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Fréquence Terre

Fréquence Terre

348 episodes — Page 3 of 7

Le saumon c’est déraisonnable !

Fumé ou pas, le saumon est de toutes les tables. Pourtant sa chair concentre des polluants tels que les métaux lourds ou les résidus de médicaments évacués par les eaux d’égout. Reste que la consommation de saumon par l’homme devient déraisonnable. D’ailleurs le saumon sauvage, celui qui vivait entre aux douze des rivières où il naissait et l’Atlantique où il vivait pour finalement finir ses jours dans ses eaux natales, n’est qu’un souvenir en comparaison des quantités industrielles qui ont été pêchées jusqu’à le mettre en situation de vulnérabilité. C’est ce que clame l’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui classe le saumon de l’Atlantique dans les animaux vulnérables au vu de la décroissance de sa population de l’ordre de 75% au cours des vingt dernières années. En dehors de l’Ecosse, de l’Irlande, de l’Islande et de la Norvège, la plupart des rivières d’Amérique du Nord et d’Europe ne voient plus passer un seul saumon. Les raisons ? Les barrages qui les empêchent de remonter des cours d’eau pour frayer, la pêche excessive et la pollution. D’ailleurs, la sensibilité du saumon aux pollutions et donc la présence de ce poisson prédateur constituent un indicateur de la santé des cours d’eau. Et l’élevage n’est pas une solution. Loin s’en faut. L’aquaculture menace directement les océans. Le saumon est un carnivore. Pour un kilo de saumon élevé, c’est jusqu’à 8 kilos de poisson qu’il faut prélever dans les océans. Au Chili, on constate d’ores et déjà la chute libre des stocks d’anchois utilisés en nourriture de croissance rapide. Dans ces élevages d’ailleurs, le risque de maladie n’est pas négligeable et se transmet aux populations sauvages lorsque le saumon d’élevage s’échappe tout simplement des cages où il cohabite avec plusieurs milliers de ses congénères. Bien entendu, pour éviter toute maladie, on donne à ces saumons des traitements à base d’antibiotiques ou de produits chimiques pas toujours recommandables. Et ces polluants se retrouvent immanquablement dans les océans et dans la chaîne alimentaire avec des dommages collatéraux sur l’environnement. Dans sa cage, le saumon est stressé. Et bien souvent, de nombreuses pertes sont à déplorer en raison de ces conditions d’élevage où prime la rentabilité. Une fois de bonne taille, le saumon d’élevage sera tué par asphyxie, à l’air, au CO2, après avoir été préalablement affamé pendant une bonne semaine. Et tout se paye. L’homme, en étant en haut de la chaîne alimentaire, paye son écho à ces méthodes d’élevage pour le moins brutale et irrespectueuse de l’environnement. On pourrait demander à chacun de consommer moins, en vain, car la réalité, soyons pragmatiques, nous rattrapera. En vidant les océans, en dévoyant les conditions de vie des saumons, nous ne faisons qu’accélérer le processus de moindre quantité de poissons pour une population et une demande de plus en plus grande, souvent inutile. Attendons encore un peu. Le problème sera résolu par la disparition irréversible des poissons dans les océans. Je vous invite tout simplement à prendre vos responsabilités.

Apr 29, 20243 min

Le manchot est écolo !

Tout le monde connaît le manchot. Bon, ce n’est pas seulement un homme sans bras, et donc sans chocolat. Non, c’est un oiseau qui vit en Antarctique, qui nage, plonge, mais ne vole pas. Il a été immortalisé dans l’excellent film La marche de l’empereur, qui permet d’apprécier les conditions extrêmes dans lesquelles vit cet animal. Le manchot empereur est un peu plus grand que le manchot royal. Tous deux ont des pattes qui ressemblent plus à des nageoires. Enfin, ne confondez pas le manchot et le pingouin, même s’ils se ressemblent de très loin. D’ailleurs, si vous voulez en voir, je vous conseille fortement de visiter Oceanopolis à Brest, qui dispose de la plus importante colonie vivant en conditions quasi équivalentes. Et je vais vous faire une confidence, le manchot est écolo. Et oui, c’est un oiseau qui détient le secret des économies d’énergie. Jugez-en par vous-même. Il est capable de descendre à plusieurs centaines de mètres, peut encaisser 50 bars de pression, le tout dans une eau glacée. Il montre une capacité d’adaptation extraordinaire en économisant son énergie, c’est-à-dire en dépensant le moins de calories possible, ce qui lui permet de préserver sa chaleur et en abaissant sa fréquence cardiaque pour éviter de consommer trop d’oxygène. Pour faire un maximum de distance, pour un minimum d’effort, sa sobriété, certains diraient sa paresse, repose sur sa forme aérodynamique et son métabolisme régulateur. En gros, notre manchot se comporte comme un engin de course avec peu d’essence dans le réservoir. Certains se seraient amusés à calculer sa sobriété par comparaison avec nos véhicules. Le manchot ferait du 0,06 litre au 100. Inutile de dire que toutes ces caractéristiques ont intéressé de près les gens qui ont cherché à s’inspirer de ce modèle. C’est ainsi que sont nés des sous-marins, des bateaux et des avions issus des principes aérodynamiques utilisés par le manchot. Les gains obtenus grâce à cette aérodynamique sont de l’ordre de 35%. Le manchot, qui ne l’est pas, nous apprend comment mieux nous déplacer dans l’eau mais aussi dans l’air. Un comble d’ailleurs car le manchot ne sait pas voler. L’aérodynamique n’est pas le seul domaine où excelle le manchot. C’est grâce à une couche de graisse qu’il parvient à supporter le froid polaire. C’est en partie vrai. Il y a aussi son plumage qui a la particularité d’être dense mais surtout de changer de densité à partir d’un muscle que le manchot utilise pour faire bouger ses plumes et ainsi les écarter pour constituer une fine couche d’air isolante supplémentaire. Là aussi, nous avons de quoi nous inspirer pour des vêtements chauds, des moyens d’isolation pour les bâtiments ou les canalisations. Bref, du travail à faire sur les conseils d’un manchot.

Apr 15, 20243 min

Rejoignez la coalition citoyenne pour la protection de l’Océan !

Rejoignez la coalition citoyenne pour la protection de l’océan ! C’est mon message du jour. Ne perdons pas de temps. Si vous êtes un usager ou un amoureux de la mer et de l’océan, si vous êtes indigné par les outrages et les menaces qui pèsent sur l’océan, ne m’écoutez pas et allez directement sur le site www.oceancoalition.org et rejoignez la coalition citoyenne pour la protection de l’océan. Pour ceux qui s’interrogent sur ce mouvement emmené par l’ONG Blum, précisons de suite l’objectif. Restaurer la santé de l’océan n’est pas une option, c’est un impératif. Protéger l’océan n’est pas compliqué, il suffit d’arrêter de le détruire. Exigeons du pouvoir politique qu’il protège l’océan et l’humanité, car notre survie en dépend. Alors rejoignez la coalition pour agir avant qu’il ne soit trop tard. Car une coalition, c’est mieux qu’une pétition. C’est la formation d’une communauté qui agira jusqu’à la victoire. Et il nous faut un mouvement d’ampleur et ça commence bien. Consciente du rôle essentiel de l’océan dans nos vies, plus d’une centaine d’associations, de fondations, d’entreprises et de personnalités publiques de tout horizon soutiennent déjà la coalition de l’océan. Ces artistes, comédiens, sportifs, actrices, auteurs, activistes, organisations s’unissent derrière une seule volonté, obtenir du pouvoir politique une protection véritable de l’océan, et ce dès 2024. Ensemble, ils appellent le gouvernement français à prendre ses responsabilités et à mettre en place rapidement des actions concrètes pour la préservation de l’océan. Pour en savoir plus, c’est sur www.oceancoalition.org Encore un doute sur votre participation ? Alors il vous faut réaliser que l’océan est notre poumon. Le protéger est vital. Et c’est très simple, on arrête de le détruire. Nos vies, le cycle de l’eau, les sécheresses, les événements climatiques extrêmes, les productions agricoles, tout le système terre est étroitement lié à la santé de l’océan. Le changement climatique vient frapper des écosystèmes meurtris par des décennies de ravages causés aux animaux et aux habitats marins par la pêche industrielle reconnue comme la première cause de destruction de l’océan. L’océan va mal. La France possède le deuxième espace maritime mondial. La France doit être exemplaire sur la protection de l’océan. Le président Emmanuel Macron a décrété 2024 année de la mer. Demandons-lui de s’engager sur 15 points permettant de sauver l’océan, le climat et les emplois et de commencer par en mettre 3 en œuvre, 3 mesures urgentes d’intérêt général. L’évidence, interdire le chalutage dans les aires marines dites protégées et qui ne le sont pas le moins du monde. Le bon sens, cesser d’approuver en subvention publique des méthodes de pêche destructrices et d’utiliser l’argent public pour permettre une transition sociale, écologique et solidaire du secteur de la pêche vers des méthodes de pêche qui cessent de brutaliser l’océan et de le détruire. Enfin la justice sociale, protéger les écosystèmes et les pêcheurs côtiers en excluant les navires industriels de plus de 25 mètres et pouvant faire jusqu’à 145 mètres, les exclurent donc du littoral français. Le littoral c’est une bande de 12 000 nautiques soit environ 22 km. Et nos voix peuvent porter, mais elles surtout, elles doivent porter. L’heure est trop grave, nous n’avons pas d’autre choix. Construisons cette victoire essentielle. Comment ? Eh bien en rejoignant la coalition citoyenne pour la protection de l’océan sur www.oceancoalition.org Un manifeste vous y attend, ainsi que la liste des 15 points permettant de sauver l’océan. Enfin, regardez et diffusez l’excellente enquête de Jean-Pierre Canet disponible sur Youtube intitulée « Aires marines protégées, une imposture française ». Un documentaire qui ne peut laisser personne indifférent et qui vous donnera les informations que l’on évite de vous montrer. Et bien sûr, parlez de tout ceci autour de vous. La force du nombre est au nombre de nos forces pour que nos voies portent auprès du Président de la République alors que les signaux de cataclysme climatique et biologique s’accumulent. L’océan n’a jamais été aussi chaud, pollué et dévasté par les pêches industrielles. Les courants océaniques qui dictent la régulation du climat sont en cours de modifications profondes et irréversibles et les canicules marines explosent. Alors, à vos claviers : 3w oceancoalition (en un seul mot ) .org !

Apr 8, 20244 min

Pêcher moins pour gagner plus ?!

Quel est le juste prix pour le poisson que vous achetez ? Sous l’angle théorique, le poisson, coté encrié comme le sont les actions en bourse, n’a pas de prix fixe. Mais dans le contexte de pénurie des pêches, avec une demande en hausse pour une cueillette en mer au milieu stable, voire déclinante, les prix devraient logiquement monter car ce qui devient rare devient plus cher. Mais le poisson fait exception à la théorie et à l’économie. Car faute d’être représenté et structuré de manière forte face au lobby industriel et à la distribution, les communautés de pêcheurs n’ont pas su garder le bénéfice de cette situation de déséquilibre entre l’offre et la demande. C’est ainsi que chaque hiver, par exemple, le prix du bar de chalut poisson sauvage pêché au large avec un bateau et plusieurs marins est au même niveau que celui du bar d’élevage poisson de ferme cueilli à l’épuisette par une ou deux personnes seulement. Des moyens mis en oeuvre très différents. Des prix identiques. Et une comble économique alors que la demande des consommateurs en poisson de qualité est à la hausse. En fait, pour mieux gagner leur vie, la solution pour les pêcheurs serait de réduire le volume des captures ce qui rendrait le poisson plus rare et donc plus cher. Bref, travailler moins pour gagner plus. Un exemple prouve que cela peut marcher et rendre viable une activité de pêche de manière décente tout en préservant la ressource en poisson. Il s’agit des ligneurs de la pointe de Bretagne qui dans leur fonctionnement réunissent les éléments d’une pêcherie durable et économiquement viable. Les principes en sont simples. Un pêcheur, un bateau et une méthode de pêche manuelle peu agressive sur la ressource et sur les habitats marins. La méthode, une ligne à la traîne, au leurre, consiste à capturer en moyenne une quarantaine de kilos de poisson par jour avec l’option de libérer ou de conserver le poisson pêché en fonction de sa taille. C’est ainsi que cette communauté de pêcheurs, par un accord tacite, restreint ses prises à des poissons de plus de 45 cm alors que la réglementation leur autorise une taille minimale légale de 36 cm. Ces pêcheurs-là ont compris que la ressource n’était pas inépuisable, qu’elle ne tiendrait pas face au chalutage pélagique et que plus ils pêchaient, plus le cours du poisson baissait et moins ils avaient de revenus. Plus fort encore leur démarche marketing. Leurs poissons ont un pince dans la joue avec une référence qui vous permet de consulter sur internet leur fonctionnement mais aussi la date de capture du poisson et même la photo du bateau et du pêcheur qui l’a pêché. C’est difficile de faire mieux en matière de traçabilité. N’allez pas croire pour autant que ces pêcheurs ne rencontrent aucun problème. La concurrence des plaisanciers qui pêchent des quantités équivalentes mais sans contraintes économiques ou légales, ou les frictions avec les chalutiers pélagiques, beaucoup plus destructeurs et comptant en tonnes plutôt qu’en kilos les quantités de poissons pêchés, qu’ils soient matures ou pas, amènent des conflits réguliers qu’ils seraient pourtant aisés de résoudre par une législation, des contrôles et des sanctions appropriées. Constitués en association, les Ligneurs de la Pointe de Bretagne possèdent le projet le plus abouti, mais partout ailleurs, d’autres pêcheurs isolés ont également cette approche. Même s’ils n’ont pas la même visibilité, ils sont dans le vrai, avec une solution de pêche qui préserve les aspects socio-économiques et environnementaux. Consommateurs de poissons, ils méritent toute votre attention. www.ligneurs-de-la-pointe.fr

Apr 1, 20243 min

Et si, ce mardi, ensemble , on se bougeait pour l’Océan?

Cette chronique comme à l’habitude est publiée le lundi matin à 9h. Aujourd’hui elle sera plus courte, mais mérite vraiment toute votre attention. Et si demain matin, mardi, on se réveillait ? Et oui, la France entière parle de l’océan depuis ses derniers mois, le grand oublié de la conversation publique, alors que l’organe vital de la planète n’a jamais été aussi chaud, pollué et dévasté par des méthodes de pêche destructrices. Restaurer la santé de l’océan est un enjeu qui concerne la société entière. Vous, et si demain, chacun d’entre nous rejoignait une coalition qui porterait un certain nombre de demandes tout au long de l’année ? Cette année, qui est l’année de la mer et ce, jusqu’à la tenue de la troisième conférence des Nations Unies sur l’océan qui se tiendra à Nice en juin 2025. Et si des pêcheurs, des chercheurs, des élus, des associations présentaient des travaux inédits à discuter de pistes concrètes permettant de gagner sur tous les tableaux ? La protection de l’océan, du climat, des finances publiques, de l’emploi, bref, une avancée socio-économique et environnementale. Et si ces travaux faisaient l’objet d’une coalition citoyenne pour la protection de l’océan ? Une coalition, une grande coalition citoyenne pour la protection de l’océan, composée de scientifiques, pêcheurs, acteurs associatifs, activistes engagés, personnalités publiques, autour de l’urgence climatique et de la transition sociale et écologique, mais aussi avec vous. Protéger l’océan est un enjeu vital, on peut et on doit allier protection et transition pour un futur pour l’océan qui soit meilleur qu’aujourd’hui. Et si on commençait par l’évidence ? Interdire immédiatement le chalutage dans les aires marines dites protégées, mais qui ne le sont pas actuellement. Et si on décidait d’organiser la fin progressive du chalutage ? Avec justice pour les pêcheurs, de les protéger, ainsi que les écosystèmes côtiers, le tout en interdisant dès 2024 les navires industriels qui ravagent le littoral. Et si on engageait un plan d’action en 15 points pour sauver l’océan et le climat ? Et si, ensemble, on portait ces demandes auprès des décideurs politiques à la veille de la production par la France de sa feuille de route en réponse au plan d’action pour l’océan de la Commission Européenne ? Beaucoup de si ! Et si, demain matin, mardi, on se réveillait ? Allez, ensemble, tentons de mettre l’océan au centre du jeu et de l’année de la mer. Demain, guettez votre fil d’actualité. Dès demain matin, mardi 26, concrétisez le si de mon propos, les si de mon propos, par un ralliement et un engagement pour l’océan, ici et maintenant.

Mar 25, 20243 min

Souci du vivant – Ep.4 – Ne pas dépasser les limites planétaires !

Aujourd’hui, nous appartenons aux premières générations qui, grâce au progrès de la science, disposent des connaissances nécessaires pour appréhender l’ensemble des impacts des activités humaines sur la santé des écosystèmes. Nous avons désormais la capacité d’observer, par satellite, la banquise qui disparaît, les forêts brûlées et le niveau de la surface des océans monté. La communauté scientifique est en mesure d’évaluer la rapidité du changement climatique, de calculer la vitesse de disparition des espèces animales et végétales. Bref, on sait faire. Une équipe internationale de chercheurs a défini dès 2009 des valeurs seuil affectées à 9 processus régulant la stabilité et la résilience du système Terre à l’échelle mondiale. On parle du changement climatique, bien sûr, de l’érosion de la biodiversité, des apports d’azote et de phosphore à la biosphère et aux océans, indispensables, le changement d’usage des sols, l’acidification des océans, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique, la consommation et l’usage de l’eau douce, la dispersion des aérosols atmosphériques et la pollution chimique. Chacun de ces phénomènes interagit avec les autres et ensemble ils garantissent l’existence d’un écosystème sûr et stable. Plus inquiétant, lorsqu’un processus est trop fortement impacté par les activités humaines et se dérègle, les scientifiques constatent un effet domino affectant les autres fonctions planétaires. Afin de garantir le bon fonctionnement de cette mécanique du vivant, des limites à ne pas dépasser doivent donc être établies et respectées. Exemple, pour le changement climatique, le seuil à ne pas dépasser est de 350 parties par million d’eau maximale de CO2 dans l’atmosphère pour rester en deçà d’une augmentation globale de température de 1°C. Dépasser ce seuil climatique provoque un dérèglement et nous rapproche d’un point de basculement qui pourrait entraîner un processus irréversible d’extinction des espèces et de détérioration de la santé planétaire. On est loin, bien sûr, de l’accord de Paris avec ses 2°C. Si nous voulons prendre des décisions éclairées en matière de politique climatique, il est donc beaucoup plus cohérent de se fier aux limites planétaires établies par les scientifiques que de faire référence aux accords politiques. Il est donc urgent d’intégrer les mécanismes du vivant dans notre arsenal juridique. Actuellement, notre droit scinde la nature en matière et domaine distincts la mer, la forêt, la agriculture, les mines, l’urbanisme. Les activités humaines encadrées par la loi sont compartimentées et les politiques réparties entre les différents ministères. Les alertes scientifiques se succèdent, différents scénarios sont mis sur la table, mais les politiques sectorielles mises en place sur le court terme n’offrent de réponse ni transversale ni transgénérationnelle. La définition des limites planétaires transposées à l’échelle nationale et locale nous permettrait pourtant de poser un cadre définivement plus adapté que celui du droit de l’environnement actuel. Ces limites devraient être évaluées lors d’élaborations de projets à savoir si elles sont effectivement dépassées ou pas a priori pendant la mise en place du projet et a posteriori ce qui pose un problème de contrôle. Un suivi régulier permettrait en effet de faire des ajustements nécessaires pour respecter des objectifs fixés. D’ailleurs, le ministère de la Transition écologique en 2019 soulignait lui-même qu’outre le fait de constituer un cadre d’analyse novateur, l’approche inédite des limites planétaires correspond à la nécessité d’actualiser les informations environnementales en offrant aux citoyens et aux décideurs une compréhension plus globale de la situation nationale. Et il est vrai que l’inscription du respect des limites planétaires dans une loi ferait immédiatement obstacle à l’autorisation de nouveaux projets comme celui des forages de Total en Guyane par exemple. Car outre des bilans carbone, les impacts sur les habitats par exemple des espèces protégées ou des risques élevés de problématiques environnementales ou de destruction d’une biodiversité exceptionnelle, tout cela pourrait être pris en compte par des limites planétaires. Si ces limites devenaient un outil transversal d’appréciation des projets privés et des politiques publiques, l’administration serait enfin contrainte de refuser la réalisation des activités manifestement contraires à la protection des équilibres écologiques de nos territoires. Au risque de voir les associations obtenir gain de cause devant le juge. Comment faire sinon pour corriger les logiques industrielles qui portent atteinte à la planète ? Il n’existe pas de référentiel pour analyser correctement leurs impacts cumulés et aucune autorité n’est en

Mar 18, 20245 min

Nos émissions de CO2 rendent Nemo kamikaze !

Un clown qui a une attitude étrange, c’est normal. Un poisson clown qui a un comportement étrange, voire suicidaire, ça l’est moins. Alors qu’est-ce qui peut transformer le poisson clown, un cousin de notre vaillant Némo, en kamikaze ? Eh bien c’est la concentration en gaz carbonique. C’est ce qu’a démontré une étude publiée par Nature Climate Change. Une teneur en CO2 dans l’océan trop élevé, comparable à celle prévue à la fin de ce siècle, perturbe le système sensoriel des poissons clowns. Non seulement ils perdent le sens de l’orientation, mais pour certains, ils se jettent dans la gueule de leurs prédateurs. En effet, alors que nos chers poissons clowns fuient actuellement leurs prédateurs, des poissons clowns élevés dans un milieu deux fois plus riche en CO2 vont suivre l’odeur de leurs prédateurs et remonter le courant d’eau jusqu’à celui-ci. Je vous passe les détails, mais l’explication c’est la perturbation d’un mécanisme de transmission neuronale lié au gaz carbonique présent dans l’eau. Et notre poisson clown devient un kamikaze malgré lui, victime d’un gaz à effet de serre que nous déversons dans notre atmosphère malgré tous les effets que nous prévoyons déjà. Et notre petit Némo n’est pas le seul à être perturbé. Le poisson demoiselle, lui aussi, s’en trouve tout retourné. Après quatre jours passés dans une eau chargée en gaz carbonique, le poisson demoiselle confond sa droite et sa gauche. Heureusement qu’il ne vote pas. Dans les deux cas, ces exemples montrent que les perturbations des océans par le gaz carbonique vont bien au-delà du réchauffement des eaux, de leur acidification ou du transfert d’espèces invasives. C’est l’organisme vivant qui est perturbé intérieurement, qui se modifie et qui transforme les comportements. Et c’est donc l’écosystème dans sa totalité qui est en jeu. Et si l’on regarde les conséquences globales, c’est le risque d’une ample disparition de biodiversité qui nous guette. Et personnellement, je me pose la question de savoir quel sera aussi l’impact sur nos neurones. Mais je n’ai pas encore vu d’études sur le sujet. Mais on devrait vite l’envisager et quantifier l’impact sur notre humanité. Bien, la morale que je retiens est celle-ci. Arrêtons de faire les clowns sur cette planète. Soyons responsables. Stoppons nos émissions de gaz carbonique. Revoyons nos politiques énergétiques. C’est aussi, au-delà de la réduction des gaz à effet de serre, un excellent moyen de stopper une des menaces qui pèsent sur la chimie de nos océans et donc de leurs habitants. Et bien entendu, réduire le gaz carbonique émis, c’est aussi la possibilité pour les petits et les grands de continuer à s’émerveiller de la robe du poisson clown et de ses dandinements dans les anémones qui peuplent les récifs coralliens.

Mar 11, 20243 min

L’histoire d’un village breton qui empêche la construction d’une centrale nucléaire.

Fréquence Terre a rencontré Nicolas Guillou, réalisateur du film « Nous serons toujours là – Plogoff 1980 ». L’histoire (réelle) d’un village breton (Plogoff – Finistère, pointe du raz) qui s’est mobilisé dans les années 1980 contre l’implantation devant chez eux, d’une centrale nucléaire. Non sans rappeler des combats comme celui de Notre-Dame-Des-Landes, Nicolas Guillou raconte comment les habitants (et les maires) des communes ont appris par les journaux et sans aucune concertation préalable, qu’une centrale allait se construire sur leur territoire. La population s’est très vite mobilisée, non sans créer des déchirures au sein de la population voire même dans certaines familles. Pour monter son film, Nicolas Guillou est allé à la rencontre de la population, sur place. Il a été surpris de constater que 44 ans plus tard, la plaie n’était pas refermée. « Quand j’ai organisé mes réunions publiques pour présenter mon projet, j’ai même vu des femmes pleurer tellement le traumatisme était encore frais dans les esprits ». Ce que Nicolas Guillou voulait montrer dans son film, c’est « la mobilisation positive » … « montrer qu’il est possible d’arriver à des résultats si on se mobilise ». Si 40 ans après cet événements le traumatisme est encore palpable, pour Nicolas Guillou nous sommes loin d’avoir réglé ce genre de problème. Pour lui, le gouvernement cherche toujours à passer en force et « nous prend pour des cons ». Pour ce qui est du problème de l’énergie aujourd’hui en France et dans le monde, « nous prenons le problème à l’envers »… « Ce sont des projets qui doivent s’inscrire sur le long terme, avec la population. Nous avons des ingénieurs » … De rappeler que le nucléaire civil est au centre des intérêts en Ukraine et il faut se poser la question dans le cadre d’une guerre plus large. La préoccupation des habitants de Plogoff était d’abord une question « d’urbanisme ». La centrale allait dénaturer le paysage et des habitants allaient être délocalisés ce à quoi ils s’opposaient fermement. Ce n’est que dans un second temps et après la constitution par les habitant eux-mêmes de comités locaux d’information nucléaire (CLIN) que des scientifiques sont venus expliquer à la population locale ce qu’était le nucléaire et toute sa dangerosité. Ces séances d’information parfois à l’origine de la constitution des premières associations écologistes, ont eu comme effet de renforcer la mobilisation. Pour les pêcheurs et les agriculteurs du coin, l’inquiétude était grande : « personne n’achètera plus mes poissons » … « personne n’achètera plus mes légumes ». Même si EDF leur assurait le contraire, la méfiance s’est installée et les habitants ont découvert au final toutes les techniques sournoises employées par EDF pour leur faire courber l’échine. Vous l’avez compris, la mobilisation l’a emportée sur l’implantation de la centrale à Plogoff, mais pour Nicolas Guillou, il était important de faire revivre cet événement et de mettre en exergue ce qu’il appelle « la lutte positive », « car ce n’est pas fini »… « le cas de figure peut se reproduire »… de prendre l’exemple des bonnets rouges (mobilisation en 2013 contre le projet de la taxe poids lourds) ou encore Notre-Dame-Des-Landes. « Je reproche aux gouvernements de prendre des décisions à court terme »… » ce sont toujours des décisions qui doivent produire leurs effets pendant le quinquennat »… »sur des problématiques aussi importantes que l’énergie, il faut voir plus loin »… »j’ai peur que nous ayons le même problème avec l’éolien et le photovoltaïque ». Plogoff sort en salles le 27 mars. Renseignez-vous sur les salles et les dates sur le site Allociné   Distribution : Réalisation : Nicolas Guillou Acteurs : Alexandra Robert Louison Guillou Robert Denise Dodé Sophie Neveu Brice Ormain Eric Simonin Antoine Michel Jean Kinsela Laurent Chandemerle Production : Vent d’Ouest Distribution Le blog de Plogoff : http://plogoff-chronique-de-la-lutte.over-blog.com/2020/01/plogoff-chronique-de-la-lutte-le-clin-de-landerneau.html

Mar 8, 2024

Souci du vivant -Ep.3 – Reconnaitre l’écocide

Quand on a le souci du vivant, on espère que les atteintes les plus graves à la nature soient criminalisées. Pour ce, il est nécessaire de reconnaître le crime d’écocide qui est un moyen de contraindre les sociétés récalcitrantes par des sanctions lourdes. Mais ce crime d’écocide n’est toujours pas reconnu en France. L’un des arguments est que le droit de l’environnement est suffisamment complet et que le problème réside avant tout dans son application. Ce qui n’est pas tout à fait juste, il suffit de l’illustrer par des faits. Exemple, les forages de Total en Guyane, le déversement de résidus de béton lafarge dans la Seine, l’incendie dans l’usine de produits chimiques Lubrizol à Rouen. Bref, notre système juridique n’est tout simplement pas assez dissuasif pour tenir tête aux grands pollueurs et pour les discipliner. La reconnaissance du crime d’écocide est une avancée juridique indispensable pour protéger la sûreté et la santé de nos territoires et de leurs habitants humains et non-humains. Pourtant, la plupart du temps, le gouvernement et les élus prennent la défense des intérêts financiers plutôt que ceux de la nature. Les dirigeants politiques se succèdent sans prendre les mesures qui s’imposent pour sécuriser le fragile équilibre mondial. Pourtant, les scientifiques ont défini de manière précise les rouages des mécanismes planétaires. Pour sanctionner les récalcitrants, ce qui malgré les alertes des scientifiques contrevient aux stratégies d’adaptation, le droit doit se douter de nouveaux outils. L’écocide en est un Actuellement, les activités industrielles provoquent des dommages écologiques graves, en toute impunité, en accord avec l’administration. Pourquoi ? Parce que l’État distingue entre les destructions de la nature qui sont légales, car autorisées par les pouvoirs publics, et celles qui sont illégales. La limite entre les dégradations qui sont tolérées et celles qui ne le sont pas relève d’un arbitrage entre les intérêts économiques privés des entreprises. Des territoires entiers peuvent être ainsi sacrifiés. Un exemple, la France compte par exemple plus de 323 000 anciens sites miniers ou industriels dont la dépollution n’a souvent été assurée que de manière superficielle, voire laissée aux générations suivantes. La reconnaissance du crime d’écocide vise à se doter d’une incrimination indépendante de l’administration, reposant uniquement sur la constatation scientifique d’atteinte grave à l’intégrité de la nature et de la santé des territoires. Les discussions sur la scène internationale placent l’écocide au niveau du crime de génocide. Et par souci de cohérence, il est donc impensable que la France en donne une définition qui amoindrisse sa portée. Malheureusement, en 2020, le ministre de la justice et celui de la transition écologique annonçaient un délit d’écocide mais qui n’était que d’une portée de simples délits de pollution. En fait, techniquement, ce qui était proposé correspondait à un délit générique d’atteinte à l’environnement, opportunément renommé délit d’écocide. Mais l’écocide, c’est le crime qui est contre l’environnement, celui qui est au sommet de la pyramide, pas un simple délit. Quant à ces délits, les statistiques montrent qu’actuellement, les magistrats ont tendance à préférer conclure des transactions pénales qui permettent aux auteurs de dommages écologiques de ne pas se retrouver devant les tribunaux. On le voit, il serait illusoire de s’attendre à ce que la révolution que représente la reconnaissance des droits de la nature et du crime d’écocide vienne de nos élus. Ce changement doit venir de nous, des citoyens engagés, qui agissons et mettons en oeuvre des projets concrets pour défendre la nature. Nous ne pouvons compter sur ceux qui nous gouvernent actuellement et qui ne prêchent que la croissance pour changer de trajectoire. Ce sont les bouleversements sociétaux qui impulsent l’adoption de nouvelles lois, et pas l’inverse. A nous de réagir et de convaincre que l’écocide n’est pas une notion seulement nécessaire, mais qu’elle est également désirable.

Mar 4, 20243 min

Sexe, océans et………nanoparticule

Je vais commencer par vous parler de sexe et d’océan, ou plus précisément comment la pilule contraceptive a un impact sur les poissons. Non, les poissons ne prennent pas la pilule, quoique. En effet, nos systèmes d’eau usée véhiculent les urines des femmes chargées en oestrogène. Ces hormones, après un périple via les stations d’épuration, les rivières, les fleuves, rejoignent la mer et polluent les milieux naturels. Et là, après ingestion, elles féminisent les poissons mâles. Les composants de la pilule sont juste un exemple de ce qui se retrouve dans un cours d’eau ou en mer. D’autres médicaments, mais aussi des produits cosmétiques, des crèmes solaires ou des lessives larguent des nanoparticules, autrement dit des particules de moins de 100 milliardièmes de mètres dans l’environnement. Bien entendu, tout industriel vous affirmera que ces particules sont inoffensives. Sauf qu’elles possèdent une particularité physique qui fait qu’une fois à l’intérieur d’un organisme, elles collent à sa surface un enrobage de protéines. Parmi ces dernières, certaines jouent un rôle très important sur l’organisme des animaux et des hommes, notamment dans la consommation de graisse. Ceci a été montré dans une étude publiée dans la revue en ligne PLOS One le 22 février par une équipe suédoise de l’université de Lund en ayant recréé une chaîne alimentaire en laboratoire à base d’algues microscopiques, de petits crustacés herbivores et de petits poissons. Dans l’eau ont été ajoutés un peu de nanoparticules de polystyrène, 0.01% très précisément. Un groupe témoin a été constitué également. Après plusieurs cycles et au bout de 18 jours, les premiers effets se sont fait sentir pour le groupe à nanoparticules. Les poissons nageaient moins vite, mais surtout chassaient moins et semblaient mous, si mous, comme si les poissons n’avaient plus faim. Et alors que la nourriture fournie ne leur était pas suffisante, ces anorexiques grossissaient. Le groupe témoin, lui, maigrissait tout en mangeant et en utilisant son stock de graisse pour supporter le jeûne. Selon les auteurs de l’étude, il s’agit de la première fois qu’un lien est montré entre cette couronne de protéines et un effet sur le métabolisme et sur le comportement d’un organisme vivant, ainsi que sur sa fonction au niveau de l’écosystème. En effet, si un chasseur devient anorexique et cesse de chasser, l’équilibre de l’écosystème en sera modifié. Toutefois, l’étude ne donne pas la concentration moyenne des nanoparticules étudiées dans notre environnement, ni quelle seuil de concentration de nanoparticules agit sur les poissons. Néanmoins, ceci s’avère très intéressant, car cela démontre qu’en connaissant les nanoparticules et sur une hypothèse d’impact, on peut les tester sur des êtres vivants qui les auront absorbés. Identifier les risques que présentent les nanoparticules devient dès lors possible. La nanotoxicologie, discipline nouvelle, a bien du travail. D’autant que la mise sur le marché de produits contenant des nanomatériaux s’en a franchi allègrement, faute d’une utilisation d’outils d’évaluation de toxicité appropriée. Faute de test, on se passe nanoparticules ? Peut-être, mais je doute qu’on se passe du sexe et des océans.

Feb 26, 20243 min

Présentation de la nouvelle émission de Fréquence Terre : Impliquez-vous !

20 ans après la création de Fréquence Terre, je vous présente une nouvelle émission qui va nous permettre de faire le point sur la situation, mais aussi de vous présenter des actions concrètes dans lesquelles vous – simples citoyens – allez pouvoir vous engager. Chaque semaine, je vais vous présenter une initiative, une association, une entreprise qui à misé sur l’avenir de l’Homme et (cela va ensemble) sur la protection de la planète. Devant l’inaction de nos gouvernements successifs qui préfèrent payer des amendes (que nous finançons) plutôt que de se mettre en conformité, nous n’avons plus rien à attendre. S’impliquer personnellement en suivant des exemples déjà en cours est la seule façon de rétablir la situation et de prendre les choses en main. Si vous pensez avoir une action à me communiquez, n’hésitez pas à prendre contact pour ma la signaler. Si vous avez monté une association, si vous « travaillez » ou êtes bénévole dans une association de protection de l’environnement, n’hésitez pas à me parler de votre initiative afin que je puisse m’en faire le relais. Et enfin, si vous avez mis en place une entreprise vertueuse, où les employés sont heureux de travailler, ou que votre entreprise agit tout en préservant l’environnement, alors contactez-moi ! Je me ferais un plaisir de vous prendre comme exemple. Impliquez-vous ! Il est temps !

Feb 20, 20248 min

Souci du vivant -Episode2 – Et pourquoi pas des droits de la nature ?

Avez-vous déjà observé cette formidable ingéniosité biologique dont font preuve les espèces végétales et animales pour parvenir à un développement optimal en fonction des caractéristiques de leur milieu naturel ? Eh bien notre espèce aurait dû évoluer avec la même logique et en prendre de la graine. Mais contrairement à l’arbre qui doit se contenter des climats à portée de racines, ou aux fauves limitées par les limites de son territoire, l’homme a progressivement étendu son terrain de chasse à la planète. La mondialisation, l’intensification des échanges internationaux, l’essor de la société de consommation ont conduit le monde occidental à dépasser toujours plus les limites biologiques des milieux naturels. Et en conséquence, les systèmes de gouvernance se sont adaptés à cette évolution et se sont dotés de règles souvent contraires aux principes régissant le vivant. La surexploitation des ressources naturelles est encouragée par le système politique, autorisée par le système juridique et motivée par le système économique sans respecter les mécanismes de la nature. Or, nous ne pouvons pas établir une société pérenne si les lois que nous établissons pour nous gouverner sont incompatibles avec celles qui régissent le système Terre et donc conduisent à son effondrement. Réconcilier l’humain et la planète nécessite que ces mêmes systèmes économiques, politiques et juridiques aient désormais pour objectif de promouvoir les comportements qui contribuent au bien-être de la communauté du vivant, humain et non humain compris. Dans d’autres pays, et notamment en Amérique du Sud, le mouvement pour les droits de la nature a pris de l’ampleur et instaure une dynamique d’espoir. C’est le cas de l’Équateur qui a reconnu en 2008 les droits de la nature dans sa constitution, suivi en 2010 par la Bolivie qui, à son tour, a promulgué une loi des droits de la Terre-mer. Et en Colombie, en 2018, la forêt amazonienne était reconnue comme sujet de droit. Ces décisions illustrent à quel point un changement en profondeur est possible lorsqu’il est porté par la société civile et qu’il bénéficie du soutien des institutions, notamment de la justice, qui retrouve ainsi toute sa grandeur lorsqu’elle agit pour le bien de tous. N’est-ce pas exactement le genre de récit que nous espérons voir naître en France ? Pour reconnaître les droits de la nature, il faut enteriner que les fleuves, les forêts, les montagnes ou toute autre entité naturelle, toute espèce non humaine, ont le droit inaliénable d’exister, comme le reconnaît la déclaration universelle des droits de la Terre-mer, proclamée en 2010 en Bolivie, au cours de la conférence mondiale des Peuples sur le changement climatique. Ce texte énonce 12 droits de la nature et 13 devoirs de l’être humain envers la Terre-mer, définis comme communauté de vie indivisible composée d’êtres interdépendants et intimement liés entre eux par un destin commun. La source des droits de chaque individu humain ou non humain réside dans le fait que nous existons en tant que membres de la communauté de la Terre. Il ne s’agit pas de donner des droits à la nature, comme un souverain octroie des titres à ces sujets, mais de supprimer les lunettes déformantes à travers lesquelles les civilisations occidentales voient le monde et qui faussent la perception de notre place dans l’univers. Si nous revendiquons et protégeons les droits humains, la logique nous impose de reconnaître simultanément ceux des autres membres de la communauté du vivant. En suivant ces préceptes, nous pourrions alors utiliser les institutions, en particulier les tribunaux, pour inciter les humains à se comporter de manière à contribuer à la santé de la communauté de la Terre. Il faut bien comprendre que ces lois empêcheraient simplement que les activités humaines respectent de manière irréversible le fonctionnement des écosystèmes et compromettent leur existence, et donc la nôtre. Car jusqu’à maintenant, l’obscurantisme des dogmes économiques et industriels nous a aveuglés, essayant de faire croire qu’il existerait une concurrence entre la protection de la nature et les droits humains. Mais la seule concurrence qui existe est celle entre les dominés et les dominants, qu’ils soient humains ou non humains. Notre modèle occidental n’a pas fait qu’imposer des objectifs de croissance contraires à la vie planétaire, en puisant dans les ressources naturelles. De la même manière, il a réduit les hommes au statut de ressources humaines. L’alerte des scientifiques sur la situation planétaire est donc un appel à se débarrasser de cette vision utilitariste de la nature et d’inscrire l’harmonie avec le vivant comme condition sine qua non de la pérennité de nos sociétés humaines et de l’égalité entre tous humains et non humains. En termes juridiques, il s’agit donc ici d’

Feb 19, 20245 min

Pollution: notre linge sale salit les océans !

Environ 250 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde et par an. On les trouve partout et j’ai déjà évoqué ici les sacs plastiques et les macro-déchets qui empoisonnent nos océans. Mais une pollution plus sournoise et moins visible y est présente. Il s’agit de micro-particules de plastique d’une taille inférieure au millimètre. On assiste à une croissance au fil des ans de ces petits débris invisibles qui flottent ou que l’on trouve en suspension ou piégés dans les sédiments. On savait qu’environ 30% des particules en suspension dans l’eau de mer étaient de nature plastique. On n’en connaissait pas encore la source initiale. C’est désormais élucidé. Selon un scientifique britannique, Richard Thomson, c’est environ 80% de ces particules qui viendraient de nos machines à laver. Ou plus précisément de nos vêtements en polyester, en acrylique, en polypropylène ou en polyéthylène ou fibres polyamides. En lavant notre linge sale, seul ou en famille, on salit les océans. Car nos stations d’épuration ne les filtrent pas. Les dimensions de ces micro-particules détachées lors du lavage les conduisent au travers de tous les obstacles pour les retrouver finalement en mer. D’après Richard Thomson et son équipe, 100 fibres par litre sont rejetées dans les eaux de lavage d’une machine à laver. Considérant que nous sommes 7 milliards désormais sur cette planète, la quantité rejetée devient considérable et s’accumule depuis de nombreuses années. Les études du plancton de l’Atlantique du Nord ont trouvé du plastique dans des échantillons datant de 1960 avec une augmentation significative au fil du temps. Certes, d’autres sources de plastique sont toutes aussi néfastes, comme la fragmentation des sacs plastiques, des bouteilles plastiques ou encore certains produits de nettoyage. Mais cette pollution est loin d’être neutre. En plus de pouvoir être ingérée par la faune et de se retrouver dans nos assiettes, elle charrie des substances toxiques comme les PCB ou les HAP dont on connaît, pour beaucoup d’entre eux, le risque en matière de santé. Une prolifération et une accumulation de ces substances devient dès lors un vrai problème sanitaire. Que faire contre ces micro-particules plastiques ? En attendant que les industriels à la fois de l’électroménager et des stations d’épuration prennent le problème en main, par des filtres adéquats, il nous faut passer à des vêtements plus naturels, tels que le coton, la laine, à éviter le mélange des genres coton et polyamide. Et pour ceux déjà en notre possession, éviter les lavages trop fréquents à des températures trop élevées. Les lessives sont si performantes de nos jours que les vêtements synthétiques peuvent être lavés à froid et essorés à maximum 600 tours par minute. Moins d’énergie dépensée, plus de confort au naturel, moins de pollution, une équation simple pour chacun d’entre nous.

Feb 12, 20242 min

Souci du vivant – Episode1 – Vers un nouveau monde

bienvenue dans cette nouvelle série audio consacrée au souci du vivant ! Je vais tenter de vous emmener avec moi dans la construction d’un nouveau monde, respectueux du vivant. Mais qu’est-ce que j’entends par le vivant ? Bien sûr, je nous inclue, nous vivants humains, mais il y a aussi les non-humains, les animaux, les plantes, les champignons, les arbres, toute forme de vie différente de la nôtre. Mais j’englobe aussi tout ce qui peut paraitre inerte : sols, rivières, océans, lacs, atmosphère, etc. Car quand je parle du vivant, je pense d’abord à ce qu’on appelle les écosystèmes, c’est-à-dire tous les éléments pris individuellement reliés par un réseau d’interactions et de relations qui rendent la vie possible, pérenne, dans un équilibre dynamique prenant en compte les limites planétaires de la biosphère où nous sommes installés : la planète terre ou planète bleue. Le vivant est un terme que je préfère au mot nature ou environnement, ces deux-là étant connotés et créant un fossé entre nous humains, et le reste du vivant, ou entre nous et le décor de vie dans lequel nous nous mouvons. Ces préalables exprimés, je me permets d’ajouter que l’ensemble de cette série de chroniques ou podcasts est inspirée textuellement par le livre de Marine CALMET « Devenir gardiens de la planète » que je vous recommande, et que je remercie ici de m’avoir autorisé à reprendre ses textes, et formulations tant elles sont proches de mon propos qui les ajustera. Mais entrons dans le vif du sujet : Nous allons vers un nouveau monde. Une révolution se prépare. En effet, à l’échelle d ‘une vie humaine, notre civilisation peut sembler ancienne mais elle est en réalité très jeune comparée à l’émergence et au développement de la vie sur notre planète qui remonte à plusieurs milliards d’années. En un temps très bref, celui de ces derniers siècles, nous sommes entrés dans un modèle de libre-échange, de mondialisation, de capitalisme financier plus ou mois voilé selon les régimes politiques. Ce nouvel âge, que l’on peut appeler anthropocène ou capitalocène, passe sous silence l’aggravation des inégalités et des dégâts sociaux et environnementaux, et rend difficilement concevable d’autres modèles de société. Façonnés par notre culture, formatés par notre éducation, nous avons les plus grandes difficultés à imaginer notre civilisation avec un regard extérieur, comme pourrait le faire un étranger visitant la France pour la toute première fois, étonné par notre façon de faire société, par nos manières et nos coutumes. Comment expliquer que nous ayons par exemple érigé la propriété privée au rang de principe sacré, alors que d’autres sociétés ont choisi de protéger les communs, c’est-à-dire ce qui appartient à tous : l’air l’eau, les sols, etc. … ceci afin de permettre la transmission d’un environnement sain et permettant le développement harmonieux du vivant dans toutes ses composantes : humains et non -humains compris. Ici, dans le monde occidental, l’individualisme est considéré comme émancipateur. Pourquoi ? Pour analyser les germes et les mécanismes de cette évolution, revenons à nos textes fondateurs, auxquels appartient la Déclaration de l’Homme et du citoyen de 1789. Dans une société profondément inégalitaire, alors même que l’esclavage était toujours pratiqué dans les colonies et qu’au sein des foyers, les femmes se voyaient privées des mêmes droits que leurs maris, ce texte, écrit par des hommes blancs, issus des classes privilégiées, a défini ce que l’on a appelé les droits naturels de l’homme. Parmi eux, la liberté, l’égalité, la propriété… Avec un système reposant sur la reconnaissance des droits et libertés individuelles, notre société fait passer au second plan la question de la protection du collectif, celui qui réunit les humains mais également les non -humains, au sein de la communauté du vivant… Sur ces fondements une culture de la compétition est instaurée au détriment de la coopération, valorisant et encourageant les comportements qui profitent à l’individu au lieu de récompenser ceux qui profitent à la collectivité. D’autres constructions juridiques sont apparues, prenant progressivement une place croissante dans notre société. Les entreprises, groupement humain à but lucratif, dotés de droits propres, ont profité d’une évolution juridique qui montre aujourd’hui de dangereux dysfonctionnements, tant les inégalités se creusent. Nos lois ont accordé aux entreprises des droits similaires à ceux des humains : le droit de propriété, la protection du secret des affaires, de l’image et de la réputation. Ces droits ont modifié le rapport de force et la place de ces structures dans notre société. Car bien qu’il s’agisse de groupements humains, les grosses entreprises n’ont rien d’un collectif visant le bien être et la protection de l’ensemble de ses membres : elles distribuent d’immense profits de manière inéquitable entre dirigeants, actionnaires et parfois leurs employés. En 2016, les grands patrons du CAC 40 gagnaient en m

Feb 5, 20248 min

Les filets fantômes, filets de la mort

Les filets de pêche, dès lors qu’ils sont perdus, continuent de faire des ravages au fond des mers. C’est d’ailleurs le constat fait par de nombreux plongeurs qui observent facilement des filets qui ont des prises de quelques kilos à plusieurs tonnes de poissons qui pourrissent dans les eaux. Ces filets sont des filets en cordage issus de la pétrochimie telle que le nylon, des filets en coton et de nombreux filets ont été abandonnés par les chalutiers industriels. Mais c’est le filet en nylon qui reste le plus dangereux car il n’est pas biodégradable. En clair, dès qu’il est perdu en mer, il va continuer de prendre dans ses filets de nombreux poissons et pendant très longtemps. Le scénario est en fait le suivant. Pendant environ deux ans, le filet va pêcher en restant entre deux eaux pour s’affaisser et couler au fond où il continuera de tuer les coquillages par exemple. Il faut environ 600 ans pour qu’un filet en nylon se désagrège dans l’eau, avec d’ailleurs une pollution collatérale car comme tous les plastiques, en se désagrégeant, le filet libère des matières toxiques dans l’eau. De nombreux exemples témoignent de ces dégâts. Le murex qui est un coquillage se raréfie en raison de cette pêche fantôme. Le requin-ci a également presque disparu pour les mêmes raisons. Le rostre de ce dernier étant dentelé, il s’accroche sur les filets jusqu’à s’emmêler sans pouvoir s’en dépêtrer. Et on ne compte pas les tortues, les dauphins, les poissons-lunes régulièrement pris au piège. En fait, les poissons sont pris au piège par deux fois. Les premiers qui y sont pris y meurent, pourrissent et attirent leurs prédateurs ou les organismes macrophages tels certains crustacés ou coquillages. C’est à leur tour d’être pris au piège, de mourir et d’en attirer d’autres. Et le massacre continue. Ce type de désastre que l’on rencontre dans les zones de pêche intensives, telles qu’au large de l’Afrique, dans l’océan Indien ou dans certains Dom-Tom, mérite l’attention des pêcheurs et des médias et des politiques. D’autant que des règles existent pour bannir certains filets en nylon. Mais le plus souvent, ces règles sont bafouées dans les pays en voie de développement où les contrôles sont quasi inexistants. La seule solution effective est de faire prendre conscience aux populations côtières et aux pêcheurs de l’intérêt de protéger les populations de poissons par une décision commune pour un arrêt des filets non biodégradables. Au final, c’est la seule volonté des professionnels de mettre fin à un massacre qui finalement leur est préjudiciable, dont on peut espérer réellement une solution, et qui se doit d’être soutenue par nos politiques dans un cadre national et international.

Jan 29, 20242 min

Bifurquons ! – Ep.8 – Laisser cet endroit plus propre que vous l’avez trouvé !

8ème opus de cette série : Bifurquons, qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas mais que ce sont nos décisions, nos modèles, , notre absence de prise en compte du vivant nos comportements qui structurent notre société . Et au niveau comportement, n’y aurait-il pas quelques ajustements à faire ? Car on peut se poser des questions sur la manière dont on garde notre environnement sain et vivable. Imaginez que vous soyez un extra-terrestre et que vous observiez la terre, il ne vous échappera pas que la surface de la planète est jonchée d’immondices, que les mers et océans sont des poubelles, que rien n’échappe à notre envahissement, que des terres entières sont détruites, polluées, aménagées stérilement, sans âme, sans vie, et que même dans votre voisinage, on fait preuve de peu de retenue pour laisser encombrants, matériaux, et désordre à vue. De plus, qui n’a pas vu des zones industrielles et commerciales immondes, des friches industrielles laissées pour compte ? Ajoutons -y le moins visible : les sols gorgés de produits chimiques, des terres stériles, sèches sans vie, des nappes phréatiques polluées. Toutes ces surfaces font l’objet dans leur grande majorité d’une appropriation par les humains, commune ou privée. La gestion de nos communs : sols, rivières, mers, océans, forets, etc. est le plus souvent amputée, et fait la part belle en surface à la propriété privée soit d’individus soit de personnes morales, entreprises pour la plupart. Il faut dire que la gestion des communs, dès qu’elle est inefficace, trouve la solution facile d’un repreneur à titre privé. Et il faut le dire, gérer des communs n’a rien d’une sinécure : eh oui il faut gérer ensemble, pas facile dites donc, réunir tous ceux qui sont concernés ou impliqués, trouver une concertation et un mode de gestion qui satisfasse les intérêts de tous, ou de certains en particulier. Compliqué, difficile, trop couteux, allez hop, confions cela à une gestion privée : vous allez voir ce que vous allez voir en efficacité, surtout financière au profit de quelques-uns. Et puis, la nature humaine ayant des travers, si cela doit rester commun ou utilisée par plusieurs, il y a toujours quelques fâcheux indélicats qui trouvent le moyen de polluer ces surfaces. Pas convaincu, faites donc un tour sur les abords de route ou d’autoroutes, un bien commun qui est à tout le monde et à personne, combien d’immondices se trouvent sur les bas cotés ? des milliards… Et pour ce qui est de privatiser, on s’y entend bien, et c’est ce que nous avons fait pendant les derniers siècles depuis que la propriété a été érigée en droit individuel, c’est-à-dire depuis la Révolution. Un exemple : la forêt française. En France, trois quarts des forêts sont privées. Le quart restant est public et se répartit entre forêts domaniales et les autres forêts publiques, essentiellement des forêts communales. Avec des complexités en termes d’accessibilité, certes mais surtout d’évolution non maitrisée selon que l’on détruit la biodiversité présente, qu’on la remplace par de rentables alignements d’arbres dans un environnement vide de vie.   Pourtant la propriété privée a du bon du point de vue du petit propriétaire terrien, qui a son cocon pour lui, son bout de terre, sa surface et il est juste qu’il ait un toit sur la tête. Il peut aussi sur un terrain y cultiver son jardin personnel, mais il peut aussi y faire plus ou moins ce que l’on veut et parfois le pire. Le jardin peut être un dépotoir et la maison un grand bazar hideux. Et quand cette propriété privée s’étend à des surfaces importantes, le plus souvent nous avons créé des structures opaques de propriété privée pour en jouir. Des sociétés immobilières, des entreprises de toute taille, en passant par les établissements financiers propriétaires, tous sont des structures anonymisées. Elles font en grande partie ce qu’elles souhaitent sans référer régulièrement à personne.   Un petit exemple auquel je pense : cette chaine de garage de montage de pneus et de vidange de voiture, présente un peu partout, qui, après 25 ans passé sur un lieu donné, a dû faire face à un incendie. Celui-ci éteint, on découvrit une pollution du site remontant à des dizaines d’années, l’entreprise y ayant déversé toutes ses huiles de vidange usées. Terrain inconstructible, impossible à dépolluer. Que s’est-il passé ? l’entreprise a reconstruit plus loin. Aucune poursuite. Prescription pour des faits anciens …   Pourtant, dans certaines toilettes publiques, on trouve cette affiche : Veuillez laisser cet endroit aussi propre que vous l’avez trouvé. Une recommandation que l’on devrait formuler à tout usager de surface, qu’il soit propriétaire ou usufruitier d’un bout de terre, d’un local, d’un appartement, d’une maison, d’un entrepôt, d’un bureau, bref de toute surface d

Jan 22, 20246 min

Bifurquons ! – Ep.7 – Donner des Droits à la nature et à l’Océan !

Septième opus de cette série : Bifurquons, qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas mais que ce sont nos décisions, nos comportements, , notre absence de prise en compte du vivant dont nous faisons partie qui sont les problèmes, en raison des modèles politiques, économiques et juridiques qui structurent notre société . Et au niveau juridique , la question se pose : faut -il donner des Droits à la nature ? donner des droits à l’Océan ? Et le peut-on ? car il s’agit de changer de regard sur le vivant. Historiquement le droit est issu du droit romain qui visait à gérer la possession ou propriété des objets. D’ailleurs le droit s’est constitué avec d’une part des sujets de droit et des objets de droit. Pour les sujets de droit, ils sont les seuls à détenir une personnalité juridique avec droit propres (droit d’être, de penser, de faire, d’agir en son nom propre…) et des obligations. Jusqu’à présent, les sujets de droit étaient les humains. Et encore pas tous, les femmes, les enfants et les personnes de couleur n’ont rejoint les sujets de droit que tardivement. L’abolition de l’esclavage et donc les personnes de couleur devenant des sujets de droit aux Etats-Unis date de 1865 seulement. Et en dehors des humains, les autres sujets de droit sont les personnes morales c’est a dire les entités fictives créées que sont les associations, les entreprises commerciales, les organisations répondant à un statut de personne morale. Nous avons donc posé des droits propres que sur l’humain et sur ses constructions organisationnelles et collectives. Le reste est objet de droit. Et un objet de droit, tel que la nature, les êtres non humains, les milieux naturels, est susceptible d’être approprié par un sujet de droit. Son propriétaire, selon la législation du pays, peut en faire ce qu’il veut. Pourquoi les êtres vivants, les espèces et les écosystèmes qui en sont composés ne pourraient pas jouir d’une personnalité et lui reconnaitre des droits propres, et au premier chef, celui d’exister ? C’est la question posée depuis quelques années par des ONG de protection, des avocats, des politiques. Avec des débuts de mise en œuvre dans quelques pays tels que l’Equateur, la Nouvelle-Zélande, l’équateur et plus près de nous l’Espagne. Qu’est ce que cela change d’avoir le statut de sujet de droit et d’avoir une personne juridique ? Cela permet, comme ça le permet aux entreprises et à vous par exemple, d’aller en justice, de se défendre, de s’exprimer par l’intermédiaire de porte-paroles, par exemple lors d’un procès. Pour l’instant, si un écosystème ou une espèce sont mis en danger, n’étant pas sujets de droit, aucune action légale tant qu’aucun sujet de droit n’est atteint n’est possible, hormis quelques exceptions à la marge précisément dans les droits de l’environnement qui se créent sous la pression de la société civile par exemple, droits qui restent des petits pas qui sont soit symboliques ou peu appliqués, comme la reconnaissance du préjudice écologique dans des conditions à apprécier. Est-il réaliste de donner des droits à la nature ? Tout d’abord, revenons aux bases de notre société : la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Alors qu’il y a toujours esclavage dans les colonies, que les femmes n’ont pas les mêmes droits que leur maris, que les enfants sont subordonnés totalement, on a défini les droits naturels de l’homme dont la liberté, et la propriété individuelle. Ce faisant, la protection du collectif ou des communs a été reléguée au second plan, mais également l’ensemble du vivant non humain. Sur ces principes ; compétition et valorisation de l’individu se sont instaurées, au détriment de la protection du collectif, des communs. On y a ajouté comme sujets ayant des droits identiques à des humains les entreprises, constructions juridiques avec des droits propres dont on voit aujourd’hui les dérives. Car les entreprises ne sont pas un collectif qui a pour but la protection de ses membres. Elles réalisent des profits et les répartissent inégalement entre dirigeants, actionnaires, employés avec des écarts de l’ordre de 120 fois entre le PDG d’une multinationale et un employé de base. Cet écart croissant abyssal creusé au fil du temps nous amène aujourd’hui à une transformation de la société qui permet l’accaparement par une petite minorité ni solidaire de ses employés, ni du reste du monde. Ces entreprises ont acquis un tel pouvoir que les rapports de force sont inversés : elles s‘imposent en exploitant les espoirs, mais aussi les ambitions politiques, les vides juridiques, le manque de courage politique, l’absence de régulation économique , et surtout l’absence de suffisante des droits humains et de ceux de nos communs naturels qui a permis une exploitation à outrance de l’environnement , un environnement qui comprend la

Jan 15, 20246 min

Bifurquons ! – Ep.6 – Changer de modèle : rendre impossible ce qui n’est pas souhaitable !

Sixième opus de cette série : Bifurquons, qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas mais que ce sont nos décisions, nos comportements, nos modèles d’existence, notre absence de prise en compte du vivant dont nous faisons partie qui sont les problèmes. Et justement nos modèles, qu’ils soient politiques, économiques, sociaux, ou industriels sont pour la majorité d’entre eux, liés à des techniques présentées comme des solutions toujours adéquates. L’idéologie moderniste nous a enfermés dans la croyance qu’aucun problème ne demeure bien longtemps sans solution technique. Et comme l’écrit Nicolas MARJAULT dans son excellent livre « Bassines, la guerre de l’eau », nous nous enferrons dans une lutte sans fin visant à rendre possible ce qui n’est pas souhaitable, à utiliser la technique avant tout comme outil magique pour résoudre ce qui est incompatible avec nos modèles de croissance, et conserver envers et contre tout ce qui n’est pas souhaitable pour le bien commun du vivant. Un exemple : La croissance économique et l’empreinte écologique du PIB. Ils sont antinomiques. On appelle à la rescousse l’innovation. Mais bien souvent, les techniques qui permettent d’affronter les problèmes sont parties prenantes des causes qui génèrent ces mêmes problèmes dans un cercle vicieux qui mène à l’effondrement. Dans le cas de l’océan, et pour exemple celui de la surpêche, on aura dans un premier temps ratissé les fonds et côtes les plus proches avec des moyens de pêche destructeurs. Dès lors, on cherche à sauver le système productif ou plutôt extractif en poussant plus loin l’aventure. Avec des innovations et des techniques qui permettent d’aller plus loin, plus profond, de détecter tout banc de poisson à distance, pour continuer à creuser la pénurie de poisson jusqu’à l’effondrement. On rend possible ce qui n’est pas souhaitable : un effondrement de la biodiversité, des populations de poissons. Que cherche t- on ? Des hauts rendements de court terme et des valeurs ajoutées coûte que coûte. On imagine pouvoir s’extraire des contraintes du milieu océanique, de sa biodiversité en façonnant à sa guise les moyens d’intervention. En gros, on rêve, après avoir pris connaissance des méfaits de plusieurs décennies d’aveuglement, d’une meilleure expérience des méfaits futurs avec la technique au service d’une croissance économique affranchie des limites planétaires, dont l’effondrement de la biodiversité, le réchauffement du climat par exemple. Notre inventivité n’a pas de bornes pour rendre possible ce qui n’est pas souhaitable. Et on peut multiplier les exemples : exploration pétrolière délétère pour assouvir la soif d’énergie carbonée, exploration et extraction de minerai, ingénierie agricole au service de l’agriculture intensive, etc… Cela ferait rire si ce n’était pas si révélateur de notre folie : si les vaches d’élevage intensif, en nombre suite à notre consommation effrénée de viande, génèrent du méthane, si elles pètent, eh bien utilisons un composé synthétique pour inhiber l’enzyme responsable du dégagement de méthane. Mais surtout ne changeons rien, continuons de consommer. Qu’on ne se méprenne pas. Je ne tire pas ici à boulet rouge sur toutes les innovations scientifiques ou techniques, ce que je questionne ce sont ces innovations qui doivent nous permettre de transitionner vers une société décarbonée, et résiliente aux effondrements des écosystèmes en cours. Très clairement, le capitalisme financier ne veut pas évoluer, ni changer. Il ne souhaite en aucun cas changer de système de production, de baisser un rendement ou diminuer une valeur ajoutée financière. Il continue une démarche jusqu’au-boutiste, qui mènera à sa destruction et surtout à la nôtre, en faisant usage de toutes les techniques pour maintenir ce qui n’est pas souhaitable, dans une communication astucieuse du «mieux » apportée par une nouvelle solution technique qui ne change pas d’objectif : l’accumulation de richesse sans contraintes des limites planétaires avec une répartition en faveur des happy few laissant des miettes et des conséquences inattendues souvent prévisibles aux masses consommatrices leurrées par ces modèles politiques et financiers . Le capitalisme industriel et financier procure un enrichissement à quelques-uns aux détriments de tous, vivant, humains et non humains. Pourtant d’autres voies existent : reprenons les quelques exemples précédents : La surpêche : moins de bateaux monstrueux, plus de pêche artisanale concertée et respectueuse des contraintes biologiques du milieu marin, plus d’emplois, plus de résilience La décarbonation des productions agricoles : elle passe d ‘abord par une consommation raisonnée de viande et non une croissance exponentielle des cheptels d’élevage L’exploration pétrolière : ses moyens ne seraient-ils pas plus habilement ori

Jan 8, 20245 min

Récifs artificiels ou habitats artificiels ?

Bonjour, avec moi aujourd’hui Sylvain Pioch qui est un spécialiste des récifs artificiels. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur les récifs artificiels ainsi que sur la différence avec les habitats artificiels ? Alors les récifs en fait servent de support à la faune et à la flore et dès lors qu’on va essayer de déterminer plus précisément quel type d’espèce on veut développer, on va parler préférentiellement d’habitats. La différence serait la dimension d’objectif, donc de performance. Avec les habitats artificiels, on va s’intéresser soit à une espèce cible, soit à un cortège d’espèces cibles en général. Et dans le cas des récifs, on ne va pas fixer d’objectif d’espèce, on va simplement fixer un objectif de non-pollution avec le milieu naturel. C’est ce qu’on voit avec l’immersion de rails, l’immersion d’épaves un petit peu partout dans le monde pour la plongée en bouteille. Qu’est-ce qu’on peut en faire de ces habitats artificiels ? Aujourd’hui très clairement, ils servent à la restauration des milieux naturels puisqu’ils sont largement utilisés dans les zones coralliennes par exemple ou en Méditerranée dans les zones qui ont été détruites par des aménagements côtiers ou par des pollutions. Ils peuvent servir également à des loisirs à travers la découverte de fonds marins qui sont reconstitués. Est-ce qu’on peut imaginer une exploitation en termes d’aquaculture par exemple ? C’est l’origine des récifs artificiels puisqu’ils sont nés au Japon au XVIIe siècle. Leur objectif était très clairement de servir de zones d’aquaculture extensive dans des baies à proximité des villages de pêche où les fonds étaient aménagés pour que des poissons naturels viennent préférentiellement s’installer. Et puis en parallèle, plus proche des baies, se développait une pêche beaucoup plus gérée puisqu’on a installé et équipé les fonds de structures qui permettent l’accueil d’espèces et donc d’éviter un écroulement des stocks par une surexploitation. On dit souvent d’ailleurs que les récifs sont le premier outil de gestion des stocks de poissons car ils introduisent chez les pêcheurs une connaissance et les limites d’exploitation. Alors en France, on en est où aujourd’hui ? Le premier projet a été immergé en 1968 au large de Palavas-les-Flots avec un aboutissement sur les récifs de Marseille dans la baie du Prado qui sont un des plus gros projets français et qui a amorcé le passage à des récifs de deuxième génération qui s’attachent beaucoup plus à reproduire des habitats naturels.  

Jan 1, 20242 min

Le secret de beauté et de grâce des raies Manta enfin révélé…

Bonjour, pour les inconditionnels de cette chronique, vous aurez remarqué mon attachement et mon admiration pour ces créatures marines dont je vous parle régulièrement, les Raies Manta. J’en ai été émerveillé depuis longtemps, j’ai cherché à les approcher en plongée le plus souvent qu’il m’a été permis, et elles m’ont donné par leur rencontre des joies que je ne soupçonnais pas. De nombreuses raisons plaident à mon admiration, mais l’une d’elles est évidente pour chacun. Le vol majestueux, gracile, enchanteur, des raies et des Raies Manta en particulier, participe à la beauté du monde sauvage, et à l’enchantement créé pour celui qui les côtoie sous l’eau ou qui les admire en vidéo. Ce déplacement gracile, je me suis très vite rendu compte qu’il était très, très particulier et qu’on n’en avait rencontré guère ailleurs sous la même forme. Il faut dire que la Raie Manta offre un spectacle éblouissant. Elle ne nage pas, elle vole. Ses nageoires sont des ailes, son aisance est incroyable. Et je me suis demandé comment elle faisait pour réaliser ces mouvements d’aile, comment son déplacement si fluide lui permettait de gérer l’énergie nécessaire à de tels mouvements. Et j’ai trouvé l’explication dans l’analyse faite par un scientifique allemand, Leif Knize, qui a établi un principe breveté sous le nom de l’effet d’aile de raie. En observant le mouvement de l’aile de la Raie Manta, puis en le reproduisant, ce scientifique a découvert que le mouvement imprimé par l’aile, et donc la pression hydraulique, se déploie par le jeu des articulations au reste du corps. Ce qui explique la beauté de ces gestes, la beauté de ces mouvements si graciles et que nous trouvons si beaux. Car la raie, tout comme le requin, n’a pas de squelette composée d’os ou d’arêtes. Ce sont des poissons cartilagineux. Le squelette est fait de cartilage d’une souplesse inégalable. Une souplesse qui permet une efficacité optimale de canalisation de l’énergie hydraulique. Et qui minimise les perturbations, les turbulences hydrauliques autour de son corps. Si cette caractéristique est d’ores et déjà copiée à des fins industrielles par la mise au point de robots marins d’exploration, c’est surtout dans le domaine de l’esthétique que la Raie Manta nous apporte ses secrets. En design, elle inspire nos contemporains, en bijouterie ou dans l’ameublement. Je suis persuadé que les formes de la Raie Manta cachent d’autres secrets. A l’heure où je vous parle, l’une d’entre elles, taillée dans un bois clair, se balance au-dessus de ma tête. Au gré des mouvements d’air. Que les Raies Manta vous tiennent, comme moi, en joie.

Dec 25, 20233 min

Les aires marines dites « protégées » ne le sont pas assez !

Les aires marines « protégées » le sont-elles ? existent- ils des aires marines protégées vraiment protégées et des aires marines protégées non protégées ? A découvrir dans cette chronique qui récapitule l’état des lieux au niveau mondial et français , ainsi que les solutions pour parvenir à des critères de protection qui aient du sens, et qui ne soient pas mensongers. D.KRUPKA www.longitude181.org

Dec 17, 20235 min

Requins et Loups, frères d’effroi?

Les grands prédateurs tels que le requin et le loup jouent un rôle crucial dans les écosystèmes marins et terrestres. Malheureusement, entre délit de sale gueule, mauvaise réputation historique, ils font face à de nombreuses menaces. Pourquoi protéger ces espèces emblématiques ? Pourquoi sont ils les mal-aimés de nos sociétés humaines? Quelles paramètres jouent sur cette propension a vouloir exterminer des espèces non humaines? Qu’est ce qui nous dérange vraiment ? Des éléments de réponse à découvrir dans cette chronique. www.longitude181.org

Dec 11, 20234 min

Utiliser son pouvoir de consommateur

Dans les océans, la situation est alarmante. Une grande variété d’espèces marines étant menacées par la surpêche, le changement climatique, les espèces envahissantes, l’urbanisation du littoral et la pollution. La surpêche particulièrement menace les océans. Les stocks de poissons sont en régression constante et on estime à 80% les stocks de poissons qui sont en déclin ou qui n’ont plus la capacité de se renouveler. Une des actions que nous pouvons faire est l’éco-consommation, c’est-à-dire le choix approprié des espèces de poissons que nous consommons. Comment choisir ces poissons et ces produits de la mer ? Quelques conseils. Tout d’abord, évitons les poissons d’élevage. Les poissons d’élevage sont la plupart du temps carnivores et ils sont nourris à base de farine et d’huile de poissons sauvages pêchés de manière industrielle et qui conduisent à l’équation suivante. Pour 1 kg de poissons d’aquaculture, c’est 4 kg de poissons provenant des océans qui sont pêchés afin de les nourrir. C’est donc un levier extrêmement important pour la disparition des espèces et de la biodiversité marine. Deuxième conseil, achetez donc localement. Vous avez une chance plus élevée de soutenir les communautés de pêcheurs artisanaux. Cela vous permet de manger du poisson frais et d’éviter les produits transformés qui sont transportés sur de longues distances avec donc plus de carburant et qui sont préjudiciables à l’environnement. Préférez de loin les huîtres, les moules, les palourdes ou les poissons venant de la chaîne alimentaire la plus basse tels que les harengs ou les maquereaux et qui ne sont pas concernés par les menaces pesant actuellement sur la biodiversité marine. Évitez les poissons de grand fond, empereurs, grenadiers, sabres, flétans, sébastes, lingues qui ont besoin de temps pour pouvoir se reproduire alors que leurs stocks sont au plus bas. Évitez de consommer les grands prédateurs qui concentrent dans leurs écailles cocktails de polluants que nous déversons dans les mers. Évitez les requins également, aujourd’hui menacés, détruits de manière massive et que nous consommons sous forme d’appellations de saumonettes. Évitez enfin les pêches irresponsables telles que le chalut de fond. Et enfin, fuyez les appellations marketing telles que bars sauvages ou poissons de source marine qui cherchent juste à troubler le consommateur. Enfin, sachez que de nombreuses espèces à croissance lente aujourd’hui sont menacées. Il en est ainsi du saumon, du thon, du cabillaud, du merlu, de la lotte, du bar, de l’empereur, du flétan, de l’aiglefin, du carrelet, de la sole, des raies, de l’espadon. Si vous êtes perdu, sachez qu’il existe de nombreux guides d’éco-consommation réalisés par les associations de protection de la mer qui vous permettront de faire les bons choix. Je vous renvoie à leur site web respectif pour trouver l’information nécessaire à un achat responsable. N’oubliez pas enfin de choisir des poissons issus d’une pêche responsable. Évitez les poissons chalutés et privilégiez plutôt les poissons pêchés à la ligne. Alors ça y est, vous êtes prêts, vous avez compris ? Si je vous propose un bar de ligne, un bar d’aquaculture, un bar sauvage, un bar de chalut ou un bar de source marine, lequel choisissez-vous ? C’est le bar de ligne, car il est sauvage et issu d’une méthode de pêche responsable. Bon appétit et à bientôt !

Dec 4, 20232 min

Bifurquons ! – Ep.5 – Changer de regard pour adopter une sobriété heureuse !

5e opus de cette série, Bifurquons, qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politiques, écologiques, climatiques, sociales ou internationales. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas, mais que ce sont nos décisions, nos comportements, nos modèles d’existence, notre absence de prise en compte du vivant dont nous faisons partie qui sont les problèmes. Et justement tous nos processus de décision à quoi mènent-ils aujourd’hui ? Surconsommation, gaspillage, déchets, problèmes de climat, destruction du vivant, de la biodiversité qui déjà nous montrent des catastrophes climatiques, des guerres de l’eau, des problèmes alimentaires et sanitaires. Et si dans cette addiction consumériste sans borne, on mettait un peu de sobriété ? Et pourquoi pas de sobriété heureuse, pour reprendre le concept préconisé par le très regretté Pierre Rabhi ? Mais qu’on ne se méprenne pas, je ne parle pas de sobriété heureuse, de bobo, partant la campagne se ressourcer, élevant des chèvres, consommant local et utilisant le vélo, ni la sobriété culpabilisante qui est prônée aux particuliers nécessaires et indispensables, mais qui ne résoudra au mieux, à notre niveau individuel, que moins d’un quart de nos problèmes, le reste étant en lien avec nos infrastructures, nos organisations sociétales, nos modes de fonctionnement capitalistes et égocentrés. Alors non, la sobriété dont je parle, c’est celle d’une ambition plus grande, plus importante, de grande échelle, celle d’un plan Marshal de la sobriété heureuse dans toutes les strates de la société, de toutes les entreprises, grandes ou petites, dans tous les secteurs et toutes les fonctions. Le tout avec des investissements colloques sur la matière, c’est-à-dire les investissements déjà existants mais orientés sur des solutions qui prennent en compte le vivant. On en est loin, je sais, mais la sobriété, il faudra la prendre en compte et ne pas se contenter d’arrangements. Car franchement, passer du SUV à la voiture électrique nous empêche de nous interroger sur les usages de la voiture et détourne des moyens pour l’utilisation des transports en commun. Passer du charbon au nucléaire ne nous fait pas consommer moins d’électricité. Construire des mégabassines ne questionne en rien les modèles agricoles intensifs et leur viabilité. Extraire en mode minier la totalité des poissons présents dans l’océan nous fait oublier nos justes besoins. Ces exemples-là, on peut les multiplier. Et c’est là que se trouve le changement de mentalité et de regard qu’il faut expérimenter. Il n’est pas temps de se poser la question « comment va-t-on faire pour s’adapter à la marge et ne rien changer à son mode de vie ? », mais la question est plutôt « à quoi faut-il s’adapter ? ». Quel changement de regard et donc de pratique dès lors que nous sommes dans un monde à ressources limitées ? S’adapter est d’ailleurs le verbe « menteur à la mode », utilisé par tous les politiques, maintenant que les crises écologiques et climatiques s’enchaînent, on nous propose d’ores et déjà de construire une trajectoire de réchauffement à 4 degrés par exemple. C’est très hypocrite, alors que rien n’est fait pour éviter ce cap, et surtout parce qu’adapter induit que l’on ne doit surtout rien changer à la marge du monde. Un fatalisme qui arrange ceux qui accumulent richesses et pouvoirs dans le monde d’aujourd’hui, qu’ils ne veulent surtout pas voir transformer. Ben pensez donc, les profits et les capitaux accumulés risqueraient de diminuer, et en plus on devrait s’inquiéter du bien commun de tous, et en plus de ceux qui vont nous succéder. Alors surtout ne changeons rien, vendons de l’adaptation, comme si un saut d’eau suffisait à maîtriser un incendie. S’adapter, qu’on assimile en général à être intelligent, prend ici la forme d’un constat d’échec. Et autant le savoir, les cigales que nous sommes ne vont pas s’adapter, ce ne sera pas suffisant et elles n’en auront pas le loisir. Elles doivent devenir fourmis, et au plus tôt, pour être des fourmis heureuses. La seule croissance qui n’est mentionnée ni par les états, ni par la finance, ni par les grandes entreprises, est celle des douleurs, pour la majorité, au bénéfice très court terme de quelques-uns. Et quel dirigeant a le cran de s’attaquer à la croissance économique, ô combien attendu, mais qui ne menace pas moins de dévaster nos civilisations à très court terme ? Eh bien aucun. Peut-être car personne ne leur demande. Adopter une sobriété heureuse, plutôt qu’adapter une addiction consumériste, voilà l’enjeu et le défi, qu’aucun dirigeant ne semble relever, mais que sans doute nous avons nous-mêmes du mal à réclamer. Et pour sortir d

Nov 27, 20235 min

Y’a du Boucan dans les océans !

Si le sujet peut paraître de moindre importance, il n’en est pas moins réel et assourdissant. Les fonds marins sont extrêmement bruyants. N’en déplaise au commandant Cousteau, le monde du silence n’est pas un havre de paix sonore. Le trafic maritime, les activités industrielles de prospection et de dragage, les activités militaires avec notamment la traque par sonar, mais également les parcs éoliens et l’ensemble des moteurs de toute taille et de toute puissance créent une pollution sonore qui a augmenté de plus de 20 décibels ces cinquante dernières années, avec une conséquence néfaste pour les espèces marines. Ainsi, les cétacés en tout genre voient leurs systèmes de communication et d’écolocation totalement perturbés, car le son sous l’eau est ce que la lumière est à l’œil, un incroyable moyen de communication sur des distances importantes et un moyen d’apprécier un relief ou une présence non visible. Retirer les moyens de communication aux espèces, tels que les cétacés, c’est également perturber leur orientation et donc aussi leur nourriture potentielle, ainsi que leur capacité à se reproduire. Imaginez donc de manger et de faire l’amour sous des projecteurs aveuglants pendant des mois durant. C’est à devenir fou. Selon différentes études, de simples petits bateaux naviguant lentement réduisent la portée des sons émis par les dauphins ou les baleines de 30 à 60%. En clair, ces animaux se retrouvent dans une cacophonie acoustique qui les oblige à crier en permanence. Vous me direz que la solution la plus simple est la fuite, notamment pour les espèces migratrices. Mais pour aller où ? Les habitats naturels bénéficient de conditions particulières de température, de nourriture, qui ne sont pas légion pour chaque espèce. On a vu que la disparition des glaces entraînait celle de l’ours blanc, faute d’autres endroits disponibles. Il en va de même avec les mammifères marins qui empruntent les mêmes routes maritimes que l’homme, toujours plus présents dans les océans. C’est le cas en Arctique, pour le beluga, le narval ou les phoques. Mais aussi en Atlantique, où on a vu des baleines s’échouer en masse dans les endroits où les militaires utilisent leurs sonars. Mais silence ! Secret défense ! Ajoutons le bruit des marteaux hydrauliques, afin d’enfoncer des pieux de soutien aux constructions diverses, plateformes pétrolières ou éoliennes, ou encore le bruit des bateaux de pose de câbles ou de travaux sous-marins. Franchement, qui aimerait vivre près d’un marteau-piqueur ? Pour les espèces à proximité, c’est simplement la mort qui les guette, par l’intense pression acoustique exercée. Alors que faire ? Beaucoup si on s’en donne un tant soit peu les moyens. En effet, il est facile de diminuer le bruit des bateaux. Pour s’en convaincre, il suffit de voir un bon film de guerre sous-marine pour comprendre que les militaires maîtrisent depuis longtemps la réduction de leur signature acoustique. On aimerait tant que ces techniques soient appliquées au domaine civil et industriel. Et quid d’une législation renforçant la réduction sonore des bruits de moteurs ? Ce qui irait aussi en ligne droite avec le passage vers des technologies plus propres, moins gourmandes en énergie. Cher auditeur, m’entends-tu encore… ?

Nov 20, 20233 min

Bifurquons ! – Ep.4 – Eduquer au vivant, former à sa protection !

Bonjour, quatrième opus de cette série Bifurquons qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politiques, écologiques, climatiques, sociales, internationales. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas, mais que ce sont nos décisions, nos comportements, nos modèles d’existence, nos processus de prise de conscience du vivant et de sa protection, vivant dont nous faisons partie, qui nous manquent. Nos modes d’éducation et de formation ne les prennent pas en compte, car si lire, écrire et compter sont des fondamentaux indispensables pour toute génération pour décrypter le monde d’aujourd’hui, est-ce vraiment suffisant pour appréhender notre mode complexe et notamment à l’aune des défis majeurs qui nous sont posés ? Vivre, savoir vivre, savoir consommer en protégeant son environnement et sa santé, comprendre et être connecté au vivant sont des indispensables pour s’intégrer au monde, faire les choix et les actions en lien avec la préservation du vivant en étant conscient que l’on en fait partie. Car les décennies précédentes nous ont éloigné du vivant. Un exemple, nous nourrir nécessité des plantes. Notre logique productiviste nous a fait utiliser des pesticides en faisant fi de la qualité des eaux, des rivières et des océans et, arroseur arrosé, cette logique nous a créé des problèmes de santé, voire d’alimentation. Évitons ces désastres. Nous nous sommes déconnectés du vivant le laissant dans un décor, chose à côté de nous, oubliant les interactions que nous tissons avec lui en vivant, en respirant, en mangeant, en consommant, en générant des déchets. Nous avons oublié que nous en faisons partie en nous positionnant au-dessus de lui, nourrissant plus haut pour une chute plus vertigineuse. Il est temps de modifier notre éducation et nos formations pour ajouter aux besoins fondamentaux d’écrire, lire ou compter, ce de comprendre le vivant, de s’y connecter, de le respecter et de savoir vivre et décider avec pour fondamental sa protection et la nôtre. Aujourd’hui, au-delà des initiatives des professeurs des écoles, pas de sciences du vivant structurées dans l’enseignement primaire, un peu de SVT au collège ou en secondaire, avant une disparition totale en fin de secondaire ou dans l’enseignement supérieur. Comment les jeunes d’aujourd’hui peuvent-ils être armés pour connaître et affronter les défis qui leur sont imposés ? À assurer production alimentaire pour leur santé et leur alimentation, à réaliser les productions nécessaires au quotidien, sans polluer, sans détruire, sans épuiser les ressources du vivant et sans aller au-delà des limites planétaires qui conduiront à notre extinction. En ayant hiérarchisé les savoirs maths, physique, langue, français, nous avons oublié de tisser les liens qui les unissent et ceux qui les lient au vivant. Heureusement, des initiatives existent, celles des jeunes générations en premier lieu, des groupes d’étudiants, en plus des changements, interpellant les dirigeants d’établissements pour transformer à la fois la formation donnée et l’établissement qui le propose face aux enjeux écologiques. Avec des propositions claires, formation aux enjeux socio-écologiques avec un tronc commun d’une centaine d’heures en licence, de 200 heures en master, et mettre à jour toutes les disciplines pour les adapter au contexte de l’anthropocène et à ses dérives. En dernier lieu, refuser des emplois destructeurs. C’est bien aux établissements, éducation nationale et enseignement supérieur, de réformer leurs pratiques. Évite ! Ajoutons à cela que les enseignements en silos par matière ne permettent pas de lier les disciplines entre elles, de les connecter et de créer une richesse transdisciplinaire favorable aux vivants. Un exemple, le droit de l’environnement et l’économie devraient être abordés ensemble. De même, compter ou lire devrait s’accompagner immédiatement du décryptage des caractéristiques des objets de consommation. Autre bonne nouvelle, les formations à la transition écologique sont dans l’air du temps. Fresques du climat ou de l’océan, réduction d’empreintes carbone sont désormais enseignées et constituent un socle d’initiation à la transition écologique. Les hauts fonctionnaires ont été formés et 5,7 millions d’agents de la fonction publique devraient être formés d’ici 2027. Les entreprises les intègrent dans leur politique RSE, de responsabilité sociale et environnementale, mais est-ce suffisant ? Comment fait-on vraiment bouger les lignes ? Comment, dans le quotidien, transformer la formation en impact environnemental effectif ? Car là encore, entreprises ou fonction publique d’État, les pratiques ne doivent plus seulement avoir pour guide des indicateurs économiques, mais intégrer les conséquences en

Nov 13, 20236 min

L’hypocrisie affligeante de la France pour l’océan

Dans la Revue Nature, la communauté scientifique a dénoncé l’hypocrisie de certains états autoproclamés champions de l’océan tout en sabotant des politiques visant à protéger les mers. Et la France en fait partie. Et non, ce n’est pas moi qui le dit, mais c’est Raphaël Séguin, chercheur en écologie marine et vulgarisateur scientifique dans une tribune sur le média vert. Et je vais ici reprendre ses propres termes, avec son autorisation et sans les modifier tant ils sont justes. Dans un récent éditorial publié dans Nature, la communauté scientifique épingle l’hypocrisie de certaines nations, dont la France qui s’autoproclame championne de la défense de l’océan tout en le détruisant. Une hypocrisie d’autant plus affligeante qu’elle se cache derrière de grandes annonces comme à Brest en 2022 lors du One Ocean Summit. Et ce 7 septembre, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, affirmait sur la matière de NAHAL de France Inter que la France n’avait rien à se reprocher en matière de protection de l’océan mettant en avant l’organisation de telles conférences. La réalité est tout autre. Lors de ce One Ocean Summit, Emmanuel Macron annonçait fièrement que la France protégeait plus de 30% de ses eaux territoriales. Rappelons que les aires marines protégées constituent l’un des outils les plus efficaces pour protéger les zones océaniques. Les plus strictes interdisent toute forme de pêche et permettent à la vie marine de se régénérer tandis que les aires dites « partielles » protègent la pêche artisanale tout en interdisant les méthodes de pêche industrielles. Sur le terrain, la politique française de protection de l’océan s’avère largement inefficace. En France, les aires marines protégées sont très inégalement réparties. 97% se situent dans les territoires d’outre-mer avec un maigre 3% en France métropolitaine où les pressions humaines sont pourtant plus importantes. Parmi ces aires marines protégées, seulement 1,6% sont sous protection stricte. En Méditerranée, ce chiffre descend à 0,1% et à 0,08% pour la zone de l’océan Atlantique et de la mer du Nord. La majorité des aires marines protégées en France ne confèrent ainsi pas ou très peu de protection. Il faut aussi préciser que la France utilise sa propre définition d’une protection stricte, une définition bien moins efficace que les standards internationaux définis par les scientifiques. Pour que ces aires marines protégées soient efficaces, la France devrait protéger chacun de ses bassins océaniques de façon égale, créer des aires marines protégées à protection stricte et allouer les moyens humains et financiers destinés à la gestion et à la surveillance de ces espaces. C’est loin d’être la direction que prend le gouvernement. Dans l’éditorial de Nature, les auteurs citent l’opposition de la France à une mesure européenne visant à interdire le chalutage de fonds dans les aires marines protégées. Dans plus de la moitié des aires marines protégées européennes, le chalutage de fonds est plus élevé à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone protégée. Pourtant, le secrétaire d’état chargé de la mer, Hervé Berville, clamait en mars 2023 que la France est totalement, clairement et fermement opposée à l’interdiction des engins de fonds dans les aires marines protégées. Son discours teinté de fausses affirmations, à contre-courant de toute forme de réalité scientifique, a alimenté un climat explosif qui s’est soldé par la mise à feu des bureaux de l’Office français de la biodiversité à Brest. L’interdiction progressive du chalutage de fonds dans les aires marines protégées, pratique dont nombre de pêcheurs artisanaux dépendent encore, est une mesure indispensable pour espérer disposer de zones protégées et donc de populations de poissons en bonne santé pour maintenir une pêche raisonnée dans les décennies à venir. L’hypocrisie française s’étend au-delà de nos frontières, puisque nos flottes de pêche aux côtés de l’Espagne remontent jusqu’à un tiers des thons dans l’océan indien, où une espèce en particulier, le thon albacore, est gravement surexploitée. Pour pêcher le thon, les flottes européennes utilisent surtout des dispositifs de concentration de poissons, structures flottantes de bois ou de plastique qui attirent les poissons. Cette méthode est loin d’être durable, puisqu’elle capture énormément de juvéniles, des poissons qui n’ont pas eu le temps de se reproduire, de nombreuses espèces non ciblées comme des thons et des requins, et représente une source importante de pollution marine. L’Europe s’oppose aujourd’hui à des mesures de conservation qui permettraient de lutter contre cette méthode de pêche. La France joue un rôle prédominant dans ce combat, puisqu’elle fait partie des États qui ont obtenu l’annulati

Nov 6, 20235 min

Bifurquons ! – Ep.3 – Mettre en marche la démocratie écologique !

Et si nous changions de trajectoire, éviter celle qui nous a emmenés dans le mur, celui des multiples crises parallèles, économique, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Examinons d’autres chemins. Dans cet épisode, nous abordons comment passer de la démocratie environnementale actuelle à une démocratie écologique effective.  

Oct 30, 20236 min

Sciences participatives : du bonheur pour et avec la science !

Être écovolontaire sur une mission de sciences participatives sur un catamaran pour aller à la rencontre des cachalots et les écouter , cela rend heureux !: Et cela s’entend ! Écoutez 2 témoignages suite aux dernières semaines réalisées dans le cadre du programme Voil’Océan de l’association LONGITUDE 181, en collaboration avec le programme de recherche scientifique « La Voix des cachalots » et l’université de Toulon pour la partie acoustique. Ça donne envie …

Oct 23, 20235 min

Bifurquons ! – Ep.2 – Limiter la consommation de chacun pour tous !

Et si nous changions de trajectoire, éviter celle qui nous a emmenés dans le mur, celui des multiples crises parallèles, économique, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Examinons d’autres chemins. Dans cet épisode, nous abordons la limitation des consommations à toutes les échelles et pour tous. Dans le premier épisode de cette série bifurquant qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politiques, écologiques, climatiques, sociales, internationales, nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas, mais que ce sont nos modèles adoptés d’existence, nos comportements, nos processus de décision qui sont les véritables solutions à mettre en place. Pour modifier nos comportements et nos modèles, encore faut-il que nous le fassions à toutes les échelles et pour tous. Et c’est une difficulté que nous n’arrivons pas à surmonter. Pour s’en convaincre, je reprendrai l’exemple et les propos de Thierry Rippoll, chercheur en psychologie cognitive. Et un petit exemple valant mieux qu’un long discours, je vous propose de vous imaginer naufragé sur une île déserte et perdue avec d’autres naufragés. Pour votre survie, chacun ne peut consommer plus de 2 litres d’eau par jour. Mais dans l’ensemble des naufragés, certains sont riches et d’autres sont pauvres. Est-ce qu’il y a du sens qu’un naufragé, au prétexte de sa richesse, puisse consommer la quantité d’eau qu’il souhaite ? Non. Et tous les naufragés s’y opposeraient, car la raison évidente est la remise en cause de la survie de tous. Bien sûr, cet exemple est une métaphore de la situation dans laquelle nous sommes et nous nous enfonçons sur cette planète perdue au milieu du cosmos. La question qui se pose est, pourquoi accepterions-nous sur la planète ce que nous refuserions sur cette île ? A savoir que certains, les plus riches le plus souvent, puissent consommer plus que d’autres. Plusieurs raisons peuvent être avancées. Tout d’abord, les chiffres et les représentations. Si je vous parle de quelques litres d’eau, vous savez de quoi on parle et vous l’appréciez concrètement à votre mesure. Mais si nous parlons de 40 milliards de tonnes de CO2 émises par la population mondiale et d’une limitation par individu de tonnes de CO2, c’est une représentation trop abstraite pour guider nos comportements et réagir avant qu’il ne soit trop tard. Autre biais, on présuppose que compte tenu du nombre d’habitants sur Terre, un excès de consommation d’un individu ou d’une minorité sera infinitésimal dans la consommation mondiale totale. Pourtant, sur notre île, la consommation excessive d’un seul naufragé sera considérée comme une cause réelle ayant une conséquence collective sur la survie du groupe. Autre effet, sur notre planète, notre système économique ne fonctionne que si chacun consomme librement selon ses moyens. Ne pas maintenir cette règle revient à provoquer l’effondrement du système économique. Et comme chacun en dépend, personne ne veut une privation de consommation libre. D’autant qu’un autre effet d’abstraction dû à la masse des autres humains, 8 milliards, on a du mal à concevoir ce qu’il signifie, l’éloignement physique avec ceci, mais aussi l’éloignement de nos destins, ne nous permet pas d’imaginer d’imposer une limitation à tous. Sur notre île pourtant, avec quelques naufragés, on peut s’entendre sur notre interdépendance, notre communauté de destin, parce que nous éprouvons la même proximité physique et psychologique. D’ailleurs, cette micro-communauté est de fait perçue par chacun comme homogène, et par conséquent chacun accepte aisément que tous soient soumis aux mêmes règles. Mais dès lors que différentes communautés coexistent, des relations de compétition apparaissent entre elles. Il devient alors très difficile d’imposer des règles communes. C’est ce que nous expérimentons sur notre planète. Une dernière cause pour refuter des règles communes limitant notre liberté individuelle de consommer, c’est le désir d’égalité que nous partageons, mais qui est modulé par notre sentiment de justice, voire notre jugement. En clair, nous aimons la méritocratie, c’est-à-dire l’existence d’inégalités justes et d’égalités injustes. Ce qui est tout à fait contestable, notamment dans le fait d’octroyer des privilèges incertains, ce que nous rappelle humoristiquement la citation de Coluche, « Les hommes naissent libres et égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. » Toutes les raisons évoquées précédemment contribuent à l’acceptation que certains soient plus riches que d’autres, ou autrement dit, plus que d’autres, et qu’ils puissent ainsi consommer et détruire l

Oct 16, 20235 min

Bifurquons ! – Ep.1 – : …Avant qu’il ne soit trop tard !

Et si nous changions de trajectoire, éviter celle qui nous a emmenés dans le mur, celui des multiples crises parallèles, économique, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Examinons d’autres chemins. Un premier épisode par les actions et les solutions faciles et inappliquées autour de l’océan. Existe-t-il une autre trajectoire que celle que nous sommes en train de prendre ? C’est ce que je vous propose d’examiner. Qu’est-il possible de faire ou pas à son niveau, à celui des entités qui nous régissent ? Entreprises, gouvernements, organismes internationaux. Que faut-il modifier dans nos approches, dans nos actions, dans le fondement même de nos sociétés, pour nous sortir de l’impasse qu’a constitué et que constitue l’exploitation illimitée et à outrance de ressources planétaires limitées ? Je vous invite dans le premier épisode de cette série à prendre le problème par la fin, c’est-à-dire les actions à mettre en œuvre en urgence pour nous permettre une transition, non pas seulement écologique, mais une transition vers d’autres modes de pensée qui prendra du temps, tant qu’il nous est compté malheureusement. A cet effet, et dans le droit fil de mes propos usuels, je vais aborder ce qui concerne 70% de la surface terrestre, un tiers des activités directes ou indirectes de la population mondiale et la majeure partie de la biodiversité des populations vivantes sur cette planète. Je veux parler de l’océan, car contrairement à ce que nous avons fait dans le milieu terrestre, n’est-il pas temps de contribuer aux capacités de l’océan pour lui permettre de préserver la vie ? Comment ?   En dehors des nécessaires actions pour le climat et en ligne directe avec l’océan qui vont impacter son acidification, ses courants, ses zones d’oxygène, partons à la recherche de solutions, ou plutôt revisitons toutes celles qui existent et classons-les par segments, faciles, difficiles, coûteux, pas coûteux. Un petit brainstorming donne rapidement une liste de solutions existantes. Aménageons des corridors d’air marine protégé, restreignons la pêche, créons des routes uniques de fret, diminuons l’impact sonore des moteurs et des bateaux, évitons la pollution plastique, diminuons les pollutions par les rejets des fleuves, stoppons l’artificialisation des côtes. Allez, j’arrête là. Ce serait déjà un pas de géant si ces quelques changements avaient lieu. Quels sont les plus simples et les moins coûteux ? A n’en pas douter, les décisions performatives, c’est-à-dire celles qui déterminent un changement de statut simplement par l’énoncé, sont celles qui sont les moins coûteuses et qui ne demandent qu’un garde-fou. Le contrôle effectif de leur réalisation, sans investissement particulier. Dans le cas de l’océan, mais c’est vrai sur une surface terrestre aussi, décider de laisser tranquille, mais vraiment tranquille, c’est-à-dire sans extraction quelconque, une zone marine, ne coûte absolument rien si ce n’est le contrôle de celle-ci. Nos gouvernants, d’ailleurs, l’ont bien compris. Une telle mesure, avec son premier volet, est facile et permet de communiquer sur un résultat immédiat. Malheureusement, aujourd’hui, cette décision performative s’est accompagnée de tout un tas d’exceptions en matière d’air marine protégée, dont la pêche, ce qui va à l’encontre de l’objet même de la protection et de la restauration des milieux. Autre décision avec un coût additionnel, mais tout à fait réalisable, c’est l’organisation des trajectoires en mer. Celles-ci posent problème en termes de cohésion avec les cétacés, par exemple, notamment dans les mers fermées, telles que la Méditerranée, soumise à un intense trafic qui tisse une véritable toile d’araignée à laquelle ne peuvent échapper statistiquement les animaux en surface. Créer des autoroutes, comme on sait le faire dans les détroits avec des règles de circulation, dont un ralentissement des vitesses, bon aussi pour le climat, permettrait pour un coût additionnel faible dû à l’allongement des distances, de rendre aux animaux marins l’espace maritime qui leur est dû. Cela présuppose un changement d’attitude et de vouloir laisser une place aux vivants à nos côtés et de ne pas s’en octroyer tous les territoires. Nous y reviendrons. Autre problème, autre décision, le plastique. Présents partout, nous en mourrons par des dégâts irréversibles sur le vivant. Décision simple, interdire tout plastique, non pas seulement à usage unique, mais ne pouvant être remplacé par d’autres matières de moindre impact, telles que le verre, je pense aux bouteilles plastiques, qui ne sont pas recyclables, le bois ou tout autre matériau naturel. On gardera le plastique pour les usages médicaux, sanitaires ou sans équivalent possible à démontrer. C

Oct 9, 20235 min

L’hypocrisie affligeante de la France pour l’océan

Dans la revue Nature, la communauté scientifique a dénoncé l’hypocrisie de certains Etats, autoproclamés «champions de l’océan» tout en sabotant des politiques visant à protéger les mers. Et La France en fait partie, et c’est Raphaël Seguin, chercheur en écologie marine et vulgarisateur scientifique dans une tribune sur le média Vert. A découvrir dans cette chronique .     www.longitude181.org

Oct 2, 20235 min

2025, Nice : une Conférence Mondiale pour l’Océan ?

UNOC 2025 est la 3ème Conférence des Nations Unies s r les Océans qui aura lieu en Juin 2025 à Nice. Quel format aura ce sommet ? Finance et science y seront associés, mais avec quel impact ? La France va-t-elle quelle ambition pour ce sommet ? Un contrat pour l’Océan“ contraignant, avec un calendrier d’actions précises et des engagements pérennes dûment suivis, ou un accord non contraignant à l’image de L’accord de paris en 2015 qui n’ a pas permis de tenir les engagements pris. A découvrir dans cette chronique . www.longitude181.org

Sep 25, 20235 min

Une rentrée chaude pour l’Océan !

Une rentrée chaude pour l’Océan ! fait allusion aux températures records enregistrés dans l’Océan.Mais l’Océan, en dehors de devenir une cocotte-minute avec tous les impacts décrits à longueur d’articles sur les espèces, les courants, la météo, la pêche, etc subit, après un 1er semestre 2023, … d’une rentrée bien plus chaude sur bien d’autres plans…à découvrir dans cette chronique. D.KRUPKA www.longitude181.org

Sep 11, 20235 min

Secrets d’indifférence-épisode 6 – Imaginaire et décor…

6ème opus de cette série « Secrets d’indifférence » consacrée à la découverte de ces sujets pour lesquels notre absence d’attention et notre inertie conduisent à une catastrophe annoncée et en marche ; aujourd’hui l’imaginaire et le décor ….bonne écoute !

Sep 4, 20235 min

Secrets d’indifférence- épisode5 | Vacarme dans le monde du silence !

5ème opus de cette série « Secrets d’indifférence » consacrée à la découverte de ces sujets pour lesquels notre absence d’attention et notre inertie conduisent à une catastrophe annoncée et en marche ; aujourd’hui je vous invite à vous interroger sur la transformation sonore destructrice du milieu marin.

Aug 28, 20235 min

Secrets d’indifférence- épisode4 | Le corail, blanchi et condamné !

4ème opus de cette série « Secrets d’indifférence » consacrée à la découverte de ces sujets pour lesquels notre absence d’attention et notre inertie conduisent à une catastrophe annoncée et en marche ; aujourd’hui l’extinction des coraux…

Aug 21, 20235 min

Secrets d’indifférence- épisode3 | Requiem pour les requins

3ème opus de cette série « Secrets d’indifférence » consacrée à la découverte de ces sujets pour lesquels notre absence d’attention et notre inertie conduisent à une catastrophe annoncée et en marche ; aujourd’hui je vous invite à vous interroger sur le massacre inéluctable des populations de requins. www.longitude181.org

Aug 14, 20234 min

Secrets d’indifférence- épisode2 | comment noyer le poisson

2eme opus de cette série « Secrets d’indifférence » consacrée à la découverte de ces sujets pour lesquels notre absence d’attention et notre inertie conduisent à une catastrophe annoncée et en marche ; aujourd’hui le déclin inéluctable des populations de poissons. wwww.longitude181.org

Aug 7, 20234 min

Secrets d’indifférence-Episode1- Dans les fonds, on est …

Premier épisode d’une série de podcasts pour faire découvrir ce que notre indifférence à l’égard du vivant a pour conséquence, comment elle est exploitée, et par exemple comment les fonds sous-marins en sont une victime. Insidieusement, mais surement. Notre indifférence, une arme et un danger commun de l’humanité.

Jul 31, 20235 min

En Apnée – Episode 4 : Quel impact personnel au quotidien?

Qu’est ce qui pousse un individu à devenir apnéiste, voire apnéiste champion ? pourquoi la compétition ? Comment se passe un record d’apnée? quel état d’esprit anime un apnéiste ? quelles leçons la pratique de l’apnée peut elle donner ? Comment intégrer cette expérience dans une vie d’homme ? Dans cette série « en apnée », des réponses sont apportées par Rémy DUBERN, apnéiste champion, avec son expérience et ses réflexions personnelles . Retenez votre souffle ! bonne écoute !

Jul 24, 20235 min

En Apnée – Episode3 : Vivre l’expérience d’une performance

Qu’est ce qui pousse un individu à devenir apnéiste, voire apnéiste champion ? pourquoi la compétition ? Comment se passe une performance en apnée? quel état d’esprit anime un apnéiste ? quelles leçons la pratique de l’apnée peut elle donner ? Comment intégrer cette expérience dans une vie d’homme ? Dans cette série « en apnée », des réponses sont apportées par Rémy DUBERN, apnéiste champion, avec son expérience et ses réflexions personnelles . Retenez votre souffle ! bonne écoute !

Jul 17, 20235 min

Lettre ouverte aux amoureux de la guerre (Voix virtuelle/Partenariat POUR)

Bonjour ou bonsoir auditeurs ou lecteurs de Fréquence Terre. Tout d’abord, vous qui vous interrogez sur l’intelligence artificielle et autres technologies dites modernes, voici une expérience. Je suis une voix virtuelle qui, mot à mot, va vous lire la lettre ouverte envoyée par le chroniqueur Pierre Guelff à Madame Dedonder, ministre belge de la Défense. Son contenu est tout aussi intéressant pour expliquer la politique du ministre français des Armées, Sébastien Lecornu. Madame Dedonder, En lisant et relisant vos déclarations publiques et en analysant de plus près leurs contenus idéologiques, je ne me retrouve absolument pas en tant que citoyen dans cette volonté de déployer une véritable culture de guerre, au point, par exemple, de cautionner que l’on supprime quasiment la Protection civile pour favoriser les armées, de faire des économies ou autres accommodements dans les budgets de la Santé, de la Culture, de l’Enseignement, de la Recherche scientifique… La Belgique est mal ou très mal classée aux niveaux de la qualité de l’air, de la liberté de la presse, de l’enseignement des matières fondamentales (lecture et écriture), de la sécurité routière, de l’état des voieries, des rendez-vous de consultations médicales…, en revanche, elle fait figure de « bonne élève, le doigt sur la couture » en matière d’augmentation du budget des armées. Dans tout ce contexte, je pense que le titre de ministère de la Défense nationale devrait reprendre l’original : ministère de la Guerre. Jean Jaurès en appelant à la paix en 1913 (Photo DR/Domaine public). De plus, se présenter en tant que socialiste (Jean Jaurès doit se retourner dans sa tombe !) au lieu de sociale-démocrate, est, selon ma perception, un leurre, car vous devriez quand même savoir que le monde ouvrier et socialiste était originellement antimilitariste. La raison ? La solidarité entre gens du métier : ne pas attenter à l’intégrité physique d’un collègue de travail et, surtout, ne pas être complice du business déployé par l’industrie de l’armement au détriment des classes laborieuses, du peuple. Le militarisme bafoue allègrement les principes fondamentaux de pacifisme chers au mouvement socialiste. De plus, une femme, à qui la Nature a donné le merveilleux pouvoir de donner naissance à un enfant, peut-elle promouvoir une activité qui fait de ce futur adulte de la chair à canon ? C’est bien la raison des manifestations de courageuses mères et grand-mères de soldats en Russie, naguère en Argentine. Car, ne nous y trompons pas, la toute première vocation d’un militaire est bien d’apprendre à tuer. Et, je ne crois pas un instant à la sincérité intrinsèque d’une armée tournée vers des missions humanitaires. C’est l’arbre qui cache la forêt. Cette question éthique ne devrait-elle pas être d’application pour tout progressiste ? Alors, qu’est-ce qui motive pareil déploiement de militarisme ? La patrie ? Ce nationalisme, tellement décrié par Tolstoï, par exemple, doit être banni du vocabulaire progressiste et faire place à la Fraternité universelle, l’Histoire a démontré à suffisance à quoi menait le nationalisme. Le business de l’industrie de l’armement débouche sur des kyrielles de cimetières militaires… (Photo Pierre Guelff). Pour les armes belges envoyées à l’Ukraine, que l’on retrouve en Russie ou pas, peu importe, vous avez déclaré qu’un document spécifie avec chaque envoi qu’il s’agit d’armes de défense : c’est prendre les citoyens pour des minus habens qui goberaient pareil argument, comme si les destinataires de ces engins de mort avaient une quelconque conscience en la matière. Mais, suis-je tenté de vous demander : les affaires (business) primeraient-elles sur toutes considérations d’ordre éthique ? J’ai aussi lu que vous étiez fière d’avoir fait augmenter de manière considérable le budget des armées, là où l’enseignement du maniement des armes a pour unique but de détruire les êtres humains « ennemis », rappelons-le, voire de s’opposer par la force aux légitimes revendications citoyennes, comme ce fut réalisé dans le temps. Vous clamez une augmentation qui donnerait de l’emploi : c’est un mantra récurrent faisant totalement fi des préceptes humanistes, autre arbre qui cache la forêt. Comme cette volonté d’établir un service dit civique qui ne serait qu’un service militaire déguisé, à l’instar du Service National Universel (SNU) en France placé entre les mains de militaires qui, de la sorte, tentent de former une jeunesse soumise, embrigadée et exploitée au profit d’une idéologie droitière qui ne cache même pas sa satisfaction devant pareille organisation menée par un ministère régalien de l’État. À vrai dire, se prétendre socialiste et être gestionnaire des affaires entre le lobby de l’industrie de l’armement et des militaires et militaristes avides de galons et de notoriété, c’est très inquiétant pour la démocratie, car, selon Louis Lecoin : « S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre mon idéal avait des chances de pr

Jul 13, 20237 min

En Apnée – Episode 2 : Pourquoi aller toujours plus profond ?

Qu’est ce qui pousse un individu à devenir apnéiste, voire apnéiste champion ? pourquoi la compétition ? Comment se passe un record d’apnée? quel état d’esprit anime un apnéiste ? quelles leçons la pratique de l’apnée peut elle donner ? Comment intégrer cette expérience dans une vie d’homme ? Dans cette série « en apnée », des réponses sont apportées par Rémy DUBERN, apnéiste champion, avec son expérience et ses réflexions personnelles . Retenez votre souffle ! bonne écoute !

Jul 10, 20235 min

Le grand remplacement d’êtres humains (Partenariat POUR)

Bonjour ! Grand silence. Je répète : « Bonjour ! » J’ai beau ressasser cette marque de politesse élémentaire, rien n’y fait ! Je suis pourtant à un secrétariat médical de la très humaniste institution Université Catholique de Louvain, mieux connue sous l’appellation « Cliniques Saint-Luc » dans la capitale de l’Europe, eh bien, l’accueil est devenu glacial, mécanique, si j’ose dire, totalement inhumain. En effet, la traditionnelle secrétaire (plus rarement un homme) a tout bonnement été remplacée par une borne. C’est-à-dire une machine qui vous réclame par écran interposé votre pièce d’identité, vous demande de confirmer votre rendez-vous chez tel médecin, puis vous dit que tout est en ordre et que vous devez vous diriger vers telle salle d’attente. Au revoir et merci ! Grand silence, bien entendu. Ainsi, les citoyens se laissent de plus en plus envahir, jusque dans leur vie privée, par l’intelligence artificielle au point d’admettre sans broncher et le doigt sur la couture le remplacement de secrétaires par des bornes, de caissières de grandes surfaces par des caisses dites automatiques et, à présent, des reporters par logiciels. Je savais que des articles ou chroniques étaient déjà conçus par l’intelligence artificielle, mais un pas supplémentaire vient d’être franchi avec le remplacement de reporters sur le terrain par des commentaires de matches de tennis à Wimbledon gérés par des ordinateurs IBM. Une certitude, une seule. Tous les actionnaires, tant aux Cliniques Saint-Luc, que dans les grandes surfaces et à Wimbledon, qui concoctent ce grand remplacement d’êtres humains par des bornes, des caisses automatiques et des ordinateurs ont bien leurs propres yeux pour lire les faramineux dividendes qu’ils perçoivent à déshumaniser de telle sorte la Société. Et c’est bien en chair et en os qu’ils jouissent de cette politique ultracapitaliste tellement éloignée des concepts de solidarité humaniste. Le business avant et contre tout. Tel est leur leitmotiv dans l’existence.    

Jul 6, 20232 min

En Apnée – Episode1 : Itinéraire d’une démarche

Qu’est ce qui pousse un individu à devenir apnéiste, voire apnéiste champion ? pourquoi la compétition ? Comment se passe un record d’apnée? quel état d’esprit anime un apnéiste ? quelles leçons la pratique de l’apnée peut elle donner ? Comment intégrer cette expérience dans une vie d’homme ? Dans cette série « en apnée », des réponses sont apportées par Rémy DUBERN, apnéiste champion, avec son expérience et ses réflexions personnelles . Retenez votre souffle ! bonne écoute !

Jul 3, 20235 min

Violences populaires contre violences policières (Partenariat POUR)

Après lui avoir promis une balle dans la tête, tirer à mort sur un jeune conducteur à l’arrêt pour une infraction routière parce qu’il n’a pas obtempéré à une injonction policière, est-ce « inexcusable », comme le déclara le président Emmanuel Macron. Est-ce vraiment un acte « inexplicable » ? tel qu’il le souligna encore. C’est bien méconnaître ou occulter les violences policières qui tuent et mutilent depuis que la culture de l’excuse et de l’impunité à l’égard des forces de l’ordre règne dans ce milieu professionnel. Et, c’est sans compter avec la culture du mensonge de celui-ci afin de disculper l’auteur d’une bavure ou couvrir les faits d’un ripou. Culture développée au plus haut niveau de l’État. Alors, il ne faut pas s’étonner du tout qu’à la violence policière avérée et pratiquement autorisée, une violence populaire se développe comme un grand cri de saturation et d’indignation de citoyens, celui de la légitime colère. Voitures brûlées, matériel urbain saccagé, vitres volant en éclats contre la mort d’un être humain. On en est là. François Ruffin, outre député français du Nord de « Picardie debout » et qui connait bien le terrain, est avant tout un journaliste et essayiste aguerri, fondateur du magazine alternatif et indépendant Fakir, César du meilleur film documentaire avec Merci Patron ! C’est lui qui, sous le titre de Nahel : l’apaisement, mais comment ?, vient de déclarer « On n’en sortira ni par le déni, ni par la violence aveugle. On s’en sortira par le haut : par la vérité, par la justice, par l’égalité. Par une réconciliation nationale qui ne sera possible que si le Président Macron et le gouvernement remettent tout sur la table. Sans tabou. Nous, nous voulons la paix. Pas la guerre civile. La réconciliation nationale, il la faut. »  

Jul 1, 20232 min

Pourquoi la police tue (Partenariat POUR)

La mort de Nahel, ce jeune conducteur à l’arrêt et puis qui démarra, pour être ensuite abattu par un policier à Nanterre, déchaîne les passions, les inepties, les sous-entendus et rumeurs tout aussi scandaleux que l’intervention de ces forces dites de l’ordre. J’ai même lu sur les réseaux sociaux et entendu dans la bouche de politiciens qu’il l’avait un peu cherché ce gamin sans permis, et non pas fonçant sur les policiers. Un mensonge policier démenti par l’implacable vision d’une vidéo des faits, son en appui. Rappelons le prêchi-prêcha de ceux qui trouvaient que les journalistes de Charlie Hebdo et de Samuel Paty, abattus par le fanatisme religieux, l’avaient également bien cherché en montrant le visage du Prophète sur des caricatures. À vrai dire, au-delà de ces indécentes considérations populistes, il y a la dérive d’un système policier qui se croit quasiment tout permis, puisqu’il a le soutien inconditionnel des plus hautes autorités de l’État, malgré les récriminations de la Justice européenne et de l’ONU, notamment. Force doit revenir à la loi, coûte que coûte, clament-elles. Et que font-elles de la légitimité, celle de la conscience face aux diktats ? En Belgique, les autorités, ministre de l’Intérieur en tête, concoctent même une loi anticasseurs qui, en filigrane, tend à bâillonner les activistes écologiques et les syndicalistes progressistes qui les dérangent tant. Pourquoi la police tue-t-elle ? s’interroge Libé de ce 29 juin 2023 au surlendemain de la mort de Nahel ? Parce qu’il serait grand temps de légiférer clairement en la matière, d’appeler un chat un chat lorsque les forces de l’ordre dérapent et commettent des bavures, d’arrêter d’occulter ou de les minimiser, de ne plus admettre que le ministre de l’Intérieur considère principalement son travail pour protéger la police qu’il est censé diriger, de ne plus taire les causes de drames et de violences récurrentes, dont celle d’un racisme larvé, d’établir un contrôle externe indépendant, y compris de la police des polices. L’impunité policière est un temps révolu. Place au respect de la légitimité, nuance fondamentale par rapport à certaines lois antidémocratiques ou règles non précisées, comme celle de tuer pour un refus d’obtempérer lors d’un contrôle routier ou d’oser manifester son désaccord en présence de la destruction massive de l’environnement. Photo : Pixabay.  

Jun 29, 20233 min

Sciences participatives : pourquoi pas vous ?

Les sciences participatives sont mal connues. Pour comprendre leur intérêt, cette chronique vous propose le témoignage de 2 participantes à la semaine de sciences participatives organisée ce printemps par Longitude181, ayant pour objet l’étude des cachalots et globicéphales ( observation et bioacoustique). motivations, ambiance à bord, activités,…pas de doute , vous pouvez faire comme eux ..Qu’on se le dise : les préinscriptions 2024 sont ouvertes , et le nombre de places sera limitée.   D. KRUPKA www.longitude181.org

Jun 26, 20235 min

Macron et Cie : ce sont eux les casseurs ! (Partenariat POUR)

« Les vrais casseurs n’ont pas de cagoules mais des Rolex », fut un slogan lu dans une récente manifestation et repris en boucle sur les réseaux sociaux. Vu de Bruxelles, capitale de l’Europe, le président Macron perd de plus en plus de son aura qu’il s’était tissée à force de décisions que d’aucuns croyaient innovantes, responsables, sensées, voire visionnaires. Quel leurre ! Après des mois d’affrontements avec sa réforme des retraites, le voici sortant l’artillerie lourde, comme l’écrit Libé de ce jeudi 22 juin. Effectivement, avec le sinistre Darmanin à la manœuvre, de plus en plus droitier au point de le confondre avec un lepéniste, Macron a ordonné la dissolution de « Soulèvements de la terre », ce mouvement écologique de désobéissance civile au titre de violences et de menaces pour l’État de droit, alors que tous les deux savent très bien qu’elles sont principalement l’apanage du Black bloc avec l’appui de flics-casseurs infiltrés dans les manifestations. La terre crève, la terre brûle, la terre se noie, les séismes et phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient de manière dramatique, les glaciers et les pôles fondent, les mers et les océans sont devenus des cloaques, et les Macron et Cie ne trouvent rien de mieux que de casser un mouvement écolo plutôt que de se pencher avec efficacité sur l’urgence climatique. Pire, ils cataloguent ces écolos, souvent pacifistes, de terroristes. Ça, c’est un argument-bidon qu’ils apprécient ressortir comme une évidence, pareil à un mantra. Le poids des mots, le poids de populisme. Si le peuple, celui qui les nourrit et les blanchit de leurs taxes et impôts, n’est plus dupe, cela les émeut-il ? Même pas. Les caciques qu’ils se disent, sont en place, tirent les ficelles du pouvoir, pactisent avec les plus gros pollueurs, au nom, disent-ils, de l’emploi et du mieux vivre-ensemble, ou, sans vergogne, pour notre bien vivre-ensemble. Je rappelle un principe démocratique fondamental : il faut toujours préférer la légitimité à la légalité ! Dès lors, sous une forme ou une autre, poursuivre et surtout accentuer la désobéissance civile.   Photo : réseaux sociaux, dont Facebook.

Jun 22, 20232 min