
L’esprit critique
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S5 Ep 159INTEGRALE -EP159, autour des spectacles de Joël Pommerat, "Les petites filles modernes", de Séphora Pondi, "Bestioles" et de Mohamed El Khatib et Israel Galvan, "Israel et Mohamed"
Deux spectacles sur l’adolescence, et plus particulièrement l’adolescence des filles, l’un dans une veine surnaturelle et hallucinée, l’autre dans une approche réaliste et sexualisée. Et, de l’autre côté du spectre, une pièce en forme de rencontre entre deux hommes ayant passé la quarantaine mais néanmoins confrontés aux figures parentales, à savoir un danseur de flamenco iconoclaste dont le moyen d’expression est d’abord le corps et une figure du théâtre contemporain connu pour être un beau parleur.On évoque dans « l’esprit critique » de ce jour d’abord la nouvelle proposition du metteur en scène Joël Pommerat intitulée Les petites filles modernes (titre provisoire) ; avant d’aller voir la première mise en scène de la comédienne et autrice Séphora Pondi qui adapte un texte de l’auteur australien Lachlan Philpott sous le titre Bestioles, puis enfin ce que donne le duo entre Mohamed El Khatib et Israel Galvan dans la pièce baptisée de leurs deux prénoms, Israel & Mohamed, créée au Festival d’Avignon tourne depuis dans différentes villes de France. Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 159PARTIE 3 -EP159, autour du spectacle "Israel et Mohamed" de Mohamed El Khatib et Israel Galvan
Israel & Mohamed est à la fois le nom d’un spectacle et la réunion des prénoms de ses deux protagonistes, le danseur de flamenco Israel Galvan et le plasticien, acteur et metteur en scène, Mohamed El Khatib, dont nous avions évoqué ici la rétrospective au Grand Palais au printemps dernier.La pièce a été créée l’été dernier au Festival d’Avignon, puis reprise en décembre dans le cadre du Festival d’Automne qui consacrait un focus à Israel Galvan, et part en tournée dans plusieurs villes de France jusqu’au printemps.Prenant pour point de départ leur passion commune du football, le dialogue entre ces deux figures de la scène contemporaine se déploie en rapport avec leur rapport difficile à leurs pères respectifs et l’incompréhension de ces derniers vis-à-vis du parcours de leurs fils. Le père de Mohamed Khatib, qui l’a élevé à la dure et dans la tradition, était un ouvrier venu du Maroc et installé à Orléans. Celui d’Israel Galvan est un andalou, danseur de flamenco, qui n’apprécie guère la manière, iconoclaste jusqu’à être burlesque, dont son fils s’est emparé de la tradition du flamenco. Sur scène, donc, après un petit échauffement, on voit donc à gauche Mohamed, tee-shirt jaune flashy imprimé « Morocco » et à droite, Israel, en djellaba bleu ciel prêtée par le père de Mohamed. Chacun a installé une sorte d’autel surmonté d’un portrait de son papa.Israel & Mohamed, après le festival d’Avignon et le festival d’Automne, joue en ce moment au Havre et ce sera bientôt à Douai, Rennes, Genève et Nantes.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 159PARTIE 2 -EP159, autour de la mise en scène de Séphora Pondi, "Bestioles"
Bestioles, la première mise en scène de l’actrice et pensionnaire de la Comédie française Séphora Pondi, met aussi en plateau des personnages adolescents.Séphora Pondi, également autrice d’un roman remarquée à la rentrée de septembre dernier intitulé Avale que nous avions évoqué dans « L’esprit critique », adapte ici une pièce de l’auteur australien Lachlan Philpott, intitulée L’Aire poids lourds. Une pièce écrite à partir d’un fait divers survenu dans une banlieue populaire de la ville de Sidney où deux très jeunes filles se prostituaient auprès de chauffeurs routiers.Bestioles est centré sur un trio féminin constitué de Bee et Ellie, 14 ans toutes les deux, bientôt rejointes par Freyya, venue du sous-continent indien, au-départ réticente au monde pop, hyper-sexualisé et tout en miroir réel ou numérique du duo initial, mais bientôt prête à les rejoindre pour partir en soirée à quelques heures de train…La pièce est donnée au Studio-Théâtre de la Comédie française jusqu’au 1er mars prochain, avec quatre acteurs et actrices récemment pensionnaires de la prestigieuse institution.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 158PARTIE 2 -EP158, autour du récit d'Eric Vuillard, "Les orphelins. Une histoire de Billy the Kid", publié chez Actes Sud.
Les orphelins, sous-titré Une histoire de Billy the Kid est le nouveau récit de l’écrivain Éric Vuillard, prix Goncourt en 2017 pour L’ordre du jour et auteur, notamment, de Tristesse de la Terre, qui nous emmenait déjà sur les traces d’une autre figure mythique du Far West de la deuxième partie du XIXe siècle, en l’occurrence Buffalo Bill. Il est publié aux éditions Actes-Sud.De Billy The Kid, hors-la-loi de l’Ouest américain mort à 21 ans en 1881, il nous reste une image abîmée et un imaginaire bien ancré, fondé sur la légende élaborée par celui-là même qui abattit le jeune bandit à Fort Summer, à savoir le shérif Pat Garrett, qui publia un livre fameux intitulé Vie authentique de Billy the Kid et connut un grand succès populaire.Éric Vuillard écrit, lui, son récit à la fois dans l’ombre portée de celui de Pat Garrett, qui demeure la principale source disponible sur la courte mais intense vie de Billy, tout en voulant offrir au kid un tombeau littéraire qui ne soit pas dominé par les écrits de son meurtrier. En cherchant pour cela à redonner vie, parole et agentivité à ces « vauriens qui ne peuvent pas témoigner pour eux-mêmes, puisque les garçons vachers et les bandits sont en quelque sorte un monde clos, sans soutien extérieur, que l’Histoire est écrite par d’autres » ?Pour l’écrivain, « le nom de Billy est un ressort. Il est le nom de la fiction proprement dite, il est le personnage par excellence. Il suffit de prononcer son nom et l’histoire commence ». Comment alors, Éric Vuillard, s’empare-t-il de cette figure alors que, comme il l’écrit, dès les années 1930, « l’Ouest est déjà une franchise lucrative. On la décline depuis longtemps à toutes les sauces, feuilletons, superproductions, visites guidées. Et, parmi quelques autres fantômes, le Kid est devenu une figure incontournable, un résumé de la vie de la Frontière, un condensé de l’Amérique, un mythe mondial » ?Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 158PARTIE 3 -EP158, autour du roman "Chair" de David Szalay, publié chez Albin Michel
Chair est le titre du livre du romancier britannique d’origine hongroise David Szalay. Il est publié chez Albin Michel dans une traduction de l’anglais effectuée par Benoît Phillipe. On y suit le parcours d’István, depuis ses 15 ans lorsqu’il emménage avec sa mère dans un immeuble populaire d’une petite ville de Hongrie où il découvre la chair et le sexe avec une voisine nettement plus âgée, jusqu’à son retour dans ce pays des décennies plus tard.Entretemps, István, dont le torse musclé sous un t-shirt humide de sueur nous est décrit à plusieurs reprises, sera allé se battre en Irak ; aura travaillé dans la sécurité pour un club de strip tease à Londres ; aura été chauffeur d’un homme d’affaires richissime ; aura finalement conduit la Bentley pour lui-même et non pour quelqu’un d’autre ; aura été un amant, un beau-père, un mari, un père, un veuf…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 158PARTIE 1 -EP158, autour de "Protocoles" de Constance Debré, publié chez Flammarion
Protocoles est le titre du nouveau livre de l’écrivaine Constance Debré, autrice notamment de Play Boy, Nom, Offenses ou encore Love me tender tout récemment adapté à l’écran. Il est publié aux éditions Flammarion.La petite fille de l’ancien premier ministre du général De Gaulle, Michel Debré, y poursuit son dézingage des règles et des codes de la société bourgeoise dont elle est issue et qu’elle a quittée en même temps que sa robe d’avocate pénaliste.Comme dans son dernier livre, Offenses, l’écriture est toutefois moins autobiographique que dans ses premiers ouvrages, et se concentre sur la violence des lois qui organisent la société et plus particulièrement sur la façon dont elles punissent les déviations.Mais Protocoles change de géographie en se focalisant sur les Etats-Unis et leurs façons d’administrer la mort puisque les « protocoles » dont il est question dans le titre sont ceux mis en œuvre pour exécuter les condamnés, protocoles qui varient selon les différents États et selon les époques, et que l’écrivaine nous donne à lire, saisir et voir même s’il n’en existe quasiment pas d’images : « Les hommes électrocutés par chaise électrique ne meurent pas de mort cérébrale lors de la première décharge mais de cuisson des organes au cours de la deuxième ou troisième décharge. (…) Les yeux sortent souvent de leurs trous, tombent et pendent sur les joues. » « La meilleure manière de tuer est une quête » écrit encore Constance Debré dans ce livre qui juge que « la loi rend toute la littérature obsolète. J’ai lu j’ai traduit j’ai recopié le document. Il n’y avait rien à retrancher. Il n’y avait rien à ajouter. Ni Dante, ni Dostoïevski ni Camus ni Kafka, etc. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 158INTEGRALE -EP158, autour de "Protocoles" de Constance Debré ; "Les Orphelins", d'Eric Vuillard et "Chair" de David Szalay
Deux livres sur l’Amérique proposés par des écrivains français et un ouvrage dont le personnage principal évolue des faubourgs d’une terne ville de Hongrie jusqu’aux quartiers huppés de Londres en passant par la guerre en Irak. Et des histoires du passé qui nous mènent aux problématiques du présent ou des phénomènes contemporains dont on cherche à saisir la généalogie.Il est question dans « L’esprit critique » de ce jour de trois récits : Protocoles, le dernier ouvrage de Constance Debré publié chez Flammarion ; Les orphelins, le nouveau récit d’Éric Vuillard consacré à la figure de Billy the Kid qui sort chez Actes-Sud et enfin du nouveau roman du britannique David Szalay, intitulé Chair que font paraître les éditions Albin Michel.Avec : • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 157INTEGRALE EP-157, autour de "Father, Mother, Sister, Brother" de Jim Jarmusch et "Palestine 36", d'Annemarie Jacir
« L’esprit critique » reprend ses activités en 2026 avec une émission consacrée au cinéma. On évoquera en premier lieu le long métrage du cinéaste Jim Jarmusch Father Mother Sister Brother qui a reçu le Lion d’or au dernier festival de Venise avec un film situé entre le jeu des 7 familles et le jeu des 7 différences.Et ensuite, on prendra le temps, à partir de la sortie de la superproduction historique intitulée Palestine 36, signée de la réalisatrice Annemarie Jacir, de réfléchir à ce que le cinéma parvient – ou pas – à raconter de la Palestine depuis plus de deux ans que Gaza est anéantie et interdite d’accès. Avec : •Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma. • Raphël Nieuwjaer qui écrit aussi pour les Cahiers du Cinéma ainsi que pour Etudes.• Corentin Lê, critique de cinéma et chercheur en études visuelles, directeur éditorial d'Emitaï toute nouvelle revue de cinéma décolonial.« L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé par Karen Beun.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 157PARTIE 1 -EP157, autour de "Father, Mother, Sister, Brother" de Jim Jarmusch
Father Mother Sister Brother est le titre du nouveau long-métrage du cinéaste Jim Jarmusch, doté d’un casting XXL avec notamment Adam Driver, Tom Waits, Cate Blanchett, Charlotte Rampling ou encore Vicky Krieps.En forme de triptyque, le film, récompensé par le Lion d’or du dernier festival de Venise, évoque successivement trois moments familiaux situés dans des pays différents : Etats-Unis, Irlande et France. Ces situations en apparence indépendantes les unes des autres, jouées par des acteurs et actrices différentes, sont néanmoins reliées entre elles par leur narration faite d’un parcours en voiture d’enfants adultes les menant jusqu’au domicile parental ; la mise en scène de malaises relationnels à l’intérieur de familles où semble circuler beaucoup de distance mais aussi pas mal d’amour ; des scènes qui se font écho puisqu’on trinque dans chaque histoire avec des récipients ne contenant pas d’alcool ; ou encore des clins d’œil avec, à chaque fois, l’apparition d’une montre Rolex à l’authenticité plus ou moins contestable, ou encore l’emploi de l’expression « Bob is you Uncle », une vieille expression britannique une traduction française pourrait être « et voilà ».Dans la première histoire, un frère et une sœur, rendent visite à leur père, qui, en apparence, vit en ermite désargenté dans sa maison en bordel au bord d’un lac. Dans la seconde, deux sœurs aux apparences opposées rendent leur visite annuelle et rituelle à leur mère écrivaine pour un thé très chorégraphié. Dans la dernière, deux jumeaux se retrouvent à Paris dans l’appartement vide de leurs parents après l’accident qui a emporté ces derniers. Father Mother Sister Brother est sorti sur les écrans le 7 janvier dernier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 157PARTIE 2 - EP157, autour de "Palestine 36", d'Annemarie Jacir
Palestine 36 serait rien de moins que le « film le plus ambitieux jamais réalisé en Palestine parce que des décorateurs aux créateurs de costumes, en passant par les accessoiristes, nous sommes tous Palestiniens » selon les mots de sa réalisatrice, la cinéaste Annemarie Jacir, née en 1974 à Bethléem et autrice notamment, avant cela, du long-métrage intitulé Le Sel de la mer.Il s’agit en tout cas d’une grande coproduction internationale soutenue notamment par la BBC et la société française MK Production qui mélange images de fiction et archives pour nous ramener en 1936, aux origines de la révolte arabe contre le mandat britannique.A l’origine, l’équipe, qui avait choisi des dizaines de lieux en Cisjordanie, fait coudre et broder des costumes traditionnels et collecté beaucoup d’accessoires anciens, restaurant même un village entier près de la ville de Salfit, devait commencer à tourner le 14 octobre 2023…La production a alors dû se délocaliser au nord de la Jordanie même si la réalisatrice parvient, à l’automne 2024, à boucler le tournage en Palestine, notamment à Jérusalem et Bethléem parce que, pour la citer encore, elle ne voulait pas « faire un film d'exilée ».Le film prend donc racine dans un moment où après la célèbre déclaration du secrétaire d’État britannique Lord Balfour prônant, en 1917, l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine et à la suite des « accords » post-Première Guerre mondiale qui dépècent l’ancien Empire Ottoman, débute, en 1923, un mandat britannique sur les territoires aujourd’hui occupés par la Jordanie, de la Cisjordanie, d'Israël et de la bande de Gaza.Une sortie qui est pour « L’esprit critique » l’occasion de réfléchir plus généralement aux films – très différents mais souvent ratés – qui ont pris la Palestine en général et Gaza en particulier depuis deux ans que la bande palestinienne subit une guerre génocidaire : From Ground Zero, La Voix de Hind Rajab, Put Your Soul on Your Hand and Walk, No Other Land, Chroniques d'Haïfa, Voyage à Gaza, Once Upon a Time in Gaza… Une réflexion appuyée notamment sur un récent dossier des Cahiers du Cinéma intitulé « Gaza. Et maintenant que fait le cinéma ? »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 156PARTIE 1 -EP156, autour de l'exposition "Luc Delayahe. Le bruit du monde" au Jeu de Paume
Le musée du Jeu de Paume à Paris propose une rétrospective grand format à Luc Delahaye, l’un des noms importants de la photographie de guerre dans les années 1990, membre de l’agence Magnum, avant de délaisser le terrain de la photographie de presse pour intégrer avec un succès certain les murs des galeries et le marché de l’art, grâce à des photos toujours ancrées dans l’actualité mais présentées comme de larges tableaux et composées mais aussi recomposées grâce à des techniques particulières de post-production.Autant dire que la rétrospective du photographe nous intéresse bien sûr parce que l’objectif de Luc Delahaye a capté certains grands moments de l’histoire mondiale, de la guerre d’Irak à la violence en Haïti, de l’explosion de la Syrie à la chute de Kadhafi en Libye ; de la guerre d’Ukraine à certaines conférences de l’OPEP ou de la COP.Mais aussi parce que Luc Delahaye a poussé loin la réarticulation entre pratiques documentaires et artistiques, en utilisant des techniques spécifiques, qui ont d’ailleurs pu faire débat dans le monde du photoreportage.Le commissaire de cette exposition, qui a ouvert en octobre dernier et sera visible jusqu’au début du mois de janvier, est Quentin Bajac.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 156PARTIE 2 -EP156, autour de l'exposition "Magdalena Abakanowicz. La trame de l'existence" au Musée Bourdelle
Coton, résine, bois, acier, fer, jute, laine, chiffons… Le musée Bourdelle, dans le 15ème arrondissement de Paris, consacre une rétrospective aux multiples matières de l’artiste polonaise Magdalena Abakanowicz, née en 1930 et morte en 2017. Cette dernière fut une représentante du renouveau de l’art textile, aux côtés de noms comme Olga de Amaral que nous avions évoquée dans ce podcast. Mais le parcours proposé ici nous révèle la dimension protéiforme d’une œuvre qui nous mène de gigantesques sculptures textiles rouges ou grenats qu’elle nomme « abakans » comme pour souligner qu’elles demeurent reliées à elle, jusqu’à des ensembles de silhouettes soit dansantes, soit sans tête, soit à genou et de dos, soit comme enfermées et à moitié effacées dans ce qui peut ressembler autant à un sarcophage qu’à un bas-relief… Tout cela en passant aussi par des dessins de mouches agrandies et dessinées au fusain ou des arbres enserrés dans du métal. L’exposition a ouvert le 20 novembre dernier et sera visible jusqu’au 12 avril prochain. Son commissariat est assuré par Ophélie Ferlier Bouat.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 156INTEGRALE -EP156, autour des expositions "Luc Delahaye. Le bruit du monde", "Magdalena Abakanowicz. La trame de l'existence" et "Manga. Tout un art!"
Comment un photoreporter de guerre en vient-il à bouleverser ses formats, modifier ses images par ordinateur et faire son entrée au musée ? Comment un alliage de coton, résine, jute ou chiffons peut-il susciter aussi bien des spectres que des figures dansantes ? Et que comprend-on des mangas contemporains en contemplant des emaki, ces longs rouleaux japonais, à la fois écrits et peints, datant des siècles précédents ?On parle aujourd’hui de la rétrospective du photographe Luc Delahaye intitulée Le bruit du monde et présentée au musée du Jeu de Paume ; de celle que consacre le musée Bourdelle à la plasticienne polonaise Magdalena Abakanowicz connue pour ses sculptures textiles, et enfin de la plongée que propose le musée Guimet dans le monde du manga et notamment d’avant les mangas. Avec :• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante• Magali Lesauvage, rédactrice en cheffe de l’Hebdo, le numéro hebdomadaire spécial enquêtes du Quotidien de l’Art• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 156PARTIE 3 -EP156, autour des expositions "Manga. Tout un art !" au Musée Guimet
Manga, tout un art ! est le titre- attirant tout un public de jeunes gens qui n’auraient pas forcément poussé autrement les portes du musée – d’une exposition en trois temps proposée par le Musée Guimet, musée national des arts asiatiques situé à Paris, dont la présidente, Yannick Lintz, vient de voir son mandat renouvelé à la tête de cette institution.Le principe de cette exposition est de s’intéresser aux origines des fameuses BD japonaises qui concentrent l’essentiel des achats effectués par les jeunes avec le Pass Culture.D’abord avec une section qui expose l’histoire du manga où des planches et des revues originales sont mises en regard avec des objets et des œuvres graphiques des collections du musée Guimet.Ensuite en montrant comment, dès avant la fin du 19ème siècle, la société japonais a donné naissance à des œuvres graphiques dont certaines caractéristiques pourraient être qualifiées de « mangaeques » : intrication des mots et des images, représentation du mouvement, goût pour le fantastique et les créatures étranges…Et comment aussi, à côté de cette tradition visuelle, les modes de production et de diffusion des livres illustrés présentent des parentés avec ceux des mangas : fidélisation par la feuilletonnisation, recours à des formes dérivés, diffusion recourant parfois à des matières de faible qualité…Enfin en présentant une dernière section intitulée Sous la Grande Vague qui s’intéresse à la postérité graphique du fameux tableau du peintre japonais Hokusai datant de 1831.Le commissariat de ces expositions qui ont ouvert à la mi-novembre et durent jusqu’au mois de mars prochain a été assuré par Estelle Bauer, conservatrice des collections Japon au musée Guimet et Didier Pasamonik, éditeur, journaliste et directeur de la rédaction d’ActuaBD.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 155INTEGRALE -EP155, autour des spectacles "Pétrole" de Sylvain Creuzevault, "Maledizione" de Pamina de Coulon et du portrait François Chaignaud
Une interprétation théâtrale d’un texte inachevé débordant de puits de pétrole et de sexes dressés ; une conférence performée repartant du Moyen-âge pour mieux comprendre notre monde et le portrait d’un chorégraphe-danseur-chanteur créant des univers délirants avec le plus grand sérieux…On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique », Pétrole, l’adaptation que propose Sylvain Creuzevault du texte de Pasolini au théâtre de l’Odéon ; Fire of Emotions, le one woman show en deux volets de l’actrice suisse Pamina de Coulon et enfin le travail de François Chaignaud à l’occasion du portrait-constellation que lui consacre le Festival d’Automne à Paris. On discute de cela avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux.• Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 155PARTIE 2 -EP155, autour du spectacle "Fire of Emotions. Maledizione" de Pamina de Coulon
Après l’eau, un nouvel élément. On ne vous parle pas aujourd’hui de la sortie du dernier opus de la saga Avatar qui s’intéresse au feu, mais du nouveau spectacle de la saga Fire of Emotions de la performeuse et comédienne suisse Pamina de Coulon, qui se penche cette fois sur la puissance du vent. Au Théâtre Silvia Monfort à Paris étaient présentées successivement Niagara 3000, remarqué dans le off du Festival d’Avignon récemment et sa nouvelle création, intitulée Maledizione.Débit mitraillette, souci de la planète, coq à l’âne et autres animaux, bifurcations du discours comme de nos modes de vie : on retrouve dans Maledizione ce qui faisait le style de Niagara 3000. Alors que cette pièce évoquait la force hydraulique des larmes, les turbines du futur et ces drôles d’endroit pour une rencontre que sont les deltas fluviaux, c’est plutôt au souffle et au pollen dispersés par le vent qu’est consacrée cette nouvelle traversée théorique et théâtrale de notre monde contemporain mal en point, passant aussi bien par l’histoire des réunions tupperware que le dernier livre de la philosophe Émilie Hache. En amont de ces digressions, Pamina de Coulon part d’une autre question : pourquoi le Moyen-âge connaît-il un retour de hype ? Ce qui amène à se demander comment il serait possible d’écrire une autre histoire du passé qui permettrait éventuellement de rouvrir l’avenir…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 155PARTIE 3 -EP155, autour du portrait du chorégraphe François Chaignaud
Sylphides, Revue des Tumerels, Fracas x 7, Radio Vinci Park, Romances incertios, un autre Orlando, Mirlitons… Les titres des spectacles présentés dans le cadre du portrait que le Festival d’Automne consacre au danseur et chorégraphe François Chaignaud indiquent que nous entrons dans un univers en soi, qui peut se déployer autant dans des parkings mal éclairés que dans la lumière du Grand Palais, avec une prédilection pour les collisions et les hybridations, par exemple entre un univers de garage homoérotique et un clavecin baroque. Pour ce portrait en forme de constellation, François Chaignaud a écrit ses pièces en collaboration avec des artistes venus d’autres champs de la création : le plasticien Théo Mercier, le danseur de butō Akaji Maro, le beatboxer Aymeric Hainaux, la claveciniste Marie-Pierre Brébant ou encore la musicienne Nina Laisné. Mouvements de la danse classique, musique lyrique, créatures étranges, moto qui rugit et danse tout à la fois… Chaque spectacle proposé par François Chaignaud compose ainsi des images hybrides, étonnantes, portées des sons qui ne le sont pas toujours moins. François Chaignaud prendra à partir du 1er janvier prochain la direction du Centre Chorégraphique National de Caen.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 155PARTIE 1 -EP155, autour du spectacle "Pétrole" de Sylvain Creuzevault
Pétrole est le titre du nouveau spectacle du metteur en scène Sylvain Creuzevault, présenté du 25 novembre au 21 décembre au Théâtre de l’Odéon, avant de partir en tournée, et qui fait figure de sensation du Festival d’Automne 2025.Habitué à adapter des textes non théâtraux – Marx, Dostoïevski ou Peter Weiss -, Sylvain Creuzevault s’attaque ici à la mise en scène d’un texte qui pouvait sembler impossible à adapter. Pétrole est en effet le dernier texte, inachevé et fragmentaire, de Pier Paolo Pasolini retrouvé après son assassinat en 1975 sur une plage de la grande banlieue de Rome dans des conditions qui demeurent troubles un demi-siècle après sa mort.Sur plus de huit cents pages, organisées en une centaine de notes juxtaposées, se déploient les motifs obsessionnels de Pasolini sur le fascisme, l’Italie des années de plomb, la politique, la sexualité, mais aussi des percées sur la psychanalyse, des visions mystiques, des considérations esthétiques…Le liant entre ces notes éclatée est l’histoire d’un homme scindé en deux. Carlo I connaît une ascension fulgurante au sein de l’ENI, la compagnie pétrolière nationale italienne, après la mort du magnat du pétrole, Enrico Mattei, décédé dans un accident d’avion suspect en 1962. Carlo II, lui, se consacre à une frénétique quête sexuelle, qui le voit forniquer aussi bien avec sa mère qu’avec des dizaines de jeunes ouvriers sur un terrain vague.Sylvain Creuzevault répond à cette scission du personnage principal de Pétrole avec un spectacle en deux parties. La première, largement filmée en direct depuis l’intérieur d’une baraque de chantier installée sur scène, oscille entre soirée mondaine et rendez-vous d’affaires et pétrolifères. La seconde alterne des scènes d’orgie avec moults déploiements de phallus en plastique, éjaculation de pétrole et autres tableaux qui font que le spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 154INTEGRALE -EP154, autour des romans : "L’entroubli" deThibault Daelman, de "Vertu et Rosalinde" d'Anne Serre et "Les éléments" de John Boyne.
Un premier roman placé sous le double signe de François Villon, à la fois le poète du XVe siècle et le collège du XIVe arrondissement de Paris. Un étrange carrousel sensoriel de textes dessinant l’autoportrait d’une écrivaine. Et un récit déployé sur plusieurs décennies pour capter la déflagration infinie d’un abus sexuel, d’un personnage à l’autre, d’un territoire au suivant.On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de L’entroubli signé Thibault Daelman et prix « Envoyé par la poste » 2025 publié par les éditions Le Tripode ; de Vertu et Rosalinde que fait paraître l’écrivaine Anne Serre au Mercure de France. Et enfin du nouveau livre de l’irlandais John Boyne, Les Éléments, traduit chez Jean-Claude Lattès et lauréat récent du prix Femina étranger.On en discute avec : • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama• Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 154PARTIE 2 -EP 154, autour de "Vertu et Rosalinde" d'Anne Serre, au Mercure de France
Vertu et Rosalinde est le titre relativement étrange d’un livre pas nécessairement facile à saisir. Il est signé Anne Serre et est publié au Mercure de France. Tout ne s’éclaire pas tout à fait même lorsqu’on sait que Vertu et Rosalinde sont deux personnages féminins que l’on retrouve à la campagne, en train d’écrire. Le roman est en effet éclaté en trente chapitres courts de seulement deux, trois ou quatre pages. L’identité de la narratrice fluctue de l’enfance à l’âge adulte tout en changeant de prénom. Et le ton alterne entre le mordant et le léger, entre une écriture qui brouille les frontières, pouvant sembler aussi bien cynique qu’enfantine.On assiste aussi bien à un match entre l’équipe des Vic – « constituée de trente-deux filles victimes – d’inceste, de pédophilie, de gestes inappropriés, mais aussi d’injustice sociale pour certaines ayant grandi dans des milieux ou pauvres ou bêtes ou sans intérêt » et l’équipe des Non-Vic à la description de correspondances décrites en ces termes : « Parfois je recevais des lettres d’admirateur(s) (trices) qui arrivaient chez mon éditrice, et mon sentiment général lorsque je les ouvrais chez moi, c’était que les gens qui m’admiraient portaient toujours de drôles de noms habitaient toujours à de drôles adresses. »Anne Serre est l’autrice d’une quinzaine de romans mais a aussi reçu le prix Goncourt de la nouvelle, en 2020, pour un recueil qui s’intitulait Au cœur d’un été tout en or.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 154PARTIE 3 -EP 154, autour du roman de John Boyne, "Les Eléments", publié chez JC Lattès.
L’écrivain irlandais John Boyne, connu notamment pour son roman intitulé Le Garçon en pyjama rayé, publie chez Jean-Claude Lattès un copieux ouvrage de plus de 500 pages intitulé Les Éléments, dans une traduction de Sophie Aslanides.Le roman déploie sur plusieurs décennies, en quatre parties baptisées chacune du nom d’une des quatre éléments, des histoires reliées entre elles, de façon visible, par des personnages aperçus dans la partie précédente, mais surtout, de façon plus souterraine et structurelle, par les effets diffractés de violences sexuelles qui semblent dessiner une chaîne infinie.Combien de personnes, si l’on se donne une large échelle du temps pour observer et raconter ce qui se transmet dans les corps et les esprits, un abus sexuel entraîne-t-il depuis sa déflagration initiale ? Et quelles sont les différentes attitudes possibles face à ces actes dont a été victime, témoin, complice ou acteur ?Posées de cette manière, ces interrogations qui structurent le roman de John Boyne, sont sans doute trop pédagogiques ou journalistiques pour rendre compte d’un ouvrage qu’il m’a été, à titre personnel, difficile de lâcher, tant l’Irlandais maîtrise l’art du portrait, du dialogue, du flash-back, de la chute et du cliffhanger, mot que je me permets de laisser en anglais puisqu’il a été rendu célèbre par les séries télévisées et qu’il désigne cette manière de laisser l’action en suspense au bord d’une falaise qui pourrait ressembler à celles de certains paysages décrits par John Boyne dans ce roman qui vient par ailleurs d’obtenir le Prix Femina Étranger.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 154PARTIE 1 -EP154, autour de "L’entroubli" signé Thibault Daelman et publié par les éditions Le Tripode.
Un premier roman placé sous le signe de François Villon, à la fois le poète et le collège. Parce que son titre « L’entroubli » est un hapax, à s’avoir un terme qui n’apparaît qu’une fois, en l’occurrence sous le plume de ce poète du XVème, où il désigne alors un état de demi-conscience propice à la réminiscence, ce qui est sans doute une première piste pour entrer dans ce récit.Et parce qu’un des établissements dans lequel souffre et apprend tout à la fois le narrateur ressemble furieusement à un collège de bord de périphérique baptisé du nom du poète médiéval. L’auteur de L’entroubli s’appelle Thibault Daelman, il avait été retenu par ce qui est sans doute le meilleur prix littéraire de France, à savoir le prix « Envoyé par la poste » 2025. Il est publié par les éditions Le Tripode. Thibault Daelman raconte une enfance et une jeunesse passée entre un père alcoolique et bientôt impotent, et une mère dure qui ne jure que par l’élévation scolaire de ces cinq enfants, une fratrie parmi laquelle se singularise une envie d’écrire.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 153INTEGRALE -EP153. Le destin cinématographique d’Abdellatif Kechiche
Allons-nous parler aujourd’hui de l’ultime film d’Abdellatif Kechiche, le cinéaste de 64 ans, diminué depuis mars dernier par un AVC qui laisse planer des doutes sur sa capacité à diriger de nouveau un tournage ? Quoi qu’il en soit, « L’esprit critique » a jugé qu’il serait pertinent de parler plus en longueur du travail du réalisateur, à l’occasion de la sortie sur les écrans de Mektoub, My Love : Canto Due.Parce que plusieurs critiques hurlent déjà au génie, et parce que c’est précisément autour de cette figure du réalisateur d’exception, voire du génie maudit, que se sont nouées nombre de questions qui ont traversé récemment le monde cinéma, et dont Kechiche fait figure de paradigme : male gaze, maltraitance des employé·es au nom de l’exigence cinématographique, focalisation sur la figure de l’auteur-réalisateur tout-puissant…Et, pour être complet, en 2018, une plainte déposée contre le cinéaste par une actrice pour agression sexuelle dans le cadre d’une soirée privée, finalement classée sans suite deux ans plus tard par le parquet de Paris pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Sachant enfin que le nom de Kechiche est aussi revenu à plusieurs reprises lors de la commission d’enquête menée par Sandrine Rousseau sur les violences sexistes et sexuelles commises dans le monde de la culture.La sortie de Mektoub, My Love : Canto Due, plus grand monde ne l’attendait, puisqu’elle est extraite de centaines d’heures de rushs tournés entre 2016 et 2018 qui ont épuisé plusieurs équipes de production, à travers une épopée très bien racontée par le journal Libération en amont du Festival international du film de Locarno, où le film a été projeté pour la première fois.Plus personne ne l’attendait non plus parce que le projet de Mektoub, déjà complexe, avait semblé ne pas devoir se remettre de la présentation à Cannes en 2019 d’un film intermédiaire, intitulé Mektoub, My Love : Intermezzo, un interlude de près de trois heures trente en forme de transe en boîte de nuit, d’après les rares personnes qui ont pu le voir.Le film n’est jamais sorti sur les écrans, pour des questions de droits musicaux ruineux mais aussi d’une brouille entre Kechiche et l’actrice principale de Mektoub, Ophélie Bau, au sujet d’une scène de cunnilingus non simulé intégrée au montage contre le consentement de la comédienne, même si des versions contradictoires circulent et si Ophélie Bau ne s’est exprimée sur le sujet qu’en quittant la projection et en refusant de venir ensuite à la conférence de presse.Mektoub concentre ainsi toute la légende, à la fois dorée et noire, d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or à Cannes en 2013 pour La Vie d’Adèle, capable de révéler des actrices comme Sara Forestier dans L’Esquive, Hafsia Herzi dans La Graine et le Mulet ou Adèle Exarchopoulos dans La Vie d’Adèle, mais aussi de voir certaines refuser de travailler davantage avec lui, ainsi de Léa Seydoux ou d’Ophélie Bau, même si cette dernière assure en ce moment la promotion de Canto Due.Existe-t-il une « méthode Kechiche » et est-ce celle-ci qui pose problème ?Comment fabrique-t-on un film comme Mektoub, My Love : Canto Due monté à partir de près de 1 000 heures de rushs (c’était 750 pour La Vie d’Adèle) ? Un chiffre à propos duquel le monteur Luc Seugé dit : « 1 000 heures de rushs, cela équivaut à dire que pour simplement tout visionner une seule fois, en regardant cinq heures par jour, il faut huit mois. » Et faut-il distinguer un premier trio de films constitué par La Faute à Voltaire, L’Esquive et La Graine et le Mulet avant une forme de bascule dans une voracité des corps et du sexe allant jusqu’à utiliser la grammaire du film pornographique de façon acritique depuis La Vie d’Adèle ?« Je n’ai plus envie d’expliquer, ni même de me justifier », écrit Kechiche dans le dossier de presse. Nous allons donc nous dévouer pendant trois quarts d’heure à cette tâche « d’expliquer », pour voir si ce film peut être justifié.Mektoub, My Love : Canto Due est sorti sur les écrans mercredi dernier. Avec :Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue DébordementsAlice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma et l’ancienne Panthère PremièreRaphaël Nieuwjaer qui écrit aussi pour les Cahiers du cinéma ainsi que pour la revue Études« L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé par Karen Beun.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 152PARTIE 1 -EP152, autour de l'exposition "Jacques-Louis David" au Musée du Louvre
Marat assassiné, Bonaparte franchissant les Alpes, le Sacre de Napoléon ou encore le tableau non achevé du Serment du Jeu de Paume : les toiles du peintre Jacques-Louis David sont devenues des images iconiques d’une des périodes politiques les plus intenses de l’histoire de France courant de la Révolution française à l’Empire napoléonien.Le Musée du Louvre, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps pour des raisons ayant peu à voir avec l’art, lui consacre une rétrospective exhaustive qui a ouvert mi-octobre et sera visible jusqu’à la fin du mois de janvier prochain. Le Louvre conserve le plus important ensemble au monde de peintures et de dessins de l’artiste et avait déjà organisé, en 1989, à l’occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution, une grande monographie consacrée à David en partenariat avec le château de Versailles. Le musée profite ici d’un autre bicentenaire, celui de la mort de l’artiste en 1825 alors qu’il est en exil à Bruxelles.Mais cette rétrospective ne veut pas célébrer seulement un anniversaire et cherche à exposer l’engagement politique et artistique de Jacques-Louis David en défaisant le qualificatif de « néoclassique » d’un homme qui fut à la fois considéré comme le peintre officiel de la Révolution française, le « père de l’École française » et le « régénérateur de la peinture ». Les commissaires de cette exposition sont Sébastien Allard et Côme Fabre, tous deux conservateurs au département des Peintures du Louvre.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 152PARTIE 2 -EP152, autour de l'exposition "Philip Guston, l'ironie de l'histoire" au Musée Picasso
Quand on se souvient qu’il y a seulement cinq ans, plusieurs grands musées, parmi lesquels la Tate Modern de Londres, avaient reporté une rétrospective consacrée à Philip Guston, peintre américain d’origine juive connu pour ses combats antiracistes, par inquiétude de la réception qui serait faite de l’aspect cartoonesque de sa représentation de certains personnages du KuKkluxKlan, on peut se réjouir den l’exposition que lui consacre le musée Picasso sous le titre « Philip Guston, l’ironie de l’histoire » et également du calme avec lequel celle-ci est accueillie. D’ironie et d’histoire, il est en effet beaucoup question dans cette exposition à échelle humaine, dense, riche et intelligente – j’anticipe honteusement sur ce que vous pourrez penser, mais après c’est vous qui parlez donc j’en profite – dans laquelle on découvre les métamorphoses d’un peintre initialement proche des muralistes mexicains dans les années 1930, avant de devenir ensuite une figure reconnue de l’expressionnisme abstrait de l’école de New York, avant de devenir un des satiristes les plus féroces et drôles de l’époque Nixon et de revenir à la figuration.Avec Philip Guston, le Musée Picasso continue d’avoir la bonne idée d’ouvrir ses cimaises à d’autres, comme nous l’avions déjà évoqué ici à propos de l’exposition sur l’art dégénéré ou de la confrontation avec Faith Ringgold.L’exposition a ouvert à la mi-octobre et sera visible jusque début mars 2026. Son commissariat est assuré par Didier Ottinger et Joanne Snrech.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 152PARTIE 3 -EP152, autour de l'exposition "Echo, Delay, Reverb. Art américain, pensées francophones" au Palais de Tokyo
Echo, Delay, Reverb, sous-titré « Art américain, pensées francophones » est le titre de l’exposition qui a ouvert au Palais de Tokyo à la fin du mois d’octobre et sera visible jusqu’à la mi-février prochaine.Ambitieuse, hétéroclite et complexe, elle investit tous les espaces du musée, avec une œuvre murale conçue par l’artiste Caroline Kent pour accueillir les visiteurs, une rétrospective inédite du sclupteur africain-américain Melvin Edwards et une multitude d’œuvres mises en regard de notions forgées par des penseurs comme Roland Barthes, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jacques Derrida ou Michel Foucault, incarnations de la « French Théory », mais aussi des noms comme Pierre Bourdieu, Frantz Fanon ou Monique Wittig. On passe ainsi d’une salle intitulée « Semiotext(e) : agent·es étranger·es » à une autre nommée « La critique des institutions » puis à un espace titré « machines désirantes » avant de s’intéresser aux « Géométries du non-humain ».Cette exposition est le point d’orgue d’une saison en forme de « carte blanche » proposée à la commissaire américaine Naomi Beckwith, directrice adjointe du Musée Guggenheim de New York et directrice artistique de la documenta 16 à Kassel. Sa proposition de travailler sur la réception de la pensée française et francophone dans l’art américain a ensuite été reçu par l’ensemble des équipes du Palais de Tokyo pour former cette exposition collective et relationnelle, dans tous les sens de ces mots.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 152INTEGRALE -EP152, autour des expositions "Jacques-Louis David" au Louvre, "Philip Guston. L'ironie de l'histoire" au Musée Picasso et « Echo, Delay, Reverb. Art américain, pensées francophones au Palais de Tokyo
Un monument de la peinture et de l’histoire de France présenté en majesté et presque en intégralité dans son musée ; un peintre passé de l’abstraction new-yorkaise à la satire de l’Amérique de Nixon mais sans jamais perdre son sens de l’ironie et enfin une exposition foisonnante explorant l’influence de la « French Théory » sur l’art aux Etats-Unis…On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » la grande rétrospective que le musée du Louvre consacre au peintre Jacques-Louis David ; l’exposition du Musée Picasso autour du peintre Philip Guston et enfin « Echo, Delay, Reverb » sous-titré « Art américain, pensées francophones », une proposition de la curatrice Naomi Beckwith et du Palais de Tokyo.Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Magali Lesauvage, rédactrice en cheffe de l’Hebdo, le numéro hebdomadaire spécial enquêtes du Quotidien de l’Art• Rose Vidal, autrice et critiqueHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 151EXTRAIT -EP151, autour de la pièce de Carolina Bianchi, "The Brotherhood"
The Brotherhood est le titre de la nouvelle proposition de l’écrivaine, metteuse en scène, performeuse et actrice Carolina Bianchi qui avait déjà présenté l’an dernier une pièce marquante donc nous avions discuté ici, intitulée La Mariée et Bonne nuit Cendrillon où elle s’administrait elle-même du GHB, la drogue dite du violeur, rendant inconscientes et impuissantes celles qui l’ont bue à leur insu. Toujours à la Villette et de nouveau dans le cadre du Festival d’Automne, Carolina Bianchi et la compagnie Cara de Cavallo proposent ici le deuxième chapitre de la trilogie Cadela Força. Il est déconseillé aux moins de 18 ans car il y est question de sexe, de nudité, de viol au point qu’une table d’accueil et d’écoute est installé à l’entrée de la salle pour les personnes qui auraient été perturbées par ce qu’elles ont vu…Alors que dans Bonne nuit Cendrillon, Carolina Bianchi s’endormait sous l’effet de la drogue et le regard des spectateurs, elle se réveille ici, au début de la pièce, pour tourner son regard vers les hommes, la masculinité et la fraternité des « Boys Club ».Le spectacle est truffé de références, que ce soit au théâtre de Shakespeare ou à celui de Tchekhov, mais aussi à la mythologie, à la peinture, à plusieurs autrices du XXe siècle, en particulier Sarah Kane, mais aussi à des chansons populaires. Et il s’ouvre par une citation de l’écrivain chilien Roberto Bolaño qui en synthétise le projet : « La violence ni la poésie ne se peuvent corriger ».The Brotherhood, de Carolina Bianchi et de la compagnie Cara de Cavallo est visible à la Grande Halle de la Villette dans le cadre du Festival d’Automne jusqu’au 28 novembre prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 151EXTRAIT -EP151, autour du "Musée Duras" signé Julien Gosselin à l'Odéon-Théâtre de l'Europe
Musée Duras est le titre d’un projet monstre de Julien Gosselin, directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe qui met en scène dix heures de spectacle à partir de Marguerite Duras aux ateliers Berthier, dans le nord de Paris. Un projet conçu avec des élèves de la promotion 2025 du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris.On peut y voir onze propositions scéniques distinctes autour de textes de Marguerite Duras, certains très connus et d’autres qui le sont moins, certains extraits de ses romans, d’autres de son cinéma, de son théâtre, voire de ses entretiens. Ils sont interprétés en solo ou en collectif par ces jeunes acteurices pour beaucoup extrêmement doué·esVidéo et musique électro sont, comme souvent, au rendez-vous de cette mise en scène de Julien Gosselin qui retraverse à toute allure une œuvre elle-même composite dans un décor dépouillé, entièrement blanc, où le public, installé dans un dispositif bifrontal, est à la fois le plus souvent très près des interprètes et en dessous d’un écran géant reproduisant sous d’autres angles ce qu’il peut voir sur scène.Au début du spectacle, une voix nous demande de fermer les yeux, pendant que des corps sont allongés par terre, puis de nous couvrir les oreilles. Surgit alors en lettres immenses le mot « Porn »… Le Musée Duras est visible jusqu’au 30 novembre prochain.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 151EXTRAIT -EP151, autour de la pièce de Vimala Pons, "Honda Romance"
Honda Romance est le titre du nouveau spectacle de Vimala Pons, autrice, actrice, circassienne, musicienne, qui était la cheville ouvrière de deux pièces sidérantes de la dernière décennie : De nos jours du collectif Ivan Mosjoukine et celle intitulée Grande.Ce spectacle-ci est présenté dans le cadre du Festival d’Automne. Il était visible récemment au théâtre de l’Odéon à Paris et au Théâtre national de Bretagne à Rennes et entend donner un aperçu en accéléré des métamorphoses ultra-rapides de nos émotions contemporaines, comme une sorte de collage théâtral ou de « scrolling » physique et sensible.Le titre fait référence à la fois à une marque de moto qui prétend bientôt envoyer des satellites dans l’espace, à l’amour et à la définition d’une « pièce musicale simple », sens originel du terme « romance ».Sur scène, beaucoup de choses : un satellite géant qui paraît être le narrateur de l’histoire, des canons à air extrêmement puissants, de la musique signée notamment Tsirihaka Harrivel et Rebekka Warrior et dix interprètes en mouvement perpétuel et en déséquilibre permanent…Honda Romance sera visible du 4 au 7 décembre au Centquatre-Paris, avant de partir en tournée à Nantes, à Bruxelles, Chambéry, Tours, Strasbourg et Lyon.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 151INTEGRALE -EP151, autour des pièces "Musée Duras" de Julien Gosselin ; "The Brotherhood" de Carolina Bianchi et "Honda Romance" de Vimala Pons
Dix heures de Duras en douze textes et onze propositions scéniques, des dizaines d’émotions et d’états d’âme parcourus en moins de deux heures par dix interprètes, et près de quatre heures de spectacle déconseillé aux moins de 18 ans car il y est question frontalement de sexe, de nudité, d’alcool et de viol…« L’esprit critique » essaiera d’être à la hauteur de l’intensité des spectacles dont il sera question aujourd’hui, à savoir le Musée Duras mis en scène par Julien Gosselin aux ateliers Berthier Odéon-Théâtre de l’Europe qu’il dirige par ailleurs ; la nouvelle proposition de la performeuse, actrice, écrivaine et metteuse en scène brésilienne Carolina Bianchi, qui s’intitule The Brotherhood et se donne à la grande Halle de la Villette dans le cadre du Festival d’Automne et enfin Honda Romance, de la grande équilibriste qu’est Vimala Pons qui était donné tout récemment à l’Odéon et Rennes mais et sera bientôt visible de nouveau à Paris, au Centquatre, et dans de nombreuses villes de France…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 150EXTRAIT -EP150, autour de "La nuit au coeur" de Nathacha Appanah
La nuit au cœur est le douzième livre de la romancière Nathacha Appanah, qui vient de recevoir le prix Femina. Il est publié chez Gallimard, entrecroise le destin de trois femmes soumises à une « entreprise d’emprise » de leurs conjoints et qui finirent assassinées pour deux d’entre elle, et épargnée de peu pour la troisième, qui n’est autre que l’écrivaine elle-même.Nathacha Appanah raconte ainsi comment elle fut prise dans les rets d’un homme beaucoup plus âgé que la jeune fille qu’elle était alors, et dont elle pensa qu’il allait lui donner « accès à ce monde codé de la littérature dont il semblait détenir tous les secrets ». Mais qui, en réalité, la coupa de sa famille pour mieux asseoir sa domination physique et psychique sur elle, jusqu’à vouloir la tuer.A partir de cette expérience intime, l’écrivaine enquête sur deux féminicides : celui de sa cousine Emma, écrasée et démantibulée par son mari sur l’île Maurice en 2000, et celui de Chahinez Daoud, brûlée vive par son époux à Mérignac, près de Bordeau en 2021.En mettant en parallèle ces trois destinées de femmes, Nathacha Appanah met aussi en lien les comportements de trois hommes désignés par leurs seules initiales : MB, RD et HC, qu’elle réunit dans une « pièce imaginaire » parce que, explique-t-elle, « il n’y a que dans cet endroit que je peux les réunir, parce qu’il n’y a que dans cet endroit que je peux maîtriser le récit, inverser les rôles, devenir à mon tour un petit bourreau, exercer un pouvoir d’emprise et de fascination, exiger écoute et silence -, dans cette pièce imaginaire, donc, je les laisserai mariner un peu, eux qui pensent qu’ils n’ont rien en commun. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 150EXTRAIT -EP150, autour du roman d'Olga tokarczuk, "E.E"
On termine ce podcast avec un titre en forme d’initiale, E.E., traduction récente d’un livre déjà ancien, puisqu’il fut publié il y a trente ans, de l’écrivaine polonaise Olga Tokarczuk, prix Nobel de Littérature en 2018. L’ouvrage sort aux éditions Noir sur Blanc dans une traduction du polonais de Margot Carlier.L’intrigue se déroule en 1908, dans la ville de Breslau, dans une famille bourgeoise de huit enfants, parmi lesquelles se trouve Erna Eltzner, dont la vie est bouleversée lorsqu’elle s’évanouit l’année de ses 15 ans, après qu’un fantôme lui soit apparu et qu’elle ait entendu des voix.Le don de communiquer avec les morts que posséderait la jeune Erna enthousiasme la mère, passionnée d’occultisme, autant qu’il exaspère le père, propriétaire d’une filature et rétif à ces dimensions éloignées du monde matériel et rationnel.Ce don, au cœur des séances de spiritisme organisées alors par la mère, attire aussi un amateur d’ésotérisme, amoureux transi et secret de la mère d’Erna, un étudiant en médecine du nom d’Artur Schatzman qui a fait de E.E. son sujet de thèse, mais encore différentes personnes souhaitant communiquer avec leurs défunts.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 150EXTRAIT -EP150, autour du roman de Séphora Pondi, "Avale"
Avale est le titre du premier roman de Sephora Pondi, pensionnaire de la Comédie française, publié par les éditions Grasset. Il met en scène une femme nommée Lame qui ressemble par plusieurs aspects à l’autrice : apprentie actrice, noire de peau, adoptée et même célébrée par un monde loin de ses origines sociales situé dans la banlieue parisienne.Mais le roman n’est pourtant pas une autofiction et cherche plutôt à confronter, à travers un récit entrecroisé et dans la langue elle-même, le destin de Lame et celui de Tom, un jeune homme isolé qui s’appelait autrefois Romain, et dont l’obsession pour l’actrice rencontre d’inquiétantes pulsions de dévoration.Le livre remonte ainsi l’enfance, l’adolescence et l’entrée dans la vie d’adulte des deux personnages principaux jusqu’à leur fatidique rencontre après des semaines de harcèlement et de messages, obscènes et/ou passionnés envoyés par le premier à la seconde.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 150INTEGRALE -EP150, autour de "La nuit au coeur" de Nathacha Appanah ; "Avale" de Séphora Pondi et "E.E" d'Olga Tokarczuk
Des femmes écrasées sous les roues d’une voiture, brûlées vives à même le trottoir, à moitié dévorées dans un buisson ou dont le corps sert, au mieux, de medium à des forces occultes et de sujet de thèse de médecine…Autant dire que les trois ouvrages dont nous discutons aujourd’hui explorent une vision noire de la condition féminine, qu’elle se déploie sur l’île Maurice, dans les rues de la métropole bordelaise, le jour de la victoire de la France à la coupe du monde de Football en 2018 ou dans la ville polonaise de Breslau au début du XXe siècle.On discute en effet du tout récent prix Femina, La nuit au cœur, de la romancière Nathacha Appanah, publié chez Gallimard, du premier roman de l’actrice Séphora Pondi, intitulé Avale qui paraît chez Grasset et enfin d’un ouvrage de la prix Nobel de littérature polonaise Olga Tokarczuk, titré E.E et traduit en français par les éditions Noir sur Blanc.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 149EXTRAIT -EP149, autour du film de Tarik Saleh, "Les Aigles de la République"
Après Le Caire confidentiel et La conspiration du Caire, le cinéaste suédois Tarik Saleh conclut sa trilogie sur l’Égypte, le pays de son père dans lequel il est persona non grata, avec Les Aigles de la République.On y retrouve son acteur fétiche, Farès Farès, jouant une star du cinéma national au point d’être surnommé le « pharaon de l’écran », qui se voit confier le rôle piège d’incarner un autre pharaon, le maréchal al-Sissi, qui règne sur l’Égypte depuis son coup d’État, en 2013, contre le premier président élu après la révolution de 2011, le frère musulman Mohamed Morsi.Produit par l’armée, le film s’intitule La Volonté du peuple et doit honorer le courage du militaire. Contraint d’accepter, Georges Fahmy, se retrouve pris dans un engrenage à la fois cinématographique et politique, où le pion qu’il est devenu est pris dans des jeux de pouvoir qui le dépassent.Les Aigles de la République aborde ainsi frontalement l’histoire récente de l’Égypte, tout en remontant le temps, à travers une scène qui évoque l’assassinat du président Anouar el-Sadate en 1981 lors d’un défilé militaire, mais aussi en convoquant des images et des imaginaires de l’âge d’or du cinéma égyptien, lorsque celui-ci était le plus important du monde arabe et l’un des plus importants de la planète.Les aigles de la république, de Tarik Saleh sera sur les écrans mercredi prochain 12 novembre.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 149INTEGRALE -EP149, autour des films "L'Etranger" de François Ozon, "A House of Dynamite" de Kathryn Bigelow et "Les Aigles de la République" de Tarik Saleh
L’Algérie française des années 1930 vue à travers l’adaptation d’un des classiques de la littérature française ; l’Égypte d’al-Sissi captée à partir du tournage d’un biopic élogieux sur le général putschiste et enfin la giga-puissance états-unienne contemporaine saisie à l’aune de ses fragilités depuis les salles de commandement et de décisions de haut niveau mises à l’épreuve par l’apparition d’un missile nucléaire visant Chicago…On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » l’adaptation par François Ozon du roman d’Albert Camus, L’Etranger ; le nouveau long métrage de la réalisatrice Kathryn Bigelow sorti sur la plateforme Netflix et intitulé A house of Dynamite, et enfin le nouveau film du réalisateur suédois d’origine égyptienne Tarik Saleh titré Les Aigles de la République.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 149EXTRAIT -EP149, autour du film de Kathryn Bigelow, "A House of Dynamite"
La réalisatrice américaine Kathryn Bigelow, première femme à avoir reçu l’Oscar de la meilleure réalisation pour son film Démineurs, n’avait plus tourné depuis près de huit ans et la sortie de son précédent long-métrage, Detroit, consacré aux révoltes urbaines et raciales de la « Motown » dans les années 1960.Avec A House of Dynamite – une maison de dynamite en bon français - Kathryn Bigelow choisit Netflix plutôt que le circuit des salles traditionnelles, tout en poursuivant une filmographie captivée par l’univers militaire, la violence et l’histoire des Etats-Unis.Ici, Kathryn Bigelow réactive un genre ancien, le film d’apocalypse nucléaire, qui a forgé certains classiques du cinéma américain, de Point Limite de Sidney Lumet en 1964 jusqu’à Docteur Folamour de Sidney Kubrick cette même année.Elle le fait avec – il faut le reconnaître - un certain sens du timing politique et géopolitique puisque son long-métrage est sorti sur la plateforme quelques jour seulement avant le duel verbal mais néanmoins atomique entre Poutine et Trump : le premier vantant les mérites de ses missiles et drones sous-marins à capacité nucléaire, le second annonçant la reprise des tests des armes nucléaires.Les spectateurices sont donc immergé·es dans un imaginaire de guerre froide, avec réunions de crise, écrans de contrôle et espaces de décision engageant le sort de toute l’humanité, le tout modernisé à coups de technologies de pointe mais pas nécessairement fiables et d’acronymes aussi exotiques qu’importants. Toutefois, si Bigelow réactive un genre connu, et parfois galvaudé, elle le fait avec un dispositif cinématographique qui en renouvelle le style, avec une caméra virevoltant dans différents lieux de pouvoir et un compte à rebours qui se répète trois fois dans le film tout en ne respectant pas tout à fait la réalité du temps qui s’écoule avant la possible apocalypse…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 150EXTRAIT -EP149, autour du film de François Ozon, "L'Etranger"
Le réalisateur français François Ozon continue, au rythme de croisière d’un long-métrage par an, à épaissir une filmographie composée de longs-métrages comme 8 femmes, Grâce à Dieu, Dans la Maison, Jeune et jolie, Sous le sable ou encore, pour remonter aux titres qui l’ont initialement fait connaître, Les amants criminels et Gouttes d’eau sur pierre brûlantes. François Ozon s’attaque cette fois à l’adaptation d’un des grands classiques de la littérature française, étudié par des générations d’écoliers de France et de Navarre, L’Étranger, publié par le futur prix Nobel de Littérature Albert Camus en 1942. Pour celles et ceux qui auraient oublié leurs études secondaires, je rappelle que l’ouvrage de Camus se déroule dans l’Algérie française des années 1930. Meursault, le personnage principal, incarné ici à l’écran par Benjamin Voisin, est un jeune employé de bureau vivant seul, hermétique à toute empathie, étranger à ses sentiments, indifférent au monde, qui vient de perdre sa mère qu’il avait placée à l’asile.Un jour d’été, il tue un « arabe » sur une plage d’Alger, sans réel motif même si ce dernier avait menacé son ami et voisin, un proxénète ayant lui-même battu la sœur de cet homme…L’étranger, de François Ozon, avec notamment Benjamin Voisin et Rebecca Marder, c’est sur les écrans depuis le 29 octobre dernier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 148INTEGRALE -EP148, autour des expositions "Otobong Nkanga. I dreamt of you in colors" ; "Rick Owens. Temple of Mode" et "Nous autres" de Donna « Nous Autres », de Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini
Des couleurs, des tons et du Noir et Blanc. Des pierres, des textiles et des photographies. Un art protéiforme, de la mode et un parcours visuel et écrit. On passe dans « l’esprit critique » de ce jour des sous-sols de l’extraction néo-coloniale à la haute-couture en passant par les trajectoires queer de l’Amérique des années 1970.On évoque en effet d’abord la rétrospective que le Musée d’art moderne de Paris propose de l’artiste nigériane Otobong Nkanga, puis l’écrin qu’offre le Palais Galliera aux créations du styliste Rick Owens et enfin la rencontre entre la photographe américaine Donna Gottschalk et la théoricienne de l’art Hélène Giannechini que propose le BAL.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 148EXTRAIT -EP148, autour de l'exposition "Rick Owens. Temple of Mode" au Palais Galliera
Nous avons juste, pour ce second temps de notre podcast, à traverser l’avenue du Président Wilson depuis le Musée d’Art moderne de Paris puisque, pour la première fois en quatre ans d’existence, « L’esprit critique » se rend au Palais Galliera, le musée de la mode.Se tient en effet dans ce luxueux et prestigieux palais parisien une rétrospective du travail de Rick Owens, styliste et créateur né aux Etats-Unis au début des années 1960 et installé depuis quelques années à Paris.Après qu’une veste de cuir noir portée par la top model Kate Moss a attiré l’attention d’un photographe du magazine Vogue au début des années 2000, Rick Owens connaît une carrière fulgurante avec quelques propositions sculpturales sublimes, concevant ses défilés comme de véritables shows, et déclenchant quelques mini-scandales, comme lorsqu’il dévoile des pénis lors de son défilé 2015 ou bien lorsqu’un de ses mannequins fétiches porte, contre son avis, un message anti-Merkel lors de la crise de la dette grecque.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 148EXTRAIT -EP148, autour de l'exposition « Nous Autres » de Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini au BAL
On termine le parcours de ce podcast en se rendant au BAL, l’espace d’exposition dédié à l’image-document situé dans le XVIIe arrondissement de Paris près de la place de Clichy.Le BAL propose une exposition intitulé « Nous Autres », de Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini avec Carla Williams. Il s’agit du récit, fait par l’autrice et théoricienne de l’art Hélène Giannecchini, de sa rencontre avec la photographe américaine Donna Gottschalk dont les images constituent le coeur du parcours proposé aux spectateurs et spectatrices. En regard est montré une série d’autoportraits de la photographe et historienne de l’art américaine Carla Williams qui s’inscrit dans une filiation assumée avec l’oeuvre de Donna Gottschalk.Cette dernière, née en 1949 à New York, dans le quartier autrefois populaire et aujourd’hui gentrifié d’Alphabet City, a accueilli chez elle et photographié pendant des décennies les personnes avec lesquelles elle a vécu, milité et travaillé. Et notamment les vies, aux marges de la société, des personnes LGBT+, camarades de luttes, amies ou amantes…Le commissariat de l’exposition est assuré par Julie Héraut et Hélène Giannecchini,Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 148EXTRAIT -EP148, autour de l'exposition "Otobong Nkanga. I dreamt of you in colours" au Musée d'Art Moderne de Paris
Le Musée d’Art moderne de Paris consacre une rétrospective qui vient d’ouvrir et sera visible jusqu’en février prochain à l’artiste Otobong Nkanga, née voici un demi-siècle au Nigéria. L’exposition s’intitule I dreamt of you in colours, « j’ai rêvé de vous en couleur » en bon français, et présente une coupe transversale à travers une œuvre protéiforme dans ses motifs comme dans ses matières, à travers un large choix de dessins, installations, peintures, textiles, photographies, sculptures, poèmes, vidéos ou performances…Faisant le choix d’une présentation non chronologique, la rétrospective montre le souci de l’artiste née au Nigéria et aujourd’hui installée en Belgique de donner à voir les strates qui composent notre monde, depuis les exploitations et les extractions violentes qui fracturent les sols et les paysages, jusqu’aux circulations, constellations et réseaux qui y trouvent leurs origines.Le commissariat de cette exposition est assuré par Odile Burluraux à Paris et Nicole Schweizer à Lausanne, ville où cette rétrospective se rendra ensuite.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 147EXTRAIT -EP147, autour du roman de Maria Pourchet, "Tressaillir", publié chez Stock
Tressaillir est le titre du nouveau roman de Maria Pourchet, après notamment Toutes les femmes sauf une, Feu ou Western. Il est publié chez Stock et raconte l’histoire d’une « femme rompue », à entendre dans le double sens qu’elle a rompu avec son couple et sa cellule familiale, et qu’elle est épuisé par les implications de cette rupture, tant psychiques que physiques ou matérielles.Autrice de livres illustrées, la narratrice, prénommée Michelle, se retrouve expulsée du domicile conjugal, alternant chambres d’hôtel et recherche d’appartements sordides.Elle découvre les affres de la garde alternée et les antidépresseurs et, poussée par son agente, accepte de retourner dans l’endroit où elle a grandi pour une série d’ateliers en lycée où l’attend un ancien flirt oublié dans les recoins de sa mémoire.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 147EXTRAIT -EP147, autour du roman de Dario Ferrari, "La récréation est finie", publié aux éditions du Sous-Sol
La récréation est finie est le titre du roman de l’italien Dario Ferrari, publié par les éditions du Sous-Sol dans une traduction de Vincent Raynaud. C’est aussi la phrase que lance Barrabas, la nouvelle recrue de la « Brigade Ravachol », une bande de jeunes italiens anarchistes et gauchistes de l’Italie des années de plomb des années 1970, pour leur signifier la nécessité « d’arrêter de jouer les révolutionnaires et de passer aux choses sérieuses » en l’occurrence enlever, à mains armée, un juge, au risque de tuer et d’être tué alors que la brigade s’est jusque-là contenté d’actions spectaculaires mais sans mise en danger.Ce groupe nous est restitué à travers l’enquête universitaire mené par un plus tout jeune doctorat, Marcello Gori, qui a décroché par miracle une bourse de thèse, et que le tout puissant et terrifiant professeur Sacrosanti a orienté sur l’une des figures de ce groupe, Tito Sella, écrivain et assassin passé par la case prison.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 147EXTRAIT -EP147, autour du roman de Laurent Mauvignier, "La Maison Vide", publié aux éditions de Minuit
La maison vide est le titre du nouveau livre de Laurent Mauvignier, publié comme les précédents aux éditions de Minuit. Si la maison du titre est vide comme une maison de famille dont il faudrait enlever les meubles après la mort d’un parent, elle est aussi remplie de tout un passé dont Laurent Mauvignier fait l’archéologie, en recourant à toute la puissance du roman. Pour reprendre ce que le narrateur écrit dans les premières pages : « je crois que si ce que j’écris ici est un monde que je découvre en partie en le rêvant, je ne l’invente pas tout à fait : je le reconstruis pièce à pièce, comme une machine d’un autre temps dont on découvre que le mécanisme a pourtant fonctionné un jour, et qu’il suffit de le remonter pour qu’il puisse redémarrer. »La fiction est moins convoquée ici pour meubler des silences comme on meublerait une maison vidée que pour donner une redonner, par l’écriture, une existence de papier mais incarnée à des êtres de chair tombés dans l’oubli de la généalogie lointaine, la poussière des photos sur lesquels on ne reconnaît plus les visages, l’infamie de la collaboration horizontale, les non-dits du suicide ou encore les tranchées de la Grande Guerre.Pour le dire encore comme l’auteur-narrateur de ce livre : « c’est parce que je ne sais rien ou presque rien de mon histoire familiale que j’ai besoin d’en écrire une sur mesure, à partir de faits vérifiés, de gens ayant existé, mais dont les histoires sont tellement lacunaires et impossibles à reconstituer qu’il faut leur créer un monde dans lequel, même fictif, ils auront chacun eu une existence. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 147INTEGRALE -EP147, autour des romans, "La maison vide" de Laurent Mauvignier, "Tressailir" de Maria Pourchet et "La récréation est finie" de Dario Ferrari
« L’esprit critique » continue de frayer son chemin dans quelques-unes des très nombreuses publications de cette rentrée littéraire en vous proposant de voir éclore tout le XXe siècle depuis une maison de famille ; de contempler les effets d’une rupture amoureuse contemporaine sur la psyché d’une femme-biche et enfin de participer à l’écriture d’une thèse sur une brigade anarchiste dans l’Italie des années de plomb.On évoque en effet successivement La maison vide, le nouveau livre de Laurent Mauvignier, publié aux éditions de Minuit ; Tressaillir de Maria Pourchet paru chez Stock et le roman de l’Italien Dario Ferrari, La récréation est finie, traduit aux éditions du Sous-Sol.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 146EXTRAIIT -EP146, autour de la pièce "La Distance" de Tiago Rodrigues
Tout va bien en ce début d’automne pour le metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. Il vient de voir son mandat renouvelé pour 4 ans à la direction du Festival d’Avignon, ce qui ne semblait pas gagné d’avance dans la fournaise du mois de juillet dernier.Il montrait récemment aux Bouffes du Nord une de ses premières productions, Le Chœur des Amants, qui sera visible bientôt dans de nombreuses villes de France.Et, surtout, la nouvelle pièce qu’il a créée cet été à Avignon, ou plus précisément à Vedène, intitulée La Distance, commence une ample tournée déjà passée par Malakoff, Anvers et Strasbourg.Cette pièce met en scène deux comédiens, Adama Diop et Alison Deschamps, un père et sa fille, séparées, dans un futur situé en 2077, par 220 millions de kilomètres, puisque la fille a choisi de partir sur Mars, laissant son père désespéré sur une terre qui a déjà connu trois effondrements et en attend de nouveaux.Le père, Ali, médecin de profession dans un hôpital en déliquescence en tenue années 1970, est contraint de communiquer avec sa fille Amina par messages interposés.Cette distance de la Terre à Mars est représentée au théâtre par une scène ronde et tournante, sur laquelle les deux acteurs se tournent le dos, séparés par un tronc, des branches, des feuillages et des rochers.Le rythme de la rotation s’accélère au fur et à mesure qu’à la distance physique s’ajoute la distance irrémédiable liée au fait que la fille a choisi de faire partie des « oubliantes » qui, pour construire un nouveau monde sur Mars, ont choisi d’effacer tous les souvenirs de leur vie sur terre en signant un « protocole d’oubli ».La Distance sera visible dans les prochains mois à Clermont-Ferrand, Grenoble, Châteauroux, Dunkerque, Le Havre, Grasse, Istres et Aix-en-Provence, mais aussi Naples, Lausanne, Barcelone, Athènes et Milan. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 146EXTRAIT -EP146, autour de la pièce "Voir clair avec Monique Wittig" d’Adèle Haenel et du collectif DameChevaliers
Adèle Haenel, figure névralgique du mouvement #MeToo - et l’une des rares actrices à mettre sa notoriété au service de causes politiques allant de la lutte contre la réforme des retraites à la solidarité avec Gaza puisqu’elle a récemment participé à l’une des flottilles tentant d’amener de l’aide humanitaire à la bande palestinienne - propose sa première mise en scène.La pièce s’intitule Voir clair avec Monique Wittig, elle est signée de DameChevaliers, un collectif artistique féministe à géométrie variable composé notamment de la musicienne Caro Geryl, qui occupe ici la scène avec Adèle Haenel.L’actrice y raconte, sur un ton de confidence voire de communion avec un public conquis, son expérience de lecture de Monique Wittig (1935-2003), autrice notamment de La pensée straight, Dans l’arène ennemie ou encore Les Guérillères, une œuvre en grande majorité publiée aux éditions de Minuit. Elle s’appuie aussi sur d’autres autrices féministes : Sarah Ahmed, Audre Lorde, Adrienne Rich ou encore Elsa Dorlin.La pièce, présentée dans le cadre du Festival d’Automne, commence comme une réunion secrète. Autour de quelques braises, au milieu d’une forêt profonde peuplé de bruits d’animaux, Adèle Haenel débute sa prise de paroles en chuchotant…Voir clair avec Monique Wittig, signé Adèle Haenel et le collectif DameChevaliers était récemment au Théâtre des Bouffes du Nord dans le cadre du Festival d’Automne, et ce sera ensuite en tournée en novembre au Théâtre de la Croix Rousse à Lyon, puis au CDN d’Orléans, et ensuite à Mons, en Belgique.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

S5 Ep 146EXTRAIT -EP146, autour de la pièce "Et jamais nous ne serons séparés" de Daniel Jeanneteau et Mammar Benranou
Daniel Jeanneteau, directeur du Théâtre de Gennevilliers, y met en scène, avec Mammar Benranou, Et jamais nous ne serons séparés de l’auteur norvégien Jon Fosse, prix Nobel de littérature en 2023 pour « ses pièces de théâtre et sa prose novatrices qui ont donné une voix à l’indicible ». Toutes ses pièces sont publiées en français aux éditions de l’Arche, celle-ci datant de 1994.Sur le plateau, dans un décor d’intérieur froid, avec moquette grise, canapé beige et mobilier blanc, une femme en robe à fleurs, interprétée par Dominique Raymond attend, en soliloquant, le retour d’un homme dont on ne sait s’il est mort, parti pour un moment ou pour toujours, voire dont on pourrait se demander s’il n’a jamais existé que dans l’esprit de la principale protagoniste de la pièce.Dominique Raymond s’accroche aux objets qui l’entourent : un téléphone d’où la voix attendue ne vient pas, des vieux et beaux verres avec lesquels elle attend – ou pas – de pouvoir boire cette bouteille de bon vin, qui laisse imaginer, parmi beaucoup d’autres hypothèses possibles, que cet étrange et dérangeant monologue pourrait être le fruit d’un excès éthylique.L’homme – en tout cas un homme - finit toutefois par apparaître sous les traits de l’acteur Yann Boudaud, en compagnie autre femme, plus jeune, incarnée, elle, par Solène Arbel.Et jamais nous ne serons séparés part en tournée en novembre à Angers, en décembre à Valence, en mars à Annecy, Poitiers et Reims et en avril à Montpellier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.