
Les Oreilles Loin du Front
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Spectres de l’ultra-gauche – avec Michel Kokoreff
D’Auguste Blanqui aux collectifs de colleuses féministes, des situ’ aux ZAD, de la guerre d’Espagne à l’affaire dite « de Tarnac », on parle avec le sociologue Michel Kokoreff de l’histoire des mouvements qui privilégient l’auto-organisation à la forme-parti et l’énergie révolutionnaire à la centralisation autoritaire des masses, sans dissocier rage et politique, action et pensée radicales. Michel Kokoreff vient de publier "Spectres de l’ultra-gauche. L’État, les révolutions et nous" aux éditions L’Oeil d’or.
Vivre et travailler dans une communauté égalitarienne – avec Michel Lallement
Twin Oaks, Acorn, ces noms vous disent quelque chose ? Ce sont deux « utopies concrètes » ou « communautés intentionnelles » aux modes de vie et de travail égalitaires. Pour notre première émission de la saison, nous recevons le sociologue Michel Lallement, professeur au CNAM, qui a publié aux éditions du Seuil en 2019 « Un désir d’égalité – Vivre et travailler dans des communautés utopiques ». Nous parlerons avec lui de l’histoire, du fonctionnement, des réalités quotidiennes de ces communautés et des personnes qui ont fait le choix d’y vivre.
Vacances au bled – avec Jennifer Bidet
Cette semaine, on parlera en plateau avec la sociologue Jennifer Bidet de son livre "Vacances au bled - La double présence des enfants d’immigrés" paru aux éditions Raisons d’agir. Son livre renverse la question de l'intégration des enfants de l'immigration à la République française en étudiant leur sentiment d’appartenance à la nation algérienne. Que signifie « être algérien » quand on a toujours vécu en France, et que la connaissance de ce pays se réduit à de courts séjours de vacances ? Dans les maisons familiales ou sur les plages, leurs statuts d’enfants d’immigrés sont rebattus – tout comme leurs rôles de genre et leurs assignations ethno-raciales.
Dette publique, menace démocratique ? – avec Benjamin Lemoine
La dette publique est devenue un moyen de pression de la part des créanciers sur la conduite des politiques publiques. On l'a bien vu, en Europe, avec le désastre des réformes austéritaires grecques, mais les mêmes croyances et les mêmes tendances sont à l’œuvre partout. Ce soir on revient, avec Benjamin Lemoine qui vient de publier "La démocratie disciplinée par la dette" aux Editions de La Découverte, sur le poids de la dette publique dans les décisions politiques qui concernent l'ensemble du corps social : réformes de l'assurance-chômage, des régimes de retraite, de l'hôpital.... Que fait la dette à la démocratie ? Comment penser un financement démocratique des politiques publiques ?
La valeur du service public avec Claire Lemercier
« Quand tout sera privé, nous serons privé·es de tout ! », nous entendons ce slogan dans les manifestations, nous le lisons tagué sur des murs, inscrit sur des pancartes ou des affiches… La privatisation des services publics est en marche, Macron et sa clique, comme les gouvernements qui les ont précédés, mettent tout en œuvre pour les détruire alors que la crise liée au Covid19 a montré - si nous en doutions - à quel point nous avons besoin de services publics solides, partout, tout le temps. Nous recevons cette semaine l’historienne Claire Lemercier qui vient nous parler du livre qu’elle a co-écrit avec la politiste Julie Gervais et le sociologue Willy Pelletier « La valeur du service public », paru aux éditions La découverte.
Objets jetables, consumérisme et conséquences – avec Jeanne Guien
Qu’est-ce que le consumérisme ? Comment se met en place un marché ? Comment le jetable s’est progressivement imposé comme un symbole d’hygiène et de modernité ? Quelles sont les conséquences industrielles, humaines et écologiques d’une société qui surconsomme ? Nous aborderons tous ces points avec Jeanne Guien qui aborde, dans son livre "Le consumérisme à travers ses objets" publié aux éditions Divergences en 2021, l’ensemble de ces questions à travers des objets de notre quotidien : les gobelets, les vitrines, les mouchoirs, les smartphones, les déodorants et même... les livres !
Ecrire et publier quand on est ouvrier·e – avec Eliane Le Port
Les écrits ouvriers sont exclus des canons littéraires, pourtant c’est une pratique qui n’est pas si marginale parmi les travailleurs d’exécution. Ce soir, on la met en lumière. On reçoit Éliane Le Port qui a retracé l’histoire de l’écriture ouvrière depuis la deuxième moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours. Elle interroge les conditions de possibilité de l’écriture et de la publication quand on est ouvrier·e, dans son livre "Écrire sa vie, devenir auteur. Le témoignage ouvrier depuis 1945" paru aux Editions de l’EHESS.
Vous avez dit populiste ? – Entretien avec Federico Tarragoni
Cette semaine, on va faire un peu de populologie avec le sociologue Federico Tarragoni auteur de L’esprit démocratique du populisme, essai qui déconstruit les usages dominants de la notion de « populisme » et en propose une interprétation étroitement liée à la question démocratique.
La fabrique d’une société « propriétaire » – avec Marc Belissa et Yannick Bosc
Moins enseigné que la Révolution, l'épisode du Consulat est pourtant déterminant pour comprendre notre structure politique actuelle. Les historiens Marc Belissa et Yannick Bosc viennent nous parler de leur livre paru aux éditions La Fabrique : « Le Consulat de Bonaparte – La Fabrique de l’État et la société propriétaire 1799-1804 ». On revient avec eux sur ces cinq années précédant le Ier Empire qui ont jeté les bases de l’État tel que nous le connaissons et ont rompu avec l’héritage révolutionnaire.
Qu’est-ce que le mérite ? – avec Annabelle Allouch
Le mérite apparaît comme la plus juste manière de classer les individus, contre des privilèges de caste et d'héritiers. L'idéologie du mérite renouvelle donc les justifications de l'élitisme et des inégalités. On a beau le savoir, on reste pris·e dans sa logique de distribution du prestige et des ressources économiques. On revient avec la sociologue Annabelle Allouch sur ce que "mérite" veut dire, à l'occasion de la parution de son livre éponyme chez Anamosa
Retour sur le mot « émancipation » – avec Frederico Tarragoni
"Emancipez-vous !" "Prenez-vous en main !" L'ordre néolibéral intime à chacun·e de secouer ses vieilles affiliations, ses structures rigides d'appartenance et de se "saisir" des opportunités (du marché). Alors comment redonner du sens à l'émancipation ? Comment réinscrire le geste émancipateur dans une histoire collective à visée égalitaire ? On en parle avec Frederico Tarragoni qui vient de publier Emancipation aux éditions Anamosa
Qui sauvera l’Éducation nationale ?
A la veille de la grève des personnels de l’Éducation nationale du 13 janvier 2022, on dresse le bilan de cinq ans de "blanquérisme" avec Paul, prof de collège en Seine-Saint-Denis et syndicaliste SNES-FSU. Qu'a fait Blanquer à l'EN ? Qu'a-t-il détruit ? Qu'a-t-il prolongé ? Pourquoi déteste-t-il autant l'école publique et celles et ceux qui y travaillent ?
Management et subordination salariale – entretien avec Danièle Linhart
Danièle Linhart qui vient de publier aux éditions Érès « L’insoutenable subordination des salariés » vient nous parler de win-win, de soft skills, d’intrapreneur, de chief happiness officer, de start-up, d’entreprises libérées et de réorganisation du travail. On plonge avec elle dans le monde formidable du management et de ses techniques qui visent à tout faire accepter ou presque aux salarié·es.
Ecoféminisme et politique de la subsistance avec Geneviève Pruvost
Quelles sont les alternatives concrètes proposées par l'écoféminisme ? Quelle autre organisation politique de la vie et des rapports à la nature est possible ? Comment le travail de subsistance peut-il devenir un facteur d’émancipation ? La sociologue Geneviève Pruvost qui vient de publier "Quotidien politique - Féminisme, écologie, subsistance" aux éditions de La Découverte montre que la fabrique du quotidien peut être un enjeu révolutionnaire.
17 octobre 1961 – entretien avec Fabrice Riceputi
Cette semaine nous recevons l’historien Fabrice Riceputi pour la réédition de son livre au Passager clandestin « Ici on noya les Algériens », anciennement titré « La bataille d’Einaudi ». Nous parlerons du massacre du 17 octobre 1961, de la responsabilité de l’État français, de Maurice Papon mais surtout de Jean-Luc Einaudi qui a fait œuvre d’historien dans son ouvrage « La bataille de Paris », qui a permis de faire la vérité sur ce qui s’est passé ce jour-là et plus largement à l’automne 1961.