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416 episodes — Page 5 of 9

La psychologie phénoménologique Sartrienne de l'imaginaire et ses difficultés

Première séance du séminaire Grands Textes 2022-2023 Cycle "L'image" Animé par Charlotte Geindre Avec Alain Flajoliet

Sep 25, 20222h 4m

La Nature Comme Point De Repère

Séminaire Soins, Nature et Patrimoine Avec Catherine Larrère, philosophe, professeure émérite à l’université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, spécialiste des questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale et aux nouvelles technologies et Raphaël Larrère, ingénieur agronome et sociologue, ancien directeur de recherche à l’INRA, il s’intéresse au rapport des hommes avec la nature et la technique. Catherine Larrère et Raphaël Larrère sont conjointement les auteurs de Le pire n’est pas certain – Essai sur l’aveuglement catastrophiste, Penser et agir avec la nature, une enquête philosophique ; Du bon usage de la nature, pour une philosophie de l’environnement et Bulles technologiques. Depuis le XVIIe siècle, la connaissance scientifique de la nature s’est prodigieusement développée et notre puissance technique s’est accrue en conséquence : nous vivons mieux, plus longtemps, plus nombreux. Mais cette maîtrise a rencontré ses limites : cette Terre que nous dominons, nous la détruisons en même temps au point de mettre en danger la continuité de la vie humaine, et celle de quantité d’autres espèces animales et végétales. Nous ne pouvons plus continuer à faire comme s’il y avait d’un côté les humains, la société, la culture, et de l’autre une nature qui nous est extérieure, que nous pouvons exploiter à loisir et dans laquelle nous accumulons nos déchets. C’est ce grand partage entre l’homme et la nature sur lequel la modernité s’est construite qu’il nous faut remettre en question : nous devons penser « par delà nature et culture ». Mais comment penser, comment agir, alors ? Suffit-il que tous, humains et non humains, se considèrent comme des vivants ? Faut-il introduire une vision pluraliste ? Ces questions seront abordées à partir d’exemples empruntés au vivant, à la santé et à la recherche biologique et biomédicale. Il s’agit là de la séance d’ouverture du séminaire “Soins, Nature et Patrimoine” co-organisé par la Chaire de Philosophie à l’Hôpital et l’EPSMD de l’Aisne (2022-2023) et conçu par Loïs Giraud, directeur d’hôpital et auteur d’articles sur les liens entre nature et soins, coordonné par Charlie Marquis, chargé du développement de l’antenne de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital dans l’Aisne (EPSMD, Prémontré) et modéré par Gaël Violas, Ingénieur chargé de la Direction des Ressources Matérielles (DRM) à l'EPSMD de l'Aisne.

Sep 25, 20221h 19m

"Ré-confort" : recherche sur une esthétique de l'apaisement

Première séance du séminaire Architecture et care de l'année 2022-2023. Avec Sophie Larger Animé par Eric de Thoisy Merci à l'Adamant.

Sep 25, 202251 min

Que peut le care pour l'architecture ?

Avec Marie Tesson Marie Tesson est diplômée de l’école d’architecture de Nantes. Après un passage par le département de philosophie de Paris 8, elle est actuellement en deuxième année de doctorat au CNAM, sous la direction de Cynthia Fleury et Antonella Tufano. La thèse se déroule en CIFRE, avec l’agence d’architecture SCAU, et a pour thème les théories du care et l’architecture.

Jul 10, 20221h 17m

Conférence exceptionnelle : Quel avenir pour la chirurgie ?

Créé en 1994 à Strasbourg, l’Institut de Recherche contre les Cancers de l’Appareil Digestif (IRCAD) est une référence mondiale en matière de développement de techniques chirurgicales toujours moins invasives. Son fondateur, le Pr Jacques Marescaux, nous offrira pour cette séance conclusive, une vue d’ensemble des défis qui attendent le bloc opératoire augmenté dans les prochaines années, les transformations qu’il fera subir à la chirurgie, et les enjeux sociaux qui sous-tendent ces mutations. A l’instar du véhicule autonome, peut-on imaginer un jour un bloc sans opérateur ? Quels nouveaux métiers peut-on imaginer au bloc dans 20 ans ? Quelle éthique réinventer pour la profession ? En présence de Pr Jacques Marescaux, président fondateur de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif

Jun 26, 202252 min

L'identité entre fiction et réel

Avec Alexis Vilain

Jun 25, 20221h 7m

Quand le récit fait soin : paroles et récits de soignants

Le burn-out est en constante augmentation dans les métiers soignants. Avec la crise de la Covid-19, la part des facteurs organisationnels dans la souffrance des soignants est devenue manifeste. Un soin soumis à des critères de performance économique et à des protocoles rigides peut miner la vocation des soignants, leurs valeurs, et affaiblir leur engagement. Ces organisations déstructurent le temps du soin, abîment le collectif, et peuvent conduire au burn-out des soignants comme au soin « dégradé » des patients. Pourtant, les soignants montrent au quotidien la force de leur engagement. Ils prennent soin et accompagnent les plus vulnérables, malgré les nombreuses difficultés, et témoignent des liens entre les organisations du soin (manque de moyens, de personnel, gestion des « flux », statuts précaires) et leur souffrance. C’est pour faire place à leur parole et comprendre leur souffrance que la Chaire de Philosophie à l’Hôpital organise depuis deux ans un atelier d’écriture, qui offre un espace collectif et sécure de mise en récit de leur vécu. Cet atelier s’inscrit dans la ligne des éthiques narratives, qui proposent la mise en récit de la souffrance comme possibilité de rétablissement de l’identité personnelle. La parole des soignants, recueillie au fil de l’atelier d’écriture, manifeste la force de leur engagement. Elle permet de déplacer le regard et de comprendre le soin depuis leur vécu. Elle ouvre sur de nombreux questionnements : comment penser des organisations du travail soignant qui contribuent à un soin juste et bienveillant pour les patients comme pour les soignants ? Quel être-au-monde peut-on lire dans les nouvelles « normes » du soin ? Dans quelle mesure la narration et l’écriture peuvent-elles contribuer à limiter la souffrance et à renouer avec le récit collectif d’un soin capacitaire ? Cette conférence-débat se propose de prolonger ces questionnements et de rendre hommage aux récits des soignants, par une mise en scène de leurs textes, lus par des comédiens. Programme : Introduction par Cynthia Fleury, suivie d’une présentation de l’atelier par Valérie Gateau. « Il n’y a plus rien à faire » — L’écriture est-elle thérapeutique ?, par Sarah Chiche, puis échanges avec la salle. Mise en scène des textes écrits par les participants, par les comédiens Palina Kotsiashava et Louis Ferrand.

Jun 24, 20221h 25m

Le suicide assisté en Suisse, une forme d'institutionnalisation du suicide ?

avec Anthony Stavrianakis

Jun 20, 20221h 44m

Séance hors cycle : intervention de Roland Gori et de Clotilde Leguil

Roland Gori nous présente son dernier ouvrage « La fabrique de nos servitudes » paru en Janvier 2022, édition Les Liens qui Libèrent. Il discuter avec Clotilde Leguil, auteur de « Céder n’est pas consentir » édition Puf, 2021. Modérateur de la rencontre : Daphné Raynaud, psychologue clinicienne. Roland Gori est professeur honoraire de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste. Il a été en 2009 l’initiateur de l’Appel des appels. Il est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels « La Dignité de penser », « La Fabrique des imposteurs », « L’Individu ingouvernable » ou encore « Et si l’effondrement avait déjà eu lieu » ( Édition LLL). Clotilde Leguil, psychanalyste et philosophe. Elle est professeur au département de psychanalyse de l’université Paris 8 Saint-Denis et membre de l’Ecole de la cause freudienne. Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont « L’Etre et le Genre, homme/femme après Lacan » et « « Je », une traversée des identités » ( Puf, 2015 et 2018).

Jun 12, 20221h 37m

Où en est la démocratie en santé ?

Les périodes de crise ont l’avantage de révéler les postulats implicites qui sous-tendent nos actions quotidiennes et constituent souvent les causes invisibles de nombreux dysfonctionnements. Que nous a alors appris la dernière crise sanitaire sur l’état de la démocratie en santé en France ? Qui sont les acteurs reconnus comme légitimes et crédibles pour contribuer aux décisions pour la santé ? Quelle est la nature et l’envergure des coopérations en santé qui ont émergées et celles qui ont été subordonnées à l’hégémonie économique et politique et aux affects impuissantisants ? En capitalisant sur les questions structurantes soulevées par les dernières crises sanitaires, Alexandre Berkesse propose d’y répondre à partir des observations et expérimentations démocratiques réalisées au Canada et en France depuis 2010. Alexandre Berkesse est chargé de mission “Partenariat et Expérience Patient” aux Hospices Civils de Lyon, responsable du pôle européen du Centre d’Excellence sur le Partenariat avec les Patients et le Public et professeur associé à l’École des Hautes Études en Santé Publique. À partir d’une perspective interdisciplinaire (sciences politiques, épistémologie, sciences de l’éducation et éthique), il contribue au déploiement de la culture et des pratiques d’engagement des patients et des aidants au Canada et en France dans divers organisations de l’écosystème de la santé (centres de santé / maisons de santé pluriprofessionnelles, CH/CHU, facultés de médecine, Haute Autorité de Santé, etc.). Il les accompagne notamment dans les soins (ex : éducation thérapeutique, pair-aidance, etc.), dans l’organisation des soins (ex : amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins, réorganisation des services et des parcours, etc), dans la formation initiale et continue des professionnels (ex: débriefing d’une simulation, élaboration d’activités d’enseignement, etc.) et dans la recherche (ex : identification des priorités de recherche, facilitation de l’expression de la perspective et l’expérience des patients lors des entretiens, etc.). Citoyen à temps plein, il est également engagé dans l’éducation populaire et enseigne la pensée critique dans plusieurs écoles de management (HEC Montréal, Paris-Dauphine, etc.).

Jun 12, 20221h 57m

De quoi l’augmentation est-elle le nom ?

Dans le contexte florissant de l’innovation chirurgicale, certains projets d’envergure esquissent les contours d’un « bloc opératoire augmenté », où les sens (la vision, la parole et le toucher) des acteurs du bloc seraient développés et prolongés par diverses solutions technologiques. Ces projets, qui témoignent d’une robotique de plus en plus autonome autant que de l’importance prise par la « donnée » dans la gestion des risques à l’hôpital, n’en soulèvent pas moins de nombreux enjeux éthiques : quelle garantie humaine à la décision médicale ? Quelles interactions entre savoir expérientiel du praticien et savoir algorithmique de la machine ? Quels risques de déréalisation face à une réalité de plus en plus virtualisée ? Cette séance reviendra sur ces questionnements multiples, les réinscrivant dans un contexte méta beaucoup plus large : celui d’un désir, en un sens inhérent à l’humanité et particulièrement vif dans la rhétorique des Lumières, de dépasser les limites du biologique. Avec Pr Éric Vibert, chirurgien hépatobiliaire au Centre Hépato-Biliaire de l’Hôpital Paul-Brousse et professeur à la faculté de médecine de l’université Paris-Saclay. Il est à l’initiative de la Chaire d’innovation BOpA et l’auteur de Droit à l’erreur. Devoir de transparence (Editions de l’Observatoire, 2021) et Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste. Titulaire de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital.

Jun 8, 20221h 35m

Autonomie et vulnérabilité

avec Agata Zielinski, Maître de conférences en philosophie au Centre Sèvres - Paris. Département d'éthique biomédicale. Durant cette séance, on essaiera d’éclairer la problématique de la contention par l’articulation entre autonomie et vulnérabilité. La contention peut apparaître comme une limitation de l’autonomie pour cause de vulnérabilité, en vue de la protection de la personne et/ou de son entourage. Toutefois, en explicitant les notions d’autonomie et de vulnérabilité, on sera amené à rechercher d’autres références pour penser la persistance de l’identité du sujet, et comment elle peut être portée par la relation de soin. On évoquera à ce propos les capacités existentielles du sujet vulnérable, et la portance comme fondement de notre être-au-monde (ce qui nous « tient » et qui nous « tient ensemble »). La séance est introduite puis co-animée par C. Marquis, chargé du développement de l'antenne de la Chaire de Philosophie à l'Hôpital à l'EPSMD de l'Aisne et F. Candini, directrice de l’IFSI / IFAS de Prémontré (02).

Jun 6, 20221h 9m

Séance hors cycle : Maladies mentales et société (XIXe – XXe siècles)

Près de soixante ans après la parution de l’histoire de la folie de Michel Foucault, et à un moment où la folie se trouve de nouveau au cœur d’une série de débats sociaux et économiques d’importance, de la réforme de la protection sociale à l’école, au travail ou au terrorisme, ce livre proposera une introduction historique aux manifestations de la folie, à son traitement et aux expériences des personnes qu’elle a touchées au cours des deux derniers siècles. L’ouvrage insiste particulièrement sur la pénétration de la folie dans l’ensemble des sphères de la vie sociale. Assignée par les discours savants comme par le droit dans une position d’altérité radicale, la folie a en effet constamment soulevé la question de ses limites. D’un côté une série de manifestations de nature diverses, empruntant au religieux, à l’esthétique ou plus souvent à la déviance, ont posé tout au long de l’histoire un défi aux classifications savantes et ont été l’un des principaux moteurs à leur évolution. De l’autre la circulation des idées et des concepts psychiatriques et l’extension continue de ses catégories a tendu à coloniser une part de plus en plus large de la société. L’ouvrage reviendra sur ces différents enjeux pour insister sur le façonnement mutuel de la société et de la folie au cours des deux derniers siècles. L’ouvrage est organisé autour de quatre chapitres thématiques qui seront chacun structurés de façon à la fois thématique et chronologique: espaces, savoirs, pratiques et expériences. Nicolas Henckes est chercheur au CNRS, spécialiste des transformations de la psychiatrie au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Il a publié de nombreux articles dans des revues d’histoire de la médecine. Benoît Majerus est enseignant-chercheur à l’Université du Luxembourg. Il est auteur de Parmi les fous. Un histoire sociale de la psychiatrie au XXe siècle (2013) et de La folie à Paris. Du Moyen Âge à aujourd’hui (2018).

Jun 3, 20221h 23m

Le corps soignant

avec Bertrand Nouailles En philosophie de la médecine, une triple voie a été beaucoup explorée : celle de la relation éthique entre les soignants et les soignées, dès lors que cette relation est fondamentalement une relation asymétrique qui peut induire des relations de pouvoir ; celle du vécu du malade, où est interrogée l’expérience du corps malade ; celle de l’épistémologie médicale, où sont mis au jour les procédures rationnelles de prise de décision, les modalités de la connaissance médicale ainsi que l’agir médical. Il semble y avoir toutefois un angle mort : celui du corps soignant. Soigner, c’est avoir affaire à un corps malade, mais c’est aussi mettre en jeu un corps, ou des corps. Or cette dimension corporelle de l’acte de soigner est, à ma connaissance, peu explorée. Après avoir défini ce que j’entends ici par corps soignant – l’expression est polysémique – je voudrais m’interroger sur son statut en posant quelques questions fort simples : qu’est-ce qu’un corps soignant ? quel usage en avons-nous pour qu’il puisse être un corps qui soigne un autre corps ? Qu’est-ce qu’un geste en médecine ? Les conditions de possibilité de l’acte de soin ne sont pas seulement du côté d’un savoir, ni même d’une pratique, mais aussi du côté d’un soubassement corporel : un corps qui en soigne un autre. Je voudrais tester la fécondité d’une hypothèse nietzschéenne : celle d’un corps qui ne peut soigner que parce qu’il est un corps interprétant.

May 29, 20221h 31m

Ambiances, écophénoménalité du soin

Ambiances, écophénoménalité du soin by hospiphilo

May 22, 20221h 29m

Quelques considérations en 2022 sur ce qu'est la vie et sa "perception" par l'être humain...

Quelques considérations en 2022 sur ce qu'est la vie et sa "perception" par l'être humain... by hospiphilo

May 22, 202253 min

Séminaire Design with care – Des preuves de concept aux preuves de soin

Intervention de Caroline Jobin Caroline Jobin est docteure en sciences de gestion de l’Université PSL. Elle a préparé sa thèse sur les preuves de concept génératives à MINES Paris, dans le cadre d’un partenariat avec l’agence de design les Sismo et la Chaire de philosophie à l’hôpital. Elle est aujourd’hui post-doctorante au Centre de gestion scientifique de MINES Paris. Depuis sa formation initiale en ingénierie biomédicale (R&D) et en management de l’innovation, elle s’intéresse aux enjeux que posent de mieux prendre soin. En quoi les preuves de concept traditionnelles sont-elles limitantes pour expérimenter des nouvelles manières de prendre soin dans des contextes de vulnérabilité ? Qu’est-ce que cela veut dire que de porter une intentionnalité de soin dans une preuve de concept en termes de protocole expérimental et d’évaluation ? Ne serait-il pas intéressant qu’au-delà de la proposition testée, la méthodologie employée soit elle-même générative d’une meilleure capacité à prendre soin à l’avenir, par exemple dans sa capacité à révéler des formes tacites de vulnérabilité ? Ce séminaire abordera ces questions sous l’angle de la responsabilité des concepteurs de preuves de concept/soin et s’appuyera sur des projets menés par les Sismo et la Chaire de philosophie à l’hôpital.

May 19, 20221h 12m

4. Caroline Gros

4. Caroline Gros by hospiphilo

May 18, 202243 min

Michel Foucault et la phénoménologie au début des années 1950

Michel Foucault et la phénoménologie au début des années 1950 by hospiphilo

May 18, 202246 min

2. Jean - Claude Monod

2. Jean - Claude Monod by hospiphilo

May 18, 202247 min

6. Philippe Cabestan

6. Philippe Cabestan by hospiphilo

May 18, 202232 min

5. Elodie Boublil

5. Elodie Boublil by hospiphilo

May 18, 202240 min

Design et vulnérabilité : quelles définitions d’un design capacitaire ?

Qu’entend-on par « design capacitaire » ? Les éthiques du care et plus largement l’émergence d’une anthropologie capacitaire propose une compréhension particulière de la vulnérabilité. Non plus opposée à l’autonomie, cette vulnérabilité retiendrait en elle-même des marges d’autonomie et de capacité. Ce séminaire aborde la manière par laquelle le design, comme processus de conception et comme dispositif conçu, pourrait être impliqué dans le soutien de ces vulnérabilités en élaborant notamment des milieux capacitants. Noémie Chataigner est agrégée d’arts appliqués, doctorante en design et en éthique au sein de l’Université Paris-Saclay. Elle est diplômée en design textile (ESAA La Martinière Diderot) et ancienne élève du département design de l’ENS Paris-Saclay. Elle effectue son doctorat au sein du CESP, dans l’équipe Recherches en éthique et en épistémologie. Ses recherches portent sur le design capacitaire et sur les relations entre design et vulnérabilités dans les contextes de soin.

May 17, 20221h 15m

Séminaire "Philosophie clinique et clinicienne" séance hors-cycle

À l’occasion de la parution de son ouvrage « Pop & psy : comment la pop culture nous aide à comprendre les troubles psychiques », Jean-Victor Blanc reviendra sur les notions qui traversent son travail. De faits divers en crises, le tout sur un fond d’histoire de la folie, le constat des représentations négatives qui attraient à la santé mentale est admis. Les personnes atteintes de troubles psychiques, comme celles qui les soignent, restent exposées à beaucoup de stéréotypes discriminants. Beaucoup d’initiatives, scientifiques, associatives et professionnelles sont à l’œuvre pour faire évoluer les regards. Mais, dans un monde où l’apparence est devenue essence, relayée en permanence sur les réseaux sociaux, ne faut-il pas aussi chercher des solutions dans le monde du divertissement pour améliorer le déficit d’image de la psychiatrie? L’attention médiatique portée aux célébrités a une place particulièrement saillante dans notre société. Le celebrity marketing, qui consiste à utiliser de la notoriété d’une figure publique lors d’une campagne de communication, est aujourd’hui omniprésent. A l’heure où les prises de paroles de célébrités se multiplient sur la santé mentale, ces nouvelles manières de communiquer sont-elles si anecdotiques ? La culture pop peut sembler un sujet superficiel, et aujourd’hui encore les coming-out de célébrités à propos de la santé mentale les exposent à la moquerie. Ne faudrait-il pas au contraire les accompagner dans l’espace public ? Et si en revendiquant cet apparent manque de sérieux, constitutif de la culture pop, ne nous plaçons pas dans la ligne droite de ce que prônait Franco Basaglia ? Le Dr. Jean-Victor Blanc est médecin-psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP, Paris) et enseignant à Sorbonne Université. Il s’est spécialisé dans les addictions aux nouveaux produits de synthèse et le trouble bipolaire. Après le succès de son livre « Pop & Psy » (Editions Plon, 2019), son nouvel essai « Addicts » (Arkhê) décode les nouvelles addictions à l’aide de films, séries et déclarations de célébrités issues de la culture pop. Il est également l’expert santé mentale pour Dr Good (Webedia) et auteur du podcast Psycho Pop (Majelan). Avec « Culture Pop et Psy », sur les réseaux sociaux, ses conférences aux cinémas Mk2 et son ciné club au Brady, Jean-Victor Blanc veut changer le regard porté sur la maladie mentale, et améliorer l’inclusion des personnes concernées.

May 16, 202259 min

Le suicide en France de nos jours

Au cours de cette séance, nous accueillons deux sociologues pour une séance qui portera sur le suicide en France de nos jours. Florian Pisu nous présentera une partie de son travail de thèse consacré à l’analyse des conduites suicidaires et de leur prise en charge au sein des services d’urgence des hôpitaux français. À l’occasion de ce travail, il a tenté d’approfondir certains enjeux de la suicidalité contemporaine, en décalant la perspective classique durkheimienne en sociologie. Il s’agira essentiellement ici de présenter les résultats issus d’une revue de la littérature chiffrée consacrée à l’analyse conjointe du suicide et des tentatives de suicide, afin de saisir en quoi l’analyse des tentatives de suicide est susceptible d’enrichir les études déjà nombreuses en sociologie du suicide. Le phénomène du suicide des agriculteurs est pensé au singulier dans l’espace public; les causes du “sursuicide agricole” sont considérées comme identiques pour l’ensemble des groupes sociaux agricoles. Si la propension plus élevée des agriculteurs à se suicider constitue un fait social, ses causes doivent être pensées au pluriel. A partir de l’articulation d’une enquête ethnographique auprès de “proches éloignés” de suicidés (travailleuses sociales de la MSA, collègues voisins, bénévoles et salariés de Solidarité Paysans, une association d’accompagnement des agriculteurs en difficulté) et de l’analyse statistique des données de mortalité des agriculteurs exploitants, cette séance propose d’établir une typologie des configurations suicidogènes dans lesquelles les agriculteurs et agricultrices suicidés étaient plongés. Florian Pisu est sociologue, postdoctorant à l’Université de Lorraine, au sein du Centre Pierre Janet. Il travaille actuellement sur la santé mentale des personnels des hôpitaux et des EHPAD durant la période pandémique et dans ses suites. Il intégrera prochainement l’équipe de recherche Malâge, dont le projet est consacré au mal-être et conduites suicidaires des personnes âgées. Sa thèse, soutenue en 2018, a porté sur les tentatives de suicide et leur prise en charge au sein des services d’urgence et d’urgence psychiatrique des hôpitaux français. Nicolas Deffontaines est MCF en sociologie à l’Université Picardie Jules-Verne (UMR CURAPP-ESS), Nicolas Deffontaines a soutenu une thèse en 2017 sur les suicides des agriculteurs (INRA-CESAER). Ses recherches portent sur la fabrique des inégalités sociales de santé mentale.

May 12, 20222h 0m

Autour De L'Ethique

Cette séance, conçue comme un forum, mettra en discussion l’éthique, la déontologie, la philosophie et la morale. Cinq intervenants – deux médecins, une juriste, deux philosophes – s’efforceront de relier des problèmes posés par l’application de la déontologie médicale à des perspectives d’éthique médicale, en partant de leur actualité immédiate, pour découvrir à partir de là ce que peut être une pensée éthique quand les principes entrent en conflit. Bernard Goujon est médecin retraité et vice-président du Conseil Départemental du Puy-de-Dôme de l’Ordre des Médecins. Il parlera en tant que représentant de l’Ordre des Médecins et nous éclairera sur les questions de secret médical, de ses grands principes et de ses limites. Jean-Etienne Bazin est professeur d’anesthésie et de réanimation et chef du pôle de médecine périopératoire du CHU de Clermont-Ferrand. Il est largement engagé dans la réflexion éthique via son poste de responsable du Groupe de réflexion éthique Clermontois et de directeur de l’espace de réflexion éthique de la région Auvergne. Frédérique Geymond est substitute du procureur au tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand. Elle s’est intéressée à la déontologie médicale suite au traitement de procédures médicales pénales, cherchant à comprendre les liens entre procédure disciplinaire médicale et procédure pénale. La découverte de la déontologie médicale lui est apparue comme une matière pleine de ressources juridique et éthique, pourtant trop souvent reléguée à son seul aspect disciplinaire. Son propos lors de la conférence sera de présenter les caractéristiques, notamment juridiques, de la déontologie médicale et ses liens avec l’éthique. Alain Petit est professeur de philosophie au département de philosophie de l’Université Clermont-Auverge (UCA). Il est membre du Laboratoire de Philosophies et Rationalités (Phier) de l’UCA. Julie Soustre est philosophe et formatrice spécialisée en philosophie. Elle est engagée dans les comités d’éthique de la région Auvergne et est l’autrice du livre Éthique et droit dans les soins : législation, éthique, déontologie (2018).

May 8, 20222h 4m

La place du corps dans le soin psychiatrique

Les mesures de contention sont liées à des manifestations corporelles violentes, dangereuses pour le patient ou pour autrui. Y-a-t-il des alternatives à ces mesures contraignantes, toujours difficiles à vivre aussi bien pour les patients que pour les soignants ? L’hypothèse développée est que ces agirs corporels s’inscrivent dans le cadre d’une régression massive vers des états archaïques de non pensée, tels qu’on peut les observer chez les tout jeunes enfants et qui sont porteurs de messages inconscients. Est-il possible de décoder la signification de ces messages pour les rendre pensables ? La fonction contenante décrite par le psychanalyste W. R. Bion répond à cette fonction de réceptivité et de transformation de ces messages corporels. Peut-elle se substituer aux mesures de contention ? Pédopsychiatre et psychanalyste français, spécialisé dans la psychanalyse de l'enfance. Didier Houzel est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, parmi lesquels L’aube de la vie psychique. Études psychanalytiques (PUF, 2002). La séance est introduite puis animée par Fabienne Candini, directrice de l’IFSI / IFAS de Prémontré (02).

May 8, 202254 min

Frantz Fanon : déclosion du monde et décolonisation de l’être

Frantz Fanon : déclosion du monde et décolonisation de l’être by hospiphilo

May 3, 20221h 17m

Rencontre autour de “Soin et compassion. Un nouveau paradigme pour la philosophie politique?"

En présence des directrices d’ouvrage, des philosophes Cynthia Fleury, Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc et de la psychanalyste Laurence Joseph. Issu du séminaire « Soin et Compassion » organisé par la Chaire de Philosophie à l’Hôpital entre 2016 et 2018, ce recueil, dirigé par Pauline Bégué et Zona Zarić, docteures de l’École Normale Supérieure, de la rue d’Ulm, s’est saisi de la nécessité de développer une philosophie clinicienne, résultat d’une réflexion collective qui interroge la morale et la politique grâce à nos expériences communes. Qu’est-ce qui, dans nos actes quotidiens, révèle notre humanité ? Serait-ce la compassion ? Cette notion, obsolète pour certains et dépréciée par d’autres, semble dans notre siècle devoir pourtant, et avec urgence, être repensée dans un de ses gestes les plus ordinaires et créateurs : le soin. Soin et compassion : ces deux concepts posent ensemble la question d’une praxis face à la vulnérabilité humaine et la fragilité du monde. Comment chacun de nous peut prendre soin de soi, des autres et du monde ? L’enjeu est de donner au soin et à la compassion non seulement une relance théorique mais aussi un éveil fort dans la sphère publique, de ne pas les limiter aux murs de l’hôpital mais de les structurer en un nouveau paradigme de la philosophie politique. L’ouvrage est riche des contributions de Cynthia Fleury, Pauline Bégué, Zona Zaric, Frédéric Gros, Paul Audi, Laure Barillas, Agata Zielinski, François Goupy, Dominique Seret-Bégué, Thierry du Puy-Montbrun, Nathalie Dzierzynski, Catherine Tourette-Turgis, Sandra Laugier, Fabienne Brugère, Guillaume Le Blanc, Marc Crépon et Virgile Delâtre. Fabienne Brugère est professeure et présidente de l’Université Paris Lumière [Paris VIII], spécialiste de philosophie morale et politique, théorie féministe, et les éthiques du care. Elle dirige les collections « Lignes d’art » et « Care studies » aux Presses universitaires de France, Paris, « Diagnostics » aux éditions du Bord de l’eau, Bordeaux/Lormont et aux PUF la collection « Études de soins ». Elle est notamment l’auteure de plusieurs ouvrages : Le sexe de la sollicitude (Seuil, 2008, réédité aux éditions Le Bord de l’eau, 2013), L’éthique du « care » (Presses Universitaires de France – PUF, coll. « Que sais-je ? », 2011), La fin de l’hospitalité (Flammarion, 2017, Champs d’Essais, 2018) et Le Peuple des femmes. Un tour du monde féministe (Flammarion, 2022) avec Guillaume Le Blanc. Cynthia Fleury est professeur titulaire de la chaire Humanités et Santé au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la chaire de Philosophie du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences. Elle travaille sur les outils de la régulation démocratique. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont Les pathologies de la démocratie (Fayard, 2005 ; Livre de poche 2009) et La fin du courage (Fayard, 2010 ; Livre de poche, 2011), Les Irremplaçables (Gallimard, 2015, Folio, 2018), Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment (Gallimard, 2020). Guillaume Le Blanc est professeur de philosophie sociale et politique, à l’Université de Paris [Paris VII]. Il travaille sur les questions de la précarité, l’exclusion, l’étranger, la normalité, et la vulnérabilité. Auteur de plusieurs ouvrages : Que faire de notre vulnérabilité ? (Bayard, 2011), La Philosophie comme contre-culture (PUF, 2014), La fin de l’hospitalité (Flammarion, 2017, Champs d’Essais, 2018) et Le Peuple des femmes. Un tour du monde féministe (Flammarion, 2022) avec Fabienne Brugère. Laurence Joseph est psychanalyste et psychologue clinicienne à Paris. Elle dirige la collection Psychanalyse aux Editions Hermann, est attachée à l’Institut Hospitalier de Psychanalyse (IHP) de l’Hôpital Sainte-Anne, GHU-Paris Psy-Neuro et appartient au comité scientifique de la Revue Philosophy Word Democracy, elle est également enseignante vacataire à la faculté de médecine de Paris V Descartes. Elle est notamment l’auteur de La chute de l’intime (Hermann, 2021).

Apr 17, 20221h 32m

Cécité empathique, nouvelles technologies et homéostatie émotionnelle au bloc ?

avec Dr Philippe Nuss, psychiatre des hôpitaux, praticien hospitalier en charge de l’unité de psychiatrie de jour et d’addictologie du service de Psychiatrie et de Psychologie médicale du CHU Saint-Antoine à Paris et Pr Alain Sautet, chef de service chirurgie orthopédique de l'hôpital Saint-Antoine.

Apr 17, 20221h 19m

Humaniser le soin en PMA

La santé des patients de la PMA n’est pas en danger. Simplement, donner la vie leur est impossible sans l’aide de la médecine. Or cette médecine qui fait naître de grands rêves (la réalisation d’un projet de vie) a des résultats très aléatoires. Les parcours médicaux s’apparentent en réalité à ceux d’une maladie chronique. Les patients se désespèrent, s’abîment, perdent confiance, une mécanique de l’échec se met en place, et les médecins sont souvent désemparés. Repenser le soin en PMA est donc une nécessité. Conférence-débat animée par Marie-Joëlle Gros, journaliste et spécialiste des questions relatives aux parcours de PMA. Invités : Mikael Agopiantz, gynécologue, chef du service d’AMP du CHU de Nancy ; Magali Dieux, coach, psychopraticienne et fondatrice de l’association “Naître enchantés” ; Léa Karpel, psychologue à la fondation Foch à Suresnes ; Gwenola Keromnès, gynécologue, cheffe du service d’AMP de l’hôpital des Diaconesses à Paris ; Maud Pasquier, gynécologue et hypnothérapeute au centre de fertilité du CHIC (hôpital intercommunal) de Créteil ; Virginie Rio, fondatrice et présidente du collectif de patients Bamp ! à Caen ; Elodie Scalici, biologiste, responsable du centre Urbain V à Avignon

Apr 15, 20222h 4m

Une histoire des objets contenants

La révolution française (1793) entraîne une libération (supposée) des aliénés de leurs chaînes et la naissance de la psychiatrie. Nous prendrons le temps de présenter plusieurs exemples d’innovations de prise en charge, lesquelles abondent dans l’histoire de la psychiatrie, visant la contention des patients et plus ou moins le bien-être du malade. Le recours aux objets de contraintes physiques est très longtemps systématisé (par exemple avec l’usage des camisoles de force) jusqu’à l’influence au XIXè notamment de la psychiatrie anglaise promotrice d’un abandon des moyens de contention mécanique. L’avènement d’innovations de traitements visant la prévention ou le remplacement des moyens de contention (psychothérapie, clinothérapie…) sera aussi fondateur d’une prise en charge moins portée sur la contrainte. L’histoire des objets contenants nous amène aujourd’hui à penser les transformations que connaissent les méthodes de contenance et leurs usages dans le soin : par exemple, l’enveloppement humide, utilisé au XIXè comme méthode de répression visant à maîtriser les malades dangereux, qui ressurgit au XXè comme moyen thérapeutique dans la prise en charge de l’autisme (packing). Cette histoire des moyens contenants éclaire de nos jours plus largement l’emploi non réglementé de la contention dans le champ du sanitaire, du care et du soin. Michel CAIRE Psychiatre des Hôpitaux honoraire, docteur en histoire à l’École Pratique des Hautes Études (Paris-Sorbonne) et auteur de Soigner les fous : histoire des traitements médicaux en psychiatrie (Éditions Nouveau monde, 2019). La séance est introduite puis animée par Fabienne Candini, directrice de l’IFSI / IFAS de Prémontré (02).

Apr 12, 20221h 10m

À propos de l’ouvrage « Morts de désespoir »

Lors de son intervention, elle présentera l’ouvrage d’Angus Deaton et Anne Case. Morts de désespoir. L’avenir du capitalisme qui analyse les enjeux de l’épidémie d’overdoses d’opiacés aux Etats-Unis qu’elle mettra en perspective avec des travaux ethnographiques présentés dans un numéro spécial d’American Journal of Public Health qui vient de paraître en mars 2022 sur la crise des overdoses opioides au prisme du COVID-19, et des injustices sociales et raciales, numéro spécial qu’elle a co-coordonné avec Helena Hansen et Ryan Mc Neil. Marie Jauffret-Roustide est sociologue, chargée de recherche à l’Inserm, au Centre d’étude des mouvements sociaux, à l’EHESS. Depuis près de 30 ans, elle coordonne un programme de recherche sur les politiques des drogues avec une attention spécifique sur l’étude des controverses sur la réduction des risques et les enjeux de cohabitation urbaine entre usagers de drogues en situation de désaffiliation sociale et riverains, sur l’analyse des trajectoires de vie des usagers de crack et/ou d’opiacés et sur les approches intersectionnelles articulant genre, classes sociales et ethnicité. Elle utilise des méthodes de recherches mixtes alliant grandes enquêtes quantitatives (cohortes, enquêtes transversales répétées, analyses de réseaux) et méthodes qualitatives (ethnographie, récits de vie, analyses d’archives) et démarche de recherche participative. Ses travaux de recherche se déploient en France, en Europe et en Amérique du Nord. Elle coordonne le réseau D3S, Sciences sociales, drogues et société à l’EHESS qui vise à valoriser les approches de sciences sociales dans la recherche sur les addictions.

Apr 12, 20221h 56m

Séminaire Design with care « Du risque à l’urgence : design au temps des catastrophes »

En 2007, l’exposition « Design for the other 90%” au Cooper-Hewitt Smithonian Design Museum invitait les designers à se préoccuper des populations éloignées des champs habituels du design, prolongeant les travaux princeps de Viktor Papanek. Les catastrophes naturelles sont considérées comme d’autant plus violentes que leur impact est à la fois complexe et interconnecté : incluant les populations, mais aussi les infrastructures, les réseaux et les organisations. Le changement climatique et l’incapacité des nations à adopter des mesures fortes pour y faire face menacent la vie sur terre – humaine et non humaine – et exigent une réponse à la hauteur de ces défis. Ce design des urgences est plus que jamais d’actualité parce qu’il ne concerne plus seulement des individus éloignés mais bien ceux qui partagent notre quotidien : migrants, réfugiés, victimes de catastrophes, sans domicile fixe, etc. Quelles sont les capacités d’invention et de réponse des designers face à ces enjeux et quels sont leurs apports à ces situations ? Béatrice Gisclard est designer, docteure en géographie et Maîtresse de Conférences en design. Actuellement co-responsable du master Design Innovation Société à l’Université de Nîmes et chercheure associée au CERISC (centre de recherche interdisciplinaire sur la sécurité civile d’Aix en Provence). Le cœur de ses recherches interroge l’engagement et la participation citoyenne dans les politiques de gestion des risques et les apports du design social à ces sujets. Ses travaux portent sur les risques naturels (inondation – canicule), l’alerte à la population et les réseaux sociaux numériques dans la gestion de crise. Son approche interdisciplinaire (géographie, psychologie et design) permet d’aborder les interrelations que l’individu entretient avec son environnement à travers l’innovation sociale territorialisée.

Apr 10, 20221h 37m

Psychiatrie : laboratoire de la démocratie ?

LPL), « Ces privations de liberté injustifiées et illégales ont été mises en oeuvre dans des conditions indignes. » En cause, une confusion médico-administrative entre plusieurs registres d’isolements : « l’isolement » issu de la médecine infectieuse et l’isolement psychiatrique. Si, en tant que telle, la syndémie de covid-19 a été l’occasion de dérives graves sous prétexte d’état d’urgence sanitaire, ces dernières surgissent sur un fond propice à bafouer les droits des psychiatrisé(e)s. Après un retour sur le contexte et le faits qui nous ont amené à saisir le CGLPL et le procureur de la République puis aux représailles institutionnelles qui s’en sont suivies à notre encontre, nous analyserons ce que ce moment révèle du rapport précaire voire clivé qu’entretient le monde de la psychiatrie aux libertés fondamentales et les pistes pour assoir l’accès au Droit et l’éthique dans les pratiques de soin. Mathieu Bellahsen est psychiatre, auteur de “La santé mentale. Un bonheur sous contrôle” (La fabrique) et co-auteur de “La révolte de la psychiatrie” paru à la découverte. Il a dirigé un secteur de psychiatrie en banlieue parisienne pendant plusieurs années. Son expérience concrète articule l’analyse politique du néolibéralisme et de ses effets dans le champ de la “santé mentale” avec la nécessité de tenter des pratiques “altératrices” dans le quotidien du travail et des soins.

Apr 10, 20221h 55m

Les nouvelles technologies au bloc signent-elles la fin du toucher ?

Si la cœlioscopie avait déjà contribué à modifier le rapport du chirurgien au toucher, le robot chirurgical est responsable d’une « révolution des sens » puisqu’il tend à l’abolir complètement, allant jusqu’à placer l’opérateur à plusieurs mètres de son patient. La vision se substitue alors au toucher, annihilant la subjectivité tactile du chirurgien et le savoir expérientiel tiré de l’examen clinique. Revenant notamment sur la diffusion progressive du robot chirurgical depuis vingt ans au bloc opératoire, nous discuterons dans cette séance de l’impact des nouvelles technologies sur le toucher, ainsi que de la manière dont ce toucher, modifié voire disparu, est susceptible d’impacter le soin et les communications au sein des équipes du bloc. Avec Pr Alain Masquelet, professeur à l’université Paris XIII, chirurgien orthopédique de l’hôpital Avicenne & Pr Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne, directeur du pôle de recherches intitulé « Santé connectée et Humain augmenté » à l’Institut des sciences de la communication du CNRS

Apr 3, 20221h 55m

Écrire le futur : les pratiques poétiques en design et en ingénierie

A quoi servent les noms, les récits, les logos, dans les projets de recherche en ingénierie et en design ? Quel rôle ces différents jeux de langage jouent-ils au moment de l’invention ? C’est en observant ces productions éphémères et infra-ordinaires des concepteurs, qu’on réalise qu’elles accompagnent de façon exigeante le travail d’écriture du futur. Ce séminaire aborde ces objets linguistiques incongrus pour montrer leur puissance conceptive. Annie Gentès est professeure en sciences de l’information et de la communication et en design. Elle est directrice de la recherche de CY Ecole de Design, CY Université Cergy Paris, et membre du laboratoire ETIS. Sa recherche porte sur les pratiques de conception et sur la place des médiums et de la culture dans la production inventive.

Mar 31, 20221h 42m

« Suicide, l’envers de notre monde » – sociologie contemporaine du suicide

Des changements importants sont intervenus dans l’évolution du suicide, dans notre pays et dans une grande partie des autres. Depuis 1985 le taux de suicide baisse. Le mouvement est net, régulier et de grande ampleur. Le taux de suicide s’établissait au cours des années 1985 et 1986 à 22,5 pour 100 000 habitants, soit un niveau voisin des années précédant la première guerre mondiale, très proche du maximum jamais enregistré une seule fois dans notre pays (25 en 1908). Il est tombé en 2013 à 15,1 et à 13,8 en 2014 , soit un niveau identique ou légèrement inférieur à celui que la France a connu dans les années 1950, dans l’immédiat après-guerre et au tout début des années de forte croissance : l’un des plus faibles qui ait jamais été enregistré au cours du vingtième siècle, à l’exception des années de guerre. Bref au cours des trente dernières années, le taux de suicide est passé du niveau maximum au niveau minimum ! Pourquoi ? Comment ? Christian BAUDELOT, né en 1938, est sociologue. Il a successivement enseigné aux Universités de Lille, de Nantes, Yale, NYU, Shanghaï,à l’Ensae puis au Département de sciences sociales de l’Ecole Normale Supérieure qu’il a dirigé de 1990 à 2008. Il a travaillé pendant quatre ans à l’Insee sur l’évolution individuelle des salaires. Il a publié avec Roger Establet de nombreux ouvrages sur les inégalités sociales à l’école, la scolarisation des filles, la hausse du niveau, les classes sociales, la jeunesse, et la sociologie du suicide. Durkheim et le suicide, Puf, 1984 ; Suicide, l’envers de notre monde, Seuil, 2006 ; réédité en poche en 2018, col Points.

Mar 20, 20221h 56m

Contention, le point de vue du sujet

Matthieu de Vilmorin n'est pas un universitaire. Son plus haut diplôme est un titre professionnel de la formation continue (Bac +2). Il a accepté de venir nous entretenir de son expérience. « Je vais vous parler de mes 4 crises de délires à caractère mystico-apocalyptique de façon chronologique avec mes expériences de la contention. Le retour à soi ou le sujet se contenant est un processus extrêmement douloureux mais n'est possible que si le sujet est acteur de son propre rétablissement et qu'il ne s'arrête surtout pas car le mouvement, c'est la vie et la vie c'est le souffle. J'ai donné du sens à cette absurdité apparente, j'ai pu accomplir un retournement ; c'est un changement de place de la caméra et de son opérateur ». Matthieu de Vilmorin est également l'écrivain de Les lunatiques : mon séjour chez les fous (Bayard, 2018) et l'ancien président de l'association Schizo ?… Oui ! Faire face à la schizophrénie (association nationale agréée par le Ministère des Solidarités et de la Santé). La séance est introduite puis animée par Fabienne Candini, directrice de l’IFSI / IFAS de Prémontré (02). Matthieu de Vilmorin est l’écrivain de Les lunatiques : mon séjour chez les fous (Bayard, 2018) et ancien président de l’association Schizo ?… Oui ! Faire face à la schizophrénie (association nationale agréée par le Ministère des Solidarités et de la Santé). Matthieu de Vilmorin n’est pas un universitaire. Son plus haut diplôme est un titre professionnel de la formation continue (Bac +2). Il a accepté de venir nous entretenir de son expérience : “je vais vous parler de mes 4 crises de délires à caractère mystico-apocalyptique de façon chronologique avec mes expériences de la contention. Le retour à soi ou le sujet se contenant est un processus extrêmement douloureux mais n’est possible que si le sujet est acteur de son propre rétablissement et qu’il ne s’arrête surtout pas car le mouvement, c’est la vie et la vie c’est le souffle. J’ai donné du sens à cette absurdité apparente, j’ai pu accomplir un retournement ; c’est un changement de place de la caméra et de son opérateur”.

Mar 7, 202257 min

Quelle culture de sécurité à l’heure du bloc connecté?

avec Dr Anthony Vacher, et Pr Gérard Dubey Séance animée par Clément Cormi et Nicolas El Haik-Wagner En 2019, la Haute Autorité de Santé enregistrait 1 187 évènements indésirables graves liés à des soins, dont 53% auraient pu être évités. Le bloc est de fait l’un des lieux présentant le plus de risques de l’hôpital, mais aussi un lieu où s’est progressivement forgée, depuis les années 1970, une culture globale de sécurité empruntée à l’industrie aéronautique (check-list, formations au travail en équipe, etc.). Avec un regard croisé sur les établissements de santé, le bloc opératoire, et le monde aéronautique (civil et militaire), cette séance questionnera les transformations de la culture de la sécurité au bloc opératoire et l’avènement progressif de méthodes de prévention globales. Quelles sont les méthodes d’analyse et de prévention des accidents dans ces environnements où l’erreur ne peut être tolérée ? En quoi sont-elles transposables au bloc opératoire et aux spécificités de l’hôpital ? Enfin, nous aborderons le rôle des managers et des représentations culturelles, où l’erreur est rarement interprétée comme un facteur d’amélioration des pratiques, dans le développement de cette culture de sécurité au sein des équipes soignantes. Dr Anthony Vacher, médecin, chercheur en ergonomie à l’Institut de recherche biomédicale des armées & Pr Gérard Dubey, sociologue, professeur à l’Institut Mines-Telecom.

Mar 7, 20221h 52m

Le suicide d’Emma Bovary : d’un seul acte, tant de lectures. De la psychiatrie à la philosophie.

La situation, le comportement et les désirs d’un personnage de roman, Emma Bovary, ont, chose rare, donné lieu à un concept ou du moins à des thématisations, sous le nom de “bovarysme”. Les propositions autour de bovarysme sont diverses : il existe des analyses pseudo-sociologiques ou des tentatives d’en faire une pathologie à part entière en psychiatrie “fin de siècle”, une proposition métaphysique d’influence nietzschéenne chez Jules de Gaultier, des esquisses de réflexion chez le premier Lacan et des interprétations phénoménologiques chez Sartre. Dans tous les cas, il semblerait que le bovarysme, soit le fait de “se concevoir autre qu’on n’est” (Gaultier) puisse mener au suicide, si l’on présume que l’histoire d’Emma Bovary est un indicateur de ce qu’est le bovarysme. Tracer l’histoire des interprétations du geste suicidaire d’Emma nous donne différentes interprétations de la façon dont la rencontre violente entre la méconnaissance de soi et la “réalité” pourrait, ou non, rendre compte de certains suicides. Invitée : Charlotte Geindre est doctorante en philosophie et psychologie, et travaille sur l’image de soi sous la direction de Claude Romano, co-direction Paul-Laurent Assoun. Elle se propose de donner de l’image (mentale et visuelle) de soi une conceptualisation philosophique rigoureuse qui permettrait de rendre compte de ses effets dans le rapport à soi et elle examine l’origine du désir de se connaître sous cet aspect possiblement réifié. Ses analyses requièrent un corpus vaste et pluridisciplinaire, au sein duquel Sartre et le premier Lacan ont une place privilégiée. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée de philosophie, ATER à Sorbonne Université, elle est également psychologue clinicienne.

Feb 16, 20222h 4m

Contention involontaire, entre soin et contrainte

La contention involontaire est une réponse à une situation de crise dont les causes peuvent être nombreuses. L’équipe de soins, débordée par la situation, ne voit pas d’autre issue dans ce contexte que la décision de contenir et donc d’isoler le patient. Mais pour autant, si dans certaines situations la contention involontaire peut aider le patient et l’équipe, ses conséquences sont difficiles pour tous et le recours à ces mesures de plus en plus encadré. Il est utile de repenser la clinique du patient pour construire avec lui une démarche thérapeutique personnalisée, en faisant des contraintes inhérentes à la maladie et au soin, des opportunités. Dans cette perspective, il s’agit aussi de refonder le projet de soin institutionnel des unités de façon à installer des conditions de soins qui limitent ou préviennent les moments de tensions et de crises avec les patients. avec Annick Perrin-Niquet. Annick Perrin-Niquet est Infirmière, formatrice et auteure de L’infirmier(e) en psychiatrie : les grands principes du soin en psychiatrie (Elsevier Masson, 2004). Attention, la fin de la présentation est quelque peu instable, victime de soucis de réseau. Veuillez accepter toutes nos excuses pour le désagrément occasionné.

Feb 14, 202256 min

Un divan post-colonial

Avec Fred Baitinger Ce dernier cours se proposera d’expliquer en quoi le dernier enseignement de Lacan — qui débute avec le Séminaire XX, Encore (1972-1973) et s’achève avec Le moment de conclure (1977-1978) — ouvre sur une clinique qui n’est plus adossée à la norme de l’Oedipe et à l’épistémologie de la différence sexuelle, mais sur un au-delà des structures oedipiennes ; en l’occurence, une clinique où l’Oedipe est réduit à une solution parmi d’autres pour nouer ensemble les trois dimensions de l’être-parlant (le réel, le symbolique et l’imaginaire), et où la différence sexuelle n’est plus qu’un outil pour évoquer le rapport toujours singulier qu’entretien un être-parlant avec la jouissance. En ce sens, ce cours dévoilera que l’orientation proprement éthique du dernier Lacan rejoint le désir de dés-incription identitaire et de dé-fondation des identités normées auxquels aspire le renouvellement souhaité par Preciado et ses pairs queers. Il s’agira également de souligner qu’en substituant aux concepts normatifs sur lesquels était fondé son premier enseignement l’idée d’une géométrie des noeuds, cet enseignement avancé de Lacan consacre une clinique du « hors-norme », ouverte à une sexualité polymorphe et capable d’offrir à quiconque en a le désir les moyens de développer un savoir singulier du « mieux y faire » avec ce qui, dans sa jouissance, restera toujours en excès et hors-sens. Lacan, Jacques. Séminaire XXIII, Le sinthome (1976-1977). Paris : Edition du Seuil, 2005. —. “L’étourdit”. Autres Ecrits. Paris : Edition du Seuil, 2000. Miller, Jacques-Alain. L’orientation lacanienne, Le Tout dernier Lacan, 2006-2007. Non publié. —. L’orientation lacanienne, L’Un tout seul, 2010-2011. Non publié.

Feb 14, 20222h 4m

Se préparer aux pandémies, une nouvelle norme pour la santé globale

"La pandémie de Covid-19 a confirmé la nécessité de se préparer à des catastrophes causées par les émergences microbiennes et les mutations virales dans un environnement global perturbé. En retraçant la généalogie de ces techniques de préparation parmi d’autres formes d’anticipation du futur, j’interrogerai les formes de succès et d’échec qu’elles peuvent rencontrer et les critiques qui peuvent leur être adressées. Je montrerai également comment elles peuvent être adaptées à des contextes locaux en fonction des attachements entre des êtres qui partagent des vulnérabilités. Trois techniques de préparation seront examinées : la sentinelle qui détecte des signaux d’alerte précoce, la simulation basée sur le scénario du pire cas et le stockage de biens prioritaires." Frédéric Keck Frédéric Keck est directeur de recherche au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale. Après des études de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et d’anthropologie à l’Université de Berkeley, il a fait des recherches sur l’histoire de l’anthropologie et sur les questions biopolitiques contemporaines posées par la grippe aviaire. Il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2012 et dirigé le département de la recherche du musée du quai Branly entre 2014 et 2018. Il a publié Claude Lévi-Strauss, une introduction (Pocket-La découverte, 2005), Lucien Lévy-Bruhl, entre philosophie et anthropologie (CNRS Editions, 2008), Un monde grippé (Flammarion, 2010), Les sentinelles des pandémies. Chasseurs de virus et observateurs d’oiseaux aux frontières de la Chine (Zones sensibles, 2020).

Feb 8, 20221h 54m

Attachement, séparation et perte selon Bowlby

Animé par Cynthia Fleury Ce cours reprend les éléments principaux des trois tomes de Bowlby (Attachement et Perte. 1. L’attachement – 1958-1963 ; Attachement et perte 2 – La séparation, angoisse et colère ; Attachement et perte 3 – La perte, tristesse et dépression) : figures d’attachement, matrice relationnelle primaire, liens avec la santé mentale, élucidation du concept “base de sécurité”. Puis les questions de chagrin, haine, colère dans le deuil et la question de sa persistance jusqu’au compulsing caring.

Jan 28, 20221h 26m

Architecture, vieillesse et dépendance

Avec Luc Broussy, spécialiste de la question du vieillissement et auteur du “rapport Broussy” sur le sujet en 2021, et Meriem Chabani, architecte de l’agence New South et co-auteure de l’étude Le Printemps de l’Hiver consacrée au logement pour personnes âgées et dépendantes, nous évoquerons plus spécifiquement la relation entre architecture et soin pour les populations qui vieillissent.

Jan 23, 20221h 51m

Chirurgiens et machines, enjeux d’un nouveau compagnonnage

Si les machines sont présentes depuis longtemps au bloc opératoire (respirateurs, moniteurs divers, etc.), elles étaient jusque-là l’apanage de l’équipe d’anesthésie. Aujourd’hui la chirurgie mini-invasive, notamment lorsqu’elle est robot-assistée, renverse cette tendance. Au cours de cette séance, nous interrogerons les enjeux de cette interface homme-machine, et comment la robotique bouleverse les dynamiques d’apprentissage du métier. Par ailleurs, l’arrivée des robots au bloc opératoire s’est couplée avec celle des ingénieurs et chercheurs en robotique. Bien que nécessaire, le dialogue entre ces deux univers aux langages singuliers s’avère parfois compliqué. Nous nous demanderons alors quelles sont les clés d’une collaboration réussie, et en quoi la co-construction des futures innovations constitue l’un des enjeux du bloc opératoire de demain. Avec Pr Brice Gayet, professeur à la Faculté Paris Descartes, chirurgien viscéral et digestif à l’Institut Mutualiste Montsouris (IMM) & Pr Guillaume Morel, Directeur de l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (UPMC, Paris IV)

Jan 18, 20221h 51m

Architecture et care, séance 6 : L’architecture et la médecine, histoire d’une ambivalence

Des traités antiques et classiques (Vitruve, Alberti) jusqu’aux théoriciens contemporains (Schwarte, Colomina), en passant par la grille de lecture de Foucault, on s’arrêtera sur quelques épisodes de l’histoire de l’architecture en tant que discipline du corps, en tant que participant à une « anatomie politique » (Foucault). Mais à côté de ces approches biopolitiques, il y a à notre disposition les phénoménologies de Rykwert, de Husserl, ou de Vernant, qui construisent une autre relation de l’architecture au corps, l’architecture comme tenant les corps plutôt que les contenant. Séance animée par Eric de Thoisy, architecte

Jan 4, 20221h 6m

Jacques-Alain Miller, Sheldon George : “Le racisme, c’est la haine de la jouissance de l’Autre.”

Lors de la dernière leçon de son Séminaire XVII, L’Envers de la psychanalyse (1969 – 1970), Lacan interpella quelques étudiants ayant participé à Mai 68 et leur dit : “à vous faire les non-responsables de votre jouissance, à ne pas en répondre, ce n’est pas la libération sexuelle et toutes ces bêtises-là qui vont s’établir, c’est que vous serez fixés à un régime de jouissance. Le régime vous montre. Il dit : regardez-les jouir. Les formes du pousse-au-jouir contemporain ont admis la formule du “Regardez-les jouir”. Elle est maintenant généralisée.” Commentant cette formule dans son cours L’Autre qui n’existe pas et ses comités d’éthique, J.-A. Miller suggère que Lacan annonçait ainsi de manière précoce la montée en puissance des communautés de jouissance sous le vocabulaire universaliste de la libération, la fascination pour le « pousse-au-jouir » du capitalisme technologique et mondialisé. Ce sixième cours travaillera les bouleversements que la psychanalyse subit et la nécessaire redéfinition de ses missions fondamentales face à un tel changement de paradigme, substituant à la libération de l’inconscient et à sa normalisation le rôle de limitation et de régulation de ce « pousse-au-jouir » perverse par un « faire honte », ne consistant pas à fixer mais à faire percevoir au sujet la jouissance qu’il vise à travers son symptôme. Lacan, Jacques. Séminaire XVII, L’Envers de la psychanalyse (1969 -1970). Paris : Edition du Seuil, 1990. Miller, Jacques-Alain, L’orientation lacanienne, L’Autre qui n’existe pas et ses comités d’éthique, 2002-2003. Non publié. —. “Clinique ironique”. La cause freudienne, #23, 1993. —. “Note sur la honte”. Psychanalyse dans et hors les murs, #54, juin 2003. Laurent, Eric. « La honte et la haine de soi», Elucidations, n°3, Verdier Editeur, juin 2002.

Dec 20, 20211h 49m

La chirurgie, une profession transgressive et sacrée ?

« Quelle est la différence entre Dieu et un chirurgien ? Réponse : Dieu ne s’est jamais pris pour un chirurgien, lui ! » Cette plaisanterie des couloirs de l’hôpital en dit long sur l’hubris fondateur de la profession chirurgicale, dotée d’un pouvoir d’action inédit sur les êtres et les choses. De fait, « l’indicible d’une communion intense avec les ressorts de la vie » qui caractérise la pratique chirurgicale, se double d’un soin intrinsèquement agressif, qui consiste à « rentrer dedans ». Ceci explique pour partie la dimension éminemment transgressive de la profession, mais aussi la récurrence et la fréquence de pratiques transgressives au bloc, qu’il s’agisse de paroles blasphématoires ou du non-respect des règles d’asepsie. De quoi ces transgressions sont-elles le nom ? Avec Dr Michel Caillol, PH en chirurgie orthopédique et traumatologique & Leslie Lépront, docteure en sciences de gestion, cheffe de cabinet de la Directrice générale de l’ARS Ile-de-France. Michel Caillol est chirurgien orthopédique et docteur en philosophie, membre de l’Équipe Pédagogique de l’Espace Ethique Méditerranéen et fondateur et animateur d’un organisme de formation en éthique médicale, Médecine Éthique. Après plus de 25 ans d’activité chirurgicale, à la suite d’un accident de ski, il prend une orientation définitivement philosophique qui s’épanouit à travers de nombreuses conférences, des formations auprès des soignants, un séminaire de philosophie pratique à l’UTL Marseille et de nombreux articles. Leslie Lépront est cheffe de cabinet de la Directrice générale de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France. Après avoir obtenu un master en management des établissements de santé, elle rédige une thèse sur les pratiques transgressives des chirurgiens au sein de plusieurs blocs opératoires d’un groupe d’hôpitaux privés sous la direction du Professeur Jean-Paul Dumond.

Dec 20, 20211h 52m