
L’esprit critique
617 episodes — Page 1 of 13
PARTIE 3 -EP172, autour du "Diable s'habille en Prada 2", de David Frankel
PARTIE 2 -EP172, autour de la série "Bandi" d'Eric et Capucine Rochant
PARTIE 1 -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis
INTEGRALE -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis, de la série "Bandi" signée Eric et Capucine Rochant et du "Diable s'habille en Prada 2" signé David Frankel
PARTIE 2 -EP171, autour de "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell
INTEGRALE -EP171, autour des spectacles "La Maison de Bernarda Alba" signé Thibault Croisy ; "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell et "Manières d'être vivant" de Clara Hédouin
PARTIE 3 -EP171, autour de "Manières d'être vivant", signé Clara Hédouin
PARTIE 1 -EP171, autour de "La Maison de Bernarda Alba", signé Thibaud Croisy, au T2G
PARTIE 2 -EP170, autour de "Carnet de notes. 2021-2025" de Pierre Bergounioux
INTEGRALE -EP170, autour de "Jaune Soleil" d'Éric Chevillard , du "Carnet de notes. 2021-2025" de Pierre Bergounioux et du recueil de César Aira, "les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans"
PARTIE 3 -EP170, autour du recueil "Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans" de César Aira (Christian Bourgois)
PARTIE 1 -EP170, autour de "Jaune Soleil" d’Éric Chevillard (Minuit)

S5 Ep 169PARTIE 2 -EP169, autour du film "Silent Friend" d'Ildikó Enyedi
Silent Friend est le septième film de la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi, qui avait reçu l’Ours d’or à Berlin en 2017 pour son film Corps et Âme racontant une histoire d’amour entre deux personnes découvrant qu’elles se rêvaient chaque soir en cerf ou en biche, veillant l’une sur l’autre dans une forêt enneigée.Dans ce film-ci, il est aussi questions de frontières poreuses entre humains et non humains, puisque c’est un arbre installé dans le jardin botanique d’une université allemande – en l’occurrence un gigantesque Ginkgo biloba – qui constitue le personnage principal de ce long-métrage de près de deux heures et demie.Autour de lui, trois époques et trois personnages défilent en tissant des relations avec cet arbre qui les observe. Greta, première femme à intégrer cette université en 1908 doit affronter la misogynie du monde scientifique d’alors. Hannes, étudiant dans les années 1970, découvre l’amour en même temps que les interactions avec un géranium. Tony chercheur chinois en neurosciences invité sur le campus en 2020, se retrouve coincé par l’épidémie de covid et se lance alors dans une expérience avec le ginkgo.Pour les trois époques dans lesquelles la cinéaste plonge son arbre silencieux, elle a choisi trois formats différents : le segment contemporain est entièrement filmé en numérique qui permet notamment une précision de l’image à une échelle microscopique ; la partie de l’histoire qui se situe dans les années 1970 a été tournée dans un 16 mm qui intensifie les couleurs ; et la partie qui se déroule en 1908 est filmée en noir et blanc et en 35 mm.Dans un entretien qu’elle a donnée à Mediapart et à notre collègue Amélie Poinsot à l’occasion de la sortie du film, Ildikó Enyedi expliquait : « Mes personnages cherchent à se connecter aux plantes et se rendent compte qu’il y a un autre œil, Quand vous êtes dans un jardin, vous observez les plantes, mais elles vous observent aussi : vous vous trouvez au milieu d’autres observateurs. C’est cela que j’ai voulu rendre palpable dans le film – non pas l’expliquer, mais le faire ressentir. Les humains y apparaissent comme une partie d’une texture très riche. C’est une sensation plutôt plaisante : on se sent moins seul. »Silent Friend est sorti en salles le 1er avril dernier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 169INTEGRALE -EP169, autour de "The Drama" de Kristoffer Borgli, "Silent Friend" d'Ildikó Enyedi et "La Corde au Cou" de Gus Van Sant
Un mariage triste comme un enterrement ; un arbre puissant qui nous observe depuis plus de 100 ans, et une prise d’otages vintage qui capte aussi la réalité d’aujourd’hui…On revient aujourd’hui dans « L’esprit critique » sur deux films aux antipodes l’un de l’autre sortis au début de ce mois, The Drama du norvégien Kristoffer Borgli avec Robert Pattinson et Zendaya, et Silent Friend de la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi, qui fait d’un ginkgo biloba son personnage principal. Et on anticipera ensuite sur la sortie prochaine du nouveau film de Gus Van Sant, initutlé La corde au cou et qui nous plonge dans une prise d’otage à Indianapolis à la fin des années 1970.Avec :• Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma• Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements, et Emitaï.• Salima Tenfiche, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 169PARTIE 3 -EP169, autour du film de Gus Van Sant, "La corde au cou"
Le réalisateur américain Gus van Sant revient, après presque huit ans d’absence, avec un film intitulé La corde au cou. Le long-métrage s’inspire, comme beaucoup de réalisations de Gus Van Sant, d’une histoire vraie, mais relativement oubliée, du moins sous nos latitudes.Cette histoire s’est déroulée le 8 février 1977 à Indianapolis, capitale de l’Indiana. Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt prend en otage le fils du courtier responsable de sa situation qu’il menace d’un fusil chargé attaché par un fil de fer reliant l’arme de la gâchette au cou de l’otage, risquant de le tuer au moindre mouvement : cette corde au cou qui donne son titre au film.La prise d’otages réelle dura 63 heures et fut filmée presque en direct par la caméra de la télévision locale puis nationale, suscitant maints débats sur le fait de savoir si Tony était d’abord un criminel ou d’abord une victime.La corde au cou, de Gus Van Sant, sera sur les écrans mercredi prochain 15 avril.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 169PARTIE 1 -EP169, autour de "The Drama" de Kristoffer Borgli
The Drama est le titre du film du réalisateur norvégien Kristoffer Borgli avec en tête d’affiche les deux stars du moment que sont Robert Pattinson et Zendaya. Pour celles et ceux qui auraient réussi à échapper à l’intense campagne de promotion qui a accompagné la sortie du film, je rappelle que les deux jeunes gens se rencontrent dans un café autour d’un livre que l’une est en train de lire et que l’autre fait semblant d’avoir lu.Un coup de foudre et deux années plus tard, les deux tourtereaux se retrouvent à préparer dans les moindres détails un luxueux mariage, répétant leur danse inaugurale avec une chorégraphe, sélectionnant la meilleure DJ, préparant les discours qu’ils s’adresseront tous les deux.Mais alors qu’ils testent le menu et forcent sur les vins avec deux amis, la mécanique s’enraye après qu’a été demandé à chacun et chacune de raconter la pire chose commise de sa vie.Le film est issu de la société de production américaine A24, à l’origine de certains films qu’on a évoqués dans ce podcast comme The Brutalist de Brady Corbet ou Marty Supreme de Josh Safdie. Comme pour ces précédents long-métrages, on risque de se demander si cette société qui prétend renouveler le cinéma indépendant aux étatsuniens n’est pas le dernier avatar d’une conformité formelle et politique.The Drama est sorti en salles le 1er avril dernier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 168INTEGRALE -EP168, autour des rétrospectives de Nan Goldin et Leonora Carrington et du dialogue entre la plasticienne Huma Bhabha et Alberto Giacometti
Trois expositions de trois femmes artistes dialoguant avec l’histoire de l’art du XXe siècle et la société de leur temps. Une photographe qui propose sa première exposition cinématographique. Une peintre longtemps reléguée dans l’ombre qui expose son « obscurité lumineuse ». Et une plasticienne touche-à-tout qui se confronte à Alberto Giacometti.On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » l’exposition des diaporamas de l’américaine Nan Goldin qui se déploient sur deux sites, au Grand Palais et à la chapelle de la Salpêtrière ; la grande rétrospective que le Musée du Luxembourg consacre à la peintre anglaise longtemps installée au Mexique Leonora Carrington, et enfin la façon dont la pakistano-américaine Huma Bhabha investit la fondation Giacometti à Paris pour un dialogue entre ses œuvres contemporaines et celles du sculpteur suisse.Avec : • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante. • Hélène Soumaré, critique d’art« L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 168PARTIE 3 -EP168, autour du dialogue entre la plasticienne Huma Bhabha et Alberto Giacometti
L’Institut Giacometti à Paris présente une exposition consacrée à l’artiste Huma Bhabha, née à Karachi au Pakistan au début des années 1960 avant de s’installer aux Etats-Unis, dont les œuvres sont confrontées au célèbre sculpteur suisse. L’artiste pakistano-américaine a conçu spécialement la plupart de ses pièces qui tout à la fois se fondent et dénotent au milieu des œuvres de Giacometti, avec des effets de trouble et de ressemblance.Entre hommage et humour, l’exposition s’intitule « Dénoue, boucle à boucle, les cheveux d’une idole avant que tes articulations se détachent… » Un titre emprunté à un vers du poète persan Omar Khayyam, qui entend saisir autant la précision du travail des artistes que le refus qu’ils partagent d’une figuration littérale qui les pousse à représenter des corps étirés, démembrés parcellisés.Pour les deux artistes, les corps et le visage humains sont les sujets essentiels, et le travail d’Huma Bhabha, qui pratique autant la sculpture, la peinture, la photographie que le collage voisine donc avec des Giacometti : sculptures, dessins et photographies… L’exposition met ainsi en parallèle la célèbre sculpture de Giacometti, L’homme qui marche, datant de 1960, avec une pièce de Bhabba intitulée Magic Carpet, faite d’un simple tapis sur lequel est posé une paire de jambes en mousse rose, chaussées de véritables bottes de caoutchouc.Autre exemple, face à la Jambe du sculpteur Suisse, Huma Bhabha éparpille au sol un corps en morceaux — une tête, des jambes et de petits bouts d’argile cuits — réalisé lors d’une résidence au Mexique (Untitled, 2022), créant à la fois rapprochement et distance, soulignée par le fait que Giacometti travaille avec des matériaux nobles et classiques, tandis que la plasticienne crée principalement des installations faites d’os, de polystyrène de liège, d’argile, de plâtre de fil de fer, travaillant avec des matériaux disparates.Dans une pièce à part - le cabinet graphique - on découvre un autre fil permettant de relier les deux artistes, passant l’image en mouvement, puisque Huma Bhabha qualifie Giacometti de « post-cinéma » au sens où son travail et sa perspective seraient imprégnés d’une esthétique cinématographique. On voit ici des planches contacts inédites d’Ernst Scheidegger, où les sculptures de Giacometti sont photographiées en extérieur un peu comme des storyboards de cinéma en les confrontant avec des sculptures de Bhabha photographiées comme des scènes de cinéma.Le commissariat de l’exposition est signé Émilie Bouvard qui évoque moins un dialogue historique qu’un « compagnonnage sensible » entre les deux artistes.Le dialogue entre Alberto Giacometti et Huma Bhabba, organisé par l’institut Giacometti à Paris est visible depuis le 6 février dernier et jusqu’au 24 mai prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 168PARTIE 1 -EP168, autour de l'exposition "This Will Not End Well", de Nan Goldin au Grand Palais et à la Salpêtrière
La célèbre photographe américaine Nan Goldin propose une rétrospective de ce qu’elle présente comme sa première exposition cinématographique puisqu’elle n’y propose pas d’images fixes mais ses diaporamas et vidéos constitués de milliers de photographies. Cette rétrospective a déjà tourné dans plusieurs villes d’Europe et arrive aujourd’hui à Paris en se déployant sur deux lieux. Au Grand Palais sont montrés cinq diaporamas installés dans des pavillons dans lesquels on entre en pénétrant des architectures de tentures noires conçues par l’architecte Hala Wardé. On y voit son premier film intitulé La Ballade de la dépendance sexuelle, constitué d’images prises du début des années 1980 au début des années 2020, et qui fut initialement projetée dans des boîtes de nuit et des soirées privées avant d’être montré dans des institutions culturelles.Puis les diaporamas plus récents qu’elle a consacrés à la communauté queer, à la dépendance aux drogues mais aussi aux plaisirs qu’elles peuvent procurer, ainsi qu’un travail intitulé « Le Syndrome de Stendhal » qui met en regard des chefs d’œuvres de musée avec des portraits de ses proches au sujet desquels elle dit : « Je voyais les visages de mes ami·es dans les toiles. Stendhal décrivait la peinture comme une surface que l’imagination vient compléter. »A ces cinq diaporamas s’ajoute une esquisse de film à venir sur Gaza qui a aussi été le principal sujet de la prise de parole de Nan Goldin en ouverture de cette exposition qui a débuté le 18 mars dernier.A cela s’ajoute également une installation multimédia présentée dans la chapelle de l’hôpital de la Salpêtrière en forme d’hommage à la sœur aînée de Nan Goldin, Barbara, internée en hôpital psychiatrique durant son adolescence et suicidée à l’âge de 18 ans, qui avait déjà été montrée dans le cadre du Festival d’Automne il y a plus de vingt ans.Celle-ci s’intitule Sisters, Saints, Sibyls et se présente comme un triptyque vidéo. Le premier chapitre est consacré à la légende de Sainte Barbara, martyre chrétienne emprisonnée et décapitée par son père, retracé à partir de plusieurs images et tableaux religieux, accompagné par une musique de chœurs médiévaux. Le deuxième retrace la vie de Barbara Holly Goldin à travers des photos de famille et des documents provenant des hôpitaux où elle a séjourné. Le dernier évoque l’adolescence de Nan Goldin et une vie marquée par l’addiction et des séjours en hôpital psychiatriques. L’installation a été conçue en collaboration avec la vidéaste et scénographe Raymonde Couvreu.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 168PARTIE 2 -EP168, autour de l'exposition "Leonora Carrington", au Musée du Luxembourg
Le musée du Luxembourg à Paris consacre une rétrospective à la peintre Leonora Carrington, née en 1917 en Angleterre, voyageuse incessante de Florence à Paris, du Sud de la France à l’Espagne, avant de s’installer au Mexique pendant la Seconde Guerre mondiale. A travers 126 œuvres, cette première exposition solo d’envergure consacrée à cette figure de l’art du XXè siècle située à la croisée du surréalisme, de la mythologie et de l’ésotérisme est composée de six sections qui nous font avancer dans son œuvre et dans sa vie de façon chronologique et thématique.On part ainsi des origines d’un « grand tour intérieur » pour évoquer la « mariée du vent », surnom donné par son compagnon Max Ernst à Leonora Carrington, et aboutir, après être passé par « L’obscurité lumineuse », à la « cuisine alchimique », réunissant les passions à la fois culinaires, artistiques et ésotériques de Carrington au sujet desquelles son mécène Edward James écrivit que ses peintures étaient « non seulement peintes, mais aussi concoctées. Il semble parfois qu’elles se sont matérialisées dans un chaudron sur le coup de minuit. »Leonora Carrington a pu autrefois être réduite à son statut de compagne du peintre Max Ernst, avec lequel elle vécut plusieurs années dans le sud de la France avant que la guerre ne les sépare lorsque ce dernier fut arrêté comme « étranger ennemi ». Elle avait pourtant affirmé : « Je n’avais pas le temps d’être la muse de qui que ce soit ; j’étais trop occupée (…) à apprendre à devenir une artiste. »A propos d’elle-même, la peintre écrivit : « J’ai compris qu’il était indispensable que j’extirpe de moi tous les personnages qui m’habitaient. J’ai dû me débarrasser de tout ce que m’avait apporté ma maladie, chasser ces personnalités et c’est ainsi qu’a commencé ma libération. J’ai senti que, sous l’action du soleil, j’étais une androgyne, la Lune, le Saint-Esprit, une gitane, une acrobate, Leonora Carrington et une femme. »Le commissariat de cette exposition est signé Tere Arcq, historienne de l’art spécialiste du surréalisme au Mexique et Carlos Martin, spécialiste de l’art moderne et du surréalisme.La grande rétrospective consacrée à Leonora Carrington a ouvert au Musée du Luxembourg à la mi-février et sera visible jusqu’au 19 juillet.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 167PARTIE 3 -E167, autour du spectacle "Patatas, Fritas, Falsas", d'gnés Mateus et Quim Tarrida
Patatas fritas falsas est le titre de la pièce des espagnols Quim Tarrida et Agnés Mateus, créé en Catalogne et montré au Théâtre de la Bastille à Paris. Ce seul-en-scène interprété avec grande énergie par Agnés Mateus entend regarder le fascisme en face et prendre le public à partir d’un texte très frontal, de quelques coups de feu, d’une lumière stroboscopique, d’une marionnette de Franco, de nombreux lustres qui parfois se détachent pour tomber violemment sur scène, de musiques de boîte de nuit de la Costa Brava, mais aussi d’une machine à laver.Après une première pièce sur les violences policières, puis une seconde sur les violences faites aux femmes, c’est à la violence politique que s’attaque le duo catalan dans ce spectacle qui s’ouvre sur la vision d’un gigantesque drapeau franquiste occupant tout l’espace habituellement occupé par les rideaux de scène.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 167INTEGRALE -EP167, autour des spectacles « Bovary Madame » de Christophe Honoré, « Silence, ça tourne » de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr "Patatas fritas falsas" du duo Agnés Mateus et Quim Tarrida.
Une transposition circassienne d’un grand classique de la littérature française ; un récit polyphonique et documenté d’un massacre commis dans un camp palestinien du Liban au milieu des années 1970 et un seul-en scène déchaîné qui entend regarder et dénoncer de front les dynamiques fascisantes.On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Bovary Madame que donne en ce moment le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré au Théâtre de la Ville-Sarah Bernardt, de la proposition intitulé Silence, ça tourne, des Libanais Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr qui était récemment visible au Théâtre de la Bastille à Paris et enfin de Patatas fritas falsas du duo catalan Agnés Mateus et Quim Tarrida, à l’affiche de ce même théâtre de la Bastille.Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».• Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.• Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 166PARTIE 1 -EP167, autour du spectacle "Bovary Madame" de Christophe Honoré"
Bovary Madame, d’après Gustave Flaubert, est le titre du spectacle de Christophe Honoré que présente en ce moment le théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt après avoir été visible à Lausanne, Clermont-Ferrand, Brest, Rennes, La Rochelle, Évry, Annecy, Lyon, Arras, Angers, Nantes, Anglet et Nice. Pour mettre en scène l’histoire d’Emma, le réalisateur et metteur en scène a choisi un décor de cirque et un rythme de cabaret, agrémenté de cinéma et de vidéo puisqu’une partie des scènes se déroule dans les coulisses et que nous ne les voyons qu’à l’écran.Emma Bovary, jouée par l’actrice Ludivine Sagnier, est ainsi entourée de toute une troupe dans laquelle les personnages de Flaubert sont aussi des figures de l’univers circassien, depuis l’acrobate jusqu’à Madame Loyale.Costumes et musique, nudité et numéros, grand spectacle et dimension littéraire, classique et modernité ; dialogues reconnaissables et pauses BarbaPapa et tartes à la crème invitant des membres du public à monter sur scène : comme souvent Christophe Honoré entend proposer, ici en deux heures et demie, un spectacle capable d’embrasser les contraires et de toucher un vaste public En inversant le titre original de Flaubert, Christophe Honoré propose-t-il alors un spectacle renversant ou sens dessus dessous ? Bovary Madame de Christophe Honoré est visible jusqu’au 16 avril au théâtre de la Ville à Paris.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 167PARTIE 2 -EP167, autour du spectacle "Silence ça tourne" de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr
Silence, ça tourne est le titre d’un seul en scène signé Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, interprété par cette dernière, dans lequel elle poursuit son travail de mémoire collective autour du Liban, entamé avec des pièces comme Beirut Sépia, Titre provisoire, Augures ou Ordalie. Elle retrace ici l’histoire du camp de réfugiés palestiniens de Tel al-Zaatar, dont les habitants et habitantes furent assiégés et massacrés par les milices de la droite chrétienne libanaise en 1976, avec un bilan estimé à 2 000 morts, 1 500 disparus et 6 000 blessés, dont une large majorité lors de la seule journée du 12 août.Sur scène, un radio-transistor et des bandes magnétiques reconstituent peu à peu l’atmosphère du siège en mêlant archives sonores et témoignages, notamment celui d’une infirmière suédoise communiste du nom d’Eva Ståhl, que les auteurs de la pièce ont retrouvée et enregistrée, mais aussi d’un reporter de guerre suédois et de l’ancien responsable de la Croix-Rouge internationale.Dans un décor sobre, Chrystèle Khodr déroule des bandes magnétiques qu’elle accroche à des mâts, construisant ainsi une forme de maison ou d’abri, comme elle déroule son histoire, sans nœuds ni effets, avec une volonté de tisser les récits pour en refléter les réalités implacables et construire un lieu de mémoire.Silence, ça tourne, de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, c’était récemment au TNP de Villeurbanne, à la MC93 de Bobigny, à la Joliette à Marseille et au théâtre de la Bastille à ParisHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 166PARTIE 3 -EP166, autour du roman de Sofia Andrukhovych, "Amadoca" (Belfond)
Amadoca est le titre de l’ouvrage de l’écrivaine ukrainienne Sofia Andrukhovych que publient les éditions Belfond dans une traduction d’Iryna Dmytrychyn. Une publication en réalité en deux temps, puisque ce premier volet de déjà pas loin de 550 pages, sous-titré L’histoire de Romana et d’Ouliana sera suivi, à la rentrée prochaine, d’un second, intitulé Amadoca. L’histoire de Sofia.Ce projet ambitieux vise à raconter un siècle d’histoire de l’Ukraine, de l’époque soviétique à la domination nazie jusqu’aux guerres contemporaines, même si le roman a été achevé avant l’offensive des troupes de Poutine en 2022.« Amadoca » est le nom donné, au IIè siècle de notre ère, par le géographe grec Ptolémée à un lac ou un marécage qui se serait trouvé dans l’actuelle partie occidentale de l’Ukraine.Pour raconter son pays, Sofia Andrukhovych, centre son récit sur trois personnages : Bohdan, qui a perdu le visage et la mémoire dans une guerre ressemblant à celle du Donbass ; Romana, une archiviste qui pense avoir reconnu dans le visage meurtri et absent du soldat son homme et Ouliana, la grand-mère de Bohdan, qui a vécu les massacres hitlériens et dont Romana va raconter l’histoire à son petit-fils auquel elle dit :« Tu es Bohdan Kryvodiak. Tu es né dans une petite ville de l’ouest de l’Ukraine. Tu as des relations compliquées avec ta famille. Tu es archéologue. Spécialiste du baroque et du rococo. Tu étais à la guerre, dans l’Est. Tu as vécu des choses que peu de gens vivent. Tu as failli mourir. Tu as perdu la mémoire. Mais tu es en vie et en sécurité. Tu es chez toi. Tu es avec moi. Je suis ta femme, Romana. Tout va bien, petit garçon. Viens ici. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 166PARTIE 1 EP-166, autour du roman de Jérôme Ferrari, "Très brève théorie de l'Enfer" (Actes-Sud)
Très brève théorie de l’enfer est le titre du nouveau livre de Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012 pour son Sermon sur la chute de Rome. On reste dans un titre à connotation chrétienne pour ce nouveau livre, publié comme les précédents aux éditions Actes Sud, mais on quitte la Corse qui constitue souvent le sujet et le décor des ouvrages du romancier avec cet ouvrage sous-titré « Contes de l’Indigène et du voyageur » et second volet d’une trilogie débutée avec Nord Sentinelle. Enseignant expatrié d’abord en Algérie, où il rencontre sa femme, le narrateur du livre se retrouve aux Émirats Arabes Unis et constate que « de l’avis de tous – avis, me précisa-t-on, que partageaient nombre de Saoudiens -, l’Arabie n’offrait comme avantage notable que sa proximité avec les Émirats. Il me semblait étrange que le pays où je périssais d’ennui pût ainsi donner l’image d’une version moderne de Sodome et Gomorrhe. »Il emploie à son service Kaveesha venue comme beaucoup de ses compatriotes sri-lankais travailler dans les pays du Golfe et à propos de laquelle Ferrari écrit : « Elle profita de son séjour à Colombo pour acheter le petit terrain sur lequel elle allait faire construire sa maison. Les travaux s’étalèrent sur dix années, s’arrêtant et reprenant au rythme des paiements que Kaveesha pouvait effectuer. A chaque étape du chantier, elle associait des visages d’enfants. Un petit garçon chilien pour les fondations, des jumelles malaises pour la maçonnerie, toute une fratrie italienne pour la charpente, une fillette anglaise pour la pose de la toiture. De l’installation de la plomberie et de l’électricité jusqu’aux dernières finitions, Kaveesha ne s’occupa plus que d’enfants français. »Le roman tisse ainsi les trajectoires parallèles de ces deux personnages, chacun confronté à une forme de descente aux enfers, notamment sur le plan familial, comme si le déracinement, contraint pour l’une et choisi pour l’autre, menait à des tragédies dont on ne saura pas tout mais beaucoup. « Combien de mondes se côtoient-ils dans ce pays, qui ne se rencontrent presque jamais ? » écrit à un endroit Jérôme Ferrari.Un texte qu’il est singulier de lire dans un moment où les projectiles iraniens parvenant à toucher les pays du Golfe tuent surtout des immigrants du sous-continent indien et que de nombreux expatriés demandent à rentrer en Europe après avoir vu leur choix et train de vie fragilisés par la décision de Trump et Nétanyahou de lancer une guerre destructrice en Iran. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 166INTEGRALE -EP166, autour des livres de Jérôme Ferrari, "Très brève théorie de l'Enfer", d'Anne F. Garréta, "DJ. Portrait de l'artiste en animale nocturne" et de Sofia Andrukhovych, "Amadoca"
L’enfer de la guerre, l’enfer de l’esclavage moderne et l’enfer – possiblement paradisiaque - de la nuit… Ce sont trois ouvrages qui ont part liée avec les ténèbres ou du moins l’obscurité que nous nous intéressons aujourd’hui dans ce nouvel épisode de « l’esprit critique » consacré à la littérature.On y discute en effet de la Très brève théorie de l’enfer située dans les pays du Golfe que propose Jérôme Ferrari chez Actes-Sud, du Portrait de l’artiste en animale nocturne publié au Mercure de France par l’écrivaine et DJ Anne F. Garréta et enfin du grand roman de l’Ukraine intitulé Amadoca de Sofia Andrukhovych, que viennent de traduire les éditions Belfond.Avec :• Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération• Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 166PARTIE 2 -EP166, autour du livre d'Anne F. Garréta, "DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne" (Mercure de France)
« L’idée m’excitait. Je m’y engageai. Car j’aimais la musique, la nuit, les machines, la solitude, les femmes. » C’est ainsi qu’Anne F. Garréta résume sa décision d’apprendre la pratique de DJ, ou « disquaire » comme elle préfère dire, dans son nouveau livre intitulé DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne que publie le Mercure de France.L’autrice de Sphinx, paru au milieu des années 1980 quand elle avait seulement 23 ans, revient sur ses années noctambules, lorsqu’elle faisait danser les nuits de Paris, notamment dans une boîte lesbienne, le Katmandou, en assumant vouloir poser un regard inédit sur cet univers alors que « la littérature qui traite des musiques électroniques et dansantes raboute des informations de nième main sur des sources aussi peu fiables que biaisées par l’hégémonie culturelle américaine ».Cette passionnée des modes d’emploi livre ici un récit à la fois technique et personnel sur un métier et une époque, en creusant dans ses souvenirs, et en proposant des parallèles entre la façon d’écrire, celle de danser, et celle de tenir une « piste » afin d’éviter qu’elle ne se vide subitement en réalisant ainsi le cauchemar du ou de la disquaire.« Le romancier, le mathématicien mettent bout à bout des choses triviales. C’est l’enchaînement qui ne l’est pas. Il en va de même de la disquaire à ses platines enchaînant des trivialités », explique la narratrice pour qui « n’importe qui peut, en enchaînant dans n’importe quel ordre, une série de tubes, surtout les plus vulgaires, faire danser, par intermittence, un groupe quelconque de gens moyennement ingambes. »Pour elle, « les mauvais DJ se fantasment en dictateurs, en gourous ou en prêtre. (…) Une bonne disquaire is an attentive lover. Ou un gigolo de sang-froid. Le DJ médiocre suppose connu et identifié le désir des corps en face de lui. Erreur banale. »Ouvrage écrit depuis une période où elle se dressait contre « l’ordre diurne », par une personne qui affirme « je ne suis ni écrivain ni pas écrivain » et s’imagine plus en DJ qu’en écrivain, ce « portrait de l’artiste en animale nocturne » décrit aussi le parcours de vie en forme de bascule d’Anne F. Garréta.Ainsi qu’elle l’écrit en effet dans un moment introspectif et rétrospectif : « Si on m’avait dit, alors que je dansais sous la voûte étoilé du Saint, dans l’abîme de basses profondes du Paradise Garage, dans l’abside néogothique du Limelight, dans la caverne du Metropol que je finirais par passer ma vie avec femme, enfants, chien, two-car garage au fond d’une banlieue friquée, bucolique et inculte de la capitale de l’Empire, j’aurais hurlé de rire. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 165PARTIE 2 -EP165, autour de "Marty Supreme" de Josh Safdie
Au vu de la campagne promotionnelle et de la campagne menée pour les Oscar autour de Marty Supreme et de son acteur principal Timothée Chalamet, il est sans doute à peine besoin d’en résumer le pitch.Néanmoins, pour celles et ceux qui auraient réussi à éviter le martelage récent, Marty Mauser est un jeune juif new-yorkais sans le sou, qui vend des chaussures dans le magasin de son oncle et qui, plutôt que de reprendre ce commerce, s’avère prêt à tout – escroquerie, abandon d’amante enceinte, séduction de gloire du cinéma sur le retour, match truqué, aplatissement devant un richissime homme d’affaire ou flirt avec la pègre – pour réaliser son rêve : trouver l’argent pour participer aux championnats du monde de ping-pong – un sport dont l’Amérique d’alors se contrefout – qui se déroulent alors au Japon.Inspirée par les mémoires du pongiste Marty Reisman, le film est signé Josh Safdie qui signe là sa première réalisation solo après les longs-métrages remarqués qu’il réalisait avec son frère Benny, en particulier Good Times et Uncut Gems.Marty Supreme est en salles depuis le 18 février dernier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 165PARTIE 1 -EP165, autour du film "Sinners" de Ryan Coogler
Le long-métrage Sinners, succès du box-office et nominé 16 fois – un record historique - à la cérémonie des Oscar du dimanche 15 Mars, est le titre du nouveau film de Ryan Coogler, un cinéaste décidé à s’emparer des formes hollywoodiennes pour faire entendre la voix de la communauté africaine-américaine et montrer le racisme auquel elle doit faire face.Après avoir s’être approprié l’imagerie de la série « Rocky » avec son film Creed en 2016 puis s’être emparé des films de super-héros avec les deux volets de Black Panther en 2018 et 2022, c’est cette fois le genre du film d’horreur et de vampire, mais aussi le genre du film musical et du film d’époque, qu’utilise le réalisateur pour parler de la condition des noirs aux Etats-Unis.L’intrigue se déroule dans le delta du Mississippi, au début des années 1930, à l’époque de la ségrégation raciale, de l’exploitation des noirs dans les champs de coton et de la terreur entretenu par le Ku Kluk Klan.Les jumeaux Smoke et Stack, incarnés tous deux par Michael B. Jordan, l’acteur fétiche de Ryan Coogler, vétérans de la Première Guerre mondiale et après avoir gagné de l’argent avec la pègre de Chicago, décident de racheter un ancien abattoir délabré pour en faire un cabaret de blues destiné aux populations noires et échapper au moins à temps à la ségrégation et aux persécutions, en buvant, dansant et célébrant la musique.Le film, de la production aux costumes et jusqu’à la réalisation est, à quelques exceptions près, fabriqué en entier par des africains-américains.Sinners est sorti en France au printemps dernier et est donc déjà disponible en VOD ou sur la plateforme de Canal +.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 165PARTIE 3 -EP165, autour du film "Nouvelle Vague" de Richard Linklater
On revient sur Nouvelle vague, film qui a valu il y a peu le César de la meilleure réalisation à l’américain Richard Linklater. Réalisateur notamment de la trilogie cinématographique Before (Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight) ainsi que de Boyhood, un film tourné sur une période de 12 ans, le cinéaste reconstitue cette fois le tournage du film culte de Jean-Luc Godard, A bout de souffle, avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo. Ayant fait le choix de confier les rôles de tout ce qui a constitué la nouvelle vague du cinéma français à des acteurs ressemblant pour la plupart comme deux gouttes d’eau aux originaux, Linklater ouvre son film par une crise d’ego de Jean-Luc Godard pendant laquelle le célèbre cinéaste disparu en 2022 se plaint d’être plaint d’être le dernier critique des Cahiers du cinéma à ne pas avoir réalisé son film. Il intrigue alors auprès du producteur Georges de Beauregard, convainc la star Jean Seberg et constitue son équipe technique avant de lancer son tournage dans les rues de Paris.Nouvelle Vague, de Richard Linklater est sorti à la rentrée dernière, et est déjà visible en VOD ou sur la plateforme de Canal +Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 165INTEGRALE -EP165, autour des films "Sinners" de Ryan Coogler, "Marty Supreme" de Josh Safdie et "Nouvelle Vague" de Richard Linklater
Deux films en lice pour les Oscars qui se tiennent à Los Angeles la nuit de dimanche 15 mars, et un long métrage récompensé à la dernière cérémonie des César. Et trois films saturés chacun de références à une période marquante de l’histoire du cinéma : la Blaxploitation, le Nouvel Hollywood et la Nouvelle Vague.On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » deux favoris des Oscars, Sinners de Ryan Coogler qui utilise le genre du film du vampire pour s’emparer de l’époque de la ségrégation et Marty Supreme, la première réalisation sans son frère de Josh Safdie sur le parcours d’un ambitieux pongiste incarné par Thimothée Chalamet dans le New York de l’après-guerre. Et comme on avait déjà évoqué dans ce podcasts le troisième favori de la cérémonie des Oscars, à savoir Une Bataille après l’autre de Paul-Thomas Anderson, on parle également de Nouvelle Vague, film reconstituant le tournage d’A bout de souffle qui vient de valoir le César de la meilleure réalisation à son réalisateur, l’américain Richard Linklater.Avec :• Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue de cinéma Débordements et de la revue de cinéma décolonial Emitai. • Alice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 164PARTIE 1 -EP164, autour de la rétrospective de Martin Parr, "Global Warning" au Musée du Jeu de Paume
Global Warning est le titre très bien trouvé de la rétrospective malheureusement posthume que le musée du Jeu de Paume à Paris consacre au photographe Martin Parr, décédé au mois de décembre dernier. Elle revisite l’œuvre de l’artiste à travers différentes séries réalisées de la fin des années 1970 à nos jours, regroupées en différentes sections intitulées « Terres de loisirs et de déchets », « Tout doit disparaître », « Petite planète » ou encore « Addictions technologiques ».Dans ces séries débutées dans de petites villes anglaises, notamment à Bristol, où il vécut longtemps et où il est mort, puis étendues aux cinq continents, Martin Parr documente nos modes de vie, nos dépendances à la voiture, nos obsessions de la consommation, nos manières de voyager, avec un regard ironique rendu plus grave par l’accumulation des crises écologiques, et des couleurs saturées soulignant le regard satirique que Martin Parr posait sur le monde, avec une forme de distance qu’il reste à qualifier, entre ironie et proximité.En près de 180 œuvres, le commissariat de cette exposition, qui a ouvert à la toute fin du mois de janvier dernier et demeure visible jusqu’au 24 mai prochain, a été assuré par Quentin Bajac, en collaboration avec Martin Parr lui-même et Clémentine de la Féronnière.Global Warning est visible au Jeu de Paume à Paris jusqu’à la fin du mois de mai prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 164PARTIE 2 -EP164, autour de la proposition de la nouvelle Fondation Cartier, "Exposition Générale"
Après « L’Alerte générale » de Martin Parr, c’est à une « Exposition générale » que nous nous intéressons, en l’occurrence celle que présente la Fondation Cartier pour l’art contemporain à l’occasion de son installation dans son nouveau bâtiment près du musée du Louvre, déménagement et nouveaux locaux dont nous n’allons par reparler d’abord parce que nous avons déjà écrit dessus dans le journal et ensuite parce que nous allons déjà avoir fort à faire avec cette vaste proposition qu’il sera impossible de parcourir pièce par pièce puisque la Collection de la Fondation Cartier est née avec la création de l'institution et rassemble aujourd'hui plus de 4 500 œuvres, 500 artistes de 60 nationalités.Exposition générale s’articule entre quatre moments, censés correspondre aux quatre lignes de forces de la collection (« Sciences », « Gestes et matériaux » ; « Écologie et mondes vivants » et « Architecture ») en s’ouvrant par un laboratoire architectural intitulé Machines d’Architecture fait de maquettes, dessins, fragments et installations, en se poursuivant par des œuvres résonnant avec des écosystèmes menacés et des limites de l’anthropocentrisme (Être Nature), puis avec une section insistant sur la porosité entre art, artisanat et design (Making Things) et enfin en donnant place à des pratiques artistiques mêlant technologie, fiction et savoirs scientifiques qui esquissent d’autres manières de lire et d’habiter le monde (Un Monde Réel).Si cette « Exposition générale » intéresse « L’esprit critique » c’est notamment parce que, comparée à la Collection Pinault ou à la Fondation LVMH, la collection regroupée par cette autre marque de luxe qu’est Cartier se distingue de plusieurs façons. Elle n’est pas fondée sur un vaste fond préexistant et des décennies d’achats comme l’ont fait François Pinault et Bernard Arnault mais se compose d'œuvres présentées dans le cadre de sa programmation et de commandes passées à des artistes depuis 40 ans. Elle a fait le parti-pris de donner une place à des créations et des productions venues de géographies souvent peu visibles dans les institutions des capitales occidentales, notamment amazoniennes. Et elle ne se limite pas aux arts visuels mais s’étend à l’architecture, aux sciences humaines et non humaines et plus particulièrement à l’écologie.Le commissariat général de cette exposition, visible jusqu’à la fin du mois d’août, est signé Béatrice Grenier et Grazia Quaroni.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 164INTEGRALE -EP164, autour des expositions "Global Warning" de Martin Parr, de l'"Exposition Générale" de la fondation Cartier et à la rétrospective de la photographe Dana Lixenberg
Un avertissement général, une exposition générale et une rétrospective individuelle. Beaucoup de photographies, mais aussi des installations, de la peinture, de la vidéo, de la tapisserie et même de l’art vivant et végétal.On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la rétrospective malheureusement posthume que le musée du Jeu de Paume consacre au photographe britannique Martin Parr, récemment décédé, et qui s’intitule Global Warning ; la gigantesque proposition intitulée Exposition générale avec laquelle la Fondation Cartier inaugure ses nouveaux locaux et tente de synthétiser quarante années d’activités, et enfin la première rétrospective en France de la photographe néerlandaise longtemps installée aux Etats-Unis Dana Lixenberg qui ouvre la nouvelle saison de la Maison Européenne de la Photographie.Avec : • Rose Vidal, critique et autrice • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Hélène Soumaré, critique d’artHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 164PARTIE 3 -EP164, autour de la rétrospective de la photographe Dana Lixenbeerg, "American Images" à la MEP
Les « images américaines » de la photographe Dana Lixenberg sont exposées à la Maison Européenne de la Photographie, dans le cadre de la première rétrospective en France consacrée à cette artiste néerlandaise parti vivre aux Etats-Unis à la fin des années 1980.L’exposition est constituée de portraits - des figures publiques du sport et de la musique notamment ou des quidam - réalisés dans le cadre de commandes de magazines ou de travaux plus personnels.On passe ainsi de figures comme John McEnroe, Tupac Shakur ou Notorious B.I.G, à des ensembles réalisés dans le quartier rouge d’Amsterdam (De Wallen. 2025), dans une petite ville de l’Indiana avec une population de sans logis américaine ; ou au sein d’une communauté iñupiaq vivant sur une île au large de l’Alaska (The Last Days of Shishmaref. 2008).Le travail le plus connu et le plus ambitieux de Dana Lixenberg, toujours en cours, demeure celui débuté après le soulèvement de plusieurs quartiers de Los Angeles à la suite de l’acquittement des policiers ayant frappé Rodney King en 1992, qui s’intitule Imperial Courts et retrace sur plus de trois décennies la vie dans un ensemble de logements sociaux dans le quartier de Watts.Dana Lixemberg utilise pour ses photos une chambre 4 x 5 pouces, c’est-à-dire grand format, supposant concentration et immobilité de la part de celles et eux qui se trouvent devant son objectif, définissant son rapport avec ses sujets comme celui d’une « danse lente ». Le commissariat de cette exposition est signé Marcel Feil et Laurie Hurwitz.American images a ouvert le 11 février dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de mai prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 163PARTIE 1 -EP163, autour du roman de Pauline Peyrade, "Les Habitantes" (Minuit)
Après L’âge de détruire, couronné du prix Goncourt du premier roman en 2023, l’écrivaine et dramaturge Pauline Peyrade signe un deuxième texte romanesque. Il s’intitule Les habitantes et est, comme le précédent, publié aux éditions de Minuit.A l’orée d’un hameau et d’une forêt, Emily, la trentaine, vit avec sa chienne Loyse dans une maison qui fut celle de sa grand-mère, Moune, au rythme d’une vie oscillant entre observation de la nature lors de promenades, travail dans la ferme tenue par Aude ou baignades dans l’étang voisin. Un rythme percé, sinon tout à fait perturbé, par l’apparition de missives de plus en plus comminatoires du père d’Emily, annonçant la mise en vente prochaine de la maison et utilisant un vocabulaire de plus en plus notarial et juridique, qui tranche avec la langue attentive aux détails de la nature et de ses peuples du roman.En effet, ainsi que nous prévient d’emblée la quatrième de couverture de l’ouvrage : « Dans Les Habitantes, chiennes, hirondelles, abeilles, héron, peuplier tremble, champs de chanvres, qu’ils agissent ou non sur les événements de l’histoire, occupent le même plan que les personnages et participent à leur quête »,Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 163PARTIE 3 -EP163, autour du récit d'Arundhati Roy, "Mon refuge et mon orage" (Gallimard)
Mon refuge et mon orage est le titre du nouveau livre de l’écrivaine indienne Arundhati Roy, publié aux éditons Gallimard dans une traduction d’Irène Margit. « Mon refuge et mon orage » est aussi la manière dont l’essayiste, activiste et romancière célèbre depuis la parution du Dieu des petits riens, décrit celle qui l’a mise au monde dans ce récit qui est à la fois une autobiographie et une autobiographie de sa mère, pour paraphraser le titre du fameux livre de Jamaica Kincaid.Tout à la fois portrait de « Mrs Roy » ainsi qu’elle a toujours appelé sa mère, portrait d’une écrivaine et portrait d’un pays engagé sur les routes de la fascisation, le récit d’Arundhati Roy nous emmène du Kerala où elle a grandi, à Delhi où elle vit en passant par la vallée de la Narmada où elle a accompagné les luttes contre les grands barrages, les forêts profondes où l’on trouve encore des guérilleros maoïstes dans la région de Raipur ou encore le Cachemire à propos duquel elle écrit qu’après l’avoir découvert « vous ne pouvez pas retourner aux anciennes conversations, aux vieilles blagues, aux plaisirs inoffensifs. L’innocence amorale délibérée, cultivée, de la plupart des Indiens quant à ce qui s’y passe et ce qui est commis en leur nom là-bas devient difficile à supporter. » Arundhati Roy propose ici un livre dont elle dit que « comparé aux textes de politiques, ou de fiction, le récit qui vient m’a été particulièrement difficile à écrire. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 163INTEGRALE -EP163, autour des romans de Pauline Peyrade, "Les Habitantes", de Julia Lepère "La mer et son double" et du récit d'Arundhati Roy, "Mon refuge et mon orage"
Trois écrivaines proposant trois récits où les personnages féminins occupent les rôles principaux. Un premier en forme de paysage habité par des êtres et des sensations. Un deuxième qui tir deux fils parallèles, d’une ville inquiétante à un cargo perdu dans les glaces. Et un dernier qui parcourt six décennies de la vie d’une activiste et romancière voyant son pays, l’Inde, sombrer dans la brutalité raciste et fasciste.On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » le second roman de Pauline Peyrade, Les habitantes, publié aux éditions de Minuit ; la première incursion de la dramaturge Julia Lepère dans le genre romanesque avec un ouvrage intitulé La mer et son double aux éditions du Sous-Sol ; et enfin le récit autobiographique que propose l’indienne Arundathi Roy sous le titre Mon refuge et mon orage, publié chez Gallimard.Avec : • Youness Bousenna, qui chronique notamment l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi que vous pouvez lire régulièrement dans Libération• Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, chargé de cours à l’université Paris 3.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 163PARTIE 2 -EP163, autour de "La mer et son double" de Julia Lepère (Editions du Sous-Sol)
La mer et son double est le titre de l’ouvrage de Julia Lepère, déjà autrice de trois recueils de poésie et qui signe là, aux éditions du Sous-Sol, sa première incursion dans le genre romanesque.La narration est tissée par deux récits qui alternent l’un avec l’autre. Le premier se situe dans une ville baptisée de sa seule initiale, P., une cité western dans laquelle une femme munie d’une caméra et d’un drone croise des personnages plus ou moins fantomatiques désignés par leurs fonctions – le poète, le pianiste, le sculpteur, la tenancière…Le second voit une naufragée prénommée Anna et ayant perdu la mémoire repêchée par un cargo au milieu de l’océan Atlantique quelques jours après la disparition tragique d’un des membres d’équipage pendant une nuit de tempêtes et quelques jours avant que le bateau se trouve pris dans les glaces de l’Antarctique.Faisant le lien entre les deux récits, ces deux femmes, Anne et Anna, doubles qui ne font peut-être qu’une, et un personnage cruel : un certain Peter, aussi Don Juan que criminel. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 162INTEGRALE -EP 162 : Le théâtre de la justice
Après sa pièce intitulée Léviathan portant sur les comparutions immédiates, qui a beaucoup tourné en 2025, la metteuse en scène Lorraine de Sagazan propose un nouveau spectacle émanant également de son regard posé sur des affaires judiciaires. Il s’intitule Chiens, était visible récemment aux Bouffes du Nord et, contrairement à Léviathan qui proposait une concaténation de différents récits judiciaires, il est centré sur l’affaire dite « French Bukkake », considérée comme le procès du porno et celui de l’exploitation sexuelle et du viol collectif, sous couvert de travail cinématographique et de réalisation d’une « œuvre de l’esprit », pour reprendre la défense du principal accusé dans le cadre d’un procès encore à venir, puisque la date des audiences n’a pas été fixée.Chiens part d’une réalité dans laquelle dix-sept personnes ont été renvoyées en 2023 devant la cour criminelle pour des faits de viol, viol en réunion, traite d’êtres humains et proxénétisme aggravé, mais où les qualifications de torture et d’acte de barbaries ont été rejetées.Dans la note d’intention qui accompagne le spectacle, Lorraine de Sagazan affirme : « Je souhaite affirmer l’essence performative d’une œuvre : non pas représenter mais agir. » Une exigence dont elle a fait le déterminant de son processus de création depuis que, pendant le confinement de 2020, elle a inauguré un nouveau protocole de travail en menant, dans les théâtres alors fermés, environ 300 entretiens. Ces derniers lui ont permis d’identifier des insuffisances et des manques du monde social, auxquels elle a tenté de « répondre » par des actes théâtraux.Cette démarche l’a conduite à enquêter au cœur de l’institution judiciaire, clé de voûte du schéma social et civique, frappée par le délabrement du service public et marquée, selon elle, « par un écart radical entre les valeurs de neutralité, d’impartialité, d’égalité et la réalité de ses effets ».Pour élaborer Chiens, Lorraine de Sagazan a rencontré plusieurs victimes, ainsi que des avocats et avocates des parties civiles, et assume d’avoir eu « l’opportunité rare de travailler sur des dossiers auxquels [elle a] accéd[é] en intégralité malgré le secret des sources ».Elle crée ainsi un spectacle éprouvant qui croise musique baroque et paroles barbares, dans un dispositif scénique où acteurs et musiciens réinterprètent des cantates de Bach, tandis que sur un écran de forme circulaire sont projetés les mots et une vidéo de ceux qui ont commis ces crimes. Acteurs et musiciens se déplacent sur une scène occupée par des amas de tissus en apparence pris dans l’eau et en réalité dans une forme de gélatine, dans un décor qui peut évoquer aussi bien une décharge qu’une scène post-apocalyptique.Quand on entre, sur les murs du théâtre des Bouffes du Nord, avant que n’y soient projetées les paroles des chants baroques, est inscrit un avertissement disant : « Ce spectacle contient des descriptions de violences sexuelles, d’exploitations et d’humiliations racistes et sexistes. » On nous invite ainsi « à prendre soin de nous » et « à nous sentir libre de quitter la salle à tout moment ».On partira de cette proposition pour questionner plus largement le travail scénique de Lorraine de Sagazan sur la justice, et le mettre en perspective dans un moment où la forme du procès et la forme théâtrale se croisent de plus en plus souvent, et où les arts de la scène s’emparent de matériaux judiciaires.Que l’on pense au procès Pelicot donné au dernier Festival d’Avignon par Milo Rau et Servane Dècle, synthétisé dans un livre qui paraît ces jours-ci chez Flammarion ; à la proposition d’Olivier Coulon-Jablonka et Sima Khatami intitulée Non-lieu à partir de l’affaire Rémi Fraisse, présentée au dernier festival d’Automne, ou encore à Notre procès, de Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti, pièce dans laquelle les spectateurs et spectatrices deviennent juré·es d’un procès fictif intenté au poète André Chénier, revenu pour l’occasion d’entre les morts.Avec :Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre » ;Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux ;Vincent Bouquet, dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.« L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé par Etienne Bottini.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 161INTEGRALE -EP161, autour des films "Send Help" de Sam Raimi, "Aucun autre choix" de Park Chan-Wook et "The Mastermind" de Kelly Reichardt
Deux films-fables sanguinolents, mêlant les genres et les registres, sur les méfaits du capitalisme et de la concurrence entre employés, et un long-métrage revisitant et détournant les codes et les rythmes du film de braquage.On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » le nouveau film de Sam Raimi, intitulé Send Help qui plonge un jeune PDG arrogant et son employée mal à l’aise en société mais douée en maths et survivalisme dans le huis-clos d’une île déserte après un accident d’avion. Puis, dans un tout autre univers mais avec une thématique et une volonté de mêler comédie et noirceur relativement proche, la proposition du coréen Park Chan-Wook titré Aucun autre choix. Et enfin, on revient sur le nouveau long-métrage de l’américaine Kelly Reichardt, The Mastermind, titre ironique pour désigner le vol plus chaotique que stratégique de quatre tableaux dans un musée du Massachussetts au début des années 1970.Avec : • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue de cinéma Débordements, et de la revue de cinéma décolonial Emitai.• Alice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma• Raphaël Nieuwjaer, qui écrit aussi aux Cahiers du Cinéma, ainsi que pour la revue ÉtudesHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 161PARTIE 3 -EP161, autour du film de Kelly Reichardt, "The Mastermind"
Après avoir détourné les codes du western dans son film First Cow, la cinéaste Kelly Reichardt revient avec un long-métrage qui revisite le film de braquage. Intitulé, The Mastermind, le nouvel opus de la réalisatrice met en scène, au début des années 1970, un braquage dans le musée de la petite ville de Framingham dans le Massachusetts.Écho à un véritable braquage qui eut lieu en mai 1972 dans le musée de Worcester, près de Boston, où furent dérobés deux Gauguin, un Picasso et un Rembrandt, les ravisseurs s’emparent dans le film de quatre tableaux plus modestes, réalisés par Arthur Dove ‘né en 1880 et mort 1946), considéré comme le premier peintre abstrait aux États-Unis.The Mastermind est un titre ironique, puisque l’initiateur du cambriolage joué par Josh O-Connor – menuisier au chômage fils d’un juge de la ville - n’a pas grand-chose d’un cerveau génial et que sa fuite dans une Amérique marquée par les mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam est à l’image du braquage : sans gloire ni issue.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 161PARTIE 2 -EP161, autour du film de Park Chan-wook, "Aucun autre choix"
Aucun autre choix est le titre du nouveau long-métrage du coréen Park Chan-wook, réalisateur notamment de Old Boy, film où la vengeance était un plat qui se mangeait glacé, ou de Decision to leave, récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes voilà quelques années.Dans ce film à la fois comédie, critique social et thriller, inspiré d’un polar américain à succès d’ailleurs déjà adapté au cinéma il y a 20 ans au cinéma par Costa Gavras, un père de famille licencié après le rachat de son entreprise de papeterie décide d’éliminer physiquement ses concurrents potentiels pour un poste dans une autre papeterie. Incarné par Lee Byung Hul, star du cinéma coréen et visage du méchant dans la série Squid Games, le personnage principal passe ainsi du statut d’homme comblé par sa vie professionnelle, personnelle et matérielle à meurtrier prêt à tout pour sauver sa jolie maison, les cours de violoncelle de sa fille surdouée et l’abonnement Netflix de la maisonnée.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 161PARTIE 1 -EP161, autour du film "Send Help" de Sam Raimi
Send Help est le titre du nouveau film du réalisateur Sam Raimi, révélé au début des années 1980 avec Evil Dead puis rendu célèbre avec sa trilogie des Spider-Man, un cinéaste oscillant entre les exigences et les codes d’Hollywood et une veine plus singulière marquée par des longs-métrages comme Drag me to Hell, ou Jusqu’en enfer en bon français. Dans ce long-métrage, qui mélange avec jubilation les genres du gore, de la comédie noire, de la comédie romantique, de la satire et du film de naufragés, les acteurices Dylan O’Brien et Rachel McAdams se retrouvent sur une île déserte du golfe de Thaïlande après le crash de l’avion privé qui devait les transporter à Bangkok. Le premier, Bradley Prestion, vient d’hériter, après la mort de son père, d’une importante entreprise de conseils qu’il gère avec arrogance. La seconde, Linda Liddle, employée douée de cette entreprise, espérait se voit promue par le père, mais s’est vu préférer le camarade de golf et d’études du fils. Cependant, cette adepte des techniques survivalistes est beaucoup plus apte à affronter la réalité d’une île hostile que celui qui, bien que blessé et impuissant, à tendance à se considérer toujours comme son chef, même si le film promet un certain nombre de rebondissements dans la relation d’amour-haine qu’entretiennent les deux personnages.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 160PARTIE 1 -EP160, autour de la rétrospective Mickalene Thomas au Grand Palais
Le Grand Palais à Paris est, en ce moment, occupé par trois femmes artistes : la plasticienne et photographe africaine-américaine Mickalene Thomas à laquelle l’institution consacre une vaste rétrospective sur deux décennies de son travail intitulée All About Love ; mais aussi la peintre française Claire Tabouret qui expose les maquettes grandeur nature, esquisses et travaux préparatoires des six vitraux qu’elle a réalisés dans le cadre de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris avec une proposition intitulée « D’un seul souffle » ; et enfin la sculptrice Eva Jospin qui présente une quinzaine d’œuvres, composées à partir de sa matière de prédilection qu’est le carton, dans un parcours intitulé « Grottesco », fait de forêts, grottes et architectures végétales et minérales en forme de petits bas-reliefs ou de cénotaphes grandeur nature.L’exposition de Mickalene Thomas doit son titre à un livre fondateur de la théoricienne bell hooks, disparue en 2021 et s’empare des représentations des femmes noires dans l’art et la culture populaire dans une perspective queer, féministe et noire, en usant de peintures, paillettes, collages ou vidéos…« Mon art s’enracine principalement dans la découverte de soi, la célébration, la joie, la sensualité, et dans un besoin de voir des images positives des femmes noires dans le monde », dit notamment cette artiste née au début des années 1970 dans le New Jersey.Le commissariat de cette exposition co-organisée par le Grand Palais, la Hayward Gallery de Londres, et Les Abattoirs de Toulouse est assurée par Rachel Thomas, Conservatrice en chef à la Hayward Gallery ; Lauriane Gricourt, Directrice des Abattoirs, le Frac Occitanie situé à Toulouse et Erin Jenoa Gilbert, curatrice indépendante.« D’un seul souffle », de Claire Tabouret et« Grottesco » d’Eva Jospin sont visibles jusqu’au 15 mars prochain. All About Love jusqu’au 5 avril.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 160INTEGRALE -EP160, autour des rétrospectives de la plasticienne Mickalene Thomas et de la photographe Denise Bellon, et de l'exposition "Tenter l'art pour soigner"
Peintres, sculptrices, plasticiennes ou photographes… « L’esprit critique » de ce jour sera largement consacré à des femmes artistes. On s’intéresse en effet à la rétrospective de l’artiste africaine-américaine Mickalene Thomas que propose le Grand Palais. On se rendra ensuite au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris qui offre un parcours exhaustif au travail largement méconnu de la photographe Denise Bellon. Et pour finir, on ira visiter l’Institut du Monde Arabe, pour une exposition consacrée à l’art thérapeutique tel qu’il fut mis en place à l’hôpital psychiatrique de Blida en Algérie.Avec :• Rose Vidal, critique et autrice, qui écrit notamment pour le quotidien AOC.• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante.• Et Hélène Soumaré, critique d’art.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 160PARTIE 2 -EP160, autour de la rétrospective de la photographe Denise Bellon, au musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris présente la première rétrospective consacrée à Denise Bellon (1902-1999), pionnière du photojournalisme et figure du milieu surréaliste dont elle a documenté plusieurs des manifestations éphémères et dont les images constituent parfois les rares traces. Le Mahj documente ainsi, avec 300 photographies, objets, lettres et publications, un parcours singulier et largement méconnu, allant des années 1930 aux années 1970.Née à Paris dans une famille juive originaire d’Alsace et d’Allemagne, Denise Bellon (née Hulmann) s’initie à la photographie au Studio Zuber avant de cofonder Alliance Photo, une des première agence photographique de l’entre-deux-guerres. Influencée par l’esthétique dite de la « Nouvelle Vision », elle réalise de nombreux reportages à l’étranger, dans les Balkans, en Finlande, en Afrique et réalise aussi des commandes publicitaires. Elle photographie aussi bien la « zone » parisienne que les expositions surréalistes, l’Occupation allemande à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale que l’industrialisation de la France.En 1940, elle épouse Armand Labin, journaliste juif roumain engagé dans la Résistance, qui sera ensuite le fondateur du quotidien Midi Libre, pour lequel elle couvrira notamment un maquis antifranquiste en vallée de l’Aude, avec son outil de prédilection qu’est l’appareil Rolleifles et ses négatifs de format carré 6x6 cms.Le commissariat de cette exposition qui a ouvert en octobre dernier et demeure visible jusqu’au mois de mars prochain est signé Éric le Roy et Nicolas Feuille.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 160PARTIE 3 -EP160, autour de l'exposition "Tenter l'art pour soigner" à l'IMA
« Tenter l’art pour soigner : à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville dans les années 1960 » est le titre de l’exposition, petite par la taille mais dense dans le propos et longue par la durée, qui se tient à l’Institut du monde arabe depuis la fin du mois d’octobre 2025 et jusqu’au mois de juin.Elle est issue de la donation à l’IMA, en 2021, d’un ensemble d’archives du docteur Cadour – céramiques peintes et planches dessinées à la gouache, exécutées dans les années 1960 au cours d’ateliers de « socialthérapie » menés dans cette institution située à quelques encablures au sud d’Alger.Un des objectifs de la socialthérapie est de responsabiliser les malades en leur faisant organiser eux-mêmes certaines de leurs activités, notamment à travers un hebdomadaire intitulé Notre journal censé être le ciment d’une réforme d’ampleur de cet hôpital conçu et construit pendant la colonisation pour en faire une « communauté thérapeutique » où pensionnaires, infirmiers et psychiatre collaborent pour réaliser des choses, à l’instar de ce journal.Sous ses airs confidentiels, cette exposition est marquée par un grand nom, celui de Frantz Fanon, qui officia comme médecin-chef dans cette institution psychiatrique entre 1953 et 1956, avant que son nom soit donné à cet hôpital après l’indépendance de l’Algérie.Elle est aussi une incarnation d’un « art brut », terme utilisé par le peintre Jean Dubuffet pour désigner les productions plastiques de personnes exemptes de culture artistique et pratiquant un art qui s’ignore.Le commissariat de cette exposition est signé Djamila Chakour.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 159INTEGRALE -EP159, autour des spectacles de Joël Pommerat, "Les petites filles modernes", de Séphora Pondi, "Bestioles" et de Mohamed El Khatib et Israel Galvan, "Israel et Mohamed"
Deux spectacles sur l’adolescence, et plus particulièrement l’adolescence des filles, l’un dans une veine surnaturelle et hallucinée, l’autre dans une approche réaliste et sexualisée. Et, de l’autre côté du spectre, une pièce en forme de rencontre entre deux hommes ayant passé la quarantaine mais néanmoins confrontés aux figures parentales, à savoir un danseur de flamenco iconoclaste dont le moyen d’expression est d’abord le corps et une figure du théâtre contemporain connu pour être un beau parleur.On évoque dans « l’esprit critique » de ce jour d’abord la nouvelle proposition du metteur en scène Joël Pommerat intitulée Les petites filles modernes (titre provisoire) ; avant d’aller voir la première mise en scène de la comédienne et autrice Séphora Pondi qui adapte un texte de l’auteur australien Lachlan Philpott sous le titre Bestioles, puis enfin ce que donne le duo entre Mohamed El Khatib et Israel Galvan dans la pièce baptisée de leurs deux prénoms, Israel & Mohamed, créée au Festival d’Avignon tourne depuis dans différentes villes de France. Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.