
Le Nouvel Esprit Public
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Ep 85Thématique : la Syrie, avec Joseph Bahout / n°85
Avec le soutien de MMA Joseph Bahout, est spécialiste du Moyen Orient, professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris et chercheur à l’Académie diplomatique internationale, il a travaillé avec divers instituts, notamment avec le Carnegie endowment for international peace et nous allons avec lui essayer d’éclairer la situation de la Syrie et des Syriens. Le 23 mars denier, l’organisation État islamique (EI) a perdu le réduit syrien de Baghouz, repris par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et leurs alliés occidentaux. Ce hameau situé à la frontière entre l’Irak et la Syrie, constituait sa toute dernière emprise territoriale. Après avoir construit une vaste entité politique à cheval sur les territoires de ces deux pays, le califat proclamé en juin 2014 à Mossoul a été militairement vaincu. Il ne cesse pour autant de représenter une menace pour la stabilité régionale. Les forces kurdes, réunies dans les Forces démocratiques syriennes (FDS) soulignent que Daech est loin d'être éliminé définitivement. Elles insistent sur le soutien populaire qui persiste dans les zones que l'organisation contrôlait autrefois ainsi que sur l'existence des cellules dormantes constituées par des islamistes qui se retirés dans des zones hors contrôle et vers l'Irak. Par ailleurs, la situation humanitaire est dégradée dans les camps gérés par les Kurdes et la Croix-Rouge où s'entassent des femmes et des enfants de jihadistes. Les forces kurdes doivent à elles seules gérer environ 10 000 combattants de Daech emprisonnés et des milliers d'enfants sans identité. A ce titre, elles ont à plusieurs reprises demandé de l'aide à la communauté internationale et aux États dont certains prisonniers sont ressortissants mais leur appel n'a pas débouché sur un soutien concret. Au plan international, le retour des jihadistes divise les États. Bien loin de l’entente qui a permis de défaire Daech militairement, chacun traite le problème de manière unilatérale. Alors que le 17 février, Donald Trump demandait à ses alliés de ramener chez eux pour les juger les combattants détenus en Syrie, les pays de la coalition montrent peu d’enthousiasme quant au retour de leurs citoyens. Tandis que le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, soutenait en février «que les nationaux allemands ne pourront revenir que si l’on peut s’assurer qu’ils soient directement placés en garde à vue, ce qui n’est pas garanti», la Belgique souhaite, quant à elle, que les procès se déroulent sur les lieux des crimes. Le 28 mars, le gouvernement danois a proposé une accélération de la procédure de déchéance de nationalité pour les combattants binationaux et souhaite que les enfants de ces combattants, nés dans les zones de combat, soient également privés de la nationalité danoise. La ministre française des armées, Florence Parly, a déclaré que « les djihadistes français partis combattre dans les rangs du groupe État islamique en Syrie et en Irak n'ont pas vocation à être jugés en France, même ceux détenus au Kurdistan syrien ». Lors du G7, qui s’est tenu du 5 au 6 avril dernier, un rapprochement a néanmoins été opéré sur la lutte contre l'utilisation d'internet par les groupes extrémistes. Les pays membres se sont mis d'accord sur la nécessité de "tout mettre en œuvre pour empêcher la dispersion des combattants terroristes étrangers et de leurs familles" et de veiller à ce que ceux qui doivent être jugés et condamnés "le soient fermement". Le Kazakhstan, la Russie et le Soudan font partie des rares pays à assurer le retour de certains nationaux, principalement les femmes et les enfants. L’heure n’en est pas encore non plus au retour au pays pour les réfugiés syriens dispersés de la Turquie à la Jordanie, en passant par l’Allemagne et le Liban. Ils sont 5,7 millions de réfugiés syriens dans le monde dont 5,3 millions sont répartis dans les pays voisins. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 86Bada #12 - Grand débat, la fin du commencement; Brexit le commencement de la fin
bonusChaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 86Grand débat, la fin du commencement; Brexit le commencement de la fin / n°84
B Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 84Thématique : derrière l'affaire Carlos Ghosn, avec Philippe Riès / n°83
Philippe Riès est journaliste, en poste une première fois au Japon de 1985 à 1989, et a dirigé le département économique de l’Agence France Presse de 1990 à 1996, pour finalement prendre ses fonctions de directeur du bureau de l’AFP de Tokyo alors même que l’Alliance entre Renault et Nissan était annoncée le 29 mars 1999. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont "Citoyen du Monde", publié en 2005 et co-écrit avec Carlos Ghosn, "Cette crise qui vient d'Asie" en 1998 et "Le jour où la France à fait faillite" en 2006 (avec le regretté Philippe Jaffré). Le 30 janvier 2019, il fait paraitre un article dans le Financial Times dans lequel il réagit avec virulence à l’emprisonnement de Carlos Ghosn. Carlos Ghosn est arrêté le 19 novembre 2018 alors qu’il vient d’atterrir à Tokyo. Il est accusé de malversations financières et placé en garde à vue à la prison de Kosuge. Les 22 et 26 novembre, les conseils de Nissan et Mitsubishi le démettent de ses fonctions de président. Il est remis en liberté le 6 mars 2019 après plus de trois mois passés en prison et contre le paiement d’une caution de huit millions d'euros. Le 12 mars, les trois membres de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors annoncent la création d'un nouveau « conseil opérationnel » pour coordonner leurs opérations signant ainsi la fin définitive de l'ère Carlos Ghosn Au-delà de la spectaculaire mésaventure d’un puissant tycoon, cette affaire replace l’industrie automobile mondiale sur le devant de la scène. Dans ce secteur, 8 pays représentent à eux-seuls, 70% du total des ventes mondiales : l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Des alliances sont venues renforcer la position des têtes de proues. Tel est le cas de la France et du Japon qui ont associé Renault et Nissan en 1999 auquel s’est ajouté Mitsubishi depuis 2017. Régulièrement classée parmi les quatre premières vendeuses mondiales, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi atteint au premier semestre 2017, la première place devant Volkswagen AG, Toyota et General Motors avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan. Toutefois, l’industrie automobile qui surfait sur une vague de croissance ininterrompue depuis la crise de 2008-2009 semble être entrée depuis l’été 2018 dans une période de ralentissement. Les chiffres mondiaux de production pour la première moitié de l’exercice fiscal de Nissan montrent par exemple une baisse de 6 % avec des reculs qui atteignent 14 % au Japon et 9 % aux États-Unis. Le secteur de l’automobile mondiale n’est pas épargné par les bouleversements que connaissent les autres industries. Selon la 19ème étude annuelle de KPMG sur les tendances clés du secteur automobile à travers le monde, trois enjeux cruciaux se dessinent : la transition vers le véhicule électrique, la digitalisation qui ouvre de nouvelles opportunités de création de valeur et enfin l’arrivée du véhicule autonome et connecté qui questionne les usages de l’automobile. Dès lors, que nous apprend l’affaire Carlos Ghosn face à cette industrie automobile mondiale ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 83La Macronie expliquée aux électeurs ; Le rapport Mueller #82
La Macronie expliquée aux électeurs : Lundi 25 mars, le conseiller spécial d’Emmanuel Macron, Ismaël Emelien, a quitté l’Elysée. Depuis plusieurs semaines, de plus en plus de membres du cabinet quittent le palais présidentiel. Barbara Frugier, la conseillère presse internationale, Sylvain Fort, le directeur de la communication, Stéphane Séjourné, le conseiller politique, David Amiel, le bras droit du secrétaire général Alexis Kohler, Fabrice Aubert, le conseiller institutions et action publique, ou encore Ahlem Gharbi, la conseillère Afrique du Nord et Moyen‐Orient. L'entourage direct du président sembleNfragilisé par l'affaire Benalla puis par la crise des « gilets jaunes ». Faisant face aux critiques jugeant l’entourage du président souvent trop jeune et monocolore, Emmanuel Macron a commencé à repeupler son cabinet de figures plus expérimentées telles que Philippe Grangeon, arrivé le 4 février. Optant pour des stratégies variées et face à un entourage mouvant, après presque deux ans au pouvoir, le macronisme demeure encore flou. C’est justement ce que tentent de définir Ismaël Emelien et David Amiel, ex-bras droits respectifs d'Emmanuel Macron et du secrétaire général, Alexis Kohler, dans leur livre « Le progrès ne tombe pas du ciel », paru cette semaine. L'exercice est inédit : jamais un président en fonction n'avait eu à définir sa doctrine. Refusant l’idée que le macronisme est un pragmatisme, les deux auteurs soulignent l’idéologie de ce mouvement parmi laquelle on distingue son progressisme et son combat contre le populisme. A moins de deux mois des élections européennes, ces deux anciens conseillers y défendent à la fois leur vision du progrès, et le bilan du gouvernement. ***Rapport Mueller : Dimanche 24 mars, le ministre de la Justice, William P. Barr, a révélé les résultats de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Après 675 jours de travail, ce dernier n’a pas trouvé de preuve d’une collusion de Donald Trump ou de son équipe avec les Russes en vue d'influencer le résultat de l'élection présidentielle de 2016, Cette conclusion a été rapidement célébrée sur Twitter comme une victoire par le président américain tandis que les leaders démocrates au Congrès exigent la publication du rapport « complet », estimant que le ministre de la justice n’est « pas un observateur neutre ». La menace d’une procédure de destitution du président disparaît néanmoins en ce qui concerne les accusations découlant de l’enquête russe. Le procureur spécial Robert Mueller a, en effet, également cherché à savoir si Trump s'était rendu coupable d'entrave à la justice, en raison du harcèlement et de l'intimidation qu'il aurait exercés sur le ministère de la Justice. À ce sujet, le diagnostic de Mueller ne livre pas de conclusion définitive. Donal Trump n’est donc pas entièrement blanchi. Les commissions de la Chambre vont poursuivre leurs investigations sur une possible entrave à la justice, sans compter d’éventuels abus de pouvoir, malversations ou conflits d’intérêts. Par ailleurs, pléthore d’enquêtes concernant le président américain sont toujours en cours : l’enquête menée par les procureurs fédéraux du district sud de New York concernant le possible achat du silence de deux femmes ayant eu une liaison avec Donald Trump se poursuit tout comme celle sur les soupçons de corruption via les fonds du comité d'investiture de Trump ou les fonds de la Donald J. Trump Foundation. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 82Gilets jaunes, syndicats et intellectuels: La Chine : sa stratégie commerciale et diplomatique #81
Gilets jaunes, syndicats et intellectuels Samedi 16 mars 2019, l’acte XVIII, lors de la manifestation des Gilets jaunes, la capitale a été le théâtre de violences spectaculaires. Destructions et pillages sur l’avenue des Champs-Élysées et heurts violents avec la police ont amené l’exécutif à reconnaitre que des « dysfonctionnements » du dispositif de sécurité ont eu lieu. A l'Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a été hué par des députés d'opposition qui ont réclamé sa démission. Il a ensuite du répondre à la commission des lois du Sénat, à majorité de droite, aux côtés de son secrétaire d'État Laurent Nuñez pour s’expliquer sur les défaillances dans les opérations de maintien de l’ordre. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi vouloir « renforcer la fermeté » de la « doctrine de maintien de l’ordre » du gouvernement par de nouvelles mesures qui viendraient compléter celles prévues par la loi « anticasseurs ». L’interdiction de manifestations dans certains lieux géographiques tel que l’avenue des Champs-Élysées, la hausse des contraventions pour attroupement et de nouvelles directives sur l’usage du Lanceur de Balle de Défense (LBD) en sont une illustration. Les militaires de la mission Sentinelle ont été mobilisés pour l’acte XIX de la manifestation des gilets jaunes. Le gouvernement a dénoncé des « consignes inappropriées », données à la préfecture de police de Paris, sur l’usage du LBD ou sur les méthodes d’intervention, consignes qui auraient été données sans en avertir le ministre de l’intérieur. Le préfet de police, son directeur de cabinet et le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne ont été limogés lundi. Didier Lallement a été nommé à la tête de la préfecture de police, lors du conseil des ministres du mercredi 20 mars.A côté de la recherche de solutions policières, Emmanuel Macron a invité lundi soir une soixantaine de chercheurs et d’essayistes à venir s’exprimer à l’Élysée soulignant ainsi le rôle central des « intellectuels » face à une société en crise. Parallèlement à cela, suite à l’appel de plusieurs syndicats, dont la CGT et Force ouvrière, plus de 100.000 de personnes ont manifesté, mardi 19 mars, pour réclamer plus de pouvoir d'achat et défendre les services publics. Alors même que les réunions locales du grand débat national se sont clôturées, et après plus de quatre mois de manifestations des gilets jaunes, les syndicats semblent se remobiliser pour faire entendre les revendications des Français qui demeurent majoritairement centrées sur la fiscalité.****La Chine : sa stratégie commerciale et diplomatiqueXi Jinping, le président chinois, est en visite en Europe du 21 au 26 mars où il se rendra en Italie, puis à Monaco et en France où il est accueilli par Emmanuel Macron ce dimanche, à Nice.A Rome, Xi Jinping a signé ce vendredi 22 mars avec le gouvernement italien un protocole d’accord qui fera de l’Italie le premier pays du G7 à endosser la stratégie chinoise du « Belt and Road Initiative » (BRI). Ce grand programme de prêts chinois mis en place depuis 2013 est destiné à financer, partout dans le monde, la construction de ports, de voies de chemin de fer ou de nouvelles routes commerciales, de nouvelles routes de la soie. Dans cette Europe divisée, le régime chinois utilise par ailleurs depuis 2012 le format dit « 16+1 » réunissant la Chine et 16 pays d'Europe centrale et orientale pour coopérer sur ces nouvelles routes de la soie. Ce groupe de pays se réunira à Dubrovnik (Croatie) le 16 avril prochain.A Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement européens se saisissent de la question chinoise. Emmanuel Macron avait estimé la semaine dernière que les Européens devaient avoir « une approche coordonnée » face à la Chine. Le Parlement européen a voté jeudi 14 mars un règlement qui prévoit d'organiser une meilleure surveillance des investissements étrangers dans l'Union européenne tandis que la commission européenne a proposé un document contenant dix plans d’action pour se défendre face à « la puissance économique et à l’influence politique croissantes » de Pékin. La Chine est, en effet, une figure de proue dans le secteur de l’innovation. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) qui a publié lundi son rapport annuel, en 2018, l’Asie a généré à elle seule, plus de la moitié des demandes internationales de dépôt de brevet. Par ailleurs, alors que le groupe de téléphonie chinois Huawei est devenu un acteur majeur dans le développement de la 5G, les pays occidentaux s’inquiètent que ces infrastructures puissent servir Pékin en favorisant l’espionnage et le sabotage. La situation des pays européens est d’autant plus compliquée que Donald Trump a fait de l’affaire Huawei un levier de négociation dans la guerre commerciale qu’il livre à la Chine. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux lié

Ep 81Brexit, No Brexit, Brexit… ; Europe : l'Allemagne prend ses distances #80
Europe : l'Allemagne prend ses distances : Dimanche 10 mars, la dirigeante de l'Union chrétienne- démocrate (CDU), Annegret Kramp-Karrenbauer, dite « AKK », a répondu aux propositions de réforme de l'Union européenne d'Emmanuel Macron dans une tribune confiée à Die Welt am Sonntag. Ni la chancelière Angela Merkel (CDU) ni le vice- chancelier Olaf Scholz (SPD) n’avaient réagi à la tribune d’Emmanuel Macron. A plus large échelle, il s’agit de la première réponse approfondie à l’initiative française en Europe. Dans cette tribune intitulée « Faisons l’Europe comme il faut », disponible en six langues sur le site de la CDU, AKK rejette la proposition avancée par le président français d’un « bouclier social » à l’échelle de l’UE et soutient que l’idée d’un salaire minimum européen est une mauvaise approche. Elle réclame une nouvelle fois que le siège de la France au Conseil de sécurité de l’ONU soit attribué à l’Europe, proposition qui avait déjà irrité la France lorsqu’elle avait été lancée par Olaf Scholz. La dirigeante de la CDU reprend par contre l’idée d’un Conseil de sécurité européen incluant la Grande‐Bretagne et suggère de créer un porte‐avions européen. Comme le président français, Annegret Kramp-Karenbauer évite la question de la réforme de la zone euro, tout en apportant son soutien à l’union bancaire. Sur les sujets de l’innovation, du climat et de la taxation du numérique, des positions communes sont possibles. Le fait que cette tribune émane de la présidente de la CDU et non pas de la chancelière Merkel est interprété à Berlin comme un signe supplémentaire de la volonté d’Angela Merkel de passer la main à AKK. Cette dernière ne fait cependant pas l’unanimité au sein du gouvernement de coalition au pouvoir. Plusieurs cadres du SPD menacent de mettre fin à la grande coalition gouvernementale, si la chancelière allemande anticipait son départ au profit d'AKK. ****Brexit, No Brexit, Brexit… Mardi 12 mars, par 391 voix contre 242, l’accord de Brexit conclu par la Première ministre britannique, Theresa May, avec l’Union européenne (UE) a été rejeté pour la deuxième fois par la Chambre des communes. Bien que le nombre de voix favorables à l’accord de Theresa May ait augmenté depuis le premier refus du 15 janvier 2019, la question de la frontière irlandaise, demeure un point de discorde majeur entre les deux parties. Mercredi 13 mars, par 321 voix contre 278, les députés britanniques ont rejeté le scénario d’une sortie de l'UE sans accord. Le vote contre ce « no deal » a cependant mis en lumière la division qui règne au sein du parti conservateur auquel appartient la Première ministre. Un amendement déposé par la conservatrice Caroline Spelman a été adopté à une courte majorité (312 voix contre 308). Il exclut tout « no deal » quelles que soient les circonstances. Ce texte n'a pas de caractère contraignant, mais intensifie la pression exercée sur Theresa May, afin qu'elle écarte la piste d’une sortie sans accord. Jeudi 14 mars, les communes ont voté contre un second referendum et en faveur du report de la date butoir du 29 mars au 30 juin, si les députés approuvent d'ici le 20 mars l'accord de retrait de l'UE de Theresa May, qu'ils ont déjà retoqué à deux reprises. Si l'accord est recalé à nouveau, le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera l'organisation des élections pour le parlement européen en mai. Les dirigeants européens ont prévenu que cette extension devrait être « motivée. « Le Royaume-Uni doit nous dire ce qu'il veut pour notre relation future, a indiqué mercredi le négociateur de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier. . Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 80Bada #11 - Macron, l'Europe au pied de la lettre? & Corée / Etats-Unis: point mort ou marche arrière?
bonusLes questions du public de l'emission du 10 mars 2019Émission enregistrée en public à l’Ecole alsacienne le 10 mars 2019 en présence de François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France ; Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne et Jean-Louis Bourlanges . Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 80Macron, l'Europe au pied de la lettre? ; Corée / Etats-Unis: point mort ou marche arrière? #79
Macron, l'Europe au pied de la lettre? Lundi 4 mars, Emmanuel Macron a fait paraitre dans les médias des 28 États membres de l’UE une tribune intitulée « Pour une Renaissance européenne ». Il y met en avant des propositions ordonnées en trois thèmes : « la liberté, la protection et le progrès ». Le chef de l’État veut « remettre à plat » l’espace Schengen avec la création d’une authentique police des frontières communes et un office européen de l’asile. En matière économique, il souhaite une redéfinition de la politique de concurrence avec encorollaire l’affirmation d’une « préférence européenne ». Emmanuel Macron propose par ailleurs la création d’une banque européenne du climat pour financer la transition écologique ainsi qu’une Agence européenne de protection des démocraties contre les ingérences étrangères notamment en ce qui concerne les élections. En France, ces propositions ont suscité une fracture à droite de l’échiquier politique. Dans les colonnes du « Figaro », l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé son soutien au président de la République ; une prise de position qui nécessite une « clarification » selon François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains aux élections européennes. Laurent Wauquiez s’est, quant à lui, opposé à la « Renaissance européenne » d’Emmanuel Macron en ripostant par sa propre tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde ce samedi. De son côté, le parti de centre-droit Agir, qui s’est toujours défini comme « Macron-compatible », a confirmé qu’il soutiendrait « la liste de rassemblement » LREM pour les élections européennes. En Europe, le volontarisme du président français est applaudi mais des réserves s’expriment quant à l’hypothèse de réformer l’espace Schengen. Les Premiers ministres belge, slovaque ou finlandais, qui ont salué le texte de M. Macron, se sont gardés de s’exprimer sur ce point. En Allemagne, des responsables de la CDU, du SPD et des Verts ont appelé le gouvernement à répondre aux propositions d’Emmanuel Macron. Le gouvernement hongrois a, quant à lui, fait part de son scepticisme tandis qu’en Italie c’est par le silence qu’ont régi les actuels dirigeants du pays. Une stratégie qu’ils avaient déjà employé la veille de la publication de la tribune, lorsqu’Emmanuel Macron avait accordé une interview à la chaine de télévision italienne « Rai Uno ». ****Corée / Etats-Unis: point mort ou marche arrière? Mercredi 27 février, le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen, Kim Jong-un se sont rencontrés à Hanoï au Vietnam. Leur première rencontre, le 12 juin 2018 à Singapour, avait débouché sur une déclaration stipulant « la dénucléarisation de la péninsule » sans que soient annoncés des engagements datés et définis. Huit mois plus tard, les progrès de la dénucléarisation se font toujours attendre et aucun nouvel accord n’a pu être trouvé lors de ce second sommet au Vietnam. Selon les dires de Donald Trump, la Corée du Nord aurait demandé la levée totale des sanctions de l’ONU précipitant ainsi le départ du président américain qui s’y oppose fermement. Jeudi 28 février, la Corée du Nord a cependant nié pareille réclamation et elle a affirmé n’avoir fait porter sa demande que sur la moitié des sanctions votées par l’ONU depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006. Vendredi 1er mars, seulement deux jours après le sommet, les services de renseignements sud-coréens et deux centres d'études américains ont constaté un regain d'activité sur le site nord-coréen de Sohae, en sommeil depuis 2018. Cette information fait craindre de prochains tests de missiles balistiques intercontinentaux. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 79L’agriculture et ses enjeux ; L’Algérie s'agite #78
L’agriculture et ses enjeux : Le 56ème Salon de l’agriculture a ouvert ses portes le 23 février dernier à Paris pour 10 jours. Emmanuel Macron y a souligné l’excellence de l’agriculture française, mais surtout européenne, qu’il considère comme le seul rempart contre la concurrence des géants américains ou asiatiques. Le président s’est exprimé durant une heure devant près de 500 personnes, dont une moitié de jeunes agriculteurs venus de pays européens. Il a appelé à « réinventer » la politique agricole commune (PAC) pour défendre la souveraineté alimentaire européenne. Emmanuel Macron a également évoqué la question du glyphosate, un herbicide déclaré « cancérigène probable chez l’homme » en mars 2015, par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il a rappelé son engagement d’en interdire l’utilisation d'ici trois ans et annoncé que le vignoble français, pourrait devenir le premier vignoble au monde « sans glyphosate ». En France, la viticulture reste en effet le secteur le plus gourmand en produits phytosanitaires : 20 % des quantités consommées pour 3 % de la surface agricole utile. La viticulture biologique a toutefois le vent en poupe, avec 9 % des vignes, plaçant la France en troisième position pour la production viticole biologique après l'Italie et l'Espagne. Cet engouement pour les pratiques bio est en phase avec le choix d’une part croissante de Français en faveur de nouveaux modèles de consommation plus respectueux de la santé et de l’environnement. C’est le sens de l’appel à un lundi vert, sans viande, lancé début janvier par un collectif de 500 personnalités ainsi que de la récente campagne de l’association interprofessionnelle du bétail et des viandes « aimez la viande, mangez-en mieux ». Une autre tendance de fond observée est celle de l’engouement pour le mouvement locavore, qui prône la consommation de nourriture produite près de chez soi. Plusieurs agriculteurs ont interpellé le président sur la faiblesse de leurs revenus. Depuis la fin des quotas laitiers européens en 2015, les éleveurs ont dû faire face à une hausse de la production qui a fait s'effondrer les cours mondiaux du lait. Au-delà des éleveurs, le mal être du monde paysan se traduit par un taux de suicide très élevé : un agriculteur se suicide tous les deux jours. ***L’Algérie s’agite : Le 10 février, Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 1999, a annoncé dans une « lettre à la Nation » son intention de briguer un 5ème mandat présidentiel le 18 avril prochain. Sa candidature a été plébiscitée par son parti, le FLN (Front de Libération Nationale). Régulièrement hospitalisé depuis 2005, puis victime d’un AVC en 2013 Abdelaziz Bouteflika est absent de la scène politique. Il ne fait plus que de rares apparitions et ne s’exprime plus en public. L’article 88 de la constitution algérienne prévoit que le président peut être destitué s’il n’est pas en mesure d’exercer ses fonctions “pour cause de maladie grave et durable” mais l’application de cet article est soumise à l’approbation unanime des membres du conseil constitutionnel dont une partie est proche du clan Bouteflika. Face à cette candidature, un mouvement de contestation est parti des réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical et autour d’un seul mot d’ordre : « Non au 5e mandat ». Bien que les manifestations soient interdites, les cortèges ont fleuri à Alger. Ils étaient composés majoritairement de jeunes. Déjà en 2014, à travers le mouvement Barakat (« ça suffit ») la jeunesse s’opposait au 4ème mandat du président Bouteflika. La mobilisation prend aujourd’hui de nouvelles dimensions à mesure que les corporations s’organisent. Les avocats ont occupé le tribunal d’Alger-centre pour exprimer leur hostilité à « la présidence à vie » tandis que les journalistes des médias publics ont observé des arrêts de travail pour protester contre la censure. Les protestations ont augmenté de manière significative en Algérie au cours de ces dix-huit derniers mois, en dépit de la répression, des interdictions de manifester et de se réunir. Les manifestants sont excédés par les injustices sociales et les abus du pouvoir dans un pays gangréné par la corruption. En Algérie, le printemps arabe n’a été porteur d’aucune forme de changement, qu’il soit économique ou politique. Une tentative de changement de régime avait eu lieu début 2011 mais, sévèrement réprimées, les manifestations n’ont duré que quelques mois et sont restées sans lendemain. La population algérienne, dont 30% est au chômage et dont la moyenne d’âge est 27 ans, subit les conséquences de la dépendance du pays à l’exportation d’hydrocarbures dont les revenus sont en baisse.Ce dimanche 3 mars, des messages sur les réseaux sociaux incitent à une journée de désobéissance civique, alors qu’Abdelaziz Bouteflika dépose sa candidature officielle. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à

Ep 77Face à la haine antisémite ; Syrie : les casse-tête de l’après Daech #77
Face à la haine antisémiteMardi matin, la préfecture du Bas-Rhin a annoncé la découverte de 96 tombes profanées dans le cimetière juif de Quatzenheim, au nord-ouest de Strasbourg. Un acte qui vient s’ajouter à la longue liste des agissements antisémites : qu’il s’agisse du meurtre de Mireille Knoll, de la dégradation du mémorial d’Ilan Halimi, des croix gammées sur des portraits de Simone Veil, de l’inscription Juden sur la vitrine d’un Bagelstein ou des insultes envers Alain Finkielkraut lors de l’acte XIV des Gilets jaunes. Les actes antisémites recensés en France par le ministère de l’intérieur avaient diminué en 2016 et 2017 mais sont de nouveaux en hausse en 2018, passant de 311 à 541 soit une hausse de 74%.Une quinzaine de partis politiques ont appelé les Français à se réunir mardi soir dernier partout dans le pays pour dire « Non à l'antisémitisme ». À Paris, ont défilé, aux côtés du Premier ministre, Édouard Philippe, plus de la moitié du gouvernement et deux anciens présidents de la République : François Hollande et Nicolas Sarkozy auxquels se sont ajoutés des représentants du monde syndical, ainsi que des citoyens anonymes autour du mot d’ordre « ça suffit ! ». D’abord absente des mouvements organisateurs, la France Insoumise a rejoint la liste des participants, contrairement au Rassemblement national qui a organisé son propre hommage aux victimes des actes antisémites.Mercredi soir, lors du diner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Emmanuel Macron a dénoncé une résurgence de l’antisémitisme « inédite depuis la seconde guerre mondiale » après s’être rendu en Alsace dans le cimetière juif profané la veille. Il a annoncé la mise en œuvre prochaine de la définition de l’antisémitisme, la dissolution de trois associations d’extrême droite ainsi que le dépôt en mai d’une proposition de loi contre les propos racistes sur internet.Loin d’être un phénomène isolé en France, l’antisémitisme n‘épargne pas le reste de l’Europe. Le 11 février dernier, en Hongrie, des centaines de néo-nazis se sont rassemblés à Budapest. L’Allemagne qui compte la troisième plus importante communauté juive d’Europe, doit faire face à une montée de l’antisémitisme. En Grande Bretagne, c’est en dénonçant l’antisémitisme de leur leader Jeremy Corbyn que 10 députés ont quitté le parti travailliste.Syrie : les casse-tête de l’après Daech : Samedi 16 février, l’alliance arabo-kurde qui mène les combats dans l’est de la Syrie avec le soutien des États-Unis a annoncé sa victoire « dans quelques jours » sur le groupe djihadiste Daech. Cette annonce, corroborée par les propos de Donald Trump, a cependant été nuancée par le Pentagone pour qui il reste des groupes insurgés actifs aussi bien en Syrie dans le désert de la Badia que dans la région irakienne d’al-Anbar. Mercredi, la voix française de DAECH, Fabien Clain a été tué dans un bombardement.Dans l’Est de la Syrie, le hameau de Baghouz est devenu le théâtre d’une bataille décisive : celle qui doit permettre aux forces démocratiques syriennes et à la coalition internationale menée par Washington de mettre un terme au projet territorial de l’État Islamique. Le califat proclamé en juin 2014 à Mossoul, devrait donc disparaître. Privé de territoire à administrer, l’État islamique n’en est pour autant pas complètement désossé. Il faut encore compter avec ses membres dispersés par-delà les frontières syriennes et avec un certain nombre de combattants infiltrés parmi la population civile souvent utilisée comme bouclier humain.Depuis 2014, au moins 40.000 étrangers dont 1.500 Français auraient rejoint l’État Islamique. 800 hommes 700 femmes et 1.500 enfants sont retenus dans des camps par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, Se pose désormais la question de leur retour au pays. Au Royaume-Uni, la demande de retour de Shamina Begum, une jeune femme partie rejoindre l’État Islamique en 2015 alors qu’elle n’avait que 15 ans, divise le pays. Elle personnifie le dilemme auquel font face les États européens à propos du retour des djihadistes et de leurs familles. Les États-Unis exhortent l’Europe à rapatrier ses ressortissants détenus en Syrie. Lundi dernier, à l’issue du conseil européen des affaires étrangères à Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a annoncé qu’il n’y « aura pas de décision au niveau de l’Union ». Un semblant de consensus semble toutefois se dessiner sur la nécessité de rapatrier les enfants en bas âge. D’autres aspects du problème doivent être désormais pris en compte et négociés dans le cadre d’une gestion des risques : l’attitude de pays tiers pour le cas des binationaux, le cas des femmes ou encore des kurdes.D’abord réticente, la France se dit prête à accueillir environ 130 ressortissants, dont une quarantaine d'ex- combattants. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. P

Ep 76Entre grand débat et dérive violente des gilets jaunes : quelle sortie de crise ? ; Les 40 ans de la République islamique d’Iran (#76)
Entre grand débat et dérive violente des gilets jaunes : quelle sortie de crise ? : Samedi 9 février, la 13e journée de mobilisation des Gilets jaunes, a une nouvelle fois été marquée par des violences et des heurts entre forces de l'ordre et manifestants. Ils étaient 51.000 mobilisés en France dont 4.000 à Paris où 39 personnes ont été interpelées. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a dit son dégoût lorsqu’un véhicule de l’opération Sentinelle a été incendié tandis qu’un collectif d’avocats dénonçait l’utilisation de grenades de dispersion qui ont encore fait un blessé et en demandaient l’interdiction. Depuis trois mois, malgré une mobilisation en baisse, le mouvement des gilets jaunes, infiltré par les casseurs, draine son lot d’images choquantes agrémentées de vitrines cassées, de blessés et de voitures brulées. Les préjudices subis par les commerçants et l’espace public s’accumulent alors que l’association France urbaine, qui réunit les élus des grandes villes et métropoles françaises, hausse désormais le ton. Elle a demandé dimanche dernier l’organisation “d’une réunion d’urgence avec le gouvernement pour évoquer des aides et des indemnisations pour compenser les pertes”. Pour ajouter à ce climat de tension, la maison du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a fait l’objet d’une tentative d’incendie. Des proclamations et des symboles antisémites ont resurgis : deux portraits de Simone Veil ont notamment été recouverts de croix gammées à Paris.Malgré cette escalade de violence, les débats organisés en France suscitent un engouement de la part des Français. Le gouvernement recense près de 6.000 réunions locales depuis le lancement du grand débat national le 15 janvier dernier. La première « synthèse intermédiaire » des contributions devrait être achevée mi-mars. Avant de laisser l’Assemblée nationale et le Sénat se pencher sur les propositions des Français, le gouvernement a imaginé cette semaine une étape intermédiaire. Des conférences régionales de citoyens tirés au sort chargés de hiérarchiser les contributions et de réfléchir à des propositions seront organisées. Elles se tiendront les week-ends du 15-16 et du 22-23 mars, du vendredi soir au samedi soir, et seront au nombre de 18 (une par région métropolitaine, cinq pour l’Outre-mer et une dédiée aux jeunes).Chez les gilets jaunes, des listes de candidats aux européennes se préparent, se multiplient, se scindent et s’apostrophent tandis que les contacts entre le vice-Premier ministre et dirigeant du mouvement Cinq Étoiles Luigi Di Maio et des gilets jaunes ont provoqué le rappel de l’ambassadeur de France à Rome.***Les 40 ans de la République islamique d’Iran : Le 11 janvier dernier, il y a eu en Iran 40 ans que l'ayatollah Khomeiny et les siens installaient le premier régime islamique de l'ère moderne, dont la doctrine était résumée par la formule en persan Velâyat-e faqih, suprématie du théologique sur le politique. Le pays fait aujourd’hui face à un bilan économique médiocre dû notamment à la subordination de l'économique au politique, lui-même subordonné au religieux et à une gestion étatiste désastreuse entre népotisme, double marché des changes, contrôle des prix et nationalisations de nombreuses industries. Les sanctions américaines ont achevé de déstabiliser une économie malade de longue date. Dans une population dont 75% n’étaient pas né en 1979, cette situation a provoqué un exil des cerveaux et des entrepreneurs. Le pays est régulièrement secoué par des grèves et des manifestations contre le chômage, la médiocrité des services publics ou encore les coupures d'eau. Elles peuvent basculer dans la dénonciation d'un régime arc-bouté sur la primauté du religieux qui autorise le guide spirituel, gardien de la pureté islamique et révolutionnaire du régime, à trancher de tout et d’abord de la sécurité. Le régime des mollahs, les docteurs de la loi coranique, est éminemment répressif, y compris sous la présidence de Hassan Rohani, réélu en 2017 et présenté à l'Ouest comme modéré. Néanmoins, dans ce pays gangrené par la corruption jusqu’au plus haut niveau institutionnel, les dénonciations publiques de profiteurs du « système » se multiplient sur les réseaux sociaux et n’épargnent pas le clergé.Dans un discours prononcé place Azadi -liberté en persan-, le président Hassan Rohani a affirmé qu'en dépit de tous leurs efforts, les États-Unis ne parviendraient pas à détruire la République islamique. Il a promis la poursuite du développement des missiles balistiques malgré des mises en garde américaines. La rupture diplomatique irano-américaine, officielle depuis avril 1980, s’est installée dans les esprits. La prise d’otages à l’ambassade des États-Unis de Téhéran, entre novembre 1979 et janvier 1981, a traumatisé les Américains et plongé l’Iran dans un isolement international qui dure encore. Fin janvier, pour tenter de rompre cette quarantaine, la France, l’Allemagne et le Royaume‐Uni ont officialisé la mise en place d’un m

Ep 75Bada #10 - La loi anti-casseurs; le Pape aux Emirats Arabes Unis
bonusEnregistrée en public à l’Ecole alsacienne le 10 février 2019 en présence de François Bujon de l’Estang, ambassadeur de France ; Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote ; Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne . Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 75La loi anti-casseurs; le Pape aux Emirats Arabes Unis (#75)
La loi anticasseurs : Mardi 5 février dernier, la proposition de loi dite « anticasseurs », a été adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale par 387 voix contre 92 et 74 abstentions. Destinée à prévenir les violences lors des manifestations, ce texte, porté par le ministre de l’intérieur Christophe Castaner, est jugé « liberticide » par la gauche. Parmi les 8 articles que contient la loi, l’article 2 qui confère aux préfets le pouvoir d'interdire la participation à une manifestation a provoqué une levée de boucliers notamment chez les juristes. Ce texte est critiqué par les partis d’opposition et par certains membres de la République en marche, dont cinquante députés se sont abstenus mardi dernier sans toutefois qu’aucun n’ait voté contre. Le lendemain, le député en marche, Matthieu Orphelin annonçait qu’il quittait le groupe LREM (Les Républicains en Marche) jugeant que « l’exécutif n’est pas au bon rythme pour être à la hauteur des enjeux climatiques, écologiques et sociaux». Cette nouvelle prise de distance avec le gouvernement à l’occasion du vote de ce texte de loi rappelle les divisions survenues au sein du groupe LREM à propos du projet de loi Asile immigration. Cependant, lors du vote de ce dernier en première lecture, seuls 14 députés LREM s’étaient abstenus. Les débats à l'Assemblée nationale ont cette fois été plus expéditifs à la faveur de la crise provoquée par le mouvement des gilets jaunes. La version du texte adoptée mardi n’est toutefois pas définitive. La proposition de loi devra retourner au Senat début mars et la version finale ne sera donc pas connue avant plusieurs mois. Les accusations qui accompagnent la loi « anticasseurs » rejoignent celles qui avaient fait écho à la loi « contre la manipulation de l’information » en période électorale votée en octobre dernier. Les critiques principales contre ce texte portent sur son inutilité (la loi de 1881 réprime la diffusion de fausses nouvelles), son absence de précision dans la définition du délit et le pouvoir donné au Conseil supérieur de l’audiovisuel « d’ordonner la suspension de la diffusion d’un service contrôlé par un État étranger, ou sous l’influence de cet État, s’il diffuse de façon délibérée de fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin ». S’y ajoute une forte suspicion sur la nature et les fonctions d’un « conseil de déontologie de la presse » dont la création fait l’objet d’une mission actuellement en cours.Le voyage du pape aux Emirats arabes unis : Du 3 au 5 février derniers, le Pape François, s’est rendu aux Émirats arabes unis, réalisant alors le premier séjour d’un souverain pontife dans la Péninsule arabique. Ce 27ème déplacement du pape à l’étranger fait suite à l’invitation du cheikh Ahmed al-Tayeb, recteur et grand imam de l’université́ al- Azhar du Caire. Était, en effet, prévu au programme de ce voyage une conférence mondiale sur la fraternité humaine organisée par le conseil des sages musulmans et présidé par l’imam Ahmed al-Tayeb. Le pape a dédié la seconde journée de son déplacement à la communauté catholique locale en célébrant notamment une messe face à environ 135.000 fidèles rassemblés dans le stade Zayed. Aux Émirats arabes unis, environ 10% de la population est catholique, soit quelques centaines de milliers d’étrangers, majoritairement asiatiques. Plus ouvert que ses pays voisins du Golfe tel que l’Arabie Saoudite, ce pays de tradition musulmane malikite dispose d’un « ministère de la Tolérance» et admet l’existence de 76 Églises – dont 9 catholiques – mais avec interdiction de signes extérieurs et de prosélytisme chrétien. Le malikisme, l’une des quatre écoles du droit musulman sunnite regroupe un cinquième des musulmans ; en France, elle est la première des écoles pour le nombre de pratiquants. Contrairement au trois autres, elle est structurée et hiérarchisée avec, à sa tête un primat.S’inscrivant dans le cadre de l’Année de la tolérance décrétée en 2019 par les Émirats arabes unis, ce voyage pontifical qui avait pour thème « fais de moi un instrument de ta paix » - paroles d’une prière attribuée à saint François d’Assise - n’était pourtant pas sans poser débat. Les Émirats arabes unis sont, en effet, encore aujourd’hui impliqués dans les atrocités commises au Yémen. Pour le Vatican, ce voyage s’est néanmoins inscrit dans une politique de dialogue avec les pays qui promeuvent un islam réformiste. Dès le début de son pontificat en 2013, le pape s’était rendu dans des pays à forte concentration musulmane tels que la Jordanie, l’Albanie et la Turquie. Il avait alors fait du dialogue interreligieux une de ses priorités. Cette main tendue vers l’islam se prolongera les 30 et 31 mars 2019 prochains lorsque le pape François se rendra au Maroc. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visi

Ep 74Elections européennes : des listes en attente ; Maduro versus Gaido (#74)
Les 23 et 26 mai 2019 prochains dans les 27 États membres de l’Union se tiendront les élections qui désigneront 705 députés. Élus tous les cinq ans au suffrage universel, leur nombre varie selon les pays dotés chacun d’un nombre fixe de sièges, allant de 96 pour l’Allemagne à 6 pour le Luxembourg, Chypre, l’Estonie et Malte.Les Français désignent 74 représentants, les listes régionales étant en 2019 remplacées par une liste nationale.Mardi 29 janvier, les Républicains ont entériné le trio de tête de leur liste. C’est François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie âgé de 33 ans et adjoint au maire de Versailles, qui a été désigné pour la conduire par Laurent Wauquiez, président des Républicains qui a nommé à ses côtés Agnès Evren, vice‐présidente de la région Ile‐de‐France, ainsi qu’Arnaud Danjean, député européen sortant. Des figures de droite comme Gérard Larcher, président du Sénat, Éric Woerth, président de la commission des Finances, ou Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, ont émis des réserves quant à cette composition.A seulement quelques mois du scrutin, la gauche française n’est pas parvenue à s’unir. Au moins cinq listes s’affronteront le 26 mai : Parti Socialiste, Parti Communiste Français, Europe Écologie Les Verts, Génération-s et France insoumise. Yannick Jadot conduira seul la liste Europe Écologie les Verts (EELV), alors qu’une possible alliance avec le parti politique Génération.s fondé par Benoit Hamon avait été envisagée et que Ségolène Royal avait souhaité rassembler Écologistes et sociaux-démocrates.Tout comme au Parti Socialiste, aucune tête de liste n’a encore été désignée du côté de la République en marche.Enfin le Ralliement d’initiative citoyenne a annoncé le mercredi 23 janvier son intention de présenter une liste de Gilets Jaunes aux élections européennes. C’est Ingrid Levavasseur, aide-soignante de l’Eure âgée de 31 ans, qui figure à la tête d’une liste de dix noms.Plus généralement en Europe, alors que les "populistes" sont au gouvernement dans plusieurs pays d’Europe tels que l’Italie, la Hongrie, ou encore la Pologne, les candidats eurosceptiques ont le vent en poupe. ***Maduro versus Gaido : Mercredi 23 janvier dernier, Juan Gaidó, le jeune président du parlement vénézuélien et chef de file du Parti Volontaire populaire, s’est proclamé président par intérim lors d’une grande manifestation d’opposition à Caracas. Il revendique l’installation d’un gouvernement de transition et l’organisation d’élections libres. Encore inconnu il y a quelques mois, Juan Gaidó est parvenu à rassembler les opposants au régime. Il est soutenu par d’importantes manifestations de citoyens qui s’expriment jusque dans les églises. En une semaine, les Nations unies affirment avoir dénombré 40 morts dans les oppositions et plus de 350 interpellations. Nicolas Maduro peut compter sur le soutien de l’armée, bien que certaines fissures commencent à apparaitre dans ses rangs.Réélu en mai dernier, lors d’un scrutin contesté et boycotté par l’opposition, le leader chaviste dirige un pays dont l’économie est à la dérive avec une inflation atteignant 10 millions de % cette année selon le FMI (Fond monétaire International). A la crise politique vient s’ajouter une crise économique et humanitaire. Dans ce pays où le pétrole représente 95% des exportations, la chute du baril a eu pour la population des conséquences d’autant plus lourdes que rien n’a été fait depuis des années pour diversifier les ressources nationales.Par un tweet de Donald Trump, les États-Unis ont été les premiers à reconnaitre « le président intérimaire ». Le Canada et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil et la Colombie, les ont imités, tout comme l’ont fait l’Australie et Israël. Les Européens, ne sont pas parvenus à faire adopter par les Nations unies leur projet d’un ultimatum exigeant l’organisation d’élections libres sous huit jours. La proposition de médiation du Mexique a été rejetée par Juan Gaido, tandis que Nicola Maduro a dénoncé l’ingérence de Washington et s’appuie, pour se maintenir au pouvoir, sur Pékin et Moscou. Le bras de fer entre Nicolas Maduro et Juan Gaidó se joue désormais sur la scène internationale et d’abord sur la plus proche, car l’exode de plus de trois millions de Vénézuéliens dans les pays limitrophes, dont près de 700 000 au Pérou, fait peser sur ces États un risque de déstabilisation grave. Le 28 janvier, Washington a annoncé des sanctions américaines contre le pétrole vénézuélien, avec l'objectif de « paralyser le gouvernement de Nicolás Maduro en le privant de sa principale source de liquidités ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 73Aix-la-Chapelle : mise à jour avant les élections européennes ; Trump empêtré (#73)
Aix-la-Chapelle : mise à jour avant les élections européennes :Mardi 22 janvier dernier, le président français et la chancelière allemande ont signé le Traité d’Aix-la-Chapelle, 56 ans après la signature par le Général de Gaulle et le chancelier Adenauer du Traité de l’Élysée qui scella la réconciliation franco-allemande. Ce traité d’Aix-la-Chapelle avait été voulu par Emmanuel Macron dès le début de son quinquennat et annoncé, en septembre 2017, dans son discours de la Sorbonne qui plaçait l’Europe au cœur de son projet politique.Le texte signé cette semaine ne contient pas de bouleversements majeurs mais plutôt un renforcement du partenariat franco-allemand. Y sont notamment inscrits : une coopération accrue dans le domaine de la défense et de l’économie avec l’objectif de former, à terme, une zone économique franco-allemande ainsi qu’un rapprochement des régions transfrontalières, les eurodistricts, pour la réalisation de projets en commun. Ce texte prévoit également des avancées dans de nouveaux domaines et une coopération dans le secteur du numérique, de l’intelligence artificielle et de la cyber-sécurité. En France, le contenu de ce traité a été publié le 15 janvier soit seulement une semaine avant sa ratification. Les réseaux sociaux se sont d’autant plus facilement fait l’écho de nombreuses fausses nouvelles, dont certaines, pour énormes qu’elles puissent paraître, comme l’annonce de la vente de l’Alsace Lorraine à l’Allemagne, ont réussi à parasiter le débat politique. En Allemagne, les adversaires du traité ont été bien moins virulents.A quatre mois des élections européennes, Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont montrés unis alors même que le jour de la ratification de ce traité, Matteo Salvini, ministre de l’intérieur italien, déclarait qu’il espérait que la France se débarrasse d’Emmanuel Macron : « un très mauvais président ».*** Trump empêtré :Dans la nuit du 11 au 12 janvier dernier, le 19ème arrêt des activités gouvernementales depuis 1976 est devenu le plus long government shutdown de l’histoire américaine, dépassant les vingt et un jours de blocage de l’ère Clinton en 1995-1996. Aucun compromis n’a pu être trouvé entre le président républicain qui réclame 5.7 milliards de dollars pour construire son mur antimigrants à la frontière avec le Mexique et les démocrates, opposés au projet qu’ils jugent « immoral, coûteux et inefficace ». Dès lors, ce sont 800.000 fonctionnaires fédéraux qui sont privés de leurs salaires et interdits d’activité, même bénévole depuis le 22 décembre dernier. Ironie de l’histoire, le coût du shutdown s’apprête à dépasser celui du mur à la frontière mexicaine.Donald Trump a été contraint de reporter sine die le traditionnel discours sur l’état de l’Union prévu le 29 janvier et se trouve donc momentanément privé de cette occasion d’exposer au pays son bilan et sa vision de l’avenir. Deux amendements concurrents, l’un républicain, l’autre démocrate, ont été présenté ce jeudi au Sénat mais aucune issue ne semble immédiate. Cette semaine, les responsables politiques américains, retenus aux États-Unis par le shutdown de l’administration fédérale, ont laissé le champ libre à une centaine de participants chinois au forum économique de Davos alors que les rivalités commerciales sino-américaines dessinent le paysage géopolitique actuel.Par ailleurs, jeudi 17 janvier, le site d’information américain BuzzFeed révélait que Donald Trump aurait encouragé son ancien avocat, Michael Cohen, à mentir lors de plusieurs audiences au Congrès sur ses affaires en Russie et la construction d’une Trump Tower à Moscou. Cela relance la question des liens entre le promoteur-candidat en campagne et les milieux politico-financier russes. Dès le vendredi matin, les démocrates ont annoncé le lancement d’une enquête parlementaire, tandis que le président rejetait ces accusations qui n’en alimentent pas moins les conjectures sur une procédure de destitution, impeachment.Enfin une vingtaine de membres du gouvernement et de conseillers ont démissionné ou ont été limogés depuis janvier 2017, parmi lesquels le secrétaire à la Défense, James Mattis, deux conseillers à la Sécurité nationale, Michael Flynn et Herbert McMaster, deux secrétaires généraux de la Maison blanche, Reince Priebus et John Kelly sans oublier le Secrétaire à la Justice, le directeur de l’agence de protection de l’environnement et l’ambassadrice à l’ONU. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 72La lettre d’Emmanuel Macron aux français et le Grand débat national ; Brexit : commencement de la fin ou fin du commencement ? (#72)
La lettre d’Emmanuel Macron aux français et le Grand débat nationalLundi dernier, paraissait dans la presse et les réseaux sociaux, la lettre adressée aux Français par Emmanuel Macron. Elle contient 34 questions, lance et cadre le « Grand débat national », officiellement inauguré le mardi suivant lors d’un déplacement du président de la République à Grand Bourgtheroulde, commune du département de l’Eure. Emmanuel Macron a répondu, près de sept heures durant, aux nombreuses interrogations des maires réunis pour l’occasion. Des cahiers de doléances avaient été remis la veille à l’Élysée par l’association des maires ruraux, permettant au Président de prendre connaissance des principales demandes exprimées à ce jour par les Français. Des préoccupations récurrentes en ressortent, telles que la limitation de vitesse à 80km/h, une demande de réorganisation politique et territoriale avec le maintien des services de proximité, une soif de justice fiscale … Ce sont ces mêmes thématiques qui ont ressurgi lors de la rencontre avec les maires normands. Cet exercice inédit de questions-réponses a pour but de ressouder le lien entre le président de la République et les maires, lien qui avait été entaché dès le début de son quinquennat par la réforme de la taxe d’habitation. Les maires, pourtant déçus par l’absence du Président à leur dernier congrès annuel, se sont néanmoins montrés courtois et satisfaits de cette journée avec le Président. De son côté, Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État chargée de coanimer le grand débat national avec Sébastien Lecornu, a reçu mardi des gilets jaunes de la commune de Brionne dans l’Eure. Les échanges ont été plus mouvementés et les interlocuteurs de la ministre ont exprimé des réticences à participer au grand débat national. La nomination d’Emmanuelle Wargon et de Sébastien Lecornu faisait suite à la démission de Chantal Jouanno la semaine précédente. Le choix de deux membres du gouvernement a jeté le doute sur l’indépendance des conducteurs du grand débat national. Pour répondre à cela, un collège de cinq garants a été désigné. ***Brexit : commencement de la fin ou fin du commencement ? Le 15 janvier dernier, la Chambre des Communes a massivement rejeté l’accord de sortie du Royaume Uni de l’Union européenne que Theresa May avait difficilement négocié depuis plus de deux ans. Ce sont 432 membres qui s’y sont opposés sur une totalité de 650 membres soit seulement 202 voix pour soutenir la Première ministre britannique. Parmi les points clivants de l’accord, la question du « filet de sécurité », le « backstop », a attisé les tensions. Il désigne le moyen de conserver la frontière irlandaise ouverte de façon temporaire, maintenant ainsi les nord-Irlandais ainsi que l’ensemble du Royaume Uni dans l’union douanière pour une durée non déterminée. L’Irlande du Nord resterait donc assujettie à certaines règles du marché commun sans pour autant que soit réglée la question de sa frontière avec le sud. Depuis mercredi, bien que le Parlement ait rejeté de justesse la motion de censure lancée contre Theresa May par l’opposition travailliste, la situation face à laquelle se trouve la Première ministre britannique est toujours délicate. Elle ne dispose que d’un faible soutien - les députés ayant été 325 contre 306 à exprimer leur confiance dans son gouvernement - et va donc devoir faire des concessions si elle ne veut pas d’un Brexit sans accord : un « no deal ». L’Union européenne se prépare à cette éventualité comme l’a souligné Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne. De son côté, la France a déclenché jeudi son plan pour faire face à un possible Brexit sans accord. Il s’agit d’un ensemble de mesures législatives et juridiques visant notamment à protéger les intérêts des Français résidant au Royaume-Uni, de garantir un statut pour les citoyens britanniques en France ou encore de prévoir les mesures en vue du rétablissement des contrôles des marchandises aux frontières. Cinq ordonnances seront adoptées dans les trois semaines qui viennent auxquelles s’ajoutent 50 millions d’euros investis dans les ports et les aéroports. Ce même jour, dans une lettre publiée par le quotidien britannique, The Times, plus de 170 patrons du Royaume-Uni ont appelés à un nouveau référendum alors même que le parti conservateur au pouvoir et le parti travailliste, principal parti d’opposition mené par Jeremy Corbyn, rejettent pour le moment l’idée d’un nouveau vote. Theresa May a jusqu’à demain, lundi 21 janvier, pour présenter son plan B devant la Chambre des Communes. Il sera soumis au vote du parlement le 29 janvier. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 71bada #9
bonusGilets jaunes : vers une sortie de crise ? ; 2019 : Annus horribilis pour l’Europe ? (#71) Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 71Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? ; 2019 : Annus horribilis pour l’Europe ? (#71)
Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? Hier, samedi 12 janvier, 84.000 manifestants ont participé à l’acte IX des Gilets Jaunes. Cela aura été l’occasion de constater que, depuis le 19 novembre, le théâtre des opérations de ce mouvement ne cesse de se démultiplier et de se déplacer. Certaines villes comme Bordeaux et Toulouse sont des foyers importants et constants de manifestations : au moins 5.000 participants aux défilés organisés hier dans ces deux villes. A peine moins qu’à Paris où les manifestants étaient 8.000 (dont 74 ont été placés en garde à vue). A l’appel de certains figures « historiques » du mouvement, 6.000 personnes se sont rassemblées à Bourges, ce qui place de cette ville juste après la capitale pour le nombre de manifestants. A Bourges et ailleurs, des leaders émergent ou ont émergé ces dernières semaines. Certains d’entre eux faisaient partie des huit porte-parole désignés par les militants fin novembre. D’autres annoncent des initiatives en rapport avec les élections européennes à venir, voire la création d’un mouvement politique. On voit apparaître ici et là les prémices d’une organisation et certains groupes de gilets jaunes ont accepté de déclarer leur manifestation en préfecture pour éviter les débordements des précédents samedis. L’une des réclamations les plus répandues avec le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune est la création d’un referendum d’initiative citoyenne dont les modalités et la portée ont autant de définitions qu’il a de partisans. Les demandes d’augmentation du pouvoir d’achat et de baisse de certaines taxes sont constantes, mais beaucoup des revendications dont on a connaissance sont saugrenues ou inconséquentes, tandis que d’autres paraissent manipulées par des lobbies ou des groupes politiques. Et, tandis que le Rassemblement national et la France insoumise affirment qu’il existe des liens de parenté entre eux et les gilets jaunes, le gouvernement n’a pas d’interlocuteur patenté à la veille du lancement du grand débat national dont l’organisatrice, Chantal Jouanno, vient de lui faire faux-bond après que la publication de son salaire a suscité une vive agitation sur les réseaux sociaux et au-delà.Emmanuel Macron tente d’apaiser les tensions en se rendant personnellement au contact des Français comme il s’apprête à le faire dans l’Eure mardi prochain. Le chef de l’État adressera également aux Français en début de semaine prochaine la lettre qu’il avait promise lors de ses vœux. **2019 : annus horibilis pour l’Europe ?Depuis le 1er janvier, la Roumanie exerce la présidence du Conseil de l’Union européenne pour une durée de six mois. Le pays est agité par le projet d’une réforme judiciaire qui permettrait notamment de gracier des individus accusés de corruption. Cette réforme est proposée par Liviu Dragnea, actuellement à la tête du parti social-démocrate roumain lui-même accusé de détournements massifs de fonds européens. La Roumanie n’est pas le seul pays de l’Union à faire aujourd’hui fi des règles démocratiques européennes. La Hongrie et la Pologne ont multiplié ces dernières années les atteintes à l’indépendance du pouvoir judiciaire et s’en sont pris aux organes anti-corruption. Toutefois, depuis quelques mois, ces gouvernements sont défiés par leur propre opinion publique. Ainsi la Hongrie connait-elle un fort mouvement hostile à la réforme du temps de travail instaurée par le gouvernement de Viktor Orban à la mi-décembre.Les courants anti-européens ou populistes sont vivaces au sud de l’Europe. Aux élections régionales de décembre, la deuxième plus grande et plus peuplée des 17 communautés autonomes d’Espagne, l’Andalousie a mis fin à 36 ans de pouvoir socialiste grâce au soutien du parti d’extrême droite, Vox, qui a remporté 12 sièges. Quant à l’Italie, après avoir affiché son soutien aux gilets jaunes la semaine dernière, son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini cherche à forger des alliances entre extrême droite et droite dure en vue des élections européennes. En témoigne son récent déplacement à Varsovie le 9 janvier dernier pour y rencontrer les dirigeants du parti ultraconservateur Droit et Justice actuellement au pouvoir en Pologne. C’est dans ce contexte que l’Union européenne va devoir affronter en cette année 2019 un agenda chargé auquel figure le Brexit dont la date est fixée au 29 mars prochain si les négociations entre Theresa May et le Parlement britannique aboutissent ainsi que les élections européennes qui se tiendront les 23 et 26 mai prochain dans les 27 états membres et à l’issu desquelles 705 députés seront élus. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 70Thématique : la presse a mauvaise presse (#70)
La perte de confiance dans les médias, la prospérité des réseaux sociaux, la prolifération des fausses nouvelles, l’importance de leur audience et l’intrusion de la Russie dans leur circulation, le sensationnalisme et la course au spectaculaire des chaines d’information en continu, leur concurrence sans règles ni arbitre, la violence des attaques des leaders populistes contre les journalistes, la faillite du système de distribution, le ratage du tournant informatique : voici quelques-unes des raison de se pencher sur l’état d’une profession qui n’a rien vu venir de l’effervescence sociale de novembre et décembre dernier, pas plus qu’elle n’avait vu arriver, en 2017, la vague de dégagisme et ses conséquences.Qu’est-ce que le métier d’informer ? Dans quelles conditions peut-on l’exercer ? Quels obstacles, quels défis, quelles opportunités, quelles menaces apportent les nouvelles donnes de l’information ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 69Thématique : le cinéma et la der des ders, avec Bertrand Tavernier / n°69
« C’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Élysées lors du défilé de la Victoire (environ trois heures je crois), j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante. » Telles sont les dernières phrases, lues par Philipe Noiret, de la lettre d’un personnage fictif, le commandant Dellaplane, sorti des imaginations associées de Jean Cosmos et de Bertrand Tavernier pour les besoins de « La Vie et rien d’autre », l’un des films qui aura le plus contribué à la mémoire de la guerre dont nous venons de commémorer l’armistice. « Capitaine Conan », du même scénariste et du même réalisateur, redonne vie à ce « Corps expéditionnaire d’Orient », dont les soldats poursuivirent la guerre dans les Balkans bien après que les cloches avaient fait retentir l’heure de l’armistice. Le succès de ces deux films- que vient amplifier leur audience à chaque passage à la télévision ou sur le câble- est assurément dû à leurs auteurs et à leurs interprètes. Mais ce sont aussi des œuvres qui atteignent en nous quelque chose de profond et souvent d’informulé : le vertige devant l’ampleur de ce que cette guerre aura détruit et le besoin inlassable de savoir, de comprendre et de compatir.Dès les premières années de la guerre, le cinéma fut mis à contribution, tantôt pour répondre à ce besoin, tantôt pour promouvoir telle ou telle vision du conflit. Cent ans plus tard, la Der des ders continue d’inspirer les cinéastes, même s’ils l’abordent sous un angle inédit – celui de la place des femmes dans une société en guerre- comme Xavier Beauvois dans un film de 2017, « Les Gardiennes ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 68Thématique : comment peut-on (encore) faire du théâtre ? / n°68
Avec Julie Deliquet, metteuse en scène et scénographe (« Fanny et Alexandre », en février, à la Comédie française, Jeanne Candel co-diretrice du Théâtre de l’Aquarium et Jean Robert-Charrier, directeur du théâtre de la porte Saint Martin.4 millions d’entrées dans les théâtres publics en 2017, 4 millions dans les théâtres privés, presque tous à Paris. Ces dernières années, le nombre de spectateurs est en progression lente mais constante, sans oublier les 460 conservatoires et les troupes d’amateurs si nombreuses qu’elles ne sauraient être recensées. Non seulement le théâtre n’est pas affecté par la révolution numérique, mais il en tire peut-être profit en offrant une alternative de chair et d’os aux divertissements virtuels…Pour autant, est-il raisonnable de « monter une pièce » ? Économiquement, c’est un peu plus coûteux chaque année : les spectacles vivants ne peuvent gagner en productivité qu’à la marge de la marge : le même acteur ne peut pas jouer deux protagonistes d’une même pièce, le même décor ne peut pas figurer un hôpital et un jardin. Scientifiquement, cela s’appelle la loi de Baumol : le théâtre souffre d’un différentiel de productivité́ avec le reste de l’économie qui induit une croissance inexorable de ses coûts relatifs. L’État intervient pour contrer ou adoucir les effets de cette loi. Il occupe donc une place de plus en plus importante dans l’offre de spectacles, avec ses cinq Théâtres nationaux, ses 70 Scènes nationales et ses 38 Centres dramatiques nationaux. Cela entraine-t-il une uniformisation de cette offre ? Un alignement des carrières artistiques sur certaines carrières de la fonction publique ? L’offre du privé constitue-t-elle une alternative ? La loi de 2003 sur le mécénat a-t-elle modifié la donne ? Le financement participatif offre-t-il une nouvelle perspective ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 67Macron et les réponses aux gilets jaunes ; Le feuilleton du Brexit (#67)
Macron et les réponses aux gilets jaunesLundi dernier, le président de la République a présenté ses réponses à la crise des gilets jaunes en déclarant un « état d’urgence économique et social ». Le chef de l’État a annoncé plusieurs mesures fiscales favorables aux salariés : revalorisation immédiate de 100€ de la prime d’activité pour les travailleurs au SMIC, défiscalisation des revenus des heures supplémentaires que le projet de loi de finances initial prévoyait seulement d’exonérer de cotisations sociales, annulation pour 2019 de la hausse de CSG pour les retraités dont le revenu n’excède pas 2 000€ par mois. Enfin Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’engager un « large débat national » l’an prochain à travers une consultation qui doit aborder le sujet de la fiscalité mais également celui des services publics et plus largement des institutions.Les réactions des gilets jaunes ont divergé. Si certains porte-parole du mouvement ont estimé que les mesures annoncées ne répondaient pas à leurs revendications, d’autres figures comme Jacline Mouraud ont estimé que ce discours constituait « un début de compréhension ». Par ailleurs l’opposition s’est pour la première fois divisée entre certains partis dont ceux de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen appelant à poursuivre le mouvement tandis que le président des Républicains a appelé mardi à ne pas manifester samedi. Cette position a également été celle du gouvernement dont le porte-parole Benjamin Griveaux a estimé que les manifestations devaient cesser arguant du surcroît de mobilisation des forces de l’ordre suite à un attentat ayant fait 4 morts mardi soir dans le centre ville de Strasbourg.Dans les semaines qui viennent, le président de la République devra défendre le nouvel équilibre budgétaire auprès de la Commission européenne dans une situation de tension exacerbée par le rejet récent du budget italien pour cause de déficit excessif. En effet le ministre des comptes publics a estimé cette semaine à 10Md€ le coûts des mesures annoncées lundi ce qui portera le déficit de la France à 3,4% de son PIB contre 2,8% inscrits dans le projet initial envoyé à la Commission.C’est dans ce contexte que le cinquième samedi de mobilisation organisé hier a marqué un reflux notamment à Paris. Les manifestations organisées sur tout le territoire ont néanmoins rassemblé 66.000 personnes selon le ministère de l’intérieur dont 2.200 dans la capitale et motivé plus de 100 mises en garde à vue. ***Le feuilleton du BrexitMardi dernier, le vote décisif qui devait soumettre pour approbation au Parlement britannique l’accord de sortie de l’Union européenne négocié par le gouvernement de Theresa May n’a pas eu lieu. En effet la Première ministre a annoncé la veille à la Chambre des communes qu’elle reportait ce vote sine die les conditions de l’adoption de cet accord par le Parlement n’étant manifestement pas réuniesCe report a été critiqué par la classe politique britannique. Le parti Conservateur a organisé mercredi un vote de défiance qui aurait pu contraindre la Première ministre à la démission. Mais Theresa May a conservé la confiance de 200 députés de son parti contre 117. Les chefs d’État et de gouvernement réunis à Bruxelles jeudi pour leur dernier sommet de l’année ont réaffirmé leur opposition ferme à toute réouverture des négociations de l’accord adopté en novembre. Ils ont néanmoins consenti à l’adoption d’un texte commun de clarification réaffirmant que le « filet de sécurité » entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande instauré par l’accord de sortie n’était qu’une solution temporaire.Dans ce contexte la Première ministre dispose d’une très étroite marge de manœuvre pour convaincre le Parlement d’adopter l’accord qu’elle a négocié tandis que l’ancien Premier ministre Tony Blair a réaffirmé vendredi son soutien à l’organisation d’un nouveau référendum auquel 48% des Britanniques seraient favorables et 34% hostiles. En France, l’Assemblée nationale a adopté lundi en première lecture un projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances dans le cas d’un Brexit sans accord. La Cour de justice de l’Union européenne, saisie par un groupe de neuf parlementaires britanniques, a statué qu'un État-membre ayant enclenché le processus de sortie de l'Union européenne peut unilatéralement revenir sur sa décision tant que le divorce n'a pas été acté. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 66Bada #8 - Questions du public "Gilets jaunes : acte IV ; G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ?"
bonusEnregistré à l'École alsacienne le dimanche 9 décembre 2018 avec Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne au CNAM, et Nicolas Baverez, avocat et essayiste. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 66Gilets jaunes : acte IV ; G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ? (#66)
Gilets jaunes : acte IVSamedi 8, les gilets jaunes appelaient à manifester pour la 4ème fois. De 300.000 manifestants le 17 novembre dernier, ils seraient passés à 125.000. A Paris, à Toulouse, à Lyon et à Bordeaux, la journée a été émaillée de nouveaux affrontements entre les forces de l’ordre dont 89.000 fonctionnaires étaient mobilisés et des manifestants liés ou non aux gilets jaunes. Selon le ministère de l’intérieur, il y a eu plus de 1.400 interpellations au niveau national et 974 personnes ont été placées en garde à vue. Lundi, les partis d’opposition ont tous été reçus à Matignon. Jeudi, la France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste annonçaient le dépôt demain d’une motion de censure conjointe.Mardi, dans une première tentative de désamorcer le mouvement, le Premier ministre a annoncé la suspension pour 6 mois de la hausse de la taxe sur le carburant, suspension commuée le lendemain par le Président de la République en annulation pure et simple, bien que les mesures annoncées par le Premier ministre aient été adoptées à l’assemblée nationale par 358 voix contre 194. Le ministre des comptes publics a estimé à 4 milliards d’euros le coût de cette annulation.Mercredi, Emmanuel Macron a demandé aux autorités politiques, syndicales et patronales de lancer un appel au calme « clair et explicite » pour éviter les débordements samedi. Si plusieurs syndicats de salariés et du patronat ont débattu avec la ministre du travail vendredi de mesures bénéfiques au pouvoir d’achat des salariés, la CGT a refusé la concertation et lancé un appel à la grève des routiers, appel annulé après l’acceptation par le patronat des revendications des camionneurs. La FNSEA a appelé à la mobilisation la semaine prochaine. Une manifestation étudiante a réuni plus de 1.000 manifestants vendredi, plusieurs centaines de lycées ont été bloqués au cours de la semaine. Les images de l’intervention des forces de l’ordre à Mantes la Jolie ont provoqué un déluge de commentaires sur les réseaux sociaux, et le dévoilement des affinités, voire des affiliations, politiques de certains porte-parole des gilets jaunes a soulevé de nombreuses questions.Vendredi soir, les commentaires de ceux des gilets jaunes reçus par le Premier ministre avaient, pour la première fois, une tonalité confiante.Le Président de la République, qui ne s’est pas exprimé publiquement sur depuis la présentation de la stratégie énergétique de la France le 27 novembre dernier prendra la parole mardi.***G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ?Samedi 1er décembre, les chefs d’État américain et chinois ont annoncé conjointement s’être mis d’accord sur l’instauration d’une trêve dans la guerre commerciale qui oppose leurs deux pays depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2017. Cette trêve de 90 jours, qui n’est pas la première annoncée par les autorités des deux pays, devrait leur permettre de négocier un accord pour rééquilibrer leur relation commerciale. Cette rencontre est intervenue en marge du sommet du G20 de Buenos Aires qui s’est tenu les 30 novembre et 1erdécembre et qui a vu les chefs d’État européens dont le Royaume-Uni adopter une position commune de défense du multilatéralisme. Cette position est apparue de plus en plus isolée dans le G20. En effet, si les délégations européennes ont pu rallier la Chine à leur volonté de réformer rapidement l’Organisation mondiale du commerce, le G20 a surtout été marqué par le poids croissant des négociations bilatérales à l’image du nouveau traité de libre-échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada signé solennellement en marge du sommet le 30 novembre. Le Brésil a quant à lui réitéré son opposition aux instances multilatérales en confirmant son refus d’organiser la COP25 en 2019. Dans ce contexte, l’évolution des relations commerciales à l’échelle internationale reste suspendu au résultat de la réflexion sur l’avenir de l’OMC qui sera engagée à l’occasion de son prochain conseil général le 12 décembre. Enfin, l’équilibre commercial international reste largement dépendant du résultat des négociations engagées entre les États-Unis et la Chine et qui devront se terminer avant la fin du mois de février 2018. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 65Vers un "nouveau contrat social" & tensions en mer d'Azov
VERS UN « NOUVEAU CONTRAT SOCIAL » ?Mardi 27 novembre dernier, le président de la République a détaillé la stratégie environnementale à long terme adoptée par la majorité. Il a annoncé la tenue d’une large consultation citoyenne qui s’étendra sur une durée de trois mois et qui portera sur la mise en œuvre de la transition écologique et sur les moyens de rétablir une cohésion sociale en France. Souhaitant y inclure des représentants des milieux syndicaux, patronaux, associatifs et des élus locaux, Emmanuel Macron a appelé de ses vœux la mise au point par cette consultation d’un « nouveau contrat social ». Ce discours a été prononcé dans le sillage des manifestations des gilets jaunes entrées hier dans sa troisième semaine de mobilisation. Ce mouvement n’est pas sans rappeler les émeutes britanniques de 2011 qui avait été analysées par le sociologue Zygmunt Bauman comme une réaction à l’émergence de nouveaux modes de consommation contemporains. En effet les premières analyses rétrospectives du mouvement montrent que ce dernier rassemble des catégories sociales d’une grande hétérogénéité allant de l’ouvrier au paysan en passant par les petits entrepreneurs qui ont en commun leur sédentarité et une grande vulnérabilité vis-à-vis de perspectives de mobilité qui se réduisent. Ce mouvement est à ce titre une nouvelle illustration de l’approfondissement de la fracture sociale qui avait été à la fois baptisée et mis en exergue par le géographe Christophe Guilluy en 2014 dans son essai sur La France périphérique. Quatre ans après la parution de ce livre, Christophe Guilluy a réitéré son diagnostic dans un livre paru cette année, No society, dans lequel il regrette la dégradation des conditions de vie de la population périurbaine qui a presque doublé depuis 1968 pour atteindre plus de 15 millions d’habitants en 2018. Enfin on observe dans la littérature contemporaine un retour au centre de l’attention de la question sociale et de cette question périurbaine. Outre Fief, le premier roman remarqué l’année dernière de l’écrivain David Lopez, c’est cette France que le récent lauréat du prix Goncourt Nicolas Mathieu décrit dans son roman Leurs enfants après eux paru en septembre aux éditions Actes Sud.TENSIONS EN MER D’AZOVLe 25 octobre dernier, la marine russe a arraisonné trois navires ukrainiens en mer d’Azov arguant d’un transit irrégulier à travers le détroit de Kertch contrôlé par les autorités russes depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Cette manœuvre a entrainé une condamnation immédiate de la part du gouvernement ukrainien et une escalade des tensions. Cette escalade s’est matérialisée cette semaine par l’adoption par le parlement ukrainien d’un texte autorisant l’application pendant 30 jours de la loi martiale dans les régions frontalières du pays. Cet affrontement est le résultat de tensions croissantes autour de la mer d’Azov depuis que le président russe a inauguré en mai un pont enjambant le détroit de Kertch pour relier la Crimée à la Russie. Cette matérialisation de l’annexion de 2014 s’accompagne d’un renforcement du contrôle exercé par Moscou sur les passages dans le détroit. Kiev considère ces mesures comme contraires au traité de 2003 qui stipule un contrôle partagé entre l’Ukraine et la Russie et les autorités ukrainiennes dénoncent une tentative d’asphyxie de leurs ports commerciaux de la mer d’Azov. Face à l’escalade consécutive à l’incident de dimanche, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à une « retenue maximale ». Parallèlement, différents élus européens se sont publiquement interrogés sur l’opportunité d’engager de nouvelles sanctions financières contre la Russie au cas où la liberté de passage dans le détroit de Kertch ne serait pas rétablie. Ainsi le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag Norbert Röttgen n’a-t-il pas exclu d’engager de telles sanctions tandis que le président polonais Andrzej Duda a affirmé qu’il serait prêt à les soutenir. Vladimir Poutine a qualifié de « provocation » la proclamation de la loi martiale par le président ukrainien Porochenko qu’il a accusé de n’agir que pour redresser le peu de chances que les sondages lui accordent d’obtenir un nouveau mandat aux élections présidentielles du 31 mars prochain. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 64Gilets jaunes ; Brexit : deal or dead ? (#64)
Enregistré au studio l'Arrière Boutique le vendredi 23 novembre avec Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France.Gilets jaunes La mobilisation des gilets jaunes de samedi 17 novembre dernier s’est poursuivie au début de cette semaine par le maintien de plusieurs opérations de blocage sur la voirie notamment en Bretagne, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans la région Grand Est. Conséquemment à ce prolongement des manifestations, le bilan des débordements liés à la mobilisation s’est alourdi avec un deuxième décès survenu dans la journée de mardi et un nombre total de blessés qui dépasse les 500. Une semaine après le premier jour de mobilisation, une nouvelle manifestation s’est tenue hier à Paris. Le gouvernement affirme que, bien que les revendications soient « entendues » par la majorité, cette dernière n’entend pas changer de cap comme l’a répété le Premier ministre lors de son intervention à France 2 dimanche soir. Le Président de la République, qui effectuait un voyage officiel en Belgique au début de la semaine, a affirmé sa volonté de dialoguer et de mieux expliquer son cap sans nommer expressément le mouvement des gilets jaunes. Si le mouvement des gilets jaunes reste caractérisé par sa grande déstructuration et par la diversité de ses revendications, les syndicats ont adopté des postures diverses quant à la poursuite du mouvement. La fédération Force ouvrière des transports a apporté son soutien mardi à la mobilisation, la CFDT Transports n’a pas souhaité s’associer au mouvement tandis que la CGT n’a pas adopté de position claire tout en appelant à manifester le 1er décembre autour du pouvoir d’achat. Enfin à La Réunion les manifestations des gilets jaunes ont donné lieu à des affrontements particulièrement violents dus à des casseurs. Après que 30 membres des forces de l’ordre ont été blessés, le préfet a annoncé la mise en place d’un couvre feu à partir de mardi tandis que le président de région Didier Robert a annoncé un gel de 3 ans de la fiscalité sur les carburants sur le territoire de l’île. ***Brexit : deal or dead ? Mardi 13 novembre, la Première ministre britannique Teresa May a annoncé officiellement être arrivée au terme de la négociation de l’accord qui organise la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à compter du 29 mars prochain. Or les dispositions de cet accord qui prévoit notamment le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière ainsi qu’un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur les normes de droit européen a été vertement critiqué par opposants du gouvernement aussi bien que par ses alliés. En premier lieu l’accord a été attaqué au sein même du parti de Teresa May qui a enregistré trois démissions dans son gouvernement, dont celle de son secrétaire d’État au Brexit Dominic Raab, quarante-huit heures après l’annonce de l’accord. La semaine dernière, la fronde parlementaire des conservateurs a échoué dans sa tentative d’engager une motion de censure contre le gouvernement de Teresa May. Pour autant l’autorisation du parlement britannique de ratifier l’accord semble de plus en plus improbable depuis que le parti nord-irlandais DUP, indispensable à la coalition du gouvernement May, a déclaré que l’accord n’était pas acceptable. En outre Teresa May ne pourra pas compter sur le soutien du parti travailliste dont le chef de file Jeremy Corbyn a annoncé son intention de voter contre l’accord tandis que l’ancien Premier ministre Tony Blair a réaffirmé son soutien à l’organisation d’un nouveau référendum dans une tribune publié par plusieurs journaux européens cette semaine. Malgré son isolement croissant, la Première ministre a reçu cette semaine le soutien du gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney ainsi que celui du principal syndicat patronal, la Confederation of British Industry. Enfin si le ministre de l’économie allemand Peter Altmaier a exclu toute possibilité de renégociation de l’accord, la chancelière Angela Merkel a défendu l’accord mardi devant le Bundestag. L’incertitude plane donc sur le sommet exceptionnel dédié au Brexit qui rassemblera ce dimanche 25 novembre les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 63L'énigme des gilets jaune
Sujet 1 : L'énigme des gilets jaunes Les manifestations diverses engagées hier dans 2 000 points de rassemblement différents couvrant l’ensemble du pays ont finalement rassemblé plus de 280 000 « gilets jaunes » selon les chiffres communiqués le soir même par le ministère de l’Intérieur. Les manifestations ont en outre été émaillées de plusieurs débordements qui ont blessé plus de 200 personnes et ont provoqué la mort d’une manifestante dans le département de la Savoie. Cette mobilisation est intervenue malgré la tentative du Premier ministre d’éteindre les contestations par l’annonce mercredi d’un plan de soutien aux automobilistes de 500 millions d’euros. Lors de cet entretien radiophonique, Édouard Philippe a précisé les contours de ce plan qui prévoit notamment la création d’une prime additionnelle à la conversion pour les salariés vivant à plus de 30 kilomètres de leur lieu de travail ainsi qu’une revalorisation du chèque énergie dès l’année 2019. Malgré ces mesures d’aide, le Président de la République a réaffirmé lors de son allocution de mercredi qu’il « assumait » les mesures de fiscalité écologique prise par son gouvernement ce qui pose la question des répercussions sociales à long-terme de cette stratégie. En outre, la manifestation de cette semaine a illustré l’émergence de nouvelles formes de mobilisation hors des partis et des syndicats traditionnels. En effet aucun syndicat n’avait appelé ouvertement a manifesté samedi et la CFDT était allé jusqu’à condamner fermement un mouvement qualifié de « manipulation » par son secrétaire général Laurent Berger. Sur le plan politique, le Rassemblement national a participé au mouvement tout en affirmant ne pas en être l’origine et La France insoumise a affirmé sa solidarité et son soutien à un mouvement de colère qu’il juge légitime. Enfin plusieurs membres du parti Les Républicains se sont joints aux cortèges de samedi après avoir affirmé au cours de la semaine ne pas souhaiter un blocage total du pays. Invités : • Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine • Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote • Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova • Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 62Bada #7 Armistice et Trump, Questions du public
bonusLes questions du public de l'émission enregistrée en public à l'École Alsacienne le dimanche 11 nnovembre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote, et Lucile Schmid. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 62Pas de paix pendant l'Armistice et new deal pour Donald Trump (#62)
Enregistré en public à l'École Alsacienne le dimanche 11 nnovembre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote, et Lucile Schmid.L'armistice cent ans aprèsCent ans après la signature de l’armistice qui a mis fin à la Grande Guerre le 11 novembre 1918, le Président de République reçoit aujourd’hui à Paris une soixantaine de chefs d’État pour une cérémonie de commémoration ainsi que l’ouverture d’un Forum international de la paix qui se tiendra dans les Halles de la Villette jusqu’au mardi 13 novembre. La cérémonie d’aujourd’hui vient clôturer une série d’hommages et de célébrations organisée depuis 2014 et plus particulièrement cette semaine lors d’un voyage présidentiel dans 11 départements de l’est et du nord de la France qualifié par l’Élysée d’itinérance mémorielle. Commencée à Strasbourg dimanche dernier en présence du président de la république fédérale d’Allemagne Frank-Walter Steinmeier, achevée hier lors d’une cérémonie à Compiègne avec la Chancelière Angela Merkel, cette itinérance a été marquée par la volonté présidentielle de rendre hommage aux soldats ordinaires de la Grande Guerre. À ce titre, Emmanuel Macron a annoncé mardi lors d’un discours prononcé sur le lieu de la bataille des Éparges l’entrée prochaine de l’écrivain Maurice Genevoix au Panthéon. En outre, la semaine de commémoration a fait une place particulière aux troupes coloniales qui ont été célébrées par une cérémonie spéciale qui s’est tenu à Reims en présence du président de la république du Mali Ibrahim Boubacar Keïta tandis que la première ministre britannique Theresa May a été accueilli vendredi par le Président de la République dans la Somme. Pour autant, le parcours mémoriel du Président qui s’achève aujourd’hui a été en partie marqué par une tentative de l’opposition de renvoyer le gouvernement à ses difficultés actuelles et par une polémique sur la place à accorder dans la commémoration au maréchal Pétain dont le nom a été finalement retiré de la liste des maréchaux commémorés ce dimanche. ***Sujet 2 : Demi-victoire ou demi-défaite pour le président Trump ? Mercredi 7 novembre, le président des États-Unis Donald Trump a salué les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis comme étant un « immense succès » pour son camp. Pour autant, le scrutin de mercredi reflète une image nuancée de l’électorat américain qui a conforté la majorité du parti Républicain au Sénat de 2 sièges tout en privant ce même parti Républicain de la majorité à la Chambre des représentants qui bascule vers une majorité Démocrate pour la première fois depuis 8 ans. Face au président Trump, l’élue Démocrate et probable candidate au poste de speaker de la Chambre des représentants Nancy Pelosi s’est elle aussi félicitée des résultats de mercredi. À l’issue du scrutin, elle a affirmé que son parti allait permettre de « rétablir l’équilibre des pouvoirs » aux États-Unis. Pour ce faire, le parti Démocrate devra s’appuyer sur les prérogatives exclusives dont dispose la Chambre en matières fiscale, budgétaire et de politique commerciale tout en évitant qu’un blocage avec l’exécutif n’affaiblisse son crédit auprès de l’opinion. En effet si le président Trump a annoncé qu’il s’accommodait de cette cohabitation et que son administration était prête à collaborer avec la nouvelle Chambre, cette campagne électorale a notamment marqué son emprise renforcée sur l’appareil du parti Républicain avec lequel il entretenait des relations compliquées depuis sa victoire à la primaire de 2016. La normalisation électorale que représente paradoxalement ce résultat semble donc conforter le président Trump avant les prochaines élections américaines qui auront lieu en 2020. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 61L'Italie, la dette, l'Europe ; Élections américaines : l'état de l'Union (#61)
Enregistré le mercredi 31 octobre avec Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit et François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de FranceL'Italie, la dette, l'EuropeLe 27 septembre dernier, le ministre de l’économie et des finances italien Giovanni Tria a présenté le premier projet de budget de la coalition populiste formée par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles depuis les élections générales de mars. Pour tenir une partie des mesures de relances annoncées pendant la campagne, ce budget prévoit notamment un plan de relance de 97 Md€ en 5 ans, plan qui se traduit par l’abandon de la politique de réduction du déficit public dans laquelle l’Italie, dont la dette est considérable, était engagée depuis plusieurs années.Après avoir plusieurs fois mis en garde contre cette hausse du déficit, qui substitue à un objectif de 0,8% du PIB acté par l’ancienne majorité sociale-démocrate un objectif de 2,4% du PIB en 2019, la Commission a fini par rejeter, sans surprise, le 23 octobre, le projet de budget présenté par le gouvernement de Giuseppe Conte. Ce rejet, présenté par le commissaire européen aux Affaires économiques et financières comme la conséquence logique d’une « déviation claire et nette », a été immédiatement condamné par le ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil Matteo Salvini qui a affirmé que « les messieurs de la spéculation » pouvaient se rassurer et que le gouvernement ne changerait rien à son budget. À ce stade, il est peu probable que la procédure de coordination des budgets, dite du semestre européen, qui n’a jamais abouti à une sanction financière, force le gouvernement Conte à revenir sur son plan. Pour autant, la présentation de ce budget a motivé la dégradation par Moody’s de la note attribuée au titre de la dette italienne. La coalition au pouvoir, qui s’est divisée récemment autour d’un projet d’amnistie fiscale, pourrait être ébranlée par une nouvelle dégradation qui entrainerait de lourdes conséquences sur le financement par l’État italien de son déficit alors que sa dette souveraine dépasse déjà les 131% de son PIB.*** Élections américaines : l'état de l'Union Le 6 novembre prochain, les électeurs américains sont appelés aux urnes pour renouveler, à mi-mandat du président, l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.Deux ans et demi après la victoire de Donald Trump, la campagne pour ces élections se déroule, depuis le début d’octobre, dans un contexte d’une particulière violence. Commencée avec l’envoi d’une dizaine de colis piégés aux domiciles de plusieurs personnalités démocrates dont l’ancien président des États-Unis Barack Obama ainsi qu’au siège de la chaine CNN, cette violence a atteint un paroxysme avec l’attentat qui a fait 11 morts samedi dernier dans une synagogue de la ville de Pittsburgh. Après avoir tardé à dénoncer le caractère antisémite d’une fusillade, dont l’auteur ne cachait ni ses sympathies nazies ni ses convictions suprématistes et criait « tous les juifs doivent mourir » en ouvrant le feu, le président Trump a réagi en désignant les médias comme étant « le véritable ennemi du peuple ».Cette saillie du président américain s’inscrit dans une stratégie qu’il déploie depuis le début de la campagne en s’efforçant de transformer le scrutin en plébiscite sur sa personne et en répétant d’un meeting à l’autre un discours hostile aux migrants et en particulier à l’ouverture des frontières aux populations venues d’Amérique centrale. Face à lui, les candidats du parti démocrate dénoncent le caractère inégalitaire de la politique fiscale de l’administration Trump et défendent le bilan de l’Affordable Care Act adopté sous la présidence de Barack Obama.Si les sondages publiés la semaine dernière laissaient prévoir une courte victoire des Démocrates au Congrès, les bons résultats économiques des États-Unis ont fait gagner trois points de popularité depuis septembre au président Trump crédité aujourd’hui de 47% d’opinions favorables. Enfin, la mobilisation de la communauté hispanique et des électeurs les plus jeunes reste une grande inconnue. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 60Allemagne : dernière chance pour la coalition ? ; L'affaire Khashoggi (#60)
Enregistré le vendredi 26 octobre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue Esprit et Michaela Wiegel, correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine ZeitungSoutenez notre campagne de financement participativeAllemagne : dernière chance pour la coalition ? Le 14 mars dernier, les députés fédéraux allemands confiaient un quatrième mandat de chancelière à Angela Merkel après 12 ans d’exercice du pouvoir. Après cinq mois de négociations, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) formaient une nouvelle grande coalition de gouvernement avec les sociaux-démocrates (SPD) ce malgré les mauvais résultats électoraux de leur partenaire en septembre 2017. Moins d’un an plus tard, la chancelière doit surmonter de nombreuses difficultés. Dès septembre, Angela Merkel a du accepter que son groupe parlementaire évince de sa présidence l’un de ses proches, Volker Kauder, qu’elle avait qualifié quelques jours plus tôt d’« irremplaçable ». Elle a été affaiblie par les critiques de plus en plus vives contre sa politique migratoire formulées par le ministre de l’intérieur Horst Seehofer, pourtant issu des rangs de la CSU qui constitue l’allié électoral historique de la CDU en Bavière. Le 14 octobre, ces dissensions ont été aggravées par un revers électoral historique de la CSU en Bavière, où elle a perdu la majorité absolue qu’elle détenait au parlement régional depuis 1962. Cette déconfiture a profité aussi bien au parti d’extrême droite Alternative für Deutschland qu’au parti écologiste des Verts qui pourrait tirer profit à l’échelle national du recul progressif du SPD qui n’a pas dépassé 10% des voix en Bavière. Les élections régionales qui ont lieu ce dimanche en Hesse revêtent une importance particulière pour la coalition gouvernementale. Si un nouveau revers électoral venait sanctionner le parti de la chancelière, la presse allemande s’est faite l’écho de la possibilité qu’elle ne soit pas reconduite à la tête de son parti lors du congrès qui doit se réunit à Hambourg le 6 décembre prochain. L'affaire Khashoggi Mardi dernier, s’exprimant au parlement sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que l’éditorialiste du Washington Post avait été victime d’un « meurtre sauvage » et « planifié ». Il a appelé les autorités saoudiennes à participer plus activement au déroulement de l’enquête en cours pour mettre à jour les responsables de cet assassinat. Riyad avait d’abord nié la mort du journaliste puis réfuté qu’elle ait été le fait d’un homicide, avant d’évoquer une « opération non autorisée ». Depuis, le royaume dirigé par la famille Salman a été marginalisé diplomatiquement y compris par nombre de ses partenaires diplomatiques habituels. Plusieurs membres de l’administration Trump dont le secrétaire d’État Mike Pompeo ont condamné l’assassinat de Jamal Khashoggi tout en préférant recourir à des sanctions individuelles qu’à des mesures de rétorsions commerciales. Cette déstabilisation est intervenue à la veille de la deuxième édition du forum économique « Futur Investment Initiative », surnommé le Davos du désert qui devait réunir cette semaine le monde financier et économique à Riyad et marquer l’intention du prince héritier Mohammed Ben Salman de sortir l’économie du pays de la dépendance au pétrole. Le boycott de la manifestation par de nombreux dirigeants d’entreprise et de nombreux médias occidentaux au premier rang desquels le Financial Times a porté un coup à la stratégie de communication internationale du prince héritier autour de son vaste plan d’investissement national baptisé « Vision 2030 ». En incriminant le royaume d’Arabie saoudite sans nommer expressément les membres de la famille régnante, c’est le président Erdogan qui apparaît à l’heure actuelle comme le bénéficiaire principal de cette affaire dont il fait un instrument de rééquilibrage de son rapport de force avec l’Arabie saoudite et leur allié américain, avec qui il reste en conflit sur de nombreux dossiers géopolitique qui vont de l’embargo imposé au Qatar par l’Arabie Saoudite depuis l’été 2017 à la réintégration de l’Iran dans le concert des nations. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 59Thématique : Arménie : la révolution au milieu du gué, avec Michel Marian / n°59
Enregistré le lundi 15 octobre, avec : Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM; Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote et Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue EspritSoutenez notre campagne de financement participativeArménie : la révolution au milieu du gué (#59)Michel Marian, vous êtes ancien élève de la rue d’Ulm, agrégé de philosophie et ancien élève de l’Ena. Comme haut-fonctionnaire, vous avez essentiellement travaillé dans les domaines de l’éducation et de la culture tout en enseignant à Sciences-Po. Une partie de votre famille, arménienne, a compté parmi les victimes du génocide de 1915 sur lequel vous avez écrit nombre d’articles et à propos duquel vous avez publié en 2009, chez Liana Lévi un dialogue avec un éditeur et politologue turc, Ahmet Insel. Vous revenez d’Erevan, où s’est tenue le sommet de la francophonie. Avec vous, nous allons essayer d’éclairer, au-delà de cette manifestation qui a vu l’élection à la tête de l’organisation internationale de la francophonie de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, la situation particulière de l’Arménie.84 États et leurs représentants dont 36 sont membres de l’OIF. Parmi eux, l’Arménie a été l’objet d’une particulière attention. Non seulement en tant que pays hôte mais aussi pour avoir connu au printemps un renversement politique inédit qui est venu mettre en cause un système politique mis en coupe réglée par le parti républicain d’Arménie (HHK) depuis l’indépendance en 1991. En effet les larges manifestations populaires et la grève générale provoquées par la tentative de coup de force institutionnel du président Serge Sarkissian en avril 2018 ont abouti à la démission de ce dernier le 23 avril et, le mois suivant, à l’accession aux fonctions de Premier ministre du principal chef de file de l’opposition démocratique, Nikol Pachinian. Le nouveau Premier ministre a obtenu difficilement, la dissolution du parlement unicaméral et l’organisation d’élections anticipées qui auront lieu le 10 décembre selon un système électoral complexe. Si la croissance économique du pays devrait atteindre 7,5% cette année, un des enjeux de ces élections sera la meilleure répartition des fruits de cette croissance qui sont aujourd’hui largement monopolisée par un petit groupe d’oligarques au népotisme desquels le Premier ministre Pachinian a assuré vouloir mettre fin. A la différence des révolutions de couleur qu’ont connu certaines anciennes républiques soviétiques depuis les années 1990, la révolution de velours arménienne n’a pas exprimé d’hostilité marquée à l’égard de la Russie. Pour autant, la présence d’une base militaire russe en Arménie et son appartenance à l’Union économique eurasienne font de l’Arménie un allié privilégié pour la Russie qui a adoptée une position diplomatique réservée au moment de la révolution mais qui entend y conserver ses intérêts aussi bien que son influence. Enfin la mémoire du génocide de 1915 a joué un rôle non négligeable dans le regroupement populaire autour de Nikol Pachinian. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 58Macron : vol au dessus d'un nid de zombies ? ; Brésil, la revanche des généraux ? (#58)
Enregistré le vendredi 12 octobre, avec : Nicolas Baverez, essayiste et avocat; Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine; Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM et Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra NovaSoutenez notre campagne de financement participativeMacron : vol au dessus d'un nid de zombies ? Après les démissions plus ou moins inattendues de deux ministres d’État en moins d’un mois et demi et alors que le ministère de l’Intérieur a connu plus d’une semaine de direction par intérim, le Président de la République Emmanuel Macron et sa majorité se trouve, comme aurait dit le poète, à la croisée de chemins montants, sablonneux, malaisés. La semaine écoulée a été marquée par des rumeurs et de vaines agitations autour d’un remaniement qui n’est finalement pas intervenu avant le départ du Président de la République à Erevan, pour le sommet de la Francophonie. Ce remaniement contraint intervient un peu plus d’un an et demi après la nomination d’Édouard Philippe à Matignon et la constitution d’une équipe gouvernementale marquée par la présence de nombreux techniciens n’ayant jamais exercé de fonction élective et par des élus dont beaucoup n’ont pas su consacrer aux médias l’attention que ceux-ci estiment leur être due. La semaine s’est donc passée en supputations, présomptions et conjectures sur les intentions du président quant à l’ampleur du remaniement ou sur la question de savoir s’il y a entre le chef de l’État et son Premier ministre des divergences ou des dissonances, des oppositions ou des différences d’appréciation. Que le gouvernement fasse le choix d’un remaniement technique ou d’une refondation du gouvernement, la question se pose des moyens et des talents que le Président de la République pourrait mobiliser, alors qu’il réaffirme en toutes occasions sa volonté de poursuivre les réformes, notamment celles de la constitution et celle des retraites, tandis que le parlement examine la loi PACTE et le projet de loi de finances Brésil, la revanche des généraux ?Dimanche 7 octobre dernier, 104 millions d’électeurs se sont exprimés à l’occasion d’élections nationales à la fois législatives et présidentielles au Brésil. Ce scrutin vient après 4 ans de crise politique et institutionnelle marqués par de vastes scandales de corruption qui ont notamment abouti à l’emprisonnement de l’ancien président Lula da Silva. Dans le même temps, l’endettement du pays est passer de 51% à 77% de son PIB tandis que son déficit devrait atteindre cette année les 7%. Le premier tour a confirmé la percée d’un député fédéral d’extrême droite encore inconnu il y a 4 ans Jair Bolsonaro qui est arrivé largement en tête dimanche soir en recueillant 46% des suffrages exprimés. Ce succès, salué par une hausse de 6% de l’indice de la bourse brésilienne lundi, conforte la stratégie de Bolsonaro qui a mené une campagne virulente contre les partis traditionnels tout en promettant une libéralisation massive de l’économie du pays et en évoquant une possible intervention de l’armée pour assurer l’ordre public. Face à lui, le candidat du parti des travailleurs Fernando Haddad n’a pas su profiter de cette campagne pour sortir de l’ombre de l’ancien président Lula. Malgré le ralliement immédiat du candidat de centre gauche Ciro Gomes dimanche soir, il apparaît comme le grand perdant de ce premier tour qui le place plus de 15 points derrière Jair Bolsonaro avec 29% des voix. Tout au plus pourra-t-il fonder quelque espoir sur le taux d’abstention de 20% au premier tour pour renverser la tendance en fédérant les oppositions à l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir.Reste donc à savoir si la nostalgie de la dictature militaire exprimée à plusieurs reprises par Bolsonaro et ses multiples sorties misogynes et homophobes suffiront à mobiliser les électeurs des autres candidats et à mobiliser les abstentionnistes pour le second tour qui se tiendra le 28 octobre prochain. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 57L'après Collomb ; Les Conservateurs britanniques divisés face au Brexit (#57)
Enregistré le vendredi 5 octobre, avec : François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France; Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine et Lucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue EspritSoutenez notre campagne de financement participative"Après Collomb"C’est au Premier ministre que le ministre de l’intérieur démissionnaire Gérard Collomb a passé ses pouvoirs le temps d’un intérim qui dure encore au moment où nous enregistrons cette émission. Le ministre de l’intérieur avait remis par deux fois en 48 heures sa démission au chef de l’État qui en a pris acte plus qu’il ne l’a acceptée. A la mi–septembre, il avait annoncé dans les colonnes de L’Express qu’il quitterait le gouvernement en 2019 pour preparer sa candidature à Lyon. Cet épisode intervient un mois seulement après la démission surprise d’un autre ministre d’État, Nicolas Hulot et sur fond d’une litanie d’affaires d’inégale ampleur mettant en cause le fonctionnement de la présidence ou impliquant différents membres du gouvernement Philippe. Cette période d’incertitude gouvernementale est d’autant plus mal perçue qu’elle se conjugue avec des errements à répétition dans la communication élyséenne depuis la rentrée. En résulte une impopularité croissante et une confiance mesurée à 30% par le baromètre Kantar-Sofres pour le mois d’octobre. Pour autant, le déplacement d’Emmanuel Macron à l’Assemblée générale des Nations Unies, où lui a été décerné le titre honorifique de « Champion de la terre », a été bien perçu par la presse internationale qui continue de voir en lui un des meilleurs défenseurs du système multilatéral issue de la seconde guerre mondial. Chez nos principaux partenaires européens et notamment allemands, Emmanuel Macron reste un atout majeur pour tenir tête à Donald Trump dans une relation bilatérale entre les États-Unis et l’Europe qui continue de se tendre. C’est ce bilan international flatteur que le Président de la République devrait mettre en avant pour renverser la tendance dans le cadre d’une campagne législative européen dans laquelle il a affirmé au Journal du Dimanche vouloir « s’impliquer ». "Les Conservateurs britanniques divisés face au Brexit"Mercredi dernier, la Première ministre Theresa May a clos le congrès annuel du parti conservateur britannique par un discours volontariste de défense de son plan organisant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Cette proposition, baptisé plan « Chequers » du nom de la résidence où il a été dévoilé, a suscité une vive opposition au sein du parti Conservateur, opposition menée par l’ancien ministre des Affaires Étrangères Boris Johnson dont le soutien formel à la Première ministre a été exprimé dans un discours très hostile à son plan. Le congrès qui s’est achevé cette semaine a vu se succéder à la tribune d’autres adversaires du plan Chequers quelques semaines seulement après que le parti Travailliste est revenu sur son opposition à la tenue d’un nouveau référendum avant l’entrée en vigueur d’un éventuel accord, ce que réclament une partie des conservateurs. Mise en difficulté une nouvelle fois par les divisions internes de son parti Theresa May doit aussi faire face à la fin de non-recevoir de son plan que lui ont opposée par les chefs d’États de l’Union réunis à Salzbourg fin septembre. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a résumé ce refus en déclarant que le plan Chequers « n’est pas fonctionnel ». C’est avec une marge de manœuvre réduite que la Première ministre britannique devra poursuivre des négociations dont elle n’exclut officiellement plus qu’elles n’aboutissent pas et entrainent une sortie sans accord de l’Union européenne le 29 mars prochain. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 56"Les élections européennes" & "l'ONU face à la crise du multilatéralisme"
Enregistré le vendredi 29 septembre, avec : François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France; Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote; Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAMet Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine.Soutenez notre campagne de financement participative"Les formations politiques françaises face au casse-tête des élections européennes"Les 26 et 29 mai prochains, les électeurs seront appelés à élire les eurodéputés qui siègeront pendant 5 ans au Parlement européen. Alors que ces premières élections depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité d’Emmanuel Macron approchent, les partis semblent avoir du mal à mobiliser leurs troupes et de nombreux scénarios restent encore possibles. Si le parti présidentiel a réaffirmé le 14 septembre dernier qu’il comptait sur ses alliés du MoDem pour mener une liste commune s’affichant en meilleur rempart contre les partis eurosceptiques, les voyages de son délégué général Christophe Castaner à Madrid, Rome et Bruxelles n’ont pas levé les doutes quant aux futures alliances de La République en Marche ! au Parlement européen. Le parti dirigé par Laurent Wauquiez, Les Républicains, est marqué par des divisions internes ravivées le 12 septembre à Strasbourg par le vote en ordre dispersé sur l’ouverture d’une procédure de sanction contre le gouvernement de Viktor Orbán. Si la piste du négociateur en chef européen du Brexit, Michel Barnier, a été évoquée pour diriger la liste du principal parti de la droite, les négociations avec l’intéressé ne semblent pas avoir abouti. Quant au parti de Marine Le Pen, qui ne souhaite pas mener la liste afin de conserver son siège au Parlement français, il continue de capitaliser sur son duel avec le parti du Président de la République sans avoir tranché sur son projet politique ni sur la personne la mieux placée pour mener la campagne. Le Rassemblement national devra compter avec la concurrence de la liste dissidente de l’eurodéputé Florian Philippot ainsi que sur celle de Nicolas Dupont-Aignan qui a annoncé cette semaine qu’il serait tête de liste tout en appelant tous les partis eurosceptiques à se ranger derrière lui.Une multitude de partis souhaitent faire entendre leur voix à l’occasion de ces élections à l’image à gauche de Génération-s, le parti de Benoît Hamon qui devrait en mener la liste ou du PCF et d’Europe Écologie Les Verts qui ont présenteront des listes séparées.Ces atermoiements se manifestent alors que l’Union européenne traverse une crise politique grave illustrée par les deux procédures de sanction pour manquement aux valeurs fondamentales de l’Union engagées contre la Pologne et la Hongrie et par le front italo-hongrois contre les positions françaises. "Les Nations Unies face à la crise du multilatéralisme"Lundi 24 septembre dernier s’est ouverte à New-York la 73ème assemblée générale de l’ONU qui a vu se succéder à la tribune tout au long de la semaine des représentants des 193 pays-membres de l’organisation. Cette année encore, le discours du président américain Donald Trump s’est distingué par sa violence particulière dirigée cette fois envers le régime iranien que le président américain a qualifié de « principal sponsor du terrorisme dans le monde » tout en appelant publiquement à son isolement sur la scène internationale jusqu’à provoquer sa chute. Donald Trump, dans le droit fil de sa stratégie America first, a menacé les pays du Golfe de leur retirer la protection militaire des États-Unis s’ils poursuivaient leur politique de hausse des prix du pétroleSi cette stratégie de prise de position unilatérale s’inscrit dans la continuité la diplomatie américaine depuis l’élection de Donald Trump en 2015, elle contribue à consommer un divorce de plus en plus manifeste avec les dirigeants européens et notamment avec le Président français qui a dénoncé à la tribune l’unilatéralisme comme un retour regrettable à « la loi du plus fort » et appelé à une réforme des instances de dialogues internationales comme l’OMC ou le G7. Cette divergence de vue entre les diplomaties européennes et américaines apparait d’autant plus grave qu’elle intervient dans un moment d’affaiblissement des grandes instances multilatérales crées après la seconde guerre mondiale qui a trouvé une illustration particulièrement éloquente cette semaine dans l’absence remarquée à l’ONU des dirigeants chinois, indien et russe. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 55"Quelle cohérence pour le budget 2019?" & "Orbán et la recomposition politique dans l’UE"
Enregistré le vendredi 22 septembre, avec : Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAM; François Bujon de l'Estang, Ambassadeur de France et Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova Soutenez notre campagne de financement participativeQuelle cohérence pour le budget 2019 ?Il y a un peu plus d’un an et demi, le candidat Emmanuel Macron faisait de la réduction de la dépense publique l’un des axes de sa campagne présidentielle au point d’afficher un objectif volontariste de réduction de 3 points de PIB d’ici à 2022. Pour autant, le premier budget adopté sous sa présidence a vu les dépenses publiques croître de 0,6% et il semblerait que le futur projet de loi de finances pour 2019 qui sera présenté en Conseil des ministres le 24 septembre prochain prévoit une nouvelle hausse de 0,6% du budget général de l’État.Cette nouvelle hausse des dépenses s’inscrit dans un cadre d’autant plus strict qu’elle devra s’accommoder des engagements européens de la France de maintenir son déficit public en dessous des 3% de PIB, à un moment où la dette publique atteint cette année un sommet historique de 98,7% du PIB. Pour tenir les engagements que je viens d’évoquer, et pour faire face à la réduction de la prévision de croissance annuelle qui a été ramenée en septembre par l’INSEE de 2 à 1,7%, le Premier Ministre a annoncé le 26 août dans un entretien au Journal du dimanche que le Gouvernement avait fait le choix d’une revalorisation a minima des pensions de retraites, des allocations familiales et des aides personnalisées au logement (APL) de 0,3%, un niveau largement inférieur à l’inflation annuelle qui est évalué par l’INSEE à 1,7%. Pour compenser cette désindexation, le Gouvernement a affirmé vouloir « faire le choix du travail » et a annoncé sa volonté d’exonérer de cotisation salariale, à partir du 1er septembre 2019, l’ensemble des heures supplémentaires effectuées dans le secteur privé comme public. Ces annonces interviennent dans un moment de flou concernant des arbitrages budgétaires et fiscaux à l’image du démenti cinglant adressé par l’Élysée au Délégué général de la République en Marche, Christophe Castaner, qui avait évoqué le vendredi 14 septembre dernier l’ouverture d’une « réflexion sans tabou pour une refonte de la fiscalité des succession ». Après moins de deux ans de présidence, ces atermoiements posent la question de la cohérence que le Gouvernement souhaite donner à son action et celle de sa traduction dans le budget qui sera soumis prochainement au vote des parlementaires.Orbán et la recomposition politique dans l’UEMercredi 12 septembre dernier, le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg s’est prononcé en faveur du déclenchement contre la Hongrie de la procédure prévue à l’article 7 du Traité sur l’Union européenne ; qui condamne toute violation grave des valeurs fondamentales de l’Union. Ce vote de défiance des eurodéputés à l’encontre du gouvernement de Viktor Orbán constitue l’épilogue d’une suite d’oppositions de plus en plus vives entre les institutions communautaires et ce dernier depuis son retour au pouvoir en 2010. Oppositions qui concernent notamment les différentes réformes ayant remis en cause aussi bien l’indépendance de la justice que la liberté des médias ou encore celles des professeurs d’université. Ce vote fait de la Hongrie le deuxième membre de l’Union sous le coup de l’article 7 après que ce même article a été activé pour la première fois en décembre dernier contre le gouvernement polonais dirigé par Jaroslaw Kacziynski. Si la procédure de sanction, qui nécessite un vote à l’unanimité des États-membres de l’Union, a peu de chance d’être menée à son terme, cette défiance affichée du Parlement européen vis-à-vis de la Hongrie vient parasiter les négociations au sujet de la répartition des migrants qui se sont poursuivies lors d’une réunion informelle des chefs d’États et de gouvernement réunis cette semaine à Salzbourg. Enfin, à moins d’un an des prochaines élections européennes, ce vote pose la question de la recomposition politique sur la scène européenne et notamment de celle du PPE, principal parti de centre-droit européen, qui a vu une majorité de ses eurodéputées voter en faveur de la condamnation du gouvernement Orbán alors même que ses membres siègent dans le même groupe au Parlement européen. Alors qu’un congrès du parti est programmé en novembre à Helsinki, des divergences semblent demeurer en interne quant au sort à réserver au Fidesz, qui a remporté les deux élections générales organisées en Hongrie depuis 2010. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 54"Quelle politique pour l'écologie ?" & "La Grèce est-elle morte guérie ?"
Enregistré le vendredi 14 septembre 2018, avec : Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue HérodoteLucile Schmid, co-présidente de la Fondation verte européenne (Green european foundation) et contributrice à la revue EspritNicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne : institutions et politiques au CNAMÉric Le Boucher, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate.frQuelle politique pour l'écologie ?Le week-end dernier, les centaines de manifestations organisées à travers le monde en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique sous l’égide du slogan « Rise for Climate » ont eu un retentissement inédit aussi bien à Copenhague qu’à Manille en passant par San Francisco ou Sydney. En France, la manifestation organisée à Paris a réuni pour la première fois plusieurs dizaines de milliers de personnes en faveur de l’écologie. Cette mobilisation intervient au lendemain de la publication dans Libération d’une tribune signée par 700 scientifiques qui interpellent le gouvernement français sur la nécessité de prendre conscience de « l’urgence climatique » qui a été illustré cet été par la multiplication souvent tragique d’événements climatiques réputés extraordinaires. Par ailleurs, la France doit faire face à une dégradation croissante de la qualité de son air, de son eau ; et à une érosion de mieux en mieux documentée de sa biodiversité. C’est dans ce contexte que l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé sa démission le 28 août dernier. Si le Gouvernement d’Emmanuel Macron, qui a organisé à Paris en décembre dernier le One Planet Summit, continue d’afficher un engagement sans faille en faveur de l’écologie, le départ de cette figure du mouvement écologiste ne va pas sans soulever quelques questions quant aux engagements concrets que ce Gouvernement souhaite prendre en matière de protection de l’environnement auxquelles la feuille de route de François de Rugy, qui succède à Nicolas Hulot au ministère de l’écologie, ne semble pas devoir répondre.La Grèce est-elle morte guérie ?Le 20 août dernier, la Grèce est sortie du troisième et dernier plan d’aide financier que ses créanciers lui avaient accordé depuis 2010 pour un total de 290Md€. Si cette sortie a été immédiatement saluée de concert par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, par le président du Conseil européen Donald Tusk et par le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, elle ne signifie pas que la situation économique de la population grecque se soit améliorée depuis les prémisses de la crise en 2010. Les nombreux plans de réformes, de privatisation et de réduction du service public adoptés sous la pression de la troïka ont permis au gouvernement grec de dégager un excédent primaire de 4% de son PIB hors service de la dette pour l’année 2017. Après 9 ans de récession, la croissance a repris en 2017. Cependant, le taux de chômage demeure proche de 20%, les jeunes diplômés représentent une large part du contingent de 50 000 départs annuels et 1.400.000 retraités vont voir leur pension diminuer en 2019.Pour reprendre la main après avoir appliqué les plans successifs imposés par les créanciers, le Premier ministre Alexis Tsipras a annoncé dans un récent discours prononcé lors de la foire de Thessalonique une série de mesures qui vont de la réduction de la TVA à une remontée progressive du salaire minimum dont le niveau a été réduit de 23% depuis le début de la crise. Pour autant la fin du plan d’aide ne signifie pas la fin de la surveillance financière et le Premier ministre grec devra composer avec la « surveillance renforcée » prévue par la Commission pour s’assurer que son pays engage les réformes nécessaires pour honorer ses engagements. Soutenez notre campagne de financement participative Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 53Bada#6 Emmanuel Macron, Questions du public
bonusChaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 53Emmanuel Macron, la fin de la magie ? La France face à la montée des populismes (#53)
Enregistré en public à l'École Alsacienne le dimanche 9 septembre avec Nicolas Baverez, essayiste et avocat, Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine et Béatrice Giblin, directrice de l'Institut Français de Géopolitique et de la revue Hérodote. Soutenez notre campagne de financement participative Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 52Thématique : la Galaxie zadiste, avec Sandra Laugier / n°52
Des Zadistes, on connaît surtout les images de leur expulsion. Mais une bonne partie d’entre eux ne s’est pas seulement opposée à des projets dont ils contestent le bien-fondé et dont ils dénoncent les conséquences sur l’environnement. Sandra Laugier, philosophe et ancienne élève de l’École Normale Supérieure a étudié ces mouvements extra-institutionnels et les nouvelles formes qu’ils entendent donner à l’action politique, leurs idéaux égalitaires et leur refus du consumérisme. Avec elle, Marc-Olivier Padis, Lucile Schmid et Philippe Meyer cherchent à cerner ce que représente la galaxie zadiste et à en définir les contours et la nature.Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 52Kitafétoi Roselyne Bachelot ? (Episode spécial #2)
bonusKitafétoi Roselyne Bachelot ? (#2)Kitafétoi ?, supplément à parution aléatoire du Nouvel Esprit public, est un dialogue entre Philippe Meyer et un(e) invité(e) qui évoque les rencontres qui, de l’enfance à l’âge mûr, lui ont permis de s’accomplir. Au cours de la deuxième édition de ce supplément, Roselyne Bachelot raconte les figures qui lui ont transmis en héritage comme deux évidences le féminisme et le gaullisme. Un féminisme nourri d’exemples découverts dans les deux générations de femmes qui l’ont élevée et un gaullisme façonné par des modèles issus de toutes les formes de résistance. Ce double legs a permis à la future ministre de la Santé d’ébranler quelques forteresses, à commencer par celles de la politique, puis de conquérir sa place à la radio puis à la télévision, le tout grâce à (ou en dépit) des personnalités dont elle brosse le portrait. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 55Kitafétoi Bernard Pivot ? (Episode spécial #1)
bonusKitafétoi Bernard Pivot ? (#1)Kitafétoi ?, supplément à parution aléatoire du Nouvel Esprit public, est un dialogue entre Philippe Meyer et un(e) invité(e) qui évoque les rencontres qui, de l’enfance à l’âge mûr, lui ont permis de s’accomplir. Premier des hôtes de Kitafétoi ? Bernard Pivot évoque celles et ceux qui ont permis à un petit garçon solitaire, renfermé et falot de devenir un octogénaire plébiscité par ses concitoyens, à un journaliste sans qualités autres que le travail de devenir une figure de sa profession, à un animateur cité en exemple de ne pas se changer en statue et de préférer explorer toutes les voies qui se sont ouvertes à lui jusqu’à celle qui l’a conduit aujourd’hui sur scène avec « Au Secours ! Les Mots m’ont mangé ». Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 50Thématique : l'Inde, avec Jean-Luc Racine / n°51
En Inde aussi, c’est un parti populiste qui est au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP) ou « Parti du peuple indien » de Narendra Modi. Premier ministre depuis 2014, il a su allier son parti à une organisation religieuse et à un mouvement nationaliste paramilitaire dans un même appel à « l’hindouité » et autour d’un programme économique baptisé « Make in India ». Outre le gouvernement fédéral, le BJP contrôle les trois-quarts des États.Avec 17% de la population mondiale, l’Inde doit affronter pauvreté, sous-équipement public, déficit énergétique, pollution... Sur la scène internationale le pays, premier importateur d’armes du monde, entend renforcer son influence, notamment dans l’Océan indien où la Chine ne cesse de monter en puissance. François Bujon de l’Estang, Béatrice Giblin, Marc-Olivier Padis et Philippe Meyer interrogent Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS sur les tensions internes et externes que connait « la plus peuplée des démocraties du monde ».Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 50Thématique : la Russie sous Poutine, avec Pavel Chinsky / n°50
Arrivé au pouvoir en 2000, Vladimir Poutine a entrepris de redresser l’économie d’un pays à genoux. Les ressources pétrolières et gazières y ont contribué, notamment grâce à la flambée des prix des matières premières dans les années 2000. La croissance atteint 1.5% en 2017 après la récession des années 2015 et 2016, le taux de chômage se situe à 5.1% et la dette publique représente 15.6% du PIB. L’inflation semble stabilisée et le secteur bancaire, durement frappé par la crise de 2008, est en passe de redevenir stable. L’économie russe reste tributaire des aléas des cours du pétrole et affaiblie par les sanctions occidentales décidées après l’annexion de la Crimée en 2014. La Russie demeure l’un des pays les plus inégalitaires du monde, la corruption lui vaut d’occuper le 131e rang sur 176 dans le classement de l’ONG Transparency et l’État a la main sur un grand nombre de secteurs clés allant de l’industrie aux médias. Malgré ses faiblesses économiques et sociales, la Russie de Poutine s’inscrit comme un acteur majeur de la scène internationale notamment au Moyen Orient. Avec Pavel Chinsky, ancien élève de l’École Normale supérieure, directeur général de la chambre de commerce et d’industrie franco-russe depuis 2007, Jean-Louis Bourlanges, François Bujon de l’Estang et Philippe Meyer s’interrogent sur la nature et la portée de la puissance russe.Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 49Thématique : l’Algérie, avec Akram Belkaïd / n°49
42 millions d’habitants dont la moitié a moins de 27 ans et un président octogénaire, inamovible, qui ne se déplace et ne se montre plus en public mais qui pourrait être élu pour la cinquième fois en 2019… L’Algérie est-elle vouée à un immobilisme mâtiné de népotisme ou cette gouvernance figée est-elle le moins mauvais moyen dont la société algérienne dispose pour ne pas retomber dans les violences meurtrières et dévastatrices de la guerre civile (1991-2002) ? Avec Akram Belkaïd, journaliste et écrivain algérien, Nicolas Baverez, Marc-Olivier Padis, Lucile Schmid et Philippe Meyer examinent derrière cette raide façade politique les aspirations, les changements, les blocages, les atouts, les relations internationales d’un pays dont les liens avec le nôtre demeurent très forts et dont la place est essentielle dans la lutte contre le terrorisme. Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 48Thématique : la Chine Afrique, avec Jean-Joseph Boillot / n°48
Dès la conférence de Bandung en 1955, la Chine a manifesté un vif intérêt pour l’Afrique. Ses objectifs sont aujourd’hui économiques. Ils ont été officialisés en 2000, après la création du forum sur la coopération sino-africaine (FOCSA). Pour la Chine, dont la dépendance énergétique est devenue une préoccupation majeure, le continent africain représente un immense réservoir de matières premières, allant du pétrole aux minerais rares, et un nouveau marché florissant pour les entreprises chinoises qui peuvent y écouler leurs produits manufacturés à bas prix. Au-delà des intérêts commerciaux, le continent africain est au cœur de la stratégie géopolitique chinoise. Pékin s’emploie à limiter l’influence des États-Unis, perçus comme un concurrent majeur sur la question des hydrocarbures dans la région. Lucile Schmid, Lionel Zinsou et Philippe Meyer reçoivent Jean-Joseph Boillot, chercheur au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et passent au crible les relations entre l’Empire du milieu et le continent africain.Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 47Thématique : le Yemen et l'Arabie Saoudite, avec Stéphane Lacroix et Laurent Bonnefoy / n°47
Depuis 2004, le Yémen est en proie à une guerre civile où se mêlent enjeux nationaux, régionaux et internationaux plongeant le pays dans l’une des pires catastrophes humanitaires de ce début de siècle. Depuis 2009, l’Arabie saoudite à inquiète de l’émergence d’un mouvement chiite pro-iranien à sa frontière sud et intervient militairement, en accusant l’Iran de vouloir déstabiliser le pays. Le conflit s’inscrit dès lors dans un affrontement entre les deux puissances régionales. Avec Stéphane Lacroix, spécialiste de l’Arabie saoudite et Laurent Bonnefoy, spécialiste du Yémen Béatrice Giblin, Nicole Gnesotto et Philippe Meyer cherchent à prendre la mesure de ce qui se joue au Yémen, qu’il s’agisse du sort des populations ou des ambitions qui s’y disputent.Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 46Thématique : la régulation du commerce international, avec Pascal Lamy / n°46
Avec le rattrapage en 2018 des 3.000 milliards de dollars perdus entre 2014 et 2016, le commerce international semble retrouver une certaine vigueur sur fond de retour de la croissance économique mondiale. Toutefois, en 2017, l’OMC, soulignant cette amélioration substantielle des perspectives globales, mettait en garde contre les dangers menaçant les fondements du libre-échangisme et contre l’extension des politiques protectionnistes.Dans ce contexte, la coopération internationale est d’autant plus nécessaire qu’elle est remise en cause par la stratégie protectionniste du président américain qui a décidé de surtaxer les importations d’acier et d’aluminium venues de Chine ou d’Europe arguant que la concurrence dans ces secteurs menaçait l’intégrité économique des États-Unis.En recevant Pascal Lamy, ancien commissaire européen au commerce international puis directeur général de l’OMC de 2005 à 2013, Nicolas Baverez, Jean-Louis Bourlanges, Nicole Gnesotto et Philippe Meyer s’interrogent sur l’avenir de la régulation du commerce international et les possibilités de déglobalisation.Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Ep 45Thématique : la politique de Santé, avec Jean de Kervasdoué / n°45
Quelle place doit tenir le raisonnement économique dans la politique de santé ? Quels sont les effets de la centralisation sur les pratiques hospitalières et sur la maîtrise des dépenses ? Quelles sont les conséquences de l’hyperspécialisation des médecins ? Quelle meilleure répartition des actes entre professionnels de santé est souhaitable ? Possible ? Quelles améliorations peuvent être apportées à la politique de prévention ? Comment redéployer les professionnels de santé sur le territoire ? Quelle nouvelle tarification pour les « parcours de soins », pour leur évaluation et pour leur suivi ? Autour de ces questions, Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin, Philippe Frémeaux, et Philippe Meyer reçoivent Jean de Kervasdoué, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé du Conservatoire National des Arts et Métiers. Le Nouvel Esprit Public est soutenu par la compagnie d'assurance MMALe Nouvel Esprit Public est produit et distribué par Nouvelles Écoutes. Production : Julien Neuville. Enregistrement et mixage : Thibault Delage (L'Arrière Boutique Studio) Assistant : Valentin Petit Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.