

Ep 203Bada # 73 : Les échanges avec le public de l’émission du 7 janvier (10 janvier 2021)
bonusLes questions du public à propos de la proportionnelle et d’Alexeï Navalny, et les réponses de Jean-Louis Bourlanges, Marc-Olivier Padis, Lucile Schmid et Richard Werly. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 203La bataille pour la proportionnelle / L’effet Navalny / n°179 (7 février 2021)
LA BATAILLE POUR LA PROPORTIONNELLE L'instauration d'une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin des législatives, était un des éléments constitutifs de l'alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron en 2017. Après qu'un premier projet a été abandonné en cours d'examen à cause de l’« affaire Benalla », en juillet 2018, le gouvernement a présenté un an plus tard un nouveau projet de réforme. Il prévoyait une baisse de 25 % du nombre de parlementaires, ce qui aurait porté celui des députés à 433 et celui des sénateurs à 261. Sur ce contingent de députés, 87 auraient été élus à la proportionnelle, soit 20 %. Ce projet s'est enlisé après s’être heurté à la résistance du Sénat. Mathieu Gallard, directeur d’étude à l’IFOP résume ainsi la situation actuelle : « on a 4 blocs électiraux +/- équivalents (gauche/centre/droite/extrême droite) et des institutions qui vont nous demander d’en départager 2 avant d’accorder tous les pouvoirs pour 5 ans à un seul ». Pour le président du MoDem, il faut une réponse à la crise de notre système démocratique : « Marine Le Pen, dont tout le monde sait que je ne partage pas les idées, a recueilli 34 % des voix au second tour de l'élection présidentielle et revient à l'Assemblée avec six sièges, 1 % de la Chambre ! En 2007, j'avais obtenu quelque 19 % des voix au premier tour et nous avons eu trois députés. En termes de justice, cela a un effet désastreux. Pour les électeurs non représentés, les élus ne sont plus légitimes. » François Bayrou plaide désormais non plus pour une dose de proportionnelle, mais pour un scrutin proportionnel départemental à un seul tour, avec un seuil à 5 % des suffrages exprimés, semblable à celui décidé par François Mitterrand en 1984 et appliqué aux législatives de 1986. Le « système Bayrou » ne nécessite pas un redécoupage électoral, puisqu'il reprendrait l'actuelle répartition des députés par département. Il serait donc applicable, s'il était adopté, dès les prochaines élections législatives de juin 2022. Contrairement à de nombreuses démocraties, la France a le goût pour le changement des modes de scrutin. Cela peut aller des retouches de détail au bouleversement radical. Ainsi pour les législatives. Le majoritaire avait été restauré avec la Ve République. François Mitterrand a décrété la proportionnelle intégrale, mise en œuvre en 1986; Jacques Chirac a rétabli le majoritaire dès le renouvellement suivant en 1988. Mais le seuil de maintien au second tour a été modifié deux fois (1967 et 1978) et le nombre de circonscriptions à sept reprises - il est de 577 depuis 1988. Trois présidents successifs, Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2012, François Hollande comme candidat puis comme chef de l'Etat, enfin Emmanuel Macron se sont montrés favorables à introduire de la proportionnelle aux législatives. .Un des proches d’Emmanuel Macron qui l'interrogeait sur ses intentions s'est entendu répondre par une autre interrogation : « Est-ce que vous pensez que les Français attendent de nous qu'on s'intéresse à la proportionnelle ? »***L’EFFET NAVALNY Après 6 mois passés en Allemagne pour les soins exigés par son empoisonnement en août 2020 par un agent neurotoxique, l’avocat et opposant de 44 ans Alexeï Navalny a pris le vol Berlin- Moscou, conscient des risques qu'il encourait, et il a lancé un nouveau défi au Kremlin. Arrêté à l’aéroport, il a été condamné le 2 février à trois ans et demi de prison, pour avoir violé des mesures de contrôle judiciaire pendant sa période de convalescence à l'étranger. Depuis sa prison, Alexeï Navalny a appelé à manifester contre le régime et pour la libération des prisonniers politiques. Dans les grandes villes, des dizaines de milliers de citoyens ont répondu présent, et ont subi une répression brutale : près de 5 000 arrestations à chaque fois, des rafles préventives les jours précédents, et des centaines de perquisitions violentes. Andreï Kolesnikov chef des études de politique intérieure au cercle de réflexion Carnegie à Moscou constate « que 40 % des manifestants sont, pour la première fois de leur vie, descendus dans la rue pour protester. » Les sociologues ont défini le noyau dur de la contestation comme de jeunes adultes urbains de 30, 35 ans. Alexeï Navalny a porté à la barre une charge cinglante contre Vladimir Poutine, alors que ses soutiens poursuivaient leur mobilisation dans la rue. La présence de diplomates étrangers à l'audience a été relayée par les médias fédéraux, comme un signe de la « soumission » de l'opposant à des donneurs d'ordre étrangers. Après des années de harcèlement de moyenne intensité, fait d'arrestations brèves et de poursuites judiciaires à répétition, le Kremlin a l'espoir de se débarrasser de manière durable de son ennemi le plus acharnéquitte à en faire un prisonnier politique. Depuis 2013, date de la dernière élection à laquelle il a pu participer, Navalny a passé 252 jours en prison, fruits de multiples condamnations administratives. Ni les protestations internationales ni

Ep 202Bada # 72 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (11) ... avec Bertrand Dicale (3 février 2021)
bonusAvec Bertrand Dicale, journaliste, producteur de « Ces chansons qui font l’Histoire » à France Info, auteur de biographies de certaines gloires de la scène et du disque : Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Brassens, Cheikh Raymond, Jean Yanne, Bertrand Dicale est aussi un connaisseur de la chanson contemporaine dans ses aspects artistiques comme dans ses contingences matérielles. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 202Économie : tango sur un volcan / Un #MeToo peut en créer un autre / n°178 (31 janvier 2021)
ECONOMIE : TANGO SUR UN VOLCAN Le 12 janvier, le ministre de l'Économie a affirmé : « Le plus dur est devant nous ». Après une récession historique d'environ 9% en 2020, dans le contexte d'une crise sans fin, Bruno Le Maire a plaidé pour un report d'un an du remboursement par les entreprises des prêts garantis par l'Etat (PGE) et veut déplafonner les garanties publiques pour les transformer en quasi-fonds propres. Il a assuré également le maintien de l'activité partielle à 100% pour les entreprises fermées. L'ensemble de ces dispositifs d'urgence en 2020 a entraîné une hausse spectaculaire de la dépense publique. Le déficit de l'Etat, qui ne comprend ni les dépenses de protection sociale ni celles des collectivités locales, s’est établi l'année dernière à 178 milliards contre 93 milliards initialement prévus. « Un solde inédit depuis la Seconde guerre mondiale », relève Bercy Pour le mois de janvier, la Banque de France table sur une perte d'activité d'environ 7%. « Dans beaucoup de secteurs, en particulier des services, l'évolution de l'activité restera très dépendante des mesures sanitaires qui seront mises en œuvre », ont indiqué les économistes de l'institution bancaire. Si l'agriculture et l'industrie devraient limiter la casse (-4%), la construction (-7%) et surtout les services marchands (-9%) devraient enregistrer de fortes pertes. Compte-tenu du poids du tertiaire dans l'économie française, la croissance au premier trimestre devrait donc encore souffrir. Selon une enquête de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) auprès de 2.400 dirigeants de PME/TPE menée du 7 au 20 janvier, 49% des chefs d’entreprise estiment que leur entreprise est incapable de « supporter un troisième confinement ». Par ailleurs, 45% des PME ayant eu recours au Prêt Garanti par l’Etat (PGE) pensent ne pas pouvoir le rembourser. Le Fonds monétaire international (FMI) a revu mi-janvier sa prévision de croissance pour la France en 2021 : 5,5%, au lieu des 6% prévus. L'endettement des entreprises et la flambée du chômage sont les principaux risques à venir, selon les économistes de l'institution internationale qui soulignent que « la France est l'un des pays les plus touchés au monde ». Si le chômage partiel a permis d'éviter une hausse brutale des inscriptions à Pôle emploi l'année dernière, plus de 700.000 postes ont été détruits en 2020, selon l'Insee. Lesfaillites à venir pourraient gonfler ces chiffres. Le FMI table, pour sa part, sur un chômage au sens du bureau international du travail (BIT) à 10,4% de la population active en 2021 contre 8,7% en 2020 et 8,5% en 2019. Les économistes s'inquiètent particulièrement des travailleurs peu qualifiés et des jeunes. Le FMI prévoit, en outre, une dette à 117,6% du PIB en 2021 après 115,3% en 2020 et 98,1% en 2018.***UN #MeToo PEUT EN CRÉER UN AUTRE En France, depuis Balance ton porc, les hashtags de dénonciation des violences sexuelles se succèdent jusqu’au dernier en date, le #metoogay, déclenché le 21 janvier par un internaute, Guillaume T., qui a accusé l'élu PCF du Conseil de Paris, Maxime Cochard et son conjoint, de viol et d'agression sexuelle. Ce qu'ils nient. Le #metoogay et sa nuée de messages révélations sur des incestes, des harcèlements et des viols infligés à des garçons par d’autres garçons comme par des adultes ne sont que la dernière déclinaison d'un mot-dièse, et d'un phénomène qui touche toute la société. Le précédent, #Metooinceste, a éclos mi-janvier dans le sillage de la publication de La Familia Grande, le livre de Camille Kouchner où l'avocate dénonce des faits de violences sexuelles commis par son beau-père Olivier Duhamel à l'encontre de son frère jumeau. Cet été, #Iwas a également émergé : des jeunes filles ont mentionné l'âge des agressions, qu’elles ont subies, donnant lieu à des manifestations inédites dans les rues de Bastia et d'Ajaccio. Début 2020, c'était l'ouvrage de Vanessa Springora, Le Consentement, où l'éditrice racontait l'emprise exercée sur elle par l'écrivain Gabriel Matzneff. A chaque fois, livres de témoignages et hashtags semblent se nourrir pour libérer la parole des victimes, générant ainsi un « effet cliquet », comme l'explique Caroline De Haas, du collectif #noustoutes : l'idée selon laquelle à partir d'un certain seuil de prise de conscience, le retour en arrière n'est plus possible. Selon une enquête de l’association Face à l’inceste, publiée en novembre dernier, un Français sur dix affirme avoir été victime d’inceste. Entre 92 et 97% des auteurs de violences sexuelles sont des hommes, et 96% des victimes de viols et des tentatives de viols sont des femmes. Selon une enquête de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, dans 94% des situations, les auteurs de violences sexuelles sont des proches. Publiée en novembre 2020, l'étude Virage, indique qu’entre 6 % des hommes homosexuels et 5,4 % des hommes bisexuels disent avoir été agressés ou violés au moins une fois au cours de leur vie par un membre ou proch

Ep 201Bada # 71 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (10) ... avec Françoise Lax,agent d’artistes (27 janvier 2021)
bonusLa série de France2 10 pour cent a mis sous les projecteurs un métier qui, jusque là était inconnu ou fantasmé. Si presque tout y est vrai, presque tout n’y est vrai que pour…10% des « talents » et de celles et ceux qui les représentent. Comment les choses se passent-elles pour l’ordinaire des acteurs, des scénaristes, des réalisateurs ? Comment s’établissent et se maintiennent (ou pas) les contacts entre Françoise Lax et celles ou ceux qu’elle a dénichés ou qui sont venus à elle ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 201Un commencement de charte / Biden : le changement c’est maintenant / n°177 (24 janvier 2021)
UN COMMENCEMENT DE CHARTELe 18 janvier, la « charte des principes pour l'islam de France » a été présentée au Président de la République, par cinq représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM), l'interlocuteur des pouvoirs publics pour cette confession. Cette démarche reflète l'émotion suscitée dans le pays par l'assassinat de l’enseignant Samuel Paty et le triple meurtre à la basilique Notre-Dame de Nice. S'appuyant sur des citations du Coran, signée après de longues et difficiles négociations, la charte s'apparente à une déclaration d'allégeance aux principes républicains : égalité hommes-femmes, liberté de croire ou de ne pas croire reconnue comme surplombant toute conviction religieuse, engagement à « ne pas utiliser l'islam (...) pour les besoins d'un agenda politique dicté par une puissance étrangère ». Ce texte est censé engager non seulement les fédérations signataires, mais aussi les imams qui demanderont la certification du futur Conseil national des imams, qui doit être prochainement créé par le CFCM. Pour l’heure, trois des huit fédérations membres de ce Conseil ne l’ont pas signée : les deux fédérations d’origine turque et l’association Foi et Pratique, le Tabligh, d’inspiration indo-pakistanaise. Elles sont invitées à le faire sous quinze jours, au-delà, Emmanuel Macron considérera qu'il s'agira d'une « clarification » de leur part. Autrement dit, un refus assumé de s'inscrire dans le respect des valeurs de la République. Il reste que le CFCM ne représente que400 des 2.500 lieux de culte musulmans en France, que seuls 20% des 1.800 imams, qui les administrent seraient français et que ce Conseil rassemble des organisations directement sous la coupe de l’Algérie, du Maroc ou de la Turquieavec lesquels, le CFCM est censé rompre le lien. A l’Assemblée nationale, le même lundi 18 janvier, la commission spéciale formée de 70 députés a commencé son examen des 51 articles du projet de loi « confortant le respect des principes de la République ». Ce texte traite de sujets aussi divers que la laïcité, l'instruction à domicile, la polygamie, la fiscalité des associations ou la haine en ligne. Pas moins de 1.721 amendements ont été déposés par les députés. Trois cents ont été déclarés irrecevables par la commission, certains portant notamment sur le port du voile. La Défenseure des droits, Claire Hédon a estimé que ce projet de loi comportait des « risques d'atteinte aux libertés », dont celles d'association et d'enseigner des parents, et pourrait par conséquence « affaiblir les principes républicains eux-mêmes ». Début février, le projet sera au menu de l'Assemblée nationale durant deux semaines.***BIDEN : LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANTLes décrets présidentiels signés dès le 20 janvier par le 46ème président des États-Unis Joe Biden ont fait entendre sa différence : rétablissement du statut temporaire des sans-papiers arrivés enfants aux États-Unis, arrêt de la construction du « mur » voulu par Donald Trump sur la frontière avec le Mexique, annulation du décret visant les ressortissants de pays musulmans,retour des États-Unis dans l'accord de Paris, mesures de réduction des émissions de méthane liées aux activités d'extraction de pétrole et le gaz, décision de revenir aux objectifs d'efficacité énergétique pour les véhicules, moratoire sur la prospection pétrolière d’un territoire protégé situé en Alaska, annulation du permis de construire les derniers segments de l'oléoduc Keystone XL destiné à raccorder les gisements de sables bitumineux canadiens au golfe du Mexique. Deux priorités attendent le Président américain : la lutte contre le Covid et la relance de l'économie. La nouvelle administration veut mettre des moyens pour vacciner en 100 jours 100 millions d'Américains. - le seuil des 400.000 morts du Covid-19 a été atteint en début de semaine. L’aide économique envisagée est massive : Joe Biden a promis 1.900 milliards de dollars pour venir en aide aux Américains fragilisés par les conséquences de la crise sanitaire. Ils viendront s'ajouter à « l'acompte » de 900 milliards de dollars voté fin décembre par les parlementaires. En février, lors de son premier discours devant le Congrès, le nouveau président dévoilera son plan d’investissement. Il se veut un complément du plan de relance et visera avant tout les infrastructures : le système de transports, l'eau, l'énergie, le haut débit ou encore le logement. En politique étrangère, si la Chine va demeurer la question centrale de la diplomatie américaine, il y a peu de changements à attendre en ce qui concerne le Moyen-Orient, hormis le retour sous conditions à l'accord nucléaire avec l'Iran. La volonté de la nouvelle administration de promouvoir la démocratie et les droits de l'homme devrait se concrétiser par un sommet mondial pour la démocratie au cours des cent premiers jours. Il faudra aussi restaurer les liens abîmés avec les alliés, l'Europe au premier chef, les responsables de l'Union européenne ayant invité mercredi Joe Biden à « c

Ep 201Bada #70 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (9) ... avec Julie Deliquet / (20 janvier 2021)
bonusActrice, metteuse en scène et directrice du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis (93). C’est son adaptation et sa mise en scène de Vania, d’après Oncle Vania de Tchekov qui a installé le nom de Julie Deliquet au premier rang des gens de théâtre, pour le public comme pour les professionnels. Après ce succès au théâtre du Vieux Colombier, la Comédie Française a accueilli son adaptation et sa mise en scène de Fanny et Alexandre, d’après le film d’Ingmar Bergman et, avec son collectif, in Vitro, elle a proposé à l’Odéon Un Conte de Noël, d’après le film d’Arnaud Desplechin. Depuis le 1er avril 2020, elle dirige le Centre Dramatique National Gérard Philipe à Saint-Denis. Malgré la nécessité de s’adapter aux contraintes exceptionnelles entraînées par la pandémie de Covid-19, Julie Deliquet maintient les grandes lignes de son projet. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 200Le vaccin ici et ailleurs / Elle s’en va : l’Allemagne sans Merkel / n°176 (17 janvier 2021)
LE VACCIN ICI ET AILLEURS Dans le monde, la stratégie de vaccination diffère entre campagne massive et prudence. Selon Our World In Data, au 12 janvier, plus de 15 millions de doses ont été administrées dans le monde. En tête, les États-Unis avec 5,31 millions de doses au 7 janvier. Viennent ensuite la Chine avec 4,5 millions, puis Israël avec 1,5 million. L’État hébreu détient le record du nombre de doses administrées pour 100 habitants, grâce à un réseau très dense de centres de vaccination. Une autre catégorie de pays, celle des émergents, n'a pas réellement démarré la vaccination. Avec environ 1 million de doses administrées depuis le 8 décembre d’après Our World in Data, le Royaume-Uni a vacciné au 12 janvier plus de personnes que le reste de l’Europe réuni. En priorité sont ciblés les plus de 70 ans, les soignants qui se trouvent en première ligne et les personnes vulnérables grâce à sept mégacentres de vaccination qui s'ajoutent aux 223 hôpitaux, et aux plus de 1.000 cabinets de médecins généralistes et à certaines pharmacies qui ont commencé à vacciner dès lundi. Avec presque 720.000 doses administrées, la péninsule italienne fait figure de leader, en valeur absolue, dans la course à la vaccination au sein de l’Union européenne. Rome a décidé de concentrer les efforts de cette première phase de vaccination sur le personnel sanitaire, même si de nombreux hôtes d’Ehpad ont déjà reçu aussi leur première piqûre. En Espagne, la campagne de vaccination a commencé, le 27 décembre. Au 12 janvier, on en était à 700.000 doses distribuées sur tout le territoire et 139.000 administrées. Les personnes éligibles sont les mêmes qu’en Grande Bretagne : personnels et résidents des structures d’accueil pour personnes âgées, soignants potentiellement confrontés au virus. L’Allemagne obtient des résultats plutôt positifs 0,82% de la population vaccinée dans plus de 400 centres de vaccination et des équipes mobiles vaccinant dans les maisons de retraite. Aux États-Unis, la première phase cible les soignants en contact avec le virus, les résidents des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée. Le Canada a lancé sa campagne de vaccination dès le 14 décembre. Sa stratégie vise d’abord les structures accueillant des personnes âgées, les plus de 70 ans, les soignants et les adultes des communautés indigènes. En France, la vaccination va être étendue aux soignants de plus de 50 ans, ce qui n'était initialement prévu que fin février. Quant aux plus de 75 ans, ils pourront accéder au vaccin dès le 18 janvier. Un processus de tirage au sort d'un comité citoyen de 35 personnes représentatives de la population française a été lancé. Il sera chargé de conseiller le gouvernement dans sa stratégie vaccinale. Au total 400 000 personnes ont reçu leur première dose à la fin de cette semaine. Après les personnes âgées, la vaccination sera proposée à tous les retraités de plus de 65 ans jusqu'au printemps, puis au reste de la population âgée de 16 ans et plus. L’'objectif étant de vacciner 15 millions de personnes d'ici à l'été. Toutefois, au 10 janvier, sur le million de doses de vaccin reçues par la France, seules 10 % ont été utilisées et 0,21 % de sa population a été vaccinée.***ELLE S’EN VA : L’ALLEMAGNE SANS MERKEL Alors qu’elle était contestée au sein de son parti, l’Union chrétienne-démocrate, la chancelière allemande a décidé il y a deux ans de renoncer à être de nouveau candidate à la présidence de la CDU et de ne pas se représenter en2021. Un règne de seize ans, s’achèvera le 26 septembre prochain, lors de l'élection de son successeur à la tête du pays. Un temps adoubée dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer, a démissionné le 10 février dernier, laissant derrière elle un poste vacant qui n'a toujours pas été pourvu pour cause de pandémie. Après avoir été incarnée pendant vingt ans par une protestante sans enfant, ayant grandi en Allemagne de l’Est, la CDU pourrrait élire à sa tête un père de famille catholique, originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui est le cas des trois candidats en lice, Armin Laschet, Friedrich Merz et Norbert Röttgen.. Les sondages donnent la droite vainqueur avec environ 36 % des voix, soit 10 points de plus qu’il y a un an. Sous la direction de la chancelière, après l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, l’Allemagne est sortie du nucléaire, mais pas du charbon.En 2015, Angela Merkel a ouvert les frontières à près d'un million de migrants syriens et afghans en prononçant sa célèbre phrase : « Wir schaffen das, Nous réussirons ». Les faits lui ont donné en partie raison, notamment grâce à une forte mobilisation de la société civile, des municipalités et des églises : près de 400 000 de ces réfugiés ont trouvé un emploi dans une Allemagne en quête de main-d’œuvre. Cependant après de violents incidents et la montée d’un courant hostile, la chancelière est revenue à une politique plus restrictive de l’asile et certaines routes des Balkans ont été fermées. Sur le front europ