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Les podcasts de l'éco à venir

Les podcasts de l'éco à venir

181 episodes — Page 1 of 4

S6 Ep 31Obligation d’Etat et d’entreprises : quelles différences ?

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Clémentine Gallès J’aimerais savoir quelles sont les différences entre obligation d’Etat et d’entreprises Y a-t-il des différences entre les obligations d’État et les obligations d’entreprises ? Oui, même s’il y a surtout des ressemblances. Ce sont des obligations avec, pour principale caractéristique, le fait d’être un instrument financier correspondant à un titre de dette avec un montant nominal, également appelé principal, et le versement d’intérêts à dates régulières, également appelés coupons. S’agissant des différences, elles sont pour l’essentiel concentrées sur le type d’émetteurs. Les obligations d’État ou, dans une acception plus large, obligations souveraines, regroupent plusieurs types d’obligations : ce sont des États à proprement parler. En France, c’est l’Agence France Trésor qui est en charge de gérer la dette de l’État ; ce peuvent également être des obligations supranationales, territoriales, municipales… Les obligations d’entreprises sont émises par des entreprises, généralement grandes ou de taille intermédiaire. En effet, toutes les entreprises n’ont pas forcément la taille critique pour accéder au marché et avoir la capacité d’émettre des titres obligataires. Oui, merci, mais n’y a-t-il pas d’autres différences entre ces deux types d’obligation ? En effet, ce sont des différences inhérentes à la qualité de l’émetteur. Citons-en deux principales : sur le risque de crédit notamment. En général, les obligations d’entreprise ont un risque plus élevé que les obligations d’État. Les entreprises sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés financières, tandis que les gouvernements ont toujours la possibilité de lever l’impôt ou de créer de la monnaie en cas de crise financière importante. De ce fait, le taux d’intérêt des obligations d’entreprise est généralement plus élevé que celui des obligations souveraines ; sur le risque de taux d’intérêt aussi. Nous avons vu que lorsque les taux d’intérêt du marché augmentent, les prix des obligations baissent, et vice versa. Les obligations d’entreprise sont ainsi plus sensibles aux évolutions du marché en raison de leurs taux d’intérêt plus élevés. Les obligations souveraines et les obligations d’entreprise ont-elles des avantages en termes de garantie et de liquidité ? Très bonne question. Il peut également y avoir des différences sur ces deux dimensions. Comme indiqué, les garanties des obligations d’État sont souvent supérieures en raison des leviers budgétaire et monétaire même si l’entreprise a aussi la capacité de mettre comme garantie des actifs qu’elle détiendrait. Dans ce cas, on parle aussi de secured bond. Enfin, les obligations d’État sont généralement plus liquides, négociées sur des marchés secondaires très actifs, surtout celles émises par des pays développés (et endettés). Les obligations d’entreprise sont moins liquides, liquidité qui d’ailleurs varie selon la taille de l’entreprise et les conditions du marché.

Mar 31, 20263 min

S6 Ep 30Le rôle des agences de notation

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir quel est le rôle des agences de notation Quel est le rôle des agences de notation et comment fonctionnent-elles ? Les agences de notation sont des entreprises qui évaluent la solvabilité des emprunteurs, qu’il s’agisse de gouvernements ou d’entreprises. Elles attribuent des notations à ces emprunteurs en fonction de leur capacité à rembourser leurs dettes. Leur processus de notation implique donc une analyse approfondie de la situation financière de l’emprunteur, de sa situation économique et de sa gouvernance. Les principales agences de notation sont Standard & Poors, Moody’s et Fitch Ratings. Pourquoi les agences de notation sont-elles importantes ? Elles jouent un rôle clé sur les marchés financiers en fournissant des informations indépendantes et standardisées sur le risque de crédit. Les notations ont une incidence sur le coût et la capacité d’un emprunteur à lever des fonds sur les marchés financiers. Les investisseurs sont plus enclins à acheter des obligations d’emprunteurs ayant une bonne note, ce qui peut entraîner une baisse des taux d’intérêt pour ces emprunteurs. À l’inverse, les emprunteurs ayant une notation plus faible peuvent se voir proposer des taux d’intérêt plus élevés, et même se voir refuser l’accès aux marchés financiers en cas de note très dégradée. Je comprends que ces agences sont très importantes pour les marchés, pourtant elles sont régulièrement critiquées En effet, les agences de notations font face à plusieurs critiques. Tout d’abord, elles ont été sévèrement critiquées pour leur rôle dans la crise financière de 2008 : en n’évaluant pas correctement certains risques de crédit, elles ont de fait encouragé l’essor de produits financiers risqués, les fameux subprimes. Ensuite, elles sont tellement influentes sur les marchés qu’elles peuvent exacerber certaines difficultés. Par exemple, si une entreprise ou un État fait face à une situation plus difficile, la dégradation de sa note va augmenter son coût d’emprunt et rendre sa situation encore plus difficile. Enfin, les trois principales agences restent aujourd’hui américaines ce qui peut faire se poser la question de la souveraineté de ces notations. À ce jour, les tentatives alternatives, telles l’agence canadienne DBRS ou chinoise Dagong, ne sont pas devenues des standards internationaux. En résumé, les agences de notation jouent un rôle essentiel en évaluant le risque de crédit et en influençant les conditions de financement sur les marchés financiers. Si elles sont très régulées, certaines critiques liées à leur place très importante sur les marchés financiers subsistent.

Feb 23, 20262 min

S6 Ep 29Impact du taux d’intérêt sur les marchés financiers

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir quel est l’impact du taux d’intérêt sur les marchés financiers Quand on travaille sur les marchés financiers, on se rend vite compte que le taux d’intérêt est central dans les discussions et les analyses financières. Peux-tu me dire pourquoi c’est le cas ? Le taux d’intérêt est en effet central en finance car il représente le coût d’emprunt de l’argent, pour un ménage, pour une entreprise ou pour un État. Je vais me concentrer sur les marchés actions, nous parlerons spécifiquement des marchés obligataires lors d’un prochain podcast. Pour rappel, le cours des actions d’aujourd’hui dépend des revenus futurs des entreprises cotées. Une progression des taux d’intérêt va affecter négativement le cours des actions par deux mécanismes. Tout d’abord, par l’effet sur l’activité économique. En effet, quand les taux d’intérêt progressent, cela est négatif pour l’activité économique. Cela rend le coût de l’emprunt plus onéreux et incite davantage à épargner qu’à dépenser. Les revenus futurs des entreprises vont donc avoir tendance à être revus à la baisse. Pour cette raison, le prix des actions va donc avoir tendance à baisser quand le taux d’intérêt progresse. Et le second mécanisme ? Le second mécanisme concerne la valorisation de ces revenus futurs. Pour valoriser des revenus futurs, on utilise le taux d’intérêt. Et plus le taux d’intérêt progresse, plus cela diminue la valeur des revenus futurs. Au total, on voit bien que quand les taux d’intérêt progressent, les marchés actions vont avoir tendance à baisser. Cependant, mon raisonnement tient si l’on raisonne « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire si l’on regarde uniquement une hausse des taux d’intérêt sans autre changement dans l’économie. Pourtant, on peut imaginer que les taux d’intérêt n’augmentent pas uniquement en raison de la situation économique ? En effet, les mécanismes que j’ai évoqués sont intéressants pour comprendre l’impact d’un choc isolé sur les taux d’intérêt. Mais, pour être complet, il faut d’abord comprendre le contexte économique qui explique cette progression des taux d’intérêt. À titre d’illustration, si les taux d’intérêt progressent car on a des bonnes nouvelles sur le front de l’activité économique, alors cette progression des taux d’intérêt peut s’accompagner d’un mouvement favorable sur les marchés. En revanche, si les taux progressent pour une mauvaise nouvelle sur l’activité, telle qu’un choc sur l’inflation, dans ce cas les marchés actions réagiront négativement. Merci ! en résumé, normalement un choc de hausse de taux devrait impacter négativement les marchés actions, car cela est négatif pour la valeur des bénéfices futurs anticipés des entreprises. Après, il est important de bien comprendre la raison de la hausse des taux d’intérêt pour être bien sûr de l’impact global sur les marchés actions.

Feb 10, 20262 min

S6 Ep 28High yield vs Investment grade : et en pratique ?

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : après la théorie, la pratique du High yield vs Investment grade Nous avons vu la différence entre High yield et Investment Grade dans le précédent podcast. Y a-t-il des différences entre types d’émetteurs et portefeuilles d’investissement entre ces deux catégories ? Oui, les émetteurs d’obligations investment grade sont souvent des gouvernements, des grandes entreprises et des institutions financières ayant des bilans solides. Ces obligations sont souvent présentes dans les portefeuilles d’investissement des institutionnels qui cherchent à minimiser le risque tout en obtenant des rendements stables. Et pour le High Yield ? Les émetteurs d’obligations high yield présentent un niveau de risque supérieur, ce qui se traduit par des taux d’intérêt plus élevés pour compenser ce risque. Parfois, ce sont des entreprises en difficulté ou ayant un endettement élevé associé à un faible montant de fonds propres. Quelles sont les conséquences d’un basculement d’une obligation Investment Grade à High Yield ? Elles ne sont pas réjouissantes pour le détenteur ! Certaines stratégies d’allocation d’actifs ont pour politique d’exclure les obligations High Yield, car trop risquées. En conséquence, la dégradation de la notation d’une obligation si elle se matérialise par un basculement dans la catégorie High Yield peut avoir des effets en cascade avec le retrait d’un grand nombre d’investisseurs et une pression à la hausse sur les taux d’intérêt et donc à la baisse sur le prix de l’obligation. En résumé, Investment Grade (IG) et High Yield (HY) désignent des obligations selon leur niveau de qualité jugé par les agences de notation de crédit. Les obligations IG offrent un faible risque de défaut, ce qui les rend attractifs pour les investisseurs prudents. Les obligations HY offrent des rendements supérieurs mais avec un risque de défaut plus élevé.

Feb 2, 20262 min

S6 Ep 27Crédit high yield et investment grade

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : quelle différence entre High yield vs Investment grade ? Aujourd’hui, nous allons parler des marchés obligataires dans un langage un peu technique et avec des termes anglais très utilisés. Peux-tu me dire ce que signifient High yield et Investment grade ? Je crois que c’est notamment très utilisé pour le marché des obligations des entreprises. Avec plaisir ! Investment grade se traduit par « qualité d’investissement » en français. Ce sont donc des obligations considérées comme ayant une qualité de crédit élevée et un faible risque de défaut. L’émetteur de l’obligation est jugé capable de rembourser le montant nominal (comme appelle aussi le principal) et les intérêts (ou les coupons). Mécaniquement, elles correspondent à des entreprises qui ont une notation élevée, comprise entre Aaa et Baa pour l’agence Moody’s ou entre AAA et BBB pour les agences Standard & Poor’s et Fitch. Et les obligation High Yield ? High yield se traduit par « haut rendement » en français. Ce sont des obligations qui offrent des rendements élevés par rapport à la moyenne du marché, souvent en raison d’une prime de risque significativement plus importante. C’est en quelque sorte la contrepartie d’une prise de risque plus élevé que d’attendre un rendement lui-même supérieur. Ces obligations high yield portent sur des entités avec des notations de crédit plus basses et un risque de défaut plus élevé. Parfois, on range ces mêmes obligations sous l’appellation Speculative grade. Ce sont les deux seules catégories ? En termes de niveau de risque, oui. Mais dans le même temps, signalons une sous-catégorisation. Au sein des obligations Investment grade, on distingue les Highest Grade Credit des Good Credit Grade en passant par les Very High ou High Grade Credit. De même, les obligations High yield regroupent les Speculative Grade Credit, les Very Speculative Credit et les Substantial Risks – In Default. Donc si je résume, les marchés obligataires se divisent en deux principales catégories : Investment Grade et High Yield. Les obligations Investment Grade sont considérées comme de haute qualité avec un faible risque de défaut. En revanche, les obligations High Yield, ou « haut rendement », offrent des rendements élevés en raison d’une prime de risque plus importante, car elles sont émises par des entités avec des notations de crédit plus basses et un risque de défaut plus élevé.

Jan 19, 20262 min

S6 Ep 26Les formes de la courbe des taux

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Clémentine Gallès J’aimerais en savoir plus sur les formes de la courbe des taux Nous avons vu dans le précédent podcast ce qu’est la courbe des taux d’intérêt. J’imagine que la courbe des taux est croissante : plus on prête sur un temps long, plus on espère un rendement élevé ? Oui, c’est en effet le cas le plus standard. On dit alors que la courbe des taux est ascendante ou que la pente de la courbe est positive. Le taux d’une obligation de long terme est alors plus élevé que celui d’une obligation de court terme. Tout simplement car les investisseurs attendent un rendement supplémentaire dû au fait qu’ils prennent plus de risques à prêter sur un temps plus long. On appelle ce rendement supplémentaire la « prime de terme ». Tu as dit qu’une courbe croissance est le cas le plus standard, cela signifie donc qu’il peut arriver que la courbe des taux d’intérêt soit décroissante ? Il peut en effet arriver que la courbe des taux soit « inversée », c’est-à-dire que les taux de court terme soient plus élevés que les taux de long terme. Cela correspond à des périodes où les investisseurs pensent que les taux d’intérêt vont être amenés à baisser dans le futur. Deux raisons principales peuvent amener les investisseurs à avoir de telles anticipations : soit ils anticipent une baisse de l’activité économique, voire une récession. Dans ce cas, les taux longs diminuent et peuvent s’établir à un niveau inférieur aux taux courts. Soit ils anticipent un durcissement de la politique monétaire en réaction à un choc inflationniste. Dans ce cas, les taux courts augmentent et peuvent dépasser les taux longs. C’est notamment ce qu’il s’est passé à la suite du choc inflationniste de 2022-2023. D’accord, donc soit une courbe croissante ou décroissante ! Il y a encore un autre cas très particulier, celle d’une courbe des taux lors d’une crise de la dette. Si par exemple les investisseurs pensent qu’un Etat va faire faillite d’ici un an, les taux vont fortement monter sur un an car il va devenir de plus en plus dangereux de prêter à l’Etat. Mais une fois le défaut passé, l’Etat pourra à nouveau emprunter à des taux plus raisonnables, même s’ils seront sans doute plus élevés qu’avant la crise en raison de la perte de confiance des investisseurs. On observe alors une courbe des taux en cloche. Donc si je résume, la courbe des taux peut prendre différentes formes. Le cas le plus courant est une courbe ascendante, où les taux de long terme sont plus élevés que ceux de court terme en raison de la prime de terme, récompensant les investisseurs pour les risques qu’ils prennent à long terme. Cependant, la courbe peut aussi être inversée, avec des taux de court terme plus élevés. Un autre cas rare est la courbe en cloche, observée lors d’une crise de la dette, où les taux à court terme augmentent fortement en raison du risque de défaut imminent.

Jan 13, 20262 min

S6 Ep 25Qu’est-ce que la courbe des taux ?

Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Clémentine Gallès J’aimerais connaitre la signification de la courbe des taux La courbe des taux représente les taux d’intérêt des obligations en fonction de leur maturité. Peux-tu m’en dire davantage sur cette courbe des taux d’intérêt ? Bien sûr ! Considérons par exemple le marché des obligations émises par l’État français, que l’on appelle les OAT pour Obligations Assimilables du Trésor. La courbe des taux est un graphique qui va montrer les taux d’intérêt payés par l’État pour les obligations à différentes échéances, de la plus courte à la plus longue : le taux pour une obligation à deux ans, le taux pour une obligation à cinq ans, et ainsi de suite. Mais quelle est l’utilité de tracer les taux d’intérêt en fonction de leur maturité sur un graphique ? La courbe des taux d’intérêt est un indicateur très suivi par les acteurs du marché obligataire qui y investissent. Pour les émetteurs, tels que l’État français, elle permet de voir à chaque instant le coût d’un emprunt selon sa maturité. Pour les investisseurs, elle permet de visualiser le rendement proposé en fonction de la durée de l’investissement. Et pour les économistes, elle permet de visualiser les anticipations de marchés sur les taux d’intérêt futurs. J’imagine que cette courbe des taux évolue en permanence. Quels sont ses déterminants ? En effet, on peut suivre comment évolue la courbe des taux au cours du temps. Les taux de court terme vont varier principalement en fonction des attentes de la politique monétaire, qui détermine les taux de très court terme. Pour les taux de long terme, plusieurs facteurs peuvent les faire évoluer. Les taux peuvent notamment progresser si les investisseurs anticipent durablement plus d’inflation, car les investisseurs veulent compenser la perte de valeur de la monnaie. Il en est de même si les perspectives de croissance sont revues à la hausse. Les taux peuvent aussi augmenter si les investisseurs anticipent un risque plus important de défaillance de l’émetteur de l’obligation. Dans ce dernier cas, il s’agit de « la prime de risque ». Donc si je résume, la courbe des taux représente les taux d’intérêt des obligations en fonction de leur maturité, montrant les taux payés par l’État pour différentes échéances. La courbe des taux évolue en fonction des attentes de la politique monétaire, des anticipations d’inflation, des perspectives de croissance et du risque de défaillance de l’émetteur, incluant une prime de risque.

Jan 6, 20262 min

S6 Ep 24L’analyse technique est-elle utile ?

Voix : Zaid Bensalem et Gustavo Horenstein Texte : Zaid Bensalem J’aimerais savoir : l’analyse technique est-elle utile ? On voit plein de vidéos sur internet qui présentent des analyses de graphique pour savoir s’il faut ou non acheter une action. C’est de l’analyse technique, c’est ça ? Tout à fait ! L’analyse technique repose sur l’étude des graphiques de prix et des volumes pour prévoir les mouvements futurs des marchés financiers. Elle se base sur l’idée que les marchés ont une mémoire, et que les modèles de prix se répètent avec le temps. Les traders techniques utilisent divers indicateurs, comme par exemple, les moyennes mobiles, les retracements d’une hausse ou d’une baisse, ou des théories comme les vagues d’Elliott. Mais est-ce efficace ? L’analyse technique offre des avantages tels que la rapidité de prise de décision et l’adaptabilité à différents types d’actifs, ce qui la rend populaire parmi les traders à court terme. Elle peut également créer un effet d’auto-réalisation, car les signaux techniques sont suivis par de nombreux traders à travers le monde. Cependant, elle a des limites, car elle repose sur des données historiques et n’intègre pas les facteurs imprévisibles qui peuvent influencer les marchés, comme les événements politiques, géopolitiques ou les émotions des investisseurs. Donc ce n’est pas une recette miracle pour gagner de l’argent ? Pour être efficace, l’analyse technique doit être utilisée comme un outil parmi d’autres. Elle peut bien fonctionner pour identifier des tendances à court terme, mais elle ne permet pas de prévoir des crises majeures ou de prendre des décisions d’investissement à long terme. Les traders et investisseurs avisés combinent souvent l’analyse technique avec l’analyse fondamentale et une gestion rigoureuse des risques, car une approche équilibrée aide à mieux naviguer dans les incertitudes des marchés financiers. Donc si je résume, l’analyse technique utilise des graphiques et des indicateurs pour prévoir les mouvements futurs des marchés financiers. Bien qu’elle soit populaire pour des décisions rapides à court terme, elle n’est pas infaillible, car elle repose sur des données passées et n’intègre pas les événements imprévisibles. Pour une stratégie efficace, il est recommandé de la combiner avec d’autres méthodes, comme l’analyse fondamentale et une gestion prudente des risques. La théorie ne suffit pas en somme !

Dec 15, 20252 min

S6 Ep 23Calcul du taux de rendement

Voix : Zaid Bensalem et Gustavo Horenstein Texte : Zaid Bensalem J’aimerais savoir : Qu’est-ce qu’un taux de rendement et comment le calculer avec précision ? Le rendement d’un actif permet d’évaluer ce que l’on gagne en l’achetant. Que vous investissiez en bourse, dans l’immobilier ou dans une entreprise, savoir comment mesurer le rendement est crucial. Alors, comment le calculer précisément ? Avant de plonger dans les formules, commençons par comprendre ce qu’est vraiment un taux de rendement. Pour simplifier, il s’agit du retour ou du gain que vous obtenez sur un investissement par rapport au montant initial que vous avez investi. Par exemple, si vous investissez 100 euros dans des actions, et que, un an plus tard, votre investissement vaut 120 euros, le taux de rendement est de 20%, ce qui exprime cette augmentation de 20 euros par rapport à votre investissement initial. Il peut se calculer sur différentes périodes : mensuelle, annuelle, voire sur plusieurs années, en fonction de la durée de votre investissement. Et bien sûr, le taux de rendement peut être positif (si vous avez gagné de l’argent) ou négatif (si vous en avez perdu). Cela paraît simple. Mais les choses peuvent devenir un peu plus complexes lorsqu’on ajoute des éléments comme les dividendes, les frais ou les périodes différentes. Tout à fait ! Un aspect souvent négligé est celui des dividendes ou des intérêts. Si vous avez investi dans des actions qui versent des dividendes ou dans une obligation qui vous rapporte des intérêts, ces paiements doivent être inclus dans le calcul du rendement. Ils s’ajoutent donc à la variation de la valorisation des actifs. Tout me parait plus clair. Oublie-t-on autre chose ? Deux éléments me semblent important. D’une part, il y a beaucoup de frais quand on investit, comme les frais de transaction ou de courtage par exemple. Par exemple, si vous avez un rendement de 10 % mais que vous payez 2 % de frais annuels, votre rendement net sera de 8 %. D’autre part, on a l’impression qu’on gagne de l’argent quand on a un rendement de 2% sur un an. Mais si l’inflation est de 2% sur un an, alors en tenant compte de la perte de valeur de la monnaie, on n’a rien gagné en termes de pouvoir d’achat. C’est un point très important car au final, on investit souvent pour se servir de l’argent plus tard. Donc si je résume, le rendement d’un actif représente le gain obtenu par rapport au montant investi initialement et peut être positif ou négatif selon la performance de l’investissement. Pour un calcul précis, il est important d’inclure des éléments comme les dividendes, les intérêts, et de tenir compte des frais de transaction, qui réduisent le rendement net. Enfin, il faut considérer l’impact de l’inflation, car un rendement brut pourrait être annulé par la perte de pouvoir d’achat si l’inflation est élevée.

Dec 1, 20253 min

S6 Ep 22Quel risque pour quel rendement ?

Voix : Zaid Bensalem et Gustavo Horenstein Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais en savoir plus sur le rapport entre risque et rendement financiers En finance, le lien entre risque et rendement est un principe fondamental qui guide les décisions d’investissement. Ce rapport repose a priori sur une logique simple : plus un investissement est risqué, plus il est susceptible d’offrir un rendement élevé, mais avec une probabilité accrue de pertes. Mais qu’est-ce que le risque déjà ? Le risque est inhérent à toute décision financière. Il se mesure par l’incertitude des résultats futurs d’un investissement, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations ou d’autres instruments financiers. Par exemple, les actions de petites entreprises innovantes présentent généralement des risques élevés en raison de leur volatilité et de leur vulnérabilité aux fluctuations du marché. Attention toutefois, la volatilité peu changer d’un coup. Un actif à volatilité faible peut se transformer en actif risqué si la volatilité explose. C’est très clair. Est-ce que tu aurais des exemples d’actifs à faibles risques ? On cite souvent les obligations d’État comme des actifs à faible risque. Et c’est généralement le cas. Mais là aussi, si le pays est en défaut de paiement, les obligations d’Etat vont être très risquées ! Cela dépend de la situation. Les placements dans des actifs peu risqués sont prisés pour leur stabilité et leur prévisibilité, mais ils ne permettent généralement pas de réaliser des gains spectaculaires. Que me conseilles-tu de faire alors ? Pour optimiser le rapport entre risque et rendement, il est essentiel de diversifier son portefeuille. La diversification permet de répartir les risques entre différents actifs, secteurs ou zones géographiques. En combinant des investissements à haut et à faible risque, un investisseur peut réduire les pertes potentielles tout en maintenant un rendement global attractif. Si on veut en revanche avoir des rendements élevés, il faut prendre beaucoup plus de risque et être moins diversifié. Donc si je résume, le rapport entre risque et rendement reflète un équilibre délicat que chaque investisseur doit adapter à sa situation personnelle. Comprendre cette relation, mesurer les risques et diversifier ses placements sont des clés essentielles pour maximiser les gains tout en minimisant les pertes. Ce principe reste au cœur des stratégies financières efficaces.

Nov 24, 20252 min

S6 Ep 21La volatilité est-elle un bon indicateur du risque ?

Voix : Zaid Bensalem et Gustavo HorensteinTexte : Gustavo HorensteinJ’aimerais savoir : La volatilité est-elle une bonne mesure du risque ?Quand on parle d’investissement sur les marchés financiers on entend souvent parler de la volatilité comme mesure du risque. Que mesure la volatilité exactement et est-ce une bonne mesure du risque de l’investissement ?La volatilité est une mesure statistique de la dispersion des rendements d’un actif financier. Elle est souvent calculée comme l’écart-type des rendements et peut être utilisée pour quantifier le degré de variation d’un actif autour de sa moyenne historique. En gros, plus un actif a des variations importantes et plus il est volatile. Les actions sont en général plus volatiles que les obligations.Donc plus c’est volatile et plus je prends des risques ! La volatilité est-elle une bonne mesure du risque pour les investisseurs ?La volatilité est effectivement une mesure couramment utilisée pour évaluer le risque, car elle indique la fréquence et l’ampleur des fluctuations des prix. Cependant, elle n’est pas une mesure parfaite. La volatilité ne distingue pas entre les variations positives et négatives. Par exemple, si tu as un actif qui monte régulièrement avec une faible volatilité, mais qui peut valoir 0 du jour au lendemain, la volatilité calculée va être faible alors qu’on prend un risque très élevé de tout perdre ! Il faut donc compléter la volatilité par d’autres mesures du risque.Peux-tu me donner des exemples ?Absolument. Parmi les autres mesures du risque, on peut citer le Value at Risk (VaR), qui estime la perte maximale sur un portefeuille pour un horizon de temps donné avec un certain niveau de confiance. Il y a aussi le risque de queue de distribution, qui se concentre sur les événements extrêmes. Mais n’oublie pas non plus que toutes ces mesures s’appuient sur l’histoire passée et ne prennent pas en compte les perspectives futures. Si le régime économique ou financier change brutalement, la volatilité peut également complètement changer…D’accord donc si je résume, on doit mettre en place une approche multi-facette pour évaluer le risque. La volatilité est un outil utile, mais elle ne doit pas être la seule mesure du risque pour les investisseurs. Et dans tous les cas, ce n’est qu’une mesure du passé, qui marche tant que le régime de marché de change pas.

Nov 17, 20252 min

S6 Ep 20Aversion au risque : le paradoxe de Saint Pétersbourg

Voix : Zaid Bensalem et Gustavo HorensteinTexte : Gustavo HorensteinJ’aimerais tout savoir sur l’aversion au risque avec le paradoxe de Saint PétersbourgDans le précédent podcast, nous avons vu ce qu’était l’aversion pour le risque. Pourrais-tu me donner un exemple qui illustre concrètement ce concept ?Bien sûr ! Je vais même te raconter comment les économistes ont découvert le concept d’aversion au risque. Au début du XVIIIème siècle le mathématicien Daniel Bernoulli a, le premier, écrit sur ce qui s’appellera plus tard le « paradoxe de Saint-Pétersbourg ». Imagine un jeu où tu mises un montant et où tu lances une pièce : chaque fois que tu tombes sur « face » tu doubles tes gains et tu rejoues jusqu’à obtenir pile ; si tu obtiens pile, le jeu s’arrête et tu touches tes gains.Donc si je mise 1 euro et tombe directement sur pile, je perds ma mise; si je mise 1 euro et tombe toujours sur face 10 fois avant de tomber sur pile, je gagne 1000 euros ; et si je tombe 20 fois consécutivement sur face, je gagne plus de 1 million d’euros ! Il me plaît ce jeu !Il te plaît parce que tu as misé une petite somme et que tu peux gagner gros. Mais si je te demande combien tu es prêt à miser pour jouer à ce jeu ? est-ce que tu serais prêt à mettre 10 euros ? 100 euros ? 1000 euros ? 1 million ou plus ? Et c’est là que cela devient intéressant. Tout le monde ne donnera pas la même réponse. Plus tu donnes une réponse élevée, plus tu as le goût du risque. Au contraire, plus la somme que tu es prêt à miser est faible, plus tu es averse au risque : tu préfères garder ton argent que d’avoir un revenu aléatoire à ce jeu. Pourtant théoriquement, on peut montrer par un calcul mathématique que la valeur espérée de ce jeu est infinie.C’est intéressant ! On comprend bien le concept d’aversion au risque.Ce paradoxe illustre que les décisions financières ne sont pas toujours rationnelles. Les gens préfèrent des gains plus modestes mais plus sûrs plutôt que de risquer des pertes importantes, même si elles sont peu probables. Cela démontre que l’aversion au risque influence fortement les choix financiers, allant au-delà des calculs purement mathématiques de valeur espérée.Merci, si je résume le paradoxe de Saint-Pétersbourg illustre comment les gens perçoivent le risque dans les décisions financières. Les gens hésitent à parier des sommes importantes en raison de leur aversion au risque. Cette aversion les pousse à préférer des gains modestes et sûrs plutôt que de risquer de grandes pertes.

Nov 11, 20252 min

S6 Ep 19Quand on parle d’aversion au risque des investisseurs, de quoi parle-t-on ?

Voix : Zaid Bensalem et Gustavo HorensteinTexte : Gustavo HorensteinJ’aimerais savoir : Quand on parle d’aversion au risque des investisseurs, de quoi parle-t-on ?Afin de pouvoir m’aider à investir mon épargne, mon conseiller financier m’a interrogé sur mon aversion au risque. De quoi parle-t-il exactement ?L’aversion au risque est un sentiment que peuvent éprouver les investisseurs qui préfèrent éviter l’incertitude et les pertes potentielles. Une personne ayant une aversion au risque forte préférera un investissement offrant des rendements plus faibles mais plus sûrs, plutôt qu’un investissement potentiellement plus rentable mais plus risqué.Du coup, on n’agit pas tous de la même façon face au risque et nos décisions de tous les jours vont être différentes ?L’aversion au risque se manifeste dans des décisions comme laisser ses économies sur un compte de dépôt plutôt que les investir sur les marchés financiers, ou souscrire à une assurance. Les individus préfèrent des options qui minimisent les pertes potentielles, même si cela signifie accepter des rendements plus bas.Ce comportement a des conséquences sur le prix des actifs et les marchés financiers en général ?En finance, l’aversion au risque signifie généralement que les investisseurs exigent une prime de risque, c’est-à-dire un rendement supplémentaire, pour accepter de prendre des risques plus élevés. Cette attitude influence les comportements sur les marchés financiers et la manière dont les actifs sont évalués. De manière générale, l’aversion au risque affecte la composition des portefeuilles d’investissement et la stabilité des marchés financiers. Par exemple, les investisseurs averses au risque favorisent les actifs plus sûrs, ce qui peut réduire la liquidité et augmenter la volatilité des marchés risqués.Donc si je résume, l’aversion au risque désigne l’attitude des investisseurs qui préfèrent éviter l’incertitude et les pertes potentielles, optant pour des investissements plus sûrs mais moins rentables. En finance, l’aversion au risque conduit les investisseurs à exiger une prime de risque pour accepter des investissements plus risqués, ce qui affecte la valorisation des actifs et la stabilité des marchés financiers.

Nov 3, 20252 min

S6 Ep 9La retraite, miroir de nos choix de société

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Finalement, au-delà des chiffres, que révèle le débat sur les retraites ? Il révèle nos contradictions. Nous voulons un système généreux, mais nous refusons d’en assumer le coût. Nous défendons la solidarité, mais nous hésitons à partager équitablement les efforts. Et cela dit quelque chose de notre société ? Oui. La retraite reflète notre vision du travail, de la solidarité et de la transmission. Réformer, ce n’est pas seulement équilibrer des comptes, c’est décider quel contrat social nous voulons pour demain. Donc, la question n’est pas uniquement économique ? Exactement. C’est une question politique et morale : voulons-nous laisser un système insoutenable aux jeunes, ou bâtir un modèle plus juste et durable ? En résumé, la retraite est bien plus qu’un calcul financier : c’est le miroir de nos choix collectifs.

Oct 13, 20251 min

S6 Ep 8Capitalisation : Comment réussir la transition sans sacrifier une génération

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Passer à un système mixte en partie répartition et en partie capitalisation, paraît séduisant, mais comment financer la transition ? C’est la vraie difficulté. En 1945, le choix d’un système par répartition permettait de verser immédiatement des pensions aux anciens qui n’avaient pas cotisé pour leur retraite, ce qui n’était pas possible avec un système par capitalisation. Le problème aujourd’hui, c’est qu’il faut continuer à payer les pensions actuelles tout en constituant une épargne pour demain dans un nouveau système par capitalisation. On ne peut pas demander aux jeunes de porter seuls ce double effort. Quelles options existent ? Trois principalement. Augmenter temporairement les cotisations, recourir à une dette publique ciblée, ou demander un effort aux retraités actuels, notamment les plus favorisés via une indexation réduite. Compte tenu de la crise du pouvoir d’achat du travail, augmenter les cotisations semblent difficile, d’autant que les actifs actuels auront beaucoup moins de retraite que leurs ainés qui vivent mieux qu’eux aujourd’hui. Demander un effort aux retraités par une indexation réduite se justifie aussi en raison des inégalités intergénérationnelles qu’on a déjà évoqué dans un précédent podcast. Et cela a déjà été fait ailleurs ? Oui, la Suède dans les années 1990. Ils ont planifié sur plusieurs décennies, en répartissant les efforts et en expliquant clairement les règles. Résultat : un système plus robuste et accepté. Donc, réussir la transition, c’est partager l’effort équitablement entre générations.

Oct 13, 2025

S6 Ep 7Retraites : un fonds citoyen pour investir dans l’avenir

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Tu parles de fonds citoyen. De quoi s’agit-il exactement ? C’est une idée simple : créer un fonds public qui gère une partie des retraites en capitalisation. Ce fonds investirait à la fois pour générer du rendement et pour financer des priorités nationales, comme la transition énergétique, l’innovation ou la réindustrialisation. Donc, nos retraites serviraient aussi à préparer l’avenir du pays ? Exactement. C’est ce que font la Norvège avec son fonds souverain ou la Suède avec ses fonds de pension. Les retraites deviennent un levier d’investissement collectif, et non une simple dépense. Quels seraient les bénéfices ? De meilleurs rendements pour les pensions, une plus grande équité entre générations, et une souveraineté économique renforcée. Aujourd’hui par exemple, nos grandes entreprises sont détenues par des fonds étrangers. Un fonds citoyen permettrait d’augmenter le contrôle sur le capital productif par les Français et de garder la richesse au service du pays. C’est donc un enjeu de souveraineté financière et de partage des profits. En résumé, un tel fonds ferait de la retraite non seulement une sécurité, mais aussi un moteur d’avenir. Donc cela vaut le coup de réfléchir à un fonds d’investissement citoyen.

Oct 13, 20252 min

S6 Ep 6Retraites : la capitalisation, un tabou français à dépasser

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. En France, dès qu’on parle de capitalisation, le débat s’enflamme. Pourquoi ? Parce que beaucoup y voient une menace pour la solidarité. Mais c’est une caricature. Rappelons qu’il existe deux grands modes de financement des retraites : la répartition, où la cotisation des actifs sert directement à financer la pension des retraites et la capitalisation, où chacun investit son épargne dans des investissements financiers pour sa retraite. Dans la plupart des pays, les deux systèmes coexistent. En France, la capitalisation représente à peine 2 % des pensions. Aux Pays-Bas, c’est plus de 50 %. Et en quoi cela change la donne ? Les rendements. Si une partie des cotisations avait été investie, la pension moyenne pourrait atteindre 2 700 euros par mois, contre 1 600 aujourd’hui, à l’heure où nous enregistrons ce podcast en 2025. La capitalisation a un rendement plus élevé que la répartition car elle investit dans la partie la plus productive de l’économie et peut se diversifier à l’étranger. Il y a un risque financier de court terme au moment de partir à la retraite, mais la capitalisation n’est pas l’ennemie de la solidarité, elle peut la compléter. Mais comment éviter les dérives financières ? En organisant la capitalisation collectivement, via un fonds public ou citoyen. Ce modèle existe déjà en Norvège ou en Suède, avec transparence et sécurité. En outre, cela permettra de partager davantage les profits des entreprises au plus grand nombre : c’est aussi un enjeu de réduction des inégalités et de répartition des flux de richesse. Donc, dépasser le tabou, c’est renforcer le système, pas l’affaiblir.

Oct 7, 20252 min

S6 Ep 5Retraites : Réconcilier les Français avec leur retraite grâce à la transparence

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Beaucoup de Français disent ne pas comprendre leur retraite. Est-ce si compliqué ? Oui, et c’est un vrai problème. Nous avons plus de quarante régimes, chacun avec ses propres règles. Personne ne sait combien il va toucher à la retraite et comme on n’arrête pas de faire des réformes, on ne sait pas ce qui va changer demain. Un système censé rassurer est devenu source d’angoisse. Pourquoi cette opacité est-elle si grave ? Parce qu’elle détruit la confiance. Quand on ne sait pas ce qu’on aura demain, on doute du système. Et sans confiance, aucune réforme ne peut réussir. Comment redonner de la lisibilité ? En simplifiant. On pourrait réduire le nombre de régimes de retraite pour plus d’équité et de lisibilité, mettre en place des comptes retraite numériques personnalisés pour plus de visibilité, ou passer à un système qui ajuste automatiquement les pensions aux conditions économiques et démographiques. Les idées ne manquent pas, mais nous n’avons pas pu dégager un consensus pour avancer. Pourtant, la transparence, ce n’est pas seulement de la pédagogie : c’est la clé de l’adhésion. En résumé, pour réconcilier les Français avec leur retraite, il faut d’abord leur rendre leur système lisible.

Oct 7, 2025

S6 Ep 4Retraites : pourquoi les réformes actuelles ne suffisent pas

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine GallèsTexte : Pierre-Olivier BeffyVous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Depuis trente ans, nous avons connu plusieurs réformes des retraites : âge repoussé, durée de cotisation allongée. Pourtant, le problème reste entier. Pourquoi ?Parce que ces réformes sont ce qu’on appelle “paramétriques”. Elles jouent sur les curseurs – âge, durée, taux – mais ne changent pas la logique du système. Or, avec moins d’actifs et plus de retraités, ces ajustements repoussent l’échéance mais ne règlent rien. Et c’est sans compter qu’en permanence, les gouvernements et les institutions comme le Conseil d’Orientation des Retraites ont adopté une vision beaucoup trop optimiste de la croissance, minimisant en permanence l’effort à faire pour maintenir le système en place.Et les Français ont bien compris ce décalage ?Oui, et c’est pour cela qu’ils parlent de “l’énième réforme”. Ils ont l’impression qu’on leur demande toujours plus sans vision d’ensemble. Résultat : 70 % disent ne pas comprendre leur retraite et 84 % pensent qu’ils perdront en pouvoir d’achat. La confiance est brisée.D’autres pays ont fait différemment ?Oui, la Suède a créé un système dit notionnel. Chaque personne cotise sur un compte virtuel où ses droits sont enregistrés de façon transparente. Le montant de la future pension s’adapte automatiquement à l’évolution de la population et de l’économie. Résultat : équilibre durable, lisibilité, et plus de confiance.Donc, bricoler ne suffit plus. Pour que la retraite reste un horizon de confiance, il faut une réforme structurelle et durable.

Oct 2, 20252 min

S6 Ep 3Retraites : les inégalités entre générations

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine GallèsTexte : Pierre-Olivier BeffyVous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. On entend souvent que les jeunes générations sont les perdantes du système de retraite. Est-ce un mythe ou une réalité ?C’est une réalité. Les retraités actuels bénéficient d’un rendement réel annuel moyen d’environ +2 % sur leurs cotisations. En clair, sur l’ensemble de leur retraite, ils touchent deux fois plus que ce qu’ils ont versé en pouvoir d’achat. Les jeunes générations, elles, devront se contenter d’un rendement beaucoup plus faible : au final, leur gain de pouvoir d’achat des pensions par rapport à leur cotisation sera cinq fois moins élevé que celui des retraités actuels.Comment expliquer un tel écart ?Les baby-boomers ont profité d’une démographie favorable et d’une forte croissance. Dans les années 1960, quatre actifs finançaient un retraité. Aujourd’hui, on est tombé à 1,7, et demain ce sera proche de 1. Cela veut dire que les jeunes paient beaucoup plus pour financer des pensions qui, pour eux, seront bien plus faibles. Car rappelons-le, dans notre système par répartition, on ne cotise pas pour sa retraite, mais pour celle des retraités en place : c’est pourquoi il peut y avoir les fortes inégalités intergénérationnelles qu’on observe aujourd’hui.D’où le sentiment d’injustice et la méfiance des actifs ?Exactement. Ils ont le sentiment de cotiser dans un système qui ne leur garantira pas le même niveau de protection que celui de leurs parents. Et si rien ne change, cette solidarité intergénérationnelle peut se transformer en fracture.En résumé : sans réforme, on entretient un système qui avantage les anciens et pénalise les jeunes, au risque de briser la confiance.

Oct 2, 20252 min

S6 Ep 2Un système de retraite généreux mais fragile

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. On dit souvent que la retraite française est l’une des plus protectrices au monde. Est-ce vraiment le cas ? Oui, absolument. Le niveau de vie médian des retraités est quasiment équivalent à celui de l’ensemble de la population, ce qui est rare. Leur taux de pauvreté est l’un des plus faibles d’Europe, à peine 8,5 %. Il est même inférieur à celui des actifs. Et l’âge effectif de départ reste sous les 63 ans, quand la moyenne de l’OCDE est à 65 ans, parfois 67. Sur le papier, c’est un modèle envié. Alors pourquoi tant de débats et de polémiques autour de ce système ? Parce que cette générosité a un coût. La France consacre 14 % de son PIB aux retraites, un record mondial. Aujourd’hui en 2025, cela veut dire que chaque actif verse en moyenne près de 1 000 euros par mois uniquement pour financer les pensions. Ces cotisations pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages, sur le coût du travail pour les entreprises, et elles ne suffisent même pas : l’État doit compléter, aggravant le déficit public. Donc, un système envié, mais qui vit au-dessus de ses moyens ? Exactement. Ce modèle a permis d’offrir une grande sécurité aux retraités d’aujourd’hui, mais il repose sur des bases fragiles. Avec la démographie actuelle et les déficits récurrents, il est clair qu’il n’est plus soutenable tel quel. En résumé, la retraite française est un acquis précieux, mais elle n’a d’avenir que si elle est adaptée à la réalité d’aujourd’hui.

Sep 29, 2025

S6 Ep 1Le système de retraite français expliqué en 3 minutes

Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine GallèsTexte : Pierre-Olivier BeffyBienvenue dans les podcasts de L’Éco à venir, l’association qui rend l’économie accessible à tous, de manière rigoureuse et indépendante. Dans cette série, nous explorons le système de retraite français : son fonctionnement, ses défis, et les pistes d’avenir. Alors commençons par la base. Comment fonctionne le système de retraite français ?C’est assez simple dans son principe, même si ses règles sont complexes. La retraite française repose principalement sur la répartition. Cela veut dire que les actifs d’aujourd’hui paient, via leurs cotisations, les pensions des retraités actuels. Ce n’est pas une épargne individuelle, mais une solidarité entre générations.Et tout le monde est concerné ?Oui, mais pas de la même manière. Il existe plus de 40 régimes différents – pour les salariés du privé, les fonctionnaires, les indépendants, les professions spécifiques… chacun avec ses propres règles de calcul. À la fin, les pensions sont souvent une combinaison de plusieurs régimes pour une même personne.Concrètement, combien ça représente ?La France consacre environ 14 % de son PIB aux retraites, un record mondial. Pour chaque euro de salaire brut dans le secteur privé, environ 28 centimes partent en cotisations retraite. Cela permet de garantir un niveau de vie des retraités proche de celui des actifs alors que dans la quasi-totalité des pays les retraités ont un niveau de vie inférieur à celui des actifs.Donc un système généreux, mais coûteux.Exactement. Et c’est là que le défi se pose : avec l’allongement de la vie et moins d’actifs pour financer chaque retraité, l’équilibre devient fragile.En résumé : notre système est un pilier de solidarité, mais il doit évoluer pour rester viable et juste pour toutes les générations.

Sep 29, 20252 min

S5 Ep 18Dois-je trader tous les jours ou penser à long terme ?

Voix : Léa Dauphas et Maxime AlimiTexte : Maxime AlimiJ’aimerais savoir si je dois trader tous les jours ou penser à long terme ?Une fois que je me suis lancé à faire des investissements, quelle est la bonne approche ? Faut-il faire beaucoup de mouvements ou au contraire laisser l’investissement vivre sa vie ?Honnêtement, il n’y a pas de réponse définitive à cette question. Le point de départ, c’est de se dire que faire des opérations, ça coute à chaque fois de l’argent. Donc plus on intervient, plus le risque de perdre de l’argent augmente. Ensuite, il est impossible de prévoir l’avenir et la recherche académique suggère que chercher à jouer les points hauts et bas du marché n’est que rarement rentable. Dès lors, la meilleure stratégie est de ne pas toucher à ses investissements au moindre soubresaut des marchés et de penser à long terme.Mais on a parlé des krachs boursiers. Ça ne vaut pas la peine quand on sent un choc arriver de vouloir couper ses positions avant ?C’est tout aussi difficile de prédire ces chocs, même de grande ampleur. Et par ailleurs, il faut se méfier de ses émotions et notamment des décisions de panique face à une perte. Vendre ses investissements après le choc du Covid, c’était non seulement perdre 30 à 40% de son argent, mais surtout se priver du rebond des marchés qui a suivi. La bonne approche si on veut vraiment être actif, c’est de se fixer au préalable des règles claires d’achat ou de vente, en de disant par exemple « si telle valeur atteint tel niveau, je vendrai 20% de ma position ». Ainsi on se protège mieux des réactions émotionnelles.Tu as l’air de me dire que finalement, il vaut mieux être passif qu’actif. Pourtant, on entend parler de ces traders qui gagnent des sommes astronomiques sur les marchés financiers. Pourquoi ne pas les imiter ?C’est vrai que certains parviennent à gagner beaucoup d’argent en faisant du trading intensif. Mais ces personnes ne sont qu’une poignée, parce qu’elles sont certainement douées, qu’elles ont de la chance, qu’elles ont souvent des années, voire des décennies d’expérience, sont le plus souvent spécialisées sur certains marchés très précis et surtout passent leur journée intégralement devant leurs écrans de trading. A mon avis, c’est un peu illusoire pour un particulier de vouloir adopter cette stratégie.Très bien. Donc pour résumer, un investisseur particulier devrait plutôt bien choisir ses investissements et ensuite ne pas trop y toucher et ne pas chercher à augmenter ses gains en faisant des mouvements très réguliers qui vont surtout lui couter des frais. Et d’ailleurs, avec cette approche, un investisseur particulier peut parfois faire mieux qu’un investisseur professionnel !

Sep 2, 20252 min

S5 Ep 17Pourquoi les prix peuvent s’effondrer brutalement ?

Voix : Léa Dauphas et Maxime Alimi Texte : Maxime Alimi J’aimerais savoir : Pourquoi les prix peuvent s’effondrer brutalement ? Beaucoup de gens hésitent à investir en Bourse de peur de subir des pertes, notamment lors des krachs boursiers, krachs qui se produisent régulièrement. Pourquoi les prix d’actifs financiers comme les actions peuvent-ils s’effondrer brutalement ? C’est vrai que les krachs boursiers peuvent être violents. En 2008, l’indice américain S&P 500 a perdu 55% de sa valeur. En 2020, le CAC 40 a perdu près de 40%. Souvent, quand il y a une secousse de cette ampleur, c’est le résultat d’une combinaison de chocs. On distingue les facteurs fondamentaux et les facteurs techniques. Commençons alors par les facteurs fondamentaux. Le fondamental, c’est ce qui est lié à la réalité économique et son impact sur la valeur de l’actif financier. Et il faut bien se souvenir que les marchés financiers sont une énorme machine à anticiper : ce qui compte, c’est l’impact à venir. Pour le marché actions, c’est notamment l’impact attendu d’un choc sur la performance des entreprises, au travers de leur capacité à générer du chiffre d’affaires et du bénéfice. Quand on apprend qu’une pandémie s’abat sur le monde, les marchés ajustent la trajectoire anticipée des bénéfices pour toutes les entreprises, ce qui crée un mouvement d’ajustement violent. OK et donc ça, c’est l’effet fondamental ? Pas entièrement. En fait, les marchés ajustent à la baisse leur scénario mais intègrent aussi une augmentation de l’incertitude autour de ce scénario. Par exemple, si on dit que le plus probable c’est que les bénéfices baisseront de 30%, on dit en même temps qu’il y a aussi une chance qu’ils baissent encore davantage, car on n’est pas sûr de cette estimation. La baisse pourrait être encore plus forte que prévu !. C’est ce qu’on appelle l’augmentation de la prime de risque, qui correspond à la baisse de visibilité sur le scénario le plus probable. Et ça amplifie la baisse des prix. Et à cela, on doit ajouter d’autres facteurs techniques ? Exact. Les facteurs techniques, ce sont des canaux d’amplification des mouvements de prix qui ne sont pas liés à la réalité économique directement mais à des mécanismes financiers. Par exemple, lorsque les prix d’actifs baissent, certains investisseurs sont forcés de vendre, même s’ils ne le souhaiteraient pas. Soit parce qu’ils ont des règles strictes de contrôle de risque, soit parce qu’ils ont des contraintes réglementaires, soit parce qu’ils ont acheté ces actifs en s’endettant. Je vois. Donc pour résumer, les krachs boursiers proviennent le plus souvent de chocs réels qui impactent les fondamentaux de l’économie, mais sont amplifiés à la fois par l’incertitude qui accompagne cet ajustement et par d’autres réactions plus techniques.

Jun 17, 20253 min

S5 Ep 16Comment investir en actions ?

Voix : Léa Dauphas et Maxime Alimi Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Comment investir en actions ? Investir son épargne en actions peut permettre de faire fructifier son capital à long terme. Mais cela fait toujours un peu peur d’investir son épargne en actions. Qu’en penses-tu ? En effet, il faut d’abord évaluer sa capacité d’investissement et ses objectifs financiers. Un ménage doit déterminer le montant qu’il est prêt à allouer, en veillant à conserver une épargne de sécurité pour faire face aux imprévus. En fonction de leur tolérance au risque, les ménages peuvent choisir d’investir une part de leur épargne dans les actions, tout en diversifiant les investissements pour minimiser les risques. D’accord, mais comment concrètement investir en actions ? Cela a l’air plus compliqué que de mettre son argent sur le livret A… C’est un peu plus compliqué, mais pas beaucoup non plus. En France, plusieurs options s’offrent aux épargnants pour investir en actions, comme le Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou les comptes-titres. Le PEA, par exemple, bénéficie d’avantages fiscaux intéressants après cinq ans de détention, ce qui en fait un choix privilégié. On peut généralement en ouvrir dans sa banque. De plus, dans un PEA, on peut investir via des fonds indiciels (ETF) dont nous avons déjà parlés et qui permettent de répartir leur investissement sur un large panier d’actions tout en réduisant le risque individuel lié à une entreprise spécifique. Et je peux mettre combien sur un PEA ? Il y a plusieurs types de PEA, mais pour un PEA classique, on peut mettre 150 000 euros maximum. Les actions détenues dans un PEA doivent être des actions d’entreprises européennes. Ce qu’il est important de comprendre toutefois, c’est que les actions sont des actifs dont le prix peut subir des baisses parfois importantes. On ne gagne pas à tous les coups à court terme, mais dans une approche de long terme, les chocs négatifs de court terme finissent généralement par être absorbés, surtout si on a diversifié ses investissements comme dans un panier d’entreprises. Donc si je résume, investir son épargne en actions peut permettre de faire fructifier son capital sur le long terme, mais cela nécessite d’évaluer ses objectifs financiers et sa tolérance au risque. Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est une option intéressante en France, offrant des avantages fiscaux après 5 ans, avec un plafond de 150 000 €, et permet d’investir dans des actions européennes ou des fonds indiciels pour diversifier ses investissements.

Jun 2, 20252 min

S5 Ep 15Est-il optimal de mettre toute mon épargne dans un livret A ?

Voix : Léa Dauphas et Maxime Alimi Texte : Maxime Alimi J’aimerais savoir : Est-il optimal de mettre toute mon épargne dans un livret A ? On entend souvent que le livret A est le placement préféré des Français. Est-ce que c’est vraiment le meilleur placement possible ? En fait le livret A a plusieurs avantages très clairs : c’est un placement dont le capital est garanti, c’est-à-dire qu’on ne peut pas perdre son argent, sa mise de départ si je peux m’exprimer ainsi. C’est aussi un placement dont le rendement est connu à l’avance et qui offre donc beaucoup de certitudes. Il est parfaitement liquide, c’est-à-dire que l’on peut récupérer son argent à tout moment. Et enfin il est exempté de fiscalité. Donc c’est vraiment le placement parfait ?! En fait il est parfait pour répondre à un certain type d’objectifs. C’est un très bon placement de trésorerie, quand on a une épargne de court terme qu’on veut faire fructifier en attendant de l’utiliser pour autre chose. Mais il a deux problèmes principaux : d’abord, son montant est limité à 22 950 € même si peut lui ajouter le livret développement durable. Et surtout, son rendement est calibré pour être très proche de l’inflation. Ca veut dire qu’après inflation, c’est-à-dire en pouvoir d’achat, on est garanti de ne gagner au final que très peu. Alors quelle est la bonne approche ? Un investissement n’a de sens que par rapport à un objectif. Pour quelqu’un qui veut faire un placement d’attente pour une durée courte ou incertaine, le livret A est bien adapté. Pour un investisseur de long terme qui peut tolérer du risque, il vaut mieux utiliser le Plan d’Epargne en Actions (PEA) qui offre aussi une enveloppe défiscalisée pour investir en actions. Pour un objectif de transmission du patrimoine, l’assurance-vie a des avantages. L’intérêt, c’est de combiner ces différents outils pour atteindre plusieurs objectifs parallèles, à court, moyen et long terme. J’ai bien compris. Le livret A est un placement très efficace pour placer son épargne de court terme. Mais si on a plus de temps devant soi, il vaut mieux le combiner à d’autres types d’investissements comme le PEA ou l’assurance-vie.

May 26, 20252 min

S5 Ep 14Comment évaluer mon profil de risque?

Voix : Léa Dauphas et Maxime Alimi Texte : Maxime Alimi J’aimerais savoir comment évaluer mon profil de risque Lorsqu’on fait des investissements, chacun doit d’abord commencer par répondre à des questions pour évaluer son profil de risque. Mais de quoi s’agit-il ? Effectivement le conseiller financier qui propose un placement doit d’abord poser plusieurs questions à son client pour établir un profil investisseur. C’est la loi. Cela permet de s’assurer que les placements proposés sont conformes aux connaissances de son client et à sa tolérance pour le risque, et ne vont pas conduire à des situations problématiques pour l’investisseur. Mais comment évalue-t-on un profil de risque concrètement ? Concrètement, il y a des caractéristiques objectives et subjectives pour faire cette évaluation. D’un point de vue objectif, il faut évaluer mes connaissances préalables et mon expérience en matière de placements. Il faut que je m’interroge sur mon horizon d’investissement, mes objectifs de performance, mes projets à venir ou la probabilité d’avoir besoin de récupérer tout ou partie de mon argent de façon inattendue. Il convient aussi d’évaluer la proportion que représente l’investissement dans mon patrimoine global et le niveau de confort que j’ai avec mes revenus courants. En gros, il faut pouvoir comprendre si le fait de perdre une partie de cet argent sera tolérable ou au contraire me mettra dans une situation financière difficile. Tu disais qu’il y a aussi des éléments subjectifs ? Oui, certaines personnes ont objectivement toutes les raisons de préférer des investissements risqués, mais perdre de l’argent les empêche de dormir la nuit. Il faut évidemment éviter ça ! Investir n’est pas sensé compliquer la vie, plutôt la simplifier. Donc il faut aussi se demander par exemple la fréquence à laquelle on consulte ses investissements, quelle attitude on a face à une perte et dans quelle mesure on peut la supporter sereinement. OK donc si je résume, établir un profil investisseur est indispensable pour assurer la conformité entre ma situation et mes placements. Il y a des critères objectifs, notamment mon horizon de temps et mes objectifs, mais aussi subjectifs, comme ma faculté à supporter des pertes.

May 19, 20252 min

S5 Ep 14Qu’est-ce que les marchés des changes ?

Voix : Louison Guégaden et Pierre-Olivier Beffy Texte : Zaid Bensalem J’aimerais savoir : Qu’est-ce que les marchés des changes ? Echanger une devise est important pour les entreprises qui exportent, pour celles qui importent et pour les citoyens qui voyagent à l’étranger. Cela nous concerne tous. Mais pourrais-tu me dire exactement comment fonctionne le marché des changes ? Le marché des changes, ou Forex, est un marché décentralisé où les devises mondiales sont échangées. C’est le plus grand marché financier, avec un volume de transactions quotidien dépassant souvent 6 000 milliards de dollars en 2024. Il permet aux entreprises de mener des affaires internationales, aux gouvernements de gérer leurs réserves, et aux investisseurs de spéculer sur les taux de change. Contrairement aux marchés boursiers centralisés, le Forex n’a pas de lieu physique pour les échanges, ceux-ci se faisant via des réseaux électroniques, 24h/24, 5 jours sur 7. Quelles sont les raisons pour lesquelles on échange des devises ? Il y a deux principales raisons. D’abord, le besoin de devises pour le commerce international : une entreprise française qui importe des produits américains doit convertir des euros en dollars pour payer son fournisseur. Ensuite, la spéculation : les investisseurs cherchent à profiter des fluctuations des taux de change des monnaies. Par exemple, un trader qui pense que l’euro va monter face au dollar achètera des euros, espérant les revendre plus tard à un prix plus élevé. Ces fluctuations sont influencées par des facteurs comme les politiques monétaires, les indicateurs économiques, et les événements géopolitiques. Tu as commencé à y répondre mais quelles sont les acteurs du marché des changes ? Avec les plateformes de trading en ligne, tout le monde peut participer au Forex avec des montants modestes. Les grandes banques internationales comme JP Morgan et Goldman Sachs réalisent toutefois la majorité des échanges. Les banques centrales interviennent pour stabiliser leur monnaie ou influencer l’économie. Les multinationales convertissent des devises pour leurs activités internationales. Enfin, les traders, qu’ils soient professionnels ou particuliers, achètent et vendent des devises pour des profits à court terme. Donc si je résume, le marché des changes, ou Forex, est un marché décentralisé où les devises sont échangées en continu. Ce marché comprend des acteurs tels que les grandes banques, les banques centrales, les multinationales, et les traders, chacun jouant un rôle essentiel dans les échanges, rendus accessibles à tous via des plateformes de trading en ligne.

May 12, 20252 min

S5 Ep 12Comment fonctionne les marchés obligataires ?

Voix : Louison Guegaden et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Comment fonctionne les marchés obligataires ? Après avoir parlé du marché des actions, nous allons explorer un autre aspect important du monde financier : les marchés obligataires. Vous vous demandez peut-être comment cela fonctionne ? Eh bien, allons-y ! Alors pour commencer, qu’est-ce qu’une obligation ? Une obligation est essentiellement un prêt que vous faites à une entreprise ou à un gouvernement. Lorsque vous achetez une obligation, vous prêtez de l’argent à l’émetteur de l’obligation, et en retour, vous recevez des intérêts réguliers pendant une période définie, puis vous récupérez votre argent prêté à la fin de la période. Donc acheter une obligation, c’est comme faire un prêt avec un rendement et une maturité connue à l’avance. Et comment fonctionnent les marchés obligataires ? Eh bien, imaginez un marché où les investisseurs échangent des obligations. Ces obligations peuvent être émises par des gouvernements, des entreprises ou même des entités supranationales comme la Banque mondiale. Comme pour les actions, l’offre et la demande influencent les prix des obligations. Plus une obligation est sûre et plus elle offre un bon rendement, plus la demande pour cette obligation est élevée. Quand la demande est très forte, l’émetteur peut se permettre de moins rémunérer l’investisseur en baissant le taux d’intérêt sur l’obligation. D’accord, mais moi, je ne suis pas vraiment concerné par le marché obligataire ? C’est pourtant très important ! Le taux d’un prêt immobilier va dépendre des taux sur les marchés obligataires des Etats. Le rendement de l’épargne dépend aussi beaucoup des marchés obligataires. Plus généralement, les marchés obligataires jouent un rôle crucial dans l’économie en permettant aux gouvernements et aux entreprises de lever des fonds pour financer leurs projets. De plus, les obligations offrent aux investisseurs une source de revenus régulière et relativement sûre, ce qui en fait un élément important de nombreux portefeuilles d’investissement. Donc si je résume, les marchés obligataires sont des marchés où les investisseurs échangent des obligations, qui sont essentiellement des prêts à des gouvernements ou à des entreprises. Ces marchés sont importants car ils permettent aux émetteurs de lever des fonds et offrent aux investisseurs une source de revenus stable.

May 5, 20252 min

S5 Ep 11Comment fonctionne le marché des actions ?

Voix : Louison Guegaden et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Qu’est-ce qu’un marché primaire ou secondaire ? Aujourd’hui, nous allons explorer le monde des marchés financiers en répondant à une question qui peut sembler complexe au premier abord : qu’est-ce qu’un marché primaire ou secondaire ? Alors commençons par le marché primaire : qu’est-ce que c’est ? Et bien, imagine la première fois qu’une entreprise vend ses actions ou ses obligations au public. Le marché primaire, c’est comme un événement inaugural où ces titres sont émis et vendus directement aux investisseurs, ce qui permet à l’entreprise de lever des fonds pour ses projets. D’accord, donc le marché primaire désigne celui où un émetteur introduit des titres pour la première fois. Et qu’en est-il du marché secondaire ? Eh bien, une fois les titres acquis, ils vont pouvoir s’échanger sur ce qu’on appelle le marché secondaire. C’est comme le marché boursier que vous voyez à la télévision. C’est là que les investisseurs échangent des actions ou des obligations déjà émises entre eux, sans que l’entreprise émettrice soit directement impliquée. C’est très clair mais pourquoi sont-ils importants pour nous ? Les marchés primaires permettent aux entreprises de collecter des fonds pour investir et grandir, et pour les administrations publiques de s’endetter pour financer leur projet ou combler leurs déficits. Les marchés secondaires offrent de la liquidité aux investisseurs, ce qui signifie qu’ils peuvent acheter ou vendre leurs titres facilement. Donc si je résume, les marchés primaires et secondaires sont des piliers essentiels du fonctionnement des marchés financiers. Les comprendre nous aide à saisir comment les entreprises et les administrations publiques se financent et comment les investisseurs interagissent sur ces marchés.

Apr 28, 20252 min

S5 Ep 10Qu’est-ce qu’un marché primaire ou secondaire ?

Voix : Louison Guegaden et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Qu’est-ce qu’un marché primaire ou secondaire ? Aujourd’hui, nous allons explorer le monde des marchés financiers en répondant à une question qui peut sembler complexe au premier abord : qu’est-ce qu’un marché primaire ou secondaire ? Alors commençons par le marché primaire : qu’est-ce que c’est ? Et bien, imagine la première fois qu’une entreprise vend ses actions ou ses obligations au public. Le marché primaire, c’est comme un événement inaugural où ces titres sont émis et vendus directement aux investisseurs, ce qui permet à l’entreprise de lever des fonds pour ses projets. D’accord, donc le marché primaire désigne celui où un émetteur introduit des titres pour la première fois. Et qu’en est-il du marché secondaire ? Eh bien, une fois les titres acquis, ils vont pouvoir s’échanger sur ce qu’on appelle le marché secondaire. C’est comme le marché boursier que vous voyez à la télévision. C’est là que les investisseurs échangent des actions ou des obligations déjà émises entre eux, sans que l’entreprise émettrice soit directement impliquée. C’est très clair mais pourquoi sont-ils importants pour nous ? Les marchés primaires permettent aux entreprises de collecter des fonds pour investir et grandir, et pour les administrations publiques de s’endetter pour financer leur projet ou combler leurs déficits. Les marchés secondaires offrent de la liquidité aux investisseurs, ce qui signifie qu’ils peuvent acheter ou vendre leurs titres facilement. Donc si je résume, les marchés primaires et secondaires sont des piliers essentiels du fonctionnement des marchés financiers. Les comprendre nous aide à saisir comment les entreprises et les administrations publiques se financent et comment les investisseurs interagissent sur ces marchés.

Apr 14, 20251 min

S5 Ep 9Qu’est-ce que le marché monétaire ?

Voix : Louison Guegaden et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Qu’est-ce que le marché monétaire ? Bonjour à tous, bienvenue dans notre podcast où nous répondons à vos questions sur l’économie et la finance. Aujourd’hui, nous allons explorer le marché monétaire, un concept essentiel mais souvent mal compris. Tout d’abord, qu’est-ce que le marché monétaire ? Pour le dire simplement, le marché monétaire est un segment du marché financier où les institutions financières et les entreprises se prêtent de l’argent à court terme, généralement pour une durée inférieure à un an. Par exemple, si une banque fait face à des demandes de crédit mais n’a pas assez de liquidités immédiatement disponibles, elle peut emprunter de l’argent à une autre banque sur le marché monétaire. Et comment fonctionne-t-il plus précisément ? Eh bien, si par exemple une banque prête de l’argent, elle va exiger une garantie. Cette garantie va prendre la forme de différents instruments financiers comme les bons du Trésor, les certificats de dépôt, et les billets de trésorerie. Ces instruments permettent aux institutions de gérer leurs liquidités à court terme et d’emprunter ou de prêter de l’argent en fonction de leurs besoins. La rémunération du marché monétaire est en général peu attractive On parle beaucoup des banques, mais est-ce que les particuliers ont accès au marché monétaire ? Pas directement ! Mais indirectement, les particuliers peuvent investir sur certains produits financiers dont le rendement est défini indirectement par le niveau des taux monétaire. Les exemples les plus concrets sont les livrets bancaires ou le livret A. En conclusion, le marché monétaire est un élément vital pour équilibrer la liquidité à court terme entre les institutions financières et les entreprises. Comprendre son fonctionnement est essentiel pour appréhender le système financier dans son ensemble.

Mar 31, 20252 min

S5 Ep 8Les perdants et les gagnants d’un marché financier

Voix : Louison Guegaden et Pierre-Olivier BeffyTexte : Zaid BensalemJ’aimerais savoir : Qui sont les perdants et les gagnants des marchés financiers ?Quand on pense aux marchés financiers, on pense souvent aux traders en costume, au Loup de Wall street, aux graphiques boursiers qui montent et qui descendent à une vitesse vertigineuse, et des gains ou des pertes qui se jouent en un clin d’œil. Mais derrière tout ça, il y a des dynamiques complexes et des acteurs aux rôles variés. Qui, au final, s’enrichit sur ces marchés, et qui en sort perdant ?C’est une question passionnante, mais dont la réponse est plus compliquée qu’il n’y parait. Si tu me vends une action aujourd’hui. Si son prix monte demain, j’aurai gagné de l’argent, mais toi, tu en auras perdu car tu aurais pu me la vendre plus chère demain. Si par la suite le prix de l’action tombe à 0, j’aurai à mon tour été un perdant, alors que tu auras finalement bien fait de me la vendre… Dans une transaction, on a toujours un gagnant et un perdant, mais on ne le sait pas à l’avance !D’accord, mais alors est-ce qu’on peut gagner plus souvent que les autres ?Les gagnants des marchés financiers incluent souvent les investisseurs expérimentés, mais un particulier peut aussi avoir la discipline et fournir le travail pour être du côté des gagnants. Les grandes institutions financières et certains fonds spéculatifs disposent de ressources importantes pour analyser le marché et accéder à des informations exclusives, ce qui est un avantage. Ils emploient également des stratégies sophistiquées pour maximiser leurs profits, que ce soit par le trading à haute fréquence, l’arbitrage, ou l’investissement à long terme. Les banques centrales peuvent aussi être gagnantes lorsqu’elles manipulent les taux d’intérêt et les politiques monétaires pour stabiliser l’économie et soutenir leurs objectifs nationaux.Et y a-t-il des stratégies gagnantes ?Chacun peut avoir une stratégie qui lui correspond. Ce qu’il faut éviter, c’est le trading émotionnel et le faible contrôle des risques qui conduisent à perdre, voire à tout perdre. Les fluctuations imprévisibles, les crises économiques et la volatilité des marchés peuvent également entraîner des pertes importantes pour ceux qui ne sont pas bien préparés ou qui ne disposent pas des outils nécessaires pour naviguer dans ces environnements complexes.Donc si je résume, les marchés financiers sont remplis de dynamiques complexes et de divers acteurs, où les gagnants et les perdants se définissent souvent après coup. Cela paraît facile pour certains de gagner sur les marchés financiers, mais si on peut faire un coup, gagner régulièrement de l’argent nécessite beaucoup de travail et de discipline.

Mar 17, 20252 min

S5 Ep 7Qu’est-ce qu’un forward ?

Voix : Aimé Jean et Emilien SimioniTexte : Emilien SimioniJ’aimerais savoir ce qu’est un forward ?Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast ! Lors de notre dernier épisode, nous avons expliqué ce qu’était un contrat à terme standardisé, un future en anglais. Aujourd’hui, nous allons présenter un produit financier très proche : les contrats forward. Effectivement, un contrat forward est très similaire à un contrat à terme, c’est un contrat entre un acheteur et un vendeur portant sur un sous-jacent. Le vendeur s’engage à livrer le sous-jacent à une date prédéterminée. Pour rappel, le sous-jacent peut être une matière première, une action ou une obligation, mais il peut également porter sur des actifs plus complexes tels que des taux d’intérêt ou un taux de change. L’acheteur, quant à lui, s’engage à payer le sous-jacent au moment de la livraison à un prix défini lors de la signature du contrat.Je vois, jusqu’ici, il n’y a pas de différence notable entre un contrat à terme standardisé comme un futur qu’on a vu dans le précédent podcast et un contrat forward. Où se situe donc la distinction entre ces deux produits financiers ?Pour rappel, les futurs sont des contrats à terme standardisés négociés sur des marchés organisés. En revanche, les contrats forward, eux, ne sont pas échangés sur des marchés organisés, mais sur des marchés de gré à gré, c’est-à-dire entre deux acteurs financiers, sans passer par un marché. On utilise généralement le terme marché OTC (pour Over-The-Counter, qui correspond à la traduction anglaise). Sur ces marchés OTC, il n’existe pas de plateforme centralisant l’offre et la demande. Les acheteurs et les vendeurs signent des contrats non standardisés et négocient directement les termes de la livraison, y compris les prix.Et pourquoi choisit- on plus l’un que l’autre ?Les futurs ont moins de risques de contrepartie c’est-à-dire que l’acheteur ne puisse payer au moment de la livraison car des chambres de compensation existe sur les marchés. Une chambre de compensation est une entreprise dont le rôle est de mettre en place certains mécanismes pour éviter les risques de défauts. Mais pour certains actifs, il n’y a pas vraiment de marché, et donc l’investisseur peut être obligé de passer par un forward.Merci, la différence est désormais très claire. Si je récapitule, un contrat forward est un contrat à terme, un accord entre un acheteur et un vendeur sur une quantité de sous-jacent donnée à un prix prédéfini. Les futurs sont échangés sur des marchés organisés, tandis que les contrats forward sont négociés de gré à gré, sur les marchés OTC.

Mar 10, 20253 min

S5 Ep 6Qu’est-ce qu’un futur ?

Voix : Aimé Jean et Emilien Simioni Texte : Emilien Simioni Qu’est-ce qu’un futur ? Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast ! Lors de notre dernier épisode, nous avons exploré le monde des options. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un autre instrument financier incontournable : les contrats futurs. Alors, qu’est-ce qu’un contrat futur ? C’est un accord entre deux parties, où l’une s’engage à acheter un sous-jacent — ça peut être une matière première, un indice, un taux d’intérêt, des actions ou même des devises — à une date future précise, et à un prix fixé dès la signature du contrat. De son côté, l’autre partie s’engage à livrer ce sous-jacent à la date prévue. Ces contrats sont échangés sur ce qu’on appelle des marchés organisés. Parmi les plus connus, on trouve le CME Group, Euronext, ou encore le New York Stock Exchange. Ces marchés organisés garantissent la sécurité des transactions grâce à la standardisation des contrats. Mais qu’est-ce que cela signifie, « standardisé » ? Prenons l’exemple d’un contrat sur une matière première comme le blé. La quantité de blé à livrer, la qualité du blé, ou encore les conditions de livraison, sont toutes définies à l’avance et standardisées par le marché avec des paramètres utilisés par tout le monde. Cela facilite grandement les échanges entre les acheteurs et les vendeurs, car tout est déjà précisé dans le contrat. Et concrètement, à quoi peuvent servir ces contrats futurs ? Ils sont utilisés principalement pour deux choses : la couverture et la spéculation. Prenons une entreprise agricole qui craint que le prix du blé baisse. Elle peut vendre à l’avance sa production via un contrat futur, afin de sécuriser un prix minimum et ainsi se protéger contre une baisse potentielle du marché. D’un autre côté, les spéculateurs, eux, n’ont pas forcément l’intention de livrer ou d’acheter le sous-jacent. Ils parient simplement sur la hausse ou la baisse des prix pour réaliser un profit. C’est d’ailleurs pour cela que certains contrats ne se terminent pas par une livraison physique, mais par un simple règlement en espèces. À l’échéance du contrat, la différence entre le prix fixé et le prix réel du marché est échangée en cash. Je vois, merci pour ces explications. Si je résume : un contrat futur est un accord d’achat ou de vente d’un actif ou d’une matière première à une date future, à un prix fixé aujourd’hui. Ces contrats sont standardisés et échangés sur des marchés organisés comme le CME ou Euronext.

Mar 3, 20252 min

S5 Ep 4Qu’est-ce qu’un ETF ?

Voix : Aimé Jean et Emilien SimioniTexte : Emilien SimioniJ’aimerais savoir ce qu’est un ETF !Pour ce nouveau podcast, nous rentrons dans le vif du sujet avec les ETF. Ils font l’actualité et sont à la mode chez les épargnants, mais de quoi s’agit-il ? Que veut dire ce nom barbare E-T-F ?ETF signifie Exchange Traded Funds, c’est à dire un panier d’actifs, qu’on appelle aussi parfois tracker. Il s’agit en fait de regrouper en un seul actif plusieurs actifs sous-jacents.Peux-tu nous donner un exemple ?Tout à fait, un ETF CAC 40, va répliquer le cours du CAC 40 (qui est l’indice principal de la place parisienne). Ainsi il n’y aura pas besoin d’acheter les 40 actions qui composent l’indice, dans les bonnes proportions, mais bien un seul actif, l’ETF. Cela évite donc de nombreux frais de transactions mais surtout de devoir s’assurer en permanence du respect des bonnes pondérations parmi les 40 actions qui composent l’indice.Un ETF permet donc uniquement d’investir dans des indices sans avoir en à acheter toutes les actions ?Pas uniquement. Un ETF est adossé à un ou plusieurs sous-jacents. Il existe des ETF adossés à des matières premières comme le pétrole, l’or ou bien encore le gaz. Il en existe d’autres liés à des thématiques comme un ETF nouvelles technologies, un ETF santé ou encore un ETF eau. D’autres sont en lien avec des zones géographiques : Asie, Amérique latine, Afrique etc. Vous l’aurez compris il existe autant d’ETF que de champs des possibles.Qui émet alors les ETF ?Les ETF sont émis par des sociétés de gestion directement puisque contrairement aux actions ou obligations que nous avons étudiées aux podcasts précédents, les ETF ne sont ni des parts de capital ni de la dette. Les ETF permettent toutefois de jouir principalement du droit aux dividendes, puisque certains sont distribuant c’est à dire qu’ils reversent les dividendes perçus là où d’autres sont capitalisant c’est à dire qu’en cas de versement de dividendes, ils sont réinvestis directement dans l’ETF.Donc si je résume, les ETF présentent donc une stratégie alternative pour s’exposer à divers actifs : un indice, un panier d’action thématique, une matière première etc Nous avons hâte de continuer cette exploration du monde de la finance avec vous.

Feb 17, 20252 min

Qu’est-ce qu’une action ?

Texte : Aimé Jean Voix : Aimé Jean et Emiien Simioni Qu’est-ce qu’une action ? Nous sommes de retour pour continuer notre présentation des grands principes financiers. Après les obligations, parlons désormais des actions. Qu’est-ce qu’une action ? Il s’agit d’un titre de propriété en lien avec une entreprise. Quand une entreprise a besoin de financement, elle peut vendre des parts de son capital. Les acheteurs de ces titres sont appelés les actionnaires. En achetant ces actions, ils obtiennent des droits sur l’entreprise, notamment le droit à voter lors des conseils d’administrations et également à recevoir des dividendes, c’est-à-dire prétendre à toucher une partie des profits de l’entreprise. Je comprends, tu pourrais développer ce que sont les dividendes ? Lorsque l’entreprise fait des bénéfices, elle peut choisir de faire des investissements avec ces bénéfices ou bien elle peut reverser ses bénéfices aux actionnaires sous forme de dividende. Chaque actionnaire reçoit des dividendes proportionnels à la part d’action qu’il possède. Par exemple, si une entreprise doit verser 100€ de dividende au total et qu’un actionnaire possède 50% des actions, alors ce dernier recevra 50€. L’entreprise peut choisir de ne pas reverser ses bénéfices aux actionnaires tout comme elle peut choisir de tout reverser. Pour bien comprendre ce qu’est une action, chacune émise par une entreprise est strictement identique aux autres ? Pour être précis il existe deux types d’actions, les actions privilégiées qui vont donner la priorité à leurs détenteurs sur les droits aux dividendes. Ces actions vont également permettre aux détenteurs d’être prioritaires s’ils veulent récupérer leur part lors d’une liquidation de l’entreprise. Cependant ces actions ne donnent pas de droit de vote et de décisions sur les bénéfices des entreprises. Le deuxième type d’action est l’action ordinaire qui ne donne pas de priorité sur les dividendes ou en cas de liquidation. Les actions ordinaires sont les actions majoritairement émises par les entreprises. Merci pour tes explications ! Donc pour résumer une action est un titre de propriété d’une entreprise qui confère un droit de vote sur l’utilisation des bénéfices d’une entreprise ainsi que le droit à un dividende si l’entreprise en reverse.

Feb 3, 20252 min

S5 Ep 2Qu’est-ce qu’une obligation ?

Texte : Aimé Jean et Emilien Simioni Voix : Aimé Jean et Emilien Simioni J’aimerais savoir : qu’est-ce qu’une obligation ? Bonjour à tous, nous continuons aujourd’hui notre série de podcast en lien avec la Finance. Suite au match actif vs dette, rentrons un peu plus dans le détail avec une explication de ce que sont les obligations. XX pourrais-tu m’expliquer plus en détails de quoi il s’agit ? Oui bien sûr ! Une obligation, c’est une dette émise pour une durée déterminée qui donne le droit à des intérêts réguliers, fixes ou variables, mais qui sont bien définis à l’avance, et dans une devise déterminée. Les obligations sont généralement émises par des États ou des entreprises afin d’emprunter de l’argent dans le but de faire des investissements. Par exemple, l’état Français émet des bons du trésors Français. Si un acteur financier achète un bon du trésor, l’état devra alors lui rembourser la somme qu’il a déboursé pour acheter le bon avec des intérêts sur cette somme. D’accord je comprends, mais pourquoi ne pas faire un emprunt dans ce cas-là ? Et bien pour des raisons de volume, une banque n’est pas en mesure de prêter les sommes que les États ou les grandes entreprises ont besoin d’emprunter. Dans le cadre d’émission d’obligation, la dette contractée est scindée entre de nombreux acteurs, cela permet d’augmenter les capacités d’emprunts. Désormais, avec un accès facilité aux marchés financiers, tout un chacun peut donc participer à ces programmes d’emprunt afin de faire fructifier son épargne. Justement, quelle taille représente le marché des obligations ? En 2024, cela représente 150 000 milliards de dollars, soit environ 66% du marché de la dette et beaucoup plus que la taille du marché des actions. Merci pour toutes tes explications. Si je récapitule, les obligations sont des contrats de dettes émis par des États ou des grandes entreprises. Ils sont utilisés pour pallier à une incapacité des banques à prêter d’aussi grosses sommes d’argent et sont souscrits sur les marchés financiers directement.

Jan 27, 20252 min

S5 Ep 1Actif/dette : quelle différence et quelle importance ?

Voix : Aimé Jean et Emilien Simioni Texte : Emilien Simioni J’aimerais savoir les différences entre actif et dette Bienvenue dans le premier épisode de cette série de podcasts consacrés au monde de la Finance. Nous allons évoquer ensemble les bases de l’épargne et de l’investissement ainsi que les concepts fondamentaux qui y sont liés. Pour démarrer, distinguons actif et dette, principes clés pour une bonne compréhension financière. Peux-tu nous expliquer ce que l’on entend par actifs ? Bien sûr. Les actifs représentent tout ce qu’une entreprise ou un individu par exemple possèdent. Cela inclut les propriétés et les biens matériels comme des bâtiments, des terrains ou du matériel informatique. Mais il y a aussi les investissements financiers, comme les actions, les obligations, et les liquidités, c’est-à-dire le cash disponible. Enfin, les créances sont également des actifs. Par exemple, si tu empruntes à la banque, tu as une dette envers la banque et la banque a une créance sur toi. Pour résumer, un actif, c’est une ressource que possède une entreprise ou un individu, qui a le potentiel de générer des revenus dans le futur. C’est très clair, merci. Peux-tu maintenant nous parler du passif, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un individu ? Par exemple les dettes font partie du passif. Les dettes représentent ce qu’une entreprise ou un individu doit à un tiers. Si on prend l’exemple d’un téléphone acheté à crédit à une entreprise, pour l’entreprise qui t’a vendu le téléphone, l’argent que tu lui dois est un actif. Mais pour toi, c’est une dette. Une dette est un engagement financier envers un tiers. Cela peut prendre la forme d’un emprunt, d’obligations ou simplement de factures à payer. En résumé, une dette est une obligation financière qui doit être remboursée dans le futur, parfois avec des intérêts comme dans le cas d’un prêt, ou sans intérêts, comme pour une facture de gaz ou d’électricité. Pourquoi est-ce important de différencier actif et passif ? Les actifs rapportent de l’argent, mais le passif coûte de l’argent. Par exemple si tu investis dans l’immobilier ou dans des actifs financiers, cela va te procurer des revenus dans le futur. Ton niveau de vie va augmenter. Mais si tu t’endettes pour t’acheter une voiture, alors tu devras payer des intérêts qui vont diminuer ton revenu futur. Dans la vie, il faut savoir faire la différence entre actifs et passifs pour bien comprendre l’impact de nos décisions sur notre niveau de vie. De préférence, il vaut mieux faire grandir son actif plutôt que son passif ! Merci pour ces précisions. Si je résume bien : un actif est une possession qui peut générer des richesses dans le futur, tandis qu’un passif représente une obligation de remboursement. Tu as donné l’exemple d’une personne, mais cela s’applique à tout agent économique, comme une entreprise, une association et même un Etat !

Jan 13, 20253 min

S4 Ep 42Dominance monétaire/dominance budgétaire

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir quelle est la différence entre la dominance monétaire et la dominance budgétaire Le débat entre dominance monétaire et dominance budgétaire occupe une place centrale dans les discussions économiques actuelles. Pour comprendre ces concepts et leur importance, commençons par les définir simplement. Peux-tu nous expliquer la dominance monétaire ? La dominance monétaire se réfère à une situation où la politique monétaire joue le rôle principal dans la stabilisation de l’économie. Dans cette situation, la politique budgétaire doit se plier aux objectifs de la politique monétaire. Prenons l’exemple d’une situation où l’inflation est structurellement très élevée et que la banque centrale cherche à faire baisser cette inflation. Si le gouvernement veut mettre en place une politique budgétaire expansionniste, cela va nourrir l’inflation et la banque centrale doit resserrer encore plus drastiquement la politique monétaire pour annuler l’effet de l’expansion budgétaire. Le gouvernement va donc préférer aider la banque centrale avec une politique budgétaire plus rigoureuse pour éviter une explosion des charges d’intérêt. C’était notamment le cas dans les années 1980 après les chocs inflationnistes pétroliers. Donc la dominance budgétaire, c’est au contraire quand la politique monétaire dépend de la politique budgétaire ? Tout à fait ! La dominance budgétaire se produit lorsque la politique budgétaire du gouvernement prend le dessus. Par exemple, en situation de chute structurelle et forte de l’inflation, si la banque centrale ne peut plus baisser ses taux, elle va accepter de financer le déficit budgétaire pour éviter toute contraction budgétaire qui pèserait encore plus sur l’inflation. C’est notamment ce qui s’est passé dans les années qui ont suivi la crise financière de 2007. Et pourquoi est-ce important de comprendre si on est en dominance budgétaire ou monétaire ? Savoir si on est en dominance budgétaire ou monétaire permet de comprendre qui dirige principalement l’économie entre la politique budgétaire ou la politique monétaire. Parfois, l’économie est également dans une zone grise entre les deux dominances. Et puis, cela permet aussi de comprendre les erreurs à ne pas faire. Citons par exemple les hyperinflations de la République de Weimar dans les années 1920 et du Zimbabwe dans les années 2000 qui expliquent ce qui peut se produire lorsque la dominance budgétaire est poussée à l’extrême. À l’inverse, la décennie perdue du Japon dans les années 1990 peut être vue comme une conséquence d’une dominance monétaire excessive, où la peur de l’inflation a empêché des mesures de relance nécessaires. En conclusion, la dominance monétaire et la dominance budgétaire sont deux concepts clés en économie. Dans un monde économique en constante évolution, il est primordial de savoir quand et comment équilibrer ces deux forces pour assurer une croissance stable et durable.

Nov 25, 20243 min

S4 Ep 41La politique monétaire en déflation

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Léa Dauphas J’aimerais tout savoir sur la politique monétaire en déflation Comme nous l’avons vu dans les podcasts sur les cycles longs, la déflation est un régime économique de croissance et d’inflation faible. Parfois il y a même baisse des prix. Pourquoi la déflation est-elle un problème monétaire ? Comme nous l’avons en effet vu dans les podcasts sur les cycles longs, la déflation est la conséquence d’un excès d’endettement privé. Ainsi l’exigence de désendettement du secteur privé va comprimer structurellement la demande et l’inflation. La déflation pose un problème monétaire car la valeur réelle de la dette a tendance à augmenter sans baisse drastique des taux, ce qui rend le remboursement difficile pour les emprunteurs. La déflation prolongée peut créer un cercle vicieux de baisse de la demande et de la production, nécessitant des mesures pour stimuler l’économie et éviter une spirale dépressive. Qu’est-ce que peuvent faire les banques centrales pour lutter contre la déflation ? Lorsque c’est le cas, les autorités monétaires cherchent à alléger le fardeau de la dette pour lisser le désendettement dans le temps. Elles ont plusieurs outils à leur disposition. L’outil principal est la baisse des taux d’intérêt. Des taux d’intérêt bas réduisent les charges d’intérêt. Si nécessaire, les taux d’intérêt peuvent être même inférieurs à zéro. Cela fut le cas notamment en Zone Euro de 2014 à 2022. Et si cela n’est pas suffisant, existe-t-il d’autres outils ? Oui, il existe notamment le quantitative easing ou assouplissement quantitatif. Le Quantitative Easing vise à contrer la déflation en injectant de la liquidité dans l’économie. Les banques centrales utilisent cet outil en achetant des actifs financiers tels que des obligations d’État. En achetant de grandes quantités d’actifs financiers, la banque centrale devient un acheteur en dernier ressort et assure que le prix des actifs ne peut pas trop baisser. Et si elle fait monter le prix des actifs, alors le bilan du secteur privé s’améliore puisque le montant des actifs augmente plus vite que la dette. En outre, si la monnaie imprimée arrive dans l’économie, elle va stimuler la demande, la production et l’inflation. En résumé, lorsqu’une économie est en déflation, les banques centrales cherchent à lutter contre en abaissant leur taux d’intérêt pour rendre l’endettement plus supportable et éventuellement stimuler l’activité économique. Si cela ne suffit pas, elles peuvent également utiliser le quantitative easing en injectant de la liquidité dans l’économie par le biais de l’achat d’actifs financiers.

Nov 18, 20242 min

S4 Ep 40L’impact du taux d’intérêt sur l’économie

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Léa Dauphas J’aimerais tout savoir sur l’impact du taux d’intérêt sur l’économie Les banques centrales augmentent leur taux d’intérêt pour ralentir l’économie. Après le Covid, l’objectif était notamment de combattre l’inflation. Comment cela fonctionne ? Effectivement, les banques centrales utilisent l’outil du taux d’intérêt pour stimuler ou freiner l’activité économique et maintenir la stabilité des prix autour de leur cible. Lorsque l’économie est en surchauffe et que l’inflation menace de dépasser les objectifs fixés par les autorités monétaires, celles-ci peuvent augmenter les taux d’intérêt pour freiner la demande excessive et ralentir l’inflation. À l’inverse, lorsque l’économie est en récession ou en phase de ralentissement, les autorités monétaires peuvent réduire les taux d’intérêt pour stimuler l’activité économique et encourager la hausse des prix. C’est par le biais de l’inflation que les taux ont un impact sur le cycle ? C’est plus large que cela. Les taux d’intérêt influencent le cycle en affectant l’investissement, la consommation, le marché immobilier et les échanges internationaux. Lorsque les taux d’intérêt sont bas, les emprunts sont moins coûteux, ce qui encourage les dépenses d’investissement pour les entreprises et celles de consommation pour les ménages. Cela stimule la demande globale et favorise la croissance économique. À l’inverse, lorsque les taux d’intérêt augmentent, les coûts d’emprunt aussi. Cela peut décourager les dépenses et entraîner une diminution de la demande globale, ce qui affecte négativement l’activité. Est-ce seulement une logique de demande interne ? Non bien sûr, les mécanismes sont plus complexes. Les taux d’intérêt peuvent également affecter les flux de capitaux entre les pays. Lorsqu’un pays augmente ses taux d’intérêt, cela peut rendre ses actifs financiers plus attrayants pour les investisseurs étrangers, ce qui peut entraîner une appréciation de sa monnaie. Cela peut rendre les exportations de ce pays plus coûteuses et les importations moins chères, ce qui peut avoir un impact sur ses échanges internationaux et son solde commercial. En résumé, le taux d’intérêt peut influencer le cycle économique en affectant l’investissement, la consommation, l’inflation, le marché immobilier et les échanges internationaux. Les autorités monétaires utilisent les taux d’intérêt comme un outil pour stimuler ou freiner l’activité économique et tenter de maintenir la stabilité des prix.

Nov 4, 20242 min

S4 Ep 39Qu’est-ce que le taux d’intérêt d’équilibre ?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : qu’est-ce que le taux d’intérêt d’équilibre ? Après quelques podcasts sur les théories monétaires, allons encore plus loin et abordons une notion importante pour ces théories : le taux d’intérêt d’équilibre. Peux-tu le définir ? On peut définir ce concept de la manière suivante : si le taux d’intérêt en cours dans une économie est supérieur au taux d’équilibre, alors la croissance va être faible et l’inflation va diminuer ; à l’inverse, si le taux d’intérêt est inférieur au taux d’équilibre, la croissance sera stimulée car le coût du crédit sera faible et l’inflation va augmenter. Cela parait simple. Mais cette théorie a un problème majeur : on ne connait pas a priori la valeur de ce taux d’équilibre, qui est par ailleurs fluctuant. On ne peut que l’estimer a posteriori, en constatant l’impact des taux d’intérêt sur l’économie. Pourquoi est-ce une notion si importante ? Pour piloter l’inflation, les banques centrales doivent ajuster leur taux d’intérêt par rapport à ce taux d’équilibre. Il est donc important qu’elles aient une idée de son niveau. On estime qu’aux Etats-Unis, il était élevé dans les années 2000 et qu’il a baissé fortement dans les années 2010. Cela explique en grande partie la baisse des taux d’intérêt mondiaux lors des deux dernières décennies. Ainsi, le taux d’intérêt d’équilibre est une variable fondamentale des modèles utilisés par les banques centrales aujourd’hui. Et a-t-on une idée de ce qui modifie le taux d’équilibre ? Le taux d’équilibre est essentiellement déterminé par l’équilibre entre l’épargne et l’investissement au niveau mondial. Tout ce qui touche à l’épargne comme le vieillissement des populations et la hausse de la part des pays émergents dans l’économie mondiale a donc un impact sur le taux d’équilibre. Les tendances d’investissement selon les pays, comme ceux de la transformation énergétique, jouent aussi un rôle important. Très bien. Maintenant que l’on en sait plus, comment expliques-tu, à partir de ce concept, la remontée des taux d’intérêts aux Etats-Unis et en Europe depuis la crise sanitaire par exemple ? Il y a beaucoup d’explications, mais une explication importante est la démographie. Le départ de la génération des babyboomers a la retraite s’est accélérée avec la crise sanitaire. En outre, dans beaucoup de pays émergents, notamment la Chine, la population vieillit énormément. Moins de bras pour autant à produire, c’est plus d’inflation et une hausse du taux d’intérêt d’équilibre. Le taux d’intérêt d’équilibre est une notion théorique difficile à appliquer mais elle est importante dans la stratégie des banques centrales qui financent les Etats et l’économie. Retenons l’idée principale : si le taux d’intérêt de la banque centrale est au-dessus du taux d’équilibre, cela permet de refroidir l’économie. Au contraire s’il est en dessous, cela permet de stimuler l’économie. En moyenne à long terme, le taux d’intérêt est égal au taux d’équilibre.

Oct 29, 20242 min

S4 Ep 38La théorie monétaire moderne

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Jean-Baptiste Pethe J’aimerais tout savoir sur la théorie monétaire moderne Cela fait deux podcasts qu’on parle de théorie monétaire. On a l’impression qu’on en invente en permanence. Qu’appelle-t-on la théorie monétaire moderne ? Est-ce une nouvelle forme de monétarisme ? En fait, la théorie monétaire moderne n’est pas si nouvelle car elle reprend des concepts développés peu après la Seconde Guerre Mondiale. Elle repose sur l’idée que la monnaie et la dette d’Etat sont de nature très similaire. Selon cette théorie, l’Etat dépense davantage pour soutenir l’économie en demandant à la banque centrale de financer ses dépenses budgétaires. Au contraire, si l’Etat se désendette : il y a moins besoin de monnaie en circulation. Le rôle de la banque centrale est au final uniquement de financer l’Etat. C’est une approche très hétérodoxe. Pourquoi est-elle en vogue actuellement ? Des économistes comme l’américaine Stéphanie Kelton l’ont en effet remis au goût du jour. Pourquoi ? Parce que les banques centrales ont été incapables de faire remonter rapidement l’inflation et la croissance dans la décennie 2010. On s’est rendu compte que, quand les taux d’intérêt sont bas, voire nuls, la politique budgétaire devient plus efficace que la politique monétaire. Par ailleurs, des taux d’intérêt bas signifient que l’Etat peut s’endetter largement sans risquer la faillite. Cette théorie va-t-elle donc révolutionner notre approche des politiques publiques ? Nous n’irons pas jusque-là. Selon cette théorie, les Etats devraient augmenter les impôts pour faire face à la remontée de l’inflation, et pas que sur les plus riches, sur toute la population. En effet, une remontée de l’impôt va réduire la consommation et donc refroidir l’économie, donc l’inflation. Or, cela est très difficile pour un gouvernement élu d’augmenter les impôts, surtout quand une partie de l’inflation provient d’une hausse des prix de l’essence ou de l’alimentation qui sont des biens essentiels dont personne ne peut se passer. La théorie monétaire moderne est donc très difficile à mettre en pratique. Dans ces conditions, il peut être préférable de laisser aux banques centrales le fardeau de la lutte contre l’inflation. Si je fais le point sur les différentes théories monétaires des derniers podcasts et de celui d’aujourd’hui sur la théorie monétaire moderne, on voit qu’il y a des périodes où l’inflation est un phénomène monétaire, et donc les banques centrales peuvent bien contrôler les prix, d’où les théories monétaristes. Mais il y a d’autres périodes où c’est la politique budgétaire qui a une influence plus forte sur l’inflation, d’où la théorie monétaire moderne.

Oct 21, 20242 min

S4 Ep 37Les théories monétaristes

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Jean-Baptiste Pethe J’aimerais tout savoir sur les théories monétaristes Dans un précédent podcast, nous avons expliqué les grands principes de la théorique quantitative de la monnaie. Peux-tu nous dire plus globalement ce que sont les théories monétaristes ? Les théories monétaristes reposent toutes sur la théorie quantitative de la monnaie. C’est-à-dire qu’elles considèrent qu’il y a un lien de cause à effet fiable entre l’émission monétaire d’une part, et la production en valeur d’autre part. Elles ont connu leur apogée dans les années 1970 sous l’influence de l’économiste américain Milton Friedman. Les banques centrales étaient alors prises au piège de la stagflation, combinaison d’inflation et de chômage élevés, que les théories de Keynes alors établies expliquaient mal. Quelle a été l’influence de ces monétaristes sur la conduite des politiques publiques ? Friedman pense que l’inflation est toujours un phénomène monétaire. Donc si la banque centrale veut réduire l’inflation, comme dans les années 1970, elle n’a qu’à réduire la création monétaire, qu’elle contrôle indirectement via les taux d’intérêt et les régulations bancaires. Si elle veut au contraire éviter la déflation comme dans les années 1930, elle doit empêcher la quantité de monnaie de s’effondrer. Au final, Friedman propose de maintenir stable la croissance de la quantité de monnaie pour stabiliser le niveau d’inflation en toutes circonstances. Et est-ce que ça marche en pratique ? Dans certaines périodes plus vraiment. Par exemple, la croissance monétaire était élevée dans les années 2000, alors que l’inflation n’a pas arrêté de diminuer : les efforts des banques centrales ont davantage soutenu le prix des actifs que les prix dans l’économie car il y avait moins d’appétit pour l’endettement. C’est la raison pour laquelle même la Banque centrale européenne, dont la mission historique reposait sur des principes monétaristes, a graduellement abandonné cette approche. Les théories monétaristes ne sont toutefois pas complètement délaissées. Certains économistes les ont récemment mises en avant pour expliquer le rebond de l’inflation dans la période Covid. Si j’ai bien compris, les théories monétaristes établissent un lien direct et fort entre la quantité de monnaie en circulation et les prix. Donc l’idée est de contrôler la masse monétaire pour contrôler les prix. Mais cette théorie ne marche pas forcément, avec des périodes où la masse monétaire croît fortement sans hausse de l’inflation, et des périodes où au contraire, la masse monétaire croît nettement moins vite que l’inflation.

Oct 15, 20242 min

S4 Ep 36La théorie quantitative de la monnaie

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe Texte : Jean-Baptiste Pethe J’aimerais tout savoir sur la théorie quantitative de la monnaie Quand on commence à parler de théorie, on sent que cela va être compliqué ! Alors allons-y graduellement. D’abord à quand remonte cette théorie dite quantitative de la monnaie ? La théorie quantitative de la monnaie remonte au XVIème siècle, quand l’économiste français Jean Bodin remarque une relation entre l’afflux d’or des Amériques et la hausse du niveau des prix en Espagne. Au début du XIXème siècle, l’économiste classique David Ricardo la reprend à son compte. Mais c’est véritablement l’économiste américain Irving Fisher dans les années 1910 qui formalise cette théorie et laisse sa trace dans les manuels scolaires. Allons donc dans le détail : peux-tu nous expliquer cette théorie ? Cette théorie est très simple : elle stipule que la quantité de monnaie circulant dans une économie est proportionnelle à la production. Une autre manière de voir les choses est de définir la vélocité de la monnaie comme le ratio entre la valeur nominale de la production et la quantité de monnaie en circulation. Plus la valeur nominale de la production est élevée par rapport à la quantité de monnaie en circulation, plus cette monnaie a dû circuler vite pour assurer les transactions. C’est pour cela qu’on parle de vitesse de circulation de la monnaie. Donc si l’on suppose que la vélocité est stable dans le temps, et que la production évolue sur un chemin de croissance régulier, alors on a une relation directe entre la masse monétaire et le niveau des prix. On a alors l’idée que plus on imprime de la monnaie et plus l’inflation augmente. C’est vrai que c’est très simple à formuler. La réalité est-elle aussi simple à modéliser ? Malheureusement, non. La quantité de monnaie et la vélocité sont difficiles à définir en pratique. En effet, comment définir la masse monétaire ? Nous avons vu dans un précédent podcast que ce n’était pas évident. Par ailleurs, la vélocité est-elle stable dans le temps ? En fait, on observe plutôt qu’elle n’est pas stable. Ok, donc la théorie quantitative de la monnaie relie la masse monétaire à la production en valeur. Si la croissance de la production en volume est stable, alors elle fournit un lien direct entre masse monétaire et prix, à la vélocité de la monnaie près. Si la théorie quantitative de la monnaie est simple, elle est difficilement utilisable en pratique.

Oct 7, 20242 min

S4 Ep 35Y a-t-il coordination de la politique monétaire entre banques centrales ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : José Bardaji et Timothée Waxin J’aimerais savoir : la politique monétaire entre banques centrales est-elle coordonnée ? C’est un vieux sujet…. La coordination des politiques monétaires entre les banques centrales à l’échelle internationale est complexe et s’effectue généralement de manière informelle plutôt que formelle. D’abord, que dit la théorie ? En théorie, une coordination parfaite des politiques monétaires pourrait aider à atténuer les chocs économiques mondiaux et à améliorer la stabilité économique mondiale. Toutefois, en pratique, chaque banque centrale est généralement mandatée pour se concentrer sur la stabilité des prix et, dans certains cas, le plein emploi dans son propre pays. En conséquence, même si les banques centrales communiquent souvent entre elles et échangent des informations, elles établissent généralement leurs politiques monétaires en fonction des conditions économiques intérieures. Donc il n’y a pas vraiment de coordination ? Il y a tout de même des instances de coordination ad hoc en temps de crise. Par exemple, lors de la crise financière mondiale de 2008, les principales banques centrales ont travaillé ensemble pour fournir des liquidités et stabiliser le système financier mondial. Cette coordination s’est également manifestée lors de la pandémie de COVID-19, où les banques centrales du monde entier ont réagi en baissant les taux d’intérêt et en fournissant des liquidités aux marchés. Existe-t-il d’autres moyens de coordination ? Oui ! Il existe des forums internationaux, comme le Groupe des Vingt (G20), le Forum de stabilité financière et la Banque des Règlements Internationaux, où les banques centrales et les régulateurs financiers peuvent discuter de problèmes mondiaux et coordonner leurs politiques de manière informelle. Si je résume, bien que la coordination formelle des politiques monétaires soit rare, il y a un niveau important de communication et de coopération informelle entre les banques centrales, en particulier lors de crises mondiales.

Sep 30, 20242 min

S4 Ep 34Quel est le rôle de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : Timothée Waxin et José Bardaji J’aimerais savoir : quel est le rôle de la Banque des règlements internationaux (BRI) ? Sur ce podcast, on va s’intéresser à un sujet institutionnel ! Pour commencer, quelles sont les principales missions de la Banque des règlements internationaux ? Fondée en 1930, son siège se situe à Bâle, en Suisse. Les principales missions de la BRI sont de favoriser la coopération monétaire et financière internationale et qui sert de banque pour les banques centrales du monde entier. Elle a eu un rôle déterminant dans la gestion de la crise financière de 2008 en coordonnant les actions des banques centrales. Qu’en est-il de la coopération monétaire et financière internationale ? La BRI héberge des comités internationaux chargés d’élaborer des normes et d’œuvrer à la stabilité financière, dont le plus connu est le Comité de Bâle. Il est composé des gouverneurs des banques centrales et des représentants des autorités de supervision bancaire des 28 pays – parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Japon, les Etats-Unis, le Royaume-Uni… – et juridictions membres. Ce Comité conçoit les règles bancaires internationales dans le domaine par exemple des ratios minimums de fonds propres pour les banques commerciales. Ce ne sont souvent que des recommandations que les pays peuvent ensuite appliquer. Les règles adoptées par le Comité, ou « accords de Bâle », ont pour objet d’assurer la stabilité du système bancaire mondial, de garantir un contrôle efficace des banques et de promouvoir une coopération entre les superviseurs bancaires. La BRI fait office de banque des banques centrales : qu’est-ce exactement ? La BRI contribue aux activités des banques centrales en les aidant dans la gestion de leurs réserves, notamment d’or et de devises. Elle propose également ses services financiers aux organisations financières internationales. Son capital est composé d’actions appartenant à 60 banques centrales. En résumé, la BRI a eu un rôle croissant, en particulier à la suite de la grande récession de 2008. Considérée comme la banque des banques, elle apporte une contribution précieuse à la coopération monétaire et financière via notamment l’élaboration de normes et l’hébergement du comité de Bâle.

Sep 23, 20242 min

S4 Ep 33Quel rôle des anticipations d’inflation pour les banques centrales ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : Timothée Waxin et José Bardaji J’aimerais savoir : quel est le rôle des anticipations d’inflation pour les banques centrales ? Les anticipations des ménages et des entreprises concernant les variations des prix à venir déterminent leurs dépenses, aussi bien de consommation que d’investissement aujourd’hui. Pourquoi sont-elles importantes pour les banques centrales ? La mission de la Banque centrale européenne est de maintenir la stabilité de l’inflation autour de 2 % à moyen terme. Mais le taux d’inflation actuel influence les anticipations de la population quant aux variations futures des prix. Si les consommateurs et les chefs d’entreprise s’habituent à une inflation très faible ou trop élevée, ils finissent par penser qu’elle restera à ce niveau. Ces anticipations sont importantes, parce qu’elles constituent la base des décisions en matière de consommation, d’investissement et d’emprunts et que les entreprises tiennent compte de ces anticipations lorsqu’elles fixent le prix des biens et services qu’elles vendent. Sur quelles mesures des anticipations d’inflation la banque centrale s’appuie-t-elle pour prendre ses décisions ? Les banques centrales s’appuient sur des mesures directes et indirectes des anticipations d’inflation. Les mesures directes sont issues de résultats d’enquêtes auprès des consommateurs, des entreprises et des prévisionnistes professionnels. Ces enquêtes font un point sur leurs attentes en matière d’inflation, à des horizons temporels différents. Et les mesures indirectes des anticipations d’inflation ? Les anticipations d’inflation peuvent être déduites des prix des actifs financiers. Par exemple à travers les obligations d’Etat indexées sur l’inflation, il est possible de déduire combien les investisseurs sont prêts à payer pour se protéger de l’inflation à différents horizons. Les modèles économiques constituent une autre forme de mesure indirecte des anticipations d’inflation. Donc si je résume, les anticipations d’inflation ont un rôle important dans les décisions des banques centrales car elles peuvent avoir un impact sur la trajectoire de l’inflation. La banque centrale va donc s’appuyer sur des enquêtes et des modèles pour mesurer ces anticipations d’inflation et elle tient à ce que les anticipations d’inflation soient bien ancrées autour de sa cible d’inflation.

Sep 16, 20242 min

S4 Ep 32C’est quoi la dollarisation ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : José Bardaji et Timothée Waxin J’aimerais savoir : c’est quoi la dollarisation ? La dollarisation est un terme générique qui caractérise les pays dont les transactions financières se réalisent dans une devise étrangère, sans qu’il s’agisse pour autant du dollar américain. Peux-tu nous en dire davantage ? Oui ! La dollarisation peut revêtir différentes formes. Dans une dollarisation partielle, la devise étrangère circule parallèlement à la monnaie domestique. Il s’agit d’un processus informel, plus ou moins souterrain, de substitution monétaire. L’exemple type est celui des pays latino-américains dans les années 1970 et 1980 en proie à une inflation galopante. Face à une perte de confiance dans leur propre monnaie, les agents privés se sont mis à utiliser le dollar comme unité de compte mais également comme monnaie de transaction, en particulier pour l’acquisition de biens de consommation durables onéreux. On parle de dollarisation intégrale lorsqu’un pays adopte le dollar américain comme monnaie officielle. Dans le premier cas, la dollarisation est plutôt subie alors que dans le cas d’une dollarisation officielle, elle est voulue. Mais quels sont les inconvénients de la dollarisation ? En se dollarisant, un pays renonce à sa capacité à mener une politique monétaire indépendante. Cela signifie qu’il ne peut pas ajuster les taux d’intérêt ou la masse monétaire pour répondre aux conditions économiques spécifiques du pays. Il devient donc dépendant de la politique monétaire américaine, mais également du contrôle américain sur la monnaie. En outre, il perd ses revenus issus de l’émission monétaire. Cela fait beaucoup d’inconvénients ! Oui et c’est pour cela que la dollarisation officielle n’existe pas vraiment. Il est difficile de renoncer au privilège de battre la monnaie, même si la dollarisation peut permettre une certaine stabilité de change. En résumé, si la dollarisation officielle est rare, la dollarisation partielle est plus fréquente. Elle est subie par un pays dont la crédibilité de la monnaie s’effondre. À moyen-long terme, elle ne peut constituer une solution car elle s’accompagne d’une perte de souveraineté et d’indépendance de la politique monétaire nationale.

Sep 9, 20242 min