
Les podcasts de l'éco à venir
L'éco à venir
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Les podcasts de l'éco à venir has been publishing since 2023, and across the 3 years since has built a catalogue of 181 episodes. That works out to roughly 8 hours of audio in total. Releases follow a weekly cadence, with the show now in its 6th season.
Episodes typically run under ten minutes — most land between 3 min and 3 min — and the run-time is fairly consistent across the catalogue. None of the episodes are flagged explicit by the publisher. It is catalogued as a Education show.
The show is actively publishing — the most recent episode landed 2 months ago, with 7 episodes already out so far this year. The busiest year was 2023, with 84 episodes published. Published by L'éco à venir.
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View all 181 episodesS6 Ep 31Obligation d’Etat et d’entreprises : quelles différences ?
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Clémentine Gallès J’aimerais savoir quelles sont les différences entre obligation d’Etat et d’entreprises Y a-t-il des différences entre les obligations d’État et les obligations d’entreprises ? Oui, même s’il y a surtout des ressemblances. Ce sont des obligations avec, pour principale caractéristique, le fait d’être un instrument financier correspondant à un titre de dette avec un montant nominal, également appelé principal, et le versement d’intérêts à dates régulières, également appelés coupons. S’agissant des différences, elles sont pour l’essentiel concentrées sur le type d’émetteurs. Les obligations d’État ou, dans une acception plus large, obligations souveraines, regroupent plusieurs types d’obligations : ce sont des États à proprement parler. En France, c’est l’Agence France Trésor qui est en charge de gérer la dette de l’État ; ce peuvent également être des obligations supranationales, territoriales, municipales… Les obligations d’entreprises sont émises par des entreprises, généralement grandes ou de taille intermédiaire. En effet, toutes les entreprises n’ont pas forcément la taille critique pour accéder au marché et avoir la capacité d’émettre des titres obligataires. Oui, merci, mais n’y a-t-il pas d’autres différences entre ces deux types d’obligation ? En effet, ce sont des différences inhérentes à la qualité de l’émetteur. Citons-en deux principales : sur le risque de crédit notamment. En général, les obligations d’entreprise ont un risque plus élevé que les obligations d’État. Les entreprises sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés financières, tandis que les gouvernements ont toujours la possibilité de lever l’impôt ou de créer de la monnaie en cas de crise financière importante. De ce fait, le taux d’intérêt des obligations d’entreprise est généralement plus élevé que celui des obligations souveraines ; sur le risque de taux d’intérêt aussi. Nous avons vu que lorsque les taux d’intérêt du marché augmentent, les prix des obligations baissent, et vice versa. Les obligations d’entreprise sont ainsi plus sensibles aux évolutions du marché en raison de leurs taux d’intérêt plus élevés. Les obligations souveraines et les obligations d’entreprise ont-elles des avantages en termes de garantie et de liquidité ? Très bonne question. Il peut également y avoir des différences sur ces deux dimensions. Comme indiqué, les garanties des obligations d’État sont souvent supérieures en raison des leviers budgétaire et monétaire même si l’entreprise a aussi la capacité de mettre comme garantie des actifs qu’elle détiendrait. Dans ce cas, on parle aussi de secured bond. Enfin, les obligations d’État sont généralement plus liquides, négociées sur des marchés secondaires très actifs, surtout celles émises par des pays développés (et endettés). Les obligations d’entreprise sont moins liquides, liquidité qui d’ailleurs varie selon la taille de l’entreprise et les conditions du marché.

S6 Ep 30Le rôle des agences de notation
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir quel est le rôle des agences de notation Quel est le rôle des agences de notation et comment fonctionnent-elles ? Les agences de notation sont des entreprises qui évaluent la solvabilité des emprunteurs, qu’il s’agisse de gouvernements ou d’entreprises. Elles attribuent des notations à ces emprunteurs en fonction de leur capacité à rembourser leurs dettes. Leur processus de notation implique donc une analyse approfondie de la situation financière de l’emprunteur, de sa situation économique et de sa gouvernance. Les principales agences de notation sont Standard & Poors, Moody’s et Fitch Ratings. Pourquoi les agences de notation sont-elles importantes ? Elles jouent un rôle clé sur les marchés financiers en fournissant des informations indépendantes et standardisées sur le risque de crédit. Les notations ont une incidence sur le coût et la capacité d’un emprunteur à lever des fonds sur les marchés financiers. Les investisseurs sont plus enclins à acheter des obligations d’emprunteurs ayant une bonne note, ce qui peut entraîner une baisse des taux d’intérêt pour ces emprunteurs. À l’inverse, les emprunteurs ayant une notation plus faible peuvent se voir proposer des taux d’intérêt plus élevés, et même se voir refuser l’accès aux marchés financiers en cas de note très dégradée. Je comprends que ces agences sont très importantes pour les marchés, pourtant elles sont régulièrement critiquées En effet, les agences de notations font face à plusieurs critiques. Tout d’abord, elles ont été sévèrement critiquées pour leur rôle dans la crise financière de 2008 : en n’évaluant pas correctement certains risques de crédit, elles ont de fait encouragé l’essor de produits financiers risqués, les fameux subprimes. Ensuite, elles sont tellement influentes sur les marchés qu’elles peuvent exacerber certaines difficultés. Par exemple, si une entreprise ou un État fait face à une situation plus difficile, la dégradation de sa note va augmenter son coût d’emprunt et rendre sa situation encore plus difficile. Enfin, les trois principales agences restent aujourd’hui américaines ce qui peut faire se poser la question de la souveraineté de ces notations. À ce jour, les tentatives alternatives, telles l’agence canadienne DBRS ou chinoise Dagong, ne sont pas devenues des standards internationaux. En résumé, les agences de notation jouent un rôle essentiel en évaluant le risque de crédit et en influençant les conditions de financement sur les marchés financiers. Si elles sont très régulées, certaines critiques liées à leur place très importante sur les marchés financiers subsistent.

S6 Ep 29Impact du taux d’intérêt sur les marchés financiers
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir quel est l’impact du taux d’intérêt sur les marchés financiers Quand on travaille sur les marchés financiers, on se rend vite compte que le taux d’intérêt est central dans les discussions et les analyses financières. Peux-tu me dire pourquoi c’est le cas ? Le taux d’intérêt est en effet central en finance car il représente le coût d’emprunt de l’argent, pour un ménage, pour une entreprise ou pour un État. Je vais me concentrer sur les marchés actions, nous parlerons spécifiquement des marchés obligataires lors d’un prochain podcast. Pour rappel, le cours des actions d’aujourd’hui dépend des revenus futurs des entreprises cotées. Une progression des taux d’intérêt va affecter négativement le cours des actions par deux mécanismes. Tout d’abord, par l’effet sur l’activité économique. En effet, quand les taux d’intérêt progressent, cela est négatif pour l’activité économique. Cela rend le coût de l’emprunt plus onéreux et incite davantage à épargner qu’à dépenser. Les revenus futurs des entreprises vont donc avoir tendance à être revus à la baisse. Pour cette raison, le prix des actions va donc avoir tendance à baisser quand le taux d’intérêt progresse. Et le second mécanisme ? Le second mécanisme concerne la valorisation de ces revenus futurs. Pour valoriser des revenus futurs, on utilise le taux d’intérêt. Et plus le taux d’intérêt progresse, plus cela diminue la valeur des revenus futurs. Au total, on voit bien que quand les taux d’intérêt progressent, les marchés actions vont avoir tendance à baisser. Cependant, mon raisonnement tient si l’on raisonne « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire si l’on regarde uniquement une hausse des taux d’intérêt sans autre changement dans l’économie. Pourtant, on peut imaginer que les taux d’intérêt n’augmentent pas uniquement en raison de la situation économique ? En effet, les mécanismes que j’ai évoqués sont intéressants pour comprendre l’impact d’un choc isolé sur les taux d’intérêt. Mais, pour être complet, il faut d’abord comprendre le contexte économique qui explique cette progression des taux d’intérêt. À titre d’illustration, si les taux d’intérêt progressent car on a des bonnes nouvelles sur le front de l’activité économique, alors cette progression des taux d’intérêt peut s’accompagner d’un mouvement favorable sur les marchés. En revanche, si les taux progressent pour une mauvaise nouvelle sur l’activité, telle qu’un choc sur l’inflation, dans ce cas les marchés actions réagiront négativement. Merci ! en résumé, normalement un choc de hausse de taux devrait impacter négativement les marchés actions, car cela est négatif pour la valeur des bénéfices futurs anticipés des entreprises. Après, il est important de bien comprendre la raison de la hausse des taux d’intérêt pour être bien sûr de l’impact global sur les marchés actions.

S6 Ep 28High yield vs Investment grade : et en pratique ?
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : après la théorie, la pratique du High yield vs Investment grade Nous avons vu la différence entre High yield et Investment Grade dans le précédent podcast. Y a-t-il des différences entre types d’émetteurs et portefeuilles d’investissement entre ces deux catégories ? Oui, les émetteurs d’obligations investment grade sont souvent des gouvernements, des grandes entreprises et des institutions financières ayant des bilans solides. Ces obligations sont souvent présentes dans les portefeuilles d’investissement des institutionnels qui cherchent à minimiser le risque tout en obtenant des rendements stables. Et pour le High Yield ? Les émetteurs d’obligations high yield présentent un niveau de risque supérieur, ce qui se traduit par des taux d’intérêt plus élevés pour compenser ce risque. Parfois, ce sont des entreprises en difficulté ou ayant un endettement élevé associé à un faible montant de fonds propres. Quelles sont les conséquences d’un basculement d’une obligation Investment Grade à High Yield ? Elles ne sont pas réjouissantes pour le détenteur ! Certaines stratégies d’allocation d’actifs ont pour politique d’exclure les obligations High Yield, car trop risquées. En conséquence, la dégradation de la notation d’une obligation si elle se matérialise par un basculement dans la catégorie High Yield peut avoir des effets en cascade avec le retrait d’un grand nombre d’investisseurs et une pression à la hausse sur les taux d’intérêt et donc à la baisse sur le prix de l’obligation. En résumé, Investment Grade (IG) et High Yield (HY) désignent des obligations selon leur niveau de qualité jugé par les agences de notation de crédit. Les obligations IG offrent un faible risque de défaut, ce qui les rend attractifs pour les investisseurs prudents. Les obligations HY offrent des rendements supérieurs mais avec un risque de défaut plus élevé.

S6 Ep 27Crédit high yield et investment grade
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : quelle différence entre High yield vs Investment grade ? Aujourd’hui, nous allons parler des marchés obligataires dans un langage un peu technique et avec des termes anglais très utilisés. Peux-tu me dire ce que signifient High yield et Investment grade ? Je crois que c’est notamment très utilisé pour le marché des obligations des entreprises. Avec plaisir ! Investment grade se traduit par « qualité d’investissement » en français. Ce sont donc des obligations considérées comme ayant une qualité de crédit élevée et un faible risque de défaut. L’émetteur de l’obligation est jugé capable de rembourser le montant nominal (comme appelle aussi le principal) et les intérêts (ou les coupons). Mécaniquement, elles correspondent à des entreprises qui ont une notation élevée, comprise entre Aaa et Baa pour l’agence Moody’s ou entre AAA et BBB pour les agences Standard & Poor’s et Fitch. Et les obligation High Yield ? High yield se traduit par « haut rendement » en français. Ce sont des obligations qui offrent des rendements élevés par rapport à la moyenne du marché, souvent en raison d’une prime de risque significativement plus importante. C’est en quelque sorte la contrepartie d’une prise de risque plus élevé que d’attendre un rendement lui-même supérieur. Ces obligations high yield portent sur des entités avec des notations de crédit plus basses et un risque de défaut plus élevé. Parfois, on range ces mêmes obligations sous l’appellation Speculative grade. Ce sont les deux seules catégories ? En termes de niveau de risque, oui. Mais dans le même temps, signalons une sous-catégorisation. Au sein des obligations Investment grade, on distingue les Highest Grade Credit des Good Credit Grade en passant par les Very High ou High Grade Credit. De même, les obligations High yield regroupent les Speculative Grade Credit, les Very Speculative Credit et les Substantial Risks – In Default. Donc si je résume, les marchés obligataires se divisent en deux principales catégories : Investment Grade et High Yield. Les obligations Investment Grade sont considérées comme de haute qualité avec un faible risque de défaut. En revanche, les obligations High Yield, ou « haut rendement », offrent des rendements élevés en raison d’une prime de risque plus importante, car elles sont émises par des entités avec des notations de crédit plus basses et un risque de défaut plus élevé.

S6 Ep 26Les formes de la courbe des taux
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Clémentine Gallès J’aimerais en savoir plus sur les formes de la courbe des taux Nous avons vu dans le précédent podcast ce qu’est la courbe des taux d’intérêt. J’imagine que la courbe des taux est croissante : plus on prête sur un temps long, plus on espère un rendement élevé ? Oui, c’est en effet le cas le plus standard. On dit alors que la courbe des taux est ascendante ou que la pente de la courbe est positive. Le taux d’une obligation de long terme est alors plus élevé que celui d’une obligation de court terme. Tout simplement car les investisseurs attendent un rendement supplémentaire dû au fait qu’ils prennent plus de risques à prêter sur un temps plus long. On appelle ce rendement supplémentaire la « prime de terme ». Tu as dit qu’une courbe croissance est le cas le plus standard, cela signifie donc qu’il peut arriver que la courbe des taux d’intérêt soit décroissante ? Il peut en effet arriver que la courbe des taux soit « inversée », c’est-à-dire que les taux de court terme soient plus élevés que les taux de long terme. Cela correspond à des périodes où les investisseurs pensent que les taux d’intérêt vont être amenés à baisser dans le futur. Deux raisons principales peuvent amener les investisseurs à avoir de telles anticipations : soit ils anticipent une baisse de l’activité économique, voire une récession. Dans ce cas, les taux longs diminuent et peuvent s’établir à un niveau inférieur aux taux courts. Soit ils anticipent un durcissement de la politique monétaire en réaction à un choc inflationniste. Dans ce cas, les taux courts augmentent et peuvent dépasser les taux longs. C’est notamment ce qu’il s’est passé à la suite du choc inflationniste de 2022-2023. D’accord, donc soit une courbe croissante ou décroissante ! Il y a encore un autre cas très particulier, celle d’une courbe des taux lors d’une crise de la dette. Si par exemple les investisseurs pensent qu’un Etat va faire faillite d’ici un an, les taux vont fortement monter sur un an car il va devenir de plus en plus dangereux de prêter à l’Etat. Mais une fois le défaut passé, l’Etat pourra à nouveau emprunter à des taux plus raisonnables, même s’ils seront sans doute plus élevés qu’avant la crise en raison de la perte de confiance des investisseurs. On observe alors une courbe des taux en cloche. Donc si je résume, la courbe des taux peut prendre différentes formes. Le cas le plus courant est une courbe ascendante, où les taux de long terme sont plus élevés que ceux de court terme en raison de la prime de terme, récompensant les investisseurs pour les risques qu’ils prennent à long terme. Cependant, la courbe peut aussi être inversée, avec des taux de court terme plus élevés. Un autre cas rare est la courbe en cloche, observée lors d’une crise de la dette, où les taux à court terme augmentent fortement en raison du risque de défaut imminent.

S6 Ep 25Qu’est-ce que la courbe des taux ?
Voix : José Bardaji et Clémentine Gallès Texte : Clémentine Gallès J’aimerais connaitre la signification de la courbe des taux La courbe des taux représente les taux d’intérêt des obligations en fonction de leur maturité. Peux-tu m’en dire davantage sur cette courbe des taux d’intérêt ? Bien sûr ! Considérons par exemple le marché des obligations émises par l’État français, que l’on appelle les OAT pour Obligations Assimilables du Trésor. La courbe des taux est un graphique qui va montrer les taux d’intérêt payés par l’État pour les obligations à différentes échéances, de la plus courte à la plus longue : le taux pour une obligation à deux ans, le taux pour une obligation à cinq ans, et ainsi de suite. Mais quelle est l’utilité de tracer les taux d’intérêt en fonction de leur maturité sur un graphique ? La courbe des taux d’intérêt est un indicateur très suivi par les acteurs du marché obligataire qui y investissent. Pour les émetteurs, tels que l’État français, elle permet de voir à chaque instant le coût d’un emprunt selon sa maturité. Pour les investisseurs, elle permet de visualiser le rendement proposé en fonction de la durée de l’investissement. Et pour les économistes, elle permet de visualiser les anticipations de marchés sur les taux d’intérêt futurs. J’imagine que cette courbe des taux évolue en permanence. Quels sont ses déterminants ? En effet, on peut suivre comment évolue la courbe des taux au cours du temps. Les taux de court terme vont varier principalement en fonction des attentes de la politique monétaire, qui détermine les taux de très court terme. Pour les taux de long terme, plusieurs facteurs peuvent les faire évoluer. Les taux peuvent notamment progresser si les investisseurs anticipent durablement plus d’inflation, car les investisseurs veulent compenser la perte de valeur de la monnaie. Il en est de même si les perspectives de croissance sont revues à la hausse. Les taux peuvent aussi augmenter si les investisseurs anticipent un risque plus important de défaillance de l’émetteur de l’obligation. Dans ce dernier cas, il s’agit de « la prime de risque ». Donc si je résume, la courbe des taux représente les taux d’intérêt des obligations en fonction de leur maturité, montrant les taux payés par l’État pour différentes échéances. La courbe des taux évolue en fonction des attentes de la politique monétaire, des anticipations d’inflation, des perspectives de croissance et du risque de défaillance de l’émetteur, incluant une prime de risque.

S6 Ep 24L’analyse technique est-elle utile ?
Voix : Zaid Bensalem et Gustavo Horenstein Texte : Zaid Bensalem J’aimerais savoir : l’analyse technique est-elle utile ? On voit plein de vidéos sur internet qui présentent des analyses de graphique pour savoir s’il faut ou non acheter une action. C’est de l’analyse technique, c’est ça ? Tout à fait ! L’analyse technique repose sur l’étude des graphiques de prix et des volumes pour prévoir les mouvements futurs des marchés financiers. Elle se base sur l’idée que les marchés ont une mémoire, et que les modèles de prix se répètent avec le temps. Les traders techniques utilisent divers indicateurs, comme par exemple, les moyennes mobiles, les retracements d’une hausse ou d’une baisse, ou des théories comme les vagues d’Elliott. Mais est-ce efficace ? L’analyse technique offre des avantages tels que la rapidité de prise de décision et l’adaptabilité à différents types d’actifs, ce qui la rend populaire parmi les traders à court terme. Elle peut également créer un effet d’auto-réalisation, car les signaux techniques sont suivis par de nombreux traders à travers le monde. Cependant, elle a des limites, car elle repose sur des données historiques et n’intègre pas les facteurs imprévisibles qui peuvent influencer les marchés, comme les événements politiques, géopolitiques ou les émotions des investisseurs. Donc ce n’est pas une recette miracle pour gagner de l’argent ? Pour être efficace, l’analyse technique doit être utilisée comme un outil parmi d’autres. Elle peut bien fonctionner pour identifier des tendances à court terme, mais elle ne permet pas de prévoir des crises majeures ou de prendre des décisions d’investissement à long terme. Les traders et investisseurs avisés combinent souvent l’analyse technique avec l’analyse fondamentale et une gestion rigoureuse des risques, car une approche équilibrée aide à mieux naviguer dans les incertitudes des marchés financiers. Donc si je résume, l’analyse technique utilise des graphiques et des indicateurs pour prévoir les mouvements futurs des marchés financiers. Bien qu’elle soit populaire pour des décisions rapides à court terme, elle n’est pas infaillible, car elle repose sur des données passées et n’intègre pas les événements imprévisibles. Pour une stratégie efficace, il est recommandé de la combiner avec d’autres méthodes, comme l’analyse fondamentale et une gestion prudente des risques. La théorie ne suffit pas en somme !

S6 Ep 23Calcul du taux de rendement
Voix : Zaid Bensalem et Gustavo Horenstein Texte : Zaid Bensalem J’aimerais savoir : Qu’est-ce qu’un taux de rendement et comment le calculer avec précision ? Le rendement d’un actif permet d’évaluer ce que l’on gagne en l’achetant. Que vous investissiez en bourse, dans l’immobilier ou dans une entreprise, savoir comment mesurer le rendement est crucial. Alors, comment le calculer précisément ? Avant de plonger dans les formules, commençons par comprendre ce qu’est vraiment un taux de rendement. Pour simplifier, il s’agit du retour ou du gain que vous obtenez sur un investissement par rapport au montant initial que vous avez investi. Par exemple, si vous investissez 100 euros dans des actions, et que, un an plus tard, votre investissement vaut 120 euros, le taux de rendement est de 20%, ce qui exprime cette augmentation de 20 euros par rapport à votre investissement initial. Il peut se calculer sur différentes périodes : mensuelle, annuelle, voire sur plusieurs années, en fonction de la durée de votre investissement. Et bien sûr, le taux de rendement peut être positif (si vous avez gagné de l’argent) ou négatif (si vous en avez perdu). Cela paraît simple. Mais les choses peuvent devenir un peu plus complexes lorsqu’on ajoute des éléments comme les dividendes, les frais ou les périodes différentes. Tout à fait ! Un aspect souvent négligé est celui des dividendes ou des intérêts. Si vous avez investi dans des actions qui versent des dividendes ou dans une obligation qui vous rapporte des intérêts, ces paiements doivent être inclus dans le calcul du rendement. Ils s’ajoutent donc à la variation de la valorisation des actifs. Tout me parait plus clair. Oublie-t-on autre chose ? Deux éléments me semblent important. D’une part, il y a beaucoup de frais quand on investit, comme les frais de transaction ou de courtage par exemple. Par exemple, si vous avez un rendement de 10 % mais que vous payez 2 % de frais annuels, votre rendement net sera de 8 %. D’autre part, on a l’impression qu’on gagne de l’argent quand on a un rendement de 2% sur un an. Mais si l’inflation est de 2% sur un an, alors en tenant compte de la perte de valeur de la monnaie, on n’a rien gagné en termes de pouvoir d’achat. C’est un point très important car au final, on investit souvent pour se servir de l’argent plus tard. Donc si je résume, le rendement d’un actif représente le gain obtenu par rapport au montant investi initialement et peut être positif ou négatif selon la performance de l’investissement. Pour un calcul précis, il est important d’inclure des éléments comme les dividendes, les intérêts, et de tenir compte des frais de transaction, qui réduisent le rendement net. Enfin, il faut considérer l’impact de l’inflation, car un rendement brut pourrait être annulé par la perte de pouvoir d’achat si l’inflation est élevée.

S6 Ep 22Quel risque pour quel rendement ?
Voix : Zaid Bensalem et Gustavo Horenstein Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais en savoir plus sur le rapport entre risque et rendement financiers En finance, le lien entre risque et rendement est un principe fondamental qui guide les décisions d’investissement. Ce rapport repose a priori sur une logique simple : plus un investissement est risqué, plus il est susceptible d’offrir un rendement élevé, mais avec une probabilité accrue de pertes. Mais qu’est-ce que le risque déjà ? Le risque est inhérent à toute décision financière. Il se mesure par l’incertitude des résultats futurs d’un investissement, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations ou d’autres instruments financiers. Par exemple, les actions de petites entreprises innovantes présentent généralement des risques élevés en raison de leur volatilité et de leur vulnérabilité aux fluctuations du marché. Attention toutefois, la volatilité peu changer d’un coup. Un actif à volatilité faible peut se transformer en actif risqué si la volatilité explose. C’est très clair. Est-ce que tu aurais des exemples d’actifs à faibles risques ? On cite souvent les obligations d’État comme des actifs à faible risque. Et c’est généralement le cas. Mais là aussi, si le pays est en défaut de paiement, les obligations d’Etat vont être très risquées ! Cela dépend de la situation. Les placements dans des actifs peu risqués sont prisés pour leur stabilité et leur prévisibilité, mais ils ne permettent généralement pas de réaliser des gains spectaculaires. Que me conseilles-tu de faire alors ? Pour optimiser le rapport entre risque et rendement, il est essentiel de diversifier son portefeuille. La diversification permet de répartir les risques entre différents actifs, secteurs ou zones géographiques. En combinant des investissements à haut et à faible risque, un investisseur peut réduire les pertes potentielles tout en maintenant un rendement global attractif. Si on veut en revanche avoir des rendements élevés, il faut prendre beaucoup plus de risque et être moins diversifié. Donc si je résume, le rapport entre risque et rendement reflète un équilibre délicat que chaque investisseur doit adapter à sa situation personnelle. Comprendre cette relation, mesurer les risques et diversifier ses placements sont des clés essentielles pour maximiser les gains tout en minimisant les pertes. Ce principe reste au cœur des stratégies financières efficaces.

S6 Ep 21La volatilité est-elle un bon indicateur du risque ?
Voix : Zaid Bensalem et Gustavo HorensteinTexte : Gustavo HorensteinJ’aimerais savoir : La volatilité est-elle une bonne mesure du risque ?Quand on parle d’investissement sur les marchés financiers on entend souvent parler de la volatilité comme mesure du risque. Que mesure la volatilité exactement et est-ce une bonne mesure du risque de l’investissement ?La volatilité est une mesure statistique de la dispersion des rendements d’un actif financier. Elle est souvent calculée comme l’écart-type des rendements et peut être utilisée pour quantifier le degré de variation d’un actif autour de sa moyenne historique. En gros, plus un actif a des variations importantes et plus il est volatile. Les actions sont en général plus volatiles que les obligations.Donc plus c’est volatile et plus je prends des risques ! La volatilité est-elle une bonne mesure du risque pour les investisseurs ?La volatilité est effectivement une mesure couramment utilisée pour évaluer le risque, car elle indique la fréquence et l’ampleur des fluctuations des prix. Cependant, elle n’est pas une mesure parfaite. La volatilité ne distingue pas entre les variations positives et négatives. Par exemple, si tu as un actif qui monte régulièrement avec une faible volatilité, mais qui peut valoir 0 du jour au lendemain, la volatilité calculée va être faible alors qu’on prend un risque très élevé de tout perdre ! Il faut donc compléter la volatilité par d’autres mesures du risque.Peux-tu me donner des exemples ?Absolument. Parmi les autres mesures du risque, on peut citer le Value at Risk (VaR), qui estime la perte maximale sur un portefeuille pour un horizon de temps donné avec un certain niveau de confiance. Il y a aussi le risque de queue de distribution, qui se concentre sur les événements extrêmes. Mais n’oublie pas non plus que toutes ces mesures s’appuient sur l’histoire passée et ne prennent pas en compte les perspectives futures. Si le régime économique ou financier change brutalement, la volatilité peut également complètement changer…D’accord donc si je résume, on doit mettre en place une approche multi-facette pour évaluer le risque. La volatilité est un outil utile, mais elle ne doit pas être la seule mesure du risque pour les investisseurs. Et dans tous les cas, ce n’est qu’une mesure du passé, qui marche tant que le régime de marché de change pas.

S6 Ep 20Aversion au risque : le paradoxe de Saint Pétersbourg
Voix : Zaid Bensalem et Gustavo HorensteinTexte : Gustavo HorensteinJ’aimerais tout savoir sur l’aversion au risque avec le paradoxe de Saint PétersbourgDans le précédent podcast, nous avons vu ce qu’était l’aversion pour le risque. Pourrais-tu me donner un exemple qui illustre concrètement ce concept ?Bien sûr ! Je vais même te raconter comment les économistes ont découvert le concept d’aversion au risque. Au début du XVIIIème siècle le mathématicien Daniel Bernoulli a, le premier, écrit sur ce qui s’appellera plus tard le « paradoxe de Saint-Pétersbourg ». Imagine un jeu où tu mises un montant et où tu lances une pièce : chaque fois que tu tombes sur « face » tu doubles tes gains et tu rejoues jusqu’à obtenir pile ; si tu obtiens pile, le jeu s’arrête et tu touches tes gains.Donc si je mise 1 euro et tombe directement sur pile, je perds ma mise; si je mise 1 euro et tombe toujours sur face 10 fois avant de tomber sur pile, je gagne 1000 euros ; et si je tombe 20 fois consécutivement sur face, je gagne plus de 1 million d’euros ! Il me plaît ce jeu !Il te plaît parce que tu as misé une petite somme et que tu peux gagner gros. Mais si je te demande combien tu es prêt à miser pour jouer à ce jeu ? est-ce que tu serais prêt à mettre 10 euros ? 100 euros ? 1000 euros ? 1 million ou plus ? Et c’est là que cela devient intéressant. Tout le monde ne donnera pas la même réponse. Plus tu donnes une réponse élevée, plus tu as le goût du risque. Au contraire, plus la somme que tu es prêt à miser est faible, plus tu es averse au risque : tu préfères garder ton argent que d’avoir un revenu aléatoire à ce jeu. Pourtant théoriquement, on peut montrer par un calcul mathématique que la valeur espérée de ce jeu est infinie.C’est intéressant ! On comprend bien le concept d’aversion au risque.Ce paradoxe illustre que les décisions financières ne sont pas toujours rationnelles. Les gens préfèrent des gains plus modestes mais plus sûrs plutôt que de risquer des pertes importantes, même si elles sont peu probables. Cela démontre que l’aversion au risque influence fortement les choix financiers, allant au-delà des calculs purement mathématiques de valeur espérée.Merci, si je résume le paradoxe de Saint-Pétersbourg illustre comment les gens perçoivent le risque dans les décisions financières. Les gens hésitent à parier des sommes importantes en raison de leur aversion au risque. Cette aversion les pousse à préférer des gains modestes et sûrs plutôt que de risquer de grandes pertes.

S6 Ep 19Quand on parle d’aversion au risque des investisseurs, de quoi parle-t-on ?
Voix : Zaid Bensalem et Gustavo HorensteinTexte : Gustavo HorensteinJ’aimerais savoir : Quand on parle d’aversion au risque des investisseurs, de quoi parle-t-on ?Afin de pouvoir m’aider à investir mon épargne, mon conseiller financier m’a interrogé sur mon aversion au risque. De quoi parle-t-il exactement ?L’aversion au risque est un sentiment que peuvent éprouver les investisseurs qui préfèrent éviter l’incertitude et les pertes potentielles. Une personne ayant une aversion au risque forte préférera un investissement offrant des rendements plus faibles mais plus sûrs, plutôt qu’un investissement potentiellement plus rentable mais plus risqué.Du coup, on n’agit pas tous de la même façon face au risque et nos décisions de tous les jours vont être différentes ?L’aversion au risque se manifeste dans des décisions comme laisser ses économies sur un compte de dépôt plutôt que les investir sur les marchés financiers, ou souscrire à une assurance. Les individus préfèrent des options qui minimisent les pertes potentielles, même si cela signifie accepter des rendements plus bas.Ce comportement a des conséquences sur le prix des actifs et les marchés financiers en général ?En finance, l’aversion au risque signifie généralement que les investisseurs exigent une prime de risque, c’est-à-dire un rendement supplémentaire, pour accepter de prendre des risques plus élevés. Cette attitude influence les comportements sur les marchés financiers et la manière dont les actifs sont évalués. De manière générale, l’aversion au risque affecte la composition des portefeuilles d’investissement et la stabilité des marchés financiers. Par exemple, les investisseurs averses au risque favorisent les actifs plus sûrs, ce qui peut réduire la liquidité et augmenter la volatilité des marchés risqués.Donc si je résume, l’aversion au risque désigne l’attitude des investisseurs qui préfèrent éviter l’incertitude et les pertes potentielles, optant pour des investissements plus sûrs mais moins rentables. En finance, l’aversion au risque conduit les investisseurs à exiger une prime de risque pour accepter des investissements plus risqués, ce qui affecte la valorisation des actifs et la stabilité des marchés financiers.

S6 Ep 9La retraite, miroir de nos choix de société
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Finalement, au-delà des chiffres, que révèle le débat sur les retraites ? Il révèle nos contradictions. Nous voulons un système généreux, mais nous refusons d’en assumer le coût. Nous défendons la solidarité, mais nous hésitons à partager équitablement les efforts. Et cela dit quelque chose de notre société ? Oui. La retraite reflète notre vision du travail, de la solidarité et de la transmission. Réformer, ce n’est pas seulement équilibrer des comptes, c’est décider quel contrat social nous voulons pour demain. Donc, la question n’est pas uniquement économique ? Exactement. C’est une question politique et morale : voulons-nous laisser un système insoutenable aux jeunes, ou bâtir un modèle plus juste et durable ? En résumé, la retraite est bien plus qu’un calcul financier : c’est le miroir de nos choix collectifs.

S6 Ep 8Capitalisation : Comment réussir la transition sans sacrifier une génération
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Passer à un système mixte en partie répartition et en partie capitalisation, paraît séduisant, mais comment financer la transition ? C’est la vraie difficulté. En 1945, le choix d’un système par répartition permettait de verser immédiatement des pensions aux anciens qui n’avaient pas cotisé pour leur retraite, ce qui n’était pas possible avec un système par capitalisation. Le problème aujourd’hui, c’est qu’il faut continuer à payer les pensions actuelles tout en constituant une épargne pour demain dans un nouveau système par capitalisation. On ne peut pas demander aux jeunes de porter seuls ce double effort. Quelles options existent ? Trois principalement. Augmenter temporairement les cotisations, recourir à une dette publique ciblée, ou demander un effort aux retraités actuels, notamment les plus favorisés via une indexation réduite. Compte tenu de la crise du pouvoir d’achat du travail, augmenter les cotisations semblent difficile, d’autant que les actifs actuels auront beaucoup moins de retraite que leurs ainés qui vivent mieux qu’eux aujourd’hui. Demander un effort aux retraités par une indexation réduite se justifie aussi en raison des inégalités intergénérationnelles qu’on a déjà évoqué dans un précédent podcast. Et cela a déjà été fait ailleurs ? Oui, la Suède dans les années 1990. Ils ont planifié sur plusieurs décennies, en répartissant les efforts et en expliquant clairement les règles. Résultat : un système plus robuste et accepté. Donc, réussir la transition, c’est partager l’effort équitablement entre générations.

S6 Ep 7Retraites : un fonds citoyen pour investir dans l’avenir
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Tu parles de fonds citoyen. De quoi s’agit-il exactement ? C’est une idée simple : créer un fonds public qui gère une partie des retraites en capitalisation. Ce fonds investirait à la fois pour générer du rendement et pour financer des priorités nationales, comme la transition énergétique, l’innovation ou la réindustrialisation. Donc, nos retraites serviraient aussi à préparer l’avenir du pays ? Exactement. C’est ce que font la Norvège avec son fonds souverain ou la Suède avec ses fonds de pension. Les retraites deviennent un levier d’investissement collectif, et non une simple dépense. Quels seraient les bénéfices ? De meilleurs rendements pour les pensions, une plus grande équité entre générations, et une souveraineté économique renforcée. Aujourd’hui par exemple, nos grandes entreprises sont détenues par des fonds étrangers. Un fonds citoyen permettrait d’augmenter le contrôle sur le capital productif par les Français et de garder la richesse au service du pays. C’est donc un enjeu de souveraineté financière et de partage des profits. En résumé, un tel fonds ferait de la retraite non seulement une sécurité, mais aussi un moteur d’avenir. Donc cela vaut le coup de réfléchir à un fonds d’investissement citoyen.

S6 Ep 6Retraites : la capitalisation, un tabou français à dépasser
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. En France, dès qu’on parle de capitalisation, le débat s’enflamme. Pourquoi ? Parce que beaucoup y voient une menace pour la solidarité. Mais c’est une caricature. Rappelons qu’il existe deux grands modes de financement des retraites : la répartition, où la cotisation des actifs sert directement à financer la pension des retraites et la capitalisation, où chacun investit son épargne dans des investissements financiers pour sa retraite. Dans la plupart des pays, les deux systèmes coexistent. En France, la capitalisation représente à peine 2 % des pensions. Aux Pays-Bas, c’est plus de 50 %. Et en quoi cela change la donne ? Les rendements. Si une partie des cotisations avait été investie, la pension moyenne pourrait atteindre 2 700 euros par mois, contre 1 600 aujourd’hui, à l’heure où nous enregistrons ce podcast en 2025. La capitalisation a un rendement plus élevé que la répartition car elle investit dans la partie la plus productive de l’économie et peut se diversifier à l’étranger. Il y a un risque financier de court terme au moment de partir à la retraite, mais la capitalisation n’est pas l’ennemie de la solidarité, elle peut la compléter. Mais comment éviter les dérives financières ? En organisant la capitalisation collectivement, via un fonds public ou citoyen. Ce modèle existe déjà en Norvège ou en Suède, avec transparence et sécurité. En outre, cela permettra de partager davantage les profits des entreprises au plus grand nombre : c’est aussi un enjeu de réduction des inégalités et de répartition des flux de richesse. Donc, dépasser le tabou, c’est renforcer le système, pas l’affaiblir.
S6 Ep 5Retraites : Réconcilier les Français avec leur retraite grâce à la transparence
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine Gallès Texte : Pierre-Olivier Beffy Vous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Beaucoup de Français disent ne pas comprendre leur retraite. Est-ce si compliqué ? Oui, et c’est un vrai problème. Nous avons plus de quarante régimes, chacun avec ses propres règles. Personne ne sait combien il va toucher à la retraite et comme on n’arrête pas de faire des réformes, on ne sait pas ce qui va changer demain. Un système censé rassurer est devenu source d’angoisse. Pourquoi cette opacité est-elle si grave ? Parce qu’elle détruit la confiance. Quand on ne sait pas ce qu’on aura demain, on doute du système. Et sans confiance, aucune réforme ne peut réussir. Comment redonner de la lisibilité ? En simplifiant. On pourrait réduire le nombre de régimes de retraite pour plus d’équité et de lisibilité, mettre en place des comptes retraite numériques personnalisés pour plus de visibilité, ou passer à un système qui ajuste automatiquement les pensions aux conditions économiques et démographiques. Les idées ne manquent pas, mais nous n’avons pas pu dégager un consensus pour avancer. Pourtant, la transparence, ce n’est pas seulement de la pédagogie : c’est la clé de l’adhésion. En résumé, pour réconcilier les Français avec leur retraite, il faut d’abord leur rendre leur système lisible.

S6 Ep 4Retraites : pourquoi les réformes actuelles ne suffisent pas
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine GallèsTexte : Pierre-Olivier BeffyVous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. Depuis trente ans, nous avons connu plusieurs réformes des retraites : âge repoussé, durée de cotisation allongée. Pourtant, le problème reste entier. Pourquoi ?Parce que ces réformes sont ce qu’on appelle “paramétriques”. Elles jouent sur les curseurs – âge, durée, taux – mais ne changent pas la logique du système. Or, avec moins d’actifs et plus de retraités, ces ajustements repoussent l’échéance mais ne règlent rien. Et c’est sans compter qu’en permanence, les gouvernements et les institutions comme le Conseil d’Orientation des Retraites ont adopté une vision beaucoup trop optimiste de la croissance, minimisant en permanence l’effort à faire pour maintenir le système en place.Et les Français ont bien compris ce décalage ?Oui, et c’est pour cela qu’ils parlent de “l’énième réforme”. Ils ont l’impression qu’on leur demande toujours plus sans vision d’ensemble. Résultat : 70 % disent ne pas comprendre leur retraite et 84 % pensent qu’ils perdront en pouvoir d’achat. La confiance est brisée.D’autres pays ont fait différemment ?Oui, la Suède a créé un système dit notionnel. Chaque personne cotise sur un compte virtuel où ses droits sont enregistrés de façon transparente. Le montant de la future pension s’adapte automatiquement à l’évolution de la population et de l’économie. Résultat : équilibre durable, lisibilité, et plus de confiance.Donc, bricoler ne suffit plus. Pour que la retraite reste un horizon de confiance, il faut une réforme structurelle et durable.

S6 Ep 3Retraites : les inégalités entre générations
Voix : Mathilde Ferrer et Clémentine GallèsTexte : Pierre-Olivier BeffyVous écoutez les podcasts de L’Éco à venir — l’économie expliquée de façon claire, rigoureuse et indépendante… et surtout accessible à toutes et à tous. Nous continuons notre série sur les retraites. On entend souvent que les jeunes générations sont les perdantes du système de retraite. Est-ce un mythe ou une réalité ?C’est une réalité. Les retraités actuels bénéficient d’un rendement réel annuel moyen d’environ +2 % sur leurs cotisations. En clair, sur l’ensemble de leur retraite, ils touchent deux fois plus que ce qu’ils ont versé en pouvoir d’achat. Les jeunes générations, elles, devront se contenter d’un rendement beaucoup plus faible : au final, leur gain de pouvoir d’achat des pensions par rapport à leur cotisation sera cinq fois moins élevé que celui des retraités actuels.Comment expliquer un tel écart ?Les baby-boomers ont profité d’une démographie favorable et d’une forte croissance. Dans les années 1960, quatre actifs finançaient un retraité. Aujourd’hui, on est tombé à 1,7, et demain ce sera proche de 1. Cela veut dire que les jeunes paient beaucoup plus pour financer des pensions qui, pour eux, seront bien plus faibles. Car rappelons-le, dans notre système par répartition, on ne cotise pas pour sa retraite, mais pour celle des retraités en place : c’est pourquoi il peut y avoir les fortes inégalités intergénérationnelles qu’on observe aujourd’hui.D’où le sentiment d’injustice et la méfiance des actifs ?Exactement. Ils ont le sentiment de cotiser dans un système qui ne leur garantira pas le même niveau de protection que celui de leurs parents. Et si rien ne change, cette solidarité intergénérationnelle peut se transformer en fracture.En résumé : sans réforme, on entretient un système qui avantage les anciens et pénalise les jeunes, au risque de briser la confiance.