PLAY PODCASTS
Choses à Savoir TECH

Choses à Savoir TECH

1,469 episodes — Page 4 of 30

Un malware parle à une IA pour survivre sur téléphone ?

On pensait l’intelligence artificielle générative cantonnée aux assistants virtuels et aux outils de productivité. Mais elle intéresse aussi les cybercriminels. Le 19 février 2026, les chercheurs d’ESET ont révélé l’existence de PromptSpy, un malware Android qui s’appuie sur le modèle Gemini de Google pour s’adapter aux téléphones de ses victimes. Et ce n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui arrive. Pour comprendre ce qui rend PromptSpy inédit, il faut revenir aux limites des malwares classiques. Habituellement, ces logiciels malveillants fonctionnent avec des scripts rigides : des coordonnées de clics prédéfinies, des boutons identifiés à l’avance. Problème : Android n’est pas uniforme. Chaque constructeur modifie l’interface, chaque mise à jour peut déplacer les menus. Résultat, les scripts se retrouvent vite obsolètes.PromptSpy contourne cette faiblesse grâce à l’IA. Concrètement, il capture une image de l’écran de la victime et l’envoie à Gemini. Le modèle analyse les éléments visibles — boutons, textes, icônes — et renvoie des instructions personnalisées, comme « appuie ici » ou « fais glisser là ». Selon Lukas Stefanko, chercheur chez ESET, cette approche permet au malware de s’adapter automatiquement à n’importe quel smartphone ou version d’Android. Une souplesse inédite. L’objectif principal est la persistance : rester installé quoi qu’il arrive. PromptSpy se verrouille dans la liste des applications récentes d’Android, en s’épinglant avec un cadenas virtuel. Impossible alors de le fermer d’un simple geste. Le dialogue avec l’IA continue jusqu’à confirmation que le verrouillage est effectif.Mais le cœur du danger réside ailleurs : dans un module VNC. Cette technologie permet aux attaquants de voir l’écran en temps réel et de contrôler le téléphone à distance, comme s’ils le tenaient en main. Le malware abuse aussi des services d’accessibilité — des fonctions prévues à l’origine pour aider les personnes en situation de handicap — afin d’empêcher la désinstallation grâce à des superpositions invisibles. Les chercheurs ont découvert ces zones cachées en activant un mode de débogage laissé dans le code. PromptSpy peut enregistrer l’écran, récupérer des codes PIN, lister les applications installées et transmettre ces données via des communications chiffrées. Pour le supprimer, il faut redémarrer en mode sans échec — un mode qui désactive les applications tierces — puis effacer l’application frauduleuse, baptisée MorganArg, qui imite une banque. Pour l’instant, aucune infection massive n’a été détectée. Mais pour ESET, le signal est clair : après PromptLock en 2025, l’IA devient un outil d’adaptation pour les malwares. Google a été alerté et Play Protect bloque les versions identifiées Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 22, 20262 min

L’UE accélère pour sa propre production de puces ?

L’Europe veut reprendre la main sur l’un des nerfs de la guerre technologique moderne : les semi-conducteurs. Ces composants minuscules, gravés sur des puces électroniques, sont le cerveau de tous nos appareils, des smartphones aux satellites, en passant par les voitures et les centres de données. Et le 9 février 2026, l’Union européenne a franchi une étape importante avec l’inauguration de NanoIC, une nouvelle infrastructure de prototypage installée à Louvain, en Belgique, au sein du centre de recherche imec.Ce projet s’inscrit dans le cadre du European Chips Act, un vaste plan destiné à renforcer la souveraineté technologique du continent. NanoIC a bénéficié d’un financement de 700 millions d’euros. Son objectif est clair : permettre aux entreprises, aux laboratoires et aux startups de concevoir et tester leurs propres puces avant de les produire à grande échelle. Autrement dit, NanoIC agit comme un laboratoire industriel où l’on peut transformer une idée en prototype fonctionnel.Contrairement aux fonderies classiques — ces usines spécialisées dans la fabrication de puces et souvent fermées aux acteurs extérieurs — NanoIC fonctionne comme une plateforme ouverte. Les ingénieurs pourront y travailler sur des technologies de pointe, notamment des systèmes appelés « system-on-chip », ou SoC. Ce terme désigne des puces capables d’intégrer plusieurs fonctions dans un seul composant : processeur, mémoire, circuits de communication. Le tout à des échelles inférieures à 2 nanomètres. Pour donner un ordre de grandeur, un nanomètre représente un milliardième de mètre. À cette échelle, les composants sont plus petits que certains virus.NanoIC met aussi à disposition des outils avancés de conception et de prototypage, afin de combler le fossé entre la recherche scientifique et la production industrielle. C’est un point crucial, car de nombreuses innovations restent bloquées au stade expérimental faute d’infrastructures adaptées. Ce projet s’inscrit dans un programme plus large, doté de 2,5 milliards d’euros, soutenu à la fois par l’Union européenne, les États membres et des partenaires industriels, dont le groupe néerlandais ASML, leader mondial des machines de lithographie utilisées pour graver les puces. Avec NanoIC, l’Europe tente de réduire sa dépendance envers l’Asie et les États-Unis, qui dominent aujourd’hui la production mondiale de semi-conducteurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 19, 20262 min

Un emprunt de Google… sur 100 ans pour financer l'IA ?

L’intelligence artificielle fascine, mais elle coûte aussi extrêmement cher. Derrière les promesses technologiques et les démonstrations spectaculaires, une réalité financière s’impose : développer ces systèmes nécessite des investissements colossaux. Et désormais, même les géants du numérique doivent trouver de nouvelles façons de financer cette course.Dernier exemple en date : Alphabet, la maison mère de Google, s’apprête selon Bloomberg à lancer une émission obligataire d’un type très particulier. Une obligation, rappelons le, est un titre de dette. Concrètement, une entreprise emprunte de l’argent auprès d’investisseurs et s’engage à le rembourser à une date fixée, avec des intérêts. Mais ici, Alphabet prévoit plusieurs tranches, dont une obligation d’une durée exceptionnelle : 100 ans.Un siècle. Cela signifie que l’entreprise ne remboursera le capital qu’en… 2126. Ce type d’instrument financier est extrêmement rare dans le secteur technologique. Le dernier précédent remonte à 1997, lorsque Motorola, alors leader du marché des téléphones portables, avait lancé une obligation similaire, juste avant l’éclatement de la bulle internet. Pourquoi une durée aussi longue ? L’objectif est clair : attirer un large éventail d’investisseurs, notamment les fonds de pension et les compagnies d’assurance, qui cherchent des placements stables sur le très long terme. Comme l’explique Gordon Kerr, stratège macroéconomique chez KBRA, « celui qui achètera cette obligation ne sera probablement pas celui qui sera encore là au moment de son remboursement ». Autrement dit, ces titres circuleront entre investisseurs pendant des décennies.Cette décision intervient dans un contexte particulier. La course à l’intelligence artificielle mobilise des ressources financières sans précédent. Les entreprises doivent investir massivement dans les centres de données, les puces spécialisées et les infrastructures énergétiques nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Cette pression financière ne concerne pas seulement les start-ups, mais aussi les acteurs les plus puissants du secteur. Certains observateurs y voient d’ailleurs un signal inquiétant. L’investisseur Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a rappelé sur le réseau X le précédent Motorola. Après son émission d’obligations à 100 ans, l’entreprise avait progressivement perdu sa position dominante. Pour Google, cette opération est avant tout un moyen de sécuriser des financements à très long terme, dans une industrie où les besoins en capital explosent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 18, 20262 min

Les Ray-Ban Meta peuvent identifier les gens dans la rue ?

Les lunettes connectées pourraient bientôt franchir un nouveau cap. En interne, Meta développe une fonctionnalité baptisée « Name Tag », qui permettrait aux porteurs de ses lunettes Ray-Ban Meta d’identifier automatiquement les personnes qu’ils croisent et d’obtenir des informations sur elles via l’intelligence artificielle intégrée. L’information provient d’un document confidentiel de Reality Labs, la division du groupe dédiée aux technologies immersives, révélé par le New York Times.Concrètement, cette fonction s’appuie sur la reconnaissance faciale, une technologie capable d’analyser les traits d’un visage capté par une caméra, puis de les comparer à une base de données pour identifier une personne. Une fois reconnue, l’identité ou certaines informations pourraient être transmises à l’utilisateur par l’assistant vocal embarqué dans les lunettes. Le lancement commencerait par une démonstration lors d’une conférence destinée aux personnes aveugles ou malvoyantes, un public pour lequel ce type d’outil pourrait faciliter les interactions sociales, avant une ouverture au grand public.Mais ce projet soulève déjà des interrogations, notamment sur le respect de la vie privée. Le document interne montre que Meta est pleinement conscient des controverses potentielles. L’entreprise estime même que le contexte politique actuel pourrait limiter les critiques. Le mémo évoque un environnement où les organisations de défense des libertés civiles et les législateurs américains sont mobilisés sur d’autres dossiers, notamment la surveillance gouvernementale menée par certaines agences fédérales. Par ailleurs, un décret signé récemment par Donald Trump a assoupli certaines règles encadrant le développement de l’intelligence artificielle, créant un climat réglementaire plus favorable aux expérimentations technologiques.Ce n’est pas la première tentative de Meta dans ce domaine. Dès 2021, l’entreprise avait envisagé d’intégrer la reconnaissance faciale à ses premières lunettes connectées, avant de renoncer face aux obstacles techniques et éthiques. En 2024, Meta avait également testé une fonction appelée « super sensing », qui maintenait les capteurs actifs pour permettre à l’utilisateur de se souvenir des personnes ou des objets rencontrés durant la journée. Aujourd’hui, le projet semble relancé. Aucune date officielle n’a encore été annoncée, mais les documents internes évoquent une présentation prochaine, suivie d’une commercialisation possible dans le courant de l’année. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 17, 20262 min

L’argent public, arme secrète derrière le succès de Tesla et Space X ?

La France compte désormais une nouvelle astronaute dans ses rangs. La semaine dernière, Sophie Adenot a quitté la Terre à bord d’une fusée Falcon 9, devenant ainsi la deuxième Française de l’histoire à s’envoler dans l’espace. Ce lancement, rendu possible grâce à SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk, symbolise à la fois les progrès spectaculaires du secteur spatial privé et les enjeux politiques et économiques qui l’accompagnent.Car derrière l’image d’un entrepreneur visionnaire, se cache aussi une réalité plus complexe. Elon Musk est aujourd’hui une figure centrale de l’aérospatiale mondiale, notamment grâce à Starlink, un réseau de milliers de satellites placés en orbite basse. Leur mission : fournir un accès à Internet, y compris dans les régions isolées. Mais ce succès n’est pas uniquement le fruit d’initiatives privées. Il repose également sur un soutien financier massif du gouvernement américain.C’est ce qu’a rappelé le président Emmanuel Macron, soulignant que la réussite de SpaceX et Tesla s’inscrit dans une stratégie industrielle largement soutenue par l’État fédéral. Selon une estimation du Washington Post, ces deux entreprises auraient bénéficié d’environ 38 milliards de dollars d’aides publiques en vingt ans. Ces financements prennent plusieurs formes : subventions directes, prêts, crédits d’impôts ou contrats publics. Ces derniers sont particulièrement importants. Par exemple, la NASA confie régulièrement à SpaceX des missions de transport vers l’orbite, ce qui garantit à l’entreprise des revenus stables.Ce type de soutien public joue un rôle crucial dans le secteur spatial. Concevoir une fusée comme Falcon 9 exige des investissements colossaux, sur des années, avec des risques financiers considérables. Les contrats gouvernementaux permettent de sécuriser ces investissements et d’assurer la viabilité économique des entreprises. Pour Emmanuel Macron, cette stratégie américaine constitue un modèle. Il ne s’agit pas de critiquer Elon Musk, mais plutôt de souligner une réalité : les États-Unis ont activement soutenu leurs entreprises stratégiques, leur permettant de devenir compétitives à l’échelle mondiale. Et selon le président français, l’Europe devra adopter une approche similaire si elle veut rester dans la course. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 16, 20262 min

Taïwan est incapable de délocaliser ses puces aux USA ?

C’est un accord qui en dit long sur la nouvelle guerre industrielle en cours. Washington et Taïwan viennent de s’entendre : les États-Unis réduiront fortement les droits de douane appliqués à l’île, en échange d’investissements massifs taïwanais sur le sol américain dans un secteur devenu stratégique, celui des semi-conducteurs, ces minuscules composants électroniques qui alimentent tout, des smartphones aux centres de données.Pour Washington, l’objectif est clair : sécuriser une production aujourd’hui concentrée à Taïwan, à seulement 130 kilomètres des côtes chinoises. Une dépendance jugée risquée. Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a même évoqué l’idée de transférer jusqu’à 40 % de la capacité de production taïwanaise vers les États-Unis. Mais Taipei vient de répondre sans ambiguïté : ce scénario est irréaliste. La vice-première ministre Cheng Li-Chun l’a affirmé publiquement lors d’un entretien télévisé : un tel déménagement est tout simplement « impossible ». Car la domination de Taïwan dans ce domaine ne s’est pas construite du jour au lendemain. Elle repose sur plusieurs décennies d’investissements, de formation et d’innovations industrielles.Au cœur de ce modèle se trouve une idée née dans les années 1980 sous l’impulsion de Morris Chang : celle de la « fonderie de semi-conducteurs ». Contrairement aux fabricants traditionnels, ces entreprises ne conçoivent pas forcément les puces elles-mêmes, mais se spécialisent dans leur fabrication pour le compte de clients du monde entier. Ce modèle a transformé Taïwan en centre névralgique de la production mondiale. Ces usines, appelées « fabs », sont des environnements ultra-contrôlés où des plaques de silicium, appelées wafers, sont gravées à l’échelle nanométrique pour produire des milliards de transistors. Leur construction nécessite des investissements colossaux, souvent supérieurs à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ainsi qu’un écosystème complet d’ingénieurs, de fournisseurs et d’infrastructures.Taïwan continuera donc à investir à l’étranger, y compris aux États-Unis, mais sans renoncer à son ancrage national. Comme l’a résumé Cheng Li-Chun, l’expansion internationale s’inscrit dans une stratégie globale, où Taïwan reste le centre de gravité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 15, 20262 min

Stargaze : un projet d’Elon Musk pour protéger la Terre ?

En décembre 2025, un satellite de la constellation Starlink est passé à deux doigts d’un module chinois. Une manœuvre imprévue a fait chuter la distance de sécurité de 9 kilomètres… à seulement 60 mètres. À l’échelle spatiale, c’est un cheveu. Autant dire que l’orbite terrestre basse ressemble de plus en plus à un périphérique aux heures de pointe.Face à cette congestion, la maison mère SpaceX dégaine un nouvel outil : Stargaze. Un système présenté comme un radar géant, capable de suivre les trajectoires des satellites presque en temps réel, d’anticiper les rapprochements dangereux et de partager ces alertes avec les autres opérateurs. Le principe repose sur les quelque 9 600 satellites Starlink déjà en orbite. Chacun embarque des traqueurs d’étoiles qui observent en continu le ciel alentour. Résultat : près de 30 millions de transits détectés chaque jour. Toutes ces données sont agrégées pour calculer position et vitesse des objets. Si deux trajectoires convergent, un message d’alerte — un « message de conjonction » — est automatiquement généré.En novembre dernier, cette réactivité a déjà fait ses preuves : un satellite Starlink a pu modifier sa course en moins d’une heure, bien plus vite que ne l’auraient permis les systèmes traditionnels. Pour l’entreprise, c’est un peu l’équivalent du contrôle aérien : chaque satellite transmettrait son plan de vol, comme un avion, pour éviter les carambolages. La force de Stargaze, c’est la cadence des observations et l’automatisation. Les opérateurs qui acceptent de partager leurs éphémérides reçoivent des alertes quasi instantanées. Le service sera gratuit, à condition de jouer collectif.Mais tout le monde n’est pas entièrement rassuré. L’ancien responsable américain Richard DalBello rappelle qu’une gestion du trafic spatial devrait reposer sur une infrastructure neutre, publique et standardisée, plutôt que sur l’outil d’un seul acteur privé. Pour l’instant, Stargaze ne couvre que l’orbite basse. Reste que dans un ciel saturé de satellites, de débris et même de tests militaires, chaque minute gagnée peut éviter une pluie de ferraille. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 12, 20262 min

ChatGPT bloque volontairement certaines sources ?

Derrière la simplicité apparente d’une conversation avec une IA, se cache en réalité une bataille discrète… celle des sources. Qui parle ? Qui est cité ? Qui disparaît ? C’est la question posée par la troisième édition du baromètre AI Brand Tracker d’Havas Market, publiée le 9 février. L’étude a passé au crible douze secteurs d’activité et analysé 11 000 réponses générées par les assistants. Verdict : deux visions du monde s’opposent clairement entre Google Gemini et ChatGPT.Côté Gemini, la palette est large. Entre septembre 2025 et janvier 2026, les sites officiels de marques et d’entreprises, autrefois dominants, sont passés de 46 % à 35 % des sources citées. Google semble avoir desserré leur monopole. À la place, les médias progressent, de 23 % à 29 %, notamment dans la tech, la cuisine, le cinéma ou les voyages. Après tout, pour choisir un restaurant, un guide spécialisé pèse souvent plus lourd qu’un discours marketing. Les sites institutionnels gagnent aussi du terrain, de 17 % à 23 %. Pour la santé, l’énergie ou l’immobilier, Gemini privilégie des références publiques comme Service-public.fr, Ameli ou Ministère de l'Économie et des Finances. Bref, une logique d’équilibre entre expertise, pédagogie et crédibilité administrative.ChatGPT, lui, joue une tout autre partition. Selon l’étude, près de 70 % de ses réponses s’appuient sur des contenus éditoriaux : articles, tutoriels, encyclopédies. Dans certains secteurs comme la tech ou l’automobile, cette part grimpe à 90 %. L’assistant d’OpenAI privilégie massivement des sources grand public comme Wikipédia ou YouTube. Résultat : les sites de marques tombent à 18 %, les plateformes publiques à 5 %, les distributeurs à 7 %. Si vous interrogez l’IA sur l’énergie, vous aurez plus de chances d’obtenir un article de presse qu’un site officiel d’opérateur.Pour les entreprises, la leçon est claire. La visibilité ne se joue plus seulement sur Google, mais dans la tête des modèles. Être bien référencé ne suffit plus : il faut produire des contenus jugés fiables, exploitables… et surtout compréhensibles par l’IA. Autrement dit, la bataille du référencement devient conversationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 11, 20262 min

Les autorités américaines freinent la fusion Netflix x Warner ?

C’est une annonce qui a fait trembler toute l’industrie du divertissement. En décembre, Netflix a sorti le chéquier : 72 milliards de dollars pour s’offrir les studios Warner Bros. Pictures et la plateforme concurrente HBO Max. Un coup de poker monumental qui pourrait rebattre les cartes du streaming mondial. Mais avant de sabrer le champagne, il y a un passage obligé : le contrôle des autorités. Le Department of Justice américain a ouvert une enquête pour mesurer les conséquences d’un tel rachat. L’enjeu est simple : cette fusion risque-t-elle d’écraser la concurrence ?Car en absorbant Warner et HBO Max, Netflix ne gagnerait pas seulement des catalogues prestigieux et des franchises à succès. Le groupe renforcerait aussi considérablement son pouvoir face à des rivaux déjà sous pression. Les enquêteurs cherchent donc à savoir si cette opération pourrait verrouiller le marché, réduire le choix des abonnés ou décourager l’arrivée de nouveaux acteurs. Les auditions ont commencé. Des entreprises du secteur reçoivent des assignations pour fournir des données précises : pratiques commerciales, contrats, relations avec les talents, traitement réservé aux studios indépendants. Les autorités scrutent aussi les précédentes fusions d’Hollywood pour comprendre leurs effets réels sur la diversité de l’offre.Plusieurs issues sont possibles. Première hypothèse : un feu vert sans condition. Peu probable, au vu de l’ampleur de la transaction. Deuxième scénario : une autorisation encadrée, avec des concessions. Le régulateur pourrait exiger la vente de certains actifs, des garanties d’accès aux contenus ou des règles strictes pour protéger créateurs et partenaires. Enfin, le DoJ peut aussi saisir la justice pour bloquer purement et simplement l’opération, ouvrant alors un long bras de fer judiciaire. Et Netflix n’est pas seul sur le ring. Une offre concurrente déposée par Paramount Global pour racheter Warner Bros. Discovery fait elle aussi l’objet d’un examen attentif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 10, 20262 min

SpaceX fusionne avec xAI pour 1250 milliards de dollars ?

C’est un mariage qui ressemble à une déclaration d’intention. Elon Musk regroupe ses forces : SpaceX absorbe xAI, la jeune pousse dédiée à l’intelligence artificielle. Derrière le récit futuriste qu’il affectionne, la logique est surtout très terre à terre : l’IA coûte une fortune. Puces, électricité, centres de données… la facture explose. Alors plutôt que de dépendre d’infrastructures au sol ou de partenaires extérieurs, Musk choisit l’intégration totale. Objectif : maîtriser toute la chaîne, du lancement de satellites à l’entraînement de modèles comme Grok.D’après Reuters, l’opération valoriserait SpaceX autour de 1 000 milliards de dollars, et xAI à 250 milliards. Ensemble, l’entité tutoierait les géants historiques de la tech. En interne, un prix indicatif de 527 dollars par action circule. Symbolique, surtout, pour un groupe non coté. Le vrai enjeu, c’est la concentration des moyens : capitaux, ingénieurs, priorités stratégiques… tout sous le même toit pour industrialiser l’IA à grande échelle. La vision, elle, est typiquement muskienne. Dans ses communications, le patron évoque carrément des centres de calcul en orbite. Des constellations de satellites capables d’héberger de la puissance informatique, alimentées par l’énergie solaire, et mises en place grâce aux cadences de lancement de Starship. L’espace deviendrait, selon lui, « le moyen le moins cher de produire de la puissance de calcul IA » d’ici deux ou trois ans.Les médias comme The Verge rappellent que cette idée de data centers orbitaux revient régulièrement dans son discours. Mais cette consolidation renforce aussi ce que certains appellent déjà la « Muskonomie » : un écosystème fermé où X fournit les données, xAI les modèles, et SpaceX l’infrastructure. Avec, en toile de fond, des contrats fédéraux sensibles dans la défense et l’aérospatial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 9, 20262 min

USA : il fournir son historique internet pour y voyager ?

Vous aviez prévu un week-end prolongé à New York ou un détour par les stades américains pour la prochaine Coupe du monde ? Il va falloir préparer plus que votre valise. Désormais, pour entrer aux États-Unis sans visa, le simple formulaire ESTA ne se contente plus des traditionnelles informations d’état civil. Il scrute aussi votre vie numérique.Jusqu’ici, l’ESTA — le sésame électronique pour les voyageurs des 42 pays du programme d’exemption de visa, dont la France — demandait des données classiques : identité, passeport, adresse. Mais un décret publié fin 2025 au Federal Register a durci la procédure. Depuis le 8 février, les candidats doivent fournir leurs numéros de téléphone utilisés sur cinq ans, des renseignements détaillés sur leur famille… et surtout un historique complet de leurs réseaux sociaux sur cinq ans, ainsi que dix années d’adresses e-mail. Autrement dit : une véritable cartographie numérique de votre existence.Ces informations ne dorment pas dans un tiroir. Elles sont passées au crible d’algorithmes chargés de repérer des profils jugés sensibles selon leurs opinions, leurs relations ou leurs activités en ligne. À la clé, des contrôles renforcés à l’arrivée, parfois très longs, voire un refus d’entrée pur et simple. Une pression qui commence déjà à peser sur la fréquentation touristique : selon US Travel Association, les arrivées étrangères ont reculé de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024. En parallèle, le Department of Homeland Security dispose d’un autre outil : des subpoenas administratifs, autrement dit l'injonction de comparaître devant un tribunal pour produire un témoignage ou un document, adressés directement aux plateformes comme Meta ou Google, sans autorisation judiciaire préalable. Ces demandes permettent d’obtenir des métadonnées — adresses IP, horaires de connexion, localisation — afin de reconstituer les habitudes d’un utilisateur. Elles ont déjà servi à identifier des internautes critiques envers l’administration, notamment sur les opérations de Immigration and Customs Enforcement. Au final, frontière physique et frontière numérique se confondent. Voyager vers les États-Unis, ce n’est plus seulement montrer son passeport. C’est aussi exposer son historique en ligne. Et accepter que chaque clic puisse, un jour, peser dans la balance au contrôle des douanes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 8, 20262 min

Que vaut la première chanson IA / informatique quantique ?

L’intelligence artificielle générative est souvent accusée de piller les artistes, d’aspirer leurs œuvres pour recracher des copies sans âme. Le débat est vif, parfois frontal. Pourtant, certains créateurs tentent une autre voie : non pas subir l’IA, mais l’utiliser comme un outil, presque comme un instrument supplémentaire. C’est le pari de la startup britannique Moth, qui vient de collaborer avec l’artiste électro ILĀ. Ensemble, ils ont signé un titre inédit, Recurse, un morceau conçu à la croisée de l’intelligence artificielle générative… et de l’informatique quantique. La piste est déjà en ligne sur YouTube, Spotify et les principales plateformes de streaming. Même le clip joue la carte technologique, avec un effet visuel baptisé « flou quantique », développé par Moth.Derrière cette expérimentation, un logiciel maison : Archaeo. Cette plateforme fonctionne sur un ordinateur quantique fourni par l’entreprise IQM. Particularité notable : le système ne s’appuie pas sur d’immenses bases de données piochées sur Internet. Pas de scraping massif d’œuvres d’inconnus. L’entraînement s’est limité exclusivement aux créations d’ILĀ. L’idée n’est donc pas de produire de la musique ex nihilo, comme le font certaines IA génératives classiques. Ici, la machine joue plutôt le rôle d’assistant. Elle recombine, réorganise, suggère. « J’ai composé un morceau comme je le fais d’habitude, puis ces séquences ont servi à entraîner le système », explique l’artiste. L’IA ne remplace pas la main humaine, elle prolonge le geste.Pour Moth, Recurse marque même un tournant, un « moment décisif » pour la créativité de demain. Une manière de montrer que l’IA peut devenir un partenaire plutôt qu’un prédateur. Et l’expérience ne s’arrête pas là. À côté du titre principal, formaté comme un morceau classique d’un peu plus de cinq minutes, le duo propose Recurse [Infinite Mix]. Cette version, générée en temps réel, ne s’arrête jamais. Une boucle infinie, qui se transforme en permanence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 5, 20262 min

Après Elon Musk, Jeff Bezos se lance dans les satellites ?

Blue Origin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Dans un simple communiqué, l’entreprise spatiale a dévoilé un projet d’ampleur : TeraWave, une constellation de 5 408 satellites reliés entre eux par des liaisons optiques. Leur terrain de jeu ? L’orbite terrestre basse, mais aussi l’orbite moyenne. Une architecture hybride pensée pour maximiser les débits.L’objectif est clair : proposer des connexions très haut débit entre les grands pôles mondiaux et des utilisateurs dispersés, notamment dans les zones rurales, reculées ou mal desservies. Là où tirer de la fibre coûte trop cher, s’avère techniquement complexe, voire tout simplement impossible. Blue Origin promet ainsi des connexions multigigabits, capables de rivaliser avec les réseaux terrestres. Sur le papier, l’annonce peut surprendre. Le ciel est déjà encombré : SpaceX déploie Starlink à grande échelle, Amazon prépare sa propre constellation Kuiper. Pourtant, Blue Origin ne vise pas prioritairement le grand public. TeraWave cible surtout les entreprises, un marché bien plus rentable, dopé par l’explosion des besoins en données, notamment pour les centres de calcul et l’intelligence artificielle.La société avance des chiffres ambitieux. Les satellites en orbite basse pourraient offrir jusqu’à 144 gigabits par seconde. Ceux placés plus haut, en orbite moyenne, utiliseront des liaisons laser pour atteindre… 6 térabits par seconde. Des performances taillées pour les infrastructures critiques. Le déploiement doit débuter fin 2027. Mais ce chantier s’ajoute à une liste déjà impressionnante. Blue Origin travaille simultanément sur des modules lunaires, une future station spatiale, une capsule habitée, le véhicule logistique Blue Ring, sans oublier un orbiteur martien. Et côté lanceurs, New Shepard et New Glenn tournent déjà à plein régime. Derrière l’ambition, une question se pose : l’entreprise pourra-t-elle suivre le rythme ? Mettre en orbite plus de 5 000 satellites exige une cadence de lancements soutenue, alors même que New Glenn a déjà un calendrier chargé, notamment avec les missions du projet Kuiper d’Amazon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 4, 20262 min

Le MIT créé une mémoire « infinie » ?

On a tous déjà vu ça avec les intelligences artificielles : plus le texte est long, plus le modèle perd le fil. Au bout de quelques milliers de mots, la mémoire sature, le contexte se brouille, et les réponses deviennent approximatives. Pour les chercheurs du MIT, c’est un vrai plafond de verre. Leur solution tient en trois lettres : RLM, pour Recursive Language Model. L’idée est simple mais maligne. Plutôt que de charger un document entier dans la mémoire du modèle — ce qui l’étouffe — le texte reste stocké à l’extérieur. Le système ne transmet au modèle que les fragments utiles, au fur et à mesure. Un peu comme si l’IA feuilletait un énorme classeur au lieu d’essayer de tout mémoriser d’un coup.Concrètement, le RLM reçoit d’abord une vue d’ensemble : nombre de sections, taille du document, structure générale. Ensuite, il génère du code pour aller chercher précisément les passages pertinents, les analyser un par un, puis assembler la réponse finale. Résultat : il garde le contexte global sans nécessiter de réentraînement. Les tests sont parlants. Sur des documents gigantesques, entre 6 et 11 millions de jetons, le RLM basé sur GPT-5 a extrait correctement 91 % des réponses attendues sur le benchmark BrowseComp-Plus. Le modèle standard, lui, n’a rien retrouvé. Sur des tâches de raisonnement complexe, il passe de presque zéro à 58 % de bonnes réponses. Et pour l’analyse de code, les performances doublent, de 24 % à 62 %.Le système repose sur deux briques : un « modèle racine », chargé de planifier et d’orchestrer la recherche, et un « modèle travailleur », plus léger, qui traite chaque extrait. Alex Zhang, co-auteur au MIT CSAIL, compare ça à un programmeur qui ouvre un énorme fichier morceau par morceau pour éviter de faire planter son ordinateur. Compatible avec des techniques comme le RAG, le RLM peut s’intégrer sans changer l’interface habituelle. Et bonne nouvelle : le code est déjà disponible sur GitHub.GithubÉtude d'Alex Zhang Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 3, 20262 min

USA : qui est le nouveau maître de TikTok ?

Après les ultimatums, les menaces de bannissement et les délais arrachés in extremis à la Maison-Blanche, TikTok vient officiellement de céder ses activités américaines. L’annonce a été faite le 22 janvier par son patron, Shou Chew, dans un mémo interne. ByteDance a fini par plier face aux exigences de Washington. Mais derrière la signature, une question demeure : s’agit-il d’une vraie séparation… ou d’un simple tour de passe-passe juridique ?La nouvelle entité s’appelle TikTok USDS Joint Venture LLC. Et la répartition du capital ressemble à un savant puzzle. Trois poids lourds raflent chacun 15 % : Oracle, le fonds californien Silver Lake et MGX, un fonds souverain émirati lancé en 2024. À eux trois, 45 %. ByteDance conserve 19,9 %, juste en dessous du seuil des 20 % qui aurait déclenché des restrictions légales. Le reste est partagé entre d’autres investisseurs, dont le family office de Michael Dell. Au total, les capitaux non chinois détiennent 80,1 % de la structure américaine. Oracle devient le gardien du temple. L’entreprise de Larry Ellison hébergera les données des utilisateurs américains sur ses serveurs sécurisés et supervisera le respect des règles de sécurité nationale. Silver Lake apporte son expertise financière, tandis que MGX, déjà présent chez xAI et OpenAI, s’impose comme un nouvel acteur stratégique. Le fonds a aussi participé au gigantesque programme d’infrastructures IA soutenu par Donald Trump, baptisé Stargate.Mais le vrai nerf de la guerre, c’est l’algorithme de recommandation, le cœur battant de TikTok. Officiellement, il sera « réentraîné » uniquement avec des données américaines, sous contrôle d’Oracle. ByteDance, lui, conserve la main sur la publicité et le commerce en ligne, les activités les plus lucratives. Reste une énigme technique et politique : peut-on vraiment détacher un algorithme de son créateur ? ByteDance l’a conçu, le connaît par cœur et garde une part au capital. Sans compter que Pékin doit encore valider l’accord, la Chine contrôlant strictement l’exportation de ses technologies sensibles. Sur le papier, le conseil d’administration comptera sept membres, dont quatre Américains. Adam Presser prend la tête de l’entité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 2, 20262 min

OpenAI en faillite en 2027 ?

L’intelligence artificielle fait rêver. Mais elle coûte aussi, littéralement, une fortune. Depuis deux ans, les grands noms du secteur annoncent des levées de fonds records, des centres de données géants, des puces toujours plus puissantes. Une course à l’armement technologique. Et dans cette bataille, OpenAI semble brûler du cash plus vite que tout le monde.Les dépenses de l’entreprise seraient estimées à près d’un milliard de dollars… par mois. Oui, par mois. Une cadence qui donne le vertige et qui alimente une question de plus en plus sérieuse dans les cercles financiers : combien de temps ce rythme peut-il tenir. On se souvient qu’en octobre dernier, Sam Altman avait promis des investissements colossaux : jusqu’à 1 400 milliards de dollars pour développer les infrastructures nécessaires à l’IA. Des montants dignes d’un budget d’État. Mais cette ambition démesurée inquiète.Dans une tribune publiée dans le New York Times, l’expert financier Sebastian Mallaby, du Council on Foreign Relations, estime qu’OpenAI pourrait tout simplement se retrouver à court d’argent « au cours des 18 prochains mois ». Autrement dit : avoir du mal à passer le cap de 2027. Et son analyse ne vient pas d’un doute sur l’intelligence artificielle elle-même. Au contraire. Il rappelle que les grandes innovations technologiques prennent d’ordinaire des décennies à s’imposer. Or, l’IA progresse à une vitesse spectaculaire. Le problème, selon lui, ce n’est pas la technologie. C’est le modèle économique d’OpenAI.Car contrairement à Google, Meta ou Microsoft, capables de financer leurs paris risqués grâce à d’autres activités très rentables, OpenAI ne dispose pas de cette bouée de sauvetage. Elle doit investir massivement… sans revenus comparables en face. Même en revoyant certaines promesses à la baisse ou en s’appuyant sur la valeur élevée de ses actions, l’équation reste brutale : il faut trouver des sommes astronomiques. Pour Mallaby, le scénario n’est pas impensable : une entreprise étranglée financièrement, puis absorbée par un géant mieux doté en liquidités, comme Microsoft ou Amazon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Feb 1, 20262 min

Meta a volé la techno derrière ses lunettes intelligentes ?

Grâce à ses alliances avec Ray-Ban et Oakley, Meta s’est imposé en quelques mois comme l’un des leaders des lunettes connectées. Les modèles siglés Zuckerberg se vendent si bien que le groupe envisagerait même de doubler la production pour suivre la demande. Mais derrière cette réussite, un concurrent crie au pillage technologique.La société Solos, elle aussi spécialisée dans les lunettes intelligentes, vient de déposer plainte dans le Massachusetts. Elle accuse Meta d’avoir enfreint plusieurs de ses brevets, ceux qu’elle considère comme le « cœur » même de la technologie embarquée. Dans le viseur : la Ray-Ban Meta de première génération, présentée comme la base technique de toute la gamme actuelle. Selon Solos, les modèles plus récents ne seraient que des variantes d’une plateforme déjà fondée sur ses inventions protégées. La facture pourrait être salée. L’entreprise réclame des dommages se chiffrant en milliards de dollars et demande une injonction qui pourrait, à terme, bloquer certaines ventes.Dans sa plainte, Solos avance un élément troublant. En 2021, une chercheuse du MIT, Priyanka Shekar, publie une étude stratégique sur ses produits, citant explicitement plusieurs de ses brevets. Peu après, elle rejoint Meta comme cheffe de produit. Pour Solos, difficile d’y voir une coïncidence : ces connaissances auraient pu être intégrées en interne avant le lancement des lunettes développées avec EssilorLuxottica, propriétaire de Ray-Ban et Oakley.Autre point soulevé : les partenaires de Meta auraient eu accès très tôt à ses travaux. Des ingénieurs d’Oakley auraient vu des prototypes dès 2015. Puis, en 2017, des réunions avec EssilorLuxottica auraient permis de détailler sa feuille de route technologique. Ironie de l’histoire, Solos propose déjà des lunettes intégrant de l’IA, de la traduction automatique ou encore ChatGPT… mais reste largement dans l’ombre de Meta. Cette bataille juridique rappelle que dans la course aux objets connectés, l’innovation va vite, et les brevets deviennent des armes. D’ailleurs, un autre acteur, Xreal, vient lui aussi d’attaquer un concurrent pour contrefaçon. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 29, 20262 min

Mémoire ReRAM : 100x plus rapide que le Flash ?

Le monde du stockage numérique traverse une zone de turbulence. Depuis des mois, le secteur encaisse pénuries, hausses de prix et bricolages techniques. On a même vu certains fabricants ressortir de vieux standards comme la DDR3 pour maintenir la production à flot. Autant dire un retour en arrière. Mais la porte de sortie ne viendra pas du passé. Elle pourrait s’appeler… ReRAM. Derrière ce sigle un peu austère se cache peut-être la prochaine révolution mémoire. Et surtout, un signal fort : Texas Instruments, poids lourd des semi-conducteurs valorisé près de 170 milliards de dollars, vient d’en acquérir la licence auprès d’une jeune pousse australienne, Weebit Nano. Quand un géant réputé pour sa prudence met la main sur une technologie, ce n’est généralement pas un pari fantaisiste.Le principe de la ReRAM, pour « mémoire résistive », est simple sur le papier : stocker l’information non plus comme dans la Flash traditionnelle, mais via un changement de résistance électrique. Résultat annoncé : des performances qui donnent le tournis. Des vitesses d’écriture jusqu’à cent fois plus rapides que la Flash embarquée actuelle, et surtout une endurance bien supérieure, capable de supporter entre 100 000 et un million de cycles d’écriture sans dégradation notable. Autre atout décisif : l’intégration. La technologie peut être ajoutée en fin de fabrication des puces, via ce que les ingénieurs appellent le « back-end-of-line ». En clair, pas besoin de repenser toute l’architecture des transistors. Le surcoût serait limité à environ 5 %. Pour un bond générationnel, c’est presque dérisoire.Si cette solution suscite autant d’intérêt aujourd’hui, c’est parce que la mémoire Flash arrive à ses limites physiques. Sous les 28 nanomètres, elle devient instable, chère, difficile à miniaturiser. Un véritable goulot d’étranglement qui freine smartphones, objets connectés et PC. Les fabricants se retrouvent à empiler des solutions hybrides, plus gourmandes en énergie et en espace. Avec la ReRAM, l’industrie entrevoit enfin une alternative crédible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 28, 20262 min

Spotify se venge contre le piratage ?

C’est une bataille discrète, mais révélatrice des tensions entre plateformes, ayants droit… et sites d’archives aux frontières du légal. À la toute fin de l’année dernière, Anna’s Archive affirmait avoir mis la main sur une copie massive de données issues de Spotify, incluant des enregistrements parmi les plus écoutés de la plateforme. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue. Puis, début janvier, coup de théâtre : le domaine en .org du site disparaît brutalement. Hors ligne, sans explication claire.À l’époque, ses opérateurs parlent d’une simple interruption technique, sans rapport avec cette collecte géante. Mais quelques jours plus tard, des documents judiciaires lèvent le voile sur une tout autre histoire. En coulisses, Spotify s’est allié à trois poids lourds de l’industrie musicale – Sony, Warner et Universal – pour saisir la justice américaine. Direction le tribunal fédéral du district sud de New York. La plainte est d’abord placée sous scellés, pour éviter toute fuite. L’idée est simple : frapper vite, sans prévenir.Le 2 janvier, les plaignants obtiennent une ordonnance restrictive temporaire. Elle vise directement les intermédiaires techniques : le gestionnaire des domaines .org, Public Interest Registry, et le géant des services réseau Cloudflare. Selon les maisons de disques, ces acteurs ont le pouvoir de couper l’accès aux domaines utilisés pour diffuser illégalement des œuvres protégées. Anna’s Archive ne découvre la procédure qu’une fois les mesures appliquées. Les ayants droit redoutaient qu’une alerte préalable ne provoque la mise en ligne immédiate de millions de fichiers et une fuite de l’infrastructure hors des États-Unis. Résultat : le .org tombe. Mais le site, lui, ne disparaît pas totalement.Le juge Jed Rakoff transforme ensuite l’ordonnance en injonction préliminaire, estimant que les plaignants ont de solides arguments en matière de violation du droit d’auteur, notamment via des fichiers torrent. Hébergeurs, fournisseurs d’accès : tous sont sommés de bloquer l’accès. Pourtant, certains domaines étrangers restent accessibles. Et selon TorrentFreak, si les torrents Spotify affichent désormais « indisponible », des téléchargements persistent via des liens directs.  Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 27, 20262 min

Un deal à 800 millions entre Epic Games et Google ?

C’est un feuilleton judiciaire qui dure depuis près de six ans, un bras de fer entre deux poids lourds du numérique : Epic Games d’un côté, Google de l’autre. Au cœur du conflit, les règles du Play Store et les pratiques jugées anticoncurrentielles du géant de Mountain View sur le marché des applications mobiles. En novembre dernier, les deux camps ont annoncé vouloir enterrer la hache de guerre. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Lors d’une audience récente à San Francisco, un élément inattendu est venu troubler le tableau. En parallèle du procès, Epic aurait négocié un partenariat commercial d’envergure avec… Google lui-même.Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’éditeur de Fortnite prévoit d’investir 800 millions de dollars sur six ans dans les services de Google. Une somme que le juge fédéral James Donato a qualifiée de « partenariat plutôt solide ». L’accord prévoirait des développements de produits communs, des opérations marketing conjointes et divers projets commerciaux partagés. Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, explique que cet argent correspond à l’achat de prestations précises, sans en détailler la nature. Une lettre d’intention a été présentée au tribunal, mais l’accord n’est pas encore finalisé. Selon lui, cette collaboration s’inscrirait surtout dans la stratégie autour du métavers, avec Fortnite comme vitrine, et inclurait notamment une utilisation renforcée de l’Unreal Engine par Google. Il insiste aussi sur un point : l’Epic Games Store ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur sur Android.Reste que ce rapprochement interroge. Après des années à dénoncer les barrières de l’écosystème Android, pourquoi soudain faire affaire avec l’adversaire ? Le juge cherche à savoir si cet accord financier a pesé dans la décision d’Epic de mettre fin au contentieux. Tim Sweeney, lui, assume. Pour lui, payer Google pour favoriser davantage de concurrence n’a rien d’incohérent. Une position pragmatique… mais qui contraste avec six ans de bataille judiciaire acharnée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 26, 20261 min

ChatGPT utilise l’IA Grok comme source ?

Vous vous rappelez peut-être le grand show autour de GPT-5.2. OpenAI promettait une intelligence artificielle taillée pour les professionnels, solide, fiable, presque infaillible. Une sorte d’assistant surdoué capable de gérer des dossiers complexes sans broncher. Sur le papier, c’était la Rolls-Royce de l’IA. Sauf qu’en regardant de plus près, le moteur semble un peu bricolé.Une enquête du Guardian vient en effet semer le doute. Pour construire certaines réponses, le modèle irait puiser directement dans… Grokipedia, l’encyclopédie alimentée par l’écosystème d’Elon Musk. Autrement dit, l’outil vedette d’OpenAI s’appuierait sur une base liée à son principal rival. Ironie totale dans la guerre des milliardaires de la tech. Les journalistes britanniques ont mené des tests simples : douze questions factuelles, sur des sujets sensibles. Résultat, GPT-5.2 a cité Grokipedia neuf fois. Pas un accident isolé, mais un réflexe récurrent. L’IA s’y est référée pour évoquer des dossiers géopolitiques délicats, comme les liens supposés entre l’Iran et l’opérateur MTN-Irancell, ou encore pour retracer le parcours de l’historien Richard Evans, témoin clé au procès du négationniste David Irving.Problème : OpenAI assure depuis des mois avoir verrouillé ses sources, avec des filtres stricts pour éviter les contenus douteux. Officiellement, l’entreprise parle d’un « large éventail de sources publiques » soigneusement sélectionnées. Mais dans les faits, l’algorithme s’appuie sur une plateforme elle-même alimentée par une autre IA, Grok, déjà critiquée pour des biais et des renvois vers des forums extrémistes. Pas exactement un gage de sérénité. Au-delà de la rivalité entre Musk et OpenAI, cette affaire révèle un souci plus profond. Les intelligences artificielles commencent à se nourrir les unes des autres. Une sorte de boucle fermée où des contenus générés par des machines deviennent des « références » pour d’autres machines. Les erreurs, approximations ou biais se recyclent, se renforcent, puis prennent l’apparence de vérités établies. À force d’aspirer tout le web, ces modèles risquent surtout d’avaler leurs propres déchets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 25, 20262 min

Avec PineDrama, TikTok se lance dans les séries de 1 min ?

Alors que l’année 2026 démarrait à peine, ByteDance a choisi la discrétion plutôt que le grand show. Sans annonce tonitruante ni keynote spectaculaire, le groupe chinois a fait apparaître une nouvelle application sur les écrans américains et brésiliens : PineDrama. Un lancement presque furtif, mais révélateur d’une mutation profonde de nos usages vidéo. Car non, le règne du format court n’a visiblement pas encore atteint son plafond.PineDrama ne prétend pas révolutionner la narration. Elle pousse simplement la logique existante à son extrême. Le concept : des séries scénarisées, découpées en épisodes d’environ une minute, à regarder exclusivement en vertical. Ici, pas de plans léchés ni de budgets hollywoodiens. L’esthétique revendique le kitsch assumé : intrigues sentimentales, romances improbables, loups-garous, secrets de bureau et coups de théâtre à répétition. Des titres comme Love at First Bite ou The Officer Fell for Me donnent le ton : on est clairement du côté du « plaisir coupable ».La singularité du lancement tient aussi à son modèle économique. Contrairement à d’autres plateformes du même genre, PineDrama est, pour l’instant, accessible sans publicité ni abonnement obligatoire. Une gratuité surprenante dans un secteur habitué aux paywalls agressifs, mais qui s’explique par la puissance financière de ByteDance. Le groupe teste ce format depuis un moment déjà à travers les « TikTok Minis » sur TikTok, et PineDrama apparaît comme une déclinaison autonome de cette expérimentation. Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans une tendance importée d’Asie, où les « micro-dramas » transforment le smartphone en distributeur automatique de fictions express. Là où Quibi s’était fracassé en tentant d’imposer une expérience premium et coûteuse sur mobile, PineDrama et ses concurrents comme ReelShort ont compris une chose essentielle : l’enjeu n’est pas la qualité cinématographique, mais l’addiction.Dans les transports ou entre deux rendez-vous, l’utilisateur ne cherche pas le prochain chef-d’œuvre, mais une décharge narrative immédiate. En internalisant ce format, ByteDance ne vise pas une ambition culturelle. Il cherche à récupérer ces précieuses minutes d’attention qui échappaient encore à son algorithme principal. Une bataille pour le temps de cerveau disponible, où la victoire se joue désormais sur la capacité à livrer un divertissement instantané, sans friction. Reste une inconnue : lorsque la gratuité disparaîtra, le public acceptera-t-il de payer pour ces feuilletons verticaux ? Pour l’instant, PineDrama teste le terrain outre-Atlantique. L’Europe, elle, observe de loin avec attention. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 22, 20262 min

Grok devient l’IA officielle du Pentagone ?

Après les polémiques à répétition — images sexualisées générées sans consentement, deepfakes explicites, y compris mettant en scène des mineurs — le chatbot Grok confirme sa réputation d’IA hors normes, pour ne pas dire hors cadre. Une intelligence artificielle volontairement permissive, peu filtrée, indifférente aux lignes rouges juridiques et éthiques. Une philosophie assumée par son créateur, Elon Musk, et désormais revendiquée au sommet de l’appareil militaire américain.Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration prochaine de Grok dans des systèmes classifiés du Pentagon. Objectif affiché : doter l’armée d’une IA « sans contraintes idéologiques » pour soutenir des usages militaires jugés légitimes. Lors d’un discours tenu devant des employés de SpaceX, au Texas, le message est limpide : l’IA militaire américaine « ne sera pas woke ». Une formule choc, mais parfaitement alignée avec l’ADN de Grok. Cette convergence n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une doctrine stratégique où l’efficacité prime sur le cadre légal, quitte à flirter avec les limites du droit international. Sous l’administration Trump, certaines opérations extérieures ont déjà suscité de lourdes controverses, de l’Amérique latine à la Corne de l’Afrique. Des actions spectaculaires, souvent pensées pour l’impact médiatique immédiat, mais rarement pour leurs conséquences à long terme.Dans ce contexte, l’arrivée d’une IA comme Grok pose une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’on confie des décisions potentiellement létales à un outil qui ne connaît ni le doute, ni la retenue ? Une IA capable d’analyser froidement des données satellitaires, des flux de renseignement, des réseaux sociaux, puis de proposer des cibles, des scénarios, des méthodes. Une IA qui peut calculer l’acceptabilité politique d’une frappe, intégrer les pertes civiles comme de simples variables, et optimiser une opération sans jamais en questionner la légitimité. Le risque ne s’arrête pas au champ de bataille. Grok pourrait aussi piloter la guerre de l’information, notamment via X, en amplifiant certains récits, en noyant les faits sous des narratifs concurrents, en discréditant témoins et sources gênantes. Pour une machine dépourvue d’éthique, la vérité n’est qu’un paramètre parmi d’autres.Le basculement est là : la guerre tend à devenir un processus technique, automatisé, délégué à des systèmes qui n’assument aucune responsabilité. Or une IA n’est ni un officier, ni un décideur politique. Elle ne comparaît pas devant un tribunal. Elle ne rend de comptes à personne. Et pourtant, Grok s’apprête à peser sur des décisions de vie ou de mort. Un choix lourd de conséquences, dont il sera difficile de mesurer — et de corriger — les effets une fois la machine lancée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 21, 20262 min

Amazon lance son cloud européen 100% indépendant ?

Amazon franchit un cap stratégique en Europe. Ce jeudi 15 janvier, Amazon Web Services lance officiellement son AWS European Sovereign Cloud, une infrastructure pensée pour répondre aux exigences les plus strictes en matière de souveraineté numérique. La première région ouvre en Allemagne, dans le Brandebourg, avec déjà des extensions prévues en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal via des « Local Zones ». L’investissement est à la hauteur de l’ambition : 7,8 milliards d’euros engagés outre-Rhin pour redessiner le paysage du cloud européen.La promesse est simple, presque radicale : ce cloud peut fonctionner en totale autonomie, même en cas de coupure complète avec le reste du réseau mondial d’AWS. Aucune dépendance technique ou opérationnelle hors de l’Union européenne. Les données, métadonnées, factures et comptes clients restent confinés sur le sol européen. L’exploitation est assurée par des équipes locales, sans lien fonctionnel avec les États-Unis, et une copie complète du code source est accessible aux responsables européens en cas d’urgence. Une concession rare de la part d’un hyperscaler américain, conçue pour répondre frontalement aux inquiétudes liées à l’extraterritorialité du droit américain. Cette offre vise clairement les secteurs les plus sensibles : administrations, défense, finance, santé, énergie ou télécoms. Pour ces acteurs, longtemps réticents à migrer vers le cloud public, AWS promet désormais « le meilleur des deux mondes » : la puissance industrielle d’un géant mondial, sans abandon du contrôle juridique et opérationnel. Reste que certains sceptiques continueront de douter de l’étanchéité réelle du dispositif face à une éventuelle pression judiciaire venue de Washington.Pour crédibiliser son discours, Amazon a mis en place une architecture juridique inédite. Une société mère allemande chapeaute trois filiales de droit local, toutes dirigées par des citoyens européens. À leur tête, l’Allemand Stefan Hoechbauer, épaulé par le Français Stéphane Israël, ancien patron d’Arianespace. Un conseil consultatif complète le dispositif, avec notamment le général Philippe Lavigne et l’Irlandaise Sinéad McSweeney. Dès son lancement, plus de 90 services sont disponibles, de l’IA au stockage en passant par la cybersécurité. Des acteurs comme EWE AG, l’université Lausitz Carl Thiem ou Sanoma Learning ont déjà signé. Les partenaires historiques d’AWS — Accenture, SAP, Capgemini, Deloitte ou Mistral AI — suivent le mouvement. Pour l’Allemagne, l’enjeu est économique autant que stratégique : 2 800 emplois créés chaque année et un impact estimé à 17,2 milliards d’euros sur le PIB. Un signal fort envoyé à toute l’Europe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 20, 20263 min

CAF : comment fonctionne l’algorithme de contrôle des allocataires ?

C’est un geste rare, presque inédit dans l’administration française. Le jeudi 15 janvier, la Caisse nationale des allocations familiales a décidé de lever le voile sur un outil longtemps accusé d’opacité : son algorithme de datamining utilisé pour cibler une partie des contrôles d’allocataires. Code source, variables utilisées, critères écartés, pondérations… tout est désormais public. La CAF parle de DMDE 2026, pour DataMiningDonnées Entrantes, et assume une démarche de transparence totale.L’enjeu est de taille. Chaque année, l’institution verse plus de 108 milliards d’euros de prestations à près de 14 millions de foyers. Dans ce contexte, la moindre suspicion de contrôle automatisé injuste alimente la défiance. Consciente de cette fragilité, la CAF a décidé de répondre frontalement aux critiques. Depuis mars 2025, un comité d’éthique indépendant réunit juristes, experts du numérique et représentants des usagers. Son rôle n’est pas symbolique : il examine chaque algorithme, identifie les risques de biais et peut imposer des corrections. Une charte encadre l’ensemble, avec un principe central : l’outil doit assister la solidarité, pas surveiller les allocataires. « Ouvrir, oui, mais avec méthode et responsabilité », résume Nicolas Grivel, directeur général de la CAF.À la lecture des documents publiés, un point frappe immédiatement : l’algorithme ne concerne qu’une part infime des contrôles. En 2024, sur 31,5 millions de vérifications, moins de 1 % ont mobilisé ce système. Son rôle est simple : produire un score de risque lorsqu’un trop-perçu potentiel dépasse 600 euros sur six mois. Rien de plus. La décision finale revient toujours à un contrôleur humain. « Ces dossiers restent minoritaires dans notre activité », insiste Thomas Desmoulins, responsable du contrôle à la CNAF. Autre élément clé : ce que l’algorithme ne regarde pas. Les données sensibles — nationalité, sexe, adresse précise, quartier — sont exclues. Les comportements aussi : fréquence de connexion, appels à la CAF, retards administratifs ou contrôles passés n’entrent pas en ligne de compte. L’objectif est clair : éviter toute stigmatisation ou effet boule de neige.Ce que le modèle analyse, en revanche, ce sont des éléments factuels : situation professionnelle, composition du foyer, montants perçus, changements récents de statut. Le tout repose sur une méthode statistique classique, la régression logistique, compréhensible et explicable. Pas de boîte noire, donc. Pour la première fois, chacun peut consulter le code et comprendre comment un score est calculé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 19, 20262 min

Le Congrès américain sauve la NASA et son budget ?

Difficile, ces derniers mois, d’entrevoir un rayon de soleil dans le paysage politique américain. Et pourtant, contre toute attente, le budget fédéral 2026 adopté par le Congrès offre un répit bienvenu au monde de la recherche. Les parlementaires ont choisi de préserver les grands programmes scientifiques, en particulier ceux de la NASA, mais aussi d’autres agences fédérales clés. Une décision qui tranche nettement avec les intentions initiales de l’administration Trump.Au printemps 2025, la Maison-Blanche avait présenté un projet de budget drastique, taillant dans les crédits de l’astrophysique, de l’exploration planétaire ou encore des sciences de la Terre. Autant de domaines jugés coûteux et non prioritaires. Mais au fil des débats, Sénat et Chambre des représentants ont largement revu la copie.Résultat : la NASA se voit finalement attribuer environ 24,4 milliards de dollars pour 2026, un niveau de financement qui permet de maintenir l’essentiel des missions prévues, des instruments en cours de construction et des programmes scientifiques déjà engagés. Cette enveloppe garantit une continuité précieuse. Les projets en préparation ne sont pas stoppés, les calendriers restent globalement inchangés et les équipes peuvent travailler sans la crainte d’une interruption brutale. Les programmes d’exploration planétaire, qu’il s’agisse de Mars, des lunes glacées ou des astéroïdes, conservent leurs moyens. En astrophysique, les crédits nécessaires au développement de l’observatoire spatial Nancy Grace Roman sont maintenus, tout comme ceux dédiés à l’étude des exoplanètes et de la cosmologie.La décision du Congrès dépasse le seul périmètre de la NASA. La National Science Foundation conserve des financements cohérents avec ses missions de recherche fondamentale et appliquée. La NOAA préserve ses crédits pour la surveillance climatique et les satellites d’observation de la Terre, tandis que le NIST poursuit ses travaux sur les normes et la métrologie, indispensables à l’innovation technologique. Les textes votés encadrent toutefois strictement l’usage de ces fonds. Les agences devront rendre compte de l’avancement des projets, du respect des échéances et de la justification des dépenses. Une contrainte assumée, qui offre en contrepartie une visibilité budgétaire essentielle. Dans un contexte international tendu, ce budget 2026 agit comme un garde-fou : il sécurise la continuité des missions scientifiques américaines et préserve la crédibilité des États-Unis dans les grandes collaborations de recherche mondiales. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 18, 20262 min

Meta : le rachat de la startup Manus va mal finir ?

Quand Meta a mis 2 milliards de dollars sur la table pour racheter Manus, le groupe californien a aussitôt tenté d’éteindre l’incendie politique. Message adressé à Washington : aucun actionnaire chinois ne resterait au capital et les services seraient purement et simplement coupés en Chine. Une opération de déminage diplomatique en règle. Problème : Pékin n’a jamais été consulté. Et selon TechCrunch, le ministère chinois du Commerce s’est désormais saisi du dossier pour vérifier si cette acquisition respecte les règles nationales sur l’exportation de technologies sensibles. Ce qui devait être une formalité s’annonce soudain beaucoup plus complexe.Sur le papier, tout semblait pourtant bien ficelé. L’été dernier, Manus avait discrètement déplacé son siège à Singapour. La start-up, née en Chine, avait réduit ses effectifs à une quarantaine de personnes après une levée de fonds de 75 millions de dollars menée par Benchmark. Une migration express devenue si courante qu’elle porte désormais un surnom dans la tech : le « Singapore washing ». L’idée est simple : quitter la Chine pour contourner les restrictions américaines visant les investissements dans les technologies jugées stratégiques. Mais ce raisonnement se heurte aujourd’hui au droit chinois. Les autorités se demandent si le transfert de Manus – équipes, logiciels et propriété intellectuelle compris – n’aurait pas dû faire l’objet d’une licence d’exportation. En clair, Pékin cherche à savoir si des technologies considérées comme sensibles ont quitté le territoire sans autorisation. Le professeur Cui Fan, spécialiste du commerce international, est même allé jusqu’à évoquer sur WeChat un risque de « responsabilité pénale » en cas de violation avérée. L’examen n’en est qu’à ses débuts, et pourrait s’arrêter là. Mais son existence même offre à la Chine un levier de pression non négligeable.Cette affaire illustre le piège dans lequel se retrouvent désormais les grandes manœuvres technologiques entre la Chine et les États-Unis. À Washington, certains saluent le rachat comme un succès : la preuve que les restrictions américaines poussent les talents chinois vers l’écosystème occidental. À Pékin, la lecture est exactement inverse. Comme le résume Winston Ma, professeur à la New York University School of Law, laisser passer l’opération créerait un précédent dangereux, encourageant les jeunes pousses chinoises de l’IA à s’exiler avec leurs technologies.La Chine a déjà montré qu’elle savait utiliser ses règles d’exportation comme arme juridique, notamment face aux tentatives américaines de bloquer TikTok sous la présidence de Donald Trump. Ni Meta ni Manus n’ont, pour l’instant, commenté publiquement cette revue réglementaire. Mais une chose est sûre : l’acquisition, estimée entre 2 et 3 milliards de dollars, pourrait bien s’enliser, voire être renégociée sous la pression de Pékin. Dans la guerre technologique actuelle, même les rachats les plus soigneusement emballés restent des terrains minés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 15, 20263 min

Mistral AI, équipe désormais les armées françaises ?

Peut-on y voir un véritable tournant pour la défense française ? Ce jeudi 8 janvier 2026, le ministère des Armées et des Anciens combattants a officialisé la notification d’un accord-cadre stratégique avec Mistral AI. Objectif affiché : doter l’ensemble des forces armées françaises d’outils d’intelligence artificielle générative de très haut niveau. Un signal fort, dans un contexte de compétition technologique mondiale où l’IA devient un multiplicateur de puissance militaire.Concrètement, cet accord ouvre l’accès, pour toutes les armées, directions et services du ministère, aux modèles, logiciels et prestations développés par l’entreprise cofondée par Arthur Mensch. Il ne s’agit plus de projets pilotes ou d’expérimentations isolées : l’État assume un déploiement large et structurant. L’IA générative entre ainsi dans le quotidien des forces françaises, qu’il s’agisse d’analyse de données, d’aide à la décision, de planification ou de traitement de l’information opérationnelle. Le périmètre du partenariat dépasse d’ailleurs le strict cadre militaire. Plusieurs établissements publics placés sous la tutelle du ministère sont également concernés : le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, l’Office national d'études et de recherches aérospatiales, ou encore le Service hydrographique et océanographique de la marine. Autant d’acteurs clés de la recherche stratégique et de l’innovation de défense.La mise en place de cet accord revient à l’Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense, créée précisément pour accélérer l’adoption de l’IA dans les armées. Son directeur, Bertrand Rondepierre, résume l’enjeu : intégrer les technologies les plus avancées pour préparer les forces aux conflits de demain. Aux yeux du ministère, Mistral AI s’impose aujourd’hui comme l’un des champions mondiaux de l’IA générative, doté d’une équipe de recherche de tout premier plan. Peu importe, affirme-t-on, ses collaborations industrielles avec des acteurs étrangers comme NVIDIA : le cœur du dispositif reste sous contrôle français. C’est là l’argument central : garantir une maîtrise souveraine des technologies critiques. À travers cet accord-cadre, la France affirme une ligne claire : faire de son excellence en intelligence artificielle un pilier de sa souveraineté militaire. Une manière de réduire les dépendances technologiques, tout en transformant l’IA en levier stratégique durable pour la défense nationale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 14, 20262 min

La justice est-elle hostile à l’usage de l’IA ?

C’est une décision peu banale rendue par le tribunal administratif de Grenoble, qui éclaire d’un jour très concret les limites de l’intelligence artificielle face au droit. Le 3 décembre 2025, les juges ont rejeté le recours d’un habitant de Saint-Cergues, sanctionné pour dépôt sauvage d’un carton. Particularité de l’affaire : la requête avait été rédigée à l’aide d’un outil d’IA générative. Un choix qui n’a manifestement pas convaincu la juridiction.Retour en arrière. En mai 2025, cet habitant se rend aux conteneurs de tri de sa commune. Les bennes sont pleines. Faute de mieux, il pose son carton à côté. La mairie y voit un dépôt sauvage et lui inflige une amende de 500 euros. Plutôt que de consulter un avocat ou une association d’aide juridique, l’homme décide de contester la sanction avec un texte généré par intelligence artificielle. Mauvaise pioche. Les magistrats estiment que le document manque de clarté, empile des références jurisprudentielles « fantaisistes » et répète le même argument juridique sous plusieurs formulations. Verdict sans appel : l’outil utilisé est jugé « totalement inadapté » à cet usage.Que des juges mentionnent explicitement l’emploi d’une IA dans leur décision est rare. Mais le signal est clair. De plus en plus de citoyens tentent de s’appuyer sur ces outils pour rédiger des recours administratifs, souvent au prix d’erreurs grossières. Le message implicite du tribunal : on ne devient pas juriste à coups de prompts. À ces faiblesses de fond s’ajoutent des fautes de procédure. Le requérant demandait l’annulation d’une décision… sans joindre ladite décision à son dossier. Une lacune rédhibitoire. Le tribunal lui a pourtant laissé une chance, via une demande de régularisation envoyée en octobre par le téléservice Télérecours Citoyens. Aucune réponse dans les délais. Les juges ont finalement considéré qu’il contestait l’avis de paiement reçu en juin. Sur le fond, les arguments ne tiennent pas davantage. L’homme invoquait un vice de procédure, affirmant ne pas avoir eu le temps de se défendre. Problème : il avait refusé de retirer le courrier recommandé qui l’en informait. Quant à l’excuse des conteneurs saturés, elle n’a pas suffi à convaincre. Conclusion : l’amende de 500 euros est confirmée. Une affaire qui rappelle que, face au droit, l’IA peut aider à comprendre… mais pas remplacer une vraie défense. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 13, 20262 min

La Nasa abandonne ses échantillons de Mars à la Chine ?

C’était l’un des paris scientifiques les plus ambitieux de l’exploration martienne. Avec le rover Perseverance, la NASA voulait accomplir une première historique : rapporter sur Terre des échantillons de sol martien pour les analyser avec les outils les plus sophistiqués dont disposent nos laboratoires. Objectif ultime : trancher, enfin, la question d’une vie passée sur Mars. Mais aujourd’hui, ce rêve se heurte brutalement à une réalité bien terrestre : celle des budgets.Le programme Mars Sample Return, censé récupérer les 35 tubes soigneusement collectés par Perseverance, est au bord de l’abandon. Le budget voté par la Chambre des représentants américaine, pourtant plus généreux que celui initialement envisagé par l’administration Trump, ne prévoit que 650 millions de dollars pour MSR. Une somme dérisoire face aux quelque 11 milliards estimés pour mener la mission à son terme. Le texte doit encore passer devant le Sénat, mais le signal est clair : l’argent ne suivra pas.Il faut dire que MSR est un casse-tête technologique. Un atterrisseur sur Mars, une fusée capable de décoller depuis la planète rouge — une première —, un rendez-vous orbital, puis une capsule de retour vers la Terre. Une chaîne d’opérations complexe, longue, coûteuse. L’administration Trump avait déjà qualifié le projet « d’inabordable ». L’Agence spatiale européenne, ESA, partenaire du programme, a reconnu ne pas pouvoir poursuivre seule. Dans les coulisses, le changement de cap est radical. Washington pousse désormais la NASA à se tourner vers des solutions commerciales, en sollicitant des acteurs privés comme SpaceX ou Blue Origin, dans l’espoir de réduire les coûts. Problème : sans financement massif supplémentaire, aucun industriel n’est prêt à relever le défi aujourd’hui. Résultat : les échantillons pourraient rester sur Mars pendant des décennies.Pendant ce temps, la Chine avance ses pions. Sa mission Tianwen-3, prévue pour la fin de la décennie, devient mécaniquement favorite pour réussir le premier retour d’échantillons martiens. Une stratégie plus simple, plus directe, déjà éprouvée sur la Lune. Si Pékin y parvient avant 2030, le coup sera rude pour les États-Unis : scientifique, symbolique et diplomatique. L’exploration spatiale redevient un terrain de rivalités, où l’audace ne suffit plus sans les moyens de la financer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 12, 20262 min

Vos conversations avec l’IA revendues en secret ?

Pendant longtemps, Internet a entretenu l’idée rassurante d’une séparation nette entre la vie publique et la sphère privée. On écrit, on cherche, on questionne, persuadé que ces échanges restent confinés à l’écran. Les assistants conversationnels ont renforcé ce sentiment, avec leur ton calme, presque empathique, et la promesse implicite de confidentialité. Mais cette frontière supposée se fissure dès qu’on regarde ce qui se cache derrière certaines extensions installées en toute confiance.Depuis des mois, des millions d’utilisateurs dialoguent avec des IA comme OpenAI via ChatGPT ou Anthropic avec Claude, livrant parfois des fragments très intimes de leur existence : soucis de santé, dilemmes personnels, informations professionnelles sensibles. En face, une machine disponible en permanence, qui ne juge pas et semble tenir sa langue. Sauf que cette confiance repose souvent sur une illusion. Derrière l’interface, chaque mot peut être aspiré, analysé… voire revendu. C’est là qu’intervient Urban VPN Proxy. Présentée comme un outil gratuit de protection, cette extension a séduit plus de six millions d’utilisateurs. Une enquête du média Koi a pourtant mis en lumière un tout autre fonctionnement. L’extension injecte des scripts invisibles dans les pages des principaux services d’IA — ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity ou Grok — afin d’intercepter les requêtes, les réponses, les horaires de connexion et diverses métadonnées. Ces données sont ensuite compressées, envoyées vers les serveurs d’Urban VPN, puis transmises à des partenaires tiers.Le plus troublant, c’est l’absence totale de contrôle. La collecte démarre dès l’installation, continue même lorsque le VPN est désactivé et ne peut pas être interrompue par l’utilisateur. Selon Forbes, cette fonctionnalité aurait été ajoutée en juillet 2025 via une mise à jour silencieuse. Officiellement, l’éditeur, Urban Cyber Security Inc., affirme agir pour la « protection de l’utilisateur ». Mais sa politique de confidentialité indique clairement que les données sont partagées avec BiScience, une société spécialisée dans l’analyse comportementale. Autre élément dérangeant : l’extension bénéficie d’un badge « Featured » sur le Chrome Web Store de Google. Ce label suggère une validation manuelle et une conformité aux bonnes pratiques. Pourtant, l’outil intercepte aussi des données issues de Gemini, le chatbot maison de Google. Pour Futurism, cette situation interroge sérieusement la rigueur des processus de validation et la responsabilité des grandes plateformes. Au final, le constat est brutal. On installe un VPN pour se protéger, et l’on se retrouve surveillé. On parle à une IA comme à un confident, et l’on alimente une économie discrète de la donnée. Derrière le discours rassurant de la sécurité numérique, la logique reste la même : celle d’une surveillance bien huilée, souvent invisible, et rarement consentie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 11, 20263 min

Starlink panique pour la sécurité de ses satellites ?

Starlink s’apprête à faire descendre une partie significative de sa constellation. Environ 4 400 satellites vont voir leur altitude abaissée, une décision présentée comme une mesure de sécurité. L’annonce a été faite par Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, dans un message publié sur X. Derrière ce choix technique se cache une réalité souvent méconnue : en orbite basse, l’environnement n’est jamais figé. Le Soleil, lui aussi, influence les règles du jeu.Concrètement, l’opérateur prévoit de faire passer ses satellites d’environ 550 kilomètres d’altitude à 480 kilomètres, à partir de 2026. L’objectif affiché est double : réduire le risque de collision en se positionnant dans une zone jugée moins encombrée, et surtout accélérer la désorbitation des satellites en cas de panne. En toile de fond, l’arrivée du minimum solaire, une phase du cycle du Soleil marquée par une baisse d’activité. Résultat : l’atmosphère terrestre se contracte légèrement, ce qui diminue les frottements et rallonge la durée de vie des objets en orbite basse. À 550 kilomètres, un satellite hors service peut ainsi rester en orbite pendant plus de quatre ans avant de retomber naturellement. Trop longtemps, estime Starlink. Selon Michael Nicolls, descendre à 480 kilomètres permettrait de réduire de plus de 80 % le temps de décroissance balistique, le faisant passer de plusieurs années à seulement quelques mois durant le minimum solaire. Autrement dit, un satellite « mort » disparaîtrait bien plus vite, limitant son statut de débris incontrôlable.Sur le papier, la manœuvre peut sembler contre-intuitive. Abaisser l’altitude de milliers de satellites donne l’impression de concentrer encore davantage la circulation spatiale. Mais Starlink ne raisonne pas en densité locale : l’entreprise parle de couloir orbital. En dessous de 500 kilomètres, il y aurait moins d’objets en circulation et moins de projets concurrents. Il ne s’agit donc pas de fluidifier une zone saturée, mais de déplacer la constellation vers un étage jugé plus « calme ». Le véritable enjeu, toutefois, n’est pas la manœuvre, mais la panne. Tant qu’un satellite fonctionne, il peut corriger sa trajectoire et éviter les collisions. Lorsqu’il cesse de répondre, il devient un projectile passif livré aux lois de la gravité. Plus il reste longtemps en orbite, plus le risque d’accident augmente.Ce choix a aussi une dimension politique. À mesure que les méga-constellations se multiplient, la question des débris spatiaux revient avec insistance dans les débats réglementaires. En abaissant l’altitude de ses satellites, SpaceX se dote d’un argument simple : en cas de problème, ses engins quittent l’orbite plus vite. Reste une interrogation de fond : si 480 kilomètres devient demain l’étage privilégié de l’industrie, l’embouteillage ne fera que changer de niveau. Une chose est sûre : en orbite basse, la marge d’erreur se réduit à vue d’œil, et même les plans dits « de sécurité » ressemblent de plus en plus à des stratégies de survie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 8, 20263 min

Grok : la France enquête sur des deepfakes de mineurs ?

Les ennuis judiciaires s’accumulent pour la galaxie d’Elon Musk. Cette fois, on ne parle ni de polémiques sur la modération, ni de débats idéologiques autour de la liberté d’expression. Les autorités françaises et malaisiennes viennent d’ouvrir, presque simultanément, des enquêtes visant la plateforme X et son intelligence artificielle Grok. Le motif est d’une tout autre gravité : la diffusion de contenus pédopornographiques générés par IA.Les faits sont glaçants. Des utilisateurs ont montré qu’il suffisait de formuler certaines requêtes pour obtenir, via Grok, des images hyperréalistes représentant des mineurs dans des tenues explicitement sexualisées, parfois entièrement nus. Là où d’autres systèmes d’IA bloquent strictement ce type de demandes, l’outil développé par xAI a laissé passer ces requêtes. La réponse officielle évoque des « défaillances dans les garde-fous ». Une justification jugée bien légère au regard de la gravité des contenus produits.En France, la réaction a été rapide. Le parquet de Paris, par l’intermédiaire de sa section spécialisée dans la cybercriminalité, a ouvert une enquête pour diffusion d’images pédopornographiques. Cette procédure vient s’ajouter à d’autres dossiers déjà en cours visant X et Grok, notamment pour des dérapages de contenu signalés fin 2024. Mais le changement de nature est radical : ici, il n’est plus question d’opinions ou de désinformation, mais de protection de l’enfance. Un domaine où la tolérance des autorités est proche de zéro et où le statut de plateforme technologique n’offre que peu d’abris juridiques. Ce scandale met surtout en lumière les conséquences concrètes de la doctrine défendue par Elon Musk : une liberté d’expression quasi absolue, obtenue au prix du démantèlement des équipes de modération, d’éthique et de sécurité. En retirant ces garde-fous, xAI a laissé une IA puissante évoluer sans limites claires. Le résultat est aujourd’hui sous les yeux des enquêteurs.La situation est d’autant plus explosive en Malaisie. Le pays vient tout juste de signer un partenariat pour intégrer Grok comme outil éducatif dans les écoles publiques. À Kuala Lumpur, les autorités doivent désormais rassurer des parents stupéfaits : comment expliquer qu’un logiciel présenté comme un assistant scolaire puisse produire certains des contenus les plus illégaux du web ? L’affaire dépasse largement le cadre d’un incident technique. Elle prend désormais des allures de crise politique, judiciaire et de santé numérique, avec des répercussions internationales qui pourraient durablement fragiliser l’empire Musk. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 7, 20263 min

Une start-up prédit vos émotions avant vous ?

Une start-up française commence à se faire remarquer dans le paysage très concurrentiel de l’intelligence artificielle. Son nom : Emoticonnect. Sa promesse est ambitieuse : aller au-delà de l’analyse des données passées pour anticiper les réactions émotionnelles à venir. Autrement dit, ne plus seulement observer ce que pensent les individus, mais prévoir comment ces perceptions vont évoluer. À première vue, Emoticonnect rappelle deux références bien connues du secteur. Comme Palantir, elle structure et croise de vastes volumes de données. Comme Scale AI, elle sait industrialiser ces analyses à grande échelle. Mais la comparaison s’arrête là. La jeune pousse française ajoute une brique singulière : la prédiction émotionnelle.Soutenue par des travaux scientifiques menés notamment avec le CNRS, sa technologie analyse finement des émotions comme la peur, la colère, la confiance ou l’enthousiasme, mais surtout leur dynamique dans le temps. Il ne s’agit pas d’un simple thermomètre de l’opinion. L’IA détecte des signaux faibles, anticipe des basculements de perception et identifie des tensions avant qu’elles n’éclatent. Une approche prédictive, pensée pour aider à la décision plutôt que pour produire des constats a posteriori. Les applications sont déjà bien réelles. Dans les secteurs de la défense et de la sécurité, l’outil permet de repérer des menaces émergentes à partir de conversations en ligne. Les assureurs l’utilisent pour identifier des clients à risque avant une résiliation. Dans le divertissement et les médias, il sert à anticiper les sujets susceptibles de créer un engouement… ou une polémique. À chaque fois, l’objectif est le même : comprendre ce qui monte avant que cela ne devienne visible.Cette polyvalence a valu à Emoticonnect une reconnaissance européenne, avec l’obtention d’un label valorisant à la fois sa solidité scientifique et son potentiel stratégique. La start-up est également présente à l’Eureka Park, vitrine des innovations de rupture du Consumer Electronics Show. Son directeur technique, Nicolas Rochelemagne, résume l’enjeu : « Les organisations ne manquent pas de données, mais de capacité à en extraire du sens — et surtout à comprendre ce qui va se passer. » Dans un monde saturé d’opinions et de signaux numériques, Emoticonnect parie que l’avenir de l’IA se jouera moins sur la quantité d’informations que sur la capacité à en anticiper les effets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 6, 20262 min

L’IA réinvente la propulsion des fusées ?

L’intelligence artificielle n’est plus cantonnée aux écrans ou aux centres de données. Elle s’invite désormais au cœur d’un domaine longtemps réservé aux équations et aux bancs d’essai : la propulsion spatiale. Des chercheurs et ingénieurs explorent comment l’IA, et plus précisément l’apprentissage automatique, peut transformer la manière dont nous concevons et pilotons les moteurs qui emmèneront les engins spatiaux vers Mars… et au-delà.Au cœur de cette révolution se trouve l’apprentissage par renforcement. Cette branche de l’IA apprend par l’expérience : elle teste, observe les résultats, ajuste sa stratégie, puis recommence. Un peu comme un joueur d’échecs qui affine son intuition après des milliers de parties. Mais à une vitesse et une échelle inaccessibles à l’esprit humain. Appliquée à l’espace, cette approche permet de résoudre des problèmes d’une complexité extrême, depuis le calcul de trajectoires optimales jusqu’à l’optimisation fine des moteurs.L’un des champs les plus prometteurs est celui de la propulsion nucléaire. Dès les années 1960, la NASA testait, avec le programme NERVA, des moteurs nucléaires thermiques capables de chauffer de l’hydrogène pour produire une poussée bien plus efficace que les fusées chimiques classiques. Cette technologie pourrait réduire drastiquement la durée d’un voyage vers Mars. Mais elle pose un défi colossal : transférer la chaleur du combustible nucléaire vers le propergol de la manière la plus efficace possible, sans compromettre la sécurité du réacteur. C’est précisément là que l’apprentissage par renforcement entre en jeu. En explorant des milliers de configurations – formes du combustible, matériaux, flux thermiques – l’IA identifie celles qui maximisent les performances. Une sorte de thermostat ultra-intelligent, chargé d’optimiser un moteur fonctionnant à des températures extrêmes.La fusion nucléaire constitue une autre frontière. Des dispositifs expérimentaux, comme les tokamaks, montrent le potentiel de cette énergie, mais restent trop volumineux pour un usage spatial. Les chercheurs étudient donc des concepts compacts, tels que les polywells, où le confinement du plasma repose sur des champs magnétiques d’une précision redoutable. Là encore, l’IA aide à stabiliser ces systèmes instables par nature. Enfin, l’IA pourrait jouer un rôle clé une fois le vaisseau en vol : gestion du carburant, adaptation aux imprévus, priorisation des missions. Des plateformes polyvalentes, comme le satellite Lockheed Martin LM400, illustrent déjà cette tendance à la flexibilité.En somme, l’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister les ingénieurs : elle devient un véritable copilote de l’exploration spatiale, capable de repousser les limites de notre intuition et d’ouvrir la voie à de nouveaux horizons cosmiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 5, 20262 min

La Chine teste des robots à la frontière vietnamienne ?

À la frontière sud de la Chine, la ville de Fangchenggang concentre chaque jour un trafic intense de camions, d’autocars et de voyageurs. Proche du Vietnam, ce poste-frontière est stratégique, mais saturé. Les contrôles ralentissent le passage des personnes et des marchandises, et les autorités peinent à absorber les pics d’affluence. Pékin a donc décidé de tester une solution radicale : confier une partie de la gestion du site à des robots humanoïdes.Les machines déployées sont les Walker S2, conçues par Ubtech Robotics. De taille humaine, capables de marcher, d’interagir avec leur environnement et d’exécuter des tâches simples grâce à une intelligence artificielle embarquée, ces robots doivent épauler les douaniers. Le contrat, estimé à 37 millions d’euros, est déjà en cours d’exécution, même si le nombre exact d’unités livrées n’a pas été rendu public. Concrètement, les Walker S2 ne remplaceront pas les agents. Leur rôle est d’absorber les tâches répétitives : orienter les voyageurs, gérer les files d’attente, répondre aux questions basiques, donner des consignes ou patrouiller dans les zones de transit. D’autres robots sont affectés aux espaces de fret, où ils assistent à l’inspection des conteneurs et transmettent des informations aux centres de supervision. L’objectif est clair : fluidifier le trafic et permettre aux agents humains de se concentrer sur les contrôles sensibles.Pour Ubtech, l’enjeu est considérable. Un poste-frontière est l’un des environnements publics les plus exigeants : flux continus, stress, impératifs de sécurité. Si l’expérience est jugée concluante, les autorités chinoises pourraient étendre l’usage de ces robots à d’autres infrastructures critiques, comme les aéroports, les gares ou les ports. La frontière de Fangchenggang sert ainsi de laboratoire grandeur nature. Mais le pari est loin d’être gagné. L’acceptation par le public reste incertaine : être orienté, observé ou interpellé par une machine peut susciter malaise ou méfiance. Côté administration, des questions persistent sur la formation des agents, la chaîne de décision et la responsabilité en cas d’erreur. Un incident pourrait freiner durablement l’introduction des robots humanoïdes dans l’espace public. À l’inverse, un succès ferait de Fangchenggang le symbole d’une nouvelle étape dans l’automatisation des services de sécurité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 4, 20262 min

Meta rachète Manus pour dominer l’IA ?

Meta accélère encore dans la course à l’intelligence artificielle. Après une année marquée par des investissements massifs et une chasse aux talents à grande échelle, le groupe de Mark Zuckerberg vient de frapper un nouveau coup en rachetant Manus, un agent IA dont les performances ont rapidement attiré l’attention du secteur.Présenté au printemps dernier par la start-up Butterfly, Manus s’est imposé en quelques semaines comme l’un des agents les plus avancés du moment. Capable de trier des candidatures, planifier des voyages complexes, analyser des données ou piloter des tâches numériques de bout en bout, l’outil s’est fait connaître grâce à une démonstration virale qui le plaçait au niveau, voire au-dessus, des solutions proposées par les leaders du marché. Accessible sur invitation, Manus a séduit des millions d’utilisateurs prêts à payer un abonnement mensuel.La trajectoire de Butterfly a été fulgurante. En l’espace de quelques mois, la jeune pousse, fondée à Pékin mais basée à Singapour, revendiquait plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents et une valorisation estimée à 500 millions de dollars. Des chiffres impressionnants, appuyés par des statistiques techniques spectaculaires : des dizaines de trillions de tokens traités et des millions d’environnements virtuels générés. Autant d’arguments qui ont visiblement convaincu Meta de sortir le chéquier. Le géant américain aurait déboursé plus de deux milliards de dollars pour mettre la main sur Manus. Une acquisition stratégique, alors que Meta cherche à intégrer des agents intelligents directement au cœur de Facebook, Instagram et WhatsApp. L’idée est claire : faire de l’IA un compagnon omniprésent, capable d’assister les utilisateurs dans leurs tâches quotidiennes, personnelles comme professionnelles.Butterfly insiste toutefois sur la continuité du service. Manus restera accessible de manière indépendante, avec ses abonnements et son équipe basée à Singapour. Pour Meta, c’est aussi l’assurance de récupérer une activité déjà rentable, à l’heure où les investissements dans l’IA pèsent lourdement sur les finances des géants du numérique. Reste un point sensible : l’origine chinoise du projet. Dans un contexte de tensions technologiques entre Washington et Pékin, l’opération pourrait susciter des interrogations politiques. Meta a d’ailleurs pris les devants, affirmant qu’après la transaction, aucun actionnaire chinois ne conservera de participation et que Manus cessera toute activité en Chine. Un signal clair : pour s’imposer dans la bataille mondiale de l’IA, Meta entend lever tous les obstacles, y compris géopolitiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jan 1, 20262 min

Les prix des PC vont exploser en 2026 ?

Les signaux sont au rouge pour les prix de l’électronique grand public en 2026. Les dirigeants de Asus et Acer ont confirmé que les ordinateurs portables et de bureau verront leurs tarifs augmenter dès le début de l’année prochaine. En cause : la flambée du prix de la mémoire vive et du stockage, happés par la demande massive des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.Selon le quotidien taïwanais Commercial Times, Samson Hu, patron d’Asus, et Jason Chen, PDG d’Acer, s’accordent sur un constat partagé par l’ensemble du secteur : les hausses de coûts devront inévitablement être répercutées sur les prix de vente. Jusqu’ici, les constructeurs avaient réussi à contenir l’inflation grâce à des stocks constitués avant la pénurie. Mais cette période de répit touche à sa fin. Dès le premier trimestre 2026, les nouvelles machines intégreront des composants achetés au prix fort. Asus entend ajuster finement ses gammes, en jouant sur les configurations et le positionnement tarifaire pour rester compétitif. Acer se montre plus direct : « les prix du quatrième trimestre ne seront pas ceux du premier trimestre de l’an prochain », a prévenu Jason Chen. Pour limiter la casse, certains fabricants pourraient réduire les dotations techniques : 8 Go de RAM au lieu de 16 Go, capacités de stockage revues à la baisse. Une stratégie défensive, alors même que la pénurie touche aussi les SSD.La situation pourrait s’installer dans la durée. Les deux géants du secteur, SK Hynix et Samsung, n’envisagent pas d’augmenter significativement leurs capacités de production. Construire une usine de mémoire prend entre trois et cinq ans, un pari risqué dans un marché cyclique. Quant à Micron, le groupe a recentré ses efforts sur la mémoire à très haut débit (HBM) pour l’IA, au détriment du grand public, et prévient que la tension sur les prix pourrait durer au-delà de 2026. Résultat : les consommateurs risquent de payer plus cher des machines parfois moins bien équipées. Une ironie à l’heure où les logiciels, dopés à l’IA, deviennent toujours plus gourmands en ressources. L’informatique personnelle entre ainsi dans une phase paradoxale : plus puissante côté usages, mais plus coûteuse et plus contrainte côté matériel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 31, 20252 min

L’IA incapable de nous remplacer au travail ?

L’intelligence artificielle est-elle réellement prête à remplacer les humains au travail ? La question agite les entreprises, entre fantasmes de productivité totale et scepticisme assumé. Pour dépasser les discours, des chercheurs de Carnegie Mellon University ont tenté une expérience originale : simuler une entreprise presque entièrement peuplée d’agents d’intelligence artificielle. Les résultats, publiés en prépublication sur arXiv, sont loin d’annoncer la fin du salariat humain. Les scientifiques ont confié le fonctionnement de cette entreprise virtuelle à des agents issus des modèles les plus en vue du moment : Claude d’Anthropic, GPT-4o d’OpenAI, Gemini de Google, Nova d’Amazon, Llama de Meta ou encore Qwen d’Alibaba. Chaque agent s’est vu attribuer un poste classique : analyste financier, chef de projet, ingénieur logiciel. En parallèle, d’autres agents jouaient le rôle de collègues ou de services internes, comme les ressources humaines.Sur le papier, tout était en place. Dans les faits, la performance est restée très limitée. Le meilleur élève, Claude 3.5 Sonnet, n’a réussi à mener à terme que 24 % des tâches confiées. En incluant les missions partiellement accomplies, son score plafonne à 34,4 %. Gemini 2.0 Flash arrive en deuxième position, avec à peine 11,4 % de tâches finalisées. Aucun autre modèle ne dépasse la barre des 10 %. Un contraste saisissant avec les promesses d’autonomie souvent associées à ces systèmes. Les chercheurs identifient plusieurs causes à ces échecs. Les agents peinent à comprendre les implicites humains : demander un fichier en « .docx » ne leur permet pas toujours de déduire qu’il s’agit d’un document Word. Ils manquent aussi de compétences sociales élémentaires et se retrouvent rapidement bloqués lorsqu’ils doivent naviguer sur le Web, gérer des fenêtres surgissantes ou interpréter des interfaces complexes. Plus préoccupant encore, certains agents estiment avoir réussi une tâche après en avoir simplement contourné les étapes difficiles.En clair, cette expérience rappelle une réalité souvent oubliée : si les IA excellent sur des tâches ciblées et bien définies, elles restent très loin de pouvoir gérer seules un environnement de travail réel, avec ses imprévus, ses règles implicites et ses interactions humaines. Le remplacement généralisé des salariés, lui, peut encore attendre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 30, 20252 min

Paypal devient une vraie banque ?

Un pas de plus, et cette fois décisif, vers la banque à part entière. Le 15 décembre, PayPal a déposé deux demandes d’agrément auprès des autorités américaines : le département des institutions financières de l’Utah et la Federal Deposit Insurance Corporation. Objectif affiché : transformer sa filiale de crédit en banque industrielle, sous le nom de PayPal Bank. Depuis plus de dix ans, le géant californien avance déjà sur ce terrain. Depuis 2013, il a accordé plus de 30 milliards de dollars de prêts à quelque 420 000 comptes professionnels dans le monde. Une niche bien identifiée : les petites entreprises et les indépendants, souvent jugés trop risqués ou pas assez rentables par les banques traditionnelles. Avec cette licence bancaire, PayPal veut désormais se passer d’intermédiaires, prêter en direct et aller plus vite.Pour les commerçants américains, la promesse est claire : des décisions de crédit accélérées, moins de paperasse et, potentiellement, des coûts plus bas. « L’accès au capital reste l’un des principaux freins à la croissance des petites entreprises », résume Alex Chriss, le PDG du groupe. À la tête de cette future banque, PayPal a recruté Mara McNeill, ex-dirigeante de Toyota Financial Savings Bank, un profil taillé pour rassurer des régulateurs traditionnellement méfiants face aux ambitions bancaires des géants de la tech. PayPal Bank ne se contenterait pas du crédit. Des comptes d’épargne rémunérés, garantis jusqu’à 250 000 dollars par la FDIC, sont aussi au programme. Et surtout, l’entreprise veut rejoindre directement les réseaux Visa et Mastercard, afin de contrôler toute la chaîne de paiement.Cette évolution n’est pas anodine sur le plan géopolitique. En Europe, la dépendance aux infrastructures américaines inquiète. En avril dernier, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, alertait sur la domination des systèmes de paiement étrangers. Dans la foulée, seize grandes banques ont lancé Wero, un projet paneuropéen censé renforcer la souveraineté financière du continent. Pour les professionnels français, l’enjeu reste ouvert. PayPal propose déjà des prêts via des partenaires bancaires. Devenir banque à part entière lui permettrait d’accélérer encore, de réduire les coûts… et de bousculer un peu plus un secteur bancaire déjà sous pression. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 29, 20252 min

X.com récompense les fake news ?

Le 14 décembre dernier, une attaque terroriste a endeuillé la célébration de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney. Quinze personnes ont perdu la vie. Mais dans les minutes qui ont suivi les coups de feu, une autre machine s’est mise en route, implacable : celle de la désinformation sur les réseaux sociaux, et en particulier sur X.Très vite, un homme d’affaires pakistanais, parfaitement innocent, s’est retrouvé projeté au centre d’un déferlement de haine. Son seul tort : porter le même nom que l’un des terroristes. Sa photo a été massivement relayée, accompagnée d’accusations infondées. Il a reçu des menaces de mort, sa famille a été harcelée. Une erreur d’identité banale, mais aux conséquences dramatiques. Et malgré l’existence des Community Notes, censées corriger les fausses informations, le mal était fait. Selon le Center for Countering Digital Hate, près de trois quarts des contenus de désinformation liés aux élections américaines de 2024 n’ont jamais été corrigés. Et lorsqu’une note apparaît, il faut parfois attendre plusieurs dizaines d’heures.Or, sur les réseaux sociaux, le temps est un luxe. Une étude du MIT montre que les fausses informations se propagent jusqu’à six fois plus vite que les vraies. Et sur X, ce phénomène est désormais encouragé par le modèle économique de la plateforme. Les créateurs sont rémunérés en fonction de l’engagement généré par leurs publications. Peu importe la véracité, seule compte la réaction. Plus ça choque, plus ça rapporte. Résultat : une vidéo de feux d’artifice de Noël, organisée de longue date par un club local, a été présentée comme des « célébrations arabes » après l’attentat. Des millions de vues avant d’être démentie. Pire encore, l’intelligence artificielle Grok, intégrée à X, a inventé de toutes pièces le nom du prétendu héros qui aurait désarmé un terroriste. Un nom fictif, issu d’un site frauduleux créé le jour même.Pendant ce temps, le véritable héros de Bondi Beach, Ahmed al-Ahmed, un Australien d’origine syrienne qui a risqué sa vie pour sauver des inconnus, est resté largement invisible dans le flot médiatique. Il a fallu du temps pour que la vérité émerge, pendant que le mensonge, lui, faisait le tour du monde. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 28, 20252 min

Github Store : le magasin d'app open source tant attendu ?

Voici peut-être l’idée la plus simple… et la plus efficace pour démocratiser l’open source. Un projet indépendant baptisé Github Store vient de transformer GitHub en véritable magasin d’applications, à la manière d’un App Store ou d’un Google Play, mais dédié exclusivement aux logiciels libres. Disponible sur Android et sur ordinateur — Windows, macOS et Linux — Github Store propose une interface claire et familière : catégories, captures d’écran, descriptions détaillées et surtout un bouton d’installation en un clic. Fini la chasse aux fichiers au fond des dépôts ou la peur de télécharger la mauvaise archive. Ici, tout est pensé pour l’utilisateur final, pas uniquement pour les développeurs.Le fonctionnement est astucieux. L’application analyse automatiquement les dépôts GitHub publics qui publient de vraies versions installables dans leurs “releases”. Elle filtre les formats pertinents — APK, EXE, MSI, DMG, PKG, DEB, RPM — et écarte les simples archives de code source. Résultat : seules les applications réellement prêtes à être installées apparaissent dans le catalogue. L’utilisateur peut ensuite naviguer par popularité, mises à jour récentes ou nouveautés, et même filtrer par système d’exploitation pour ne voir que les logiciels compatibles avec sa machine. Chaque fiche application va plus loin que de simples captures d’écran. On y retrouve le nombre d’étoiles, de forks, les problèmes signalés, le README complet, les notes de version et le détail précis des fichiers téléchargeables. Une transparence fidèle à l’esprit open source.Côté technique, Github Store repose sur Kotlin Multiplatform et Compose. Sur Android, l’installation passe par le gestionnaire de paquets natif. Sur ordinateur, le fichier est téléchargé puis ouvert avec l’outil par défaut du système. Il est possible de se connecter avec un compte GitHub, optionnel mais utile : cela permet d’augmenter fortement les limites d’accès à l’API pour explorer sans contrainte. L’application est distribuée via les releases GitHub du projet et sur F-Droid pour Android, sous licence Apache 2.0. Autrement dit, libre, modifiable et réutilisable. Une précision importante toutefois : Github Store n’a pas vocation à garantir la sécurité des logiciels proposés. Il facilite la découverte et l’installation, mais la responsabilité reste entre les mains des développeurs… et des utilisateurs. En rendant l’open source aussi accessible qu’un store grand public, Github Store pourrait bien changer durablement la façon dont nous découvrons et utilisons les logiciels libres. Une petite révolution, sans marketing tapageur, mais avec une idée redoutablement efficace. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 25, 20252 min

De la prison pour un portefeuille Bitcoin respectueux de la vie privée ?

C’est une affaire qui secoue tout l’écosystème des cryptomonnaies et relance un débat explosif : où s’arrête la protection de la vie privée, et où commence la complicité criminelle ? Aux États-Unis, Keonne Rodriguez, développeur du portefeuille Bitcoin Samourai Wallet, vient d’être condamné à cinq ans de prison. Son crime ? Avoir conçu et exploité un outil jugé trop efficace pour garantir l’anonymat des transactions.Lancé en 2015, Samourai Wallet se présentait comme un portefeuille Bitcoin open source destiné à préserver la confidentialité financière de ses utilisateurs. En pratique, il reposait notamment sur une technique de « coin mixing », qui consiste à mélanger les transactions de plusieurs utilisateurs afin de rendre leur traçage extrêmement difficile. Un principe défendu par de nombreux militants de la vie privée… mais perçu par les autorités comme un facilitateur de criminalité. En avril 2024, les agents du FBI interpellent Rodriguez à son domicile. Le United States Department of Justice l’accuse d’exploitation d’un service de transfert monétaire non autorisé et de blanchiment d’argent. Selon l’enquête, plus de 237 millions de dollars de fonds criminels — issus de trafics de drogue, de fraudes, de marchés du darknet ou encore de contenus pédocriminels — auraient transité par l’infrastructure Samourai.La défense, elle, plaide la neutralité technologique. Rodriguez affirme n’avoir fait qu’écrire du code, sans contrôler l’usage qui en était fait. Mais les juges ont retenu plusieurs éléments aggravants : Samourai n’était pas un simple logiciel décentralisé. L’équipe opérait des serveurs indispensables au fonctionnement du service, prélevait des commissions sur chaque opération — environ 4,5 millions de dollars au total — et certains messages publics ou documents marketing visaient explicitement des acteurs des marchés « gris » ou illégaux. C’est là que la frontière se brouille. Contrairement à des outils comme Tor ou Signal, Samourai combinait centralisation, modèle économique et communication provocatrice. Pour le tribunal, l’intention ne faisait plus de doute. Le cofondateur et directeur technique William Hill a écopé de quatre ans de prison. L’affaire pourrait toutefois rebondir : Donald Trump a récemment évoqué la possibilité d’un réexamen du dossier en vue d’une grâce présidentielle. Quoi qu’il en soit, l’affaire Samourai Wallet fera date. Elle rappelle une leçon brutale : défendre la vie privée financière est une chose. Exploiter une infrastructure centralisée, rémunérée, et assumant d’attirer des usages criminels en est une autre. Dans l’Amérique actuelle, la ligne rouge est désormais très claire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 24, 20252 min

Spotify piraté de 100% de son contenu ?

Vous connaissez sans doute Anna’s Archive, cette bibliothèque pirate devenue incontournable pour la sauvegarde des livres et articles scientifiques du monde entier. Jusqu’ici, sa mission était claire : préserver le texte, là où la densité d’information est la plus élevée. Mais l’archive vient de franchir un cap spectaculaire : elle s’attaque désormais à la préservation de la musique en ligne, et plus précisément à Spotify.Le chantier est titanesque. Objectif affiché : sauvegarder non seulement les morceaux, mais aussi l’ensemble de leurs métadonnées. Au total, cela représente près de 300 téraoctets de données. Résultat : la plus grande base de données de métadonnées musicales jamais rendue publique, avec 186 millions de codes ISRC uniques, ces identifiants qui permettent de tracer chaque enregistrement sonore. À titre de comparaison, MusicBrainz n’en recense qu’environ cinq millions. Côté audio, Anna’s Archive affirme avoir archivé environ 86 millions de morceaux, soit près de 99,6 % des écoutes totales sur Spotify, même si cela ne couvre qu’un peu plus d’un tiers du catalogue global. Pour gérer cette masse colossale, l’équipe a fait un choix pragmatique : prioriser la popularité. Les titres écoutés au moins une fois ont été conservés en qualité originale, tandis que la longue traîne — ces millions de morceaux jamais lancés — a été compressée dans un format plus léger, voire partiellement écarté.Les statistiques issues de cette collecte sont vertigineuses. Les trois titres les plus populaires — signés Lady Gaga, Billie Eilish et Bad Bunny — cumulent à eux seuls plus d’écoutes que des dizaines de millions de morceaux obscurs réunis. Une concentration extrême qui pose un problème majeur à la conservation musicale : l’oubli quasi total de la création marginale, expérimentale ou locale. C’est là que l’approche d’Anna’s Archive tranche. Plutôt que de ne préserver que les œuvres populaires en qualité parfaite, le projet privilégie une conservation exhaustive, même dans une qualité jugée « suffisante ». Une philosophie assumée : mieux vaut tout sauver imparfaitement que ne conserver qu’un fragment idéalisé de la culture. L’ensemble est distribué via des torrents, librement duplicables. La base s’arrête à juillet 2025, mais elle inaugure quelque chose de nouveau : une archive musicale ouverte, réplicable, et collective. Une tentative, peut-être la première de cette ampleur, pour protéger le patrimoine musical mondial des aléas du temps, des conflits, des fermetures de plateformes… et de l’oubli numérique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 23, 20252 min

TikTok se scinde en deux pour rester aux États-Unis ?

Il aura fallu plus de cinq ans de tensions politiques et de négociations feutrées pour que TikTok parvienne à se débarrasser de son handicap originel aux États-Unis : ses racines chinoises. Sous la menace persistante d’une interdiction pure et simple, sa maison mère, ByteDance, a finalement signé, le 18 décembre 2025, un accord décisif avec l’administration américaine. Objectif : rester sur le sol américain en se pliant aux exigences de sécurité nationale portées par Donald Trump.La solution trouvée passe par la création d’une nouvelle entité indépendante : TikTok USDS Joint Venture. Cette coentreprise américaine pilotera désormais les données, l’algorithme et la modération de la plateforme aux États-Unis. Plusieurs acteurs entrent au capital à hauteur de 15 % chacun, dont Oracle, le fonds américain Silver Lake et l’investisseur émirati MGX. ByteDance, de son côté, voit sa participation réduite à 19,9 %, tandis que 30,1 % restent entre les mains d’investisseurs historiques, parmi lesquels Fidelity et General Atlantic.Un nouveau conseil d’administration, composé de sept membres à majorité américaine, doit être mis en place. Selon une note interne consultée par l’Associated Press, sa mission est claire : « protéger les données des Américains et la sécurité nationale des États-Unis ». TikTok conservera néanmoins le contrôle de l’essentiel de ses activités commerciales sur le territoire. La transaction doit être finalisée le 22 janvier 2026, soit la veille de la date à laquelle l’interdiction de TikTok aurait dû entrer en vigueur. Sur le fond, Washington reprochait à TikTok deux points majeurs : l’hébergement potentiel des données d’utilisateurs américains hors du pays et la puissance de son algorithme, soupçonné de pouvoir servir d’outil d’influence à Pékin. Désormais, les données seront stockées localement via Oracle. TikTok reconnaît que des employés basés en Chine y ont eu accès par le passé, tout en affirmant qu’aucune information n’a jamais été transmise aux autorités chinoises.Cet accord met fin à un feuilleton entamé dès 2020, lorsque Donald Trump avait tenté, sans succès, de bannir l’application lors de son premier mandat. En 2024, le Congrès, dans un rare consensus bipartisan, avait adopté une loi signée par Joe Biden, imposant la vente ou la suspension des applications contrôlées par des adversaires étrangers. Une échéance repoussée à quatre reprises depuis janvier 2025, le temps de négocier. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 22, 20252 min

Google Disco : le nouvel outil qui va tout changer ?

C’est un mal bien connu de tous les internautes : cette accumulation incontrôlable d’onglets ouverts, dès lors que l’on cherche des informations sur plusieurs sites à la fois. On s’y perd rapidement, et la mémoire vive de l’ordinateur fond comme neige au soleil. Pour répondre à ce problème devenu presque structurel, Google dévoile une expérimentation ambitieuse : un nouveau navigateur dopé à l’intelligence artificielle Gemini, baptisé Disco.Sa première fonctionnalité expérimentale s’appelle GenTabs. Le principe est radical : confier à l’IA la gestion du contenu de vos onglets. Plutôt que de jongler entre dix pages ouvertes, Gemini analyse l’ensemble des informations affichées et les transforme en une application web interactive, générée à la demande. Une approche qui rappelle le « vibe coding », cette manière de créer des outils à partir d’une simple intention exprimée en langage naturel.Dans les démonstrations publiées par Google, l’interface se divise en deux parties. À gauche, un chatbot Gemini classique. À droite, la fenêtre de navigation. Exemple proposé : l’organisation d’un voyage. L’utilisateur discute avec Gemini, consulte des pages d’activités locales, puis l’IA suggère de créer un outil interactif. En quelques secondes, une carte s’affiche, regroupant toutes les informations collectées, avec filtres par dates, options météo et planification d’itinéraire. Aucun code à écrire, aucune configuration technique à comprendre. Tout est généré automatiquement. Google imagine déjà d’autres usages : des outils pour visualiser des concepts scientifiques, comparer des meubles dans une pièce, créer de petits jeux, planifier ses repas ou organiser un potager. Le navigateur devient ainsi moins un lecteur de pages qu’un atelier de synthèse et d’interaction, piloté par l’IA.Pour l’instant, Disco reste une expérimentation issue de Google Labs. Basé sur Chromium, il n’est pas destiné à un usage quotidien et nécessite une inscription sur liste d’attente. Mais derrière la prouesse technique se pose une question de fond : quel avenir pour les sites web eux-mêmes ? Cette interrogation avait déjà émergé avec les résumés générés par IA dans le moteur de recherche. Si les contenus sont analysés, synthétisés et consommés par des machines plutôt que par des humains, que devient le modèle économique du web ? La publicité, aussi agaçante soit-elle, finance encore une grande partie des sites. Sans lecteurs humains, plus de clics, plus de revenus. En cherchant à résoudre le chaos des onglets, Google esquisse peut-être un futur plus fluide pour les utilisateurs… mais potentiellement bien plus fragile pour l’écosystème du web tel que nous le connaissons aujourd’hui. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 21, 20252 min

OpenAI : 1 milliard de dollars permet de tenir (seulement) 1 mois ?

À première vue, on se demande ce qui pourrait bien freiner OpenAI. L’entreprise à l’origine de ChatGPT enchaîne les partenariats prestigieux avec les géants de la tech et séduit désormais bien au-delà de la Silicon Valley. Dernier exemple en date : Disney, qui vient de signer un accord stratégique avec OpenAI. Un partenariat qui permettra à l’outil vidéo Sora d’utiliser des personnages iconiques de la marque, de Mickey Mouse à tout l’univers Disney. Dans la foulée, le groupe américain s’est engagé à investir un milliard de dollars dans le capital d’OpenAI.Une somme impressionnante… mais qui paraît presque dérisoire au regard des finances de l’entreprise dirigée par Sam Altman. Car OpenAI dépense énormément, et même de plus en plus vite. La course à l’intelligence artificielle est devenue un champ de bataille industriel où chaque avancée technologique se paie au prix fort, en puissance de calcul, en infrastructures et en talents. Selon plusieurs estimations relayées par le média Mashable, ce milliard de dollars fraîchement injecté ne suffirait à couvrir que trois à quatre semaines des pertes actuelles d’OpenAI. Une donnée vertigineuse, qui prend encore plus de relief lorsqu’on la compare aux engagements globaux de l’entreprise : cette somme représenterait à peine un millième des dépenses prévues à moyen terme.Autrement dit, OpenAI brûle du cash à un rythme rarement vu dans l’histoire récente de la tech. Au point que certains analystes commencent à évoquer, à voix basse, un scénario longtemps jugé impensable : celui d’une fragilité financière, voire d’une faillite à long terme si le modèle économique ne se stabilise pas. Cette inquiétude intervient dans un contexte moins favorable qu’il n’y paraît. Ces derniers mois, un décrochage technologique a été observé entre ChatGPT et son principal concurrent, Gemini, développé par Google. Avec Gemini 3, le géant californien a repris une position de leader, laissant planer le doute sur la capacité d’OpenAI à conserver son avance initiale. L’histoire de la tech est riche de précédents. Être pionnier ne garantit pas le succès durable. Les plus anciens se souviennent de Netscape, premier navigateur web grand public, rapidement marginalisé par Internet Explorer à la fin des années 1990. Un rappel brutal que, dans ce secteur, l’innovation coûte cher… et que la domination n’est jamais acquise. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 18, 20252 min

Amazon débranche l’IA pour ses séries ?

L’intelligence artificielle est devenue le mot magique de la Silicon Valley. Les géants du numérique veulent l’injecter partout, parfois à marche forcée. Chez Amazon, très engagé dans cette course technologique, l’idée a été de truffer sa plateforme de streaming Prime Video de fonctionnalités dopées à l’IA. Mais l’expérience tourne, pour l’instant, au sérieux revers. Ces derniers jours, Amazon a essuyé une vague de critiques sur les réseaux sociaux. En cause : une nouvelle fonction de résumés générés par intelligence artificielle, testée en version bêta aux États-Unis. Le principe semblait séduisant : proposer, sous forme de courts clips vidéo narrés par une voix synthétique, un rappel des éléments clés de l’intrigue d’une série. Dans les faits, l’outil s’est révélé largement défaillant.La polémique a explosé autour de Fallout, l’une des séries phares de Prime Video. Les résumés produits par l’IA contenaient des erreurs factuelles, des incohérences, et parfois des éléments qui ne correspondaient tout simplement pas à l’histoire. Rapidement, les extraits ont circulé en ligne, suscitant moqueries et indignation. Face au bad buzz, Amazon n’a pas tardé à réagir. La plateforme a tout simplement désactivé la fonctionnalité, non seulement pour Fallout, mais aussi pour l’ensemble des séries concernées par le test : Tom Clancy’s Jack Ryan, The Rig, Bosch et Upload. Un retrait discret, mais révélateur d’un échec cuisant dans l’intégration de l’IA à l’expérience de streaming.Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Prime Video se retrouve dans l’embarras sur ce terrain. Plus tôt ce mois-ci, Amazon avait déjà été critiqué pour avoir proposé des doublages d’animés générés par intelligence artificielle, jugés artificiels et dénaturant les œuvres originales. Là encore, sous la pression des abonnés, ces contenus avaient été retirés. Ces ratés successifs illustrent les limites d’une stratégie qui consiste à déployer l’IA à tout prix, parfois au détriment de la qualité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 17, 20252 min

Stocker les data en Europe ne nous protègent pas des USA ?

C’est une révélation qui risque de refroidir les ardeurs des partisans du cloud « souverain ». En Allemagne, un rapport juridique commandé par le ministère de l’Intérieur, longtemps resté confidentiel, vient d’être rendu public grâce à une demande d’accès à l’information. Et son constat est sans appel : les lois américaines permettent bel et bien aux agences de renseignement des États-Unis d’accéder à des données hébergées en Europe. Pour y voir clair, Berlin avait missionné des juristes de l’Université de Cologne. Leur question était simple, mais explosive : jusqu’où s’étend réellement le pouvoir des autorités américaines sur les données stockées hors de leur territoire ? La réponse tient en quelques textes bien connus à Washington : le Stored Communications Act, renforcé par le Cloud Act, et surtout la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act, prolongée par le Congrès jusqu’en 2026 au moins. Ensemble, ces lois offrent une portée extraterritoriale massive aux services américains. Le point clé est juridique, pas géographique. Peu importe que vos données soient stockées à Francfort, Dublin ou Paris. Ce qui compte, c’est qui contrôle l’infrastructure. Si la maison mère d’un fournisseur cloud est basée aux États-Unis, elle peut être contrainte de transmettre des données, même si celles-ci sont hébergées par une filiale européenne. Et la zone grise va plus loin encore : selon les experts cités par Heise Online, même certaines entreprises européennes peuvent être concernées dès lors qu’elles entretiennent des relations commerciales substantielles avec les États-Unis. On pourrait croire que le chiffrement règle le problème. Là encore, le rapport tempère. Le droit américain impose aux entreprises de préserver l’accès aux données jugées pertinentes dans le cadre d’enquêtes potentielles. Un fournisseur cloud qui se rendrait techniquement incapable d’y accéder s’exposerait à de lourdes sanctions. Résultat : un conflit frontal entre le RGPD européen, qui limite les transferts vers des pays tiers, et l’extraterritorialité revendiquée par Washington. Le Data Privacy Framework, censé servir de pont entre les deux blocs, apparaît plus fragile que jamais.Cette situation touche directement les géants américains du cloud, mais le cas de Microsoft 365, omniprésent dans les administrations et les entreprises européennes, cristallise les inquiétudes. Certains juristes estiment qu’un usage compatible avec le RGPD reste possible, à condition de mener des évaluations d’impact très poussées. D’autres jugent cette approche illusoire. Pour des acteurs comme Nextcloud, le diagnostic est clair : audits et clauses contractuelles ne suffisent plus. L’Europe doit investir massivement dans ses propres infrastructures, miser sur l’open source et développer des technologies réellement autonomes. Car une chose est désormais évidente : héberger des données en Europe ne garantit plus leur protection. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 16, 20252 min

Microsoft prêt à abandonner l’IA en cas de « péril » ?

La phrase a résonné comme un coup de tonnerre dans le monde de la tech. Mustafa Suleyman, responsable de l’intelligence artificielle grand public chez Microsoft, a affirmé que le groupe pourrait tout simplement renoncer à certains développements si l’IA devenait incontrôlable. Un propos rare dans un secteur davantage habitué aux promesses d’omnipotence qu’aux appels à la retenue.Cette prise de position tranche avec l’euphorie ambiante de la Silicon Valley. Tandis que nombre d’acteurs poursuivent à marche forcée le Graal de l’« intelligence artificielle générale », Microsoft se présente en gardien prudent, prêt à activer un bouton d’arrêt d’urgence. Pour Mustafa Suleyman, la ligne est claire : l’entreprise ne développera pas de systèmes qu’elle ne peut pas maîtriser. L’ambition affichée est celle d’une « superintelligence humaniste », conçue pour assister l’humain, et non pour le remplacer. Copilot, l’assistant intégré aux outils de Microsoft, serait la première illustration de cette vision. Mais ce discours soulève un paradoxe. Microsoft est aussi l’un des principaux investisseurs mondiaux dans l’IA, avec des dizaines de milliards de dollars engagés dans ses infrastructures et dans son partenariat stratégique avec OpenAI. Une posture d’équilibriste, entre accélération technologique maximale et promesse de retenue éthique. Appuyer sur l’accélérateur tout en affirmant garder le pied sur le frein.Cette prudence affichée éclaire aussi les relations, parfois ambiguës, entre Microsoft et OpenAI. Là où OpenAI revendique ouvertement l’objectif de créer une intelligence artificielle générale, Microsoft temporise. Son PDG, Satya Nadella, a récemment qualifié ce concept de « légèrement survendu », préférant mettre en avant des usages concrets et immédiatement utiles. Reste à savoir si cette ligne rouge est réellement infranchissable ou si elle relève d’une stratégie de communication destinée à rassurer le public et les régulateurs. Car dans le même temps, Microsoft a renégocié son partenariat avec OpenAI afin de pouvoir développer ses propres modèles d’IA, en toute autonomie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 15, 20252 min