
Choses à Savoir TECH VERTE
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Gagner des millions en vendant des maisons pour… l’accès à l’eau ?
Dans la ville Queen Creek en Arizona, ce ne sont pas moins de deux millions et demi de mètres cubes d'eau qui sont consommés chaque année. Et encore, il n’est pas certain que cette énorme quantité suffise à contenter les habitants de cet état désertique et aride où de vastes villas avec piscine, jacuzzi et gazon vert poussent comme des champignons. Queen Creek, c’est la banlieue résidentielle de la capitale de l’état : Phoenix. Mais s’il y a autant de maisons aussi luxuriantes dans un paysage qui en théorie n’est pas très accueillant, c’est surtout à cause d’une entreprise assez maline. D’après une enquête du journal The Guardian, dont le lien est dans la description de cet épisode, Greenstone Resource Partners LLC a vendu à la municipalité, les droits d'utilisation de l'eau liés à des terrains situés à Cibola, une petite ville rurale bordant le fleuve Colorado, pour 24 millions de dollars.Depuis juillet dernier, l'eau est propulsée en abondance de Cibola vers Queen Creek, à 320 km de distance, via une canalisation. Pour l’entreprise Greenstone, cette belle opération cache pourtant des dessous peu glorieux. D’après le Guardian, la société a je cite "stratégiquement acheté des terres et exercé son influence pour faire avancer l'affaire", et ce, "en exploitant les arcanes des politiques de l'eau qui régissent le fleuve Colorado" fin de citation.Tout s’est d’abord déroulé dans la discrétion. L'achat des terrains s'est fait sous le nom de GSC Farm, ce qui n'a donc pas alerté les habitants du coin, pour la plupart des fermiers. Et si la filiale de Greenstone dans un premier temps loué ces terres à des agriculteurs, la société attendait en fait de lever certains obstacles administratifs avant de dévoiler ses réelles intentions… Car aux Etats-Unis, le processus de vente et de transfert de l'eau peut s'avérer très "bureaucratique et compliqué". Je cite le Guardian, "dans la plupart des cas, une entreprise comme Greenstone doit d'abord convaincre les autres propriétaires fonciers de leur district d'irrigation local d'autoriser la vente. Puis, obtenir l'approbation du département des ressources en eau de l'État et du Bureau of Reclamation des États-Unis, l'agence fédérale qui gère l'eau dans l'ouest du pays" fin de citation. Mais entretemps, le directeur général et vice-président de Greenstone Mike Malano, s'est fait élire au conseil d'administration du "district d'irrigation et de drainage de la vallée de Cibola" – une organisation qui supervise la distribution de l'eau pour l'agriculture dans la région. Dès lors, il ne lui restait plus qu’à influencer les décisions en sa faveur au risque de tomber dans le conflit d’intérêt. Aujourd’hui, ceux qui contestent la transaction de Greenstone devant les tribunaux craignent que ce précédent n'ouvre littéralement les vannes à de nombreuses autres ventes d'eau, permettant ainsi aux investisseurs de tirer profit de la sécheresse. Enquête : https://www.theguardian.com/environment/2024/apr/16/arizona-colorado-river-water-rights-drought Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’IA peut prédire l’arrivée d’El Niño ?
On ne cesse de le répéter dans ce podcast, mais l'intelligence artificielle offre des perspectives révolutionnaires dans le domaine de la météo. Bien au-delà des simples prévisions météo à sept ou dix jours d'échéance, certains phénomènes naturels ont des conséquences tellement grandes sur la société qu'ils nécessitent d'être anticipés plusieurs mois en avance. C'est le cas des bien connus El Niño et La Niña qui peuvent engendrer des catastrophes naturelles, et impacter fortement l'agriculture de beaucoup de pays, pour ne pas dire : leur économie.La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) vient d'annoncer qu'un programme de recherche utilisant deux IA permet de prédire l'arrivée de ces phases 18 mois avant qu’elle ne se produise. Concrètement, les chercheurs travaillant sur ce projet ont entraîné leur IA sur des situations météo des années s’étant produites de 1950 à 2007. Ils ont ensuite testé l’efficacité de leur modèle sur les années 2008 à 2022, ce qui leur a permis de constater que l’IA pouvait prévoir l'anomalie de température dans l'océan Pacifique (c’est à ça que l’on reconnait El Niño et La Niña).Au final, les résultats présentent une efficacité inédite. Les phases les plus extrêmes (comme les supers El Niño) sont les mieux détectées, avec une fiabilité des IA de 85 % à six mois d'échéance, 70 % à douze mois d'échéance et 55 % dix-huit mois avant que l’événement ne se produise. Jusqu'à maintenant, les modèles de prévision permettaient de prévoir El Niño et La Niña huit mois en avance, mais avec une fiabilité de 80 à 90 % seulement trois à quatre mois avant. La phase actuelle El Niño 2023 et 2024 touche à sa fin, et La Niña va se mettre en place au cours de l'été et de l'automne pour durer jusqu'à mi-2025 au moins. La NOAA n'a, à ce jour, pas encore annoncé ce que l'IA avait prévu pour la suite, à partir de 2026. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Trois fois plus de plastique d’ici 2060 ?
Je ne vous apprends rien, le plastique est un fléau pour la planète. L'année dernière, pas moins de 460 millions de tonnes de plastiques ont été produites dans le monde, et à l'allure où vont les choses, ce chiffre pourrait être multiplié par trois d'ici 2060. Les enjeux financiers sont d’ailleurs colossaux, étant donné que la filière du plastique déclare aujourd'hui un chiffre d'affaires annuel de 1 000 milliards de dollars.Si l’ONU veut lutter contre la pollution plastique via un traité international, les ONG sont-elles beaucoup plus offensives, en demandant je cite « un accord de réduction de la production de 50 % minimum - par rapport à 2019 et à l'horizon 2040 voire 2050 ». Ces mots, ce sont ceux d’Henri Bourgeois-Costa, directeur des affaires publiques à la Fondation Tara Océan. Si pour lui, je cite, « c'est non seulement souhaitable, c’est surtout faisable ! » fin de citation. Le réel problème du plastique, au-delà de ses 400 millions de tonnes de déchets qu’il génère chaque année, c’est je cite « que le plastique menace de vivant et l'environnement tout au long de son cycle de vie. » fin de citation. Comme le rappelle Henri Bourgeois-Costa, les plastiques contribuent déjà à un peu plus de 3 % des émissions de gaz à effet de serre, soit « plus que le secteur aérien ». Pire, ce taux pourrait être quintuplé en un peu moins de quarante ans, atteignant d’après certaines estimations les 15% d’ici 2060.Si d'un point de vue environnemental ou encore de santé publique, il semble assez clair que nous devrons nous passer de plastiques, certains travaux suggèrent aussi que cela pourrait avoir un avantage... économique ! Car il y a aujourd'hui environ 35 000 plastiques différents en circulation, pour 16 000 molécules utilisées. Or, des travaux sur les coûts de ces molécules n'ont été menés que sur... quatre d’entre elles, dans une partie limitée du monde, à savoir l'Europe, les États-Unis et le Canada. Toujours d’après Henri Bourgeois-Costa que je cite, « la science nous dit qu'en comptant simplement sur les ressources et les alternatives de substitution existantes, nous pourrions arriver à réduire de 50 % notre production. Les économistes avancent qu'il nous en coûterait quelque 3 250 milliards de dollars par an sur les 25 prochaines années. Cela peut sembler beaucoup, mais le coût de l'inaction, lui, est estimé à deux fois plus, quasiment 6000 milliards de dollars, ce qui représente deux fois le PIB de la France. » fin de citation. Des chiffres qui font penser à Henri Bourgeois-Costa que, je cite « réduire la production de plastiques de 50 %, ce n'est qu'une question de volonté politique » fin de citation. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Technicien en éolienne, un métier d’avenir ?
En France, le nombre d'emplois directs et indirects liés à la filière éolienne était de 28 266 fin 2022, soit 11% de plus par rapport à 2021, selon France Renouvelables. Près de 900 sociétés, en majorité des PME, portent ce secteur dans l'Hexagone avec de nombreux salariés spécialisés dans l'exploitation, la maintenance, l'ingénierie et la construction. Et si l’on regarde du côté des Etats-Unis, alors il y a fort à penser que les métiers de techniciens en éolienne seront à l’avenir très intéressants. Outre Atlantique, on s’attend à ce que les réparateurs d’éoliennes soient de plus en plus nombreux dans les dix prochaines années, avec une croissance estimée à +45%. Si la promesse d’un emploi stable et bien payé est là, ça n’en reste pas moins un job assez exigeant. On estime qu'aux Etats-Unis, 5 000 nouveaux postes de techniciens éoliens seront créés d'ici 2032. Et si le métier est technique, il est aussi physique. Mieux vaut par exemple ne pas avoir le vertige, voire même être carrément amateur de sensations fortes, car partir à l'assaut d'éoliennes de 90 ou 100 mètres de haut fait partie du quotidien des techniciens. D’après le média spécialisé Wired qui a pu interroger plusieurs de ces réparateurs, un technicien en éolienne doit posséder un solide bagage en mécanique, mais aussi en électrotechnique et en maintenance des systèmes, même si visiblement, le critère de recrutement numéro un reste la passion pour les énergies renouvelables. Car si les connaissances et la technique peuvent être enseignées, c’est moins le cas pour la passion. Concrètement, les journées d’un technicien en éoliennes sont loin d’être monotones. Entre l'évaluation de l'état des turbines, la résolution de problèmes divers comme le changement d'huile, de générateur ou autres, il y a toujours de quoi s'occuper. Je cite Wired « si un parc éolien possède 100 turbines, vous aurez 200 contrôles à effectuer sur l’année » fin de citation, sachant qu’un seul contrôle peut prendre une journée entière.Aux États-Unis, le salaire horaire moyen tourne autour de 35 dollars pour les salariés du secteur privé. Un technicien en réparation d'éoliennes perçoit entre 25 et 50 dollars de l'heure durant sa carrière. Avec l’appui d’un syndicat, cette rémunération peut même grimper à 65 dollars de l'heure. Et clairement, les opportunités d'évolution sont nombreuses, avec la possibilité de se spécialiser dans différents domaines techniques, ou de devenir superviseur par exemple. Mais le principal défi du métier reste sans aucun doute : le travail en hauteur, parfois même dans des conditions climatiques difficiles, sous la pluie, le soleil brûlant, mais surtout les vents forts. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des biocarcurants pour avion à base d’eaux usées ?
La start-up britannique Firefly a mi-avril qu’elle allait ouvrir la première usine mondiale de biocarburant à partir d'eaux usées, se félicitant au passage de ne jamais manquer de matière pour ses productions. Soyons factuels, l'utilisation de ce biocarburant n'est, à ce stade, pas autorisée dans l’aviation. Ceci dit, le constat de l'entreprise britannique Firefly est assez simple et clairement irréfutable. Les humains ont besoin de se déplacer. Et là où il y a des humains, il y a des excréments, et donc potentiellement du carburant. Cette avait d’ailleurs déjà été exploitée au Royaume-Uni il y a plusieurs années avec des bus roulant déjà à base de carburant issus des déjections humaines. Quoiqu’il en soit, cette première usine mondiale transformant les eaux usées en carburant pour avions sera implantée à Harwich, dans le comté d’Essex.Dans le détail, Firefly s'est donné un objectif : fournir du carburant très peu carboné, et cela, à partir de 2028. Un accord a même déjà été signé avec la compagnie hongroise Wizz Air, qui finance le projet, et attend la livraison de 525.000 tonnes de carburant d'aviation durable sur 15 ans. À noter que ce biocarburant pourra se mélanger à 50% avec le kérosène sans que les moteurs d'avions n'aient à être modifiés. Tout au long de sa vie, ce carburant alternatif émettra jusqu'à 92% de gaz à effet de serre de moins que les combustibles fossiles, selon les calculs de Firefly. Si l’entreprise n’est pas rentrée dans le détail de son processus, certains observateurs estiment que Firefly utilise de la boue d’épuration, composée donc de matière fécale est chauffée à très haute température et sous haute pression pour obtenir une solution aqueuse similaire au pétrole et pouvant être raffinée de la même manière, sans les inconvénients de la pollution après combustion. Pour l'instant, Firefly est dans l'attente d'une autorisation pour alimenter les avions avec son invention. Mais les autorités encouragent ce genre de découvertes et innovations. Le gouvernement britannique a d'ailleurs signé un mandat obligeant les compagnies aériennes à utiliser au moins 10% d'énergies durables d'ici 2030. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Du sel dans les nuages pour lutter contre le réchauffement ?
C'est une première, les États-Unis ont testé un procédé de géoingénierie en extérieur pour tenter de limiter le réchauffement climatique. Si des expériences similaires ont déjà été menées en Asie et au Moyen-Orient, cela n'avait jamais été officiellement le cas aux États-Unis. Dans le détail, l'expérimentation s'est déroulée mardi 2 avril dans la baie de San Francisco en Californie d’après le journal Scientific American, et cela, sans que personne ne soit au courant.Des chercheurs de l'université de Washington ont tenté de gérer le rayonnement solaire, via la géoingénierie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée était sur le papier assez folle : injecter certaines substances dans les nuages pour les rendre plus brillants et leur permettre de réfléchir davantage les rayons du soleil. En les renvoyant en dehors de la Terre, la chaleur de la lumière repart aussi vers l'espace. Le test effectué début avril n'était qu'une première phase d'un processus plus long, car d'autres tests vont avoir lieu ces prochaines semaines, et cela jusqu'à la fin du mois de mai. Concrètement, les substances injectées sont des aérosols constitués de sel de mer. Problème, l’impact écologique n’est pas négligeable car ces particules de sel retombent forcément ensuite sur terre et dans les océans. Ceci dit, en interagissant avec les lois de l'atmosphère, les chercheurs risquent de perturber l'évolution de la météo, et dans l'atmosphère, tout est lié, un phénomène en influence un autre, ce qui signifie qu’injecter du sel dans les nuages pour renvoyer la chaleur vers l’espace entrainera forcément des réactions en chaines que l’on ne maitrisera pas.Pourquoi faire ça dans le secret ? Car les scientifiques responsables de l'expérience craignaient des protestations de la part des citoyens et des rassemblements. Le projet aurait été financé par des investisseurs de la Silicon Valley, mais aussi par des associations écologiques. Une expérience similaire avait déjà été prévue par l'université d'Harvard en mars, mais cette fois-ci au niveau de la Suède… un test qui avait finalement été annulé face aux protestations des habitants. Pour le moment, les chercheurs impliqués dans l'expérience américaine ont refusé de répondre à toute question de la presse concernant les résultats du premier test, mais aussi sur les craintes environnementales que cela soulève. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Disperser les cendres des défunts dans la nature par drone ?
Connaissez-vous Terra Ciela ? Il s’agit d’une jeune entreprise qui propose de disperser les cendres des défunts au-dessus de magnifiques sites naturels français. Une pratique nouvelle qui, en plus d'être abordable par rapport à d'autres alternatives, revêt un aspect à la fois poétique mais aussi écologique.Derrière cette idée se trouve Franck Siguier, fondateur de Drones Pluriel, une société spécialisée dans les drones. Si rien n’indiquait au préalable que cette idée pourrait devenir un commerce viable, une étude de marché menée par Siguier a démontré que la demande était bel et bien présente. Ainsi, Terra Ciela opère depuis le mois de septembre, avec une offre simple : transporter par drone l'urne contenant les cendres d'un défunt, puis les disperser depuis le ciel au-dessus d'un site spécifique. Pour l’heure trois zones sont disponibles sur le site de Terra Ciela : la Montagne Noire dans le Massif central, la baie du Mont Saint-Michel et Chamonix, offrant une vue sur le massif du Mont-Blanc, et il serait même possible via l'offre « Excellence » de choisir son propre site de dispersion. L’entreprise dit qu’elle se chargera alors de mener des missions de repérage pour s'assurer que la dispersion est possible, puis d'obtenir les licences nécessaires auprès des autorités. Car si la dispersion de cendres dans tout espace naturel non aménagé est autorisée depuis 2008 en France, la voie publique, les lieux publics, ainsi que les cours d’eau et les retenues d'eau sont interdites.Aujourd’hui, la demande pour les services de Terra Ciela ne cesse de croître étant donné que la crémation est moins coûteuse que l'inhumation, et représente 50 % des cérémonies funéraires en France. Certaines estimations annoncent que cette cérémonie devrait même devenir majoritaire aux alentours de 2030. Côté tarif, l'entreprise propose des forfaits allants de 420 euros à plus de 1 750 euros pour une demande personnalisée. Ceci dit, qu’en est-il du côté écologique ? Et bien d’après une enquête de ma BCC, les cendres humaines sont un matériau inerte composé de matière inertes comme la cellulose, tanins, sels de calcium et de potassium, carbonates et phosphates, entre autres composants inertes. Du coup, si le corps est brûlé avec un bois 100% pur, ces cendres peuvent devenir un engrais pour la terre, et même avoir des bienfaits dans l’environnement aquatique. Cependant, les substances toxiques contenues dans les cercueils, tissus d’ameublement et produits de tanotopraxie non certifiés peuvent être converties en substances organiques volatiles qui doivent être piégés par les filtres des crématoriums avec les gaz à effet de serre et autre particules polluantes. Malheureusement, ce ne serait pas le cas de tous les crématoriums d’après la BBC. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le vélo est-il passé devant la voiture à Paris ?
À Paris comme dans d’autres villes plus ou moins grandes, la voiture est progressivement délaissée au profit du vélo, des transports en commun, de la marche à pied ou des scooters par exemple. Et d’après les résultats de l’Enquête Mobilité par GPS (EMG) de l'Institut Paris Région, dont l’objectif était de diversifier la connaissance de la mobilité des Franciliens au sortir de la pandémie de Covid-19, il semblerait que le vélo soit passé devant la voiture dans la capitale française.Concrètement, entre octobre 2022 et avril 2023, plus de 3 330 Franciliens âgés de 16 à 80 ans ont accepté de s’équiper d’un traceur GPS qui a enregistré leurs déplacements durant sept jours consécutifs. Tous modes de transports confondus, l'enquête révèle notamment que le temps de déplacement total d'une personne sur une journée serait de 92 minutes en semaine, de 67 minutes le samedi, et de 49 minutes le dimanche. Toujours selon cette même enquête, les déplacements liés au travail représentent deux tiers des déplacements pour les ouvriers et plus de la moitié pour les employés. Au total, ce sont plus de 34,5 millions de déplacements qui sont comptabilisés par jour en Île-de-France, avec une nette baisse le weekend, puisque pas moins de 24 % des Franciliens ne se déplaceraient plus le dimanche.A l’échelle de la région Ile de France, la voiture reste le premier mode de transport utilisé. Mais du côté de Paris et de la petite couronne, ce sont les transports en commun qui sont privilégiés, à hauteur de 45 %, avec une forte part pour le vélo, qui représente 30 % des déplacements ! Pour ce qui est des déplacements dans Paris intra-muros, la voiture chute à moins de 5% contre 11% pour les vélos. Une belle progression quand on sait qu’il y a quinze ans, la part du vélo était d'environ 3 %. Mais le roi du déplacement dans la ville de Paris est bien sans surprise : la marche avec plus de 53%, suivie par les transports en commun (30 %). L'Institut Paris Région indique que les enseignements tirés par cette première édition de l’enquête Mobilité par GPS serviront à consolider la méthodologie en vue d’autres éditions en Île-de-France ou sur d’autres territoires. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Telsa : pas de modèle à moins de 25 000 €, mais des robotaxis ?
On en a déjà parlé dans ce podcast, Tesla a pour projet de construire un nouveau modèle de véhicule électrique abordable, soit à moins de 25 000€ pour toucher les classes moyennes et s’ouvrir un nouveau marché. A ce jour, seuls les plus aisés peuvent en effet s’acheter une Tesla et en assurer la maintenance. Mais force est de constater que cette ambition, qui semblait en passe de se réaliser depuis un an, aurait quelque peu disparu côté Elon Musk.Si l'on en croit les informations de l’agence de presse Reuters, qui s'appuie sur trois sources différentes pour affirmer la fin de ce projet, je cite : « Tesla a annulé la voiture bon marché promise depuis longtemps et sur laquelle les investisseurs comptaient pour faire de Tesla un constructeur automobile de masse » fin de citation. De son côté, Elon Musk n’a pas tardé à démentir. Si une Tesla à moins de 25 000 dollars (soit environ 23 000 euros) ne verra vraisemblablement pas le jour de sitôt, Elon Musk aurait une tout autre idée en tête.Sur X, le patron de Tesla a posté un message dans lequel il donne rendez-vous aux internautes le 8 août prochain pour la présentation de son robotaxi. Ne serait-ce pas là une déclaration qui corroborerait les informations de Reuters ? D’après le média spécialisé The Verge, le milliardaire aurait expliqué à ses employés que l'entreprise préférerait abandonner l'idée d'une voiture électrique pas cher, au profit d'un véhicule autonome qui serait très supérieur à tous ceux existants sur le marché à l'heure actuelle. Une aubaine pour les constructeurs chinois à bas coût, notamment Byd, qui voient s’éloigner le spectre d’une potentielle menace de Tesla à moins de 25 000 dollars. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Enfin un Observatoire sur l'impact des énergies renouvelables sur la nature ?
Quel est l'impact des parcs d'éoliennes terrestres ou de panneaux photovoltaïques sur la nature et les paysages ? Voilà une question auxquels bon nombre d’opposants ou de pro énergies renouvelables aimeraient avoir une réponse. Et bien figurez-vous qu’un observatoire national vient d’être créé pour y voir plus clair, comme mentionné dans un décret publié dimanche au Journal officiel. La création de cet "observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité" était prévue par la loi du 10 mars 2023 visant à accélérer la production d'énergies renouvelables. Il s’agissait notamment d’une demande de l'association France nature environnement, qui juge indispensable de prendre en compte les impacts sur les écosystèmes je cite "pour opérer une transition écologique et énergétique véritablement vertueuse".Désormais, il incombe à l'Office français de la biodiversité (OFB) et à l'Agence de la transition écologique (Ademe) de faire je cite « la synthèse des connaissances disponibles au travers des études et données existantes sur les incidences des énergies renouvelables terrestres sur la biodiversité, les sols et les paysages » fin de citation. Les deux organismes doivent aussi jauger je cite "l'efficacité des dispositifs d'évitement, de réduction, ou de compensation accompagnant le développement des énergies renouvelables" fin de citation. Selon le texte du décret, l'observatoire pourra « réaliser ou solliciter la réalisation, de manière ponctuelle et ciblée, des études et expertises spécifiques sur des sujets d'intérêt en lien avec ses missions » fin de citation. Un autre décret régissant la cohabitation entre production de nourriture et d'énergie solaire sur les terres agricoles devrait être publié prochainement… un texte attendu de longue date par les énergéticiens et le monde agricole. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le réchauffement climatique perturbe ordinateurs et GPS ?
Depuis 1967, des métrologues ont mis au point des horloges atomiques, infiniment précises, pour s'assurer que le temps reste bien une valeur universelle, partagée à l'échelle mondiale. Cette valeur est nécessaire pour régler des appareils comme des ordinateurs, des systèmes de communication, ou encore les infrastructures GPS. Ces mêmes métrologues ont alors constaté un ralentissement de la vitesse de rotation de la Terre et mis au point un système permettant de s'y adapter. Mais celui-ci ne fonctionnerait pas si la planète devait accélérer sa course, ce qui est le cas depuis près d'une décennie. Cela pourrait poser de vrais problèmes à l'infrastructure informatique mondiale.Depuis que l'on mesure le temps de manière aussi précise, la rotation de la Terre n'a pas toujours été régulière, et l'on a pu constater des écarts de l'ordre de quelques millisecondes d'un jour à l'autre, en plus ou en moins. Depuis le début des années 1970, la tendance était plutôt de voir la rotation de la Terre se ralentir. Ce problème avait été réglé grâce à la création d'une « seconde intercalaire », ajoutée dans les horloges des ordinateurs dès que le décalage constaté dépasse la seconde. La dernière fois que cette correction a été ajoutée remonte à 2016. Sauf que depuis cette date, la tendance semble s'être inversée, et désormais, la Terre prend légèrement moins de 24 heures pour tourner sur elle-même. Un phénomène qui a culminé en 2020, où la Terre a battu son record du jour le plus court pas moins de 28 fois. Devant l'installation de cette tendance, la seconde intercalaire devrait être supprimée à partir de 2035. Mais il faut désormais trouver une parade dans l'autre sens.À ce jour, la journée la plus courte jamais enregistrée a eu lieu le 22 juin 2022 et a duré… 1,59 milliseconde de moins que les 24 heures normalement prévues. La création d'un pendant négatif à la seconde intercalaire a bien sûr été envisagée, mais les ordinateurs et autres systèmes de communication pourraient très mal y réagir. Selon Duncan Agnew de l'Institut de géophysique de l'université de Californie à San Diego, les programmes « supposent qu'elles sont toutes positives », et une seconde négative risquerait de causer une désynchronisation entre les ordinateurs et les satellites. Toutes les raisons de cette accélération de la rotation de la Terre ne sont pas connues. Mais, une fois n'est pas coutume, le réchauffement climatique pourrait bien être la cause de ce phénomène. On sait depuis les années 1950 que la fonte des glaces a tendance à ralentir la rotation de la Terre. Sans réchauffement climatique, une seconde négative aurait ainsi été nécessaire dès 2026, contre environ 2029 au rythme actuel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Une coopération Japon-UE sur les matériaux avancés ?
Début avril, l'Union européenne et le Japon ont annoncé avoir lancé des négociations sur la question des matériaux avancés, utilisés notamment dans de nombreux secteurs de pointe. Les deux entités souhaitent donc coopérer pour jouer un rôle de premier plan sur différents marchés technologiques. Et comme je viens de le dire, tout cela passe par les matériaux rares. On les retrouve donc dans des batteries sodium-ion par exemple, qui permettent un stockage d'énergie moins coûteux et plus durable, ou de nanoparticules métalliques qui vont améliorer la conversion d'énergie dans les panneaux solaires.Bref, inutile de citer toute une liste de noms dont on n’a jamais entendu parler, mais vous l'aurez compris, les matériaux avancés sont utilisés dans les batteries, les semi-conducteurs, les énergies renouvelables etc. Etant donné que la demande devrait logiquement augmenter ces prochaines années, je cite la commission européenne, « les matériaux avancés sont devenus un facteur important pour la compétitivité des industries européennes et constituent des éléments essentiels de la résilience et de l’autonomie stratégique de l’UE » fin de citation.Pour l'Union européenne, la recherche sur les matériaux est un vrai domaine stratégique, que cette coopération avec le Japon tend à renforcer. D’ailleurs, tous deux sont déjà liés sur la question depuis les années la période 2007-2013 ou un programme cadre avait été mis en place. Si vous ne l’avez pas encore compris, l'UE et le Japon veulent jouer un rôle de premier dans le domaine des matériaux avancés. Les discussions à ce sujet progressent d’ailleurs assez bien grâce au partage de connaissance dans le domaine des sciences et des matériaux, comme le remplacement des métaux critiques ou des matériaux avancés pour l'électronique de puissance. Enfin, je cite la commissionnaire à l’innovation et à la recherche de l’Union Européenne Iliana Ivanova : « ces matériaux sont essentiels à notre transition vers un avenir écologique et, en unissant nos forces, nous pouvons y parvenir plus rapidement. Je me réjouis à la perspective de voir les résultats de cette nouvelle coopération avec le Japon ». Si tout semble se passer au mieux avec le Japon, espérons que des résultats concrets puissent être observés dans les mois à venir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un procès historique contre Shell ?
Le géant pétrolier Shell fait de nouveau face à la justice, plus précisément devant une cour d'appel néerlandaise, où sept ONG environnementales locales accusent l’entreprise de ne pas avoir mis en œuvre un jugement de 2021 lui ordonnant de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Un tribunal de La Haye avait en effet ordonné à Shell de réduire ses émissions nettes de CO2 d'au moins 45 % d'ici la fin 2030 par rapport à 2019. La procédure judiciaire, appelée "le peuple contre Shell", avait été lancée en avril 2019 par plusieurs ONG, dont Les Amis de la Terre et Greenpeace. Par ailleurs, plus de 17 000 citoyens néerlandais s'étaient également constitués partie civile. Si le jugement avait été qualifié d'historique par les militants, qui soulignaient le fait qu'aucune autre multinationale n'avait alors été contrainte par la justice de s'aligner sur l'accord de Paris de 2015 sur le climat, rien n’indique qu’il ait été vraiment appliqué, d’autant que dès l'annonce, Shell avait annoncé son intention de faire appel, estimant qu'il n'y avait pas de base légale pour les revendications des ONG.Les ONG, elles, accusent le géant pétrolier d'inaction. D’après Donald Pols, qui dirige Milieudefensie (Défense de l'environnement), la branche néerlandaise des Amis de la Terre, une nouvelle étude révèlerait je cite « que Shell continuera à investir des milliards de dollars dans des projets pétroliers et gaziers (nouveaux) pendant les prochaines décennies […] De plus, Shell a annoncé son intention de réduire ses ambitions climatiques, choisissant volontairement d'ignorer son rôle dans la lutte contre la crise climatique » fin de citation.L'étude en question, réalisée par Milieudefensie et le groupe de recherche sur les énergies fossiles Oil Change International, relève que Shell a je cite « également pris la décision finale d'approuver vingt grands projets pétroliers et gaziers, dont six rien qu'en 2023 […] La base scientifique sur laquelle nous fondons nos allégations contre Shell n'a fait que se solidifier » fin de citation. A noter que le lien vers cette étude est dans la description de cet épisode si vous souhaitez la consulter.De son côté, Shell nie avoir ignoré la décision du tribunal de 2021. Outre le fait qu'il a jusqu'en 2030 pour la mettre en œuvre, le groupe fait valoir qu'il compte investir entre 10 et 15 milliards de dollars entre 2023 et 2025 dans des solutions énergétiques à faibles émissions de carbone, soit 23 % de ses dépenses en capital. Le géant pétrolier juge le verdict de 2021 "inefficace et même contre-productif dans la lutte contre le changement climatique". Reste désormais à savoir quelles actions seront mises en œuvre par Shell et surtout, quelle sera l’issue de ce procès en appel. Etude : https://en.milieudefensie.nl/news/shell-vs-climate-expanding-oil-and-gas-fueling-the-climate-crisis Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Barrages : peut-on capter les rejets de méthane ?
Les barrages hydroélectriques produisent environ 6 % des émissions de méthane de la planète et continuent de polluer plus de 20 ans après leur construction, d'après un article d’une équipe de chercheurs québécois dans la revue Nature Geosciences en septembre 2022. Ce gaz à effet de serre, plus puissant que le dioxyde de carbone mais persistant moins longtemps dans l'atmosphère, est émis par des bactéries qui dégradent la matière organique présente notamment au fond des réservoirs. Or, le passage de l'eau dans les turbines pour produire de l’électricité déclenche la libération des bulles de méthane stockées au fond des réservoirs.Etant donné que la décomposition des restes végétaux par les microorganismes dans ces réservoirs tend à diminuer au fil du temps, "le pire est derrière nous", d’après cette équipe de chercheurs, qui souligne cependant je cite « que l’on assiste depuis quelques années à un nouveau boom de projets, notamment en Asie et en Amérique du Sud ». Mais contrairement à hier, des startups tentent aujourd'hui de capter le méthane issu de ces installations et de l'exploiter comme source d'énergie, C’est le cas de Louise Bentata, directrice générale et cofondatrice de Bluemethane, qui développe au Royaume-Uni, une technologie qui capture le méthane des masses d'eau telles que les réservoirs (d'hydroélectricité) et les stations d'épuration.Une fois capturé, le méthane peut ensuite être utilisé comme biogaz pour la production d'électricité ou transformé en gaz naturel, qui peut servir au chauffage, à la production d'électricité ou comme carburant pour des véhicules. Il peut également être converti en hydrogène ou utilisé dans des piles à combustible pour produire de l'électricité. Si près des trois quarts des augmentations de capacité hydroélectrique mondiale en 2022 ont eu lieu en Chine d’après l’Agence internationale de l'énergie, l'équipe de Bluemethane mesure actuellement les émissions de ce gaz au niveau d'une vingtaine de réservoirs situés au Brésil, où l'hydroélectricité est la principale source d'énergie, ainsi qu’au Cameroun.On est d’accord, l'utilisation du méthane à des fins énergétiques finit par libérer du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, mais, d’après l’article, pas plus que ce que la matière organique se décomposant au fond des réservoirs finirait de toute façon par dégager. La technologie développée par Bluemethane pourrait s'avérer encore plus utile au niveau des bassins où finissent les eaux usées, d’après la physicienne Carole Helfter. « l'un des lacs de Bangalore, en Inde, qui reçoit chaque jour les eaux usées non traitées de millions de personnes, produit tellement de méthane qu'il prend parfois feu. Dans des endroits comme celui-ci, si l'on peut exploiter ces grandes quantités de méthane, on peut créer de l'énergie et réduire le risque d'incendie » fin de citation. Si certaines initiatives ont déjà été mise en place, il faudrait un déploiement à grande échelle pour limiter l’impact du méthane. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Combien de repas sont gaspillés chaque jour dans le monde ?
Le gaspillage alimentaire… De l’histoire ancienne me direz vous… Car oui, on le sait que gaspiller de la nourriture c’est mal. Donc, tout le monde finit son assiette ! Et bien figurez vous que non, le gaspillage alimentaire est encore un énorme sujet en 2024, avec une grande responsabilité des ménages ! En 2022, les foyers du monde entier ont jeté inutilement l'équivalent d'un milliard de repas chaque jour, selon les estimations de l'ONU. Sauf que ces estimations de la nourriture comestible jetée est dans la fourchette basse… ce qui signifie que "le montant réel pourrait être bien plus élevé", selon le rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement.D’après Richard Swannell, de l'ONG WRAP, qui a participé à l'écriture du rapport, que je cite "on pourrait nourrir toutes les personnes qui souffrent de la faim dans le monde, soit environ 800 millions avec un repas par jour, juste avec la nourriture qui est gaspillée" fin de citation. Dans le détail, les ménages ont représenté 60 % de ce gâchis, soit 631 millions de tonnes dans le monde en 2022 sur plus d'un milliard au total. Les services de restauration (cantines, restaurants etc.) ont compté pour 28 % et les supermarchés, boucheries et épiceries en tout genre pour 12 %. Au total, c'est l'équivalent de plus de 1 000 milliards de dollars par an jetés à la poubelle inutilement, selon l’ONU. Ce rapport, le deuxième publié sur le sujet, fournit l'état des lieux le plus complet à ce jour, dont le lien est dans la description de cet épisode.Une grande partie du gâchis qui a lieu à la maison serait liée au fait que les gens achètent plus que ce dont ils ont vraiment besoin, évaluent mal la taille des portions et ne mangent pas les restes, selon Richard Swannell. Les consommateurs mettent aussi à la poubelle des produits parfaitement comestibles mais dont la date de péremption est dépassée. Beaucoup de nourriture est aussi perdue pour d'autres raisons que la simple négligence, en particulier dans les pays en développement, par exemple à cause de problèmes de réfrigération. Mais contrairement à une idée reçue, le gaspillage n'est pas seulement "un problème de pays riches" et peut être observé dans le monde entier. Du côté des entreprises, il est souvent moins coûteux de simplement jeter la nourriture que de trouver une alternative plus durable. Ce gaspillage, qui concerne quasiment un cinquième de la nourriture disponible, génère jusqu'à 10 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et nécessite d'immenses terres agricoles pour faire pousser des cultures qui ne seront jamais mangées. Rapport de l’ONU : https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/45230/food_waste_index_report_2024.pdf?sequence=5&isAllowed=y Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le niveau des océans a bondi entre 2022 et 2023 ?
Les océans ont augmenté entre 2022 et 2023… Si le chiffre n’est pas énorme à première vue, il n’en est pas moins inquiétant puisque l’on parle de 0.76 cm, ce qui constitue un "bond important" par rapport aux années précédentes. La faute au phénomène El Nino et au changement climatique d’après la Nasa. Pour simplifier, El Niño est un phénomène météorologique naturel, qui correspond à un réchauffement d’une grande partie du Pacifique tropical et se produit tous les deux à sept ans pour durer entre neuf et douze mois. Il modifie la circulation de l’atmosphère à l’échelle de la planète et réchauffe des zones lointaines. Ainsi, le niveau des océans a en moyenne gagné 9,4 cm depuis 1993, selon ces données fondées sur des observations satellites. Cela représente environ 0.3 cm chaque année. Là, entre 2022 et 2023, cette donnée a plus que doublé.À noter que l'élévation du niveau de la mer se fait de plus en plus rapidement. Je cite Nadya Vinogradova Shiffer, directrice de l'équipe en charge de ce dossier à la Nasa, « le rythme actuel signifie que nous sommes en chemin pour ajouter 20 cm supplémentaires au niveau mondial des océans d'ici 2050 ». Entre 2022 et 2023, la hausse observée revient à verser dans les océans un quart du lac Supérieur, le plus grand des Grands lacs d'Amérique du Nord. Cette hausse représente quatre fois le niveau observé l'année entre 2021 et 2022. Cette année-là, le phénomène la Nina avait fait son œuvre. Je cite « pendant la Nina, de la pluie qui tombe normalement dans les océans tombe à la place sur les terres, ce qui enlève temporairement de l'eau des océans, mais durant les années El Nino, beaucoup de la pluie tombant normalement sur les terres finit dans l'océan, ce qui relève temporairement le niveau des océans, provoque des sécheresses et des canicules et perturbe durablement la nature. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un énorme parc éolien offshore pour alimenter New York ?
L'une des plus grandes fermes éoliennes en mer des Etats-Unis, baptisée South Fork, a été inaugurée mi-mars. Désormais, New York reçoit une énergie propre et renouvelable pour alimenter une partie de ses habitations, comme l’indique la radio publique américaine NPR. Au total, douze turbines ont été construites à une cinquantaine de kilomètres de Montauk Point, le lieu le plus à l'est de l'État de New York. Plantées dans l'océan Atlantique, les structures affichent une taille impressionnante : sachant que chacune des pales qui les constituent est plus grande que la Statue de la Liberté, soit plus de 93 mètres.Cette démesure – commune à tous les projets offshore – garantit une production d'électricité conséquente de 132 mégawatts. Initialement, lors de la validation du projet en 2017, il était prévu que cette puissance soit de 90 mégawatts, pour quinze éoliennes à l’origine ! Au final, ce sont plus de 70 000 foyers New Yorkais qui pourront bénéficier de cette électricité propre. D’ailleurs, la ferme de South Fork vient grandement améliorer les capacités du pays en termes d'éoliens offshore. Jusqu'à présent, et en attendant la mise en service du parc Vineyard Wind au large du Massachussetts, seuls 42 mégawatts d'électricité provenaient de ce type d'installation. Mais surtout, le site se veut être la référence américaine en termes de création d'électricité décarbonée. Car si South Fork est le premier projet d'une telle ampleur à entrer en service, six autres de cette échelle ont été validés par l'administration de Joe Biden. Le président américain a mis aux enchères des concessions pour l'éolien en mer au large des côtes du Pacifique et du golfe du Mexique.La ville de New York va donc continuer de donner l'exemple avec déjà deux autres parcs éoliens offshore attendus pour 2026, augmentant drastiquement la production d’énergie décarbonée, puisque grâce à eux, ce sont plus d’un million d’habitations supplémentaires qui pourront en se verdir. Une bonne part du projet que souhaite mettre en place Joe Biden : soit alimenter 10 millions de maisons grâce à l'éolien offshore d'ici 2030. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Hydrogène blanc : les géants de l’énergie à fond dessus ?
L'hydrogène est perçu par certains scientifiques comme le pétrole de demain… D’ailleurs, nombreuses sont les entreprises du secteur de l’énergie à surveiller de près l’hydrogène dit blanc, ou pour simplifier, l’hydrogène pure que l’on trouve à l’état naturel. Son exploitation a d’ailleurs connu une expansion fulgurante en quelques années, passant de dix à quarantes entreprises en moins de quatre ans. Un constat établi par le cabinet norvégien Rystad Energy, et qui pourrait bien dessiner les contours d’un changement majeur dans le domaine de l’énergie.Pour de nombreux observateurs, le secteur énergétique est en pleine mutation. Et s’il n’y a pour l’heure aucun gisement « commercialement viable », ce n'est pas pour autant que la recherche de l'hydrogène blanc est au point mort, loin de là. Elle s'étend même sur plusieurs continents, avec des opérations menées dans huit pays, comme en France, mais aussi en Corée du Sud, Espagne, Albanie, Colombie, aux États-Unis, en Australie et au Canada.S'il est aussi prisé, c'est que l'hydrogène blanc est moins cher à extraire et à purifier que l'hydrogène gris ou vert le sont à produire. Pour rappel, l’hydrogène est obtenu en faisant passer un courant électrique dans de l’eau pour séparer les molécules d'hydrogène et d'oxygène. Si cette électricité est issue de combustibles fossiles comme le pétrole ou le charbon, l’hydrogène obtenu est qualifié de gris. Si cette même électricité provient de l’éolien ou du solaire par exemple, il est alors qualifié de vert, puisqu’il ne rejette pas de gaz à effet de serre. D’ailleurs, le cabinet Rystad précise que « le coût de l'hydrogène gris est en moyenne de 2 $ le kilo et celui de l'hydrogène vert de 6$, contre un dollar le kilo pour l'hydrogène blanc. Son empreinte carbone est également plus basse que les autres formes d'hydrogène, même s’il faut garder à l’esprit que ce constat varie fortement selon les particularités de chaque gisement. Plus celui-ci est pur, moins y extraire l'hydrogène émettra de CO2. «Pour résumer, l'hydrogène blanc se présente comme une alternative prometteuse, mais l'extraire de manière industrielle n'est pas encore possible aujourd'hui. Les défis techniques quant à son extraction, son transport, sa distribution et son stockage, sont encore très importants. Pourtant, d’après Rystad Energy que je cite, « l’hydrogène blanc a le potentiel de changer la donne, avec un rôle très important à jouer dans les années à venir. Selon un modèle de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), une captation efficace des réserves mondiales pourrait satisfaire la demande énergétique globale pendant plusieurs milliers d'années, rien que ça. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Amazonie : la déforestation au plus bas depuis 2018 ?
Au Brésil, la déforestation de la forêt amazonienne est au plus bas depuis six ans, selon un rapport publié fin mars par l'institut Imazon. Au cours des mois de janvier et février 2024, 196 km2 ont été déboisés dans la plus grande forêt tropicale de la planète, soit une réduction de 63 % par rapport à la même période l'année dernière. Ceci dit, cette surface équivaut tout de même à environ 327 terrains de football détruits chaque jour d’après Imazon. D’ailleurs, le rapport de cet institut se base sur les données de son Système d'alerte de déforestation, plutôt fiable dans le domaine.Dans le détail, trois des neuf États de l'Amazonie brésilienne (Matogrosso, Roraima et Amazonas) ont concentré à eux seuls 77 % des surfaces déboisées sur cette période. Selon Imazon, la déforestation à Roraima a atteint des terres indigènes, notamment la réserve Yanomami, la plus étendue du Brésil, qui est aussi vaste que le Portugal, où le peuple Yanomami vit depuis plusieurs années une grave crise sanitaire, en raison des intrusions illégales de chercheurs d’or illégaux qui détruisent la forêt et polluent les fleuves au mercure. Le gouvernement du président de gauche Lula, en place depuis janvier 2023, s'est engagé à éradiquer d'ici à 2030 la déforestation illégale en Amazonie, qui avait fortement augmenté sous le mandat de son prédécesseur d'extrême droite Jair Bolsonaro (entre 2019 et 2022).Selon les chiffres officiels du gouvernement, issus de données recueillies par les satellites de l'Institut de recherches spatiales (INPE), la déforestation en Amazonie a chuté de moitié l'an dernier par rapport à 2022. Je cite, "les données montrent que nous avons encore un grand défi à relever. Atteindre l'objectif de déforestation zéro d'ici 2030 est absolument nécessaire pour combattre le changement climatique", fin de citation. Si l’on peut en effet se réjouir de cette baisse de la déforestation, peut-être serait-il plus sage de la stopper complètement si l’on veut vraiment se donner les moyens de lutter contre le changement climatique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un matériau qui se reforme (et renforce) après impact ?
Connaissez-vous l'oobleck ? Il s’agit d’un matériau étrange fait à partir de fécule de maïs et d'eau. Ce dernier se présente sous la forme d'une pâte épaisse qui se renforce quand on la frappe et redevient liquide par la suite. Sur la base de ce constat, des chercheurs de l'Université de Californie ont mis au point un matériau électronique aux caractéristiques physiques se rapprochant de l'oobleck, et qui pourrait radicalement transformer notre approche des technologies portables.Dans le détail, plutôt que de se rompre, les films polymères développés par les chercheurs se déforment et s'étirent. L’objectif est ainsi de rendre cette matière « plus légère, moins chère et plus intelligente ». Dans le détail, le secret de ce matériau réside dans une composition assez sophistiquée, qui combine quatre polymères différents. L'un d'entre eux est le PEDOT:PSS, qui ne représente que 10% de la composition totale, mais qui est déjà largement utilisé pour fabriquer les écrans tactiles, OLED ou encore les cellules photovoltaïques. Cette structure complexe permet d'absorber l'énergie des impacts sans se briser.Prochaine étape pour les chercheurs : réussir à intégrer ces films polymères d'un nouveau genre dans des applications concrètes et qu'il ne soit pas qu'un objet de curiosité scientifique. L'équipe menée par le Dr Wang travaille également sur une autre version de ce matériau, compatible avec les imprimantes 3D, et la chercheuse se dit très enthousiaste, je cite « les applications potentielles sont nombreuses, et nous avons hâte d'explorer toutes les opportunités que cette propriété innovante offre ». Espérons que ce matériau, qui ne porte toujours pas de nom, sorte des murs du laboratoire et trouve un jour une réelle utilité… On peut notamment penser à la coque de nos objets électroniques pour éviter que ces derniers ne s'abîment trop vite quand on les fait tomber par terre par exemple, allongeant leur durée de vie, réduisant les déchets électroniques, et participant de ce fait à une certaine sobriété. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La France, pionnière dans le recyclage d’énergie des data centers ?
Les data centers sont réputés pour être ultra énergivores et polluants par la même occasion. Mais force est de constater que sans eux, nous ne pourrions plus faire grand-chose aujourd’hui. Et dans le contexte de transition écologique et de crise des énergies que nous vivons, il faut trouver des solutions. C’est pourquoi un partenariat entre une université et un constructeur de data centers français vise à créer le tout premier data center biocirculaire du monde. L’idée est de capter puis d’exploiter la chaleur émise par les data centers pour favoriser la croissance d'algues, qui agissent comme des puits de carbone en captant le CO2 dégagé. Si le principe n'est pas nouveau, à l'instar des piscines au Royaume-Uni chauffées grâce aux data centers, eux-mêmes refroidis par l'eau de ces piscines, il s'agit bien d'une innovation en matière de recyclage d'énergie française.Les algues, souvent sous-estimées en ce qui concerne leur capacité à capturer le carbone, deviennent donc les protagonistes de ce projet. Les centres de données deviendraient eux aussi des moteurs de croissance verte en fournissant la chaleur nécessaire à la culture de ces algues. Une symbiose quasi parfaite entre la technologie et la biologie marine, qui ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre le changement climatique. Je cite Patrick Duvaut, Vice-Président de l’Université Paris-Saclay, « grâce à une étude de faisabilité menée avec la start-up Blue Planet Ecosystems, nous avons pu calculer l’efficience de cette captation carbone qui donc, peut-être 20 fois supérieure à celle d’un arbre à surface équivalente » fin de citation.Et les avantages de cette approche vont au-delà de la simple réduction des émissions de carbone. En effet, les algues produisent également de l'oxygène et peuvent être recyclées en biomasse, offrant ainsi un cycle de vie complet et circulaire. L'intégration de connaissances provenant d'institutions prestigieuses telles que CentraleSupélec, AgroParisTech, l'INRAE et l'Université Paris-Saclay garantit une approche complète et éclairée sur le sujet, tout en ouvrant la voie à une nouvelle ère de développement durable dans le secteur des technologies de l'information. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Méthane : des niveaux records d’émission en 2023 ?
Les émissions de gaz à effet de serre sont indiscutablement un fléau pour le changement climatique, étant un facteur lié à la montée des températures. Si l’on connaît évidemment le dioxyde de carbone, il faut savoir que le méthane aurait d’après la communauté scientifique, un pouvoir de réchauffement 80 fois plus important que le CO2. Et malheureusement, les émissions mondiales de méthane surtout dans l'industrie du pétrole, du charbon et du gaz, ont atteint un triste record en 2023. La faute à des fuites de ce gaz… Une situation injustifiée et qui est arrivée sans réelle raison d’après une analyse de l’Agence internationale de l’énergie, puisque des solutions pour éviter les fuites existent !Plus précisément, l’AIE a imputé au secteur des énergies fossiles 120 millions de tonnes d'émissions de méthane en 2023, soit une augmentation par rapport à 2022. Si une diminution devrait avoir lieu très prochainement au regard des changements amorcés dans le secteur et des engagements pris à la COP28, les émissions de méthane sont responsables d'environ 30 % du réchauffement mondial depuis la révolution industrielle. Le souci, c’est que ces émissions de méthane de l'industrie fossile restent proches du record de 2019 et très loin des 75 % de réduction nécessaires d'ici 2030 pour tenir la limite de 1,5 °C de réchauffement fixé par l'accord de Paris. L’agence internationale de l’énergie estime que réduire de 75 % les fuites coûterait "environ 170 milliards de dollars, soit moins de 5 % des revenus de l'industrie fossile en 2023. Autre point intéressant, les deux tiers du méthane émis par l'industrie fossile proviendrait de seulement dix pays, avec la Chine étant de loin le premier émetteur au monde, notamment à cause de sa consommation de charbon, suivi par les États-Unis pour son utilisation du pétrole et au gaz, ainsi que la Russie.Les plus grandes fuites de méthane, détectées par satellite, ont je cite « augmenté de plus de 50 % par rapport à 2022, représentant 5 millions de tonnes supplémentaires ». L'une d'elle au Kazakhstan, a duré environ 200 jours. Malgré cela, l'AIE veut rester optimiste. Je cite, « les politiques et réglementations importantes annoncées ces derniers mois, ainsi que les nouveaux engagements pris au sommet climat de la COP28 à Dubaï, peuvent provoquer bientôt le déclin de ces fuites, et par conséquent, des émissions de méthanes ». À la COP28, 52 compagnies pétrogazières se sont engagées à atteindre « près de zéro méthane » dans leurs opérations d'ici 2030. Plus de 150 pays, dont récemment l’Azerbaïdjan, hôte de la COP29, ont aussi rejoint l'initiative « Global Methane Pledge », qui vise à réduire de 30 % ces émissions entre 2020 et 2030. Je cite l’agence « si toutes ces promesses sont parfaitement remplies et à temps, elles réduiraient les émissions d'environ 50 % d'ici 2030 » fin de citation. Pour s’assurer que les choses vont dans le bon sens, l'AIE, se félicite aussi de pouvoir compter je cite « sur un nombre croissant de satellites de pointe surveillant les fuites de méthane, comme le MethaneSAT », lancé avec succès début mars par une fusée SpaceX et contrôlé depuis la Nouvelle-Zélande.Analyse de l’AIE : https://www.iea.org/reports/global-methane-tracker-2024 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La quasi-totalité des européens vivent en zone (trop) polluée ?
Une étude dirigée par l'institut de Barcelone pour la santé mondiale (IS Global) révèle que 98% des Européens vivent dans des zones trop polluées aux particules fines. Ironie de la situation, les chercheurs remarquent quand même une amélioration de la qualité de l'air en Europe sur ces 20 dernières années. Pour ceux que cela intéresse, le lien vers l’étude est bien évidemment dans la description de cet épisode, mais attention, le texte est en anglais.D'après l'étude, qui s’est concentrée sur plus de 1.400 régions de 35 pays européens, les niveaux maximaux fixés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont dépassés à 98% pour les particules fines PM2,5 ; 80% pour les particules plus grosses appelées PM10 et 86% pour le dioxyde d'azote. Ceci dit, en 20 ans, les niveaux de PM2,5 ont diminué de 2,45% chaque année, les PM10 de 2,72% et le dioxyde d'azote de 1,72%. Quoiqu’il en soit, c’est que qu’une fois inhalées, ces particules peuvent être à l'origine de cancers, de maladies cardiaques ou encore de naissances prématurées. D'ailleurs, les scientifiques estiment à 400 000 le nombre de morts prématurées dues à ces particules fines chaque année.En respectant les seuils de l'OMS, ce ne sont pas moins de 200.000 morts qui pourraient être évitées. Pour Carlos Pérez García-Pando, l'un des auteurs de l'étude, ces chiffres pourront servir je cite « de base solide pour les recherches futures et le développement de politiques visant à répondre aux problèmes de gestion de la qualité de l'air et de santé publique à travers l'Europe » fin de citation. Pour Zhao-Yue Chen, l’auteur principal de l’étude, que je cite également « des efforts ciblés sont nécessaires pour lutter contre les niveaux de particules fines, en particulier dans le contexte des menaces croissantes liées au changement climatique ». Le développement des véhicules électrique est une réponse à ce souci, mais il reste effectivement beaucoup à faire encore pour respirer un air enfin pure.Etude : https://www.nature.com/articles/s41467-024-46103-3 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Pour la première fois, un homme inculpé pour trafic de GES ?
Aujourd’hui, on peut faire de l’argent avec absolument tout, même les choses les plus nocives. Et ça, un Américain vivant en Californie l’a bien compris. Manque de chance, il a été inculpé début mars pour avoir importé aux États-Unis, depuis le Mexique, un gaz fluoré dont l'impact serait des centaines voire des milliers de fois plus important que le dioxyde de carbone. Ainsi, Michael Hart, originaire de San Diego, est devenu le premier Américain inculpé pour importation présumée illégale aux États-Unis d'un gaz à effet de serre très polluant.Hart a été arrêté au titre d'une loi sur l'innovation et la production de 2020 interdisant l'importation d'hydro-fluorocarbures (HFC), sauf autorisation de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Ces gaz fluorés, que l'on trouve essentiellement dans les réfrigérateurs, les climatiseurs, mais aussi les systèmes anti-incendie ou encore comme agents gonflants dans des mousses, sont de puissants gaz à effet de serre. D'après le ministère de la Justice, Michael Hart aurait acheté des réfrigérants au Mexique et les a importés illégalement aux États-Unis dans son véhicule, les cachant sous une bâche et des outils. Le Californien a ensuite publié des annonces de vente sur plusieurs sites internet comme Facebook Marketplace et OfferUp, avec pour objectif de faire du profit.Je cite l’agence de protection de l’environnement américaine, « le trafic illégal d'hydrofluorocarbures (...) nuit aux efforts internationaux pour combattre le changement climatique, mettant en péril les efforts des Etats-Unis dans le cadre du pacte de Montréal, un accord visant une diminution de l'usage de ces gaz polluants de 85% d'ici 2047. D'après les autorités judiciaires, Michael Hart a également importé du chlorodi-fluoro-méthane (HCFC-22), une molécule pouvant dégrader la couche d'ozone et qui fait l'objet de règles au titre de la loi sur la qualité de l'air, aussi appelé Clean Air Act. S’il n’a pas encore été jugé, le californien risque tout de même jusqu’à 20 ans de prison et 250 000$ d’amende. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Stocker l’énergie dans… le sable ?
Après le stockage de l'énergie dans la pierre, les pays scandinaves nous proposent un nouveau projet au potentiel révolutionnaire. Dans le petit village de Pornainen, au sud de la Finlande se prépare la construction d'une batterie de sable avec une capacité de stockage de… 100 MWh d'énergie thermique, soit une quantité de chaleur, qui une fois convertie en électricité, permettrait de répondre aux besoins sur un an d’un petit village français d’une cinquantaine d’habitant pour prendre un exemple proche de nous. Mais évidemment, cela permettra en premier lieu aux habitants de Pornainen de réduire leur dépendance aux énergies fossiles pour se chauffer, et ainsi réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'environ 70 %.Cette technologie développée par l'entreprise Polar Night Energy, permettra de stocker de vastes quantités d'énergie éolienne et solaire. Dès lors, comment fonctionne une batterie au sable ? En deux mots : chauffage résistif. Concrètement, le sable est stocké dans une tour. Ce sable est traversé par un courant électrique, et donc de la chaleur, issu de l'énergie excédentaire provenant de sources solaires ou éoliennes. Lorsque le courant passe à travers les grains de sable, par friction, il génère de la chaleur. Une fois chauffé (ça peut monter jusqu'à' 500 °C), le sable est capable de conserver la chaleur plusieurs mois. Celle-ci peut ensuite être utilisée pour chauffer l'eau du réseau de chauffage de la ville par exemple. Voilà grosso modo résumé le fonctionnement de cette batterie au sable, d’après ce qu’en dit son développeur Polar Night Energy.À noter qu’un dispositif du même type existe déjà dans une ville du sud-ouest de la Finlande, où cette technologie a déjà prouvé son efficacité en réchauffant bureaux et logements. Il suffira donc aux équipes de Polar Night Energy d'ajuster les algorithmes de charge pour développer une infrastructure similaire. Maintenant, un mot sur le sable utilisé. Afin de ne pas perturber les écosystèmes dans lequel on le prélève, Polar Night Energy s'est tourné vers de la pierre ollaire concassée, un sous-produit d'une entreprise locale issu de la fabrication de cheminées. En optant pour la revalorisation, les conséquences environnementales sont ainsi réduites significativement, ce qui pousse Polar Night Energy à voir grand. L’entreprise souhaiterait faire adopter sa solution au-delà des frontières de la Finlande, et à ça, on ne peut dire qu’une chose, voilà une vraie alternative qui mérite le coup d’œil. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Parier sur les catastrophes naturelles pour gagner de l’argent ?
Connaissez-vous Fermat Capital Management. Probablement pas, et pourtant, le nom de ce fond fait référence à Pierre de Fermat, le mathématicien français qui a contribué à jeter les bases de la théorie des probabilités. Basé dans le Connecticut (aux États-Unis), il possède la plus grande collection au monde d'"obligations catastrophes" ou "cat bonds" – des instruments financiers complexes que les assureurs émettent pour couvrir des risques qu'ils ne peuvent pas gérer. À la tête de Fermat, on trouve John Seo, un gestionnaire de fonds spéculatifs de 57 ans, docteur en biophysique à l'université de Harvard. D’après le média Bloomberg, John Seo serait je cite « l'ange-gardien grâce à qui "des millions de personnes, de la Nouvelle-Zélande au Chili, bénéficient d'une protection financière contre les catastrophes naturelles » fin de citation. Ceci dit, il s’agit plus exactement d’un pari. Non pas un pari comme sur une course de chevaux, mais un choix entrepreneurial risqué.Toujours d’après Bloomberg, « lorsque des milliers de propriétaires de Floride et de Louisiane ont souscrit une assurance contre les ouragans, ils ne se doutaient probablement pas que Seo s'apprêtait à réaliser un gros bénéfice si leurs propriétés étaient indemnes au cours des trois années suivant l’épisode climatique extrême » fin de citation. Pour résumer, en achetant ces obligations auprès d’assureurs, John Seo pari sur une catastrophe. Si produit des dégâts, son argent est utilisé pour régler les demandes d'indemnisation. Dans le cas contraire, Seo obtient un bon rendement ».Au siège de Fermat, les décisions d'investissement sont guidées par des modèles informatiques complexes simulant les risques météorologiques. Une méthode bien loin de celle utilisée par Seo et son frère par le passé, quand ils élaboraient des modèles scientifiques dans leur garage. Si Fermat opère depuis plus de 20 ans dans une "niche du marché financier", la société a pris une autre dimension en 2023 lorsque les assureurs, inquiets de l'aggravation des tempêtes, des feux de forêt et des inondations, ont émis un montant record de 16 milliards de dollars d'obligations catastrophes – portant la taille totale du marché à 45 milliards de dollars. Dans le même temps, les acheteurs ont exigé davantage d'intérêts car l'inflation rendait la reconstruction plus coûteuse. Ainsi, investir dans les obligations catastrophes est alors devenu une stratégie spéculative extrêmement rentable en 2023, qui a permis à Fermat de réaliser un rendement de 20 %, en captant un quart du marché.Pendant des décennies, ces instruments représentaient un "dernier recours" réservé à des événements extrêmement rares, tels que les tempêtes de l'ampleur de l'ouragan Katrina. Mais les calamités se chiffrant en milliards de dollars sont "devenues de plus en plus fréquentes. Ainsi, les assureurs facturent désormais plus cher – voire se retirent totalement. Des millions de personnes dans les pays pauvres ne disposent d’aucune sécurité en cas de drame climatique. Le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Mais dans ce cas, Fermat Capital Management a tout intérêt à ce que votre maison et vos bien ne soient pas endommagés. Une forme d’hypocrisie vous dites ? Chacun jugera. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Alpes : l’IA prédit une fonte massive des glaces ?
D'ici 25 ans, les Alpes risquent de perdre 34% de leur volume de glace… Et ça, c’est dans le meilleur des cas, même si le réchauffement climatique s'arrêtait brusquement demain. C’est en tout cas ce qui ressort de l'étude réalisée par des chercheurs des universités de Grenoble, Zurich et Lausanne en Suisse, qui ont utilisé des modèles informatiques intégrant l'apprentissage automatique (machine learning), pour mettre en lumière une fonte qui semble inéluctable.La collaboration entre les trois universités a donné naissance à un modèle prédictif tristement novateur, qui utilise l'intelligence artificielle, les algorithmes d'apprentissage automatique, et des données climatiques remontant jusqu'en 2022. En somme, l'outil a relevé que les glaces continuaient de fondre sans qu’on puisse inverser la tendance. D’après l’étude, même en cas d'arrêt immédiat des émissions de gaz à effet de serre, les Alpes pourraient perdre 34% de leur volume de glace d'ici 2050. L'étude publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters, dont le lien est dans la description de l’épisode, adopte plutôt une perspective à court terme. Les chercheurs suggèrent que des changements drastiques sont nécessaires pour éviter une disparition catastrophique de la glace, et par conséquent, de l’écosystème entier des Alpes, d'autant plus qu'il existe un scénario plus pessimiste, et surtout, plus réaliste.L'étude a également demandé aux modèles de simuler la perte de volume en se basant sur les données météo et environnementales récoltées entre 2010-2022. Dans ce cas précis, la fonte des glaces grimpe à 65%, toujours d'ici 2050. Ainsi, la Mer de Glace française dans le massif du Mont-Blanc, pourrait voir son volume fondre de moitié d'ici 2050. Les chercheurs ont aussi utilisé l'intelligence artificielle pour affiner les modèles de prévision et intégrer des concepts physiques complexes qui en améliorent la précision et l'efficacité. Cette approche plutôt innovante est censée permettre de mieux anticiper les évolutions futures du climat et de la fonte glaciaire. En somme, l'étude nous confronte à une réalité implacable : même si le réchauffement climatique s'arrêtait aujourd'hui, les glaciers alpins sont déjà engagés dans une trajectoire irréversible de fonte majeure, avec des conséquences catastrophiques pour nos réserves en eau. Étude : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2023GL105029 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Toyota : une voiture hydrogène qui absorbe le CO2 ?
C’est une première pour un grand constructeur, Toyota vient de mettre au point La Corolla GR, un concept car, fonctionnant entièrement à l'hydrogène, et qui pourrait capturer le CO2. Plus précisément, ce mécanisme de capture de CO2 est assez unique et repose sur trois éléments principaux : deux filtres à air et un fluide récupérateur. Ces filtres utilisent un catalyseur en céramique (semblable à celui qu'on peut trouver sur les systèmes d'échappement conventionnels), mais est revêtu d'un matériau spécial.Développé par Kawasaki, ce dernier peut capturer le CO2 directement l'air extérieur, et peut ensuite le relâcher lorsqu'il est chauffé. Ainsi, l'un des deux filtres est positionné de manière à ce que l'huile moteur le fasse monter en température. Une fois chaud, il libère le CO2 dans le fluide récupérateur. D’après Naoaki Ito, directeur général du projet que je cite, « les installations typiques de capture de CO2 utilisent des ventilateurs pour aspirer l'air et de la chaleur pour récupérer le CO2, ce qui nécessite de l'énergie. Le système de la Corolla H2 utilise l'admission d'air existante et la chaleur à l'intérieur du moteur » fin de citation.Même si la technologie développée par Toyota est très bien pensée, elle est encore assez limitée. En effet, ses capacités sont assez faibles, car sur 20 tours du Fuji Speedway, soit environ 90 km, la Corolla récupère uniquement 20 g de CO2. Sachant qu'un litre d'essence en produit 2,3 kg lorsqu'il est brûlé, il reste encore une grosse marge de progression. Et même si l'hydrogène ne produit pas d'émissions lorsqu'il est consommé par la voiture, les filtres ont besoin d'être changés… à chaque arrêt au stand. Les équipes de Toyota travaillent actuellement à améliorer la capacité de ceux-ci ainsi qu'à automatiser leur processus de remplacement, ce qui pour l’heure est une tâche est assez complexe et onéreuse. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Du transport de marchandise plus vert grâce à l’hydrogène ?
Aujourd’hui, la grande majorité des marchandises transportées s'effectuant par voie maritime, à bord d’immense portes conteneurs. Problème, ce secteur est très polluant avec des émissions de gaz à effet de serre très importantes. Ainsi, le projet SeaShuttle vise à mettre en mer deux porte-conteneurs à hydrogène d'ici 2025. La construction de ces bateaux vient d’ailleurs tout juste de débuter dans les chantiers navals de Cochin, une ville portuaire indienne située dans l'État de Kerala.Afin de démarrer son activité plus sereinement, Samskip a bénéficié d’une enveloppe de 13 millions d’euros, ce qui devrait effectivement lancer tranquillement la construction des bateaux déjà commandés par la société néerlandaise Samskip et le gouvernement norvégien. Ces bateaux, d’une capacité de 365 conteneurs de 45 pieds, seront propulsés entièrement à l'hydrogène et dotés d'une pile à combustible de 3,2 MW, soit une première mondiale à en croire le constructeur. En cas de problème, un moteur diesel secondaire pourra tout de même prendre le relais. La livraison des premiers bateaux est prévue pour le second semestre 2025, et seront destinés à effectuer des trajets de courte distance entre les marchés scandinaves et l'Europe continentale.Selon l'Organisation mondiale du commerce, 90 % des échanges intercontinentaux et 80 % des volumes transportés sur la planète se font par la voie maritime. Toutefois, l'impact environnemental du secteur est considérable et celui-ci est dans le top 6 des premiers pollueurs du monde. Chaque année, ce sont donc entre 600 et 1 100 mégatonnes de CO2 qui sont émis par ces porte-conteneurs. Pour la faire courte, cela représente 3 % des émissions mondiales de GES. De plus, le volume de marchandise transportées chaque année ne fait qu'augmenter et la tendance n'est pas près de s'inverser. Même si remplacer intégralement le kérosène des porte-conteneurs par l'hydrogène paraît aujourd'hui difficile, le secteur n’a pas d’autres choix que de trouver d’autres alternatives. Le projet SeaShuttle est donc une réponse à cette problématique, mais certainement une goutte d'eau dans un océan déjà trop pollué. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Voitures électriques : bientôt moins chères à produire que les thermiques ?
Un rapport publié début mars par le cabinet Gartner, spécialisé dans le conseil et de recherche dans le domaine des techniques avancées, établi que d'ici trois ans, les voitures électriques pourraient être moins couteuses à produire que les modèles essence ou diesel. Une idée pas si saugrenue que ça en réalité, car même si la production reste chère, la baisse du prix des batteries devrait jouer un rôle certain, tout comme plusieurs autres changements dans les processus de production. Avant de commencer, un mot sur le cabinet Gartner, qui est tout de même assez réputé pour avoir fourni dans le passé des rapports réalistes et proches des réalités de terrain, notamment sur l'évolution des environnements de travail numérique avant même la pandémie de COVID-19, l'adoption massive de l'IA dans les entreprises ou encore la montée du cloud computing.Ces dernières années, bon nombre d'avancées technologiques favoriseraient une réduction assez drastique des coûts de fabrication. Des coûts qui descendraient même plus vite que ceux de la production de batteries. Pour le vice-président de la recherche chez Gartner, Pedro Pacheco, que je cite, « les constructeurs de véhicules électriques ont introduit des innovations qui réduisent les coûts de production, comme l'architecture centralisée des véhicules ou l'introduction de gigacastings, une technique innovante de l'industrie automobile qui consiste à couler de grandes parties du véhicule en un seul bloc, ce qui diminue le coût de fabrication et le temps d'assemblage » fin de citation. Il souligne également que cette évolution se produit « beaucoup plus vite que prévu », ce qui pourrait, en théorie, faire baisser le coût à l'achat d'un VE et démocratiser leur usage.Toutefois, le rapport met également en garde contre un élément très important : la hausse potentielle des coûts de réparations, qui pourraient augmenter de 30 %, risquant de transformer plus de véhicules accidentés en épaves si les réparer coûte plus cher que leur valeur. À noter que cela pourrait aussi faire grimper les primes d'assurance ou pousser les assureurs à éviter certains modèles.Un autre effet possiblement négatif de cette transition concerne directement le secteur automobile. La concurrence au sein de l'industrie sera de plus en plus féroce et Gartner prévoit que d'ici 2027, 15 % des entreprises créées ces dix dernières années, seront rachetées ou feront faillite. Pour Pacheco, cela ne signifie pas que le secteur des véhicules électriques va s'effondrer, mais plutôt muter vers une nouvelle phase où les entreprises offrant de meilleurs produits et services prendront le dessus sur les autres. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

S’inspirer des patinoires pour sauver la banquise ?
Aux Pays-Bas, une start-up nommée Arctic Reflections veut se lancer un défi assez fou : restaurer la banquise arctique. Pour ce faire, l'entreprise a eu l’idée d’utiliser une vieille technique, employée notamment pour créer des patinoires.Arctic Reflections propose d'utiliser des pompes pour pulvériser de l'eau de mer à la surface de la glace afin de former une couche de glace supplémentaire et réfléchissante. Simple, voir enfantin même. Cette technique, inspirée des patinoires artificielles, pourrait effectivement être une solution temporaire pour sauver les calottes glaciaires et limiter le réchauffement de la planète d’après de nombreux observateurs. L’objectif serait également d'aider à renforcer la réflexion de la lumière du soleil, limitant ainsi l'absorption de chaleur et participant à la préservation des glaciers. Pour Fonger Ypma, le directeur général d'Arctic Reflections, il faut s’inspirer des IJsmeesters, les “maîtres des glaces” des villages des Pays-Bas, chargés de créer une patinoire extérieure. Je cite « ils inondent une prairie avec une fine couche d’eau qui devient de la glace, et chaque nuit, ils appliquent des couches plus fines dessus. Et puis, une fois que c'est assez épais, ils commencent à patiner. » fin de citation.Cependant, cette solution ne résout pas le problème à long terme et ne fait que retarder l'inévitable. Je cite Hayo Hendrikse, professeur adjoint à l'université de technologie de Delft, « ce n'est pas une solution, c'est un pansement ». Constat que partage Maurits Groen, membre du jury du prix d'innovation néerlandais Wubbo Ockels, qui estime cependant je cite que « la vitesse à laquelle les choses empirent est telle que nous devons recourir à ce genre de mesures folles pour au moins gagner du temp » fin de citation. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aldoria, une start-up pour lutter contre la pollution de l’espace ?
Connaissez-vous Aldoria ? Cette jeune entreprise toulousaine accélère sa surveillance de l’orbite terrestre cette année. Jusqu’au mois de janvier, la start-up s’appelait encore Share My Space. Fondée en 2017, elle compte plus d’une vingtaine d’employés et a réussi une levée de fonds de 10 millions d’euros. Un joli capital pour grandir et prouver que ses méthodes de surveillance et de suivi des satellites. Renommée Aldoria, elle utilise six stations télescopiques (chaque station disposant de 4 télescopes) réparties autour du monde, avec des algorithmes spécifiques dédiés au suivi des satellites en orbite haute et basse (jusqu’à 300 km). La levée de fonds permettra en particulier de doubler le nombre de stations. Mais Aldoria dispose également de partenariats avec ses clients et les agences. Chaque mois, l’entreprise publie des jeux de données dans son « space sustainability bulletin » avec un objectif clair : devenir le leader européen de la surveillance orbitale.Et clairement, il y a de la concurrence. L’entreprise la plus connue du secteur est sans doute LeoLabs, qui est basée sur une technologie différente ; des radars qui détectent et classent des milliers de satellites et débris en temps réel, en particulier pour l’orbite basse. Mais en 2024, Aldoria a noué des partenariats avec de grands noms, comme SES qui est le leader des satellites géostationnaires privés, ainsi qu’Airbus Defence & Space.Si les opérateurs, et en particulier ceux qui ont le plus de satellites comme SpaceX, prennent un soin tout particulier à surveiller l’orbite de leurs unités, les chiffres ne sont pas rassurants. Plus d’une centaine de satellites Starlink décollent chaque mois pour rejoindre l’espace, et ils ne sont pas seuls : d’autres opérateurs envoient des « grappes » plus petites. L’encombrement est donc bien réel et pour qu’il ne devienne pas critique dans les années à venir, une précision accrue sera nécessaire. Le 28 février dernier, un vieux satellite-espion russe et une unité de la NASA ont failli entrer en collision à 604 km d’altitude, et seraient passés à seulement 20 mètres l’un de l’autre. La pollution de l’espace est en effet un enjeu réel et concret qu’il ne faut pas négliger, car ce qui affecte l’espace affectera forcément la Terre tôt ou tard. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’IA fait exploser la consommation en eau ?
Avec le boom de l'IA générative, la consommation d'eau des entreprises de la tech ne cesse de grimper. En 2022, Microsoft a augmenté sa consommation d'eau de 34 %, Google de 22 % et Meta de 3 %. Selon Shaolei Ren, professeur à l'université de Californie, réaliser entre 10 et 50 réponses à ChatGPT, alimenté par GPT-3.5, équivaudrait à « boire » une bouteille d'eau de 500 ml.Pour être clair, la demande croissante en IA risque d'entraîner une augmentation de l'extraction de l'eau de 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes d'ici 2027 d’après les estimations des chercheurs, ce qui équivaut à la moitié de la quantité consommée par la population du Royaume-Uni chaque année. Je cite Kate Crawford, spécialiste de l'IA et professeur à l'université de Californie du Sud, « d'ici quelques années, les grands systèmes d'intelligence artificielle auront probablement besoin d'autant d'énergie que des pays entiers » fin de citation. Le problème est d'autant plus grave dans un contexte de pénurie d'eau douce de plus en plus récurrentes, d'aggravation des sécheresses et du vieillissement rapide des infrastructures publiques d'approvisionnement en eau.D’ailleurs, les entreprises concernées reconnaissent la situation. Je cite OpenAI, « nous reconnaissons que l'entraînement de grands modèles peut être gourmand en eau, et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous travaillons constamment à améliorer l'efficacité » fin de citation. À noter que leurs modèles fonctionnent grâce aux serveurs de Microsoft. Si les opérateurs de centres de données ont d’ailleurs pour objectif de réinjecter plus d'eau que leurs installations n'en consomment d'ici 2030, les autorités sont également au courant du problème. Début février, des élus démocrates américains ont présenté une loi sur les impacts environnementaux de l'intelligence artificielle, qui inclut, notamment, la création de normes pour évaluer les effets de la technologie sur l'environnement.Cependant, ce n'est pas assez selon les experts. Pour Kate Crawford que je cite à nouveau, « si l’on veut s'attaquer véritablement aux incidences de l'IA sur l'environnement, il est nécessaire d'adopter une approche à multiples facettes incluant l'industrie de l'IA, les chercheurs et les législateurs » fin de citation. Elle appelle également les fournisseurs d'IA à collaborer avec des spécialistes des sciences sociales et environnementales pour orienter les conceptions techniques vers une plus grande durabilité écologique. Car outre l'eau, les centres de données nécessitent aussi de grandes capacités d'énergie. D'ici 2026, la consommation d'électricité des datacenters en Europe devrait augmenter de 50 %, d’après l'Agence internationale de l'énergie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des ordi plus écolo grâce à la fibre ?
Une équipe internationale de chercheurs du Leibniz Institute of Photonic Technology en Allemagne s’est servie de la fibre optique pour mettre au point un concept assez fascinant : un ordinateur sans circuit électronique. Et les résultats de ce projet sont assez fascinants, comme il est possible de le lire dans la revue Advanced Science, dont le lien est dans la description de cet épisode.Alors comment fonctionne cet ordinateur ? Les images et sons transitent à l'intérieur du PC sous forme d'impulsions lumineuses qui changent de couleurs en voyageant à travers la fibre. L'ordinateur analyse ensuite ces combinaisons de couleurs pour comprendre et classifier l'information rapidement avec une très haute précision. Autre avantage indéniable de cette découverte : une réduction considérable de l'énergie nécessaire pour faire fonctionner l'ordinateur. En effet, l’absence de nombreux composants électroniques permet de réduire cette consommation, entre autres. Pour plus de détails, je vous invite à vous plonger dans le passionnant article d’Advance Science en description de cet épisode, bien qu’il soit assez technique et surtout en anglais. Reste désormais à quantifier l’économie d’énergie que ce système permet.Quoiqu’il en soit, cette trouvaille a déjà le potentiel pour être implémentée dans les architectures d'ordinateurs actuelles. En théorie, ce système à base de fibre serait capable de se charger d'opérations de calcul très complexes, qui étaient plutôt l'apanage d'ordinateurs très puissants il y a encore peu de temps. Et cela, en utilisant une fraction seulement de l'énergie nécessaire dévorée par les ordinateurs actuels. Les chercheurs à la base de l'étude imaginent même pouvoir appliquer cette technologie à des appareils portables à l'avenir, comme des tablettes ou des smartphones.Article Advance Science : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/advs.202303835 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Une centrale électrique EDF au cœur du projet Neom ?
Vous le savez, Neom, cette mégalopole futuriste est en train d'émerger du désert saoudien près de la frontière entre la Jordanie et l'Égypte… si les écologistes y voient une véritable dystopie, ils ne seront pas au bout de leurs peines, car EDF vient de signer un contrat avec l'Arabie Saoudite pour la construction d'une centrale hydroélectrique au cœur de Neom, le projet répondant au doux nom de « Nestor » !Si le projet fait la fierté des dirigeants, côté salarié, ce n'est pas le même son de cloche. Pour rappel, Neom est un projet visant à créer une mégalopole de 26 000 km2, soit environ la taille de la Belgique. L'Arabie Saoudite veut faire en sorte que ce lieu soit un véritable hub dédié à l'innovation, au tourisme et au travail. Un projet à 500 milliards de dollars, que ses promoteurs aiment décrire comme « futuriste » ou « ambitieux ». Selon d'autres points de vue, il s’agit plutôt d’une véritable catastrophe écologique. Dans le détail, Neom regroupera en son sein plusieurs sous-ensembles : un port flottant, une île touristique, un complexe industriel et la fameuse ville The Line.C'est donc au cœur de ce projet démesuré qu'EDF va construire sa future centrale hydroélectrique qui servira à alimenter The Line. En réalité, c'est une station de transfert d'électricité par pompage-turbinage, D’après EDF, je cite « The Line est censée fonctionner uniquement avec des énergies renouvelables, le vent et le soleil… Or l'éolien et le photovoltaïque sont des énergies intermittentes. Pour qu'il y ait de l'électricité, même quand il fait nuit ou qu'il n'y a pas de vent, ils ont besoin de notre STEP » fin de citation. Et cela fait plusieurs années qu'EDF est sur le coup. En 2021, l'entreprise avait déterminé le site précis qui pourrait accueillir la centrale. Les deux années suivantes ont été celles des études de faisabilité. Une sombre affaire d'assassinat commandité d'un journaliste opposant au régime (Jamal Khashoggi) en 2018 avait pourtant lourdement terni l'image de l'Arabie Saoudite à l'international. Mohammed bin Salman (accusé de cet assassinat par le renseignement américain) avait lui-même avait déclaré : « personne n'investira dans Neom pendant des années ». C'était sans compter EDF, qui, malgré cela, a proposé dès 2019 d'examiner les sites propices à l'implantation d'une centrale hydroélectrique.Le projet Nestor suscite d’ailleurs quelques tensions au sein d'EDF. Jean-Yves Ségura, représentant syndical, a été interrogé par Radio France et explique avoir contacté la direction d'EDF en mai 2022 à propos de ce projet ; une alerte qui a été « classée sans suite ». Selon un sondage mené par le syndicat FO, « 73% des salariés souhaitent qu’'EDF quitte le projet ». Pour beaucoup, ce projet est complètement déconnecté de la réalité et des besoins de la population saoudienne et va à l'encontre des valeurs de l'entreprise. Malgré la grogne, la direction semble inébranlable. Le contrat finalisant administrativement le projet Nestor a été signé au début de l'année 2024 et la mise en route de la centrale est prévue pour 2029. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Petite pause et retour début Mars
Bonjour à toutes et à tous... Pas d'épisode aujourd'hui ni pour les deux prochaines semaines... Choses à Savoir Tech Verte fait une petite pause et revient début mars ! En attendant, n'hésitez pas à écouter ou réécouter les autres épisodes mis en lignes ces derniers temps, je suis sur que certains pourraient vous intéresser ! Je profite de cet épisode pour vous remercier d'être aussi fidèle à l'écoute de ce podcast. N'hésitez pas à en parler autour de vous, à le partager à vos amis et proches si le coeur vous en dit, car c'est essentiellement via le bouche à oreille que le podcast progresse et est de plus en plus écouter. A très vite pour de nouveaux épisodes ! Rendez-vous la première semaine de mars ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Avion : dépasser 1 224 km/h rien qu’à l’aide du vent ?
Mi-février, des vents allant jusqu'à 425 km/h à des altitudes de plus de 10 000 mètres ont soufflé sur l'Atlantique, permettant à plusieurs avions d'atteindre une vitesse de 1 250 km/h, bien au-dessus de la vitesse du son. Si l'on ne peut pas affirmer scientifiquement que ces appareils ont franchi la barrière acoustique, cette prouesse grâce à l'aide de la nature est impressionnante. Le National Weather Service, l'équivalent de Météo-France en Amérique, a donc enregistré la deuxième vitesse de vent la plus élevée sz l'histoire, depuis le début des mesures dans les années 1950. Les conditions atmosphériques au-dessus de l'océan Atlantique étaient exceptionnelles, ce qui a permis aux avions en provenance de l'Amérique et à destination de l'Europe, de voler plus vite. À commencer par le vol 22 de Virgin Atlantic entre Washington et Lisbonne. L'avion a tout simplement gagné 50 minutes grâce à ces vents favorables. Un vent arrière a littéralement emporté l'avion, atteignant une vitesse de pointe de 750 miles par heure (soit 1 249 km/h). La vitesse s'est ensuite stabilisée entre 965 et 1 125 km/h, quand même bien au-dessus de la vitesse de pointe théorique (de 945 km/h). Le vol 64 d'United Airlines, également à destination Lisbonne depuis New York, a atterri avec 20 minutes d'avance pour sa part, après avoir atteint une vitesse de 840 mph (1 349 km/h). Enfin, le vol 120 d'American Airlines a atteint une vitesse stupéfiante de 840 mph (1 352 km/h) après avoir décollé de Philadelphie et arrivé à Doha, au Qatar avec une demi-heure d'avance.Alors comment les avions ont-ils pu atteindre cette vitesse ? Et bien grâce au contraste entre l'air très froid du nord-est et l'air doux du sud-est. La fameuse onde de choc, le bang sonique, qui provoque précisément le franchissement du mur du son, n'a toutefois pas eu lieu. On ne peut donc pas vraiment dire que les avions ont réellement franchi le mur du son, même si leur prouesse est impressionnante. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La Finlande mise sur une méga batterie dans la mine la plus profonde d'Europe ?
L'ancienne mine de cuivre et de zinc de Pyhäsalmi, située à 450 km au nord d'Helsinki, se prépare à être reconvertie. S'enfonçant à 1 444 mètres sous terre, elle offrirait la configuration idéale pour un projet de batterie gravitaire, qui sera déployée par une entreprise spécialisée dans le stockage d'énergie : Gravitricity. Comme son nom l'indique, cette batterie stocke l'énergie par gravité.Ainsi, Gravitricity installera cette batterie dans un puits de la mine à une profondeur de 530 mètres. Théoriquement, la batterie peut atteindre une capacité de stockage de 2 MWh, ce qui équivaut à l’énergie nécessaire pour recharger une voiture comme une Tesla Model 3 jusqu'à 40 fois. Le PDG de Gravitricity, Martin Wright, a déclaré au journal écossais The Herald, je cite, "ce projet démontrera à grande échelle comment notre technologie peut fournir un stockage d'énergie fiable à long terme, capturant l'énergie pendant les périodes de faible demande, la stockant et la restituant rapidement.Dans le détail, comment fonctionnent les batteries à gravité ? Pour faire simple et sans trop rentrer dans les détails techniques, l'énergie excédentaire, principalement issue des énergies renouvelables, est utilisé pour soulever d’énormes objets lourds. Ces batteries stockent de l'énergie lorsqu'elles sont soulevées. Mais lorsqu'on décide de libérer cette énergie, on fait chuter ces objets, ce qui permet à l'énergie d'être convertie en énergie cinétique puis en électricité grâce à des turbines. C'est rapidement résumé, mais vous avez l'idée désormais. D'ailleurs, Gravitricity a signé un accord avec Callio Pyhäjärvi, un projet visant à réutiliser l'espace minier de Pyhäjärvi en hébergeant diverses initiatives innovantes. Cela permettra à l’entreprise de développer un premier prototype, sans que l'on connaisse la date de mise en service pour l'instant. D'ailleurs, il n’existe actuellement aucune information indiquant si des batteries supplémentaires seront construites dans la mine si le prototype fonctionne comme prévu.Ceci dit, Wright a déclaré que ce projet ouvrira la voie à d'autres projets commerciaux, notamment la reconversion des mines, offrant ainsi un avenir potentiel aux mines qui atteignent la fin de leur durée de vie naturelle" fin de citation. Certains chercheurs estiment qu’exploiter ainsi la gravité dans les mines abandonnées pourrait permettre de stocker dans le monde jusqu’à 70 TWh. Quand on sait qu'il existe pas moins de 500 000 mines abandonnées rien qu’aux États-Unis, le potentiel de cette forme de stockage d’énergie est assez prometteur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Matière noire : où en est l'accélérateur de particules du CERN ?
En 2024, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) fêtera son 70e anniversaire. Dans ce contexte, un projet de construction d'accélérateur de particules commence à prendre forme. Si vous ne le saviez pas déjà, il s’agit d’un appareil qui utilise un champ électrique ou magnétique pour faire entrer en collision des particules à grande vitesse. Les processus qui permettent de provoquer des collisions de particules visent à étudier leur nature et leurs propriétés. Et très récemment, un rapport intermédiaire relayé par le journal The Guardian a été publié par les scientifiques du CERN.On y découvre la structure du futur collisionneur circulaire, qui verra le jour sous terre, à la frontière entre le Pays-de-Gex dans le département de la Haute-Savoie, et la Suisse romande. Au total, il aura fallu huit ans de recherche pour construire cet anneau de plus de cinq mètres de large et de plus de 90 kilomètres de circonférence. Sa portée est donc trois fois supérieure à celle du Large Hadron Collider, également connu sous l'acronyme LHC, mis en service au CERN en 2008. À ce jour, le LHC est considéré par les experts comme la base permettant d'expliquer le Big Bang et a joué un rôle déterminant dans la découverte du boson de Higgs (BEH) en 2012.En somme, cet accélérateur de particules serait d'après les scientifiques le plus grand dispositif expérimental jamais créé pour tester les théories physiques, et serait même capable d'écraser des protons et d’autres particules subatomiques à des vitesses proches de la vitesse de la lumière. En attendant de le voir à l'œuvre, le CERN a présenté le calendrier de construction. Dans le détail, les travaux débuteront en 2033, soit cinq ans avant l'introduction des équipements. L'objectif est de commencer à l'exploiter à son plein potentiel en 2050... le tout pour 20 milliards d’euros, d'après le Guardian.Les experts fondent de grands espoirs sur le futur Ring Collider. D'autant plus que ses prédécesseurs n'ont pas révélé la moindre indication sur d'autres mystères de l'univers depuis la découverte du boson de Higgs. Prochaine étape, découvrir ce qui se cache derrière la matière noire. Pour la directrice générale du CERN, Fabiola Gianotti, le futur Ring Collider devrait devenir "l'appareil le plus puissant jamais créé pour étudier les lois de la nature". Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Tesla : le froid détruit les performances des voitures ?
En Norvège, les voitures électriques vendues sur le marché sont testées sur plusieurs critères, dont l'autonomie et la vitesse de recharge lors d'un événement ayant lieu deux fois par an : le EL Prix. Concrètement, cet événement permet de déterminer si les valeurs fournies par le constructeur sur la base de la réglementation sont respectées. Et cette année, lors du test, la Tesla Model 3 Highland dans sa version Long Autonomy a été placée dans une position assez délicate.En somme, toutes les voitures testées ont roulé au même moment par des températures comprises entre -2°C et -10°C. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'autonomie était inférieure de 30% à ce qu'annonçait Tesla initialement. Car à la base, ce véhicule a une autonomie annoncée de 629 km. Suite au test, ce chiffre est tombé à 441 km, soit presque 200 km de moins ! Cela signifie donc que les batteries de Tesla sont très sensibles au froid.La bonne surprise par contre, vient d'une berline de luxe chinoise, la HiPhiZ. Equipé d'une batterie haute capacité de 120 kWh, elle a parcouru 522 km et était la seule voiture à signaler une différence inférieure à 10 % entre l'autonomie annoncée et l'autonomie réelle. En bas du classement de ce test, sans surprise, on retrouve des modèles avec des batteries plus petites comme la Jeep Avenger, l'Opel Astra-E, et la Peugeot e-308, tous trois appartiennent au groupe Stellantis. À noter cependant que la e-308 se distingue par une consommation assez modeste, affichant seulement 17,0 kWh/100 km.Ce test hivernal vient clairement prouver à quel point les normes actuelles sont insuffisantes pour évaluer l'autonomie réelle d'un véhicule. Des facteurs très importants tels que la gestion thermique de la chaîne de traction, la climatisation et l'isolation du véhicule ne sont pas pris en compte. Vous pouvez retrouver les résultats détaillés sur la page officielle de l'événement, dont le lien est dans la description de cet épisode. Mais je vous préviens, c'est en Norvégien.Tests : https://www.naf.no/elbil/elprix?leftColumn=Resultater Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

SNCF : un max de tech dont l'IA pour un train plus vert et sécurisé ?
Après avoir déployé de nouveaux postes d'aiguillage informatique avec le projet ARGOS, la SNCF compte utiliser la vidéo et l'intelligence artificielle pour améliorer l'expérience des passagers et la sécurité ferroviaire. D’un côté, il y a le projet TNI, qui utilise l’IA pour traiter les flux vidéo des gares et des trains de manière « éthique ». Et de l'autre, il y a SDOT, qui propose plusieurs services et informations aux voyageurs et aux entreprises, et qui est déjà utilisé sur des dizaines de trains TER en France.Tout d'abord, le projet TNI sur le « Traitement numérique de l'image » est le résultat de trois années de recherche portant sur les traitements dits « éthiques » des flux vidéo des caméras installés dans les gares, les trains et à d’autres endroits. Plus précisément, TNI promet d'anonymiser les usagers filmés pour répondre aux normes de la CNIL, et de supprimer toutes les données biométriques. Grâce à ces images anonymisées, les analystes pourront créer des statistiques utiles et ajuster les offres de trains si nécessaire. Il sera par exemple possible de changer de type de train (à un ou deux étages) en fonction du nombre de passagers. Côté sécurité, la détection des mouvements de foule est une fonctionnalité importante car elle contribue à la sécurité des gares et réduit le temps de réponse des autorités et des forces de l'ordre en cas de problème.De son côté, la solution SDOT, pour « Service Digital On Train », annoncée il y a quelques mois au salon VivaTech, sera pilotée par la filiale SNCF Voyageurs et devrait je cite "définir l'avenir du transport ferroviaire". En fait, il s'agit d'une architecture unique qui offre des services à la demande, comme un système d'information qui fournit des données en temps réel sur votre voyage, et la présence de Wi-Fi à bord. Rien de nouveau sur le papier, mais contrairement à TNI, plus de 100 trains TER dans la région sont déjà équipés de solutions SDOT. L'objectif de la SNCF est de continuer à utiliser le SDOT à grande échelle, sur plus de 1000 rames, qui circuleront dans 11 régions du pays ainsi qu'au Luxembourg. Quoi qu'il en soit, ces innovations font de la SNCF un pionnier dans l’intégration de l’IA et des technologies connectées pour améliorer la sécurité et rendre les trains plus efficaces, utiliser moins de ressources et donc verdir encore un peu plus les trajets, même à petite échelle. Peut-être un premier pas pour réconcilier les Français avec les trains. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

IA : des panneaux solaires moins chers et plus efficaces ?
Les panneaux solaires présentent un grand intérêt car ils permettent d’accéder à une énergie renouvelable à moindre coût. Ceci dit, que se passerait-il si on y mélangeait l’intelligence artificielle ? C'est l'idée de Frank Magnotti, PDG d'Electiq Power, une société américaine spécialisée dans le stockage d'énergie à la maison. D'après lui, l’intelligence artificielle pourrait apporter de nombreux avantages tant aux installateurs qu’aux clients, et cela, du premier contact à la maintenance du système.L'IA joue déjà un rôle en optimisant les déploiements en fonction de l'offre et de la demande. Mais pour Magnotti, le processus pourrait être encore plus efficace en capturant davantage de variables, même les plus locales, y compris « toutes les prévisions météorologiques ». Ainsi, l'IA permettrait de réduire les coûts de pré-installation en prenant en compte différents paramètres comme le budget et les performances estimées. Il serait également possible d'améliorer la collecte des données... car en plus des informations issues des images satellites et des prévisions météorologiques, l’IA pourrait analyser les installations des clients sur le terrain, par exemple à l’aide de drones ou de diverses techniques d’imagerie.L'IA permettrait également de limiter les déplacements des techniciens sur site, réduisant ainsi potentiellement les coûts en terme d'intervention, qu'ils s'agisse de coûts d'installation ou de maintenance. Selon Magnotti, l'IA conversationnelle comme ChatGPT joue un rôle important, car s'équiper de panneaux solaire coûte beaucoup d'argent, et la prise en charge de certaines interactions avec les clients via des chatbots pourrait potentiellement faire gagner du temps et de l'argent à ces derniers, comme à l'entreprise. Comprenez par là, moins d'employés dans l'entreprise. Pour le patron d'Electriq Power, l’IA devient de plus en plus puissante à mesure que l’on collecte davantage de données. Reste désormais à voir si cela sera réellement bénéfique non seulement aux clients, mais aussi pour l’environnement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le Massif central renferme plein de lithium ?
Un gisement de lithium découvert en 2022 au centre-ville de l'Allier suscite des espoirs pour l'économie locale, mais également de fortes inquiétudes environnementales. Et comme le lithium est partout : dans les batteries, les smartphones, les ordinateurs portables, les tablettes et les voitures électriques, il est presque impossible de s’en passer. Sans compter que le marché des énergies renouvelables continue de croître, le lithium étant aussi au cœur des systèmes de stockage d’énergie solaire et éolienne.Et justement, la France possède un très beau gisement à Echassières, dans l'Allier, que le projet Emilie, porté par le groupe Imerys, vise à exploiter... ce qui n'est pas sans poser de sérieuses questions quant à son impact environnemental. Depuis 2005, Imerys exploite le gisement de Beauvoir, près d'Echassières donc pour extraire de l'argile blanche. Mais en plus de cela, iIl y a aussi 118 millions de tonnes de lithium enfouies sous terre dans cette carrière. Imerys estime que l'entreprise sera en mesure de produire suffisamment d'hydroxyde de lithium pour 700 000 voitures par an pendant au moins 25 ans à partir de 2028. Ainsi, les défis financiers et sociaux sont énormes, avec la création imminente de 1 000 emplois et la réindustrialisation entière de la région.D'un point de vue purement économique, le projet Emily est prometteur tant au niveau local que national. D'un point de vue écologique, c'est une autre histoire. Les experts s'inquiètent de la baisse du niveau des eaux souterraines provoquée par la consommation d'eau de la mine, sans parler de la pollution environnementale associée au projet. En fait, le lithium est extrait du sous-sol par évaporation de saumure, un processus qui nécessite une quantité d’eau importante. Les écosystèmes voisins et la production agricole locale pourraient donc être fortement affectés. C'est donc pour apaiser les inquiétudes autour du projet qu'Imerys a promis plusieurs choses, comme mesurer le comportement de la nappe phréatique sur une période d'un an et ne pas forer dans le sous-sol des forêts voisines. Le projet Emily incarne un dilemme des temps modernes : s'assurer du bon fonctionnement de la « transition énergétique » tout en gardant en tête que la survie de nos écosystèmes est primordiale. Actuellement, l'extraction du lithium reste catastrophique en termes d'impact environnemental. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Au XXe siècle, un ingénieur voulait brûler du charbon pour améliorer le climat ?
Si les événements météorologiques extrêmes provoqués par le changement climatique inquiètent de nos jours, les croyances étaient très différentes au début du 20e siècle d'après l'historien Thomas Moynihan. Ce dernier a raconté à la BBC qu'un ingénieur américain, William Lamont Abbott avait développé l'hypothèse selon laquelle le charbon était une substance essentielle pour améliorer la vie humaine. En conséquence, les gouvernements du monde entier devaient brûler tout le charbon enfoui sous terre. Ce progressisme était basé sur une théorie de la libération énergétique et ignorait la catastrophe potentielle que ce système créerait. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette idée s'inscrivait parfaitement dans son temps.À cette époque, la science commençait à peine à faire le lien entre le développement industriel et l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2). Sauf que les croyances étaient encore marquées par les connaissances du XIXe siècle, où les physiciens pensaient que la Terre se refroidissait inexorablement. À la fin des années 1920, William Lamont Abbott expliquait à qui voulait bien l'entendre, que le CO2 était associé à l’augmentation des surfaces agricoles à mesure que les régions polaires se transformaient. Selon lui, la combustion du charbon répondait également aux besoins liés à l’explosion démographique. Selon les Nations Unies, la population avant la Seconde Guerre mondiale était d'environ 2 milliards de personnes, soit environ un quart de la population actuelle. Bien que ses théories soient aujourd'hui mal vues, d'autres scientifiques vantent également l'utilisation intensive du charbon comme faisant partie de la transformation positive de la société moderne.Comme le rappelle Thomas Moynihan, le physicien suédois Svante Arrhenius qui a vécu entre 1859-1927 est également intervenu en faveur du réchauffement climatique. Ses travaux sur l’augmentation du dioxyde de carbone ont fait de lui un pionnier dans la communauté scientifique, lui offrant même un prix Nobel de chimie en 1903. Seules quelques voix minoritaires osaient s'opposer à cela à l'époque, notamment le géologue Thomas Crowder Chamberlin (1843-1928) qui avait déjà défendu le principe de précaution et exhortait le monde, déjà à l'époque, à reduire ses émissions de dioxyde de carbone. Un avertissement qu'il accompagnait d'un discours positif, estimant que la population pouvait renverser le cours des événements, en particulier le réchauffement climatique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Tesla : une gestion catastrophique de ses déchets ?
Batteries au plomb, peinture, liquide de frein, aérosols, antigel, acétone, gasoil… la liste des déchets mal gérés par Tesla est longue et assez inquiétante. L'entreprise est en effet accusée d'avoir violé les lois sur les pratiques commerciales déloyales de Californie et les lois sur les déchets dangereux en étiquetant faussement les déchets et en les envoyant dans une décharge non équipée pour traiter les matières dangereuses.Les plaignants, dont les procureurs généraux de Los Angeles et de San Francisco, accusent Tesla de ne pas avoir formé ses employés sur la manière de gérer correctement les déchets dangereux. Pour aggraver les choses, la plainte indique que ces violations se sont produites dans 101 installations, dont l'usine de fabrication Tesla de Fremont. En 2022, le constructeur avait informé les régulateurs financiers américains qu'il faisait l'objet d'une enquête concernant ses pratiques de gestion des déchets. Plus précisément, l'entreprise a affirmé avoir mis en œuvre diverses mesures, notamment des formations, des audits et des améliorations de son programme de gestion des déchets sur site. Mais apparemment, ses efforts n'ont pas satisfait les autorités. Les procureurs de chaque district demandent désormais des injonctions et des sanctions civiles pour forcer Tesla à éliminer correctement les déchets dans ses installations à l'avenir. Selon l'agence de presse Reuters, Tesla pourrait devoir payer jusqu'à 70 000 dollars par jour pour chaque infraction.D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que l'entreprise fait l'objet de telles allégations. En 2019, cette dernière avait conclu un accord avec l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) concernant des violations présumées de la réglementation fédérale sur les déchets dangereux déjà dans son usine de Fremont. Trois ans plus tard, Tesla acceptait de payer une amende de 275 000 $ pour avoir omis de mettre en œuvre un plan visant à minimiser les émissions de polluants atmosphériques provenant de la peinture dans cette usine. Si le constructeur assure que ses voitures évitent 4 millions de tonnes d'émissions de CO2, ces échecs répétés en matière de justice environnementale ont quelque peu terni son image. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

De nouvelles îles apparaissent au Groenland ?
La naissance d'une île est un phénomène assez surprenant qui généralement est le résultat d’une intense activité volcanique. On a pu observer cela en 2022 dans l'archipel des îles Tonga. Mais au Groenland, l'explication se trouve ailleurs.Dans une nouvelle étude de l'Institut de recherche spatiale de l'Université technique du Danemark, on apprend que le socle rocheux de ce pays s'est élevé de 20 cm au cours de la dernière décennie donc, entre 2013 et 2023, soit une augmentation de 2 mètres par siècle d'après leurs calculs. L'étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, dont le lien est dans la description de cet épisode, est basée sur une analyse des données du réseau GNET, qui comprend une soixantaine de stations de mesure GPS le long de la côte du Groenland. Et cette élévation du sol du Groenland ne devrait surprendre personne.D'après l'étude, après la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 12 000 ans, les épaisses couches de glace qui recouvraient auparavant les continents ont commencé à relâcher la pression sur les masses continentales, ce qui a entraîné un lent rebond des roches. Mais grâce à cette nouvelle étude, on peut désormais calculer la part du soulèvement de la terre au Groenland, en prenant pour facteur principal le changement climatique et lié aux activités humaines.D'après Shufaqat Abbas Khan, professeur au DTU Space et coauteur de l'étude que je cite, "le soulèvement des terres observé au Groenland ces dernières années ne peut pas s'expliquer uniquement par l'évolution naturelle post-glaciaire. Le Groenland se soulève beaucoup plus ! Ce sont des bouleversements de terrain très importants que nous pouvons actuellement détecter. Ceux-ci affecteront la carte du Groenland, à mesure que de nouvelles terres émergeront de la mer et que de nouvelles petites îles seront créées au fil du temps" fin de citation. En 2022, une autre découverte avait incité les géographes à redessiner la carte du Groenland, tout en fournissant une explication à la mystérieuse disparition de "l'île la plus au nord" du monde.Étude : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2023GL104851 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Tesla écrasé par son concurrent chinois BYD ?
Tesla est sur le point de perdre sa position de premier constructeur de voitures électriques. En effet, Elon Musk vient d'achever une année 2023 marquée par les échecs stratégiques et l’érosion de son image publique en raison de nombreuses déclarations controversées. Comme le rapporte le média spécialisé Bloomberg, l'homme qui a placé Tesla en position de leader dans le domaine des voitures électriques pourrait être surclassé par son concurrent chinois BYD.D'ailleurs, certains internautes sur X n'ont pas manqué de ressortir une archive particulièrement embarrassante datant de 2011, quand Elon Musk répond "avez-vous ces voitures" à un journaliste qui l'interrogeait sur l'essor de BYD. La réponse était sans grande surprise négative à cette époque. Mais si l'on repose la question en 2024, soit 13 ans plus tard, alors peut-être qu'elle deviendrait positive. Les connaisseurs se souviennent qu'en 2003, le directeur général du groupe Wang Chuanfu avait promis que BYD deviendrait la nouvelle référence en matière de voitures électriques. Deux décennies plus tard, la promesse est sur le point d'être tenue.Issu d'un milieu modeste, le patron de BYD a rapidement pénétré le réseau politique chinois. Au début des années 2000, l’État investissait massivement dans les énergies renouvelables. Des fabricants aux consommateurs, les baisses d’impôts se succédaient à travers le pays, et de nombreuses terres appartenant à l'État étaient prêtées à des hommes d'affaires en échange d'énormes investissements. Malgré de mauvaises conditions de travail, dénoncées par l'ONG China Labor Watch, BYD s'est rapidement imposé comme le leader chinois dans le domaine des voitures électriques grâce à des coûts de production très faibles. Au final, le prix des voitures électriques est similaire à celui des voitures diesel ou essence classiques.Ceci dit, actuellement, BYD circonscrit ses ventes à la Chine, permettant à Tesla de rester le constructeur de référence sur le marché international. Mais l’entreprise chinoise compte bien s'exporter hors de ses frontières, avec un point de chute déjà identifié en Europe : la Hongrie. D'après le journal Les Échos, le géant chinois a récemment annoncé qu'il allait implanter une usine à Szeged, une ville de 160 000 habitants au sud du pays, tout proche de la Serbie et de la Roumanie. Pour l'heure, on ne sait pas quand la construction des bâtiments aura lieu, et encore moins quand BYD vendra ses premiers exemplaires sur le continent Européen. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les cités antiques, une aide pour s'adapter au changement climatique ?
Quel est le point commun entre la Constantinople médiévale, la ville de Bagdad du IXe siècle, le Grand Zimbabwe et la ville d'Angkor ? Et bien toutes ces villes peuvent nous offrir de précieuses leçons pour nous adapter aux changements climatiques, car elles aussi ont connu des catastrophes et se sont adaptées il y a des siècles, voire des millénaires. Pour cela, encore faut-il être en mesure de connaître leur structure et leur fonctionnement. La bonne nouvelle, c'est que les sciences de l'archéologie, de l'histoire et de la paléoécologie (l'étude des espèces disparues et de leurs interactions avec les écosystèmes) ont bénéficié d'un certain nombre d'avancées technologiques importantes ces dernières années, comme l'indique la revue Nature Cities dont le lien est dans la description de cet épisode.Parmi les méthodes qui ont révolutionné la découverte, les auteurs citent de puissantes technologies comme le LiDAR (abréviation anglaise de 'détection et télémétrie par la lumière'). Ce capteur laser révèle des reliefs enfouis de villes dans des endroits où nous n'aurions jamais cru que la vie urbaine était possible. On peut citer une ville interconnectée découverte dans la forêt amazonienne perdue depuis près de 2 000 ans. Les mesures LiDAR révèlent notamment la complexité du modèle de « faible densité » d'Angkor, composé de maisons et de champs entrecoupés de temples et de palais. Chez les Mayas, les palais et les complexes résidentiels étaient probablement, selon ces découvertes, reliés par un réseau de chaussées et de canaux dotés de réservoirs, ainsi que des zones humides savamment entretenues. Cependant, ce modèle de dispersion est à l'opposé d'une « ville compacte » et peut refléter une adaptation aux paysages tropicaux en proie à une sécheresse saisonnière d'après les auteurs. Si Angkor s’était effectivement montré plus résiliente face au manque de pluie, elle aurait au contraire été plus vulnérable lors des inondations.En exposant ce patrimoine historique exceptionnel, les auteurs comptent ainsi anticiper les trajectoires des villes d'aujourd'hui, à l'époque de l'Anthropocène. Et des découvertes du genre, il y en un paquet, comme un système de climatisation naturelle dans une ancienne ville iranienne. Ceci dit, ce n’est qu’une des nombreuses solutions révélées par la combinaison de ces disciplines scientifiques et les technologies utilisées. Étude de Nature Cities : https://www.nature.com/articles/s44284-023-00014-4 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des lasers pour lutter contre les déchets spatiaux ?
Les déchets ne se trouvent pas exclusivement sur Terre. Malheureusement, on peut aussi les trouver dans l’espace. À l’automne dernier, plusieurs médias ont rapporté que les autorités américaines avaient décidé d’imposer une amende à un opérateur de télévision par satellite accusé d’avoir laissé des déchets dans l'espace, comme d'anciens satellites ou des étages de fusée. Ces pièces varient en taille et présentent un risque de collision pour les engins spatiaux encore opérationnels et la Station spatiale internationale.Les débris dont la taille ne dépasse pas quelques millimètres sont également problématiques car s'il devait entrer en collision avec un satellite ou un vaisseau spatial, cela aurait des conséquences assez lourdes.En réponse à cette situation, la société australienne EOS Space et la startup japonaise EX-Fusion ont développé un dispositif capable de déplacer ces débris spatiaux à l’aide de lasers, et cela depuis la Terre, afin de les retirer de l'orbite terrestre. Ainsi, à quoi correspond le projet EX-Fusion ? Concrètement : installer un puissant système laser à l'observatoire spatial EOS, non loin de Canberra en Australie. La première étape consiste à utiliser la technologie laser pour identifier les débris spatiaux de moins de 10 cm. Deuxièmement, EX-Fusion et EOS Space compte utiliser des faisceaux laser pour éliminer les débris, ou plus précisément, déplacer le laser par intermittence dans la direction opposée au mouvement des déchets. L'objectif est en fait de ralentir la trajectoire des débris qui brûleront lorsqu'ils pénètreront dans l'atmosphère terrestre.Malheureusement, plusieurs obstacles entravent encore le développement comme la précision et les performances d'un tel système. Ceci dit, et contrairement aux engins spatiaux du même type, les améliorations potentielles et la maintenance des appareils pourront être surveillées directement sur place, depuis la Terre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Électricité : mettre des microturbines dans les canalisations ?
Voilà une méthode qui pourrait révolutionner notre approche de l’énergie. En effet, les conduites d’eau sont une source d’électricité renouvelable largement inexploitée sur Terre, et une étude réalisée par des chercheurs du laboratoire national d’Oak Ridge dans le Tennessee a permis d'estimer que si des micro turbines étaient installée partout aux États-Unis, cela pourrait fournir 1,4 GW d'énergie sans construction de nouvelles infrastructures, soit l'équivalent de l'énergie produite par 450 éoliennes terrestres d'après l'étude dont le lien est dans la description de cet épisode.En détail, la surpression dans les conduites d'eau a le potentiel d'alimenter de petites turbines hydroélectriques, fournissant ainsi une source d'énergie propre. Des appareils actuellement sous-utilisés. Ainsi, des sociétés comme la Low Impact Hydropower Association, une organisation à but non lucratif environnementale basée dans le Massachusetts, envisagent de mettre en place des réseaux de petites turbines. InPipe Energy, basée dans l'Oregon, a déjà installé trois systèmes similaires, dont un à l'extérieur de Portland. Je cite "il existe des milliards de kilomètres de pipelines dans le monde sous pression". En partant de ce constat, l'entreprise a commencé à l'automne 2023 à produire de l'électricité à partir d'un pipeline qui transporte de l'eau potable en Californie. D'après eux, ce système devrait être capable de produire 130 000 kWh d'électricité par an. Si une majorité de cette électricité sera utilisée pour alimenter les pompes à eau situées à proximité des canalisations, l'électricité excédentaire sera injectée dans le réseau pour aider le service public à atteindre son objectif de neutralité carbone d'ici 2030, à savoir moins 6 tonnes de CO2 par an.Un système similaire devrait être installé à Aurora, au Colorado, à partir d'avril. Également, InPipe serait en pourparlers avec le gouvernement de New York sur la manière de produire de l'électricité à partir des quelque 4 milliards de litres d'eau qui traversent la ville de New York chaque jour. Plus précisément, le système InPipe fonctionne sur le même modèle qu'une vanne de pression ordinaire qui évacue l'excès de pression de l'eau. Mais plutôt que de simplement soulager les canalisations de cette pression, InPipe l'utilise pour produire de l'électricité. Une idée qui n'a rien de révolutionnaire puisqu'elle a été imaginée il y a plus de 20 ans déjà mais qui n'avait jusqu'à présent jamais été mise en œuvre.Étude : https://info.ornl.gov/sites/publications/Files/Pub176069.pdf Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.