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Le Nouvel Esprit Public

Le Nouvel Esprit Public

820 episodes — Page 15 of 17

Ep 93Thématique : les Jeunes et l’information , avec François Dufour / n°103

François Dufour, vous êtes le cofondateur avec deux de vos amis proches Gaëtan Burrus et Jérôme Saltet et le rédacteur en chef de PlayBacPresse, société qui fêtera prochainement ses 25 ans et qui publie les seuls quotidiens pour enfants en France. Les quelques 100.000 familles abonnées reçoivent leur journal papier chaque matin via la Poste, du lundi au samedi. Chaque jour le choix des sujets est laissé à des rédacteurs en chef junior et nous accueillons également quelques-uns d’entre eux. Dans une époque où les enfants passent pour être devenus « accros » aux écrans, le journal Mon Quotidien apparait comme une sorte d’anomalie résistant dans un paysage aujourd’hui saturé d’outils numériques. L’ambition de PlayBacPresse est, en effet, de faire lire 10 minutes par jour. Unique en Europe, cette formule n’existe qu’au Japon et en Corée du Sud.Alors que la presse papier décline fortement, les jeunes Français demeurent d’importants consommateurs de contenus d’information. Ils en font désormais un usage particulièrement intense sur les réseaux sociaux. Selon une enquête du ministère de la culture parue en 2018, 32% des 15-34 ans passent uniquement par les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche pour accéder à des contenus d’information en ligne. Un site comme Facebook est par exemple devenu un lieu majeur d’accès à l’information bien que cette exposition à l’actualité puisse être choisie ou accidentelle. Avec la prolifération de fake news sur la toile, l’éducation aux médias est devenue primordiale pour que les jeunes apprennent à se forger un regard critique sur leurs sources d’information. Avant d’aborder certains points particuliers, notamment ceux qui concernent le contenu et le mode de fabrication de vos quotidiens, j’aimerais vous demander comment vous voyez vos lecteurs et, après presque un quart de siècle, comment vous les avez-vu évoluer. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 25, 201959 min

Ep 98Thématique : le rebond de l'Espagne, avec Benoît Pellistrandi / n°102

Benoît Pellistrandi, vous êtes historien de l’Espagne, professeur agrégé au lycée Condorcet et auteur du récent ouvrage Le Labyrinthe catalan paru aux éditions Desclée de Brouwer en 2019. Le 26 mai, un mois après la victoire de Pedro Sánchez aux législatives, le PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol) a remporté les européennes avec 33 % des suffrages, infligeant une défaite à son principal rival, le parti conservateur PP (Parti populaire) qui n’obtient que 20,1 % des voix. Ces élections ont pris en Espagne un air de deuxième tour pour le leader socialiste. Il sort renforcé par le bon score de son parti, tant sur le plan européen que sur le plan national, puisque le pays tenait aussi en parallèle des élections municipales et régionales. Malgré ces bons résultats les socialistes pâtissent des divisions chez leurs alliés de Podemos. La mairie de Madrid est passée aux mains d'une alliance de droite entre Parti populaire, Ciudadanos et Vox, ainsi qu'à Barcelone, où les indépendantistes de gauche arrivent en tête et où Manuel Valls a été sèchement battu. Podemos, le parti de Pablo Iglesias, qui avait conquis en 2015 les plus grandes villes espagnoles avec les autres mouvements de gauche radicale, a perdu ces municipalités et essuyé une défaite humiliante dans les urnes. Le gouvernement entend profiter du bon score du PSOE pour réclamer un rôle de premier plan dans l'UE. Ombre notable à ce tableau, le bon score recueilli en Catalogne par les listes indépendantistes annonce l'exportation du conflit catalan vers les institutions européennes et devrait provoquer de nouveaux casse-têtes juridiques pour Madrid. La querelle autour de l’indépendance de la Catalogne se poursuit un an et demi après le référendum et la déclaration manquée d’indépendance. Ce débat structure le débat politique en Espagne avec notamment l’émergence au niveau national d’un parti d’extrême droite, Vox, qui a fait de la lutte contre l’indépendantisme catalan l’axe majeur de son discours. La campagne des élections législatives anticipées a été parasitée par le procès de 12 dirigeants catalans ; un procès historique encore en cours. Après les élections du 28 avril, les partis indépendantistes catalans ont obtenu 22 sièges au Parlement à l’issue des élections législatives. Benoît Pellistrandi, peut-on dire que la question catalane divise profondément la société espagnole et fragilise l’unité du pays ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 18, 201958 min

Ep 99Thématique : les enjeux du Sahel, avec Louis Gautier / n°101

Louis Gautier vous êtes conseiller maître à la Cour des comptes, professeur en Science politique à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, directeur de la Chaire "Grands enjeux stratégiques contemporains" et ancien Secrétaire général de la Défense nationale. Nous vous recevons aujourd’hui pour éclaircir la situation du Sahel, région marquée par un récent regain de violence. Le Sahel méridional, celui qui se situe au sud du Sahara, est une immense bande de terre aride s’étendant de l’océan Atlantique à la mer Rouge, qui traverse peu ou prou la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Érythrée. C’est une des régions les plus pauvres du monde, peuplée par une mosaïque d’ethnies.Au Mali, les massacres à caractère communautaire se multiplient dans un contexte de déflagration territoriale. Les groupes armés profitent du vide laissé par l’État et de l’incapacité du président Ibrahim Boubacar Keïta réélu en 2018 à rétablir la sécurité et le développement dans son pays. Par sa résolution 2423, le Conseil de sécurité de l’ONU avait jugé nécessaire, en 2018, de renouveler le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le Mali n’est pas le seul pays du Sahel en proie à la violence. Vingt-huit soldats nigériens ont été tués en mai dernier dans une embuscade tendue par des terroristes. Face à cela, la Mauritanie le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad se sont rassemblés en 2014 dans un G5S et s’efforcent de lier étroitement développement économique et sécurité tout en impliquant les autres États du Sahel directement menacés par les différentes organisations djihadistes de la région car les groupes islamistes du Sahel migrent vers le sud, noyautant de plus en plus le Burkina Faso et les États côtiers pour ouvrir de nouveaux fronts. L'enlèvement le 1er mai 2019 d'un couple de Français dans une réserve animalière au nord du Bénin avait ainsi servi d'alarme. La France, avec l’opération « Barkhane » combat les djihadistes au Sahel. Depuis bientôt cinq ans, les soldats français traquent les groupes terroristes affiliés à l’organisation État islamique (EI) dans le Grand Sahara (EIGS) et à Al‐ Qaida au Maghreb islamique (AQMI), sur un territoire sahélien vaste comme l’Europe où, malgré leurs efforts, les djihadistes continuent de prospérer. Au cours des trois opérations menées dans la région, 28 militaires français ont perdu la vie. Louis Gautier, nous aimerions voir avec vous si le ou les conflit(s) dans le(s)quel(s) notre pays est engagé risque l’enlisement, si les pays du G5S ont les moyens de leurs ambitions affichées ou encore ce que l’on peut attendre des autres pays occidentaux dans cette région explosive… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 11, 201958 min

Ep 100Thématique : les déserts médicaux, avec Roselyne Bachelot / n°100

Roselyne Bachelot : Vous êtes docteur en pharmacie, vous avez exercé diverses responsabilités dans un laboratoire pharmaceutique, vous avez été élue conseillère générale, régionale, députée (française et européenne), secrétaire générale adjointe du RPR, puis nommée ministre de l'environnement, de l'écologie et du développement durable de 2002 à 2004. En 2007 vous êtes ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, puis ministre des solidarités et de la cohésion sociale de 2010 à 2012. Depuis, vous animez diverses émissions de radio et de télévision et vous publiez des essais qui traduisent votre dilection pour la musique aussi bien que vos convictions féministes. Nos auditeurs peuvent en savoir davantage sur votre vie en écoutant le Kitafétoi dont vous êtes la protagoniste et qui est accessible sur notre site.Comme députée, vous vous êtes consacrée aux questions de santé et de santé au travail, de protection sociale, d'exclusion, de bioéthique et de handicap. En 1991, vous avez voté la loi Evin sur le tabagisme et l'alcool, en opposition avec les consignes du RPR, comme vous vous aviez pris une position en rupture sur le Pacs en 1998. Ministre, vous avez travaillé sur la réforme des franchises médicales, la résorption du déficit de la sécurité sociale, les plans de lutte contre Alzheimer et contre le cancer, l'amélioration des conditions de travail à l'hôpital et la réorganisation des soins palliatifs. Vous avez défendu en 2009 la loi « hôpital, patients, santé et territoires ». Avec vous, nous allons donc tenter d’éclairer la question des déserts médicaux.La France est l’un des pays de l'OCDE les plus dépensiers en matière de santé : elle y consacre 11,8 % de son PIB. Mais la question se pose de ces parties du territoire où il est de plus en plus difficile d'accéder aux soins et dont il a beaucoup été question lors du récent « grand débat national ».L’expression « désert médical » recouvre une réalité complexe dont les chiffres rendent un compte insuffisant et contradictoire. Selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé, 98 % de la population réside à moins de 10 minutes de route d'un cabinet de généraliste et trois quarts des Français sont à moins de 20 minutes du spécialiste le plus proche, quelle que soit la spécialité. Ces statistiques ne mesurent pas le temps d’attente avant d’obtenir un rendez-vous, or, il peut se monter à plusieurs mois. Elles s’opposent à d’autres statistiques établies par la même Drees selon laquelle le pays compte 11.329 communes dans des zones considérées comme "déserts médicaux" et 12% de la population réside dans une commune considérée comme "sous-dense" en médecins généralistes.Si la situation actuelle est comparable à celle des années 80, une dégradation est à craindre face à une double évolution : l'augmentation de l'espérance de vie des Français et le vieillissement des médecins généralistes qui sont 8% de moins qu'en 2009 selon les données de la Drees et dont les rangs devraient continuer à s’éclaircir jusqu'en 2025, conséquence d’un numerus clausus que le gouvernement entend supprimer. Le plan « Ma santé 2022 » visant notamment à résoudre les problèmes de disparité géographique des services de santé n'est pas le premier du genre. Qu'elles soient incitatives ou autoritaires, les actions publiques se sont révélées largement inopérantes jusqu'alors.La médecine salariée prend le pas sur la médecine libérale. La précarité de l'équilibre financier du système de santé, dont le déficit vient d’augmenter à nouveau pose la question du mode de rémunération des actes autant que celle de leur limitation. Les réformes de l’hôpital doivent affronter l'inertie du système, avec ses structures mastodontes comme les CHU et remédier à des dégradations spectaculaires comme celle des services d’urgence. Roselyne Bachelot si chacun reconnait qu’il faudra des années pour donner une solution à tous ces problèmes, par lequel l’ancienne ministre de la Santé que vous êtes pense qu’il faudrait commencer ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 4, 20191h 0m

Ep 95Thématique : la politique de concurrence de l'Union européenne, avec Pierre Sellal / n°99

Pierre Sellal, vous êtes Ambassadeur de France et actuellement le président de la Fondation de France. Vous avez auparavant été représentant de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, l’occasion de nous pencher aujourd’hui l’actuelle politique de concurrence de l’UE. Le 6 février dernier, la Commission européenne a annoncé qu'elle bloquait le projet de fusion Siemens-Alstom ; deux constructeurs ferroviaires l’un allemand et l’autre français. Une décision assumée par Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la Concurrence européenne selon qui : " cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse". Cette dernière décision a fait l'objet de nombreuses contestations et relancé le débat sur la politique de concurrence européenne. La Commission est essentiellement critiquée pour avoir empêché la création d'un "champion européen", apte à déstabiliser la concurrence chinoise. La direction générale de la concurrence européenne (DG) est souvent accusée d'être trop tournée vers le marché intérieur et d'appliquer strictement le droit concurrentiel au détriment de l'émergence d'entreprises prêtes à faire face aux nouvelles concurrences dans certains secteurs stratégiques. Margrethe Vestager a néanmoins placé son mandat sous le signe des sanctions spectaculaires. A l’inverse de son prédécesseur, l’espagnol Joaquim Almunia qui avait opté pour des négociations avec Google, Madame Vestager a, en juillet 2018, infligé à Google une amende record de 4,34 milliards d’euros en raison de « pratiques illégales » favorisant, sur son système d’exploitation Android, son moteur de recherche et son navigateur. L’importance du thème de la régulation des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans la campagne des européennes et le résultat des élections donneront des indications sur la suite. Pierre Sellal, comment caractériseriez-vous l’évolution de la politique européenne dans le domaine de la régulation de la concurrence et quelles données du problème vous semblent-elles mériter un traitement prioritaire ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 28, 201957 min

Ep 96Thématique : l’Allemagne vue de France et la France vue d’Allemagne, avec Matthias Fekl / n°98

Matthias Fekl, vous êtes normalien et énarque, vous avez été haut fonctionnaire, député, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger et ministre de l’intérieur. Vous êtes aujourd’hui avocat. Si c’était notre sujet, je rappellerai que vous aviez proposé à François Hollande une réforme audacieuse de nos institutions, mais je vais me contenter de rappeler que vous êtes né en Allemagne d'un père allemand et d'une mère française tous deux professeur et chacun d’eux enseignant la langue de l’autre. Vous possédez les deux nationalités française et allemande, vous avez fréquenté les établissements d’enseignement des deux pays et vous êtes bilingue. Nous souhaitons aujourd’hui nous pencher avec vous sur la question des relations franco-allemandes et de leur évolution récente. Le 2 mai, Paris et Berlin annonçaient « 5 à 6 milliards d’euros » d’investissements pour leur projet de consortium européen de batteries de voitures électriques surnommé l'« Airbus des batteries ». Bruxelles a alors donné son accord de principe, jugeant urgent de combler le retard de l’Europe face à la Chine. Plus tôt dans l’année, le 25 mars, l'assemblée parlementaire franco-allemande, composée de 50 députés de chacun des deux pays, tenait sa session inaugurale à Paris au Palais Bourbon. sur les plans économique et politique, l’unité franco-allemande s’affiche des deux côtés du Rhin renforcée par des images fortes comme celle prises lors de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle le 22 janvier dernier. Malgré cela, le couple Macron-Merkel bat de l’aile sur le Brexit, l’ouverture de négociations commerciales entre les États-Unis et l’Europe et sur la question sensible d’un éventuel échange de territoires entre le Kosovo et la Serbie pour laquelle ils se sont rencontrés ce 29 avril lors d’un sommet à Berlin. La réaction d’Annegret Kramp‐ Karrenbauer dite AKK, nouvelle dirigeante de la CDU, à la lettre d’Emmanuel Macron « pour une Renaissance européenne » a fortement attisé les tensions alors qu’Angela Merkel a d’ores et déjà annoncé qu’elle quitterait la vie politique en 2021. Matthias Fekl, au-delà de ces événements particuliers, comment décririez-vous la perception des uns par les autres et sa récente évolution ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 21, 201958 min

Ep 94Thématique : l’État vu d’en bas, avec Noël de Saint-Pulgent / n°97

       Noël de Saint-Pulgent vous êtes actuellement délégué du défenseur des droits pour le 19ème arrondissement ; un rôle encore méconnu dans notre société.        Le 17 juillet 2014, Jacques Toubon a été nommé défenseur des droits par François Hollande. Selon l’article 71-1 de la Constitution, « Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés ». C’est une personne indépendante qui défend les droits de chaque citoyen de manière confidentielle et gratuite.        Afin de parvenir à mener à bien cette mission, le défenseur des droits est appuyé par des délégués. Ces derniers peuvent aider un citoyen s’il a des difficultés dans ses relations avec les services publics, si les droits d’un enfant ne sont pas respectés ou s’il est discriminé. Les délégués du Défenseur des droits accueillent, écoutent et orientent gratuitement tous ceux qui pensent que leurs droits ne sont pas respectés. Ils ont donc tout autant un rôle d’information que de médiateur.          Selon le rapport annuel d’activité, en 2018 l’institution a reçu 95 836 dossiers de réclamations soit une augmentation de plus de 6% par rapport à 2017 et de 13% sur les deux dernières années. 80% des règlements amiables engagés par l’institution ont abouti favorablement. En outre, le Défenseur des droits a répondu à 34 999 demandes d’information. Il a rendu 295 décisions, adressé 29 avis au Parlement et présenté à 108 reprises des observations devant des juridictions.      Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 14, 20191h 1m

Ep 103Thématique : Royaume-Uni : il n'y a pas que le Brexit, avec Pauline Schnapper / n°96

Pauline Schnapper vous êtes professeure de civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle et avez fait paraitre en 2015 un ouvrage intitulé "Britain and the Crisis in the European Union".Le 24 mai dernier, Theresa May a démissionné de la direction du parti conservateur tout en restant Première ministre jusqu’à la nomination de son successeur.Durant son mandat, outre l’échec de sa principale mission qui était de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne, aucune décision majeure n’a été prise à l’exception d’une loi antiterroriste controversée, d’une réforme de la justice et de mesures contre le blanchiment d’argent. Les ministères ont vu leurs budgets fondre tandis que le gouvernement a laissé les municipalités dépérir. Leurs allocations ont diminué de 49,1 % en termes réels entre les années fiscales 2010-2011 et 2017-2018, selon le Bureau d’audit national (NAO). Le comté du Northamptonshire, pourtant dirigé par les conservateurs, a fait faillite en 2018. Alors que la nouvelle dernière échéance pour le Brexit est fixée au 31 octobre 2019, on s’interroge sur ses diverses répercussions importantes pour le Royaume-Uni. Son union est-elle menacée par les projets d’indépendance de la Première ministre d’Ecosse ? Les guerres d’Irlande pourraient-elles menacer à nouveau ? L’économie britannique souffrira-t-elle de cette séparation d’avec l’Europe ou suivra-telle le modèle de Singapour ? Les palinodies de la classe politique, travaillistes et conservateurs confondus aboutiront-elles à la fin du bipartisme ou à un bipartisme nouveau qui verrait s’opposer les deux vainqueurs des élections européennes, les populistes du Brexit party et européistes libéraux démocrates avec un tiers parti, les Verts, qui ont recueilli 12,5% des suffrages soit presque autant que les travaillistes de Jeremy Corbyn. Sans oublier, bien sûr, les possibles conséquences de tous ces événements sur la monarchie britannique, question dont nous savons tous qu’elle passionne très largement les frontières du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du nord. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 7, 201959 min

Ep 104La cajolerie des territoires / Erdogan un revers sévère / n°95

LA CAJOLERIE DES TERRITOIRES :Lundi 24 juin, la Cour des comptes a publié son rapport annuel sur les finances locales. Elle enregistre un excédent de 2,3 milliards d’euros pour les administrations publiques territoriales en 2018. Ces chiffres s’expliquent. L’État n’a pas diminué ses dotations en 2018, contrairement aux trois années précédentes. Ses transferts de fonds aux collectivités ont augmenté de 1,8 milliard d’euros. Les administrations centrales ont réduit leur production de normes qui entraîne des coûts importants pour les communes, départements et régions. La règle édictée par Édouard Philippe en juillet 2017 de deux normes supprimées pour une nouvelle a fonctionné. Le coût des injonctions réglementaires nationales est passé de 1 milliard d’euros en 2017 à 400 millions d’euros en 2018. Le 13 juin lors de son discours de politique générale devant le Sénat, Édouard Philippe a joué la carte girondine en promettant une nouvelle loi de décentralisation d’ici 2020. Avant cela, un projet de loi « Engagement et proximité », censé résoudre la crise des vocations municipales et simplifier la vie des édiles devrait être adopté. Vendredi 14 juin, lors du congrès de l’association Villes de France à Albi dans le Tarn, le Premier ministre s’est livré à une opération de séduction pour se doter d’un maillage local. Il a nourri son discours de la notion de "confiance" et a appelé les maires à dépasser " des étiquettes politiques bien vieillies."La réforme de la fiscalité locale attendue par les collectivités territoriales a été présentée mardi 18 juin par les ministres de la Cohésion des territoires et des Comptes publics. Les maires recevront l'intégralité de la taxe foncière des départements et Bercy promet aux édiles la révision des bases locatives qu'ils demandent depuis des décennies. Engagée à faire baisser la pression fiscale sur les ménages, la majorité avait, dès son arrivée au pouvoir, décidé la suppression de la taxe d’habitation, dans un premier temps pour les ménages modestes ce qui avait provoqué de vives réactions parmi les maires de France. Pour compenser le manque à gagner des communes, l’exécutif a choisi l’attribution au bloc communal (communes et intercommunalités) de l’intégralité de l’autre impôt local, la taxe sur le foncier bâti, payée, elle, par les propriétaires. Les départements vont donc perdre la part de cette taxe foncière qui leur revenait. En contrepartie, les conseils départementaux recevront une partie de la TVA. L’État en soutien du local, c’est également ce qu’avait déjà commencé à faire le gouvernement, avec l’opération Cœur de Ville, un programme de réhabilitation des centres des 222 villes moyennes lancé il y a un an, avant la crise des gilets jaunes. ***ERDOGAN : UN REVERS SÉVÈREDimanche 23 juin, les habitants d’Istanbul se sont rendus aux urnes afin d’élire leur maire pour la seconde fois en moins de trois mois.L'ancien Premier ministre Binali Yildirim, candidat de l'AKP, le parti du président Erdogan, à la mairie de la plus grande ville turque, a échoué face à l'opposant Ekrem Imamoglu, que peu de Stambouliotes connaissaient il y a six mois et qui a obtenu 53,86 % des voix contre 45,23 % pour son adversaire. Le 31 mars, Ekrem Imamoglu avait déjà remporté cette élection municipale, mais d’une courte tête – avec 13. 000 voix d’avance. Sous la pression du président turc Recep Tayyip Erdogan, sa victoire avait été invalidée, au motif d’« irrégularités » dans les bureaux de vote. Le vote kurde a joué un rôle décisif. Les Stambouliotes originaires de cette minorité, traditionnellement divisée entre pro et anti-AKP, constituent environ 20 % des quelques 15 millions d'habitants de la mégalopole. Durant sa campagne, le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu a pris la défense de Selahattin Demirtas, l'ancien coleader du parti prokurde HDP, embastillé depuis plus de deux ans. Au pouvoir depuis 17 ans, Recep Tayyip Erdogan avait prévenu ses partisans en aout 2017 : « Si nous calons à Istanbul, nous trébucherons en Turquie. Depuis 1994, la ville la plus riche du pays est, en effet, un bastion de l’AKP dont Erdogan lui-même a été maire de 1994 à 1998. Alors que, depuis 2003, la force d'AKP était son bon bilan économique et social, le pays traverse depuis dix mois sa première récession en dix ans, souffre d'un chômage proche de 14 % et d'un effondrement de la livre turque, qui a porté l'inflation à plus de 20 %. Un effondrement lié à la fois aux tensions d'Ankara avec ses partenaires occidentaux et au déficit important de la balance des paiements. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 30, 20191h 2m

Ep 102Hong Kong : le grand défi / Municipales : Grandes manœuvres et petits calculs / n°94

HONG KONG : LE GRAND DEFI Le 16 juin dernier, un million de personnes ont défilé à Hongkong selon les organisateurs de la mobilisation, alors que la ville compte sept millions d’habitants. Cette mobilisation est un record depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997. Les Hong-kongais sont vent debout contre un projet de loi qui permettrait à leur gouvernement d’extrader plus facilement des personnes présentes sur son territoire, notamment vers Pékin. Sous souveraineté chinoise, Hongkong jouit d'une semi-autonomie et de libertés qui n'existent pas en Chine continentale, et ce, en théorie, jusqu’en 2047. L’ex-colonie britannique a été le théâtre de violence et d’émeutes notamment lors d’un rassemblement non autorisé du mercredi 12 juin où les répressions policières ont été sévères. Ce n’est pas la première fois que de telles marées humaines envahissent le centre-ville d’Hong-Kong. En 2003, en 2012 et lors de la « révolution des parapluies » en 2014, des scènes similaires s’étaient produites. Alors qu’Hong-Kong n’avait obtenu aucune concession de Pékin en 2014, la population semble aujourd’hui déterminée à ne rien lâcher. C’est ce que montre par exemple Joshua Wong, l’une des figures de la contestation des parapluies, qui tout juste libéré de prison lundi 17 juin, a rejoint les rangs de la mobilisation. Le rassemblement du 16 juin était deux fois plus important que celui du dimanche précédent alors que le gouvernement local avait suspendu la veille l’examen du projet de loi. La colère des Hong-kongais a désormais pour objet Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif local pro-Pékin. Mardi 18 juin, elle a présenté des excuses à la population tout en refusant de démissionner. La suspension du projet de loi constitue un revers pour le président chinois qui a fait de l’intégration de cette ville un modèle qu’il voudrai reproduire à Taïwan, et ceci au moment où la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis connaît un regain de tension. ***MUNICIPALES : GRANDES MANOEUVRES ET PETITS CALCULS Lundi 17 juin, la Commission nationale d’investiture du Parti Présidentiel dirigée par Marie Guévenoux et Alain Richard, respectivement députée de l’Essonne et sénateur du Val-d’Oise, a dévoilé ses 19 premiers candidats pour les élections municipales de 2020.Le parti macroniste, qui n’a pas encore été en lice à des élections municipales, ne compte aujourd’hui que 2 000 élus municipaux, sur un total d’environ 500 000 mais vise à s’implanter sur tout le territoire. Pour ce faire, il entend procéder au cas par cas : dans les villes qu’il estime à sa portée, il compte présenter ses propres listes avec des candidats étiquetés LRM et MoDem. Dans celles qui lui paraissent imprenables sous sa seule étiquette, l’idée est de nouer des alliances avec des élus sortants d’un autre parti.La République en Marche et le Rassemblement national, les deux formations politiques arrivées en tête des élections européennes, sont paradoxalement celles qui comptent le moins d’élus locaux. En face, les partis de gouvernement historiques comptent de nombreux fiefs locaux, surtout la droite, grande vainqueur des élections municipales de 2014.Marine Le Pen s’est dit, dimanche 16 juin, « prête à discuter » avec des électeurs et des militants Les Républicains (LR), en crise depuis la déroute de cette formation aux élections européennes de mai, et avec ceux qui « contestent » Emmanuel Macron, pour fonder « des plateformes d’action communes ». Les écologistes ont obtenu leurs scores les plus élevés aux élections européennes dans les grandes villes, dépassant parfois un score de 20 %. Ils nourrissent des ambitions à Nantes, Rennes, Toulouse et même à Paris. Dans la capitale, le parti d’Emmanuel Macron a exclu, lundi, l’organisation de primaires comme le demandaient les candidats nombreux à vouloir défier Anne Hidalgo. Le 9 juillet, les six candidats LREM qui se disputent l’investiture aux municipales parisiennes, passeront un grand oral pour se départager. Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement fait figure de favori. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 23, 20191h 1m

Ep 101Bada #14 - Macron, l'acte II interprété par Edouard Philippe; Du rififi dans le détroit d'Ormuz

bonus

Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 16 juin 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 20, 201917 min

Ep 101Macron, l'acte II interprété par Edouard Philippe / Du rififi dans le détroit d'Ormuz / n°93

Macron acte II et Détroit d’Ormuz Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 16, 20191h 4m

Ep 97D’autres populismes / Vers une nouvelle donne politique / n°92

Vers une nouvelle donne politique : Le dimanche 2 juin, Laurent Wauquiez a annoncé sa démission de la présidence du parti Les Républicains (LR). Cette annonce fait suite au revers de la liste conduite par son poulain, François‐Xavier Bellamy, aux élections européennes du 26 mai. Avec 8,48 % des suffrages exprimés, le parti a enregistré son plus mauvais score sous la Ve République. L’ancien patron de LR avait perdu le soutien de son parti puisqu’au Sénat, Gérard Larcher avait pris la tête de la résistance de la droite modérée et à l’Assemblée nationale, une vingtaine de députés menaçaient de faire dissidence. Cette démission ne met fin ni au débat sur la ligne du parti dont LREM a siphonné une partie des électeurs, ni à la recherche d’un nouveau leader, ni à l’hémorragie de personnalités comme la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse. Après le scrutin européen, la majorité doit aussi se réorganiser notamment dans la perspective des élections municipales de 2020. Premier signe du changement : le chef de l’État a décidé de ne pas prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès et de confier à Édouard Philippe le soin de préciser les étapes de l’acte II du quinquennat lors d’un discours de politique générale suivi d’un vote de confiance le 12 juin prochain. Pour séduire les 13,3% de voix parties vers les écologistes d’EELV, Édouard Philippe a par ailleurs promis un « verdissement » de la politique du gouvernement. A la droite de la droite, l’arrivée en tête du Rassemblement national n’a pas pu longtemps cacher l’impossibilité pour ce parti de prétendre gouverner seul. Marion Maréchal est sortie de son silence pour le souligner et mettre sur la table la question des alliances, question à laquelle une partie de LR n’est pas insensible.A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a laissé ses proches minimiser la contestation interne menée par Clémentine Autain. Il ne s’est pas attardé sur le faible résultat de LFI et a réaffirmé que son but était la prise du pouvoir par une victoire à l’élection présidentielle de 2022.D’ici là, les Français voteront beaucoup. En 2020 pour le renouvellement des conseils municipaux et d’une partie du sénat électorales, en 2021 pour celui des conseils départementaux et régionaux. Les maires élus sous une étiquette de droite font l'objet de l'attention toute particulière de LRM qui manque d’assise territoriale.***D'autres populismes : Lors de la campagne pour les élections européennes, une attention toute particulière s’est portée sur les populismes dans bon nombre de pays européens. L’hémisphère Sud n’est pas en reste, où des dirigeants aux manières controversées, promettent de renverser le « système ». Au Brésil, Jair Bolsonaro, élu président en octobre 2018, s’érige en champion de la lutte contre la corruption. Le rejet des élites corrompues du pays avait amené ce nostalgique de la dictature à remporter les élections. Admirateur de Donald Trump, il est notamment en guerre contre les universités et a récemment annoncé le gel de 30% de leurs subventions. Il prône la privatisation des plus importantes compagnies publiques et des mesures de dérégulation de l’agro-industrie. Il a augmenté de près de 5% le salaire minimum et condamné les aides sociales aux plus pauvresEn Asie, le Premier ministre indien, Narendra Modi, vient d’être réélu le 19 mai et s’affiche en leader d’une indépendance nationale glorifiant le « Made in India industriel et technologique. A 68 ans, il avait fait des élections législatives un quasi-référendum sur sa personne. Sa campagne a été marquée par un discours sécuritaire anxiogène et nationaliste, le présentant comme le protecteur du pays et lui permettant de passer sous silence son bilan économique mitigé. Aux Philippines, les candidats du président Rodrigo Duterte sont arrivés en tête des élections de mi-mandat du 13 mai. Le président, élu depuis 2016, a bâti sa réputation de champion de la lutte contre le narcotrafic à l’aide de ses escadrons de la mort chargés d’exécuter les criminels sans autre forme de procès. « Oubliez les droits de l'homme, si je deviens président, ça va saigner », déclarait-il lors de sa campagne.Les élections présidentielles argentines qui se profilent le 17 octobre prochain font réapparaitre le spectre du péronisme, laboratoire du populisme dans les années 40, et 50 avec la figure de Cristina Kirchner, ancienne présidente de 2007 à 2015 qui se présente comme vice-présidente derrière son chef de cabinet, Alberto Fernandez, afin que celui-ci puisse signer une amnistie interrompant les procédures judiciaires qui la visent. Elle doit être jugée dans le cadre de l’affaire de l’attentat à la bombe de 1994 contre l’association juive Amia de Buenos Aires qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés. Elle affiche dans son programme la nationalisation du commerce extérieur et la mise sous tutelle des secteurs de la justice et des médias. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, a

Jun 9, 20191h 2m

Ep 92Élections européennes en Europe / n°91

ÉLECTIONS EUROPÉENNES EN EUROPE :La participation aux élections européennes a progressé dans vingt des vingt-huit pays de l’UE, et de huit points en France, passant de 42,6 % à 51 %. Les pays membres de l’Union où le vote a le plus progressé sont la Pologne et le Hongrie, où la participation a presque doublé, l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie, où elle a augmenté de 10à 14%. Dans les pays « baissiers », l’Irlande, l’Italie, la Belgique, la Grèce, le Portugal, la différence de participation avec 2014 n’est jamais supérieure à 3%Dans plusieurs pays, la progression de l’extrême droite est notable. En Italie, la Ligue de Matteo Salvini est arrivée en tête avec 34,27 % des suffrages, contre 6,15 % en 2014. En Belgique, le score du Vlaams Belang passe de 5,60 à 11,45%. En Espagne, Vox, formation créée il y a six ans, a presque quadruplé son score, passant de 1,57 % en 2014 à 6,2 %. Mais dans plusieurs autres pays, les résultats des partis d’extrême droite stagnent ou évoluent de façon moins spectaculaire comme en Allemagne où Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu un score en dessous de ses résultats aux élections législatives de 2017 (12,6 %). L’Autriche, éclaboussé par un scandale quelques jours avant le scrutin, a perdu un élu pour le Parti autrichien. En Grande Bretagne,où le taux de participation a été à la fois faible et en hausse, malgré le succès du Brexit party de Nigel Farage, le total des voix obtenues par les formations favorables à un second referendum lui est supérieur (39% contre 33,7% pour les deux partis brexiteurs.Le duopole gauche-droite qui faisait la loi au Parlement depuis la première élection, en 1979, a cessé d’être. Les conservateurs du PPE, parti populaire européen, remportent 180 sièges soit 41 de moins qu’il y a 5 ans. Les sociaux-démocrates comptent 146 sièges soit 45 de moins qu’à la précédente élection.Trois formations eurosceptiques s’imposent dans le paysage politique communautaire : L’Europe des nations et des libertés (ELL) de Marine Le Pen et Matteo Salvini, les conservateurs et réformistes européens (ECR) dominé notamment par des élus polonais, les britanniques de Nigel Farage et du mouvement 5 étoiles obtiennent au total 171 sièges et constituent la deuxième force du Parlement.Les Verts / ALE obtiennent 69 sièges soit 19 de plus qu’en 2014. l’ALDE (alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) remporte 109 sièges contre 67 auparavant. Les partis politiques nationaux doivent reconfirmer leur appartenance aux différentes formations paneuropéennes dans le courant de juin avant la première session du parlement le 2 juillet.Les chefs d’État proposeront un nom pour la présidence de la Commission au Conseil du 20 au 21 juin. Il sera soumis au vote au Parlement européen entre le 15 et le 18 juillet. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 2, 20191h 4m

Ep 91USA-Iran : un autre torchon brûle / Les populismes européens, leurs points communs, leurs divergences et leurs alliés extérieurs / n°90

USA-IRAN : UN AUTRE TORCHON BRÛLE Le 5 mai, après le renforcement des sanctions contre l’Iran par les États-Unis, les tensions entre Washington et Téhéran, déjà exacerbées depuis un an, par le retrait des États-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien, se sont accrues. L’option du conflit armé est arrivée sur la table du bureau ovale, le président Trump déclarant : « Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Ne menacez plus jamais les États-Unis » En réponse à une « menace crédible » de Téhéran, le Pentagone a annoncé début mai l’envoi dans le Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et le déploiement d'une force de bombardiers, puis, quelques jours plus tard, l'envoi d'un navire de guerre transportant notamment des véhicules amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot. Mercredi 8 mai, l’Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015, tandis que l'administration Trump a renforcé ses sanctions contre l'économie iranienne. Mercredi 15 mai, en raison d’une “menace imminente” de l’Iran, le département d’État américain a décidé le rapatriement du personnel gouvernemental non essentiel de l’ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil, au Kurdistan irakien. Selon le New York Times, Washington aurait été alarmé par des images aériennes montrant des missiles assemblés sur des bateaux dans le Golfe Persique. Les cours du pétrole ont terminé sur une note mitigée lundi sur le marché new-yorkais Nymex, partagés entre la crainte d'un ralentissement de la demande liée au conflit USA-Chine d'une part, et les tensions au Moyen-Orient, ainsi que la perspective d'un maintien des baisses de production de l'Opep, de l'autre. Face au durcissement des sanctions américaines, la question du devenir du pétrole iranien demeure. ***« Les populismes européens, leurs points communs, leurs divergences et leurs alliés extérieurs »Samedi 18 mai, à l'invitation du ministre italien de l'intérieur Matteo Salvini, les nationaux-populistes européens se sont rassemblés à Milan à une semaine des élections. Douze leaders de partis europhobes se sont exprimés à la tribune dont Marine Le Pen au nom du Rassemblement national. Les chefs de l'AfD allemande, des Vrais Finlandais, le néerlandais Geert Wilders, patron du parti de la liberté, et bien d'autres, étaient aussi à Milan. La Lega de Matteo Salvini et le Rassemblement national de Marine Le Pen s’activent depuis plusieurs mois pour réunir le plus d’alliés possible au Parlement européen. Néanmoins, la coalition Salvini-Le Pen ne rassemble pas l’ensemble de l’extrême droite et ses efforts pour séduire le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, ou le PiS, au pouvoir en Pologne sont sans effet. Des organisations plus extrémistes sont par ailleurs en mesure d’accéder au Parlement européen tout en étant pour la plupart d’entre eux partisans de sortir de l’UE : le Jobbik hongrois (ancien allié du Front national), l’Aube dorée grecque et sa branche chypriote (ELAM), des Slovaques de Notre Slovaquie et des Slovènes du Parti national. La réunion de Milan a, en outre, été ternie par les révélations de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel datant de la veille. Une vidéo de parfaite qualité, datant de 2017, montre le futur vice‐chancelier autrichien, Heinz‐Christian Strache, offrant à une jeune femme qu’il pense liée à un oligarque russe des contrats publics lucratifs en échange d’un soutien financier à son parti. M. Strache discute également de la possibilité pour l’investisseur russe de prendre le contrôle d’un quotidien populaire autrichien afin de soutenir son parti d’extrême droite, le FPÖ, et évoque la stratégie de contrôle des médias du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Ces révélations baptisées “Ibiza-gate” ont provoqué un séisme politique en Autriche où M. Strache a démissionné de ses fonctions de vice‐chancelier et de chef de parti, entrainant le départ de tous les ministres du FPÖ et laissant la liste des candidats de sa formation affaiblie alors que ce parti était un maillon important dans la stratégie de constitution d’un groupe eurosceptique au Parlement européen, après les élections des 23 et 26 mai. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 26, 20191h 3m

Ep 90L’Europe au pied du mur / Chine - États-Unis : le torchon brûle / n°89

L’EUROPE AU PIED DU MUR : Lundi 13 mai, a débuté la campagne officielle pour les élections européennes. Les Européens s'attendaient à n'élire plus que 705 eurodéputés mais la sortie du Royaume-Uni ayant été repoussée au 31 octobre 2019, ce sont donc toujours 751 parlementaires qui devraient siéger à Strasbourg. En France, 34 listes comprenant chacune 79 noms s'affrontent en vue du scrutin des 25 et 26 mai prochains. Un nombre de listes record et néanmoins inférieur aux 41 listes engagées en Allemagne où il n’y a pas de seuil d’éligibilité tandis qu’en France, le rétablissement d’une circonscription nationale unique était censé limiter le nombre de listes. Cette profusion ne profite pas aux eurosceptiques en Allemagne où le vote qui se profile est un "oui" massif pour l'Europe : les formations pro-européennes recueilleraient entre 69 et 76% des voix. En France, La République en marche (LREM) et le Rassemblement national (RN) font la course en tête avec près de 22% d'intentions de vote chacun, devant Les Républicains à environ 11% mais aussi quantité de petites formations politiques telles que l'Alliance jaune de Francis Lalanne, ou une liste Espéranto prônant "une démocratie linguistique en Europe". L’intérêt des Français pour le scrutin du 26 mai prochain reste bas avec un taux de participation attendu à 41 %, niveau inférieur à celui enregistré en 2014 (42,4 %). 68% des Français âgés de 18 à 25 ans expriment leur désintérêt pour le scrutin prévu. En Italie, la campagne des européennes a démarré tardivement, signe de l’intérêt mesuré qu’on lui porte, même si la question de l’Europe et notamment de la question migratoire demeure un enjeu de taille. Parmi les 18 listes qui s’affrontent, les sondages donnent la Ligue, parti europhobe du ministre de l’intérieur Matteo Salvini, en tête des intentions de vote avec 32 % tandis que le Parti Démocrate qui se relance avec son nouveau leader, Nicola Zingaretti, pourrait obtenir 22 % des voix. Un résultat cuisant pour le vice-premier ministre Luigi di Maio. ***Chine - Etats Unis : LE TORCHON BRÛLE Vendredi 10 mai, les États-Unis ont mis à exécution une menace qu'ils brandissaient depuis plusieurs mois : le passage de 10 % à 25 % des taxes douanières sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés. Trois jours après Pékin a riposté en décrétant que des droits de douane supplémentaires affecteront 60 milliards de dollars (53 milliards d'euros) de biens américains. Échelonnés de 10 % à 25 %, ils visent 5.140 produits, a averti lundi le ministère des Finances chinois. Ces mesures, décrétées de part et d'autre du Pacifique, marquent la fin d'une session de tractations infructueuses. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont interrompues à Washington, vendredi 10 mai, sans que les deux parties puissent parvenir à un résultat. Ce regain de tension a effrayé les marchés financiers. A l'annonce des représailles chinoises, le Dow Jones perdait 2,5 % et le Nasdaq 3,4 %, tandis qu'à Paris le CAC 40 avait reculé de 1,22 % et à Francfort, le Dax, de 1,52 %. L'escalade des tensions entre Washington et Pékin a fait chuter la devise chinoise à son plus bas de l'année, entraînant dans son sillage la chute d'autres monnaies émergentes comme le won coréen ou le dollar taïwanais. Donald Trump entend de réduire le déficit commercial étatsunien (environ 380 milliards de dollars en 2018) mais aussi obtenir la protection de la propriété intellectuelle américaine et mettre fin aux transferts de technologies et aux subventions chinoises aux entreprises publiques. En témoignent l’envoi des navires de guerre dans le détroit de Taïwan ou encore la volonté affichée de réduire à néant les ambitions des équipementiers des télécoms Huawei et ZTE aux États-Unis. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 19, 20191h 0m

Ep 89Bada #13 - Au Bénin, accident ou symptôme?

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Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 12 mai 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 17, 201923 min

Ep 89Au Bénin, accident ou symptôme? / n°88

Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 12 mai 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 12, 20191h 1m

Ep 88Après Macron, Philippe / Le Japon dans une nouvelle ère / n°87

APRÈS MACRON, PHILIPPE Alors, que le président de la République a livré jeudi 25 avril, ses conclusions du Grand débat national lors de la première conférence de presse de son quinquennat, se pose désormais la question de la « faisabilité » des propositions annoncées et d’une réconciliation effective avec les français. Comme l’écrit Le Figaro : « Il revient désormais au Premier ministre de traduire ses intentions en actes. D’autant plus que, sur un certain nombre d’annonces - baisse de l’impôt sur le revenu, suppression des niches fiscales, (celles des entreprises), suppression des « organismes inutiles », « nouvel acte de décentralisation » -, les modalités comme le calendrier de la mise en œuvre restent à définir. » S’y ajoute le financement des baisses d’impôt annoncées Le Premier ministre a annoncé, pour juin, le vote de la loi sur l’assurance chômage, pour juillet la loi bio-éthique avec la question de la P.M.A ainsi que la proposition de réforme constitutionnelle. Au début de l’automne, la suppression de l’ENA sera examinée, ainsi que les dispositions pour lutter contre la fraude fiscale. La réforme des retraites sera proposée à la fin de l’été, après que le rapport Delevoye sur cette question aura été remis en juillet. Édouard Philippe a lancé « la mobilisation nationale et territoriale pour l’emploi qui doit « réunir l’ensemble des acteurs concernés, partenaires sociaux, organisations syndicales, organisations patronales, les associations d’élus, les associations qui accompagnent la transition énergétique pour réfléchir collectivement au niveau national, puis localement au niveau territorial à la façon dont nous pouvons collectivement nous mobiliser pour atteindre les objectifs ambitieux en matière de retour au plein emploi et en matière d’accompagnement des transitions écologiques » En mai se tiendra le premier « conseil de défense de la transition écologique » et en juin la première convention citoyenne sur le climat avec des citoyens tirés au sort.*** LE JAPON DANS UNE NOUVELLE ÈRE Le 30 avril, l’empereur japonais Akihito âgé de 85 ans, a abdiqué alors qu’il était installé sur le trône du chrysanthème depuis 30 ans. La cérémonie d’abdication aura lieu le 22 octobre, en présence de dignitaires du monde entier. C’est le Premier ministre, Édouard Philippe, qui représentera la France. Avec l’intronisation du prince héritier Naruhito, le Japon entre dans la nouvelle ère, Reiwa (“belle harmonie”). Au cours de l’ère précédente -appelée Heisei - le couple impérial est devenu plus proche des citoyens. Les images de l’impératrice agenouillée à côté des sinistrés de la catastrophe nucléaire de Fukushima de 2011 ont marqué les esprits tant cette image était jugée impensable auparavant. Malgré cette image plus positive dont bénéficie aujourd’hui Akihito, il n’en demeure pas moins que le pays est en état d’essoufflement. Akihito a, en effet, pris ses fonctions en 1989, alors que la croissance économique du Japon était à son sommet. L’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo atteignait son plus haut score en décembre de cette même année. Les économistes prédisaient alors que le Japon dépasserait les États-Unis avant la fin du siècle, pronostic que sont venues invalider l’éclatement des bulles financières et foncières au début des années 1990, la crise asiatique de 1997, la crise mondiale de 2008, puis la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. Aujourd’hui, le Japon continue de faire face à plusieurs problèmes sous-jacents : un taux de chômage élevé, un allongement du temps de travail, une explosion du nombre de travailleurs irréguliers, un fort déclin démographique et un manque d’ouverture à l’international. Le pays est confronté à des menaces sécuritaires croissantes et apparaît stratégiquement isolé face à une Chine de plus en plus agressive qui semble disposer de moyens illimités à consacrer à l'expansion de son Armée populaire de libération (APL). Par ailleurs, les sommets entre Donald Trump et Kim Jong-un ont marginalisé le Japon, jusqu'à le faire douter de la solidité de son alliance avec les États-Unis. Face à cette montée des menaces régionales, le budget de la défense nippon atteindra en 2019 le chiffre record de 47 milliards de dollars. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 5, 201959 min

Ep 87La conférence de presse d’Emmanuel Macron #86

La conférence de presse d’Emmanuel Macron : Jeudi 25 avril à 18h, le président de la République a donné sa première conférence de presse du quinquennat afin de présenter ses conclusions du Grand débat national. Emmanuel Macron a dévoilé quatre « orientations » pour le « nouvel acte » qu’il souhaite proposer aux Français. Elles portent sur la représentation démocratique, la justice fiscale, l’écologie et le projet national français. Le calendrier de sortie de ce grand débat avait été chamboulé par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi 15 avril. Tandis que le président annulait son allocution, la presse annonçait une bonne partie des mesures qu’Emmanuel Macron a confirmées jeudi dernier : réindexation sur l’inflation des retraites de moins de 2 000 euros, baisse de l’impôt sur le revenu des classes moyennes, suppression de certaines niches fiscales des entreprises et suppression de l’École nationale d’administration (ENA), décision à laquelle 63 % des Français se sont déclarés favorables dans un sondage Harris Interactive-Epoka. Le chef de l’État veut mettre fin aux grands corps et repenser la formation de la haute fonction publique en écho à l’un des 4 sentiments majoritaires exprimés durant le Grand Débat le « sentiment d'abandon et de perte de confiance dans les élites ». Emmanuel Macron a affirmé qu’aucun hôpital ni aucune école ne fermera « sans l’accord du maire » et il a annoncé la mise en place d'un dispositif de recouvrement par les CAF des pensions alimentaires impayées alors que 30 à 40% d’entre elles ne sont aujourd’hui pas correctement versées. Il souhaite plafonner le nombre d’élèves de la grande section de maternelle au CE1 à 24 élèves sur tout le territoire national. Il prône également un accès facilité au référendum. En ce qui concerne le climat, Emmanuel Macron a annoncé la création d'un « conseil de défense écologique » sur le modèle du conseil de défense qu'il réunit chaque semaine. Au sujet des retraites, il estime que le gouvernement devrait mettre en place un système de retraite par points. Le président s’est opposé au référendum d’initiative citoyenne (RIC) tout comme à la reconnaissance du vote blanc. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 28, 201957 min

Ep 85Thématique : la Syrie, avec Joseph Bahout / n°85

Avec le soutien de MMA Joseph Bahout, est spécialiste du Moyen Orient, professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris et chercheur à l’Académie diplomatique internationale, il a travaillé avec divers instituts, notamment avec le Carnegie endowment for international peace et nous allons avec lui essayer d’éclairer la situation de la Syrie et des Syriens.       Le 23 mars denier, l’organisation État islamique (EI) a perdu le réduit syrien de Baghouz, repris par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et leurs alliés occidentaux. Ce hameau situé à la frontière entre l’Irak et la Syrie, constituait sa toute dernière emprise territoriale. Après avoir construit une vaste entité politique à cheval sur les territoires de ces deux pays, le califat proclamé en juin 2014 à Mossoul a été militairement vaincu. Il ne cesse pour autant de représenter une menace pour la stabilité régionale. Les forces kurdes, réunies dans les Forces démocratiques syriennes (FDS) soulignent que Daech est loin d'être éliminé définitivement. Elles insistent sur le soutien populaire qui persiste dans les zones que l'organisation contrôlait autrefois ainsi que sur l'existence des cellules dormantes constituées par des islamistes qui se retirés dans des zones hors contrôle et vers l'Irak. Par ailleurs, la situation humanitaire est dégradée dans les camps gérés par les Kurdes et la Croix-Rouge où s'entassent des femmes et des enfants de jihadistes. Les forces kurdes doivent à elles seules gérer environ 10 000 combattants de Daech emprisonnés et des milliers d'enfants sans identité. A ce titre, elles ont à plusieurs reprises demandé de l'aide à la communauté internationale et aux États dont certains prisonniers sont ressortissants mais leur appel n'a pas débouché sur un soutien concret.       Au plan international, le retour des jihadistes divise les États. Bien loin de l’entente qui a permis de défaire Daech militairement, chacun traite le problème de manière unilatérale. Alors que le 17 février, Donald Trump demandait à ses alliés de ramener chez eux pour les juger les combattants détenus en Syrie, les pays de la coalition montrent peu d’enthousiasme quant au retour de leurs citoyens. Tandis que le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, soutenait en février «que les nationaux allemands ne pourront revenir que si l’on peut s’assurer qu’ils soient directement placés en garde à vue, ce qui n’est pas garanti», la Belgique souhaite, quant à elle, que les procès se déroulent sur les lieux des crimes. Le 28 mars, le gouvernement danois a proposé une accélération de la procédure de déchéance de nationalité pour les combattants binationaux et souhaite que les enfants de ces combattants, nés dans les zones de combat, soient également privés de la nationalité danoise. La ministre française des armées, Florence Parly, a déclaré que « les djihadistes français partis combattre dans les rangs du groupe État islamique en Syrie et en Irak n'ont pas vocation à être jugés en France, même ceux détenus au Kurdistan syrien ». Lors du G7, qui s’est tenu du 5 au 6 avril dernier, un rapprochement a néanmoins été opéré sur la lutte contre l'utilisation d'internet par les groupes extrémistes. Les pays membres se sont mis d'accord sur la nécessité de "tout mettre en œuvre pour empêcher la dispersion des combattants terroristes étrangers et de leurs familles" et de veiller à ce que ceux qui doivent être jugés et condamnés "le soient fermement". Le Kazakhstan, la Russie et le Soudan font partie des rares pays à assurer le retour de certains nationaux, principalement les femmes et les enfants.         L’heure n’en est pas encore non plus au retour au pays pour les réfugiés syriens dispersés de la Turquie à la Jordanie, en passant par l’Allemagne et le Liban. Ils sont 5,7 millions de réfugiés syriens dans le monde dont 5,3 millions sont répartis dans les pays voisins.   Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 21, 201959 min

Ep 86Bada #12 - Grand débat, la fin du commencement; Brexit le commencement de la fin

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Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 17, 201919 min

Ep 86Grand débat, la fin du commencement; Brexit le commencement de la fin / n°84

B Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 14, 20191h 6m

Ep 84Thématique : derrière l'affaire Carlos Ghosn, avec Philippe Riès / n°83

Philippe Riès est journaliste, en poste une première fois au Japon de 1985 à 1989, et a dirigé le département économique de l’Agence France Presse de 1990 à 1996, pour finalement prendre ses fonctions de directeur du bureau de l’AFP de Tokyo alors même que l’Alliance entre Renault et Nissan était annoncée le 29 mars 1999. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont "Citoyen du Monde", publié en 2005 et co-écrit avec Carlos Ghosn, "Cette crise qui vient d'Asie" en 1998 et "Le jour où la France à fait faillite" en 2006 (avec le regretté Philippe Jaffré). Le 30 janvier 2019, il fait paraitre un article dans le Financial Times dans lequel il réagit avec virulence à l’emprisonnement de Carlos Ghosn. Carlos Ghosn est arrêté le 19 novembre 2018 alors qu’il vient d’atterrir à Tokyo. Il est accusé de malversations financières et placé en garde à vue à la prison de Kosuge. Les 22 et 26 novembre, les conseils de Nissan et Mitsubishi le démettent de ses fonctions de président. Il est remis en liberté le 6 mars 2019 après plus de trois mois passés en prison et contre le paiement d’une caution de huit millions d'euros. Le 12 mars, les trois membres de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors annoncent la création d'un nouveau « conseil opérationnel » pour coordonner leurs opérations signant ainsi la fin définitive de l'ère Carlos Ghosn Au-delà de la spectaculaire mésaventure d’un puissant tycoon, cette affaire replace l’industrie automobile mondiale sur le devant de la scène. Dans ce secteur, 8 pays représentent à eux-seuls, 70% du total des ventes mondiales : l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Des alliances sont venues renforcer la position des têtes de proues. Tel est le cas de la France et du Japon qui ont associé Renault et Nissan en 1999 auquel s’est ajouté Mitsubishi depuis 2017. Régulièrement classée parmi les quatre premières vendeuses mondiales, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi atteint au premier semestre 2017, la première place devant Volkswagen AG, Toyota et General Motors avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan. Toutefois, l’industrie automobile qui surfait sur une vague de croissance ininterrompue depuis la crise de 2008-2009 semble être entrée depuis l’été 2018 dans une période de ralentissement. Les chiffres mondiaux de production pour la première moitié de l’exercice fiscal de Nissan montrent par exemple une baisse de 6 % avec des reculs qui atteignent 14 % au Japon et 9 % aux États-Unis. Le secteur de l’automobile mondiale n’est pas épargné par les bouleversements que connaissent les autres industries. Selon la 19ème étude annuelle de KPMG sur les tendances clés du secteur automobile à travers le monde, trois enjeux cruciaux se dessinent : la transition vers le véhicule électrique, la digitalisation qui ouvre de nouvelles opportunités de création de valeur et enfin l’arrivée du véhicule autonome et connecté qui questionne les usages de l’automobile. Dès lors, que nous apprend l’affaire Carlos Ghosn face à cette industrie automobile mondiale ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 7, 20191h 1m

Ep 83La Macronie expliquée aux électeurs ; Le rapport Mueller #82

La Macronie expliquée aux électeurs : Lundi 25 mars, le conseiller spécial d’Emmanuel Macron, Ismaël Emelien, a quitté l’Elysée. Depuis plusieurs semaines, de plus en plus de membres du cabinet quittent le palais présidentiel. Barbara Frugier, la conseillère presse internationale, Sylvain Fort, le directeur de la communication, Stéphane Séjourné, le conseiller politique, David Amiel, le bras droit du secrétaire général Alexis Kohler, Fabrice Aubert, le conseiller institutions et action publique, ou encore Ahlem Gharbi, la conseillère Afrique du Nord et Moyen‐Orient. L'entourage direct du président sembleNfragilisé par l'affaire Benalla puis par la crise des « gilets jaunes ». Faisant face aux critiques jugeant l’entourage du président souvent trop jeune et monocolore, Emmanuel Macron a commencé à repeupler son cabinet de figures plus expérimentées telles que Philippe Grangeon, arrivé le 4 février. Optant pour des stratégies variées et face à un entourage mouvant, après presque deux ans au pouvoir, le macronisme demeure encore flou. C’est justement ce que tentent de définir Ismaël Emelien et David Amiel, ex-bras droits respectifs d'Emmanuel Macron et du secrétaire général, Alexis Kohler, dans leur livre « Le progrès ne tombe pas du ciel », paru cette semaine. L'exercice est inédit : jamais un président en fonction n'avait eu à définir sa doctrine. Refusant l’idée que le macronisme est un pragmatisme, les deux auteurs soulignent l’idéologie de ce mouvement parmi laquelle on distingue son progressisme et son combat contre le populisme. A moins de deux mois des élections européennes, ces deux anciens conseillers y défendent à la fois leur vision du progrès, et le bilan du gouvernement. ***Rapport Mueller : Dimanche 24 mars, le ministre de la Justice, William P. Barr, a révélé les résultats de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Après 675 jours de travail, ce dernier n’a pas trouvé de preuve d’une collusion de Donald Trump ou de son équipe avec les Russes en vue d'influencer le résultat de l'élection présidentielle de 2016, Cette conclusion a été rapidement célébrée sur Twitter comme une victoire par le président américain tandis que les leaders démocrates au Congrès exigent la publication du rapport « complet », estimant que le ministre de la justice n’est « pas un observateur neutre ». La menace d’une procédure de destitution du président disparaît néanmoins en ce qui concerne les accusations découlant de l’enquête russe. Le procureur spécial Robert Mueller a, en effet, également cherché à savoir si Trump s'était rendu coupable d'entrave à la justice, en raison du harcèlement et de l'intimidation qu'il aurait exercés sur le ministère de la Justice. À ce sujet, le diagnostic de Mueller ne livre pas de conclusion définitive. Donal Trump n’est donc pas entièrement blanchi. Les commissions de la Chambre vont poursuivre leurs investigations sur une possible entrave à la justice, sans compter d’éventuels abus de pouvoir, malversations ou conflits d’intérêts. Par ailleurs, pléthore d’enquêtes concernant le président américain sont toujours en cours : l’enquête menée par les procureurs fédéraux du district sud de New York concernant le possible achat du silence de deux femmes ayant eu une liaison avec Donald Trump se poursuit tout comme celle sur les soupçons de corruption via les fonds du comité d'investiture de Trump ou les fonds de la Donald J. Trump Foundation. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 31, 20191h 3m

Ep 82Gilets jaunes, syndicats et intellectuels: La Chine : sa stratégie commerciale et diplomatique #81

Gilets jaunes, syndicats et intellectuels Samedi 16 mars 2019, l’acte XVIII, lors de la manifestation des Gilets jaunes, la capitale a été le théâtre de violences spectaculaires. Destructions et pillages sur l’avenue des Champs-Élysées et heurts violents avec la police ont amené l’exécutif à reconnaitre que des « dysfonctionnements » du dispositif de sécurité ont eu lieu. A l'Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a été hué par des députés d'opposition qui ont réclamé sa démission. Il a ensuite du répondre à la commission des lois du Sénat, à majorité de droite, aux côtés de son secrétaire d'État Laurent Nuñez pour s’expliquer sur les défaillances dans les opérations de maintien de l’ordre. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi vouloir « renforcer la fermeté » de la « doctrine de maintien de l’ordre » du gouvernement par de nouvelles mesures qui viendraient compléter celles prévues par la loi « anticasseurs ». L’interdiction de manifestations dans certains lieux géographiques tel que l’avenue des Champs-Élysées, la hausse des contraventions pour attroupement et de nouvelles directives sur l’usage du Lanceur de Balle de Défense (LBD) en sont une illustration. Les militaires de la mission Sentinelle ont été mobilisés pour l’acte XIX de la manifestation des gilets jaunes. Le gouvernement a dénoncé des « consignes inappropriées », données à la préfecture de police de Paris, sur l’usage du LBD ou sur les méthodes d’intervention, consignes qui auraient été données sans en avertir le ministre de l’intérieur. Le préfet de police, son directeur de cabinet et le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne ont été limogés lundi. Didier Lallement a été nommé à la tête de la préfecture de police, lors du conseil des ministres du mercredi 20 mars.A côté de la recherche de solutions policières, Emmanuel Macron a invité lundi soir une soixantaine de chercheurs et d’essayistes à venir s’exprimer à l’Élysée soulignant ainsi le rôle central des « intellectuels » face à une société en crise. Parallèlement à cela, suite à l’appel de plusieurs syndicats, dont la CGT et Force ouvrière, plus de 100.000 de personnes ont manifesté, mardi 19 mars, pour réclamer plus de pouvoir d'achat et défendre les services publics. Alors même que les réunions locales du grand débat national se sont clôturées, et après plus de quatre mois de manifestations des gilets jaunes, les syndicats semblent se remobiliser pour faire entendre les revendications des Français qui demeurent majoritairement centrées sur la fiscalité.****La Chine : sa stratégie commerciale et diplomatiqueXi Jinping, le président chinois, est en visite en Europe du 21 au 26 mars où il se rendra en Italie, puis à Monaco et en France où il est accueilli par Emmanuel Macron ce dimanche, à Nice.A Rome, Xi Jinping a signé ce vendredi 22 mars avec le gouvernement italien un protocole d’accord qui fera de l’Italie le premier pays du G7 à endosser la stratégie chinoise du « Belt and Road Initiative » (BRI). Ce grand programme de prêts chinois mis en place depuis 2013 est destiné à financer, partout dans le monde, la construction de ports, de voies de chemin de fer ou de nouvelles routes commerciales, de nouvelles routes de la soie. Dans cette Europe divisée, le régime chinois utilise par ailleurs depuis 2012 le format dit « 16+1 » réunissant la Chine et 16 pays d'Europe centrale et orientale pour coopérer sur ces nouvelles routes de la soie. Ce groupe de pays se réunira à Dubrovnik (Croatie) le 16 avril prochain.A Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement européens se saisissent de la question chinoise. Emmanuel Macron avait estimé la semaine dernière que les Européens devaient avoir « une approche coordonnée » face à la Chine. Le Parlement européen a voté jeudi 14 mars un règlement qui prévoit d'organiser une meilleure surveillance des investissements étrangers dans l'Union européenne tandis que la commission européenne a proposé un document contenant dix plans d’action pour se défendre face à « la puissance économique et à l’influence politique croissantes » de Pékin. La Chine est, en effet, une figure de proue dans le secteur de l’innovation. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) qui a publié lundi son rapport annuel, en 2018, l’Asie a généré à elle seule, plus de la moitié des demandes internationales de dépôt de brevet. Par ailleurs, alors que le groupe de téléphonie chinois Huawei est devenu un acteur majeur dans le développement de la 5G, les pays occidentaux s’inquiètent que ces infrastructures puissent servir Pékin en favorisant l’espionnage et le sabotage. La situation des pays européens est d’autant plus compliquée que Donald Trump a fait de l’affaire Huawei un levier de négociation dans la guerre commerciale qu’il livre à la Chine. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux lié

Mar 24, 20191h 4m

Ep 81Brexit, No Brexit, Brexit… ; Europe : l'Allemagne prend ses distances #80

Europe : l'Allemagne prend ses distances : Dimanche 10 mars, la dirigeante de l'Union chrétienne- démocrate (CDU), Annegret Kramp-Karrenbauer, dite « AKK », a répondu aux propositions de réforme de l'Union européenne d'Emmanuel Macron dans une tribune confiée à Die Welt am Sonntag. Ni la chancelière Angela Merkel (CDU) ni le vice- chancelier Olaf Scholz (SPD) n’avaient réagi à la tribune d’Emmanuel Macron. A plus large échelle, il s’agit de la première réponse approfondie à l’initiative française en Europe. Dans cette tribune intitulée « Faisons l’Europe comme il faut », disponible en six langues sur le site de la CDU, AKK rejette la proposition avancée par le président français d’un « bouclier social » à l’échelle de l’UE et soutient que l’idée d’un salaire minimum européen est une mauvaise approche. Elle réclame une nouvelle fois que le siège de la France au Conseil de sécurité de l’ONU soit attribué à l’Europe, proposition qui avait déjà irrité la France lorsqu’elle avait été lancée par Olaf Scholz. La dirigeante de la CDU reprend par contre l’idée d’un Conseil de sécurité européen incluant la Grande‐Bretagne et suggère de créer un porte‐avions européen. Comme le président français, Annegret Kramp-Karenbauer évite la question de la réforme de la zone euro, tout en apportant son soutien à l’union bancaire. Sur les sujets de l’innovation, du climat et de la taxation du numérique, des positions communes sont possibles. Le fait que cette tribune émane de la présidente de la CDU et non pas de la chancelière Merkel est interprété à Berlin comme un signe supplémentaire de la volonté d’Angela Merkel de passer la main à AKK. Cette dernière ne fait cependant pas l’unanimité au sein du gouvernement de coalition au pouvoir. Plusieurs cadres du SPD menacent de mettre fin à la grande coalition gouvernementale, si la chancelière allemande anticipait son départ au profit d'AKK. ****Brexit, No Brexit, Brexit… Mardi 12 mars, par 391 voix contre 242, l’accord de Brexit conclu par la Première ministre britannique, Theresa May, avec l’Union européenne (UE) a été rejeté pour la deuxième fois par la Chambre des communes. Bien que le nombre de voix favorables à l’accord de Theresa May ait augmenté depuis le premier refus du 15 janvier 2019, la question de la frontière irlandaise, demeure un point de discorde majeur entre les deux parties. Mercredi 13 mars, par 321 voix contre 278, les députés britanniques ont rejeté le scénario d’une sortie de l'UE sans accord. Le vote contre ce « no deal » a cependant mis en lumière la division qui règne au sein du parti conservateur auquel appartient la Première ministre. Un amendement déposé par la conservatrice Caroline Spelman a été adopté à une courte majorité (312 voix contre 308). Il exclut tout « no deal » quelles que soient les circonstances. Ce texte n'a pas de caractère contraignant, mais intensifie la pression exercée sur Theresa May, afin qu'elle écarte la piste d’une sortie sans accord. Jeudi 14 mars, les communes ont voté contre un second referendum et en faveur du report de la date butoir du 29 mars au 30 juin, si les députés approuvent d'ici le 20 mars l'accord de retrait de l'UE de Theresa May, qu'ils ont déjà retoqué à deux reprises. Si l'accord est recalé à nouveau, le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera l'organisation des élections pour le parlement européen en mai. Les dirigeants européens ont prévenu que cette extension devrait être « motivée. « Le Royaume-Uni doit nous dire ce qu'il veut pour notre relation future, a indiqué mercredi le négociateur de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier. . Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 17, 20191h 2m

Ep 80Bada #11 - Macron, l'Europe au pied de la lettre? & Corée / Etats-Unis: point mort ou marche arrière?

bonus

Les questions du public de l'emission du 10 mars 2019Émission enregistrée en public à l’Ecole alsacienne le 10 mars 2019 en présence de François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France ; Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne et Jean-Louis Bourlanges . Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 13, 201928 min

Ep 80Macron, l'Europe au pied de la lettre? ; Corée / Etats-Unis: point mort ou marche arrière? #79

Macron, l'Europe au pied de la lettre? Lundi 4 mars, Emmanuel Macron a fait paraitre dans les médias des 28 États membres de l’UE une tribune intitulée « Pour une Renaissance européenne ». Il y met en avant des propositions ordonnées en trois thèmes : « la liberté, la protection et le progrès ». Le chef de l’État veut « remettre à plat » l’espace Schengen avec la création d’une authentique police des frontières communes et un office européen de l’asile. En matière économique, il souhaite une redéfinition de la politique de concurrence avec encorollaire l’affirmation d’une « préférence européenne ». Emmanuel Macron propose par ailleurs la création d’une banque européenne du climat pour financer la transition écologique ainsi qu’une Agence européenne de protection des démocraties contre les ingérences étrangères notamment en ce qui concerne les élections. En France, ces propositions ont suscité une fracture à droite de l’échiquier politique. Dans les colonnes du « Figaro », l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé son soutien au président de la République ; une prise de position qui nécessite une « clarification » selon François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains aux élections européennes. Laurent Wauquiez s’est, quant à lui, opposé à la « Renaissance européenne » d’Emmanuel Macron en ripostant par sa propre tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde ce samedi. De son côté, le parti de centre-droit Agir, qui s’est toujours défini comme « Macron-compatible », a confirmé qu’il soutiendrait « la liste de rassemblement » LREM pour les élections européennes. En Europe, le volontarisme du président français est applaudi mais des réserves s’expriment quant à l’hypothèse de réformer l’espace Schengen. Les Premiers ministres belge, slovaque ou finlandais, qui ont salué le texte de M. Macron, se sont gardés de s’exprimer sur ce point. En Allemagne, des responsables de la CDU, du SPD et des Verts ont appelé le gouvernement à répondre aux propositions d’Emmanuel Macron. Le gouvernement hongrois a, quant à lui, fait part de son scepticisme tandis qu’en Italie c’est par le silence qu’ont régi les actuels dirigeants du pays. Une stratégie qu’ils avaient déjà employé la veille de la publication de la tribune, lorsqu’Emmanuel Macron avait accordé une interview à la chaine de télévision italienne « Rai Uno ». ****Corée / Etats-Unis: point mort ou marche arrière? Mercredi 27 février, le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen, Kim Jong-un se sont rencontrés à Hanoï au Vietnam. Leur première rencontre, le 12 juin 2018 à Singapour, avait débouché sur une déclaration stipulant « la dénucléarisation de la péninsule » sans que soient annoncés des engagements datés et définis. Huit mois plus tard, les progrès de la dénucléarisation se font toujours attendre et aucun nouvel accord n’a pu être trouvé lors de ce second sommet au Vietnam. Selon les dires de Donald Trump, la Corée du Nord aurait demandé la levée totale des sanctions de l’ONU précipitant ainsi le départ du président américain qui s’y oppose fermement. Jeudi 28 février, la Corée du Nord a cependant nié pareille réclamation et elle a affirmé n’avoir fait porter sa demande que sur la moitié des sanctions votées par l’ONU depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006. Vendredi 1er mars, seulement deux jours après le sommet, les services de renseignements sud-coréens et deux centres d'études américains ont constaté un regain d'activité sur le site nord-coréen de Sohae, en sommeil depuis 2018. Cette information fait craindre de prochains tests de missiles balistiques intercontinentaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 10, 20191h 5m

Ep 79L’agriculture et ses enjeux ; L’Algérie s'agite #78

L’agriculture et ses enjeux : Le 56ème Salon de l’agriculture a ouvert ses portes le 23 février dernier à Paris pour 10 jours. Emmanuel Macron y a souligné l’excellence de l’agriculture française, mais surtout européenne, qu’il considère comme le seul rempart contre la concurrence des géants américains ou asiatiques. Le président s’est exprimé durant une heure devant près de 500 personnes, dont une moitié de jeunes agriculteurs venus de pays européens. Il a appelé à « réinventer » la politique agricole commune (PAC) pour défendre la souveraineté alimentaire européenne. Emmanuel Macron a également évoqué la question du glyphosate, un herbicide déclaré « cancérigène probable chez l’homme » en mars 2015, par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il a rappelé son engagement d’en interdire l’utilisation d'ici trois ans et annoncé que le vignoble français, pourrait devenir le premier vignoble au monde « sans glyphosate ». En France, la viticulture reste en effet le secteur le plus gourmand en produits phytosanitaires : 20 % des quantités consommées pour 3 % de la surface agricole utile. La viticulture biologique a toutefois le vent en poupe, avec 9 % des vignes, plaçant la France en troisième position pour la production viticole biologique après l'Italie et l'Espagne. Cet engouement pour les pratiques bio est en phase avec le choix d’une part croissante de Français en faveur de nouveaux modèles de consommation plus respectueux de la santé et de l’environnement. C’est le sens de l’appel à un lundi vert, sans viande, lancé début janvier par un collectif de 500 personnalités ainsi que de la récente campagne de l’association interprofessionnelle du bétail et des viandes « aimez la viande, mangez-en mieux ». Une autre tendance de fond observée est celle de l’engouement pour le mouvement locavore, qui prône la consommation de nourriture produite près de chez soi. Plusieurs agriculteurs ont interpellé le président sur la faiblesse de leurs revenus. Depuis la fin des quotas laitiers européens en 2015, les éleveurs ont dû faire face à une hausse de la production qui a fait s'effondrer les cours mondiaux du lait. Au-delà des éleveurs, le mal être du monde paysan se traduit par un taux de suicide très élevé : un agriculteur se suicide tous les deux jours. ***L’Algérie s’agite : Le 10 février, Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 1999, a annoncé dans une « lettre à la Nation » son intention de briguer un 5ème mandat présidentiel le 18 avril prochain. Sa candidature a été plébiscitée par son parti, le FLN (Front de Libération Nationale). Régulièrement hospitalisé depuis 2005, puis victime d’un AVC en 2013 Abdelaziz Bouteflika est absent de la scène politique. Il ne fait plus que de rares apparitions et ne s’exprime plus en public. L’article 88 de la constitution algérienne prévoit que le président peut être destitué s’il n’est pas en mesure d’exercer ses fonctions “pour cause de maladie grave et durable” mais l’application de cet article est soumise à l’approbation unanime des membres du conseil constitutionnel dont une partie est proche du clan Bouteflika. Face à cette candidature, un mouvement de contestation est parti des réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical et autour d’un seul mot d’ordre : « Non au 5e mandat ». Bien que les manifestations soient interdites, les cortèges ont fleuri à Alger. Ils étaient composés majoritairement de jeunes. Déjà en 2014, à travers le mouvement Barakat (« ça suffit ») la jeunesse s’opposait au 4ème mandat du président Bouteflika. La mobilisation prend aujourd’hui de nouvelles dimensions à mesure que les corporations s’organisent. Les avocats ont occupé le tribunal d’Alger-centre pour exprimer leur hostilité à « la présidence à vie » tandis que les journalistes des médias publics ont observé des arrêts de travail pour protester contre la censure. Les protestations ont augmenté de manière significative en Algérie au cours de ces dix-huit derniers mois, en dépit de la répression, des interdictions de manifester et de se réunir. Les manifestants sont excédés par les injustices sociales et les abus du pouvoir dans un pays gangréné par la corruption. En Algérie, le printemps arabe n’a été porteur d’aucune forme de changement, qu’il soit économique ou politique. Une tentative de changement de régime avait eu lieu début 2011 mais, sévèrement réprimées, les manifestations n’ont duré que quelques mois et sont restées sans lendemain. La population algérienne, dont 30% est au chômage et dont la moyenne d’âge est 27 ans, subit les conséquences de la dépendance du pays à l’exportation d’hydrocarbures dont les revenus sont en baisse.Ce dimanche 3 mars, des messages sur les réseaux sociaux incitent à une journée de désobéissance civique, alors qu’Abdelaziz Bouteflika dépose sa candidature officielle. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à

Mar 3, 20191h 4m

Ep 77Face à la haine antisémite ; Syrie : les casse-tête de l’après Daech #77

Face à la haine antisémiteMardi matin, la préfecture du Bas-Rhin a annoncé la découverte de 96 tombes profanées dans le cimetière juif de Quatzenheim, au nord-ouest de Strasbourg. Un acte qui vient s’ajouter à la longue liste des agissements antisémites : qu’il s’agisse du meurtre de Mireille Knoll, de la dégradation du mémorial d’Ilan Halimi, des croix gammées sur des portraits de Simone Veil, de l’inscription Juden sur la vitrine d’un Bagelstein ou des insultes envers Alain Finkielkraut lors de l’acte XIV des Gilets jaunes. Les actes antisémites recensés en France par le ministère de l’intérieur avaient diminué en 2016 et 2017 mais sont de nouveaux en hausse en 2018, passant de 311 à 541 soit une hausse de 74%.Une quinzaine de partis politiques ont appelé les Français à se réunir mardi soir dernier partout dans le pays pour dire « Non à l'antisémitisme ». À Paris, ont défilé, aux côtés du Premier ministre, Édouard Philippe, plus de la moitié du gouvernement et deux anciens présidents de la République : François Hollande et Nicolas Sarkozy auxquels se sont ajoutés des représentants du monde syndical, ainsi que des citoyens anonymes autour du mot d’ordre « ça suffit ! ». D’abord absente des mouvements organisateurs, la France Insoumise a rejoint la liste des participants, contrairement au Rassemblement national qui a organisé son propre hommage aux victimes des actes antisémites.Mercredi soir, lors du diner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Emmanuel Macron a dénoncé une résurgence de l’antisémitisme « inédite depuis la seconde guerre mondiale » après s’être rendu en Alsace dans le cimetière juif profané la veille. Il a annoncé la mise en œuvre prochaine de la définition de l’antisémitisme, la dissolution de trois associations d’extrême droite ainsi que le dépôt en mai d’une proposition de loi contre les propos racistes sur internet.Loin d’être un phénomène isolé en France, l’antisémitisme n‘épargne pas le reste de l’Europe. Le 11 février dernier, en Hongrie, des centaines de néo-nazis se sont rassemblés à Budapest. L’Allemagne qui compte la troisième plus importante communauté juive d’Europe, doit faire face à une montée de l’antisémitisme. En Grande Bretagne, c’est en dénonçant l’antisémitisme de leur leader Jeremy Corbyn que 10 députés ont quitté le parti travailliste.Syrie : les casse-tête de l’après Daech : Samedi 16 février, l’alliance arabo-kurde qui mène les combats dans l’est de la Syrie avec le soutien des États-Unis a annoncé sa victoire « dans quelques jours » sur le groupe djihadiste Daech. Cette annonce, corroborée par les propos de Donald Trump, a cependant été nuancée par le Pentagone pour qui il reste des groupes insurgés actifs aussi bien en Syrie dans le désert de la Badia que dans la région irakienne d’al-Anbar. Mercredi, la voix française de DAECH, Fabien Clain a été tué dans un bombardement.Dans l’Est de la Syrie, le hameau de Baghouz est devenu le théâtre d’une bataille décisive : celle qui doit permettre aux forces démocratiques syriennes et à la coalition internationale menée par Washington de mettre un terme au projet territorial de l’État Islamique. Le califat proclamé en juin 2014 à Mossoul, devrait donc disparaître. Privé de territoire à administrer, l’État islamique n’en est pour autant pas complètement désossé. Il faut encore compter avec ses membres dispersés par-delà les frontières syriennes et avec un certain nombre de combattants infiltrés parmi la population civile souvent utilisée comme bouclier humain.Depuis 2014, au moins 40.000 étrangers dont 1.500 Français auraient rejoint l’État Islamique. 800 hommes 700 femmes et 1.500 enfants sont retenus dans des camps par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, Se pose désormais la question de leur retour au pays. Au Royaume-Uni, la demande de retour de Shamina Begum, une jeune femme partie rejoindre l’État Islamique en 2015 alors qu’elle n’avait que 15 ans, divise le pays. Elle personnifie le dilemme auquel font face les États européens à propos du retour des djihadistes et de leurs familles. Les États-Unis exhortent l’Europe à rapatrier ses ressortissants détenus en Syrie. Lundi dernier, à l’issue du conseil européen des affaires étrangères à Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a annoncé qu’il n’y « aura pas de décision au niveau de l’Union ». Un semblant de consensus semble toutefois se dessiner sur la nécessité de rapatrier les enfants en bas âge. D’autres aspects du problème doivent être désormais pris en compte et négociés dans le cadre d’une gestion des risques : l’attitude de pays tiers pour le cas des binationaux, le cas des femmes ou encore des kurdes.D’abord réticente, la France se dit prête à accueillir environ 130 ressortissants, dont une quarantaine d'ex- combattants. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. P

Feb 24, 20191h 7m

Ep 76Entre grand débat et dérive violente des gilets jaunes : quelle sortie de crise ? ; Les 40 ans de la République islamique d’Iran (#76)

Entre grand débat et dérive violente des gilets jaunes : quelle sortie de crise ? : Samedi 9 février, la 13e journée de mobilisation des Gilets jaunes, a une nouvelle fois été marquée par des violences et des heurts entre forces de l'ordre et manifestants. Ils étaient 51.000 mobilisés en France dont 4.000 à Paris où 39 personnes ont été interpelées. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a dit son dégoût lorsqu’un véhicule de l’opération Sentinelle a été incendié tandis qu’un collectif d’avocats dénonçait l’utilisation de grenades de dispersion qui ont encore fait un blessé et en demandaient l’interdiction. Depuis trois mois, malgré une mobilisation en baisse, le mouvement des gilets jaunes, infiltré par les casseurs, draine son lot d’images choquantes agrémentées de vitrines cassées, de blessés et de voitures brulées. Les préjudices subis par les commerçants et l’espace public s’accumulent alors que l’association France urbaine, qui réunit les élus des grandes villes et métropoles françaises, hausse désormais le ton. Elle a demandé dimanche dernier l’organisation “d’une réunion d’urgence avec le gouvernement pour évoquer des aides et des indemnisations pour compenser les pertes”. Pour ajouter à ce climat de tension, la maison du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a fait l’objet d’une tentative d’incendie. Des proclamations et des symboles antisémites ont resurgis : deux portraits de Simone Veil ont notamment été recouverts de croix gammées à Paris.Malgré cette escalade de violence, les débats organisés en France suscitent un engouement de la part des Français. Le gouvernement recense près de 6.000 réunions locales depuis le lancement du grand débat national le 15 janvier dernier. La première « synthèse intermédiaire » des contributions devrait être achevée mi-mars. Avant de laisser l’Assemblée nationale et le Sénat se pencher sur les propositions des Français, le gouvernement a imaginé cette semaine une étape intermédiaire. Des conférences régionales de citoyens tirés au sort chargés de hiérarchiser les contributions et de réfléchir à des propositions seront organisées. Elles se tiendront les week-ends du 15-16 et du 22-23 mars, du vendredi soir au samedi soir, et seront au nombre de 18 (une par région métropolitaine, cinq pour l’Outre-mer et une dédiée aux jeunes).Chez les gilets jaunes, des listes de candidats aux européennes se préparent, se multiplient, se scindent et s’apostrophent tandis que les contacts entre le vice-Premier ministre et dirigeant du mouvement Cinq Étoiles Luigi Di Maio et des gilets jaunes ont provoqué le rappel de l’ambassadeur de France à Rome.***Les 40 ans de la République islamique d’Iran : Le 11 janvier dernier, il y a eu en Iran 40 ans que l'ayatollah Khomeiny et les siens installaient le premier régime islamique de l'ère moderne, dont la doctrine était résumée par la formule en persan Velâyat-e faqih, suprématie du théologique sur le politique. Le pays fait aujourd’hui face à un bilan économique médiocre dû notamment à la subordination de l'économique au politique, lui-même subordonné au religieux et à une gestion étatiste désastreuse entre népotisme, double marché des changes, contrôle des prix et nationalisations de nombreuses industries. Les sanctions américaines ont achevé de déstabiliser une économie malade de longue date. Dans une population dont 75% n’étaient pas né en 1979, cette situation a provoqué un exil des cerveaux et des entrepreneurs. Le pays est régulièrement secoué par des grèves et des manifestations contre le chômage, la médiocrité des services publics ou encore les coupures d'eau. Elles peuvent basculer dans la dénonciation d'un régime arc-bouté sur la primauté du religieux qui autorise le guide spirituel, gardien de la pureté islamique et révolutionnaire du régime, à trancher de tout et d’abord de la sécurité. Le régime des mollahs, les docteurs de la loi coranique, est éminemment répressif, y compris sous la présidence de Hassan Rohani, réélu en 2017 et présenté à l'Ouest comme modéré. Néanmoins, dans ce pays gangrené par la corruption jusqu’au plus haut niveau institutionnel, les dénonciations publiques de profiteurs du « système » se multiplient sur les réseaux sociaux et n’épargnent pas le clergé.Dans un discours prononcé place Azadi -liberté en persan-, le président Hassan Rohani a affirmé qu'en dépit de tous leurs efforts, les États-Unis ne parviendraient pas à détruire la République islamique. Il a promis la poursuite du développement des missiles balistiques malgré des mises en garde américaines. La rupture diplomatique irano-américaine, officielle depuis avril 1980, s’est installée dans les esprits. La prise d’otages à l’ambassade des États-Unis de Téhéran, entre novembre 1979 et janvier 1981, a traumatisé les Américains et plongé l’Iran dans un isolement international qui dure encore. Fin janvier, pour tenter de rompre cette quarantaine, la France, l’Allemagne et le Royaume‐Uni ont officialisé la mise en place d’un m

Feb 17, 20191h 2m

Ep 75Bada #10 - La loi anti-casseurs; le Pape aux Emirats Arabes Unis

bonus

Enregistrée en public à l’Ecole alsacienne le 10 février 2019 en présence de François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France ; Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote ; Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne . Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 15, 201926 min

Ep 75La loi anti-casseurs; le Pape aux Emirats Arabes Unis (#75)

La loi anticasseurs : Mardi 5 février dernier, la proposition de loi dite « anticasseurs », a été adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale par 387 voix contre 92 et 74 abstentions. Destinée à prévenir les violences lors des manifestations, ce texte, porté par le ministre de l’intérieur Christophe Castaner, est jugé « liberticide » par la gauche. Parmi les 8 articles que contient la loi, l’article 2 qui confère aux préfets le pouvoir d'interdire la participation à une manifestation a provoqué une levée de boucliers notamment chez les juristes. Ce texte est critiqué par les partis d’opposition et par certains membres de la République en marche, dont cinquante députés se sont abstenus mardi dernier sans toutefois qu’aucun n’ait voté contre. Le lendemain, le député en marche, Matthieu Orphelin annonçait qu’il quittait le groupe LREM (Les Républicains en Marche) jugeant que « l’exécutif n’est pas au bon rythme pour être à la hauteur des enjeux climatiques, écologiques et sociaux». Cette nouvelle prise de distance avec le gouvernement à l’occasion du vote de ce texte de loi rappelle les divisions survenues au sein du groupe LREM à propos du projet de loi Asile immigration. Cependant, lors du vote de ce dernier en première lecture, seuls 14 députés LREM s’étaient abstenus. Les débats à l'Assemblée nationale ont cette fois été plus expéditifs à la faveur de la crise provoquée par le mouvement des gilets jaunes. La version du texte adoptée mardi n’est toutefois pas définitive. La proposition de loi devra retourner au Senat début mars et la version finale ne sera donc pas connue avant plusieurs mois. Les accusations qui accompagnent la loi « anticasseurs » rejoignent celles qui avaient fait écho à la loi « contre la manipulation de l’information » en période électorale votée en octobre dernier. Les critiques principales contre ce texte portent sur son inutilité (la loi de 1881 réprime la diffusion de fausses nouvelles), son absence de précision dans la définition du délit et le pouvoir donné au Conseil supérieur de l’audiovisuel « d’ordonner la suspension de la diffusion d’un service contrôlé par un État étranger, ou sous l’influence de cet État, s’il diffuse de façon délibérée de fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin ». S’y ajoute une forte suspicion sur la nature et les fonctions d’un « conseil de déontologie de la presse » dont la création fait l’objet d’une mission actuellement en cours.Le voyage du pape aux Emirats arabes unis : Du 3 au 5 février derniers, le Pape François, s’est rendu aux Émirats arabes unis, réalisant alors le premier séjour d’un souverain pontife dans la Péninsule arabique. Ce 27ème déplacement du pape à l’étranger fait suite à l’invitation du cheikh Ahmed al-Tayeb, recteur et grand imam de l’université́ al- Azhar du Caire. Était, en effet, prévu au programme de ce voyage une conférence mondiale sur la fraternité humaine organisée par le conseil des sages musulmans et présidé par l’imam Ahmed al-Tayeb. Le pape a dédié la seconde journée de son déplacement à la communauté catholique locale en célébrant notamment une messe face à environ 135.000 fidèles rassemblés dans le stade Zayed. Aux Émirats arabes unis, environ 10% de la population est catholique, soit quelques centaines de milliers d’étrangers, majoritairement asiatiques. Plus ouvert que ses pays voisins du Golfe tel que l’Arabie Saoudite, ce pays de tradition musulmane malikite dispose d’un « ministère de la Tolérance» et admet l’existence de 76 Églises – dont 9 catholiques – mais avec interdiction de signes extérieurs et de prosélytisme chrétien. Le malikisme, l’une des quatre écoles du droit musulman sunnite regroupe un cinquième des musulmans ; en France, elle est la première des écoles pour le nombre de pratiquants. Contrairement au trois autres, elle est structurée et hiérarchisée avec, à sa tête un primat.S’inscrivant dans le cadre de l’Année de la tolérance décrétée en 2019 par les Émirats arabes unis, ce voyage pontifical qui avait pour thème « fais de moi un instrument de ta paix » - paroles d’une prière attribuée à saint François d’Assise - n’était pourtant pas sans poser débat. Les Émirats arabes unis sont, en effet, encore aujourd’hui impliqués dans les atrocités commises au Yémen. Pour le Vatican, ce voyage s’est néanmoins inscrit dans une politique de dialogue avec les pays qui promeuvent un islam réformiste. Dès le début de son pontificat en 2013, le pape s’était rendu dans des pays à forte concentration musulmane tels que la Jordanie, l’Albanie et la Turquie. Il avait alors fait du dialogue interreligieux une de ses priorités. Cette main tendue vers l’islam se prolongera les 30 et 31 mars 2019 prochains lorsque le pape François se rendra au Maroc. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visi

Feb 10, 20191h 3m

Ep 74Elections européennes : des listes en attente ; Maduro versus Gaido (#74)

Les 23 et 26 mai 2019 prochains dans les 27 États membres de l’Union se tiendront les élections qui désigneront 705 députés. Élus tous les cinq ans au suffrage universel, leur nombre varie selon les pays dotés chacun d’un nombre fixe de sièges, allant de 96 pour l’Allemagne à 6 pour le Luxembourg, Chypre, l’Estonie et Malte.Les Français désignent 74 représentants, les listes régionales étant en 2019 remplacées par une liste nationale.Mardi 29 janvier, les Républicains ont entériné le trio de tête de leur liste. C’est François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie âgé de 33 ans et adjoint au maire de Versailles, qui a été désigné pour la conduire par Laurent Wauquiez, président des Républicains qui a nommé à ses côtés Agnès Evren, vice‐présidente de la région Ile‐de‐France, ainsi qu’Arnaud Danjean, député européen sortant. Des figures de droite comme Gérard Larcher, président du Sénat, Éric Woerth, président de la commission des Finances, ou Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, ont émis des réserves quant à cette composition.A seulement quelques mois du scrutin, la gauche française n’est pas parvenue à s’unir. Au moins cinq listes s’affronteront le 26 mai : Parti Socialiste, Parti Communiste Français, Europe Écologie Les Verts, Génération-s et France insoumise. Yannick Jadot conduira seul la liste Europe Écologie les Verts (EELV), alors qu’une possible alliance avec le parti politique Génération.s fondé par Benoit Hamon avait été envisagée et que Ségolène Royal avait souhaité rassembler Écologistes et sociaux-démocrates.Tout comme au Parti Socialiste, aucune tête de liste n’a encore été désignée du côté de la République en marche.Enfin le Ralliement d’initiative citoyenne a annoncé le mercredi 23 janvier son intention de présenter une liste de Gilets Jaunes aux élections européennes. C’est Ingrid Levavasseur, aide-soignante de l’Eure âgée de 31 ans, qui figure à la tête d’une liste de dix noms.Plus généralement en Europe, alors que les "populistes" sont au gouvernement dans plusieurs pays d’Europe tels que l’Italie, la Hongrie, ou encore la Pologne, les candidats eurosceptiques ont le vent en poupe. ***Maduro versus Gaido : Mercredi 23 janvier dernier, Juan Gaidó, le jeune président du parlement vénézuélien et chef de file du Parti Volontaire populaire, s’est proclamé président par intérim lors d’une grande manifestation d’opposition à Caracas. Il revendique l’installation d’un gouvernement de transition et l’organisation d’élections libres. Encore inconnu il y a quelques mois, Juan Gaidó est parvenu à rassembler les opposants au régime. Il est soutenu par d’importantes manifestations de citoyens qui s’expriment jusque dans les églises. En une semaine, les Nations unies affirment avoir dénombré 40 morts dans les oppositions et plus de 350 interpellations. Nicolas Maduro peut compter sur le soutien de l’armée, bien que certaines fissures commencent à apparaitre dans ses rangs.Réélu en mai dernier, lors d’un scrutin contesté et boycotté par l’opposition, le leader chaviste dirige un pays dont l’économie est à la dérive avec une inflation atteignant 10 millions de % cette année selon le FMI (Fond monétaire International). A la crise politique vient s’ajouter une crise économique et humanitaire. Dans ce pays où le pétrole représente 95% des exportations, la chute du baril a eu pour la population des conséquences d’autant plus lourdes que rien n’a été fait depuis des années pour diversifier les ressources nationales.Par un tweet de Donald Trump, les États-Unis ont été les premiers à reconnaitre « le président intérimaire ». Le Canada et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil et la Colombie, les ont imités, tout comme l’ont fait l’Australie et Israël. Les Européens, ne sont pas parvenus à faire adopter par les Nations unies leur projet d’un ultimatum exigeant l’organisation d’élections libres sous huit jours. La proposition de médiation du Mexique a été rejetée par Juan Gaido, tandis que Nicola Maduro a dénoncé l’ingérence de Washington et s’appuie, pour se maintenir au pouvoir, sur Pékin et Moscou. Le bras de fer entre Nicolas Maduro et Juan Gaidó se joue désormais sur la scène internationale et d’abord sur la plus proche, car l’exode de plus de trois millions de Vénézuéliens dans les pays limitrophes, dont près de 700 000 au Pérou, fait peser sur ces États un risque de déstabilisation grave. Le 28 janvier, Washington a annoncé des sanctions américaines contre le pétrole vénézuélien, avec l'objectif de « paralyser le gouvernement de Nicolás Maduro en le privant de sa principale source de liquidités ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 3, 20191h 0m

Ep 73Aix-la-Chapelle : mise à jour avant les élections européennes ; Trump empêtré (#73)

Aix-la-Chapelle : mise à jour avant les élections européennes :Mardi 22 janvier dernier, le président français et la chancelière allemande ont signé le Traité d’Aix-la-Chapelle, 56 ans après la signature par le Général de Gaulle et le chancelier Adenauer du Traité de l’Élysée qui scella la réconciliation franco-allemande. Ce traité d’Aix-la-Chapelle avait été voulu par Emmanuel Macron dès le début de son quinquennat et annoncé, en septembre 2017, dans son discours de la Sorbonne qui plaçait l’Europe au cœur de son projet politique.Le texte signé cette semaine ne contient pas de bouleversements majeurs mais plutôt un renforcement du partenariat franco-allemand. Y sont notamment inscrits : une coopération accrue dans le domaine de la défense et de l’économie avec l’objectif de former, à terme, une zone économique franco-allemande ainsi qu’un rapprochement des régions transfrontalières, les eurodistricts, pour la réalisation de projets en commun. Ce texte prévoit également des avancées dans de nouveaux domaines et une coopération dans le secteur du numérique, de l’intelligence artificielle et de la cyber-sécurité. En France, le contenu de ce traité a été publié le 15 janvier soit seulement une semaine avant sa ratification. Les réseaux sociaux se sont d’autant plus facilement fait l’écho de nombreuses fausses nouvelles, dont certaines, pour énormes qu’elles puissent paraître, comme l’annonce de la vente de l’Alsace Lorraine à l’Allemagne, ont réussi à parasiter le débat politique. En Allemagne, les adversaires du traité ont été bien moins virulents.A quatre mois des élections européennes, Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont montrés unis alors même que le jour de la ratification de ce traité, Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, déclarait qu’il espérait que la France se débarrasse d’Emmanuel Macron : « un très mauvais président ».*** Trump empêtré :Dans la nuit du 11 au 12 janvier dernier, le 19ème arrêt des activités gouvernementales depuis 1976 est devenu le plus long government shutdown de l’histoire américaine, dépassant les vingt et un jours de blocage de l’ère Clinton en 1995-1996. Aucun compromis n’a pu être trouvé entre le président républicain qui réclame 5.7 milliards de dollars pour construire son mur antimigrants à la frontière avec le Mexique et les démocrates, opposés au projet qu’ils jugent « immoral, coûteux et inefficace ». Dès lors, ce sont 800.000 fonctionnaires fédéraux qui sont privés de leurs salaires et interdits d’activité, même bénévole depuis le 22 décembre dernier. Ironie de l’histoire, le coût du shutdown s’apprête à dépasser celui du mur à la frontière mexicaine.Donald Trump a été contraint de reporter sine die le traditionnel discours sur l’état de l’Union prévu le 29 janvier et se trouve donc momentanément privé de cette occasion d’exposer au pays son bilan et sa vision de l’avenir. Deux amendements concurrents, l’un républicain, l’autre démocrate, ont été présenté ce jeudi au Sénat mais aucune issue ne semble immédiate. Cette semaine, les responsables politiques américains, retenus aux États-Unis par le shutdown de l’administration fédérale, ont laissé le champ libre à une centaine de participants chinois au forum économique de Davos alors que les rivalités commerciales sino-américaines dessinent le paysage géopolitique actuel.Par ailleurs, jeudi 17 janvier, le site d’information américain BuzzFeed révélait que Donald Trump aurait encouragé son ancien avocat, Michael Cohen, à mentir lors de plusieurs audiences au Congrès sur ses affaires en Russie et la construction d’une Trump Tower à Moscou. Cela relance la question des liens entre le promoteur-candidat en campagne et les milieux politico-financier russes. Dès le vendredi matin, les démocrates ont annoncé le lancement d’une enquête parlementaire, tandis que le président rejetait ces accusations qui n’en alimentent pas moins les conjectures sur une procédure de destitution, impeachment.Enfin une vingtaine de membres du gouvernement et de conseillers ont démissionné ou ont été limogés depuis janvier 2017, parmi lesquels le secrétaire à la Défense, James Mattis, deux conseillers à la Sécurité nationale, Michael Flynn et Herbert McMaster, deux secrétaires généraux de la Maison blanche, Reince Priebus et John Kelly sans oublier le Secrétaire à la Justice, le directeur de l’agence de protection de l’environnement et l’ambassadrice à l’ONU. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 27, 20191h 5m

Ep 72La lettre d’Emmanuel Macron aux français et le Grand débat national ; Brexit : commencement de la fin ou fin du commencement ? (#72)

La lettre d’Emmanuel Macron aux français et le Grand débat nationalLundi dernier, paraissait dans la presse et les réseaux sociaux, la lettre adressée aux Français par Emmanuel Macron. Elle contient 34 questions, lance et cadre le « Grand débat national », officiellement inauguré le mardi suivant lors d’un déplacement du président de la République à Grand Bourgtheroulde, commune du département de l’Eure. Emmanuel Macron a répondu, près de sept heures durant, aux nombreuses interrogations des maires réunis pour l’occasion. Des cahiers de doléances avaient été remis la veille à l’Élysée par l’association des maires ruraux, permettant au Président de prendre connaissance des principales demandes exprimées à ce jour par les Français. Des préoccupations récurrentes en ressortent, telles que la limitation de vitesse à 80km/h, une demande de réorganisation politique et territoriale avec le maintien des services de proximité, une soif de justice fiscale … Ce sont ces mêmes thématiques qui ont ressurgi lors de la rencontre avec les maires normands. Cet exercice inédit de questions-réponses a pour but de ressouder le lien entre le président de la République et les maires, lien qui avait été entaché dès le début de son quinquennat par la réforme de la taxe d’habitation. Les maires, pourtant déçus par l’absence du Président à leur dernier congrès annuel, se sont néanmoins montrés courtois et satisfaits de cette journée avec le Président. De son côté, Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État chargée de coanimer le grand débat national avec Sébastien Lecornu, a reçu mardi des gilets jaunes de la commune de Brionne dans l’Eure. Les échanges ont été plus mouvementés et les interlocuteurs de la ministre ont exprimé des réticences à participer au grand débat national. La nomination d’Emmanuelle Wargon et de Sébastien Lecornu faisait suite à la démission de Chantal Jouanno la semaine précédente. Le choix de deux membres du gouvernement a jeté le doute sur l’indépendance des conducteurs du grand débat national. Pour répondre à cela, un collège de cinq garants a été désigné. ***Brexit : commencement de la fin ou fin du commencement ? Le 15 janvier dernier, la Chambre des Communes a massivement rejeté l’accord de sortie du Royaume Uni de l’Union européenne que Theresa May avait difficilement négocié depuis plus de deux ans. Ce sont 432 membres qui s’y sont opposés sur une totalité de 650 membres soit seulement 202 voix pour soutenir la Première ministre britannique. Parmi les points clivants de l’accord, la question du « filet de sécurité », le « backstop », a attisé les tensions. Il désigne le moyen de conserver la frontière irlandaise ouverte de façon temporaire, maintenant ainsi les nord-Irlandais ainsi que l’ensemble du Royaume Uni dans l’union douanière pour une durée non déterminée. L’Irlande du Nord resterait donc assujettie à certaines règles du marché commun sans pour autant que soit réglée la question de sa frontière avec le sud. Depuis mercredi, bien que le Parlement ait rejeté de justesse la motion de censure lancée contre Theresa May par l’opposition travailliste, la situation face à laquelle se trouve la Première ministre britannique est toujours délicate. Elle ne dispose que d’un faible soutien - les députés ayant été 325 contre 306 à exprimer leur confiance dans son gouvernement - et va donc devoir faire des concessions si elle ne veut pas d’un Brexit sans accord : un « no deal ». L’Union européenne se prépare à cette éventualité comme l’a souligné Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne. De son côté, la France a déclenché jeudi son plan pour faire face à un possible Brexit sans accord. Il s’agit d’un ensemble de mesures législatives et juridiques visant notamment à protéger les intérêts des Français résidant au Royaume-Uni, de garantir un statut pour les citoyens britanniques en France ou encore de prévoir les mesures en vue du rétablissement des contrôles des marchandises aux frontières. Cinq ordonnances seront adoptées dans les trois semaines qui viennent auxquelles s’ajoutent 50 millions d’euros investis dans les ports et les aéroports. Ce même jour, dans une lettre publiée par le quotidien britannique, The Times, plus de 170 patrons du Royaume-Uni ont appelés à un nouveau référendum alors même que le parti conservateur au pouvoir et le parti travailliste, principal parti d’opposition mené par Jeremy Corbyn, rejettent pour le moment l’idée d’un nouveau vote. Theresa May a jusqu’à demain, lundi 21 janvier, pour présenter son plan B devant la Chambre des Communes. Il sera soumis au vote du parlement le 29 janvier. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 20, 20191h 2m

Ep 71bada #9

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Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? ; 2019 : Annus horribilis pour l’Europe ? (#71) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 15, 201930 min

Ep 71Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? ; 2019 : Annus horribilis pour l’Europe ? (#71)

Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? Hier, samedi 12 janvier, 84.000 manifestants ont participé à l’acte IX des Gilets Jaunes. Cela aura été l’occasion de constater que, depuis le 19 novembre, le théâtre des opérations de ce mouvement ne cesse de se démultiplier et de se déplacer. Certaines villes comme Bordeaux et Toulouse sont des foyers importants et constants de manifestations : au moins 5.000 participants aux défilés organisés hier dans ces deux villes. A peine moins qu’à Paris où les manifestants étaient 8.000 (dont 74 ont été placés en garde à vue). A l’appel de certains figures « historiques » du mouvement, 6.000 personnes se sont rassemblées à Bourges, ce qui place de cette ville juste après la capitale pour le nombre de manifestants. A Bourges et ailleurs, des leaders émergent ou ont émergé ces dernières semaines. Certains d’entre eux faisaient partie des huit porte-parole désignés par les militants fin novembre. D’autres annoncent des initiatives en rapport avec les élections européennes à venir, voire la création d’un mouvement politique. On voit apparaître ici et là les prémices d’une organisation et certains groupes de gilets jaunes ont accepté de déclarer leur manifestation en préfecture pour éviter les débordements des précédents samedis. L’une des réclamations les plus répandues avec le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune est la création d’un referendum d’initiative citoyenne dont les modalités et la portée ont autant de définitions qu’il a de partisans. Les demandes d’augmentation du pouvoir d’achat et de baisse de certaines taxes sont constantes, mais beaucoup des revendications dont on a connaissance sont saugrenues ou inconséquentes, tandis que d’autres paraissent manipulées par des lobbies ou des groupes politiques. Et, tandis que le Rassemblement national et la France insoumise affirment qu’il existe des liens de parenté entre eux et les gilets jaunes, le gouvernement n’a pas d’interlocuteur patenté à la veille du lancement du grand débat national dont l’organisatrice, Chantal Jouanno, vient de lui faire faux-bond après que la publication de son salaire a suscité une vive agitation sur les réseaux sociaux et au-delà.Emmanuel Macron tente d’apaiser les tensions en se rendant personnellement au contact des Français comme il s’apprête à le faire dans l’Eure mardi prochain. Le chef de l’État adressera également aux Français en début de semaine prochaine la lettre qu’il avait promise lors de ses vœux. **2019 : annus horibilis pour l’Europe ?Depuis le 1er janvier, la Roumanie exerce la présidence du Conseil de l’Union européenne pour une durée de six mois. Le pays est agité par le projet d’une réforme judiciaire qui permettrait notamment de gracier des individus accusés de corruption. Cette réforme est proposée par Liviu Dragnea, actuellement à la tête du parti social-démocrate roumain lui-même accusé de détournements massifs de fonds européens. La Roumanie n’est pas le seul pays de l’Union à faire aujourd’hui fi des règles démocratiques européennes. La Hongrie et la Pologne ont multiplié ces dernières années les atteintes à l’indépendance du pouvoir judiciaire et s’en sont pris aux organes anti-corruption. Toutefois, depuis quelques mois, ces gouvernements sont défiés par leur propre opinion publique. Ainsi la Hongrie connait-elle un fort mouvement hostile à la réforme du temps de travail instaurée par le gouvernement de Viktor Orban à la mi-décembre.Les courants anti-européens ou populistes sont vivaces au sud de l’Europe. Aux élections régionales de décembre, la deuxième plus grande et plus peuplée des 17 communautés autonomes d’Espagne, l’Andalousie a mis fin à 36 ans de pouvoir socialiste grâce au soutien du parti d’extrême droite, Vox, qui a remporté 12 sièges. Quant à l’Italie, après avoir affiché son soutien aux gilets jaunes la semaine dernière, son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini cherche à forger des alliances entre extrême droite et droite dure en vue des élections européennes. En témoigne son récent déplacement à Varsovie le 9 janvier dernier pour y rencontrer les dirigeants du parti ultraconservateur Droit et Justice actuellement au pouvoir en Pologne. C’est dans ce contexte que l’Union européenne va devoir affronter en cette année 2019 un agenda chargé auquel figure le Brexit dont la date est fixée au 29 mars prochain si les négociations entre Theresa May et le Parlement britannique aboutissent ainsi que les élections européennes qui se tiendront les 23 et 26 mai prochain dans les 27 états membres et à l’issu desquelles 705 députés seront élus. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 13, 20191h 8m

Ep 70Thématique : la presse a mauvaise presse (#70)

La perte de confiance dans les médias, la prospérité des réseaux sociaux, la prolifération des fausses nouvelles, l’importance de leur audience et l’intrusion de la Russie dans leur circulation, le sensationnalisme et la course au spectaculaire des chaines d’information en continu, leur concurrence sans règles ni arbitre, la violence des attaques des leaders populistes contre les journalistes, la faillite du système de distribution, le ratage du tournant informatique : voici quelques-unes des raison de se pencher sur l’état d’une profession qui n’a rien vu venir de l’effervescence sociale de novembre et décembre dernier, pas plus qu’elle n’avait vu arriver, en 2017, la vague de dégagisme et ses conséquences.Qu’est-ce que le métier d’informer ? Dans quelles conditions peut-on l’exercer ? Quels obstacles, quels défis, quelles opportunités, quelles menaces apportent les nouvelles donnes de l’information ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 6, 201957 min

Ep 69Thématique : le cinéma et la der des ders, avec Bertrand Tavernier / n°69

« C’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Élysées lors du défilé de la Victoire (environ trois heures je crois), j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante. » Telles sont les dernières phrases, lues par Philipe Noiret, de la lettre d’un personnage fictif, le commandant Dellaplane, sorti des imaginations associées de Jean Cosmos et de Bertrand Tavernier pour les besoins de « La Vie et rien d’autre », l’un des films qui aura le plus contribué à la mémoire de la guerre dont nous venons de commémorer l’armistice. « Capitaine Conan », du même scénariste et du même réalisateur, redonne vie à ce « Corps expéditionnaire d’Orient », dont les soldats poursuivirent la guerre dans les Balkans bien après que les cloches avaient fait retentir l’heure de l’armistice. Le succès de ces deux films- que vient amplifier leur audience à chaque passage à la télévision ou sur le câble- est assurément dû à leurs auteurs et à leurs interprètes. Mais ce sont aussi des œuvres qui atteignent en nous quelque chose de profond et souvent d’informulé : le vertige devant l’ampleur de ce que cette guerre aura détruit et le besoin inlassable de savoir, de comprendre et de compatir.Dès les premières années de la guerre, le cinéma fut mis à contribution, tantôt pour répondre à ce besoin, tantôt pour promouvoir telle ou telle vision du conflit. Cent ans plus tard, la Der des ders continue d’inspirer les cinéastes, même s’ils l’abordent sous un angle inédit – celui de la place des femmes dans une société en guerre- comme Xavier Beauvois dans un film de 2017, « Les Gardiennes ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 30, 201859 min

Ep 68Thématique : comment peut-on (encore) faire du théâtre ? / n°68

Avec Julie Deliquet, metteuse en scène et scénographe (« Fanny et Alexandre », en février, à la Comédie française, Jeanne Candel co-diretrice du Théâtre de l’Aquarium et Jean Robert-Charrier, directeur du théâtre de la porte Saint Martin.4 millions d’entrées dans les théâtres publics en 2017, 4 millions dans les théâtres privés, presque tous à Paris. Ces dernières années, le nombre de spectateurs est en progression lente mais constante, sans oublier les 460 conservatoires et les troupes d’amateurs si nombreuses qu’elles ne sauraient être recensées. Non seulement le théâtre n’est pas affecté par la révolution numérique, mais il en tire peut-être profit en offrant une alternative de chair et d’os aux divertissements virtuels…Pour autant, est-il raisonnable de « monter une pièce » ? Économiquement, c’est un peu plus coûteux chaque année : les spectacles vivants ne peuvent gagner en productivité qu’à la marge de la marge : le même acteur ne peut pas jouer deux protagonistes d’une même pièce, le même décor ne peut pas figurer un hôpital et un jardin. Scientifiquement, cela s’appelle la loi de Baumol : le théâtre souffre d’un différentiel de productivité́ avec le reste de l’économie qui induit une croissance inexorable de ses coûts relatifs. L’État intervient pour contrer ou adoucir les effets de cette loi. Il occupe donc une place de plus en plus importante dans l’offre de spectacles, avec ses cinq Théâtres nationaux, ses 70 Scènes nationales et ses 38 Centres dramatiques nationaux. Cela entraine-t-il une uniformisation de cette offre ? Un alignement des carrières artistiques sur certaines carrières de la fonction publique ? L’offre du privé constitue-t-elle une alternative ? La loi de 2003 sur le mécénat a-t-elle modifié la donne ? Le financement participatif offre-t-il une nouvelle perspective ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 23, 20181h 0m

Ep 67Macron et les réponses aux gilets jaunes ; Le feuilleton du Brexit (#67)

Macron et les réponses aux gilets jaunesLundi dernier, le président de la République a présenté ses réponses à la crise des gilets jaunes en déclarant un « état d’urgence économique et social ». Le chef de l’État a annoncé plusieurs mesures fiscales favorables aux salariés : revalorisation immédiate de 100€ de la prime d’activité pour les travailleurs au SMIC, défiscalisation des revenus des heures supplémentaires que le projet de loi de finances initial prévoyait seulement d’exonérer de cotisations sociales, annulation pour 2019 de la hausse de CSG pour les retraités dont le revenu n’excède pas 2 000€ par mois. Enfin Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’engager un « large débat national » l’an prochain à travers une consultation qui doit aborder le sujet de la fiscalité mais également celui des services publics et plus largement des institutions.Les réactions des gilets jaunes ont divergé. Si certains porte-parole du mouvement ont estimé que les mesures annoncées ne répondaient pas à leurs revendications, d’autres figures comme Jacline Mouraud ont estimé que ce discours constituait « un début de compréhension ». Par ailleurs l’opposition s’est pour la première fois divisée entre certains partis dont ceux de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen appelant à poursuivre le mouvement tandis que le président des Républicains a appelé mardi à ne pas manifester samedi. Cette position a également été celle du gouvernement dont le porte-parole Benjamin Griveaux a estimé que les manifestations devaient cesser arguant du surcroît de mobilisation des forces de l’ordre suite à un attentat ayant fait 4 morts mardi soir dans le centre ville de Strasbourg.Dans les semaines qui viennent, le président de la République devra défendre le nouvel équilibre budgétaire auprès de la Commission européenne dans une situation de tension exacerbée par le rejet récent du budget italien pour cause de déficit excessif. En effet le ministre des comptes publics a estimé cette semaine à 10Md€ le coûts des mesures annoncées lundi ce qui portera le déficit de la France à 3,4% de son PIB contre 2,8% inscrits dans le projet initial envoyé à la Commission.C’est dans ce contexte que le cinquième samedi de mobilisation organisé hier a marqué un reflux notamment à Paris. Les manifestations organisées sur tout le territoire ont néanmoins rassemblé 66.000 personnes selon le ministère de l’intérieur dont 2.200 dans la capitale et motivé plus de 100 mises en garde à vue. ***Le feuilleton du BrexitMardi dernier, le vote décisif qui devait soumettre pour approbation au Parlement britannique l’accord de sortie de l’Union européenne négocié par le gouvernement de Theresa May n’a pas eu lieu. En effet la Première ministre a annoncé la veille à la Chambre des communes qu’elle reportait ce vote sine die les conditions de l’adoption de cet accord par le Parlement n’étant manifestement pas réuniesCe report a été critiqué par la classe politique britannique. Le parti Conservateur a organisé mercredi un vote de défiance qui aurait pu contraindre la Première ministre à la démission. Mais Theresa May a conservé la confiance de 200 députés de son parti contre 117. Les chefs d’État et de gouvernement réunis à Bruxelles jeudi pour leur dernier sommet de l’année ont réaffirmé leur opposition ferme à toute réouverture des négociations de l’accord adopté en novembre. Ils ont néanmoins consenti à l’adoption d’un texte commun de clarification réaffirmant que le « filet de sécurité » entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande instauré par l’accord de sortie n’était qu’une solution temporaire.Dans ce contexte la Première ministre dispose d’une très étroite marge de manœuvre pour convaincre le Parlement d’adopter l’accord qu’elle a négocié tandis que l’ancien Premier ministre Tony Blair a réaffirmé vendredi son soutien à l’organisation d’un nouveau référendum auquel 48% des Britanniques seraient favorables et 34% hostiles. En France, l’Assemblée nationale a adopté lundi en première lecture un projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances dans le cas d’un Brexit sans accord. La Cour de justice de l’Union européenne, saisie par un groupe de neuf parlementaires britanniques, a statué qu'un État-membre ayant enclenché le processus de sortie de l'Union européenne peut unilatéralement revenir sur sa décision tant que le divorce n'a pas été acté. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 16, 20181h 2m

Ep 66Bada #8 - Questions du public "Gilets jaunes : acte IV ; G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ?"

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Enregistré à l'École alsacienne le dimanche 9 décembre 2018 avec Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne au CNAM, et Nicolas Baverez, avocat et essayiste. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 12, 201832 min

Ep 66Gilets jaunes : acte IV ; G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ? (#66)

Gilets jaunes : acte IVSamedi 8, les gilets jaunes appelaient à manifester pour la 4ème fois. De 300.000 manifestants le 17 novembre dernier, ils seraient passés à 125.000. A Paris, à Toulouse, à Lyon et à Bordeaux, la journée a été émaillée de nouveaux affrontements entre les forces de l’ordre dont 89.000 fonctionnaires étaient mobilisés et des manifestants liés ou non aux gilets jaunes. Selon le ministère de l’intérieur, il y a eu plus de 1.400 interpellations au niveau national et 974 personnes ont été placées en garde à vue. Lundi, les partis d’opposition ont tous été reçus à Matignon. Jeudi, la France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste annonçaient le dépôt demain d’une motion de censure conjointe.Mardi, dans une première tentative de désamorcer le mouvement, le Premier ministre a annoncé la suspension pour 6 mois de la hausse de la taxe sur le carburant, suspension commuée le lendemain par le Président de la République en annulation pure et simple, bien que les mesures annoncées par le Premier ministre aient été adoptées à l’assemblée nationale par 358 voix contre 194. Le ministre des comptes publics a estimé à 4 milliards d’euros le coût de cette annulation.Mercredi, Emmanuel Macron a demandé aux autorités politiques, syndicales et patronales de lancer un appel au calme « clair et explicite » pour éviter les débordements samedi. Si plusieurs syndicats de salariés et du patronat ont débattu avec la ministre du travail vendredi de mesures bénéfiques au pouvoir d’achat des salariés, la CGT a refusé la concertation et lancé un appel à la grève des routiers, appel annulé après l’acceptation par le patronat des revendications des camionneurs. La FNSEA a appelé à la mobilisation la semaine prochaine. Une manifestation étudiante a réuni plus de 1.000 manifestants vendredi, plusieurs centaines de lycées ont été bloqués au cours de la semaine. Les images de l’intervention des forces de l’ordre à Mantes la Jolie ont provoqué un déluge de commentaires sur les réseaux sociaux, et le dévoilement des affinités, voire des affiliations, politiques de certains porte-parole des gilets jaunes a soulevé de nombreuses questions.Vendredi soir, les commentaires de ceux des gilets jaunes reçus par le Premier ministre avaient, pour la première fois, une tonalité confiante.Le Président de la République, qui ne s’est pas exprimé publiquement sur depuis la présentation de la stratégie énergétique de la France le 27 novembre dernier prendra la parole mardi.***G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ?Samedi 1er décembre, les chefs d’État américain et chinois ont annoncé conjointement s’être mis d’accord sur l’instauration d’une trêve dans la guerre commerciale qui oppose leurs deux pays depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2017. Cette trêve de 90 jours, qui n’est pas la première annoncée par les autorités des deux pays, devrait leur permettre de négocier un accord pour rééquilibrer leur relation commerciale. Cette rencontre est intervenue en marge du sommet du G20 de Buenos Aires qui s’est tenu les 30 novembre et 1erdécembre et qui a vu les chefs d’État européens dont le Royaume-Uni adopter une position commune de défense du multilatéralisme. Cette position est apparue de plus en plus isolée dans le G20. En effet, si les délégations européennes ont pu rallier la Chine à leur volonté de réformer rapidement l’Organisation mondiale du commerce, le G20 a surtout été marqué par le poids croissant des négociations bilatérales à l’image du nouveau traité de libre-échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada signé solennellement en marge du sommet le 30 novembre. Le Brésil a quant à lui réitéré son opposition aux instances multilatérales en confirmant son refus d’organiser la COP25 en 2019. Dans ce contexte, l’évolution des relations commerciales à l’échelle internationale reste suspendu au résultat de la réflexion sur l’avenir de l’OMC qui sera engagée à l’occasion de son prochain conseil général le 12 décembre. Enfin, l’équilibre commercial international reste largement dépendant du résultat des négociations engagées entre les États-Unis et la Chine et qui devront se terminer avant la fin du mois de février 2018. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 9, 20181h 1m

Ep 65Vers un "nouveau contrat social" & tensions en mer d'Azov

VERS UN « NOUVEAU CONTRAT SOCIAL » ?Mardi 27 novembre dernier, le président de la République a détaillé la stratégie environnementale à long terme adoptée par la majorité. Il a annoncé la tenue d’une large consultation citoyenne qui s’étendra sur une durée de trois mois et qui portera sur la mise en œuvre de la transition écologique et sur les moyens de rétablir une cohésion sociale en France. Souhaitant y inclure des représentants des milieux syndicaux, patronaux, associatifs et des élus locaux, Emmanuel Macron a appelé de ses vœux la mise au point par cette consultation d’un « nouveau contrat social ». Ce discours a été prononcé dans le sillage des manifestations des gilets jaunes entrées hier dans sa troisième semaine de mobilisation. Ce mouvement n’est pas sans rappeler les émeutes britanniques de 2011 qui avait été analysées par le sociologue Zygmunt Bauman comme une réaction à l’émergence de nouveaux modes de consommation contemporains. En effet les premières analyses rétrospectives du mouvement montrent que ce dernier rassemble des catégories sociales d’une grande hétérogénéité allant de l’ouvrier au paysan en passant par les petits entrepreneurs qui ont en commun leur sédentarité et une grande vulnérabilité vis-à-vis de perspectives de mobilité qui se réduisent. Ce mouvement est à ce titre une nouvelle illustration de l’approfondissement de la fracture sociale qui avait été à la fois baptisée et mis en exergue par le géographe Christophe Guilluy en 2014 dans son essai sur La France périphérique. Quatre ans après la parution de ce livre, Christophe Guilluy a réitéré son diagnostic dans un livre paru cette année, No society, dans lequel il regrette la dégradation des conditions de vie de la population périurbaine qui a presque doublé depuis 1968 pour atteindre plus de 15 millions d’habitants en 2018. Enfin on observe dans la littérature contemporaine un retour au centre de l’attention de la question sociale et de cette question périurbaine. Outre Fief, le premier roman remarqué l’année dernière de l’écrivain David Lopez, c’est cette France que le récent lauréat du prix Goncourt Nicolas Mathieu décrit dans son roman Leurs enfants après eux paru en septembre aux éditions Actes Sud.TENSIONS EN MER D’AZOVLe 25 octobre dernier, la marine russe a arraisonné trois navires ukrainiens en mer d’Azov arguant d’un transit irrégulier à travers le détroit de Kertch contrôlé par les autorités russes depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Cette manœuvre a entrainé une condamnation immédiate de la part du gouvernement ukrainien et une escalade des tensions. Cette escalade s’est matérialisée cette semaine par l’adoption par le parlement ukrainien d’un texte autorisant l’application pendant 30 jours de la loi martiale dans les régions frontalières du pays. Cet affrontement est le résultat de tensions croissantes autour de la mer d’Azov depuis que le président russe a inauguré en mai un pont enjambant le détroit de Kertch pour relier la Crimée à la Russie. Cette matérialisation de l’annexion de 2014 s’accompagne d’un renforcement du contrôle exercé par Moscou sur les passages dans le détroit. Kiev considère ces mesures comme contraires au traité de 2003 qui stipule un contrôle partagé entre l’Ukraine et la Russie et les autorités ukrainiennes dénoncent une tentative d’asphyxie de leurs ports commerciaux de la mer d’Azov. Face à l’escalade consécutive à l’incident de dimanche, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à une « retenue maximale ». Parallèlement, différents élus européens se sont publiquement interrogés sur l’opportunité d’engager de nouvelles sanctions financières contre la Russie au cas où la liberté de passage dans le détroit de Kertch ne serait pas rétablie. Ainsi le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag Norbert Röttgen n’a-t-il pas exclu d’engager de telles sanctions tandis que le président polonais Andrzej Duda a affirmé qu’il serait prêt à les soutenir. Vladimir Poutine a qualifié de « provocation » la proclamation de la loi martiale par le président ukrainien Porochenko qu’il a accusé de n’agir que pour redresser le peu de chances que les sondages lui accordent d’obtenir un nouveau mandat aux élections présidentielles du 31 mars prochain. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 2, 20181h 0m

Ep 64Gilets jaunes ; Brexit : deal or dead ? (#64)

Enregistré au studio l'Arrière Boutique le vendredi 23 novembre avec Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France.Gilets jaunes La mobilisation des gilets jaunes de samedi 17 novembre dernier s’est poursuivie au début de cette semaine par le maintien de plusieurs opérations de blocage sur la voirie notamment en Bretagne, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans la région Grand Est. Conséquemment à ce prolongement des manifestations, le bilan des débordements liés à la mobilisation s’est alourdi avec un deuxième décès survenu dans la journée de mardi et un nombre total de blessés qui dépasse les 500. Une semaine après le premier jour de mobilisation, une nouvelle manifestation s’est tenue hier à Paris. Le gouvernement affirme que, bien que les revendications soient « entendues » par la majorité, cette dernière n’entend pas changer de cap comme l’a répété le Premier ministre lors de son intervention à France 2 dimanche soir. Le Président de la République, qui effectuait un voyage officiel en Belgique au début de la semaine, a affirmé sa volonté de dialoguer et de mieux expliquer son cap sans nommer expressément le mouvement des gilets jaunes. Si le mouvement des gilets jaunes reste caractérisé par sa grande déstructuration et par la diversité de ses revendications, les syndicats ont adopté des postures diverses quant à la poursuite du mouvement. La fédération Force ouvrière des transports a apporté son soutien mardi à la mobilisation, la CFDT Transports n’a pas souhaité s’associer au mouvement tandis que la CGT n’a pas adopté de position claire tout en appelant à manifester le 1er décembre autour du pouvoir d’achat. Enfin à La Réunion les manifestations des gilets jaunes ont donné lieu à des affrontements particulièrement violents dus à des casseurs. Après que 30 membres des forces de l’ordre ont été blessés, le préfet a annoncé la mise en place d’un couvre feu à partir de mardi tandis que le président de région Didier Robert a annoncé un gel de 3 ans de la fiscalité sur les carburants sur le territoire de l’île. ***Brexit : deal or dead ? Mardi 13 novembre, la Première ministre britannique Teresa May a annoncé officiellement être arrivée au terme de la négociation de l’accord qui organise la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à compter du 29 mars prochain. Or les dispositions de cet accord qui prévoit notamment le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière ainsi qu’un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur les normes de droit européen a été vertement critiqué par opposants du gouvernement aussi bien que par ses alliés. En premier lieu l’accord a été attaqué au sein même du parti de Teresa May qui a enregistré trois démissions dans son gouvernement, dont celle de son secrétaire d’État au Brexit Dominic Raab, quarante-huit heures après l’annonce de l’accord. La semaine dernière, la fronde parlementaire des conservateurs a échoué dans sa tentative d’engager une motion de censure contre le gouvernement de Teresa May. Pour autant l’autorisation du parlement britannique de ratifier l’accord semble de plus en plus improbable depuis que le parti nord-irlandais DUP, indispensable à la coalition du gouvernement May, a déclaré que l’accord n’était pas acceptable. En outre Teresa May ne pourra pas compter sur le soutien du parti travailliste dont le chef de file Jeremy Corbyn a annoncé son intention de voter contre l’accord tandis que l’ancien Premier ministre Tony Blair a réaffirmé son soutien à l’organisation d’un nouveau référendum dans une tribune publié par plusieurs journaux européens cette semaine. Malgré son isolement croissant, la Première ministre a reçu cette semaine le soutien du gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney ainsi que celui du principal syndicat patronal, la Confederation of British Industry. Enfin si le ministre de l’économie allemand Peter Altmaier a exclu toute possibilité de renégociation de l’accord, la chancelière Angela Merkel a défendu l’accord mardi devant le Bundestag. L’incertitude plane donc sur le sommet exceptionnel dédié au Brexit qui rassemblera ce dimanche 25 novembre les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 25, 20181h 3m

Ep 63L'énigme des gilets jaune

Sujet 1 : L'énigme des gilets jaunes Les manifestations diverses engagées hier dans 2 000 points de rassemblement différents couvrant l’ensemble du pays ont finalement rassemblé plus de 280 000 « gilets jaunes » selon les chiffres communiqués le soir même par le ministère de l’Intérieur. Les manifestations ont en outre été émaillées de plusieurs débordements qui ont blessé plus de 200 personnes et ont provoqué la mort d’une manifestante dans le département de la Savoie. Cette mobilisation est intervenue malgré la tentative du Premier ministre d’éteindre les contestations par l’annonce mercredi d’un plan de soutien aux automobilistes de 500 millions d’euros. Lors de cet entretien radiophonique, Édouard Philippe a précisé les contours de ce plan qui prévoit notamment la création d’une prime additionnelle à la conversion pour les salariés vivant à plus de 30 kilomètres de leur lieu de travail ainsi qu’une revalorisation du chèque énergie dès l’année 2019. Malgré ces mesures d’aide, le Président de la République a réaffirmé lors de son allocution de mercredi qu’il « assumait » les mesures de fiscalité écologique prise par son gouvernement ce qui pose la question des répercussions sociales à long-terme de cette stratégie. En outre, la manifestation de cette semaine a illustré l’émergence de nouvelles formes de mobilisation hors des partis et des syndicats traditionnels. En effet aucun syndicat n’avait appelé ouvertement a manifesté samedi et la CFDT était allé jusqu’à condamner fermement un mouvement qualifié de « manipulation » par son secrétaire général Laurent Berger. Sur le plan politique, le Rassemblement national a participé au mouvement tout en affirmant ne pas en être l’origine et La France insoumise a affirmé sa solidarité et son soutien à un mouvement de colère qu’il juge légitime. Enfin plusieurs membres du parti Les Républicains se sont joints aux cortèges de samedi après avoir affirmé au cours de la semaine ne pas souhaiter un blocage total du pays. Invités : • Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine • Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova • Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 18, 20181h 0m

Ep 62Bada #7 Armistice et Trump, Questions du public

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Les questions du public de l'émission enregistrée en public à l'École Alsacienne le dimanche 11 nnovembre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote, et Lucile Schmid. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 15, 201832 min

Ep 62Pas de paix pendant l'Armistice et new deal pour Donald Trump (#62)

Enregistré en public à l'École Alsacienne le dimanche 11 nnovembre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote, et Lucile Schmid.L'armistice cent ans aprèsCent ans après la signature de l’armistice qui a mis fin à la Grande Guerre le 11 novembre 1918, le Président de République reçoit aujourd’hui à Paris une soixantaine de chefs d’État pour une cérémonie de commémoration ainsi que l’ouverture d’un Forum international de la paix qui se tiendra dans les Halles de la Villette jusqu’au mardi 13 novembre. La cérémonie d’aujourd’hui vient clôturer une série d’hommages et de célébrations organisée depuis 2014 et plus particulièrement cette semaine lors d’un voyage présidentiel dans 11 départements de l’est et du nord de la France qualifié par l’Élysée d’itinérance mémorielle. Commencée à Strasbourg dimanche dernier en présence du président de la république fédérale d’Allemagne Frank-Walter Steinmeier, achevée hier lors d’une cérémonie à Compiègne avec la Chancelière Angela Merkel, cette itinérance a été marquée par la volonté présidentielle de rendre hommage aux soldats ordinaires de la Grande Guerre. À ce titre, Emmanuel Macron a annoncé mardi lors d’un discours prononcé sur le lieu de la bataille des Éparges l’entrée prochaine de l’écrivain Maurice Genevoix au Panthéon. En outre, la semaine de commémoration a fait une place particulière aux troupes coloniales qui ont été célébrées par une cérémonie spéciale qui s’est tenu à Reims en présence du président de la république du Mali Ibrahim Boubacar Keïta tandis que la première ministre britannique Theresa May a été accueilli vendredi par le Président de la République dans la Somme. Pour autant, le parcours mémoriel du Président qui s’achève aujourd’hui a été en partie marqué par une tentative de l’opposition de renvoyer le gouvernement à ses difficultés actuelles et par une polémique sur la place à accorder dans la commémoration au maréchal Pétain dont le nom a été finalement retiré de la liste des maréchaux commémorés ce dimanche. ***Sujet 2 : Demi-victoire ou demi-défaite pour le président Trump ? Mercredi 7 novembre, le président des États-Unis Donald Trump a salué les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis comme étant un « immense succès » pour son camp. Pour autant, le scrutin de mercredi reflète une image nuancée de l’électorat américain qui a conforté la majorité du parti Républicain au Sénat de 2 sièges tout en privant ce même parti Républicain de la majorité à la Chambre des représentants qui bascule vers une majorité Démocrate pour la première fois depuis 8 ans. Face au président Trump, l’élue Démocrate et probable candidate au poste de speaker de la Chambre des représentants Nancy Pelosi s’est elle aussi félicitée des résultats de mercredi. À l’issue du scrutin, elle a affirmé que son parti allait permettre de « rétablir l’équilibre des pouvoirs » aux États-Unis. Pour ce faire, le parti Démocrate devra s’appuyer sur les prérogatives exclusives dont dispose la Chambre en matières fiscale, budgétaire et de politique commerciale tout en évitant qu’un blocage avec l’exécutif n’affaiblisse son crédit auprès de l’opinion. En effet si le président Trump a annoncé qu’il s’accommodait de cette cohabitation et que son administration était prête à collaborer avec la nouvelle Chambre, cette campagne électorale a notamment marqué son emprise renforcée sur l’appareil du parti Républicain avec lequel il entretenait des relations compliquées depuis sa victoire à la primaire de 2016. La normalisation électorale que représente paradoxalement ce résultat semble donc conforter le président Trump avant les prochaines élections américaines qui auront lieu en 2020. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 11, 20181h 3m