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Les podcasts de l'éco à venir

Les podcasts de l'éco à venir

183 episodes — Page 3 of 4

S3 Ep 13L’Euro est-il une expérience unique dans l’histoire ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : L’Euro est-il une expérience unique dans l’histoire ? Tu ne penses pas qu’on a joué aux apprentis sorciers avec l’Euro ? En fait, il y a eu un certain nombre de précédents, même si, bien sûr, ils n’étaient pas exactement constitués comme l’Euro. On peut citer en particulier l’ « union monétaire latine » créée en 1865, à l’initiative de Napoléon III. Elle regroupait la France, la Belgique, l’Italie, et la Suisse, plus tard la Grèce rejoindra ces pays. L’idée était que chaque pays conservait sa monnaie mais que le taux de change contre or était fixe, et donc les parités entre monnaies étaient aussi fixes. Ce n’est pas une monnaie commune, c’est des changes fixes ? Oui effectivement, puisque chaque pays conservait sa monnaie. Et c’est là que le bât blesse : on peut toujours penser qu’un pays va finalement diverger et vouloir changer le taux de change. Et d’ailleurs c’est ce qui s’est passé. L’union monétaire n’a pas survécu à l’inflation galopante de l’après Première Guerre mondiale. Elle a été formellement dissoute en 1926. Pas d’exemple de monnaie commune pour plusieurs pays donc ? Si, un exemple est fourni par l’« Union économique belgo-luxembourgeoise » créée en 1922 entre la Belgique et le Luxembourg qui impose la parité entre le franc belge et le franc luxembourgeois. La banque centrale Luxembourgeoise, avant la création de l’Euro, ne faisait qu’entériner les décisions de la Banque de Belgique. L’ironie est qu’avec la création de l’Euro, la banque centrale du Luxembourg siège à la BCE et a donc retrouvé voix au chapitre ! Sans vouloir te vexer, cette union ne concerne que deux pays, rien à voir avec la taille de l’Euro ? Tout à fait ! Alors un autre exemple encore, le franc CFA. Il s’agit d’une monnaie commune utilisée par 14 pays africains au sein de deux zones monétaires avec un ancrage à l’Euro. Tu le vois, il existe bon nombre d’exemples dans l’histoire. Mais tu as raison, l’Euro est un exemple assez unique avec à l’origine 12 et maintenant 19 pays qui ont décidé de transférer à une autorité supranationale, un pouvoir national fondamental, celui de contrôler leur monnaie. Ensemble, ces pays représentent plus du dixième du PIB mondial, c’est énorme. Une expérience unique qui semble appelée à durer. L’Euro a pris la seconde place, derrière le dollar, des monnaies les plus utilisées dans le monde. Et la création de l’euro a permis l’émergence d’un marché d’obligations en euro qui est rapidement devenu le plus important du monde.

Dec 13, 20233 min

S3 Ep 12Pourquoi l’Euro ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : Pourquoi l’Euro ? D’un point de vue économique, peux-tu nous expliquer pourquoi une partie des pays européens ont créé l’Union économique et monétaire plus connue sous le nom de Zone euro ? J’imagine qu’il y a des avantages économiques. D’un point de vue économique, avoir une monnaie commune permet d’abaisser drastiquement les opérations de change entre pays. En effet, avec un taux de change complètement fixe, il y a moins d’incertitude sur les transactions entre entreprises. Une monnaie commune facilite ainsi les échanges commerciaux entre les pays de la Zone euro. Elle renforce également la transparence et l’homogénéité des prix au sein de la Zone euro. Ainsi les entreprises ont accès à un marché naturellement plus grand et plus stable et la Zone euro offre plus de choix et de facilités aux consommateurs. C’est donc un projet avant tout économique ? L’objectif économique est bien de contrer le coût des opérations de change, de lutter contre l’instabilité des monnaies nationales, de mettre en place une monnaie puissante pour contrecarrer le dollar et enfin de renforcer la compétitivité des entreprises européennes à l’international. Mais comme nous l’avons vu dans le podcast précédent, il y a également des inconvénients économiques à avoir une monnaie commune. De fait, les pays n’ont pas uniquement pesé le pour et le contre en termes économiques. La Zone euro est avant tout un projet politique dont l’ambition remonte aux années 1960. A l’époque la monnaie commune constituait une étape logique vers une intégration économique mais aussi politique plus forte. Le projet de la Zone euro va s’accélérer pour des raisons politiques après la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Ainsi, la création de la Zone euro est un long processus qui s’est préparé tout au long des années 1990. La mise en place d’une monnaie unique a eu des impacts concrets sur les Européens. Peux-tu nous en donner un exemple ? Imagine, avant l’Euro, un touriste parti avec 100 francs français, et qui faisait le tour de la Zone euro en visitant tous les pays les uns après les autres et en changeant ses économies dans chacun des pays visités. Il serait revenu en France avec 35 francs, même s’il n’avait rien dépensé ! Le reste serait passé en commissions de change. Alors qu’aujourd’hui, il n’y a plus de frais de change. Merci pour ces explications !

Dec 12, 20233 min

S3 Ep 11Pourquoi les pays de l’Union européenne n’ont-ils pas tous la même monnaie?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : Pourquoi les pays de l’Union européenne n’ont-ils pas tous la même monnaie ? Déjà il ne faut pas confondre Union européenne avec Zone euro. La Zone euro est plus restreinte que l’Union européenne. En effet, l’Union Européenne est constituée de 27 états membres depuis le départ de la Grande Bretagne. La Zone euro a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, et Portugal. Ces pays ont été rejoints progressivement par neuf autres pays dont la Croatie le 1er janvier 2023. Si seules une partie des pays de l’Union européenne sont dans la Zone euro, c’est qu’il y a donc des conditions pour y rentrer ? Il y a effectivement des conditions économiques qu’on appelle les « critères de convergence ». L’idée est d’éviter une zone trop disparate, trop hétérogène dans le domaine économique et social. C’est une vieille idée connue des économistes sous le nom barbare de « théorie des zones monétaires optimales ». L’idée est que plus des pays sont proches sur le plan économique, plus ils commercent ensemble, et plus ils gagnent à avoir une monnaie commune qui leur évite les problèmes de change. Des pays éloignés en revanche doivent conserver leur propre politique indépendante. Qui se ressemble s’assemble, c’est aussi pourquoi les critères économiques à remplir sont appelés « critères de convergence », il faut que le pays candidat ait suffisamment convergé vers le reste de la zone. D’accord, donc un pays qui n’a pas le même niveau de développement que celui de la Zone euro a intérêt à conserver des marges de manœuvre pour sa politique monétaire puisque son économie évolue différemment. Mais seul le critère économique compte ? Abandonner le contrôle de sa monnaie constitue une perte de souveraineté que certains pays ne sont pas prêts à accepter, d’autant qu’entrer dans la Zone euro s’accompagne de fortes contraintes économiques et réglementaires contraignantes pour garantir la stabilité financière de la zone. Ainsi, comme le Royaume-Uni avant eux, certains pays ne sont pas pressés de rentrer dans la Zone euro. La Hongrie, la Pologne ou la Suède n’ont pas de calendrier précis par exemple. Pour ces pays la décision est plus politique qu’économique. Et il ne faut pas attendre qu’ils adoptent la monnaie unique dans un avenir proche. Donc la Zone euro correspond à un niveau d’intégration supérieur à celle de l’Union européenne. Il faut accepter une monnaie commune avec ses avantages et ses contraintes.

Dec 11, 20233 min

S3 Ep 10La BCE a-t-elle maintenu la « stabilité des prix » ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : La BCE a-t-elle maintenu la « stabilité des prix » ? Pour la BCE, on parle souvent de l’objectif de stabilité des prix, mais dans les faits, les prix ne cessent d’augmenter. Pourquoi ? En effet, l’expression est un peu trompeuse. L’objectif principal de la Banque centrale européenne, la BCE, est défini par l’article 127 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce traité ne précise toutefois pas ce qu’il entend par l’expression « stabilité des prix ». La BCE a donc décidé d’adopter une cible d’inflation symétrique autour de 2 %. La BCE a ainsi choisi de cadrer la hausse des prix autour d’un niveau stable et modéré de 2 % d’augmentation par an. Pourquoi avoir choisi 2 % ? Une inflation trop basse, voire une déflation lorsque les prix baissent, crée des problèmes pour l’économie et conduit à des pertes de croissance. A l’inverse une inflation trop élevée détruit le pouvoir d’achat et perturbe les repères des prix. Elle peut conduire à une baisse de confiance dans la monnaie ou plus généralement le système monétaire. Le consensus des économistes est qu’une inflation de l’ordre de 2 à 3 % constitue un niveau ni trop bas, ni trop élevé. Même s’il n’y a pas de nombre magique, c’est d’ailleurs le chiffre qui a été retenu par de nombreuses banques centrales dans le monde. En 2022, l’inflation en Zone euro a atteint un plus haut historique à plus de 10 %. Très loin de cet objectif donc. La BCE a-t-elle décider d’abandonner cette règle ? La forte inflation de 2022 doit beaucoup à des phénomènes transitoires, notamment aux pénuries liées à la crise de la Covid, à la guerre en Ukraine. Le retour de l’inflation en Europe est donc très récent. Si on regarde l’évolution des prix depuis l’introduction de l’euro en 1999, on obtient une inflation moyenne de 1,5 % sur la période. On peut également remarquer que l’inflation n’avait jamais dépassé 3,5% entre 1999 et 2020. L’épisode actuel est donc une nouveauté pour la BCE qui a connu depuis sa création deux décennies d’inflation modérée. Donc malgré le rebond qui a suivi la crise sanitaire, la tendance de long terme est toujours à un niveau qui est compatible avec l’objectif de stabilité des prix de la BCE. Mais j’imagine toutefois que la tendance future de l’inflation va faire débat au moment où nous enregistrons ce podcast en 2023 : le régime d’inflation va peut-être changer avec une inflation structurellement plus élevée que les deux dernières décennies face aux risques climatiques et géopolitiques notamment.

Dec 7, 20233 min

S3 Ep 9Quel est le rôle de la Banque Centrale Européenne (BCE) ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : Quel est le rôle de la Banque Centrale Européenne (BCE) ? On dit souvent que le rôle principal de la Banque Centrale Européenne est de garder l’inflation autour de 2 % en moyenne. Comment s’y prend-elle ? La BCE dispose d’instruments de politique monétaire pour influencer l’économie et arriver à ses objectifs. L’instrument principal est le taux d’intérêt auquel elle prête aux banques à très court terme. En augmentant ce taux, elle fait monter tous les taux d’emprunt. En rendant le crédit plus cher, elle ralentit donc l’économie ce qui exerce in fine une pression à la baisse sur l’inflation. A l’inverse, des baisses de taux favorisent le crédit, l’investissement, la consommation, et donc stimulent l’activité, ce qui augmente les pressions inflationnistes. C’est le seul moyen qu’a la BCE pour ramener l’inflation autour de sa cible ? Non, il existe au moins un autre instrument qui est le « quantitative easing » soit « assouplissement quantitatif » en français. Cet outil est particulièrement utile en cas de crise de liquidité et en cas de risque de déflation alors que les taux sont déjà très faibles. En achetant des titres, la banque centrale soutient le prix des actifs et met de l’argent dans l’économie et les marchés financiers. Cela améliore les conditions de financement à court terme mais aussi à long terme, et stimule ainsi l’économie. Le risque est que l’argent injecté grâce à cette politique reste dans les marchés financiers et n’aille pas dans l’économie réelle. Dans ce cas, au lieu de stimuler l’inflation globale, cette politique augmente les prix des actifs financiers et immobiliers et risque de générer des bulles spéculatives. Mais j’avais compris que le « quantitative easing » avait surtout permis d’éviter une explosion de la Zone euro. Cela n’avait pas grand-chose à voir avec la déflation ? En effet, en 2008, il s’agissait avant tout d’assurer la stabilité financière de la Zone euro. Les banques des pays avec un excès de monnaie comme l’Allemagne, ne prêtaient plus aux banques des pays comme l’Italie, jugées moins sûres. Mais sans liquidités, les banques italiennes ne peuvent plus rendre l’argent à leurs clients s’ils veulent le retirer. Pour remplacer les banques allemandes, la BCE a directement donné de la liquidité aux banques italiennes par exemple, assurant leur stabilité. En outre, en achetant la dette publique, elle a aussi fait baisser le taux d’intérêt sur la dette, rendant les charges d’intérêt des Etats plus soutenable. Mais la BCE a également une fonction fondamentale de régulateur et de superviseur du système bancaire et financier européen afin de prévenir les problèmes en amont. Mieux vaut prévenir que guérir ! Elle publie d’ailleurs régulièrement une « revue de la stabilité financière ». On le voit, le rôle de la BCE est complexe et les crises déjà traversée par la BCE ont été nombreuses depuis sa création. Mais on peut dire que le taux d’intérêt est son instrument principal, auquel il faut ajouter les politiques quantitatives d’injection de liquidité dans le système économique et financier à court et long terme.

Dec 5, 20233 min

S3 Ep 8La création de l’euro a-t-elle été inflationniste ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : La création de l’euro a-t-elle eu une conséquence inflationniste ? Difficile de répondre à cette question car on ne dispose pas de chiffres pour la zone Euro avant 1999 puisque ladite zone n’existait pas. On pourrait reconstruire des données à partir des pays membres. Qu’en est-il si on compare à la période précédant l’introduction de la monnaie unique? Si on prend l’exemple de la plus grande économie européenne, l’Allemagne, l’inflation a été en moyenne de 3,0 % par an entre 1955 et l’introduction de l’euro en 1999. Presque le double donc de l’inflation enregistrée depuis 1999 jusqu’à l’enregistrement de ce podcast en 2023. Dans le cas français le contraste est encore plus saisissant. L’inflation française, depuis l’introduction de l’Euro, est de 1,9 % en moyenne par an alors qu’elle a été de 5,6 % entre 1958 et 1998. En fait, il y a plutôt moins d’inflation depuis la création de l’Euro ? En effet, à la suite de la crise financière de 2007-2008 l’inflation est tombée à des niveaux bas, proches de zéro et le risque de déflation était important. Le risque n’était pas celui d’un Euro inflationniste mais déflationniste. Débat qui a fait couler beaucoup d’encre … et qui semble un peu ironique lorsque l’on voit les chiffres de 2022 où l’inflation est redevenue très forte. Les prochaines années modifieront peut-être notre lecture de l’impact de l’Euro sur l’inflation. Et qu’en est-il du moment où on est passé du franc à l’Euro ? N’y a-t-il pas eu des abus ? Les analyses économiques ont montré que l’impact à la hausse sur les prix du passage à l’Euro est de l’ordre de 0,3% de hausse de prix en 2002. Il s’agit d’un impact limité, même si certains prix ont pu augmenter plus sensiblement, notamment à cause des arrondis. Lorsqu’on fait le bilan il est bien préférable de regarder l’histoire longue, sur plusieurs décennies. Avec cette optique, et lorsqu’on regarde la période où l’Euro a été notre monnaie, bientôt un quart de siècle, l’inflation est restée très modérée voire plus faible que l’objectif fixé par la BCE. Reste à savoir si cela est dû uniquement à la BCE ou à un régime d’inflation faible… et il faudra encore attendre longtemps avant d’avoir la réponse. C’est un sujet pour un autre podcast !

Dec 4, 20233 min

S3 Ep 7Le droit européen est-il supérieur au droit national ?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : Le droit européen est-il supérieur au droit national ? Durant la campagne présidentielle de 2022, nous avons entendu certains candidats vouloir rendre le droit national supérieur au droit européen. Néanmoins, le droit européen est-il réellement supérieur au droit national ? En effet, le droit européen est supérieur au droit national, y compris à la Constitution. De plus, un arrêt de la cour de justice européenne contraint les Etats membres. Le droit européen est également considéré comme supérieur car il est émis par les institutions européennes qui ont un pouvoir législatif supérieur à celui des parlements nationaux. Cela signifie que les décisions prises par les institutions européennes sont plus difficiles à remettre en cause et ont une plus grande portée que les décisions prises à l’échelle nationale. Et quelle est la raison pour laquelle le droit européen est supérieur au droit français ? Des raisons économiques et de bonne entente entre les états membres justifient cette primauté du droit européen. Des raisons économiques d’une part car les lois européennes permettent de définir le droit du travail européen, et donc permettent la libre circulation des individus au sein de l’union européenne. Elles offrent une plus grande cohérence et une plus grande uniformité dans la réglementation commerciale et économique au sein de l’Union européenne. D’autre part, des raisons de bonne entente entre les états membres justifient également cette primauté. En effet, la mise en place de règles communes supérieures au droit national permet une plus grande solidarité entre les états membres et donc une diminution des tensions. Pourquoi cette primauté du droit européen fait parfois débat ? Effectivement, certains responsables politiques s’opposent à cette primauté du droit européen. Ils avancent deux arguments principaux. D’abord, pour eux, la primauté du droit européen remet en question la souveraineté des états membres. De plus, ils considèrent que les états membres ne peuvent plus adopter de politiques et de lois qui répondent à leurs besoins nationaux uniques. Donc, pour résumer, le droit européen est supérieur au droit national. Cette primauté du droit européen permet, d’une part, d’uniformiser les politiques économiques des états membres et, d’autre part, d’apaiser les tensions entre pays européens. Néanmoins, cette primauté du droit européen fait toujours débat.

Nov 30, 20232 min

S1 Ep 6Qu’est-ce que le Parlement européen ?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe  J’aimerais savoir : Qu’est-ce que le Parlement européen ? Si l’on continue l’analogie avec les institutions d’un pays démocratique, nous mentionnions que le Parlement européen représentait le pouvoir législatif. Est-ce que tu peux développer ? Effectivement, le Parlement joue un rôle législatif important dans l’Union européenne en co-légiférant avec le Conseil de l’Union européenne. Il examine, modifie et vote les propositions de loi de la Commission européenne. Il peut également en initier. On parle de co-légiférer car, dans la grande majorité des cas, une fois adoptées par le Parlement européen, les lois doivent également être approuvées par le Conseil de l’Union européenne. Et donc le pouvoir du Parlement est un pouvoir partagé avec le Conseil de l’UE ? Est-ce le seul rôle du Parlement ? Pas seulement, le Parlement a beaucoup d’autres rôles.  Il détermine le budget de l’Union européenne en collaboration avec le Conseil. Il supervise les travaux de la Commission européenne et des autres organes de l’Union européenne. Il élit le président de la Commission européenne et joue un rôle clé dans l’examen des candidatures des Commissaires. Il collabore également avec les parlements nationaux des États membres. Concrètement, comment le Parlement européen fonctionne- t-il ? Le Parlement européen est l’une des principales institutions de l’Union européenne. Composé de 705 députés, il est le seul organe de l’UE directement élu par les citoyens, renouvelé tous les cinq ans. Le Parlement européen est divisé en sept groupes politiques, chacun représentant une orientation politique différente. Le travail quotidien des députés européens est semblable à celui des députés nationaux, entre tâches pour leur circonscription, débats et votes en séance plénière, travaux au sein des commissions et débats au sein de leur groupe politique. Donc, pour conclure sur le sujet du Parlement européen, en tant que voix du peuple, il vote les lois en coordination avec le Conseil de l’Union européenne qui représente les gouvernements. Il prend aussi des décisions sur le fonctionnement de l’Union européenne, par exemple sur son budget. Il a aussi un rôle de contrôle de la Commission européenne.

Nov 28, 20232 min

S3 Ep 5Qu’est-ce que le Conseil de l’Union Européenne ?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : Qu’est-ce que le Conseil de l’Union Européenne ? En faisant l’analogie avec les institutions d’un pays démocratique, le Conseil de l’Union européenne peut-il être un équivalent du conseil des ministres ? Oui, le Conseil de l’Union européenne est composé des ministres des États membres. Il a pour mission de prendre les décisions politiques de l’Union. Il est généralement responsable de l’adoption de législations et de la mise en œuvre de politiques de l’UE en collaboration avec le Parlement européen dont nous parlerons en détail au prochain podcast. Il joue également un rôle important dans la coordination des politiques nationales des États membres. En quelque sorte, il représente les gouvernements des Etats membres de l’UE alors que le Parlement représente les citoyens. Qui siège au Conseil de l’Union européenne et comment est-il présidé ? Le Conseil de l’Union européenne est composé des ministres des États membres qui sont pertinents pour le sujet en discussion. Par exemple, si le Conseil se réunit pour discuter de la politique agricole, les ministres de l’agriculture des États membres siègeront. Le Conseil est présidé par un président élu pour une période de 6 mois. Comment les décisions sont-elles adoptées ? Les décisions au sein du Conseil de l’Union européenne sont généralement adoptées à l’unanimité ou à la majorité qualifiée. Certains types de décisions, comme celles relatives à la politique étrangère et de sécurité commune par exemple, doivent être adoptées à l’unanimité. La majorité qualifiée nécessite quant à elle l’approbation de 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l’Union. Enfin, dans certaines situations, le Conseil peut adopter des décisions à la majorité simple, c’est à dire un vote favorable de 14 Etats membres.  D’accord, pour résumer, le Conseil de l’Union européenne représente les gouvernements des Etats membres. Il est à la fois un organe exécutif et législatif. Il décide des actes législatifs et budgétaires et il partage sa compétence législative avec le Parlement européen.

Nov 27, 20232 min

S1 Ep 4Qu’est-ce que le Conseil européen ?

Voix : Lea Dauphas et Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : Qu’est-ce que le Conseil européen ?  Le Conseil européen réunit l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Peux-tu nous en dire davantage ? C’est l’instance de pilotage politique de l’Union européenne, l’endroit où se prennent les décisions et les orientations stratégiques pour l’Union. On peut citer la réforme des traités, le financement du budget européen, les positions de l’Europe sur la scène internationale ou encore des orientations économiques. En temps normal, il se réunit tous les trimestres. À sa tête, il y a un président qui est nommé par les chefs d’État et de gouvernement. Quelle est la différence avec le Conseil de l’Union européenne ? C’est vrai qu’on a parfois tendance à confondre les deux, mais ils sont très différents. Le Conseil européen, comme je le disais, ce sont les chefs d’État, le Conseil de l’Union européenne réunit des ministres dans des filières qui correspondent à des politiques publiques données, l’économie, l’agriculture, l’environnement par exemple. Ils débattent et adoptent des textes législatifs proposés par la Commission européenne.  Mais alors, à quoi sert le conseil européen au sein des institutions européennes ? Le conseil européen a un rôle essentiel en termes d’impulsion politique. Il peut par exemple mandater la commission européenne en lui demandant de faire des propositions législatives. Il permet aussi d’accélérer les décisions européennes en situation de crise, et joue un rôle d’arbitre en cas de blocage. On a pu le voir par exemple dans le cadre de la crise Covid. Seul le Conseil européen avait la légitimité politique de décider du plan de relance massif de 750 milliards d’euros, et de le financer en partie par l’endettement commun. Donc si je résume, c’est le Conseil européen qui prend les décisions et les orientations stratégiques pour l’Union européenne.

Nov 24, 20232 min

S3 Ep 3Quel est le rôle de la Commission européenne ?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : Quel est le rôle de la Commission européenne ? Comme nous l’avons vu dans le précédent podcast, la Commission européenne exerce le pouvoir exécutif de l’Union européenne. En cela, elle possède de nombreuses similitudes avec les gouvernements nationaux. En effet, elle est organisée autour d’un Président de la Commission qui a une fonction de chef d’orchestre que l’on pourrait comparer au rôle du Premier Ministre en France. Le Président dirige les 27 Commissaires, un par pays. Chacun dispose d’un portefeuille. Comment sont-ils désignés ? Le président de la Commission, qui a un mandat de cinq ans, est désigné par le sommet des chefs d’État et de gouvernement des Etats membres. Ce sommet porte d’ailleurs le nom de « Conseil européen ». Puis le choix est entériné par le Parlement européen. Le Président nomme alors les 27 commissaires, soit comme nous venons de le dire un par Etat membre, sur proposition des chefs d’Etats ou de gouvernement de ces mêmes Etats. Les commissaires européens sont donc des Ministres en quelque sorte. Les fonctions les plus importantes sont : budget et administration, économie, marché intérieur, concurrence, agriculture, etc… Mais au-delà de l’organisation, quel est le rôle de la Commission plus concrètement ? Les dispositions de l’article 211 du Traité de Rome signé en 1957 donnent trois rôles principaux à la Commission : tout d’abord un rôle de gardienne des traités, avec la possibilité de saisie du pouvoir judiciaire, ensuite un rôle d’initiative législative en proposant des lois. Elle a donc un pouvoir législatif. Enfin, elle a un pouvoir exécutif en mettant en œuvre les politiques communautaires. Notons bien que cette liste n’est pas exhaustive puisque la Commission est aussi en charge, par exemple, de la négociation des accords de commerce et d’association avec les Etats qui ne sont pas membres de l’UE. En résumé, la Commission européenne a une fonction exécutive au sein de l’UE dans des domaines comme le budget, l’économie, l’agriculture, etc. Beaucoup de responsabilité au final avec des décisions importantes sur la vie des Européens !

Nov 22, 20232 min

S3 Ep 2Quelles sont les institutions européennes?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : Quelles sont les institutions européennes ? Pour aborder ce sujet, partons de l’analogie avec les institutions d’un pays démocratique. Il existe trois pouvoirs : l’exécutif, détenu par le gouvernement, le législatif détenu par les assemblées et le pouvoir judiciaire. Commençons donc par le pouvoir exécutif, l’Union européenne a-t-elle un gouvernement ? En quelque sorte oui. Le pouvoir exécutif est détenu par la Commission européenne. Son président est élu par le Conseil européen pour un mandat de cinq ans puis entériné par le Parlement européen. Le Conseil européen est le sommet des chefs d’État et de gouvernement des Etats membres. Il a un rôle co-exécutif avec la Commission. Le Conseil européen nomme également 27 commissaires, un par pays membre. Le pouvoir exécutif est donc partagé entre des Commissaires qui travaillent pour la Commission et un forum qui regroupe les chefs d’Etats de tous les pays membres. L’organisation de l’exécutif européen est donc analogue à celle de gouvernements nationaux avec un chef de l’Etat, c’est-à-dire le Conseil, et un gouvernement, qui est ici la Commission. Et le pouvoir législatif, c’est le Parlement je suppose ? Oui, tout simplement. Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement européen dont les membres sont élus dans chacun des Etats membres tous les cinq ans. Le parlement vote en particulier le budget de l’Union. Comme dans le cas du pouvoir exécutif, l’instance européenne est secondée par une représentation des Etats membres : le Conseil de l’Union européenne composé des ministres des Etats membres qui, selon leur portefeuille, représentent donc leurs gouvernements respectifs. On finit avec le pouvoir judiciaire ? Le pouvoir judiciaire est détenu par la Cour de justice Européenne qui est garante du respect de la législation européenne et veille aussi à la conformité de son interprétation. La CJE regroupe trois juridictions : la Cour de justice, le Tribunal et le Tribunal de la fonction publique. C’est très clair. Les trois institutions européennes principales sont la Commission pour l’exécutif, le Parlement pour le pouvoir législatif et la Cour de justice européenne pour le pouvoir judiciaire. Bien sûr, il existe beaucoup d’autres institutions européennes d’importance diverse, comme la Banque centrale européenne. Mais nous y reviendrons dans de prochains podcasts !

Nov 21, 2023

S3 Ep 1Comment l’Union européenne a commencé?

Voix : Léa Dauphas et Jean-Baptiste Pethe J’aimerais savoir : Comment l’Union européenne a-t-elle commencé ? Après la seconde guerre mondiale, on observe la création de nombreuses institutions pour promouvoir la paix et favoriser le développement économique en Europe de l’Ouest. Mais l’Union européenne n’est pas encore née. En effet, l’ancêtre de l’UE est la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), qui regroupait six pays : la République Fédérale d’Allemagne, la France, l’Italie et les trois pays du Benelux, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. L’objectif officiellement affiché est de « soutenir massivement les industries européennes du charbon et de l’acier ». Toutefois l’idée était de mettre sous administration internationale les deux secteurs essentiels à l’industrie de guerre et donc de créer une paix stable entre la France et l’Allemagne. Et la CECA a donné lieu à la création de l’Union européenne ? Quasiment, même s’il y a eu des évolutions entre temps : en 1957 ces mêmes six pays signent le Traité de Rome qui instaure la « Communauté économique européenne » avec une coopération économique beaucoup plus large. Depuis les compétences de ce qui est devenu l’« Union Européenne » en 1993 n’ont cessé de progresser, entre autres sur le plan économique, juridique et diplomatique. Quel est le résultat et la raison d’être actuelle de l’Union ? Au sein de l’Union, depuis 1986, a été mis en place la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux. Cela semble tellement évident maintenant. La réglementation européenne, si elle est souvent critiquée, est considérablement plus simple qu’une situation où chacun des 27 états fixerait ses propres normes, lois ou réglementation. Vis-à-vis de l’extérieur, l’Union a su également créer une force de négociation et d’influence plus forte d’un point de vue économique. C’est le cas par exemple pour les accords commerciaux. D’accord, donc si je résume : initié sur l’idée de pérenniser la paix, la raison d’être de l’Union Européenne est aussi devenue la volonté de créer un espace commun de taille respectable dans un monde globalisé.

Nov 20, 2023

S2 Ep 33Quels sont les 4 régimes des cycles de long terme ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy Quels sont les 4 régimes des cycles de long terme ? Nous avions vu dans un précédent podcast que les cycles de long terme dépendent des cycles d’endettement et prennent naissance dans les grandes vagues d’innovation disruptives comme la machine à vapeur ou le développement de l’économie pétrolière dans l’après-guerre. Les 4 phases des cycles longs sont caractérisées par des régimes d’inflation et de croissance. Et si on rentrait dans les détails ? Les phases des cycles longs sont en effet caractérisés avant tout par des régimes d’inflation et de croissance. Dans la phase initiale du cycle, la croissance est forte et l’inflation croit au cours de cette phase. Il s’agit généralement d’une période prospère, comme les 30 glorieuses ou les années folles, les années 1920. La demande est très dynamique. Mais à cause d’une demande structurelle trop forte et d’un cycle d’innovation qui devient mature, cette phase de prospérité conduit à une crise stagflationniste où l’inflation est forte et la croissance est faible. Par exemple, le régime déflationniste de 1966 à 1981, période émaillée de chocs pétroliers. Ces deux premières phases se finissent mal, mais est-ce la fin du cycle de long terme ? Non, en effet ! La crise stagflationniste marque l’apogée du cycle d’inflation. La seconde partie du cycle de long terme va être définie par une baisse de l’inflation. Ainsi la troisième phase est un régime d’inflation en baisse mais de croissance économique qui redevient forte sous l’effet de l’endettement. Par exemple la période de 1981 à 2002. Le cycle se termine avec une quatrième phase, dite déflationniste, où la croissance et l’inflation sont faibles. Cette dernière phase est émaillée de crises financières et bancaires. Nous y sommes rentrés en 2002 et nous sommes sans doute à quelques années d’en sortir pour entamer un nouveau cycle de long terme. Donc en résumé, la partie ascendante du cycle de long terme se compose de deux phases : une première avec une croissance forte et une inflation en hausse, et une seconde phase dite stagflationniste avec une croissance faible et une inflation forte. La partie descendante du cycle se compose elle encore de deux phases : une première période de croissance forte combinée à une baisse de l’inflation, et une dernière phase déflationniste avec à la fois une croissance faible et une inflation faible. Chacune de ces parties se concluent par une phase de crise inflationniste ou déflationniste. Pour aller plus loin, n’hésitez pas à aller sur notre site internet !

Nov 16, 2023

S2 Ep 32Pourquoi parle-t-on de mini-cycles ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy Pourquoi parle-t-on de mini-cycles ? Je regardais un article financier qui expliquait qu’un mini-cycle soutenait l’appétit pour le risque. Mais au fond, est-ce que tu pourrais expliquer ce qu’est un mini-cycle ? C’est une notion qui n’est pas forcément très répandue ! En effet, un mini-cycle n’est pas forcément d’un grand intérêt d’analyse en dehors des experts en conjoncture et des marchés financiers. Nous avons vu que le cycle des affaires dépendait des variations de l’investissement des entreprises. Le mini-cycle dépend des variations de stocks des entreprises. Ces variations de stocks peuvent être brutales. Par exemple, une entreprise ayant trop stocké, va soudainement vouloir déstocker avant de produire, ralentissant momentanément l’activité économique. Au contraire, une pénurie soudaine va forcer les entreprises à accélérer la production. Ces mouvements de stockage et déstockage vont avoir un impact temporaire mais visible sur l’activité économique. On sent que c’est un concept assez avancé et utile pour des cas très précis. Et on l’appelle mini-cycle parce qu’il est très petit ? Il est en effet faible en durée et en amplitude, car il ne provoque pas une récession par exemple, mais suffisamment visible pour faire bouger les indicateurs économiques à court terme. Par contre, il s’agit du plus petit cycle en durée parmi tous les cycles économiques, de l’ordre de 6 à 24 mois. Donc un mini-cycle dure quelques mois à quelques trimestres, et est dû aux erreurs de prévision des entreprises qui vont trop ou pas assez stocker. Si c’est le plus petit des cycles économiques, cela va être intéressant de parler des plus grands cycles économiques au prochain podcast !

Nov 14, 20232 min

S2 Ep 31Quel est le lien entre cycle des affaires et cycle de la productivité ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy Quel est le lien entre cycle des affaires et cycle de la productivité ? La productivité d’un pays étant définie comme le rapport du PIB par rapport à l’emploi, on peut s’interroger sur le lien entre croissance et emploi. Est-ce que plus de croissance crée davantage d’emploi ou plus d’emplois crée davantage de croissance ? En tendance, on peut dire que les deux sont liés. Croissance et emplois vont généralement de pair à long terme. Mais sur quelques mois, la relation entre croissance et emplois n’est pas forcément vérifiée. En effet, si les entreprises font face à un ralentissement économique, elles ne vont pas forcément licencier immédiatement leurs salariés si elles pensent que ce ralentissement est temporaire. En outre, la réglementation du marché du travail peut ralentir les processus de licenciement. Au contraire quand l’activité économique reprend, les entreprises n’embauchent pas forcément tout de suite, mais attendent de remplir leur carnet de commande de manière durable. C’est donc pour cela qu’on a un cycle de la productivité. Quand l’économie entre en récession, le PIB se contracte sans pour autant que l’emploi baisse tout de suite, donc la productivité du travail s’effondre. Au contraire, en phase de reprise économique, le PIB augmente alors que l’emploi reste stable, voire continue à baisser, donc la productivité explose à la hausse. C’est pour cela que les variations de productivité sont très importantes autour des retournements et des reprises économiques. Plus la vitesse d’ajustement du marché du travail est rapide, moins le cycle de productivité est marqué. Au contraire, plus l’emploi met du temps à s’ajuster à des changements d’activité économique, plus l’amplitude du cycle de productivité est marquée. Finalement, étudier le cycle de productivité peut permettre de mieux comprendre les points de retournement économique ou de changement du marché du travail. Ce n’est donc pas qu’un outil théorique, mais c’est utilisé concrètement pour étudier le cycle économique.

Nov 13, 20232 min

S2 Ep 30Les cycles des affaires sont-ils tous identiques ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : les cycles des affaires sont-ils tous identiques ? Les cycles économiques peuvent se concevoir comme une succession de périodes de croissance, dites phases d’expansion, et de baisse d’activité économique (on parle alors de récession). Est-ce que ces 2 phases sont le miroir l’une de l’autre ? Non, elles ont des caractéristiques propres, notamment en durée et en sévérité ! Les périodes d’expansion sont généralement beaucoup plus longues, ce qui fait qu’en moyenne les pays connaissent un développement économique. Par exemple en France, si on regarde ce qu’on appelle le cycle des affaires, la durée moyenne d’une expansion est de presque 10 ans contre environ un an pour une récession. D’autre part, les périodes de récession ne sont pas toujours d’amplitude égale. Le premier choc pétrolier en 1973 suite à la guerre du Kippour, la crise financière de 2007 ou la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 ont débouché sur des récessions de grande ampleur. D’autres récessions, telle que l’éclatement de la bulle internet en 2001, ont eu par contre des effets beaucoup plus limités sur l’activité économique. Y a-t-il d’autres différences que la durée ou la sévérité ? Les périodes d’expansion ou de récession diffèrent aussi par leur impact sur l’économie. Selon la nature du choc, et selon les conditions économiques et sociales au moment où ce choc se produit, les conséquences en termes de production, de revenu et d’emploi sont plus ou moins importantes. Peut-on prévoir les récessions ? Hélas, c’est très difficile, notamment parce qu’elles sont souvent provoquées par des chocs imprévisibles et de différentes natures tels qu’une guerre ou le Covid-19. Toutefois, même si le calendrier et la nature de la récession sont très compliqués à anticiper, les économistes peuvent surveiller les déséquilibres économiques et financiers, tels que l’apparition d’une bulle immobilière par exemple, afin d’évaluer les probabilités d’une récession pour l’avenir. Si je résume, les cycles varient en termes de durée et d’amplitude. Au sein du cycle la récession est généralement plus courte mais également plus violente. Il est très difficile de prévoir précisément quand les récessions arrivent, même si on sait qu’elles arriveront un jour.

Nov 9, 20232 min

S2 Ep 29Quels sont les différents types de cycles ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy  J’aimerais savoir : quels sont les différents types de cycles ? Dans un précédent podcast, on expliquait qu’il existe une multitude de cycles économiques. Combien de cycles économiques différents peut-on définir plus précisément ? En fait, on peut en définir 2 principaux. Le plus connu est le cycle des affaires qui dure en moyenne 7 à 10 ans. Il est dû aux variations des flux d’investissement des entreprises. Pendant l’expansion, l’investissement est fort et la récession correspond à l’effondrement de l’investissement des entreprises, même si les causes ne sont pas toutes identiques. Et l’autre cycle principal ? Le plus long cycle principal a été défini par Kondratief. Ce sont des cycles de long terme dont la durée correspond grosso modo à l’espérance de vie, donc ce sont des cycles de plusieurs décennies. Les phases correspondent à des régimes d’inflation et de croissance. Si l’investissement est l’élément clé du cycle des affaires, l’endettement est celui des cycles longs. Pendant la phase d’expansion, la dette privée croît et nourrit un long cycle de croissance. Au contraire, la phase de récession correspond à la correction d’une situation de surendettement et est émaillée de crises financières et bancaires. Ces cycles sont généralement aussi associés aux grandes vagues d’innovation disruptives comme la machine à vapeur ou le développement de l’économie pétrolière dans l’après-guerre. Donc un cycle basé sur les flux d’investissement, et un autre sur les stocks de dette. Avec ces deux cycles on peut donc comprendre une grande partie des fluctuations économiques ? Oui, mais il y a d’autres cycles qui peuvent affiner le diagnostic. Par exemple, le plus petit cycle, qu’on peut appeler mini-cycle peut durer 6 mois à un ou deux ans et correspond à des cycles de stockage et déstockage des entreprises. La variation de ces mini-cycles est bien moindre que celle du cycle des affaires par exemple, mais elle peut être utiliser pour affiner les prévisions économiques à très court terme. Si je résume, on distingue plusieurs cycles économiques principaux. Le plus long dure des décennies et est créé par des cycles longs d’innovation, de dette et de population. Le cycle le plus connu est le cycle des affaires, dépendant des fluctuations de l’investissement des entreprises. On observe également des mini-cycles de quelques mois créés par les variations de stock des entreprises.

Nov 8, 20232 min

S2 Ep 28Quelles sont les différentes phases des cycles économiques ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir, quelles sont les différentes phases des cycles économiques ? Dans un précédent podcast, nous avons vu d’où venaient les cycles économiques. Peut-on mieux les décrire à présent ? Les cycles économiques sont en effet composés de quatre phases. La première phase du cycle économique est la reprise où la situation économique s’améliore progressivement après des moments difficiles. S’ensuit une phase d’expansion où la croissance économique est forte et continue. Cette expansion se termine par une crise après un choc négatif imprévu : c’est la troisième phase du cycle qui aboutit à la dernière phase, la récession. Durant la récession, l’activité se contracte, avant qu’un nouveau cycle économique ne prenne forme à partir d’une reprise. Je comprends ces quatre phases, mais bien souvent, on ne parle que d’expansion et de récession, donc de deux phases… Si certains ne parlent que des phases d’expansion et de récession, c’est parce que ce sont les phases principales des cycles, qui durent le plus et sont donc le plus observables. C’est un peu comme le cycle de la vie : la naissance et la mort sont très rapides, alors que la jeunesse et le vieillissement durent longtemps. On peut donc considérer le cycle sous ses deux phases longues ou en prenant en compte les points de retournement ou de rupture. La reprise et la crise sont très courtes par rapport à la récession et surtout l’expansion. D’accord, donc quatre phases pour un cycle économique, mais j’ai entendu dire qu’il y avait plusieurs cycles économiques : le nom des phases est-il toujours le même ? Il y a en effet différents cycles économiques, certains très courts et d’autres très longs. Nous y revenons en détail dans le prochain podcast, mais même si on a parfois des termes particuliers pour caractériser les phases de certains cycles économiques, les phases de reprise, expansion, crise et récession s’applique toujours en règle générale. Si je résume, on distingue 4 phases dans un cycle économique : la reprise, l’expansion, la crise et la récession. Les phases de fin de cycle sont généralement plus courtes que les phases de reprise et surtout d’expansion.

Nov 7, 20232 min

S2 Ep 27Pourquoi l’activité économique est-elle cyclique ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : pourquoi l’activité économique est-elle cyclique ? Le terme cycle illustre un mouvement qui revient en cercle ou en boucle. On parle souvent du cycle de la vie, du cycle alimentaire, mais pourquoi parle-t-on de cycles économiques ? Il existe  un grand nombre de cycles économiques, qui vont se différencier selon leurs durées notamment. Mais sans rentrer dans le détail, l’économie est intrinsèquement cyclique car l’avenir est incertain. Si on pouvait prévoir l’avenir avec certitude, une entreprise pourrait par exemple planifier exactement sa production sans craindre de ne pas pouvoir fournir la demande ou au contraire de trop produire. L’incertitude conduit donc à des erreurs sur l’avenir qui vont par exemple forcer les entreprises à réviser brutalement leur plan de production. Ces erreurs, en se répétant, créent les cycles économiques. En quelque sorte, il y a des périodes où nous sommes trop optimistes et d’autres où nous devenons soudainement trop pessimistes, et nous répétons ces erreurs régulièrement ? Tout à fait ! Quand l’activité économique croît fortement pendant plusieurs années, tout le monde suppose que cela va continuer. Cela renforce davantage l’optimisme, jusqu’au moment où un choc imprévu affecte négativement l’économie et conduit tout le monde à réaliser qu’il faut réduire ses dépenses. C’est pour cela qu’il y a souvent une longue phase d’expansion économique suivie de phases de corrections brutales. Mais ne peut-on pas réguler ces cycles pour éviter des ajustements trop brutaux, ou en d’autres termes, une économie trop cyclique ? Les banques centrales et les administrations publiques vont essayer d’atténuer l’amplitude des cycles économiques. Mais elles sont elles-mêmes sujettes à des erreurs de prévision. Elles peuvent par exemple soutenir trop longtemps et fortement l’économie pendant la correction économique et conduire à amplifier les déséquilibres pendant la phase d’expansion. D’ailleurs si elles régulaient si bien les cycles, ces derniers n’existeraient plus… Ce qui n’est pas le cas ! J’ai hâte du prochain podcast pour détailler davantage le cycle économique !

Nov 6, 20232 min

S2 Ep 26Y a-t-il convergence économique entre pays ?

Voix : Léa Dauphas et Jacky Isabello Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : les pays convergent-ils dans le domaine économique ? Peut-être avant de répondre à la question, est-ce qu’on peut la préciser : en particulier, que veut dire « convergence économique » ? En effet, il y a théoriquement plusieurs concepts de convergence. Disons que pour faire simple, le concept de convergence économique le plus intuitif et le plus étudié est celui de la convergence des niveaux de vie. Pour étudier cette convergence, les économistes vont par exemple regarder le PIB par habitant. Et que disent les données ? Y a-t-il convergence entre les niveaux de vie des pays ? Oui et non. On observe que le niveau de vie de certains pays converge bien vers celui des pays les plus avancés. Par exemple, beaucoup de pays asiatiques sont aujourd’hui des pays avec des niveaux de vie de pays développés. En revanche, on observe également que le niveau de vie de certains pays ne converge pas vers celui des pays développés, ou alors très lentement. On peut notamment citer beaucoup de pays africains. Comment expliquer que certains pays convergent économiquement, en l’occurrence vers les pays au niveau de vie le plus élevé dans ton exemple et que d’autres n’y arrivent pas ? Il y a beaucoup de théories mais c’est très difficile d’expliquer la convergence ou l’absence de convergence avec un seul facteur. Ceci étant dit, un des facteurs importants semble être la qualité des institutions. Les institutions inclusives, qui permettent au plus grand nombre de réussir économiquement, sont plus favorables à la croissance que les institutions qui ne profitent qu’à un petit nombre. On peut voir la différence entre les niveaux de vie de la Corée du Nord et de la Corée du Sud pour l’illustrer. Plus généralement, les différences de niveau de vie peuvent s’expliquer par des différences d’épargne, d’investissement dans l’éducation ou dans les infrastructures, mais aussi par la position géographique des pays, plus ou moins connectés aux zones économiques les plus dynamiques. Si je résume, il n’y a pas convergence automatique des niveaux de vie entre pays. Un des facteurs qui permet d’expliquer le rattrapage d’une économie est le caractère inclusif de ses institutions. Mais d’autres facteurs comme l’investissement dans l’éducation et les infrastructures jouent également un rôle important.

Oct 20, 20232 min

S2 Ep 25Croissance signifie-t-elle augmentation du niveau de vie ?

Voix : Léa Dauphas et Jacky Isabello Texte : Julien Pouget J’aimerais savoir : la croissance rime-t-elle avec augmentation du niveau de vie ? La croissance, a priori c’est plus de richesses produites, et donc un niveau de vie qui s’élève, n’est-ce pas ? Oui il y a bien un lien direct entre la croissance et le niveau de vie. La croissance, c’est l’augmentation de la production de biens et services. Cela signifie aussi, en général, davantage d’emplois et de revenus d’activité, et donc un niveau de vie qui s’améliore. Mais il peut tout de même y avoir quelques nuances à apporter à cette affirmation ! C’est-à-dire ? Penses-tu par exemple aux questions de répartition, au fait que la croissance ne profite pas forcément à tout le monde ? Tout à fait ! Comptablement, le PIB c’est la somme des revenus distribués dans l’économie : la rémunération des salariés, les profits des entreprises, ainsi que les impôts sur la production et les importations, corrigés des subventions reversées. Au cours du temps, le partage entre ces composantes peut évoluer. Une hausse des profits ou des salaires ne profite pas à tous de la même manière. Et par ailleurs, derrière le chiffre agrégé du PIB ou de la progression globale du pouvoir d’achat, il peut y avoir beaucoup de disparités au niveau individuel. Par exemple, on peut avoir une rémunération des salariés en hausse, mais qui profite à peu d’entre eux. Et que se passe-t-il quand les prix de nos importations sont très élevés ? C’est une perte de pouvoir d’achat global, n’est-ce pas ? Quand le prix de ce que nous importons augmente plus que le prix de nos exportations, on dit que les termes de l’échange se détériorent. En effet, on importe des produits plus chers, ce qui nous coûte, alors que les revenus des exportations ne suivent pas cette hausse. Par exemple, si le prix du pétrole augmente et qu’on doit l’importer, le niveau de vie baisse si la valeur des exportations ne suit pas. Dès lors, la variation de pouvoir d’achat de la Nation est en effet plus faible que ce que suggère la croissance. Donc si je résume, en général, plus la croissance est forte, plus le niveau de vie général augmente. Mais tout le monde ne bénéficie pas de l’augmentation du niveau de vie, et surtout, d’autres paramètres comme les termes de l’échange sont à prendre en compte pour faire un lien entre PIB et niveau de vie.

Oct 19, 20232 min

S2 Ep 24Y a-t-il un lien entre croissance et inégalités ?

Voix : Léa Dauphas et Jacky Isabello Texte : Ana Boata J’aimerais savoir : existe-t-il un lien entre croissance et inégalités ? Il y a beaucoup d’intérêt depuis les années 1990 sur les liens entre croissance et inégalités de revenus et de patrimoine. Pourquoi un tel intérêt ? Dans l’après-guerre, la croissance était très forte et le niveau de vie augmentait rapidement pour toutes les catégories de revenus. Il n’est pas difficile que les enfants aient des conditions matérielles meilleures que celles de leurs parents. Dans cette économie où tout le monde gagnait en niveau de vie, les inégalités n’étaient pas vraiment une cause d’interrogation. Au contraire, depuis les années 1990 notamment, le pouvoir d’achat de la classe moyenne est sous pression. Les enfants ne sont pas surs d’avoir une vie plus aisée que celle de leurs parents désormais. Avec le ralentissement de la croissance dans les années 2000, beaucoup s’intéressent au lien entre croissance et inégalités. D’ailleurs, on a l’impression qu’une nouvelle opinion se développe sur le fait que les inégalités peuvent avoir un impact négatif sur la croissance. Il y a beaucoup de canaux théoriques qui pourraient expliquer que les inégalités ont un impact négatif sur la croissance. Un des arguments les plus utilisés est que les plus aisés ont une épargne plus importante. Ainsi, une hausse de leurs revenus implique moins de dépenses et donc d’activités que les ménages les moins aisés.  Certains argumentent aussi que la hausse des inégalités réduit la cohésion sociale et augmente l’instabilité politique, ce qui est négatif pour la croissance. Mais on trouve aussi des arguments expliquant que les inégalités favorisent la croissance. Par exemple, les inégalités peuvent fournir des incitations à l’effort, l’innovation et l’entrepreneuriat. C’est un argument qui a été développé pour comparer la faible performance de l’URSS par rapport à celle des Etats-Unis. Donc on a beaucoup d’explications théoriques, mais qu’en est-il dans les faits ? C’est là que tout devient encore plus compliqué ! Malgré une abondance de travaux théoriques, les études de données ne sont pas très concluantes. Un certain consensus se dégage autour de l’idée que la croissance peut aller de pair avec plus d’inégalités et qu’il faut une intervention publique pour réguler les déséquilibres induits par la croissance économique. Mais empiriquement, le lien de causalité impliquant un impact négatif des inégalités sur la croissance est difficile à mesurer. D’ailleurs, on peut se demander si regarder l’impact des inégalités sur la croissance a du sens. Qu’est-ce que tu veux dire exactement ? Et bien une société plus inégale où tout le monde est plus riche ne pose pas forcément problème puisque chacun peut progresser dans une telle société. Par contre, une société plus inégalitaire et plus pauvre conduit inévitablement à un bien-être plus faible en moyenne. En outre, une société inégale où chacun peut avoir sa chance de devenir aisé peut être mieux acceptée qu’une société avec peu d’inégalités, mais où il n’y a pas de perspectives pour les plus modestes de monter dans l’échelle des revenus. Donc si je résume, empiriquement, le lien entre croissance et inégalités est difficile à mesurer et le PIB ou le niveau des inégalités ne sont pas forcément les bons indicateurs de bien-être ou de justice sociale. Ce qui compte, ce n’est pas tant le niveau des inégalités mais la capacité de chacun à pouvoir augmenter son niveau de vie dans une société inégalitaire.

Oct 18, 20233 min

S2 Ep 23Peut-on mieux prendre en compte les externalités dans le PIB ?

Voix : Léa Dauphas et Jacky Isabello Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : peut-on mieux prendre en compte les externalités dans le PIB ? On sent derrière cette question qu’il y a un problème et que certaines externalités ne sont pas prises en compte dans le PIB. Peux-tu nous préciser cela ? Le PIB mesure la valeur ajoutée produite par une économie sur une certaine période. Mais comme nous l’avons vu dans le précédent podcast, l’activité économique peut générer des externalités négatives qui ne sont pas pris en compte dans le calcul du PIB puisqu’il n’y a pas de transactions marchandes correspondant à ces externalités. Par exemple, on peut avoir une croissance du PIB forte d’une année sur l’autre, même si elle se fait avec une dégradation , une importante de l’environnement, dégradation qui conduit plus tard à une perte d’activité économique. On voit bien alors que la destruction future de valeur économique n’est pas prise en compte dans le calcul du PIB. Le PIB est donc un indicateur imparfait de l’activité économique... Il n’y a aucun indicateur parfait. Mais le PIB est la mesure la plus précise qu’on peut faire de l’activité économique compte tenu des données dont nous disposons. Il faut davantage faire attention à l’utilisation du PIB ou de la croissance du PIB dans les raisonnements économiques. Le PIB est un agrégat économique, mais pas un indicateur universel de bien-être par exemple, même si le PIB est corrélé au niveau de vie des habitants. C’est pour cela que d’autres indicateurs sont apparus pour mesurer le bien-être ? Oui, les Nations Unies diffusent l’indice de développement humain par exemple, l’IDH. Avec cet indicateur en particulier, la santé ou le niveau d’éducation sont prises en compte. Le problème de ces nouveaux indicateurs est qu’ils nécessitent des hypothèses discutables. En outre, il peut être difficile de les obtenir dans les pays où l’appareil statistique n’est pas suffisamment développé. Donc si je résume, le PIB ne prend pas en compte les externalités, mais c’est le meilleur indicateur d’activité qu’on peut mesurer. Pour mieux prendre en compte les externalités et plus généralement avoir des indicateurs de bien-être, d’autres mesures existent mais leur robustesse et les méthodes de calcul sont sujet à débat.

Oct 17, 20232 min

S2 Ep 22Qu’est-ce qu’une externalité ?

Voix : Léa Dauphas et Jacky Isabello Texte : Chloé Derouen J’aimerais savoir : c’est quoi une externalité ? Pour commencer, pourrais-tu me donner une définition d’une externalité ? Une externalité correspond à l’impact indirect d’une activité sur un autre agent économique sans contrepartie monétaire. On entend souvent parler de la pollution comme d’une externalité négative : elle est générée par la production ou la consommation de certains agents et a un impact négatif sur l’ensemble de la population sans que les pollueurs ne soient sanctionnés. On peut imaginer que l’Etat taxe le pollueur pour compenser le dommage causé par l’externalité négative mais, en pratique, ce n’est pas forcément facile d’établir le montant et de bien identifier les pollueurs et les pollués. D’accord, donc si une usine pollue une rivière, le restaurant implanté au bord de la rivière voit sa fréquentation baisser à cause du niveau élevé de pollution qui incommode les clients sans que l’usine ne le compense pour ce coût. J’ai du mal à trouver un exemple d’externalité positive, peux-tu m’en donner un ? C’est vrai que l’exemple de la pollution comme externalité négative est très parlant. L’éducation est un bon exemple d’externalité positive. Lorsque des individus bénéficient d’une bonne instruction, l’élévation de leur niveau d’éducation peut être source d’effets positifs non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour l’ensemble de la société. En effet, une population plus éduquée a une productivité plus élevée et, plus généralement, un niveau de vie plus élevé pour tout le monde, même pour ceux qui ne paient pas le coût de l’éducation. Dans le premier exemple, le restaurant implanté au bord de la rivière voit son chiffre d’affaires baisser à cause de la pollution. Dans le second, l’éducation permet une hausse de la productivité des entreprises par le biais de travailleurs mieux formés. On peut donc dire que les externalités ont des impacts sur la croissance économique ? Tout à fait, les externalités peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur la croissance. Mais en pratique, prendre en compte les externalités dans le calcul du produit intérieur brut et de la croissance n’est pas forcément évident.    En résumé, une externalité correspond à l’impact indirect d’une activité sur un autre agent économique sans contrepartie monétaire. Elle peut être positive ou négative sur la croissance.

Oct 16, 20232 min

S2 Ep 21La richesse créée par les administrations publiques est-elle correctement prise en compte ?

Voix : Natacha Valla et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : la richesse créée par les administrations publiques est-elle correctement prise en compte ? La valeur ajoutée des administrations publiques, c’est à peu près un cinquième du PIB français c’est ça ? Oui, tout à fait. Les services régaliens comme la police et la justice, l’éducation nationale ou les soins de santé sont produits par l’administration publique et apportent une valeur ajoutée, comme cela serait le cas si ces activités étaient produites par le secteur privé. Je comprends, mais comment on mesure par exemple la valeur ajoutée d’un enseignement ? Cela dépend du professeur ? Il est en effet très difficile d’avoir des statistiques sur la valeur pédagogique d’un enseignement professeur par professeur. Et puis cela reste une question assez personnelle car certains élèves vont trouver un prof génial alors que d’autres trouveront son enseignement peu adapté à leurs attentes. Tout cela est subjectif ! Le choix a donc été fait de valoriser le travail de l’enseignant par son coût, c’est-à-dire son salaire. Et c’est comme cela pour tous les services publics. Mais c’est assez réducteur de ce qu’un professeur peut nous apporter ? Disons qu’il s’agit d’une convention comptable qui a l’avantage de reposer sur des grandeurs mesurables et cohérentes avec les mesures d’autres activités économiques. Mais cela reste une convention imparfaite, j’en conviens. En outre, en formant les élèves, le professeur augmente leur capacité à produire demain. Mais comme le PIB mesure la valeur ajoutée aujourd’hui, on ne mesure pas les apports à long terme de l’enseignement pour les élèves. Donc un professeur apporte bien plus dans le temps que ce que mesure le PIB aujourd’hui ! Au final, il ne faut pas surinterpréter la mesure du PIB sur la qualité des services publics. Il s’agit d’une convention comptable par le coût. Ce coût a l’avantage d’être mesurable mais il ne dit rien de la qualité du service public rendu.

Oct 11, 20232 min

S2 Ep 20Quel est le lien entre croissance et ressources naturelles ?

Voix : Natacha Valla et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : quel est le lien entre croissance et ressources naturelles ? Beaucoup veulent toujours plus de croissance, mais si l’activité augmente très vite, ne risque-t-on pas d’épuiser rapidement les ressources naturelles ? Si on aborde cette question d’un point de vue statistique, la croissance correspond à l’augmentation de l’activité économique sur une période donnée. Si on dispose de ressources naturelles durant cette période, le calcul de la croissance n’intègre pas que la consommation de ces ressources aujourd’hui les feront disparaître demain. Donc plus de croissance, c’est moins de ressources et donc moins de croissance demain ! Tout dépend, entre autres, du rythme auquel on utilise ces ressources par rapport à leur stock ou leur renouvellement. Prenons l’exemple de l’énergie : le stock d’énergie solaire restera très élevé longtemps ; par contre il faut très longtemps pour que la terre produise du pétrole… c’est pour cela qu’on parle d’énergies dites renouvelables et qu’on les oppose aux énergies fossiles par exemple qui se renouvellent lentement. Pour ne plus avoir à se soucier de la fin des ressources, il suffit donc que la croissance ne s’appuie que sur les énergies renouvelables qui se renouvellent en permanence ! Théoriquement oui mais si on reste sur l’exemple de l’énergie, les énergies renouvelables ont une densité énergétique bien plus faible que les énergies fossiles. Par exemple, prenons une éolienne où on fait passer 1000 m3 d’air à 80km/h soit un vent très fort, on récupère la même énergie que dans 3ml de pétrole, ce qui n’est pas beaucoup. En outre l’éolien va s’appuyer sur des ressources naturelles comme les métaux qui sont eux-aussi épuisables. Et puis les énergies fossiles peuvent être transformées à tout moment en énergie, alors que la production d’une éolienne dépend des conditions météorologiques : la quantité d’électricité qu’elle fournit est aléatoire dans le temps. On est donc encore loin d’une croissance 100% renouvelable. J’imagine que pour s’en approcher, il faudra beaucoup d’innovation pour améliorer les rendements des énergies renouvelables, recycler ce qui peut l’être et trouver des moyens de stocker l’énergie de manière plus efficace.

Oct 10, 20232 min

S2 Ep 19La croissance est-elle utile ?

Voix : Natacha Valla et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : la croissance est-elle utile ? Pourquoi veut-on toujours plus de croissance ? La taille de l’économie correspond à l’ensemble des revenus que peuvent se partager ses habitants. Si par exemple la population augmente, il est donc préférable que le gâteau augmente pour éviter une perte du niveau de vie des habitants. C’est pour cela qu’on parle autant de croissance et qu’on en veut davantage pour améliorer notre niveau de vie. Donc une croissance élevée, c’est super ! Attention tout de même, la croissance montre l’augmentation du gâteau aujourd’hui. Mais certaines activités économiques peuvent créer de la croissance aujourd’hui et en détruire demain ! Par exemple, si une activité pollue les terres et réduit le potentiel agricole, on paiera la croissance aujourd’hui par une décroissance demain ! La pollution, comme nous l’avons déjà vu, est une externalité négative. Mais on peut aussi dépolluer pour avoir encore plus de croissance, comme on l’a vu dans le podcast précédent ? En effet, on peut créer de nouvelles activités pour essayer de corriger les problèmes créés par la croissance. Mais outre le fait qu’on ne peut pas corriger toutes les pollutions, les coûts et l’énergie dépensés pour réduire la pollution auraient pu être utilisées pour des activités économiques plus utiles, pour améliorer la santé par exemple. Prenons l’exemple d’un ouragan : on répare les dégâts ce qui génère de la croissance, mais on aurait pu dépenser cet argent dans d’autres activités plus productives. Donc si je résume, avoir une croissance élevée, c’est bien pour le niveau de vie, mais cela ne veut pas dire qu’elle est saine à long terme et qu’elle résulte d’une utilisation optimale des ressources à court terme.

Oct 9, 20232 min

S2 Ep 18La croissance est-elle écologiquement durable ?

Voix : Natacha Valla et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : la croissance est-elle écologiquement durable ? Nous avons vu dans le précédent podcast que pour soutenir une trajectoire de croissance, il y a débat entre le génie humain qui permet d’avoir toujours plus de croissance et la contrainte des ressources limitées dans le temps. Alors, est-ce que croissance est compatible avec écologie ? C’est une question difficile. D’abord parce que la croissance du PIB est une mesure de la création de richesses. Mais elle ne dit rien sur le caractère durable de cette création. Par exemple, lorsque l’on construit des voitures, on puise dans des matières premières qui ne sont pas infinies. Au contraire, le recyclage génère aussi de la croissance, et c’est plus durable pour l’environnement. Le lien entre la mesure de la croissance et sa durabilité écologique est donc complexe. En fait, le PIB mesure la richesse créée sans lien avec la durabilité écologique. Est-ce que tu peux donner un exemple concret ? Prenons le cas d’une entreprise qui pollue. Elle génère encore plus de croissance car elle va aussi avoir pour conséquence des activités de dépollution qui vont rentrer dans le calcul du PIB. Le paradoxe est que la pollution entraine donc aussi une augmentation de la croissance, dans ce cas. Mais si la pollution devient trop négative aux activités humaines, par exemple si la pollution diminue les rendements de l’agriculture, alors elle finit par réduire la croissance. La pollution est une externalité négative. Donc on voit dans cet exemple que le PIB ne permet pas vraiment de mesurer clairement la durabilité écologique d’une activité. Peut-on alors améliorer la mesure du PIB pour tenir compte de l’environnement ? En fait, pour cela il faudrait intégrer dans la mesure du PIB les externalités positives ou négatives, mais ces externalités peuvent être très difficiles à mesurer. Il y a d’ailleurs un problème de champ : l’air n’intéresse l’économiste que s’il est pollué car alors l’air pur devient rare. Mais tant qu’il n’y a pas de marché de l’air parce qu’il est librement respiré et considéré comme peu pollué, il est très compliqué de l’intégrer dans la mesure du PIB. Au final, il faut se résoudre aux limites du PIB qui est une mesure de l’activité économique aujourd’hui, mais pas forcément une mesure de l’activité soutenable dans le temps, notamment au niveau écologique.

Oct 5, 20232 min

S2 Ep 17Peut-on rester en croissance durablement ?

Voix : Natacha Valla et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : que signifie une croissance durable sur le plan mathématique ? Une croissance constante signifie une augmentation de plus en plus forte de l’activité économique. Mathématiquement, si le taux de croissance de l’économie est constant, cela signifie que l’activité économique suit une trajectoire exponentielle. Peux-tu donner un exemple ? Prenons le cas théorique d’un taux de croissance annuel constant de 100 %. La taille de l’économie double chaque année. En d’autres termes, l’augmentation d’activité la dernière année équivaut à toute l’augmentation d’activité passée. Peux-tu prendre un exemple plus concret encore ? Gardons le taux de croissance fixe de 100 %. Et partons d’une économie qui vaut 100. La première année, elle va augmenter de 100 et atteindre une taille de 200. Mais la seconde année, il faut appliquer le taux de croissance à 200. Elle passe donc de 200 à 400. La troisième année, elle passe de 400 à 800 et ainsi de suite. Nous voyons bien que l’augmentation de la taille de l’économie doit être de plus en plus grande pour satisfaire un taux de croissance constant. Il y a beaucoup de débat sur la persistance de la croissance. Une croissance durable apparait pour beaucoup comme un objectif très ambitieux : comment suivre le rythme ? On peut noter que sur plusieurs siècles, le taux de croissance a eu tendance à décroître. On observe également des périodes parfois brutales comme les guerres où il y a de la décroissance. Plus fondamentalement, les ressources sont épuisables et l’espace terrestre est limité. Cela fait dire à certains qu’il ne sera plus possible de croître à un moment. Mais la croissance, c’est aussi le progrès technique qui permet de produire plus avec moins, d’être plus efficace en sorte. On peut aussi recycler. Si je résume, un taux de croissance positif et constant conduit à une trajectoire exponentielle de l’économie. D’ailleurs, dans la réalité ce taux de croissance n’est pas constant et on peut même avoir des épisodes de baisse d’activité. Au final, pour soutenir une trajectoire de croissance, il y a débat entre le génie humain qui permet d’avoir toujours plus de croissance et la contrainte des ressources limitées dans le temps. Je sens que le prochain podcast sur l’écologie va être intéressant !

Oct 4, 20232 min

S2 Ep 21Compte-t-on toute la création de valeur dans le PIB ?

J’aimerais savoir : compte-t-on toute la création de valeur dans le PIB ? Nous avons vu que le produit intérieur brut (PIB) est la meilleure mesure possible de la richesse créée dans une économie. Mais elle n’est sans doute pas parfaite. Est-ce que le PIB mesure bien toutes les formes de richesse créées ? Je sens que la réponse va être non… En effet, le PIB repose sur des données basées sur les activités légales et déclarées alors qu’il y a d’autres activités créant de la richesse. Quand on parle de PIB ou de croissance, on calcule grosso modo la richesse produite par les entreprises, l’administration publique et les travailleurs indépendants. Cette économie suppose que l’activité est légale et déclarée, et qu’elle débouche sur une transaction visible pour un échange de biens ou de services. C’est un peu théorique là ! Peut-on avoir un exemple ? Bien sûr ! Si je déclare et rémunère une personne qui fait le ménage chez moi, cette activité va être comptabilisée dans le PIB. Par contre, si je fais le ménage chez moi, cette activité ne donne pas lieu à une rémunération ou à un échange de services avec une autre personne. Cette activité domestique n’est donc pas comptée dans le PIB alors qu’il y a bien eu la même activité de ménage. Et il y a beaucoup d’activités non mesurées par le PIB ? C’est très difficile de le savoir car quand il n’y a pas de transaction, il n’y a pas de mesure. Revenons au ménage à domicile. Si on emploie une personne mais qu’on ne la déclare pas et qu’on paie de la main à la main, cette activité ne sera pas non plus mesurée par le PIB. Ainsi, le travail au noir échappe à la mesure du PIB, comme les activités de bénévolat ou certaines activités illégales comme le trafic de drogue. En résumé, si je comprends bien, le PIB ne mesure pas toute la richesse créée, notamment parce que certaines activités ne donnent pas lieu à des transactions mesurées. Mais c’est la meilleure mesure que l’on peut effectuer avec des données fiables et publiques.

Oct 2, 20232 min

S2 Ep 15Y a-t-il un lien entre croissance et chômage ?

Voix : Ana Boata et Laurent Clavel Texte : Chloé Derouen J’aimerais savoir, existe-t-il un lien entre croissance et chômage ? Le lien entre croissance et emploi peut paraître assez intuitif. Plus de croissance signifie plus d’emplois et donc moins de chômage ? Oui, c’est vrai car dans les phases de croissance, les entreprises produisent plus et ont donc besoin de plus de travailleurs, ce qui les conduit à recruter davantage. Par conséquent, le chômage, c’est-à-dire le nombre de personnes qui sont sans emploi et qui en recherchent un, recule. Mais parfois le chômage ne baisse pas quand la croissance est forte. En effet, si en moyenne une croissance plus forte conduit à un chômage plus faible, ce n’est pas toujours le cas. D’une part, embaucher quelqu’un peut prendre du temps. Il peut donc y avoir un décalage entre l’accélération de l’activité et la baisse du chômage. D’autre part, il faut une croissance vraiment forte, c’est-à-dire bien au-dessus de la croissance de la population. Sinon le nombre de travailleurs disponibles augmente plus vite que l’activité économique et le taux de chômage monte. Si la croissance joue sur le chômage, est-ce que le chômage peut aussi avoir un impact sur la croissance ? Oui, tout à fait. Une augmentation du chômage conduit à une baisse de revenus pour les travailleurs perdant leur emploi. Ils sont contraints de réduire leur consommation, ce qui a pour conséquence moins de croissance. Le chômage a également des conséquences économiques à long terme : les chômeurs n’accumulent pas les compétences qu’ils auraient développées en travaillant. Cela peut réduire leur productivité dans le futur et donc peser sur la croissance. Donc si je résume, la croissance favorise généralement les créations d’emploi. Mais cela n’est pas automatique, ni immédiat. On peut aussi observer un lien en sens inverse : une hausse du chômage n’est pas favorable à la consommation par exemple, donc à la croissance.

Sep 28, 20232 min

S2 Ep 14Qu’est-ce que le potentiel économique ?

Voix : Ana Boata et Laurent Clavel Texte : Chloé Derouen J’aimerais savoir,  c’est quoi le potentiel économique ? Le potentiel économique, ou la croissance potentielle semblent être des concepts très abstraits. Qu’est-ce que c’est, concrètement ? Le potentiel économique correspond grosso modo au rythme de croissance soutenable à long terme sans hausse démesurée des prix. Techniquement, il peut être défini comme le niveau maximum de production que peut réaliser une économie sans entraîner de pressions à la hausse trop forte sur les prix qui serait un signal de tension économique. Son indicateur est le PIB potentiel et la croissance potentielle est simplement le taux de croissance du PIB potentiel.  Si je comprends bien, le PIB potentiel est le niveau de production que peut maintenir l’économie sur le long terme en fonctionnant à plein régime de manière durable. Mais alors, cet indicateur n’est jamais observé ! Comment le mesurer ? Le PIB potentiel n’étant pas observé, il ne peut être mesuré mais il existe des méthodes pour l’estimer. Ces différentes méthodes statistiques ou théoriques connaissent cependant des limites et peuvent conduire à des résultats sensiblement différents.  Même si son estimation est imparfaite, j’imagine que le PIB potentiel est un indicateur indispensable pour se faire une idée de la tendance de fond de l’économie et des perspectives de croissance sur le long terme. C’est bien à cela qu’il sert ? Tout à fait. Le PIB potentiel nous donne aussi une indication de la position de l’économie dans le cycle économique. En effet, il est possible de calculer l’écart de production, soit l’écart entre le PIB observé et PIB potentiel. Si l’écart de production est positif alors la production réelle est supérieure à la production potentielle : l’économie est en surchauffe pour répondre à une forte demande. En revanche, si l’écart de production est négatif alors les ressources de l’économie sont sous-exploitées car la demande est faible. Aucune de ces deux situations ne semble idéale et soutenable à long terme. Je me demande combien de temps on peut tenir avec un écart de production positif ou négatif et comment on peut l’inverser. Je crois que je trouverai des réponses à mes questions dans les podcasts sur les cycles ! Et si je résume, la croissance potentielle est un concept plutôt abstrait. Le PIB potentiel est le niveau de production qu’on peut maintenir à long terme de manière durable.

Sep 27, 20232 min

S2 Ep 13Quel est le rôle de l’énergie dans l’activité économique ?

Voix : Ana Boata et Laurent Clavel Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : quel est le rôle de l’énergie dans l’activité économique ? J’ai entendu dire qu’on n’inclut pas l’énergie dans le calcul de la croissance ? La consommation d’énergie est bien intégrée dans le calcul du PIB. Par exemple, pour les ménages, les factures d’électricité ou le plein d’essence rentrent dans la consommation d’énergie. Elle représente moins de 10 % de la consommation totale des ménages. Mais on a pourtant l’impression que l’énergie est nécessaire à tout : à aller faire ses courses, produire, etc. et qu’elle représente bien plus que sa part dans le PIB. En effet, sans énergie, il n’y a pas d’économie. L’activité économique, c’est de l’énergie transformée en services et en produits. Au sens large, cette énergie transformée est constituée d’énergie physique comme l’électricité ou le pétrole, mais aussi d’énergie humaine. Quand on produit une voiture, on utilise l’énergie physique pour faire fonctionner les robots, transporter les composants, aider les employés avec des ordinateurs, etc. Sans énergie physique, on retournerait à l’âge de pierre ! Alors comment évaluer l’impact de l’énergie sur l’économie ? Essentiellement par son prix. Par exemple, le pétrole est une énergie initialement gratuite puisqu’il est disponible sous terre. Le prix du pétrole va donc dépendre de son coût d’extraction et de transformation, et du rapport relatif entre l’offre et la demande de pétrole. De même, le vent est gratuit, mais avec des moulins ou des éoliennes, on transforme le vent en énergie utilisable par le système économique. Quand l’énergie utilisable est bon marché, il est facile de transformer cette énergie en produits ou services rentables. Au contraire, quand le coût de l’énergie augmente brutalement, on peut avoir des récessions économiques. Si je résume, le PIB n’intègre qu’une partie de l’impact de l’énergie, mais n’oublions pas que sans énergie, pas de croissance. C’est aussi pour cela que les grands cycles d’innovation ont été associées à de nouvelles sources d’énergie plus efficaces et moins chères. Ce fut le cas lors de la première révolution industrielle qui reposait sur le charbon et la machine à vapeur par exemple. Nous y reviendrons dans une série de podcasts sur les cycles longs ou vous pouvez aller sur notre site internet : lecoavenir.fr !

Sep 26, 20232 min

S2 Ep 12Peut-on être en décroissance ?

Voix : Ana Boata et Laurent Clavel Texte : Laurent Clavel J’aimerais savoir : peut-on être en décroissance ? En général, les économistes utilisent davantage le mot « récession » pour une période de décroissance courte. Cela correspond à une contraction de l’activité économique, donc à une baisse du PIB. Est-ce qu’on peut être plus précis ? En fait, même la définition du mot « récession » prête à débat : la condition classique est d’avoir deux trimestres consécutifs de contraction, mais on sent bien qu’un tel recul du PIB est plus probable quand la croissance moyenne est faible, comme en Italie, que quand elle est structurellement élevée, comme en Chine. Et la vie est-elle différente quand on est en récession ? En principe, il n’y a pas vraiment de raison : vous vous souvenez de la construction du PIB, son intérêt mais aussi ses limites ? Donc, les conséquences concrètes de la récession sont marginales sinon impalpables quand l’évolution du PIB passe de marginalement positive à marginalement négative. En revanche, si la baisse d’activité est prononcée ou conduit à une hausse importante du chômage, alors la récession a des effets qui se font sentir. C’est pourquoi certains définissent une récession, pas uniquement avec le PIB, mais aussi en tenant compte de la situation du marché du travail par exemple, afin d’être moins dépendant d’erreurs de mesures statistiques sur deux trimestres de PIB. Tout à fait. En procédant ainsi, on obtient une vue plus complète et donc plus juste de la situation économique. Certains prônent justement cette décroissance sur une période bien plus longue qu’une récession, notamment pour des questions écologiques. Exactement. Rappelons d’ailleurs que le terme décroissance est apparu dans les années 1970 avec la montée de la prise de conscience écologique. Pourquoi cette mobilisation en faveur de la décroissance ? Parce que, historiquement et aujourd’hui encore, on constate une relation assez nette entre croissance du PIB et hausse des émissions de gaz à effet de serre, en lien avec l’augmentation de notre consommation énergétique, essentiellement. Cette relation a été mise en évidence lors de la pandémie. Lors des confinements de la crise Covid, les émissions ont fortement baissé ! Du coup, certains misent sur la baisse de l’activité économique, la décroissance, pour réduire nos émissions polluantes. L’alternative est de gagner en efficacité énergétique et de réduire l’intensité en carbone de notre économie, ce qui serait plus favorable à la croissance mais prendra du temps. Si je résume, on peut avoir une baisse d’activité sur quelques trimestres. Mais on parle de décroissance pour une période bien plus longue. Et alors cela peut aussi être synonyme de baisse du niveau de vie, ce qui n’est pas forcément facile à accepter… On y reviendra dans un autre podcast.

Sep 25, 20233 min

S2 Ep 11Peut-on croître indéfiniment ?

Voix : Ana Boata et Laurent Clavel Texte : Laurent Clavel 3a J’aimerais savoir : peut-on croître indéfiniment ? En théorie, on peut croître indéfiniment : d’ailleurs, la croissance économique est positive en moyenne dans presque tous les pays du monde et ce, depuis des siècles, dès le Moyen-Âge comme le montrent les historiens qui ont reconstruit des séries longues de PIB Même s’il y a eu des chocs très forts avec les guerres, les épidémies et famines ! Mais en pratique, est-ce que la théorie s’applique ? Entre 7000 ans d’Histoire et l’infini, il y a de la marge ! Disons qu’on peut avoir des doutes sur la pérennité de la croissance, même à un horizon moins éloigné que l’infini, notamment compte tenu des « limites planétaires », un concept mis en avant en 2009 par des scientifiques. Au-delà même de la question de la soutenabilité écologique, certains s’inquiètent d’un « hiver de l’innovation ». Indéniablement, la productivité ralentit dans de nombreux pays avancés. La loi de Moore, qui prédisait dès 1965 un doublement des capacités des microprocesseurs tous les deux ans, pourrait buter sur une limite physique rédhibitoire en absence d’un nouveau saut technologique. Mais c’est super déprimant ! Il ne faut pas le prendre comme ça ! Ce que cette tendance nous enseigne, c’est que rien n’est joué d’avance : les économistes sont meilleurs pour décrire le passé que pour prédire l’avenir, même si certains sont très optimistes et parient sur une accélération technologique sans précédent. La croissance économique intègre aussi les préférences des consommateurs. Il est donc possible d’avoir de la croissance sans produire davantage, en améliorant la qualité de ce qui est produit. Si je synthétise, plus on croît, plus on est sophistiqué et plus il est difficile de croître davantage. Il y a donc beaucoup d’incertitudes sur la croissance future, son rythme et sa durabilité.

Sep 24, 20232 min

S2 Ep 10Peut-on calculer la productivité ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Laurent Clavel J’aimerais savoir,  peut-on calculer la productivité ? La productivité c’est le rapport entre le volume produit et les ressources nécessaires à cette production. C’est donc une mesure de l’efficacité du système productif ou de l’économie. Mais comment s’y prend-on pour la calculer ? Si on prend une vision de la productivité du travail, c’est assez simple à calculer : on divise la production, ou le PIB, par la quantité travaillée, donc l’emploi ou le nombre d’heures travaillées. Mais si on veut calculer la productivité du capital, c’est-à-dire des machines, c’est un peu plus compliqué. Parce que l’on ne sait pas mesurer la productivité des machines ? Ce n’est pas simple de mesurer le service rendu par le capital, c’est-à-dire l’augmentation de la productivité permise par les machines, les outils, les ordinateurs, les bâtiments… Pourquoi ? Calculer le capital est très compliqué. Intuitivement, on pourrait penser qu’il suffit de mesurer l’investissement pour calculer le capital accumulé. Mais il faut aussi rendre compte de la dépréciation du capital, le fait que mêmes les machines ne sont pas éternelles… et qu’elles ne se dégradent pas toutes à la même vitesse : un ordinateur en quelques années, un bâtiment en plusieurs décennies. Et c’est sans compter sur le défi du partage entre volume et prix, que nous avons déjà évoqué sur la mesure du PIB : dans le cas du service rendu par le capital, ce partage n’est vraiment pas simple. Mais si c’est aussi compliqué et incertain, à quoi ça sert de mesurer la productivité ? Mesurer sert à comprendre. A travers le calcul de la productivité, on veut comprendre les moteurs et les freins de la croissance économique : est-ce un ralentissement des heures travaillées ? Un manque d’investissement ? Ou une mauvaise allocation de l’investissement ? Ou son vieillissement et sa dégradation accélérée ? Donc si je comprends, la productivité est un outil théorique, mais il est discutable et débattu dans sa mesure ; si un salarié utilise un nouvel ordinateur, il n’est pas facile de séparer la productivité du salarié de celle de l’ordinateur. Et même si on calcule une productivité de l’ensemble des facteurs de production, la mesure dépend d’hypothèses et de la modélisation choisie.

Sep 22, 20232 min

S2 Ep 9Qu’est-ce que la productivité ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Chloé Derouen J’aimerais savoir : c’est quoi exactement la productivité ? De quoi parle-t-on quand on parle de productivité ? On dit souvent que la productivité, c’est le rapport entre ce qui est produit et les ressources nécessaires à cette production. En effet, et ces ressources, on les appelle les facteurs de production. On en distingue deux principales : le travail, c’est-à-dire les hommes et les femmes, et le capital c’est-à-dire les machines, les installations et outils. On peut parler de la productivité d’un travailleur, d’une entreprise ou d’une économie mais le principe reste le même : plus on produit avec une quantité donnée de facteurs de production, plus la productivité augmente.  Si je comprends bien, un travailleur augmente sa productivité quand il produit davantage dans le même temps de travail. Ou encore lorsqu’une entreprise produit davantage avec le même nombre de machines et de temps de travail de ses employés. En fait, la productivité est une mesure d’efficacité. Alors j’imagine qu’une hausse de productivité, c’est bon pour la croissance ?  En effet, la croissance de la productivité est une des deux composantes de la croissance. Les gains de productivité permettent d’augmenter la production et donc de générer de la croissance sans augmenter les quantités de facteurs de production utilisées. L’autre composante de la croissance c’est la quantité de facteurs de production mobilisée comme le travail ou le capital : par exemple, plus on a de machines, plus on peut produire davantage. La productivité est donc un déterminant majeur des perspectives de croissance. On n’en parle pas assez ! Or augmenter la productivité, cela peut passer par des travailleurs mieux formés, plus créatifs, par de l’innovation technologique ou par des machines plus modernes et efficaces. J’ai hâte d’écouter le podcast suivant pour comprendre comment la mesurer.

Sep 21, 20232 min

S2 Ep 8Pourquoi y a-t-il de la croissance ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Laurent Clavel J’aimerai savoir : pourquoi y a-t-il de la croissance ? La croissance de la population est un facteur de la croissance économique. La population peut notamment croitre parce que la fécondité du pays est élevée ou parce que l’espérance de vie augmente et que les gens restent plus longtemps en situation d’emploi. Même si le lien entre population et croissance n’est pas parfait, plus de population, c’est plus de « bras » et de « têtes » pour faire tourner l’économie. Mais alors sans croissance de la population, pas de croissance ? Heureusement si ! Il y a aussi une croissance par tête ou par habitant. Dit autrement, la croissance économique est plus élevée en moyenne que le taux d’augmentation de la population. C’est vrai au niveau mondial, mais aussi dans chaque pays à travers l’Histoire, à quelques exceptions près. Peux-tu nous donner un exemple ? En France par exemple, à l’heure où nous enregistrons ce podcast en 2023, la croissance économique est de +1,1% par an en moyenne depuis 2000, alors que la population française n’a augmenté que d’environ +0,5% par an sur la même période. Si on fait la différence entre la croissance économique et la croissance de la population, on a donc bien une croissance économique par tête de +0,6% chaque année, en moyenne depuis 20 ans. En cumulant, le PIB par tête est aujourd’hui 13% plus haut qu’en 2000. Ouf je suis rassuré. Mais alors on en revient à ma question : pourquoi y a-t-il de la croissance… par tête ? Grâce aux gains de productivité, soit parce que des investissements ont été faits, soit grâce au progrès technique… et humain. L’éducation est un bon exemple d’investissement qui a régulièrement nourri une croissance économique par tête. Si je résume, la croissance de la population est un facteur explicatif de la croissance. Grâce aux gains de productivité, la croissance de l’économie va généralement au-delà de la croissance de la population.

Sep 20, 20232 min

S2 Ep 7Pourquoi révise-t-on régulièrement les chiffres de la croissance ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Julien Pouget J’aimerai savoir,  pourquoi les chiffres de la croissance sont-ils régulièrement révisés ? Avant de parler des révisions des chiffres de la croissance, à quelle fréquence sont-ils publiés ? L’Insee publie l’évolution du PIB avec un rythme trimestriel d’une part, et annuel d’autre part. Pour chaque trimestre, deux estimations de croissance trimestrielle sont publiées, à un mois puis deux mois après la fin du trimestre. Et en parallèle, un chiffre annuel consolidé est publié, en général fin mai pour la France. Mais pourquoi y-a-t-il plusieurs publications successives pour une même période ? En d’autres termes, pourquoi les chiffres de croissance pour un trimestre ou une année donnée changent après avoir été publiés ? Le PIB se calcule à partir d’un nombre très important de données. Et certaines de ces données sont disponibles plus rapidement que d’autres, même si elles sont un peu moins précises. Il y a donc un arbitrage à faire entre la rapidité et la précision de l’estimation. Pour une année donnée, le travail complet de collecte nécessite 3 ans… Mais on ne va pas attendre 3 ans pour avoir des informations sur la croissance ! Bien sûr que non. C’est la raison pour laquelle on fait une première estimation que l’on corrige ensuite. Mais les premières données fournissent vraiment un diagnostic suffisamment solide ? Les premières estimations du PIB s’appuient sur des données d’enquêtes et des premières remontées administratives. Elles sont ensuite affinées avec les données provenant de l’ensemble des acteurs économiques, publics et privés. Elles sont donc parfois révisées, sans que le diagnostic conjoncturel soit bouleversé, en général. Mais il gagne en cohérence et en précision car derrière le PIB, la comptabilité nationale met en cohérence de nombreux indicateurs tels que le pouvoir d’achat des ménages, l’investissement ou la consommation. Donc pour résumer, plus le temps passe et plus l’information est précise, même si les premières estimations donnent souvent déjà une bonne image du PIB ou des indicateurs qui en dérivent.

Sep 19, 20232 min

S2 Ep 6Comment est calculée LA croissance ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Chloé Derouen J’aimerai savoir,  comment est calculée la croissance ? La croissance d’une économie, c’est l’évolution de la valeur produite, dans cette économie, sur une période donnée. Concrètement, comment calcule-t-on cette croissance de l’économie ? La croissance correspond au taux de croissance du PIB, c’est-à-dire à la variation en pourcentage de l’activité économique sur une période donnée. Pour calculer un taux de croissance il faut une valeur de départ et une valeur d’arrivée, c’est bien ça ? En effet, le PIB étant un indicateur généralement disponible par trimestre, on peut calculer la croissance trimestrielle soit le taux de croissance du PIB d’un trimestre par rapport au PIB du trimestre précédent. Ce chiffre est souvent commenté pour suivre l’activité économique au cours de l’année. On peut aussi calculer la croissance en moyenne annuelle: pour cela, on calcule le taux de croissance du PIB d’une année par rapport au PIB de l’année précédente. PIB en volume, PIB en valeur : lequel utilise-t-on pour calculer ce qu’on appelle communément LA croissance ? Souvent, quand on parle de LA croissance, on utilise le taux de croissance « réelle », c’est-à-dire la croissance du PIB « en volume », en excluant donc l’évolution des prix. Par exemple quand on dit que la croissance française est de 1,5 % en 2019, il s’agit de la croissance annuelle du PIB en volume. Ce taux de croissance réel représente vraiment l’augmentation des quantités produites dans l’économie sans tenir compte des effets perturbants des changements de prix.  Si je résume, quand on parle de la croissance, on décrit la croissance réelle de l’économie. En d’autres termes, la croissance est calculée à partir du PIB en volume. La croissance est généralement estimée avec un rythme trimestriel ou annuel.

Sep 18, 20232 min

S2 Ep 51e J’aimerais savoir : comment calcule-t-on le PIB ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Julien Pouget J’aimerais savoir : comment calcule-t-on le PIB ? Pour calculer le PIB, de quelles informations a-t-on besoin ? J’imagine que le PIB, c’est la synthèse de milliers d’informations sur l’économie d’un pays avec des sources de données très diverses ? En effet, il faut utiliser énormément de données pour calculer le PIB : des données administratives, telles que les déclarations fiscales des entreprises par exemple, les statistiques douanières, les comptes des administrations publiques. Mais aussi des données d’enquêtes conjoncturelles spécifiques sur la production, la consommation ou les prix. L’Insee coordonne ces calculs, mais d’autres organismes publics y participent : la direction générale des finances publiques, celle du Trésor, la Banque de France, les services statistiques de différents ministères, etc. Mais toutes ces informations ne sont pas forcément disponibles au même moment ? C’est pour cela que plusieurs versions successives du PIB sont publiées, au fur et à mesure de la disponibilité des données. Au départ le PIB d’un trimestre est estimé seulement un mois après la fin de ce trimestre ; mais la valeur définitive du PIB n’est connue qu’au bout de trois ans. Cette organisation est-elle propre à la France ? Est-on sûr que ces statistiques sont bien comparables d’un pays à l’autre ? Les définitions et les méthodes de calcul du PIB sont établies par des règles internationales, au niveau de l’ONU. Dans l’Union européenne, la définition est même détaillée dans un règlement dont l’application est contrôlée par Eurostat l’office européen des statistiques. Dès lors qu’il reste dans ce cadre, chaque pays s’organise pour calculer son PIB à partir des sources de données dont il dispose. Donc si je résume, le calcul du PIB nécessite énormément de données. Comme les données arrivent progressivement, il faut faire des hypothèses pour les premières versions du PIB avant d’avoir des données plus exhaustives et une version du PIB plus solide dans le temps.

Sep 8, 20232 min

S2 Ep 4J’aimerais savoir : quelle est la différence entre volume et valeur pour le PIB ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Julien Pouget J’aimerais savoir : entre un PIB en valeur et un PIB en volume, quelle est la différence ? Quand les prix montent, cela fait-il mécaniquement monter la croissance ? Non justement ! La croissance, c’est l’évolution de l’activité économique. Prenons l’exemple de la production automobile : ce qui créé de la croissance, c’est le fait de produire davantage de voitures, mais pas le fait que le prix de ces voitures augmente. Quand on parle de croissance, on parle de la croissance en volume, c’est-à-dire corrigée de l’évolution des prix. Si je produis le même nombre de voiture d’une année sur l’autre, la croissance en volume est nulle, même si les prix des voitures peuvent avoir augmenté. Mais les données de départ qui servent à calculer le PIB sont exprimées en valeur monétaire, n’est-ce pas ? Oui !  C’est bien la difficulté. Elles permettent de calculer le PIB en valeur, mais pas directement en volume. Et donc les comptables nationaux vont devoir estimer la part du PIB en valeur qui vient des volumes et celle qui vient des prix. Ce « partage volume-prix » mobilise des méthodologies parfois complexes ainsi que des données disponibles sur les prix. Mais si les prix augmentent parce que la qualité a augmenté, cela ne fait pas de croissance en volume ? Si ! L’amélioration de la qualité d’une voiture par exemple va être source de croissance économique en volume, même si la quantité produite reste la même : à quantité de voiture égale, la voiture est plus perfectionnée et donc apporte une valeur ajoutée supérieure au modèle précédent. Et il faut donc tenter de séparer, dans les hausses de prix, ce qui relève d’une amélioration de la qualité, et ce qui relève purement et simplement de l’inflation. Ce n’est d’ailleurs pas forcément facile ! Donc si nous résumons, le PIB en valeur dépend des quantités et des prix, alors que le PIB en volume ne tient compte que des quantités produites, en ne tenant pas compte des effets prix. Et lorsqu’on parle de croissance, on parle du taux de croissance du PIB en volume !

Sep 7, 20232 min

S2 Ep 3J’aimerais savoir :  quelles sont les 3 approches du PIB ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Julien Pouget J’aimerais savoir :  quelles sont les 3 approches du PIB ? Dans ce podcast sur les 3 approches du PIB, il me semble que l’approche la plus simple est celle centrée sur la production. En effet, le PIB correspond à la valeur des biens et services finaux, c’est-à-dire ceux produits en bout de chaîne. Peux-tu donner un exemple ? Oui, prenons la production d’une voiture. Elle nécessite, entre autres ingrédients, des tôles métalliques. Ces tôles sont d’abord produites, puis utilisées pour produire les voitures. Mais leur valeur est, en quelque sorte, incorporée dans la valeur finale de la voiture. Donc pour ne pas compter deux fois la valeur des tôles, le PIB prend en compte la valeur des biens finaux comme la voiture, mais pas celui de la tôle qui a été incorporée dans la production des biens finaux. D’accord, j’ai compris. Mais allons plus loin, quand le constructeur vend la voiture, il en tire un revenu : c’est du PIB aussi ? Tout à fait ! La richesse produite, c’est à dire le PIB, se répartit ensuite entre ce qui va aux salariés, aux entreprises et à l’Etat. Si on va plus loin encore, les revenus générés par la production peuvent être dépensés pour acheter les biens et services produits. Donc le PIB peut s’interpréter de 3 manières : par la production, par les revenus, mais aussi par les dépenses. Et tout cela est équivalent car pour une économie dans son ensemble, la production doit être égale aux revenus ou aux dépenses. Comment dépense-t-on le PIB alors ? Il peut s’agir par exemple de la consommation des ménages, mais aussi de l’investissement des entreprises en machines, ou encore des exportations, qui sont des produits fabriqués sur le territoire mais vendus à l’étranger.  Et les importations, on ne les prend pas en compte ? Très bonne remarque. Il faut soustraire les importations qui, elles, ne sont pas produites sur le territoire national mais qui y sont consommés. Elles ne comptent pas dans le PIB. Donc le PIB, c’est à la fois le reflet de la production de l’économie, du revenu distribué aux agents économiques, et de la dépense de ce revenu. 3 approches pour une même réalité !

Sep 6, 20232 min

S1 Ep 2J’aimerais savoir : c’est quoi le PIB ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Ana Boata J’aimerais savoir : c’est quoi le PIB ? Quand on veut regarder la taille d’une économie, on s’intéresse au PIB, c’est -à-dire au Produit Intérieur Brut. Qu’est-ce qu’il représente exactement ? Le PIB correspond à la richesse créée par tous les secteurs, qu’ils soient publics ou privés, dans un pays durant une certaine période. Le plus souvent, les instituts des statistiques des pays développés, comme l’Insee en France, sont capables de mesurer le PIB sur un trimestre donné. Dans certains pays, comme au Royaume-Uni, on peut mesurer sa progression sur un mois. Dans d’autres pays comme les émergents, il faut parfois attendre un an pour connaitre le PIB. Le PIB, c’est donc la somme des valeurs ajoutées des agents économiques puisque la valeur ajoutée représente la richesse créée par les agents économiques. En effet, la valeur ajoutée correspond au chiffre d’affaires net des coûts des produits ou services utilisés ou détruits au cours du processus de production. Prenons l’exemple d’une usine de yahourt. La vente de sa production constitue son chiffre d’affaires. Sa valeur ajoutée va donc être égale à ce chiffre d’affaires auquel on retire les coûts des produits transformés comme le lait ou le plastique pour l’emballage. La valeur ajoutée de l’usine de yahourt correspond bien à la richesse qu’elle a créée en transformant le lait et le plastique en yahourt. Dans le cas de production marchande où on a des prix bien identifiés tout au long du processus de production, cela paraît très simple. Mais que fait-on pour un service non marchand, c’est-à-dire un service où il n’y a pas de marché et donc pas de prix ? La valeur ajoutée d’un service non marchand est obtenue par son coût car comme il n’y a pas de marché, il n’y a en effet pas de prix de vente. Par exemple, la valeur ajoutée d’une heure de cours au lycée se calcule à partir du salaire horaire de l’enseignant. Donc la valeur ajoutée au sens du PIB ne dit rien de la qualité de l’enseignement, mais le salaire de l’enseignant est la meilleure information objective et mesurable du flux économique permettant l’enseignement. C’est donc pour cela que le coût est utilisé pour le PIB des activités non marchandes. Au final, le PIB représente la richesse créée pour toutes les activités économiques, marchandes ou non marchandes. Retrouvons-nous au podcast suivant pour approfondir le calcul du PIB.

Sep 5, 20232 min

S2 Ep 1J’aimerais savoir :  qu’est-ce que la Valeur Ajoutée ?

Voix : Chloé Derouen et Julien Pouget Texte : Tom Lacroix J’aimerais savoir : qu’est-ce que la Valeur Ajoutée ? Pour commencer la série de podcats sur la croissance, nous commençons par une notion centrale, celle de valeur ajoutée. Peux-tu nous en dire davantage ? La valeur ajoutée mesure la richesse créée par une entreprise, un secteur ou un agent économique. Elle est définie comme la différence entre le revenu généré par la vente de biens ou de services et le coût pour les produire. Prenons l’exemple d’une entreprise fabriquant une chaise en bois. Disons qu’elle vend la chaise 50 euros et qu’elle achète le bois 20 euros. Alors l’entreprise a ajouté une valeur de 30 euros ! Ces 30 euros sont la différence entre le prix de vente et le coût des consommations intermédiaires détruites dans le processus de production, ici, le bois. Dans ce cas de production marchande où on a des prix bien identifiés tout au long du processus de production, cela paraît très simple. Mais que fait-on pour un service non marchand, c’est-à-dire un service où il n’y a pas de marché et donc pas de prix ? La valeur ajoutée d’un service non marchand est obtenue par son coût car comme il n’y a pas de marché, il n’y a en effet pas de prix de vente. Par exemple, la valeur ajoutée d’une heure de cours au lycée se calcule à partir du salaire horaire de l’enseignant. Et est-ce qu’il y a alors un lien entre le profit d’une entreprise et la valeur ajoutée ? Il y a effectivement un lien entre profit et valeur ajoutée. Mais attention, ce sont deux notions très différentes. La valeur ajoutée correspond pour une entreprise à la richesse qu’elle a créée. Le profit, quant à lui, représente ce qu’il reste à l’entreprise après avoir payé toutes ses charges dont la rémunération de ses salariés, le paiement de ses impôts etc. Autrement dit, le profit correspond à la valeur ajoutée à laquelle on enlève l’ensemble des charges de l’entreprise. C’est beaucoup plus clair. La valeur ajoutée est une notion économique qui mesure la richesse créée par une entreprise, un secteur ou un agent économique. Quand il n’y a pas de prix de vente, comme pour l’éducation publique par exemple, la valeur ajoutée est calculé par le coût du service rendu. La valeur ajoutée au sens du PIB ne dit rien de la qualité de l’enseignement, mais le salaire de l’enseignant est la meilleur information objective et mesurable du flux économique permettant l’enseignement.

Sep 4, 20232 min

S1 Ep 40Comment protéger son épargne de la déflation ?

Voix : Dorothée Rouzet et Stéphane Déo Texte : Stéphane Déo Comment se protéger de la déflation ? Nous avons vu dans le précédent podcast comment se protéger de l’inflation. Et dans le cas inverse en déflation, c’est-à-dire lorsque les prix baissent, que préconises-tu ? La bonne nouvelle c’est qu’en cas de déflation l’épargnant n’a pas vraiment à se protéger, contrairement aux périodes d’inflation. Imagine que tu as un billet de 100 euros, il y a 10% d’inflation, cela veut dire que dans un an tu pourras acheter 10% de produits en moins avec ce même billet. A l’inverse imagine que nous soyons en déflation, les prix baissent de 10 %, cela veut dire qu’en ne faisant rien, aucun placement, ton billet de 100 euros te permet d’acheter 10 % de produits en plus. Donc j’achète un coffre-fort, je le remplis de billets et c’est tout ? En déflation cela suffit pour s’enrichir oui. « Cash is king » disent les anglais, on peut le traduire par le cash est roi même si ça sonne moins bien en Français. Mais si les banques centrales abaissent anormalement les taux d’intérêt, voire les mettent à des niveaux négatifs, l’argent ne va plus permettre de transférer facilement de la valeur demain. Dans ce cas, les épargnants vont rechercher tout actif alternatif qui leur donnera du rendement, quitte à prendre plus de risque ! En effet, dans le cas des taux très bas, on a l’impression de ne pas gagner grand-chose. Pas forcément. Imagine un monde où les taux d’intérêt sont à 4%, tu es donc bien payée pour ton placement, mais l’inflation est à 6%. En fait chaque année tu peux acheter 2% de biens en moins, tu y perds. C’est une course entre ton épargne et les prix des biens, dans mon exemple ton épargne ne rapporte pas assez par rapport à l’inflation. A l’inverse imagine que les taux soient à un petit 1%, mais que tu vives en déflation avec des prix qui baissent de 1% chaque année. Ta richesse progresse de 1% chaque année et chaque euro te permet d’acheter 1% de biens en plus. En fait, à l’inverse de l’exemple précédent ton pouvoir d’achat progresse de 2% chaque année, malgré des taux beaucoup plus bas. Au final, il ne faut pas regarder uniquement le niveau des taux, mais les taux réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt auxquels on enlève le taux d’inflation. Une période de déflation me semble plus simple pour un épargnant. Il a toujours la possibilité de garder des liquidités, il s’enrichira en ne rien faisant. Mais je retiens ton idée de taux réel, il faut penser en relatif : un taux élevé si l’inflation est encore plus haute va me faire perdre de l’argent.

Sep 1, 20233 min

S1 Ep 39Comment se protéger son épargne de l’inflation ?

Voix : Dorothée Rouzet et Stéphane Déo Texte : Stéphane Déo Comment se protéger de l’inflation ? Je pense que j’ai la réponse à cette question. Finalement c’est assez simple : c’est l’immobilier qui protège le mieux de l’inflation. Oui et non, et ce n’est pas du tout aussi simple que cela. Là où tu as raison c’est que lorsque l’inflation est élevée, les prix de l’immobilier ont tendance à suivre à long terme. Imagine que l’inflation soit à 10%, les loyers progresseront en parallèle, et les prix immobiliers aussi. L’immobilier est ce que l’on appelle un actif réel, tu achètes de la pierre et la valeur de la pierre ne dépend pas de celle de la monnaie. C’est pour cela qu’on a tendance à dire que l’immobilier protège de l’inflation. Mais alors pourquoi a tu commencé ta réponse à ma question par « oui et non » ? Juste pour le plaisir de me contredire ? Comme je l’ai dit, L’immobilier est une protection à long terme contre l’inflation. Mais à court terme, surtout si les prix immobiliers sont déjà élevés, ils peuvent ne pas suivre l’inflation. Un choc inflationniste soudain peut également retarder l’augmentation des loyers et faire exploser les taux d’intérêt, ce qui réduit le montant qu’un acheteur peut emprunter. Donc l’immobilier est un bon investissement à long terme, notamment lorsque l’inflation est stable et élevée, mais un mauvais investissement lors d’un choc inflationniste soudain, surtout si l’immobilier était déjà en bulle. Mais alors que faut-il faire alors ? Historiquement un autre actif réel qui protège relativement bien ce sont les actions. C’est un peu le même raisonnement qu’avec les loyers, l’inflation se sont des prix qui montent, donc des entreprises qui vendent plus cher. En achetant ces entreprises, donc des actions, on s’expose directement à l’inflation. Je suis étonné que tu ne parles pas de l’or ? Un historien a montré qu’un GI gagne à peu près autant qu’un légionnaire romain si on calcule le poids d’or qu’ils peuvent acheter avec leurs soldes. Sur 2000 ans l’or est donc une merveilleuse protection contre l’inflation. Malheureusement mon horizon de placement est un peu plus court, quelques années. Quelques décennies si je pense à ma retraite. Et sur ces périodes plus courtes l’or est beaucoup plus erratique, il peut fournir une bonne protection contre l’inflation, mais les contres exemples abondent. C’est plus compliqué qu’il n’y parait ! Ce que je retiens c’est que se protéger de l’inflation est difficile. Les actifs réels comme l’immobilier ou les actions offrent une certaine protection, mais elle n’est pas parfaite !

Aug 31, 20232 min

S1 Ep 38L’inflation a-t-elle un impact sur les régimes des marchés financiers ?

Voix : Dorothée Rouzet et Stéphane Déo Texte : Pierre-Olivier Beffy L’inflation a-t-elle un impact sur les régimes des marchés financiers ? L’inflation est une donnée économique très importante pour une économie, on imagine que cela à un impact important sur le régime des marchés financiers, notamment le marché obligataire où les épargnants vont vouloir protéger leur épargne de l’inflation ? En effet, on peut observer deux régimes de long terme sur les marchés obligataires. Mais cela dépend davantage de la réaction des banques centrales à l’inflation que de l’inflation elle-même. Par exemple, après les chocs pétroliers des années 1970 et la très forte hausse de l’inflation, les banques centrales ont décidé de combattre l’inflation coûte que coûte. Elles ont augmenté très fortement les taux d’intérêt court, ce qui a également poussé les taux longs à la hausse. Mais au fur et à mesure que l’inflation reculait sous l’effet de la politique monétaire initialement très restrictive, les taux ont graduellement reflué. C’est ce qu’on a observé entre 1982 et 2020 dans la plupart des pays développés. C’était donc une très bonne période pour la valorisation des obligations dont la valeur monte quand les taux baissent. Mais quand le risque n’est pas l’inflation mais au contraire la déflation, l’effet est inverse, non ? Lorsque la banque centrale stimule fortement l’économie, en permettant aux entreprises et aux ménages d’emprunter pas cher, l’inflation progresse ? Et s elle est trop forte, la banque centrale essaiera de la limiter en augmentant les taux d’intérêts d’emprunts C’est bien ça ? Tout à fait ! Après la crise financière de 2008, les banques centrales ont abaissé les taux autour de 0. Elles ont aussi imprimé beaucoup de monnaie. Si cela n’a pas eu un impact immédiat sur l’inflation, on voit quand même que l’inflation semble redevenir plus structurelle même avant la crise Covid. On est sans doute rentré sur une longue période de montée des taux comme dans l’après-guerre, même s’il y aura bien sûr des variations à court terme. Les marchés obligataires sont-ils les seuls impactés par l’inflation ? Non ! On peut citer un cas très concret : la corrélation entre les actions et les obligations. Quand le risque est l’inflation, une hausse de l’inflation est mauvaise pour les actions puisque le risque d’inflation hors de contrôle augmente. La hausse de l’inflation fait dans le même temps monter les taux obligataires. Dans ce cas, quand les taux montent, les actions baissent et vice versa. En revanche, quand le risque est la déflation, une hausse de l’inflation fait toujours monter les taux, mais elle est cette fois bonne pour les actions qui voient le risque de déflation s’éloigner. Dans ce cas, les taux et les actions varient dans le même sens ! Donc si je résume, l’inflation a un impact sur le régime des marchés obligataires. Les longues périodes de désinflation sont favorables au marché obligataire, contrairement aux régimes de remonté de l’inflation. Et suivant le risque d’inflation ou de déflation, la corrélation entre les marchés actions et les marchés obligations va être structurellement positive ou négative.

Aug 30, 20233 min

S1 Ep 37Est-ce que les taux d’intérêt montent quand l’inflation monte ?

Voix : Dorothée Rouzet et Stéphane Déo Texte : Clémentine Gallès  Est-ce que les taux d’intérêt montent quand l’inflation monte ? Quand on entend parler d’inflation, on entend très souvent parler de taux d’intérêt et de leur éventuelle hausse. Peux-tu nous expliquer en quoi inflation et taux d’intérêt sont liés ? L’inflation et les taux d’intérêt donnent des indications sur l’évolution de la valeur de la monnaie. Imaginons que j’ai de la monnaie dans mon porte-monnaie. S’il y a de l’inflation entre aujourd’hui et demain, ma monnaie va perdre de la valeur. Je pourrais donc acheter moins de choses demain qu’aujourd’hui avec la même quantité de monnaie. De l’autre côté, le taux d’intérêt représente ce que peut rapporter cette monnaie si je l’épargne. Si je prête de la monnaie aujourd’hui, je peux récupérer demain le même montant en bénéficiant d’un petit bénéfice correspondant au paiement de l’intérêt. A l’inverse, si je n’ai pas d’argent aujourd’hui, le taux d’intérêt représente ce que cela me coûterait d’en emprunter aujourd’hui pour le rembourser demain. On comprend bien que ces notions sont intrinsèquement liées. Que se passe-t-il si l’inflation augmente, est-ce que les taux d’intérêt augmentent mécaniquement ? Si l’inflation augmente, les taux d’intérêt ont en effet tendance à progresser. S’il y a plus d’inflation, la valeur de la monnaie baisse plus. Dans ce cas, les investisseurs vont demander une rémunération plus importante pour prêter leur monnaie. Ils ne vont prêter leur monnaie qu’en échange de taux d’intérêt plus élevés pour augmenter leur revenu demain et donc compenser la perte de valeur de la monnaie dans le temps. Evidemment, cela dépend du contexte qui explique la progression de l’inflation. Ce sera particulièrement le cas dans un contexte où l’inflation augmente parce que l’activité économique va bien. A l’inverse si la hausse de l’inflation est seulement transitoire ou dans un contexte économique morose, l’impact de l’inflation sur les taux d’intérêt pourra être différent. Relever brutalement les taux d’intérêt pourrait casser une activité déjà fragilisée par la baisse de la consommation provoquée par l’augmentation des prix. Dans ce contexte, quel est le rôle des banques centrales ? on a vu que pour agir sur l’inflation les banques centrales agissent sur les taux d’intérêt de très court terme. Si l’inflation progresse, les investisseurs vont anticiper que la banque centrale va vouloir agir pour freiner l’inflation, en augmentant les taux d’intérêt directeurs, à savoir les taux d’intérêt de très court terme. Cela va accentuer le mouvement d’augmentation des taux d’intérêt en cas d’inflation. Je comprends que le taux d’intérêt progresse quand il y a plus d’inflation, car les investisseurs veulent que la perte de valeur de leur monnaie soit compensée. C’est d’autant plus vrai que les banques centrales ont tendance à lutter contre l’inflation en augmentant les taux d’intérêt de très court terme. Par contre, cette progression n’est pas mécanique, elle dépend de la nature du choc inflationniste et de son impact dans le temps.

Aug 29, 20233 min