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Le Nouvel Esprit Public

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820 episodes — Page 11 of 17

Ep 237La (vieille) querelle justice-politique / Quel leader aura été Angela Merkel ? / n°211 / 19 septembre 2021

Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 17 septembre 2021.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.LA (VIEILLE) QUERELLE JUSTICE-POLITIQUELe 10 septembre, Agnès Buzyn a été mise en examen dans le dossier de la gestion de l'épidémie de Covid-19 pour « mise en danger de la vie d'autrui ». Elle a été placée sous le statut plus favorable de témoin assisté pour « abstention de combattre un sinistre ». En cause : le rôle central de l'ancienne ministre de la Santé dans le dispositif gouvernemental entre janvier 2020 et sa démission le 16 février 2020 quand de premiers cas déclarés puis des décès apparaissaient en Chine et dans le monde. Les plaignants lui reprochent son inaction ou d'avoir menti sur l'utilité des masques dans le seul objectif d'en dissimuler la pénurie. Seize plaintes ont été jugées recevables sur plus de 14.000 déposées. Pour le premier délit, Agnès Buzyn encourt un an de prison et 15.000 euros d'amende. Pour le second, deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. Cette décision de mise en examen est le fait de la Cour de justice de la République (CJR), juridiction créée en 1993 à la suite du drame du sang contaminé, seule habilitée à juger des ministres pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions. Elle est composée de 12 parlementaires et 3 magistrats.Si la création de la CJR constituait « au départ un progrès », il ne faudrait pas « qu'il se retourne contre la justice elle-même », fait valoir Pierre Egéa, professeur de droit public et avocat, relayant une inquiétude assez largement partagée. Il pointe notamment le « flou complet » des infractions pénales en cause : « "Mise en danger de la vie d'autrui", c'est très large et permet à peu près tout. Incidemment, on place le juge répressif en position d'évaluer une politique publique. C'est un problème sur le plan de la séparation des pouvoirs. » Avant d'autres probables auditions, de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe et de l’actuel ministre de la Santé, Olivier Véran, les responsables politiques s'interrogent sur un risque de judiciarisation de la vie publique, au risque d'une « paralysie » de l'action politique, selon le mot de Jean Castex. À l'Élysée, le chef de l'État s'est ému en privé du sort réservé à Agnès Buzyn, estimant que « cela fait peser un risque sur l'essence même du politique, à savoir : décider ». Comme une façon de délégitimer la Cour de justice de la République (il avait promis de la supprimer en 2017), il estime que « le juge souverain, c'est le peuple ». Trois autres affaires sont à l'instruction auprès de cette cour : les modalités, décidées par Éric Woerth, de l'imposition de Bernard Tapie après l'arbitrage de 2008 ; l'affaire concernant Kader Arif (ex-secrétaire d'État aux Anciens Combattants) pour atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans des marchés publics ; enfin, l'affaire de la prise illégale d'intérêts dont se serait rendu coupable le Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti en saisissant l'Inspection générale de la justice dans le dossier des « fadettes ».Ailleurs dans le monde plusieurs dirigeants sont sous le coup d'enquêtes judiciaires pour mauvaise gestion de la crise sanitaire, comme en Italie ou au Brésil. En revanche, au Royaume-Uni, une enquête indépendante (non judiciaire) a été ouverte.***QUEL LEADER AURA ÉTÉ ANGELA MERKEL ? La chancelière allemande quittera le pouvoir avec une popularité au zénith après 16 années à la tête du pays. Pour les citoyens européens, Angela Merkel est la dirigeante qui inspire le plus confiance. Selon un sondage réalisé dans 12Etats-membres de l’UE, par le centre de réflexion European Council on ForeignRelations à la question « s’il y avait une élection pour la présidence de l’Europe et qu’il vous fallait choisir entre Angela Merkel et Emmanuel Macron, pour qui voteriez-vous ? », 41 % des personnes interrogées ont indiqué leur préférence pour la chancelière, contre 14 % pour le président français. « Avec son style de leadership technocrate, elle inspire plus confiance que Macron avec ses discours visionnaires », commentent les organisateurs du sondage. Originaire d’Allemagne de l’Est, fille de pasteur luthérien, Angela Merkel est selon Marion Van Renterghem, auteur de « C’était Merkel », « une conservatrice progressiste. Elle a peur du changement et n'aime pas brusquer les choses. Elle ne suit pas de stratégie ; elle est plutôt guidée par sa structure morale. » L’ère Merkel n’a été entachée d’aucune affaire de corruption ou de népotisme.Les crises en revanche n’ont pas manqué : de la crise financière de 2008 à la pandémie de Covid-19 lors de laquelle ses interventions sobres et pédagogiques et les bons résultats obtenus dans les premiers mois de l'épidémie restent en mémoire ; en passant par le sauvetage de l'euro

Sep 19, 20211h 5m

Ep 228Bada # 102 : Hommage à Bertrand Tavernier : Frédéric Bourboulon (3/3) / 15 septembre 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 15, 202132 min

Ep 236L’énigme Marseille / Après le 11 septembre / n°210 / 12 septembre 2021

Avec cette semaine :David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.L’ÉNIGME MARSEILLEDu 1er au 3 septembre, Emmanuel Macron était à Marseille, deuxième ville du pays avec ses 875 000 habitants, où il a annoncé son plan « Marseille en grand » : 1,5 milliard de financements nouveaux principalement pour les transports, la culture, la sécurité, les écoles. Voilà des décennies que cette cité se délite. Quartiers abandonnés aux trafiquants, pression migratoire continue, intégration délaissée, violences banalisées, dette abyssale (1,5 milliards d’euros), écoles déclassées, obsession victimaire, boulevards congestionnés... ​Dans son livre « Marseille, ville du monde » Nicolas Maisetti, docteur en science politique rappelle qu’« historiquement depuis Defferre, il y a un découplage politique des quartiers Nord par rapport à la ville centre : sauf sous Vigouroux, ces quartiers ont toujours été d'une couleur politique qui n'était pas celle de la mairie centrale. C'est ce qui explique leur mise à l'écart en termes de transports et plus généralement de services publics. Pour Defferre, c'était des nids de communistes, du temps de Gaudin, ce n'était pas sa clientèle électorale, et c'est un peu la même chose pour le Printemps marseillais. » La faute à un « Etat trop distant, qui revient de temps en temps en force ». En 2016, la métropole Aix-Marseille-Provence avait été créée pour donner de l'élan au territoire. François Hollande, qui avait déjà lancé en 2012 un plan de sauvetage de la ville de 2 milliards d'euros, misait alors sur cette nouvelle structure à fiscalité unique pour exercer des compétences stratégiques dans les domaines de l'aménagement, du développement économique, des transports ou des logements. Cinq ans plus tard, personne ne semble en mesure d'en percevoir la plus-value.Le politologue Patrick Le Lidec, chercheur en sciences politiques au CNRS explique que pour se protéger des villes ouvrières communistes, Gaston Defferre, a pratiqué l'isolationnisme de 1953 à 1986. Progressivement cette ville d'accueil des populations pauvres - notamment après la décolonisation -, privée d'activité économique et de recettes fiscales, est devenue le parent pauvre du département. Aux dernières élections municipales, après vingt-cinq ans de règne de Jean-Claude Gaudin (LR), Marseille a basculé à gauche, avec la victoire de l'écologiste Michèle Rubirola à laquelle a rapidement succédé Benoît Payan (PS). La ville possède toutefois des atouts. Malgré la drogue et les règlements de comptes, Marseille a attiré cet été 3 millions de visiteurs sur son littoral et dans ses calanques. Elle séduit de nouveaux habitants, ce qui entraîne la flambée des prix de l'immobilier. Entre 2015 et 2019, selon l'Insee, la ville a accueilli chaque année, en moyenne, 10 500 jeunes âgés de 20 à 34 ans extérieurs au territoire de la métropole. On y observe des phénomènes de gentrification, alors que le taux de chômage n'y est qu'à 9,9 %, contre 8% sur l’ensemble du territoire. Réalités qui coexistent avec les effondrements de la rue d'Aubagne, l'affaire Guérini, les grèves des poubelles et les règlements de comptes.***APRÈS LE 11 SEPTEMBRELa chute de Kaboul, le 15 août dernier, a mis fin à la « guerre contre la terreur » lancée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 Septembre qui firent près de 3 000 morts. Les troupes américaines qui occupèrent alors l’Afghanistan, y sont restées jusqu’à maintenant, malgré l'exécution d'Oussama ben Laden, le 2 mai 2011 au Pakistan. Bilan, vingt ans après : le département américain de la défense a dépensé 837 Mds$ pour la conduite de la guerre, au cours de laquelle 2 443 soldats américains et 1 144 militaires de la coalition internationale ont été tués. L’armée afghane a perdu 66 000 hommes. Les Etats-Unis ont déboursé 145 Mds$ pour la « reconstruction » de l’Afghanistan, dont la plus grande partie a servi à former et équiper les forces de sécurité afghanes. Une guerre dupliquée en 2003 en Irak, qui a coûté la mort de 4 500 soldats américains supplémentaires, avec un coût estimé à plus de 2 000 Mds$ selon le groupe Cost of Wars, du Watson Institute. L’image des États-Unis, déjà ternie par les méthodes antiterroristes employées à Guantanamo à Cuba, dans la prison d’Abou Ghraib en Irak, ou dans les centres de détention secrets de la CIA a été sévèrement atteinte par un départ de Kaboul en forme de déroute. « La chute de Kaboul affaiblira considérablement la main de l'Amérique dans le monde prédit Renaud Girard dans Le Figaro. Les Iraniens, les Turcs, les Russes et les Chinois la verront comme un géant aux pieds d'argile, incapable de constance stratégique. » Traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001, l'Amérique a vécu pendant des années dans l'angoisse du terr

Sep 12, 202157 min

Ep 235Les primaires, machines à perdre ? / Déroute à Kaboul: vers une défense européenne ? / n°209 / 5 septembre 2021

Une émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’Ecole alsacienne le 5 septembre 2021. Avec Matthias Fekl, Lucile Schmid, Richard Werly et Michaela Wiegel.LES PRIMAIRES SONT-ELLES DES MACHINES À PERDRE ?L'automne qui arrive pourrait s’annoncer comme la saison des primairesen vue des présidentielles de 2022. A droite, plusieurs candidats se sont déclarés en leur faveur : Valérie Pécresse, Michel Barnier, Philippe Juvin et Éric Ciotti. Mais Xavier Bertrand s’y oppose. Le 2 septembre, le président des Républicains, Christian Jacob a annoncé que « ce sont les militants qui trancheront lors du congrès le 25 septembre » si des primaires doivent avoir lieu et sous quelle forme. LR va donc procéder à une primaire de la primaire. La primaire d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) est déjà programmée et ses règles fixées. En septembre, elle sera numérique, faute de moyens pour l'organiser physiquement. Certains, au Parti socialiste, commencent à réclamer un processus similaire pour départager les candidats putatifs. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, proposera une modification des statuts lors du congrès des 18 et 19 septembre à Villeurbanne pour réserver la primaire aux militants. La maire de Paris, Anne Hidalgo, en rupture avec les statuts du PS, a déjà fait savoir qu'elle n'était « pas favorable à un système de primaire ». Le 11 juillet, une démarche inédite et ouverte à tous, « La Primaire populaire » a été lancée par une poignée de citoyens engagés. Il s’agit d’un parrainage en ligne visant àfaire émerger une candidature commune à gauche. Sa particularité : les candidats ne choisissent pas de l'être. A l’origine, le système des primaires n'est pas dans la tradition politique française. Le premier à en avoir introduit l'idée fut Charles Pasqua en 1989, pour départager Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Ce n’est que depuis 2012, que le procédé a été fréquemment utilisé, à droite comme à gauche, avec des résultats mitigés : en 2012, il déboucha sur la sélection de François Hollande comme candidat du PS et de ses alliés, puis sur sa victoire finale. En revanche, en 2016 et 2017, les deux vainqueurs des primaires, à droite comme à gauche, François Fillon et Benoît Hamon, ne sont pas parvenus au second tour des présidentielles. Et le vainqueur de 2017 fut le candidat issu d'un gouvernement socialiste mais ayant fait le choix de se soustraire aux primaires de gauche, Emmanuel Macron... En août, la Fondation pour l'innovation politique a publié une étude des politologues Pascal Perrineau et Laurence Morel estimant que l'élection présidentielle de 2022 sera centrale pour l'avenir des primaires en France. Pour eux, « soit elles sont abandonnées avant d'être totalement entrées dans les mœurs, soit elles perdurent et un retour en arrière sera difficile. » Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche publié le 29 août, une majorité de Français se déclare en faveur de l’organisation de primaire : 59 % des personnes interrogées plaident pour l'organisation d'une primaire à gauche, et 58 % à droite.***APRÈS LA DÉROUTE ÉTATS-UNIENNE À KABOUL,Y AURA-T-IL UNE DÉFENSE EUROPÉENNE ?Le 2 septembre, les ministres de la Défense de l'UE ont évalué les premières conséquences du « fiasco » afghan et ils ont évoqué un nouveau format de projection. Il n'est pas ressorti de décision de leurs échanges à Kranj, en Slovénie, mais, selon les mots d'un diplomate européen, « la maturité collective s'accroît », en vue d'une autonomisation de l'Europe vis-à-vis de l'Otan et des Etats-Unis. Le président du Conseil européen Charles Michel avaitobservé : « l'Europe ne bouge que dans les crises. L'Afghanistan peut la réveiller. Le moment est venu d'être en mesure de la doter d'une force militaire capable de se battre si nécessaire. » Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s’est exprimé dans le même sens, prédisant que « les prochaines crises seront en Irak et au Sahel ». Le concept d'une force dite de « première entrée » de plusieurs milliers de soldats, déjà avancé en mai dernier, a été de nouveau discuté, sans que soient évoqués ni chiffres précis, ni mode de décision d'engagement de ces troupes. Une des questions qui se posent est celle de l'unanimité. Compte tenu des traditions militaires et des sensibilités très différentes à travers le continent, l’on pourrait se diriger vers des coopérations renforcées ad hoc entre quelques Etats membres, en fonction des crises. Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur, également en charge de la Défense et de l'Espace, estime que « l'Europe de la défense doit rentrer dans l'âge adulte » pour faire basculer le continent de « l'Europe marché » vers « l'Europe puissance ». Il propose de définir une doctrine européenne de sécurité et de défense pour établir les motifs d'intervention, un cadre institutionnel renouvelé qui inclurait un Conseil de sécurité européen et une force européenne de projection, qui impliquerait « un centre de commandement européen intégré ». Toutefoi

Sep 5, 20211h 3m

Ep 228Bada # 100 : Hommage à Bertrand Tavernier : Frédéric Bourboulon (2/3) / 1er septembre 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 1, 202132 min

Ep 232Thématique : l’Arménie après la guerre du Haut-Karabahk / n°208 / 29 août 2021

L’ARMÉNIE APRÈS LA GUERRE DU HAUT KARABAHK Avec Gérard Malkassian, professeur de philosophie en khâgne au lycée Janson de Sailly (Paris) et animateur des Conférences du Salon de Littérature arménienne.En Arménie, en avril 2018, la tentative de coup de force institutionnel du Président Serge Sarkissian avait mené à la « révolution de velours », à de larges manifestations et à la grève générale, provoquant sa démission au profit de Niko Pachinian et mettant fin au régime post-soviétique corrompu, en place depuis l'indépendance de 1991.Cependant, le pays est entré dans une crise politique à la suite de sa défaite contre l'Azerbaïjan dans la Guerre du haut Karabakh commencée le 27 septembre 2020, tuant 3 500 soldats arméniens, et déplaçant des milliers de personnes. Le cessez-le-feu signé le 9 novembre 2020 sous l'égide de Moscou consolidait les gains militaires de l'Azerbaïjan, qui récupérait du même coup les territoires occupés par les Arméniens depuis 1994 : l'enclave du Haut-Karabahk mais aussi sept districts voisins, servant de zone tampon entre les deux pays.A la suite de mouvements de contestations demandant le départ du premier ministre Niko Pachinian, affaibli après cette humiliante défaite militaire, celui-ci avait annoncé sa démission le 25 avril, continuant à exercer ses fonctions par intérim jusqu'aux élections censées permettre la sortie de crise. Le 12 mai dernier, des centaines de soldats azerbaïdjanais sont entrés sur le territoire arménien, faisant peser le risque de nouveaux affrontements.C'est le dimanche 20 juin dernier qu'ont eu lieu les élections législatives anticipées. Les 2,6 millions d'électeurs ont pu choisir entre quatre blocs électoraux rassemblant 22 partis. La campagne, présentée comme bataille de générations entre celle Pachinian et de l'ancien régime de l'Arménie soviétique, s'est cependant résumée à un affrontement entre Niko Pachinian et Robert Kotcharian, Président de 1998 à 2008. Le parti « Contrat Civil » de Niko Pachinian a obtenu 53,9 % des suffrages, 16,5 points de moins que lors des élections de 2018, mais qui lui permettent de remporter une majorité de 72 sièges sur 101, tandis que le bloc Arménie de Robert Kotcharian a lui fait un score de 21%, obtenant 27 sièges. Au moment où nous enregistrons cette émission thématique, ce dernier refuse pour le moment de reconnaître les résultats du scrutin et dénonce des fraudes et falsifications. Après une campagne véhémente, de nombreux observateurs craignent des affrontements. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 29, 202158 min

Ep 228Bada # 99 : Hommage à Bertrand Tavernier : Frédéric Bourboulon (1/3) / 25 août 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 25, 202130 min

Ep 223Thématique : La relation homme-animal / n°207 / 22 août 2021

LA RELATION HOMME/ANIMALVirginie Maris, vous êtes philosophe de l'environnement, chargée de recherches au CNRS et chercheuse au CEFE (Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive) de Montpellier. Vous travaillez également au Conseil national de la protection de la nature (CNPN) et figurez dans l'opposition au conseil municipale d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône. En 2018, vous avez publiez La Part sauvage du monde - Penser la nature dans l'Anthropocène.​Dans ce livre, vous revisitez le « Grand partage » défini par l'anthropologue Philippe Descola comme séparant strictement le monde des humains et le monde naturel. Dans ce grand partage, présent au cœur de l'ontologie occidentale, vous remarquez la constance de la reconnaissance d'une altérité radicale du monde naturel parfois accusée d'être à la racine de la crise environnementale.​Vous montrez que ce dualisme hérité des modernes n'est pas une voie satisfaisante pour penser notre rapport à la nature. Cependant, la forme exacerbée que lui donne l'anthropocentrisme, qui adosse à la distinction entre nature et culture une hiérarchie entre humains et non-humains, n'est pas non-plus la réponse appropriée. Dès lors, vous nous invitez à penser la nature dans son altérité, comme ce qui est irréductiblement extérieur aux affaires humaines. Ainsi, vous montrez qu'au-delà de sa pertinence scientifique, l'Anthropocène est aussi un concept politique qui tend à placer la vie de la planète sous la domination des activités humaines, à abolir la Terre comme altérité naturelle pour l’investir entièrement et la transformer en une technocrature. Votre projet entend revisiter le sauvage comme antidote à ces discours anthropocentriques, et à valoriser une nature irrémédiablement étrangère aux finalités humaines.​A rebours du pronostic fatal sur la fin de la nature, qui trouve anachronique l'obstination de la conservation à préserver des écosystèmes d'une nature vierge fantasmée, vous défendez l'idée que la nature, conçue comme part sauvage du monde, demeure. Il faut pouvoir penser l'altérité, l'autonomie et l'extériorité de la nature, accepter de se donner des limites et de borner l'empire humain. Selon vous, il revient à la conservation de protéger et de maintenir des territoires qui ne soient pas des productions intentionnelles et dans lesquels les processus naturels peuvent se maintenir et évoluer sans être conçus ni captés par les intérêts humains. Néanmoins, vous montrez ses tendances à développer en son sein même des processus d'absorption de la nature, entraînant sa dissolution dans les sphères technique, économique et informationnelle. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 22, 202155 min

Ep 232Bada # 98 : Hommage à Bertrand Tavernier : Jean Ollé-Laprune / 18 août 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 18, 202126 min

Ep 225Thématique : L’Irlande / n°206 / 15 août 2021

THEMATIQUE L’IRLANDEJonathan Faull, vous êtes sujet britannique, vous avez occupé plusieurs postes de directeur ou de directeur général à Bruxelles, et vous avez été directeur général (2015-2016) du groupe de travail de la Commission européenne pour les questions stratégiques liées au référendum au Royaume-Uni, vous êtes membre de l’Institut Jacques Delors. « Six mois après l'entrée en vigueur du Brexit le protocole nord-irlandais assorti à l'accord de retrait demeure la principale pomme de discorde entre Bruxelles et Londres écrivent Les Échos. Ses difficultés d'application sur le terrain continuent d'alimenter les discussions entre les deux blocs, mais attisent aussi la colère de la population sur place. Au point d'expliquer au moins en partie les heurts les plus violents qu'ait connus la région depuis des années. » Le protocole nord-irlandais est vécu par les loyalistes comme une trahison de Boris Johnson, qui avait promis de ne pas restaurer de frontière entre la Grande Bretagne et l'Irlande du Nord.Cette évolution menace le fragile équilibre installé par les Accords du Vendredi Saint entre les communautés, et fait craindre un engrenage de violence. Début avril, les événements de Belfast ont rappelé les « Troubles ». Le 29 mars a marqué le début de plusieurs nuits de violences et d'émeutes entre les forces de police et des groupes unionistes, d'abord dans la ville de Derry, puis à Belfast, Carrickfergus, Ballymena et Newtownabbey. L'élément déclencheur a été la décision du procureur de ne pas poursuivre des nationalistes du Sinn Fein après leur participation en juin 2020, malgré les restrictions sanitaires, aux funérailles de l'éminent membre de l'IRA, Bobby Storey.Le Loyalist Communities Council (LCC), qui regroupe des organisations paramilitaires loyalistes, a dit retirer son soutien au traité de paix. De son côté, Michelle O'Neill, chef du parti républicain Sinn Fein en Irlande du nord, a accusé des groupes paramilitaires loyalistes d'inciter de jeunes adolescents à affronter la police et le Democratic Unionist Party (DUP) d’instrumentaliser la violence pour faire annuler le protocole et rétablir une frontière physique sur l'île. Si le DUP a connu de piètres résultats aux élections générales de fin 2019, une possible défaite aux élections de mai 2022 pourrait faire diriger l'Irlande du Nord pour la première fois par une majorité en faveur de la réunification.Malgré la crise sanitaire, l’Irlande est le seul pays européen à avoir affiché une croissance positive en 2020. Grandement aidée par la présence des géants de la tech et de la pharmacie, celle-ci a atteint 3,4 % du PIB. Outre une fiscalité basse (avec un taux d'impôt sur les sociétés à 12,5%), la langue anglaise, la présence d'universités d'excellence, et l'intégration au marché commun rendent l'Irlande attractive pour les entreprises. La conclusion d'un accord sur l'instauration d'un seuil minimal d'imposition sur les sociétés modifie à la marge la situation de l’Irlande, souvent considérée comme un paradis fiscal. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 15, 20211h 4m

Ep 232Bada # 97 : Hommage à Bertrand Tavernier : Laurent Heynemann (2/2) / 11 août 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 11, 202125 min

Ep 229Thématique : L’Indo-Pacifique / n°205 / 8 août 2021

THÉMATIQUE : L’INDO-PACIFIQUEAvec Isabelle Saint-Mézard, chercheuse associée au centre Asie de l’Ifri, l’Institut français des relations internationales, et spécialiste de l’Asie du Sud, notamment de l’Inde.Le terme d’Indo-Pacifique a émergé récemment dans les relations internationales où on lui préférait jusque-là le concept d’Asie-Pacifique. C’est, par exemple, en 2019, que la France a dévoilé sa stratégie pour l’Indo-Pacifique. Si la notion correspond à l’union des océans indien et pacifique, ses délimitations géographiques ne sont pas envisagées de la même manière par tous les acteurs. Les États-Unis considèrent l’Indo-Pacifique comme bordé à l’ouest par la façade orientale de l’Inde tandis que la France tend à inclure Mayotte voire l’Afrique de l’Est. Cependant, une donnée commune demeure : celle du caractère stratégique de la zone. Au niveau économique, l’Indo-Pacifique représente 40% du PIB mondial avec la Chine, l’Inde, le Japon mais aussi les dragons asiatiques. Principal relai de la croissance mondiale, la zone est traversée par la première route maritime du globe. Avec 60% de la population de la planète, elle représente également un marché majeur. Au niveau sécuritaire, la région compte 6 puissances nucléaires : la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan mais aussi les États-Unis et la France. Ce constat est d’autant plus digne d’intérêt que certains de ces pays s’opposent sur de nombreux sujets. La stabilité étatique est également sujette à caution, notamment après après un coup d’État en Birmanie le 1er février dernier et avec la persécution de la minorité musulmane dans ce pays mais aussi en Chine et en Inde. Par ailleurs, les petits États insulaires de l’Indo-Pacifique sont parmi les premiers menacés par le changement climatique, qui renforce le risque de catastrophes naturelles. Le concept d’Indo-Pacifique a été promu par les États-Unis pour offrir un front uni entre les pays de la région face à l’affirmation de Pékin en mer de Chine mais aussi dans l’océan Indien alors que l’armée chinoise dispose désormais d’une base à Djibouti. A travers le dialogue quadrilatéral sur la sécurité, le QUAD, qui rassemble Inde, Australie, Japon et États-Unis, ces derniers espèrent former une alliance multilatérale. Cependant, les gouvernements de la région veillent à ne pas s’opposer frontalement à Pékin tandis que les Européens, pressés par Washington, ne souhaitent pas nécessairement aligner leur position sur celle des États-Unis. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 8, 202159 min

Ep 232Bada # 96 : Hommage à Bertrand Tavernier : Laurent Heynemann (1/2) / 4 août 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 4, 202122 min

Ep 226Thématique : Taïwan / n°204 / 1er août 2021

THÉMATIQUE : TAÏWANValérie Niquet, chercheuse à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la Chine et de l’Asie du Sud-Est. Elle a consacré de nombreux ouvrages à la doctrine stratégique chinoise et au Japon.Taïwan, officiellement « République de Chine » depuis 1945, représentait 23,6 millions d’habitants et un PIB de 585 milliards d’euros en 2020 selon la Banque Mondiale. Son niveau de vie est le quinzième plus élevé au monde. Son territoire s’étend sur environ 35.000 km2. Il est composé de l’île de Taïwan, située à 180 km du continent et de petits archipels. Depuis 1949, cet ensemble insulaire est revendiqué par la République populaire de Chine après que les nationalistes du Guomindang s’y sont réfugiés à la suite de leur défaite face aux communistes et Pékin considère Taïwan comme sa 23e province. La Chine continentale poursuit une politique de mise à l’écart de Taiwan du jeu diplomatique, depuis qu’en1971, dans le cadre de son rapprochement avec les États-Unis, le régime communiste a remplacé l’ancienne Formose à la représentation de la Chine à l’ONU. Depuis, les États reconnaissant la légitimité de Taipei sont de moins en moins nombreux. Ils ne sont aujourd’hui que 14, même si la plupart des pays entretiennent des relations avec le gouvernement taïwanais. Après le règne autoritaire de Tchang Kaï-check jusqu’à sa mort en 1975, le pays a connu sa première alternance politique en 2000. Depuis 2016, il est dirigé par le Parti démocrate progressiste, favorable à l’indépendance de l’île, tout en étant soucieux de limiter les tensions avec Pékin. Les études d’opinion montrent que la population est de plus en plus acquise à l’indépendance, notamment les jeunes. Taïwan fait office de modèle de société libérale avancée dans le sud-est asiatique, par exemple en étant le premier pays d’Asie à autoriser le mariage entre personnes de même sexe. Avec 3,11% de croissance en 2020, Taïwan a été relativement peu impactée par la crise économique grâce à une politique sanitaire saluée dans le monde entier et un plan de soutien à l’économie. Sur fond de rivalité sino-américaine, la compétitivité de son économie a été renforcée comme l’illustre le secteur des semi-conducteurs dont Taïwan est le leader mondial, créant de fortes dépendances mondiales vis-à-vis de son industrie. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 1, 202159 min

Ep 232Bada # 95 : Hommage à Bertrand Tavernier : Sophie Brunet / 28 juillet 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 28, 202120 min

Ep 221Thématique : Le Nigéria / n°203 / 25 juillet 2021

THÉMATIQUE NIGÉRIA Avec Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Spécialiste des problématiques de sécurité, de migration et d’aide humanitaire, il a vécu de nombreuses années au Nigéria et Nicolas Baverez, Béatrice Giblin et Lionel Zinsou. Le Nigéria est un géant anglophone entouré d’États ouest-africains francophones. Il comptait, en 2019, plus de 220 millions d’habitants pour un PIB de près de 450 milliards de dollars selon la Banque mondiale. Il représenteainsi la population la plus importante et la première économie en Afrique tandis que sa capitale, Lagos, est la première ville du continent. Sa population est estimée à 14 millions d’habitants. S’il est la première puissance économique d'Afrique, le Nigéria est aussi le pays qui compte le plus grand nombre de personnes indigentes au monde : 83 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, selon le Bureau National des Statistiques. Si les revenus issus du pétrole, dont le Nigéria est le premier exportateur en Afrique, constituent une grande part des recettes budgétaires du pays, le secteur représente peu en termes d'emplois et rend la croissance économique dépendante des cours mondiaux. Pendant la pandémie, ceux-ci se sont effondrés et ont fait reculer le PIB nigérian de 1,8%, faisant entrer le pays dans sa deuxième récession depuis 2016. ​Aujourd'hui, les acteurs économiques et les autorités s'accordent sur la nécessité de diversifier l'économie, notamment au profit des secteurs agricoles et manufacturiers. Ces dernières années, des mesures protectionnistes ont été prises, bannissant notamment les importations de riz pour soutenir la production locale. Selon le Bureau National des Statistiques, un actif sur trois est aujourd’hui sans emploi. En mars dernier, l'inflation a atteint 18%, et 23% pour les produits alimentaires, augmentation qu'explique en partie l'insécurité des régions agricoles : des millions de civils désertent leurs terres pour fuir la menace djihadiste dans le Nord-Est, et les conflits entre agriculteurs et éleveurs font des ravages dans les régions du centre.​ Depuis 2009 et son insurrection armée contre quatre États du Nord (Bauchi, Borno, Yobe et Kano), le groupe jihadiste Boko Haram, continue de sévir au Nigéria, prenant pour cible les militaires et les civils. Depuis 2015, ce groupe s'est installé le long des frontières du Nord Est, autour du lac Tchad.​En avril 2014, l'enlèvement de plus de 270 jeunes filles à Chibok avait suscité un vaste mouvement de solidarité internationale sous le slogan « Bring Back our girls ». Les kidnappings n’ont pas cessé pour autant : en décembre 2020, 344 jeunes garçons de l'école de la ville de Kankara, en février 2021, 317 jeunes filles à Jangebe dans l'État de Zamfara. Ces attentats sont parfois directement revendiqués par Boko Haram, mais peuvent être l'œuvre de groupes criminels désireux d'obtenir rançon.​Au pouvoir depuis 2015 et réélu en 2019, le Président MuhammaduBuhari avait promis de mater l'insurrection et de sécuriser l'État du Nord, mais son gouvernement peine à faire face à l'insécurité tandis que son armée est régulièrement accusée de commettre des exactions contre les populations.​Enfin, le pays est profondément divisé entre le Nord musulman et le Sud chrétien, et les rapports entre la Constitution fédérale et la charia, appliquée dans le nord du pays, pose question. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 25, 202156 min

Ep 228Bada # 94 : Hommage à Bertrand Tavernier : Thierry Frémeaux (2/2) / 21 juillet 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 21, 202136 min

Ep 217Thématique : La relation France-Algérie, le rapport Stora / n°202 / 18 juillet 2021

ALGÉRIE FRANCE : LE RAPPORT STORA En juillet 2020, le Président Emmanuel Macron a chargé Benjamin Stora, professeur à l'université Paris-XIII et à l'INALCO, et président du Conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration de « dresser un état des lieux juste et précis » sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, censé « s'inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algériens ». Dans ce rapport, remis en janvier dernier, Benjamin Stora constate que les mémoires de la colonisation et de la Guerre continuent de saigner, constituant désormais en France l’un des points de cristallisation de la réflexion sociétaleautour de l’ « identité nationale ». Cette persistance des conflits s'explique selon lui par la multiplicité des groupes porteurs de ces mémoires, entre les pieds-noirs, les près de un million et demi de soldats français mobilisés, les harkis, les immigrés Algériens en France, ainsi que leurs enfants. A travers l'exposé des relations entre la France et l'Algérie depuis l'indépendance, le rapoort montre que des pas ont été faits vers la réconciliation, comme par exemple la reconnaissance par un vote à l’Assemblée nationale en 1999 du terme de « guerre d'Algérie», ou en 2005 celle des massacres de 1945 à Sétif et à Guelma. Plus récemment, la déclaration d’Emmanuel Macron sur « l’affaire Audin », jeune mathématicien enlevé et assassiné pendant la Bataille d’Alger en 1957. Selon Stora, ce mouvement vers la réconciliation doit permettre le passage d’une mémoire communautarisée à une mémoire commune, à la fois en France mais aussi entre historiens algériens et historiens français. Il doit aussi permettre la sortie de ce que le rapport appelle la « concurrence victimaire », sorte de mémoire cloisonnée où chacun des groupes porteurs de mémoires différentes se pose en victime supérieure à l’autre. Le rapport s'achève sur trente préconisations, comme la constitution d’une Commission « Mémoires et vérité » chargée d’impulser des initiatives communes entre la France et l’Algérie sur les questions de mémoires, ou l'entréeau Panthéon de Giselle Halimi. A l’approche du soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022, peut-il y avoir un nouveau Traité de réconciliation entre les peuples algériens et français ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 18, 20211h 3m

Ep 227Bada # 93 : Hommage à Bertrand Tavernier : Thierry Frémeaux (1/2) / 14 juillet 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 14, 202136 min

Ep 230Thématique : Le Rwanda / n°201 / 11 juillet 2021

RAPPORT DE LA COMMISSION DUCLERTAvec Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d’études à l’EHESS et auteur d’« Une initiation. Rwanda (1994-2016) » aux Editions du Seuil.Recevant ès qualités de président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale le professeur Duclert, président de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, notre ami Jean-Louis Bourlanges, retenu aujourd’hui hors de France par ses fonctions, déclarait :« Le 6 avril 1994, à l’instant précis où les présidents du Rwanda et du Burundi étaient assassinés, débutait à Kigali le 3ème grand génocide du XXe siècle. Après celui du peuple arménien en 1915 et celui du peuple juif par les nazis, le XXe siècle finissait ainsi sa course par le massacre soigneusement programmé, méthodiquement organisé et exécuté en un temps record de 800 000 à 1 million de Tutsi, hommes, femmes, enfants, massacre accompagné de la mise à mort de nombreux Hutu libéraux. Qualifié de génocide le 31 mai 1994 dans un rapport du secrétaire général des Nations unies et reconnu comme tel dès le 16 mai par Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, cette entreprise de destruction massive d’un peuple a été préparée par le régime du président Juvénal Habyarimana, que (votre commission) qualifie, non sans justification précise dans votre rapport, de « raciste, corrompu et violent », et conduite avec détermination par les séides du Gouvernement intérimaire qui s’installe au pouvoir au lendemain de l’assassinat du président. (…) Les défaillances de l’État (français) sont indiscutables, massives, structurelles. (…) Ces défaillances sont à la fois d’ordre politique, d’ordre intellectuel, d’ordre administratif et opérationnel et enfin, et peut-être surtout, d’ordre institutionnel. Après deux années de recherches, le rapport de 1200 pages dont il vient d’être question a été rendu public le 26 mars dernier. S'il récuse la complicité de la France avec les actes de génocide, ce rapport conclue à « un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes », responsabilités politiques, institutionnelles et intellectuelles, mais aussi éthiques, intellectuelles et morales. Des responsabilités politiques d'abord dans l'aveuglement du soutien à un régime raciste. Des responsabilités institutionnelles, tant civiles que militaires, dans la défaillance des pouvoirs de coordination, l'absence de contre-pouvoirs effectifs, et l'existence de pratiques irrégulières d'administration. Des responsabilités intellectuelles, dans l'utilisation d'une grille de lecture ethniciste de la réalité rwandaise. Des responsabilités éthiques au plus haut niveau dans la méconnaissance des événements malgré la disponibilité de l'information. Des responsabilités cognitives enfin, dans l'indistinction entre génocide et massacres de masse.Dans le prière d’insérer du livre que j’ai cité en introduction, vous écrivez « Après trois décennies d'un parcours de recherche entièrement consacré, dès l'origine, à la violence de guerre, un " objet " imprévu a coupé ma route. On aura compris qu'il s'agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois. Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l'instant tout d'abord, dans l'après-coup ensuite, constitue l'axe du livre qui va suivre. Car l'objet qui a croisé ma route ne s'est pas contenté de m'arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. » C’est par cette subversion de vos intérêts antérieurs que je voudrais ouvrir notre conversation. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 11, 20211h 0m

Ep 234Bada # 92 : Les régionales dans la perspective des présidentielles / Questions du public / 7 juillet 2021

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Bada de l’émission en public du dimanche 4 juillet 2021 à l'Ecole Alsacienne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 7, 202141 min

Ep 234Les régionales dans la perspective des présidentielles / n°200 / 4 juillet 2021

LES RÉGIONALES DANS LA PERSPECTIVE DES PRÉSIDENTIELLES Le 27 juin, les régionales ont vu la réélection des 13 présidents de régions métropolitaines sortants, qu'ils soient de droite et du centre (7 régions) ou de gauche (5 régions) à l'issue d'un second tour marqué par une abstention massive de 65 ,7%, un point de moins qu’au premier tour. Trois poids lourds de la droite traditionnelle qui ambitionnent de disputer la présidentielle en 2022 ont emporté une nette victoire : Xavier Bertrand avec 53% dans les Hauts-de-France s’est aussitôt déclaré candidat à la présidentielle, Valérie Pécresse, forte d'un score de 45,9% en Ile-de-France a donné rendez-vous après l'été pour savoir si elle sera candidate ou non, tandis que Laurent Wauquiez (55,2% en Auvergne-Rhône-Alpes) dit refuser « ces espèces de course de vitesse où à peine élu, on passe à autre chose ». Le chef du parti Les Républicains, Christian Jacob, a annoncé lundi que la droite déciderait le 30 septembre de son « système de départage », qui serait ensuite soumis à un congrès militant. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le président Les Républicains sortant, Renaud Muselier, qui a bénéficié du retrait de la liste écologiste au lendemain du premier tour, l'a largement emporté sur le candidat du Rassemblement National Thierry Mariani, avec 57,30 % des voix contre 42,70 %.A gauche, le Parti socialiste a conservé ses 5 régions. En Occitanie la réélection haut la main – sans l'appui du reste de la gauche, et notamment des écologistes – de la sortante Carole Delga a été acquise avec 57,77 % des voix. En revanche, les écologistes – Karima Delli dans les Hauts-de-France et Julien Bayou en Ile-de-France – qui ont pris la tête de listes d'union de la gauche n'ont pas créé de dynamique. Aujourd’hui à gauche trois candidats se sont déclarés en piste pour les présidentielles. Le communiste Fabien Roussel, l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, et celle ou celui qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) désignera le 12 septembre, lors de la primaire des écologistes, Sandrine Rousseau, Yannick Jadot, Éric Piolle et, peut-être, Delphine Batho.Les grands perdants du second tour des élections régionales et départementales sont la REM et le Rassemblement national. La République en marche n’a gagné aucune région et totalisé moins de 7 % des voix, le pire score jamais réalisé par un parti au pouvoir. Le reflux du Rassemblement National au premier tour a surpris par son ampleur : en dépit d'une présence dans la totalité des régions métropolitaines, comme en 2015, les listes du Rassemblement National ont perdu 9,2 points, passant de 28,4 % à 19,2 %.Toutefois, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria réalisé avant le second tour et publié le 27 juin, Emmanuel Macron et Marine Le Pen restent en tête des intentions de vote à la présidentielle, quel que soit le candidat de la droite testé. S'il s'agit de Xavier Bertrand, Emmanuel Macron et Marine Le Pen feraient jeu égal, avec 24 % des voix, devant le candidat de la droite, crédité de 18 % des intentions de vote. Pécresse et Wauquiez, quant à eux, feraient 13 %. A gauche, Jean-Luc Mélenchon plafonne désormais à 10% dans les intentions de vote. Anne Hidalgo a dit qu'elle clarifierait son jeu à l'automne. Elle récolte 6% d'intentions de votes tout comme Yannick Jadot. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 4, 20211h 13m

Ep 231Bada # 91 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (27) … avec Yves Jeuland / 30 juin 2021

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Si C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ… (27) Avec Yves Jeuland, réalisateur de documentaires : « Paris à tout prix »(sur les municipales de 2001) « Les Gens du Monde » (sur les journalistes du quotidien du soir), « Il est minuit, Paris s’éveille » (sur les cabarets de l’après-guerre), « Le Président » (sur Georges Frèche) «Un Temps de président », (sur François Hollande), « Un Français nommé Gabin », « Bleu blanc rose » (sur les espoirs et les désespoirs du monde homosexuel), « Charlie Chaplin, le génie de la liberté »... ces quelques titres d’un catalogue qui en compte plus de trente donnent une idée de l’éclectisme d’Yves Jeuland , réalisateur à qui chacun reconnaît une exceptionnelle capacité à se fondre dans le paysage humain qu’il filme et une curiosité qui conduit ses spectateurs d’étonnements en découverte et de découverte en compréhension. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 30, 202144 min

Ep 231Élections sans électeurs / L’Iran après Rohani / n°199 / 27 juin 2021

ÉLECTIONS SANS ÉLECTEURS « Historique », « ahurissant », « phénoménal », « catastrophique », « abyssal », la concurrence des qualificatifs choisis pour dire publiquement l’ampleur de l’abstention enregistrée dimanche 20 juin au premier tour des élections régionales et départementales, exprime la sidération partagée face à une démobilisation électorale qui concerne désormais deux citoyens inscrits sur trois. Sur les 47,7 millions d'électeurs appelés à voter, plus de 30 millions ont choisi de ne pas se déplacer. Selon les chiffres publiés le 21 juin par le ministère de l'Intérieur, le taux d’abstention serait de 66,74 %. Soit une hausse de +17,9 points par rapport au même scrutin de 2015 (49,9 %). Depuis trente ans, l’abstention aux régionales progresse : 25,2 % en 1986, 31,4 % en 1992, 53,7 % en 2010... Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, moins d'un électeur sur deux a pris part aux scrutins successifs (législatives, européennes, municipales et aujourd'hui départementales et régionales).Une enquête de l'institut Ipsos publiée le 20 juin sur le profil sociologique des abstentionnistes, indique que les premiers à se démobiliser sont les jeunes, les électeurs les moins diplômés et les plus radicaux : 73 % des électeurs de Marine Le Pen et 67 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour de la présidentielle de 2017 se sont abstenus dimanche dernier, contre 44 % des électeurs de François Fillon. L'abstention par âge démontre aussi la quasi-absence des électeurs les plus jeunes : 87 % des 18-24 ans n’ont pas voté aux régionales, contre 40 % des 70 ans et plus. Les retraités s’abstiennent le moins (47 %). Viennent ensuite les cadres et les professions intermédiaires (69 %), puis les employés et les ouvriers (75 %).Dans toutes les régions métropolitaines, l'abstention a dépassé 60 %, atteignant même 69,15 % en Ile-de-France, 69,27 % dans les Pays de la Loire et 70,38 % dans le Grand-Est. Seule la Corse se distingue par une abstention qui n'est « que » de 42,92 %. A l'échelle départementale, la Seine-Saint-Denis détient le plus fort taux d'abstention avec 75,78 %, devant la Moselle (73,28 %), le Val-d'Oise (72,79 %) et la Seine-et-Marne (72,29 %). La Lozère est le département le plus mobilisé, avec 51,57 % d'abstention, devant le Gers (55,32 %), le Lot (56,17 %) et l'Aveyron (56,71 %). Selon un sondage de l'Ifop Fiducial réalisé le jour du vote, 40 % des personnes interrogées estimaient que ce scrutin ne changerait rien à leur vie personnelle et 35 % d'entre elles jugeaient qu'il ne modifierait pas la situation de leur région.***L’IRAN APRÈS ROHANI En Iran, l'élection du 18 juin 2021, pour désigner le successeur du réformiste Hassan Rohani en place depuis 2013, a porté à la présidence de la république islamique le conservateur Ebrahim Raïssi. Un tour aura suffi pour élire le candidat adoubé par le guide suprême Ali Khamenei âgé de 81 ans - à qui Raïssi pourrait succéder un jour étant lui-même Hodjatoleslam. Le Conseil des gardiens, organe non élu aligné sur l'ayatollah Ali Khamenei, le véritable maître du pays au nom du primat du religieux sur le politique, avait invalidé 99 % des candidats. Sans véritables adversaires, l'actuel chef de l'Autorité judiciaire a recueilli près de 62 % des suffrages, selon les chiffres officiels. Un résultat terni par un vote blanc massif et une abstention de 52%, la plus importantedepuis la révolution de 1979. Le président Raïssi sera investi en août et songouvernement en octobre. Tandis que les amis de l'Iran, dont la Syrie, la Russie et la Turquie ont rapidement félicité le président élu, Amnesty International a publié un rapport accusant Raïssi de « crimes contre l'humanité, notamment d'assassinats, de torture et de disparitions forcées », du temps où, à la fin des années 80, il était le jeune procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il aurait alorsdonné l'ordre d'exécuter 4 à 5.000 opposants aux Moudjahidines du Peuple.Raïssi figure sur la liste noire des dirigeants iraniens sanctionnés par les États-Unis pour « complicité de graves violations des droits humains ». L’élection s’est déroulée dans un contexte économique et social très dégradé. Depuis le retour des sanctions en 2018, avec le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire, l'inflation n'a cessé de grimper, jusqu'à atteindre aujourd'hui 40 %, tandis que le taux de chômage est de 12 %. Ces chiffresofficiels sont sous-estimés, selon de nombreux économistes. Les 83 millions d'Iraniens sont confrontés aux difficultés de la vie quotidienne et au manque de perspectives pour leurs enfants. La classe moyenne est en voie d'appauvrissement. De grandes manifestations ont agité le pays en 2019. Les chiffres issus du centre de recherches du parlement indiquent qu'avant la pandémie, 60% des Iraniens vivaient sous le seuil de pauvreté. Les médias pro-régime annoncent que désormais 80% de la population se situeraient entre les seuils de la pauvreté absolue et de la survie. Durant sa campagne, Raï

Jun 27, 20211h 4m

Ep 227Bada # 90 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (26) … avec Jean-Claude Casanova / 23 juin 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (26), avec Jean-Claude Casanova, directeur de la revue Commentaire. Quelle place les revues ont-elles tenues et tiennent-elles aujourd'hui en France dans la vie intellectuelle, littéraire, artistique depuis le 19ème siècle ? Fondée par des élèves de Raymond Aron à l’époque de la guerre froide, Commentaire réunit historiens, publicistes, économistes, spécialistes de la littérature et ne néglige pas l’actualité et la critique des médias. Comment vit une telle revue ? Comment et pourquoi résiste-t-elle à l’instantanéisme de la toile et de l’information « en temps réel »? En répondant à ces questions, Jean-Claude Casanova évoque aussi quelques unes des figures qui ont marqué la revue. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 23, 202136 min

Ep 228Biden en Europe : changement et continuité / La France au Sahel : partir revenir / n°198 / 20 juin 2021

BIDEN EN EUROPE : CHANGEMENT ET CONTINUITÉ« L’Amérique est de retour à la table », a déclaré le président américain le 13 juin, à l'issue du G7 organisé au Royaume-Uni. Le premier voyage à l’étranger de Joe Biden l’a conduit d’abord au sommet des pays industrialisés du G7 du 11 au 13 juin, en Cornouailles, puis à Bruxelles pour un sommet de l'OTAN, avant de rencontrer les dirigeants de l'Union européenne. Enfin, il a eu un tête à tête avec Vladimir Poutine à Genève, le 16 juin. Dans une tribune publiée le 6 juin par le Washington Post, le président Biden a expliqué qu'ilvenait en Europe pour « Rassembler les démocraties du monde autour de l'Amérique. » Toutefois, signe de l'intérêt tout relatif porté par l'administration Biden à l'Europe, les ambassadeurs américains auprès de l'Union européenne etde l'Otan, en France, au Royaume-Uni ou en Allemagne n'ont toujours pas été nommés. Les trois priorités affichées de Biden sont le climat, le Covid, et la Chine. Il a insisté sur la nécessité pour les États-Unis de travailler dans ces domaines avec des pays qui « partagent nos valeurs et notre vision de l'avenir - d'autres démocraties ». Critiqué pour son approche de la vaccination America first et pour son refus, pendant des mois, d'exporter le moindre flacon, Biden a annoncé en Cornouailles le don par les Etats-Unis de 500 millions de doses aux pays pauvres.A Bruxelles, le président américain a pris le contre-pied de Trump, en qualifiant l'Otan d'« Alliance la plus réussie de l'histoire du monde », et a affirmé « l'engagement inébranlable des États-Unis à l'égard de l'article 5 », cette disposition qui garantit que les alliés viendront en aide aux États membres en cas d'agression. Biden veut aussi étendre la vigilance de l'Otan à des menaces plus modernes, comme les cyberattaques contre les infrastructures, qui se multiplient ces dernières années. Washington a décidé de faire de l'attribution des cyberattaques un des piliers de sa politique d'endiguement envers la Russie et de la Chine. Ce choix se traduit par la désignation de plus en plus directe des auteurs présumés des attaques contre les intérêts des Etats-Unis, comme dans le cas de l'affaire SolarWinds, révélée fin 2020, que le président Biden a officiellement attribuée, mi-avril, à la Russie. Le communiqué final du sommet proclame que « les ambitions déclarées de la Chine et son comportement affirmé représentent des défis systémiques pour l'ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l'importance pour la sécurité de l'Alliance ». Après l'élection de Joe Biden, son administration avait fait passer au quartier général de l'OTAN un message selon lequel l'Alliance devrait mettre sur le même pied les menaces chinoise et russe.Avant de rencontrer Vladimir Poutine à Genève, Joe Biden a répété : « Nous ne cherchons pas le conflit avec la Russie. Nous voulons une relation stable et prévisible ». Les présidents américain et russe sont convenus de lancer des consultations sur la cybersécurité et la limitation des armements nucléaires, ainsi que du retour de leurs ambassadeurs respectifs à Moscou et à Washington.***LA FRANCE AU SAHEL : PARTIR REVENIRPlus de huit ans après l'intervention militaire française au Mali qui avait permis en 2012 de sauver sa capitale Bamako des groupes armés djihadistes et deux semaines après la survenue d'un nouveau coup d'État dans ce pays, le président Macron a annoncé, le 10 juin, « la fin de l'opération Barkhane en tant qu'opération extérieure » et la transformation profonde de la présence française au Sahel. Sans s'engager sur un calendrier ou une réduction chiffrée des effectifs, le chef de l’État a décidé d'un retrait progressif des forces françaises. « Le rôle de la France n'est pas de se substituer à perpétuité aux États », du Sahel, a-t-il expliqué en refusant de voir l'armée française « sécuriser des zones » auparavant contrôlées par les terroristes sans réengagement des États, essentiellement du Mali. Toutefois, Emmanuel Macron n'a pas annoncé un départ définitif et complet du Sahel. Le plan de sortie se veut progressif. Aujourd’hui, Paris déploie quelque 5.100 soldats sur onze bases militaires dont six au Mali - les autres étant au Tchad, au Niger et au Burkina-Faso en soutien aux armées des États du Sahel qui peinent à les combattre seules les djihadistes du groupe État islamique et Al-Qaïda. Après le second coup d'État au Mali en mai, la France a gelé cette mission d'accompagnement et veut désormais se concentrer sur la lutte ciblée contre les djihadistes. La future présence française au Mali devrait s'organiser autour de deux axes. Un premier pilier poursuivra la coopération avec les partenaires locaux. La mission de formation de l'Union européenne au Mali en sera l'axe central. L'autre pilier se concentrera sur la lutte antiterroriste. Elle sera structurée autour de la force Takuba. Lancée en juillet 2020, elle compte 600 militaires des forces spéciales, dont 300 Français et 300 Européens. Ses

Jun 20, 20211h 3m

Ep 227Bada # 89 : les questions du public de l’émission du 13 juin / 16 juin 2021

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Les questions du public lors de l’enregistrement du 13 juin 2021, et les réponses de Jean-Louis Bourlanges, Nicole Gnesotto, Marc-Olivier Padis et Richard Werly. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 16, 202143 min

Ep 227Réforme de la fonction publique / n°197 / 13 juin 2021

RÉFORME DE LA FONCTION PUBLIQUELe président de la République a annoncé le 8 avril, devant un parterre de 600 hauts fonctionnaires, la suppression de l'École nationale d’administration(ENA), imaginée par Jean Zay sous le Front populaire et créée par le général de Gaulle en 1945. Elle doit être remplacée à partir du 1er janvier 2022 par un Institut national du service public (ISP) qui rassemblera quatorze écoles de fonctionnaires, dans les locaux de l’ENA à Strasbourg. Le concours de recrutement ne devrait pas changer avant 2023. Les élèves auront toujours le statut de fonctionnaires stagiaires et un effort sera consenti en direction des boursiers de l'enseignement supérieur. L’INSP est conçu non pas comme une grande école, mais comme un institut dans lequel les cadres de la fonction publique pourront se former tout au long de leur carrière, afin, selon le ministèrede la Transformation et de la Fonction publique de diversifier le recrutement des hauts fonctionnaires, là où l'image de l'ENA était ternie par l'entre-soi social. Le contenu de la formation sera davantage ouvert sur le monde académique et sur les enjeux internationaux. On y étudiera un tronc d'enseignements communs auxquatorze écoles de service public, portant sur cinq thèmes (laïcité, numérique, écologie, inégalité-pauvreté, et rapport au discours scientifique) pour créer une « culture commune » à toute la fonction publique d'État. Autre innovation : les élèves n'intégreront plus directement les grands corps de l'État en fonction de leur classement, mais seront affectés pendant deux ans à des postes opérationnels ou de terrain. C'est la fin de la fameuse « botte », qui permettait aux quinze premiers d'intégrer le Conseil d'État, la Cour des comptes ou l'Inspection générale des finances. L’autre volet de la réforme concerne la suppression d’un certain nombrede grands corps, notamment les trois inspections que sont l’inspection générale des finances, l’inspection générale des affaires sociales et l’inspection générale de l'administration) qui seront fondues dans un seul et unique corps : celui des administrateurs d'État. En revanche, les corps attachés au Conseil d'État et à la Cour des comptes, du fait de leurs fonctions juridictionnelles, jouissent d'une protection constitutionnelle et ne seront pas touchés. Concrètement, à leur sortie d'école les élèves intègreront un corps régi par des statuts, auquel ils resteront attachés tout au long de leur carrière. Ils seront recrutés pour des emplois précis et à durée déterminée. Si le corps préfectoral est amené à disparaître, la fonction et le métier de préfet seront en revanche préservés. Il s'agit de « fonctionnaliser » ces missions explique-t-on au ministère de la Transformation et de la Fonction publique. Presque tous les corps concernés ont plus ou moins publiquement témoigné de leurs inquiétudes sur les conséquences de la réforme, ainsi que de leur agacement de se voir stigmatisés par un texte qui les vise : le 3 juin l'ordonnance pour la mise en œuvre de la réforme était présentée en Conseil desministres. Le mois de juin sera consacré à la consultation de hauts fonctionnaires, avant un point d'étape début juillet, qui sera rendu public par le Premier ministre Jean Castex et la ministre de la Transformation et de la Fonction publique Amélie de Montchalin. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 13, 20211h 2m

Ep 227Un peu de patience …

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Chers auditeurs,L’émission d’aujourd’hui étant enregistrée en direct, il faut un certain temps avant qu’elle ne soit mixée et prête à être diffusée. Elle le sera dans le courant de l’après-midi, sur votre plate-forme de podcasts habituelle, ainsi que sur notre site, lenouvelespritpublic.fr Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 13, 20210 min

Ep 222Bada # 88 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (25) … avec Arnaud Séité / 9 juin 2021

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Cet épisode est rendu possible grâce au soutien d'Axa Perspectiv'ESG. Pour plus d’informations, rendez-vous avec un Conseiller AXA en Agence et sur go.axa/assurancevie. L’investissement sur des supports en unités de compte présente un risque de perte en capital.SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (25) avec Arnaud Seité, musicien, jazzophile, cabaretier sur la péniche Le Marcounet, amarrée quai de l’Hôtel de ville à Paris, à deux pas du Pont-Marie, en face de l’île Saint-Louis. Guitariste amoureux du jazz manouche, Arnaud Seité et ses amis ont fait l’acquisition à Chalons-sur-Saône d’une péniche Freycinet de 1925 (39 m de long, 5,20 m de large), et l’ont fait convoyer jusqu’à la capitale où, transformée par leurs soins, elle est à la fois un cabaret qui accueille musiciens , chanteurs et comédiens, un bar, un restaurant et une terrasse sur les berges désormais vouées aux piétons, aux cyclistes et autres adeptes des déplacements non motorisés. On y entend des concerts gratuits au bord du fleuve, on y fête des mariages, on y organise des « événements », on y voit des défilés de mode… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 9, 202114 min

Ep 224Afrique : la France n’est plus ce qu’elle était / Une stratégie pour la biodiversité ? / n°196 / 6 juin 2021

Cet épisode est rendu possible grâce au soutien d'Axa Perspectiv'ESG. Pour plus d’informations, rendez-vous avec un Conseiller AXA en Agence et sur go.axa/assurancevie. L’investissement sur des supports en unités de compte présente un risque de perte en capital.AFRIQUE : LA FRANCE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT.Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le président français s'efforce de remanier la stratégie, les relations et l'intervention de la France en Afrique. Pour sortir du fameux « pré carré », il s’est tourné vers l'Afrique anglophone. Après sa visite en mars 2019 en Afrique de l'Est (au Kenya et en Éthiopie), Emmanuel Macron s’est rendu cette année au Rwanda et en Afrique du Sud. Il a créé un Conseil présidentiel africain, dans lequel on retrouve des chefs d'entreprise et les intellectuels africains les plus en rupture avec la Françafrique. Il s'est tourné vers les diasporas et s'est adressé en novembre 2017 à Ouagadougou à la jeunesse africaine. Il a annoncé qu'il entendait restituer « le patrimoine africain » détenu par la France, une demande très ancienne des États d'Afrique. Il a dévoilé, avec le président ivoirien Alassane Ouattara, une réforme du franc CFA, pour changer notamment le nom de cette monnaie africaine dont l'acronyme « Colonies françaises d'Afrique » n'a jamais varié. L'Élysée s'est attaché à renouer avec le Rwanda, autre abcès de la Françafrique en reprenant à son compte les conclusions du rapport Duclerc qui conclut à une lourde responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis, qui fit 800 000 victimes en 1994 tout en écartant la complicité Enfin, le président a tenté de fermer un autre chapitre délicat en autorisant la justice burkinabè à consulter les archives liées à l'assassinat de Thomas Sankara, perpétré en 1987 et dont la France est accusée d'avoir été complice.L’Élysée a organisé un mini-sommet sur la dette, car, selon le Fonds monétaire international, l'Afrique sub-saharienne aura besoin d'ici à 2023 de 890 milliards de dollars de financements extérieurs, soit 55% du PIB de la région. L'Afrique est devenue le terrain privilégié des luttes d'influence, et pas seulement de la part de la Chine : la Russie, la Turquie, l'Inde ou l'Iran chassent sur les terres africaines, où la France autrefois hégémonique peine à conserver ses « parts de marché ». A Montpellier, en octobre, un millier d’entrepreneurs, d'intellectuels, d'activistes ou de sportifs, devraient participer à un dépoussiérage de l'image de la France, et endiguer le sentiment antifrançais. La vieille relation française à l'Afrique n'est pas pour autant terminée, comme vient de l'illustrer le soutien apporté par Paris à Mahamat Idriss Déby, au Tchad, devenu président d'un Conseil militaire de transition après la mort brutale de son père, Idriss Déby, survenue le 19 avril. Toutefois, après le nouveau coup d’Etat au Mali, le 24 mai, Emmanuel Macron a déclaré, « nous n'avons pas vocation à rester éternellement » dans le pays en évoquant l'avenir de l'opération « Barkhane » où sont déployés plus de 5 000 soldats français depuis 2014.***UNE STRATÉGIE POUR LA BIODIVERSITÉ ? Dans un rapport publié en 2019, les experts de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques réunissant les représentants de 110 pays – sur les 132 que compte ce « Giec de la biodiversité », a révélé qu’un million d’espèces sont en danger d’extinction sur la planète. Le Fonds mondial pour la nature, le WWF, qui depuis 1998 publie tous les deux ans le Rapport Planète Vivante mesurant l'état de la biodiversité mondiale, a constaté qu’en 50 ans, nous avons perdu 68 % du nombre de vertébrés sauvages dans le monde. Les trois quarts des systèmes terrestres et les deux tiers des systèmes marins sont dégradés. En 2010, la communauté internationale adoptait à Nagoya, au Japon, 20 objectifs, dits d'Aichi, pour préserver la biodiversité d'ici 2020. Malgré des progrès, les Nations unies ont constaté, en septembre 2020, l'échec de la décennie d'Aichi, aucun des objectifs n'ayant été totalement atteint. Les prochaines ambitions mondiales doivent être approuvées lors de la COP15 prévue en octobre à Kunming, en Chine. Une coalition d'États plaide pour adopter le principe d'une protection de 30 % de la surface terrestre d'ici à 2030.Le premier One Planet Summit consacré à la biodiversité, organisé par la France en janvier dernier, a lancé une série de rendez-vous visant à aboutir, à la fin de l'année, à l'adoption d'une nouvelle feuille de route mondiale pour la protection des écosystèmes lors de la 15e Conférence des parties (COP15) de la Convention sur la diversité biologique. Ce sommet a été notamment l'occasion d'affirmer les liens entre les trois crises majeures que sont le dérèglement climatique, l'érosion de la biodiversité et la pandémie de Covid-19. La convergence entre le climat et la biodiversité s'est aussi exprimée sur les financements, par le biais d'un appel à ce que 30 % des investissem

Jun 6, 20211h 3m

Ep 219Bada # 87 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (24) ... avec François Jousseaume / 2 juin 2021

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Cet épisode est rendu possible grâce au soutien d'Axa Perspectiv'ESG. Pour plus d’informations, rendez-vous avec un Conseiller AXA en Agence et sur go.axa/assurancevie. L’investissement sur des supports en unités de compte présente un risque de perte en capital.SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (24) avec François Jousseaume, libraire de livres anciens, antiquaire de livres et bouquiniste d’ouvrages d'occasion Galerie Vivienne à Paris. Fondé au milieu du 19ème siècle, repris, il y a trois générations par la famille Jousseaume, ce magasin voit défiler toutes sortes de chalands, depuis le collectionneur le plus pointu jusqu’au passant poussé par le hasard ou par la curiosité. François Jousseaume raconte l’évolution de son métier, mais aussi les changements profonds du quartier où il est implanté et le passage d’une galerie décrépie à un haut-lieu du tourisme et de la flânerie tout en s’interrogeant sur l’avenir de son commerce. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 2, 202127 min

Ep 222Fractures partisanes / Biélorussie : Tintin dans les geôles / n°195 / 30 mai 2021

FRACTURES PARTISANES A la veille des élections régionales, tandis que Les Républicains et le Parti Socialiste sont fragilisés de l'intérieur et sans véritable leader, La République en Marche peine à s'affirmer sur le terrain local. Seul, le Modem son allié à l'Assemblée nationale, est à la tête d'une liste commune en Centre-Val de Loire.Quinze membres du gouvernement se sont portés candidats, notamment dans les Hauts-de-France avec des poids lourds comme le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti.Prise en tenaille par La République en Marche et le Rassemblement National, la droite n'en finit pas de se déchirer sur les alliances locales de ses candidats. En Provence-Alpes-Côte-D’azur, les Républicain et les Marcheursont dansé le tango : fusion, irritation, convocation, séparation, conciliation, combinaison, recomposition, confusion… Georges Clémenceau disait de la danse argentine « on ne voit que des visages qui s’ennuient et des derrières qui s’amusent »Selon les estimations de l'Ifop, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur la liste du Rassemblement national conduite par Thierry Mariani, ex-Les Républicains,recueillerait 31 % des voix, contre 27 % pour Renaud Muselier. Dans le Grand-Est, le président sortant Les Républicains, Jean Rottner ne souhaite pas prendre sur sa liste l'eurodéputée Nadine Morano, jugée trop « droitière ». En réponse, celle-ci a annoncé qu'elle refusait de voter pour Jean Rottner et a estimé dans Le Parisien que la liste du Rassemblement national « n'incarne pas le fascisme et n'est pas d'extrême droite ». La gauche aborde également les régionales en ordre dispersé. En dépit des appels au rassemblement, l'union n'aura pas lieu. En tout cas pas au premier tour, à l'exception des Hauts-de-France où la liste menée par l'écologiste Karima Delli est la seule à réunir le Parti socialiste, le Parti communiste, Europe écologie-Les Verts et la France insoumise. Lutte Ouvrière présente sa propre liste dans chaque région métropolitaine. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, si Europe-Écologie Les verts, le Parti Socialiste et le Parti Communiste ont fait liste commune, ils n’ont pas obtenu le soutien de La France Insoumise. Partout ailleurs, les socialistes, les communistes, les Verts et les Insoumis ont présenté systématiquement deux voire trois listes différentes, avec le soutien à géométrie variable d'autres petites formations de gauche. Ce déchirement est particulièrement marqué dans les régions où la gauche est sortante et favorite, comme en Bretagne, où pas moins de cinq listes de gauche ou écologistes s'affrontent. Elles sont quatre en Centre-Val-de-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.***BIÉLORUSSIE : TINTIN DANS LES GEOLES. Le 23 mai un avion d’une compagnie irlandaise reliant deux pays de l'espace Schengen, la Grèce et la Lituanie, a été contraint par un chasseur de l’armée biélorusse d’atterrir à Minsk. Ce détournement a permis l'arrestation d'un opposant du régime, Roman Protassevitch et de sa compagne, a été qualifié de « piraterie » et de « terrorisme d'État » par certains pays. Peu après le journaliste a été contraint d'enregistrer des aveux filmés. Dès le lendemain, tout en réclamant la « libération immédiate » du journaliste et de sa compagne les dirigeants européens annonçaient à l’unanimité- requise en matière de politique étrangère - la fermeture de l'espace aérien et des aéroports européens aux avions biélorusses, ainsi que la préparation d'un nouveau volet de sanctions contre le régime. En août 2020, le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu avec officiellement 80% des suffrages. L'Union européenne n'a pas reconnu la validité du scrutinqu’elle a jugé « ni libre ni équitable ». Ses condamnations de la répression brutale et incessante des opposants sont restées sans effets. La liste des personnalités et entités sanctionnées individuellement va donc s'allonger dans les jours qui viennent. Elle compte déjà 88 noms (et 7 entités), dont le président Alexandre Loukachenko et son fils, Viktor (conseiller à la sécurité nationale). Ils sont interdits de séjour dans l'Union, leurs avoirs sont gelés et tout financement européen vers la Biélorussie est prohibé. La pression européenne pour accentuer l'isolement de la Biélorussie et appuyer l'opposition s’est renforcée. De Bruxelles, Emmanuel Macron a apporté son soutien à la demande de Svetlana Tikhanovskaïa, figure de proue de l'opposition biélorusse en exil en Lituanie, qui réclame « la participation des forces démocratiques biélorusses au G7 » prévu du 11 au 13 juin au Royaume-Uni.Le Kremlin a publiquement « regretté » la décision de l'UE de contourner l'espace aérien biélorusse et le président Vladimir Poutine a reçu le 28 mai Alexandre Loukachenko, pour la troisième fois cette année. Les deux pays sont étroitement liés par l’Histoire, la géographie et l’économie. Ils sont membres del'Union économique eurasiatique et de l'Organisation du Tr

May 30, 20211h 6m

Ep 218Bada # 86 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (23) ... avec Emmanuel Noblet (2/2) / 26 mai 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (23) Avec Emmanuel Noblet comédien, metteur en scène et adaptateur, Molière du Seul en scène pour « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal -2ème partie-.Comment mettre en scène un récit solitaire ? Quels sons ? Quelles lumières ? Comment se faufiler dans la programmation du off à Avignon ? Comment trouver un producteur ? Comment, à partir d’un mois sur la scène du Rond-Point, se déploient 302 représentations à travers la France, mais aussi à La Réunion, l’Ile Maurice, Madagascar, Moscou, Voronej, St Pétersbourg, Samara, Saratov, New-York, Los Angeles, Tunis… et comment réagissent les publics ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 26, 202135 min

Ep 220Sommet de Porto : où en est l’Europe sociale ? / Au Tigré, un génocide à bas bruit / n°194 / 23 mai 2021

SOMMET DE PORTO : OÙ EN EST L’EUROPE SOCIALE ? Les 7 et 8 mai, les chefs d'État et de gouvernement européens, se sont réunis à Porto, au Portugal, pour un sommet social de l'Union, aux côtés de représentants des institutions européennes, de partenaires sociaux, de membres de la société civile et de rmandataires d'organisations internationales. Les 27 États membres ont adopté une déclaration en treize points. Elle affirme leur détermination à mettre en œuvre le « socle européen des droits sociaux » adopté par les institutions à Göteborg en 2017, dont l'importance a été renforcée par la crise liée à la pandémie. Cette déclaration qui tient compte des « différentes situations nationales » contient des engagements généraux et non chiffrés en matière d'emploi, d'éducation, de formation, de réduction de la pauvreté et des écarts de salaire hommes-femmes ou encore de droits des travailleurs, notamment dans le nouveau domaine des plateformes numériques. Il ne s’agit que d’orientations car la compétence sociale reste aux États membres et l'Union européenne ne peut jouer qu'un rôle d'appui. Toutefois, les 27 État membres ont endossé à Porto le plan d’action présenté par la Commission européenne le 4 mars dernier qui trace la voie à suivre en Europe dans le domaine social, en fixant notamment trois nouveaux objectifs à atteindre d'ici à 2030 : un taux d'emploi de 78 % (au lieu de 73 % en 2019) ; 60 % de la main-d’œuvre adulte bénéficiant d'une formation chaque année (au lieu de 40 % en 2019) ; sortir 15 millions d'Européens de la pauvreté, dont 5 millions d'enfants. Afin de veiller à ce que les 27 États membres y parviennent, chacun à son rythme, les objectifs chiffrés vont être intégrés à la surveillance des budgets nationaux au même titre que la dette, les déficits, et les nouveaux critères climatiques dans le cadre du cycle de coordination des politiques économiques, budgétaires, sociales et du travail baptisé « semestre européen ».Si les traités ne permettent pas, par exemple, de fixer un salaire minimum européen, les discussions ont porté sur la définition de critères communs pour établir dans chaque pays un niveau minimal de rémunération, afin d'éviter de trop grandes disparités. Aujourd’hui, le salaire minimum en Bulgarie plafonne à 332,30 euros contre 2.201,93 euros brut au Luxembourg. L'inégalité salariale entre les hommes et les femmes en Europe est de 14,1 % en moyenne, mais ce chiffre masque de grands écarts entre les pays : au Luxembourg, l'égalité est pratiquement atteinte (1,3 % en 2019), les écarts les plus forts sont constatés en Autriche (19,9 %), en Allemagne (19,2) et en République tchèque (18,9 %). La France se situe dans la moyenne (14,1 %).Les pays latins, dont la France, sont systématiquement demandeurs de mesures sociales à l'échelle européenne, tandis l’Allemagne et les pays nordiques, attachés à leur modèle, et ceux de l'Est, soucieux de garder leur compétitivité, sont nettement moins enthousiastes.***AU TIGRÉ, UN GÉNOCIDE A BAS BRUIT Depuis le 4 novembre, l’Éthiopie est de nouveau le théâtre d’un conflit armé opposant le pouvoir central fédéral d’Addis-Abeba aux forces séparatistes du Front de libération des peuples du Tigré. Depuis l'arrivée au pouvoir, en 2018, du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, les dirigeants tigréens se plaignent d'avoir été progressivement écartés à l’occasion de procès pour corruption ou de remaniements de l'appareil sécuritaire. En septembre, le Tigré a organisé ses propres élections, défiant le gouvernement, qui avait reporté tous les scrutins en raison du Covid-19. Addis-Abeba considère désormais illégal le gouvernement régional du Tigré, qui à son tour ne reconnaît pas de légitimité au Premier ministre.Les Nations unies craignent l'imminence d'une catastrophe humanitaire dans cette région qui compte 6 millions d'habitants. Plus de 60.000 Tigréens ont déjà rejoint les camps de réfugiés de l'autre côté de la frontière, au Soudan. Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a interdit l'accès au Tigré aux journalistes et à la plupart des organisations humanitaires. Les rares échos qui parviennent de la province témoignent d'exécutions sommaires, de massacres de civils, de bombardements indiscriminés, de viols collectifs ainsi que de pillages à grande échelle. En décembre, la Commission européenne a suspendu le versement de quelque 90 millions d'euros d'aide budgétaire à l'Ethiopie, faute pour Addis Abeba de garantir un accès humanitaire sans restrictions au Tigré. Le 4 mars, la haut-commissaire de l'ONU aux droits humains, Michelle Bachelet, a annoncé que son bureau avait pu confirmer dans la région une série de violations graves qui pourraient constituer des « crimes de guerre et des crimes contre l'humanité », perpétrés notamment par des troupes érythréennes.Le Tigré est l'un des dix États de la Fédération d'Éthiopie. Il s'étend sur une superficie de l'ordre de 50.000 km2, soit 4,5 % du territoire éthiopien. Il partage des frontières avec l'Érythrée et la

May 23, 20211h 5m

Ep 218Bada # 85 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (22) ... avec Emmanuel Noblet (1/2) / 19 mai 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (22) Avec Emmanuel Noblet comédien, metteur en scène et adaptateur, Molière du Seul en scène pour « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal -1ère partie-. Comment une entrée dans la carrière peut prendre la forme d'un parcours en montagnes russes avec des bas assez bas et des hauts pas très élevés, comment renoncer définitivement au sextennat, comment les matches d’improvisation affutent la capacité d’écoute, comment une photo en smoking aux côtés de Fanny Ardant peut devenir un inconvénient, comment remonter du 36ème dessous après une année où l’on n’a touché qu'un seul cachet, comment réussir à convaincre qu’une histoire de transplantation cardiaque peut remplir des théâtres ?… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 19, 202125 min

Ep 218Jérusalem : un déjà vu sanglant / Mitterrand : l’inventaire est amer / n°193 / 16 mai 2021

JÉRUSALEM : UN DÉJÀ VU SANGLANTAprès un mois de tensions, Jérusalem s'est de nouveau embrasée les 23 avril, après une manifestation du mouvement d’extrême droite Lahava, à l’entrée de la vieille ville. Les Palestiniens ont répondu à ce qu’ils ont considéré une provocation. Les forces de polices sont intervenues pour garantir « la liberté d’expression » et le « droit de manifester » de Lahava .Des cris de mort aux Arabes ont été proférés. En dehors de ces affrontements, le cœur des griefs qu'expriment les Palestiniens et les Arabes israéliens depuis des semaines porte sur la menace d'éviction, par la justice israélienne, de plusieurs familles d’un quartier limitrophe de Jérusalem-est, Cheikh Jarrah, au profit de colons juifs Conquise en juin 1967 par l’armée israélienne et annexée dans la foulée, la partie orientale de Jérusalem s’est depuis lors régulièrement trouvée au cœur de flambées de violence. La part de la population arabe est passée d’un peu plus de 25 % en 1967 à près de 40 % aujourd’hui. Dans la Vieille Ville, la présence juive demeure très minoritaire, à10%, malgré le soutien des autorités à l’entreprise de colonisation. Comme tout habitant de la ville, les Palestiniens paient des impôts à la municipalité contrôlée par Israël. Pourtant, seuls 10 % du budget municipal sont consacrés aux dépenses publiques de Jérusalem-Est. Cette différence d'investissement se répercute sur la qualité de vie des Palestiniens. Au-delà des problèmes d'infrastructures, ils sont aussi nettement plus pauvres que les autres habitants de la ville. Plus de 70 % d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, alors que le taux de pauvreté moyen en Israël est de 21,7 %. Contrairement aux citoyens arabes établis dans les frontières d’Israël,les habitants palestiniens de Jérusalem-Est doivent pour la plupart se contenter du statut de résident et ne disposent pas du droit de vote. Des citoyens arabes israéliens, qui forment 20% de la population israélienne, qui ont violement manifesté à leur tour à travers le pays, notamment en Galilée. Washington, les Nations unies, la Jordanie, gardienne des lieux saints, mais aussi des monarchies arabes, le Qatar et le nouvel allié émirati, ont fait pression sur Israël, pour qu'il tempère des opérations policières démesurées ces derniers jours. Lundi, la Cour suprême israélienne a reporté sa décision sur les expulsions dans le quartier de Cheick Jarrah, la police a interdit aux ultranationalistes l'accès à l'esplanade des Mosquées puis à la porte de Damas, alors qu'ils y ont droit chaque année. Après une « désescalade » sensible mardi à Jérusalem, après quatre jours d'affrontements violents et des centaines de blessés, essentiellement palestiniens, depuis, une escalade militaire bien plus meurtrière a pris le relais entre les forces du Hamas à Gaza et Israël et un arabe a été victime d’un lynchage près de Tel Aviv et un Juif a été lapidé à Acre.*** MITTERRAND : L’INVENTAIRE EST AMERLe 10 mai 1981, l’élection du président François Mitterrand a ouvert la voie à une série de réformes qui ont marqué le pays : économique avec les nationalisations ; sociales avec la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, l'impôt sur les grandes fortunes, le relèvement du smic, des allocations familiales et du minimum vieillesse, les lois Auroux qui renforcent les droits des salariés, la semaine de 39 heures,; sociétales avec l'abolition de la peine de mort, la consolidation de l'Interruption volontaire de grossesse, la dépénalisation de l'homosexualité… culturelles avec la création de deux nouvelles chaines de télévision commerciale et d’une chaîne de télévision européenne, le prix unique du livre, la Fête de la Musique, les grands travaux...Au bout des deux septennats, un sondage Ipsos de janvier 1996 établissait que grâce à Mitterrand, on avait progressé sur la place de la France dans le monde, la construction européenne, les libertés, la protection sociale, la lutte contre le terrorisme, mais plutôt reculé dans la lutte contre la pauvreté, l'état de l'économie, la lutte contre le chômage ou la moralisation de la vie politique. A l’occasion des 40 ans du 10 mai 1981, la Fondation Jean-Jaurès a mené avec l'Ifop et Génération Demain une enquête sur le regard porté aujourd'hui par les Français sur l'ancien président de la République, aussi bien sur l'homme que sur le bilan de ses deux septennats. Invités à désigner le président de la Ve République qu'ils apprécient le plus, l’ensemble des Français placent François Mitterrand au 3e rang après le général De Gaule et Jacques Chirac, Si l’on ne retient que l’opinion de la « génération Mitterrand », c'est-à-dire des Français âgés de plus de 55 ans qui avaient donc au moins 15 ans en mai 1981, François Mitterrand occupe la deuxième place derrière Charles de Gaulle. 58 % des Français associent à son nom le mot « socialiste » et 53 % le terme « européen ». Les classes populaires plébiscitent en priorité les réformes sociales, puis l'abolition de la peine de

May 16, 20211h 3m

Ep 217Bada # 84 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (21) ... avec Christophe Leribault

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (21) avec Christophe Leribault. Conservateur général du patrimoine et directeur du Petit Palais, autrement dit Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Depuis 2000, il a été commissaire d’expositions comme « Les Anglais à Paris au 19ème siècle », « Napoléon et le Louvre », « Delacroix et la photographie », « Les Impressionnistes à Londres, artistes français en exil » « Paris romantique » et il sera bientôt celui d’« Ilya Répine, le peintre de l’âme russe ». De quoi est faite la carrière d’un conservateur du patrimoine, quels engagements sont ceux d’un directeur de musée, comment la pandémie a-t-elle affecté les expositions du Petit Palais, comment et quand peuvent-elles reprendre ? Comment rappeler aux Parisiens et aux visiteurs l’intérêt et la valeur des collections permanentes, de leur 50.000 œuvres abritées dans un bâtiment lumineux et surprenant ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 12, 202129 min

Ep 216Des généraux de division / Le Tchad perd son fort Déby / n°192 / 9 mai 2021

DES GÉNÉRAUX DE DIVISIONDans une tribune dans Valeurs Actuelles, le 21 avril, une vingtaine d’officiers généraux de réserve sur les plus de 5.000 que compte la deuxième section, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires ont conjecturé : « Si rien n'est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles ». Les signataires redoutent une « guerre civile » et s'alarment de la menace que feraient planer sur la France « l'islamisme, les hordes de banlieue » et « un certain antiracisme ». Leur tribune a recueilli plus de 10.000 signatures sur un total de 210 .000 militaires d’actives, hors gendarmerie. En 2019, une enquête de l'Ifop sur le vote dans les bureaux proches des casernes avait révélé des scores particulièrement élevés pour le Rassemblement national.Le 23 avril, Marine Le Pen a répondu, dans Valeurs actuelles, qu'elle partageait leurs analyses et les a invités à rejoindre le Rassemblement national. La gauche a affiché sa consternation devant ce qu’elle considère être un appel à l'insurrection à peine voilé. Après un silence de plusieurs jours, la ministre des Armées, Florence Parly a condamné le 25 avril la tribune, jugeant que « Les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France ».Dans les colonnes de Valeurs actuelles, cette tribune succède à l'« appel à l'insurrection » lancé le 17 avril par l'ex-secrétaire d'État Philippe de Villiers dont le frère, le général Pierre de Villiers, veut « réparer la France » autour de la notion d'autorité. D’après une étude Ifop publiée fin 2020, 20 % des Français seraient prêts à voter pour cet ancien chef d’État-Major des armées aux élections présidentielles de 2022...Une semaine après sa publication dans Valeurs Actuelles, un sondage Harris Interactive / LCI indiquait que 58% des Français déclaraient soutenir les militaires signataires. A droite, cette tribune entrâine 71 % de sympathisants LR et 86 % de ceux du Rassemblement national. Une très forte majorité de Français partage la vision exprimée par les anciens militaires sur « la société française en train de se déliter » (73%) ou « une forme d’antiracisme qui produit une haine entre les communautés » (74%). Le sondage montre qu’un Français sur deux (49 %) pense que « l’Armée devrait intervenir sans qu’on lui en donne l’ordre afin de garantir l’ordre et la sécurité en France. »Le ministère et l’état-major des armées ont décidé de punir les signataires. Une volonté que ne partagent pas les Français selon le sondage Harris/Ifop : seuls 36 % y sont favorables pour les militaires d’active et 26 % pour ceux à la retraite.***LE TCHAD PERD SON FORT DÉBYAu président Idriss Déby, mort à 68 ans dont 30 à la tête du Tchad a succédé un conseil militaire de transition composé de 15 généraux présidé par le général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président et chef de la Garde présidentielle, qui a promis des élections « libres et démocratiques » à l'issue d'une « période de transition » de dix-huit mois.Les années Déby ont été marquées par la violence d'État : crimes de masse dans le sud du pays dans les années 90, assassinats politiques, disparitions d'opposants et de journalistes, élections truquées, détournement des ressources pétrolières par le clan au pouvoir. L'armée d'Idriss Déby, dont la plupart des hauts gradés sont issus de sa communauté, les Zaghawas, est réputée pour être une des meilleures de la région. Elle tenait la frontière avec la Libye, luttant contre les groupes islamistes qui y ont pris leurs quartiers et contre les incursions des mouvements rebelles tchadiens. Ses hommes contenaient aussi la poussée de Boko Haram dans la zone du lac Tchad. Cet appareil militaire tchadien a édifié au détriment du développement du pays, qui avec ses 15 millions d'habitants est aujourd'hui 187e sur 189 de l’indice de développement humain de l’ONU qui prend en compte le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants.Idriss Déby était aussi la pierre angulaire du G5 Sahel, la force conjointe composée par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad pour lutter, auprès des Français de la force Barkhane, contre les groupes djihadistes dans la bande sahélo-saharienne. Signe de la proximité entre Paris et N’Djamena, Emmanuel Macron a été le seul président occidental présent aux funérailles le 23 avril de l'ancien autocrate à N'Djamena.Devant la suspension de la Constitution tout comme celle de l'Assemblée nationale dont le président devrait, selon les textes, assumer l'intérim, plusieurs groupes d'opposition ont dénoncé un « coup d'État » et appelé à ne pas reconnaître la « junte militaire ». Le 27 avril, des manifestations ont été durement réprimées dans le pays faisant au moins six morts. Depuis, le général Mahamat Idriss Déby tente de don

May 9, 20211h 11m

Ep 214Bada # 83 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (20) ... avec Nieves Salzmann / 5 mai 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (20)…Avec Nieves Salzmann, régisseure générale à la Comédie française. Peintre, scénographe, créatrice lumière, Nieves a multiplié les expériences artistiques avant d’être chargée, dans la plus ancienne institution théâtrale de France, de veiller à la totalité d'un spectacle, aujourd’hui, Le Bourgeois gentilhomme, mis en scène par Christian Hecq et Valérie Lesort. L’exemple de ce travail encore en chantier donne à comprendre la richesse et la diversité d’un métier essentiel à la réussite d’un spectacle. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 5, 202127 min

Ep 215Police, justice, insécurités / L’Afghanistan livré à lui-même / n°191 / 2 mai 2021

POLICE, JUSTICE, INSÉCURITÉS. A Tourcoing, Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Évreux, Blois, Trappes... les violences urbaines, avec leurs lots de tirs de mortier d'artifice et de feux de poubelles se sont multipliées ces derniers mois. A Rambouillet, le 23 avril, la France a été de nouveau frappée par le terrorisme avec le meurtre d’une agente administrative du commissariat de la ville des Yvelines par un Tunisien de 36 ans dont la radicalisation « paraît peu contestable », selon les mots du procureur antiterroriste. Une attaque qui intervient quelques mois après un automne déjà marqué par la décapitation du professeur Samuel Paty et l'attentat au couteau dans la basilique Notre-Dame à Nice. Deux décisions de justice ont récemment soulevé de très vives protestations. Le 14 avril, la Cour de cassation a déclaré, l'irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, qui, en avril 2017, à Paris, avait agressé et défenestré une femme de confession juive de 65 ans, Sarah Halimi. L'instruction avait conclu au caractère antisémite de l'homicide mais la Cour de cassation a considéré que l'intéressé avait agi sous l'emprise de la drogue, son jugement ayant été aboli par un état psychotique. Devant l’émotion suscitée par cette décision, le gouvernement a annoncé qu'il allait envisager une modification législative. Le 18 avril, la Cour d'assises de Paris a condamné en appel cinq jeunes à des peines de six à dix-huit ans de réclusion criminelle pour leur rôle dans l'attaque de policiers brûlés dans leur voiture à Viry-Châtillon dans l’Essonne en 2016, et prononcé huit acquittements provoquant des manifestations de policiers devant des tribunaux à travers le pays. Les méthodes d’interrogation de certains accusés ont été remises en question dans une partie de la presse. Dans un entretien au Figaro du 19 avril, le président de la République a reconnu que la France « doit faire face, à une forte augmentation des violences sur les personnes » et notamment à « la progression des violences du quotidien, qui visent tout particulièrement les détenteurs de l'autorité […]Les policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, élus sont les principales victimes de la progression de la violence dans notre société ». Selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, près de 30 policiers et gendarmes sont blessés en mission chaque jour (chiffres de 2018, les plus élevés depuis 2009). Un sondage Ifop publié début avril, indique qu’à peine 26 % des personnes interrogées jugent positif le bilan du président contre l'insécurité, alors que ce pourcentage atteignait 41 % en avril 2018. D'après un sondage Ifop pour le JDD réalisé en mars dernier, 81 % des sondés considèrent que la justice est trop laxiste. Aujourd’hui, la lutte contre la délinquance est jugée « tout à fait prioritaire » par 69 % des Français, moins que la lutte contre le Covid-19 (82 %), mais au même niveau que la lutte contre le chômage (70 %) et nettement devant la protection de l'environnement (59 %).*** L’AFGHANISTAN LIVRÉ À LUI-MÊME En Afghanistan, la plus longue guerre de l'histoire des États-Uniss'achèvera le 11 septembre prochain, vingt ans après les attentats qui l'avaient déclenchée. Le 14 avril, le Président américain a annoncé le retrait définitif des quelque 3 000 soldats américains encore déployés dans le pays. Cette guerre qui a coûté la vie à 2 400 GI et au moins à 100.000 Afghans a aussi coûté près de 1.000 milliards de dollars. Dans la foulée, les pays de l'OTAN ont annoncé leur désengagement « d'ici le 1er mai ». Washington a appelé de ses vœux la formation d'un gouvernement intérimaire à Kaboul, sans nouvelle élection présidentielle, ainsi que la mise en place d'un Conseil consultatif islamique « qui donnerait son avis sur toutes les lois, afin de s'assurer qu'elles sont conformes aux principes de l'islam ». Le secrétaire d’État américain, Antony Blinkenjustifie cette approche en disant qu'un retrait militaire américain « sans règlement politique » laisserait le gouvernement d'Ashraf Ghani « vulnérable ». A son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden avait hérité d'un engagement de son prédécesseur, Donald Trump, pour un retrait sous condition, au 1er mai, conformément à un premier accord avec les insurgés talibans conclu en février 2020 au Qatar. Les talibans n'ont cessé de répéter depuis que, si le retrait des soldats étrangers n'était pas effectif au 1er mai, ils se sentiraient libres de reprendre les combats. Les désertions se multiplient. Les soldats et les policiers manquent d’équipement, et nombre d’entre eux disent n’avoir pas été rémunérés depuis des mois. Les talibans contrôlent près de la moitié du pays : très présents dans les campagnes, s’ils ne disposent d'aucune ville majeure, ils tiennent de nombreux districts proches de grandes villes, y compris de Kaboul, et ils ont renforcé leur présence sur certaines autoroutes où ils fouillent les voitures et multiplient les checkpoints. Si le soutien occidental au gouvernement afghan a permis aux filles d

May 2, 20211h 7m

Ep 214Bada # 82 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (19) ... avec Romain Dessal / 28 avril 2021

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SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (19)…Avec Romain Dessal, fondateur, propriétaire, rédacteur et patron de la lettre d’information quotidienne et gratuite TTSO. Son mot d’ordre : faire le tri et trouver le ton. Le tri dans la pléthore d’informations, le ton pour rapporter celles que l’on a retenues. Le résultat doit être déposé chaque soir de semaine vers 18h30 dans 150 000 boites aux lettres. 60 destinataires sur 100 ouvriront cette correspondance. C’est trois fois le taux d’ouverture moyen des lettres d’information. Romain Dessal, en décrivant l’histoire, la conception, la fabrication et les règles de TTSO éclaire les raisons de cette réussite. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 28, 202136 min

Ep 214La gauche et la perspective d’une union pour la présidentielle / Ukraine : Poutine au défi / n°190 / 25 avril 2021

LA GAUCHE ET LA PERSPECTIVE D’UNE UNION POUR LA PRÉSIDENTIELLE A l'initiative de l'eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, Yannick Jadot, les forces de gauche et écologistes se sont retrouvées le 17 avril à Paris « in vivo », pour discuter de 2022. Socialistes, écologistes, communistes, insoumis ... les principales formations ont été représentées ainsi que des partis de taille plus modeste. Lors de cette réunion, trois points d'accord ont pu être dégagés : un pacte de « non-agression » pour mettre fin aux batailles entre les différentes familles de gauche, l'ouverture de débats publics autour des programmes, et la mobilisation collective autour de sujets fédérateurs comme le climat, la lutte contre la réforme de l'assurance chômage, ou contre la réforme des retraites. Il a également été convenu que cette réunion serait la première d'une longue série.La prochaine devrait se tenir fin mai et la plupart des formations présentes ont souhaité que la question d'une plateforme programmatique commune et « un contrat de gouvernement » soit réglée cet automne. Le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure a annoncé que le plus dur était fait, assurant quesocialistes, écologistes, radicaux et le mouvement Génération·s avaient pris l’engagement, d’ici un an de désigner un candidat commun pour la présidentielle. Le député de la France insoumise, Éric Coquerel a aussitôt corrigé cette annonce : « Ce n'est pas ce qui sort en commun de cette réunion, et beaucoup des présents, notamment du pôle écologiste, ont refusé de s'enfermer avec le Parti socialiste pour une candidature de centre gauche. » En effet, entre le chef de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon candidat aux présidentielles depuis novembre dernier, le secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel qui s'est lui aussi lancé, tandis qu’Anne Hidalgo y réfléchi sérieusement et ceux des Verts qui prévoient des primaires fin septembre, une candidature unique de la gauche semble compromise. Pour l'heure, dans les enquêtes d'opinion, le chef de La France insoumise devance ses rivaux Yannick Jadot et Anne Hidalgo avec 9 à 13 % des intentions de vote. Un sondage Odoxa Backbone Consulting réalisé pour Le Figaro et Franceinfo révèle que 82 % des Français considèrent que la situation de la gauche est « mauvaise ». Même les Français se positionnant à gauche ne sont pas plus positifs, puisque 78 % d'entre eux jugent « mauvaise » la situation de leur famille idéologique. Quand on observe les courbes du positionnement politique des Français, le recul de la gauche dans l’opinion publique est flagrant : seuls 13% se disaient de gauche en juillet 2020, contre 23% en mars 2017. La désaffection est têtue et s'observe aussi dans les dernières enquêtes d'opinion pour la présidentielle de 2022. Tous rassemblés derrière un candidat unique, la gauche ferait entre 13 et 15%. Partant divisés, les candidats de gauche ne pèsent additionnés ensemble que 27%. Contre 44% en 2012. Actuellement, 81 % des sympathisants de gauche souhaiteraient que les partis de gauche et les écologistes présentent un candidat commun pour l'élection présidentielle de 2022. L'union est souhaitée par 80 % des Insoumis, 72 % des socialistes, et 87 % des sympathisants écologistes.***UKRAINE : POUTINE AU DÉFI Après plusieurs semaines de tension, jugeant ses exercices terminés, la Russie a annoncé qu’elle amorçait le 23 avril le retrait de ses troupes massées près de l’Ukraine et en Crimée annexée. Jamais depuis l'annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine, en 2014, la Russie n'avait massé autant de forces militaires à la frontière ukrainienne : plus de 100.000 hommes le long des lignes, des milliers de tanks, une centaine de missiles balistiques Iskander et des renforts en Transnistrie et en Crimée. Le 13 avril, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait donné corps aux inquiétudes de Kiev et des Occidentaux en confirmant l'ampleur des déplacements de troupes aux frontières ukrainiennes : « En trois semaines, deux armées et trois divisions de troupes aéroportées ont été transférées avec succès aux frontières ouest de la Russie pour des exercices », avait indiqué SergueïChoïgou, invoquant comme justification les « activités militaires menaçantes » de l'OTAN. Le même jour, le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, annonçait l'envoi de 500 militaires supplémentaires en Allemagne. Depuis sept ans, le conflit dans le Donbass a fait plus de 13.000 morts. La Russie est considérée comme le parrain des séparatistes au Donbass à qui elle livre troupes, armes et financement ce qu'elle nie, qualifiant le conflit de « guerre civile ». Depuis, pas moins de 30 cessez-le-feu se sont succédé. Le dernier, instauré le 27 juillet 2020, a tenu le plus longtemps. Reçu le 16 avril à Paris, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, 43 ans, élu en mai 2019, a estimé que son pays confronté aux agressions de la Russie « ne peut pas rester indéfiniment dans la salle d'attent

Apr 25, 20211h 6m

Ep 212Bada # 81 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (18) ... Avec Vincent Poymiro et David Elkaïm (2/2) / 21 avril 2021

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Avec David Elkaïm et Vincent Poymiro, principaux scénaristes de la série d’Arte « En Thérapie ». Le succès en boule de neige de cette succession de 35 huis-clos en pleine période de restriction des possibilités de circuler et d’avoir une vie sociale donne la mesure de la densité que lui confèrent sa réalisation, son interprétation, son scénario et ses dialogues. Impressionné, comme près de 3 millions de téléspectateurs, par cette série inspirée d’un original israélien ("Be Tipul"), j’ai voulu faire la connaissance de ce duo de scénaristes seniors, connaître leur formation, leurs influences, leurs rencontres, leur première complicité au lycée Montaigne de Bordeaux et leur incessante collaboration depuis : c’est la 1ère partie de notre bada, mis en ligne le 14 avril. Le 21 avril, nous mettrons en ligne la seconde partie consacrée à « En Thérapie », à leurs méthodes de travail et d’écriture, aux distances prises avec la série matrice, Be Tipoul et avec son avatar étasunien (In Therapy), à leurs rapports avec les comédiens, à leur méthode d’écriture à quatre mains, aux difficultés propres à tel ou tel épisode ou à tel ou tel des 7 personnages principaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 21, 202135 min

Ep 213Thématique : avec Thierry Breton, Commissaire européen / n°189 / 18 avril 2021

Merci de nous avoir rejoints pour cette troisième et dernière thématique de printemps pour laquelle avec Jean-Louis bourlanges, David Djaïz et Nicole Gnesotto, nous recevons Thierry Breton. Vous avez été entrepreneur, et vous avez notamment réussi un redressement spectaculaire de Thomson, vous avez été ministre de l’économie et des finances, et vous avez axé votre politique sur la modernisation de l’économie, sur la réduction de la dette et sur la valorisation du patrimoine immatériel. Depuis novembre 2019 vous êtes commissaire européen chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l'espace. Au cours des douze derniers mois, c’est l’industrie pharmaceutique qui a occupé le devant de la scène. Si les laboratoires ont réussi à développer très rapidement des vaccins, l’outil industriel n’a pas suivi. « La science a dépassé l'industrie » a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, le 10 février dernier. Autre souci : en juin 2020, pour garantir l’approvisionnement et faciliter le déploiement des vaccins, la Commission et les États membres ont adopté une approche européenne commune. 2,3 milliards de doses de vaccins ont été commandées à six fournisseurs différents (Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca, Curevac, Janssen, Sanofi). Pour le moment, quatre d’entre eux ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Agence européenne des médicaments. Confrontés début 2021 à une troisième vague épidémique aggravée par des variants plus contagieux et plus mortels, et à des retards de livraison des vaccins commandés par l’UE, certains Etats membres ont rompu les rangs et se sont tournés vers Moscou. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré le 19 mars : « En ce qui concerne le vaccin russe, je suis d'avis que tout vaccin autorisé par l'Agence européenne du médicament devrait être utilisé dans l’UE ». Mais « si celle-ci n'intervenait pas alors l'Allemagne devrait agir pour elle-même et c'est ce que nous ferions ». Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a tenu un discours semblable alors que la péninsule pourrait produire le vaccin russe dès juillet. Dans ce contexte de pandémie, Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2021passées de 4,2% à 3,8%, En 2020, son économie s'était contractée de 6,8%. En outre, neuf mois après son adoption, seuls 16 des 27 pays membres de l’Union ont ratifié le plan de relance européen. Avec la Turquie, non plus, les 27 ne sont pas à l'unisson et le récent pataquès protocolaire surnommé sofagate n’a pas montré une parfaite harmonie entre la Présidente de la Commission et celui du Conseil alors qu’ils venaient discuter avec le président Erdogan de l'accord entre son pays et l’Union, de la question de l'union douanière et des visas, ou encore de cette conférence sur la Méditerranée orientale tant voulue le chef de l’État turc. Dans le ciel, plus précisément dans l’espace, l’Europe fait preuve de davantage d’unité. Elle pilote trois programmes : Govsatcom doit permettre les communications gouvernementales par satellite dès 2020 et garantir la sécurité des services de communication aux organisations et aux opérateurs jugés stratégiques pour l'UE. Galileo, système de positionnement par satellites (radionavigation) Copernicus, système d'observation de la terre très important pour l'étude du changement climatique et dont on a pu écrire qu’il « confère à l'Europe un réel pouvoir de persuasion dans les relations internationales, comme en témoigne la couverture des incendies qui ont ravagé la Sibérie et l'Amazonie au cours de l'été 2019 ». En réunissant l’industrie de défense et l’industrie spatiale dans une même Direction Générale, l’Union européenne a d’ailleurs pris acte de la dimension stratégique du secteur spatial. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 18, 20211h 3m

Ep 212Bada # 80 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (17) ... avec David Elkaïm et Vincent Poymiro (1/2) / 14 avril 2021

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Avec David Elkaïm et Vincent Poymiro, principaux scénaristes de la série d’Arte « En Thérapie ». Le succès en boule de neige de cette succession de 35 huis-clos en pleine période de restriction des possibilités de circuler et d’avoir une vie sociale donne la mesure de la densité que lui confèrent sa réalisation, son interprétation, son scénario et ses dialogues. Impressionné, comme près de 3 millions de téléspectateurs, par cette série inspirée d’un original israélien ("Be Tipul"), j’ai voulu faire la connaissance de ce duo de scénaristes seniors, connaître leur formation, leurs influences, leurs rencontres, leur première complicité au lycée Montaigne de Bordeaux et leur incessante collaboration depuis : c’est la 1ère partie de notre bada, mis en ligne le 14 avril. Le 21 avril, nous mettrons en ligne la seconde partie consacrée à « En Thérapie », à leurs méthodes de travail et d’écriture, aux distances prises avec la série matrice, Be Tipoul et avec son avatar étasunien (In Therapy), à leurs rapports avec les comédiens, à leur méthode d’écriture à quatre mains, aux difficultés propres à tel ou tel épisode ou à tel ou tel des 7 personnages principaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 14, 202123 min

Ep 209Thématique : avec Caroline Fourest, autour de Génération offensée (éditions Grasset) / n°188 (11 avril 2021)

Caroline Fourest, Génération offensée - De la police de la culture à la police de la penséeCaroline Fourest, vous êtes journaliste, essayiste et éditorialiste à Marianne. Depuis de nombreuses années, vous militez en faveur de l'égalité et de la liberté, contre le racisme, le sexisme et l'homophobie. Vous êtes rédactrice en chef de la revue ProChoix que vous avez cofondée en 1997 et qui a pour objet « la défense des liberté individuelles contre toute idéologie dogmatique, liberticide, essentialiste, raciste ou intégriste ». En 2018, après de nombreux documentaires, vous avez réalisé votre premier film de fiction intitulé Soeurs d'Armes.​​En février 2020, vous avez publié chez Grasset « Génération offensée : de la police de la culture à la police de la pensée ». Vous y alertez contre la montée en France d'une gauche moraliste identitaire déjà très répandue aux Etats-Unis. Sa vision confuse de l'anti-racisme la pousse non pas à réclamer l'éradication des préjugés mais un traitement particulier au nom de l'identité. ​Reprenant à l'extrême droite les thématiques identitaires, elle la fait se placer en défenseure de la mémoire et de la liberté d'expression. Loin de contester les catégories ethnicisantes de la droite suprémaciste, la gauche identitaire s'y enferme. Au lieu de rechercher la mixité et le métissage, elle fractionne nos vies et nos débats entre « racisés » et « non-racisés », monte les identités les unes contre les autres jusqu'à mettre les minorités en compétition.​Vous dites qu'il ne faut pas laisser la critique de cette gauche identitaire à la droite conservatrice mais que seul un antiracisme sincère est à-même de lutter contre ses contradictions. Vous vous revendiquez ainsi d'un antiracisme universaliste et d'une approche par le « droit à l'indifférence », qui permet selon vous d'éviter l'essentialisation des identités et à chacun de s'autodéterminer.​Dans cet esprit, vous niez le bien-fondé des usages de plus en plus abusifs du concept d'appropriation culturelle et rappelez que la culture, autant que la politique, ne saurait être quelque chose d'exclusif. C'est au contraire le mélange, la source même de la créativité, qui permet de composer un monde commun.​Lieu de liberté, vous dites qu'internet est aussi celui de tous les procès, et dénoncez les tentatives d'intimidations de cette gauche identitaire dans le cadre de phénomènes de meutes 2.0 sur les réseaux sociaux. ​Surtout, vous alertez contre la démarche de plus en plus victimaire de la jeunesse hyper-sensible d'une société qui ne flatte plus le courage ou l'honneur mais le statut de victime et dont l'université n'éduque plus à l'esprit critique. Cette jeunesse se veut « woke » et éveillée à l'injustice, mais les réseaux sociaux la poussent à décontextualiser ses luttes. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 11, 20211h 4m

Ep 212Thématique : avec Pierre Veltz autour de l’économie désirable (éditions du Seuil) / n°187 / 4 avril 2021

PIERRE VELTZ L'ÉCONOMIE DÉSIRABLE Éditions du Seuil Pierre Veltz, vous êtes diplômé de l’école Polytechnique et ingénieur du Corps des Ponts. Président de l’établissement public Paris-Saclay de 2010 à 2015, vous êtes également sociologue et urbaniste. Vous avez été l'auteur en 2008 de La Grande transition, et en 2017 vous avez publié au Seuil un livre intitulé La Société hyper-industrielle dont votre nouvel écrit, L'Économie désirable – sortir du monde thermo-fossile, constitue le prolongement.​Après avoir constaté la nécessité de changer en profondeur nos organisations économiques et nos façons de vivre, vous pointez du doigt le hiatus des théories de la décroissance mis en lumière par la crise du Covid-19 : la mise à l'arrêt de nos économies entraîne des dommages gigantesques payés principalement par les plus fragiles. Sans attendre l'avènement chimérique d'un gouvernement mondial, vous écrivez qu'il est urgent d'élaborer des perspectives qui ne passent pas par l'accroissement des inégalités, du chômage et de la précarité de masse.​D'abord, vous pointez du doigt la dimension industrielle de la transition et la nécessité d'établir une nouvelle grammaire productive. Vous montrez néanmoins son insuffisance et la nécessité d'une évolution de la demande vers plus de sobriété.​Ensuite, vous décrivez le passage d'une économie des choses vers une économie des usages et des expériences, dans laquelle le numérique joue un rôle essentiel. L'économie de demain sera selon vous humano-centrée, compensant les pertes d'emplois des secteurs thermo-fossiles par l'extension des capacités des individus et de la réinvention de nos espaces de vie partagés. Les secteurs de la santé, de l'éducation, de la culture, du divertissement, de la sécurité, de la mobilité et de l'habitat, doivent selon vous être reconnus comme des moteurs essentiels de la création de valeur.​Si cette économie doit nécessairement prendre un tournant local, vous mettez en garde contre le localisme et rappelez que la valorisation unilatérale du proche peut devenir problématique lorsqu'elle crée des illusions d'autosuffisance et qu'elle ignore les interdépendances et les solidarités interterritoriales fondatrices de notre contrat social. ​Vous passez enfin en revue les différentes voies macrosociales du changement, à savoir la fiscalité, la finance, et la technologie vertes. Selon vous, ni les marchés financiers, ni le darwinisme de la technologie, ni la multiplication des projets verts à l'échelle des villes ne sont aujourd'hui capables d'embarquer nos économies dans un véritable changement de modèle. Sans rétablir un lien anachronique entre puissance étatique et centralisation hiérarchique, vous en appelez au retour de l'État qui, plus que simple garant du marché, doit fixer des perspectives stratégiques cohérentes, mettre en place de grandes infrastructures physiques et normatives, investir et veiller à l'accompagnement social des mutations. Comment assurer la soutenabilité écologique du développement de l’économie hyper-industrielle ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 4, 20211h 1m

Ep 212« Le cinéma et la Der des ders » / Republication d’une émission avec Bertrand Tavernier (31 mars 2021)

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Bertrand Tavernier a apporté au Nouvel Esprit public son amitié et son soutien. Sa fascination désolée pour la guerre de 14-18 a guidé deux de ses films majeurs. Sa connaissance du cinéma, des cinémas, lui donnait toute la compétence et toute l’autorité nécessaires pour nous éclairer sur les représentations cinématographiques de ce conflit dévastateur.En remerciement et en hommage, nous mettons en tête de ligne la conversation enregistrée avec lui à l’occasion de la dernière année du centenaire de la prétendue « der des ders ».« C’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Élysées lors du défilé de la Victoire (environ trois heures je crois), j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante. » Telles sont les dernières phrases, lues par Philipe Noiret, de la lettre d’un personnage fictif, le commandant Dellaplane, sorti des imaginations associées de Jean Cosmos et de Bertrand Tavernier pour les besoins de « La Vie et rien d’autre », l’un des films qui aura le plus contribué à la mémoire de la guerre dont nous venons de commémorer l’armistice. « Capitaine Conan », du même scénariste et du même réalisateur, redonne vie à ce « Corps expéditionnaire d’Orient », dont les soldats poursuivirent la guerre dans les Balkans bien après que les cloches avaient fait retentir l’heure de l’armistice. Le succès de ces deux films- que vient amplifier leur audience à chaque passage à la télévision ou sur le câble- est assurément dû à leurs auteurs et à leurs interprètes. Mais ce sont aussi des œuvres qui atteignent en nous quelque chose de profond et souvent d’informulé : le vertige devant l’ampleur de ce que cette guerre aura détruit et le besoin inlassable de savoir, de comprendre et de compatir. Dès les premières années de la guerre, le cinéma fut mis à contribution, tantôt pour répondre à ce besoin, tantôt pour promouvoir telle ou telle vision du conflit. Cent ans plus tard, la Der des ders continue d’inspirer les cinéastes, même s’ils l’abordent sous un angle inédit – celui de la place des femmes dans une société en guerre- comme Xavier Beauvois dans un film de 2017, « Les Gardiennes ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 31, 202159 min

Ep 211Pandémie : comment gérer un pari perdu ? / Israël : un puzzle électoral / n°186 (28 mars 2021)

PANDÉMIE : COMMENT GÉRER UN PARI PERDU ?Le 29 janvier, le président de la République s'est affranchi de la demande d'une grande partie du corps médical qui appelait à un reconfinement national. Le 1er mars, il a demandé aux Français de tenir encore « quatre à six semaines ». Puis les contaminations sont reparties à la hausse : Emmanuel Macron a pris acte de ce que le virus restait le « maître des horloges ». Le 18 mars le Premier ministre a annoncé le confinement de 16 départements, portés à 19 le 25 mars. Au mot de « confinement », l'Élysée préfère l’expression « mesures de freinage supplémentaires » et affirme avoir cherché « la proportionnalité et un juste équilibre », incluant « des choix forts », comme le maintien de l’ouverture des écoles. Le 25 mars, Emmanuel Macron a estimé avoir « eu raison de ne pas reconfiner la France » fin janvier. Malgré les avis des épidémiologistes, le télétravail n’est qu’un sujet d’exhortation. Les nouvelles mesures sont peu compréhensibles et prises en désordre : la liste des commerces fermés est passée de 110.000 à 90.000. Les attestations de déplacement qui semblaient issues d’un skectch de Pierre Dac ne sont plus exigibles que dans de rares situations, tandis qu’un nouveau slogan gouvernemental « dehors en citoyen, dedans avec les miens » moissonne les quolibets et les parodies. Cette « troisième voie » choisie par le gouvernement fait l’objet de nombreuses critiques. L'opposition parle d’« échec » de la stratégie sanitaire, de « retard » de la politique vaccinale, des « ratés » du pari européen consistant à grouper au niveau de Bruxelles les commandes de vaccins. En la matière le message est passablement brouillé : ainsi le 14 mars, Jean Castex a affirmé qu'« il faut avoir confiance dans le vaccin Astra Zeneca », avant que le président de la République ne décide, vingt-quatre heures après, de suspendre ledit vaccin, tandis que trois jours plus tard l'Agence européenne du médicament donnait son feu vert à la reprise de la campagne. L'augmentation des livraisons attendues des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna et l'arrivée, mi-avril, du vaccin Janssen, de Johnson & Johnson pourraient, selon l’éxécutif compenser les défaillances d’Astra Zeneca. Dans un rapport du 11 mars, les membres du comité scientifique ont toutefois estimé que quand bien même la vaccination se maintiendrait à un rythme soutenu, elle serait « sans doute insuffisant[e] pour éviter une augmentation importante des hospitalisations » face à la menace que font peser les nouveaux variants. Selon un sondage Elabe, publié le 24 mars, les mesures prises par le gouvernement sont jugées « pas cohérentes » (74%) et « pas efficaces pour lutter contre l’épidémie » (73%). Et contrairement au chef de l’Etat, six Français sur dix pensent que l’exécutif a eu tort de ne pas reconfiner le pays fin janvier.***ISRAËL : UN PUZZLE ELECTORALPour la quatrième fois depuis avril 2019, les Israéliens se sont rendus aux urnes, le 23 mars, afin de tenter de dégager une nouvelle fois une majorité au Parlement israélien, la Knesset. La participation de 67,2 %, est la plus faible depuis le retour de Netanyahou au pouvoir, en 2009. Son parti, le Likoud perd 6,sièges et n’en obtient que 30, en en dépit d’une campagne de vaccination réussie (60% de la population a été vaccinée, un record mondial). Le parti séfarade ultra-orthodoxe Shas conserve ses 9 sièges. Le parti radical Yamina, qui veut dire « A droite » en hébreu, est crédité de 7 sièges. Son chef, Naftali Bennett, ancien ministre de la Défense du cabinet de Nétanyahou, promoteur d'un Grand Israël de la Méditerranée au Jourdain, n'a pas dit clairement s'il soutiedrait un gouvernement anti ou pro-Netanyahou, personnalité dont il partage l'idéologie mais critique la gestion. Le Parti national religieux de Bezatel Smotrich absent de la précédente assemblée a obtenu 6 sièges. Alors que le parti laïc et centriste Yesh Atid (« Il y a un futur ») de YaïrLapid, se place comme le deuxième parti de l’assemblée avec 17 sièges, l’autre parti centriste, le parti « Bleu-Blanc » de Benny Gantz, avec qui Netanyahou était arrivé au coude-à-coude lors des trois derniers scrutins, est crédité de seulement 8 sièges. Annoncés sur le déclin, les petits partis de centre gauche ou de gauche ont connu un sursaut : les sociaux-démocrates du Parti travailliste ont 7 sièges et les partisans du camp de la paix du Meretz progressent avec 6 sièges. Toutes les hypoth èses sont formulées quant aux 10 députés arabes, même si jusqu'ici aucune formation arabe n'a jamais fait partie d'un gouvernement israélien. Le parti Raam, proche des Frères musulmans a obtenu 4 députés, la liste arabe unifiée 6. La communauté arabe d'Israël représente 20 % de la population. La question palestinienne a été absente de la campagne électorale. L’instabilité politique est due au système électoral israélien : le scrutin proportionnel de liste, avec un seuil d'éligibilité à seulement 3,25 %, qui provoque un émiettement du paysage politique.

Mar 28, 20211h 4m