PLAY PODCASTS
hospiphilo

hospiphilo

416 episodes — Page 4 of 9

Porter L'enfant

Séminaire de l'Ecole Française de Daseinanalyse Avec le soutien du Cercle herméneutique Cette contribution se propose d’analyser une modalité fondamentale de la relation intersubjective : la nécessité vitale et incontournable qu’ont les nouveaux-né(e)s (mais aussi les jeunes enfants) d’être porté(e)s, pour réfléchir au besoin constant d’un accordage intercorporel et interaffectif qui se trouve au cœur de la relation aux parents et aux autres figures d’attachement et qui conditionne l’éveil de l’enfant et son ouverture au monde. Ainsi, la prise en compte de cette "portance" (concept mis en avant par Emmanuel de Saint Aubert) invite à revisiter la typologie des interactions fondamentales avec le nouveau-né élaborée par Winnicott et polarisée autour de sa célèbre distinction entre holding et handling, tout comme elle contribue à relancer la réflexion, indissolublement philosophique et anthropologique, sur la parentalité et l’enfance. Maîtresse de conférences à l'université Toulouse Jean Jaurès depuis 2015, Claudia SERBAN est agrégée de philosophie, a soutenu son Doctorat à l'université Paris Sorbonne en 2013, sous la direction de Jean-Luc Marion. Une version remaniée de sa thèse a été publiée sous le titre Phénoménologie de la possibilité: Husserl et Heidegger (Paris, PUF, 2016). Auteure de nombreux articles portant sur la phénoménologie allemande et française, Claudia Serban a codirigé, en 2022, le numéro de la revue Alter consacré à "Sexes et genres". Dans ses recherches les plus récentes, elle met en place une approche phénoménologique et pluridisciplinaire de la parentalité et de la filialité.

Mar 12, 202356 min

Architecture Clinique : Proposition D'un Concept

Séminaire Architecture et care Animé par Eric de Thoisy Intervention de Coline Periano Nous cherchons les caractéristiques d’une architecture hospitalière qui soit un cadre propice au bon soin pour les malades chroniques, c’est à dire, qui réponde à au moins deux critères : reconnaitre les savoirs expérientiels des malades et leur participation à la fois dans le soin et dans la vie politique ; et accompagner le processus de restructuration des habitudes et des facultés pour construire une allure de vie avec la maladie. Nous expérimentons ce concept d’architecture clinique qui est à la fois une méthodologie qui se penche sur les besoins et un cadre qui abrite le soin. Coline Periano est doctorante en philosophie de la médecine, République des Savoirs, ED 540, ENS-PSL. En convention de recherche avec l’atelier d’architecture Michel Rémon & Associés.

Mar 12, 20231h 2m

Relations Robots Humanoïdes Et Humains Dans Le Soin

Séminaire de Clermont Ferrand Avec Clément Belletier

Mar 12, 20231h 6m

Pourquoi Penser Les Lieux De Soin

Séminaire Architecture et care Animé par Eric de Thoisy Avec Jean-Philippe Pierron Sur l'Adamant à Paris

Feb 25, 20231h 19m

Foucault La Folie Comme Mesure Des Dispositifs De Pouvoir

Séminaire "Santé Mentale : regards de philosophes" Animé par Eva Liévain Avec Christiane Vollaire Au cœur de la pensée de Michel Foucault se trouve la question des processus de subjectivation induits par le rapport aux dispositifs de pouvoir. Il les pense d’abord à partir d’une détermination de la folie comme excluante, telle qu’elle s’impose à partir de la modernité du XVIIème siècle et du « grand renfermement ». Et c’est d’abord à partir des processus d’exclusion qu’il définira le rapport à la norme, dans la double dimension de la « souveraineté », puis de la « discipline ». Il désignera ainsi l’exercice médical, dans la Naissance de la clinique, comme constitutif d’une relation Savoir / Pouvoir tout à la fois aliénante et subjectivante. Un paradoxe que son œuvre ne cesse d’interroger, et qui prendra la forme du concept de biopolitique. Le travail sur les archives, mais aussi la présence sur le terrain, auprès des aliénés comme auprès des prisonniers, atteste de ce fait que les « hommes infâmes » et les « anormaux », tout comme les formes d’« hétérotopies », construisent une mise en miroir de ce qu’on appelle « société », à partir du « gouvernement de soi et des autres ». Philosophe, et chercheure associée au Centre de Recherche sur le Travail et le Développement du CNAM, Christiane VOLLAIRE est membre du programme Non-lieux de l’exil (EHESS), fellow de l’Institut Convergences Migrations, membre de la rédaction de la revue Chimères, co-responsable du séminaire Image et recherche critique à l’EHESS. Elle a présenté au début des années 2000 une série d'interventions au Collège International de philosophie sur « Les Processus de désesthétisation en médecine ». Elle travaille en philosophie politique (espace public, migrations, revendications), en philosophie esthétique (arts plastiques, fonction socio-politique de l’art, artistes contemporains), et en philosophie de la médecine (épistémologie, politiques de santé et leurs enjeux sociaux et esthétiques). Elle a forgé un concept de la « philosophie de terrain » à partir duquel elle travaille actuellement. Ouvrages parus : Humanitaire, le cœur de la guerre, Paris, L’Insulaire, 2007. Pour une philosophie de terrain, Paris, Créaphis, 2017. En collaboration avec le photographe Philippe Bazin : Le Milieu de nulle part, Créaphis, 2012. Vider Calais, Château-Coquelle, 2019. Un Archipel des solidarités : Grèce, 2017-2020, Loco, 2020 En collaboration avec la psychologue du travail Lydia Martin : Distance ludique, distance critique ? Des usages du jeu dans les dispositifs de travail, et de leurs enjeux politiques, Loco, Collection « Jeu travail et représentations », 2022.

Feb 25, 20231h 11m

Ethique De L'IA Pour La Santé Publique - Quel(s) Impact(s) Écologique(s) - Audio

Séminaire "Consultation médicale endormie : réflexions éthiques" Séance 4 - Ethique de l’IA pour la santé publique : quel(s) impact(s) écologique(s) ? Le déploiement du numérique s’accompagne d’un coût écologique souvent négligé. Or, la qualité de l’environnement est un facteur clef de la santé publique. Comment praticiens, établissements de santé et institutions publiques liées à la santé, peuvent-ils s’assurer d'un développement de ces technologies numériques innovantes en considération des enjeux écologiques, et donc de santé publique ? Fabrice Flipo : Philosophe des sciences et techniques, ingénieur UTC, docteur en philosophie, professeur à Institut Mines-Télécom Business School, membre du Laboratoire de Changement Social et Politique à l'Université Paris 7 Diderot, membre du comité de rédaction d'Ecologie & Politique et du conseil scientifique d'ATTAC. Jane Muret : Docteur, anesthésiste-réanimatrice, cheffe de service Anesthésie-Réanimation-Douleur de l’Institut Curie, administratrice de la Société Française d'Anesthésie et de Réanimation (SFAR), créatrice du Comité de développement durable de la SFAR, membre du Comité Développement Durable de l'European Society of Anaesthesiology and Intensive Care. Bernard Reber : Philosophe politique et moral, directeur de recherche au CNRS, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), co-directeur du Domaine Sociologie, éthique et épistémologie des sciences et de la collection Innovation et responsabilité du groupe ISTE.

Feb 25, 20231h 7m

L'universel abstrait nous défigure

Cette troisième séance fera retour à Edouard Glissant en prenant pour fil conducteur la notion de créolité tel que le poète du Tout-Monde l’interroge dans son Discours antillais. Car avant d’être porteur d’un quelconque souffle poétique, le terme de créolité est d’abord un terme qui renvoie, pour Glissant, à un “état de morbidité générale” du peuple antillais, c’est-à-dire un état dans lequel toute une population semble souffrir de troubles psychiques et langagiers dans l’exacte mesure où cette population ne peut ni se référer à un passé commun, ni à une langue ou une culture qui en serait comme la trace actuelle et authentique. Morbidité que Glissant explore également dans ses premiers romans qui mettent en scène la question de la filiation, des origines. Dans le Case du commandeur, par exemple, ce que les personnages dits “fous” délirent, ce n’est pas tant le triangle oedipiens, que le trou béant de l’histoire de leur lignée qui leur a été volée, autrement dit le gouffre béant dans lequel leur filiation est venue se perdre. Et ce sera en vue de dépasser cet état de morbidité général que Glissant s’efforcera ensuite, dans toute la deuxième partie de son oeuvre, de replacer les Antilles dans la mer des Caraïbes, de manière à en faire une entité géoculturelle ainsi qu’une nouvelle matrice poétique pour une identité sans racine unique ; une identité rhizome qui permette de repenser les rapports entre l’Un et le multiplie, et par implication les rapports entre universel et particulier, attention donné aux détails et Tout-Monde. Avec Livio Boni, philosophe, docteur en psychopathologie et psychanalyse de l’université Paris VII-Denis Diderot, psychologue clinicien et psychanalyste, il est également directeur de programme au Collège International de Philosophie. Ses travaux portent sur la géo-histoire de la psychanalyse et sur la ville comme champ psychique. Il est notamment l’auteur de L’Inde de la psychanalyse, de Freud et la question archéologique et, avec Guillaume Sibertin-Blanc, de La Ville inconsciente. Il est aussi l’auteur de nombreux articles au croisement de la psychanalyse, de la philosophie et de l’ethnographie. Titre de l’intervention Comment la psychanalyse a-t-elle rencontré la question coloniale ? Jalon historiques et analytiques. Bibliographie Boni, Livio (avec Sophie Mendelsohn). La vie psychique du racisme. 1. L’empire du démenti. Paris, Edition La Découverte, 2021. — (avec Guillaume Sibertin-Blanc). La ville inconsciente. Paris, Edition Herman, 2018. — Freud et la question de l’archéologie. Paris, Edition Campagne Prem, 2014. — L’Inde de la psychanalyse, Le sous-continent de l’inconscient (Dir). Paris, Edition Campagne Prem, 2011.

Feb 15, 20231h 53m

La nature dans les établissements de soins, les établissements de soins dans la nature

La nature dans les établissements de soins, les établissements de soins dans la nature : une approche historiographique. Séminaire "Soins, Nature et Patrimoine" donné à l'EPSMD de l'Aisne. Invités : Marie Tesson, architecte, doctorante en philosophie au CNAM et membre de la Chaire de philosophie à l'Hôpital. Sa thèse est développée avec l’agence d’architecture SCAU, et a pour thème les théories du care et l’architecture. Serge Clot, architecte, ingénieur chargé de projet Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble Alpes. Jean-François Noblet, bénévole et vice-président de Le Pic Vert, association agréée pour la protection de l'environnement en Isère. L'association œuvre pour la connaissance et la protection de la faune, de la flore, des milieux naturels, des paysages et lutte contre toutes les formes de pollution et nuisances. L'introduction est assurée par Loïs Giraud, chargé d'études pour la Chaire de Philosophie à l'Hôpital et la séance, modérée par Dr. Simona Spada, psychiatre à l'EPSMD de l'Aisne. Résumé : D'Hippocrate aux pionniers de la psychiatrie, les rapports entre les lieux de soin et la nature ne sont pas univoques : qu’elle soit abordée comme une partenaire, une menace, une ressource ou un simple espace à exploiter, la nature éclaire l’histoire des établissements d’un jour particulier. Aujourd’hui, la question de la place de la nature se pose autant au sein qu’autour des établissements : elle interroge l’impact de ces constructions sur la l’habitabilité d’un territoire tout comme la contribution du territoire à la fonction de soin des lieux qu’il accueille. Cette séance explorera différentes manières dont la nature a participé et participe encore à la conception des lieux de soin. Elle s'appuiera pour cela sur différentes situations historiques, dans laquelle il est question des végétaux, de la topographie, des animaux, de l'eau, et de leur rapport aux lieux de soin.

Feb 14, 20231h 24m

Les addictions : une écologie à l'envers ?

Séminaire de la Chaire de Philosophie à Clermont-Ferrand Animé par Marie-Elisabeth Sanselm-Cardenas Avec George Brousse

Feb 6, 20231h 4m

L'imaginaire et le narcissisme chez Jacques Lacan

Séminaire "Grands Textes" cycle "l'image" Animé par Charlotte Geindre Avec Clotilde Leguil

Feb 6, 20231h 26m

L'envers du normal et du pathologique

Séminaire "Santé mentale : regards de philosophes" Animé par Eva Liévain Avec Frédéric Porcher « L’envers du normal et du pathologique » Discussion critique de la thèse de médecine de Georges Canguilhem Quel intérêt y-a-t-il à penser les catégories de santé et de maladie en partant de la distinction du normal et du pathologique ? Sans doute de montrer, conformément à la thèse de médecine du philosophe G. Canguilhem, « qu’il n’y a pas à proprement parler de science de la santé » (Le normal et le pathologique) au motif que la santé est moins un concept descriptif et statistique que normatif et axiologique. Seulement, cette thèse remarquable de Canguilhem comporte aussi un envers qui est maintenir un parallélisme entre la pathologie somatique et la pathologie mentale, entre la médecine organique et la médecine mentale. C’est de cet envers, que M. Foucault nomme « métapathologie » (Maladie mentale et psychologie), dont il sera question dans notre intervention. Nous nous demanderons avec Canguilhem, mais aussi Foucault, Deleuze et Guattari, si l’on peut assimiler, sans autre forme de procès, la médecine organique (physiologie, physiopathologie…) à la médecine mentale (psychiatrie, psychopathologie …) et, par suite, la santé organique à la santé mentale. Ce faisant, nous tenterons d’éclairer latéralement l’étrange inversion des valeurs de la notion de santé mentale qui, d’instrument d’émancipation au service des psychiatres les plus progressistes, tend à devenir aujourd’hui un outil de contrôle et de gestion sociale des pratiques médicales et psychiatriques. Agrégé et Docteur en philosophie de l’Université de Strasbourg, Frédéric PORCHER est actuellement rattaché au Centre d’histoire des philosophies modernes de la Sorbonne (HIPHIMO). Ses recherches se situent à l’entrecroisement de la Théorie critique allemande, de la philosophie française et des sciences sociales.

Feb 5, 20231h 11m

Penser et agir pour la santé planétaire : One Health

Séance du 29 novembre 2022, à Prémontré (02) Séminaire Soins, Nature et Patrimoine Conçu et organisé par Loïs Giraud et Charlie Marquis Penser et agir pour la santé planétaire : One Health avec Léonie Varobieff, consultante en écologie et philosophie du soin, spécialisée dans le secteur vétérinaire et le milieu hospitalier. Elle est également doctorante en philosophie au laboratoire IRPhiL, Université de Lyon III, ANSES et CNRS. et Rudy Chouvel, directeur d'hôpital et docteur en droit public. Ancien directeur adjoint au CH de Moulins-Yzeure, il travaille désormais sur différents sujets pour la Fédération hospitalière de France, au sein du pôle OFFRES, la transition écologique des établissements de santé et médicosociaux étant un de ses thèmes de prédilection. L'introduction est assurée par Loïs Giraud, chargé d'études pour la Chaire de Philosophie à l'Hôpital et la séance, modérée par Dr. Simona Spada, psychiatre à l'EPSMD de l'Aisne. Mot valise ou nouvelle orientation éthique, l’émergence du concept “One health” est au moins révélatrice d’un moment de société où s’interroger sur son rapport au vivant et au soin est incontournable. Pour celles et ceux qui ont fait de la santé une vocation ou un métier : vers qui et pour qui le soin est-il désormais dirigé ? Individu ou collectif, immédiateté ou durabilité, les urgences et priorités se bousculent. Quelles sont les représentations qui traversent et mobilisent les soignants ? Petit tour de la façon dont on pense les interrelations dans les établissements de santé… Des enjeux nationaux de transition écologique en santé sont également abordés (acteurs, propositions FHF, groupes de travail, actions de la FHF), illustrés par des exemples concrets d’actions et de projets conduits par des établissements publics de santé (restauration, mobilités, bionettoyage, déchets, achats, écoconception des soins…). Références citées : - Selosse, Marce-André (2017). Jamais seul. Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations. Editions Actes-Sud. Paris. 368 pages. - Descartes (1637). Discours de la méthode. - Eloi, Laurent (2020). Et si la santé guidait le monde. Editions LLL. 192 pages. Autre auteur cité : Thomas Pradeu.

Jan 30, 20231h 18m

Discussion autour de “Le climat du soin" (Charte du Verstohlen)

Avec Jasmine Lebert, directrice artistique du Centre 3bisf. Le 3 bis f est le centre d’arts qui s’inscrit dans l’ancien pavillon d’enfermement pour femmes dites « agitées » dont il porte le même nom, en référence aux « f » de femmes au sein de l’hôpital psychiatrique Montperrin à Aix-en-Provence. Du pavillon le plus fermé de l’hôpital, carcéral jusqu’en 1982, le 3 bis f est devenu le plus ouvert, en devenant un lieu de résidence d’artistes symbolisant en quelque sorte la fin du « dedans et du dehors », ouvrant une circulation entre le monde de l’intra-hospitalier et l’espace public de la cité. Depuis 40 ans, l’expérience atypique et hors norme du 3 bis f, centre d’arts contemporains au cœur du centre hospitalier, témoin à la fois des grandes évolutions des pratiques de soin, du fonctionnement de l’institution hospitalière avec laquelle il entretient un lien organique, de la place de la folie dans la société tout comme celle de la création artistique, permet d’appréhender une approche singulière des pratiques collectives d’horizontalité, de troc, d’entraide et de solidarités à partir de l’expérience sensible et partagée de l’art et des processus de création. Que veut dire travailler à créer un climat de soin, à partir des formes d’interdépendances insolites entre création artistique, hospitalité et attention à l’altérité, en milieu de soin ? Comment créer une réelle solidarité entre l’art et le soin, une alliance efficiente entre création et santé ? Après une formation en histoire de l’art, archéologie, histoire, muséologie et management culturel, Jasmine Lebert travaille dans le champ du spectacle vivant depuis 2003. Son parcours est marqué par les croisements entre les humanités et la création artistique pluridisciplinaire : d’une maison de création à l’autre — Nouveau théâtre de Montreuil ; Centre national de danse contemporaine Angers ; Lieux publics, centre national de création en espace public à Marseille ; Points communs, Nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise – dans différentes disciplines artistiques (théâtre, danse, création en espace public…), elle développe une approche décloisonnée de la création favorisant les passerelles entre les différents circuits et réseaux de création et de diffusion. Depuis 2020, elle dirige le 3 bis f, centre d’arts contemporains d’intérêt national (CACIN) – lieu de résidence d’artistes en arts visuels et en arts vivants situé dans le Centre Hospitalier psychiatrique Montperrin à Aix-en-Provence. Inspirée par une forme de recherche-action sur la place de l’art dans la société, elle complète sa formation par un Master en Philosophie en 2014-2016, élargissant l’ancrage théorique de sa pratique professionnelle, notamment autour de la pensée du vivant. Elle s’intéresse particulièrement aux liens entre art, société et citoyenneté, aux enjeux artistiques croisant la notion de communs, notamment à travers des projets artistiques contextuels et des démarches de co-création.

Jan 30, 20232h 4m

“On a l’inconscient qu’on mérite !" (Deleuze et Guattari 1)

Dans cette deuxième séance, nous nous proposerons de présenter plus en détails les racines guattaro-deleuzienne de la pensée glissantienne en revenant, d’abord, sur la manière dont se sont rencontrés Gilles Deleuze et Félix Guattari et, plus particulièrement, sur ce qui conduisit ces deux hommes, qu’à priori rien ne destinait à travailler ensemble, à former l’un des couples philosophiques les plus détonnant qui soit ; couple qui auraient pu faire de la définition glissantienne de la créolisation “je change, par échanger avec l’autre, sans me perdre pourtant ou me dénaturer” la devise même de la compagnonnage. Cette ouverture théorético-biographique nous conduira ensuite à présenter la double tâche que Deleuze et Guattari se sont donnés dans L’anti-Oedipe : produire une critique du familialisme oedipien qui enclos la définition de l’inconscient psychanalytique dans les coordonnées de la société bourgeoise et patriarcale blanche ; et proposer, ensuite, une nouvelle définition de l’inconscient qui puisse être mobilisée contre le capitalisme et ses modes de représentations et de globalisation. Ce faisant, il s’agira d’éclairer d’un jour nouveaux les enjeux que pose la mondialisation dès l’instant qu’on ne la voit plus seulement comme un processus d’expansion du modèle capitaliste à l’ensemble du monde, mais comme un processus de subjectivitation qui s’est progressivement répandu sur l’ensemble du monde civilisé, et qui maintenant met en péril le système terre lui-même. Deleuze, Gilles & Felix Guattari. L’anti-Oedipe : Capitalisme et schizophrénie. Paris, Edition de Minuit. 1972. Dosse, François. Gilles Deleuze, Félix Guattari. Biographie croisée. Paris, Edition La découverte. 2007. Guattari, Felix. L’inconscient machinique : essais de schyzo-analyse. Paris, Edition Recherches, 1979. Sibertin-Blanc, Guillaume. Deleuze et l’Anti-Oedipe. La production du désir. Paris, Edition PUF, 2010. Loreline Courret – Les formations littéraires de l’inconscient: Deleuze, Guattari, Glissant Loreline Courret est docteure en philosophie de l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Elle conduit ses recherches au sein du Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie en esthétique contemporaine, notamment sur les rapports de la clinique et de l’écriture littéraire. Elle travaille actuellement à une version publiée de sa thèse “Quantifier l’écriture : recherche sur l’anthropologie littéraire de Gilles Deleuze et de Félix Guattari”. Quentin Mur – Forclusion et Machine(s) de l’inconscient racial Quentin Mur est philosophe et traducteur de sciences humaines et sociales (Elizabeth Povinelli, Julio Cortazar, Nick Land…). Il vient de rendre une thèse intitulée “Signes, Territoires, Subjectivités : Une nomosophia” à l’Université Paris 8 sous la direction de Guillaume Sibertin-Blanc et de Patrice Maniglier. Ses travaux portent aux croisements de la philosophie, la psychanalyse, l’économie politique, l’anthropologie, la littérature et le cinéma. Actuellement en préparation d’un post-doctorat, ses dernières recherches se concentrent sur les effets post-coloniaux des pratiques perceptives cinématographiques et leurs effets politiques et cognitifs.

Jan 30, 20232h 3m

De L'organisme Au Corps. Une Histoire Du Développement Sensori - Moteur De L'enfant

Séminaire "Phénoménologie et psychiatrie" Organisé par l'Ecole Française de Daseinanalyse Avec le soutien du Cercle Herméneutique. Intervention de Bernard Meurin « Le premier travail du bébé consiste à faire de son organisme son corps » écrivait André Bullinger, professeur de psychologie et ancien collaborateur de Jean Piaget. Au travers de l’histoire du développement sensori-moteur de l’enfant de la naissance à la marche, nous souhaitons mettre en lumière la dimension phénoménologique qui sous-tend les travaux d’André Bullinger dans le domaine de la psychologie génétique. Psychomotricien au CHU de Lille et au Centre Ressources Autisme Nord Pas de Calais, Bernard Meurin est titulaire d’un master en philosophie et enseignant. Formé par André Bullinger, il est également formateur dans cette approche sensori-motrice, et dans le domaine des troubles du spectre de l'autisme. Il a publié de nombreux textes sur l’autisme, parmi lesquels : Autisme, corps et psychomotricité - Approches plurielles (sous la direction d’Éric Pireyre, Dunod, 2019) “Autisme, adolescence et représentations corporelles” in L’adolescent, son corps et ses “en jeux” (In-Press, 2017) “L’utilisation actuelle du modèle spinoziste dans la pratique psychomotrice” in La théorie spinoziste des rapports corps-esprit et ses usages actuels (sous la direction de Chantal Jaquet, Pascal Séverac et Ariel Suhamy, Hermann, 2007). A paraitre en mars 2023 : Sensori-motricité, alimentation et autisme - Une étude qualitative en hôpital de jour, co-écrit avec le Dr Damville, Érès).

Jan 23, 202357 min

Nietzsche et la psychopathologie des croyances

Séminaire "Santé mentale, regards de philosophes". Animé par Eva Liévain Intervention de David Simonin Nietzsche et la psychopathologie des croyances Au début des années 1880, Nietzsche s’intéresse de près à la psychophysiologie pour déconstruire ce qu’il appelle alors, dans le sous-titre d’Aurore (1881), les « préjugés moraux » et religieux, dont il s’attache à déconstruire les idées essentielles comme autant de vues de l’esprit. En s’appuyant sur diverses lectures de psychologues, psychiatres et aliénistes, tels Alexander Bain ou Henry Maudsley et, plus tard, Charles Féré, il étaye sa démarche en développant, en particulier, une psychopathologie des croyances. Loin de faire seulement un usage métaphorique du vocabulaire médical, en reconduisant de manière polémique la foi à un trouble mental, il se révèle très informé des dernières avancées en la matière. La mélancolie, l’hyper-nervosité, la maladie maniaco-dépressive, l’épilepsie, les idées fixes, la démence en général, sont omniprésentes sous sa plume. En y recourant, il s’attache non seulement à diagnostiquer les errances de la pensée mais aussi, et plus fondamentalement encore, une tendance générale de l’esprit humain à s’abuser, à perdre de vue la réalité en se berçant d’illusions. Renversant la relation habituelle, il s’efforce alors de penser le normal à l’aune du pathologique et, en nouveau médecin de l’âme, dresse un diagnostic de la relation perturbée que les êtres humains entretiennent avec la réalité, afin d’y apporter des remèdes. Chercheur associé à l'Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS/ENS), David SIMONIN, normalien, agrégé, et docteur en philosophie, est également membre-fondateur du Cercle d'études nietzschéennes (https://www.cen-info.com) et membre du groupe de recherche international HyperNietzsche. Il est notamment l'auteur d'une monographie consacrée au Sentiment de puissance dans la philosophie de Friedrich Nietzsche et d'une quinzaine d'articles et ouvrages collectifs sur la pensée de Nietzsche.

Jan 22, 20231h 22m

Ethique de l'IA pour le soin : Quelle(s) responsabilité(s) ?

Séance 3 du séminaire Consultation médicale endormie : réflexion éthique. Coordonné par Pauline Elie, Cyril Touchard et Fabrice Vallé A l'hôpital Lariboisière, Paris, APHP. Ethique de l’IA pour le soin : quelle(s) responsabilité(s) ? La confiance prêtée à la technique, notamment à l’intelligence artificielle (IA), fait craindre un risque de délégation du soin et de la décision médicale à la machine. Comment garantir que le soin demeure humainement encadré ? Comment s’assurer que le chemin emprunté par ces algorithmes analysant des quantités massives de données reste intelligible pour les ingénieurs, les praticiens ainsi que les patients ? En outre, quelles responsabilités pour ces différents acteurs de l’IA en santé faut-il retenir face à l’automatisation, voire à l’autonomisation de la machine dite « intelligente » ? Discussion autour du « principe de garantie humaine » à l’IA. Desmoulin-Canselier Sonia : docteur en droit privé, chargée de recherche CNRS au Laboratoire Droit et Changement Social (UMR 6297 CNRS/Université de Nantes, chercheuse associée à l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103 CNRS-Université Paris 1, Equipe CRNST) et au Centre d’études des normes juridiques (CENJ/Yan Thomas) de l’EHESS Gruson David : directeur du Programme Santé du Groupe Jouve, spécialisé sur la transformation digitale, professeur à la Chaire santé de Sciences Po Paris, fondateur d’Ethik-IA, membre du Comité national pilote d'éthique du numérique, ancien conseiller du Premier ministre chargé de la santé et de l’autonomie (2010-2012) et ancien directeur général du Centre hospitalier universitaire de La Réunion (2012-2016) Kirchner Claude : Directeur du Comité national pilote d’éthique du numérique, Membre du Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé, Directeur de recherche émérite d’Inria

Jan 21, 202348 min

L'Adamant, une architecture du soin - audio

Séminaire "architecture et care" Animé par Eric de Thoisy Avec Eric Piel et Gérard Ronzatti, psychiatre et architecte fondateurs de l'Adamant, centre d'accueil de jour à Paris.

Dec 18, 20221h 52m

L'image dans Peau Noire, Masques Blancs de Fanon

Cycle "L'image" du séminaire "Lire les grands textes" Animé par Charlotte Geindre Avec Raphaël Ehrsam

Dec 18, 20221h 56m

Après-midi - Journée d'étude consacrée à Françoise Dastur

Après-midi du 10 décembre 2022 Journée d’étude consacrée à Françoise Dastur Analyse(s) de la présence. Phénoménologie et thérapie Organisé par l'Ecole Française de Daseinanalyse Avec le soutien de : Le Cercle herméneutique, 2022 Présidence : Caroline Gros « Françoise Dastur : le style propre à une présence pensante » L’intention qui préside à mon intervention intitulée Françoise Dastur: le style propre à une présence pensante est de faire ressortir que l’originalité de sa pensée ne tient pas à une nouveauté d’ordre doctrinal, mais plutôt à quelque chose qui court, au moins, depuis Socrate jusqu’à Heidegger, et qui pourtant est par essence toujours neuf : une façon ou manière de pensée où c’est le sens même des questions posées qui est interrogé sans relâche, dans un dialogue rassemblant auditeurs ou/et lecteurs présents autour des textes des grands penseurs du passé qui les ont eux-mêmes mises en oeuvre. Jean-Jacques ALRIVIE Ayant été professeur en classe préparatoire et au lycée Janson de Sailly, Jean-Jacques ALRIVIE est agrégé et docteur en philosophie. « Phénoménologie en médecine : développements contemporains » En se situant dans le champ des pensées contemporaines, on verra ce que la phénoménologie peut apporter à la médecine dans sa pratique même. Bernard PACHOUD Psychiatre et professeur de psychopathologie, Bernard Pachoud dirige le Centre de Recherches Psychanalyse Médecine et Société (CRPMS), Université Paris Cité. Ses recherches allient la psychopathologie et les sciences humaines et sociales et portent sur les notions de handicap psychique, de réhabilitation psychosociale et de rétablissement, les troubles psychotiques de l’identité et de leurs déterminants, l’intérêt clinique et pratique des travaux contemporains en philosophie morale et politique sur la notion de « care ». Les émotions en question. Sa conférence portera sur Wolgang Blankenburg et sa conception de la présence intersubjective. Natalie DEPRAZ Professeure de philosophie contemporaine, allemande et phénoménologie à l'Université de Rouen Normandie, Natalie DEPRAZ est membre Universitaire des Archives-Husserl ENS CNRS Paris. Elle publiera en 2023 : Philosophie de la surprise.

Dec 18, 20222h 15m

Matinée - Journée d'étude consacrée à Françoise Dastur

Matinée du 10 décembre 2022 Journée d’étude consacrée à Françoise Dastur Analyse(s) de la présence. Phénoménologie et thérapie Organisé par l'Ecole Française de Daseinanalyse Avec le soutien de : Le Cercle herméneutique, 2022 Présidence : Philippe Cabestan « Daseinsanalyse : passé, présent, avenir » C’est à partir du travail collectif qui s’est effectué dans le cadre du séminaire mensuel organisé par l’Ecole Française de Daseinsanalyse que tous les textes rassemblés dans ce volume ont été rédigés. Il s’agira donc d’abord de montrer en quoi, comme le déclarait Heidegger, le Dasein, traduit ici par « présence », demeure l’incontournable de la psychiatrie. Puis de s’interroger sur la fécondité du point de vue thérapeutique de la notion de soi ou d’ipséité, qui met l’accent, contrairement à celle de « sujet » ou de « moi », sur le caractère relationnel et non substantiel de l’être de l’homme, alors même que le monde actuel et à venir s’avère de plus en plus dominé par l’individualisme. Françoise DASTUR Professeur honoraire de philosophie, Françoise DASTUR a enseigné dans les Universités de Paris-I, Paris-12, Nice-Sophia Antipolis et en tant que professeur invité aux universités de Mannheim, Rio de Janeiro, Caracas, Québec, Warwick, Essex, Louvain-la-Neuve, De Paul (Chicago), Boston College, Northwestern (Evanston), Melbourne (Catholic University). Elle a été en 2011 Annual Visiting Professor en Inde, et a donné des conférences dans dix universités indiennes. Elle est présidente honoraire de l’Ecole Française de Daseinsanalyse dont elle fut l’un des membres fondateurs. Elle a publié de très nombreux articles en français, allemand et anglais et est l’auteur d’une vingtaine de livres et de plusieurs traductions de l’allemand. Corps vif et souffrance. La modification Leib – Körper dans la relation thérapeutique. On partira de la description de l’« expérience de la rencontre » chez Merleau-Ponty telle qu'elle est présentée par F. Dastur dans Analyse(s) de la présence, en la situant spécifiquement dans le cadre de la relation thérapeutique et dans sa dimension charnelle, ainsi que dans l'horizon de la pensée heideggérienne. En indiquant pourquoi, pour R. Charon, telle qu'elle l'expose dans Médecine Narrative, l'expérience de la souffrance du patient atteint d'une maladie grave conteste cette analyse, on redéploiera en suivant F. Dastur la compréhension de la distinction Leib – Körper en sa modification chez Heidegger, de manière à montrer que cette dernière n'est pas invalidée dans le cadre de la relation thérapeutique, mais constitue au contraire une ressource pour cette dernière. Dominique MORTIAUX Professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire (Bruxelles), Dominique MORTIAUX est Docteur en philosophie (L'habitation, l'institution à l'époque de la technique. Pour une poétique de l'existence chez Heidegger, sous la direction d'I.Borges Duarte, Université d’Évora, 2018). Il est membre de l’Ecole française de Daseinsanalyse, et chercheur au centre de recherche PRAXIS de l'Université d'Évora. Cette incontournable présence: épreuve de la finitude dans l’œuvre de Françoise Dastur. On montrera, dans l’œuvre de Françoise Dastur, en quoi au sein des modalités de la présence la finitude est une épreuve fondatrice. Pierre-Etienne SCHMIT Enseignant de philosophie au lycée, Pierre-Etienne SCHMIT est agrégé de philosophie, et rédacteur en chef de la revue « Geste ».

Dec 18, 20222h 41m

Une redirection écologique pour nouveau contrat social : Les chantiers d’application

L’humanité dépend pour sa survie d’une organisation sociale et d’infrastructures qui ne pourront être indéfiniment maintenues. Nous héritons contre notre gré de communs «négatifs», à l’image des fleuves et sols contaminés, des industries polluantes, des chaînes logistiques ou encore des technologies numériques. Que faire de ce lourd héritage dont dépendent à court terme des milliards de personnes, alors qu’il les condamne à moyen terme? Quelle stratégie conduire pour aligner nos activités individuelles et collectives sur les limites planétaires et la disponibilité locale et viable de ressources matérielles ? Entre l’arrêt de tout et l’intenable business as usual, existe-t-il une ligne de crête qui permettrait la survie de l’espèce dans des conditions justes et démocratiques ? Pour en débattre, Sylvia Fredriksson anime la discussion avec Alexandre Monnin, philosophe, professeur, directeur du Master of Science “Strategy & Design for the Anthropocene” à Lyon et de la Recherche d’Origens Media Lab, et co-auteur de l’ouvrage Héritage et fermeture. Une écologie du démantèlement aux Editions divergences, et Patrick Bouchain, architecte à l’origine du projet Manifeste de La Preuve par 7. Ce qui relie nos deux invités tient certainement à une exigence de discernement, au fondement même de leurs cadres d’activités et de pratiques. Discernement quant aux situations, à l’égard des celles et ceux qui les vivent, les éprouvent, les administrent. Discernement quant aux héritages matériels et immatériels qui peuplent et composent notre cadre de vie commun, et que les approches projectives modernes et occidentales échouent à considérer et à prendre en charge. Les propositions de Patrick Bouchain, au travers la revendication d’un droit à l’expérimentation par les montages et les usages, et d’Alexandre Monnin d’autre part, au travers le concept de redirection écologique, ont de commun qu’elles cherchent à démentir, par le refus de la surcompétence au profit d’une pleine compréhension des situations, les processus linéaires, emprunts d’irréversibilité, issus de la culture du projet et de l’innovation. Prenant pour préalable cet état de discernement, ces démarches nous enjoignent alors, face aux défis immenses de l’anthropocène, à prendre au sérieux l’acte de renoncement, comme question philosophique à débattre collectivement et comme l’une des composantes d’un apprentissage encore à faire. C’est à cette tâche que se consacre ce 3ème séminaire du Laboratoire des délaissés, sous l’égide de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital et de la Preuve par 7. Nous cherchons à comprendre les différentes dimensions que sous-tend l’idée de renoncement en tant qu’outil politique, comment cette notion se traduit à l’épreuve du terrain, et les questions pour lesquelles elle nous demande de nous mettre à l’ouvrage. Ces échanges sont une nouvelle fois l’occasion de se rassembler, mais surtout de rassembler les écoles de pensée pour formuler et porter collectivement les chantiers à venir.

Dec 18, 20222h 1m

Ethique de l'IA pour la médecine prédictive

Deuxième séance du séminaire Consultation médicale endormie : réflexions éthiques. En partenariat avec “La consultation médicale endormie”, Hôpital Lariboisière (APHP) Avec Claire Paquet, Fabrice Gzil, Gaspard d’Assignies et Paul-Loup Weil-Dubuc. Animé par Pauline Elie et Cyril Touchard. Opportunité pour la médecine préventive, les techniques de détection de maladies cardiovasculaires, tumorales ou neuro-dégénératives par l’usage des données massives et de l’IA sont investies par les politiques de santé publiques via des campagnes de prévention. Ces techniques, telles que la C.M.E., permettent établir une prédiction précoce du risque cardiaque ou cognitif de manière non invasive et personnalisée, sans apparent coût de santé supplémentaire pour la société (« le juste soin pour le patient à moindre cout pour la collectivité »). Pourtant, cette prédiction sans « certitude » suscite de nombreuses interrogations parmi lesquelles : des risques de sur-traitement, d’absence de traitement efficace, d’impact du diagnostic sur la santé mentale, de prophétie auto-réalisatrice (faisant advenir un état par modifications des conduites personnelles et/ ou de celles de l’entourage), etc. Claire Paquet est médecin neurologue et chercheuse (Université de Paris Cité), experte dans la prise en charge et la recherche dans les maladies neurodégénératives, référente scientifique Maladies neurodégénératives (Ministère de la Santé et de la prévention). Gaspard d'Assignies (MD, PhD) est médecin radiologue et chercheur. Formé à Paris et Montréal, ses domaines d'expertise sont l’imagerie interventionnelle et l'intelligence artificielle. Il est co-fondateur et directeur médical de la startup Incepto medical. Paul-Loup Weil-Dubuc est docteur en philosophie politique. Il est responsable du pôle recherche à l’Espace de réflexion éthique d’Ile-de-France, situé à l’hôpital Saint-Louis à Paris, et rédacteur en chef de la Revue française d’éthique appliquée. Ses recherches portent sur les inégalités dans le champ de la santé et du handicap, qu’il questionne sous le prisme de la justice. Il a codirigé l’ouvrage Le futur de la santé. Pour une éthique de l’anticipation (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2019) et Ethique vaccinale. Ce que nous a appris la crise sanitaire (érès, 2023, à paraître) Fabrice Gzil est docteur en philosophie, directeur adjoint de l'Espace de réflexion éthique d'Île-de-France, membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la maladie d'Alzheimer : La maladie d’Alzheimer, problèmes philosophiques (2009), Alzheimer, éthique et société (2012), La maladie du temps (2014). Il est également chercheur associé au CESP (Inserm/Université Paris Saclay), équipe « Recherche en éthique et épistémologie ».

Dec 11, 20221h 19m

Kant et la question qu'est ce qu'etre désorienté dans la pensée

Séminaire "Santé mentale : regards de philosophes" Coordonée par Eva Liévain En partenariat avec le Lab Sorbonne Université. La santé mentale occupe une place centrale dans la philosophie de Kant et traverse toute son œuvre, au point même de définir celle-ci comme une critique de la faculté de juger de travers. Loin du cliché selon lequel la philosophie des Lumières claironnerait le triomphe de la raison contre la superstition, Kant identifie au cœur même de la raison la puissance de délirer. Rien n’est plus naturel à notre faculté de raisonner que de déraisonner. D’abord, Kant dégage la solidarité entre ce qu’il appelle « les maladies de la tête » et les maux de la société. Ensuite, il n’aborde pas l’écart entre la santé mentale et les dérèglements de l’esprit comme un saut qualitatif mais comme une différence de degré, ce qui fait du pathologique un état plus ou moins normal. Enfin, s’il appartient au médecin de connaître et de soigner les effets du corps sur l’esprit, il revient au philosophe, selon lui, de penser, pour les réguler, les effets de l’esprit sur le corps. Dans cette triple perspective (sociale, quantitative et philosophique), nous étudierons la façon dont on peut, avec Kant, examiner les confins de la santé et des maladies mentales à partir de cette hypothèse que les troubles mentaux relèvent d’un problème d’orientation dans l’espace, dans son corps et dans sa tête, problème qui dépend, en dernière analyse, de notre sens du temps. Nous poserons le problème de l’articulation du temps interne et de l’espace externe : pourquoi le bon sens défaille-t-il là où le sens du temps déraille ? Agrégé et docteur en philosophie, Guillaume PIGEARD DE GURBERT est professeur de khâgne à Limoges. Sa thèse s’intitulait « Le spectre du possible » (soutenue en 2000, à Paris-I-Panthéon-Sorbonne). Parallèlement à son enseignement, il poursuit une recherche consacrée à la philosophie des Lumières et à Kant en particulier. Il a notamment coordonné le colloque Qu’est-ce que les Lumières ? (Oxford, 2003) et la publication des actes dans les Studies on Voltaire and the Eighteenth Century (Oxford, 2006). Il est l’auteur de plusieurs articles sur la philosophie kantienne et d’un livre sur Kant et le temps (Kimé, 2015). Il a par ailleurs publié une série d’essais philosophiques : Le spectre du possible (Kimé, 2016), Contre la philosophie (Actes Sud, 2010), Le Mouchoir de Desdémone (Actes Sud, 2001), dont le dernier volet intitulé La Fable du temps paraîtra à l’automne 2022 (Editions Circé).

Dec 9, 20221h 7m

Mort de la fin de vie ?

Avec Dorothée Legrand, Elodie Camier-Lemoine et Bruno Rochas. Discussion dans le cadre des séminaires de la Chaire de Philosophie à Clermont-Ferrand, le 24 novembre 2022. Dorothée Legrand est chercheur en philosophie (CNRS, Archives Husserl, Ecole Normale Supérieure, Paris Université Sciences et Lettres). Elle est aussi psychologue clinicienne et psychanalyste en libéral et pour l’association MigrENS (Association du Programme Etudiants Invités accueillant des étudiants exilés à l’ENS). Depuis 2014, elle anime le séminaire « Articulations philosophiques et psychanalytiques » à l’École Normale Supérieure de Paris. En 2019, elle a publié une monographie Ecrire l’absence – Au bord de la nuit chez Hermann. Elodie Camier-Lemoine est docteure en philosophie et chargée de mission à l’espace de réflexion éthique Auvergne Rhône Alpes (missions d’enseignement, de formation, de rencontres et échanges). Elle est auteure de la thèse L'incertitude fondamentale : les soins palliatifs au regard de la pensée de Vladimir Jankélévitch. Elle est également membre du comité d’éthique des HCL, de convergence éthique et du comité d’éthique du numérique en santé ARA (CENS) et enseignante à l’UCLY (éthique, science et biotechnologies). Bruno Rochas est praticien hospitalier, médecin responsable d'une équipe mobile de soins palliatifs en hôpital général au CH de Vienne depuis 2002, et coordinateur du groupe CH de Vienne. Il est également membre du comité de rédaction de la revue Jalmalv (sciences humaines et sociales autour de la fin de vie et la grande vulnérabilité, les soins palliatifs) et du groupe "Grain de sel" (groupe éthique médecins SFAP). Dernières publications dans la revue Jalmalv : "La demande de mort anticipée : une crise partagée” "Un groupe éthique à l’hôpital pendant la crise Covid-19" "Équipe mobile de soins palliatifs, une triangulation tendue" "La sédation, ultime obstination ?" "Fin de vie, avec émotions et raison" Bruno Rochas est également titulaire du DU “relation soignant/soigné, consceinte et inconsciente” (promo 2020) de l’Université de Clermont et de la Chaire de Philosophie à l'Hôpital. Mémoire : "Avec l’aide-soignante, de la proximité à l’intériorité".

Dec 4, 20221h 56m

L'image dans Mind the Body de Frédérique de Vignemont

Conférence du cycle "L'image" du séminaire Lire les grands textes, animé par Charlotte Geindre. L'image dans Mind the Body, en présence de l'auteure, Frédérique de Vignemont.

Dec 4, 20221h 36m

Architecture et précarités, penser la recension

Séance du séminaire "Architecture et care" donné le 17 novembre à l'Adamant à Paris. Animé par Eric de Thoisy Élizabeth Essaian, Laëtitia Overney et Rachida Abikchi nous ont présenté la plateforme collaboration de recension des formes plurielles de l'hospitalité.

Dec 4, 202253 min

Eco-phénoménologie de l'intimité et ses implications en clinique criminologique

Conférence donnée par Benjamin Marcepoil, psychologue praticien, à l'Ecole Française de Daseinanalyse, le 12 mars 2022. Eco-phénoménologie de l'intimité et ses implications en clinique criminologique.

Dec 4, 202243 min

Voir un corps quand on voit un corps : quelle image du corps en médecine ? Une introduction

Introduction de la journée d'étude "L'image du corps en médecine - propositions philosophiques" organisée par Charlotte Geindre, doctorante en philosophie et psychologie, Sorbonne Université et Université Paris Cité, agrégée de philosophie, psychologue clinicienne. Avec Mathilde Maugarny, assistante.

Nov 30, 202245 min

Les nouvelles images du corps de la médecine numérique et la représentation que le sujet s’en fait

Bernard Andrieu, professeur de philosophie, Université Paris Cité. Répondants : Jules Grégory : radiologue diagnostic et interventionnel à l’hôpital Beaujon, assistant professeur de la fédération hospitalo-universitaire MOSAIC (UniversitéParis Cité, APHP, Inserm), doctorant en sciences, équipe METHODS, Inserm, enseignant en corrélations radiopathologiques, université Paris Cité. Roman Hossein Khonsari : Professeur de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique à l'Hôpital Necker - Enfants Malades / Université Paris Cité, normalien, titulaire d’une thèse de science du King’s College London, directeur médical du Health Data Hub, chargé de l'implantation de la fabrication additive dans les hôpitaux de l’AP-HP, directeur du Laboratoire Forme et Croissance du Crâne. 4ème et dernière partie de la journée d'étude "L'image du corps en médecine - propositions philosophiques" organisée par Charlotte Geindre, doctorante en philosophie et psychologie, Sorbonne Université et Université Paris Cité, agrégée de philosophie, psychologue clinicienne. Avec Mathilde Maugarny, assistante.

Nov 30, 20221h 16m

L’image clinique: le corps dans la médecine du 19ème siècle

Julie Cheminaud, maîtresse de conférences en philosophie, Sorbonne Université. Répondants : Jules Grégory : radiologue diagnostic et interventionnel à l’hôpital Beaujon, assistant professeur de la fédération hospitalo-universitaire MOSAIC (UniversitéParis Cité, APHP, Inserm), doctorant en sciences, équipe METHODS, Inserm, enseignant en corrélations radiopathologiques, université Paris Cité. Roman Hossein Khonsari : Professeur de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique à l'Hôpital Necker - Enfants Malades / Université Paris Cité, normalien, titulaire d’une thèse de science du King’s College London, directeur médical du Health Data Hub, chargé de l'implantation de la fabrication additive dans les hôpitaux de l’AP-HP, directeur du Laboratoire Forme et Croissance du Crâne.

Nov 30, 20221h 45m

Images conflictuelles du corps dans la clinique des greffes

Par Martin Dumont, maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil et titulaire de la chaire de philosophie à l’Hôtel-Dieu. 2ème partie de la journée d'étude "L'image du corps en médecine - propositions philosophiques" organisée par Charlotte Geindre, doctorante en philosophie et psychologie, Sorbonne Université et Université Paris Cité, agrégée de philosophie, psychologue clinicienne. Avec Mathilde Maugarny, assistante.

Nov 30, 20221h 28m

Le monde se créolise : psychanalyse et chaos-monde (Deleuze, Guattari, Glissant)

Le monde se créolise : psychanalyse et chaos-monde (Deleuze, Guattari, Glissant) by hospiphilo

Nov 29, 20222h 4m

Discussion entre Cynthia Fleury, Lionel Naccache et Alain Prochiantz

Alain Prochiantz est neurobiologiste, chercheur et auteur. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, membre de l’Académie des sciences, il est aujourd’hui professeur émérite au Collège de France et poursuit ses activités de recherche comme responsable d’une équipe de recherche au Collège de France et directeur scientifique de BrainEver. Il travaille sur la neurobiologie moléculaire, notamment sur les processus de morphogenèse et de différenciation cellulaire nerveuse. Ces derniers ouvrages sont : Génétique, évolution, développement (2010), Qu’est-ce que le vivant ? (2012) et Singe toi-même (2019). Lionel Naccache est neurologue, chercheur et essayiste. Ancien élève de l’École normale supérieure, il est professeur de physiologie à Sorbonne Université, dirige le Département de neurophysiologie clinique au CHU Pitié-Salpêtrière et codirige l’équipe de recherche en neurosciences cognitives intitulée PICNIC Lab à l’ICM. Il a été membre du CCNE de 2013 à 2021. Ses travaux sont consacrés à l’exploration des propriétés psychologiques et des bases cérébrales de la conscience, et croisent plusieurs approches complémentaires dont l’expérience clinique de patients souffrant de troubles neurologiques ou psychiatriques, ainsi que l’étude de la cognition de l’homme sain et de l’homme malade à l’aide de paradigmes expérimentaux de psychologie cognitive combinés à des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle. Il envisage l’écriture d’essais comme une troisième voie de recherche sur la subjectivité, en revisitant des questions plus vastes telles que l’inconscient, la croyance, la connaissance, la mondialisation ou la poésie. Il est notamment l’auteur du Nouvel inconscient (2006), et plus récemment du Cinéma intérieur (2020) et de l’Apologie de la discrétion (2022).

Nov 29, 20221h 46m

Jurisprudence : la loi mise à l'épreuve de la vie le cas de Notre Dame des Landes

Conversation autour du cas de Notre-Dame-des-Landes : le rôle d’une préfète locale au service de l’Etat mais aussi et surtout de l’accompagnement d’un territoire et d’un projet sur lequel une jurisprudence va s’imposer. Séance animée par Hugo Martin, historien de l’art et documentaliste pour la Preuve par 7. Avec Nicole Klein, ancienne préfète de Loire-Atlantique, et Patrick Bouchain, architecte et fondateur de la Preuve par 7. Le projet d’aéroport du Grand-Ouest à Notre-Dame-des-Landes, entamé dans les années 1960, est un cas exemplaire pour analyser les rapports qu’entretient l’Etat avec les questions d’expérimentation et de jurisprudence. A la tête des service déconcentrés de l’Etat dans le département, la préfète est la courroie de transmission entre les lois et les décisions nationales et la réalité locale du terrain. En 2018, quand le projet d’aéroport est abandonné par le gouvernement, Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique, doit clore un projet d’aménagement obsolète qui a vu se fédérer contre lui des élu.e.s locaux, des agricultures et agricultrices et plusieurs centaines de “zadistes”. Des années durant, ces derniers.ères ont, à Notre-Dame-des-Landes, expérimenté d’autres manières de construire, d’habiter, de travailler la terre et, au fond, de créer du commun. Dès lors, comment l’Etat et ses services déconcentrés peuvent-ils accompagner des projets d’expérimentation localisés ? Disposent-ils des outils pour adapter les lois nationales aux situations locales ? Les négociations de sortie de crise ont-elles permis d’inventer des dispositifs qui pourraient faire jurisprudence.

Nov 26, 20221h 45m

Jérôme Porée - La Mélancolie Au Miroir De L’enfance

Conférence donnée par Jérôme Porée dans le cadre de l'association française de daseinanalyse, le samedi 12 novembre 2022.

Nov 21, 202251 min

Gérard Guillerault - L’enfant, Entre Dolto Et Winnicott

Conférence donnée par Gérard Guillerault le samedi 12 novembre 2022, dans le cadre de l'association française de daseinanalyse.

Nov 21, 202254 min

Anesthésie et IA : des données massives à la médecine préventive

Première séance du cycle "Consultation médicale endormie : réflexions éthiques" en partenariat avec le groupe de recherche Consultation médicale endormie, Fondation de l'APHP, Hôpital Lariboisière. Avec Pauline Elie, conseillère éthique sur les données de santé de la C.M.E., Fondation AP-HP, doctorante en philosophie et en droit, EHESS Yann Faure : sociologue de la santé, chargé de cours à l'École Centrale de Lyon, auteur du rapport Le choix d'une vie : étude sociologique des choix des étudiants de médecine à l'issue des épreuves classantes nationales et de plusieurs articles sur le métier d'anesthésiste-réanimateur Dr. Fabrice Vallée : anesthésiste-réanimateur (Lariboisière, AP-HP), directeur scientifique de la Chaire IA et Données massives en santé, à l’initiative de la C.M.E. Et Nicolas El Haïk Wagner : doctorant en sociologie, CNAM (laboratoire FOAP), travaille sur les transformations contemporaines de l’activité opératoire, Chaire BOPA et Chaire de Philosophie à l'Hôpital. Par l’usage des données massives en santé à des fins prédictives, l’anesthésie en tant que spécialité médicale devient une fin et non plus un moyen. Avec 12 millions environ d’anesthésies annuelles en France, cette technique prédictive pourrait être utile à la prévention des risques en santé publique. Toutefois, l’extrême sensibilité des données collectées ou encore les conséquences induites par cette prédiction sur la perception du monde des patients supposent un encadrement rigoureux.

Nov 15, 20221h 41m

Alexandra Michalewski - La disposition de l’âme : rempart contre l’accident - audio

Séance du cycle "la santé mentale : regards de philosophes" Coordonné par Eva Liévain. Avec Alexandra Michalewski Répondant : Jean-Jacques Alrivie Le 3 novembre 2022 à l'Hôpital Sainte Anne, GHU Paris psychiatrie et neurosciences. Plotin, philosophe platonicien de la fin du IIIe siècle ap. J-C qui est le fondateur de ce que l’on appelle le « néoplatonisme », se situe à l’aboutissement de la philosophie grecque de l’époque classique dont il récapitule l’héritage. Opposant l’intériorité de la raison, qui peut surmonter les passions de l’âme, à l’extériorité des accidents du monde, Plotin reprend et prolonge l’héritage stoïcien en le menant jusqu’aux limites extrêmes du rationalisme : pour lui, la santé de l’âme relève toujours d’une disposition intérieure et tout ce qui relève du dérèglement psychique, des passions à la folie, est le fait d’une cause accidentelle et extérieure. Pour accéder à la santé de l’âme, il faut d’abord selon Plotin, comprendre que l’âme humaine possède différents niveaux d’attachement, depuis le monde sensible, auquel elle est liée par le corps qu’elle anime, jusqu’à l’intellect dont elle n’est jamais séparée même si elle n’en a pas toujours conscience. En restant fixée sur les préoccupations du monde extérieur, l’âme humaine vit d’une vie commune à tous les vivants, qui court des animaux aux plantes et jusqu’au corps de la terre elle-même. Une part importante de l’affectivité humaine est liée à ce niveau d’exercice de l’activité de l’âme ; certaines analyses de Plotin, par certains côtés, rejoignent celles que Boris Cyrulnik, dans L’Ensorcellement du monde, a consacré à la construction du développement affectif par le lien d’interdépendance des âmes. Mais la perspective de Plotin est différente puisqu’il fait le pari que la santé de l’âme passe par un détachement progressif de nos attachements émotifs, qu’il rattache à l’enfance. Le passage à l’âge adulte est pensé sur le modèle d’un apprentissage de l’âme à regarder comme d’en haut ses émotions et par là, la philosophie de Plotin propose même un dépassement du stoïcisme : en se rattachant de manière primordiale à sa dimension intellectuelle, l’âme peut non seulement surmonter ses passions et atteindre le bonheur véritable, mais aussi rester immune face au péril de la mélancolie – à laquelle Plotin attribue une origine purement physiologique et corporelle comme le montre un épisode de sa biographie – et même de la folie. Chercheuse au CNRS et chargée de cours à Sorbonne Université, Alexandra MICHALEWSKI est une ancienne élève de l’ENS-ULM, agrégée de philosophie. Elle est spécialiste du platonisme antique et plus particulièrement de Plotin auquel elle a consacré une monographie et de nombreux articles, étudiant son épistémologie et sa doctrine éthique (théorie des passions, rôle pratique de la philosophie, analyse de la place des femmes au sein du néoplatonisme).

Nov 15, 20221h 0m

De la naturalisation du social à la politisation de la nature : vers de nouveaux conflits sociaux

Séminaire donné dans le cadre du cycle "Soins, nature, patrimoine", le 18 octobre à l'EPSMD de l'Aisne. Coordonnée par Charlie Marquis et Loïs Giraud. Caroline Izambert, docteure en histoire à l’EHESS et chargée de mission santé au Secrétariat général de la Ville de Paris. Co-auteur de Pandémopolitique : Réinventer la santé en commun (La Découverte, 2021). et Mathé Toullier, bénévole et présidente de l’Association des Familles Victimes de Saturnisme (Intoxication au plomb) – AFVS. La séance est introduite et modérée par Catherine Hopin Givord, cadre socio-éducative à l'EPSMD de l'Aisne. Lors de cette séance, nous vous proposons d’échanger sur la façon dont les mobilisations autour des enjeux de santé environnementale, contre le plomb avec l’exemple de l’AFVS ou encore la qualité de l'air, à la rencontre entre mouvements citoyens et science, interrogent la naturalisation des pathologies en leur redonnant leur dimension sociale. Ces mobilisations décentrent d’une conception individualiste de la santé insistant sur les comportements pour montrer comment les inégalités sociales, qui se traduisent par des différences d’exposition aux pollutions, s’impriment dans les corps et les existences et sont, comme l’écrit Didier Fassin, « incorporées » . Pour rappel, l’Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) voit le jour en mars 1998 à l’initiative conjointe de diverses associations et de familles touchées par le saturnisme. Aujourd'hui, l’AFVS alerte, informe, accompagne les familles confrontées à un risque saturnin. Elle tente de faire évoluer les dispositifs de lutte contre le saturnisme, sachant que le plomb est un neurotoxique, un reprotoxique, un cancérogène probable etc et qu’il n’existe aucun traitement.

Oct 31, 20221h 5m

Ce que les psychothérapies doivent au stoïcisme - audio

Séminaire donné par Sandrine Alexandre à la Chaire de Philosophie à l'Hôpital le 20 octobre 2022. Animé par Eva Liévain et Antoine de la Garanderie. Malgré leur irréductible diversité, les psychothérapies se présentent, pour un certain nombre d’entre elles, comme des usages, à divers titres, du stoïcisme – que l’emprunt porte sur des « recettes » (pour la psychologie positive), sur un processus (pour les approches cognitives), sur une posture (pour la psychanalyse si l’on considère, avec J.-A. Miller, qu’ « être lacanien, c’est quelque chose comme être stoïcien ou épicurien, une position éthique en ce monde »). Analyser ces usages de façon critique ne consiste évidemment pas à délivrer (ou refuser) un « certificat » d’orthodoxie stoïcienne. L’objectif serait plutôt d’instaurer un dialogue qui nous conduirait à repenser ce qu’ « être malade » ou « se soigner » veut dire du point de vue du rapport à soi, aux savoirs, aux institutions, ce qui permettrait d’envisager une sorte d’historicité du soi malade, du soin et des stratégies de préservation de la santé qui pourrait contribuer aux nombreuses histoires de la médecine, de la maladie et de leurs traitements dont on dispose aujourd’hui. Normalienne, agrégée, et docteure en philosophie, Sandrine ALEXANDRE est rattachée à l'IRePh 473 de l'Université de Nanterre, et enseigne actuellement la philosophie au lycée. Elle s'est spécialisée en philosophie ancienne. Sa thèse, Faire valoir. Essai de reconstruction d’un dispositif d’évaluation stoïcien, soutenue en 2012 à l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble II), portait sur les rapports entre valeur et jugement de valeur dans la pensée stoïcienne et sur le sens et les enjeux éthiques, politiques, cosmiques d’un jugement que les stoïciens estiment « adéquat » ou « conforme à la valeur » des choses. Elle s’intéresse également aux réappropriations contemporaines, chez Foucault et Butler essentiellement, des philosophies antiques. À cet égard, elle co-dirige une collection aux Presses universitaires de Nanterre intitulée « Au détour des Anciens ». Elle a publié un premier ouvrage en 2014 chez Million : Evaluation et contre-pouvoir. Enjeux éthiques et politiques du jugement de valeur dans le stoïcisme romain, et en 2022, Philosophie du tir à l’arc. Essai sur la conception stoïcienne de la valeur (Presses de l’ENS-lsh).

Oct 31, 20221h 4m

Séance inaugurale. Charte du Verstohlen. Vers de nouveaux Orients

En partenariat avec le studio de design Les Sismo. Séance inaugurale en présence de Cynthia Fleury et Antoine Fenoglio. Pour ouvrir cette 5ème année du séminaire Design with Care, Cynthia Fleury et Antoine Fenoglio questionneront comment d’autres cultures, d’autres manières de penser et d’imaginer peuvent agrandir un certain type d’éveil intérieur. Et d’enrichir ainsi nos potentialités de savoirs, nos pratiques, nos expériences. Cette séance s’inscrit dans la continuité de la publication de la Charte du Verstohlen “Ce qui ne peut être volé”, publié en format Tract chez Gallimard en mai dernier.

Oct 27, 20221h 18m

L’expérimentation, la prise de risque et le politique

Première séance du séminaire de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital et de la Preuve par 7 : Le Laboratoire des délaissés. Loukia Peneau anime la rencontre entre Patrick Bouchain et Noël Mamère. Les élus locaux sont confrontés aujourd’hui à la complexité et aux risques liés aux opérations urbaines, dont l’empilement des normes et les contraintes générales du droit de l’urbanisme sont tenus en partie pour responsables. Pléthore de projets, pourtant nécessaires face aux enjeux contemporains, se heurtent aux nombreuses réglementations qui parfois empêche de faire et d’expérimenter. Alors comment dépasser ces facteurs bloquant pour mettre en œuvre des projets d’écologie sociale qui répondent à des besoins territorialisés ? Nous échangons avec Noël Mamère, ancien journaliste et maire de Bègles, et Patrick Bouchain, architecte, sur l’expérimentation et la prise de risque en politique. Un projet qui les unie, la transformation de l’ancienne piscine de Belges, servira de support pour comprendre comment faire autrement pour redonner vie à un espace abandonné, en interrogeant la place de l’expérimentation et la prise de risque. Cela nous emmènera à questionner également le dualisme nature/culture qui domine nos manières de mettre en œuvre les projets et dont il faut aujourd’hui se détacher pour mieux inventer, ainsi que la notion de soin et d’attention ainsi révélée par la place laissée à expérimentation .

Oct 23, 20221h 58m

Présentation du livre Explaining Mental Illness, sociological perspectives - Baptiste Brossard

En présence de Baptiste Brossard, Astrid Chevance et Elsa Forner. Ouvrage présenté : Explaining Mental Illness: Sociological Perspectives, publié en juin 2022 chez Bristol University Press, par Baptiste Brossard et Amy Chandler. How can sociology explain the emergence of mental disorders in societies or individuals ? This authoritative book makes a case for the renewal of the sociology of mental illness, proposing a reorganisation of this field around four areas: social stratification, stress, labelling and culture. Drawing on case studies from a range of global contexts, the book argues that current research focuses on identifying ‘social factors’, leaving the question of causality to psychiatry, while significant critical perspectives remain untapped. The result is an unprecedented resource that maps the current state of sociology of mental health, providing an invigorating manifesto for its future. Baptiste Brossard est maître de conférences en sociologie à l'Université de York, au Royaume Uni. Ses recherches portent principalement sur la santé mentale (automutilations juvéniles, dépression, addictions comportementales) et cognitives (maladie d'Alzheimer).

Oct 19, 20221h 23m

Excel m'a tuer : l'hôpital fracassé - Bernard Granger

La chaire reçoit Bernard Granger. Bernard Granger est psychiatre et psychothérapeute. Il est professeur de psychiatrie à l’Université Paris Cité et dirige l’unité de psychiatrie de l’hôpital Tarnier (AP-HP). Il est le cofondateur et co-rédacteur en chef de la revue Psychiatrie, Sciences humaines et Neurosciences. Enfin, il est l’un des fondateurs et animateurs du Mouvement de défense de l’hôpital public, depuis 2009. Il nous parlera de ses nombreux ouvrages et notamment de Excel m’a tuer : L’hôpital fracassé.

Oct 17, 202250 min

Jürg Zünd, voir/faire voir l'espace

Philippe Veysset Ecole Française de Daseinanalyse Conférence donnée à l'ENS le 8 octobre

Oct 16, 202259 min

L'enfant, un être fait de toutes les possibilités ?

Maria Gyemant Ecole Française de Daseinanalyse Conférence donnée à l'ENS le 8 octobre 2022

Oct 16, 20221h 37m

Vice et Maladie, de la République au Timée

Séminaire "Santé mentale, regards de philosophes" présenté à la Chaire de Philosophie à l'Hôpital le 29 septembre 2022. Animé par Eva Liévain, avec Olivier Renaut. La maladie de l’âme chez Platon, c’est le vice. Le vice est parfois comparé dans les dialogues platoniciens à une forme de maladie qui infecterait par des schèmes propres à la maladie physique (dérèglement humoral, infection, contamination) l’ensemble de la structure psychique. Cette analogie entre le vice et la maladie physique, présente dans la République, constitue dans le Timée le lieu d’une causalité assumée : la maladie de l’âme peut provenir d’une disposition maligne du corps. Mais la réciproque est aussi vraie : les vices peuvent causer ou favoriser des dispositions physiques malignes. On part souvent du présupposé selon lequel les schèmes explicatifs de la maladie physique sont premiers par rapport à la nature du vice ; il y a pourtant de nombreux indices chez Platon montrant que c’est plutôt le vice qui détermine, à travers son fonctionnement, ce qu’est une maladie physique, à la fois d’un point de vue factuel, mais aussi normatif, dans sa double dimension éthique et politique. Il s’agira donc d’explorer les modes de causalité à l’œuvre dans l’interaction entre maladie physique et maladie psychique ; à la faveur d’un dualisme fort que notre modernité a récusé, Platon joue assurément sur les interactions qu’il permet. Professeur des universités à l’Université Paris-Nanterre, agrégé et Docteur en philosophie, Olivier RENAUT est spécialiste de Platon et d’Aristote. Ses recherches portent plus spécifiquement sur les aspects de la psychologie morale chez ces deux auteurs, en particulier les émotions. Il a dirigé plusieurs volumes collectifs et a publié en son nom propre Platon : La médiation des émotions, Paris, Vrin, 2014, et plus récemment La Rhétorique des passions. Aristote, Rh.II.1-11, Paris, Classiques-Garnier, 2022.

Oct 3, 20221h 1m

Le Laboratoire des délaissés

Le Laboratoire des délaissés by hospiphilo

Sep 25, 20222h 4m

La psychopathologie platonicienne

Première séance du séminaire "La santé mentale, regards de philosophes". Coordonné par Eva Liévain et Antoine de la Garanderie La psychologie platonicienne : orienter l'âme, disposer le corps. Bien que la notion de « santé mentale » soit récente, la recherche d’un équilibre de l’âme a inauguré les premiers gestes discursifs de ceux qu’on s’est mis à nommer alors des « philosophes » ; la tranquillité de l’âme était à la fois leur quête initiale et la finalité de leur science. Thalès, Pythagore, s’ils cherchaient à connaître la nature, c’était en vue de mieux connaître la leur — l’ordre de la nature était ce modèle à suivre pour mettre de l’ordre dans la vie, la cosmologie servait l’éthique. Si Socrate a opéré une révolution, c’est qu’il a voulu rompre avec cet ordre physicien : le ciel n’est plus pour lui objet d’étude. S’il faut connaître l’homme, mais aussi forger une éthique, alors c’est à l’âme seule qu’il faut s’attacher. Telle est la rupture socratique à l’endroit de l’homme. Cette recherche, reprise par Platon, va devenir le cœur de sa philosophie tout entière : comment former les âmes pour qu’elles soient équilibrées ? Comment faire pour qu’elles le restent ? Que faire si elle ne le sont pas ? Par quels moyens théoriques et pratiques éviter la mania, la démesure, le dérèglement, la démence, mais aussi ces maladies de l’âme que sont l’ignorance et le vice ? Quelle politique mener pour que la cité renferme le moins de malades possible ? Platon a une conscience aiguë de la complexité de l’âme humaine, de la fragilité de son équilibre, de la finesse de cet art qu’est l’éducation, et sa théorie politique sera donc une thérapeutique de l’âme. Mais alors que l’on pense ici parfois trop exclusivement, comme voie royale, à la marche vers les Idées, à la formation de l’âme par elle-même, on néglige l’importance que Platon a pu donner, dans l’éducation même de l’âme, au corps, lequel n’est pas seulement — suivant la caricature qu’on en fait — obstacle à la vertu, mais aussi moyen sur lequel s’appuyer. Il importe alors, pour bien comprendre la pensée de Platon jusqu’au bout, c’est-à-dire aussi jusqu’à ses derniers textes, de compléter la lecture du Charmide par celles du Timée et des Lois, qui mettent en relief l’importance de bien configurer le corps pour pouvoir disposer l’âme à s’équilibrer — ce qui montre que Platon s’est montré conscient des limites du pouvoir de l’âme à se donner forme elle-même par elle-même. Notre but sera de saisir la psychopathologie platonicienne, les moyens de corriger les déséquilibres, comme de les prévenir. Enseignante de philosophie au lycée, Eva LIEVAIN est certifiée-bi-admissible à l’agrégation de philosophie, titulaire d’un Master 2 à Paris-I-Panthéon-Sorbonne (sous la direction de Monique DIXSAUT et Luc BRISSON, « Le Corps chez Platon », 2002), et d’une licence de Lettres modernes (Paris-X-Nanterre), a fait un I.U.T de Biologie (Paris XII-Créteil).

Sep 25, 20221h 11m