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Littérature sans frontières

Littérature sans frontières

31 episodes

Une terre, une auteure : au Burkina Faso avec Roukiata Ouedraogo

Jun 5, 202629 min

Marina Yaloyan, à la recherche du temps perdu en Arménie

May 22, 202629 min

Yanick Lahens, lauréate du Grand Prix du roman de l'Académie française

May 15, 202628 min

Devenir femme, de la Turquie à la France, avec la romancière Sevin Sahin

May 8, 202629 min

Oyinkan Braithwaite, romance et croyances au Nigeria

May 1, 202629 min

Au cœur du 4ème Festival du Livre Africain de Marrakech

Apr 24, 202629 min

Cap sur Saint-Pierre et Miquelon avec la romancière Anne-Solange Muis

Apr 17, 202629 min

Avec Sarai Walker, les grosses ne comptent pas pour des prunes

Dans un monde régi par la dictature de l’image, le corps de la femme est particulièrement une cible. Assujettie aux injonctions de minceur, soi-disant synonyme de beauté et de sensualité, l’apparence est constamment jugée, évaluée, critiquée, violentée et objet du commerce industriel des régimes. Un constat tragique qui a inspiré à l'écrivaine américaine Sarai Walker un roman mordant intitulé « Bienvenue à Dietland » aux éditions Gallmeister qui appelle à la révolte. Sarai Walker est l’autrice du roman Dietland, publié dans une douzaine de pays, dont en France, sous le titre (In)visible, et adapté en série télé. Elle a publié dans le New York Times, le Washington Post, le Guardian notamment. Diplômée en creative writing et en anglais, elle donne des conférences sur le féminisme et l’image du corps. Traduit de l'américain par Alexandre Guégan. "Prune vit dans l’ombre, prisonnière d’un corps que la société refuse d’accepter. Rédactrice anonyme pour un magazine destiné aux adolescentes, elle répond aux lettres désespérées de jeunes filles brisées. Mais l’apparition mystérieuse d’une jeune femme aux collants colorés et le mot énigmatique «Dietland» tracé sur sa paume vont tout bouleverser. Prune découvre un monde où les femmes refusent les diktats de la beauté et de la minceur. Tandis qu’un mouvement féministe radical et violent du nom de «Jennifer» secoue le pays, elle doit choisir : continuer à fuir son reflet ou enfin affronter la vérité sur elle-même. Entre rage contenue et quête d’identité, Sarai Walker signe un roman féministe coup de poing, aussi féroce que libérateur, qui interroge avec audace les normes étouffant les femmes." (Présentation des éditions Gallmeister) Illustration musicale : Creep de Radiohead

Apr 10, 202629 min

Dans l'antre de l'écrivain R.J. Ellory, chez lui à Birmingham

Direction Birmingham chez l'écrivain R.J. Ellory. À l'heure de la parution de son dix-huitième roman en France Les invisibles traduit de l'anglais par Etienne Gomez aux éditions Sonatine, et à l'heure aussi du festival Quais du Polar à Lyon, grand entretien avec l'auteur britannique à son domicile. L'occasion de parler avec lui de son univers, de ses secrets d'écritures, d'échanger quelques mots en français et même d'écouter un titre de son groupe puisqu'il est également musicien et chanteur. Traduction de Etienne Gomez « Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. » 1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d'être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de « La Divine Comédie de Dante ». Peu après, une deuxième victime est découverte. C'est le début d'une série d'homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l'affaire semble close, une nouvelle vague d'assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s'apprête à rejoindre l'unité d'analyse comportementale du FBI, ignore encore qu'il lui faudra plus d'une décennie, avec nombre d'autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l'obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie. Dans cette traque obsédante qui, année après année, dévore l'existence de son héroïne, R. J. Ellory, nous entraîne dans un voyage au bout de l'enfer, digne de Seul le silence et d'Une saison pour les ombres. On y retrouve sa puissance romanesque, son humanité vibrante, son sens inégalé du suspense : tout ce qui consacre, encore et toujours, le maître incontesté du thriller. (Présentation des éditions Sonatine) Site de l'auteur : R.J Ellory Illustration musicale : The Whiskey Poets - The Garage Tapes.

Apr 3, 202629 min

Pascal Boroto, la nouvelle voix de la littérature en République Démocratique du Congo

Après l'émotion et la remise du prix littéraire « Voix d'Afriques » à Kinshasa décerné par RFI, les éditions J.-C. Lattès, la Cité Internationale des Arts et dont le jury était présidé par Mohamed Mbougar Sarr, le lauréat de cette 5ème édition, Pascal Boroto revient sur son parcours à Bukavu, l'absence de sa mère et son engagement pour les survivants dans l'est du pays. Des sujets au cœur de son premier roman primé Le nom de ma mère. Grand entretien dans les jardins de l'Institut français de Kinshasa avec le soutien de l'Union européenne. Économiste et journaliste, Pascal Nnaka Boroto est originaire du Kivu, en RDC. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés, au sein d’équipes de collecte de données du Fonarev. Pour faire entendre les histoires qu’on lui a confiées, il a fondé Les Voix des Oubliés. Le nom de ma mère est son premier roman. « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. » Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. (Présentation des éditions J.-C. Lattès) Illustration musicale : Jean-Claude Gianadda - Sel de la terre.

Mar 27, 202629 min

Le Congolais Pascal Boroto, lauréat de la 5è édition du prix Voix d’Afriques

C’est officiel depuis ce vendredi 20 mars 2026, le prix Voix d’Afriques 2026 récompense le jeune écrivain de RDC, Pascal Boroto, âgé de 24 ans, pour son premier roman intitulé : « Le nom de ma mère ». À l'occasion de la cérémonie à Kinshasa, grand reportage sur place à la rencontre du cinquième lauréat de ce prix littéraire créé par RFI, les éditions J.-C. Lattès, en partenariat avec la Cité Internationale des Arts à Paris. Après la Côte d’Ivoire, le Congo-Brazzaville et le Cameroun, c’est la première fois qu’un auteur de la République Démocratique du Congo est récompensé par le prix Voix d'Afriques. À Kinshasa, et à l'Institut Français, lieu de la remise officielle du Prix, rencontre avec quelques-uns des jurés présents : Mohamed Mbougar Sarr, le président du jury, prix Goncourt 2021 pour son roman La plus secrète mémoire des hommes ; Anne-Sophie Stefanini, directrice littéraire des éditions J.-C. Lattès ; Hemley Boum, écrivaine et lauréate du prix des Cinq continents 2025 pour Le Rêve du pécheur et le lauréat. D'une fratrie de six enfants, Pascal Boroto né en 2001 à Bukavu où il vit actuellement, a toujours eu envie d’écrire et de suivre les traces de sa mère la journaliste Solange Lusiku, fondatrice d’un quotidien indépendant en RDC. Après la mort prématurée de cette dernière en 2018, il a voulu lui rendre hommage dans son premier roman aujourd’hui primé Le nom de ma mère. « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l’absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l’espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. » Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu’il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d’un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l’équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. (Présentation des éditions J.-C. Lattès).

Mar 20, 202629 min

Élise Lépine chavire notre cœur avec son premier roman sombre et solaire

C’est le portrait d’une femme dont le monde s’écroule. Jusqu’ici en mouvement, elle fait le choix de s’immobiliser quelques heures avec la mort comme tentation. Prénommée Reine, elle est, au début, du roman de mon invitée aujourd’hui, assise sur un rocher au milieu de l’océan face à une plage où dort sa petite fille de 5 ans. Deux choix s’offrent à elle : attendre que l’eau submerge son îlot et risquer de se noyer à marée haute ou nager vers le rivage rejoindre la vie. Cette fiction intitulée « Les courants d’arrachements » aux éditions Grasset nous emmène d’abord à Casablanca en 1955 mais aussi dans les souvenirs de Reine qui s’est constituée comme fille, comme sœur, comme amoureuse et comme mère en survivant à un grand nombre de traumatismes. Élise Lépine est journaliste au Point et à France Culture. Les Courants d’arrachement est son premier roman. Casablanca, 1955. À marée basse, Reine est allongée sur le « rocher des condamnés. » Ce matin, après avoir installé sa fille Rose sur le sable, elle a rejoint cet îlot minéral où, six ans plus tôt, elle passait des heures, à l’abri des regards, dans les bras de Jean, son amant. Pourquoi ce pèlerinage ? Elle vient d’apprendre que Jean est mort. Celui dont elle espérait tant le retour ne viendra pas la sauver de sa tante cruelle, de son frère malsain, de la vie de captive qui l’attend aux côtés de son époux, François, dans l’univers calfeutré d’une bourgeoisie qui vit ses dernières années de faste sous le Protectorat français. Reine cherche une raison de ne pas se laisser prendre par les courants de la marée montante pour rejoindre l’homme de sa vie dans la mort. Ses souvenirs la submergent : sa naissance en France dans une famille nombreuse des années 1930 ; la pauvreté ; la mort de sa mère ; son adoption par un couple de notables rattrapés par l’horreur de la Shoah ; l’invitation d’un oncle installé au Maroc ; la mystérieuse disparition de son amant ; le piège du mariage sans amour qui s’est refermé sur elle… Alternant le temps contracté des chapitres au présent où se joue le suspens d’un possible suicide par noyade et le temps dilaté des chapitres au passé retraçant l’aventure de sa vie, le premier roman d’Élise Lépine se lit comme une saga intime, une épopée dont l’héroïne solaire et désespérée devra, à la fin, choisir son destin. (Présentation des éditions Grasset) Illustration musicale : Taragalte de OUM.

Mar 13, 202631 min

Laurent Gaudé, retour vers le futur et retour à la civilisation grecque

Après « Chien 51 », adapté au cinéma, Laurent Gaudé publie la suite de son roman d'anticipation où, dans un futur proche, la planète en perdition est dirigée par des multinationales. Mais ici, dans ce deuxième volume qui porte le nom du narrateur « Zem », il y a peut-être une lueur d'espoir. Avec un narrateur qui revient sur sa terre natale la Grèce aux sources de l'humanité. (Rediffusion) Laurent Gaudé en sept dates. 1972 : naissance à Paris. 1997 : première pièce de théâtre : « Onysos le Furieux » est publié en tapuscrit (Théâtre Ouvert). 2001 : premier roman. « Cris » paraît aux éditions Actes Sud. 2002 : « La Mort du roi Tsongor » obtient le prix Goncourt des Lycéens. 2004 : « Le Soleil des Scorta » obtient le prix Goncourt. Ses deux derniers romans « Chien 51 » et « Zem » forment un diptyque policier dont l'action se déroule dans le futur. De retour dans les rues de Magnapole, Zem Sparak, l’ancien flic déclassé de la zone 3 – le « chien » au matricule 51 –, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l’homme qui a promis d’abolir les différences de classe et de réunifier la ville. À l’approche du jour censé célébrer l’avancée des Grands Travaux, et alors que toutes les caméras sont tournées vers le port où arrive un cargo chasseur d’icebergs, un container livre une funeste découverte : assis côte à côte, cinq cadavres anonymes portent les traces d’atroces souffrances. L’occasion pour Zem de retrouver l’inspectrice chargée de l’enquête, Salia Malberg. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce que cache le consortium GoldTex : à Magnapole, comme ailleurs, le confort des uns semble bâti sur la vie de milliers d’autres… Ce nouveau roman de Laurent Gaudé est un miroir tendu à nos sociétés consuméristes en proie à l’effondrement. Mais il abrite aussi l’idée d’un ailleurs, d’un refuge face au désastre, nommé résistance. (Présentation des éditions Actes Sud) Site de l'auteur : Laurent Gaudé.

Mar 6, 202629 min

Ruslan Hordiienko, de l'Ukraine à la France, du chagrin au silence

« Viens, on va dans un café, on s'installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s'exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires... Et ce n'est qu'au bout d'un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l'on s'adresse la première parole. Ou que l'on se quitte, sans connaître la voix de l'autre. » Suite à plusieurs déceptions amoureuses, Roméo, un jeune homme d'une vingtaine d'années, propose à des femmes et des hommes de se rencontrer, en silence. Originaire d’Ukraine, Ruslan Hordiienko arrive en France en 2015, à l’âge de dix-sept ans, pour étudier l’art dramatique à Strasbourg, Colmar puis Lyon. Aujourd’hui, il mêle théâtre, mouvement, performance et écriture dans sa pratique artistique, il écrit en français et Enfin silence est son premier roman. Extrait : Je suis tombé amoureux d’une fille. Un jour, je lui déclare mon amour, mais cet amour n’est pas réciproque. Nous devenons tout de même amis. Nous nous voyons fréquemment, jouons aux échecs et nous enivrons ensemble. L’amour m’apparaît à nouveau concevable, son refus à elle, précipité, ses yeux avides. Je commence à traduire tous ses gestes comme une invitation, tous ses regards comme une déclaration. Toutes mes pensées lui sont destinées, mon temps lui est dévolu, mes rêves lui sont dédiés. Je vois mon amour affamé, et bien que je m’efforce toujours de le lui cacher, je sens qu’elle le devine. Un soir, après une projection de film chez elle, je reste seul une vingtaine de minutes dans le hall de l’immeuble, à m’infliger le reste de la bouteille de vin qu’on avait entamée ensemble. Sûr de vouloir lui dire je t’aime. Certain de cette réciprocité. Impatient d’y céder. Je remonte, frappe à sa porte, gêné par ces mots que je suis sur le point de lui livrer, convaincu pourtant qu’elle les attend. Je lui confie 'je t’aime', je compte sur un 'moi aussi'. Non. Elle déclare n’éprouver aucune attirance pour moi, aucune passion, aucun amour. Rien. Nous nous quittons en nous prenant dans les bras, et j’associe désormais cette étreinte à un espoir mourant. Puisqu’alors je vivais dans un déni que seuls les mots ont su briser, je cherche à mieux saisir ce qui se dit sans eux, la manière dont je perçois le silence et dont je l’interprète. Me vient l’idée de m’imposer le silence comme une contrainte : si je ne l’apprivoise pas, il continuera d’inventer ses propres histoires. Je décide de rencontrer des gens sans échanger un mot, pour comprendre et réussir à ne parler qu’avec le corps. Pour tenter de lire dans un regard, un geste, un pli du visage : aveu, désir, proposition, rejet, indécision. De sorte à ne plus jamais être blessé. Comme c’est dans l’attirance et la séduction que naît mon tourment, j’en fais le point de départ. Je télécharge des applications de rencontre, sous un faux nom, par anticipation, car les mots et les prénoms n’auront pas leur place, et j’écris en description : « Viens, on va dans un café, on s’installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s’exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires… Et ce n’est qu’au bout d’un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l’on s’adresse la première parole. Ou que l’on se quitte, sans connaître la voix de l’autre. » (Les éditions les Pérégrines) Illustration musicale : « La tendresse », de Marie Laforêt.

Feb 27, 202629 min

Être femme en Bulgarie avant et après la chute du communisme avec Joanna Elmy

À quoi ressemblait la vie en Bulgarie après la chute du Mur, quand on avait 10 ans, 30 ans, 50 ans ? Comment s’est passée la fin du régime autoritaire, la transition démocratique et comment comprendre cet appel vers le grand Ouest ? Ce sont quelques-unes des questions qui traversent le premier roman de mon invitée aujourd’hui, née à Sofia et qui a connu ces périodes qu’elle raconte à travers trois générations de femmes. Eva, Lili et Yana, grand-mère, mère et fille. Née en 1995 à Sofia, en Bulgarie, Joanna Elmy est écrivaine et journaliste. Diplômée de La Sorbonne, elle est l’une des principales nouvelles autrices de son pays. Son livre Porter la faute a reçu le prestigieux prix bulgare de la Littérature émergente. Ses essais et critiques sont parus dans divers journaux. Elle vit entre son pays natal et les États-Unis. Porter la faute est son premier roman. Traduit du bulgare par Marie Vrinat Yana, une jeune Bulgare née après la chute du Mur, est venue tenter sa chance aux États-Unis. Un soir, elle est témoin d'un accident de vélo. En apprenant que la victime est une autre immigrée d’Europe de l’Est, Yana est envahie par un flot de souvenirs qui mettent en scène les héroïnes de sa vie d’avant : sa mère, Lili, médecin qui a subi l’alcoolisme de son mari ; sa grand-mère, Eva, qui a survécu avec elles à la violence des hommes et du régime… De la maison natale d'Eva et de son village bulgare aux plages du Delaware, Porter la faute déploie avec une puissance narrative rare le destin de femmes marquées par l'exil, la culpabilité et leur quête éperdue d'un chez-soi qui n'existe peut-être nulle part. Joanna Elmy dresse le portrait magnétique d'une génération déchirée entre passé et avenir, entre fidélité et rupture, qui tente d’inventer une alternative à la résignation. Ce premier roman incandescent nous plonge au cœur des plaies intimes creusées par la grande Histoire. (Présentation des éditions Le Bruit du monde). MUSIQUE : Nocturne Op. 9 n°2 en mi bémol majeur.

Feb 20, 202629 min

Samira El Ayachi, sa mère et Emma Bovary, trois fois être femme

Samira El Ayachi est née à Lens en 1979. Elle se consacre à l’écriture quand elle ne parcourt pas la France et le Maroc, à la rencontre de ses lecteurs. Elle est l'autrice de plusieurs romans dont « Quarante jours après ma mort », « Les femmes sont occupées », « Le ventre des hommes ». Sa nouvelle publication, aux éditions de l'Aube, s'intitule « Madame Bovary, ma mère et moi ». Quand le médecin demande : « Avez-vous des antécédents familiaux ? », Salwa reste muette. Elle réalise qu’elle ne sait presque rien. Ni sur les maladies des femmes de sa lignée, ni sur leur histoire. Rien de ce qui a pu se transmettre à son propre corps. Pourtant, résonnent en elle des douleurs sans nom, une envie folle de vivre, le silence d’une mère… et l’écho d’Emma Bovary. De ce silence, naît une quête. Entre une mère et sa fille, se déploient les secrets, les exils, les tensions, les non-dits, et un chemin pour se rencontrer enfin. Samira El Ayachi explore avec finesse un angle mort de notre histoire collective : la santé mentale des femmes arrivées en France avec le « regroupement familial », au tournant des années 80. Un roman de filiation et d’émancipation. (Présentation des éditions de l'Aube).

Feb 13, 202629 min

Jean-Marie Gustave Le Clézio, le prix Nobel de Littérature, revient au Mexique

Prix Nobel de Littérature en 2008, Jean-Marie Gustave Le Clézio est un écrivain nomade. De l'île Maurice où sont ses racines, en passant par le Nigeria où il a grandi, ou encore le Maroc cher à son cœur, son œuvre riche et multiple est irriguée par ses voyages et ses rencontres. Avec son nouveau livre le voici de retour au Mexique, pays qu'il connait et aime depuis très longtemps. En témoignent les trois figures littéraires qu'il nous invite à redécouvrir à travers ce récit intitulé « Trois Mexique », aux éditions Gallimard. Là où l'auteur m'a accueillie pour ce grand entretien. « Ce qui importe à Juana Inés de la Cruz, c’est le chemin du labyrinthe, la vérité que le dédale cachait à Thésée, et que seul le fil d’Ariane pouvait révéler, puisque l’amour était au bout. » Dans ce récit lumineux, J. M. G. Le Clézio se penche sur trois figures mexicaines de son panthéon personnel : la poétesse sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1695), génie méconnu et féministe avant l’heure ; l’écrivain Juan Rulfo (1917-1986), mythique auteur du roman Pedro Páramo et d’un seul recueil de nouvelles, véritable inventeur du réalisme magique ; et Luis González y González (1925-2003), historien de son village perché natal, qui est la première expression de ce qui deviendra plus tard la microhistoire. Par leur attachement à la terre, leur « mexicanité » instinctive et leur recherche d’authenticité dans l’écriture, Cruz, Rulfo et González illustrent des thèmes chers au plus mexicain des auteurs français. (Présentation des éditions Gallimard)

Feb 6, 202629 min

En souvenir de Vénus Khoury-Ghata, grande écrivaine libanaise et française

Amoureuse éperdue de la langue française, Vénus Khoury-Ghata vient de s'éteindre à l'âge de 88 ans. Romancière, poète, traductrice, elle a toute sa vie tissé des liens entre son Liban natal et la France où elle vivait. Autrice d'une œuvre très importante, une soixantaine de titres, de nombreuses fois récompensée par l'Académie française, le prix Goncourt de poésie entre autres, Vénus Khoury-Ghata était la voix des femmes et des invisibles. En souvenir de cette lectrice insatiable, de cette écrivaine sensible, rediffusion d'un grand entretien chez elle. Rencontre avec Vénus Khoury-Ghata autour de son dernier roman « En souvenir des hommes » (Actes Sud, 2021). "Diane, qui a atteint un âge qu’on préfère taire, se rend dans une boutique de pompes funèbres pour acheter un caveau et se retrouve avec un emplacement prévu pour deux cercueils… Au fil de sa vie bohème, Diane a aimé des hommes, s’est lassée de certains, a été quittée par d’autres, a enterré celui qui comptait le plus. Bref, elle est seule, n’a même plus de chat, et il ne sera pas dit que cette solitude la poursuivra dans l’au-delà. La voilà qui recherche, parmi les encore vivants qui l’ont aimée, celui qui serait prêt à devenir son compagnon du grand sommeil. Dans cette quête, elle est encouragée et volontiers taquinée par son amie de toujours, Hélène, veuve partie mettre en vente la villa sur la Riviera dans laquelle est mort son époux, et qui trouve là une manière inattendue d’ensoleiller sa vie. Ce roman aussi grave que fantasque, qui parle de mort, de solitude et de chagrin avec l’élégance de la légèreté, offre deux portraits de vieilles dames indignes délicieusement complices, bouleversantes et merveilleusement inspirantes." (Présentation des éditions Actes Sud) Également cités : "Ton chant est plus long que ton souffle", entretiens avec Caroline Boidé, aux éditions Écriture et "Lune n'est lune que pour le chat", aux éditions Bruno Doucey.

Jan 30, 202629 min

Néhémy Dahomey, le plaisir de la chair et le plaisir des mots

Néhémy Pierre-Dahomey est né à Port-au-Prince en 1986. Vivant entre Paris et New-York, il est l'auteur de trois romans «Rapatriés» (prix Révélation de la Société des gens de lettres, prix Carbet des Lycéens de la Caraïbe, prix Cino Del Duca sous suggestion de l’Académie française, «Combats» et récemment «L'Ordre immuable des choses». Alors que les adultes, dans la pièce d’à côté, se livrent à la prière et à la sanctification, Barthélémy Guidal, dit Lélé, vit une étape décisive de sa vie sexuelle et littéraire. Il nous raconte les premiers grands bouleversements de son existence, dans un pays Haïti livré au dénuement et aux brutaux contrastes de classes. Après une découverte traumatisante de la pornographie (en plein air, dans son quartier natal de Cité Soleil), l’émancipation peut-elle venir de la littérature et de la philosophie ? Lélé en fait le pari. Lorsqu’une fille qu’il admire lui dit qu’elle ne sortira jamais avec personne parce qu’elle a « trop peur de la mort », il se voue au libertinage, à la quête de possibilités alternatives. Ce roman d’initiation nous emporte par son souffle épique et son imagination parfois fantasque. (Présentation des éditions du Seuil)

Jan 23, 202629 min

Tash Aw, un été en Malaisie pas comme les autres

Tash Aw est un écrivain malaisien de langue anglaise. Il est notamment l’auteur du «Tristement Célèbre Johnny Lim» et d’«Un milliardaire cinq étoiles», qui ont figuré dans la sélection du Booker Prize, ainsi que de «Nous, les survivants» et «Étrangers sur la grève», finalistes du Los Angeles Times Book Prize. Ses livres ont été traduits en vingt-trois langues. Son nouveau roman traduit en français sous le titre «Le Sud» est une fiction très personnelle, inspirée de son adolescence en Malaisie. Traduit de l'anglais par : Johan-Frédérik Hel Guedj. «Malaisie, fin des années 1990. À la mort de son grand-père, le jeune Jay se rend dans le sud du pays avec sa famille pour passer l’été dans la propriété dont ils viennent d’hériter : une ferme autrefois florissante, qu’ils retrouvent délabrée. Les arbres sont malades, les sols appauvris par la sécheresse, les récoltes misérables. Malgré tout, le père de Jay l’envoie travailler dans les vergers, notamment aux côtés de Chuan, le fils du gérant du domaine. Le temps d’une saison brûlante, au rythme des baignades et des virées en scooter, l’attirance entre les deux garçons ne cesse de croître, tandis que, dans cette ferme isolée où tout semble voué à l’obsolescence, l’équilibre familial menace de vaciller. Secrets et regrets ressurgissent alors que, comme la terre, tous subissent, impuissants, le passage du temps» (Présentation des éditions Flammarion).

Jan 16, 202628 min

David Szalay, lauréat du prix Booker Prize pour son roman « Chair »

Né en 1974 à Montréal d’une mère canadienne et d’un père hongrois, David Szalay a grandi à Londres et vit aujourd’hui entre Vienne et Budapest. Auteur de six livres, dont Turbulences; Ce qu’est l’homme, traduit dans une quinzaine de langues, a été récompensé par le Plimpton Prize for Fiction et le Gordon Burn Prize. Son nouveau roman Chair a reçu un formidable accueil dans la presse anglophone et a remporté le prestigieux Booker Prize 2025. István, quinze ans, vient d’emménager avec sa mère dans un quartier modeste d’une petite ville de Hongrie. Isolé, désœuvré, c’est par hasard qu’il se lie avec sa voisine de palier, une quadragénaire mariée. Celle-ci lui fait découvrir les plaisirs de la chair, jusqu’à ce qu’un incident mette un terme à leur relation. Après quelques années dans un centre de détention pour mineurs, István s’engage dans l’armée et combat en Irak. De retour, il part pour l’Angleterre où, travaillant comme chauffeur et agent de sécurité, il intègre la sphère de l’élite économique et politique, et tente de faire fortune dans l’immobilier. Mais par-delà son ascension sociale se cache un être fondamentalement passif, comme étranger au monde et à lui-même. Même dans son rapport au sexe. À travers la figure d’István, David Szalay décrypte la crise de la masculinité dans un monde dominé par la marchandisation, le culte de la performance et l’augmentation des inégalités. L’implacable anatomie de l’homme contemporain. (Présentation des éditions Albin Michel)

Jan 9, 202629 min

Jake Lamar, commencer la nouvelle année sur fond de jazz américain et roman noir

Jake Lamar est né en 1961 à New York, dans le Bronx. Après des études à Harvard, il a été journaliste à Time Magazine. Depuis 1993, il vit en France, à Paris. Il est l'auteur d'une dizaine de livres et vient de publier «Viper's dream» traduit par Catherine Richard-Mas aux éditions Rivages. Une fiction en hommage au roman noir et au milieu du jazz. « Des années 30 à la fin des années 50, Clyde « Viper » Morton règne sur Harlem au rythme du jazz et dans la fumée des joints de marijuana. Mais dure sera la chute... Clyde Morton croit en son destin : il sera un grand trompettiste de jazz. Mais lorsqu’il quitte son Alabama natal pour auditionner dans un club de Harlem, on lui fait comprendre qu’il vaut mieux oublier son rêve. L’oublier dans les fumées de la marijuana… qui lui ouvre des horizons. La « viper », comme elle est surnommée à Harlem, se répand à toute vitesse et Clyde sera son messager. Il est bientôt un caïd craint et respecté, un personnage. Jusqu’au jour où arrive la poudre blanche qui tue. Et qui oblige à tuer. Jake Lamar est le plus français des Américains. » (Présentation des éditions Rivages)

Jan 2, 202629 min

Guy Savoy, toutes les saveurs de la littérature dans la cuisine du chef

Guy Savoy, né le 24 juillet 1953 à Nevers, est un célèbre chef cuisinier français. Depuis 2002, le restaurant Guy Savoy, situé 11 quai de Conti dans le VIè arrondissement de Paris, possède trois étoiles au Guide Michelin. Avec Anne Martinetti et Gilles Chesneau, il est l'auteur d'une série intitulée «Guy Savoy cuisine les écrivains», aux éditions Herscher où vient de paraitre le 4ème tome consacré aux auteurs du XIXè siècle. Le XIXè siècle fut celui de tous les appétits : littéraires et culinaires. Tandis que les grands écrivains révolutionnaient les lettres françaises, les cuisiniers transformaient l’art de la table. Dans ce quatrième volume de sa collection, Guy Savoy nous invite à un festin où se mêlent les saveurs d’une époque et les mots de ses plus illustres témoins. Des banquets parisiens décrits par Balzac aux repas bourgeois croqués par Maupassant, des dîners romantiques de George Sand aux festins populaires de Zola, le chef étoilé puise dans ce siècle gourmand une inspiration sans limites. Car les écrivains du XIXè siècle étaient aussi de fins gastronomes : Hugo collectionnait les recettes et Dumas père rédigeait son Grand Dictionnaire de cuisine... Avec la complicité d’Anne Martinetti et de Gilles Chesneau, Guy Savoy ressuscite ces saveurs oubliées et transforme les pages les plus savoureuses de notre patrimoine littéraire en recettes d’aujourd’hui. Une promenade unique où chaque plat raconte une histoire, où chaque bouchée fait revivre un auteur. Un voyage gourmand et littéraire qui régalera aussi bien les amoureux des belles-lettres que les passionnés de gastronomie. (Présentation des éditions Herscher)

Dec 26, 202529 min

Carys Davies, lauréate du Prix du meilleur livre étranger 2025

Carys Davies a grandi au Pays de Galles avant de partir aux États-Unis. Elle est l’auteure de trois romans dont le premier, «West» (Seuil, 2021), a obtenu le Prix du livre de l’année au Pays de Galles. Son deuxième roman, «Le Voyage de Hilary Byrd» (Seuil, 2022), a été élu roman de l’année 2020 par le Sunday Times. «Éclaircie» a, quant à lui, été élu meilleur livre 2024 par de nombreux journaux, il sera traduit en huit langues. Carys Davies vit aujourd’hui à Édimbourg. 1843. Ivar, le dernier habitant d’une île perdue au large de l’Écosse, mène une vie solitaire et paisible, jusqu’au jour où il trouve sur la plage, au pied d’une falaise, un homme inconscient. Le nouveau venu se nomme John Ferguson, pasteur sans le sou envoyé pour chasser Ivar de ces terres et libérer ainsi des hectares de pâturage pour des troupeaux de moutons. Ne se doutant pas des intentions de l’inconnu, Ivar lui fait une place dans sa maison et, bien que les deux hommes ne parlent pas la même langue, un lien fragile se tisse peu à peu entre eux. Pendant ce temps, sur le continent, Mary, la femme de John, attend impatiemment des nouvelles de la mission de son époux. Dans la rudesse de ce décor lointain, au-delà de l’archipel des Shetland, se déploie le drame intime qu’imagine Carys Davies, avec autant de tension que de tendresse : le portrait touchant et cristallin de gens ordinaires ballottés par l’Histoire, et l’exploration de ce qui sépare les hommes comme de ce qui les rapproche. Aussi maîtrisé que surprenant, ce court roman est une merveille narrative au style concis et puissant. (Présentation des éditions de La Table Ronde)

Dec 19, 202529 min

Touhfat Mouhtare, de l'exil à l'écriture : le droit de vivre sans frontières

Née aux Comores, Touhfat Mouhtare a grandi entre son île et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Venue à Paris pour y poursuivre ses études, elle vit aujourd’hui en France. Elle est l’autrice de trois livres : «Âmes suspendues» (Cœlacanthe, 2011), «Vert cru» (KomEdit, 2018, mention spéciale du prix du Livre insulaire au salon d’Ouessant), ainsi que «Le Feu du milieu» (Le Bruit du monde, Prix Alain Spiess du deuxième roman 2022). Son nouveau livre s'intitule «Choses qui arrivent» (Bayard). PRIX LITTÉRAIRE DE LA RENAISSANCE FRANÇAISE 2025 Alors que sa vie bascule sous le règne de la clandestinité et du qui-vive permanent, Touhfat Mouhtare s’interroge : d’où vient cette sensation de familiarité avec la crainte d’être démasquée, le sentiment d’urgence, la nécessité de ne surtout pas laisser la joie s’installer ? Mise dos au mur par sa situation désespérée, l’autrice sera sommée de répondre à une question longtemps fuie. Il lui faudra, en autant de chapitres, dénouer onze nœuds, lacés il y a bien longtemps sur la corde de sa vie. D’une saisissante profondeur, ce texte où la spiritualité du récit initiatique côtoie l’espièglerie du conte nous pose une question radicale : comment s’accorder le droit de vivre ? (Présentation des éditions Bayard)

Dec 12, 202529 min

Ta-Nehisi Coates, voyager pour mieux écrire la violence du monde

Né en 1975 à Baltimore, Ta-Nehisi Coates vit aujourd’hui à Harlem avec sa femme et son fils. Correspondant à The Atlantic, il a reçu le prix Hillman pour le journalisme d’opinion et d’analyse en 2012, le prestigieux George Polk Award en 2014, et le National Book Award en 2015. Son nouveau livre vient de paraître sous le titre Le Message dans une traduction de Karine Lalechère, aux éditions Autrement. Comment les histoires que nous racontons – et celles que nous taisons – façonnent-elles notre perception du monde ? C’est la question que Ta-Nehisi Coates, l’un des écrivains américains majeurs de son époque, pose dans son nouvel essai, en arpentant trois lieux de conflits. À Dakar, au Sénégal, il explore la problématique de l’identité africaine et se réapproprie son histoire familiale ; à Columbia, en Caroline du Sud, il analyse les répercussions de la récente prise de conscience d’un pays marqué par l’héritage de la ségrégation ; en Palestine, enfin, il observe le contraste tragique entre l’histoire présentée par les récits nationalistes et la réalité du terrain. Essai vibrant et incarné, Le Message interroge intimement le pouvoir de la littérature et met en évidence la nécessité impérative de nous défaire de l’emprise destructrice des mythes. Il nous rappelle que, face à la frénésie guerrière qui agite le monde, il est urgent d’embrasser le pouvoir libérateur des vérités, même les plus difficiles à entendre. (Présentation des éditions Autrement)

Dec 5, 202529 min

Mircea Cărtărescu, comme un battement d'aile de papillon en Roumanie

Mircea Cărtărescu est né en Roumanie en 1956. Poète, romancier, critique littéraire, il a publié une trentaine de livres, traduits dans plus de vingt langues et il a été récompensé, entre autres, par le prix Formentor de las Letras. À l'occasion du festival «Un week-end à l'Est», dont l'invité d'honneur est Bucarest, il vient aussi présenter la réédition de son roman culte paru en 1999 «L'aile gauche», premier volume de la trilogie «Orbitor». Traduction du roumain par Laure Hinckel. À Bucarest, dans les années 1960, le narrateur, nommé Mircea, crée de toutes pièces un pays imaginaire. Un monde de merveilles et de cauchemars, truffé de passages cachés, de tapisseries envoûtantes et de papillons prodigieux. Il nous entraîne dans un voyage mystique à travers son enfance, ses souvenirs d’hospitalisation à l’adolescence, la préhistoire de sa famille, un cirque itinérant, la police secrète, des armées de zombies, des pilotes de chasse américains, la scène jazz underground de La Nouvelle-Orléans et la mise en place du régime communiste. Cet univers kaléidoscopique, à la fois étrangement familier et radicalement nouveau, est une expérience dont le lecteur sort secoué et transformé. L’Aile gauche est le premier volume de la trilogie «Orbitor». (Présentation des éditions Denoël)

Nov 28, 202529 min

En Martinique au cœur du festival littéraire « En Pays Rêvé »

À l'heure du festival «En Pays Rêvé» qui se tient en Martinique du 17 au 23 novembre 2025 et qui réunit une quinzaine d'auteurs des Antilles et du monde entier, grand reportage sur place. Rencontres au festival «En Pays Rêvé» avec : * Viktor Lazlo, écrivaine, interprète et fondatrice de la manifestation * Une professeure et une élève du Lycée professionnel Jeanne Catayée * Nicole Cage, autrice et poète martiniquaise * Simone Schwartz-Bart, autrice et essayiste guadeloupéenne * Louis-Philippe Dalembert, écrivain et poète haïtien * Dorcy Rugamba, auteur et metteur en scène rwandais

Nov 21, 202532 min

Paul Kawczak: ne jamais oublier de protéger et sauver les enfants des monstres

Paul Kawczak est né et a grandi à Besançon. Son premier roman, «Ténèbre», a reçu plusieurs prix, en France et au Québec, et a été traduit dans de nombreuses langues. Il vit à Montréal. Poursuivant son exploration de l’Histoire, Paul Kawczak revisite ici la période de l’Occupation. Littéraire et politique, «Le Bonheur» est une réflexion sur la solidarité, l’art et la démocratie. Un hommage aux enfants sacrifiés sur l’autel du fascisme, ainsi qu’aux femmes qui les ont protégés. Automne 1942, près de Besançon, Jacquot, Pinou et Suzanne se cachent sous les ruines du château de Montfaucon, dans une grotte où résiderait le Diable. À la surface, un officier nazi sans visage, le SS-Sturmbannführer Peter Pannus, les traque comme le ferait une bête sauvage, rôdant autour du château et de la petite épicerie de madame Beugnot. Il sera dit, plus tard, que cet homme glaçant au passé mystérieux soupçonnait ces enfants de posséder d’immenses pouvoirs. Des pouvoirs qui auraient pu changer le cours de la guerre. Aucun élément certain n’étaye ces rumeurs, bien sûr. Mais comment expliquer cette étrange lumière verte, que plusieurs témoins ont rapporté avoir vu s’échapper du monstre et de ses victimes ? (Présentation des éditions La Peuplade).

Nov 14, 202528 min

Lola Gruber, les joies et les travers du monde littéraire

Lola Gruber, née en 1972, a travaillé dans les milieux du théâtre et du cinéma. Après un recueil de nouvelles très remarqué en 2005 «Douze histoires d’amour à faire soi-même» (Les Petits Matins) et un premier roman en 2009 «Les Pingouins dans la jungle» (Les Petits Matins), son roman «Trois concerts» (Phébus, 2019) a reçu quatre prix littéraires, dont le prix Alain-Spiess. «Horn venait la nuit» (2024) récompensé par le prix Charles-Oulmont vient d’être réédité dans la collection Satellites. «Elisabeth Lima» est son nouveau roman. Des flans aux anchois, une épaule d’agneau et un entremets nougat-basilic sont au menu quand Livia et Domenic, une écrivaine et un éditeur, reçoivent à déjeuner leur ami Camille, traducteur de poésie polonaise. Mais l’humeur est maussade en ce lendemain de remise de prix littéraire. Car, pour une fois, ils estiment que le livre récompensé ne valait pas tant d’honneurs. C’est alors que surgit une idée dans l’esprit de Do : écrire ensemble un best-seller. Peu à peu, les trois convives se prennent au jeu, commencent à imaginer des personnages, une intrigue… Et décident de dissimuler leurs identités sous un pseudonyme. Débute alors l’écriture d’un roman à six mains, qui va devenir bien plus qu’un simple divertissement. Bientôt, le pari d’un déjeuner arrosé se transforme en une aventure qui aura des répercussions inattendues pour chacun des auteurs clandestins. Porté par une étourdissante verve narrative, Elisabeth Lima nous fait pénétrer dans l’atelier de fabrication des romans, et nous raconte l’histoire à la fois drôle et émouvante de trois amis à la croisée des chemins. (Présentation des éditions Christian Bourgois).

Nov 7, 202528 min

Emmanuelle Hutin, être artiste et résistante pendant la Seconde Guerre mondiale

Oct 31, 202529 min