
Fréquence Terre
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Les souvenirs et les mensonges aussi…
Enfin, la voiture stoppe devant une vaste maison grise à l’aspect sévère, édifiée sur une pente abrupte. Les volets bleus sont ouverts. Roger nous prie de rester assis tandis qu’il va frapper à la porte. Quelqu’un lui ouvre et il nous fait signe de le rejoindre avec nos bagages. Pendant que nous nous activons sous un vent glacial, Roger dissimule le véhicule sous les arbres. Il semble n’y avoir personne à des dizaines de kilomètres à la ronde, toutefois mieux vaut respecter les règles de sécurité. À l’intérieur, il fait chaud, à condition de s’installer à proximité de la cheminée. Les pierres des murs sont apparentes. J’ai le temps d’apercevoir plusieurs pièces sobrement meublées, un four à pain dans la cuisine sur la gauche, avant d’entrer dans une grande salle à manger. Je ne connais pas l’homme qui nous précède. Très brun, il paraît espagnol. Il ne dit pas un mot. On pose nos valises sur le sol, attendant on ne sait quoi, et on en est tous soulagés de voir réapparaître Roger. « Je vous présente Alberto. Il est espagnol et ne s’exprime que dans sa langue, que je parle aussi. C’est pourquoi il doit se cacher : le moindre mot le trahirait. » Des pas résonnent au premier. On se regarde, sur le qui-vive… » Avouez que vous avez envie de connaître la suite, non ? Cet extrait est tiré du roman Les Souvenirs et les Mensonges aussi… de Karine Lebert paru aux Presses de la Cité. Un roman qui est non seulement raconté comme une enquête en quelque 600 pages, mais aussi un imposant pan de l’histoire qui plonge le lecteur dans la montée du nazisme, dans la clandestinité d’un réfugié allemand à Honfleur, dans l’Après-guerre et l’occupation par les Alliés de Berlin. Ensuite, quelque soixante-dix ans plus tard, c’est la rencontre entre deux jeunes musiciennes, une Française et une Allemande, moment qui déclenche une intrigue digne d’un excellent polar se terminant par une déclaration en forme de résolution de l’énigme : « Nous étions très émus tous les deux par ce pèlerinage à Honfleur… »
Écologie politicienne : « L’ADN d’Ecolo n’est plus ‘‘Nucléaire non merci’’ » (Partenariat POUR)
Dans son ouvrage Leur folie, nos vies paru aux Éditions Les liens qui libèrent, François Ruffin, tout d’abord journaliste, essayiste et documentariste (César du meilleur film documentaire en 2017 avec Merci Patron !) avant d’être député LFI-NUPES, fait état de cette « élite arrogante », de ceux « qui servent l’argent avant les gens » face aux citoyens et à « Greta Thunberg et ses copains-copines qui ont beau alerter, jouer les Cassandre de Davos à l’ONU, d’un contre-sommet à l’Assemblée, rien n’y fait. Certes, les dirigeants conviennent de l’urgence climatique, mais ils gardent le pied sur l’accélérateur, croissance, croissance, croissance. Ils répètent compétitivité… » Et d’expliquer : « Face à la catastrophe écologique, demain, face à un péril climatique certes plus lointain que ce Covid-19, mais mille fois plus terrible, menaçant non pas un pour cent, ou deux, de la population, mais tout le genre humain, usera-t-on de ces mesures hardies, intrépides, résolues ? Ou reviendra-t-on au business comme habitude (business as usual) ? » Durant un certain temps, il y eut une petite lueur, un mince espoir en l’écologie politique qui, arrivée au pouvoir, ferait bouger les lignes. En France, après la catastrophique période Nicolas Hulot, on assiste à présent à un combat de coqs pour celle ou celui qui se prétend le plus Vert parmi les Verts, alors qu’en Belgique, là, c’est vraiment le reniement de l’ADN du mouvement écologique qui vient d’être porté sur l’autel de la particratie, de la soif de pouvoir et de la compromission avec les forces conservatrices, voire ultraconservatrices et, mauvaise cerise sur le mauvais gâteau, avec une multinationale. Que je vous explique. Il y a six gouvernements en Belgique, oui six ! et du côté francophone, pas moins de huit ministres dits écologistes, trois au fédéral, un à la fédération Wallonie-Bruxelles, deux au gouvernement wallon et deux au gouvernement bruxellois. Eh bien, tout ce monde vient de s’asseoir sur l’un des concepts de base de l’écologie, je cite le quotidien Le Soir : « Les coprésidents d’Ecolo, Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane, défendent l’accord avec Engie. Gestion déchets : ils se félicitent de voir l’argent ‘‘rentrer cash’’ dans les caisses de l’État dès l’année prochaine. Quant au nucléaire, ‘‘ce n’est plus un tabou’’ chez les Verts. » Fin de citation. Explications : Engie est l’exploitant du parc nucléaire belge et le groupe a signé un accord avec le gouvernement fédéral belge pour prolonger la durée d’exploitation de dix ans de réacteurs. Des réacteurs qui présenteraient de sérieux problèmes de sécurité, au grand dam de l’Allemagne voisine, d’ailleurs. Pour résumer le reniement historique des prétendus écologistes belges : « L’ADN d’Ecolo n’est plus ‘‘Nucléaire non merci’’ », selon les apparatchiks du parti. René Dumont doit se retourner dans sa tombe. J’avais déjà constaté cette dérive à un niveau moins élevé de la politique belge, plus spécifiquement à Woluwe-Saint-Pierre, importante commune de la région bruxelloise, quand, au nom de la pénurie de logements, alors qu’il y a pléthore de logements à restaurer (quelque 15 à 30.000 dans la capitale de l’Europe), la section locale d’Ecolo soutint activement la politique immobilière du parti autoproclamé « Les Engagés » (ex-parti chrétien), à savoir la destruction d’une immense friche (quartier dit des Dames Blanches), d’un îlot de maisons individuelles, de potagers, d’un espace de verdure public (quartier du Chien Vert) au profit d’une bétonisation à outrance. Malgré une opposition de centaines et de centaines de riverains et des solutions alternatives soucieuses de l’environnement, avec le soutien d’experts rappelant l’urgence à stopper la bétonisation urbaine, Ecolo fait la sourde oreille, soucieux, lui, de rester au pouvoir communal. Donc, tant au niveau national que communal, l’écologie politique, bassement politicienne à vrai dire, piétine ses racines profondes au nom, justement, de ceux « qui servent l’argent avant les gens ». Il est à espérer que les militants écologistes de base rappelleront à l’ordre ces apparatchiks en leur conseillant de lire ou relire L’utopie ou la mort dudit René Dumont et à regarder Demain, le documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, entre autres. https://www.lesoir.be/488699/article/2023-01-14/nollet-et-maouane-ladn-decolo-nest-plus-nucleaire-non-merci
La 6ème extinction. ..un bon cru…2011 !
à déguster comme un grand vin cette chronique de 2011 qui a gardé des tanins, qui est longue en bouche , et qui fait frémir le palais…! 11 ans plus tard, nous sommes passés officiellement dans l’anthropocène. En fait on y était déjà …la 6ème extinction était en marche …
2022 : Océan qui rit, Océan qui pleure…
A en croire tous les nombreux événements qui ont pour sujet l’océan en cette année 2022, et que je n’ai pas relaté dans cette chronique de la mer et des océans, on pourrait être agréablement surpris et sourire. Pourtant, ces grandes messes en sont encore au pas de deux : un en avant, un en arrière. A en pleurer. Et on se surprend à repérer un double langage et des retours en arrière… à découvrir dans cette chronique ! www.longitude181.org
2022 : l’année de la Canicule…en mer !
L’année 2022 a été la plus chaude jamais enregistrée ! En mer aussi ! Les canicules océaniques ont des impacts délétères. Des phénomènes d’accélération sur toutes les mers, en profondeur , sous toutes les latitudes qui font …froid dans le dos .
Dictature numérique et IA (intelligence artificielle)
Pour les GAFAM, c’est-à-dire les géants de la technologie et entreprises les plus puissantes de la planète que sont Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, c’est la course à l’IA, soit l’intelligence artificielle. Cette intelligence qui prétend prédire les besoins des êtres humains et d’en inventer d’autres pour satisfaire les multinationales de l’hyperconsommation, mais, surtout, de disposer des données personnelles même les plus intimes des individus. Ainsi, les GAFAM, quelques services de renseignements et autres entreprises du même acabit peuvent connaître l’intégralité de votre existence : tout sur votre famille, sur vos réseaux d’amis, sur vos déplacements, vos achats, vos loisirs, votre état de santé, jusqu’à l’existence de votre maîtresse ou de votre amant, voire de la taille de vos chaussettes ou de votre soutien-gorge. Tout cela sera puisé dans votre géolocalisation, dans l’historique de vos recherches, à la lecture de vos courriels ou autres messages sur Facebook, sur Twitter, sur votre smartphone… Ce monde juteux fait le bonheur de sociétés avec l’assentiment de nombreux politiciens, dont certains qui dirigent la Commission européenne. Vous savez, ceux qui transportent des valises emplies de billets de banque alors qu’ils préconisent la suppression du cash à la demande des banquiers. Cette intelligence dite artificielle est tout bonnement le renoncement définitif de l’usage de notre propre raison via le remplacement de la pensée humaine par la technologie des algorithmes concoctés par et au profit des Elon Musk et consorts, car, n’oublions jamais qu’il y a des êtres humains qui la créent, la gèrent et nous l’imposent, souvent contre notre gré. Bref, c’est l’avenir, déclare-t-on dans la Silicon Valley. Bref, c’est la fin de la civilisation pour tout humaniste. Source partielle : Marianne, 22 décembre 2022 au 4 janvier 2023. Photos : Pixabay.
Les Cités disparues : déjà la lutte des classes à Pompéi (3/5)
À dix kilomètres du Vésuve et un demi kilomètre de la mer, Pompéi fut une cité avec ses rues bordées de maisons, ses thermes, plus de soixante tavernes, son amphithéâtre, le forum, la Maison des Pygmées, la Maison-bar d’Amarantus, le Temple de Venus, celui d’Isis, une boulangerie, des bâtiments municipaux et son célèbre lupanar, tel est le décor d’un chapitre de l’essai Les Cités disparues d’Annalee Newitz paru chez Calmann-Lévy. Un constat particulièrement intéressant à la lecture de cet ouvrage : « En un sens, l’archéologie des données représente la démocratisation de l’histoire. Elle se penche sur les activités des masses et s’efforce de reconstituer leur vie sociale, voire psychologique. » Ainsi, dans les années 1700, des fouilles furent entreprises et sous la cendre durcie ce fut une incroyable révélation. Tout avait été préservé de cette vie quotidienne au temps de l’apogée de l’Empire romain. On retrouva même sur la façade d’une propriété appartenant à une certaine Julia Felix, une inscription peinte : « À louer dans le domaine de Julia Felix, fille de Spurius : élégante suite de bains pour clientèle de prestige, tavernes, mezzanines et appartements à l’étage pour un bail de cinq ans. » Quant à la Maison des Colonnes en mosaïque, elle ressemblait à un centre commercial avec de multiples boutiques. La particularité des fouilles contemporaines réside en cette phrase prononcée par un chercheur : « Pour moi, l’important n’est pas les César ni autres empereurs sur qui nous en savons déjà trop, mais les gens dont nous ne savons rien. Même si nous ne connaîtrons jamais leurs noms, nous pouvons essayer de reconstituer un peu leur vie. » C’est, bien sûr, le fil rouge de ce chapitre qui nous plonge au fil des découvertes dans un quotidien où, déjà, il y avait la lutte des classes. Ainsi, un individu né esclave à Pompéi pouvait gravir les échelons et parvenir presque au sommet de la hiérarchie sociale, alors qu’un conflit éclata entre nantis et démunis pour l’accès aux plages. Et, précise l’auteur : « Pompéi trépassa au beau milieu d’un litige qui opposait riches et pauvres, hommes et femmes, immigrants, Romains et autochtones. » Assurément, il n’y a rien de nouveau en ce XXIe siècle !
Mes astuces pour un Noël en toute légèreté !
Mes astuces pour un Noël en toute légèreté ! Pendant des années, la seule perspective de Noël me déprimait. Ces repas interminables et indigérables pour mon système digestif capricieux étaient un cauchemar ! Mais au fil des ans, j’ai appris à apprivoiser ce moment délicat, et à en faire une journée presque comme les autres côté repas. Mes bonnes habitudes commencent dès le matin : puisqu’il y aura assez d’excitants en tous genres, je zappe thé ou café et opte pour une infusion de menthe ou autres plantes aux vertus digestives, avec un peu de miel et de citron, histoire d’éclaircir ma voix pour la journée. En général, on parle beaucoup quand on est en famille ! Puis, je choisis des fruits, comme un jus d’orange pressé. Une demi heure après et seulement si j’ai faim, je mange quelques céréales digestes, comme les flocons d’avoine, accompagnés de quelques fruits secs pour ne pas mourir de faim, surtout si le déjeuner est servi tard. Premier repas : un sans faute. Le second est le plus délicat : soit c’est vous qui recevez, et vous avez la main, soit vous êtes invités, et là, il faut ruser. Premier cas : vous invitez. Facile ! Il vous suffit de prévoir un peu moins de mets de fêtes, mais plus d’aliments naturels : n’hésitez pas à proposer des crudités joliment présentées à l’apéritif, et même en accompagnement de l’entrée. Croyez-en mon expérience, elles sont souvent très appréciées ! Pour l’apéritif justement, préférez des noix nobles aux toasts tout prêts, des petites sauces au yogourt, légères et originales. Les toasts au foie gras ne sont pas interdits, mais au moins, on a le choix ! Passons au déjeuner de fête : évitez de servir trop de viandes. Misez sur le poisson, léger, en proportion raisonnable. En général, elle se situe entre 100 et 120 grammes par personne. Mais là, puisque vous en consommez déjà à l’appétitif, en entrée et en plat, vous pouvez descendre à 80 grammes. Ce n’est pas une question de radinerie, je vous assure, personne n’y trouvera à redire ! En accompagnement, évitez les fritures, misez sur des légumes bouillis ou légèrement revenus, et jouez avec les condiments et les épices, qui, en plus de donner du goût ont pour beaucoup d’entre-eux des vertus digestives. En France, difficile d’éviter les fromages ! Choisissez les légers et digestes, comme les chèvres frais, ou brebis, à teneur en matière grasse réduite. Evitez toutes les pâtes molles, trop grasses. Servez le tout avec du pain semi -complet, ou aux céréales, leurs fibres faciliteront le transit ! Enfin le dessert… Encore une fois, c’est bien qu’il y ait le choix : un vrai dessert chocolaté et appétissant, et une bûche glacée aux fruits par exemple. Proposez des digestifs, mais aussi des tisanes pour clore le tout. Dernier conseil : évitez d’étaler le repas sur une période trop longue, pour des questions de digestion. Si vous êtes reçus, vous aurez moins de marge, mais il est possible de s’en sortir quand même. A l’apéritif, soyez raisonnable sur les amuse-gueule. Pour cela, pensez au petit déjeuner sain dont je viens de vous parler. Côté alcool, se restreindre ! Si vous ne voulez vraiment pas que l’on vous réserve sans cesse, facile ! Ne buvez que la moitié de votre verre. Ne reprenez pas d’un plat même si c’est bon, car en général, il y en a toujours trop. Même règle pour l’alcool à table : ne buvez que la moitié. Tant que cela est possible, préférez les légumes aux pommes de terre par exemple. Enfin, de retour chez vous, buvez beaucoup d’eau ou de tisanes. Prévoyez une soupe détox pour le soir. Le lendemain, vous vous sentirez presque comme si de rien n’était ! Joyeux Noël à tous ! —– Mes conseils pour un Noël léger et équilibré ! Pendant de nombreuses années, la perspective de Noël me rendait déprimé. Les repas interminables et difficiles à digérer étaient un vrai cauchemar pour mon système digestif sensible. Mais au fil du temps, j’ai appris à gérer cette période délicate et à en faire une journée presque normale en ce qui concerne les repas. Mes bonnes habitudes commencent dès le matin : étant donné qu’il y aura suffisamment de stimulants de toutes sortes, je renonce au thé ou au café et opte pour une tisane à la menthe ou à d’autres plantes aux vertus digestives, avec un peu de miel et de citron, afin de soulager ma voix pour la journée. En général, on parle beaucoup en famille ! Ensuite, je choisis des fruits, comme un jus d’orange pressé. Trente minutes plus tard, et seulement si j’ai faim, je mange quelques céréales digestes, telles que des flocons d’avoine, accompagnées de quelques fruits secs pour éviter d’avoir trop faim, surtout si le déjeuner est servi tard. Premier repas : une réussite. Le deuxième est le plus délicat : soit vous recevez et vous avez le contrôle, soit vous êtes invités e
Macron à Lusail : indécente compassion
Après des gesticulations grotesques sous les yeux ébahis ou amorphes de cheiks et des dirigeants de la FIFA dans la tribune d’honneur du stade de Lusail où se déroulait la finale de foot entre l’Argentine et la France, après la défaite des Tricolores, le président Macron est monté sur la pelouse pour consoler Mbappé, assis sur le sol. Prise d’écran Facebook. Avec maints gestes de compassion ou comme s’il secourait une victime d’un tsunami ou d’un attentat, Macron a montré toute l’étendue de son indécence de la récupération politicienne traditionnelle. Un ouvrier qui vient de perdre son emploi, une infirmière exténuée en soins intensifs, un réfugié qui dort sous tente par un froid glacial, n’ont jamais eu la même attention. « Selon que vous soyez puissant ou misérable… » expliquait déjà Jean de La Fontaine en 1678…
Reportage Fréquence Terre : visite à Gandhi
J’ai récemment rendu visite à Gandhi, oui, au chantre de la non-violence qui, paradoxalement, fut assassiné le 30 janvier 1948 par un fanatique nationaliste hindou. Gandhi (1869-1948) est statufié dans un petit parc de Molenbeek, vous savez, c’est cette cité bruxelloise rendue tristement célèbre pour avoir été le foyer de quelques terroristes islamistes dont le procès se déroule actuellement dans la capitale de l’Europe à l’occasion des attentats du 22 mars 2016. Surréalisme à la belge ou message symbolique que cette représentation de Gandhi dans une commune autant vilipendée ? Gandhi, c’est aussi la lecture attentive de son autobiographie ressortie d’une étagère poussiéreuse, puisque publiée en français par les Presses Universitaires de France en 1950. Alors avocat en Afrique du Sud, Gandhi comprit que son destin était de retourner en Inde. Cependant, avant ce retour, il accomplit différentes missions et il se mit à lutter contre le superflu et à consacrer toute son énergie à différentes causes politiques. Il lisait Tolstoï, le pacifiste, et retourna dans son pays natal où il organisa la résistance passive contre le gouvernement anglais, participa à des conflits sociaux, lança une grève générale, promut la désobéissance civile, al non-violence et la non-coopération : « Gandhi tint en échec les Britanniques par sa tactique, ses surprises, sa prodigieuse influence sur la population. C’était à la fois un adversaire terrible et quelqu’un avec qui l’on pouvait causer. La force de vérité se révéla plus forte que toutes les armes d’acier. Il changea le destin de centaines de millions d’êtres humains. » Dans les dernières années de sa vie, Gandhi fut pacificateur et médiateur dans le conflit entre hindous et musulmans. Il finit par donner sa vie pour la paix de l’Inde, pour la réconciliation religieuse et pour la tolérance. En regardant cette stèle du Mahâtma, c’est-à-dire la « Grande âme » en sanskrit, je me dis que si la culture de la violence entretenue par la propagande militariste, par les films, la littérature, les vidéos guerriers, avait été remplacée par la culture de la fraternité universelle, aujourd’hui, il n’y aurait pas de procès consacré aux attentats du 22 mars 2016, si ces jeunes Molenbeekois avaient lu l’autobiographie de Gandhi, ils auraient certainement été convaincus qu’il y a moyen, par la technique de la non-violence, de mettre à bas des régimes antidémocratiques, voire dictatoriaux. Cependant, disons qu’il n’est pas trop pour tous ceux qui auraient des desseins violents de se référer à cette technique ayant quand même fait ses preuves, ce n’est pas Gandhi qui m’aurait contredit lui qui obtint de cette sorte l’indépendance de son pays. Durant ce temps, un lointain descendant des Nehru-Gandhi effectue une marche symbolique de centaines de kilomètres dans l’Inde du XXIe siècle pour en appeler à un retour à la politique de son illustre ancêtre… Photos : P.Gf
Durant ce temps à Bruxelles… (Partenariat POUR)
Au Parlement wallon, c’est le président socialiste, Marcourt, et son greffier, qui sont accusés d’un voyage luxueux à Dubaï aux frais des citoyens. Plus grave, aux Communautés européennes, 1,5 un million et demi ont été versés en pots de vin par le Qatar à Eva Kaili, vice-présidente socialiste du Parlement, ainsi que d’autres élus, dont un député belge, suspendu par le Parti socialiste depuis lors, un député italien dit de gauche, etc.…, qui auraient bénéficié des largesses qataries. Des gros billets dans une valise ou des sacoches, des montres Cartier ou Omega d’une valeur de 60 à 80.000 euros pièce, des voyages offerts…, voici qui serait monnaie courante, si j’ose dire, de la part de lobbyistes qui entrent et sortent comme dans un moulin aux communautés européennes. Bruxelles est, après Washington, la ville où se trouve le plus grand nombre de lobbyistes au monde, pas moins de 46.000 ! Durant ce temps, non loin de ces « parvenus » sans scrupule, comme les nomma l’ancien président du Parti socialiste belge, 5.300 personnes précarisées et sans abris, dont 900 enfants, tentent de survivre aux conditions climatiques glaciales. Soit, 27% en plus que l’an dernier, selon l’officielle Fondation Roi Baudouin. Et, tenez-vous bien, la capitale de l’Europe n’a que 4.000 places disponibles pour abriter ces SDF, alors que les stocks de couvertures sont épuisés et que les rations alimentaires se font de plus en plus nombreuses, et que les réserves, ici aussi, s’amenuisent dangereusement, selon la Croix-Rouge. Bref, dans une ville cosmopolite aux multiples et inquiétants problèmes de précarité, certains élus socialistes s’en mettent plein les poches et, de la sorte, en plus de salir le bel idéal du socialisme, creusent le sillon du fascisme à une allure phénoménale. Comble de cette détestable situation, si ces élus sont démissionnés de leurs postes, ils restent généralement en place en tant que députés et, bien entendu, perçoivent leurs plantureux salaires. L’extrême droite ne doit même pas faire campagne électorale, ces élus socialistes la font implicitement pour elle. Ah ! Dernière chose, le président Macron, lui, n’a aucun scrupule à se rendre au Qatar au nom d’un match de foot. Décidément, l’éthique n’est plus beaucoup d’actualité… Info au 15 décembre 2022 : il semblerait que l’État du Maroc soit aussi impliqué dans ce Qatargate. Photos : P.Gf
Voil’Ocean : un projet pour découvrir la mer autrement !
La voile comme outil de découverte de l’Océan !pour tous ! Même les dirigeants d’entreprise! c’est ce que propose l’association LONGITUDE 181 avec son nouveau programme Voil’OCéan à Découvrir dans cette chronique avec sa responsable , Pascale SOUSSAN, qui nous en explique les détails.
Coupures d’électricité : le cynisme d’industriels
Des industriels prétextent la hausse du prix de l’électricité pour diminuer ou arrêter la production dans leurs entreprises, mettre en chômage partiel leur personnel (aux frais de la collectivité, bien entendu), ensuite revendre de deux à dix fois plus chère leur électricité pourtant acquise bon marché et, de la sorte, ils font de plantureux bénéfices. Cerise sur ce très mauvais gâteau : certains patrons bénéficient en plus de primes pour, je cite, « non-consommation ». Nous sommes bien en présence de cynisme et d’indécence du capitalisme. Tout est dit. Photo : Pixabay. Source : magazine Marianne, 7 décembre 2022.
Jamais sans mon grigri
Si vous avez pris l’habitude de toucher du bois, de croiser les doigts avant un examen, de faire un vœu avant de souffler les bougies ou de garder une amulette dans votre poche, sachez que vous avez parfaitement raison. À travers le monde, l’univers des porte-bonheur est une véritable caverne d’Ali Baba. Et en la matière le Japon occupe une place de choix. Il y a le maneki connu comme le chat de la chance qui invite l’argent à entrer, il y a aussi le culbuto qui représente la persévérance et la résistance. Et puis il y a le daruma que l’on offre au Nouvel An, c’est une poupée qui rappelle les objectifs que l’on s’est fixé durant l’année. Et enfin, il ne faut pas oublier les omamori qui sont des amulettes de protection dont certaines sont spécifiques à chaque situation de la vie. Chacun selon sa personnalité, sa culture, ou sa croyance se choisira un porte bonheur. Mais est-ce bien utile ? Une étude scientifique réalisée à l’Université de Cologne tend à prouver que la chance existe bel et bien. Et que les porte-bonheur auxquels nous sommes attachés avaient le pouvoir de la susciter. Une expérience a été menée avec deux groupes de joueurs de golf qui devaient réaliser une épreuve particulièrement difficile à exécuter. Un groupe a reçu une balle porte-bonheur et l’autre groupe s’est contenté d’une balle sans « pouvoir » particulier. L’ensemble des participants a cru au pouvoir magique de la balle et ils ont obtenu d’excellents résultats. En conclusion, les gens qui comptent sur le pouvoir de leur porte-bonheur pour décrocher un emploi, pour rencontrer l’amour sont juste beaucoup plus confiants. Car croire que le gri-gri les protège et leur apporte la « baraka » les rend plus forts car ils ont davantage confiance en leur capacité. Ils sont alors plus performants car plus enclins à persévérer, et cela même s’ils se fixent des objectifs plus élevés. N’ayez plus aucune hésitation, choisissez-vous votre porte-bonheur et boostez votre confiance en vous. Source : Internet Photo : Pixabay
Des « excuses » de la natalité en baisse
Au JT de 20 heures de France 2, en ce dimanche 5 décembre 2022, a été programmé un reportage sur, je cite, « Comment expliquer la baisse drastique de naissances en un an ? » À savoir, 10% d’octobre 2021 à octobre 2022. Un démographe y alla de son expertise : « Si dans cinq ou six ans, la baisse des natalités persiste, il y aura bien un mouvement de fond et non passager. » Cinq très courts témoignages, appelés micros-trottoirs dans le jargon journalistique, illustrèrent cette séquence : Une jeune femme : « Avec le réchauffement climatique, cela sert-il vraiment à quelque chose de faire des enfants ? Qu’est-ce qu’on va leur laisser ? » Une autre jeune femme : « Faire un enfant est quelque chose d’égoïste quand on voit qu’il va vivre dans un monde voué à l’échec… » Un jeune adulte : « Le monde est trop peuplé, de plus, on ne va pas dans la bonne direction avec les conflits qu’il y a… Je ne veux donc pas d’enfant ! » Un autre jeune homme : « Un seul enfant, car avec les conditions climatiques actuelles, cela va être un peu compliqué… » Il y a aussi l’aspect financier, comme l’expliqua une jeune adulte : « Pouvoir d’achat, inflation, hausse des prix, les gens ont moins d’argent… », dit-elle. Qui dit moins d’argent, dit donc moins d’enfants dans la société contemporaine. Personnellement, si j’avais été l’intervieweur, je leur aurais posé la question suivante : « Et que faites-vous concrètement, je dis bien concrètement, pour qu’il y ait d’autres conditions climatiques ? Pour qu’il y ait moins d’injustice sociale ? » J’ai déjà posé ce genre de questions qui fâchent dans des reportages et la vie courante et, grosso modo, ce furent les mêmes réponses, disons « fuyantes » : « Ce n’est pas moi qui vais changer quoi que ce soit. » Point barre. Toujours, ou, du moins, très souvent, le même argument, donc. Que je prenne l’avion ou non, cela ne changera rien aux émissions de gaz à effet de serre, que je dise non à la 5G, cela n’empêche pas les industriels de plancher sur la 6G, que je boycotte le Mondial de foot, cela ne touche guère les milliardaires du foot, que je fasse ou non grève, un de plus ou un de moins ne changera pas la situation, idem pour interpeller les politiciens… J’y ajoute, les justifications prêtes à l’emploi pour ne pas s’engager malgré des promesses ou déclarations péremptoires : passer un week-end aux Baléares, conduire l’enfant-roi en SUV à l’école, etc. J’ai aussi déjà longuement évoqué dans cette rubrique tous ceux qui lancent des « Y a qu’à… », « Il faut que… » et je leur ai suggéré de méditer ce proverbe arabe : « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse. » L’hebdomadaire Marianne[1] vient également de se pencher sur la responsabilité individuelle dans sa rubrique « L’idée de la semaine » : « Ce qui pose question, c’est l’idée sous-jacente au refus de s’impliquer à titre personnel en prétextant son inutilité. C’est la négation du principe démocratique, pour lequel chaque voix compte. » Bertolt Brecht (1898-1956) déclara : « Nous sommes trop peu contre l’infamie et, de tous ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons au moins qu’ils aient honte. Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà tout perdu. » [1] Du 1er au 7 décembre 2022. Photo : Pixabay.
Procès Attentats de Bruxelles : poignants témoignages (reportage)
Un double massacre le même jour, c’est-à-dire le 22 mars 2016 dans la matinée : plusieurs explosions à l’aéroport de Bruxelles National, ensuite dans le Métro, à la station Maelbeek, non loin des communautés européennes. Au total, trente-deux morts hors les trois kamikazes et entre 300 et 400 blessés, soit des tueries de masse revendiquées par l’État islamique. Le procès des deux accusés dont neuf seront présents, car certains ont déjà été jugés à Paris pour les attentats du 13 novembre 2015, et un absent en la personne de l’émir qui dirigea la manœuvre et dont on présume la mort en 2017, ce procès-fleuve, donc, débute ce lundi 5 décembre 2022 et devrait se terminer en juin 2023. Contrairement à la France, le jury de la Cour d’assises en Belgique est composé de citoyens, trente-six douze effectifs et vingt-quatre suppléants choisi parmi un millier de personnes convoquées. Durant des mois, les noms de Zaventem, c’est-à-dire de l’aéroport de Bruxelles et de Maelbeek, la station de métro, vont revenir sur le devant de la scène et, surtout, à la mémoire comme ceux d’images atroces, inhumaines, incompréhensibles. À la station Maelbeek, reconstruite à l’identique, un espace est réservé pour que l’on se souvienne de cette tragédie. L’occasion, aussi, d’y laisser quelques témoignages écrits ou dessinés, certains émanant de proches de victimes, voire de rescapés. Au-delà du procès d’assises, afin de ne jamais oublier ce genre de tuerie, il est apparu nécessaire de vous faire part de quelques-uns d’entre eux qui, par leur contenu, valent toutes les plaidoiries du monde. Je vous les lis : « Mélanie, la culture et la beauté du monde resteront » a été écrit sous une photo de la jeune victime. « La terreur n’est pas une confession, elle n’est que l’arme (dans le sens d’instrument de combat) des lâches et larmes (dans le sens de pleurs) des peuples. », « Vous êtes morts dans l’honneur. », « L’Amour est plus fort que tout. », « La vie est une longue histoire. Un horrible chapitre ne désigne pas nécessairement la fin du livre. Un jour à la fois. », « La terreur était forte ce jour-là, mais l’amour est et restera toujours plus fort ! Chaque jour il grandit. », « Merci à tous les secouristes. », « L’espoir est plus fort que la peur. », « Ma Sabine, ma nièce, ma fille, je t’ai vu naître… je t’aime. »
Reportage : Albert Londres et la « grande honte pour la France »
Aux Assises européennes du Journalisme qui se sont déroulées dans la Capitale de l’Europe, un hommage fut rendu à Albert Londres, modèle de journaliste engagé. Albert Londres Dans l’exposition qui lui fut consacrée, j’ai pris un exemple de cet engagement, lorsque en 1923, dans « Le Petit Parisien » qui sous-titrait « Le plus fort tirage des journaux du monde entier », Albert Londres s’écriait : « J’ai pensé qu’il était louable de prêter une voix, si faible soit-elle, à ceux qui n’avaient plus le droit de parler… » Le podcast ci-contre vous emmène aussi au cœur de bagnes, comme des photos ci-contre… (Photos : Pierre Guelff) Albert Londres en blanc parmi les bagnards…
Dmitry Mouratov, Prix Nobel de la Paix, sur Fréquence Terre : propagande et cannibalisme (Partenariat POUR)
Aux Assises européennes du Journalisme qui se sont déroulées dans la capitale de l’Europe, j’ai entendu et enregistré Dmitry Mouratov, co-fondateur et rédacteur en chef du quotidien Novaïa Gazeta en Russie, co-lauréat du Prix Nobel de la Paix 2021 aux côtés de la journaliste philippine Maria Ressa. Un homme au travail journalistique courageux pour une information indépendante et crédible, que je vous invite à écouter[1] : «(…) Puisque ces assises du journalisme sont un forum de réflexion, dites-moi comment, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le sort de la planète dépend de la volonté et des décisions d’un seul homme : le président russe Vladimir Poutine. Mikhaïl Gorbatchev a offert à un moment donné un cadeau inestimable avec trente ans de vie sans menace nucléaire. Ce temps est révolu. La menace est à nouveau réelle. L’enfer de la guerre en Ukraine a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés et il y a déjà près de quatorze millions de réfugiés. Vous savez, il n’y a jamais eu autant de réfugiés, même lors de la première année de la Seconde guerre mondiale. Des gens sont privés d’abris, de leurs maisons, près de six millions d’enfants se sont retrouvés sans leurs jouets, sans les jardins de leurs grands-mères, sans écoles, après tout. Les pires prédictions sont devenues réalité sous nos yeux, mais la réalpolitique nous disait tout le temps que l’autocratie était normale. Bien sûr, les droits des êtres humains sont violés, mais les prix du gaz et du pétrole restent assez stables… Combien de fois, j’ai entendu des politiciens russes et européens reprocher à Anna Politkosvskaïa[2] de trop exagérer et de noircir quand elle écrivait sur la guerre en Tchétchénie. Et alors ? Nous en sommes arrivés là lorsque nous avons permis à la propagande de cannibaliser le journalisme. Quand nous avons permis à la propagande, et en Russie en premier lieu, d’utiliser la confiance des gens pour infecter leurs cerveaux. (…) La majorité des jeunes ne soutiennent pas les actions militaires de la Russie contre l’Ukraine, mais la majorité des personnes sont habituées à croire la télévision, elles sont habituées à faire confiance à la parole de l’État. La télévision appartient à l’État et la propagande est devenue leur nouvelle religion. Elles ont maintenant un écran accroché à la place de l’icône. Mais, je garde espoir pour le sens de notre profession. L’espoir que les hauts standards du journalisme seront en mesure d’arrêter la source de la propagande. Merci d’être ici aujourd’hui, notamment à cette fin. Un procès se déroule actuellement à la Haye, non loin d’ici, celui d’un propagateur du génocide au Rwanda, le propriétaire de la soi-disant Radio des Mille Collines, son nom est Félicien Kabuga. Il s’est caché près de Paris depuis un quart de siècle, voire plus. En 1994, sa radio a orchestré le génocide des Tutsis. C’est prouvé scientifiquement : là où la radio avait une meilleure réception, elle incitait les gens à tuer et ils allaient tuer leurs voisins. Là où les ondes radio étaient plus faibles, les habitants ne sont pas allés exterminer leurs voisins, ou ils les ont massacrés beaucoup moins fréquemment. Nous devons tirer les leçons de ce procès à La Haye, nous devons le couvrir de toute notre attention. Ce procès est peut-être le plus important pour l’humanité après celui de Nuremberg. La propagande a toujours eu besoin d’avoir un monopole, elle ne peut gagner dans un environnement concurrentiel, c’est pour cela que, par exemple, dans mon pays près de trois cents médias indépendants ont été fermés par l’État. De nombreux journalistes sont contraints de quitter la Russie et travaillent en exil. Je vous suis reconnaissant pour votre prix[3] décerné cette année à Novaïa Gazeta, c’est un signe de soutien et de solidarité envers tous les journalistes qui vivent des temps difficiles. Votre prix a été décerné à un journal fermé, permettez-moi de vous le rappeler. On dit que la première victime de la guerre est la vérité, réfutons ce dicton ! » Pour ma part, je suis reconnaissant à tous les citoyens, journalistes ou non, qui, par leur engagement, parfois au péril de leur vie, me permettent encore d’écrire en toute liberté et de clamer avec Périclès (-495 -429) : « Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. » Pierre Guelff pour Fréquence Terre depuis les Assises européennes du Journalisme à Bruxelles. [1] Traduction Institut des Hautes Études des Communications Sociales, Bruxelles. [2] Journaliste russe d’investigation assassinée à Moscou. [3] Grand Prix du Journalisme Michèle Léridon, Tours en 2022.
La femme qui murmurait à l’oreille des éléphants
Dans la culture thaïlandaise, la femme est la patte arrière de l’éléphant, elle doit obéir à son homme comme l’éléphant à son cornac. Mais le rêve de Lek Chailert est tout autre, elle veut libérer tous les éléphants que l’on fait travailler et que l’on maltraite. Auparavant en Thaïlande, l’animal était sacré et respecté. Aujourd’hui, Lek veut leur rendre leur dignité en les soulageant de toutes les souffrances que leur inflige l’industrie du tourisme. Prise d’écran ARTE. Lek Chailert, recueille et soigne des éléphants maltraités dans son sanctuaire nommé L’Éléphant Nature Park. Son centre est d’ailleurs connu à travers toute la Thaïlande pour offrir une belle retraite à ces animaux martyrisés par des propriétaires peu sensibles à la cause animale. Cette activiste, consacre sa vie à soigner et sortir ces éléphants de ces conditions désastreuses. C’est en 1992, qu’elle recueille un premier éléphant. Sa mère disparue, il est trop jeune pour être exploité et ses propriétaires ne peuvent le garder. Après d’âpres négociations, elle achète cet éléphant pour le sortir d’une maltraitance annoncée s’il retourne chez ses propriétaires. Ce sera le premier d’une longue série de combats. Au départ elle a simplement construit une hutte et a proposé aux touristes une sorte d’écotourisme avant l’heure et de venir juste regarder ses éléphants libres et heureux. C’est ainsi que certains touristes ont pris conscience de la nécessité de protéger ces animaux. En 1995, elle développe un centre où les éléphants vivent en semi-liberté dans un immense parc. Leur vie est structurée et ils sont aimés et respectés. Chacun est accompagné d’un ou deux cornacs, selon son caractère. Les cornacs les accompagnent dans tous leurs faits et gestes : leur donnent à manger, les baignent, les suivent dans leurs promenades… De vrais parents ! Prise d’écran ARTE. Il y a environ une soixantaine d’éléphants dans son sanctuaire et à l’accueil une majorité d’entre eux ont des troubles psychiques en plus de leurs blessures causées par les coups de crochet. Le tourisme est très important pour la Thaïlande mais l’éléphant est traité comme une machine à sous. Alors Lek Chailert est régulièrement menacée, harcelée, intimidée car malheureusement l’argent fait la loi. Toutes ces menaces ne l’empêchent pas d’y croire et elle ne veut pas baisser les bras. D’ailleurs pendant le confinement elle est allée aider d’autres parcs afin de nourrir les éléphants laissés à l’abandon puisque le pays était privé de tourisme. Bien qu’elle se dit ne jamais être en paix, elle veut ouvrir les yeux d’un maximum de gens. Elle est convaincue que l’amour peut guérir beaucoup de choses. Et sa promesse de venir en aide aux éléphants est toujours aussi forte. Source : ARTE TV +Internet Photos : captures d’écran ARTE !
Patti Smith et la démocratie en péril
Un sondage de l’Institut Kantar effectué en octobre 2022[2], révéla que près de 20% des Belges étaient prêts à renoncer à la démocratie : 4% favorables à une dictature et 16% à un parti unique pour diriger le pays. De plus, quelque 18,9% estimaient que la Belgique était déjà une dictature ou évoluait vers elle. Ensuite, près de la moitié des personnes sondées, se dit non protégée par la police et le système judiciaire. En France, selon la Fondation Jaurès, 30% des Français sondés par Ipsos en septembre 2022, placent leur confiance dans d’autres systèmes que la démocratie, alors que 57% affirment que « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus », 71% estimant que le personnel politique agit principalement pour ses intérêts propres au détriment de l’intérêt des Français. Autre inquiétude avec la liberté de la presse. Le 3 mai 2022, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, il fut publié le 20e Classement mondial en ce domaine[3] établi pour 180 pays : la Belgique y dégringola de la 11e à la 23e place ![4] La France occupe la 26e place, les agressions envers les journalistes étant également soulignées. Parallèlement, l’Association des Journalistes Professionnels de Belgique[5] déclarait : « On constate une augmentation de la violence verbale, des intimidations, des menaces, des agressions physiques contre les journalistes. » Dès lors, il est bon de rappeler que : « Préserver la liberté d’expression, c’est d’abord empêcher la censure, mais aussi lutter contre les intimidations qui suscitent l’autocensure. »[6] Autre sujet à méditer : la liberté d’expression. Faut-il, comme Patti Smith, chanteuse et musicienne, militante pour les droits de la personne humaine, s’inquiéter de la situation développée principalement sur les réseaux sociaux : « Sur ma page Instagram, la liberté d’expression s’arrête là où commence la haine. » ?[7] Poser la question est y répondre, certes, mais, ici aussi, un rappel n’est pas inutile : vivre en société, c’est effectuer des choix. Sans la liberté de choisir, ce n’est plus vivre, c’est subir. En ce sens, qui dit liberté de choisir dit liberté d’opinion, liberté de conscience et liberté d’expression. Photo : capture écran Le Soir diffusant un article de Die Welt dans le cadre du supplément Léna (19 novembre 2023). [1] Extrait d’un futur reportage/ouvrage publié par la FAML en 2023. [2] La Libre Belgique, RTBF, chiffres repris et commentés par Le Soir. [3] Reporter sans Frontières, RSF. [4] Extrait de ce classement : 1. Norvège, 2. Finlande, 3. Suède, 4. Estonie, 7. Portugal, 8. Costa Rica, 16. Allemagne, 23. Belgique, 24. Royaume-Uni, 26. France, 28. Pays-Bas, 42. États-Unis, 58. Italie, 71. Japon, 106. Ukraine, 108. Grèce, 125. Congo, 134. Algérie, 135. Maroc, 149. Turquie, 155. Russie, 168. Égypte, 173. Cuba, 175. Chine, 178. Iran, 180. Corée du Nord. [5] RTBF, 3 mai 2022. [6] Sauver la liberté d’expression, Monique Canto-Sperber Collection Espaces Libres, Albin Michel, 2022. [7] Le Soir, 19 et 20 novembre 2022.
Qatar : « Belle » audience pour le Mondial de foot : quelle conscience ?
Je vous livre le commentaire du site maxifoot.fr consacré à l’audimat du 1er match du mondial sur TF1 : « Malgré les nombreuses polémiques autour de la Coupe du monde 2022 au Qatar et une affiche entre deux pays mineurs dans le monde du football, le match d’ouverture entre le Qatar et l’Equateur (0-2) a réalisé une belle audience dimanche en France avec 5,13 millions de téléspectateurs devant TF1, soit 31,3% de part d’audience. Pour comparer, en 2018, la première rencontre du Mondial entre la Russie et l’Arabie saoudite (5-0) avait seulement réuni 3,98 millions de téléspectateurs (36,3% de PdA). Cependant, cette différence peut aussi s’expliquer par le jour de programmation de cette partie à l’époque : un jeudi. En tout cas, l’impact d’un éventuel boycott de cette édition 2022 dans l’Hexagone semble très faible, pour le moment, au niveau des audiences. » Décidément, le business et l’indifférence supplantent de plus en plus la conscience.
Assises du Journalisme : Journalisme d’investigation vs fake news (Partenariat POUR)
Les fake news ou infox, fausses nouvelles, fausses informations et informations fallacieuses sont des nouvelles mensongères diffusées dans le but de manipuler ou de tromper le public.[1] Le journalisme d’investigation est à l’opposé de ces manipulations de la vérité, comme le prouvèrent quelques affaires retentissantes révélées par des reporters, affaires qui furent corroborées par la Justice : le « Watergate », scandale qui poussa le président américain Richard Nixon à démissionner en 1974, est probablement le plus célèbre exemple du travail de deux journalistes d’investigation, Bob Woodward et Carl Bernstein du Washington Post, à l’origine des révélations. Plus près de nous, ce sont Jodi Kantor et Megan Twohey, leurs consœurs du New York Times, qui, le 5 octobre 2017, publièrent une enquête dénonçant le harcèlement et les abus sexuels de Harvey Weinstein, le tout puissant magnat d’Hollywood. J’ajoute à cette présentation, le consortium international de journalistes d’investigation qui joue un rôle indéniable dans la divulgation, entre autres, de scandales financiers, de paradis fiscaux, de fraudes fiscales, du blanchiment d’argent, de systèmes basés sur la corruption dans divers milieux professionnels : Paradise Papers, Implant Files, Offshore Leaks, Luxembourg Leaks, Football Leaks… Ce travail journalistique se doit d’être d’une grande rigueur déontologique et pas exempte de pressions diverses. Des statistiques avancent que 56,8% de la population mondiale, en 2021, sont sur les réseaux sociaux, que 75% des 18-24 ans s’informent sur Internet et que 46% des jeunes de la même tranche d’âges s’informent sur les réseaux sociaux. Le principal écueil est l’abondance de fake news et les théories du complot, sans omettre les algorithmes qui dictent leurs lois aux utilisateurs. Une question essentielle se pose donc en ces temps où les réseaux sociaux sont devenus majoritaires au niveau de la communication et de l’information, parfois sous le couvert de l’anonymat ou de pseudonyme : la liberté d’expression est-elle devenue un leitmotiv d’être raciste, antisémite, homophobe, grossophobe ou autre discrimination ? Pour y répondre, les Assises du Journalisme qui se tiendront dans la capitale de l’Europe du 23 au 25 novembre 2022 auront, bien entendu, ce sujet sur la table sous le titre : Information, propagande, fake news : en quoi la déontologie et les conseils de presse peuvent-ils faire la différence pour mieux informer les citoyennes et les citoyens ? J’allais dire en prenant exemple sur Fréquence Terre et POUR, mais d’aborder le concept de la liberté d’expression en se rappelant la possibilité pour chaque individu d’exprimer son opinion par rapport à la gestion des affaires dans la cité et surtout d’en assumer les éventuelles conséquences, car la liberté d’expression est la condition sine qua non pour corriger les erreurs et les abus du pouvoir et des décideurs et de tenter de les ramener à la raison. En d’autres termes, « assumer de ne pas censurer l’information, laisser les protestations s’exprimer et en faire dans la mesure du possible l’occasion d’un débat argumenté est la seule option respectueuse de la liberté qu’ont les citoyens d’être informés. »[2] [1] Wikipedia, 16 novembre 2022. [2] Source : Sauver la liberté d’expression, Monique Canto-Sperber, Espaces libres, Albin Michel, 2022.
COP 27 : La dernière : tout est dit !
Une caricature de Gobi sous le titre de « La COP 27 s’achève. Un franc succès » résume la situation finale. On y voit un personnage prototype de l’homme d’affaires ou du politicien condescendant, qui déclare : « On a bien rigolé ». À la question : « Et le climat ? », il répond : « Ça a été, on a eu du beau temps ». Tout est dit. Effectivement, ce dimanche à l’aube, la COP 27 accoucha d’un texte final pour lequel l’Union européenne et l’ONU sont déçues, c’est-à-dire sans nouvelles ambitions pour la baisse des gaz à effet de serre. Les ONG sont en colère et les lobbyistes ricanent, bien entendu.
COP 27 : De l’humour très noir
Donc, ils prolongent de quelques heures la COP27 car, visiblement, c’est la chienlit à tous les niveaux et le travail de sape des lobbyistes des énergies fossiles contrecarre, comme d’habitude, le déroulement de cette semaine de pourparlers où les pays riches devaient au moins avoir la conscience de réparer tout le mal fait à ceux qu’ils ont pillés depuis des décennies. Le Soir: « Désorganisé et tendu, le sommet climatique mondial fait des heures supplémentaires. Aucun des sujets brûlants n’est réglé. » Libération : « Après avoir prolongé les discussions de vingt-quatre heures, un accord à l’issue de la COP 27 semble de plus en plus difficile à obtenir. » L’Écho: citation d‘un dirigeant égyptien : « Je suis toujours préoccupé par le nombre de questions non résolues, notamment sur les finances, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les pertes, dommages et dégâts déjà causés par le changement climatique et leurs liens. » Le Monde: « Les grands équilibres géopolitiques vacillent à la COP 27. » L’Obs: « Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord » : à la COP 27, les négociations au bord du gouffre. » Charlie Hebdo, lui, publie déjà le discours de la dernière chance pour la COP 28 à Dubaï, oui à Dubaï : « Enfin libérés de la dictature du climat et de l’écologie punitive, nous pouvons regarder l’avenir avec optimisme. Notre mère planète regorge encore de gourmandises telles que pétrole, gaz de schiste, lithium, eau minérale qui n’attendent que nous. Camarades, il ne nous reste que dix ans pour tout finir. Nous ne laisserons rien derrière nous. Non au gaspillage ! » Merci Charlie de nous rappeler la réalité, même si c’est de l’humour noir, très noir. Photos : Pixabay
COP 27 : Cités disparues et changement climatique (2/5)
L’ouvrage Les Cités disparues d’Annalee Newitz paru chez Calmann-Lévy évoque un voyage insolite aux origines de nos civilisations et nous conte le destin de Çatal Höyük, Pompéi, Angkor et Cahokia. Voici ce qui en fut de la première. Çatal Höyük en Turquie centrale fut une cité édifiée avant que les villes n’existent. Sur treize hectares, on trouve les vestiges de cette cité neuf fois millénaire où chaque maison ressemblait à une alvéole d’un rayon de miel et où la vie s’articulait autour du climat. Les habitants entretenaient le sol de leur maison en le replâtrant en surface, ils faisaient aussi du neuf avec du vieux. Il s’agissait d’un groupe d’anciens nomades ayant décidé pour la toute première fois de se fixer définitivement à un endroit à la végétation luxuriante. Les dépôts d’argile devinrent des maisons en argile, puis des quartiers résidentiels et des ouvrages d’art s’y élevèrent, toujours en argile. Les premières traces d’une utilisation culinaire de produits laitiers, c’est-à-dire du lait de chèvre, voire du fromage, apparurent à un certain niveau, là où les archéologues découvrirent que les humains commençaient à modifier la nature à leur convenance. Assurément, un fameux tournant dans l’évolution de l’humanité que certains intitulèrent « révolution néolithique » En somme, il s’agissait du tout début de l’urbanisme. Alors, cette cité inversa les termes de l’équation sociale, puisque de nomades ils passèrent à une vie intime dans une ville où ils pouvaient être de parfaits inconnus. Et puis, petit à petit, entre les 6000 et 5000 avant notre ère, la population commença à quitter les lieux car des rivières voyaient leurs cours se modifier et se tarir, le climat devenait plus froid, une période de sécheresse fut observée par les chercheurs, le niveau des mers s’éleva d’une trentaine de centimètres, ce fut également une rapide fonte des glaciers, alors que certaines régions du globe voyaient leur température chuter de quinze degrés. Des tempêtes et ouragans s’intensifièrent, une famine se déclencha, des incendies de forêt et des inondations ravagèrent d’autres parties du globe. Ce changement climatique majeur ne fut pas une fiction, il fut même appelé « Événement 8,2kA », car survenu il y a huit mille deux cents ans et qu’il fait office de référence aux climatologues pour étudier les mécanismes du phénomène. Les habitants de Çatal Höyük vécurent lentement un clivage entre nantis et démunis et finirent par abandonner leur cité et par reprendre la route. Toute comparaison avec la situation mondiale actuelle n’est absolument pas fortuite.
COP 27 : Clap dernière vers l’échec…
Officiellement, ce 18 novembre 2022 est le dernier jour de la COP 27 qui se déroule en Égypte. J’en rappelle les buts essentiels émis le premier jour : « Nous cherchons à accélérer l’action climatique mondiale grâce à la réduction des émissions, à l’intensification des efforts d’adaptation et à l’amélioration des flux de financements appropriés. Nous reconnaissons que la « transition juste » reste une priorité pour les pays en développement du monde entier. » Point crucial : les finances. Au départ, il était question, je cite, « d’améliorer la transparence des flux financiers et de faciliter l’accès pour répondre aux besoins des pays en développement, en particulier de l’Afrique, des Pays Moins Avancés (PMA) et les petits États insulaires au développement (PIED). Les engagements et promesses existants, annoncés depuis Copenhague et Cancún, en passant par Paris et jusqu’à Glasgow, nécessitent un suivi afin de clarifier où nous en sommes et ce qu’il reste à faire. » Ce matin, on semble bien loin de ce pieux objectif quand on lit que la présidence de la COP a fait circuler un document de travail en vue d’une déclaration finale qui ne mentionne rien de concret sur les sujets contentieux des finances. En d’autres termes, la COP27 semble déboucher sur un échec. Un de plus. Photo : Pixabay.
COP 27 : Qu’est-ce qu’il s’y dit réellement ?
On évoque très peu la COP 27, mais il s’y dit quand même certaines choses. Face aux dirigeants de pays occidentaux et aux lobbyistes installés à leurs côtés, le GIEC et des activistes leur clament ce qui est absolument nécessaire pour éviter le chaos. À savoir : inventer un système économique qui assure le bien-être pour tous dans les limites de la planète, désactiver les politiques de croissance, réduire drastiquement ou supprimer les productions inutiles, c’est-à-dire les objets connectés, les SUV, les déplacements aériens non essentiels, décarboner l’énergie, recycler un maximum, supprimer les herbicides et insecticides chers à Monsanto-Bayer, etc. Ce serait déjà un petit pas vers une stabilisation de la situation. Pour espérer davantage, cela tient du miracle ou d’une révolution écologique planétaire. On peut rêver à Charm-el-Cheik comme partout dans le monde… Photo : Pixabay.
COP 27 : Terminé le temps du « yaka » et du « il faut que »…
Même si la COP27 qui se déroule en Égypte semble se dérouler dans une relative indifférence, l’ampleur du bilan du réchauffement climatique reste ce qu’il est : dramatiquement inquiétant. Pire, cette situation s’aggrave. Alors, sans relâche, à Fréquence Terre, on insiste sur la nécessité absolue de s’engager pour que la planète ne tombe pas dans un chaos irréversible. Pour ce faire, je rappelle un proverbe arabe qui sied bien à la situation : « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui veut ne rien faire trouve une excuse. » Et, dans le cas de l’état de la Terre, il n’y a aucune excuse à présenter, comme l’écrivit Fabienne Lemahieu dans un édito de La Croix : « Il n’est plus possible de détourner le regard. Ni de le porter systématiquement, et un brin dédaigneusement, sur les seuls pays en développement. Les effets du réchauffement climatique ont explosé cet été, sous les yeux d’Occidentaux impuissants. » Il est donc terminé le temps du « yaka » et du « il faut que » de ceux, trop nombreux, qui confortablement calfeutrés dans leur confort bourgeois ou leurs habitudes sont emplis de conseils aux autres sans se les appliquer eux-mêmes : mini-trip d’un week-end aux Canaries, consumérisme effréné d’objets parfaitement inutiles, course indécente au tout dernier iPhone, cabriolet ou écran tactile interactif ultra fonctionnel, vous savez, celui qui va révolutionner votre quotidien en présentiel, en visio ou en web conférence, selon la publicité. « Ceux qui s’inquiétaient le moins du réchauffement climatique avant ont changé d’avis depuis les événements de l’été », expliquait le quotidien. Merci à l’auditeur qui nous a fait parvenir son inspiration artistique suite à la chronique consacrée à la fonte des glaciers © Franck Noël. Vraiment ? Vous croyez vraiment à ces propos après avoir lu les statistiques de vols aériens en nette augmentation de ces derniers mois ? Avez-vous bien regardé les cartes des tours cyclistes prochains avec départs pour le Giro à Budapest, les Pays-Bas pour la Vuelta, l’Espagne pour la Grande Boucle, soit des milliers et des milliers de kilomètres de déplacements aériens ou routiers des coureurs, suiveurs, officiels, journalistes, soigneurs, directeurs sportifs, et des marchands de cacahouètes et saucissons des caravanes ? Tout cela quand la barre des 42° a déjà été atteinte dans des dizaines de communes françaises et que des dizaines de départements ont connu un déficit de pluviométrie s’élevant jusqu’à 80% par rapport à la normale saisonnière, alors que dans d’autres régions de la planète, les flots ravagent villages et champs dans des inondations jamais vécues jusque là. Les politiciens clament déjà qu’il y aura un avant et un après 2022. C’est le même discours creux et absolument indécent que celui qu’ils tinrent durant les confinements. Fréquence Terre est encore là pour le leur rappeler de manière concrète ! Photo : Pixabay. Photo :Pixabay.
COP 27-Reportage : Pleurent les glaciers…
C’est au cœur d’un parc de la capitale de l’Europe[1] construit sur un ancien cimetière que l’artiste Clara Thomine décida d’intervenir avec son nouveau projet « Pleure(nt) les glaciers ». Elle avait choisi ce parc pour ses chemins dallés constitués d’anciennes pierres tombales et qui allaient connaître un nouveau destin, celui de commémorer des glaciers disparus. Une œuvre engagée qui pointait de manière décalée l’urgence climatique par un glissement de paradigme ouvrant les possibles. L’œuvre éphémère ainsi constituée a vécu plusieurs semaines et s’effaça au fil du temps, avec le passage des promeneurs, des joggeurs, de la pluie … À l’heure de la COP 27, comme tant de glaciers, il ne reste plus rien de cette œuvre, il ne reste que les allées de pierres tombales et un panneau reprenant le texte que je vous lis et qui vous dirige vers le site internet ad hoc. Pour nourrir son projet, Clara Thomine s’était appuyée sur le monde scientifique. Des dizaines de spécialistes de la question lui avaient apporté un nombre important de données précieuses. Des climatologues du Mexique, des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Kenya, de Colombie, d’Italie, de France, Suisse, Islande, Allemagne, Autriche, Équateur ou encore Antarctique avaient partagé leur expérience, apporté un éclairage sur la question et désigné les glaciers disparus significatifs pour eux. Pour ma part, j’ai relevé des traces des glaciers Josef dans la Vallée du Grand Riff au Kenya, disparu en 2004, celui de Calderc dans les Apennins en Italie, disparu en 2009, celui baptisé OK dans les Hautes Terres islandaises et disparu en 2019, également celui de la Sana dans les Alpes françaises et celui de Meren en Indonésie, rayés de la carte respectivement en 2006 et en 2002… Ces glaciers disparus touchent-ils la conscience des politiciens et des citoyens ? Un graffiti en doutait : « Et vous pensez vraiment arrêter la catastrophe climatique en roulant à vélo ou en trottinette électrique ? » Philippe Lançon, auteur et journaliste, constate qu’il n’y a pas la moindre émeute quand un glacier vieux de 18 000 ans a complètement fondu au Mont Chacaltaya en Bolivie, mais, dit-il, on se bat à l’entrée de magasins lorsqu’arrive le dernier iPhone : « Il arrive un moment où ; face aux conséquences de leurs actes, on n’a plus envie de faire la psychologie des gens de pouvoir », déclara-t-il encore, désabusé. Pour notre part, tant à Fréquence Terre que personnellement, pas question de baisser les bras : la lutte continue ! [1] Woluwe-Saint-Lambert
Fonds marins : Merci monsieur le président !
7 Novembre 2022. COP 27. Emmanuel Macron s’engage et engage la France pour une interdiction de l’exploitation des fonds marins. BRA-VO ! Écoutez cette chronique pour connaitre le contexte, les détails et l’explication de ce sujet crucial pour l’avenir de l’Océan et de sa biodiversité.
COP 27-Témoignages : Quand des scientifiques se rebellent
Faut-il que la situation soit extrêmement préoccupante pour que de très nombreux scientifiques à travers le monde, généralement tenus à un droit de réserve, voire à une neutralité institutionnalisée, brisent ces conventions au nom de la liberté d’expression et s’engagent, pour certains, de manière militante en présence du déni des décideurs et politiciens en matière de climat. Ainsi, des scientifiques belges ont mené une action à la mi-COP 27 non loin des Communautés européennes à Bruxelles et ont appelé leurs collègues à, je cite, « s’engager dans la désobéissance civile non violente pour provoquer la transformation radicale de notre société nécessaire pour minimiser les dommages de la crise climatique et écologique. » Série « Colibri » ©Thomas Burion. Ils rejoignaient en cela le mouvement international « Scientist Rebellion » qui attirait aussi l’attention sur la présence de 636 lobbyistes du pétrole, du gaz et du charbon à la COP 27 alors qu’était annoncé le chiffre époustouflant de trois milliards de personnes qui vivront sous peu dans des régions touchées de plein fouet par le réchauffement climatique avec un taux de mortalité quinze fois supérieur à celui de régions moins touchées. Ce cataclysme mondial entraînera également le déplacement de plusieurs millions de personnes. Alors, en présence de ce constat global dramatique, certains scientifiques sont sortis du silence[1] François Gemenne, politologue à l’Université de Liège, coauteur du rapport du GIEC, spécialiste des migrations climatiques : « Nous ne pouvons pas sonner l’alerte et puis, quand la population doit décider, refuser à donner un avis et rester dans une posture de stricte neutralité. Pour moi, la neutralité des scientifiques n’existe pas : ce qui compte, c’est l’honnêteté. » Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue française, coprésidente d’un groupe de travail du GIEC : « Je suis toujours interloquée que l’on soit choqué par le fait qu’on verse de la soupe sur des œuvres d’art – que j’aime beaucoup – protégées par une vitre, mais pas les pertes et dommages provoqués par le changement climatique ou les investissements dans les énergies fossiles qui verrouillent les émissions. Et donc je pense que ces actions mettent le doigt sur le déni et ce qu’on ne veut pas voir dans nos sociétés. » Michael E. Mann, climatologue américain, directeur d’un centre universitaire de Pennsylvanie : « Les scientifiques devraient sortir de leur laboratoire, en faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour informer le public sur la crise climatique. Ne pas s’engager dans le débat public reviendrait à laisser un vide. Ce serait manquer à notre responsabilité envers la société que de rester silencieux face à une menace aussi grave. » Illustration : © Série « Colibri » de Thomas Burion. [1] Source : La Libre Belgique, 12 et 13 novembre 2022.
Le kolam, un labyrinthe de formes géométriques
Le kolam est un dessin réalisé avec de la poudre de riz, il signifie à la fois le contour et la beauté. Avec ses droites, ses courbes et ses arabesques, le kolam évoque la vision hindoue du cosmos. Et en pays tamul la beauté naît de l’ordre et de l’harmonie. Capture d’écran émission « Invitation au voyage » (France5) C’est un savoir-faire qui se transmet de mères en filles. C’est un don attribué uniquement aux femmes pour intercéder auprès des dieux afin de demander la prospérité du foyer. Depuis plus de 2000 ans, chaque jour à l’aube ou au crépuscule, les femmes reproduisent un geste ancestral transmis par voie orale ou par des dessins soigneusement préservés. Une véritable œuvre d’art éphémère qui sera emportée par le pas des passants, effacée par le vent, picorée par les insectes. Il faut d’abord nettoyer le sol à grandes eaux, puis pratiquer le dessin. Cet acte de dévotion qui se pratique le dos courbé est une gestuelle apaisante. C’est comme un temps de méditation car il faut se concentrer pour le réaliser et cela aide pour bien commencer la journée. Le kolam signifie aussi que l’on est heureux dans ce foyer et que l’on en prend grand soin. Capture d’écran d' »Invitation » au voyage » animée par Linda Lorin. Dans une société ultra patriarcale où les femmes sont pour la plupart soumises à des mariages arrangés, elles doivent endosser très jeunes la charge du foyer plus le travail aux champs. Et quand elles se marient elles sont notamment jugées sur l’art de pratiquer le kolam. Mais à l’heure actuelle de nombreuses paysannes rejoignent les villes et sur les sols bitumés elles perpétuent l’art du kolam. Ainsi le profane vient se coller au spirituel à l’occasion de concours organisés par des ateliers culturels. Aujourd’hui, cette tâche domestique devient une véritable source d’épanouissement. Car le kolam est sorti de l’espace privé et la femme qui le réalise gagne une certaine reconnaissance. C’est désormais un art à part entière. Les femmes aiment expliquer qu’elles tracent des kolams pour nourrir des milliers d’âmes. Et désormais, cet acte de célébration des dieux offre l’opportunité inespérée de se redresser. Source : Emission TV France 5 « Invitation au voyage » 28 octobre 2022
COP 27-Analyse : Du caviar et des jeux
À Charm-el-Cheikh, la décevante COP 27 fermera ses portes le 20 novembre. Peut-être que le concept de ce grand rassemblement qui se doit de trouver des solutions au dérèglement climatique, ne survivra pas quand on connait la mainmise des 600 lobbyistes des énergies fossiles qui y sont présents. Parallèlement à la clôture de la COP 27, débutera au Qatar le Mondial de football. Ici, en plus du scandale d’avoir attribué à ce pays totalitaire une telle organisation, tous les participants se sont courbés comme des carpettes sur l’ordre de l’omnipotente Fédération internationale de football, la FIFA, à ne pas faire de vague. Les supporters boycotteront-ils l’événement ? Pas certain du tout, tant la perte de conscience est omniprésente dans ce milieu. L’anthropologue Philippe Descola, auteur de l’essai Le sport est-il un jeu ? paru aux Éditions Robert Laffont, évoque à son sujet la marchandisation, le mercantilisme, le dévoiement du jeu, une compétition aux relents identitaires, au point qu’il évoque une « guerre du football ». Mais, tant qu’il y a du caviar et des jeux, tout va bien dans ce milieu… Source Philippe Descola : Le Figaro
COP27-Débat : Les écolos radicaux : violence et non-violence
Le magazine Marianne vient de publier une très intéressante enquête sur les « écolos radicaux », c’est-à-dire ceux de Jeunes pour le Climat, les héritiers de Greta Thunberg, d’Extinction Rebellion, de Dernière Rénovation, des Soulèvements de la Terre, de Terres de luttes. Un militant plus radical que les autres déclara qu’ « être pacifiste, c’est être passif, l’État l’a bien compris et en profite. Il faut qu’on se fasse respecter. » À ce militant prônant implicitement la violence pour riposte à celle des pouvoirs et des décideurs capitalistes, je rétorque que l’Histoire prouve que le pacifisme fit échouer, reculer, capituler, des dictatures, autocraties, tyrannies et pouvoirs militaro-industriels : enseignants norvégiens s’opposant avec succès aux nazis, chutes de Jaruzelski par Solidarność, de Milosevic par Otpor !, de Bouteflika par le Hirak, sans oublier le pacifisme des Rosa Luxemburg, Gandhi, Martin Luther King, Mandela, Angela Davis, Jane Fonda, de certains Printemps arabes, des paysans du Larzac, des Grands-Mères de la Place de Mai, voire des courageux pacifistes russes osant défier avec détermination et espoir la politique de Vladimir Poutine… Alors ? Et si notre Société déployait un arsenal de pacifisme plutôt qu’entretenir la solution violente et, surtout, le mythe de la « Grande Muette », celle qui apprend à tuer ? Et qui tue. À savoir, un pacifisme militant doublé d’un activisme citoyen développé dans un esprit de solidarité sans frontières : désobéissance civile, actions non-violentes, objection de conscience, insoumission, résistance collective contre les armes chimiques, ruines, viols, drones exterminateurs…, est-ce utopique ? « L’utopie n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui est irréalisé », clama Cabu, caricaturiste et… pacifiste. Et, je conclus par cette demande lue sur les réseaux sociaux : « Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient ! »
COP 27 : Stop !
À Charm-el-Cheik où se déroule la COP 27 et face à la Communauté européenne dans la capitale de l’Europe, là où se déroulent parallèlement des débats et manifestations diverses sur le thème du climat, les activistes répandent un document STOP CO2, STOP effet de serre et Arrêtons de gazer la planète. En voici son contenu :
COP 27 : L’indécente mainmise lobbyiste
Alors qu’à la tribune de la COP 27, le Premier ministre libéral belge, Alexander De Croo, s’en est pris aux jeunes qui dénonçaient les méfaits de la politique ultralibérale et consumériste, et, le comble, qu’il y prôna les technologies nouvelles comme remèdes à un problème climatique qu’il minimisait, on vient d’apprendre que plus de 600 lobbyistes des énergies fossiles tels Shell, Chevron, BP et Cie, se trouvent à Charm-el-Cheikh, non pas en villégiature, mais à la table des négociations. Soit, 25% de plus qu’à Glasgow l’an dernier. Décidément, l’indécence n’a plus de limites chez les fossoyeurs de la planète. Photo : MPP
COP 27-Reportage : Adélaïde Charlier, activiste : « Je vais m’assurer que certains ne s’endorment jamais face à la réalité. »
Adélaïde Charlier, 22 ans, est une activiste wallonne pour le climat, coordinatrice francophone du mouvement « Jeunes pour le Climat » initié par Greta Thunberg. Fréquence Terre ne pouvait que diffuser ses propos que nous avons enregistrés lors de la manifestation devant la Commission européenne quelques heures avant l’ouverture de la COP 27. « On connait depuis trente années avant ma naissance grâce à un premier rapport l’état désastreux de la planète, mais il n’y a pas eu d’impact. Doit-on déprimer ? Espérer ? Qu’est-ce qu’on fait ? Nous n’avons pas d’autre choix que de nous lever. Je me suis donné pour mission, celle du moustique qui tourne autour des oreilles de tous ceux qui s’endorment face à la réalité. Et on sait tous à quel point un moustique est chiant ! Et qu’il nous empêche de nous endormir. Pourtant, un moustique est seul et tout petit… Pour ma part, je sais que je suis seule et je sais que je ne vais pas changer le monde entier, néanmoins, je vais m’assurer que certains ne s’endorment jamais face à la réalité. La jeune génération s’est en partie levée, mais elle ne veut pas donner de l’espoir, ce serait trop facile car c’est espérer que quelqu’un d’autre va résoudre le problème. L’espoir, ce n’est pas ça et les jeunes ne peuvent pas résister seuls. C’est ici qu’entre en jeu l’intergénérationalité. On doit pouvoir travailler ensemble, toutes générations confondues. Les conséquences climatiques ne sont pas seulement dramatiques pour les futures générations, car il ne faut pas oublier toutes les personnes qui sont touchées aujourd’hui, plus le non-respect des droits humains. Si je me lève et que je résiste, c’est pour toutes ces personnes et pouvoir mettre un financement afin qu’elles survivent aux conséquences que nous (l’Occident industrialisé et politicien) avons engendrées. Entre le désespoir et l’espoir, il va falloir trouver au milieu l’action. Et, donc on se retrouvera dans les rues… »
COP 27 : Jeunes malades et sauvegarde de la planète
Outre les jeunes sérieusement touchés par le covid, ceux qui sont frappés par des maladies graves, parfois incurables, ou handicapés profonds, il y a de plus en plus d’enfants et d‘adolescents qui souffrent de problèmes de santé mentale, dont l’éco-anxiété est la cause première. Le stress lié au réchauffement climatique et à la destruction de la biodiversité impacte dangereusement la jeune population, sans oublier, bien entendu, tous ceux qui pâtissent de catastrophes (inondations, sécheresses…), qui frappent de nombreuses parties du monde. Depuis une clinique universitaire de la capitale de l’Europe[1], des jeunes hospitalisés se sont mobilisés pour lancer un cri d’alarme et d’espoir : « Nous t’ Madame la Terre » Une sympathique exposition dans le hall d’entrée desdites cliniques qui comptent quelque 5 000 membres du personnel, des milliers de personnes hospitalisées ou qui consultent quotidiennement, propose diverses réalisations picturales effectuées par ces jeunes, ainsi que des slogans qui ne peuvent que nous interpeller : « La question n’est plus ‘‘Peut-on arrêter le dérèglement climatique ?’’ mais bien ‘‘Comment allons-nous nous y adapter et le limiter au maximum ?’’. Une réponse y est donnée, preuve qu’il ne suffit pas de poser des questions, même bonnes, mais qu’il faut aussi participer à la sauvegarde de notre planète. Ainsi, un exemple concret est proposé par ces jeunes et leurs accompagnateurs : « L’hôtel à insectes permet de remercier et d‘offrir à différentes espèces la possibilité de se reposer et notamment de passer l’hiver. Les habitats naturels de nombreux insectes sont menacés par les changements environnementaux et l’hôtel est un moyen de les aider. » Leur message a été capté puisque, à quelques centaines de mètres de là, au « Chien Vert », des militants qui luttent depuis trois ans contre la bétonnisation forcenée de leur quartier par des promoteurs immobiliers de mèche avec les autorités, ont l’idée d’élever un hôtel à insectes dans un coin de verdure public qui subsiste encore et qui devrait être sacrifié par cette rage bétonnière qui sévit dans la capitale de l’Europe, alors qu’il y a quelque 30.000 logements potentiels à restaurer. Merci les jeunes pour votre leçon donnée aux adultes ! [1] UCL-1200 Bruxelles.
COP 27-Analyse : récupération politicienne ou prise de conscience ?
Souvenez-vous, au moment des dernières élections présidentielles françaises, j’avais attiré l’attention sur l’engagement plus que modéré de Yannick Jadot, candidat écolo ayant supplanté Sandrine Rousseau pour représenter les Verts dans la course à l’Élysée. Il paraissait même tétanisé dès qu’on lui parlait d’engagement radical et il ne cessait de prôner un militantisme d’un autre temps, certainement obsolète aux yeux de la jeune génération. Il n’y a que les imbéciles qui ne changement pas d’avis, nous répète le dicton, et Libération nous apprend que la capitaine des « réalos » change de cap et qu’il justifie à présent les actions militantes radicales, dont celle de la désobéissance civile non-violente. Mieux, il a dit qu’il ne s’agissait pas d’extrémisme mais de cris de désespoir. Bref, terminée la politique mollassonne et place à l’écologie de combat. Il était grand temps. Je désire ajouter ceci, certains politiciens hurlent au scandale face aux actions de jeunes qui, selon eux, commettent un sacrilège en s’en prenant à des œuvres d’art. Je suis le premier à défendre le Patrimoine et à le respecter, cependant, contrairement à leurs hurlements, il faut savoir que ces politiciens travestissent la vérité : jusqu’à présent, ces activistes s’en prennent aux cadres et aux vitres qui entourent les œuvres, non à celles-ci. La manœuvre politicienne est donc bien un leurre pour cacher leur inertie à défendre ce qui doit l’être : l’environnement attaqué et maltraité par le capitalisme.
COP 27-Analyse – Cités disparues : quelles leçons pour le présent ? (1/5)
J’ai particulièrement apprécié Les cités disparues, un ouvrage d’Annalee Newitz paru chez Calmann-Levy, avec en sous-titre « Voyage insolite aux origines de nos civilisations ». Ici, il n’est pas question d’une immersion parmi les rares peuples racines qui survivent sur la planète, tel celui d’Amazonie dont le président Lula a promis de s’occuper de manière enfin positive, mais d’une autre approche qui consiste à plonger le lecteur dans une passionnante découverte de quatre brillantes cités d’autrefois. À savoir, Çatal Höyük en Turquie considérée comme l’une des premières villes de l’histoire de l’humanité, ensuite Pompéi, puis Angkor et Cahokia aux États-Unis. Avec Annalee Newitz, on sort de l’imaginaire, de récits d’aventures en vogue à une certaine époque. La mise au point est explicite en ce sens : « Le mythe des cités perdues occulte la réalité des voies empruntées par les populations pour détruire leur civilisation. » La cité d’Angkor n’a-t-elle pas disparu à cause d’une crise climatique ? Cet essai propose une réalité non romancée de « quatre exemples de désertion urbaine, spectaculaires entre tous, de l’histoire humaine. » Cette réflexion met en relief des problématiques actuelles et, du coup, éclaire la situation de différentes villes tout en évoquant l’avenir. Comme le souligne cet ouvrage : « Nous fonçons vers un futur dans lequel les métropoles seront devenues invivables, mais où les solutions de remplacement se révéleront pires encore. » Les quatre cités, Çatal Höyük, Pompéi, Angkor et Cahokia accueillirent pourtant des civilisations brillantes « dont le sombre avenir n’était nullement fixé par le destin. » Quatre cités qui feront, chacune, l’objet d’une chronique spécifique, car, après tout, c’est de leurs erreurs que nous pouvons éventuellement tirer les meilleurs enseignements… ceci à l’heure de la COP 27 !
COP 27-Interview : Bernard Tirtiaux : L’espérance en un « renouveau »
En 1993, j’avais été particulièrement ravi par la lecture d’une belle quête initiatique racontée par Bernard Tirtiaux dans son roman Le Passeur de Lumière, un écrivain que les auditeurs de Fréquence Terre connaissent bien puisque je leur ai aussi partagé mon enthousiasme pour ses autres ouvrages, tels Les Sept Couleurs du vent, Le Puisatier des abîmes, Aubertin d’Avalon… La Cathédrale de Lumière (Photo FT) Bernard Tirtiaux est, outre cet auteur humaniste, un maître verrier dont j’avais également présenté l’œuvre monumentale intitulée La Cathédrale de Lumière dressée dans la forêt d’Oignies-en-Thiérarche, non loin de la cité ardennaise de Fumay. Il est encore acteur et chanteur, et, à l’occasion de l’inauguration de la stèle Pierre de Rosette du Climat ou 50 ans de déni climatique par les politiciens, manifestation qui s’est déroulée sous les fenêtres des Communautés européennes à Bruxelles, nous avons quelque peu devisé de l’état actuel de la mobilisation citoyenne pour la sauvegarde du climat, de l’engagement plein d’espoir de la jeunesse et de son prochain ouvrage dans lequel ce thème vital ne sera pas exempt. (écoutez le podcast ci-contre).
COP 27-Analyse : sans Greta, mais avec une kyrielle de Belges…
Greta Thunberg a décidé de ne pas se rendre à la COP 27 organisée à Charm-El-Cheikh en Égypte, car elle ne veut pas cautionner ce qui s’apparente à ses yeux comme une grande opération de communication et de greenwashing. En revanche, la Belgique y a envoyé plus de 125 personnes dont une pléthore de ministres fédéraux et régionaux accompagnés d’une cinquantaine de membres de leurs cabinets, alors que ce pays n’est même pas directement impliqué puisque c’est l’Union européenne qui négocie en son nom. La presse alternative, comme Fréquence Terre, clame que Charm-El-Cheikh est situé à 3.600 kilomètres de Bruxelles et que cette délégation pléthorique belge est un véritable désastreux message pour le climat. Tout est dit de la part du monde politicien par cet exemple concret. Il reste aux citoyens à leur faire comprendre, une fois de plus, leur gabegie. Photo : Fréquence Terre.
COP 27-Reportage manifestation : Colère, espoir et combat
L’égyptologue Jean-François Champollion qui au début du XIXe siècle déchiffra les hiéroglyphes à partir de la célèbre Pierre de Rosette, inspira des écoloactivistes qui, sous les fenêtres des Communautés européennes à Bruxelles, élevèrent une stèle de pierre bleue de 1 500 kilos baptisée Pierre de Rosette du Climat ou 50 ans de déni climatique de la part des politiciens. Détail de La Pierre de Rosette pour le Climat élevée face aux bureaux des Communautés européennes : 50 ans de déni climatique de la part des politiciens (Photo FT). Le collectif citoyen Pakaman, du nom d’un peuple de l’île de Pâques dont la civilisation s’est écroulée à partir de sa colonisation en 1722, anime jusqu’au dimanche 20 novembre au pied des Communautés européennes à Bruxelles, des débats, Nuits Climatiques, assemblées citoyennes… (Photo FT). Cette stèle est inaugurée au premier jour de la COP 27 qui se tient en Égypte, plus précisément dans la station balnéaire huppée de Charm-el-Cheik, non loin du lieu où Champollion découvrit le trésor archéologique qui permit à la société de saisir le langage en application dans l’Égypte ancienne. Un membre du collectif citoyen organisateur « Pakman » : un mot de colère, celle dont naissent les plus grands combats, un mot d’espoir, celui qui sème des graines qui permettent d’avancer, un mot de combat, celui qui dit qu’il faut se mettre debout et se battre, sortir du déni c’est sortir du discours « on va faire, on va faire ». À la COP 27, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine vont pouvoir demander des comptes à nos pays industrialisés… (résumé du podcast en annexe).
COP 27-Analyse : une revue de presse décapante
Le 27e Sommet des Nations Unies sur le climat, appelé COP 27, se déroule en Égypte dans un climat aussi lourd qu’est la situation de l’environnement. Déjà que l’endroit prête à discussion, puisque Charm-el-Cheik est une station balnéaire huppée aux nombreux hôtels étoilés, la police locale vient d’arrêter des centaines de manifestants, car ils n’étaient pas parqués, je dis bien parqués comme du bétail, dans l’endroit prévu par les autorités pour les manifs, c’est-à-dire hors de vue des présidents d’États, des Premiers ministres, de la pléthore de ministres de l’Environnement, de lobbyistes, mais oui, des lobbyistes. La presse internationale, qui n’est pas dupe, se déchaîne face à ce nouveau prétendu rendez-vous majeur pour la planète. Voici une revue de la presse internationale francophone à ce sujet : La Libre Belgique: « Avis de tempête sur le sommet de Charm-el-Cheik, alors que le continent africain représente à peine 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les pays du Sud demandent des comptes aux pays industrialisés et en appellent à la justice climatique. » Jeune Afrique donne la parole au négociateur du Congo à la COP 27, Tosi Mpanu Mpanu, qui déclare : « Nous ne pouvons pas privilégier l’action climatique si la pauvreté tue nos populations. » Le Soir: « C’est avec le défilé national, la grippe saisonnière et la Noël, un rendez-vous annuel incontournable. La COP de fin d’année est de retour ce dimanche. Faut-il brûler les conférences sur le climat ? Ces grandes réunions sont-elles efficaces ? Quel est l’intérêt de les maintenir en l’état ? » « À Charm-el-Cheik, COP ou pas Cap ? » se demande Libération, alors qu’un long reportage évoque « la nouvelle galaxie des mouvements écolos radicaux : Dernière Rénovation, Just Stop Oil, Scientist Rebellion…, soit des collectifs très actifs. » Une chronique du Monde, elle, titre « La lutte contre le réchauffement climatique passe par une réduction drastique du niveau de revenu des plus riches », une information spécifie que « un tiers des glaciers classés au Patrimoine mondial de l’humanité n’existeront plus en 2050 », sans oublier l’appel de seize Prix Nobel : « Nous vous exhortons à ne pas oublier Alaa Abd El Fattah et les milliers de prisonniers politiques détenus en Égypte ». Notre partenaire, Radio France Internationale pose une bonne série de question : « Tous les pays industrialisés craignent surtout d’ouvrir la boîte de Pandore : en étiquetant une aide « pertes et dommages », cela pourrait créer un précédent juridique. Et si leur responsabilité historique dans le changement climatique était reconnue légalement, les demandes de réparations de la part des pays touchés pourraient s’accumuler et les factures s’annoncer salées. Ces derniers parlent d’ailleurs parfois de « dette » historique. À cela s’ajoute des débats éthiques : comment évaluer le prix des vies perdues ? Comment apprécier la valeur d’un patrimoine détruit ?» L’Obs est un tantinet plus optimiste ou, alors, c’est de l’humour noir : « Difficile de ne pas désespérer quand on se plonge dans la litanie des chiffres sur l’état du climat. Alors que la COP 27 s’ouvre en Égypte, les impacts du changement climatique se sont amplifiés ces derniers mois. Mais il ne faut pas baisser les bras : la bataille n’est pas perdue, affirment les spécialistes. »
COP 27-Programme : « Au service des personnes et de la planète »
« La 27e conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra en Égypte du 6 au 18 novembre 2022, vise à renouveler la solidarité entre les pays afin de concrétiser l’accord historique de Paris au service des personnes et de la planète », tel est le message des Nations Unies. Un vœu pieux pour certains, un barnum inutile pour d’autres, Fréquence Terre suivra de très près le déroulement de ce rassemblement afin que chacun puisse juger. Sachez que le programme de cette COP 27 est le suivant : Le mercredi 9 novembre, journée de la finance, pierre angulaire de la mise en œuvre des actions climatiques. Le jeudi 10 novembre : Journée de la science avec, entre autres, des rapports scientifiques du GIEC, également journée des jeunes et des générations. Le vendredi 11 novembre, journée de la décarbonisation. Le dimanche 13 novembre : journée du genre et journée de l’eau, source de vie et des moyens de subsistance. Le lundi 14 novembre : journée de la société civile et de l’énergie. Le mardi 15 novembre : journée de la biodiversité. Enfin, tant attendue, voici la journée des solutions officiellement prévue le mercredi 16 novembre.
L’énigme Banksy : militantisme ou business ?
J’apprécie beaucoup les œuvres de Banksy, artiste d’art urbain, antimilitariste, anticapitaliste notoire. La Trois, troisième chaîne de la RTBF, vient de diffuser un documentaire « Banksy wanted » particulièrement évocateur de la chasse qui lui est menée pour découvrir son identité. Il y eut trois pistes, disons crédibles, mais rien de concluant et Banksy poursuit son travail de conscientisation allégrement. Je retiens plusieurs déclarations de ce documentaire. Elles complètent le reportage que je lui avais consacré il y a un peu d’une année sur Fréquence Terre[1], ayant le privilège d’avoir sous les yeux quelques authentiques de ces œuvres, dont celle que je préfère parmi toutes : Le lanceur de fleurs (The Flower Thrower). J’ai donc retenu ceci : Banksy a alerté notre génération sur les dérives de la société, personne n’a jamais été aussi célèbre et invisible à la fois. Œuvre de Banksy (Photo MPP). Dans cette société de selfies, il doit être le dernier à refuser la célébrité. Est-ce un coup de génie d’un homme d’affaires ou un moyen récurrent d’échapper à la police, ce qui semble fondamental pour lui. C’est l’un des nôtres, il parle aux 100% des gens et pas au 1% des amateurs d’art contemporain, ce monde de l’art tellement snob. Son œuvre relève du sarcasme, de l’humour anglais, du message facile qui dénonce le traçage de nos téléphones, les fouilles policières, l’ordre établi, le dérèglement climatique, le portable qui devient plus important que l’être humain… Il mène des combats et appuie où cela fait mal, c’est un génie situationniste car il vient dire la bonne chose au bon endroit. On perdrait de toute cette magie si on devait révéler son identité. Moi, personnellement, je ne vais rien vous révéler car je n’en sais rien du tout et je suis déjà très heureux de contempler ces œuvres. [1] Le 17 avril 2021.
Sauver la liberté d’expression (2)
Avez-vous constaté la détermination avec laquelle les pouvoirs politiques, socio-économiques, religieux…, discréditent et tentent d’annihiler les initiatives citoyennes qui les contrecarrent légitimement dans leurs funestes desseins ou entreprises destructrices et égocentriques ? C’est qu’ils dérangent ces activistes, lanceurs d’alertes et autres militants qui luttent, entre autres, pour le respect des droits fondamentaux et la sauvegarde de la planète, contre la militarisation de la société civile et l’omnipotence des lobbys politico-industriels ! Ils sont prêts à tout, ces pouvoirs, pour faire taire ceux qui dénoncent et s’opposent à leurs juteuses affaires qui mettent à mal les libertés et l’écosystème et qui érigent les armes et les violences qui en découlent en véritables dogmes, le business de l’armement et la propagande militariste n’ont jamais été aussi « florissants », semble-t-il ! Ceux, également, qui brandissent un ethno-nationalisme exacerbé attisant la haine et le rejet de l’« autre », qui actionnent tous les leviers possibles pour produire et encourager une consommation addictive – souvent inutile – et qui, en plus, creusent sans vergogne le gouffre entre les classes sociales. Cependant, les pouvoirs ne s’en laissent pas conter. Pour d’aucuns, qui dit museler la contestation et l’engagement citoyens, dit souvent piétiner allégrement les principes de la liberté d’expression et de la liberté de conscience. Celles-ci sont d’ailleurs régulièrement les premières à être ciblées par un gouvernement autoritaire ou un régime non démocratique. Pour Monique Canto-Sperber, philosophe et directrice de recherche au CNRS[1], dans son essai Sauver la liberté d’expression, Collection Espaces Libres, Albin Michel, dont il a déjà été question dans cette chronique, il y a lieu de « délégitimer » les discours haineux, les théories complotistes et autres fake news transformés en opinions, et cela consiste à neutraliser ces propos et les désarmer de leurs nuisances en les ramenant par des arguments crédibles à ce qu’ils sont : l’expression de préjugés, d’humiliation, de nocivité, de dogmes… C’est, encore, dénoncer une prétendue liberté d’expression qui n’est que l’expression d’une conviction basée sur des concepts étrangers au dialogue, c’est-à-dire à un réel débat d’idées. Néanmoins, ce dernier est-il transposable dans notre société hyperconnectée et hyper-consommatrice de réseaux sociaux où déferlent, souvent sans la moindre nuance, des messages qui s’érigent en vérité absolue ? Et, lorsqu’on sait qu’il existe des algorithmes qui relaient et amplifient les propos particulièrement favorables à ceux qui font réagir le plus vivement, voire violemment, les internautes, on ne peut certainement pas considérer ces réseaux sociaux comme l’éden de la liberté d’expression. Régulièrement, Facebook, surtout, est le théâtre d’échanges virulents, haineux, irrationnels, provocateurs, entre « amis », chacun voulant dicter son opinion ou, à défaut, réduire son interlocuteur au silence. Il y a aussi ceux qui, à longueur de journée, partent en croisade contre, au choix, le vaccin anti-covid, les Arabes ou les Occidentaux, Greta Thunberg, le PSG, l’heure d’été/d’hiver, l’énergie éolienne…, sans le moindre espoir de glisser un argument qui contredirait leur logorrhée. En présence de pareille situation, et malgré les tentatives d’un réel échange d’idées, on pourrait avoir tendance à conclure par cette phrase de Romain Roland (1866-1944), auteur, Prix Nobel de littérature et pacifiste : « Une discussion est impossible avec quelqu’un qui prétend ne pas chercher la vérité, mais déjà la posséder », mais, n’est-ce pas une sorte de fuite ? Alors, rappelons-nous la déclaration d’Elie Wiesel (1928-2016), journaliste, auteur et philosophe, « grande voix morale de notre temps et conscience du monde »[2], Prix Nobel de la Paix, inlassable militant pour dénoncer les atteintes à la liberté et que l’on n’oublie jamais, entre autres, la Shoah : « Je jure de ne jamais rester silencieux lorsqu’un autre être subira tourments et humiliations. On doit toujours prendre parti. La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage celui qui tourmente, jamais celui qui est tourmenté. » [1] Sauver la liberté d’expression, Collection Espaces Libres, Albin Michel, 2022. [2] Barak Obama, juillet 2016.
Reportage/Manif : « Le climat est plus important que votre mandat ! » (Partenariat avec POUR)
Je ne compte plus les manifestations qui ont été organisées dans la Capitale de l’Europe afin de sauver ce qui peut encore l’être de notre planète bien mal en point sur le plan environnemental, entre autres. Les dizaines de milliers de manifestants, la plupart des citoyens qui rejettent la récupération politicienne, ont à nouveau réclamé des mesures concrètes de la part des élus et, surtout, que ceux-ci se détachent des lobbyistes qui pullulent dans les environs de la Communauté européenne. 30.000 manifestants devant les Communautés européennes à Bruxelles. La « Coalition Climat », organisatrice de cette nouvelle manifestation de masse, attira aussi l’attention sur la situation financière catastrophique vécue par les citoyens, le dérèglement climatique en étant un corollaire. Je cite : « Nous n’avons plus le luxe d’attendre. Le dérèglement climatique est partout et tous les jours. Et pourtant, nous restons dépendants des énergies fossiles. Cette dépendance et le contexte international nous le font payer cash avec des factures d’énergie totalement impayables ». Interviews d’un agriculteur et d’une manifestante : écoutez-le sur notre podcast. Au cœur de la manif, alors qu’un tracteur ouvre le cortège en hommage aux agriculteurs frappés de plein fouet par la destruction de l’environnement, on y lit « La Terre, c’est notre affaira à tous » et qu’un agriculteur brandit une pancarte « Des fermes à taille humaine, pas des usines », voici quelques slogans pris au vol : « L’appauvrissement des peuples, c’est le capitalisme », « Sauvons la planète, pollueurs payeurs », « Bientôt tous réfugiés climatiques, vers quel exil ? », « Le climat est plus important que votre mandat », « Sauvez un ours polaire, mangez un actionnaire »… La Coalition Climat insiste également sur les menaces qui pèsent sur le système alimentaire mondial dues à la sécheresse, aux inondations et au déclin de la biodiversité. Cette même Coalition Climat réclame la fin de la bétonisation des cités et sites naturels, d’accélérer la vitesse de rénovation des logements, de diminuer les émissions de CO2, en particulier celles des voitures avec de meilleurs transports publics, et de taxer les surprofits exceptionnels du secteur énergétique. Tout ceci avant la COP 27 qui se déroulera dans deux semaines en Égypte où il sera encore clamé que chaque dixième de degré en moins compte, mais que cela passe par des actions politiques concrètes, fortes et urgentes. Photos : Marie-Paule Peuteman.
Reportage Fréquence Terre : Changer le monde avec Laurent Voulzy
« Changer le monde » nous déclara Laurent Voulzy accompagné de Suzanne Grimm et de Michel Amsellem, lors de son concert de ce 20 octobre 2022 à la cathédrale de Bruxelles. C’était la grande foule pour ce « chanteur populaire et durable » comme le désigne Wikipedia, avec des spectateurs qui ont littéralement fait la fête à la bande à Voulzy et qui, pour la majorité, ne devinaient pas que parallèlement à cet interprète-compositeur se double un homme qui milite de manière concrète pour aider les plus précarisés de notre société de consommation et qu’il lutte aux côtés de ceux qui tentent de sauver la planète du réchauffement climatique. Laurent Voulzy est un pacifiste, un humaniste, un poète : « Changer le monde, changer les choses avec des bouquets de roses. Changer les femmes, changer les hommes avec des géraniums. Changer les âmes, changer les cœurs avec des bouquets de fleurs » Durant deux heures, Laurent Voulzy chanta, certes, mais il expliqua aussi dans le détail quelques pans de sa carrière, quelques états d’âme également, même ceux remontant à son adolescence : « Je me passionne pour les cathédrales. J’aime aussi arpenter leurs allées, surtout quand il y a peu de monde, m’y recueillir, dans ce silence habité, où les bruits de l’extérieur semblent irréels. On franchit le porche, dit-il, on entrevoit l’éternité et c’est rassurant. » Pourquoi se produit-il dans des lieux sacrés ? « Y jouer de la musique, et y chanter est exaltant, car le lieu n’est pas neutre. Ses murs, ses voûtes, vitraux, ses piliers qui nous imposent leurs résonances, ses statues, ses pierres sculptées parfois énigmatiques, qui nous poussent à l’introspection et au mystère, sont des partenaires avec qui il faut compter. » En ce lieu, la musique prend-elle une autre dimension pour lui ? « J’essaie de me soulever, de me faire décoller, à l’instar de Bach et Brian Wilson qui me font cet effet-là avec une dimension spirituelle. Le rythme me transporte également et je tente d’oublier l’espace et le temps… Ma présence en ces lieux où tant de gens sont déjà venus pour des moments importants de leur vie, pour chercher l’espoir, pour célébrer des naissances, mariages, décès, se recueillir, moi, y aller me permet d’avancer sur mes questions existentielles. » Photos Marie-Paule Peuteman, extraits du programme et enregistrement de Fréquence Terre.
Le Souffle d’Ange de Gilles Laporte
Dans son dernier roman Le Souffle d’Ange paru aux Presses de la Cité, Gilles Laporte évoque une passion. Et, quoi de plus enthousiasmant qu’un tel sentiment soit conté par un auteur passionné et passionnant ? Un auteur qui se revendique « ouvrier de la plume » et qui sans relâche depuis des décennies, distille des histoires où le monde manuel tient la place de choix qu’il mérite. La main n’est-elle pas la prolongation de l’esprit, comme aiment à le souligner les ouvriers et artisans du Compagnonnage ? Ange, c’est le doux prénom d’une jeune fille qui, lors d’une visite familiale au Pays de Caux, tomba littéralement amoureuse d’un instrument de musique : un orgue. Ce fut déjà une chose peu banale en ce mois de juillet 1898, et cela le devint davantage quand, au lieu de devenir institutrice comme le rêvaient ses parents, elle entama une solide formation de facteur d’orgues. C’est que, lors de cette visite, elle avait entendu jouer de cet instrument dans une abbaye. Le visage inondé de larmes, elle avait déclaré que c’était beau en désignant l’endroit qui déversait du Jean-Sébastien Bach. Alors, tout s’accéléra dans la vie de la jeune Ange : une agression de la part d’un gars jaloux qu’elle puisse aimer Fortunato, qu’elle épousa, et continua à la harceler dangereusement des années plus tard, une plongée corps et âme dans l’Art du Facteur d’Orgues avec un long apprentissage à la clef, loin des siens, mais tout cela ne la détourna pas de sa passion. Mieux, elle y ajouta un concept : « Je serai ce que je dois être, facteur d’orgues, et j’aiderai à faire entendre ce qui libère plutôt que ce qui soumet ! » Les dés étaient-ils pour autant jetés ? C’était sans compter avec la prétendue « Der des Ders », soit la Première Guerre mondiale, ce massacre perpétré au nom de nationalismes exacerbés, de la volonté de militaires assoiffés de gloriole et de marchands de canons qui se repaissent du sang versé par les autres. Et, dans cette tourmente, Fortunato était probablement une cible des tirs d’artillerie allemands…, loin, très loin, de l’état de grâce déversé par la musique de Bach dans la nef d’une église…