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Le Nouvel Esprit Public

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850 episodes — Page 15 of 17

Ep 133Bada # 20: Paris, les municipales en folie / Coronavirus : les pharmacies n'ont plus de masques

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Les questions du public. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 5, 202022 min

Ep 133Paris, les municipales en folie / Coronavirus : les pharmacies n'ont plus de masques / n°126

Six semaines avant les élections municipales qui se tiendront en France les 15 et 22 mars prochains, un sondage Odoxa pour CGI et Le Figaro, rendupublic le 26 janvier, confirme la tendance observée à Paris une semaine plus tôt, d’un duel entre la maire sortante, Anne Hidalgo, et la candidate Les Républicains, Rachida Dati. Créditée de 23% d’intentions de vote au premier tour, la socialiste fait, à ce stade, la course en tête. Mais elle est talonnée parl’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy à qui les sondages accordent 20% des voix. Le macroniste Benjamin Griveaux stagne en troisième position, avec 16%, ce qui lui permet quand même de creuser l’écart avec le dissident Cédric Villani à 10% ; mais ce qui l’expose e à la poussée des écologistes, dont le candidat David Belliard qui atteint 14,5%. Après sa rencontre à l’Elysée le 26 janvier avec le président Macron,Cédric Villani a annoncé qu’il maintenait sa candidature actant une « divergence » avec le Président. Il a notamment déclaré qu’« entre l’appartenance à un appareil politique et l’engagement pour la ville qui m’a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens ». Cédric Villani a été exclu de La République En Marche le 29 janvier. Sa candidature reste un souci pour Benjamin Griveaux, qui souffre toujours, en outre, d’une stratégie difficilement lisible. A Paris, comme à Lyon et Marseille, les municipales ne suivent pas les mêmes règles que dans les autres communes françaises. Comme pour le président américain, le ou la maire y est désigné(e) par des grands électeurs, élus eux-mêmes dans le cadre de différents secteurs géographiques, et non au sein d’une circonscription unique, la commune, comme c’est le cas ailleurs. Depuis la loi Defferre du 13 décembre 1982, Paris est découpé en secteurs électoraux, qui correspondaient, jusqu’à présent, aux vingt arrondissements. A partir de cette année, les quatre premiers arrondissements ne forment plus qu’un secteur, appelé « Centre ». Les 15 et 22 mars, il n’y aura donc pas une élection parisienne, mais dix-sept. Au soir du deuxième tour, les noms des 527 nouveaux élus parisiens seront connus : 364 d’entre eux ne siègeront que dans les arrondissements tandis que 163 ajouteront à ce mandat celui de conseiller deParis et éliront le ou la maire. Dans les trois plus grandes villes de France, l’élection municipale est une élection à trois tours, qui favorisent les marchandages d’appareils et peut donc réserver des surprises.*** Parti en décembre 2019 du marché de Wuhan, en Chine, le 2019-nCov, pour « nouveau coronavirus 2019 », s’est propagé en Asie, en Europe et aux Etats-Unis. Le 30 janvier, à Genève, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a procédé, en dépit des pressions de Pékin, à une « déclaration d’urgence internationale ». Une urgence déclarée par le passé pour endiguer Ebola en Afrique de l’Ouest. Les 56 millions d’habitants de la province de Hebei où est situé Wuhan sont en quarantaine. Alors qu’en Chine, le bilan de l’épidémie de coronavirus s’est alourdi aujourd’hui à 300 morts et 14.300 patients contaminés, des pays d’Asie et les Etats-Unis, commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance de Chine. Plus d’une quinzaine de compagnies aériennes, dont Air France, British Airways et Lufthansa, ont déjà interrompu leurs liaisons vers le pays. Les Français rapatriés de Wuhan doivent être mis à l’isolement pour une période de quatorze jours. En France, six cas d’infection ont été détecté à ce jour. Les autorités sanitaires sont mobilisées, toutefois, le docteur Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain à Paris, est plus inquiet des dégâts causés par la grippe, à l’origine de 650 000 décès chaque année dans le monde, dont plusieurs milliers en France. Délégué général de Résilience France, Yves Bourdillon juge pour sa part que « le risque d’une épidémie majeure de coronavirus en Europe reste faible […] sous réserve que le virus ne mute pas ». Pour Jacques Attali, même si l’épidémie parvient à être enrayée rapidement, les conséquences seront beaucoup plus importantes que lors du dernier épisode de ce genre, celui du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003. Non seulement économiquement, mais aussi politiquement. Selon lui « le régime chinois peut y perdre sa crédibilité, comme le régime soviétique perdit la sienne avec la catastrophe de Tchernobyl, démontrant, une fois de plus, que, contrairement au consensus actuel, une dictature ne peut devenir durablement une superpuissance mondiale ». En attendant, tandis que des Asiatiques font l’objet en France d’insultes ou de propos blessants, l’institut Pasteur promet un vaccin pour dans 20 mois. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 2, 20201h 4m

Ep 132La Libye au défi de la paix civile / L’ensauvagement des luttes sociales / n°125

Le sommet de Berlin qui a réuni le 19 janvier des délégations de onze Etats et de quatre organisations internationales (Nations unies, Union européenne, Ligue arabe et Union africaine) concernées par voire engagées dans le chaos libyen, a marqué l’affirmation de l’Allemagne en tant que puissance diplomatique. Le sommet s’est conclu par l’adoption d’une déclaration commune appelant notamment à un « cessez-le-feu » permanent en Libye, à « s’abstenir de toute ingérence dans le conflit armé », à respecter l’embargo en vigueur sur les livraisons d’armes, à répartir équitablement les revenus pétrolierset à relancer le « processus politique » brisé par l’attaque de Tripoli, en avril 2019, par le maréchal dissident Khalifa Haftar. Un « comité militaire mixte » - composé de cinq membres nommés par le Gouvernement d’accord national de Farez Sarraj et de cinq autres désignés par Haftar est appelé à se mettre en place. Cette entité devra fixer les modalités pratiques de l’hypothétique cessez-le-feu, et notamment le mécanisme de surveillance. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guteres a annoncé que ce comité devrait se réunir prochainement à Genève. Les combats opposent depuis neuf mois le Gouvernement d’accord national de Farez Sarraj à l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar. Sarraj, reconnu internationalement, qui contrôle la capitale Tripoli et l’ouest du pays (la Tripolitaine). Fin décembre, le président turc Erdogan a annoncé une intervention militaire de la Turquie en Libye pour soutenir le gouvernement Sarraj. De son côté, Haftar bénéficie du soutien de la Russie qui lui fournit armes et mercenaires, ainsi que de l’appui de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Il règne sur l’est du pays (Benghazi et la Cyrénaïque), et en particulier sur les ports pétroliers. L’Europe, proche des côtes libyennes, est la première concernée par le chaos d’un pays où combattent désormais des islamistes venus de Syrie et où vivent 700 000 migrants subsahariens, dont une partie rêve de traverser la Méditerranée. Entre le retrait américain de la région et l’irruption de la Turquie et de la Russie, les vingt-sept divisés sont menacés de marginalisation.L’interminable Brexit, la fragilité gouvernementale italienne, les préoccupations économiques allemandes et la position ambiguë de la France - entre soutien officiel à Sarraj et appui en sous-main à Haftar, qui prétend être le seul à pouvoir pacifier le sud Libyen, porte du Sahel pour le terrorisme islamiste que Paris combat – ainsi que les divisions européennes ont empêché la formation d’un front commun européen en Libye où se joue en partie, avec les djihadistes et la pression migratoire, la sécurité du continent.*** Avocats jetant leurs robes à terre, enseignants faisant de même avec leurs manuels scolaires, ballerines du corps de ballet de l’Opéra de Paris dansant un lac des cygnes protestataire sur le parvis du Palais Garnier, retraites aux flambeaux organisées par les syndicats : l’action contre la réforme des retraites arécemment pris de nouvelles formes. Mais depuis le 17 janvier, la contestation s’est traduite de manière moins souriante ; des militants CGT ont forcé l’accèsau siège de la CFDT, favorable au principe d’un système de retraite par points. Les Bouffes du Nord où le président de la République assistait à une représentation de La Mouche ont connu une tentative d’intrusion suivie, après son échec, d’une manifestation improvisée devant le théâtre. Dans la nuit, un départ de feu criminel s’est déclaré à la brasserie La Rotonde, prisée du président Macron. « Nous condamnons toute forme de violence » a déclaré dimanche dernier le numéro un de la CGT, Philippe Martinez dont le syndicat revendique des coupures ciblées d’électricité. Pour le spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux Stéphane Sirot, depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, « l’ébullition sociale est permanente ». L’historien souligne que « face à un pouvoir politique qui joue le pourrissement, on voit surgir des formes d’intervention plus spontanées, dynamiques, moins contrôlables » qui donc « peuvent déraper, d’autant plusqu’elles ne sont pas encadrées stricto sensu par les syndicats ». Selon lui, « il y a une ‘’gilet-jaunisation’’ du mouvement social ». Pour Eric Giuily, président du cabinet de conseil en communicationCLAI, « le pourrissement de la grève est inévitable, compte-tenu de l’opposition irréductible d’une partie des syndicats et de leur base à l’encontre du régime universel par points ». L’inefficacité du mouvement syndical, prévoit-il« devrait conduire à une radicalisation croissante d’au moins une partie de la base, avec le risque d’une multiplication d’actions coup de poing qui peuvent toujours dégénérer ». Pour sa part, l’ancien sénateur et député européen socialiste Henri Weber, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès observe que « le haut niveau de combativité du peuple français a permis de nombreuses conquêtes sociales et démocratiques. Mais

Jan 26, 20201h 6m

Ep 131Gouvernance mondiale et climat / n°124

A l’heure où les mégafeux qui ont ravagé depuis septembre en Australiequelque 11 millions d’hectares, soit l’équivalent de la Bulgarie, tué au moins 26 personnes, détruit 2 300 maisons et brulé plus de 500 millions d’animaux, les scientifiques redoutent la multiplication de ces incendies sur la planète. Tout l’ouest des États-Unis, les pays méditerranéens, l’Afrique méridionale, une grande partie de l’Asie centrale pourraient être victimes d’événements similaires. L’ancien vice-président du GIEC, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele observe que 2019 a été la plus chaude et la plus sèche depuis le début des enregistrements. Selon lui, « cela ne s’explique pas autrement que par le réchauffement climatique ». « Si les gouvernements et les populations n’agissent pas rapidement, les marchés financiers risquent de le faire », affirme l’hebdomadaire britannique The Economist. Dans la lutte contre le réchauffement climatique les signaux positifs peinent à compenser l’augmentation mécanique des émissions liées à la hausse de la population mondiale. Et cela, malgré les nombreuses initiatives internationales et nationales. Aux Nations unies, en septembre dernier, lors du sommet Action Climat, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a rappelé aux dirigeants du monde, qu’ils avaient l’obligation « de tout faire pour mettre fin à la crise climatique ». Mais si le Fonds vert pour le climat – cet instrument financier abondé par les économies développées et mis en place il y a dix ans pour soutenir les pays en développement – a bouclé fin octobre 2019 une enveloppe de presque 10 milliards d’euros sur 2020-2023, les États-Unis manquent à l’appel. Après le succès enregistrés en décembre 2015, à Paris, lors de COP21signé par les 195 États, la 25e édition en décembre dernier à Madrid s’est révélée décevante, n’enregistrant aucune avancée sensible. Au plan européen, le Green Deal européen (pacte vert) destiné à faire de l’Europe « le premier continent neutre en carbone » dès 2050, a été présenté le 11 décembre dernier, par la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Au moins 25% du budget de l’Union européenne devrait, à terme, être consacrés à la transition écologique. En France, le président Macron s’est adressé le 10 janvier aux 150 citoyens de la Convention sur le climat, cet outil inédit de démocratie participative né après le grand débat. La lettre de mission du gouvernement fixe pour objectif de réfléchir aux moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 « dans un esprit de justice sociale ». Pour l’économiste du MIT, Andrew Mc Afee, ce qui motive les gouvernements comme les entreprises, c’est d’abord l’action dela société civile : c’est elle qui suscite la pression nécessaire à tous les changements. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 19, 20201h 2m

Ep 130BADA #19 : L'enjeu de l'Iran

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Le bada de l'émission enregistrée en public à l'Ecole Alsacienne le 12 janvier 2020. Avec Jean-Louis Bourlanges, François Bujon de l'Etstang, Béatrice Giblin, Nicole Gnesotto et Philippe Meyer. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 15, 202016 min

Ep 130L'enjeu de l'Iran / n°123

Ordonné par Donald Trump, l’assassinat ciblé du général iranien GhassemSoleimani dans la nuit du 2 au 3 janvier près de l’aéroport de Bagdad, a provoqué une onde de choc au Moyen-Orient. Chef de la force Al-Qods des gardiens de la révolution, architecte de l’expansion iranienne dans la région, le général Soleimani, 62 ans, était un héros national. Considéré comme un terroriste par Washington, il était révéré dans son pays pour son rôle dans la lutte contre l’État islamique après 2014. Ses funérailles ont rassemblé une foule immense, plus nombreuse a-t-on dit que celles de l’ayatollah Khomeini et le parlement irakien a sommé les forces américaines » de quitter le pays, ce que les États-Unis ont annoncé puis démenti accepter. Cet assassinat intervient après une longue période de tensions puis unerécente escalade entre les Etats-Unis et l’Iran. En mai 2018, Donald Trump a dénoncé unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 et imposé une nouvelle politique de sanctions qui a coûté à Téhéran 200 milliards de et entraîné une forte récession dans le pays. En réponse, l’Iran a entamé un plan de réduction progressive de ses engagements en matière nucléaire. Fin 2019, l’escalade est devenue militaire. Le 29 décembre, cinq installations iraniennes en Syrie et en Irak ont été visées par des chasseurs F-15 américains, tuant 25 miliciens. Le 31 décembre et le 1er janvier, des milices chiites ont assiégé et envahi l’ambassade américaine ultra-sécurisée à Bagdad. Donald Trump a répliqué par l’assassinat du général Soleimani, suivi, une semaine plus tard par des tirs de missiles iraniens sur des bases militaires irakiennes abritant des soldats américains, sans qu’il y ait des victimes. Quelques heures après cetteréplique iranienne, un Boeing 747 d’Ukraine international Airlines s’est écrasé après son décollage de Téhéran, faisant 176 victimes, dont 57 ressortissantscanadiens, pour beaucoup binationaux iraniens. Hier, l’état-major des forces armées iraniennes a déclaré qu’une « erreur humaine » était à l’origine de la catastrophe. L’appareil a été pris pour un « avion hostile » et a été « touché » alors que les menaces ennemies étaient au plus haut niveau, a indiqué un communiqué publié par l’agence officielle IRNA. L’OTAN a suspendu ses opérations en Irak, et la coalition antijihadistesconduite par les Etats-Unis les a réduites tout en renforçant la sécurité des bases où sont déployés des Américains. A Istanbul, les présidents turcs Recep Tayyip Erdogan et russe, Vladimir Poutine, ont exhorté mercredi les Etats-Unis et l’Iran à la « retenue » et appelé « à donner la priorité à la diplomatie » pour faire baisser les tensions dans la région. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 12, 20201h 7m

Ep 130Événement - Hors-série Le Nouvel Esprit Public - Paris nous appartient

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Lundi 13 janvier à 19h30, nous vous attendons au Théâtre Michel pour un hors-série du Nouvel Esprit Public. Il débutera avec la lecture par Loïc Corbery et Emmanuel Noblet de textes sur Paris qui pourraient en surprendre (et en ravir) plus d’un. Sociétaire de la Comédie française, Loïc Corbery a récemment marqué de sa patte le personnage d’Herbert Thallman dans Les Damnés ; Emmanuel Noblet a interprété pendant quatre ans en France et dans de très nombreux pays son adaptation de « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal. En amis et en auditeurs du nouvel Esprit public, Loïc et Emmanuel accompagneront notre soirée.L’invité en sera Jérôme Fourquet, auteur du récent best-seller « L’Archipel français ». Ce livre a été salué pour l’intérêt et la nouveauté de son état des lieux du pays et pour sa mise en lumière des tendances structurantes de l’évolution de notre société. Mais on a moins relevé ce qui y est écrit sur Paris et sur la place très particulière qu’il tient dans cette évolution. Ce sera le point de départ de la conversation que Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin, Lucile Schmid et moi aurons avec Jérôme Fourquet. Venez nombreux, participation aux frais : 15€, inscriptions ici : https://www.weezevent.com/lnep-paris Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 7, 20201 min

Ep 115Thématique : le voyage en question, avec Jean-François Rial / n°122

En 2018, le nombre de voyageurs internationaux s’est élevé à 1,4 milliard, soit 6% de plus qu’en 2017. L’organisation mondiale du tourisme (OMT) table sur une nouvelle croissance de 3 à 4% cette année et prévoit 1,7 milliard de voyageurs internationaux en 2030. Première destination touristique mondiale, la France a reçu près de 90 millions de visiteurs étrangers en 2018, majoritairement britanniques, allemands, belges et luxembourgeois. L’Europe demeure la destination la plus prisée avec 713 millions d’arrivées, devant l’Asie-Pacifique (343 millions) et les Amériques (217 millions). Les 220 millions de touristes chinois en 2018, ont voyagé très souvent en groupe, de préférence dans les pays voisins de la Chine, ensuite en Europe, avec un budget moyen de 4.000€. Les touristes américains voyagent le plus souvent en famille, plus de 4 fois par an, essentiellement dans leur pays. Seuls 18% voyagent à l’étranger et dépensent près de 2.000$ par séjour. Les Français ont privilégié cet été la France à 56%. Ceux qui sont partis à l’étranger ont choisi les pays voisins, avec en destinations phares l’Italie et l’Espagne. Si le tourisme de masse représente une importante manne financière - globalement, il contribue à plus de 10% du produit intérieur brut mondial - il concentre 95% des voyageurs mondiaux aux mêmes endroits, sur moins de 5% de la planète. Les écologistes dénoncent le « surtourisme ». Il met en danger les animaux sauvages. Il pollue la planète (un avion rejette en moyenne 360 grammes équivalent CO2 lors d’un déplacement d’un km, contre 150 grammes pour une voiture et 11 grammes pour un train). Il rend les villes invivables, comme Venise, Barcelone ou Dubrovnik. Il vide certains quartiers de leurs habitants, comme à Paris, Berlin, Londres ou Amsterdam. Il menace les sites naturels et historiques : Îles de Pâques, temples d’Angkor, Galapagos, Maldives… Des solutions sont tentées pour remédier au « surtourisme » : répartir les flux géographiquement, les étaler dans le temps, augmenter le coût des séjours, limiter les locations de courte durée, interdire des lieux, imposer ou proposer des quotas, diriger les flux touristiques. Jean-François Rial, vous êtes le pdg du groupe Voyageurs du Monde, et vous réfléchissez de longue date aux phénomènes que je viens d’évoquer. Comment organiser des voyages basés sur le respect des régions et des populations visitées, comment organiser la solidarité et la répartition équitable des retombées économiques du tourisme, comment contrebalancer la pollution créée par les transports aériens ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 5, 202058 min

Ep 127BADA # 18 : Grève, COP 25 et séries télévisées

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Les échanges avec le public du 8 décembre 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 1, 202020 min

Ep 129Thématique : la géopolitique des séries ou le triomphe de la peur, avec Dominique Moïsi / n°121

LA GÉOPOLITIQUE DES SÉRIES OU LE TRIOMPHE DE LA PEUR Au lendemain du 11 septembre 2001, la géopolitique a envahi non seulement le réel mais aussi nos imaginaires. Les séries sont devenues des références politiques tout autant que culturelles. Par la force de leurs intuitions, les scénaristes ne sont-ils pas les meilleurs analystes du monde contemporain ? Que perçoivent-ils de nos sociétés ? Avant tout la peur, répond Dominique Moïsi dans son ouvrage « La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur ». La peur de la barbarie et le triomphe du chaos avec Game of Thrones, (Le Trône de fer), la peur de la fin de la démocratie avec House of Cards, (Le Chateau de cartes) celle du terrorisme avec Homeland, celle d’un ordre du monde qui disparait dans Downton Abbey, enfin la peur de la menace russe avec Occupied (Envahis). Foreign Policy s’était amusée à transposer le monde fantastique de Game of Throne ou la fascination du chaos, dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui. Ainsi les Lannister sont l’Arabie saoudite, la Maison Stark les mouvements d’opposition qui ont brièvement accédé au pouvoir au lendemain des « printemps arabes » ; la Maison Barathéon représente les autocrates… Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la réalité a dépassé la fiction. Ce n’estplus Winter is coming, mais Winter has come. Et comme dans la série, on peut craindre qu’il ne dure très longtemps. Dans Downton Abbey, Dominique Moïsi analyse la nostalgie de l’ordre. La série débute en 1912. Un monde s’apprête à être bouleversé. Cette saga familiale aurait pu s’appeler « Le déclin de la famille Crawley ». La problématique de Homeland – et si l’ennemi venait de l’intérieur, et s’il était nous ? – a pris une crédibilité plus grande aux lendemains des attentats de Londres en 2005, des assassinats de Toulouse en 2012, de Paris en 2015, de Fort Hood et de San Bernardino aux Etats-Unis… House of Cards, décrit la fin du rêve américain et la montée des populismes, avec à l’époque de la diffusion de la série, les premiers succès flatteurs de Donald Trump, lors de la campagne pour les primaires du Parti. House of Cards traduit une perte de confiance généralisée à l’égard des élites. Dans Occupied, on retrouve croisées toutes les peurs de notre temps, du réchauffement climatique à la crise du modèle démocratique encouragée par des dirigeants médiocres. De la montée de la peur face à la Russie de Poutine, surtout depuis sa gestion de la crise ukrainienne, au discrédit relatif ou absolu dans lequel sont tombés l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique au cours de ces dernières années. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 29, 201956 min

Ep 120Thématique : « De Gaulle » par Julian Jackson / n°120

J’ai trouvé dans les mémoires du diplomate et journaliste libanais Salah Stétié cette appréciation sur le commandant de Gaulle, rédigée par le général de Bigault du Granrut lorsque de Gaulle quitta son poste au Liban : "Depuis deux ans que je peux l'apprécier dans les fonctions de Chef du 3ème Bureau de mon état-major, je n'ai cessé d'éprouver pour l'ensemble des qualités intellectuelles et morales qu'il possède une estime mêlée d'admiration. Sur la valeur guerrière je n'ai pas besoin d'appuyer, ses blessures, le reste de ses citations se passent de commentaires. J'insiste sur les mérites hors pair de ce soldat qui développe par un travail constant les qualités qu'il a conscience de posséder. Il sait d'ailleurs les faire apprécier avec discrétion, gardant en toutes circonstances une attitude réservée, empreinte d'une correction toute militaire. Beau soldat, ce sera un beau chef, qu'il y a intérêt pour le bien de son armée et de toute l'armée à pousser rapidement aux hautes situations où il donnera sa pleine mesure et ne décevra pas." 2020 marquera un triple anniversaire : les 130 ans de la naissance de Charles de Gaulle, les 50 ans de sa disparition et les 80 ans de l’appel du 18 juin. Pour nous y préparer, c’est le citoyen d’un pays avec lequel le général a entretenu des rapports pour le moins contrastés, la Grande Bretagne. Professeur Julian Jackson, vous enseignez à Queen Mary, University of London, vous êtesun spécialiste de l’histoire de la France au XXe siècle. On vous doit notamment, « La France sous l’occupation 1940-1944 » aux éditions Flammarion et vouspubliez aux éditions du Seuil « De Gaulle. Une certaine idée de la France ouvrage salué par la critique britannique, américaine et française et couronné du Duff Cooper Prize.» Pour cette biographie, vous vous êtes appuyé sur de nombreux fonds documentaires, lettres, et livres, et sur les archives récemment ouvertes de la présidence de la Ve République, ainsi que de celles de Michel Debré. La personnalité rugueuse du Général constitue une donnée essentielle pour comprendre un itinéraire parfois chaotique. Courageux, déterminé, mais aussi colérique et ingrat, Charles de Gaulle parait un homme pétri de contradictions : « un soldat qui passa le plus clair de sa carrière à critiquer l’armée ; un conservateur qui s’exprimait souvent comme un révolutionnaire ; un homme de passion incapable, ou presque, d’exprimer des émotions » Si le général de Gaulle s’affirmait guidé par « une certaine idée de la France », vous montrez que cette idée était sujette à d’importantes variations selon une dialectique toute bergsonienne qui cherche « à établir l’importance de l’intuition par rapport à l’intelligence analytique, de l’élan vital contre la doctrine figée ». Professeur Jackson, au fil des 1.000 pages de votre biographie, comment s’est modifiée la certaine idée du général de Gaulle de vos débuts ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 22, 20191h 0m

Ep 128G.B. = Good Bye / n°119

G.B = GOOD BYE Les conservateurs britanniques conduits par Boris Johnson ont remporté jeudi la majorité absolue des sièges au Parlement. Des 650 sièges aux Communes, ils en obtiennent au moins 362 contre 317 lors du précédent scrutin en 2017, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn se sont effondrés à 203sièges (contre 262 en 2017). Celui-ci s’est déclaré vendredi « très déçu » du résultat des élections législatives, ajoutant qu’il ne « conduira pas le parti aux prochaines élections »Le Premier ministre Boris Johnson avait convoqué ce scrutin après avoir perdu sa majorité au Parlement, à la suite de désaccords avec son petit allié nord-irlandais du Parti unioniste démocrate et au sein de son propre Parti conservateur sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des britanniques.Pour l’hebdomadaire britannique The Economist, ces élections ont représenté un cauchemar, à cause de la radicalisation des deux principaux partis du gouvernement. Deux visions opposées, portées par deux leaders impopulaires, se sont affrontées durant la campagne électorale : le conservateurBoris Johnson a garanti la sortie de l’Union européenne, avec pour slogan « GetBrexit done » (Réalisons le Brexit), tandis que le travailliste Jeremy Corbin envisageait la sortie partielle de l’économie de marché. Ce que l’hebdomadaire Courrier international a résumé en un titre : « les Britanniques choisissent entre ‘’un marxiste’’ et un ‘’fanatique du Brexit’’ ». Ils ont donc choisi le « fanatique du Brexit » au terme d’une campagne électorale marquée selon The Times « par l’amertume, les exagérations et les mensonges à un degré inhabituel ».Elu pour un mandat de cinq ans, Boris Johnson s’est félicité d’avoir obtenu « un nouveau mandat fort, pour “faire le Brexit” qu’il peut mettre en œuvre au 31 janvier 2020. Toutefois, si, en vertu de l’accord de divorce, Londres a jusqu’au 31 décembre 2020 pour négocier la future relation avec le club européen, ce délai semble d’ores et déjà quasi impossible à tenir, et les experts parient déjà sur une prolongation de la transition.Dès mardi 17 décembre, les nouveaux députés feront leur entrée à Westminster et pourraient avoir à se prononcer sur le « Withdrawall bill », l’acte législatif de retrait de l’Union européenne avant Noël. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 15, 201959 min

Ep 125La grande grève ; Une COP chasse l’autre / n°118

LA GRANDE GRÈVE ​806 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, 1,5 million selon la CGT. A Paris, Rennes, Marseille, Toulouse, Bordeaux ou Lille, la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites a été très importante. Le secrétaire national du Parti Communiste Fabien Roussel note une mobilisation « dans toutes les provinces de France, mais particulièrement exceptionnelledans les petites communes et les villes moyennes, beaucoup plus en tout cas qu’en 1995 ».Cheminots, policiers, avocats, enseignants, pompiers, routiers, personnels hospitaliers, étudiants, retraités étaient dans les cortèges. 90% de TGV et 80% de TER ont été annulés, les métros et bus bloqués. 51,15% des enseignants du primaire et 42,32% du secondaire étaient en grève, selon le ministère de l’Éducation, tandis que les syndicats, qui parlent de record historique font état de 70% des enseignants du primaire et 75% dans les collèges et lycées. Au départ circonscrit à la seule annonce par les syndicats de la SNCF de leur grève reconductible, le mouvement a été rejoint par nombre de syndicats et de partis politiques, des Insoumis au Rassemblement national, à l’exception du parti présidentiel. Une mobilisation que 68% des Français estiment « justifiée », selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France info. Fin octobre, 57% des sondés se déclaraient opposés au mouvement. Pour Philippe Askenazy, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure-Ecole d’économie de Paris et chercheur au CNRS-Centre Maurice-Halbwachs, « le gouvernement semble avoir tout fait pour entretenir le flou sur le contenu final de la réforme et sur ses intentions, ajoutant même des déclarations contradictoires sur la ‘’clause du grand-père’’, un paramètre parmi une infinité d’autres inconnus à ce jour ». Plusieurs mouvements de grève ont été reconduits. A la RATP, il doit durer jusqu’à lundi. Le Premier ministre devrait communiquer l’architecture de la réforme en milieu de semaine prochaine. « La très grande diversité des régimes actuels, des 42 régimes de retraite actuels, ne peut pas perdurer » a rappelé vendredi Édouard Philippe. Une rencontre doit avoir lieu lundi avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales pour « clôturer le cycle de négociations sociales et de débats avec les Français ».***UNE COP CHASSE L’AUTRE La Conférence des Nations unies sur les changements climatique, COP 25 (pour « conference of parties ») qui se tient du 2 au 13 décembre à Madrid - sous la présidence du Chili, qui a dû renoncer à accueillir l’événement en raison de la crise politique en cours – est la réunion des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée en 1992. A l’occasion de cette 25e édition, des décisions devraient être prises sur au moins trois sujets : les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui doivent être revus à la hausse, l’aide aux pays les plus vulnérables, et l’encadrement des « marchés carbone ».​En 2015, faisant suite à la COP 21, l'accord de Paris, approuvé par 195 délégations, convenait de tout mettre en œuvre afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-delà des températures préindustrielles. Toutefois, la somme des contributions volontaires pour réduire les émissions domestiques à effet de serre annoncées par l’ensemble des pays ne permettait pas de contenir le réchauffement planétaire sous la barre des 3°C. En outre, si pour certains Étatsl’accord est contraignant, pour d’autres, il n’en est rien, puisque le traité ne prévoit aucune sanction en cas de non-respect des engagements. Quatre ans plus tard, dans un compte-rendu sur le climat publié en septembre, l’ONU évoquait « une décennie perdue ». Dans son dixième rapport annuel publié le 26 novembre dernier, l’Organisation internationale rappelaitque « le niveau actuel d’émissions de gaz à effet de serre est quasiment le même que ce que [nos rapports] prévoyaient pour 2020 si aucune politique n’était mise en place ». Fin novembre, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonçait, quant à elle, que la présence des gaz à effet de serre dans l’atmosphère avait battu de nouveaux records en 2018. A priori, cette COP 25, ne devrait pas être l’occasion de grandes décisions. Elle devrait lancer la dynamique vers celle de Glasgow en Ecosse, l’an prochain. Très attendue, la COP 26 sera le premier grand rendez-vous dans le cycle onusien depuis la signature des accords de Paris : les États volontaires y seront appelés à présenter de nouvelles « contributions nationales », plus ambitieuses. Pour l’instant, seuls 68 pays essentiellement des pays en développement (Chili, Mexique, Argentine, Fidji, îles Marshall, notamment) sur les 197 membres de la Convention cadre des Nations unies s’y sont engagés. Aucun des principaux pollueurs (Chine, États-Unis, Inde, Canada, Australie, Brésil), à l’exception de l’Afrique du Sud, n’a encore montré qu’il était prêt à s’engager

Dec 8, 20191h 6m

Ep 124Europe : la commission, enfin ! / Tremblement de peuple en Iran / n°117

EUROPE : LA COMMISSION, ENFIN !​Après un parcours semé d’embûches, le 27 novembre, le Parlement de Strasbourg a donné son aval au collège de 26 membres présenté par Ursula vonder Leyen avec la plus large majorité enregistrée jusqu’à présent : 461 voix pour, 157 contre et 89 abstentions. Avec un mois de retard sur le calendrier, l’ancienne ministre allemande de la Défense devient aujourd’hui, la première femme présidente de la Commission européenne. Un retard dû au profil contestéde commissaires désignés, aux atermoiements du Brexit, à la polémique autour du nom d’un portefeuille devenu « Promotion du mode de vie européen » au lieu de « Protection » de ce mode de vie, aux équilibres fragiles du Parlement européen où pour la première fois depuis sa création en 1979, le Parti populaire européen (PPE) et celui des Socialistes et démocrates (SD) ne réunissent pas une majorité absolue et doivent composer avec Renew, constitué en juin 2019 et auquel La République en Marche est affilé, et enfin en raison de la dégradationdes relations entre Paris et Berlin.​La France et l’Allemagne ont en effet eu bien du mal à se mettre d’accord sur le nom d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission européenne. Ni Michel Barnier, ni Manfred Weber n’ont été choisis. Paris a consenti à accepter une allemande à condition de décrocher un portefeuille économique large. Entre-temps, Berlin a profité de la polémique sur la nomination de Sylvie Goulard pour contester via le Parti populaire européen lepérimètre de son portefeuille jugé trop large. Au terme de son audition au Parlement européen, le 14 novembre, le Français Thierry Breton a hérité de ce poste qui englobe le marché intérieur, la politique industrielle, le marché unique numérique, ainsi que l’industrie de la défense et de l’espace.​Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée en 2017, les différends se sont accumulés entre Paris et Berlin. Fin octobre, le coup d’éclat du Président français qualifiant l’Otan d’institution en état de « mort cérébrale » avait été jugé inacceptable par la chancelière allemande. Auparavant, en août, le « virage russe », du chef de l’Etat a d’autant plus irrité l’Allemagne qu’il a été opéré sans concertation avec la chancellerie. Mais la décision française la plus préjudiciable, serait d’avoir fermé la porte, en octobre, à un élargissement de l’Union européenne à l’Albanie et la Macédoine du Nord. La mésentente concerne également les programmes communs d’armement, la réforme de la zone euro et l’avenir de l’Europe de la Défense. Finalement, ce que le président français reproche surtout à la chancelière allemande, c’est de ne pas avoir répondu à ses propositions de 2017. De ne pas avoir saisi la main tendue.***TREMBLEMENT DE PEUPLE EN IRAN ​En Iran, le 15 novembre, des manifestations ont éclaté dans une centaine de villes à l’annonce d’une hausse d’au moins 50% du prix des carburants à la pompe et malgré une réforme du mode de subvention de l’essence, censée bénéficier aux ménages les plus défavorisés. Le lendemain, sur ordre du Conseil suprême de sécurité nationale iranien l’accès à internet a été bloqué, pour n’être rétabli qu’une semaine plus tard. Durant cette période, une répression à huis clos s’est abattue sur le pays. Les manifestants s’en sont pris aux bâtiments officiels, symboles de la corruption du régime, y compris les écoles religieuses, les municipalités et les banques publiques. Des stations-service ont été incendiées, des commissariats de police attaqués et des magasins vandalisés. Les forces de sécurité ont fait usage d’armes à feu. Amnesty International évoque un bilan de plus de 150 morts vérifiées. Plus d’un millier de personnes auraient été arrêtées. « La rapidité avec laquelle le régime a réagi d’une main de fer indique qu’il se sent assiégé, et ne tolérera aucune dissidence », estime Ali Vaez, directeur du programme Iran à l’International Crisis Group. Pour un sociologue qui préfère demeurer anonyme, « cette violence est sans doute le résultat de l’accumulation de frustrations à la fois politiques et économiques ».​Depuis le retrait unilatéral de Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, les recettes du pays assurées à 40% par le pétrole ont chutédrastiquement. Selon le Fonds monétaire international, le produit intérieur brut de l’Iran, qui a chuté de 5% en 2018, devrait cette année baisser encore de 9,5%. La pénurie des biens de consommation entraîne une inflation qui atteint officiellement 40% et le taux de chômage des jeunes se situe autour de 30%. ​En outre, pour la première fois, l’influence iranienne dans le monde arabeest contestée. A Beyrouth et dans le reste du Liban, un mouvement populaire remet en cause depuis la mi-octobre le système confessionnel qui profite au Hezbollah, la puissante formation politique et militaire chiite, relais des intérêts de l’Iran dans le pays. Plus encore, à Bagdad et dans le sud chiite de l’Irak, des milliers de manifestants, depuis fin octobre, re

Dec 1, 20191h 2m

Ep 122Congrès des maires de France / L’Amérique latine dans la rue / n°116

Congrès des maires de France A quatre mois des municipales, le président Macron a ouvert mardi le 102e congrès des maires de France, à la Porte de Versailles à Paris devant plusieurs milliers d’élus locaux. Depuis son élection, Emmanuel Macron entretient des relations tumultueuses avec les maires, avec en point d’orgue sa décision de ne pas participer au Congrès 2018, alors même qu’il s’était auparavant engagé à venir chaque année. Depuis, le Président a souhaité s’appuyer sur les 34 967 maires lors du Grand débat national pour sortir de la crise des gilets jaunes et il amultiplié les signes en direction des élus. Parmi les sujets de friction figurent en particulier : les treize milliards d’euros d’économies réclamées aux territoires sur l’ensemble du quinquennat, la compensation de la suppression de la taxe d’habitation, ou encore la taille des intercommunalités jugée trop grande à force de regroupements. Plus largement, les édiles s’estiment dépossédés, abandonnés par le pouvoir central face à la disparition chronique des services publics, alors que, selon la dernière enquête du Cevipof, le maire est de loin le représentant politique en qui les Français ont le plus confiance (58% en décembre 2018, contre 31% de confiance envers les députés, et 23% pour le président). Dans son long discours mardi aux élus, Emmanuel Macron a tenté de corriger son image de « Président des villes » ou président « hors sol en martelant « J’ai besoin de vous », tout en évoquant notamment la hausse de la rémunération des maires, une nouvelle étape de la décentralisation qui sera présentée mi 2020 et en se prononçant contre l’interdiction des listes communautaires aux municipales. A quatre mois du scrutin, les maires ne sont plus que 28% à ne plus souhaiter se représenter en 2020, contre environ un sur deux il y a un an, selon une enquête du Cevipof. C’est sensiblement la même proportion que lors des municipales de 2014. Le Premier ministre Édouard Philippe est intervenu en clôture jeudi « sur le volet opérationnel », au moment où le parlement examine un projet de loi « Engagement et proximité » qui se veut une réponse aux attentes des élus locaux.*** L’Amérique latine dans la rue Depuis deux mois, au Chili, en Argentine, en Équateur, au Pérou, en Bolivie, en Uruguay, ou bien les gouvernements sont congédiés dans les urnes ou bien ils sont contestés dans les rues. Au Chili, si l’élément déclencheur a été l’augmentation du ticket de métro, les revendications massivement soutenues par des manifestations qui ont rassemblé jusqu’à un million de personnes, ont rapidement porté sur une profonde rénovation de la répartition des richesses et d’un système politique organisé par une constitution qui date du général Pinochet. En Argentine, ce sont les électeurs qui ont remercié dès le premier tour le président sortant, Mauricio Macri et son modèle d’austérité concocté avec le Fonds monétaire international. Ils ont confié aux péronistes le soin de venir à bout des maux qui rongent un pays dans lequel a été déclaré un état d’urgence alimentaire. En Equateur, la suppression des subventions pour l’essence et le diesel, décidées conformément aux préconisations du FMI, ont embrasé les rues de Quito et contraint le président Lenin Moreno à se réfugier à Guayaquil, la plus grande ville du pays, avant de négocier une trêve avec les manifestants. Des troubles moins directement liés à l’austérité ont également eu lieu au Pérou, en Bolivie, et en Uruguay, où les élections se sont déroulées sur fond de revendications sociales. En Colombie, les jeunes, et plus particulièrement les étudiants, manifestent depuis septembre pour dénoncer les cas présumés de corruption et réclamer une éducation décente. Au Venezuela, la crise économique et humanitaire n’en finit pas de ne pas trouver d’issue. Pour Olivier Compagnon, directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, cette vague de protestations latino-américaines a pour cause première l’effondrement de la croissance économique, qui est passée de 4% en moyenne entre 2000 et 2012 à une prévision de 0,6% en 2019. Une croissance en berne, dans une région que la commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’ONU décrivait en janvier comme « la plus inégalitaire du monde ». Pour le sociologue chilien Manuel Antonio Garreton si les mouvements englobent les revendications économiques et sociales, ils les dépassent et portent très fortement sur les modes de représentation politique. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 24, 20191h 2m

Ep 123BADA #17 : Réformes et OTAN

bonus

Les échanges avec le public, enregistrés le 17 novembre 2019 à l’Ecole Alsacienne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 22, 201925 min

Ep 121Réformes, le commencement de la fin ? / OTAN, l’alliance en miettes ? / n°115

Inquiet d’une résurgence des « gilets jaunes » - qui ont commémoré hier l’anniversaire du début de leur révolte – redoutant une défaite aux municipales de mars prochain, l’exécutif veut prendre son temps pour peaufiner ses réformes. Concernant celle des retraites, le président Macron indique que rien n’est encore décidé. La question de l’âge pivot n’est pas tranchée et le gouvernement a promis fin août une concertation de près d’un an. Le projet consiste à remplacer les 42 régimes de retraite existants par un système par répartition universel, dans lequel chaque euro cotisé donnerait le même droit à pension pour tous. La réforme, assure le gouvernement, ne se fera pas au même rythme pour tous. Chaque secteur concerné aura droit à sa négociation. Le basculement est prévu pour 2025. Aujourd’hui aucune date n’est sûre, toutes les hypothèses sont sur la table, y compris l’application de la « clause du grand-père », qui consisterait à n’appliquer la retraite par point qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Emmanuel Macron et Édouard Philippe estiment qu’il fautl’étudier, tandis que le Haut-commissaire chargé de la réforme, Jean-Paul Delevoye s’est déclaré contre. Ce dernier s’est fait sèchement recadrer. Selon un sondage Elabe pour Les Échos, Radio Classique et l’Institut Montaigne : 47% des Français se disent opposés à cette réforme et 29% s’y déclarent favorables. Autre front : l’hôpital. Le service public craque, après des années de restructurations mal digérées et de réductions d’effectifs mal calibrés. A Paris, ce sont des centaines de lits actuellement fermés en raison de difficultés de recrutement et de fidélisation chez les soignants. Des postes sont budgétés mais non pourvus. L’hôpital, « un sujet que je regarde avec énormément d’attention et qui me préoccupe beaucoup » a déclaré le président le 28 octobre sur RTL. « Il va falloir que l’on remette des moyens » assure-t-il. Après la mobilisation du personnel hospitalier le 14 novembre, des annonces devraient être faites lors du prochain conseil des ministres. « Le problème qu’on a c’est qu’on fait une stratégie qui va mettre 5 à 10 ans à se déployer », rappelle le président. D’ici là, le 5 décembre la CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs mouvements de jeunesse ont appelé à « une première journée de grève interprofessionnelle », dans le sillage de plusieurs syndicats de la RATP. L’exécutif craint un embrasement dans la fonction publique.*** Moins d’un mois avant le 70e anniversaire de l’Alliance atlantique qui sera célébré lors du prochain sommet de l’organisation à Londres les 2 et 4 décembre prochain, le président Emmanuel Macron a jugé le 7 novembre dans, The Economist que l’Otan était en « état de mort cérébrale ». Dans un long entretien avec l’hebdomadaire britannique, le président français explique cet état par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés et l’intervention militaire de la Turquie, membre de l’Alliance, dans le nord de la Syrie. « Il n’y a aucune coordination dans la prise de décision stratégique entre les États-Unis et ses alliés de l’Otan » regrette le président français qui se déclare également alarmé de la « fragilité extraordinaire de l’Europe » qui « disparaitra », si elle ne « se pense pas comme puissance dans ce monde ». Pour lui, le sursaut doit passer par deux chemins : le développement d’une véritable « souveraineté militaire » et la relance du dialogue avec la Russie.​Les coups contre l’Alliance atlantique ont été portés par Donald Trump, qui après avoir considérée qu’elle était « obsolète » pendant sa campagne électorale, a introduit le doute sur sa volonté d’honorer la solidarité militaire stipulée par l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord en cas d’attaque contre un de ses membres.​Les propos d’Emmanuel Macron ont suscité un tollé chez les alliés. Ils ont choqué en Allemagne où Angela Merkel a déclaré : « Je ne pense pas qu’un tel jugement intempestif soit nécessaire ». Les « termes radicaux » de M. Macron a ajouté la chancelière ne correspondent pas à « mon point de vue ». Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan a observé que « toute tentative d’instaurer une distance entre l’Europe et l’Amérique du Nord ne va pas seulement affaiblir l’Alliance transatlantique mais risque aussi de diviser l’Europe ». La présidente désignée de la Commission européenne, Ursula vonder Leyen a défendu « la plus puissante alliance de défense dans le monde ». Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompéo a jugé que l’Otan restait « historiquement un des partenaires stratégiques les plus important ». Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau a souligné le « rôle extrêmement important » de l’organisation internationale notamment en Irak et en Lettonie. Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki a estimé les propos d’Emmanuel Macron « dangereux » tandis que le président turc Recep TayyiupErdogan les a qualifiés d’« inacceptables » . Moscou, en revanche, a salué des « paroles en or » et « une définition pr

Nov 17, 20191h 2m

Ep 119L’Allemagne, 30 ans après la chute du mur / n°114

L’ALLEMAGNE, 30 ANS APRES LA CHUTE DU MUR Il y a 30 ans s’ouvrait, puis s’effondrait le mur érigé par le gouvernement d’Allemagne de l’est en août 1961 entre le secteur soviétique de Berlin et les secteurs américain, anglais et français. Moins d’un an plus tard le parlement est-allemand votait l’adhésion de la RDA à la loi fondamentale de la RFA et en fixait unilatéralement l’effectivité au 3 octobre 1990, sans attendre que les nombreux débats sur les modalités de la réunification aient trouvé leur conclusion. Premier actede l’unification, la décision d’échanger à parité mark de l’est et mark de l’ouest a notamment entrainé une revalorisation des salaires dans des industries d’État à la main d’œuvre pléthorique dont la compétitivité s’est effondrée. 14.000 entreprises et coopératives d’État représentant 80% de l’économie est-allemande ont été privatisées. En 1990 le PIB par Allemand de l’ouest était 66% plus élevé que celui de son compatriote de l’ancienne RDA. En 2018, cette différence n’était plus que de 21% Malgré ce rattrapage, malgré un chômage bas (6% des actifs), malgré le sentiment exprimés par 70 % des habitants des Länder de l’est d’être des gagnants de la réunification, c’est dans ces anciennes régions industrielles que le score du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (l’AfD) est le plus élevé, deux fois plus que dans les Länder de l'Ouest. Angela Merkel s'est exprimée hier le long de l'ancien tracé du mur de Berlin, aux cotés dirigeants d'anciens pays communistes d'Europe de l'Est. Au pouvoir depuis 2005, la chancelière allemande, dont le mandat prendra fin en 2021 a contribué à maintenir l'Allemagne à une place importante en Europe. Au plan diplomatique, ses différents mandats ont été marqués par une dégradation des relations avec la Russie, notamment du fait de l'annexion de la Crimée en 2014 et avec les États-Unis en raison de la guerre commerciale menée par Donald Trump. En 2018, l'Allemagne présentait un excédent commercial de 7 %, proche des records mondiaux. Aujourd’hui, le pays souffre de la détérioration du climat économique mondial, causé par la guerre commerciale États-Unis-Chine, au point d'être en passe de tomber en récession. Si l'Union Européenne, en intégrant de nombreux pays d'Europe de l'Est a contribué à réduire les inégalités avec l'Europe occidentale au travers d'importants transferts financiers, l'ancien rideau de fer délimite toujours deux zones dans lesquels les droits démocratiques ne sont pas respectés équitablement. Chantre des démocraties illibérales, les pays d'Europe de l'Est connaissent un faible taux de naissances et une forte émigration vers l'Europe Occidentale. « Allemagne de l’Est, histoire d’une annexion » : ce titre du « Monde diplomatique » a été salué par Jean-Luc Mélenchon qui juge qu’annexion est : « Enfin le mot juste pour nommer ce qui s’est passé il y a trente ans. Une violence qui n’en finit plus de se payer. » Daniel Cohn-Bendit rétorque que « Le débat a été tranché par le vote des gens en Allemagne de l’Est. Ils ont voté à majorité CDU, c’est la démocratie », « Dire ‘annexion’, c’est aujourd’hui reprendre ‘radio nostalgie Allemagne de l’Est’. C’est reprendre ce que dit l’AfD en Allemagne de l’Est, c’est-à-dire l’extrême-droite ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 10, 20191h 5m

Ep 117Thématique : si près, si loin, la Suisse / n°113

Le 20 octobre dernier, les Suisses ont renouvelé comme ils le font tous les 4 ans les 200 conseillers nationaux et les 46 conseillers aux États qui composent la Chambre basse et la Chambre haute de leur parlement. Les abstentionnistes sont largement sortis vainqueurs de ce scrutin comme des précédents et, dans la patrie des votations, ils représentent 54,88% du corps électoral. Si les conservateurs nationalistes de l’Union démocratique du centre (UDC) restent la première force du pays, les formations écologistes de droite et de gauche ont réalisé une percée qui va rebattre les cartes politiques au Parlement, où ils disposent désormais de 28 sièges, contre 54 pour l’UDC. L’avenir politique des forces écologistes reste toutefois en suspens au niveau gouvernemental. En effet, depuis 1959, le système politique suisse repose sur la règle dite de la « formule magique » qui octroie deux ministres au PS, deux aux libéraux, deux à l’UDC et un aux chrétiens-démocrates. Une formule que l’ancien député et constituant genevois Pierre Kunz juge désuète et à réformer. 26 cantons qui comptent de 52.000 à 170.000 habitants et où l’on parle 4 langues composent la confédération et les élections nationales sont contrebalancées par une organisation de la démocratie directe. Les Suisses votent tous les trois mois pour répondre à 1, 2, 3 et parfois jusqu’à 9 questions simultanées. La date des scrutins est connue jusqu’en 2036. C’est par referendum que les Suisses ont refusé (de justesse) de faire partie de l’espace économique européen et c’est par referendum qu’ils ont institué une taxe sur les poids lourds et décidé une préférence pour le ferroutage. C’est par referendum qu’ils décideront ou on en 2020 d’inscrire dans leur code pénal le délit de discrimination et d’incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle. Depuis 1848, ils ont été appelés 311 fois aux urnes, au cours des dernières années, sur la promotion des voies cyclables, sur la facilitation de la naturalisation des étrangers de la 3ème génération, contre la suppression de la taxe radio-télévision ou contre le déremboursement de l’IVG​La prévision de croissance officielle pour 2019 a été ramenée en septembre à 0,8%, contre 1,2% attendu en juin, du fait d’une progression plus lente que prévue de l’économie mondiale, en particulier en Allemagne qui reste le premier partenaire commercial de la Suisse. Le taux de chômage est à 2,1%,soit son plus bas niveau depuis fin 2001. La Suisse demeure le numéro un mondial de la gestion de fortune. Sous la pression de Washington et de Bruxelles, elle a été contrainte, en 2009,d’annoncer la fin du secret bancaire et elle a été retirée en septembre de la liste grise des paradis fiscaux de l’Union européenne. Cependant, le secret bancaire n’a pas été aboli pour les personnes domiciliées en Suisse, qu’elles soient suisses ou étrangères et l’échange d’information n’existe toujours pas avec de nombreux pays en Europe de l’Est, Afrique, Asie et Amérique du Sud.​​Hôte de conférences internationales, la Suisse exerce des mandats de représentation d’intérêts qui lui sont confiées par des puissances étrangères, comme la défense des intérêts américains en Iran. Très active sur les scènes du multilatéralisme, comme à l’ONU et dans les instances spécialisées. Pour comprendre un peu mieux ce pays si proche et si lointain, nous avons réuni, Nina Belz, correspondante en France de la « Neue Zürcher Zeitung »,quotidien suisse germanophone basé à Zürich et Richard Werly, correspondant à Paris du Temps et directeur de la collection L’Âme des peuples aux éditions Nevicata qui publie un riche petit ouvrage sur la Suisse signé d’André Crettenand. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 3, 20191h 0m

Ep 116Laïcité, que de cris on émet en ton nom / Blocage en Israël / n°112

Laïcité, que de cris on émet en ton nom !Selon une enquête ViaVoice pour l’Observatoire de la laïcité réalisé en novembre 2018, trois sondés sur quatre se déclaraient attachés à ce principe. Les deux tiers (69%) des personnes interrogées jugent que la laïcité est « un principe républicain essentiel » et quatre sur cinq (79%) qu’elle n’est « ni de droite ni de gauche ».Mais on note des disparités entre catégories de la population. « Les personnes les plus aisées (cadres, CSP+) ou plus âgées (retraités) sont à la fois les mieux informées et les plus attachées à la laïcité ». Les réponses divergent, de même, assez largement en fonction de la religion des répondants. 72% des protestants et 60% des catholiques considèrent que la laïcité, du moins dans ses principes juridiques, protège les pratiquants des différentes religions, tandis que moins d’un musulman sur deux (45%) en est convaincu.Interrogés sur l’avenir, le sondés sont 57% à juger que « la montée des intolérances entre les différentes communautés religieuses » constitue la principale difficulté à laquelle sera confrontée la laïcité en France. Arrivent ensuite, pour 44% les « crispations engendrées par le port de signes visibles de certaines religions ».​Ces crispations sont anciennes : l’affaire du foulard de Creil en 1989, la première polémique sur les parents accompagnateurs des activités périscolaires en 2006, l’affaire de la crèche Baby-Loup en 2008, la polémique sur le port du voile dans les universités en 2013, à celle sur le burkini à l’été 2016, celle sur le voile pour courir de Décathlon en janvier 2019, ou celle de l’affiche de la Fédération des conseils de parents d’élèves en septembre dernier et, récemment, la pprise à partie d’une femme voilée dans le public du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté par le député du Rassemblement national Julien Odoul. Dans cette dernière affaire, la macronie a fait entendre des voix dissonantes. Pour le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ce que le voile islamique « dit de la condition féminine n’est pas conforme à nos valeurs », et il « n’est pas souhaitable dans notre société » Le député du Val d’Oise, Aurélien Taché, porte-drapeau de l’aile gauche de la majorité charge le ministre insinue que le ministre fait le jeu du Rassemblement national. Le Premier ministre tente de calmer le jeu en déclarant que « l’accompagnant scolaire est un collaborateur occasionnel du service public. Dans le droit actuel, il n’est pas tenu au principe de neutralité. » Sans ligne directrice sur la laïcité, la majorité se divise espère une prise de parole du président. Mais celle-ci se fait attendre.***Blocage en Israël Les élections du 17 septembre dernier ont confirmé la situation de blocage en Israël. Comme lors des élections du 9 avril dernier, le parti de droite nationaliste du Premier Ministre Benyamin Netanyahou, le Likoud, a fait jeu égal avec l'alliance centriste Bleu et Blanc de l'ancien général Benny Gantz. Ces résultats ont clos une campagne tendue, marquée par un fort usage par le Likoud de fausses informations et de tentatives de pressions visant à décourager le vote de l'électorat arabe qui lui est traditionnellement hostile. Chargé de former un gouvernement par le Président Reuven Rivlin, Benyamin Netanyahou a annoncé avoir échoué le 21 octobre, faisant porter à àBenny Gantz la responsabilité de cet échec. Les analystes politiques ne donnent pas à l’ex-général davantage de chances de réussir à former un gouvernement qu’a Premeirministre sortant. Netanyahou pouvait compter sur deux partis ultra-orthodoxes (Shaset Judaïsme Unifié de la Torah), tandis que Benny Gantz a reçu le soutien de la gauche et de Liste unifiée, arabe, qui a réalisé un score historique, la plaçant à la 3ème place. Il s’agit toutefois d’un soutien sans participation. Seul parti refusant d'appuyer un des deux blocs, le parti laïc d'extrême droite Israel Beytenou d'Avigdor Liberman, ancien proche de Netayahou, se pose en faiseur de roi. Liberman refuse jusqu'ici d'appuyer le bloc de droite de Netanyahou du fait du soutien des ultra-orthodoxes ainsi que le bloc centriste de Benny Gantz du fait de l'appui reçu par la liste arabe. En cas d'échec de Benny Gantz à former un gouvernement minoritaire (cas improbable dans lequel Liberman accepterait de ne pas voter contre l'investiture de Gantz), un gouvernement d'union nationale entre les deux principaux partis pourrait être présenté à la Knesset. Pour le moment, cette solution a été refusée par Netanyahou qui refuse de lâcher ses alliés ultra-orthodoxes et par Gantz car elle permettrait à Netanyahou de rester au pouvoir, ce que le dirigeant Bleu et blanc refuse du fait des accusations qui pèsent sur le Premier ministre sortant. Dans ces affaires de corruption, Netanyahou pourrait être inculpé d'ici au 15 décembre. Face aux risques de renversement par les instances du parti inquiètes que les affaires judiciaires de leur chef ne rejaillissent sur le Likoud, Netanyahou s'est emp

Oct 27, 201959 min

Ep 113Radicalisation des rapports sociaux / n°111

En 2013, le mouvement des Bonnets rouges, où se retrouvaient notamment des chauffeurs-routiers et des patrons transporteurs, la FDSEA, la CGPME et Force ouvrière obtient le retrait des mesures fiscales relatives à la pollution des véhicules de transport de marchandise. Ce mouvement au cours duquel 10 portiques « écotaxes » ont été détruits ou endommagés a abouti au retrait des mesures envisagées et à l’annonce par Jean-Marc Ayrault d’une réforme fiscale et d’un « Pacte d’avenir pour la Bretagne » dont le coût a été estimé à 2 milliards d’euros.​ En 2016, Nuit debout occupe la place de la République à Paris et suscite des rassemblements semblables en province. Il a pour origine l’opposition à la loi Travail portée par Myriam El Khomri. Des blocages de raffineries et de dépôts de carburant sont organisées et la présence de casseurs conduit à l’intervention des forces de police à Paris, puis à une prise de position non-violente des organisateurs du rassemblement. Bien que le mouvement se soit éteint de lui-même au bout de deux mois, il est analysé par le sociologue Albert Ogien comme « une forme d’action politique hors parti, sans syndicats et sans chef devenue une forme reconnue d’action politique qui dit « entre citoyens, on discute de ce qu’il faut faire ». En 2016, l’occupation des terrains prévus pour la construction d’un aéroport à Notre Dame des Landes aboutit à l’organisation d’un referendum local qui approuve les travaux par 55% des voix, mais, malgré la validation de ces travaux par la justice, le projet est abandonné en 2018. En 2018, la mobilisation des gilets jaunes contre l’augmentation du prix des carburants se traduit par des blocages de routes et de ronds-points et par des manifestations à Paris souvent marquées par des destructions et des affrontements avec la police dont l’action, qui se traduit par de nombreux blessés, fait l’objet de nombreuses critiques, tandis que sont dénoncées les incohérences ou l’outrance des revendications et de certains leaders. Organisé sur les réseaux sociaux ce mouvementmassivement soutenu par l’opinion et qui n’a pas rassemblé plus de 300.000 participants, développe des revendications sociales et politiques, notamment sur le referendum d’initiative citoyenne. Il obtient que le renoncement à la hausse de la TICPE (Taxe intérieure sur la consommation de produits pétroliers), l’organisation d’un Grand débat national sur la transition écologique, la fiscalité, la citoyenneté et l’organisation de l’État et des services publics, et le vote d’une loi portant mesures d’urgence économiques et sociales dont le coût est évalué à 10,3 milliards d’euros et entraine une augmentation du déficit budgétaire qui passe de 2,8 à 3,2 du PIB. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Oct 20, 20191h 1m

Ep 112BADA#16 - Macron, l'humiliation à Strasbourg; Les Kurdes à l'abandon

bonus

Le bada de l'émission enregistrée en public à l'Ecole Alsacienne le 13 octobre 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Oct 16, 201927 min

Ep 112Macron, l'humiliation à Strasbourg / Les Kurdes à l'abandon / n°110

MACRON : L’HUMILIATION A STRASBOURG Le 28 août dernier, Emmanuel Macron proposait Sylvie Goulard au poste de commissaire européen. Ursula von der Leyen, qui doit devenir présidente de la Commission européenne en novembre, lui attribuait le portefeuille du Marché unique, dont l'objet est de faire fonctionner le marché intérieur et de développer une politique industrielle. Cette candidature s’est trouvée fragilisée par une enquête du parquet de Paris et du Parlement européen visant le Modem dont Sylvie Goulard était membre pour de potentiels emplois fictifs de collaborateurs au Parlement européen. Contrainte pour cette raison à démissionner, en juin 2017, de son poste de ministre des Armées, elle doit en outre répondre d’un possible conflit d'intérêts, car d'octobre 2013 à janvier 2016, parallèlement à sa fonction de députée européenne, elle a travaillé pour un think tank américain, l'Institut Berggruen, pour plus de 10.000 euros par mois. Soumise à l’accord du Parlement européen, la candidate française a fait face au scepticisme de nombre de députés quant à son éthique et elle a peiné à expliquer son versement de 45.000 euros visant à mettre un terme au contentieux avec le Parlement européen dans l'affaire des emplois présumés fictifs. Elle ne convainc pas les euros-députés qui décident de lui imposer une session de rattrapage sous la forme d'un questionnaire écrit, à renvoyer pour le 8 octobre. Dans ses réponses, Sylvie Goulard refuse de s’engager à démissionner en cas de mise en examen dans le cadre de l’enquête toujours en cours d'instruction à Paris, sur les emplois présumés fictifs, alors même que cette affaire a provoqué sa démission du gouvernement français en 2017. Les eurodéputés ont demandé à Sylvie Goulard de passer une nouvelle audition : le 10 octobre, fait inédit pour la France, sa candidature est rejetée par 82 voix contre 29 et une abstention. Après la Roumanie et la Hongrie, la France est ainsi le troisième pays à voir son candidat recalé. Emmanuel Macron, qui avait réussi à écarter la candidature de Manfred Weber à la tête de la Commission et à imposer celle d’Ursula von der Leyden a estimé que la décision des parlementaires de Strasbourg relevait du « ressentiment » et déclaré que l’Europe connaît "une crise politique que nous ne devons pas laisser s'installer". ***LES KURDES A L’ABANDON Le 6 octobre au soir, un communiqué de la Maison blanche a informé du retrait des troupes américaines stationnées en Syrie aux abords de la frontière turque. Trois jours plus tard, la Turquie lançait une opération militaire destinée à chasser des secteurs frontaliers la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de « terroriste ». Ankara déclare vouloir instaurer une « zone de sécurité » de 32 kms de profondeur en territoire syrien pour séparer sa frontière des zones contrôlées par les YPG. Plusieurs villes ont été bombardées, entraînant la mort des dizaines de civils et d'importants déplacements de populations, et provoquant de nombreuses condamnations de la communauté internationales. Le désengagement américain a été vivement critiqué outre-Atlantique, et notamment par des membres influents du parti Républicain et par d’anciens militaires en poste dans la zone. La milice kurde visée par l'offensive turque est au premier rang de la lutte contre l’État Islamique en Syrie. Son effectif était estimé en 2015 entre 35 000 et 65 000 combattants. Elle représente un allié important dans la lutte contre l’État Islamique. Elle vise à terme la création d'un État Kurde regroupant des populations aujourd'hui à cheval sur plusieurs pays, solution rejetée au premier chef par la Turquie, mais aussi par l'ensemble des acteurs internationaux au Proche-Orient. Le Président Erdogan, récemment malmené aux dernières élections locales, pourrait être tenté de se relégitimer par cette opération. Cité par Courrier international, Brett McGurk, ancien envoyé de Trump chargé de la coalition internationale contre l’État islamique, considère que “ Moscou devrait être un grand bénéficiaire” de la décision américaine car “le retrait complet des forces américaines fait disparaître du paysage la seule puissance militaire capable de rivaliser avec la Russie et d’influer sur l’avenir de la Syrie » Ruslan Mamedov, spécialiste russe du Moyen-Orient cité par Bloomberg estime que « L’offensive de la Turquie contre les Kurdes pourrait avoir un effet positif pour la Russie, car cela va obliger les Kurdes à se rendre compte qu’ils doivent conclure un accord avec Damas, ce qui correspond à l’objectif principal de Poutine : un règlement politique qui place la Syrie tout entière sous le contrôle du président Bachar El-Assad. » Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour

Oct 13, 20191h 6m

Ep 111Chirac santo subito ? / La PMA à pas comptés / n°109

Chirac santo subito ?La semaine dernière, nous avons réagi à la mort de Jacques Chirac. Depuis, il y a eu un hommage sur la nature et sur l’ampleur duquel il y a matière à s’interroger. A regarder les télévisions, à écouter leurs plateaux, à voir les images retransmises des files d’attente devant l’Élysée où un registre de condoléances était ouvert au public sans limites d’horaires, ou celles de l’hommage aux Invalides, puis de la messe à Saint Sulpice, à regarder les reportages sur les minutes de silence observées dans les écoles, les administrations ou les entreprises, j’ai pensé aux acclamations qui suivirent devant Saint Pierre, la mort de Jean-Paul II. « Santo subito ! » criait une foule peu soucieuse des formalités d’un procès en canonisation. Avons-nous assisté à un feu de paille comme la société du spectacle en consomme tant, faut-il au contraire voir dans ce deuil un phénomène plus significatif ? Il nous a semblé que la question méritait d’être éclaircie.***La PMA à pas comptésVendredi 27 septembre, dans le cadre de ses débats sur la loi bioéthique, l'Assemblée Nationale, a autorisé l'ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes et aux femmes seules, jusqu'ici réservée aux couples hétérosexuels infertiles. Il s’agit de réglementer un ensemble de pratiques médicales permettant d'aider des couples hétérosexuels à concevoir un enfant en cas d'infertilité. Dans certains cas, il est nécessaire d'avoir recours à un donneur de gamète extérieur au couple. L'extension de la PMA à toutes les femmes faisait partie des promesses de campagne d'Emmanuel Macron et de François Hollande avant lui. Elle est approuvée par 65% des Français et par le Comité national d’Éthique.En France, en 2014, la PMA concernait environ 25.000 enfants soit 3 % des naissances. La même année, le Comité Consultatif National d'Éthique estimait que 2 à 3.000 Françaises s'étaient rendues à l'étranger, principalement en Espagne et au Danemark, pour avoir recours à une PMA dans l’un des 11 pays Européens à avoir étendu son usage aux couples de femmes ou aux femmes seules.Au-delà de l'extension de la PMA à toutes les femmes, la loi bioéthique en prévoit le remboursement ainsi que la levée de l'anonymat du donneur, permettant un accès aux origines aux enfants nés de dons. Cette levée de l’anonymat, mesure soutenue par 3 Français sur 4, fait craindre que nombre de donneurs ne renoncent et qu’il en résulte une pénurie de gamètes aggravée par l’augmentation de la demande. Chaque année, 3.500 couples souhaitent bénéficier d’un don de gamètes. En 2015, 540 femmes ont donné des ovocytes, il en faudrait plus du double. Et 255 hommes ont donné des spermatozoïdes, il en faudrait 50 de plus.Dans un avis du 21 septembre, le Comité d’éthique de l'Académie Nationale de médecine a annoncé sa crainte que l'absence de père présente des risques pour le développement de l'enfant, peur partagée par la majorité des critiques du texte.Mesure soutenue par le groupe LREM ainsi que l'ensemble de la gauche, la loi bioéthique a suscité des oppositions à droite et au Rassemblement National. Les trois candidats en lice pour la présidence de LR ainsi que l'ancienne tête de liste aux élections européennes François-Xavier Bellamy ont annoncé s'y opposer, par crainte d’un glissement progressif vers la légalisation de la Gestation Par Autrui (mesure souhaitée par 62 % des Français). La Manif Pour Tous organise un rassemblement contre cette loi le 6 octobre. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Oct 6, 20191h 4m

Ep 110Combien y a-t-il eu de Jacques Chirac ? / Italie : la nouvelle donne / n°108

A la mort de Jacques Chirac, annoncée le 26 septembre, c’est la longueur, la diversité et la singularité d’une vie politique de quarante ans, marquée par une quantité rare de variations, de fluctuations, de résultats et de fiascos, de grandeur - le refus de la guerre en Irak – et d’abandon – la fracture sociale – qui viennent se mélanger ou s’affronter dans nos mémoires où s’imprime l’image d’un chef d’État aux expressions protéiformes.Enregistrées au lendemain de l’annonce du décès de l’ancien président de la République, ancien maire de Paris, ancien Premier ministre et ancien président du Conseil général de Corrèze, nos réactions sont presque aussi contrastées que sa carrière.***Son parti, la Ligue du nord, ayant nettement distancé aux élections européennes son allié au gouvernement, le Mouvement 5 étoiles, Matteo Salvini, en rompant l’accord de gouvernement, pouvait attendre beaucoup d’une dissolution de la chambre des députés et de nouvelles élections pour lesquelles les sondages lui promettaient une large victoire. Un accord de son ancien allié avec une formation de centre gauche, le Parti Démocrate, accord soutenu par le président de la république italienne Sergio Mattarella, a fait échouer la manœuvre du leader de la Ligue. Giuseppe Conte, proche du Mouvement 5 étoiles, demeure président du Conseil à la tête d’un gouvernement largement remanié. La cote de popularité de Matteo Salvini a chuté de 15 points en un mois, bien que son parti reste le favori des sondages.L’alliance avec le Parti démocrate marque un spectaculaire revirement pour le M5S dont le cœur du discours était le rejet du Système en général et du Parti Démocrate de Matteo Renzi en particulier. Initiateur de l'alliance Parti Démocrate / Mouvement 5 étoiles, l'ancien Premier Ministre Matteo Renzi a annoncé le 16 septembre quitter le Parti Démocrate avec une trentaine de parlementaires tout en maintenant son soutien au gouvernement.Les relations Franco-italiennes s’étaient fortement détériorées sous le premier gouvernement Conte, Emmanuel Macron dénonçant il y a peu en Salvini le symbole de la « lèpre qui monte en Europe » tandis que Luigi di Maio affichait ouvertement son soutien au mouvement des gilets jaunes. Lors du déplacement du président français à Rome le 18 septembre, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont affiché leurs convergences sur le conflit libyen et l'immigration, très loin des discours anti-migrants de Matteo Salvini.En attendant une éventuelle réforme des accords de Dublin qui prévoient le traitement de la demande d'asile par le pays d'entrée des immigrants, réforme soutenue par la France et l'Italie, Rome a rouvert ses ports aux navires de sauvetage en mer. Dimanche 22 septembre, l'Italie a autorisé le débarquement du navire humanitaire Ocean Viking en Sicile.Avec l’Union européenne, le changement de rhétorique du gouvernement italien devrait favoriser un apaisement des relations. Prochain sujet délicat : le président du conseil italien devra présenter à Bruxelles le 15 octobre prochain son projet de budget pour l'année 2020 qui ne devrait pas être plus équilibré que le précédent. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 29, 20191h 3m

Ep 109L’Arabie Saoudite bombardée / Hong Kong dans l’attente / n°107

L’Arabie Soudite bombardéeSamedi 14 septembre, des bombardements revendiqués par les rebelles yéménites Houtis ont frappé des raffineries pétrolières saoudiennes, atteignant un régime dont 90 % des recettes proviennent de l'extraction de pétrole et qui a dû réduire temporairement sa production de moitié. L’incertitude plane sur leur point de lancement qui pourrait se trouver en Iran. Quoi qu’il en soit, la précision de ces frappes à longue portée laisse supposer l’aide d’un État tiers et, du fait du soutien affiché de Téhéran aux Houtis, Donald Trump et Riyad en ont accusé l'Iran.L'Arabie Saoudite est engagée depuis 2015 dans une guerre au Yémen où elle est à la tête d'une coalition militaire soutenant le régime en place pro Riyad. Dans ce pays en guerre civile où 14 millions de personnes sont en situation de préfamine, les Houtis contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord du pays dont la capitale Sanaa. Isolée sur la scène internationale, l'Arabie Saoudite s'est enlisée dans cette guerre. Combattant officiellement les Houtis aux côtés de l'armée saoudienne, les Émirats Arabes Unis sont accusés de soutenir les rebelles pour faciliter une dislocation du Yémen qui leur serait favorable.Le Président iranien Hassan Rohani a affirmé comprendre le bombardement des Houtis, et déclaré que les yéménites ne faisaient que se défendre contre les attaques Saoudiennes sans pour autant admettre en être à l'origine.Ces événements s'inscrivent dans un climat de tension élevé entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite. Depuis la sortie des États Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et la reprise des sanctions économiques, les relations entre Téhéran et Washington n'ont fait que se détériorer, jusqu'à la crise du détroit d'Ormuz cet été, lorsque les États Unis ont accusé l'Iran d'avoir attaqué des pétroliers avant que l'Iran ne détruise des drones américains qu'elle a accusés d'avoir violé son espace aérien. Du côté de l'Arabie Saoudite, l'affaire Khashoggi l'a isolé diplomatiquement à l'automne dernier.***Hong Kong dans l’attenteHong Kong est toujours sous tension après plusieurs mois de manifestations tantôt pacifiques marquées par des affrontements avec la police. Initiées à la suite d'un projet de loi défendues par la dirigeante Carrie Lam visant à permettre des extraditions vers Pékin, les manifestations se sont poursuivies même après le retrait définitif mais tardif du projet de loi le 4 septembre dernier. Les manifestants, dont une majorité de jeunes, réclament un système plus démocratique tel que prévu par l'accord entre Pékin et Londres. Officiellement, Pékin s'est engagé à maintenir le statu quo « un pays deux systèmes » qui doit rester en vigueur jusqu'en 2047 pour le centenaire de la rétrocession de la colonie britannique à la Chine. Au-delà des revendications démocratiques, Hong Kong souffre de problèmes liés aux inégalités économiques, notamment le prix du logement (13.000 euros le mètre carré), justifiant en partie le maintien des manifestations.En août, l'armée chinoise a procédé près de Hong Kong à des exercices militaires très médiatisés afin de faire pression sur la rue et d'afficher sa capacité à intervenir militairement. 30 ans après le massacre de Tiananmen, cette démonstration fait craindre une opération militaire de l'armée chinoise à Hong Kong. Une telle décision apparaîtrait dans la continuité pour Pékin qui n'a jamais cherché à établir un dialogue avec les manifestants. Les Hongkongais ayant bloqué l'aéroport en août ont été qualifié de terroriste par le pouvoir. En 2014, le mouvement des parapluies avait déjà montré l'inflexibilité de Pékin face aux manifestants.Une intervention militaire de Pékin pourrait servir à neutraliser les tendances antirégime ou prodémocratiques ailleurs en Chine notamment au Xianjiang ou au Tibet, tout en envoyant un message fort alors qu'approchent les 70 ans de la fondation de la République Populaire. Son poids économique ainsi que les réticences du président Trump à condamner les violences policières à Hong Kong amènent à penser que la Chine n'a que peu à craindre de rétorsions internationales en cas d'intervention armée. Cependant, Pékin a à sa disposition de moyens plus modernes pour décourager les manifestations tels que l'usage des réseaux sociaux pour véhiculer de fausses informations discréditant les manifestants ou encore de la reconnaissance faciale des manifestants afin de les cibler. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 22, 20191h 3m

Ep 108Le point sur les réformes / Les relations France-Russie / n°106

Le point sur les réformesEn matière de réformes, le gouvernement a changé de ton et de rythme. Le mot avait d’ailleurs disparu au printemps dernier, et c’est une « loi de transformation (et non de réforme) du statut de la fonction publique » que la majorité a adoptée avec le soutien des Républicains avant que le Conseil constitutionnel la valide en août. Pour les chantiers de l’automne : retraites, santé, procréation médicalement assistée, le président et le gouvernement soulignent la nécessité de prendre le temps et (ou) de consulter largement. A propos des retraites, pour la réforme (ou la transformation) desquelles le gouvernement dispose du rapport Delevoye qui préconise le remplacement des différents régimes actuels par un régime unique, à partir de 2025, l’exécutif met en avant la nécessite de recueillir tous les points de vue. Le Premier ministre a reçu les partenaires sociaux la semaine dernière et une consultation citoyenne a été lancée sur le sujet, tandis que le président de la République exprimait son souhait d’une négociation sur le nombre de trimestres de cotisations plutôt que sur l’âge du départ. En matière de Santé publique, la loi adoptée en juillet prévoit notamment la fin du "numerus clausus" dès 2020, la labellisation de 500 à 600 hôpitaux, la création d'un espace numérique de santé et une obligation pour les internes de passer six mois dans les zones à faible densité médicale. Face à la grève des médecins urgentistes, Agnès Buzyn a présenté lundi 9 septembre un « plan d'action » qui prévoit notamment une admission directe pour les personnes âgées et une vidéo-assistance dans tous les Samu, ainsi qu’un recours à la médecine libérale afin de désengorger les urgences. Emmanuel Macron avait choisi de retarder le vote de la loi sur la procréation médicale assistée afin de ménager les différentes sensibilités et d'éviter que ne se répètent des manifestations telles que lors de la loi sur le mariage pour tous. Un texte sera soumis au parlement en septembre.​​ Enfin, le 28 août dernier, la ministre de la justice Nicole Belloubet a présenté les trois projets de loi réformant les institutions. Ils prévoient une diminution de 25 % du nombre de parlementaires, (433 députés contre 577 et 261 sénateurs contre 348), une limitation à trois mandats successifs pour un certain nombre d'élus ainsi qu'une introduction de 20% de proportionnelle aux élections législatives, un élargissement des possibilités de convoquer un référendum et l’inscription dans la Constitution du service national et du soutien de toutes les actions en faveur de la biodiversité. Loin des ambitions de campagne d'Emmanuel Macron, l'endettement public a continué d'augmenter rapidement pour frôler les 100 % du PIB, et la baisse du nombre de fonctionnaires devrait être de l'ordre de 15 000 contre 120 000 annoncés.***Les relations France-RussieLundi 9 septembre, les ministres des affaires étrangères français et russe se sont rencontrés à Moscou, une première depuis l'annexion de la Crimée en 2014. Le 19 août dernier, Emmanuel Macron avait accueilli Vladimir Poutine au fort de Brégançon à la veille du G7 dont son pays est exclu depuis 2014. Bien qu'opposé à la réintégration de la Russie, Emmanuel Macron a semblé ces dernières semaines amorcer un réchauffement des relations diplomatiques avec elle, affirmant situer cette relation dans le « temps long ». Les raisons de la mésentente diplomatique entre la France (et de manière généralel'Europe) et la Russie sont multiples, particulièrement depuis l'annexion de la Crimée en 2014 et le soutien aux séparatistes de l'est de l'Ukraine. Les tentatives d'assassinats russes et notamment l'affaire Skripal en 2018 sur le sol britannique ont contribué à détériorer ces relations. Autre sujet de tension, la Russie soutient les opérations militaires de Bachar el-Assad contre l'opposition et sous couvert de lutte contre l’État Islamique. Sur la scène intérieure, la Russie est régulièrement accusée de violer les droits de l'Homme et notamment les libertés politiques de ses opposants. Elle pointe à la 144ème place selon l'indice de démocratie de The economist group. Au cours des dernières années, les sanctions économiques et diplomatiques de l'Union européenne approuvées par la France ont contribué à la diminution de 10 %du niveau de vie de la population. Les relations avec les États Unis ont été marquées par une tentative de redémarrage décidée par le président Barack Obama au début de son premier mandat. Elle s'est heurtée à une opposition russe dans tous les dossiers internationaux. L'élection de Volodymyr Zelensky en Ukraine en début d'année a contribué au réchauffement des relations diplomatiques de l'Ukraine avec son voisin russe et s'est concrétisée samedi 7 septembre par un échange de prisonniers. Du côté français, Emmanuel Macron a annoncé souhaiter une Europe allant de Lisbonne à Vladivostok et chercher un rapprochement avec la Russie afin d'améliorer la coopération et d'encourager une amélioration

Sep 15, 20191h 1m

Ep 107BADA #15 - L'éducation selon Blanquer; le parlement selon Bojo

bonus

Les échanges avec le public. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 11, 201929 min

Ep 107L'éducation selon Blanquer / Le parlement selon Bojo / n°105

Émission enregistrée en public à l'Ecole Alsacienne le 8 septembre 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 8, 20191h 3m

Ep 106Thématique : le patrimoine au cœur du débat, avec Maryvonne de Saint-Pulgent / n°104

Maryvonne de Saint-Pulgent, vous êtes présidente de section au Conseil d’État, ancienne directrice du Patrimoine au ministère de la Culture et présidente de la Caisse nationale des monuments historiques et des sites aujourd’hui appelée Centre des Monuments nationaux. Vous êtes aussi présidente de la Fondation des Treilles, très active dans les domaines des sciences des lettres et des arts, vous avez notamment publié Le Gouvernement de la Culture chez Gallimard et cosigné avec Denis Jeambar un livre sur Gershwin car, avant d’entrer à l’ENA, vous aviez moissonné quelques prix au Conservatoire National Supérieur de Musique. Un peu plus d’un mois après, l’incendie de Notre-Dame, le 16 avril dernier, un sondage BVA relevait l’attachement de 86% des Français à leur patrimoine culturel. 96% d’entre eux soulignent le rôle du patrimoine dans la découverte de la diversité des régions de France et sa contribution au rayonnement de la France. 74% des persones interrogées estiment que le patrimoine culturel est accessible à tous, mais 72% trouvent son accès trop cher. 31% des Français déclarent avoir déjà donné pour la conservation de ce patrimoine, et le don moyen est d’environ 260€. Si les Français estiment en grande majorité qu’il est normal que le financement de l’entretien du patrimoine soit réalisé par les fondations (88%) ou les jeux (78%), ils sont en revanche plus partagés sur les financements émanant de sources étrangères. Aux yeux d’une majorité de Français, le patrimoine religieux (62%) et les monuments civils ou sites archéologiques (50%) apparaissent comme le mieux mis en valeur en France. Néanmoins, cette mise en valeur cache d’importantes disparités territoriales. C’est à ce titre, qu’Emmanuel Macron avait lancé le 16 septembre 2017 la mission patrimoine confiée à Stéphane Bern. Le loto du patrimoine, le jeu qui soutient cette mission a, lors de sa première édition en 2018, dépassé son objectif initial de 15 à 20 millions d’euros pour récolter 22 millions d’euros. Une deuxième édition a donc été reconduite. Le ministre de la Culture a présenté le 11 juin la liste de 103 monuments bénéficiaires du tirage spécial, qui sera organisé le 14 juillet. Ce sont 121 nouveaux sites en péril, contre 270 l’an passé, qui bénéficieront de cette opération. Outre les 18 monuments emblématiques, un projet par département a été sélectionné, pour assurer un meilleur maillage géographique. Dans un pays riche de 44 318 monuments historiques immobiliers (source base Mérimée 2014), la question des financements de leur conservation demeure cruciale. C’est à ce titre que la potentielle réforme du dispositif d’incitation fiscale accordée par la loi dite Aillagon de 2003 a provoqué au mois de juin de fortes réactions parmi les spécialistes en gestion des institutions culturelles et patrimoniales. Maryvonne de Saint-Pulgent, au-delà de l’émotion en France et à l’étranger, quelles conséquences l’incendie de Notre Dame de Paris peut avoir sur la politique du patrimoine, j’allais dire de tous les patrimoines car, dans l’esprit et dans la pratique des Français, ce mot recouvre aussi bien les chapelles romanes que les friches industrielles ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 1, 201958 min

Ep 93Thématique : les Jeunes et l’information , avec François Dufour / n°103

François Dufour, vous êtes le cofondateur avec deux de vos amis proches Gaëtan Burrus et Jérôme Saltet et le rédacteur en chef de PlayBacPresse, société qui fêtera prochainement ses 25 ans et qui publie les seuls quotidiens pour enfants en France. Les quelques 100.000 familles abonnées reçoivent leur journal papier chaque matin via la Poste, du lundi au samedi. Chaque jour le choix des sujets est laissé à des rédacteurs en chef junior et nous accueillons également quelques-uns d’entre eux. Dans une époque où les enfants passent pour être devenus « accros » aux écrans, le journal Mon Quotidien apparait comme une sorte d’anomalie résistant dans un paysage aujourd’hui saturé d’outils numériques. L’ambition de PlayBacPresse est, en effet, de faire lire 10 minutes par jour. Unique en Europe, cette formule n’existe qu’au Japon et en Corée du Sud.Alors que la presse papier décline fortement, les jeunes Français demeurent d’importants consommateurs de contenus d’information. Ils en font désormais un usage particulièrement intense sur les réseaux sociaux. Selon une enquête du ministère de la culture parue en 2018, 32% des 15-34 ans passent uniquement par les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche pour accéder à des contenus d’information en ligne. Un site comme Facebook est par exemple devenu un lieu majeur d’accès à l’information bien que cette exposition à l’actualité puisse être choisie ou accidentelle. Avec la prolifération de fake news sur la toile, l’éducation aux médias est devenue primordiale pour que les jeunes apprennent à se forger un regard critique sur leurs sources d’information. Avant d’aborder certains points particuliers, notamment ceux qui concernent le contenu et le mode de fabrication de vos quotidiens, j’aimerais vous demander comment vous voyez vos lecteurs et, après presque un quart de siècle, comment vous les avez-vu évoluer. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 25, 201959 min

Ep 98Thématique : le rebond de l'Espagne, avec Benoît Pellistrandi / n°102

Benoît Pellistrandi, vous êtes historien de l’Espagne, professeur agrégé au lycée Condorcet et auteur du récent ouvrage Le Labyrinthe catalan paru aux éditions Desclée de Brouwer en 2019. Le 26 mai, un mois après la victoire de Pedro Sánchez aux législatives, le PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol) a remporté les européennes avec 33 % des suffrages, infligeant une défaite à son principal rival, le parti conservateur PP (Parti populaire) qui n’obtient que 20,1 % des voix. Ces élections ont pris en Espagne un air de deuxième tour pour le leader socialiste. Il sort renforcé par le bon score de son parti, tant sur le plan européen que sur le plan national, puisque le pays tenait aussi en parallèle des élections municipales et régionales. Malgré ces bons résultats les socialistes pâtissent des divisions chez leurs alliés de Podemos. La mairie de Madrid est passée aux mains d'une alliance de droite entre Parti populaire, Ciudadanos et Vox, ainsi qu'à Barcelone, où les indépendantistes de gauche arrivent en tête et où Manuel Valls a été sèchement battu. Podemos, le parti de Pablo Iglesias, qui avait conquis en 2015 les plus grandes villes espagnoles avec les autres mouvements de gauche radicale, a perdu ces municipalités et essuyé une défaite humiliante dans les urnes. Le gouvernement entend profiter du bon score du PSOE pour réclamer un rôle de premier plan dans l'UE. Ombre notable à ce tableau, le bon score recueilli en Catalogne par les listes indépendantistes annonce l'exportation du conflit catalan vers les institutions européennes et devrait provoquer de nouveaux casse-têtes juridiques pour Madrid. La querelle autour de l’indépendance de la Catalogne se poursuit un an et demi après le référendum et la déclaration manquée d’indépendance. Ce débat structure le débat politique en Espagne avec notamment l’émergence au niveau national d’un parti d’extrême droite, Vox, qui a fait de la lutte contre l’indépendantisme catalan l’axe majeur de son discours. La campagne des élections législatives anticipées a été parasitée par le procès de 12 dirigeants catalans ; un procès historique encore en cours. Après les élections du 28 avril, les partis indépendantistes catalans ont obtenu 22 sièges au Parlement à l’issue des élections législatives. Benoît Pellistrandi, peut-on dire que la question catalane divise profondément la société espagnole et fragilise l’unité du pays ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 18, 201958 min

Ep 99Thématique : les enjeux du Sahel, avec Louis Gautier / n°101

Louis Gautier vous êtes conseiller maître à la Cour des comptes, professeur en Science politique à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, directeur de la Chaire "Grands enjeux stratégiques contemporains" et ancien Secrétaire général de la Défense nationale. Nous vous recevons aujourd’hui pour éclaircir la situation du Sahel, région marquée par un récent regain de violence. Le Sahel méridional, celui qui se situe au sud du Sahara, est une immense bande de terre aride s’étendant de l’océan Atlantique à la mer Rouge, qui traverse peu ou prou la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Érythrée. C’est une des régions les plus pauvres du monde, peuplée par une mosaïque d’ethnies.Au Mali, les massacres à caractère communautaire se multiplient dans un contexte de déflagration territoriale. Les groupes armés profitent du vide laissé par l’État et de l’incapacité du président Ibrahim Boubacar Keïta réélu en 2018 à rétablir la sécurité et le développement dans son pays. Par sa résolution 2423, le Conseil de sécurité de l’ONU avait jugé nécessaire, en 2018, de renouveler le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le Mali n’est pas le seul pays du Sahel en proie à la violence. Vingt-huit soldats nigériens ont été tués en mai dernier dans une embuscade tendue par des terroristes. Face à cela, la Mauritanie le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad se sont rassemblés en 2014 dans un G5S et s’efforcent de lier étroitement développement économique et sécurité tout en impliquant les autres États du Sahel directement menacés par les différentes organisations djihadistes de la région car les groupes islamistes du Sahel migrent vers le sud, noyautant de plus en plus le Burkina Faso et les États côtiers pour ouvrir de nouveaux fronts. L'enlèvement le 1er mai 2019 d'un couple de Français dans une réserve animalière au nord du Bénin avait ainsi servi d'alarme. La France, avec l’opération « Barkhane » combat les djihadistes au Sahel. Depuis bientôt cinq ans, les soldats français traquent les groupes terroristes affiliés à l’organisation État islamique (EI) dans le Grand Sahara (EIGS) et à Al‐ Qaida au Maghreb islamique (AQMI), sur un territoire sahélien vaste comme l’Europe où, malgré leurs efforts, les djihadistes continuent de prospérer. Au cours des trois opérations menées dans la région, 28 militaires français ont perdu la vie. Louis Gautier, nous aimerions voir avec vous si le ou les conflit(s) dans le(s)quel(s) notre pays est engagé risque l’enlisement, si les pays du G5S ont les moyens de leurs ambitions affichées ou encore ce que l’on peut attendre des autres pays occidentaux dans cette région explosive… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 11, 201958 min

Ep 100Thématique : les déserts médicaux, avec Roselyne Bachelot / n°100

Roselyne Bachelot : Vous êtes docteur en pharmacie, vous avez exercé diverses responsabilités dans un laboratoire pharmaceutique, vous avez été élue conseillère générale, régionale, députée (française et européenne), secrétaire générale adjointe du RPR, puis nommée ministre de l'environnement, de l'écologie et du développement durable de 2002 à 2004. En 2007 vous êtes ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, puis ministre des solidarités et de la cohésion sociale de 2010 à 2012. Depuis, vous animez diverses émissions de radio et de télévision et vous publiez des essais qui traduisent votre dilection pour la musique aussi bien que vos convictions féministes. Nos auditeurs peuvent en savoir davantage sur votre vie en écoutant le Kitafétoi dont vous êtes la protagoniste et qui est accessible sur notre site.Comme députée, vous vous êtes consacrée aux questions de santé et de santé au travail, de protection sociale, d'exclusion, de bioéthique et de handicap. En 1991, vous avez voté la loi Evin sur le tabagisme et l'alcool, en opposition avec les consignes du RPR, comme vous vous aviez pris une position en rupture sur le Pacs en 1998. Ministre, vous avez travaillé sur la réforme des franchises médicales, la résorption du déficit de la sécurité sociale, les plans de lutte contre Alzheimer et contre le cancer, l'amélioration des conditions de travail à l'hôpital et la réorganisation des soins palliatifs. Vous avez défendu en 2009 la loi « hôpital, patients, santé et territoires ». Avec vous, nous allons donc tenter d’éclairer la question des déserts médicaux.La France est l’un des pays de l'OCDE les plus dépensiers en matière de santé : elle y consacre 11,8 % de son PIB. Mais la question se pose de ces parties du territoire où il est de plus en plus difficile d'accéder aux soins et dont il a beaucoup été question lors du récent « grand débat national ».L’expression « désert médical » recouvre une réalité complexe dont les chiffres rendent un compte insuffisant et contradictoire. Selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé, 98 % de la population réside à moins de 10 minutes de route d'un cabinet de généraliste et trois quarts des Français sont à moins de 20 minutes du spécialiste le plus proche, quelle que soit la spécialité. Ces statistiques ne mesurent pas le temps d’attente avant d’obtenir un rendez-vous, or, il peut se monter à plusieurs mois. Elles s’opposent à d’autres statistiques établies par la même Drees selon laquelle le pays compte 11.329 communes dans des zones considérées comme "déserts médicaux" et 12% de la population réside dans une commune considérée comme "sous-dense" en médecins généralistes.Si la situation actuelle est comparable à celle des années 80, une dégradation est à craindre face à une double évolution : l'augmentation de l'espérance de vie des Français et le vieillissement des médecins généralistes qui sont 8% de moins qu'en 2009 selon les données de la Drees et dont les rangs devraient continuer à s’éclaircir jusqu'en 2025, conséquence d’un numerus clausus que le gouvernement entend supprimer. Le plan « Ma santé 2022 » visant notamment à résoudre les problèmes de disparité géographique des services de santé n'est pas le premier du genre. Qu'elles soient incitatives ou autoritaires, les actions publiques se sont révélées largement inopérantes jusqu'alors.La médecine salariée prend le pas sur la médecine libérale. La précarité de l'équilibre financier du système de santé, dont le déficit vient d’augmenter à nouveau pose la question du mode de rémunération des actes autant que celle de leur limitation. Les réformes de l’hôpital doivent affronter l'inertie du système, avec ses structures mastodontes comme les CHU et remédier à des dégradations spectaculaires comme celle des services d’urgence. Roselyne Bachelot si chacun reconnait qu’il faudra des années pour donner une solution à tous ces problèmes, par lequel l’ancienne ministre de la Santé que vous êtes pense qu’il faudrait commencer ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 4, 20191h 0m

Ep 95Thématique : la politique de concurrence de l'Union européenne, avec Pierre Sellal / n°99

Pierre Sellal, vous êtes Ambassadeur de France et actuellement le président de la Fondation de France. Vous avez auparavant été représentant de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, l’occasion de nous pencher aujourd’hui l’actuelle politique de concurrence de l’UE. Le 6 février dernier, la Commission européenne a annoncé qu'elle bloquait le projet de fusion Siemens-Alstom ; deux constructeurs ferroviaires l’un allemand et l’autre français. Une décision assumée par Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la Concurrence européenne selon qui : " cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse". Cette dernière décision a fait l'objet de nombreuses contestations et relancé le débat sur la politique de concurrence européenne. La Commission est essentiellement critiquée pour avoir empêché la création d'un "champion européen", apte à déstabiliser la concurrence chinoise. La direction générale de la concurrence européenne (DG) est souvent accusée d'être trop tournée vers le marché intérieur et d'appliquer strictement le droit concurrentiel au détriment de l'émergence d'entreprises prêtes à faire face aux nouvelles concurrences dans certains secteurs stratégiques. Margrethe Vestager a néanmoins placé son mandat sous le signe des sanctions spectaculaires. A l’inverse de son prédécesseur, l’espagnol Joaquim Almunia qui avait opté pour des négociations avec Google, Madame Vestager a, en juillet 2018, infligé à Google une amende record de 4,34 milliards d’euros en raison de « pratiques illégales » favorisant, sur son système d’exploitation Android, son moteur de recherche et son navigateur. L’importance du thème de la régulation des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans la campagne des européennes et le résultat des élections donneront des indications sur la suite. Pierre Sellal, comment caractériseriez-vous l’évolution de la politique européenne dans le domaine de la régulation de la concurrence et quelles données du problème vous semblent-elles mériter un traitement prioritaire ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 28, 201957 min

Ep 96Thématique : l’Allemagne vue de France et la France vue d’Allemagne, avec Matthias Fekl / n°98

Matthias Fekl, vous êtes normalien et énarque, vous avez été haut fonctionnaire, député, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger et ministre de l’intérieur. Vous êtes aujourd’hui avocat. Si c’était notre sujet, je rappellerai que vous aviez proposé à François Hollande une réforme audacieuse de nos institutions, mais je vais me contenter de rappeler que vous êtes né en Allemagne d'un père allemand et d'une mère française tous deux professeur et chacun d’eux enseignant la langue de l’autre. Vous possédez les deux nationalités française et allemande, vous avez fréquenté les établissements d’enseignement des deux pays et vous êtes bilingue. Nous souhaitons aujourd’hui nous pencher avec vous sur la question des relations franco-allemandes et de leur évolution récente. Le 2 mai, Paris et Berlin annonçaient « 5 à 6 milliards d’euros » d’investissements pour leur projet de consortium européen de batteries de voitures électriques surnommé l'« Airbus des batteries ». Bruxelles a alors donné son accord de principe, jugeant urgent de combler le retard de l’Europe face à la Chine. Plus tôt dans l’année, le 25 mars, l'assemblée parlementaire franco-allemande, composée de 50 députés de chacun des deux pays, tenait sa session inaugurale à Paris au Palais Bourbon. sur les plans économique et politique, l’unité franco-allemande s’affiche des deux côtés du Rhin renforcée par des images fortes comme celle prises lors de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle le 22 janvier dernier. Malgré cela, le couple Macron-Merkel bat de l’aile sur le Brexit, l’ouverture de négociations commerciales entre les États-Unis et l’Europe et sur la question sensible d’un éventuel échange de territoires entre le Kosovo et la Serbie pour laquelle ils se sont rencontrés ce 29 avril lors d’un sommet à Berlin. La réaction d’Annegret Kramp‐ Karrenbauer dite AKK, nouvelle dirigeante de la CDU, à la lettre d’Emmanuel Macron « pour une Renaissance européenne » a fortement attisé les tensions alors qu’Angela Merkel a d’ores et déjà annoncé qu’elle quitterait la vie politique en 2021. Matthias Fekl, au-delà de ces événements particuliers, comment décririez-vous la perception des uns par les autres et sa récente évolution ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 21, 201958 min

Ep 94Thématique : l’État vu d’en bas, avec Noël de Saint-Pulgent / n°97

       Noël de Saint-Pulgent vous êtes actuellement délégué du défenseur des droits pour le 19ème arrondissement ; un rôle encore méconnu dans notre société.        Le 17 juillet 2014, Jacques Toubon a été nommé défenseur des droits par François Hollande. Selon l’article 71-1 de la Constitution, « Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés ». C’est une personne indépendante qui défend les droits de chaque citoyen de manière confidentielle et gratuite.        Afin de parvenir à mener à bien cette mission, le défenseur des droits est appuyé par des délégués. Ces derniers peuvent aider un citoyen s’il a des difficultés dans ses relations avec les services publics, si les droits d’un enfant ne sont pas respectés ou s’il est discriminé. Les délégués du Défenseur des droits accueillent, écoutent et orientent gratuitement tous ceux qui pensent que leurs droits ne sont pas respectés. Ils ont donc tout autant un rôle d’information que de médiateur.          Selon le rapport annuel d’activité, en 2018 l’institution a reçu 95 836 dossiers de réclamations soit une augmentation de plus de 6% par rapport à 2017 et de 13% sur les deux dernières années. 80% des règlements amiables engagés par l’institution ont abouti favorablement. En outre, le Défenseur des droits a répondu à 34 999 demandes d’information. Il a rendu 295 décisions, adressé 29 avis au Parlement et présenté à 108 reprises des observations devant des juridictions.      Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 14, 20191h 1m

Ep 103Thématique : Royaume-Uni : il n'y a pas que le Brexit, avec Pauline Schnapper / n°96

Pauline Schnapper vous êtes professeure de civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle et avez fait paraitre en 2015 un ouvrage intitulé "Britain and the Crisis in the European Union".Le 24 mai dernier, Theresa May a démissionné de la direction du parti conservateur tout en restant Première ministre jusqu’à la nomination de son successeur.Durant son mandat, outre l’échec de sa principale mission qui était de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne, aucune décision majeure n’a été prise à l’exception d’une loi antiterroriste controversée, d’une réforme de la justice et de mesures contre le blanchiment d’argent. Les ministères ont vu leurs budgets fondre tandis que le gouvernement a laissé les municipalités dépérir. Leurs allocations ont diminué de 49,1 % en termes réels entre les années fiscales 2010-2011 et 2017-2018, selon le Bureau d’audit national (NAO). Le comté du Northamptonshire, pourtant dirigé par les conservateurs, a fait faillite en 2018. Alors que la nouvelle dernière échéance pour le Brexit est fixée au 31 octobre 2019, on s’interroge sur ses diverses répercussions importantes pour le Royaume-Uni. Son union est-elle menacée par les projets d’indépendance de la Première ministre d’Ecosse ? Les guerres d’Irlande pourraient-elles menacer à nouveau ? L’économie britannique souffrira-t-elle de cette séparation d’avec l’Europe ou suivra-telle le modèle de Singapour ? Les palinodies de la classe politique, travaillistes et conservateurs confondus aboutiront-elles à la fin du bipartisme ou à un bipartisme nouveau qui verrait s’opposer les deux vainqueurs des élections européennes, les populistes du Brexit party et européistes libéraux démocrates avec un tiers parti, les Verts, qui ont recueilli 12,5% des suffrages soit presque autant que les travaillistes de Jeremy Corbyn. Sans oublier, bien sûr, les possibles conséquences de tous ces événements sur la monarchie britannique, question dont nous savons tous qu’elle passionne très largement les frontières du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du nord. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 7, 201959 min

Ep 104La cajolerie des territoires / Erdogan un revers sévère / n°95

LA CAJOLERIE DES TERRITOIRES :Lundi 24 juin, la Cour des comptes a publié son rapport annuel sur les finances locales. Elle enregistre un excédent de 2,3 milliards d’euros pour les administrations publiques territoriales en 2018. Ces chiffres s’expliquent. L’État n’a pas diminué ses dotations en 2018, contrairement aux trois années précédentes. Ses transferts de fonds aux collectivités ont augmenté de 1,8 milliard d’euros. Les administrations centrales ont réduit leur production de normes qui entraîne des coûts importants pour les communes, départements et régions. La règle édictée par Édouard Philippe en juillet 2017 de deux normes supprimées pour une nouvelle a fonctionné. Le coût des injonctions réglementaires nationales est passé de 1 milliard d’euros en 2017 à 400 millions d’euros en 2018. Le 13 juin lors de son discours de politique générale devant le Sénat, Édouard Philippe a joué la carte girondine en promettant une nouvelle loi de décentralisation d’ici 2020. Avant cela, un projet de loi « Engagement et proximité », censé résoudre la crise des vocations municipales et simplifier la vie des édiles devrait être adopté. Vendredi 14 juin, lors du congrès de l’association Villes de France à Albi dans le Tarn, le Premier ministre s’est livré à une opération de séduction pour se doter d’un maillage local. Il a nourri son discours de la notion de "confiance" et a appelé les maires à dépasser " des étiquettes politiques bien vieillies."La réforme de la fiscalité locale attendue par les collectivités territoriales a été présentée mardi 18 juin par les ministres de la Cohésion des territoires et des Comptes publics. Les maires recevront l'intégralité de la taxe foncière des départements et Bercy promet aux édiles la révision des bases locatives qu'ils demandent depuis des décennies. Engagée à faire baisser la pression fiscale sur les ménages, la majorité avait, dès son arrivée au pouvoir, décidé la suppression de la taxe d’habitation, dans un premier temps pour les ménages modestes ce qui avait provoqué de vives réactions parmi les maires de France. Pour compenser le manque à gagner des communes, l’exécutif a choisi l’attribution au bloc communal (communes et intercommunalités) de l’intégralité de l’autre impôt local, la taxe sur le foncier bâti, payée, elle, par les propriétaires. Les départements vont donc perdre la part de cette taxe foncière qui leur revenait. En contrepartie, les conseils départementaux recevront une partie de la TVA. L’État en soutien du local, c’est également ce qu’avait déjà commencé à faire le gouvernement, avec l’opération Cœur de Ville, un programme de réhabilitation des centres des 222 villes moyennes lancé il y a un an, avant la crise des gilets jaunes. ***ERDOGAN : UN REVERS SÉVÈREDimanche 23 juin, les habitants d’Istanbul se sont rendus aux urnes afin d’élire leur maire pour la seconde fois en moins de trois mois.L'ancien Premier ministre Binali Yildirim, candidat de l'AKP, le parti du président Erdogan, à la mairie de la plus grande ville turque, a échoué face à l'opposant Ekrem Imamoglu, que peu de Stambouliotes connaissaient il y a six mois et qui a obtenu 53,86 % des voix contre 45,23 % pour son adversaire. Le 31 mars, Ekrem Imamoglu avait déjà remporté cette élection municipale, mais d’une courte tête – avec 13. 000 voix d’avance. Sous la pression du président turc Recep Tayyip Erdogan, sa victoire avait été invalidée, au motif d’« irrégularités » dans les bureaux de vote. Le vote kurde a joué un rôle décisif. Les Stambouliotes originaires de cette minorité, traditionnellement divisée entre pro et anti-AKP, constituent environ 20 % des quelques 15 millions d'habitants de la mégalopole. Durant sa campagne, le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu a pris la défense de Selahattin Demirtas, l'ancien coleader du parti prokurde HDP, embastillé depuis plus de deux ans. Au pouvoir depuis 17 ans, Recep Tayyip Erdogan avait prévenu ses partisans en aout 2017 : « Si nous calons à Istanbul, nous trébucherons en Turquie. Depuis 1994, la ville la plus riche du pays est, en effet, un bastion de l’AKP dont Erdogan lui-même a été maire de 1994 à 1998. Alors que, depuis 2003, la force d'AKP était son bon bilan économique et social, le pays traverse depuis dix mois sa première récession en dix ans, souffre d'un chômage proche de 14 % et d'un effondrement de la livre turque, qui a porté l'inflation à plus de 20 %. Un effondrement lié à la fois aux tensions d'Ankara avec ses partenaires occidentaux et au déficit important de la balance des paiements. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 30, 20191h 2m

Ep 102Hong Kong : le grand défi / Municipales : Grandes manœuvres et petits calculs / n°94

HONG KONG : LE GRAND DEFI Le 16 juin dernier, un million de personnes ont défilé à Hongkong selon les organisateurs de la mobilisation, alors que la ville compte sept millions d’habitants. Cette mobilisation est un record depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997. Les Hong-kongais sont vent debout contre un projet de loi qui permettrait à leur gouvernement d’extrader plus facilement des personnes présentes sur son territoire, notamment vers Pékin. Sous souveraineté chinoise, Hongkong jouit d'une semi-autonomie et de libertés qui n'existent pas en Chine continentale, et ce, en théorie, jusqu’en 2047. L’ex-colonie britannique a été le théâtre de violence et d’émeutes notamment lors d’un rassemblement non autorisé du mercredi 12 juin où les répressions policières ont été sévères. Ce n’est pas la première fois que de telles marées humaines envahissent le centre-ville d’Hong-Kong. En 2003, en 2012 et lors de la « révolution des parapluies » en 2014, des scènes similaires s’étaient produites. Alors qu’Hong-Kong n’avait obtenu aucune concession de Pékin en 2014, la population semble aujourd’hui déterminée à ne rien lâcher. C’est ce que montre par exemple Joshua Wong, l’une des figures de la contestation des parapluies, qui tout juste libéré de prison lundi 17 juin, a rejoint les rangs de la mobilisation. Le rassemblement du 16 juin était deux fois plus important que celui du dimanche précédent alors que le gouvernement local avait suspendu la veille l’examen du projet de loi. La colère des Hong-kongais a désormais pour objet Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif local pro-Pékin. Mardi 18 juin, elle a présenté des excuses à la population tout en refusant de démissionner. La suspension du projet de loi constitue un revers pour le président chinois qui a fait de l’intégration de cette ville un modèle qu’il voudrai reproduire à Taïwan, et ceci au moment où la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis connaît un regain de tension. ***MUNICIPALES : GRANDES MANOEUVRES ET PETITS CALCULS Lundi 17 juin, la Commission nationale d’investiture du Parti Présidentiel dirigée par Marie Guévenoux et Alain Richard, respectivement députée de l’Essonne et sénateur du Val-d’Oise, a dévoilé ses 19 premiers candidats pour les élections municipales de 2020.Le parti macroniste, qui n’a pas encore été en lice à des élections municipales, ne compte aujourd’hui que 2 000 élus municipaux, sur un total d’environ 500 000 mais vise à s’implanter sur tout le territoire. Pour ce faire, il entend procéder au cas par cas : dans les villes qu’il estime à sa portée, il compte présenter ses propres listes avec des candidats étiquetés LRM et MoDem. Dans celles qui lui paraissent imprenables sous sa seule étiquette, l’idée est de nouer des alliances avec des élus sortants d’un autre parti.La République en Marche et le Rassemblement national, les deux formations politiques arrivées en tête des élections européennes, sont paradoxalement celles qui comptent le moins d’élus locaux. En face, les partis de gouvernement historiques comptent de nombreux fiefs locaux, surtout la droite, grande vainqueur des élections municipales de 2014.Marine Le Pen s’est dit, dimanche 16 juin, « prête à discuter » avec des électeurs et des militants Les Républicains (LR), en crise depuis la déroute de cette formation aux élections européennes de mai, et avec ceux qui « contestent » Emmanuel Macron, pour fonder « des plateformes d’action communes ». Les écologistes ont obtenu leurs scores les plus élevés aux élections européennes dans les grandes villes, dépassant parfois un score de 20 %. Ils nourrissent des ambitions à Nantes, Rennes, Toulouse et même à Paris. Dans la capitale, le parti d’Emmanuel Macron a exclu, lundi, l’organisation de primaires comme le demandaient les candidats nombreux à vouloir défier Anne Hidalgo. Le 9 juillet, les six candidats LREM qui se disputent l’investiture aux municipales parisiennes, passeront un grand oral pour se départager. Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement fait figure de favori. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 23, 20191h 1m

Ep 101Bada #14 - Macron, l'acte II interprété par Edouard Philippe; Du rififi dans le détroit d'Ormuz

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Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 16 juin 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 20, 201917 min

Ep 101Macron, l'acte II interprété par Edouard Philippe / Du rififi dans le détroit d'Ormuz / n°93

Macron acte II et Détroit d’Ormuz Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 16, 20191h 4m

Ep 97D’autres populismes / Vers une nouvelle donne politique / n°92

Vers une nouvelle donne politique : Le dimanche 2 juin, Laurent Wauquiez a annoncé sa démission de la présidence du parti Les Républicains (LR). Cette annonce fait suite au revers de la liste conduite par son poulain, François‐Xavier Bellamy, aux élections européennes du 26 mai. Avec 8,48 % des suffrages exprimés, le parti a enregistré son plus mauvais score sous la Ve République. L’ancien patron de LR avait perdu le soutien de son parti puisqu’au Sénat, Gérard Larcher avait pris la tête de la résistance de la droite modérée et à l’Assemblée nationale, une vingtaine de députés menaçaient de faire dissidence. Cette démission ne met fin ni au débat sur la ligne du parti dont LREM a siphonné une partie des électeurs, ni à la recherche d’un nouveau leader, ni à l’hémorragie de personnalités comme la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse. Après le scrutin européen, la majorité doit aussi se réorganiser notamment dans la perspective des élections municipales de 2020. Premier signe du changement : le chef de l’État a décidé de ne pas prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès et de confier à Édouard Philippe le soin de préciser les étapes de l’acte II du quinquennat lors d’un discours de politique générale suivi d’un vote de confiance le 12 juin prochain. Pour séduire les 13,3% de voix parties vers les écologistes d’EELV, Édouard Philippe a par ailleurs promis un « verdissement » de la politique du gouvernement. A la droite de la droite, l’arrivée en tête du Rassemblement national n’a pas pu longtemps cacher l’impossibilité pour ce parti de prétendre gouverner seul. Marion Maréchal est sortie de son silence pour le souligner et mettre sur la table la question des alliances, question à laquelle une partie de LR n’est pas insensible.A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a laissé ses proches minimiser la contestation interne menée par Clémentine Autain. Il ne s’est pas attardé sur le faible résultat de LFI et a réaffirmé que son but était la prise du pouvoir par une victoire à l’élection présidentielle de 2022.D’ici là, les Français voteront beaucoup. En 2020 pour le renouvellement des conseils municipaux et d’une partie du sénat électorales, en 2021 pour celui des conseils départementaux et régionaux. Les maires élus sous une étiquette de droite font l'objet de l'attention toute particulière de LRM qui manque d’assise territoriale.***D'autres populismes : Lors de la campagne pour les élections européennes, une attention toute particulière s’est portée sur les populismes dans bon nombre de pays européens. L’hémisphère Sud n’est pas en reste, où des dirigeants aux manières controversées, promettent de renverser le « système ». Au Brésil, Jair Bolsonaro, élu président en octobre 2018, s’érige en champion de la lutte contre la corruption. Le rejet des élites corrompues du pays avait amené ce nostalgique de la dictature à remporter les élections. Admirateur de Donald Trump, il est notamment en guerre contre les universités et a récemment annoncé le gel de 30% de leurs subventions. Il prône la privatisation des plus importantes compagnies publiques et des mesures de dérégulation de l’agro-industrie. Il a augmenté de près de 5% le salaire minimum et condamné les aides sociales aux plus pauvresEn Asie, le Premier ministre indien, Narendra Modi, vient d’être réélu le 19 mai et s’affiche en leader d’une indépendance nationale glorifiant le « Made in India industriel et technologique. A 68 ans, il avait fait des élections législatives un quasi-référendum sur sa personne. Sa campagne a été marquée par un discours sécuritaire anxiogène et nationaliste, le présentant comme le protecteur du pays et lui permettant de passer sous silence son bilan économique mitigé. Aux Philippines, les candidats du président Rodrigo Duterte sont arrivés en tête des élections de mi-mandat du 13 mai. Le président, élu depuis 2016, a bâti sa réputation de champion de la lutte contre le narcotrafic à l’aide de ses escadrons de la mort chargés d’exécuter les criminels sans autre forme de procès. « Oubliez les droits de l'homme, si je deviens président, ça va saigner », déclarait-il lors de sa campagne.Les élections présidentielles argentines qui se profilent le 17 octobre prochain font réapparaitre le spectre du péronisme, laboratoire du populisme dans les années 40, et 50 avec la figure de Cristina Kirchner, ancienne présidente de 2007 à 2015 qui se présente comme vice-présidente derrière son chef de cabinet, Alberto Fernandez, afin que celui-ci puisse signer une amnistie interrompant les procédures judiciaires qui la visent. Elle doit être jugée dans le cadre de l’affaire de l’attentat à la bombe de 1994 contre l’association juive Amia de Buenos Aires qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés. Elle affiche dans son programme la nationalisation du commerce extérieur et la mise sous tutelle des secteurs de la justice et des médias. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, a

Jun 9, 20191h 2m

Ep 92Élections européennes en Europe / n°91

ÉLECTIONS EUROPÉENNES EN EUROPE :La participation aux élections européennes a progressé dans vingt des vingt-huit pays de l’UE, et de huit points en France, passant de 42,6 % à 51 %. Les pays membres de l’Union où le vote a le plus progressé sont la Pologne et le Hongrie, où la participation a presque doublé, l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie, où elle a augmenté de 10à 14%. Dans les pays « baissiers », l’Irlande, l’Italie, la Belgique, la Grèce, le Portugal, la différence de participation avec 2014 n’est jamais supérieure à 3%Dans plusieurs pays, la progression de l’extrême droite est notable. En Italie, la Ligue de Matteo Salvini est arrivée en tête avec 34,27 % des suffrages, contre 6,15 % en 2014. En Belgique, le score du Vlaams Belang passe de 5,60 à 11,45%. En Espagne, Vox, formation créée il y a six ans, a presque quadruplé son score, passant de 1,57 % en 2014 à 6,2 %. Mais dans plusieurs autres pays, les résultats des partis d’extrême droite stagnent ou évoluent de façon moins spectaculaire comme en Allemagne où Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu un score en dessous de ses résultats aux élections législatives de 2017 (12,6 %). L’Autriche, éclaboussé par un scandale quelques jours avant le scrutin, a perdu un élu pour le Parti autrichien. En Grande Bretagne,où le taux de participation a été à la fois faible et en hausse, malgré le succès du Brexit party de Nigel Farage, le total des voix obtenues par les formations favorables à un second referendum lui est supérieur (39% contre 33,7% pour les deux partis brexiteurs.Le duopole gauche-droite qui faisait la loi au Parlement depuis la première élection, en 1979, a cessé d’être. Les conservateurs du PPE, parti populaire européen, remportent 180 sièges soit 41 de moins qu’il y a 5 ans. Les sociaux-démocrates comptent 146 sièges soit 45 de moins qu’à la précédente élection.Trois formations eurosceptiques s’imposent dans le paysage politique communautaire : L’Europe des nations et des libertés (ELL) de Marine Le Pen et Matteo Salvini, les conservateurs et réformistes européens (ECR) dominé notamment par des élus polonais, les britanniques de Nigel Farage et du mouvement 5 étoiles obtiennent au total 171 sièges et constituent la deuxième force du Parlement.Les Verts / ALE obtiennent 69 sièges soit 19 de plus qu’en 2014. l’ALDE (alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) remporte 109 sièges contre 67 auparavant. Les partis politiques nationaux doivent reconfirmer leur appartenance aux différentes formations paneuropéennes dans le courant de juin avant la première session du parlement le 2 juillet.Les chefs d’État proposeront un nom pour la présidence de la Commission au Conseil du 20 au 21 juin. Il sera soumis au vote au Parlement européen entre le 15 et le 18 juillet. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 2, 20191h 4m

Ep 91USA-Iran : un autre torchon brûle / Les populismes européens, leurs points communs, leurs divergences et leurs alliés extérieurs / n°90

USA-IRAN : UN AUTRE TORCHON BRÛLE Le 5 mai, après le renforcement des sanctions contre l’Iran par les États-Unis, les tensions entre Washington et Téhéran, déjà exacerbées depuis un an, par le retrait des États-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien, se sont accrues. L’option du conflit armé est arrivée sur la table du bureau ovale, le président Trump déclarant : « Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Ne menacez plus jamais les États-Unis » En réponse à une « menace crédible » de Téhéran, le Pentagone a annoncé début mai l’envoi dans le Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et le déploiement d'une force de bombardiers, puis, quelques jours plus tard, l'envoi d'un navire de guerre transportant notamment des véhicules amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot. Mercredi 8 mai, l’Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015, tandis que l'administration Trump a renforcé ses sanctions contre l'économie iranienne. Mercredi 15 mai, en raison d’une “menace imminente” de l’Iran, le département d’État américain a décidé le rapatriement du personnel gouvernemental non essentiel de l’ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil, au Kurdistan irakien. Selon le New York Times, Washington aurait été alarmé par des images aériennes montrant des missiles assemblés sur des bateaux dans le Golfe Persique. Les cours du pétrole ont terminé sur une note mitigée lundi sur le marché new-yorkais Nymex, partagés entre la crainte d'un ralentissement de la demande liée au conflit USA-Chine d'une part, et les tensions au Moyen-Orient, ainsi que la perspective d'un maintien des baisses de production de l'Opep, de l'autre. Face au durcissement des sanctions américaines, la question du devenir du pétrole iranien demeure. ***« Les populismes européens, leurs points communs, leurs divergences et leurs alliés extérieurs »Samedi 18 mai, à l'invitation du ministre italien de l'intérieur Matteo Salvini, les nationaux-populistes européens se sont rassemblés à Milan à une semaine des élections. Douze leaders de partis europhobes se sont exprimés à la tribune dont Marine Le Pen au nom du Rassemblement national. Les chefs de l'AfD allemande, des Vrais Finlandais, le néerlandais Geert Wilders, patron du parti de la liberté, et bien d'autres, étaient aussi à Milan. La Lega de Matteo Salvini et le Rassemblement national de Marine Le Pen s’activent depuis plusieurs mois pour réunir le plus d’alliés possible au Parlement européen. Néanmoins, la coalition Salvini-Le Pen ne rassemble pas l’ensemble de l’extrême droite et ses efforts pour séduire le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, ou le PiS, au pouvoir en Pologne sont sans effet. Des organisations plus extrémistes sont par ailleurs en mesure d’accéder au Parlement européen tout en étant pour la plupart d’entre eux partisans de sortir de l’UE : le Jobbik hongrois (ancien allié du Front national), l’Aube dorée grecque et sa branche chypriote (ELAM), des Slovaques de Notre Slovaquie et des Slovènes du Parti national. La réunion de Milan a, en outre, été ternie par les révélations de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel datant de la veille. Une vidéo de parfaite qualité, datant de 2017, montre le futur vice‐chancelier autrichien, Heinz‐Christian Strache, offrant à une jeune femme qu’il pense liée à un oligarque russe des contrats publics lucratifs en échange d’un soutien financier à son parti. M. Strache discute également de la possibilité pour l’investisseur russe de prendre le contrôle d’un quotidien populaire autrichien afin de soutenir son parti d’extrême droite, le FPÖ, et évoque la stratégie de contrôle des médias du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Ces révélations baptisées “Ibiza-gate” ont provoqué un séisme politique en Autriche où M. Strache a démissionné de ses fonctions de vice‐chancelier et de chef de parti, entrainant le départ de tous les ministres du FPÖ et laissant la liste des candidats de sa formation affaiblie alors que ce parti était un maillon important dans la stratégie de constitution d’un groupe eurosceptique au Parlement européen, après les élections des 23 et 26 mai. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 26, 20191h 3m

Ep 90L’Europe au pied du mur / Chine - États-Unis : le torchon brûle / n°89

L’EUROPE AU PIED DU MUR : Lundi 13 mai, a débuté la campagne officielle pour les élections européennes. Les Européens s'attendaient à n'élire plus que 705 eurodéputés mais la sortie du Royaume-Uni ayant été repoussée au 31 octobre 2019, ce sont donc toujours 751 parlementaires qui devraient siéger à Strasbourg. En France, 34 listes comprenant chacune 79 noms s'affrontent en vue du scrutin des 25 et 26 mai prochains. Un nombre de listes record et néanmoins inférieur aux 41 listes engagées en Allemagne où il n’y a pas de seuil d’éligibilité tandis qu’en France, le rétablissement d’une circonscription nationale unique était censé limiter le nombre de listes. Cette profusion ne profite pas aux eurosceptiques en Allemagne où le vote qui se profile est un "oui" massif pour l'Europe : les formations pro-européennes recueilleraient entre 69 et 76% des voix. En France, La République en marche (LREM) et le Rassemblement national (RN) font la course en tête avec près de 22% d'intentions de vote chacun, devant Les Républicains à environ 11% mais aussi quantité de petites formations politiques telles que l'Alliance jaune de Francis Lalanne, ou une liste Espéranto prônant "une démocratie linguistique en Europe". L’intérêt des Français pour le scrutin du 26 mai prochain reste bas avec un taux de participation attendu à 41 %, niveau inférieur à celui enregistré en 2014 (42,4 %). 68% des Français âgés de 18 à 25 ans expriment leur désintérêt pour le scrutin prévu. En Italie, la campagne des européennes a démarré tardivement, signe de l’intérêt mesuré qu’on lui porte, même si la question de l’Europe et notamment de la question migratoire demeure un enjeu de taille. Parmi les 18 listes qui s’affrontent, les sondages donnent la Ligue, parti europhobe du ministre de l’intérieur Matteo Salvini, en tête des intentions de vote avec 32 % tandis que le Parti Démocrate qui se relance avec son nouveau leader, Nicola Zingaretti, pourrait obtenir 22 % des voix. Un résultat cuisant pour le vice-premier ministre Luigi di Maio. ***Chine - Etats Unis : LE TORCHON BRÛLE Vendredi 10 mai, les États-Unis ont mis à exécution une menace qu'ils brandissaient depuis plusieurs mois : le passage de 10 % à 25 % des taxes douanières sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés. Trois jours après Pékin a riposté en décrétant que des droits de douane supplémentaires affecteront 60 milliards de dollars (53 milliards d'euros) de biens américains. Échelonnés de 10 % à 25 %, ils visent 5.140 produits, a averti lundi le ministère des Finances chinois. Ces mesures, décrétées de part et d'autre du Pacifique, marquent la fin d'une session de tractations infructueuses. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont interrompues à Washington, vendredi 10 mai, sans que les deux parties puissent parvenir à un résultat. Ce regain de tension a effrayé les marchés financiers. A l'annonce des représailles chinoises, le Dow Jones perdait 2,5 % et le Nasdaq 3,4 %, tandis qu'à Paris le CAC 40 avait reculé de 1,22 % et à Francfort, le Dax, de 1,52 %. L'escalade des tensions entre Washington et Pékin a fait chuter la devise chinoise à son plus bas de l'année, entraînant dans son sillage la chute d'autres monnaies émergentes comme le won coréen ou le dollar taïwanais. Donald Trump entend de réduire le déficit commercial étatsunien (environ 380 milliards de dollars en 2018) mais aussi obtenir la protection de la propriété intellectuelle américaine et mettre fin aux transferts de technologies et aux subventions chinoises aux entreprises publiques. En témoignent l’envoi des navires de guerre dans le détroit de Taïwan ou encore la volonté affichée de réduire à néant les ambitions des équipementiers des télécoms Huawei et ZTE aux États-Unis. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 19, 20191h 0m

Ep 89Bada #13 - Au Bénin, accident ou symptôme?

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Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 12 mai 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 17, 201923 min

Ep 89Au Bénin, accident ou symptôme? / n°88

Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 12 mai 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 12, 20191h 1m

Ep 88Après Macron, Philippe / Le Japon dans une nouvelle ère / n°87

APRÈS MACRON, PHILIPPE Alors, que le président de la République a livré jeudi 25 avril, ses conclusions du Grand débat national lors de la première conférence de presse de son quinquennat, se pose désormais la question de la « faisabilité » des propositions annoncées et d’une réconciliation effective avec les français. Comme l’écrit Le Figaro : « Il revient désormais au Premier ministre de traduire ses intentions en actes. D’autant plus que, sur un certain nombre d’annonces - baisse de l’impôt sur le revenu, suppression des niches fiscales, (celles des entreprises), suppression des « organismes inutiles », « nouvel acte de décentralisation » -, les modalités comme le calendrier de la mise en œuvre restent à définir. » S’y ajoute le financement des baisses d’impôt annoncées Le Premier ministre a annoncé, pour juin, le vote de la loi sur l’assurance chômage, pour juillet la loi bio-éthique avec la question de la P.M.A ainsi que la proposition de réforme constitutionnelle. Au début de l’automne, la suppression de l’ENA sera examinée, ainsi que les dispositions pour lutter contre la fraude fiscale. La réforme des retraites sera proposée à la fin de l’été, après que le rapport Delevoye sur cette question aura été remis en juillet. Édouard Philippe a lancé « la mobilisation nationale et territoriale pour l’emploi qui doit « réunir l’ensemble des acteurs concernés, partenaires sociaux, organisations syndicales, organisations patronales, les associations d’élus, les associations qui accompagnent la transition énergétique pour réfléchir collectivement au niveau national, puis localement au niveau territorial à la façon dont nous pouvons collectivement nous mobiliser pour atteindre les objectifs ambitieux en matière de retour au plein emploi et en matière d’accompagnement des transitions écologiques » En mai se tiendra le premier « conseil de défense de la transition écologique » et en juin la première convention citoyenne sur le climat avec des citoyens tirés au sort.*** LE JAPON DANS UNE NOUVELLE ÈRE Le 30 avril, l’empereur japonais Akihito âgé de 85 ans, a abdiqué alors qu’il était installé sur le trône du chrysanthème depuis 30 ans. La cérémonie d’abdication aura lieu le 22 octobre, en présence de dignitaires du monde entier. C’est le Premier ministre, Édouard Philippe, qui représentera la France. Avec l’intronisation du prince héritier Naruhito, le Japon entre dans la nouvelle ère, Reiwa (“belle harmonie”). Au cours de l’ère précédente -appelée Heisei - le couple impérial est devenu plus proche des citoyens. Les images de l’impératrice agenouillée à côté des sinistrés de la catastrophe nucléaire de Fukushima de 2011 ont marqué les esprits tant cette image était jugée impensable auparavant. Malgré cette image plus positive dont bénéficie aujourd’hui Akihito, il n’en demeure pas moins que le pays est en état d’essoufflement. Akihito a, en effet, pris ses fonctions en 1989, alors que la croissance économique du Japon était à son sommet. L’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo atteignait son plus haut score en décembre de cette même année. Les économistes prédisaient alors que le Japon dépasserait les États-Unis avant la fin du siècle, pronostic que sont venues invalider l’éclatement des bulles financières et foncières au début des années 1990, la crise asiatique de 1997, la crise mondiale de 2008, puis la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. Aujourd’hui, le Japon continue de faire face à plusieurs problèmes sous-jacents : un taux de chômage élevé, un allongement du temps de travail, une explosion du nombre de travailleurs irréguliers, un fort déclin démographique et un manque d’ouverture à l’international. Le pays est confronté à des menaces sécuritaires croissantes et apparaît stratégiquement isolé face à une Chine de plus en plus agressive qui semble disposer de moyens illimités à consacrer à l'expansion de son Armée populaire de libération (APL). Par ailleurs, les sommets entre Donald Trump et Kim Jong-un ont marginalisé le Japon, jusqu'à le faire douter de la solidité de son alliance avec les États-Unis. Face à cette montée des menaces régionales, le budget de la défense nippon atteindra en 2019 le chiffre record de 47 milliards de dollars. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 5, 201959 min

Ep 87La conférence de presse d’Emmanuel Macron #86

La conférence de presse d’Emmanuel Macron : Jeudi 25 avril à 18h, le président de la République a donné sa première conférence de presse du quinquennat afin de présenter ses conclusions du Grand débat national. Emmanuel Macron a dévoilé quatre « orientations » pour le « nouvel acte » qu’il souhaite proposer aux Français. Elles portent sur la représentation démocratique, la justice fiscale, l’écologie et le projet national français. Le calendrier de sortie de ce grand débat avait été chamboulé par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi 15 avril. Tandis que le président annulait son allocution, la presse annonçait une bonne partie des mesures qu’Emmanuel Macron a confirmées jeudi dernier : réindexation sur l’inflation des retraites de moins de 2 000 euros, baisse de l’impôt sur le revenu des classes moyennes, suppression de certaines niches fiscales des entreprises et suppression de l’École nationale d’administration (ENA), décision à laquelle 63 % des Français se sont déclarés favorables dans un sondage Harris Interactive-Epoka. Le chef de l’État veut mettre fin aux grands corps et repenser la formation de la haute fonction publique en écho à l’un des 4 sentiments majoritaires exprimés durant le Grand Débat le « sentiment d'abandon et de perte de confiance dans les élites ». Emmanuel Macron a affirmé qu’aucun hôpital ni aucune école ne fermera « sans l’accord du maire » et il a annoncé la mise en place d'un dispositif de recouvrement par les CAF des pensions alimentaires impayées alors que 30 à 40% d’entre elles ne sont aujourd’hui pas correctement versées. Il souhaite plafonner le nombre d’élèves de la grande section de maternelle au CE1 à 24 élèves sur tout le territoire national. Il prône également un accès facilité au référendum. En ce qui concerne le climat, Emmanuel Macron a annoncé la création d'un « conseil de défense écologique » sur le modèle du conseil de défense qu'il réunit chaque semaine. Au sujet des retraites, il estime que le gouvernement devrait mettre en place un système de retraite par points. Le président s’est opposé au référendum d’initiative citoyenne (RIC) tout comme à la reconnaissance du vote blanc. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 28, 201957 min