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Les podcasts de l'éco à venir

Les podcasts de l'éco à venir

183 episodes — Page 2 of 4

S4 Ep 32C’est quoi la dollarisation ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : José Bardaji et Timothée Waxin J’aimerais savoir : c’est quoi la dollarisation ? La dollarisation est un terme générique qui caractérise les pays dont les transactions financières se réalisent dans une devise étrangère, sans qu’il s’agisse pour autant du dollar américain. Peux-tu nous en dire davantage ? Oui ! La dollarisation peut revêtir différentes formes. Dans une dollarisation partielle, la devise étrangère circule parallèlement à la monnaie domestique. Il s’agit d’un processus informel, plus ou moins souterrain, de substitution monétaire. L’exemple type est celui des pays latino-américains dans les années 1970 et 1980 en proie à une inflation galopante. Face à une perte de confiance dans leur propre monnaie, les agents privés se sont mis à utiliser le dollar comme unité de compte mais également comme monnaie de transaction, en particulier pour l’acquisition de biens de consommation durables onéreux. On parle de dollarisation intégrale lorsqu’un pays adopte le dollar américain comme monnaie officielle. Dans le premier cas, la dollarisation est plutôt subie alors que dans le cas d’une dollarisation officielle, elle est voulue. Mais quels sont les inconvénients de la dollarisation ? En se dollarisant, un pays renonce à sa capacité à mener une politique monétaire indépendante. Cela signifie qu’il ne peut pas ajuster les taux d’intérêt ou la masse monétaire pour répondre aux conditions économiques spécifiques du pays. Il devient donc dépendant de la politique monétaire américaine, mais également du contrôle américain sur la monnaie. En outre, il perd ses revenus issus de l’émission monétaire. Cela fait beaucoup d’inconvénients ! Oui et c’est pour cela que la dollarisation officielle n’existe pas vraiment. Il est difficile de renoncer au privilège de battre la monnaie, même si la dollarisation peut permettre une certaine stabilité de change. En résumé, si la dollarisation officielle est rare, la dollarisation partielle est plus fréquente. Elle est subie par un pays dont la crédibilité de la monnaie s’effondre. À moyen-long terme, elle ne peut constituer une solution car elle s’accompagne d’une perte de souveraineté et d’indépendance de la politique monétaire nationale.

Sep 9, 20242 min

S4 Ep 31La Banque centrale peut-elle effacer les dettes publiques ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : la Banque centrale peut-elle effacer les dettes publiques ? Suite à la crise financière de 2008 et la crise sanitaire, les dettes publiques ont considérablement augmenté. Au point de fragiliser les finances publiques et de limiter les marges de manœuvre financière de la puissance publique. Pour alléger le fardeau de la dette, qui pèse sur les prochaines générations, certains suggèrent que la banque centrale efface la dette publique. Est-ce possible ? Une banque centrale a théoriquement la capacité d’effacer la dette d’un gouvernement en achetant des obligations du gouvernement et en choisissant de ne pas exiger le remboursement. Cependant, dans la pratique, il s’agit d’une mesure extrême qui est généralement évitée et ce, pour plusieurs raisons importantes. D’abord, cette opération est parfois tout simplement interdite, comme dans le cas de la Banque centrale européenne. Ensuite, il y a un risque d’effondrement de la confiance en la monnaie. Enfin, cela crée un précédent dangereux qui pourrait conduire les gouvernements à dépenser sans compter et à entrainer l’économie en hyper-inflation. Donc ce n’est pas possible d’effacer purement et simplement la dette ! Tout à fait. Mais ce n’est pas très important ! Il n’est pas nécessaire pour une banque centrale de ne pas exiger le remboursement d’une dette publique pour effacer dans les faits une partie de la dette. Je m’explique… Si la banque centrale achète une partie de la dette publique et la garde pour toujours dans son bilan, cette dette achetée est de facto effacée. Elle n’existera plus dans le marché… Oui mais l’Etat va continuer à payer des taux d’intérêt à la banque centrale ! C’est vrai, mais ces taux d’intérêt constituent un revenu pour la banque centrale et donc gonfle ses profits. Et comme les profits sont donnés chaque année aux gouvernements, les taux d’intérêt lui sont reversés ! C’est comme si le gouvernement empruntait à taux 0 sur la partie de la dette publique détenue par la banque centrale. C’est une formule qui semble magique ! Attention, il n’y a pas d’argent magique en économie. La banque centrale peut neutraliser une partie de la dette publique, mais les citoyens le paieront à long terme avec de l’inflation et une perte de pouvoir d’achat de leur monnaie. Et cela peut être pire si l’Etat n’a pas une politique budgétaire raisonnable. Si l’Etat dépense sans compter et force la banque centrale à acheter les obligations publiques, on se retrouve dans l’hyper-inflation et la crise monétaire. Donc si je résume, il est contre-productif d’effacer purement et simplement une dette publique. Il suffit que la banque centrale garde indéfiniment dans son bilan les obligations souveraines achetées, ce qui revient dans les faits à neutraliser une partie de la dette publique. Mais ce n’est pas une formule magique ! La crédibilité de la monnaie dépend de la bonne gestion des finances publiques et de la confiance accordée à la monnaie. Donc, la banque centrale ne peut pas financer sans cesse des déficits publics sans conséquences réels négatives sur le pouvoir d’achat des citoyens.

Sep 4, 20242 min

S4 Ep 30Comment marche l’assouplissement quantitatif ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : Dorothée Rouzet et José Bardaji J’aimerais savoir : comment marche l’assouplissement quantitatif ? L’assouplissement quantitatif, ou QE, c’est-à-dire « Quantitative Easing » en anglais, fait référence à une politique monétaire non-conventionnelle menée par une banque centrale. Elle la met en place lorsque ses outils plus conventionnels ne marchent plus. Peux-tu nous en dire davantage ? Prenons l’exemple de la crise de 2008. Après l’éclatement de la crise financière, les banques centrales des économies avancées ont abaissé leurs taux directeurs à des niveaux proches de zéro. Mais devant la profondeur de la crise économique, elles se sont tournées vers l’utilisation d’outils non conventionnels comme l’assouplissement quantitatif. Alors précisément, c’est quoi l’assouplissement quantitatif ? L’assouplissement quantitatif implique l’achat d’actifs financiers sur les marchés par la banque centrale. Ce sont généralement des obligations du gouvernement mais parfois aussi des actifs plus risqués comme des actions ou des obligations d’entreprises. Ces achats augmentent la quantité de monnaie en circulation et visent à faire baisser les taux d’intérêt à long terme, à stimuler les investissements et les dépenses et à augmenter l’inflation. Et l’assouplissement quantitatif est-il réversible ? Déjà, les programmes d’assouplissement quantitatif ont pris fin dans beaucoup de pays. Quand une banque centrale veut faire l’inverse, on parle de resserrement quantitatif, ou QT, c’est-à-dire « Quantitative Tightening » en anglais. Il s’agit d’une mesure restrictive de politique monétaire, se matérialisant notamment par la réduction de la taille du bilan de la Banque centrale. La banque centrale peut cesser ses achats de titres et laisse les obligations acquises arriver à échéance. Elle peut même directement vendre sur les marchés financiers. Mais le resserrement quantitatif est risqué et la banque centrale peut faire des pertes si le prix des actifs a baissé, ce qui est le cas au moment où nous enregistrons ce podcast en 2024, avec les obligations d’Etat dont les taux ont beaucoup monté. En résumé, le resserrement quantitatif fonctionne comme l’inverse de l’assouplissement quantitatif. Par la réduction du bilan de la Banque Centrale, les taux d’intérêt de moyen et long terme sont mécaniquement tirés à la hausse, renchérissant le coût du capital et pesant sur l’investissement et, en corollaire, sur la croissance pour, in fine, baisser le niveau de l’inflation.

Sep 2, 20242 min

S4 Ep 29Conséquences des crises bancaires et financières

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : José Bardaji et Timothée Waxin J’aimerais savoir : quelles sont les conséquences des crises bancaires et financières ? Les crises bancaires et financières peuvent entraîner des conséquences majeures, tant sur le plan économique que social. Peut-être le plus simple est de partir de la crise bancaire et financière de 2007-2008. Pourquoi la crise bancaire et la crise financière sont-elles liées ? À la suite de l’effondrement du marché immobilier américain, une grande quantité de titres dits « toxiques » car trop risqués détenus par les banques ont perdu énormément de valeur. Cela a conduit les banques à des pertes très importantes. Afin de contenir l’hémorragie de leurs bilans, les banques ont vendu une partie de leurs actifs les plus liquides contribuant ainsi à exacerber la déroute générale des marchés financiers. Il a fallu une intervention extraordinaire de la Banque centrale américaine. Mais Lehman Brothers, une des plus grandes banques américaines n’a pas résisté à la faillite. Elle a eu des conséquences économiques et sociales importantes également ? Oui, cette crise financière s’est rapidement transformée en une crise économique mondiale qualifiée de grande récession, en écho à la grande dépression qui correspondait à la crise la plus grave de 1929. En effet, les banques ont arrêté de prêter à l’économie, certains épargnants ont perdu une partie de leurs économies. Plus généralement, les crises bancaires et financières provoquent une récession économique ce qui entraine une augmentation du chômage. Dans le cas de la Zone euro, la crise de 2008 a également alimenté ce qui deviendra quelques années plus tard la crise des dettes souveraines (Grèce, Portugal, Irlande puis Italie et Espagne). Tu viens de parler des conséquences immédiates, mais y a-t-il des conséquences à long terme ? Les crises bancaires et financières peuvent en effet avoir des effets durables sur l’économie. Par exemple, après la crise financière mondiale de 2008, de nombreux pays ont connu une croissance lente et des niveaux élevés de chômage pendant plusieurs années. Les difficultés économiques peuvent enfin conduire à des tensions sociales, à des protestations et à des changements politiques, notamment si la population considère que le gouvernement a mal géré la crise. En résumé, les crises bancaires et financières ont des conséquences brutales sur les économies, tant les banques et le monde de la finance sont indispensables pour irriguer toute l’économie, c’est à dire les entreprises, les ménages et les administrations publiques. Le soutien massif des pouvoirs publics à ces établissements en 2008 a constitué un préalable au rétablissement des économies, mais la crise laisse des traces durables tant économiques que politiques et sociales.

Jul 23, 20242 min

S4 Ep 28Les crises bancaires sont-elles inévitables ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : José Bardaji et Timothée Waxin J’aimerais savoir : les crises bancaires sont-elles inévitables ? C’est une question complexe ! A chaque crise bancaire, on trouve toujours des experts pour nous expliquer que ce sera la dernière… mais les crises bancaires sont récurrentes. Alors commençons par le début : pourquoi connaît-on des crises bancaires ? Très bonne question ! Les banques sont intrinsèquement liées à l’économie et les marchés financiers. Cela veut dire que tout problème systémique a tendance à avoir un impact sur la stabilité du système bancaire. Et puis les banques, comme toute entreprise, prennent des risques pour réaliser des profits. Ces risques peuvent parfois conduire à des problèmes financiers et à des crises. Par exemple, la crise financière de 2008 a été largement attribuée à des prises de risque excessives par les banques dans le domaine des prêts hypothécaires immobiliers à haut risque. Justement, si on parle de la crise financière de 2008, on a aujourd’hui une régulation plus stricte des banques : donc il y a désormais moins de risque de crise bancaire… Tu as raison, la régulation financière vise à minimiser le risque de crises bancaires en imposant des exigences en matière de capital, de liquidité, et en supervisant les activités des banques. Elle a été fortement renforcée après la crise de 2008. Cependant, la régulation peut ne pas toujours être efficace ou adaptée, elle est parfois relâchée car on a oublié certains risques ou que des risques nouveaux sont apparus depuis la mise en place des nouveaux garde-fous. Comme dans le dopage sportif, la régulation, autrement dit la loi, peut parfois être contournée. C’est d’autant plus vrai qu’elle a du mal à anticiper les problèmes de marchés financiers de plus en plus complexes. Et concrètement, au niveau européen, comment se passe la régulation ? L’Union bancaire dote la zone euro d’un système de supervision et d’un dispositif de prévention et de gestion des crises bancaires uniques au monde. L’Union bancaire s’articule autour de 3 piliers : le mécanisme de supervision unique (MSU) qui place plus d’une centaine de banques sous supervision directe de la Banque centrale européenne ; le mécanisme de résolution unique (MRU) vise à mettre en place un cadre pour la résolution ordonnée des banques en difficulté en limitant la charge susceptible de peser sur les contribuables ; le système de garantie des dépôts. Je comprends. Donc, si je résume, bien que les crises bancaires ne soient peut-être pas absolument « inévitables », l’histoire a montré qu’elles étaient récurrentes. Cela dit, une régulation efficace, une transparence accrue, et une gestion prudente du risque peuvent réduire leur fréquence et leur gravité. Retrouvons-nous au prochain podcast où nous allons parler plus précisément des conséquences des crises bancaires.

Jul 16, 20242 min

S4 Ep 27Le Dollar, un privilège exorbitant ?

Voix : Dorothée Rouzet et José Bardaji Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : pourquoi le dollar constitue un immense atout pour les Etats-Unis ? Dans l’histoire, des monnaies ont eu des positions uniques et puissante dans le système financier mondial. Aujourd’hui, c’est le Dollar américain qui joue ce rôle ? Tout à fait ! La position dominante des États-Unis au sortir de la Seconde Guerre mondiale lui a permis d’imposer sa monnaie, le Dollar, comme monnaie de référence dans le monde. Par exemple en 2023, plus de 60 % des réserves de changes des banques centrales dans le monde étaient détenues en dollars américains. Le dollar représente aussi 88% des transactions de changes et la plupart des transactions en matières premières. Les Etats-Unis restent au moment où nous enregistrons ce podcast la première puissance économique et militaire dans le monde. C’est ce qui explique la confiance que le reste du monde accorde à leur monnaie Pourquoi parle-t-on de « privilège exorbitant » du dollar ? C’est Valéry Giscard d’Estaing, ministre des Finances sous la présidence du général de Gaulle, qui l’a qualifié ainsi en parlant du dollar. En devenant la monnaie du monde, le dollar est demandé par toute la planète. Cela permet aux Etats-Unis d’entretenir un déficit extérieur permanent et de bénéficier de taux d’intérêt plus bas. Fondamentalement, cela veut dire que les autorités américaines, qui émettent le dollar, tire un revenu de l’utilisation de la monnaie par le reste du monde. Mais suite aux sanctions américaines sur la Russie, certains pays ont émis le souhait d’une dédollarisation du système financier mondial pour se protéger de sanctions américaines. Et puis la Chine essaie aussi d’imposer sa monnaie dans de plus en plus de pays et de transactions. Le Dollar va-t-il garder son statut ? Il est vrai que le privilège du dollar n’est pas sans controverse. Il crée des inégalités de pouvoir économique entre nations et pose des questions sur la justice et l’équité dans le système financier mondial. Dans un monde interconnecté, la question du privilège exorbitant reste donc plus pertinente que jamais. Aujourd’hui seule la Chine paraît pouvoir remettre en question le statut du dollar à long terme, en raison de son poids dans le commerce international. Mais la Chine n’est pas prête à abandonner totalement les contrôles de capitaux, et elle manque de transparence, de fiabilité et de marchés financiers développés. La route reste longue pour remplacer le dollar. En résumé, le dollar est la monnaie dominante du monde parce que les États-Unis demeurent la première puissance économique mondiale et aussi parce qu’il n’a pas de vrai rival. L’irruption des cryptomonnaies et l’essor de l’euro comme du yuan n’y ont presque rien changé pour l’instant : la domination du dollar sur le système monétaire international reste écrasante. Cela risque de le rester encore longtemps, au point pour le privilège exorbitant de paraître pour certains exaspérant !

Jul 9, 20242 min

S4 Ep 26Une banque centrale peut-elle faire faillite ?

Voix : Martine Carré-Talon et Salvatore Serravalle Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Une banque centrale peut-elle faire faillite ? Etant donné qu’une banque centrale est directement chargée de la politique monétaire, peut-on envisager qu’une banque centrale fasse faillite ? En effet, une banque centrale ne peut en principe pas faire faillite. Elle peut toujours émettre sa propre monnaie pour remplir ses obligations dans cette monnaie. Par contre, une émission excessive peut entraîner une perte de confiance dans la monnaie, ce qui peut provoquer de l’inflation voire de l’hyperinflation. La valeur réelle de la monnaie peut alors beaucoup chuter, ce qui est très préjudiciable à la banque centrale. Tu as spécifié qu’elle ne pouvait « en principe » pas faire faillite. Y a-t-il donc des situations dérogeant à cette règle ? En effet ! La banque centrale peut toujours émettre sa monnaie, mais pas une monnaie étrangère. Si une banque centrale a des obligations en devises étrangères et qu’elle ne dispose pas des réserves nécessaires, elle pourrait se trouver dans une situation où elle ne peut pas honorer ces obligations. C’est différent d’une faillite au sens traditionnel, mais cela pourrait être perçu comme un défaut de paiement de la banque centrale et donc du pays. Même dans ce cas, ce n’est pas vraiment une faillite mais un défaut de paiement. On voit bien que le concept de faillite n’est pas très adapté à une banque centrale. Il est vrai que la faillite est généralement un processus juridique. Les banques centrales, en tant qu’institutions publiques ou quasi publiques, sont souvent régies par des règles et des structures juridiques différentes. Dans de nombreux pays, la législation pourrait ne pas prévoir de mécanisme permettant la faillite d’une banque centrale. Si je résume, même si une banque centrale peut rencontrer des problèmes financiers, ou même si les gens commencent à douter d’elle, elle ne fait pas faillite comme une entreprise normale. Pourquoi ? Parce qu’elle a le pouvoir unique de créer sa propre monnaie. Donc, la faillite, comme on l’entend habituellement, ça ne s’applique pas vraiment à elles.

Jul 1, 20242 min

S4 Ep 25Les banques centrales sont-elles efficaces ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle Les banques centrales sont-elles efficaces ? Dirais-tu, au regard des objectifs de stabilité des prix, de croissance économique et de stabilité financière des banques centrales, qu’elles sont efficaces ? C’est une question plus difficile qu’il n’y paraît. Il y a beaucoup de débat sur l’efficacité des banques centrales car il dépend de l’objectif, de la période d’analyse et de paramètres extérieurs à la banque centrale. Si on considère l’inflation, les banques centrales font plutôt un bon travail, mais cela n’empêche pas l’inflation de parfois baisser dangereusement, ou au contraire d’exploser à la hausse comme après la crise sanitaire. Les chocs sont parfois violents et la banque centrale ne peut pas tout anticiper. Et au niveau de la stabilité financière ? La banque centrale contrôle une partie du processus de régulation financière. Mais des choix politiques peuvent conduire à des situations de manque de régulation et donc à des crises financières. Parfois de nouveaux outils financiers sortent également du champ de la régulation et déstabilise le système financier. Au final, la banque centrale est souvent efficace à jouer les pompiers de service, mais elle n’empêche pas les crises financières de réapparaitre. En fait, les banques centrales ne sont pas seules à agir sur l’inflation, la croissance et la régulation… C’est vrai et c’est l’enjeu d’une bonne articulation entre notamment politique budgétaire et monétaire. On sait par exemple qu’une partie de l’inflation provient des plans de soutien budgétaire qui ont été mis en place pour relancer les économies après la crise de la Covid. Continuer le soutien budgétaire alors que la banque centrale resserre la politique monétaire n’est pas forcément idéal pour combattre l’inflation. Si on résume, les banques centrales ne peuvent pas anticiper tous les chocs. Elles vont donc essayer d’atteindre leurs objectifs en moyenne, mais pas au jour le jour. En plus, l’efficacité des banques centrales ne dépend pas que d’elles mais aussi des politiques régulatoires et budgétaires qui peuvent parfois être contradictoires avec leurs objectifs principaux.

Jun 24, 20242 min

S4 Ep 24Quels sont les instruments de politique monétaire ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Salvatore Serravalle 5c Quels sont les instruments de la politique monétaire ? On a vu dans un précédent épisode que les banques centrales poursuivaient plusieurs objectifs, stabilité des prix, croissance économique et stabilité financière. Mais quels sont les instruments dont elle dispose pour les atteindre ? L’instrument de base d’une banque centrale pour mener sa politique monétaire, c’est le taux d’intérêt. En ajustant ses taux d’intérêt, c’est à dire en jouant sur le coût du crédit, une banque centrale influence les décisions de consommation et d’investissements. Quand l’inflation est jugée trop élevée, les banques centrales augmentent le coût du crédit pour inciter les ménages et les entreprises à moins dépenser et investir. La baisse de la demande qui en résulte doit normalement faire reculer l’inflation. Mais parfois le taux d’intérêt ne suffit pas, comme on a pu le voir après la crise de 2008. N’a-t-il pas fallu inventer d’autres instruments ?  En effet, puisqu’il n’est a priori pas possible pour une banque centrale de diminuer le taux d’intérêt nettement en-dessous de 0%, cet instrument peut perdre de son efficacité lorsque que ce seuil est atteint mais que l’inflation reste à un niveau jugé trop bas. La banque centrale peut alors directement contrôler la quantité de monnaie qu’elle émet plutôt que son prix, c’est-à-dire le taux d’intérêt. Comment fait-elle exactement ? Quand la banque centrale veut augmenter la monnaie dans le système économique et financier, elle achète des actifs financiers tels que des obligations souveraines, c’est-à-dire émises par les Etats. En procédant ainsi, la banque centrale permet aux Etats de s’endetter sans risque puisque la dette qu’ils émettent trouve preneurs. C’est ce qu’on appelle l’assouplissement quantitatif ou quantitative easing en Anglais. Cet instrument, mobilisé en 2015 à l’initiative de Mario Draghi, alors Gouverneur de la Banque Centrale Européenne, est considéré comme celui qui a permis aux pays de la Zone euro de sortir de la crise économique dans laquelle ils étaient plongés depuis plusieurs années. Donc si je résume, la banque centrale a comme outil le taux d’intérêt et son bilan qui lui permet d’intervenir sur les marchés financiers et de modifier la quantité de monnaie en circulation dans l’économie et le système financier. Cela fait au final assez peu d’outils par rapport à l’ensemble de ses missions. Nous allons y revenir dans le prochain podcast sur l’efficacité des banques centrales.

Jun 17, 20242 min

S4 Ep 23Quels sont les objectifs des banques centrales ?

Voix : Martine Carré-Talon et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir : quels sont les objectifs des banques centrales ? On entend souvent dire que la mission principale des banques centrales est d’assurer la stabilité des prix. Mais est-ce vraiment son unique objectif ? Assurer la stabilité des prix, c’est à dire maintenir l’inflation à un niveau considéré comme raisonnable est un objectif commun des banques centrales. Dans le cas de la Banque Centrale Européenne, la BCE, c’est même son objectif principal et il a une valeur juridique puisqu’il est inscrit dans le traité de Maastricht. Mais les banques centrales peuvent avoir d’autres objectifs tout aussi importants tels que soutenir la croissance économique et assurer la stabilité financière. Comment s’y prennent-elles pour concilier ces différents objectifs ? C’est vrai que ces objectifs peuvent parfois être contradictoires. Par exemple, lutter contre l’inflation peut freiner la croissance économique et soutenir la croissance peut avoir tendance à créer de l’inflation.  Dans le cas de la Banque Centrale Européenne, la croissance économique est un objectif secondaire, qui ne doit être poursuivi qu’à la condition que la stabilité des prix soit garantie. La Réserve fédérale américaine met quant à elle les objectifs de stabilité des prix et de croissance économique sur un pied d’égalité. Et la stabilité financière alors ? Cet objectif, qui consiste à assurer que le système financier est capable de résister aux chocs économiques, a été considérablement renforcé à la suite de la crise financière mondiale de 2008. Mais de nouveau, concilier stabilité des prix et stabilité financière peut s’avérer compliqué. Lutter pour la stabilité des prix peut se faire au prix de risques accrus pour les acteurs financiers. C’est tout l’enjeu des politiques monétaires menées depuis 2022 face au retour de l’inflation à des niveaux très élevés. On a vu que dans certains cas, certaines banques américaines mal préparées ont été mises en faillite en raison de la hausse des taux d’intérêt. Donc si je résume, l’objectif principal des banques centrales est de maintenir l’inflation à un niveau jugé raisonnable. Soutenir la croissance économique et assurer la stabilité financière sont aussi des objectifs importants, mais tous ces objectifs ne sont pas toujours compatibles.

Jun 5, 20242 min

S4 Ep 22Histoire des banques centrales

Voix : Martine Carré-Talon et Salvatore Serravalle Texte : Jean-Baptiste Pethe J’aimerais tout savoir sur l’historique des banques centrales Quand et pourquoi les premières banques centrales sont-elles apparues ? La première banque centrale à voir le jour est la Riksbank en Suède en 1668. La Banque d’Angleterre suivra en 1694. Dans les deux cas, ces institutions sont créées pour prêter de l’argent à l’Etat et sont détenues par des investisseurs privés. En France, c’est Napoléon qui crée la Banque de France en 1800, principalement pour mettre de l’ordre dans l’émission de billets de banque et restaurer la confiance dans le papier-monnaie. A cette époque, les assignats, c’est-à-dire la monnaie créée lors de la révolution française, ne valant plus rien, les Français avaient perdu toute confiance dans leur monnaie. A titre de comparaison, rappelons que la première banque privée fut créée à Venise en 1151. Elle permit de financer le développement du commerce mais aussi des croisades. Les banques centrales sont une invention assez moderne en fait. Mais peut-on vivre sans banque centrale ? Oui, tout à fait ! Les Etats-Unis y sont très bien parvenus jusqu’à la création de la Réserve Fédérale en 1913. Mais vivre sans banque centrale devient de plus en plus compliqué avec le développement du système financier. Sans banque centrale, la confiance dans la monnaie, le financement de l’Etat et plus globalement de l’économie est très compliqué. Il faut des règles communes pour instaurer la confiance. Aux Etats-Unis, la création de la Réserve fédérale fut une réponse aux crises de liquidité bancaires majeures connues en 1890 et en 1907, crises qui ont provoqué des dégâts économiques sévères. Est-ce que le rôle des banques centrales a évolué depuis leur création ? Les banques centrales ont d’abord été créées pour prêter de l’argent à l’Etat, organiser l’émission de monnaie et gérer les réserves d’or des pays. A la fin du XIXème siècle, elles deviennent prêteuses en dernier ressort, c’est-à-dire qu’elle peuvent prêter de l’argent même si les banques commerciales ne le peuvent plus. Cela permet d’éviter les paniques bancaires, selon les principes théorisés par l’économiste anglais Walter Bagehot. Dans la deuxième partie du XXème siècle, elles développent fortement leur mandat de lutte contre l’inflation et acquièrent une certaine indépendance vis-à-vis des Etats. Donc si je résume, les banques centrales ont commencé à apparaître au 17e siècle. Initialement, elles permettaient de financer les Etats et de mettre de l’ordre dans la gestion de la monnaie des pays. Progressivement, leur rôle a évolué. Elles sont aussi responsables du financement de l’économie, de la maitrise de l’inflation et garantes de la stabilité financière.

Jun 4, 20243 min

S4 Ep 21La banque centrale, banque des banques

Voix : Clémentine Gallès et Timothée Waxin Texte : Aimé Jean J’aimerais savoir : la banque centrale, Banque des banques On dit parfois que la banque centrale est la banque des banques. Mais avant d’expliquer d’où vient cette expression, peux-tu rappeler le rôle d’une banque centrale ? Bien sûr, une banque centrale est une institution financière chargée de conduire la politique monétaire d’un pays ou d’une zone économique. Chaque banque centrale a des missions différentes suivant la zone économique, mais elles ont toutes comme mission commune de gérer le niveau d’inflation. Par exemple en Zone euro, la Banque centrale européenne doit maintenir un taux d’inflation à 2% en moyenne. Comment font les banques centrales pour remplir leurs missions ? Leur outil principal est de monter ou descendre les taux directeurs. La banque centrale choisit les taux auxquels elle va prêter de la monnaie aux banques commerciales. Par effet de ricochet, les changements de taux de la banque centrale se répercutent ainsi sur les taux d’intérêt des crédits accordés par les banques commerciales aux ménages et aux entreprises. C’est donc la banque centrale qui va avoir un impact sur tous les taux des banques commerciales. Donc c’est parce qu’elle contrôle plus ou moins les taux des prêts des banques commerciales qu’on appelle la banque centrale la banque des banques ? Il y a un autre point essentiel : les banques commerciales peuvent créer de la monnaie, mais pas aussi librement qu’une banque centrale. La banque centrale peut instantanément émettre une quantité infini de monnaie. C’est un pouvoir considérable qui lui permet d’ailleurs de fournir de la liquidité aux banques commerciales si elles en ont urgemment besoin. La banque centrale est donc aussi la banque des banques, car contrairement aux banques commerciales, elle n’a pas de risque de liquidité en monnaie domestique. Merci donc si je résume, les banques centrales sont des institutions qui prêtent de la monnaie aux banques commerciales. Elle a une influence sur le taux des prêts des banques commerciales et a beaucoup moins de limites pour créer de la monnaie qu’une banque commerciale. C’est de là que vient le terme « banque des banques ».

May 29, 20242 min

Risque de liquidité et de solvabilité

Voix : Clémentine Gallès et Timothée Waxin Texte : Aimé Jean J’aimerais savoir : risque de liquidité et de solvabilité Il arrive que des banques commerciales fassent faillite. La défaillance d’une banque est davantage due à une crise de liquidité que de solvabilité. Peux-tu expliquer la différence entre ces deux notions ? Il existe deux risques principaux pour une banque commerciale : le risque de liquidité et le risque de solvabilité. Le risque de liquidité correspond au fait que la banque n’a pas assez de liquidité, c’est-à-dire d’argent disponible immédiatement face aux retraits de dépôts de ses clients. C’est un risque très dangereux, car si les clients ont l’impression qu’ils ne peuvent plus disposer de leur argent librement, ils peuvent se mettre à retirer leurs dépôts tous en même temps parce qu’ils n’ont plus confiance dans la banque. Cette panique bancaire est fatale car une banque sans dépôt ne peut plus faire son travail. Et le risque de solvabilité ? La solvabilité désigne la capacité de payer ses dettes à terme. Pour une banque, cela implique que le montant de ses actifs est supérieur à celui de ses dettes. Une banque peut avoir un problème de solvabilité si elle a par exemple prêté à des ménages, des entreprises, ou d’autres institutions, qui ne peuvent pas lui rembourser le crédit. Pour couvrir ce risque de crédit, les banques commerciales prennent une marge sur le taux d’intérêt auquel elles peuvent prêter, afin d’éponger les pertes dues aux mauvais prêts. Mais y a-t-il un lien entre le risque de liquidité et le risque de solvabilité pour une banque ? Oui, les deux risques sont liés : une banque qui fait face à un problème de solvabilité peut subir une perte de confiance : il devient plus difficile pour elle d’obtenir de la liquidité des autres banques, voire de la banque centrale. De même, un problème de liquidité peut forcer la banque à vendre en urgence des actifs, à un prix dégradé, ce qui entraine un problème de solvabilité. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que la banque meurt si elle n’a plus de liquidité. Tant qu’elle a accès à la liquidité, elle peut continuer à survivre, même si elle n’est pas solvable aujourd’hui car elle peut redevenir solvable demain. Ok donc si je résume le risque de solvabilité c’est le risque que la banque doive plus d’argent que ce qu’elle ne possède d’actifs tandis que le risque de liquidité c’est le risque qu’une banque ne puisse pas donner l’argent aux clients qui le demandent immédiatement. Les deux risques sont liés, mais c’est la crise de liquidité qui entraîne la fin de l’activité de la banque.

May 27, 20242 min

S4 Ep 19Le marché interbancaire

Voix : Clémentine Gallès et Timothée Waxin Texte : Aimé Jean  J’aimerais tout savoir sur le marché interbancaire Bonjour, j’ai entendu parler du marché interbancaire, tu pourrais m’expliquer ce que c’est ? Bien sûr ! Le marché interbancaire est réservé aux banques commerciales : c’est le marché où elles peuvent échanger de la monnaie. Les banques qui ont un excès de monnaie vont prêter à celles qui n’ont pas assez de liquidité. Au final, en faisant la moyenne des taux auxquelles se sont prêtées les banques, on obtient tous les jours le taux du marché interbancaire. Mais pourquoi les banques vont chercher de la liquidité chez les autres banques commerciales ? Elles peuvent directement en demander à la banque centrale non ? En effet, les banques commerciales peuvent directement emprunter de la monnaie auprès de la banque centrale de leur zone économique. On appelle le taux d’intérêt pratiqué par la banque centrale le taux de refinancement (ou taux repo). Mais, le taux de refinancement de la banque centrale est généralement plus élevé que le taux interbancaire. C’est pour cela que les banques commerciales vont préférer emprunter sur le marché interbancaire plutôt que directement à la banque centrale. Mais si le taux de refinancement de la banque centrale est supérieur au taux du marché interbancaire, pourquoi une banque commerciale a intérêt à emprunter auprès de la banque centrale ? Il y a plusieurs raisons. D‘abord, la banque centrale peut obliger les banques commerciales à avoir un minimum de liquidité banque centrale pour faire face par exemple à des retraits de dépôts rapides et non prévus. Certaines banques centrales vont donc fixer un taux de réserves obligatoires, qui représente la part en liquidité banque centrale en proportion des dépôts. Ensuite, une banque commerciale en difficulté peut avoir du mal à trouver des contreparties pour lui prêter de l’argent sur le marché interbancaire. Parfois, en temps de crise, le marché interbancaire est complètement fermé : les banques ne se font plus confiance et ne se prêtent plus. La seule solution est alors de se tourner vers la banque centrale pour obtenir de la liquidité. Si je récapitule, pour effectuer des transactions entre elles, les banques s’échangent de la monnaie sur le marché interbancaire. Elles le font à un taux plus avantageux qu’après de la banque centrale. Cependant, les banques commerciales doivent tout de même emprunter à la banque centrale, soit pour des raisons réglementaires, soit en temps de crise si le marché interbancaire leur est fermé.

May 21, 2024

S4 Ep 18La création monétaire par les banques

Voix : Clémentine Gallès et Timothée Waxin Texte : Clémentine Gallès J’aimerais tout savoir sur la création monétaire par les banques   Dans nos podcasts précédents, nous avons expliqué que la monnaie facilite les échanges économiques. La quantité de monnaie en circulation est cruciale : trop peu de monnaie ralentit l’économie, mais trop de monnaie provoque une perte de sa valeur et de l’inflation. Mais peux-tu nous expliquer qui crée cette monnaie ?   Les banques centrales continuent d’être au point de départ de la création des pièces et des billets. Cependant, dans les économies aujourd’hui dominées par l’usage de monnaie scripturale, c’est-à-dire la monnaie détenue sur les comptes bancaires, ce sont en fait les banques commerciales qui sont au cœur de la création monétaire. En effet, les banques commerciales créent de la monnaie à chaque fois qu’elles accordent un nouveau crédit. Prenons un exemple : Toto achète un objet qui coûte 100 euros en le finançant intégralement par un crédit bancaire. Si sa banque valide sa demande, elle crédite 100 euros sur le compte de Toto. Ces 100 euros ne proviennent pas d’un transfert d’un autre compte, ils sont intégralement créés par écriture comptable par la banque. Ils correspondent donc à de la création monétaire.   Cela paraît magique et très dangereux ! Si les banques commerciales créent de la monnaie en prêtant, elles ne peuvent pas fournir des crédits de façon illimitée j’imagine ?   Evidemment, cette création monétaire n’est pas illimitée. Tout d’abord, les banques vont accorder des crédits uniquement à des clients qu’elles vont considérer comme solvables. Si une banque prête de l’argent à un client qui n’a finalement pas les moyens de la rembourser, elle subit des pertes. Ensuite, les banques sont fortement réglementées sur la quantité globale de crédits qu’elles peuvent accorder.   Après ces explications, on comprend que ce sont les banques qui créent la monnaie, en réponse à la demande de crédits et en fonction d’un ensemble de contraintes. Quel est du coup le rôle de la banque centrale dans ce processus et notamment celui de la politique monétaire ?   Les banques sont à l’origine de l’acte de création monétaire, mais la banque centrale conserve un rôle majeur. Dans le cadre de sa politique monétaire, la banque centrale va en effet agir sur le coût d’accès au crédit, en affectant le niveau du taux d’intérêt du crédit bancaire. Si elle considère qu’il y a trop d’inflation, c’est-à-dire que la valeur de sa monnaie baisse, elle peut vouloir réduire la quantité de monnaie crée dans l’économie. Pour se faire, elle va faire en sorte que les taux d’intérêt des crédits augmentent. Les particuliers et les entreprises auront tendance à moins demander de crédits et la création monétaire va se réduire. A l’inverse, si l’inflation est faible, la banque centrale va « assouplir sa politique monétaire », ce qui veut dire qu’elle va agir pour réduire les taux d’intérêt ce qui devrait stimuler la création monétaire opérée par les banques commerciales.   En conclusion, la quantité de monnaie est importante pour le bon fonctionnement de l’économie. La création de monnaie est techniquement opérée par les banques commerciales ce qui explique qu’elles soient beaucoup régulées. Si les banques commerciales jouent un rôle crucial, la création de monnaie est toutefois fortement affectée par un ensemble de facteurs économiques plus généraux, ainsi que par la politique monétaire des banques centrales.  

May 13, 20243 min

S4 Ep 17A quoi servent les banques ?

Voix : Clémentine Gallès et Timothée Waxin Texte : Clémentine Gallès J’aimerais savoir : à quoi servent les banques ? Les banques commerciales ne sont clairement pas des entreprises comme les autres. Elles assurent des fonctions bien spécifiques et centrales pour le bon fonctionnement de l’économie. Peux-tu nous parler de la première fonction d’une banque ? La première fonction d’une banque est de mettre à disposition les moyens de paiement. En effet, c’est bien les banques qui fournissent aux ménages, aux entreprises et ainsi qu’à l’Etat l’ensemble des instruments pour régler leurs dépenses par des transferts d’argent. Cela regroupe tout d’abord les moyens de paiement dits fiduciaires, c’est-à-dire les pièces et les billets, dont l’usage diminue mais reste important. Et cela regroupe aussi les moyens de paiement dits scripturaux car ils supposent des écritures sur des comptes, à savoir les cartes bancaires, chèques ou virements. On voit tout de suite le rôle clé pour l’économie de cette première fonction ainsi que le besoin de sécurité et de confiance qui l’accompagne. Tu mentionnes l’écriture sur des comptes en parlant de paiements scripturaux. On voit vite apparaître la deuxième fonction cœur d’une banque, à savoir la gestion des comptes et donc des dépôts. En effet, la deuxième fonction des banques est de collecter les dépôts, encore une fois pour l’ensemble des agents économiques, les ménages, les entreprises ou encore l’Etat. Les banques assurent ainsi la collecte des dépôts et proposent un large spectre d’outils pour gérer l’épargne. Là encore, la sécurité et la confiance sont centrales pour assurer cette fonction de gestion des dépôts, qui permet de diriger l’épargne vers les besoins de financement de l’économie, le plus souvent pour financer les besoins d’investissement des entreprises et des Etats. Après la gestion des moyens de paiements et celle des dépôts et de l’épargne, j’imagine que la troisième principale fonction d’une banque est de prêter de l’argent ? En effet, les banques, et plus spécifiquement les établissements de crédit ont pour troisième fonction centrale de faire des crédits, à savoir prêter de l’argent aux différents types d’agents économiques. Elles prêtent ainsi de l’argent pour financer des projets, tels que l’achat d’un bien immobilier pour un ménage ou l’investissement dans une machine-outil pour une entreprise, en échange de paiement d’intérêts. C’est une activité particulièrement à risque, le risque étant pour la banque de ne pas être remboursée. La banque développe donc une expertise d’analyse des risques de crédit et prend souvent des garanties pour limiter les pertes en cas de défaut de remboursement. Cette troisième fonction est aussi cruciale pour assurer le bon fonctionnement de l’économie. Nous verrons en outre au prochain podcast le lien crucial entre cette activité de crédit par les banques et la création monétaire. En conclusion, les banques assurent trois fonctions très spécifiques : la gestion des moyens de paiements, la collecte de dépôts ainsi que la gestion de l’épargne et enfin la fourniture de crédits bancaires. Ces trois fonctions nécessitent un niveau très élevé de sécurité et de confiance. Cela explique que les banques soient particulièrement régulées pour mener au mieux ces activités cruciales pour le bon fonctionnement d’une économie.

May 9, 20243 min

S4 Ep 16Le seigneuriage : fabriquer des billets, ça rapporte

Voix : Clémentine Gallès et Timothée Waxin Texte : Clémentine Gallès J’aimerais savoir sur le seigneuriage : Fabriquer des billets, ça rapporte ? Au Moyen-âge, les seigneurs féodaux disposaient du droit à « battre » la monnaie, c’est-à-dire de fabriquer eux-mêmes les pièces de monnaie. Cela représentait une vraie aubaine ! De cette époque est resté le nom de seigneuriage pour qualifier les revenus issus de la fabrication de la monnaie. Peux-tu nous dire ce que l’on entend par seigneuriage aujourd’hui ? Aujourd’hui, ce sont les Banques Centrales qui fabriquent les pièces et les billets et non plus les seigneurs. Et même si la mécanique a pas mal évolué, les banques centrales tirent elles aussi des bénéfices de cette activité. Peux-tu expliquer cette mécanique justement ? Dit simplement, aujourd’hui ce sont les banques commerciales qui mettent en circulation les pièces et les billets auprès de leurs clients. Quand ces banques commerciales ont besoin de plus de pièces ou billets, elles les demandent à la Banque Centrale. Mais la Banque Centrale ne donne pas cette monnaie sans contrepartie, en fait elle la prête aux banques commerciales. Et comme pour tout prêt, cela se fait contre le paiement d’un intérêt. Ainsi, les banques commerciales paient un intérêt à la Banque Centrale pour bénéficier de pièces et de billets. Au final, le seigneuriage correspond aujourd’hui aux revenus de ces intérêts, revenus desquels on soustrait tout de même le coût de fabrication de la monnaie. Et à la fin, la Banque Centrale reverse tout ou partie de ces revenus à l’Etat. Assez vite, on se dit qu’il doit y avoir une forte tentation pour l’Etat de demander à sa Banque centrale de produire plus de pièces et billets, afin d’aider à financer l’Etat et aussi d’augmenter ces fameux revenus de seigneuriage… C’est en effet tentant ! Et c’est ce que faisaient régulièrement les seigneurs féodaux au Moyen-âge. Ils fabriquaient plus de monnaie pour couvrir leurs dépenses. Ce qui généralement provoquait une perte de la valeur de cette monnaie, c’est-à-dire de l’inflation. C’est d’ailleurs pour éviter une telle tentation que la Banque Centrale est aujourd’hui le plus souvent indépendante de son Etat. Une banque centrale a pour fonction principale d’émettre la monnaie et de veiller à ce que celle-ci ne perde pas de valeur. Le caractère d’indépendance apparaît ainsi crucial pour éviter la tentation d’augmenter ses revenus de seigneuriage et ainsi prendre le risque de générer de l’inflation. Aujourd’hui, l’usage des pièces et billets a tendance à se réduire, est-ce que cela signifie que la Banque Centrale a de moins en moins de revenus de seigneuriage ? Nous utilisons en effet de moins en moins de pièces et billets et de plus en plus de paiements dit électroniques, en payant par carte bleue ou par virement. Mais cela ne modifie pas vraiment la mécanique. Pour répondre à ces besoins de monnaie « électronique », les banques commerciales se tournent toujours vers leur Banque Centrale. Elles empruntent ainsi une version électronique de la « Monnaie Banque Centrale » contre le paiement d’intérêts. Les banques centrales ont le monopole de fabrication de leur monnaie, que ce soit en version pièces et billets ou version électronique. Les banques centrales perçoivent des intérêts en échange de la mise à disposition de cette monnaie. Aujourd’hui la plupart des banques centrales sont indépendantes de leur Etat afin d’éviter la tentation de créer plus de monnaie pour financer des dépenses publiques ou pour augmenter les revenus du seigneuriage.

May 6, 20243 min

S4 Ep 15Quels sont les objectifs et les défis de l’Euro ?

Voix : Daniela Ordonez et Amine Tazi Texte : Amine Tazi J’aimerais savoir : quels sont les objectifs et les défis de l’Euro ?  Même si on l’a vu dans un précédent podcast, peux-tu me rappeler quand et pourquoi on a décidé de créer l’Euro ? La création d’une monnaie européenne unique a été lancée avec la signature du traité de Maastricht en 1992. Celui-ci obligeait la plupart des Etats de l’UE à adopter l’euro dès lors qu’ils respectaient certains critères de convergence monétaire et budgétaire parmi lesquels : (1) un déficit et une dette publique limités (2) une faible inflation (3) des taux d’intérêt proches de la moyenne de l’UE. Alors que le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni avaient chacun obtenu une dérogation pour conserver leurs monnaies nationale, l’Euro est devenu monnaie légale de la Zone euro en 1999. L’introduction des pièces et des billets pour les particuliers a eu lieu en 2002 pour les autres pays, Quels étaient les objectifs de la création de l’euro et ont-ils été tenus, 20 plus tard ? Et bien plutôt oui ! L’euro a été fondé avec deux principaux objectifs : la stabilité des prix et des changes. Comme nous l’avons vu dans de précédents podcasts, l’inflation a été en moyenne d’environ 2 % entre 2002 et 2022, et la baisse des coûts de transaction a permis d’améliorer la mobilité des citoyens et les échanges commerciaux. Par exemple, l’Euro représente environ 20 % des réserves de change dans le monde à l’heure où nous enregistrons ce podcast en 2023. Quels sont donc les principaux défis de l’euro aujourd’hui ? L’Euro doit continuer à renforcer sa solidité et à affirmer sa souveraineté. Pour ce faire, la banque centrale européenne a dû sortir des sentiers balisés lors de la crise souveraine et une politique budgétaire plus coordonnée est sans doute nécessaire dans certaines situations comme la crise de la Covid. Il y a aussi une réflexion autour du rôle international de l’euro avec l’introduction de l’Euro numérique par exemple. Donc si je résume, les ambitions poursuivies avec la création de l’Euro ont été pour l’instant réalisées. D’autres pays européens sont sans doute amenés à adopter l’euro à un moment. Mais d’ici là, l’Euro doit continuer de renforcer sa solidité et sa souveraineté à travers un meilleur cadre institutionnel européen, ce qui peut nécessiter des avancées politiques notamment.

Apr 29, 20242 min

S4 Ep 14Histoire des régimes monétaires

Voix : Daniela Ordonez et Amine Tazi Texte : Amine Tazi J’aimerais savoir : comment les régimes monétaires ont-ils évolué dans le temps ? Un régime ou système monétaire est l’ensemble des règles et des principes qui encadrent la gestion de la monnaie et sa convertibilité. Quel régime monétaire prévaut aujourd’hui ? Aujourd’hui, le régime monétaire dominant dans le monde est le taux de change flexible, c’est-à-dire que les pays laissent fluctuer leurs devises tant qu’il n’y a pas de dysfonctionnement de marché. Mais certains pays émergents ou en voie de développement ont encore un régime de change fixe par rapport à une autre devise, avec une marge de fluctuation autorisée plus ou moins large. Généralement, cette monnaie de référence est le dollar car c’est la monnaie la plus utilisée internationalement, la valeur monétaire-refuge par excellence. Toutefois, la domination du dollar dans le système monétaire international est de plus en plus contestée, les pays émergents plaidant notamment pour une dé-dollarisation de leurs économies. Si le régime de change flexible est majoritaire aujourd’hui, est-ce que cela a toujours été le cas ? Et bien non ! Jusqu’avant la Première Guerre mondiale, c’est un système de change fixe qui prévalait : l’étalon-or où le monde entier connaît une monnaie unique : l’or, et les monnaies nationales ne représentent qu’une quantité définie d’or.  Dans ce système, les taux de change entre les différentes monnaies nationales sont fixes, sans être contrôlés par les Etats, l’offre et la production d’or étant spontanément assurées par le marché. De leur côté, les banques centrales de chaque pays doivent défendre cette parité. Après la seconde guerre mondiale, les monnaies sont restées liées à l’or, mais seul le dollar américain était directement convertible en or. Et c’est à partir des années 1970 qu’on est passé aux changes flexibles. Et si on remonte plus loin dans l’histoire, on échangeait du bétail ou des grains de blé dans l’antiquité ? Avant l’existence des monnaies telles que nous les connaissons aujourd’hui, des biens comme le sel, le bétail ou même les coquillages en Chine étaient utilisés comme moyens d’échange. L’idée était d’avoir des biens qui inspiraient confiance, qui avaient une certaine valeur, qui pouvaient être stockés et assez facilement échangeable dans l’économie. Donc si je résume, le système monétaire international a énormément évolué dans l’histoire. On avait des monnaies marchandises dans l’antiquité ; puis les monnaies métalliques et notamment le système fixe de l’étalon-or se sont imposés ; aujourd’hui le système dominant est le change flexible avec le dollar américain comme principale monnaie de transaction.

Apr 8, 20243 min

S4 Ep 13Le temps, c’est de l’argent

Voix : Daniela Ordonez et Amine Tazi Texte : Mathieu Janin J’aimerais savoir : le temps, c’est de l’argent ?  Tout le monde connaît le proverbe : « le temps c’est de l’argent ! » Et à travers cette affirmation simple, il y a quelque chose de très profond en économie. Est-ce que tu pourrais illustrer ce proverbe concrètement ? Oui ! Imagine que tu épargnes et que tu laisses ton argent sur le compte courant. Ce n’est en fait pas très malin, car si tu le places sur le livret A par exemple tu vas recevoir un taux d’intérêt et tu gagneras de l’argent à la fin de l’année. Ainsi, en laissant cette épargne sur ton compte courant, tu perds de l’argent au lieu de faire de l’argent sur un placement rémunéré.  Pourtant quand je garde l’argent sur mon compte courant ou dans ma poche, je ne perds pas d’argent ? C’est vrai, mais tu en gagnes moins par rapport à ce qu’un placement rémunéré t’aurait rapporté. Sans le savoir, tu as payé un coût d’opportunité de garder la monnaie dans ta poche ou sur ton compte courant, puisque tu t’es privé de rémunérer ton épargne au taux d’intérêt en le plaçant sur le livret A par exemple. Plus le taux d’intérêt est élevé, et plus le coût d’opportunité l’est également ! Tu peux par exemple être prêt à payer ce coût d’opportunité sans le savoir, parce que tu veux disposer de ton argent immédiatement.   D’accord, je comprends! Mais quel est le rapport avec le fait que « le temps, c’est de l’argent »? Finissons par un peu de maths ! Si tu as 1 euro aujourd’hui et que le taux d’intérêt annuel est de 100 %, ce qui est élevé, mais pratique pour le calcul ! A la fin de l’année, tu as 1 euros plus 1 euros d’intérêt, soit 2 euros sur ton compte d’épargne. Mais inversons la logique : comment avoir 1 euro demain ? Il suffit d’épargner 50 centimes aujourd’hui, puisque j’aurai en plus 50 centimes d’intérêt donc 1 euro à la fin de l’année. Si le taux d’intérêt est de 10 %, alors il faut plutôt un peu plus de 90 centimes pour avoir un euro à la fin de l’année. Comme tu le vois, plus le taux d’intérêt augmente, moins j’ai besoin d’épargner aujourd’hui et plus il est facile de valoriser mon épargne pour demain.  D’accord, plus le taux d’intérêt augmente, moins le futur coûte cher aujourd’hui puisqu’avec moins d’argent aujourd’hui, je peux avoir davantage demain! En d’autres termes, le prix du futur baisse quand le taux d’intérêt augmente. Le temps, c’est du taux d’intérêt qui fait grandir notre épargne. Et c’est pour cela qu’on dit que le temps c’est de l’argent!

Apr 3, 20242 min

S4 Ep 12Valeur réelle contre valeur nominale

Voix : Daniela Ordonez et Amine Tazi Texte : Mathieu Janin J’aimerais savoir la différence entre valeur réelle et valeur nominale Je suis allé au supermarché hier et j’ai trouvé que les prix ont beaucoup augmenté par rapport à l’année dernière. Les médias parlent d’inflation et de valeur nominale. Mais, qu’est-ce que c’est ? La valeur nominale, c’est le prix affiché lorsque tu es dans un magasin et que tu souhaites acheter quelque chose. Ce prix peut varier pour différentes raisons. Quand il augmente, on parle d’inflation. Plus généralement, la valeur nominale d’un billet de 10 euros, c’est le montant du billet, donc 10 euros.  D’accord, donc la valeur nominale, c’est la valeur faciale affichée pour un bien, un service, un actif financier, etc. mais alors pourquoi parle-t-on aussi de la valeur réelle ? La valeur réelle est la valeur d’un bien ou d’un service indépendamment de la variation du prix. Prenons un exemple. Supposons que 10 euros permettent d’acheter 10 baguettes à 1 euros. Ce même billet de 10 euros ne permettra pas d’acheter le même nombre de baguettes dans plusieurs années parce que le prix des biens augmentent. Si le prix des baguettes passe à 2 euros, on ne peut plus qu’en acheter 5 au lieu de 10 auparavant. Cet impact de l’inflation réduit le pouvoir d’achat du billet de 10 euros. Et c’est cela qu’on appelle la valeur réelle : elle correspond au nombre de biens et services qu’on peut acheter. Dans cet exemple, la valeur réelle des 10 euros a été divisée par 2.  Donc dans ton exemple, la valeur nominale du billet reste constante : 10 euros ; mais la valeur réelle diminue à cause de l’inflation. La valeur réelle représente une forme de pouvoir d’achat du billet de banque… Tout à fait ! Plus généralement, la valeur nominale est la valeur indiquée ou imprimée, alors que la valeur réelle correspond à un pouvoir d’achat ou à une quantité. Pour une quantité de biens et de services, la valeur nominale est la valeur faciale, alors que la valeur réelle correspond plutôt au volume de ces biens et services indépendamment de la variation des prix de ces biens et services. Par exemple, la consommation des ménages en termes réels est estimée en divisant la valeur nominale par l’indice des prix à la consommation.  Si je résume, la valeur nominale correspond au prix affiché pour des biens ou des services, pour un billet ou pour un actif financier. Mais comme la valeur nominale tient compte de la hausse des prix, on a parfois besoin de calculer la valeur réelle où les variations de prix sont neutralisés dans le temps. La valeur réelle correspond à un pouvoir d’achat ou à des quantités.

Apr 2, 20242 min

Quelle valeur a ma monnaie ?

Voix : Daniela Ordonez et Amine Tazi Texte : Mathieu Janin J’aimerais savoir : quelle est la valeur de ma monnaie ?  Je rentre de vacances du Japon et j’ai remarqué que le yen, la monnaie locale, a une valeur plus faible que l’euro : pour un euro, j’ai obtenu environ 150 yens ! Comment cela est-il possible ? En effet, les monnaies ont une valeur différente entre les pays. La valeur de la monnaie repose sur plusieurs facteurs, dont l’offre et la demande. Lorsque la demande de monnaie augmente, sa valeur tend à augmenter également. À l’inverse, si l’offre de monnaie dépasse la demande, sa valeur peut diminuer. Cela est souvent observé dans des situations d’inflation, où la quantité de monnaie en circulation augmente plus rapidement que la croissance économique.  Quels sont les autres facteurs qui font varier la valeur de la monnaie ? Un autre facteur important expliquant la valeur de la monnaie est la confiance. La confiance dans une monnaie détermine si les gens sont prêts à l’accepter et à l’utiliser comme moyen d’échange. Si une monnaie est perçue comme stable et fiable, sa valeur sera renforcée. Par exemple, les devises émises par les banques centrales réputées pour leur bonne gestion sont généralement considérées comme ayant une valeur solide. Il est également crucial de prendre en compte les facteurs économiques et politiques qui influencent la valeur de la monnaie. Par exemple, les taux d’intérêts, l’inflation, la croissance économique, les politiques fiscales et les événements géopolitiques peuvent tous avoir un impact significatif sur la valeur de la monnaie d’un pays. Les investisseurs et les acteurs économiques surveillent de près ces facteurs pour évaluer la valeur d’une monnaie et prendre des décisions éclairées. Enfin, la valeur de la monnaie dépend également du régime de change. De quoi s’agit-il ? Il s’agit du système qui détermine comment la valeur d’une monnaie est fixée par rapport aux autres devises. Soit il s’agit d’une décision gouvernementale: on parle alors de régime fixe. Soit ce sont les marchés financiers, à travers le jeu de l’offre et de la demande : on parle dans ce cas de régime flottant.  Si je résume, la valeur de la monnaie est influencée par l’offre et la demande, la confiance, les facteurs économiques et politiques, ainsi que le régime de change en place. Ces différents facteurs t’aident désormais à mieux comprendre la valeur de la monnaie japonaise, le yen.

Mar 25, 20242 min

S4 Ep 10Est-ce que la garantie des dépôts protège des crises bancaires ?

Voix : Chloé Derouen et Pierre-Olivier Beffy Texte : Timothée Waxin J’aimerais savoir : Est-ce que la garantie des dépôts protège des crises bancaires ? J’aimerais savoir : si ma banque fait faillite et n’est plus en mesure de rembourser les dépôts de ses clients, est-ce que je risque de perdre l’argent que j’y ai placé ? La garantie des dépôts, créée en 1999, s’exerce par le biais du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) et permet de protéger les clients en cas de défaillance de leur établissement bancaire. Plus concrètement, en cas de faillite d’une banque, cette garantie permet, par l’intermédiaire du FGDR, d’indemniser des déposants dans un délai de sept jours ouvrables, à hauteur de 100.000€ par déposant et par établissement. La garantie des dépôts du FGDR est financée par les contributions des banques adhérentes. Donc jusqu’à 100 000€ je suis protégé ? En effet, si on a plus de 100.000€ dans une même banque et que cette banque fait faillite, on perd l’excédent des dépôts. Mais on peut répartir plusieurs fois 100.000€ dans différentes banques, et alors la garantie s’applique à des montants supérieurs à 100.000€. Bon, c’est surtout important pour les entreprises, même si certains ménages ont des dépôts importants également. Mais d’ailleurs, comme la garantie des dépôts augmente la confiance dans le système bancaire, n’est-elle pas source d’une meilleure stabilité financière ? La garantie des dépôts contribue en effet à la confiance des citoyens dans le système bancaire, ce qui permet de réduire le risque de crise bancaire, mais pas de l’éliminer complètement. A l’avenir, la garantie des dépôts devrait être mutualisée au niveau européen avec un fonds unique qui se substituerait aux systèmes nationaux. Cela devrait renforcer encore la confiance dans les banques. Donc, si je résume, la garantie des dépôts offre une certaine protection contre les faillites bancaires, mais pas non plus une protection absolue contre tous les scénarios de crise bancaire. La solidité et la stabilité du système bancaire dans son ensemble restent cruciales.

Mar 21, 20242 min

S4 Ep 9Quels sont les avantages et les inconvénients de supprimer le cash ?

Voix : Chloé Derouen et Pierre-Olivier Beffy Texte : Timothée Waxin J’aimerais savoir : Quels sont les avantages et les inconvénients de supprimer le cash ? Utilisons-nous autant de cash que par le passé ? Si les espèces (c’est-à-dire les pièces et billets) représentent toujours une grande partie des paiements, la Banque de France constate que leur utilisation continue à décliner. En 2022, le nombre de transactions réalisées en liquide représentait la moitié du total des achats en France, contre plus de deux tiers en 2016. D’accord donc utilisation du cash en déclin, mais c’est malgré tout encore beaucoup de transactions… Pourquoi certains économistes envisagent-ils la suppression du cash ? Tout d’abord, le numéraire est coûteux pour les banques centrales émettrices, les banques commerciales distributrices, les commerçants, les consommateurs et les Etats. Produire, manipuler, transporter et stocker de l’argent liquide coûte cher et le cash permet aussi certaines libertés pour éviter les taxes. Ensuite, le cash facilite l’activité criminelle et le blanchiment d’argent. Enfin, avec une transition vers le numérique, des solutions financières innovantes pourraient être développées pour atteindre des populations non bancarisées. Quels sont en revanche les avantages de conserver le cash ? Les espèces sont encore le moyen de paiement préféré de nombreuses personnes dans de nombreux pays. C’est un moyen de paiement rapide, aisé à utiliser et qui facilite le suivi des dépenses : on ne dépense en effet que ce que l’on a en poche. En outre, les espèces préservent la vie privée et l’anonymat, vis-à-vis de l’Etat ou des partenaires dans les transactions. Et puis si on passe à une monnaie numérique, on devient dépendant de la technologie, de la qualité des réseaux numériques, des cyberattaques… Donc si je résume, le cash peut avoir encore de l’avenir, mais d’autres moyens de paiement émergent. Vingt ans après l’introduction de la monnaie unique, la Banque centrale européenne a lancé en octobre 2021 ses travaux sur l’euro numérique. L’euro numérique serait concrètement une monnaie numérique de banque centrale, équivalente aux espèces, mais sous forme dématérialisée. Il viendrait ainsi en complément des pièces et billets et constituerait une solution de paiement supplémentaire.

Mar 19, 20242 min

S4 Ep 8Les frais de transaction sont-ils cachés ?

Voix : Chloé Derouen et Pierre-Olivier Beffy Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : les frais de transaction sont-ils cachés ? Tous les jours, nous faisons un grand nombre de transactions : le sans-contact, les retraits bancaires, les opérations bancaires. Mais est-ce qu’il y a des frais de transaction cachés ? Les frais de transaction bancaires ne sont généralement pas cachés aux consommateurs, mais ils peuvent être présentés d’une manière telle qu’il est difficile pour le client non-averti de les comprendre pleinement ou, simplement, de les identifier. Les banques doivent divulguer tous les frais associés à leurs produits et services. Cette divulgation doit généralement être faite de manière claire et compréhensible, mais tout le monde ne lit pas tout cela en détail ! D’accord, donc si on lit avec attention les documents de notre banque, on peut avoir une bonne vision des frais bancaires à chaque opération ? En théorie oui, mais en pratique, c’est plus compliqué ! Même si les frais sont divulgués, la complexité de certains produits bancaires peut rendre difficile la bonne compréhension de tous les coûts associés. Par exemple, une simple carte de crédit peut avoir des frais annuels, des frais pour paiement en retard, des frais pour dépassement de limite, des frais pour retrait d’espèces, etc, etc. Et puis il faut se méfier des offres promotionnelles. Une fois la période promotionnelle passée, les frais peuvent augmenter brutalement ! Est-ce qu’on a fait le tour des problèmes de compréhension des frais bancaires ? Disons que oui, mais il nous faut aussi parler d’un point plus subtil : les frais intégrés. Je m’explique : dans certains cas, les frais peuvent être intégrés dans le prix d’un service ou d’un produit. Par exemple, lors d’une conversion de devise, une banque peut offrir un taux de change moins favorable que le taux du marché  et inclure sa commission dans ce taux en disant à son client qu’il n’y a pas de frais de transaction… Les applications en bourse qui offrent des transactions gratuites fonctionnent souvent sur le même mode : les frais de transaction sont inclus dans le prix d’achat visible par le client. Donc si je résume, les frais associés ne sont généralement pas cachés, mais leur présentation peut les rendre difficiles à comprendre. Bien que les banques soient tenues de divulguer ces frais, leur complexité et la multitude d’éléments facturables peuvent les rendre opaques. De plus, certains frais sont intégrés dans le prix des services, comme les taux de change désavantageux lors des conversions de devises.

Mar 18, 20242 min

S4 Ep 7Est-il préférable d’emprunter à taux fixe ou à taux variable ?

Voix : Chloé Derouen et Pierre-Olivier Beffy Texte : Chloé Derouen J’aimerais savoir : est-il préférable d’emprunter à taux fixe ou à taux variable ? Concrètement, quelle est la différence pour l’emprunteur entre un emprunt à taux fixe ou à taux variable ? Dans le cas d’un emprunt à taux fixe, le taux d’intérêt défini dans le contrat de prêt restera le même sur toute la durée du crédit. Le coût total de l’emprunt est connu à l’avance avec chaque mois par exemple un montant à payer qui va couvrir le remboursement partiel du crédit et la charge d’intérêt. En revanche, dans le cas d’un emprunt à taux variable, le taux d’intérêt varie selon l’évolution d’un indice de référence défini dans le contrat. Ici, le coût total de l’emprunt n’est pas connu à l’avance et les mensualités peuvent varier dans le temps. L’indice de référence choisi est souvent l’Euribor, c’est-à-dire le taux d’intérêt auquel les banques européennes se prêtent de l’argent à court terme. Il est généralement proche de celui de la Banque centrale.  Le crédit à taux variable me semble donc bien plus risqué qu’un crédit à taux fixe. Si les taux montent, le coût du crédit peut augmenter fortement, mettant en danger la capacité de l’emprunteur à le rembourser. Dans quelles situations faut-il faire le choix d’emprunter à taux variable ou à taux fixes ? Tu as raison, opter pour un crédit à taux variable est un pari risqué. C’est pour cela que les crédits à taux fixe sont largement privilégiés en France, notamment pour les emprunts de longue durée comme les crédits immobiliers. Le crédit à taux variable peut être intéressant dans des situations spécifiques, notamment pour des emprunts courts. Par exemple, si un emprunteur ne se voit proposer que des taux fixes très élevés du fait de son profil et s’il anticipe une baisse des taux dans un futur proche, il peut avoir intérêt à opter pour un crédit à taux variable. Pour limiter le risque, il est possible d’opter pour un taux variable “capé”: dans ce cas, le contrat prévoit une limitation de la hausse possible du taux d’intérêt.  Finalement, quand les taux d’intérêt sont bas, on a toutes les raisons d’opter pour un emprunt à taux fixe car les taux ne peuvent que remonter dans le futur. En revanche, si on emprunte à taux fixe et que les taux baissent, que se passe-t-il ? C’est vrai que le taux d’un crédit contracté à taux fixe ne baisse pas automatiquement en cas de baisse des taux. Mais il est toujours possible si le mouvement de taux est important de renégocier son prêt ou de se le faire racheter par une autre banque à un taux plus faible.   Je retiens qu’il est important de tenir compte des perspectives d’évolution des taux d’intérêt lorsque l’on décide de contracter un crédit. Généralement, l’emprunt à taux fixe offre de la visibilité pour l’emprunteur : il le protège contre les hausses de taux d’intérêt et est révisable ponctuellement dans certaines conditions. Cela ne veut pas dire qu’emprunter à taux variable n’est pas une bonne opération. Au contraire, c’est le cas quand les taux baissent, mais cela demande de bien prévoir l’avenir !

Mar 12, 20243 min

S4 Ep 2Est-il préférable d’emprunter quand les taux d’intérêt sont bas ?

Voix : Chloé Derouen et Pierre-Olivier Beffy Texte : Chloé Derouen J’aimerais savoir : Est-il préférable d’emprunter quand les taux d’intérêt sont bas ?   Comment sont fixés les taux d’intérêt des crédits proposés par les banques ? Varient-ils en fonction de la politique monétaire menée par la banque centrale et par les banques ? Effectivement. Lorsque la politique monétaire est expansionniste, les banques empruntent auprès de la banque centrale à taux bas, autrement dit à moindre coût. Les banques peuvent donc prêter à moindre coût aux ménages et aux entreprises. Mais le taux d’intérêt d’un crédit dépend aussi de la politique commerciale de chaque banque et du profil de l’emprunteur. Lorsque l’on dit que les taux sont bas, on parle d’une moyenne. Ils ne le sont pas forcément pour tout le monde ! Tout dépend de la situation de chacun.  Le taux d’intérêt, c’est aussi la rémunération des dépôts. Quand les taux sont bas, les banques rémunèrent moins bien l’épargne de leurs clients. Ainsi, dans ce cas, il vaut mieux être emprunteur qu’épargnant, j’imagine ? Le raisonnement est bon, à une nuance près : l’inflation. Emprunter à 4% lorsque l’inflation est de 10% c’est mieux qu’emprunter à 4% lorsque l’inflation est de 1%. Dans le premier cas, le taux d’intérêt est inférieur à l’inflation, donc la rémunération de l’épargne va moins vite que la baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation. En fait, ce qui compte dans la décision d’épargner ou d’emprunter, ce n’est pas le taux d’intérêt nominal proposé par la banque mais le taux d’intérêt réel. Ce dernier est égal au taux nominal moins le taux d’inflation et représente le pouvoir d’achat de la monnaie, et donc la quantité de biens et services qui pourraient être achetés plus tard avec les intérêts reçus. Pour reprendre ton raisonnement, on peut dire que des taux réels bas bénéficient aux emprunteurs tandis que des taux réels élevés bénéficient aux épargnants.  Mais si l’inflation augmente, que les taux restent fixes et que mon salaire ne suit pas, d’une part mon pourvoir d’achat baisse. D’autre part, malgré un taux réel qui baisse, le coût de mon crédit par rapport à mes revenus ne baisse pas. En effet, c’est une dernière subtilité dont il faut tenir compte. Le taux d’intérêt réel est un indicateur du pouvoir d’achat de la monnaie demain. Mais il ne dit rien de notre pouvoir d’achat à nous qui dépend du salaire par rapport à l’inflation ! En général, inflation et hausse des salaires vont de pair à long terme, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans le cas d’un emprunt immobilier par exemple, ce qui va donc compter, c’est le taux d’intérêt par rapport à la hausse espérée de nos revenus et pas l’inflation.   Je retiens donc que lorsque l’on prend la décision d’emprunter, il faut tenir compte des taux, de l’évolution des revenus et des prix.

Mar 11, 20243 min

S4 Ep 5Que signifient « monnaie actif » et « monnaie dette » ?

Voix : Aurane Vernière et Aimé Jean Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : que signifient « monnaie actif » et « monnaie dette » ? Je suis un peu confus à propos de ces termes « monnaie actif » et « monnaie dette ». Pourrais-tu m’expliquer ce que c’est exactement la monnaie actif ? Bien sûr ! La monnaie actif est une monnaie qui a une valeur en elle-même, sans dette associée. Pense aux pièces d’or et d’argent que l’on utilisait jadis. Elles avaient une valeur intrinsèque. Si une monnaie est basée sur la monnaie actif, chaque unité est directement adossée à un actif tangible, souvent un métal précieux. Ah, je vois. Et la monnaie dette, alors ? La monnaie dette, quant à elle, est créée lorsqu’une dette est contractée. Par exemple, comme nous l’avons vu dans un précédent podcast, quand les banques accordent des prêts, elles créent en réalité de nouvelles unités monétaires. La valeur de l’argent n’est donc pas adossé à un actif, mais dépend notamment de la confiance qu’on a dans la bonne gestion du système monétaire. La monnaie dette offre plus de flexibilité car l’offre monétaire peut être ajustée en fonction des besoins économiques. Par exemple,  on peut créer beaucoup de dette pour financer une guerre ou un besoin d’investissement national. Intéressant ! Et entre les deux, quel système est le meilleur ? C’est compliqué. Chaque type de monnaie a ses avantages et ses inconvénients. La monnaie actif est souvent considérée comme plus stable financièrement, mais elle est moins flexible et ne permet pas d’avoir un endettement important quand l’économie en a besoin. La monnaie dette, d’un autre côté, peut stimuler l’investissement et la croissance, mais elle comporte notamment des risques d’accumulation de dettes et donc de crises financières plus importantes. Dans la pratique, la plupart des monnaies dans le monde sont des monnaies dette. Donc si je résume, la monnaie actif, souvent adossée à des biens tangibles comme l’or, est considérée comme ayant une valeur intrinsèque et offre une stabilité financière, mais manque de flexibilité. La monnaie dette, créée par l’intermédiaire des prêts bancaires, est plus flexible et peut stimuler la croissance, mais comporte davantage de risques financiers.

Mar 4, 20242 min

S4 Ep 4Les crypto monnaies banque centrale

Voix : Aurane Vernière et Aimé Jean Texte : Aimé Jean J’aimerais touts avoir sur les cryptos monnaies banque centrale Dans un précédent podcast nous avons parlé des cryptos actifs privés et du fait qu’ils ne constituaient pas une monnaie à ce stade, cependant la BCE a pour projet de créer une crypto monnaie banque centrale, ça serait une vraie monnaie cette fois ci ? La réponse est oui, mais avant tout, il faut expliquer la différence entre un crypto-actif et une crypto-monnaie banque centrale. Prenons l’exemple d’un euro numérique émis par la Banque centrale européenne (la BCE). La valeur de l’euro numérique est garantie par la BCE comme égal à un euro fiduciaire. En effet, la BCE peut toujours émettre un euro si tous les euros numériques doivent être échangés, ce que ne pourra pas faire une entreprise privée. D’accord je vois, mais tu pourrais m’expliquer la différence entre monnaie fiduciaire dont on a déjà parlé précédemment et une monnaie électronique banque centrale ? En d’autres termes, pourquoi créer un euro numérique alors qu’il y a déjà beaucoup de transaction numérique en euros ? Parce qu’avec un euro numérique, tu n’as pas besoin de passer par une banque. Aujourd’hui les transactions numériques sont assurées au sein du système bancaire. Avec l’euro numérique, on peut imaginer faire des transactions de son téléphone portable sans passer par un intermédiaire bancaire. Cela veut aussi dire que le nombre d’euros numériques est sous le contrôle de la BCE et pas des banques commerciales. Donc j’imagine qu’il y aura aussi compétition entre les crypto-monnaies banques centrales pour être utilisées par le plus grand nombre. Tout à fait. On peut imaginer que dans certains pays émergents où la devise se déprécie souvent, les monnaies numériques banque centrale de pays développés comme les Etats-Unis ou la Zone euro peuvent être attractives. La Chine est bien sûr dans la course également. Merci beaucoup ! Donc si je reprends, les monnaie électroniques banque centrales seraient de vraies monnaies car leur valeur est garantie par les banques centrales. Elles ne nécessitent pas d’intermédiaire bancaire et peuvent devenir des alternatives aux monnaies locales dans des pays où la devise se déprécie beaucoup.

Feb 29, 20242 min

S4 Ep 3Les crypto actifs privés sont-elles des monnaies ?

J’aimerais savoir : Les crypto actifs privés sont-elles des monnaies ? On entend très souvent parler de crypto-monnaies, mais est-ce que ce sont vraiment des monnaies ? Tu fais bien de poser la question. D’abord, le terme crypto-monnaie est sans doute abusif à l’heure où nous enregistrons ce podcast : il faudrait plutôt parler de crypto-actifs que de monnaie. Un crypto actif est un actif électronique créé et utilisée via des technologies de cryptages. Ils transitent via une technologie appelée la blockchain qui est chargée de certifier la validité des actifs et leurs transactions. Et pourquoi ne peut-on pas parler de monnaie ? Comme nous l’avons vu dans un épisode précédent la monnaie a certaines caractéristiques que ne partagent pas les crypto-actifs. D’abord, ils ne sont pas liquides, au sens où je ne peux pas les dépenses rapidement et n’importe où. Cela peut changer, mais pour l’instant, il est difficile de payer sa baguette en bitcoins chez le boulanger ! Ensuite, les cryptos actifs ont des valeurs très fluctuantes par rapport à la plupart des monnaies, ce qui complique les fonctions d’étalon et de réserve de valeur. Cela est du au fait que pour garantir la valeur des crypto-actifs, l’offre est souvent très contrainte. Il est par exemple de plus en plus difficile de trouver des bitcoins. Mais cela amplifie les variations de valeur du bitcoin car la demande, elle peut fluctuer fortement. Plus un crypto-actif est demandé plus sa valeur monte et vis et versa. Mais il y a aussi des stable coins, c’est à dire des cryptos actifs dont la valeur reposerait sur la valeur d’un actif de référence tel que le dollar ou l’or. Il serait alors envisageable de parler de monnaie ? Même si la valeur repose sur quelque chose de tangible, il faudra encore que ces cryptos actifs soient acceptés et adoptés par une majorité d’acteurs économiques. Et puis fondamentalement, pour que la valeur de ces stable coins reproduisent celle du Dollar par exemple, il faut que derrière chaque stable coin, il y ait un dollar en réserve pour l’échanger. Or ce n’est pas le cas : le stable coin part du principe qu’on a confiance qu’il sera stable en valeur. Attention quand tout le monde s’en débarrasse en même temps… Par exemple on peut prendre le crypto actif Luna qui était étalonné sur le dollar et dont la valeur est passé à 11 centimes de dollars le 9 mai 2022. Je te remercie pour ces explications, donc si je récapitule, les cryptos actifs ne peuvent être considérés comme des monnaies à ce stade car ils sont soit trop volatiles, soit peu robustes à un effondrement de la demande. Surtout ils ne sont pas assez généralisés comme moyen de paiement pour le moment.

Feb 28, 20242 min

S4 Ep 2Qu’est-ce que la masse monétaire ?

Voix : Aurane Vernière et Aimé Jean Texte : Aimé Jean J’aimerais savoir : Qu’est-ce que la masse monétaire ? Lors d’un précédent podcast, on parlait des formes et fonctions de la monnaie. Les banques centrales définissent généralement la monnaie à travers la masse monétaire. Tu voudrais bien développer sur ce qu’est la masse monétaire ? Bien sûr ! La masse monétaire permet de mesurer la quantité de monnaie d’une économie. On mesure généralement la masse monétaire grâce à plusieurs agrégats monétaire différents. Grosso modo et sans trop entrer dans les détails : L‘agrégat M0 qui est composé des pièces et des billets en circulation L’agrégat M1 qui inclut M0 et auquel on ajoute les dépôts bancaires L’agrégat M2 qui comporte l’agrégat M1 plus l’épargne disponible à très court terme L’agrégat M3 qui contient l’agrégat M2 auquel on rajoute certains placements de maturité inférieure à 2 ans Ces agrégats sont donc de plus en plus gros et de moins en moins liquides. Mais c’est bizarre car on mélange un peu de la monnaie liquide avec de l’épargne qui est sensée être figée dans le temps ? Tu as raison, mais il y a une explication. La plupart des systèmes monétaire sont basés sur de la monnaie dette. Comme nous le verront dans un podcast sur le système bancaire, plus il y a de dette dans l’économie et plus il y a de monnaie en circulation. C’est pour cela que dans M2 et M3, on commence à trouver des éléments d’épargne, car cette épargne va être prêter à nouveau sous forme de monnaie par les banques. Donc il faut en tenir compte pour bien appréhender la masse de monnaie en circulation. En gros, tu es en train de nous expliquer qu’il ne suffit pas de compter les billets de banque, mais de regarder combien de fois ils ont été utilisés ? Tout à fait, et c’est pour cela qu’on étend la définition des agrégats monétaires à des formes d’épargne moins liquide. Donc si je récapitule, les banques centrales calcule la masse monétaire à travers des agrégats monétaires. Ils permettent de mesurer la quantité de monnaie dans un système monétaire. Nous aurons besoin d’approfondir cela dans les podcasts décrivant le système bancaire.

Feb 27, 20242 min

S4 Ep 1Les formes et fonctions de la monnaie

Voix : Aurane Vernière et Aimé Jean Texte : Aimé Jean J’aimerais tout savoir sur les formes et fonctions de la monnaie On se sert de la monnaie tous les jours mais on ne sait pas toujours ce que c’est vraiment, tu pourrais m’expliquer à quoi sert la monnaie exactement ? On peut en effet appréhender la monnaie à travers ses fonctions. On en cite généralement trois : la monnaie est un étalon de valeur, un moyen d’échange et une réserve de valeur. Prenons l’exemple d’un achat dans une boutique de vêtements. Quand j’arrive dans la boutique, je peux comparer les prix des vêtements : c’est donc un étalon de la valeur de chaque produit. Si j’achète quelque chose, la monnaie me permet d’exécuter la transaction : contre la monnaie, j’obtiens par exemple le pantalon désiré. C’est un moyen d’échange. Enfin, si je renonce à acheter ce jour-là, je repars avec mon argent et je pourrai le dépenser demain : c’est donc une réserve de valeur. Cela paraît simple ! Oui mais on mélange des flux puisque la monnaie sert aux échanges et des stocks puisque la monnaie est un étalon de valeur et une réserve de valeur. D’ailleurs, nous sommes partis des fonctions de la monnaie, mais les formes ne nous en disent pas vraiment plus. Entre les banques de grain en Mésopotamie, les coquillages chinois, les Cauris, qui servaient de monnaie en Chine dans l’antiquité, jusqu’aux pièces d’argent et d’or de Crésus, et la monnaie fiduciaire aujourd’hui, c’est-à-dire une monnaie dont la valeur tient pour beaucoup à la confiance qu’on en a, on voit bien que les formes de la monnaie sont multiples. Mais si on n’arrive pas à bien définir la monnaie par ses fonctions ou ses formes, quelle définition en donner ? Disons qu’à travers ces définitions, on commence quand même à mieux appréhender ce qu’est la monnaie. Mais nous n’avons pas cité une caractéristique essentielle de la monnaie : la liquidité ! Une monnaie doit permettre la fluidité des échanges. Elle doit donc être partagée par la plupart, et être convertible rapidement lors des transactions. Ok donc si je récapitule la monnaie se caractérise par une forte liquidité c’est à dire qu’on peut s’en servir quand on veut et rapidement pour effectuer une transaction. Ses formes sont diverses et on s’en sert pour effectuer des transactions, comparer des prix et comme réserve de valeur.

Feb 26, 20242 min

S3 Ep 31Qu’est-ce que la taxonomie verte de l’Union européenne ?

Voix : Françoise Huang et Fabien Piliu  J’aimerais savoir : Qu’est-ce que la taxonomie verte européenne ? Dans le cadre du Pacte Vert pour l’Europe, un ensemble d’initiatives politiques a été défini visant à rendre l’économie et la finance plus « verte » selon l’expression. Mais comment sait-on aujourd’hui si une entreprise, un Etat, un investisseur agit en faveur de cette transition bas carbone ? Justement, c’est ce pourquoi la taxonomie verte européenne a été adoptée en 2020 par le Parlement Européen et est entrée en vigueur partiellement en 2022, puis en 2023. La taxonomie verte désigne une classification des activités économiques contribuant à la réalisation des objectifs environnementaux de l’UE. Quelles sont alors les catégories permettant de définir si une activité est verte ? On trouve six objectifs : l’atténuation du changement climatique, l’adaptation au changement climatique, une utilisation durable et la protection des ressources aquatiques et marines, la transition vers une économie circulaire, le contrôle de la pollution et enfin la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes. Tout en répondant à au moins un de ces objectifs, une activité, pour qu’elle soit considérée comme durable, ne doit porter aucun préjudice important aux autres critères et doit respecter des garanties sociales minimales. Quels acteurs précisément peuvent voir entrer leurs activités dans cette classification ? La taxonomie verte concerne les entreprises de plus de 500 salariés, les Etats membres de l’UE, les acteurs des marchés financiers, les institutions de supervision financière comme les Banques Centrales. En tout, la taxonomie verte a permis, jusqu’à présent, d’évaluer près de 70 activités, issues des secteurs de l’énergie, des transports, de la sylviculture, de la construction, représentant plus de 93% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Cette classification m’a l’air assez stricte… Le nucléaire est très peu émetteur de CO2 alors que ses déchets sont à traiter. Est-ce que le nucléaire entre dans la taxonomie verte ? Tu soulèves ici un des problèmes qui s’est posé lors de la création de la taxonomie. Le nucléaire n’entrant pas dans les critères de la taxonomie, mais présentant un intérêt pour réduire les émissions de CO2, deux autres catégories d’activités ont été créées et intégrées à la taxonomie verte européenne. D’une part, les activités de transition pour lesquelles il n’existe pas de solution de remplacement bas carbone et dont les émissions de gaz à effet de serre sont les plus faibles du secteur ; d’autre part les activités habilitantes qui produisent de fortes émissions de gaz à effet de serre mais permettent le développement d’activités durables. Le nucléaire, mais aussi le gaz par exemple, sont entrés dans la taxonomie en tant qu’activités de transition sous certaines conditions. C’est là qu’on touche à des enjeux économiques, la compétitivité énergétique et à des visions parfois opposées entre Etats membres sur la stratégie de réduction des émissions de CO2. Ok, espérons que cette taxonomie sera efficace pour favoriser les investissements et activités permettant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe ! Merci pour tes explications !

Feb 19, 20243 min

S3 Ep 30Est-ce que le marché du carbone rend l’économie européenne moins compétitive ?

Voix : Françoise Huang et Fabien Piliu J’aimerais savoir : Est-ce que le marché du carbone rend l’économie européenne moins compétitive ? Le marché du carbone européen vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe. Pour ceux qui n’ont pas écouté le précédent podcast, pourrais-tu nous rappeler ce qu’est ce marché carbone ? Bien sûr, c’est un programme lancé par l’Europe visant à taxer le carbone émis par les entreprises. Les entreprises se voient attribuer chaque années un certain nombre de quotas carbones correspondants à des droits d’émission de CO2. Si les entreprises émettent plus que leur quota, elles doivent racheter des quotas à des entreprises qui sont en excédent ou bien à l’organisme public qui les émet. A défaut, elles devront payer une forte amende. Mais ce système n’encourage-t-il pas la délocalisation des entreprises pour ne pas être soumise à cette loi et pour permettre de rester plus compétitive ? Suite à la crise de 2008, l’Europe a alloué beaucoup de quotas carbone gratuits de peur que les entreprises ne veuillent délocaliser leur production, cela n’a donc pas poussé les entreprises à réduire leurs émissions de CO2 mais plutôt à acheter le peu de quotas qui leur manquait. Cependant l’Europe a annoncé la mise en place de la suppression progressive des quotas carbones gratuits. Depuis 2018 on observe une forte hausse du prix du quota : de 7€ la tonne en 2018 à 90€ début 2022. Cela favorise les entreprises étrangères du fait du coût du carbone en Europe. L’Europe a certes drastiquement réduit ses émissions de carbone mais elle est la première importatrice de gaz à effet de serre au monde : environ 1/3 de son empreinte carbone vient des produits importés. Donc elle est moins compétitive et importe de pays polluants davantage. Comment résoudre ce problème ? Pour contrer ce phénomène, l’Europe a pour projet de mettre en place un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui consisterait à taxer les produits entrant sur le sol européen en fonction de la pollution qu’ils ont généré lors de leur production. Cela rééquilibrerait les contraintes pesant sur les producteurs domestiques par rapport aux producteurs étrangers, et cela permettrait aussi éventuellement d’inciter les étrangers désirant exporter en Europe à être plus vertueux sur les émissions de CO2. Si je récapitule, l’Europe a donc mis en place un mécanisme de taxation sur l’émission de carbone sur son territoire, mais cela nuit à la compétitivité de ses entreprises qui sont donc incitées à délocaliser. C’est pour cela qu’elle discute de taxer les produits importés en fonction des gaz à effets de serre que leur production a généré.

Feb 12, 20242 min

S3 Ep 29Comment fonctionne le marché du carbone européen?

Voix : Françoise Huang et Fabien Piliu J’aimerais savoir : Comment fonctionne le marché du carbone européen ? Le marché du carbone européen a été mis en place par l’UE en 2005, à la suite du protocole de Kyoto, afin d’inciter les entreprises à réduire leurs émissions de carbone. Pour cela les entreprises européennes sont soumises à des « quotas carbone ». Qu’est-ce que c’est exactement ? Les « quotas carbone » correspondent au droit d’émettre du carbone dans l’atmosphère. Un quota correspond à une tonne de carbone, ou son équivalent pour un autre gaz à effet de serre . Et comment les entreprises obtiennent ces quotas ? L’UE fixe un plafond d’émissions pour les entreprises, et leur distribue des quotas carbone correspondant à ce plafond. Le nombre de quotas peut varier d’une industrie à l’autre en fonction de l’exposition du secteur concerné à la concurrence internationale, et peut être nul. Les entreprises doivent restituer à l’UE le nombre de quotas correspondant à leurs émissions sur l’année. Que se passe-t-il si une entreprise pollue plus qu’elle ne le devrait ? Les entreprises ne disposant pas d’un nombre de quotas carbone suffisant doivent payer une pénalité de 100€ par tonne manquante. Toutefois, les entreprises n’utilisant pas tous leurs quotas peuvent les revendre, ou les garder pour plus tard. Un marché européen du carbone se forme alors, permettant aux entreprises d’équilibrer leur bilan carbone afin de ne pas payer de pénalité. Il est le fruit de la confrontation entre l’offre et la demande sur les quotas. A l’heure où nous enregistrons ce podcast, le nombre de quotas émis diminue au fil des années afin d’augmenter leur prix sur le marché et obliger les entreprises à décarboner leur activité. Est-ce que ces mesures pénalisent les entreprises européennes face aux entreprises étrangères, non soumises à des obligations de quotas ? Les quotas peuvent pénaliser les entreprises européennes en augmentant leurs coûts, par l’achat de quotas supplémentaires ou en les contraignant à financer une transformation de leur activité vers des moyens des production plus verts. Cependant, l’UE a récemment voté pour l’implémentation du « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières », qui ambitionne de taxer les importations en UE sur le même modèle : les importateurs devront acheter des certificats d’émission correspondant au prix des quotas carbone nécessaires à la production des biens importés s’ils avaient été produits en Europe. Donc, si je résume, les quotas carbone sont vendus par les entreprises qui polluent peu et achetés par les entreprises qui polluent trop. Cela incite les entreprises plus polluantes à investir dans des solutions moins émettrices de carbone.

Feb 9, 20242 min

S3 Ep 28Quels sont les pays les plus émetteurs de CO2 en Europe ?

Voix : Françoise Huang et Fabien Piliu J’aimerais savoir : quels sont les pays les plus émetteurs de CO2 en Europe ? En 1993, avec la signature du traité de Maastricht, l’environnement devient officiellement un domaine d’action de l’Union européenne. Néanmoins, certains pays européens continuent de polluer plus que d’autres, notamment en émettant du CO2. Quels sont ces pays ? Tout d’abord, il faut bien voir qu’on ne parle pas de l’avenir, mais de ce qui est émis aujourd’hui. Si on prend les données, en Europe, la Russie est le pays qui émet le plus de CO2. A l’heure où nous écrivons ce podcast en 2023, la Russie contribuait à hauteur de 4.7% des émissions de CO2 dans le monde. Dans l’Union européenne, c’est l’Allemagne qui émet le plus de CO2, avec 22.5% du CO2 émis par l’Union européenne, soit plus que le double que la Pologne, la France et l’Italie qui contribuent chacun pour près de 10% des émissions de CO2 de l’Union européenne. La plupart de ces pays sont des pays riches qui ont connu la révolution industrielle. Comment explique-t-on alors qu’ils émettent plus de CO2 que des pays plus pauvres ? Pour le cas de l’Allemagne, cette pollution importante s’explique par le poids de l’industrie dans l’économie qui est plus énergivore que les services. En outre, une partie encore importante de la production d’énergie est basé sur les centrales à charbon et à gaz. A la marge, on peut aussi noter les autoroutes sans limitation de vitesse qui favorise des comportements routiers plus émetteurs de CO2. Et en France ? En France, le secteur des transports est celui qui pollue le plus, avec une part d’environ 30% des émissions totales du pays en 2022. De manière générale, plus un pays est développé, plus il produit, ce qui augmente le besoin énergétique. Plus un pays est développé, et plus ses habitants ont des revenus élevés leur permettant d’accroître leur consommation, favorisant également les émissions de CO2. D’ailleurs, depuis les années 1990, les 10% des européens les plus aisés sont responsables de 27% des émissions de CO2. Si je résume, la Russie et l’Allemagne sont donc les deux pays qui émettent le plus de CO2 en Europe. Cela peut être expliqué par l’utilisation de ressources très polluantes, comme le charbon pour l’Allemagne. Ensuite, plus on a un niveau de revenu élevé, plus on produit, plus on consomme et tout cela est énergivore et a contribué à émettre du CO2.

Feb 6, 20242 min

S3 Ep 27Quel est le mix énergétique européen ?

Voix : Françoise Huang et Fabien Piliu Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerai savoir : Quel est le mix énergétique européen ? Le « mix énergétique » ou « bouquet énergétique » correspond à la combinaison des différentes sources primaires d’énergie qui sont utilisées pour répondre aux besoins énergétiques d’un pays. Il comprend les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon), l’énergie nucléaire et les différentes énergies dites renouvelables. Ces ressources primaires servent à produire l’énergie consommée par les agents économiques, tels que l’électricité, le carburant pour les transports, le chauffage ou tous les besoins énergétiques dans l’industrie. Pourquoi c’est important ? L’énergie est essentielle au fonctionnement de toute économie car c’est un bien vital tant pour les ménages que pour les entreprises. La lutte contre le réchauffement climatique conduit à orienter le « mix énergétique » vers des ressources primaires moins émettrices de CO2. En outre, depuis la guerre en Ukraine, la souveraineté énergétique est devenue un problème central des pays européens. La dépendance aux importations d’énergies fossiles et la perte de compétitivité due au renchérissement du coût de l’énergie en Europe pose des questions sur le mix énergétique européen. Je suppose que le mix énergétique de l’Europe est plutôt propre, avec tous les objectifs verts qu’ils se sont fixés ! Et bien non, malheureusement. Même si d’énormes progrès ont été faits depuis les années 90, plus de 70 % de l’énergie produite dans l’Union européenne est d’origine fossile. Le pétrole représente environ 35%, le gaz 22 % et le charbon 11 %. De leur côté, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables représentent environ 15% chacune. Surtout, il y a une énorme disparité entre pays. Les énergies fossiles représentent 90% des ressources primaires en Italie, 70% en Allemagne et en Espagne, et 60% en France. Mais je pensais que la France avait une énergie plus propre grâce au nucléaire ? L’énergie nucléaire est à l’origine de 80% d la production d’électricité en France. Le problème est que le taux d’électrification de l’économie est relativement bas : la plupart des voitures sont thermiques, le chauffage se fait au gaz, l’industrie se repose plutôt sur énergies fossiles. Au final, seulement 40% des besoins énergétiques de la France sont satisfait par de l’énergie nucléaire. En Allemagne, on trouve le paradoxe inverse. L’économie et plus particulièrement l’industrie est plus électrifié – c’est-à-dire qu’elle marche avec de l’électricité -, mais cette électricité est essentiellement produite avec du gaz et du charbon, qui sont émettent énormément de CO2. Ok, je vois. Donc, si je résume. Le mix énergétique correspond à la répartition des différentes sources primaires d’énergie qu’un pays utilise pour faire tourner son économie. Malgré des progrès, le mix énergétique européen reste très dépendant des énergies fossiles, et surtout, il diffère énormément d’un pays à l’autre. Enfin, pour aller vers des économies plus vertes, il ne suffit pas seulement d’augmenter la part des énergies propres, comme le nucléaire et les renouvelables, dans le mix énergétique, il faut aussi que l’économie s’électrifie. C’est ça Merci, on comprend mieux pourquoi les débats sur ce sujet est très compliqué entre pays européens. Mais ça, ce sera le sujet d’un autre podcast.

Feb 5, 20243 min

S3 Ep 27Quels sont les outils de la défense commerciale européenne?

Voix : Natacha Valla et Jacky Isabello Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Quels sont les outils de la défense commerciale européenne ? Le marché européen est régulé par l’UE afin de garantir le bon développement des échanges et de la concurrence interne. L’UE peut également intervenir lorsqu’elle considère qu’une entreprise d’un pays étranger à l’Union a des pratiques concurrentielles déloyales. Mais quels instruments permettent de protéger les entreprises européennes ? L’UE dispose de 3 outils principaux afin de limiter la concurrence extérieure déloyale. Le premier est l’antidumping, qui vise à pénaliser les entreprises pratiquant le dumping. Le dumping consiste à baisser le prix d’un produit à l’exportation, afin de « casser » les prix, ce qui permet de pénétrer facilement les marchés étrangers. L’UE considère qu’une entreprise exerce du dumping sur un produit lorsque son prix à l’exportation vers l’union est inférieur à celui d’un produit similaire dans le pays exportateur. Lorsque l’UE identifie du dumping, elle peut infliger une amende à l’entreprise exportatrice, ainsi qu’une taxe douanière. Quel est le second instrument de défense commercial européenne ? Les mesures antisubventions constituent le deuxième outil de défense commerciale européenne. Elles visent à rétablir des conditions de concurrence équitables lorsqu’une entreprise étrangère a pu bénéficier de subventions accordées par le pays exportateur, comme un transfert de fonds direct ou une garantie de prêt. Des actions peuvent alors être prises afin de corriger ce désavantage concurrentiel provoqué : on parle de mesures compensatoires. De plus, l’UE surveille les investissements directs étrangers pour éviter les prises de contrôle d’entreprises européennes opérant dans des secteurs stratégiques ou sensibles par des acteurs étrangers. Et le troisième instrument ? Les mesures de sauvegarde sont le troisième outil de défense commerciale dont dispose l’UE. Il s’agit de temporairement restreindre l’importation d’un produit s’il est importé en quantités tellement importantes ou à des conditions telles qu’un préjudice grave risque d’être porté aux producteurs de l’Union européenne de produits similaires. Mais en pratique, est-ce que c’est appliqué ? Les mesures antidumping sont le principal outil de défense commercial, et représentaient en 2020 66% des mesures utilisées. Cette prépondérance des mesures antidumping s’explique par le fait qu’il est difficile de prouver l’existence de subventions pour des entreprises étrangères, et que les mesures de sauvegarde sont peu souvent utilisées car elles relèvent de l’initiative des Etats. Donc, si je résume, les outils de la défense commerciale européenne permettent de protéger les entreprises d’un cadre concurrentiel déloyal. L’antidumping est l’outil le plus utilisé par l’UE, qui peut également avoir recours à des mesures antisubventions ou à des mesures de sauvegarde.

Jan 31, 20243 min

S3 Ep 25Pourquoi le marché unique est imparfait ?

Voix : Natacha Valla et Jacky Isabello Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Le marché unique est-il imparfait ? Il n’y a pas longtemps, j’ai entendu parler du marché unique, si j’ai bien compris c’est le fait qu’entre les pays de l’Union européenne il y ait une libre circulation des personnes et des capitaux. Oui c’est ça mais le marché unique c’est surtout la libre circulation des biens et des services. Depuis 2015 certaines personnes parlent également d’un marché unique numérique qui désigne la libre circulation des données non personnelles entre les pays. Cette circulation n’a pas atteint le même degré de liberté pour chacune de ces composantes, actuellement c’est la liberté de circulation des marchandises qui est la plus aboutie : il n’y a plus de droit douane et de quotas maximum d’importation entre les pays européens. Je te coupe mais j’ai déjà voulu importer des feux d’artifices d’Allemagne pour le Nouvel an mais ils ont été retenus à la frontière, la circulation n’est donc pas si libre. En effet les pays européens peuvent refuser l’entrée de marchandises en provenance d’autres pays européens si le pays juge que cela peut nuire à la santé, à l’environnement ou bien aux consommateurs. Je reprends : la libre circulation des capitaux est une autre composant du marché unique, les états ne peuvent pas restreindre des mouvements de capitaux au sein de l’Europe. Il y a également la libre circulation des personnes. Celle-ci donne le droit à chaque citoyen européen le droit de circuler, de séjourner ou de travailler librement dans un autre état. Cette liberté est vraiment marquée depuis les accords de Schengen qui a permis de supprimer les contrôles aux frontières. Enfin le marché unique, c’est aussi la libre circulation des services, c’est à dire que n’importe quel prestataire de service a le droit de fournir le service qu’il produit dans un autre état membre, par exemple un photographe français peut tout à fait se rendre en Allemagne pour faire des photos d’un mariage allemand. Tu as dit que toutes les libertés n’étaient pas au même niveau, ça signifie qu’il y a des problèmes ? En effet, certaines personnes relèvent des problèmes. Par exemple, la taxation et le coût du travail ne sont pas les même dans tous les pays européens, ce qui nuit à la concurrence et peut favoriser l’installation de certaines entreprises dans un pays plutôt qu’un autre, on parle de manque d’harmonisation sociale et fiscale. D’accord, je récapitule : le marché unique c’est la libre circulation des biens des services des capitaux et des personnes au seins des pays européens, cependant certaines de ces libertés ne sont pas bien opérées et des améliorations restent à faire.​

Jan 29, 20242 min

S3 Ep 24La politique de concurrence de l’Union européenne

Voix : Natacha Valla et Jacky Isabello Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir : Quels sont les principes de la politique de concurrence de l’Union Européenne ? La libre circulation des personnes et des biens est un principe fondamental posé par le Traité de Rome en 1957. Mais qui dit libre-circulation, dit règles pour que le marché intérieur européen soit juste et bénéficie à la population. La politique de concurrence de l’Union européenne a ainsi pour but d’empêcher qu’un État adopte des politiques qui créent des avantages pour ses entreprises, au détriment des entreprises des autres États membres. Alors concrètement, comment fonctionne-t-elle ? Le traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, le TFUE, définit les règles de concurrence au sein de l’UE. Ces dernières s’articulent autour de deux volets : un volet préventif et un volet répressif. Les dispositions préventives consistent à définir des règles concernant le contrôle des concentrations de marché pour éviter certaines situations abusives de monopoles. Les aides d’État sont également régulées afin d’empêcher les interventions publiques favorisant certaines entreprises ou certains secteurs et faussant ainsi le jeu de la concurrence au sein de l’UE. Le volet répressif définit des sanctions en cas d’abus de position dominante ou d’entente entre entreprises portant atteinte à la concurrence à l’échelle européenne. Et comment l’UE veille-t-elle en pratique à la bonne application et au respect de ces règles ? C’est la Commission Européenne principalement qui vérifie que les règles définies dans le TFUE sont appliquées. Par exemple, dans le cas du contrôle des concentrations, elle surveille les acquisitions et concentrations d’entreprises à l’échelle européenne et peut les interdire si elles donnent lieu à une importante diminution de la concurrence. En 2019, la Commission a rejeté le projet de fusion entre Alstom et la branche ferroviaire de Siemens, les deux plus grands fournisseurs de matériel roulant européen. Concernant les aides d’Etats, la règlementation européenne n’a-t-elle pas posé de problèmes en 2020 pendant le confinement, alors que de nombreuses entreprises ne pouvaient plus fonctionner ? Le TFUE prévoit, en cas de graves perturbations économiques subies par un Etat membre, des mesures spécifiques, faisant exemption au contrôle des aides d’Etat prévues par l’UE. C’est ce qu’il s’est passé durant la pandémie avec les aides d’État visant à soutenir l’économie. J’imagine que la politique de concurrence économique de l’UE n’est pas parfaite et doit sans cesse s’adapter aux évolutions des marchés, l’apparition de nouveaux biens etc. Quels sont les principaux enjeux en termes de politique de concurrence aujourd’hui pour l’UE ? La crise sanitaire, la crise énergétique, les tensions sur les chaînes logistiques, la crise des semi-conducteurs, la guerre en Ukraine font évoluer la perception des besoins économiques et de souveraineté de l’Union européenne. Certaines questions réapparaissent : faut-il privilégier la concurrence sur le marché de l’Union européenne ou l’existence de très grandes entreprises, poids lourds européens, capables de résister à la concurrence asiatique par exemple. Je comprends : l’idée des politiques de concurrence est d’établir un niveau de compétition juste entre les pays européens. Mais certaines décisions peuvent se faire au détriment de la puissance économique européenne face à des acteurs étrangers. L’équilibre est délicat !

Jan 24, 20243 min

S3 Ep 23Que recouvrent les accords européens de libre-échange ?

Voix : Natacha Valla et Jacky Isabello Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir : que recouvrent les accords européens de libre-échange ? L’Union européenne figure parmi les principales zones commerciales au monde, et a conclu des accords de libre-échange avec des dizaines de partenaires économiques. Mais la politique commerciale de l’Union divise, certains y voient une fuite en avant libérale qui ignore les enjeux sociaux et environnementaux avec des pertes de compétitivité, d’autres un levier de croissance pour les économies européennes. Commençons déjà par le cadre qui régit la politique commerciale de l’Union européenne : peux-tu nous en dire plus ? La politique commerciale de l’Union européenne est l’une des politiques communes les plus intégrées au monde. Avec la politique de concurrence, c’est l’autre politique commune qui relève d’une compétence exclusive de l’Union, ce qui permet à la Commission européenne, sur la base d’un mandat que lui donnent les Etats membres, de parler au nom et de conclure des accords commerciaux pour le compte des 27 Etats membres de l’Union. Dans les faits, on a eu surtout des accords de libre-échange dans l’idée de donner aux entreprises européennes un accès privilégié et dans des conditions préférentielles à de nouveaux marchés dans les pays-tiers. Oui et réciproquement, l’Union européenne s’engage à ouvrir son marché aux pays avec lesquels elle signe ces accords. Ces accords contiennent donc essentiellement des diminutions de droits de douane dans certains secteurs, l’ouverture d’une partie des marchés publics ou encore la reconnaissance mutuelle de normes, autant de dispositions qui doivent fluidifier les échanges commerciaux de biens et de services. L’UE a déjà signé plusieurs dizaines d’accord et en négocie encore aujourd’hui activement avec le Mexique, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer des accords qui serviraient surtout l’intérêt de grandes multinationales au prix de régressions dans les domaines environnemental et social par exemple. C’est la raison pour laquelle les importations de produits qui ne respectent pas les normes sanitaires et environnementales européennes sont interdites dans les récents accords. Il s’agit de garantir aux producteurs européens l’équité des conditions de l’échange, et de lutter contre le dumping règlementaire, notamment en matière sociale et environnementale. Ces accords dits de nouvelle génération prévoient aussi des restrictions négociées dans les domaines sensibles de l’agriculture notamment. Ainsi, le récent accord de libre-échange avec le Canada a fixé des quotas d’importation sur certains produits comme le bœuf ou les produits laitiers. J’imagine qu’il n’y a pas d’accord parfait. Et l’intérêt des accords de libre-échange est un sujet à débattre dans un futur podcast !

Jan 23, 20243 min

S3 Ep 22Existe-t-il une politique économique européenne ?

Voix : Natacha Valla et Jacky Isabello Texte : Pierre-Olivier Beffy J’aimerais savoir : Existe-t-il une politique économique européenne ? Peut-on dire qu’une politique économique européenne est à l’œuvre ? Prévu par le Traité de Rome en 1957, l’Union européenne se dote en 1993 d’un marché unique, véritable pilier de sa politique économique. Opérationnel dès le 1er janvier, il repose sur le principe de la libre circulation des biens et services, des capitaux et des personnes. Concrètement, ce marché unique a accéléré le développement du commerce intra-européen, favorisé les effets d’échelle et donc les baisses de prix. Il a également permis un certain rattrapage des pays les moins développés. Ce marché unique repose sur un contrôle strict des entraves à la concurrence entre Etats. Il se déploie à l’extérieur, avec la négociation de traités commerciaux. Est-ce le seul outil commun ? Il y a bien un budget commun mais il est trop limité pour avoir de grandes ambitions communes. Représentant 1% seulement du PIB de l’UE, il alimente essentiellement la politique agricole commune, la PAC, et les fonds de cohésion. Il a fallu la pandémie pour que les Etats membres de l’UE décident enfin de se doter d’une action budgétaire commune d’envergure, via les 750 milliards du plan de relance européen sur la période 2021-2027. Pour le reste, l’UE encadre les politiques budgétaires et structurelles des Etats membres via des règles qui ne sont pas toujours bien suivies. En matière de politique sociale, des principes communs sont définis mais ils sont peu contraignants, ce qui favorise les cas de concurrence plus ou moins déloyale. Enfin, l’UE ne dispose pas de politique industrielle, même si certains Etats y sont favorables, considérant que cette stratégie permettrait de contrer les concurrence chinoise et américaine. Avec sa monnaie commune, la zone euro joue-t-elle plus collectif ? Bien sûr, les pays de la zone euro ont mis en commun leur politique monétaire et de change depuis 1999. Mais la crise de 2008 a mis en avant des failles dans la gouvernance de la zone. Plusieurs changements ont donc été apportés depuis : un contrôle budgétaire renforcé, qui permet des ajustements plus rapides en cas de dérapage, et un début d’union bancaire avec notamment une supervision commune des grandes banques. Manquent encore à l’appel une véritable union des marchés de capitaux. Si je résume, il existe des embryons de politique économique commune au niveau européen mais, pour l’essentiel, chaque Etat met en place et gère sa stratégie de façon totalement indépendante.

Jan 22, 20242 min

S3 Ep 21Crise financière de 2008-2012 et crise sanitaire : quelle réponse européenne ?

Voix : Clémentine Gallès et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir :  Crise financière de 2008-2012 et crise sanitaire : quelle furent les réponses européennes ? Avant de comprendre la réponse européenne à la crise souveraine de 2008-2012 et à la crise sanitaire, il est important de commencer par la nature différente de ces deux crises. La crise de 2008-2012 est une crise financière, provoquée par un endettement excessif, public et privé, dans certains pays de l’Union. Les marchés financiers ont eu des doutes importants sur ces pays, comme la Grèce, et cela a entrainé une explosion des coûts de financement. Quelles ont été les réponses européennes à cette crise ? Il a été décidé d’apporter un soutien financier, de l’Union et du FMI, via la création du Mécanisme européen de stabilité qui a prêté plusieurs dizaines de milliards d’euros. Ces prêts se sont accompagnés d’un programme d’ajustement budgétaire et de réformes économiques que les pays soutenus s’engageaient à suivre en échange. C’était la garantie souhaitée par les pays qui prêtaient que l’argent serait bien utilisé. En outre, la Banque centrale européenne a fourni une liquidité quasi-infinie aux banques pour éviter tout risque d’effondrement du système bancaire à court terme. En parallèle elle a mis en place un programme pour potentiellement acheter de manière illimitée des obligations d’Etat des pays en difficulté afin de stabiliser les coûts de financement. Cette réponse budgétaire et monétaire a certainement permis de préserver l’intégrité économique de la Zone euro. Ce sont donc des mécanismes de marché qui ont conduit à la crise de 2008, tandis que dans le cas de la crise Covid, ce sont les gouvernements eux-mêmes qui ont pris la décision de mettre à l’arrêt les économies pour des raisons sanitaires. La réponse a-t-elle été différente ? On retrouve bien un soutien budgétaire et monétaire. Du côté budgétaire, le plan de relance est par contre massif puisqu’il s’élève à 750 milliards d’euros. Plus inédit encore, les Européens se sont endettés ensemble pour financer les pays les plus en difficultés, l’Italie et l’Espagne au premier chef, et une partie de cet argent a consisté en des subventions, par opposition aux prêts de 2010. Ici encore, des contreparties en matière de réformes économiques ont été demandées. Mais dans les faits, l’Europe est allée plus loin en termes de politique budgétaire.  Au final, on a le sentiment que la réponse a été plus rapide et plus forte pour la crise sanitaire que pour la crise souveraine. Qu’en penses-tu ? Il est vrai que la crise souveraine était une crise essentiellement financière alors que la crise sanitaire était une crise économique touchant tous les pays de la Zone euro. Elle nécessitait des moyens plus importants et rapidement mis en œuvre. En outre, les ajustements budgétaires et les réformes demandés lors de la crise souveraine ont pu amplifier la crise économique et les dégâts sociaux dans les pays en difficulté. La réponse lors de la crise sanitaire a été mieux coordonnée au niveau européen. Donc si je résume, la crise financière de 2008-2012 et la crise sanitaire ont nécessité des moyens budgétaires importants, parfois coordonnés au niveau européen. La Banque centrale européenne a également stabilisé les marchés financiers et le système bancaire.

Jan 18, 20243 min

S3 Ep 20Faut-il augmenter la taille du budget européen ?

Voix : Clémentine Gallès et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir :  Faut-il augmenter le budget de l’Union européenne ?  Avant de savoir s’il faut augmenter le budget de l’Union européenne, voyons déjà à quoi il sert. Aujourd’hui le budget de l’Union européenne, c’est environ 1% du PIB de l’Union. Cela sert pour l’essentiel à subventionner les agriculteurs européens à travers la politique agricole commune, et à soutenir les régions européennes les plus en retard au plan économique à travers une politique dite de cohésion. Ce budget finance d’autres dépenses, mais avec des montants moins importants, comme l’éducation des jeunes, à travers notamment le programme Erasmus que tout le monde connaît. Je rappelle le chiffre : 1% du PIB de l’Union. C’est 50 fois moins que les dépenses publiques nationales des 27 Etats membres. Alors oui, il y a une marge de manœuvre pour augmenter le budget européen. Mais pour quoi faire ? Face au choc économique né de la crise sanitaire, les 27 Etats membres ont pour la première fois accepté de s’endetter en commun à des taux bas et d’augmenter temporairement le budget européen pour financer leur plan de relance. C’est pour faire face à des menaces communes et parce que les pays européens ont choisi de lier leur destin, qu’un budget commun prend tout son sens. C’est pour cela qu’on parle aussi d’augmenter le budget européen pour financer la souveraineté énergétique ou militaire de l’Union.  Et pourquoi pas pour financer l’éducation ? Il est vrai que si l’on considère qu’un Européen peut travailler dans n’importe quel pays d’Europe, l’éducation pourrait être considéré comme un bien commun à l’Union et donc être financé par le budget européen. Mais le choix de centraliser les dépenses budgétaires au niveau de l’Union reste un choix politique. Pour l’instant, les budgets nationaux continuent à jouer leur rôle pour un traitement au plus près des préférences nationales, par exemple en matière de protection sociale, d’éducation ou de Justice.  Donc si je résume, le budget de l’Union européenne est faible et pourrait être augmenté. Mais c’est une décision politique qui nécessite notamment des ressources propres et des transferts de compétence des Etats vers l’Union européenne.

Jan 16, 20242 min

S3 Ep 19Quelles sont les règles européennes en matière de fiscalité?

Voix : Clémentine Gallès et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir :  Quelles sont les règles en matière de fiscalité au sein de l’Union européenne ? La politique fiscale est encore aujourd’hui largement de la compétence des Etats membres. Et quand la compétence est partagée, c’est alors la règle de l’unanimité qui s’applique pour obtenir un accord. Mais quelles sont les règles communes à l’ensemble des Etats ? L’Union européenne intervient le plus dans le domaine de la fiscalité indirecte, l’exemple le plus emblématique étant celui de la TVA. D’abord, les impôts indirects comme la TVA sont moins sensibles en termes de souveraineté que des impôts directs comme l’impôt sur le revenu des personnes ou l’impôt sur les bénéfices des entreprises. Par ailleurs, si l’on a des écarts trop importants entre taux de TVA des différents pays, cela pourrait altérer le fonctionnement du marché unique européen, en matière d’échanges de marchandises. Des règles communes s’appliquent également en matière de taxation du tabac, de l’alcool ou des produits énergétiques. Mais y a-t-il aussi des règles communes dans le domaine de la fiscalité des personnes et des entreprises ? Si l’Union européenne a pu agir sur les taux de TVA, il n’a pour le moment pas été possible d’aller très loin dans l’harmonisation des autres aspects de la fiscalité, essentiellement en raison du droit de véto dont dispose chaque Etat en matière de fiscalité européenne. Ce n’est par exemple un secret pour personne que l’Irlande ou la Hongrie font de leur taux d’impôt sur les sociétés l’instrument central de leur attractivité. Ils s’opposent ainsi à toute remise en cause de ce taux. La pression du public en faveur de davantage de transparence fiscale et d’une contribution plus juste des entreprises qui optimisent leur fiscalité entre pays semble toutefois faire évoluer les choses ? En effet, l’Union européenne s’est par exemple dotée en 2016 d’une directive pour lutter contre l’évasion fiscale. Plus récemment, les LuxLeaks et les Panama papers ont permis de révéler des pratiques d’évitement fiscal de multinationales, encouragées par certains Etats de l’UE. Et c’est au travers du droit de la concurrence que la Commission a pu mettre fin à certains dispositifs en infligeant des amendes importantes, de plusieurs milliards d’euros dans certains cas, estimant qu’ils pouvaient être vus comme des aides d’Etat déguisées, interdites par le droit européen. C’est très clair et en ligne avec certains changements au niveau international. En 2021, près de 140 pays se sont mis d’accord pour un impôt minimal mondial sur les entreprises multinationales.

Jan 15, 20243 min

S3 Ep 18L’équilibre des règles budgétaires européennes

Voix : Clémentine Gallès et Salvatore Serravalle J’aimerais savoir :  qu’est-ce que l’équilibre des règles budgétaires européennes Nous avions vu dans un précédent podcast que le pacte stabilité et de croissance vise au départ à éviter qu’un Etat puisse s’endetter sans limite en comptant sur la solvabilité des autres Etats ou sur la planche à billet de la BCE. En effet, les règles budgétaires sont nécessaires pour limiter les risques d’endettement excessif, d’autant plus pour des pays qui partagent une même monnaie. Mais si elles sont trop strictes, elles peuvent empêcher les investissements publics nécessaires à la croissance, ou des mesures de soutien conjoncturel à l’économie. L’enjeu est de trouver le juste équilibre entre contrainte et souplesse. Est-ce que les règles européennes permettent cet équilibre ? Elles ont été profondément réformées à la suite de la crise des dettes souveraines de 2010-2012. On a aujourd’hui trouvé un certain équilibre entre un cadre qui soit assez strict pour limiter les déficits des Etats et qui soit crédible vis-à-vis des créanciers, mais qui possède aussi les flexibilités nécessaires pour permettre à ses Etats de mener des politiques publiques budgétaires favorables au bien-être de leurs populations. Mais sans rentrer dans les détails, on a quand même l’impression qu’à force de raffinements, les règles européennes sont devenues incompréhensibles, sauf pour un petit nombre d’experts. Il est vrai qu’une simplification des règles budgétaires serait souhaitable. D’un autre côté, cette complexité est venue de la nécessité de limiter les défauts de la règle des 3 % de PIB de déficit public qui a été, à juste titre, jugée trop simpliste et anti-économique. Donc si je résume, il s’agit ici de trouver un équilibre entre contrainte et souplesse d’une part, et entre simplicité et complexité excessive d’autre part. Il est vrai que la règle parfaite n’existe probablement pas. Et c’est sans doute pour cela que les experts n’ont pas fini de parler de réformes au sujet des règles européennes !

Jan 11, 20242 min

S3 Ep 17Le pacte de stabilité et de croissance en pratique

Voix : Clémentine Gallès et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir :  concrètement, qu’est-ce que le pacte de stabilité et de croissance ? Dans le précédent podcast, nous avons expliqué ce qu’est le pacte de stabilité et de croissance. Nous avons vu que le cœur du pacte vise à garantir la discipline budgétaire des Etats. Mais comment ça marche en pratique ? En pratique, chaque année les Etats doivent présenter leur cible budgétaire aux partenaires européens, à la Commission et à la BCE. Ces cibles sont négociées, il peut parfois être demandé à un Etat de revoir sa trajectoire lorsqu’elle est jugée non conforme, avant d’être validées par le Conseil. C’est la surveillance multilatérale, avec une vocation essentiellement préventive. Mais si une fois la trajectoire budgétaire validée, l’Etat ne la respecte pas, que se passe-t-il ? Lorsqu’on observe des déficits ou un endettement excessif, la procédure devient plus dissuasive. Il est alors demandé à l’Etat de revenir sur une trajectoire budgétaire conforme aux règles, sous peine d’une sanction financière qui peut atteindre jusqu’à 0,5 % du PIB. Donc le pacte de stabilité et de croissance est assez efficace. Disons que l’efficacité est relative. L’intérêt du Pacte de stabilité et de croissance est de poser un cadre qui rappelle à chaque Etat qu’il fait partie d’un club, avec ses droits et ses devoirs. Et globalement, ce cadre a permis de maintenir la stabilité de la Zone euro. Mais la crise des dettes souveraines de 2010-2012 en a aussi montré ses limites. On a vu la Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’Espagne demander une assistance financière extérieure. Cela a amené ce cadre à évoluer. Certains considèrent que le pacte de stabilité et de croissance est trop rigide et qu’il a amplifié les conséquences de la crise de 2010-2012 en imposant une politique budgétaire trop restrictive. En parallèle, d’autres considèrent qu’un cadre plus contraignant aurait permis d’éviter la crise. Le débat n’est toujours pas clos. Ce n’est donc pas un outil parfait, ce qui explique pourquoi il a été réformé plusieurs fois. Et la soutenabilité budgétaire dépend de beaucoup de paramètres économiques financiers. Mais c’est le cadre sur lequel les pays de la Zone euro se sont mis d’accord et ils travaillent à le faire évoluer.

Jan 9, 20242 min

S3 Ep 16Qu’est-ce que le pacte de stabilité et de croissance ?

Voix : Clémentine Gallès et Salvatore Serravalle Texte : Salvatore Serravalle J’aimerais savoir : Qu’est-ce que le pacte de stabilité et de croissance ? Le pacte de stabilité et de croissance est inscrit dans le droit européen et vise à garantir la discipline budgétaire des Etats de la zone euro. Le cœur du Pacte de stabilité et de de croissance, ce sont les règles inscrites dans le traité de Maastricht en 1997. Mais en quoi consiste ces règles exactement ? En 1997, les Etats se sont engagés à maintenir leur endettement public en-dessous de 60 % du PIB. Il a été alors défini qu’un déficit public sous les 3 % du PIB était une des conditions pour limiter l’endettement public. Mais cette limite de déficit public a été définie avec des hypothèses d’inflation et de croissance un peu optimistes. Et dans les faits, les Etats-membres ont parfois dépassé cette limite, même l’Allemagne et la France dès les années 2000. Mais pourquoi limiter les déficits publics ? L’idée de limiter les déficits publics est d’empêcher qu’au sein de la Zone euro, les Etats mènent une politique budgétaire expansionniste au dépend des autres. En effet, dans une économie avec une seule monnaie, l’endettement excessif d’un Etat peut se traduise par des distorsions de concurrence ou des pressions inflationnistes sur les autres Etats. D’accord, donc quand on a une monnaie commune, il faut en quelque sorte éviter qu’un Etat ne finance ses déficits publics sur le dos des autres Etats. Tout à fait, car dans des cas extrêmes, un endettement excessif devrait être pris en charge par les autres Etats, voire la Banque centrale européenne. Il faut néanmoins reconnaître le pragmatisme des décideurs européens dans la mise en œuvre récente du Pacte de stabilité et de de croissance. En effet, ils ont décidé depuis 2020 de suspendre ces règles en réponse à la crise Covid puis à la guerre en Ukraine. Dans les deux cas, cela a permis aux Etats de mettre en place les instruments budgétaires nécessaires à la relance et à la protection. Donc si je résume, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas se coordonner pour augmenter collectivement les déficits lors d’une crise majeure. Mais le pacte stabilité et de croissance vise au départ à éviter qu’un Etat puisse s’endetter sans limite en comptant sur la solvabilité des autres Etats ou sur la planche à billet de la BCE. Rendez-vous au prochain podcast pour aller davantage dans les détails !

Jan 8, 20242 min

S3 Ep 15En quoi la BCE diffère-t-elle de la Fed ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : en quoi la BCE diffère-t-elle de la Fed ? Est-ce que la BCE et la Fed ont le même rôle ? De manière générale oui, leur but est surtout et avant tout de maintenir la stabilité des prix, c’est-à-dire d’avoir une inflation modérée. D’ailleurs les deux se sont fixé comme objectif une inflation proche de 2%. Mais bien sûr le diable est dans les détails et là on trouve vite des divergences. La première est que la BCE a pour objectif premier la stabilité des prix et, dans la mesure où cet objectif est atteint, elle doit se préoccuper de l’activité économique. La Fed elle a ces deux objectifs mis sur un pied d’égalité. Dans la vraie vie, inflation et activité ont tendance à évoluer en même temps donc la distinction n’est pas si énorme que cela. Il n’en demeure pas moins que les deux banques agissent sur des économies différentes. Et le fait que la BCE soit la banque de plusieurs pays ? Oui tu as raison, c’est une différence d’importance. Aux Etats-Unis il y a un gouvernement fédéral et donc un budget fédéral pour l’ensemble du pays. De même la réglementation est très largement uniforme. Bref la Fed a à faire à une zone homogène. La BCE en revanche doit mettre en place sa politique monétaire alors que les gouvernements de différents pays peuvent prendre des décisions opposées ou tout au moins divergentes. Il existe des instances qui permettent d’essayer d’harmoniser tout ceci, mais les états restent largement souverains et la BCE doit donc faire face à des pays qui évoluent parfois différemment. La tâche de la BCE est donc beaucoup plus compliquée ? Oui, mais là aussi il ne faut pas forcer le trait et l’hétérogénéité économique est également forte aux Etats-Unis. Par exemple, la différence entre le développement du Missouri et de la Californie est aussi grande qu’entre les pays européens. En outre, si en Europe chaque pays a gardé sa banque centrale qui participe aux décisions de la BCE, la Fed est aussi organisée en 12 Fed régionales qui regroupent plusieurs Etats ou parties d’Etats. Enfin, comme la BCE, la FED est en partie indépendante du pouvoir politique. Elle rend cependant compte au Congrès américain, comme la BCE le fait avec le Parlement Européen. Finalement, les deux banques centrales ont plus de points en commun que de divergences.

Dec 19, 20232 min

S3 Ep 14La BCE peut-elle annuler une partie des dettes publiques ?

Voix : Martine Carré-Tallon et Stéphane Déo J’aimerais savoir : La BCE peut-elle annuler une partie des dettes publiques ? D’où vient cette proposition ? La crise de la Covid a poussé les états européens à s’endetter massivement pour sauver leurs économies. Au même moment, la Banque Centrale Européenne continuait d’acheter des montants très importants de la dette publique. Un groupe d’économistes et de politiciens a alors proposé que la BCE annule en partie la dette qu’elle détient. Selon eux, il s’agirait d’une action seulement comptable pour la BCE car une dette que les Etats ont sur eux-mêmes n’est pas une dette. Cette action permettrait aux Etats d’afficher des ratios d’endettement plus faible et donc d’investir davantage en évitant des hausses de la fiscalité ou la baisse des dépenses publiques pour rembourser cette dette. Est-ce possible légalement ? Non, car les traités européens interdisent à la BCE de financer les déficits publics, qu’ils soient ceux d’aujourd’hui ou ceux d’hier. La BCE peut acheter de la dette publique, comme elle le fait déjà, mais à condition que cette dette lui soit remboursée un jour. Après tout est question d’interprétation : comme un Etat ne meurt théoriquement jamais, le remboursement peut être éternellement repoussé dans le temps. Au final, tant que la BCE ne revend pas les titres de dette publique, ceux-ci ne sont plus dans les marchés. En outre, la BCE reverse les taux d’intérêt payés par les Etats sur la dette publique achetée par la BCE aux Etats eux-mêmes, à travers les profits de la BCE. Donc dans la pratique, tant que la BCE ne revend pas la dette publique achetée, elle est annulée. Mais est-ce que la BCE peut garder la dette publique indéfiniment dans son bilan ? Oui, c’est possible, mais il faut qu’à un moment la banque centrale arrête d’acheter la dette publique. Elle peut alors garder la dette publique accumulée dans son bilan pendant longtemps. Le poids de cette dette diminuera dans le temps en proportion de son bilan avec l’inflation et la croissance. Par contre, si la BCE continue d’acheter de la dette publique alors que les Etats européens dépensent toujours plus sans faire attention à leurs équilibres budgétaires, il peut y avoir une défiance dans la valeur de la monnaie, une hausse importante des taux d’intérêt, un retrait des capitaux étrangers ou tout à la fois ! Dans ce cas, le remède peut être beaucoup plus dramatique économiquement car il conduirait à une baisse brutale du niveau de vie des Européens… Donc si je résume, le débat sur l’annulation d’une partie des dettes publiques est en fait inutile. Si la BCE ne revend pas les titres qu’elle a acheté, la dette est, de fait, annulée. Par contre, l’argent n’est pas gratuit : il y a des limites à l’achat par la BCE de dettes publiques et il faut bien à un moment retourner à des équilibres budgétaires raisonnables.

Dec 18, 20233 min