
Profils : des récits uniques
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Des parents comme les autres
Je ne suis pas folle

Il restera la gravité
episodeQuand les nazis spoliaient les objets du quotidien

Quand l’historienne Sophie Juliard, qui travaille sur le pillage des ateliers d’artistes sous l’Occupation, la contacte, Adrianna Wallis découvre, quatre-vingts ans après les faits, que sa famille a été spoliée. Elle savait que Diane Esmond, sa grand-mère paternelle, était peintre, mais avait presque oublié qu’elle était juive. Après le départ précipité de celle-ci pour New York, l’appartement parisien qu’elle occupait a été entièrement vidé par l’administration nazie, comme 38 000 autres dans la capitale : les toiles ont disparu, mais aussi le mobilier et jusqu’aux moindres objets du quotidien. Pour Adrianna, elle-même artiste, ce passé familial refoulé résonne étrangement avec son travail, elle qui n’a cessé, sans trop comprendre pourquoi, d’interroger l’absence, le vide laissé par la disparition d’objets chers. En tissant enquête intime, archives et les réflexions du physicien Joël Chevrier, Adrianna Wallis remet en mouvement cette histoire longtemps tue et interroge ce qui se transmet, parfois à notre insu, d’une génération à l'autre. Bibliographie : - Images d'un pillage, de Sarah Gensburger, Editions Textuel, 2010 ; - Des camps dans Paris de Jean-Marc Dreyfus et Sarah Gensburger, Fayard, 2003. Pour aller plus loin : - La performance 11 petites soucoupes, réalisée en 2024, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris ; - Conférence Il restera la gravité en 2025, à l'INHA, Paris ; - L’exposition d’Adrianna Wallis et Diane Esmond Il restera la gravité, du 5 mai au 16 juin 2026 à la galerie Anne-Laure Buffard, Paris ; - L’accrochage Itinéraires d’œuvres spoliées – Diane Esmond et Fédor Löwenstein, jusqu'en 2028, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris. Remerciements : Sylvie Harburger, Hélène de Gunzbourg, Andrew Strauss, Joël Chevrier, Sophie Juliard, Sarah Gensburger, Margaux Dumas, les Archives nationales, le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Anne Rousseau, Pascale Samuel, Eloïse Duguay, Marie Bastide, Grégoire Meschia, Fabrice Lorendel, Elise Patton, Léonard Ballesteros, Mila Renno Lehr, Alissa Deleverora, Perrine Kervran, Agathe Chion, Marie Dalcol, Camille Bondon, Sarah Deslande, Mathilde Wallis, Clémence Beraud, et le Centre National des Arts Plastiques.

Enregistrements mai 2025 Entretien Adrianna Wallis, Eloïse Duguay Montage Adrianna Wallis Réalisation et mixage Charlie Marcelet Illustration Gloria Avril Production ARTE Radio

Trouver Sergueï
episodeQuête intime dans une Ukraine en guerre

Quand j’étais enfant, j’ai grandi avec Sergueï, un garçon venu d’Ukraine dans le cadre d’un programme humanitaire pour les enfants touchés par Tchernobyl. Pendant dix ans, il a passé toutes ses vacances dans ma famille - devenant ainsi mon frère, mon double, mon allié. En 2004, devenu majeur, Sergueï rentre à Kyiv. On se quitte en se promettant de ne pas s’oublier, mais l'ère numérique étant à ses balbutiements, c'est le silence qui gagne. Plus de lettres, plus de réponses, plus de nouvelles. Les années passent. À distance, je tente de le retrouver en vain. Qui est-il devenu ? Qu'a-t-il gardé de ses années en France ? Pense-t-il encore à nous ? Que reste-t-il du socle commun de notre enfance ? Quelques temps après le début de l’invasion russe en février 2022, je pars en Ukraine, avec l'idée folle de lui mettre la main dessus, et de répondre à toutes mes questions sans réponse. Au fil de l’enquête, construite à partir d’archives VHS, de souvenirs d’enfance et d'un journal de bord enregistré à Kyiv avec les sons du quotidien d’un pays en guerre, des réponses émergent quand d’autres restent en suspens. Le tout forme le récit d’une recherche familiale confrontée à l’histoire en train de s’écrire, et d’un lien fraternel mis à l’épreuve par le temps, la distance et la guerre. Archives et extraits : - Archives personnelles et familiales ; - Archives France 2, JT du 24/02/2022 ; - Archives C dans l'air, "4h35 ce matin, les russes envahissent l’Ukraine", émission du 24.02.2022. Remerciements : Un grand merci pour leur soutien chaleureux à Sarah-Lou Lepers, Marc Bertrand, Haydée Sabéran, Olivia Cohen, & Elena Gorgis.

Enregistrements 2024-2025 Entretien Aliénor Carrière Montage Aliénor Carrière et Charlie Marcelet Réalisation et mixage Charlie Marcelet Musiques originales Romane Beaugrand (violoncelle et voix), Charlie Marcelet (guitare) Illustration Aliénor Carrière Production ARTE Radio

L’Irène de l’Amazone
episodeSouvenirs d'une jeunesse en Amazonie

En 1979, Irène a 24 ans. Elle a tout pour être heureuse et pourtant... Elle part avec des carnets, un enregistreur et un appareil photo à l’autre bout du monde tel qu’elle le connaît déjà. Direction l’Amazonie péruvienne, chez le peuple maihuna. Elle y passera 5 ans, à se perdre, à s’oublier, à se faire peur et surtout à se trouver une raison d’être et de vivre. De cette époque, elle a tout enregistré : les cérémonies d’ayahuasca, la forêt mélodieuse, l’apprentissage de la langue maihunki aujourd’hui presque disparue, la rencontre pas à pas avec celles et ceux qui voudront bien d’elle et finiront même par l’aimer, les contes et mythologies oubliés et la mélancolie d’être si loin des siens parfois. Pourquoi et comment est-elle partie, pourquoi et comment est-elle revenue ? J'ai grandi avec ces questions. Et si je connais très bien l’Irène d'ici qui est aussi ma mère, j'ai toujours rêvé de rencontrer l’Irène de la Jungle. Alors pour ce documentaire, j'ai décidé d'aller la chercher à travers ses carnets, ses archives sonores singulières et grâce à une conversation qui la replonge dans tout ce qu'elle a été.

Enregistrements septembre 1979 - novembre 1986, janvier 2025 Prises de son Irène Bellier, Sophie Marchand Entretiens et montage Sophie Marchand Réalisation Annabelle Brouard Illustration Julia Spiers Production ARTE Radio

Mon frère de droite
episodeMon grand frère n’aime pas les bobos

Dans la famille de Juliette, il y a : dix profs, cinq ingénieurs, quatre chercheurs, trois marionnettistes, deux maraîchers bio, un clown qui est aussi DJ, un écrivain, une herboriste… Et son grand frère, 1m83 de virilité, chargé d’affaires dans le BTP, fan de bagarre et de rugby, régulièrement accusé d’être le facho de la famille. C’est aussi l’idole de sa petite sœur depuis leur enfance. Aujourd’hui, elle cherche à comprendre ce qui l’a fait dévier d’un chemin tout tracé par leur milieu socio-culturel. Tous deux ont pourtant en commun la passion de la sociologie. Derrière les mots bruts de grand frère résonne une analyse rafraîchissante des inégalités sociales et une vision dérangeante de l’entre-soi intello. Ouvrage mentionné : Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment, Nicolas Jounin, Éditions La Découverte, 2009.

Enregistrements mai-juin 2023, archives de 2000 Texte, voix, prises de son et montage Juliette Flamant Réalisation et mixage Arnaud Forest Publication originale 2 novembre 2023 Production ARTE Radio

La statue du sergent Blandan
episodeLe fantôme colonial de mon père

Enfant, Malek, réalisateur algérien exilé en France, allait à Boufarik, en Algérie, pour manger des oranges. Il y croisait la statue d'un soldat en armes, juchée sur son piédestal à plus de 7 mètres 50 de haut. C'était la statue du sergent Blandan, héros de la conquête coloniale de l'Algérie, érigée à Boufarik à la fin du XIXème siècle et "rapatriée" en France, à Nancy. C'est là que par hasard, un matin neigeux de 1990, Malek a retrouvé le fantôme de son enfance. Le refoulé colonial a soudain ressurgi. Il a raconté sa rencontre effrayante à sa fille, qui à son tour décide de partir sur les traces de ce fantôme, en France et en Algérie. Mais à mesure qu'elle s'approche de lui, elle est à son tour hantée. Comment se libérer du fantôme colonial qui fait corps avec la statue du sergent Blandan, héros de la conquête de l'Algérie ? Avec : Malek Kellou, Susana Gállego Cuesta, Kenza-Marie Safraoui, Don Quichotte, habitants de Nancy Bibliographie : Gilbert Meynier, « L’Algérie et les Algériens sous le système colonial. Approche historico historiographique», Insaniyat / إنسانيات [En ligne], 65-66 | 2014. URL : http://journals.openedition.org/insaniyat/14758 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insaniyat.14758 Pour aller plus loin : - Karima Lazali, Le Trauma colonial : une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie, Paris, La Découverte, 2018 ; - Alain Ruscio, La première guerre d'Algérie. Une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852, Paris, La Découverte, 2024 ; - Benjamin Stora, La gangrène et l'oubli. La mémoire de la guerre d'Algérie, Paris, La Découverte, 1991 ; - Dorothée-Myriam Kellou, Nancy-Kabylie, Paris, Grasset, 2023. Remerciements : Malek Kellou, Susana Gállego Cuesta, Kenza-Marie Safraoui, le Musée des Beaux-Arts de Nancy, Etienne Augris, Bachir Ahdouga, Don Quichotte, Perrine Kervran, Mathilde Guermonprez, Mathieu Nicol.

Prise de son, entretien et montage Dorothée-Myriam Kellou Enregistrements octobre-novembre 2024 Réalisation et mixage Annabelle Brouard Chanson "La casquette du père Bugeaud", chant militaire de l'Armée d'Afrique écrit en 1846 Illustration Pierre Place Production ARTE Radio

J’irai fleurir vos tombes
episodeArlette et la tournée des cimetières

Chaque année à la Toussaint, les cimetières corréziens s’illuminent de mille couleurs : c’est le moment où l’on vient fleurir les tombes, de la famille et des amis, le plus souvent avec des chrysanthèmes. Depuis l’enfance, Arlette participe à ce rituel. Elle continue à faire la tournée des cimetières pour honorer ses morts, plus nombreux à mesure que les années passent. C’est l’occasion de rencontres impromptues, où les fleurs sont le prétexte d’échanges sur ce qui est, et sur ceux qui ne sont plus. A la Toussaint, les défunts retrouvent une place dans le quotidien des vivants, et continuent d’exister par les souvenirs racontés et les liens qui perdurent. C’est à la fois triste, joyeux, parfois mélancolique, et finalement apaisant. Remerciements : Un immense merci à Arlette, sans qui ce projet n’aurait pas pu exister, ainsi qu’à Annette, Anne-Marie, Cédric, Eliane, Jeannette, Isabelle, Martine, Monique, Vincent, Yvette, et Yohan. A la mémoire d’Antoine, Jacqueline, Marcelle, et Marguerite.

Prise de son, entretiens et montage Pauline Gallinari Enregistrements octobre-novembre 2024 Réalisation et mixage Anna Buy Illustration Caroline Péron Production ARTE Radio

Impossible de remettre la viande dans la chipo
episodeUne crise d'angoisse

« Impossible de remettre la viande dans la chipo : une crise d’angoisse » est un monologue écrit et interprété par Joyce Kuoh Moukouri. C'est une fiction, composée d’une série de messages vocaux qu’une femme en pleine crise d’angoisse adresse à un homme avec qui elle n’a pas fait l’amour, finalement. L’amour. L’envie était là et ça aurait pu être si simple, si beau et si sensible. Mais une boîte de préservatif périmé a semé la panique et la fête est finie, irréparable. Ce qui est beau devient presque impossible. Pour l'autrice, l’été 2025 est synonyme d’une angoisse grandissante. Une angoisse de la guerre, de Poutine, de la famine à Gaza, du toupet de Trump, et de la chaîne de K-Maro autour du cou de Zuckerberg, des virus millénaires de l’Arctique. La peur que la science, la logique, les institutions soient irréversiblement en péril. Mais heureusement, il reste le théorème de Chasles. Ce podcast est le gagnant du concours de l’été 2025 des Audioblogs “L’été dans un vocal”. Tous les podcasts participants sont disponibles sur le site des Audioblogs d’ARTE Radio.

Prise de son, montage Joyce Kuoh Moukouri Enregistrements août 2025 Voix Joyce Kuoh Moukouri Musiques originales "Ride Of The Valkyries" à la flûte à bec par Joyce Kuoh Moukouri Mixage Charlie Marcelet Illustration Joyce Kuoh Moukouri (Canva) Production ARTE Radio

La fille du fantôme
episodePapa où t'es, version surnaturelle

Claire a perdu son père il y a 20 ans, quand elle avait vingt ans. C’était soudain et elle s’est concentrée sur faire son deuil :passer à autre chose, refermer la plaie. Jusqu’à ce que, quinze ans plus tard, le manque ressurgisse violemment. Elle se demande alors si elle n’a pas fait fausse route. Y aurait-il d’autres moyens de vivre la mort de ceux qu’on aime ? Elle essaie autre chose : serait-il possible de faire revenir son fantôme ? Elle n’est pas entièrement sûre d’y croire et ne présente aucun talent médiumnique notable : la partie n'est donc pas gagnée. Pour savoir comment elle pourrait s’y prendre, elle va voir des chercheurs qui travaillent sur les fantômes, et des personnes qui se sentent en lien avec les morts… Les fantômes mettent en relation les vivants, disent les chercheurs. Ils provoquent aussi, pourrait-on dire, des conversations longtemps attendues. Bibliographie Soigner les morts pour guérir les vivants, Magali Molinié, Les Empêcheurs de Tourner en rond,2006 Les Intelligences particulières, Grégory Delaplace, Vues de l'Esprit, 2021 La Voix des Fantômes, Grégory Delaplace, Seuil, 2024 Le feu de la présence, aviver les expériences de l'invisible, Tanya Luhrman, Vues de l'Esprit, 2022 The Book of Unconformities, speculation on lost time, Hugh Raffles, Pantheon, 2020 Au bonheur des morts : récits de ceux qui restent, Vinciane Despret, 2015

Prise de son Claire Richard, Arnaud Forest Entretiens et montage Claire Richard, Arnaud Forest Avec Damien Zanoli, Sabine Zovighian Voix Claire Richard Clarinette Maxime Berton Enregistrements 2023-2024 Réalisation et mixage Arnaud Forest Illustration Aline Bureau

La dernière séance [rediffusion]
episodeComment j'ai remplacé mon psy par mon téléphone

Parce que son psy s’est endormi pendant leur séance, Benjamin décide de se venger. Il confie désormais ses états d'âme à son téléphone portable, sur lequel il commente ses diverses activités : croiser Eric Zemmour dans le métro, prendre des champignons hallucinogènes, faire l’amour avec sa compagne... Une autofiction hilarante et virtuose sur la psychanalyse - et comment s'en débarrasser - face aux pouvoirs du récit. A noter, il s'agit aussi de la première fiction radio entièrement enregistrée au téléphone portable. La dernière séance a reçu le deuxième prix Europa 2019 dans la catégorie "Fiction radio unitaire".

Enregistrement 2018 Texte et voix Benjamin Abitan Réalisation Benjamin Abitan et Samuel Hirsch Illustration Quentin Faucompré Production ARTE Radio

Peace and lol
episodePeut-on être hippie et avoir du second degré ?

Marie est une apprentie hippie. Elle rêve de s’installer en Ardèche, construire sa cabane en bois, hurler à la lune, distinguer la coriandre du persil plat, vivre d’amour et de jus d’hibiscus. Car oui, les hippies existent toujours, sous des formes diverses et variées, tapis dans l’ombre ou la lumière. Marie regarde avec envie ces néo-hippies, héritiers contemporains des mouvements des années 1960, qui mènent un mode de vie proche de la nature et s’expriment via un panel d’activités qui comprend la permaculture, l’acroyoga ou les bolas de feu. Néanmoins, elle se demande si elle arrivera un jour à devenir une hippie accomplie, car un doute l’habite. Quand elle fréquente ces cercles, elle ne se sent pas toujours à l’aise. Elle trouve qu’il n’y a pas toujours la place pour le second degré, de l’humour à l’auto-dérision, alors que c’est vital pour elle. Et de temps à autre, son troisième oeil la regarde et la juge. A t-elle un défaut de fabrication qui la rend inapte à la spiritualité ? Arrivera-t elle un jour à devenir une hippie et devra-t elle pour cela se délester de l’envie de faire des blagues ? Enfin, une question entêtante lui brûle les lèvres : peut-on être hippie et avoir du second degré ? Pour trouver les réponses, elle décide de partir sur une île mystérieuse en forme de cacahuète, quelque part sous les tropiques, où vivent des peuplades néo-hippies. Une île qui sent le cacao chaud et où résonnent 50 nuances de Om. Elle y rejoint une amie qui s’y est installée et qui vit seule sur un terrain où elle plante une forêt comestible. Elle part ensuite à la rencontre de ses résidentes et résidents, de cérémonie en cercle de paroles, au son des perroquets et des tambours chamaniques… Remerciements : Josie (da best), Alaya, Pierre, Margaux et Raph, qui m’ont ouvert leur porte, partagé leurs histoires, leur sincérité et leurs blagues (en espérant que les miennes soient pas trop nazes). Kevin G, créateur de l’expression © “bourge en rédemption”. Mes soutiens dans cette aventura par ordre d’apparition : Aurore, Adrien, Marine, la consoeurie des grandes gouroutes, Francis Côtelette, le collectif Lundi Soir et Nanette.

Enregistrements janvier 2019-mars 2024 Prise de son Marie François Entretiens et montage Marie François Réalisation Anna Buy Illustration Camille Potte Production ARTE Radio
Les bronzés font du stop

Plastic Queens
episodeBoîtes en plastique et émancipation féminine en milieu capitaliste

On ne pensait pas associer un jour boîtes en plastique et révolution. Et pourtant : à partir des années 1960, des milliers de Françaises sont sorties du carcan du foyer en devenant représentantes de l’enseigne américaine Tupperware, connue pour ses fameuses « réunions », jusqu’à sa mise en faillite toute récente annoncé à l’automne 2024. Mais comment vendre des petites boîtes en plastique à des gens qui n’en ont pas besoin ? Josette a 82 ans. Josiane, 74. La première vit entre Paris et le plateau lunaire de l’Aubrac, l’autre en pleine campagne picarde. Elles ne se connaissent pas, mais leur histoire est la même : encore très jeunes filles, elles ont conquis leur liberté et amassé un sacré petit pactole en vendant des Tupperware à domicile. Tupperware, c’est la splendeur des arts ménagers sauce après-guerre : simplicité, hygiène, couleurs, pétrole. Mais c’est surtout un système. La marque, lancée en 1946 aux États-Unis par le chimiste Earl Tupper, a révolutionné le monde du commerce en créant un réseau planétaire de vendeuses à domicile. Des femmes qui organisaient chez d’autres femmes des démonstrations dans l’espoir de remplir leur carnets de commandes certes, mais surtout de recruter de nouvelles vendeuses qui leur verseront ensuite un pourcentage sur chacune de leurs recettes. En fait, un modèle de vente sans salariés ni boutiques, redoutablement lucratif pour ses créateurs, auquel des générations entières ont consacré leur vie pour finir, la plupart du temps, sans vraie protection sociale ni retraite. Un monde parallèle néolibéral avec ses rituels et son jargon, dans lequel certaines femmes comme Josiane et Josette ont trouvé une forme d’émancipation… sans jamais être tout à fait dupes du cynisme de cette exploitation. Tupperware, c’est donc l’enfant mutant du féminisme et du capitalisme : selon le point de vue, c’est un rêve ou un cauchemar. Pour Josette et Josiane, c’était les deux. Et après une carrière de plus de 40 ans, elles n’ont pas peur de raconter pourquoi. Décryptage de l’intérieur du modèle Tupperware, qui a libéré des générations de femmes au foyer… tout en posant les bases d’une nouvelle forme d’exploitation. Remerciements : Merci à Josette, Josiane, leurs proches et leurs clientes mais aussi à Delphine Naudier, Catherine Achin et Marie-Pierre Pouly.

Enregistrements mai et novembre 2024 Réalisation Charlie Marcelet Illustration Jeanne Guérard Production ARTE Radio

L’imposteur
episodeNe vous fiez pas à son CV

Jean-Luc est un menteur. Pire encore, c’est un pirate du travail. Depuis qu’il a quitté l’armée, il a connu mille et une vies professionnelles, mais une seule d’imposture. Depuis plus de vingt ans, il a enchaîné les boulots et les emplois, de l’Institut national d’histoire de l’art au secteur nucléaire, en passant par moult postes à responsabilités – mais sans jamais avoir les qualifications requises. Sa méthode, c’est celle du mensonge : faux CV, fausses expériences et bluff à gogo. Quand on l’enregistre, il est photographe vidéaste et habitait au fond des bois. Mais, aujourd’hui, il est peut-être déjà parti au Congo, pour manager des rangers et lutter contre les braconniers. À moins qu’il ne se soit reconverti en vendeur de motos électriques dans le Morvan. Personnage digne d'un roman, l’imposteur invétéré raconte son parcours de menteur professionnel avec saveur et drôlerie. Il nous plonge dans la machine du mensonge, dévoile ce qui se cache sous son masque de comédien qui trompe et livre, en prime, quelques astuces pour bien falsifier son CV, tromper le système et berner des employeurs lors d’un entretien d’embauche… quitte à nous entourlouper.

Enregistrements Léa Minod Réalisation Charlie Marcelet Illustration Oriane Marie Production ARTE Radio
La légende des frères Guillevic
Sous contrôle coercitif (2/2)
Sous contrôle coercitif (1/2)

Itinéraire d’un car scolaire
episodePartir ou rester là où on a grandi

25 ans après sa jeunesse en campagne, Valentine repart arpenter le territoire qui l'a vue grandir en remontant dans le car scolaire de sa jeunesse. Elle confronte son rapport à cette campagne avec ceux de ses anciens camarades de bus. « Le bruit du moteur et le bocage qui défile derrière la vitre. Quarante minutes de jeux de cartes, de bêtises et de potins, matin et soir. J’ai grandi dans les Mauges, un petit pays rural du nord ouest de la France. Quand je repense à mes petits camarades de car scolaire, j’esquisse d’abord un sourire avant de me demander ce qu’ils sont devenus et s’ils vivent toujours là-bas. J’ai une culture commune avec eux, à commencer par cette campagne et le monde agricole au milieu duquel on a tous grandi. Moi j’en suis partie. D'ailleurs, d’aussi loin que je me souvienne, mon départ a toujours été une évidence. Pourquoi ? Pour comprendre, vingt-cinq ans après, j’ai retrouvé mes anciens camarades de car. Je suis retournée arpenter le territoire. Je suis remontée dans le Car des fermes. » Remerciements : Un grand merci à Lucie, Jérome, Mathilde, Guillaume, Corinne, Clémence, Bernard et Geneviève, ainsi qu'à tous les enfants et chauffeurs qui m'ont accueilli dans le car des fermes, tout particulièrement Marius, Nolan, Anne, Coline, Léo et Félix. Ce documentaire a bénéficié de l'aide à l'écriture du ministère de la Culture.

Enregistrements avril – mai 2024 Prise de son, montage Valentine Chevalier Réalisation Anna Buy Mise en ondes, musique originale et mixage Anna Buy Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio

L’esquive du secteur
episodeMission : fuir le lycée de quartier

Comment se vit la ségrégation scolaire et l’esquive de la carte scolaire ? Adolescentes, l’avenir cristallisait les inquiétudes et angoisses de Safia et de ses copines de collège. Profs et parents les ont poussées à éviter le lycée de leur quartier populaire, pour tenter d’intégrer un lycée plus réputé et hors secteur. Des années après, leurs voix se mêlent à celles d’autres aux parcours similaires, et racontent les esquives du secteur. En se plongeant dans leurs souvenirs adolescents, ils retracent ensemble ces cheminements “hors sentiers”, l’expérience du déracinement social et du mépris de classe, mais aussi l’adaptation et la découverte de nouveaux milieux sociaux. Un récit choral qui nous interroge collectivement sur l’élitisme scolaire et l’illusion méritocratique. Ce documentaire est lauréat de l'appel à projets 2021 du ministère de la Culture. Slams : “L’Avenir" et “Métamorphose” par Neïla ; “La Cité des Anges” par Tassadith ; Extraits du projet “SlamAddict”, dans le cadre de l’atelier slam animé par Mme Cartegnie en 2007, enseignante au collège André Malraux. Textes lus : Comme nous existons, de Kaoutar Harchi, Actes Sud, 2021. Remerciements : Merci à Feriel, Idir, Mamie, Neïla, et Nene d’avoir accepté de nous partager leurs récits. Merci à Tassadith de nous avoir permis d’entendre son slam déclamé à 14 ans. Merci à Charlotte, Chedi et Nelle et pour leurs réécoutes et précieux conseils.

Entretiens et textes Safia Elkhatabi, Halima Elkhatabi Montage Halima Elkhatabi Réalisation, mixage et mise en ondes Arnaud Forest Musiques originales Arnaud Forest Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio

Ligne rouge
episodeViolences policières : un ex-flic témoigne

Connue pour ses méthodes controversées, la BAC (brigade anti-criminalité) nourrit le débat sur les violences policières. Pour la première fois, Laurent, un de ses responsables, apporte son éclairage sur ses trop longues années à maintenir l'ordre public. Avec un recul nécessaire, il décrit ce monde hors norme et tente d'identifier les facteurs qui l'ont mené à exercer des violences illégitimes. De sa vie en meute à ses confrontations dans les cités, de sa garde à vue à son procès, il nous partage la logique et la fabrique de la violence, qui devient un véritable mode d'expression. Sans se dédouaner, il cherche à en trouver les origines.

Prise de son, montage Christophe Guillaumot Enregistrements mars 2024 Réalisation Charlie Marcelet Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio

Malheur niveau 2
episodeDes patients se racontent de l'intérieur

"En 2020, pendant le confinement, je me mets à développer un toc : tout enregistrer autour de moi. Quelques mois plus tard, mon état de santé mentale s’aggrave et je décide d’aller en clinique psychiatrique. Je n’avais pas franchement anticipé que là-bas, mon toc se transformerait en un projet de podcast collectif." Enregistré dans la clinique où Violette est internée, ce documentaire est une immersion sonore au cœur de la vie de patients en psychiatrie. Les témoignages et parcours de vie questionnent les stéréotypes et clichés souvent associés à la folie, et invitent à repenser la notion même de vulnérabilité. Issu d'une trentaine d'heures d'enregistrements, ce récit choral et collectif engage une réflexion sur la tolérance, la santé mentale, et l'institution médicale. Remerciements Merci à la joyeuse bande du parc, David, Achille, Sébastien, Emmanuel, Fabien, Clémence, Diana, Léo et Marguerite. Merci à Martin pour les lasagnes, à ma mère pour le cadenas. À Elie Hantouche et Caline Majdalani ; à tous mes proches enregistrés et à Noémie. Ce documentaire a reçu le Prix Europa 2025 du meilleur documentaire audio.

Enregistrements septembre 2020 Réalisation Samuel Hirsch et Violette Gitton Mixage Samuel Hirsch Illustration Camille Deschiens Production ARTE Radio

La mort est une amie d’enfance
episodeRencontrer la mort plus tôt que prévu

Quand un enfant décède, les pensées se tournent naturellement vers sa famille proche : ses parents, ses frères et sœurs. Mais qu'en est-il de ses potes ? De cette amie avec qui il trainait toute la journée à l’école, de celui avec qui elle mangeait à la cantine, de tous ses amis avec qui il se confiait sans avoir peur d’être jugé ? Ces enfants trouvent difficilement leur place dans cette épreuve douloureuse et souvent inédite, pour eux, de la mort. Non pas parce qu’ils ne veulent pas s'investir, mais parce qu’ils ne savent pas comment faire, ni comment réagir. A vrai dire, eux aussi sont des enfants. Dans les témoignages de ce documentaire, ces enfants devenus grands parleront de cette solitude, de ce manque d’accompagnement, de ce traumatisme, de cette pudeur. Mais surtout de la manière dont cette mort soudaine a été décisive dans leur construction personnelle. Remerciements Lauriane, Nicolas, Leila, Elise et Marie-Frédérique Bacqué, psychologue.

Entretien et réalisation Camélia Kheiredine Enregistrements avril-juin 2024 Réalisation Charlie Marcelet Illustration Aline Bureau Production ARTE Radio

Presque mère
episodeUn jour, j'ai dû interrompre ma grossesse

J’ai 36 ans. Je suis enceinte. Je vais donner la vie. Suite à la première échographie, je suis forcée d’interrompre ma grossesse à cause d'une anomalie fœtale grave. Je vais donner la mort. J’ai été enceinte pendant 3 mois. C’est l’histoire d’une maternité avortée. D’un amour empêché. C’est l’histoire d’une disparition. D’une apparition désincarnée. De quelque chose qui apparaît en mourant. Pour rompre ce silence, j'ai mené mon enquête. En retraçant mon histoire avec le « presque père », Gianni. En interrogeant d'autres femmes ayant vécu des pertes similaires. J'ai également rencontré des spécialistes afin d'éclairer les zones d'ombre qui entourent la perte d'un enfant. Non seulement pour moi, mais aussi pour toutes les femmes. Car c’est avant tout une histoire de femmes. Une expérience passée sous silence. Un tabou qui fait l’objet de préjugés. Une absence de mots. Un vide dévastateur. De ce vide est né le désir d’écrire. Pour rendre visible aussi tous les aspects corporels et émotionnels partagés par des milliers de femmes lors du deuil périnatal. Pour partager avec d’autres les textes féministes qui m’ont aidée à traverser l’impensable. Ce documentaire a bénéficié de l'aide à l'écriture de podcasts du Ministère de la Culture. Réalisatrice de documentaires et créatrice sonore, Laure Chatrefou signe des récits intimes pour ARTE Radio, dont Maman, sa femme et moi et L’amour, les hommes et moi. Elle réalise aussi des installations immersives, des films documentaires ou des créations sonores mettant en lumière des pratiques culturelles locales, comme le Debaa de Mayotte, le Fon ker de La Réunion ou les touloulous de Guyane. Ses œuvres sont exposées en France et à l'international, du Mucem à Marseille au Musée d’art moderne de Rabat. Elle collabore également avec le Centre Pompidou et le musée d’arts de Nantes pour la création de podcasts. Avec Caroline Reniche, sage-femme ; Diane de Wailly, psychologue spécialisée dans le diagnostic anténatal et l’accompagnement de femmes et de couples endeuillés ; Lisa Carayon, maîtresse de conférences en droit à l'université Paris spécialiste en droit de la santé, de la famille et des migrations ; Mathilde Lemiesle, autrice et illustratrice de « Mes presques riens » ; Anne Sophie Giraud, chercheuse en anthropologie de la personne, du corps et la parenté. Lectures Ludmilla Dabo, Anna Holveck, Perrine Kervran, Agathe Rémi, Sabine Zovighian, Antoine Bault, Chloé Assous-Plunian et Anne Guillou. Témoignages Gianni Fileccia, Alice, Lucie, Axelle, Sophie, Céline, Marine et Cécile. Remerciements À toutes les voix entendues dans le documentaire et à celles qu’on n’entend pas. À Judith Aquien, autrice de Trois mois sous silence, le tabou de la condition des femmes en début de grossesse (Éditions Payot) ; Emmanuelle Berthiaud, historienne du genre, de l'enfance et de la médecine, autrice de Enceinte. Une histoire de la grossesse entre art et société (Éditions de la Martinière) ; Marc Dupont, Directeur d’hôpital à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) ; Maud Trichet, intervenante en santé sexuelle au planning familial de Nantes ; Félicia Joinau-Zoulovits, Cheffe de service en gynécologie-obstétrique - Hôpital Le Raincy à Montefermeil ; Myriam Gervais, maitresse de cérémonie au crématorium du Père-Lachaise et l’équipe Père-Lachaise ; Sophie Louÿs , sage-femme. À Gianni Fileccia, ma fille Thelma Chatrefou-Fileccia, Sophie et son mari, Justine Weisz, Anne Guillou, Anne-Céline Genevois, Hoang Ngyuen Le, Clarice Guimaraes, Bastien de Sordi, Mina Souchon, Mathilde Guermonprez. Pour tous les précieux conseils, remerciements à Perrine Kervran, Arnaud Forest, Silvain Gire et Chloé Assous-Plunian. Pour aller plus loin Le corps des femmes, Camille Froidevaux Metterie, 2018 ; L’horreur d’un pareil amour, Marguerite Duras, 1976 ; Attendre un enfant après une interruption médicale de grossesse, Diane de Wailly, 2018 ; Trois mois sous silence, Judith Aquien, 2021 ; Enceinte, une histoire de la grossesse, Emmanuelle Berthiaud, 2013 ; Mes presque riens, Mathilde Lemiesle, 2021 (Instagram) ; Lettres à Madame Hanska, Honoré de Balzac, 1846-1850. "Mon corps, mes droits ! L'avortement menacé ?", in Penser les droits reproductifs comme un tout : avortement, contraception et accouchement sous X en droit français, Lisa Carayon, 2019.

Prise de son, montage Laure Chatrefou Texte et voix Laure Chatrefou Enregistrements 2023-2024 Réalisation, mixage et musique originale Arnaud Forest Musique originale et violoncelle Cécile Lacharme Musique additionnelle “Thoughts on Wings” de Timothée Couteau Illustration Mathilde Lemiesle Extrait de film "Annie Colère" de Blandine Lenoir (2022) Production ARTE Radio

Je suis accro au karaoké
episodePlongée dans le karaoké taïwanais, exutoire et refuge émotionnel

Adrien s'est installé à Taïwan il y a cinq ans. Rapidement, il a dû comprendre la place sacrée du Karaoké, une véritable institution à Taïwan, en Corée ou encore au Japon, plus grands consommateurs de "KTV" au monde. Exutoire permettant de briser les tabous et les pressions sociales, le karaoké est aussi un rituel codifié, intégré à tous les aspects de la vie : au boulot, en famille, en politique ou entre amis. Dans cette petite pièce insonorisée et éclairée aux néons, une bande d'amis - Dai-yun, Yan, Hsiao-Yin et Wei-chu - raconte sa relation au karaoké et chante ses morceaux préférés, entre rires, larmes et confidences. Derrière le stéréotype de soirées alcoolisées et des chansons hurlées à tue-tête, le karaoké se révèle comme une expérience sociale, un outil de communication et d'expression intime, dans une société où la parole fait souvent défaut. En bref, "une thérapie collective"... Remerciements Merci à Wei-chu, Dai-yun, Hsiao-yin et Yen, et à tous ceux qui ont chanté lors de l'enregistrement. Merci à Nathanel Amar, A-Kai, Yannick Dauby, Lin Chung-hua et Grégoire Bienvenu pour leurs réflexions sur la pratique du karaoké. En hommage à Shen Yu-mei, qui m'a appris mes premières chansons en langue taïwanaise. Chansons présentes dans l'épisode - Lang Ren Qing Ge (浪人情歌) – Wu Bai & China Blue (伍佰 & China Blue) - Da Hai (大海) – Zhang Yusheng (張雨生) - Bei Dong (被動) – Wu Bai (伍佰) - Farewell My Love (心愛的再會啦) - Wu Bai & China Blue (伍佰 & China Blue) - Wo Ai Tai Mei (我愛台妹) – MC HotDog (熱狗) & A-Yue (張震嶽) - First Love (初戀) – Utada Hikaru (宇多田光) - Zhang San De Ge (張三的歌) – Lee Shou-Chuan (李壽全) - Qiu Niao (秋鳥) – Cass Phang (彭羚) - Train Station (車站) – Hsiu-Ching Chang (張秀卿) - Wen Rou De Ci Bei (溫柔的慈悲) – Lin Liang-Le (林良樂) - A Man on the Sea (海上的人) – Fire EX. (滅火器) - Ai Cuo (愛錯) – Sinje Lee (李心潔) - Love You Ten Thousand Years (愛你一萬年) – Wu Bai & China Blue (伍佰 & China Blue)

Réalisation Charlie Marcelet Enregistrements juin 2024 Illustration GGDOG Production ARTE Radio

À chœur joie
episodeUne chorale inclusive et solidaire

Des enfants, âgés de 10 à 15 ans, présentent des troubles du spectre de l'autisme. Ils chantent avec des adultes dits « normaux ». Ensemble, ils forment un chœur qui, au fil des mois, se prépare à donner un grand concert. Du plaisir de chanter à la difficulté d’être accepté tel que l'on est, l’aventure de cette chorale qui se déroule à Lyon raconte les différences, que l’on soit autiste ou pas, et tout ce qui permet de les abolir jusqu’à ne former qu’une seule voix. Avec : - Les enfants : Alassane, Alexandre, Assia, Elfie, Ilyes, Joël, William. - Les adultes du chœur des Phonies Polies à Lyon, dirigé par Maude Georges, de l'association Lavéli - Nicolas Petit, orthophoniste, Centre Hospitalier Le Vinatier - Pascale Maddalena, infirmière à l’ITTAC, Centre Hospitalier Le Vinatier - Florence Chevigny, éducatrice spécialisée à l’ITTAC, Centre Hospitalier Le Vinatier Merci aux enfants, à Nicolas Petit, à Maude Georges, au chœur d’adultes des Phonies Polies, à l’équipe des soignants du Centre Hospitalier Le Vinatier. Elise Andrieu fait des documentaires pour la radio depuis 20 ans pour France Culture (Les pieds sur terre, LSD, Une histoire particulière, Toute une vie, Sur les docks…), ARTE Radio, Création Collective ou La Balise. Elle a à cœur de transmettre des histoires sensibles et singulières, quels que soient les gens qu’elle rencontre. Nicolas Petit est orthophoniste et docteur en sciences cognitives. Il exerce différentes activités autour de la communication : comme objet de soin, comme objet d'étude scientifique, et comme besoin intime dans sa pratique de l'écriture et du chant.

Enregistrements de décembre 2023 à mars 2024 Réalisation Arnaud Forest Illustration Gala Vanson Production ARTE Radio

Faux départs
episodeLes athlètes en équilibre

C’est l’histoire d’un coup de feu, d’une poignée de secondes, d'une perte d’équilibre, ou d'un glissement d’orteil. Dans les courses sportives, un faux départ est un mouvement en avant qui anticipe l'autorisation de s'élancer. ll faut être rapide comme l'éclair, mais pas trop. Le faux départ est imperceptible à l’œil nu, mais en un clin d'œil, il disqualifie et réduit à néant des mois, voire des années d'effort. Clément, Stella, Cédric, Julie, Wilhem, cinq athlètes de haut niveau, nous racontent l’instant d’avant. Suspendu, manqué et ce que ça a changé. C'est le récit d'une course qui n'a jamais eu lieu ou d'un plongeon qui est devenu une chute. Remerciements : Aux champion.ne.s, Clément Mignon, Julie Danaux, Cédric Lavanne, et tout spécialement Stella Akakpo et Wilhem Belocian de l'équipe de France d'Athlétisme, qualifiés pour les JO de Paris 2024. Un grand merci à Gilbert Avanzini, Docteur en sciences et techniques des activités physiques et sportives, Michel Herren, philosophe et entraineur olympique, et Alexandre Bourrasseau, juge arbitre et fédéral d’athlétisme. Merci à Ghani Yalouz, ancien directeur de L'INSEP. Ce documentaire a obtenu le label Olympiades culturelles Paris 2024, et a bénéficié de l'aide à l'écriture de podcasts du ministère de la Culture. Sophie Dusigne est autrice et directrice artistique. En janvier 2024, elle est commissaire de l'exposition de création Lignes de départ au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême. Elle enseigne les arts narratifs au Cesan et à l'Iscom.

Enregistrements novembre 2024 Réalisation Sophie Dusigne Musique, mixage et mise en onde Thomas Loupias Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio

Ep 4Jean Hatzfeld, décrocher du journalisme pour la littérature
episodeTransmettre la guerre par les mots

Ce qui anime le plus Jean Hatzfeld depuis toujours, c’est raconter des histoires. Les histoires de ces gens qui ont tout perdu, et qui ont eu parfois le courage de tout reconstruire. Il a été le témoin de pas mal de terrains de guerre, son porte-bonheur toujours dans ses bagages. Mais après avoir été blessé par balle et avoir lui-même frôlé la mort en Bosnie, et suite à un reportage au Rwanda, il change finalement de rythme, échange le journalisme pour la littérature et l'immédiat pour le temps long. Il part à la rencontre des rescapés du génocide au Rwanda, pour leur donner la parole et la porter vers le grand public à travers plusieurs livres. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire.

Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio

Ep 3Karen Lajon, l’addiction au terrain
episodePremière reporter à Kaboul

Après avoir été marqué par la misère sociale dans son propre pays lors d’un reportage en banlieue, Karen Lajon, grand reporter au Journal du dimanche, demande être envoyée uniquement dans les zones de guerre, là où la souffrance est inévitable et donc plus supportable. Elle nous raconte comment elle a fait, en 2001, pour être la première à entrer dans Kaboul, à l’encontre de la volonté de son chef d’info, et pourquoi elle a toujours été convaincue que faire les choses à sa façon était le seul chemin pour être en accord avec elle-même. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire.

Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio

Ep 2Arman Soldin, reporter de guerre, dans l’adrénaline et la peur
episodeDe Lampedusa à Kiev

Journaliste AFP, Arman Soldin est tragiquement décédé le 9 mai 2023 en Ukraine, près de Tchassiv Iar. De stagiaire à Lampedusa à reporter de guerre confirmé à Kiev, il raconte dans ce podcast son expérience dans les tranchées du Donbass, le quotidien en Ukraine. Il parle aussi de sa dépendance au terrain et des raisons qui l’ont toujours poussé à vouloir être là où l’histoire se déroule, pour informer au mieux et faire connaitre la souffrance des populations touchées par l’injustice. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire.

Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio

Ep 1Camille et Julien, deux journalistes aspirés dans la machine de Calais
episodeLigne de fuite

Dans cet épisode, Camille Toulmé et Julien Goudichaud, journalistes indépendants, nous dévoilent comment et pourquoi ils ont franchi un certain nombre de lignes rouges pour aller au bout de leur projet de reportage : faire monter Julien à bord d'un zodiac, caméra à la main, pour qu’il traverse la Manche aux côtés des migrants. Des mois à tourner dans Calais, à essuyer des refus, chercher des solutions, jusqu’à perdre la boussole, et mettre un pied dans la folie. Remerciements : Merci à Martin Bacholle qui a imaginé ce projet et qui a tout fait pour qu’il existe. Merci à Camille, Julien, Arman, Jean et Karen de m’avoir fait confiance. Et un grand merci à ARTE Radio d’y avoir cru. Une pensée spéciale à la famille et aux proches d’Arman Soldin. Tatiana Benhamou est une autrice et réalisatrice de podcast indépendante. Ligne de fuite Les reporters sont des personnages à part, reporters de guerre et journalistes de terrain, ils sont la figure flamboyante et héroïque de la profession, une figure qui est aussi très complexe. Souvent inadaptés au quotidien une fois de retour, la plupart ne vivent que dans l'attente du prochain départ. Ils sont souvent sur le fil, prenant parfois trop de risques et trop isolés sur le terrain. Certains d'ailleurs y perdent la vie. Leur addiction au terrain les pousse dans une fuite en avant dont ils ont parfaitement conscience, mais décrocher reste pour eux encore plus difficile que de continuer à faire face à la misère et aux tragédies qu’ils nous rapportent. Alors que se passe-t-il dans la tête lorsqu’on décide de partir, caméra ou carnet à la main, pour traverser la Manche sur un zodiac avec des migrants ? Pour traverser Kaboul cachée sous une burqa afghane ? Franchir à découvert une ligne de front Bosniaque, ou se jeter dans les tranchées du Donbass ? Et puis, qu'est-ce que ça fait de voir et d'emmagasiner tant de violence, de peur, de mort, de misère ? C'est ce que Camille, Julien, Arman, Jean et Karen racontent, avec sincérité et sans tabou. Ils dévoilent leur ressenti, leurs motivations profondes et la peur qu'il faut apprivoiser. Ils disent ce qui les anime et les pousse à aller toujours plus loin, pour informer le monde des tragédies en cours. Et puis aussi ce qui fait que parfois, on arrête ou qu'on change de façon de faire.

Enregistrements avril 2023 à avril 2024 Prise de son et montage Tatiana Benhamou Réalisation Charlie Marcelet et Tatiana Benhamou Musique originale Charlie Marcelet Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio

Le Caire brisé
episodeDans une Égypte ultraconfidentielle

Depuis la révolution de 2011, et le tumulte des printemps arabes, les battements de la ville du Caire en Égypte sont brisés. Devenue autoritaire, surveillée, ultra-pauvre, l'âme et les sons de la ville se meurent. L'Égypte, plongée au milieu d'une crise économique sans précédent, à quelques encablures de la guerre qui sévit à Gaza, ne parvient pas à se relever. Scindée en deux, tel un cœur brisé, Le Caire se bétonise à outrance. Le régime militaire rase ses arbres et construit en plein désert une nouvelle capitale réservée aux ultra-riches, à l'image d'un Las-Vegas ou d'un Dubaï qui sent la corruption. Les habitants les plus pauvres, eux, survivent dans des quartiers insalubres qui s'étendent à perte de vue et que le régime militaire d'Abdel Fattah al-Sissi tente d'éradiquer. Les sons de la ville ne sont plus les mêmes, Le Caire ne se reconnaît plus. Pour réaliser ce podcast et capter les sons de la ville, il a fallu tourner en micro caché, car le régime autoritaire pratique une censure terrible, les journalistes ne sont pas autorisés à tourner. Milena Peillon est journaliste et productrice de documentaires pour la télévision et autrice et réalisatrice de podcast. Elle travaille sur le Moyen-Orient depuis plusieurs années.

Enregistrements novembre 2023 Réalisation Annabelle Brouard Illustration Clarisse Derenne Production ARTE Radio

Papa t’es né quand ?
episodeSur les traces de la date de naissance de mon père

À la maison, on n’a jamais fêté l’anniversaire de mon père, on n’avait pas de date pour souffler les bougies. Mon père est ce qu’on appelle un « 01 ». Il fait partie de ces immigrés qui ne connaissaient pas leur date de naissance exacte et auxquels la préfecture en a donné une d’office. Souvent, c'était le 1er janvier. Seulement, mon père ne connait pas non plus son année de naissance. Sur ses papiers marocains et français, on lit 1953. Mais il n'y croit pas. D’après le récit de sa mère Yamna, il serait né en été et elle se souvenait aussi qu’elle était enceinte de lui lorsqu'elle a vu le roi du Maroc passer par son village pour annoncer l'indépendance du pays. Mais moi, je crois surtout que l’âge venant, mon père espère qu’il est plus jeune que prévu et qu’il lui reste de longues années devant lui… bref, il a peur de vieillir. Alors, en bonne fille et en bonne journaliste, je décide de mener l’enquête avec lui. Mais entre la France et le Maroc, 70 ans plus tard, pas si facile de trouver des traces du passé. Pas facile non plus de se retrouver embarquée avec ses parents et toute sa famille dans une enquête qui piétine et qui met les nerfs à vif. Entre les archives et les récits familiaux, les retournements inattendus et les secrets de famille, allons-nous trouver sa date de naissance ? Et surtout comment rester fidèle à la mémoire de ses parents quand elle est douloureuse et traumatique ? Remerciements à mes parents, Ahmed et Brigitte Rami, aux membres de ma famille, à mon amie et doctorante, Zineb El Gharbi, aux archives de l'INA, et à l'état civil de M'haya. Anissa Rami est journaliste indépendante société et culture.

Enregistrement octobre-décembre 2023 Prise de son, montage Anissa Rami Réalisation Samuel Hirsch et Anissa Rami Musique originale et mixage Samuel Hirsch Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio

La maison du loup
episodeDes thérapeutes à l'écoute des pédocriminels

Ils sont six hommes et femmes. Six thérapeutes : psychiatres, psychologues, sexologues, assistant sociaux, et criminologues. Ils ont entre 30 et 60 ans et toutes les semaines, ils se retrouvent pour parler de leurs patients. Des patients bien particuliers puisqu’il s’agit en grande majorité de pédocriminels. Lors de ces réunions hebdomadaires, les thérapeutes évoquent ensemble leurs cas, le chemin thérapeutique qui se fait ou pas, les difficultés personnelles qu’ils peuvent rencontrer. Ils discutent, échangent, ne sont pas toujours d’accord et rient aussi, contre toute attente. Ces thérapeutes travaillent au sein d'une structure spécialisée dans la prise en charge des auteurs d’infractions à caractère sexuel. Ce centre a été mis en place suite aux manquements révélés par l’affaire Dutroux – une affaire qui a laissé une trace indélébile en Belgique. Désormais, la sanction judiciaire pour les auteurs d’infractions à caractère sexuel s’accompagne d’un suivi thérapeutique sous contrainte. Ce ne sont pas des « Dutroux » qui sont pris en charge dans cet établissement, ceux-là sont plus rares qu’on ne le pense, ce sont des gens de toutes les catégories sociales, de tous les milieux, des adolescents jusqu’aux personnes âgées. Nos six thérapeutes, Marie-Hélène, Jessica, Ludivine, Dorothée, Jean-Marc, Bertrand et Luca ainsi que leurs collègues Dorothée, Gauthier et Justine, se retrouvent dans la maison de Tournai en Wallonie. C’est là qu’ils font leurs consultations ou s’occupent d’une ligne téléphonique anonyme à destination de personnes qui se questionnent sur des comportements sexuels potentiellement inadéquats. C’est aussi là que se tient leur réunion hebdomadaire. Ils sont passionnés par leur métier, par la conviction de sa nécessité, car prendre en charge des auteurs de violences sexuelles, c'est indispensable pour éviter de nouvelles victimes. « En septembre 2021 est sorti Le loup, un livre pour enfants de Mai Lan Chapiron qui évoque l’inceste afin d’en briser le tabou et s’inspire de celui qu’elle a subi. En découvrant le livre, je suis sidérée. Je connais Mai Lan depuis toujours, nous ne sommes pas proches, mais nos familles sont liées depuis trois générations. Et il m’a toujours semblé impossible, inconcevable, inimaginable que dans mon entourage, il puisse y avoir des violences quelconques faites aux enfants. En découvrant le livre je suis aussi impressionnée par la réflexion et la maturité de Mai Lan car elle dit à propos du loup – et donc de son agresseur - que « pour apprendre à être moins sauvage et à ne plus attaquer les gens » lui aussi peut avoir de l’aide. Et je me demande : qui sont ces gens qui soignent les loups ? »

Enregistrements Septembre, octobre 2023 Mixage Charlie Marcelet Illustration Yasmine Gateau Production ARTE Radio

Fréquenter les morts
episodeUn drame post mortem en 4 actes

Suite à la disparition de son père, Leslie s’interroge sur son appréhension de la mort. Sa quête va l’amener à la rencontre joyeuse de quatre personnages qui la fréquentent au quotidien : Mathieu thanatopracteur, son frère Julien conseiller funéraire et maître de cérémonie, Eddy responsable de chambre mortuaire, André photographe de tombes et passionné de cimetières. À travers des questionnements intimes sur leur pratique et leur propre rapport à la mort, surgiront des scènes de préparation de corps. Des écoutes de musiques mortuaires inattendues. Des découvertes de rituels. Des partages de poèmes, d’objets ou de lettres laissées auprès des défunts. Des balades au Père Lachaise. De l’humour noir. Du rire, des larmes et des actes d’amour. Entre conversations téléphoniques lunaires avec sa mère, et enquête sur un sujet tabou et effrayant, Leslie tente de se familiariser avec ce qui lui fait peur, tout en essayant de faire son deuil. Scénariste et réalisatrice radio, Leslie Menahem écrit des fictions diffusées sur France Culture et France Inter. Elle réalise également plusieurs podcasts documentaires avec ARTE Radio, la RTBF, la RTS, et Audible. Elle est également dramaturge au théâtre et à l’opéra. À la télévision, elle écrit pour Karambolage sur ARTE, et développe sa série « Motel », produite par La Belle Affaire Productions et Laïdak Films. Au cinéma, elle développe son long métrage « Les autonautes de la cosmoroute » avec Ikki Films.

Enregistrements Septembre 2023 Texte et narration Leslie Menahem Réalisation Leslie Menahem et Annabelle Brouard Musique originale et mixage Annabelle Brouard Illustration Donatien Mary Production ARTE Radio
Bridge vs Belote

Gueule de bois
episodeMon père, une vie d’ouvrier

Christian est le père de Nicolas, il a 68 ans et il passe sa retraite à se soigner. Les hanches, les genoux, le dos, il est tout cassé. Christian était menuisier pendant 38 ans à la cité universitaire d’Antony, la plus grande d’Europe. Pendant longtemps, il a fait son job : construire, réparer et poser des meubles, pour les étudiants. Il travaillait le bois, se sentait utile et il adorait son métier. Évidemment, cet artisan magicien capable de fabriquer des meubles, mais aussi des jouets faisait l’admiration de son fils, qu’on peut entendre grâce à des conversations enregistrées il y a 30 ans sur le magnétophone familial. Mais le métier de Christian a changé. On a externalisé, réduit les effectifs et on a commandé les meubles plutôt que de les fabriquer. Peu à peu, on lui a confié d’autres tâches, souvent plus pénibles, il était seul, il faisait beaucoup de manutention et de moins en moins de menuiserie. Alors, il a voulu se reconvertir, mais une cheffe l’a pris en grippe et ses projets ont été bloqués. Il a dû se contenter de ces taches qui n’avaient plus de sens, son corps a pris des coups et a fini par lâcher. Finalement, il est parti écœuré et usé, sa retraite n’est pas une récompense, elle est une épreuve. Nicolas enrage de voir son père dans cet état. Alors il a voulu le faire témoigner, dans ce podcast qui est autant un hommage à son père qu’à la classe ouvrière. Nicolas Lansalot est journaliste et réalisateur de documentaires pour RMC Sport. C’est son premier podcast.

Enregistrements mai-juin 2023 Réalisation Arnaud Forest Illustration Chez Gertrud Production ARTE Radio

Tenue laïque exigée
episodeComment un lycée du 93 se débrouille avec la laïcité

"Enlève ton voile ! " Chaque matin, à l'entrée du lycée, le rituel des surveillants qui interpellent les élèves traduit un malaise qui est devenu un débat de société. Mais alors comment parler tranquillement et faire retomber la pression ? Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, dans le cadre d'un atelier radio, des élèves, surtout des filles qui portent le voile, débattent avec leurs enseignants et leurs pairs d’un sujet sensible : la relation entre laïcité et religion et la manière dont chacun la vit, parfois au plus intime, sous le régime de la loi de 2004. “Et vous, vous vous débrouillez comment avec la laïcité ?” À partir de cette simple question posée tout au long d’une année scolaire, la parole, libre, se déploie en d’étonnantes nuances devant le micro : si certaines lycéennes vivent l'application de la loi comme une violence et une négation de ce qu'elles sont, d'autres la vivent avec plus de sérénité parce que “C’est chacun sa croyance !” Avec, en fond sonore, le train-train de la vie lycéenne, les rires, les doutes et les chansons, les sorties au musée, les cours, l'atelier théâtre et l'exercice de la photo de classe. Une réalité quotidienne pas facile, mais loin de tout catéchisme religieux… ou républicain. Merci pour leur accueil à la direction, à l'ensemble du personnel et aux élèves du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis. Merci en particulier à Andréa, Bassim, Binta, Brizio, Carla, Deborah, Havir, Leïla, Marianne, Maeva, Sadia, Lucie-Rose, Yasmine et leurs camarades des classes de première HGGSP et terminale de l'année scolaire 2022-23 ; et à Camille Taillefer, professeure d’histoire-géographie, ainsi qu'à Jean-Pierre Aurières, professeur d'histoire-géographie, Fanny Capel, professeure de français, Hassina Ouacif, agente d’entretien, Gilles Petel, professeur de philosophie, Julie Rual, professeure d’art plastiques, Mona Railhes, conseillère principale d’éducation, Loïc Vidal, professeur de français et de théâtre, Thierry Blotin, atelier musique, Jonathan Navarre, professeur d'EPS, Pierre Gandolfi, professeur de physique.

Enregistrements novembre 2022 à mai 2023 Prises de son, entretiens et montage Marina Julienne et Irène Berelowitch Réalisation Annabelle Brouard Illustration Laurianne de Lépine Production ARTE Radio

Balle de break
episodeGagnant du concours de podcasts 2023

Afin d’arrondir ses fins de mois, S. lance des paquets par-dessus le mur d’une prison. Drogues, cartes SIM ou dürüms, les colis sont empaquetés dans des balles de tennis cellophanées. Une opération dangereuse régie par des consignes strictes imposées par « son grand ». Inspirée d’une rencontre avec un lanceur de colis, l’écriture de cette fiction se base principalement sur l’enregistrement de son témoignage. Par souci de protection et de préservation de l'anonymat, Noé a décidé, en accord avec son témoin, de remplacer sa voix par celle d’un comédien. Noé Béal travaille dans le monde de la radio depuis quelques années. Il commence à faire ses armes en tant qu’animateur socio-culturel et réalisateur chez Comme un Lundi, une association de réalisation et de production sonore et visuelle qui accompagne et valorise l’expression de publics précarisés par la parole. 1er prix du concours de podcasts 2023 "Un été tout neuf" : Le jury a été emballé par ce podcast dans lequel la fiction se met au service du travail documentaire, pour faire entendre un témoignage fort sur un aspect peu connu de la vie en prison. Un récit tendu et maîtrisé, porté par une mise en ondes d'une grande justesse.

Enregistrements été 2023 Réalisation Noé Béal Aide à la conception Virgile Guillaud, Naïm Bakhtiar, Zana Mix Charlie Marcelet Production ARTE Radio

À cœur ouvert
episodeAvec son nouveau coeur mon père se libère d'un lourd secret

« Il y a trois ans, mon père Jean attend la greffe d’un nouveau cœur. Au même moment, j’entends pour la première fois battre dans mon ventre le cœur de ma fille Aglaé. En parallèle, le cœur de ma grand-mère paternelle, Geneviève, est à bout de souffle. C’est donc un moment où, sur quatre générations, il se passe quelque chose d’intense dans nos corps et dans nos cœurs. Mon père est greffé avec succès. Après la transplantation, je lui demande comment il se sent. Il me répond : “Tu sais, j’ai l’habitude de me dissocier : d’un côté ma tête et de l’autre mon corps”. Et là, je sais de quoi il veut me parler. » (Léa Chatauret) Léa Chatauret Après des études de sociologie et de Sciences politiques à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Léa Chatauret est monteuse de films documentaires montrés dans de nombreux festivals (Berlinale, Visions du Réel, Cinéma du Réel, IDFA...). Elle intervient régulièrement à la Cinéfabrique, pour le GREC, au DEMC de l'Université Paris-Cité, et participe à plusieurs commissions d'aides sélectives. Remerciements Jean Chatauret, Catherine Mabille, Elise et Noémie Chatauret, Marie Baget, Franck Thomas et Aglaé Chatauret Thomas, ainsi que les nombreuses oreilles attentives et amicales. Ressources : - Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) - Service National d'Accueil Téléphonique de l'Enfance en Danger Prix Europa 2023 du meilleur documentaire audio. Mention pour la qualité chirurgicale de la réalisation à Longueurs d'Ondes 2023. Ce documentaire est également disponible en version allemande sur le site de la SWR et de l'audiothèque de l'ARD - This documentary is also available in German version on the SWR and ARD websites.

Enregistrements septembre 19-mai 23 Musique originale (piano) Arno Ledoux Prises de son, entretiens et montage Léa Chatauret Réalisation Léa Chatauret & Samuel Hirsch Mixage Samuel Hirsch Illustration Laure Guillebon Production ARTE Radio

Grandeur nature
episodeGrande taille, petits problèmes

Jeanne, 31 ans, mesure 1m85. Soit 21 cm de plus que la Française moyenne et 9 cm de plus que le Français moyen. Depuis qu’elle est petite, elle est grande : dès son enfance, celle qui est déjà perçue comme hors norme doit faire avec les “Tu n’auras jamais de petits copains” ou “Il fait beau, là-haut ?”. Conséquences : le sentiment d’encombrer en permanence, une maladresse récurrente et des tentatives grotesques de compenser sa taille, dans la rue, en soirée et même au lit. La très grande taille pour les femmes n’est pas un handicap, mais c’est quelque chose qui dérange la norme du genre. Et en effet, comment ne pas angoisser quand les statistiques prouvent que les femmes très grandes ont moins d'enfants et sont moins souvent en couple que les femmes de taille « normale » ? Comment dédramatiser ? Comment le vivent ces 2% de femmes dont la tête dépasse la foule ? Dans ce premier podcast, Jeanne Paravert est allée à la rencontre de nombreuses femmes à la taille « hors norme », âgées de 24 à 80 ans : la sociologue Marie Buscatto, 1m88, (La TRÈS grande taille au féminin, CNRS Editions), Aïsha, 1m80 (1m90 avec les talons qu’elle arbore fièrement), ainsi que Léa, une comédienne-danseuse, la musicienne Blumi (Emma Broughton) qui a composé la musique de ce podcast et la comédienne Sandrine Kiberlain (1m74).

Enregistrements octobre 2022-mars 2023 Réalisation et mixage Samuel Hirsch Musique originale Blumi Saxophone et trompette Mattia Feliciani Mixage musique originale Yann Arnaud Illustration Charles Berberian Production ARTE Radio

Scènes de ménage
episodeComment se disputer quand on vit à deux

Depuis que Clara a emménagé avec son copain il y a six mois, ils ont de nouveaux sujets de conversation : de quelle manière range-t-on les casseroles ? Est-ce que l’on passe la raclette après la douche ? Doit-on replacer le joint du lave-vaisselle avant de le lancer ? Clara avait souvent entendu dire que « le plus important dans un couple, c'est la communication ». Elle n’avait pas imaginé que les échanges seraient aussi romantiques. Mais après tout, pourquoi pas ? Ce projet a été initié lors de la formation «Initiation artistique et technique à la réalisation sonore » de Phonurgia Nova.

Enregistrement mars et mai 2023 Réalisation Arnaud Forest Illustration Fany Ava Production ARTE Radio

Comme des oiseaux
episodeL’enfance volée des Amérindiens de Guyane

Leurs voix ont longtemps été tues. Entre 1930 et 1980, environ 2000 enfants amérindiens et bushinengués de Guyane ont été arrachés de force à leurs familles et placés dans des pensionnats tenus par l'église catholique. Si on connaît l'histoire des pensionnats autochtones au Canada et en Australie, on sait moins que ce procédé d'assimilation coloniale a également été mis en place par la France, sur ce territoire d'Amérique du sud. Gérés par des religieux et financés par l'État, ces "homes indiens" furent le passage obligé de plusieurs générations d'enfants sacrifiés sur l'autel de la République une et indivisible. Là-bas, loin de leurs villages et de leurs proches, il fallait se lever tôt, prier, ne pas parler sa langue. Ce quotidien fait de maltraitances et d'interdictions voulait leur faire oublier leur culture, leur spiritualité ; les transformer en "bons petits Français". Depuis peu, d'anciens et anciennes pensionnaires prennent la parole. Documentaire choral, Comme des oiseaux écoute le récit de trois d'entre eux. Leurs voix sont rares et puissantes, elles nous invitent à relire l'Histoire. Comment ces enfants ont-ils grandi ? Comment ont-ils choisi de se reconstruire ? Aujourd’hui, les Amérindiens de Guyane se mobilisent pour obtenir la création d’une Commission Vérité et Réconciliation sur le modèle du Canada. En 2023, un “home“ est toujours en activité à Saint-Georges de l'Oyapock. Il accueille une soixantaine d’enfants. Publié en septembre 2022, le travail précieux de la journaliste Hélène Ferrarini "Allons enfants de la Guyane " (Editions Anarchasis) a permis de prendre conscience de l'ampleur du phénomène et de la façon dont l'État français et l'église catholique ont travaillé main dans la main pour évangéliser et "civiliser" les enfants autochtones de Guyane. Remerciements : Hélène Ferrarini, Kadina Johannès, Alexis Tiouka, Tawakele Kouyouri, Marie Renault - Journaliste et réalisateur radio indépendant, Clément Baudet travaille le documentaire pour différents médias (France Culture, le CNRS, Le Monde). Il a un tropisme prononcé pour les sciences, l’environnement et les sujets de société. Attaché aux voix humaines et aux ambiances, il aime raconter des histoires avec ou sans paroles et fait partie du collectif Phaune Radio. - Alice Lefilleul est chercheuse indépendante en littérature comparée et en anthropologie. Autrice et réalisatrice sonore, elle travaille à faire circuler les imaginaires et mettre en avant les récits silenciés par l’histoire. Elle a collaboré à de nombreux médias et fait partie du collectif Making Waves. Références : - « La légende de Kalali » d'Eléonore Kadi Johannes, à paraître en août aux éditions Mahury. - « Allons enfants de la Guyane », d'Hélène Ferrarini, aux éditions Anarchasis. - « Petit guerrier pour la paix », d'Alexis Tiouka et Hélène Ferrarini, aux éditions de l'Ibis rouge. - L'Espaces Autochtones de Radio Canada.

Enregistrements novembre 22 Entretiens et prises de son Clément Baudet et Alice Lefilleul Tambour et chants Alexis Tiouka Musique additionnelle Charlie Marcelet Réalisation & mixage Charlie Marcelet Illustration Xavier Lissillour Production ARTE Radio

La prison c’est pas l’hôtel
episodeUne psychologue raconte la violence du système carcéral

Claire, 30 ans, est psychologue dans une prison pour hommes. En théorie, son travail consiste à accompagner les détenus, à prévenir les passages à l’acte, à les aider à préparer leur réinsertion. Mais dans un milieu pénitentiaire dysfonctionnel, violent, abandonné par les pouvoirs publics, c'est carrément "mission impossible". Pour la première fois, Claire témoigne sur la réalité de la vie en détention, loin des regards de la République. Car comment effectuer un travail thérapeutique avec des hommes qui ne reçoivent pas à manger tous les jours ? N’ont droit qu’à trois douches par semaine ? Sont forcés de vivre parmi les cafards ? À la violence des conditions de détention s’ajoute celle subie par les soignants. Celle de l’institution, dont le manque de moyens humains et matériels ouvre la voie aux pires drames. Avec humour et fraîcheur, malgré tout, Claire s'interroge : son travail a-t-il encore un sens dans des conditions aussi dégradées que dégradantes ? Daphné Turpin est journaliste et cadreuse de documentaires. Elle travaille notamment pour ARTE et France Télévisions. C’est son premier podcast.

Enregistrements janvier 23 Réalisation et mixage Charlie Marcelet Musique originale Charlie Marcelet et Vincent Tuân Lépinaux Illustration Joseph Delhomme Production ARTE Radio

Ma grand-mère est accro aux Sims
episodeUne double vie à 78 ans

Josiane, la grand-mère de Diane, est mordue des Sims. Un célèbre jeu de simulation sur ordinateur qui permet de créer des personnages et d’organiser leur quotidien dans les moindres détails. « S’ils ne sont pas gérés, ils font des bêtises… » , explique-t-elle. Une à deux heures par jour depuis 2007, tandis que son mari Bernard vaque à ses occupations, Josiane rejoint ainsi sa tribu numérique, présidant aux repas, aux parties de "crac-crac" (comme on dit dans le jargon Sims) ou aux naissances qui s’ensuivent. Un monde virtuel où la mort rôde, mais où les petits bobos et autres assauts redoutés de la vieillesse n’existent pas... En dix minutes aussi drôles que touchantes, le récit d’une addiction refuge, rythmé par les confidences d’une attachante gameuse de 78 ans.

Enregistrements janvier 23 Réalisation et mixage Charlie Marcelet Illustration Electronic Arts Production ARTE Radio

Ya Rayah, l’exil en dansant
episodePourquoi le tube de Rachid Taha raconte l'histoire de France

"Viens danser, c’est ta chanson !" : c’est ce qu'entendent Hassen et Mehdi à chaque fois que résonne en soirée l'intro de "Ya Rayah", le tube de Rachid Taha. C'est le point de départ d'une enquête documentaire et décontractée sur cette chanson qui fut deux fois un succès. Créée par le chanteur algérien Dahmane El Harrachi en 1971, “Ya Rayah” raconte la douleur de l’exil en France et le regret du pays natal. Sa reprise par Rachid Taha en 1998 triomphe sur les dancefloors du monde entier et unit la France lors du concert "1, 2, 3 Soleil" à Bercy. Dans les deux cas, ce tube chanté en arabe est aussi une chanson française, car produite et enregistrée en France. Elle appartient désormais à notre patrimoine commun. C'est l'une des mille histoires racontées à deux grands documentaristes, Hassen Ferhani (143, rue du Désert) et Mehdi Ahoudig (Poudreuse dans la Meuse). On les suit dans les bars de Noailles (Marseille) et de Barbès (Paris) ; chez l'historienne et musicologue Naïma Huber-Yahi ; chez le musicien Hakim Hamadouche dont la mandole porte la version de Taha ; avec le musicien Sofiane Saïdi ; avec les coiffeurs et les vendeurs de Marlboro. À l'aide d'analyses brillantes et de punchlines, de témoignages et de confidences, ce documentaire questionne ce que la chanson "Ya Rayah" dit de l'histoire des Français d'origine maghrébine et de leurs exils intimes. Avec Naïma Huber-Yahi (historienne et musicologue), Hakim Hamadouche (musicien et mandoliste de Rachid Taha), Slimane Dazi (comédien et ami de Rachid), Sofiane Saïdi (chanteur, musicien), Rafik (coiffeur à Barbès), Toufik Baalache (ami de Rachid), Farid Diaz (rappeur), Mohamed Kably (musicien), Tahar Kessi (cinéaste), Sofiane Allaoua (musicien), des voix diverses de Noailles et de Barbès. Hassen Ferhani Réalisateur, chef-opérateur et photographe né en 1986 à Alger, Hassen Ferhani a nourri sa passion au ciné-club Chrysalide dont il est co-animateur de 2003 à 2008. Les Baies d’Alger (2006), court-métrage de fiction, est repéré dans plusieurs compétitions internationales. S’ensuivent Le vol du 140 (2008, Fémis d’été), Afric Hotel (2010, coréalisation) et Tarzan, Don Quichotte et nous (2013). Il forge ainsi sa démarche – un travail sur le réel imprégné de fiction – dont il donne la pleine mesure avec ses deux longs-métrages multi-primés. Dans ma tête un rond-point (2015) est, entre autres, lauréat du Grand Prix FID et du McMillan-Stewart Fellowship (Harvard) et devient le premier film à recevoir deux Tanit d’Or au Festival de Carthage. Parmi une vingtaine de distinctions (Alger, Nantes, Séoul, Toronto, Turin, Valdivia…), 143 rue du Désert (2019) lui vaut le Léopard du meilleur réalisateur émergent au Festival de Locarno. Mehdi Ahoudig Mehdi Ahoudig est un réalisateur sonore et audiovisuel multi-primé, né à Pantin en 1967. Il réalise des bandes-son pour le spectacle vivant de 1995 à 2015. Depuis 2004, il réalise des podcasts documentaires pour ARTE Radio dont « Wilfried », « Poudreuse dans la Meuse » (Prix Europa 2015, Prix grandes ondes 2016), « Qui a connu Lolita ? » (Prix Europa 2010), ainsi que pour France Culture. Il réalise aussi des documentaires pour le web, dont « A l’abri de rien » (Prix Europa 2011). Il a réalisé plusieurs films documentaires dont « Une caravane en hiver » produit par Squawk (prix de la diffusion Raï au Primed en 2020). Le film « La parade » co-réalisé avec Samuel Bollendorff, reçoit une étoile de la SCAM en 2018. En 2022, tous deux ont proposé le film "Il était une fois dans l'Est" et une exposition multimédia, « Frontaliers, des vies en stéréo », pour la capitale européenne de la culture Esch-Sur-Alzette au Luxembourg.

Entretiens et prises de son Hassen Ferhani, Mehdi Ahoudig Réalisation Mehdi Ahoudig et Samuel Hirsch Guitare basse et mix Samuel Hirsch Illustration Zaven Najjar Production ARTE Radio
La sténo, l’écriture secrète des femmes
Rien ne presse

Nique mon frère la réinsertion
episodeEtienne héberge son frère accro à l'héroïne

Après avoir découvert que son petit frère Antoine, âgé de 32 ans, fumait de l’héroïne depuis plusieurs années, Étienne décide de l’accueillir chez lui à Paris pour l’aider à vaincre son addiction. Durant près de 3 ans de vie commune, Étienne enregistre leurs discussions et raconte leur combat quotidien pour la réinsertion. Entre espoir et désillusion, moments de complicité, de fête et de disputes, les deux frères se rapprochent jusqu'à s’interroger sur leur relation. Que peut faire Étienne pour accompagner son frère ? Quelles sont les limites de l'aide que l'on peut apporter aux autres ? Confronté aux difficultés de la réinsertion dans un monde en déclin, ainsi qu’aux nombreuses tentations du nord-est parisien, Antoine va pourtant peu à peu sortir la tête de l’eau avant de connaître une fin tragique. Etienne Karlen est coordinateur de parcours pédagogique à Paris. Il travaille sur un programme de recherche destiné aux personnes éloignées de l’emploi. C’est son premier podcast. L'auteur remercie : Mes parents Albert et Sylvia, ma sœur Bérénice, mon beau-frère Thomas et leurs enfants, les amis, Jérôme Pecout, François de Riedmatten, Frédéric Udry, Nicolas Peillon, Pierre Chartier, Inès Bedrani (Les Enfants du Canal), Pierre Hecart, Essie Assibu, Antoine Migzer, Caroline Barkhou, Françoise Lebas, Michael Pawlak, Véronika Abraham, Johann Pons, Julie Bluma, Frédéric Evequoz, Margherita Massafra, Ryadh Roublev, Véronique, Elysa et Tarik. Aux amis d'Antoine et à toutes les personnes qui ont été là pour lui quand il en avait besoin.

Enregistrements novembre 18-septembre 21 Texte, voix, prises de son et montage Etienne Karlen Réalisation, musique originale et mix Samuel Hirsch Illustration Ophélie Legrand Production ARTE Radio

Le souffle de Beyrouth
episodeUne histoire du Liban racontée par les sons

Rana Eid est sound designer et réalisatrice. Depuis près de 40 ans, elle enregistre les ambiances de Beyrouth, sa ville natale. Elle enregistre donc les sons de la guerre civile (1975-1990), la reconstruction, la guerre de 2006, la révolution civile de 2019, l’explosion du port le 4 août 2020 et enfin l’effondrement actuel du Liban. Aujourd'hui, elle commente ses propres archives sonores qui racontent son pays meurtri et une ville qui retient son souffle. Marine Vlahovic (Carnets de correspondante) a rencontré Rana Eid une première fois en 2014 avant de la retrouver quelques années plus tard. Un manifeste sensible sur l’importance du son dans nos mémoires. Ce documentaire est lauréat de l'appel à projets 2021 du ministère de la Culture.

Enregistrements juillet 2014, octobre 2021 Entretiens et montage Marine Vlahovic Réalisation Marine Vlahovic et Samuel Hirsch Mixage Samuel Hirsch Illustration Raphaelle Macaron Production ARTE Radio