
Transfert
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S2 Ep 36Chercher une famille de substitution n’est pas toujours une bonne idée
Quand ses parents se sont séparés, Émilie a perdu toute sa stabilité familiale, ses repères. Elle s’est soudain sentie en demande d’un nouveau cercle, d’un entourage solide. Comme si elle ne pouvait exister sans une communauté autour d'elle pour la définir. Ce qui rejoint ce qu'Alasdair MacIntyre explique, dans Après la vertu (1981). Le philosophe anglo-saxon explique que dans de nombreuses sociétés traditionnelles, «c’est par son appartenance à divers groupes sociaux que l’individu s’identifie et est identifié par les autres. Je suis frère, cousin, et petit-fils, membre de cette maisonnée, de ce village, de cette tribu. Ces caractéristiques ne sont pas accidentelles, on ne peut les ôter pour révéler ‘le vrai moi’. Elles font partie de ma substance, elles définissent au moins en partie et parfois entièrement, mes obligations et mes devoirs. Les individus héritent d’un espace particulier au sein d’un entrelacs de relations sociales; sans cet espace, ils ne sont rien, parias ou étrangers dans le meilleur des cas».C'est un peu ce qu'a ressenti Émilie. Et c'est là qu'elle a essayer de trouver une famille de subsitution, une nouvelle communauté. Elle a alors rencontré Fabienne. Un épisode signé Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 35L'histoire d'un glissement vers l'enfer
Quand Margot faisait ses études, la vie était plus ou moins facile, selon les jours, les périodes. Quand elle s'est mise à sombrer, après avoir réussi le concours qu'elle attendait tant, elle est allée voir le médecin, qui lui a dit qu'elle était dépressive chronique. L'idée d'une vie meilleure s'est alors échappée. Cet épisode de Transfert a été réalisé par Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 34Une honte d'enfant peut-elle disparaître ?
De tous les articles sur la rentrée des classes que l'on voit passer chaque année, les plus intemporels sont peut-être ceux qui concernent le stress. Encore ce mois de septembre, une étude Ipsos notait que la rentrée serait synonyme de d'angoisses pour un tiers des enfants et 43% des collégiens. Il y a l'obsession de réussir, les craintes liées aux diplômes, qui surviennent de plus en plus tôt chez les écoliers, et chez les parents qui transmettent leurs inquiétudes. Mais il y a aussi la peur de ne pas réussir à se conformer aux institutions, de sortir du lot, de se faire remarquer, d'être différent, mal intégré: de ne pas être dans la norme. Je crois que l’une des choses terriblement angoissantes à l'école, et malgré l'immensité des plaisirs et des excitations qu'elle peut procurer, c'est son côté normatif. La plupart des enfants craignent de ne pas être comme les autres. Qu'il s'agisse de regarder les mêmes YouTubeurs, de ne pas avoir regardé les bonnes séries pendant l'été, de ne pas être à jour sur les jouets, les vêtements, les accessoires qu'il faut avoir. Et l'institution renforce ces craintes, fait d'un mouton noir celui ou celle qui sort du lot.L’école vous impose un rapport au monde, à votre corps, à la société, à votre milieu social, à l’intelligence, des milliers de petites règles parfois suppliciantes. Et des millions d’enfants vivent avec de micro tortures quotidiennes dont ils devront plus tard se défaire.C’est l’une de ses petites tortures que raconte l’histoire d’aujourd’hui, qui est aussi une histoire d’amour filial, d’ascenseur social.Un épisode d'Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 33Comment un voyage et une série de miracles peuvent vous révéler à vous-mêmes
J'ai un ami qui ne tombe amoureux qu'en voyage, ou presque. C'est très romantique, parfois douloureux –la distance, l'incapacité à se réancrer ensuite dans la réalité– mais finalement presque logique. Parce que comme plusieurs études l'ont montré ces dernières années, notre cerveau ne fonctionne pas tout à fait de la même manière en voyage.C'est ce qui est arrivé à Matthieu, alors étudiant, passionné d'histoire. Avec un ami qui partage le même intérêt, il décide de partir à Rome. La nuit de leur arrivée, un pied, dans la chambre d'une auberge de jeunesse, va le transformer.Une histoire signée Camille Regache. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 32Une recherche d'amour effrénée
Quand Didier était petit, c'est son frère jumeau, Olivier, qui avait tous les honneurs et toutes les attentions. C'est son frère qui avait plus de choses à raconter à table, plus de discussions à partager avec leurs parents. C'est son frère encore qui se promettait à un meilleur avenir. Didier lui, se sentait en décalage avec sa famille, en manque d'amour.C'est de ce manque qu'est partie sa quête. Dans Les Fragments d'un discours amoureux, Roland Barthes écrit, au sujet du besoin d'amour, qui équivaut à un besoin d'être comblé: «En réalité, peu m’importent mes chances d’être réellement comblé (je veux bien qu’elles soient nulles). Seule brille, indestructible, la volonté de comblement.»Cette volonté de comblement a si bien animé Didier qu'il l'a menée partout, dans tous les domaines où l'on peut chercher l'amour, sous toutes ses formes. Cet épisode est signé Hélène Carbonnel. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 31Comment aimer un fantôme ?
Quand elle était petite, les parents de Pauline se sont séparés. Son père était compliqué, sa mère espérait qu'il changerait, qu'il comprendrait, mais son père est resté très compliqué. A chaque fois qu'il annonçait sa venue un jour, il n'arrivait que le lendemain, ou plus tard encore. À Noël, il promettait toujours de venir le 24 décembre, mais n'arrivait que le lendemain, ratant le réveillon. A chaque occasion possible, Pauline, admirative et aimante face à son père, l'attendait, espérait sa présence. Parfois il arrivait tard, parfois il n'arrivait pas. Disparaissant, des semaines entières.Comment peut-on aimer son père dans le mystère et les silences? Comment ne pas creuser un fossé entre les êtres à force de non-dits?Cet épisode est signé Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 30Êtes-vous vraiment la personne que vous pensez être ?
Dans son roman Délivrances, la romancière afro-américaine Toni Morisson, fait dire à son personnage Booker que « Scientifiquement, il n'existe rien de tel que la race » et que « donc le racisme sans race est un choix. Enseigné, bien sûr, par ceux qui en ont besoin, mais c'est tout de même un choix. Les gens qui le pratiquent ne seraient rien sans lui. » C'est ce qu'a découvert Claire quand elle est partie vivre aux Etats-Unis. Et que l'on n'est pas toujours à la hauteur de la personne que l'on pense être. Un épisode signé Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S2 Ep 29Guérir de ses appétits funèbres
L'adolescence est presque inextricablement liée à la mort : c'est l'époque où l'on apprend à vivre. Mais que se passe-t-il quand on l'approche de trop près ? Lou est une adolescente comme une autre, un peu plus fascinée par le macabre, le funèbre, ce qui touche à la mort, les films sombres... En tombant amoureuse de Camille, elle trouve un compagnon de jeu qui aime explorer le même terrain. Jusqu'à ce qu'ils frôlent d'un peu trop près leur objet de fascination. Cet épisode a été réalisé par Alexandre Mognol Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 28Dans les coulisses de Transfert
bonusDepuis un an, le podcast Transfert vous raconte des histoires qu'il s'efforce d'aller chercher dans tous les coins, pour raconter le monde et la vie moderne. Comment se trouvent et se fabriquent ces histoires ? Avec qui ? Coulisses du podcast avec Charlotte Pudlowski, présentatrice et rédactrice en chef, Alexandre Mognol, journaliste et producteur, Baptiste Etchegaray, journaliste et Pauline Thomson, musicienne. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 27Les tourments d'une première histoire d’amour
Un jour en levant les yeux de sa copie, Sarah se rend compte que son prof d'histoire la regarde. Elle rebaisse les yeux, puis relève la tête : il la regarde encore. Se pourrait-il qu'il l’aime ? Qu'ils aient une chance ? Voilà à quoi ressemble une première histoire d'amour. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 26Comment des coupures de journaux ont mené Lara vers la religion
Lara n'a jamais eu de rapports très intimes avec ses voisins, mais ils se connaissaient assez pour prendre soin de leurs chats réciproquement pendant les vacances, ou se rendre de menus services. Quand un homme a emménagé chez sa voisine bigote, sa curiosité a pourtant été piquée : Lara s'est demandée de qui il pouvait bien s'agir, ils avaient l'air si différents l'un de l'autre... Jusqu'à ce que des coupures de presse l'informent sur son identité. Un épisode d'Elise Costa, avec Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 25L'histoire d'un appel qui a changé une vie
Voici l'histoire de Marine - une jeune femme dont vous n'avez probablement jamais entendu parler si vous vivez en France. Elle vient de Toulouse, de la classe moyenne, elle approche doucement de la trentaine. C’est une fille normale.Mais à l’autre bout du monde, Marine est quelqu’un d’autre, un autre visage, une autre façon se de mouvoir, d’autres jours et d’autres nuits. Et un autre nom.Tout a changé le jour où elle a reçu un appel de Chine. Nous étions en 2012, et elle n'avait fait qu'un seul voyage là-bas, pour un concours de langue, quelques semaines plus tôt, et elle n'attendait pas de coup de fil. Mais celui-là va la réinventer.Cet épisode était signé Robin Panfili et Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 24L'histoire d'un secret qui a attendu 10 ans de mariage pour sortir
Il y a un très beau texte de Pascal (dans les Pensées) sur lequel beaucoup de lycéens et d'étudiants ont longtemps planché:«Celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ? Non car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus. Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps ni dans l’âme? Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent?»C'est une question qui se pose souvent avec acuité au cours d'une vie de couple: si vous avez une carrière brillante et que vous vous retrouvez au chômage, que vous perdez confiance en vous, que votre estime de vous s'amenuit, est-ce que votre partenaire vous aimera toujours autant? Si vous prenez des dizaines et des dizaines de kilos? Si vous changez fondamentalement d'opinion politique? Les changements physiques comptent-ils autant que les changements intérieurs? Ou si vous ne changez pas mais que vous donnez une nouvelle information sur vous, une information qui ne sortirait qu'au bout de dix ans de mariage? Ou si vous changez mais pour mieux être vous-même? La nouvelle donne qui est venue s'installer dans le couple de Mathieu et Julie était de taille à tout briser. C'est une histoire d’essence, d’amour et de courage.Cet épisode est signé Julia Vergely, réalisé par Alexandre Mognol Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 23L'art difficile du dialogue amoureux
Elise avait 24 ans, elle habitait une vie fade, avait envie d'aventures, et elle a rencontré Louis. Ça a commencé comme une folle aventure : mais est-ce que cela suffit ? Cet épisode a été réalisé par Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 22Peut-on ne jamais tomber amoureux ?
C'est l'histoire d'une femme qui ne tombe pas amoureuse. Elle sort avec des hommes, et leur annonce d'emblée la couleur: il y a un début, il y aura une fin, entre les deux on va bien s'amuser. Il ne faut pas demander plus, pas de mariage, pas d'engagement. Elle rencontre plein d'hommes, s'amuse. Mais elle ne tombe jamais amoureuse. Ne dit jamais je t'aime. Ou quand elle le dit, c'est par politesse en quelque sorte, en réponse à leurs déclarations. Elle ne veut pas d'attaches, juste de l'amusement. Elle ne veut pas rentrer dans le rang, snobe la norme, et n'en ressent aucun besoin. Cette femme n'est jamais tombée amoureuse, elle a 15 ans, puis 20, puis 30 ans, et bientôt 40. Elle ne tombe jamais amoureuse. Est-ce qu'il y a quelque chose de cassé chez elle?Est-ce qu'un morceau manquant d'une histoire de vie peut obstruer une mécanique et l'empêcher, incomplète, de fonctionner? Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 21Comment un échange d'appartement peut déraper
Vous avez déjà échangé votre appartement? Vous vous demandez parfois, qui sont les personnes auxquelles vous le confiez? Laura voulait simplement partir à New York: échanger son appartement avec une Américaine qui vivait à Paris mais possédait un appartement à Manhattan. L'Américaine ne voulait pas rentrer à New York, elle occupait les appartements parisiens de Français auxquels elle louait le lien, aux Etats-Unis. Et puis tout est parti en vrille. Cet épisode est signé Elise Costa, réalisé par Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 20Ce qu'exister veut dire
Valérie a eu son premier enfant en 1997. En 2000, elle décide d'en avoir un deuxième : mais les trois années qui suivront la mèneront dans l'enfer des vies avortées et des souffrances intimes, organiques et silencieuses. Cet épisode est signé Agathe Le Taillandier Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 19A quelle profondeur peut-on enfouir ses souvenirs ?
J’ai toujours été fascinée par une histoire contenue dans les Etudes sur l’hystérie de Freud et dont l'ethnopsychiatre Tobie Nathan fait un récit très clair dans Psychothérapie démocratique.C’est l’histoire de Lucy R. une jeune gouvernante anglaise. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et Lucy R travaille chez un bourgeois de Vienne, il est patron d’usine, veuf, et elle s’occupe de ses enfants.Lucy R. vient voir Freud parce qu'elle a perdu l’odorat à la suite d’une rhinite et se plaint de sentir en permanence une odeur d’entremets brûlé. Freud pense que cette odeur de brûlé qui ne la quitte pas est le symbole d'un trauma, mais qu'il correspond à un souvenir réél et objectif. «De séance en séance, à la manière d'une enquête policière, Freud et sa patiente vont révéler l'énigme des symptômes».L'origine du trauma trouvait donc sa source dans la réalisation que Lucy R. n'était pas aimée.Cette histoire, dans la version de Freud, se solde par un triomphe, et la guérison de la patiente. Mais il faut être «prudents face au triomphalisme freudien», prévient Tobie Nathan: «nous savons désormais (...) que la plupart des cas sur lesquels Freud repose son argumentation théorique et fonde la validité de la cure psychanalytique ont été, dans leur grande majorité des compositions très éloignées de la réalité».Mais ce qui est fascinant c'est ce que cette histoire, parabolique ou réaliste, c'est la manière dont elle montre notre capacité à enfouir des souvenirs trop douloureux. Mais ils ne ressortent pas toujours sous la forme d'odeurs de brûlé ou de cigares. Et ils sont parfois bien plus graves qu'une déception amoureuses. Comme l'histoire de Marion. Attention, cet épisode fait référence à des événements très douloureux et peut heurter la sensibilité de certains auditeurs de Transfert. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
Une terrible histoire d'amour, de voyage et de fuite en avant (1/3)
L'histoire de Gabriel commence comme le roman de Jennifer Egan. Il a 18 ans, il suit son ami Paul en Inde, et il ne se passe rien. Les couleurs de l'Inde, la vie, l'ailleurs. C'est tout. Jusqu'à ce qu'il arrive dans un petit village, et qu'il tombe amoureux.Arrive alors le vrai voyage, celui qui bouscule tout, qui vous transforme, qui rendra le voyageur à son point de départ une autre personne. Mais avant de le rendre, le voyageur, galvanisé, tout puissant, électrifié par les possibilités de l'ailleurs, hors de ses normes, de son carcan, s'oublie, et oublie son pouvoir. Ce qu'il comporte de mécanismes de domination, de préjugés et charrie de graves dangers. Ce qu'il peut déranger, renverser et détruire, avant de rentrer.L'épisode est signé Lola Costantini et Caroline Gillet. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
Une terrible histoire d'amour, de voyage et de fuite en avant (2/3)
L'histoire de Gabriel commence comme le roman de Jennifer Egan. Il a 18 ans, il suit son ami Paul en Inde, et il ne se passe rien. Les couleurs de l'Inde, la vie, l'ailleurs. C'est tout. Jusqu'à ce qu'il arrive dans un petit village, et qu'il tombe amoureux.Arrive alors le vrai voyage, celui qui bouscule tout, qui vous transforme, qui rendra le voyageur à son point de départ une autre personne. Mais avant de le rendre, le voyageur, galvanisé, tout puissant, électrifié par les possibilités de l'ailleurs, hors de ses normes, de son carcan, s'oublie, et oublie son pouvoir. Ce qu'il comporte de mécanismes de domination, de préjugés et charrie de graves dangers. Ce qu'il peut déranger, renverser et détruire, avant de rentrer.L'épisode est signé Lola Costantini et Caroline Gillet. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
Une terrible histoire d'amour, de voyage et de fuite en avant (3/3)
L'histoire de Gabriel commence comme le roman de Jennifer Egan. Il a 18 ans, il suit son ami Paul en Inde, et il ne se passe rien. Les couleurs de l'Inde, la vie, l'ailleurs. C'est tout. Jusqu'à ce qu'il arrive dans un petit village, et qu'il tombe amoureux.Arrive alors le vrai voyage, celui qui bouscule tout, qui vous transforme, qui rendra le voyageur à son point de départ une autre personne. Mais avant de le rendre, le voyageur, galvanisé, tout puissant, électrifié par les possibilités de l'ailleurs, hors de ses normes, de son carcan, s'oublie, et oublie son pouvoir. Ce qu'il comporte de mécanismes de domination, de préjugés et charrie de graves dangers. Ce qu'il peut déranger, renverser et détruire, avant de rentrer.L'épisode est signé Lola Costantini et Caroline Gillet. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 18Une terrible histoire d'amour, de voyage et de fuite en avant (version longue)
L'histoire de Gabriel commence comme le roman de Jennifer Egan. Il a 18 ans, il suit son ami Paul en Inde, et il ne se passe rien. Les couleurs de l'Inde, la vie, l'ailleurs. C'est tout. Jusqu'à ce qu'il arrive dans un petit village, et qu'il tombe amoureux.Arrive alors le vrai voyage, celui qui bouscule tout, qui vous transforme, qui rendra le voyageur à son point de départ une autre personne. Mais avant de le rendre, le voyageur, galvanisé, tout puissant, électrifié par les possibilités de l'ailleurs, hors de ses normes, de son carcan, s'oublie, et oublie son pouvoir. Ce qu'il comporte de mécanismes de domination, de préjugés et charrie de graves dangers. Ce qu'il peut déranger, renverser et détruire, avant de rentrer.L'épisode est signé Lola Costantini et Caroline Gillet. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 17Voilà comment le monde entrave les femmes
En 2006, Virginie Despentes a publié King Kong Théorie et elle y expliquait notamment: « Beaucoup de femmes que le sexe n'intéresse pas mais qui savent en tirer profit. Qui couchent avec des hommes vieux, laids, chiants, déprimants de connerie, mais puissants socialement. » Pourquoi ? Parce que ce sont parfois les seules options qu'on leur laisse pour réussir.Elle disait surtout: «Entre la féminité telle que vendue dans les magazines et celle de la pute, la nuance m'échappe toujours. Et, bien qu'elles ne donnent pas clairement leurs tarifs, j'ai l'impression d'avoir connu beaucoup de putes, depuis. Beaucoup de femmes que le sexe n'intéresse pas mais qui savent en tirer profit. Qui couchent avec des hommes vieux, laids, chiants, déprimants de connerie, mais puissants socialement.»Qui coucherait avec des hommes «vieux, laids, chiants, déprimants de connerie, mais puissants socialement»? Comment se retrouve-t-on dans ce genre de situation? Parce que vu depuis l'après, c'est facile de se dire que c'est dingue, que c'est moche, que c'est terrible, qu'on ne l'aurait pas fait. Mais pourquoi certaines y sont parfois acculées? Parce que c’est ce que beaucoup d’hommes attendent, et que ce sont des hommes qui tiennent les rênes, partout, dans tous les domaines, encore aujourd’hui. Voilà ce que raconte cette histoire: comment on peut en venir à vouloir coucher pour réussir, ou ce à quoi il faut renoncer quand on est une femme.L'épisode est signé Elise Costa et réalisé par Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 16Peut-on aimer quelqu'un sans le connaître ?
Dans Un, personne et cent mille, le formidable roman de Luigi Pirandello, un homme, Vitangelo, se retrouve devant la glace un matin. Il s'observe, et sa femme s'approche:«– Qu'est-ce que tu fais?»«– Rien, je regarde mon nez, dans cette narine-là. Quand j'appuie, ça me fait un peu mal.»Sa femme sourit et lui répond: «Je croyais que tu regardais de quel côté ton nez penchait.»Le héros découvre alors, à 28 ans, qu'il a le nez tordu. Et que sa femme l'a toujours perçu comme ayant un nez tordu. Qu'il n'est pas tel qu'il s'est toujours imaginé: «J'avais toujours cru jusque-là que mon nez, sans être forcément beau, était au moins décent, comme toutes les autres parties de mon corps».Dans le roman de Pirandello, cette histoire de nez est le point de départ d'une quête d'identité, et d'une réflexion sur la perception. Nous ne sommes pas une seule personne, mais un, personne, et cent mille.En décortiquant la manière dont Vitangelo et sa femme peuvent avoir une perception différente d'une même personne, Pirandello décortique notre perception de soi et de celle des autres. Vous croyez connaître quelqu'un, et il est tout autre chose. Vous passez du temps avec une personne, vous vous mettez à l'aimer, à l'intégrer à vous, à ce que vous êtes, à votre quotidien et à vos pensées, et il n'est pas du tout l'être que vous espériez.C'est ce qui est arrivé à celle que nous appellerons Suzanne. Elle est tombée amoureuse d'un homme qui n'était pas du tout celui qu'elle croyait. L'histoire de Suzanne a été racontée au micro de Sarah-Lou Lepers. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 14Serge a été otage, et il n'aura plus jamais peur
La captivité peut avoir une couleur. Comme celle qu’a donné Guy Delisle à son dernier roman graphique: S’enfuir. Un bleu gris qui ressemble à l’obscurité, restitue l’absence de lumière. Un bleu nocturne, comme on dit une nuit sans étoile, une nuit sans fin, les nuits que par analogie on associe à la mort. Un bleu nocturne comme un bleu silencieux, par opposition au jour qui accueille la lumière et ses métaphores: la chaleur, la vie.Comme Christophe André, le héros du récit de Guy Delisle, qui a été otage du Caucase à la fin des années 90, Serge Lazarevic a connu ce bleu là, sans lumière. Il a connu ce bleu-là au Mali, pendant plus de trois ans, otage d’AQMI.De Lazarevic, on sait un peu sa captivité, et beaucoup ce que la presse a dit de lui, qu'il était un «magouilleur», et qu'il a démenti. On sait les rumeurs, sur un passé trouble. Qu'il a une femme, des enfants et des petits-enfants. Qu'il a exercé plein de métiers, dans le bâtiment, ailleurs. On sait son départ au Mali, et puis la prise d'otages, avec son ami Philippe Verdon, qu'il perdra là-bas, la violence, et le retour, le 9 décembre 2014. Et l'impossibilité d'une normalité recouvrée.Mais ce que l'on ne sait pas vraiment, de Lazarevic, c'est ce qu'il a vraiment vécu là-bas, et comment son séjour lui a désappris la peur. Il dit: «J’ai le bassin qui a été touché, j’ai pris des coups sur la tête, on m’a torturé, j’ai des problèmes de mémoire et d’oreille interne, et j’ai des vertiges tout le temps. Je ne sais pas si vous pouvez réaliser ce que c’est, 4 ans dans la nature, dans le Djebel, dormir sur des pierres. En plus, j’étais enchaîné aux chevilles et j’avais des menottes derrière le dos, pour dormir. Et 4 ans comme ça, c’est long».Mais il n'a jamais vraiment raconté jusqu'à présent l'effroi, comment il a frôlé la mort, et qu'il n'a plus peur désormais; le sentiment lui est devenu à jamais étranger. L'épisode est signé Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 13Une histoire d'injustice et de colère
Dans son roman En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis racontait de l’injonction faite aux petits garçons de devenir de vrais hommes. Lui, enfant efféminé dans un monde qui érigeait la virilité en valeur cardinale écrivait:«La plupart du temps ils me disaient gonzesse et gonzesse était de loin l’insulte la plus violente pour eux. (…) Même ma mère disait d’elle “j’ai des couilles moi, je me laisse pas faire”.»Avoir des couilles, c’est avoir droit à la violence. Et quand on ne donne à un petit garçon ni douceur, ni amour, ni confort, ni mots, et que l’on attend de lui qu’il soit un vrai petit homme, alors il se saisit de la violence. Elle monte en lui.C’est l’histoire de Sébastien. Tout petit, il vivait avec sa mère, et son père était souvent en voyage, absent, occupé par son travail. Un jour il a compris pourquoi, et il n'a cessé ensuite d'aller d'injustice en injustice, de subir la violence de son père, psychologique. Jusqu’à ce qu’il apprenne à en user lui aussi.L'épisode est signé Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 12Assister au renversement du monde
Quelques mois après le 13 Novembre, Caroline Gillet, journaliste, est entrée chez son psy, et au cours de la séance, c'est lui qui s'est mis à raconter. Il lui a parlé de lui, il lui a parlé de l'un de ses patients, il lui a rapporté une histoire bouleversante, terrible, liée aux attentats.Et en lui racontant cette histoire, il a changé de rôle, de casquette. Il est devenu celui qui raconte. Caroline est redevenue ce qu'elle est par ailleurs dans la vie, dans son métier: celle qui écoute. Elle a posé des questions, elle lui a demandé s'il avait envie de témoigner de ça. Et un peu plus tard, elle est retournée au cabinet avec un micro, qu'elle lui a tendu.Dans les jours et les semaines d'après les angoisses, problèmes de sommeil, humeurs difficiles accaparent les rescapés, les blessés, leurs familles, mais aussi de simples citoyens pas directement concernés mais affectés par le climat général.Les soignants sont des deux côtés: ils accueillent les blessés, leurs histoires, leur traumatismes; ils baignent dans le même contexte. Ils soignent parfois en étant blessé. Les psys écoutent en ayant souvent beaucoup à dire. Parfois les mots débordent.Cet épisode est signé Caroline Gillet, réalisé par Charles Trahan. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 11En se séparant, les parents de Thomas ont brisé bien plus que leur couple
Une nuit, Thomas a surpris une conversation téléphonique entre ses parents. Sa mère hurlait, pleurait, débouchait des bouteilles de vin frénétiquement. Bientôt il irait la consoler. Un divorce suivrait. L'effondrement d'un modèle de vie. Ni lui si sa mère ne sortiraient jamais du cercle infernal dans lequel ils venaient d'entrer. Celui de l'inversion des normes, où l'enfant devient l'adulte et l'adulte l'enfant. Où le fils devient protecteur de la mère, pourvoyeur d'amour. Du jour où il a dû secourir sa mère, Thomas n'a plus jamais été un enfant. En perdant ainsi son quota d'heures infantiles, son monde s'est renversé. Il n'avait plus de modèle. Il ne savait plus ni comment grandir, ni comment vivre. Cet épisode a été réalisé par Alexandre Mognol. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 10«Tu ne dois pas détester ton père, tu lui dois deux fois la vie»
Désirée a toujours été avide de l'amour de sa mère. Quand celle-ci lui parlait, lui accordait sa confiance, lui racontait des histoires, Désirée était toujours émue, flattée. Petite, elle n'a pas toujours vécu avec ses parents, elle a été en pension, dans la même ville. Alors quand sa mère décidait de l'emmener, exceptionnellement, à son cours de danse, ou de lui conseiller un livre particulier, Désirée avait le sentiment de vivre quelque chose de spécial.En grandissant, sa mère s'est mise à lui raconter des histoires sur son passé, sur son histoire, dans le monde des années 50, 60, où les femmes n'avaient pas les droits d'aujourd'hui. Où elles n'étaient jamais libres.Au fur et à mesure des années, certaines histoires se répètent, certains motifs reviennent, comme des informations distillées, sur son identité. Jusqu'à ce qu'un jour Désirée découvre une lettre, et qu'elle comprenne l'origine de son prénom.Les noms sont chargés d'inconscients, mais lesquels? Ceux des parents, qui donnent les prénoms, ceux des personnes qui les habitent. Ceux des figures –littéraires, médiatiques, cinématographiques, mythologiques– qui les portent. Les noms créent des mythes.Celui de Désirée parle autant de ses parents, que d’elle. Il parle autant d’incapacités que du pouvoir performatif du langage.La mère de Désirée lui parlait, racontait très bien les histoires, elle l’a nommée d’après la leur. Elle lui a appris son passé grâce à des récits, puis un livre, puis une lettre. Par des mots toujours, écrits souvent. Désirée dit d’ailleurs que la seule vraie relation qu’elle a eu avec ses parents, c’était par les livres.Un épisode signé Agathe Le Taillandier. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 9Un jour Nathalie s'est fait un ami sur Internet; désormais elle ne fera plus confiance à personne
A l'époque, Nathalie avait une vie rangée: un boulot, des gamins, un compagnon qui ne vivait pas dans la même ville qu'elle. Elle avait du temps, et de l'ennui à dissiper. Elle s'est alors liée d'amitié avec Ulrich. Jusqu'à ce qu'il la trahisse. Ulrich est un blogueur musique, un type ultra «pointu», avec qui elle engage sur Internet une relation faite de mots, de lettres, de mails, de chats sur Gtalk.Et Nathalie, alias Catnatt sur Internet, qui a toujours été passionnée de littérature, se réjouit de cette relation épistolaire. Ulrich la fait avancer sur de nouveaux territoires de pensées, elle l'admire, elle apprend. Elle se retrouve avec lui, et à côté de lui, dans la position de «l'être écrivant» que décrit le philosophe français Gaston Bachelard dans Le Droit de rêver: «l’être écrivant est l’être le plus original qui soit, le moins passif des penseurs», parce qu' «on entend dans les mots plus qu’on ne voit dans les choses. Or écrire, c’est réfléchir aux mots, c’est entendre les mots avec toute leur résonance.»Cette relation dont s'enivre Nathalie a quelque chose d'original: ils ne se voient jamais. Ulrich habite à l'étranger, d'abord en Irlande, d'où il est en partie originaire, puis à Seattle, où il a une maison de famille. Mais Catnatt n'a pas besoin de le voir: elle se nourrit de leurs échanges. Et s'enfonce dans une amitié très aristotélicienne, telle que Philosophie Magazine la décrivait dans un article de 2009:«L’ami, c’est celui qui vous rend meilleur, qui vous permet de progresser dans l’existence, de développer une part de vous-même, qui, sans lui, serait restée inexploitée. Toute la philosophie d’Aristote repose sur la distinction entre ce qui est " en puissance" (potentiel) et ce qui est "en acte" (effectif), l’enjeu étant alors de savoir saisir les occasions pour "actualiser sa puissance ". L’ami est justement pensé comme une telle occasion. L’ami authentique ne l’est donc pas par ses qualités propres: c’est ma rencontre avec lui qui aura ou non le pouvoir de me rendre meilleur. En ce sens, ce n’est pas vraiment lui qui me rend meilleur, mais ma relation avec lui.»Leur relation est formidable pendant un temps, jusqu'à ce que Catnatt se lasse. Et se rende compte que si la relation était pleine de sens, l'ami lui, ne l'était pas.Cette histoire est signée Alexandre Mognol Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 8Comment peut-on s'enfoncer dans une relation qui ne marche pas?
Pourquoi reste-t-on avec quelqu'un qui nous rend malheureux? 40% des gens divorcent. Brad et Angelina divorcent. Et Steven Spielberg, Harrisson Ford, Madonna, Michael Jordan, Paul McCartney, Vanessa Paradis et Johnny Depp avant eux. Quand on a la chance de ne pas avoir de caméras braquées sur soi, et le monde entier pour décortiquer votre vie privée, pourquoi est-ce tellement difficile?L'enjeu du bonheur. C'est ce que raconte l'histoire de Pauline: c'est à cause d'une fiche bristol. Celle que vous vous écrivez enfant, ado, dictée par le poids des normes: à 30 ans je serai- heureux, heureuse- marié(e)- avec des enfantsAlors quelques années avant ces 30 ans fatidiques, quand vous rencontrez quelqu'un qui semble pouvoir vous aider à cocher ces cases, vous y allez. Parce que le bonheur est trop important. C'est la seule injonction à laquelle il faut vraiment obéir, la plus lourde de nos sociétés occidentales contemporaines.Et quand vous vous rendez compte que le type en face ne colle pas, que vous pourrez cocher toutes les cases sauf celle marquée «bonheur», vous faites quoi? Vous partez ou vous fermez les yeux? Ou vous fermez les yeux un temps, avant de partir. Même quand tout vous dit de fuir. Même quand un secret énorme s'immisce dans votre couple.Cet épisode est signé Alexandre Mognol Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 7Mathieu avait rêvé Ian, il n'était pas celui qu'il croyait
Il en va des êtres comme des situations: tant que l'on se contente de les rêver, elles sont parfaites, en adéquation avec nos fantasmes. Et parfois surgit la réalité. Il y a quelques années, Mathieu habitait rue Montorgueil, avec son compagnon. Et il s'est mis à voir, par la fenêtre, son voisin. Il était beau, Mathieu est peu à peu tombé amoureux. D'une silhouette.Tout était parfait jusqu'à ce qu'il rencontre le voisin. La réalité a interféré avec les rêves. Et plus tard encore, elle n'a cessé d'interférer. Jusqu'à ce que Mathieu réalise qu'une réalité contrariée valait mieux qu'un fantasme. Cet épisode a été tourné par Caroline Gillet et Charles Trahan. Ce dernier a réalisé l'épisode. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 6Comment la demi-finale de l'Euro a réconcilié Philippe avec son histoire familiale
Philippe est un fana de foot depuis tout gamin. Mais quand le 7 juillet dernier, pendant l'Euro, la France l'a emporté sur l’Allemagne, ce n'était pas juste un match de plus qui se jouait pour lui. C'était son histoire familiale. Et un match qu'il attendait depuis plus de 30 ans. Il était tout jeune homme. Il avait depuis toujours en partage, avec son père et son grand-père, une passion pour ce sport. Les discussions sur le sujet, les compétitions regardées ensemble, tissaient en partie l’amour qu’ils se portaient les uns aux autres.La passion était si forte, dans cette famille, qu’elle comprenait le passé douloureux du grand-père: deux guerres mondiales à son actif. Toute la haine anti-«Boches» dans ses veines, ses souvenirs d’obus et de résistant. Puisque, comme chacun sait, le sport est une manière de continuer la guerre par d’autres moyens, le grand-père la continuait, à chaque match France-Allemagne.Mais la germanophobie se transmettant moins bien que la passion sportive, le jour où Philippe, adolescent, rencontre une correspondante allemande, il faut bien apaiser les passions. Le grand-père aimant Philippe plus qu’il ne déteste les Allemands, le passé doit se taire…C’était compter sans cette soirée fatale de juillet 1982. Cette nuit-là, Philippe allait comprendre l’injustice. Le passé anti-allemand de son grand-père allait se lier inextricablement à l’amour du foot de la famille.«Dans des sociétés où chacun, individu ou collectivité, est appelé au succès», écrit Bromberger, «l’échec et l’infortune ne sont psychologiquement tolérables que si la malignité des autres, l’injustice ou le destin en portent la responsabilité. A un ordre irrécusable fondé sur le pur mérite, le football oppose le recours du soupçon et d’une incertitude essentielle. Qu’en serait-il d’une société ou d’un monde entièrement transparents, où chacun aurait la certitude rationnelle d’occuper, à juste titre, son rang?» Et il en va des pays comme des conflits, comme des hommes.Cette histoire est signée Alexandre Mognol, réalisée par Charles Trahan. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 5Comment se séparait-on avant Facebook?
En 2004, Matthias a 18 ans. Il est «en sortie de lycée, en début de fac», cette époque dit-il, où l'on ne se connaît pas très bien, où l'on n'est pas encore formé. Et il rencontre une fille.Elle lui plaît, il flirte avec elle, et puis… plus tant que ça. Il veut s’en défaire.Cette année-là, quelques mois plus tôt, dans une chambre de Harvard, Mark Zuckerberg a inventé Facebook. Mais en France, il va falloir encore quelques années avant que le réseau social ne devienne accessible. Nous sommes dans un monde pré-réseaux sociaux numériques, presque pré-Internet vu l'état des connexions...Rien de plus facile donc, que de rompre? Ces dernières années, quantité d’articles ont expliqué que c’était Facebook qui rendait la rupture difficile, que les résaux sociaux empêchaient de défaire les liens, permettaient le «stalking» ‑la traque‑ l’espionnage des ex, de faire perdurer un contact malsain…Mais est-ce que Facebook ne permet pas au contraire une distance? Quand une personne voulait vous stalker, vous poursuivre, dans le monde d'avant 2004, il le pouvait déjà: mais son stalking devenait plus gênant encore, parce que plus réel. S’il ne pouvait pas regarder vos photos en ligne, il pouvait vous téléphoner. Et si vous n’aviez pas de téléphone portable, il pouvait appeler chez vous, chez vos parents. Vous aviez un téléphone fixe, parfois sans l’affichage du numéro. Vous ne pouviez pas d’un toucher d’écran refuser un appel, bloquer un numéro, ranger votre téléphone dans votre poche. L’invasion était peut-être plus rare, plus difficile, mais quand elle avait lieu, elle était bien plus grande. Cette histoire est signée Vincent Manilève, réalisée par Charles Trahan, avec Alexandre Mognol à la prise de son. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 4Peut-on être amoureux de deux personnes en même temps?
Dans sa fameuse émission Tout le monde en parle, Thierry Ardisson demandait sans cesse: «Est-ce qu'embrasser c'est tromper? Est-ce que sucer c'est tromper?» une provocation qui résonnait dans la tête des téléspectateurs avec une recherche incessante, de samedi soir en samedi soir, de trouver où placer le curseur.La fidélité a changé de place, de sens, estime le sociologue François de Singly, auteur de Les sociologies de l'individu. Il explique que «la fidélité est une valeur. Pas nécessairement au sens sexuel. Pas nécessairement au sens d'engagement pour toute la vie. La fidélité est restée une valeur parce qu'elle a changé de sens. Aujourd'hui, on attend de son partenaire réconfort, sécurité dans un monde de plus en plus incertain. (...) Cela ne signifie pas que l'infidélité sexuelle est anodine mais elle n'est pas au centre de la définition du couple contemporain.»Le couple contemporain pourrait s'en tenir aux deux premières définitions de la fidélité selon le Larousse:«Qualité de quelqu'un qui est fidèle, dévoué, attaché à quelque chose, à quelqu'unQualité de quelqu'un qui est constant dans ses sentiments, ses affections, ses habitudes»Dans ces conditions, l'histoire de Thomas et Lucile n'implique aucune infidélité. Tombés amoureux, ils quittent chacun leur conjoint de l'époque et commencent leur vie ensemble. Très vite, Lucile tombe enceinte, ils décident de garder l'enfant, ils s'aiment, ils sont heureux. Un jour, sur Twitter, Lucile rencontre quelqu'un, à qui elle envoie des photos, qui lui envoie des photos, qu'elle rencontre bientôt. Dont elle tombe amoureuse sans moins aimer Thomas. Sans qu'il n'éprouve, dit-il, de jalousie.Cet épisode est signé Agathe Le Taillandier, réalisé par Charles Trahan. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 3L'histoire d'une course de taxi à plusieurs milliers d'euros
Vous vous souvenez de la fable du corbeau et du renard? Le corbeau a un fromage dans le bec et le renard veut le fromage. Il dit au corbeau qu'il est beau gosse et que s'il chante aussi bien que ses plumes sont belles ça doit être quelque chose. Que fait le corbeau? Il se met à chanter. Il perd le fromage et sa dignité. Le renard a gagné un fromage. C'est une fable sur la naïveté et sur les méfaits de la flatterie.Mais imaginez que le corbeau soit aussi gagnant que le renard? Parce qu'il a perdu son dîner, mais il a gagné une leçon. Un antidote à la flatterie. C'est comme si Narcisse, avant de dépérir à force de rester des jours et des jours à se contempler dans l'eau du lac, avait bénéficié d'un avertissement: il aurait quand même évité la noyade.Faut-il se féliciter alors de la leçon enseignée par le renard? Ou faut-il regretter la perte de la naïveté comme la perte de l'innocence?Une arnaque, une méprise, une rouerie peuvent mener à une naïveté raisonnée.C'est ce qui est arrivé à Delphine.A l'époque, elle était enceinte. Femme forte, elle travaillait beaucoup, elle revenait d'un voyage d'affaires, elle était fatiguée. Ce jour-là elle est montée dans un taxi, et elle s'est laissée bercer par la voix de la conductrice, une femme qui l'a mise à l'aise, une femme qui l'a charmée... Et qui lui a donné une leçon de vie.Cet épisode de Transfert est signé Sarah-Lou Lepers, réalisé par Charles Trahan. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 2Le mensonge: arme familiale de destruction massive
Nicolas* a 40 ans aujourd'hui. Il y a quelques années, il a reçu un mail de son père, qui en quelques mots, en majuscules, a changé sa vie. Il mettait fin à un secret de famille qu'il pressentait sans en connaître l'existence, mais qui avait atrophié sa vie.Le «secret de famille», concept utilisé en psychogénéalogie, peut relever de secrets connus à l'intérieur de la famille, et tus à l’extérieur (un enfant qui garde pour lui la violence dont il a été victime par exemple). Ou bien ils peuvent être connus de quelques uns seulement, et tus aux enfants: une mère qui ne dira jamais qu’elle a été abusée par son propre père. Un couple d’agents secrets qui dissimule à ses enfants sa vraie identité.Quelle que soit leur nature, les secrets de famille charrient, avec le silence, la douleur. Ils entravent souvent le parcours scolaire des enfants, peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé. Ils peuvent perturber le développement affectif et émotionnel des enfants, leur compréhension des autres, leur lecture du monde. Quand la vérité surgit –avec brutalité forcément: elle crève la sédimentation des mensonges– tout peut recommencer. Car si le mensonge dans une famille est «destructeur» selon les mots de Nicolas, le dévoilement devient l’opportunité de tout reconstruire, de comprendre enfin les regards étranges, les soupirs, la noirceur plus ou moins enfouie. Et de devenir celui que l’on aurait pu être plus tôt, si le mensonge n’avait pas retardé les choses. C'est ce qui est arrivé à Nicolas, qui, en apprenant la vérité sur l'identité de son père, a pu trouver la sienne: «Si mon père n'est pas celui que je crois, alors je ne suis pas celui que je pense être, je suis... quelqu'un d'autre». L'épisode de Transfert est signé Agathe Le Taillandier, réalisé par Lola Costantini. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
S1 Ep 1Jusqu'où peut-on aller pour devenir ami avec ses voisins?
Quand Hugo, trentenaire parisien, emménage avec sa copine dans un nouvel appartement, à Belleville, s'installe en face de chez eux, au même moment, un autre couple. Même âge en gros, même milieu social –des «jeunes gens branchés». Hugo veut devenir ami avec eux. Mais ils se «refusent» à lui. C'est alors que son besoin d'entrer dans leur vie devient une obsession. Il veut tout faire pour y parvenir.Le premier épisode de Transfert est signé Baptiste Etchegaray, réalisé par Lola Costantini. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
Bande-annonce
Vous avez toujours rêvé de connaître les péripéties secrètes du couple de vos bruyants voisins, ce qui a transformé la personnalité de votre cousin, la raison pour laquelle votre collègue n'arrive plus à faire confiance à personne. Toutes les deux semaines, Transfert vous raconte une histoire vraie, excitante, prenante, émouvante, et en creux le monde moderne et ceux qui l'habitent. Un podcast de Slate.fr présenté par Charlotte Pudlowski. Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.