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La Poudre

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Épisode 121 - Géraldine Nakache

Géraldine Nakache, vous allez voir, c’est une voix grave qui vous enveloppe.Actrice, scénariste et réalisatrice, rien que ça, elle est dans le studio de La Poudre en ce début d’automne, pour évoquer entre autres le film Vacances, de Béatrice de Staël et Léo Wolfenstein, dans lequel elle joue une mère très seule (06’50). Au micro de Lauren Bastide, elle évoque son entrée dans la vie active, d’abord par la télévision avec Groland et Canal + (09’35), puis devant la caméra avec le film Comme t’y es belle de Lisa Azuelos (26’45). Son enfance à Puteaux (11’49) est évoquée dans son film Tout ce qui brille (14’09), qui mêle vérité et fiction autour de son amitié avec Leïla Bekhti (39’56). Le temps qui passe sur les acteurs et les actrices (31’26), mais aussi le choix de ses rôles (43’06), et l’humilité, parfois proche de l’humiliation (47’29)... Géraldine Nakache parle de ces questionnements qui l’animent, mais aussi de la différence de traitement médiatique selon que l’on est une femme ou un homme (20’50). De nombreuses représentantes du domaine du care sont présentes dans ses films (51’41), peut-être une manière de rendre hommage à ses parents (16’23), eux qui lui ont laissé de la place dans la famille étant petite (16’51). Géraldine Nakache évoque enfin l’importance que prend dans sa vie la notion de transmission (57’10).La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Prise de son : Gabriel de Nogent.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Claire Dizet.Crédit photo : Manuel Obadia Wills.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 28, 20221h 1m

Épisode 120 - Virginie Despentes (2/2)

La semaine dernière, on vous dévoilait la première partie de l’entretien que Virginie Despentes a accordé à Lauren Bastide. Voici, comme promis, la seconde.Toujours sur leur canapé, Virginie Despentes et Lauren Bastide continuent d’évoquer la sortie de King Kong Theory, et sa réception critique étonnamment calme après celle de Baise Moi (4’50). Y est raconté son viol, un “bon viol”, peut-être parce qu’elle ne nomme pas de coupable précis (5’30). Virginie Despentes aborde au micro sa manière d’aborder l’écriture et des sujets qui, elle le sait, créeront polémique (10’58). Les shitstorms restent des shitstorms, mérités ou non - comme celui vécu par le personnage de son dernier livre, Cher Connard (13’35). Même si une nouvelle génération d’hommes semble s’intéresser dans une visée politique au féminisme (21’10), #Metoo a révélé une solidarité masculine, blanche et bourgeoise (18’40), qui, quoi qu’elles fassent, refuse aux femmes l’accès à un espace public, y compris sur les réseaux sociaux (15’10). Virginie Despentes décrit une dérive autoritaire du pouvoir qui peut arriver très facilement (36’30), et a mené à la création de sa propre maison d’édition (39’55). La violence qui caractérise les régimes politiques actuels (47’25) ne peut être combattue par la violence, ce qui amène un besoin de douceur (48’10).La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Prise de son : Marius Pruvot.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Claire Dizet.Crédit photo : Lynn S. K.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Sep 7, 202250 min

Épisode 119 - Virginie Despentes (1/2)

Cet épisode de La Poudre, ça fait sûrement un moment que vous l’attendiez. Comme nous, quoi. Ça y est, Virginie Despentes a fait parler La Poudre. Ce n’est donc pas n’importe quel entretien ; plus long que d’habitude, nous l’avons divisé en deux parties, pour que l’écoute soit plus aisée. Ici, nous vous mettons dans les oreilles sa première partie.Installées dans un canapé, Lauren Bastide et Virginie Despentes ont pris le temps d’évoquer la sortie de son nouveau livre, Cher connard (34’30), et la place des femmes dans le cinéma, industrie violente pourvoyeuse d’un regard formaté sur la féminité (29’56). Héritière d’un militantisme joyeux du côté de ses parents (17’36), cette lectrice de la Comtesse de Ségur, aux petites filles libres et punies (18’46), évoque sa colère, libératrice dans l’écriture (12’43), mais qu’elle tente de canaliser dans sa vie quotidienne (10’05). Le pouvoir qu’elle a acquis au fil des parutions de ses livres lui permet d’aider d’autres personnes (8’09). Dans son dernier livre est évoqué le thème de l’internement, système permettant d’enfermer et contraindre, encore aujourd’hui, principalement les jeunes filles (22’43). Virginie Despentes évoque enfin le rapport des hommes à la publication de Baise-moi dans les années 1990 (44’30), et la solidarité spontanée qu’elle ressent face à celles et ceux qui s’en prennent « plein la gueule » (54’47).Rendez-vous jeudi prochain pour la deuxième partie de cet entretien avec Virginie Despentes.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Prise de son : Marius Pruvost.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Vincent.Crédit photo : Lynn S. K.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 31, 202258 min

(ARCHIVES) Épisode 35 - Mélissa Laveaux

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! 🎶Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 35 avec Mélissa Laveaux. On y parle de résistance politique, d’Haïti, et de Black Feminism. Bonne écoute, et à jeudi prochain !Au micro de Lauren Bastide, Mélissa Laveaux raconte la musique comme support de résistance politique (04:20), son enfance à Ottawa dans l’Ontario (05:49), la transmission de l’histoire d’Haïti dans son enfance (10:20), sa mère, véritable matriarche (17:00), son choix d’être une femme (21:40), sa rencontre avec le Black Feminism (29:17), son arrivée tumultueuse en France (28:50) ses deux premiers albums très personnels (38:03), sa fascination pour la sculptrice Edmonia Lewis (41:10), la figure de « Mami Wata », divinité mythologique à la fois africaine et caribéenne (44:20), « Radio Siwèle », son dernier album sur lequel elle a travaillé pendant 8 ans (52:05), sa réponse à la sortie de Donald Trump à propos des « Shithole countries » (56:37), son lien à la nature et son rapport à son utérus (01:02:37). Mélissa Laveaux est une musicienne, compositrice et chanteuse née en 1985 à Montréal. Son dernier album, « Radio Siwèle », sorti en février 2018, est un joyau musical chanté en créole qui réinvente des chants de résistance haïtiens datant de l’occupation américaine. Elle y a travaillé durant 8 ans. Mélissa Laveaux a grandi à Ottawa, dans l’Ontario, au Canada. Elle baigne toute son enfance dans la culture haïtienne de ses parents et s’initie jeune à la guitare. Elle obtient en juin 2008 un Bachelor en « éthique et société » à l’Université d’Ottawa tout en diffusant sur Myspace ses premiers morceaux. En 2007, elle sort son premier album, auto-produit, « Camphor & Copper ». Lauréate d’une bourse de musicienne, elle déménage en France, et en 2008, le label No Format! produit une réédition de « Camphor & Copper ». Entre 2008 et 2011, elle part en tournée en Europe, au Canada et au Japon. En février 2013, elle sort un second album « Dying is a wild night » et un single, « Triggers », qui relate une tragique histoire d’amour lesbien. La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani Cet épisode de La Poudre est rendu possible grâce au soutien de l’application française de méditation Petit Bambou. Petit Bambou permet de choisir parmi 650 séances de méditation celle qui vous correspond le mieux. La démarche est pédagogue, facile à embrasser, même sans avoir aucune expérience en la matière. Merci à Petit Bambou de faire parler La Poudre et de nous permettre de prendre soin de nous. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 25, 20221h 8m

(ARCHIVES) Épisode 61 - Aloïse Sauvage

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! 🎶 Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 61 avec Aloïse Sauvage. On y parle de cirque, de danse et de chant. Bonne écoute, et à jeudi prochain !Aloïse Sauvage, artiste aux multiples talents, est l’invitée du 61e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de cirque, de danse et de chant. L’édito de Lauren : Comment allez-vous ? Comment allez-vous vraiment ? Comment va votre corps ? Comment va votre esprit ? Si je fais silence, là, pendant cinq secondes… ça semble long hein ? Vous avez ressenti quoi ? Moi, un léger mal au crâne, une petite tension au bas du ventre et dans mon dos aussi, au niveau des cervicales. Et au loin un bruit diffus dans ma tête. Une sorte de brouhaha fait de colère, de peur, de honte. Y a rien à faire. Il est là. Même quand je reçois de la tendresse, même quand je marche dans la forêt, même quand je regarde mes gosses. Parfois j’aimerais qu’on me débarrasse de ce sentiment diffus. J’aimerais que tout le monde m’aime et me comprenne, c’est humain. Mais les autres n’y peuvent rien. Il n’y a qu’une personne au monde qui puisse me libérer de ce bruit : c’est moi. C’est moi quand je m’accepte telle que je suis, avec mes failles, mes erreurs. C’est moi quand je lâche prise. Alors j’essaye. Je respire. J’y arriverai. J’ai toute la vie. Et vous aussi. Résumé de l’épisode : Aloïse Sauvage est performeuse, circassienne, danseuse, chanteuse et actrice, elle a ainsi de nombreuses et talentueuses cordes à son arc (04:56). Née le 25 septembre 1992, elle a grandi au Mée-sur-Seine (11:14) et garde de très bons souvenirs de son enfance et de son adolescence dans cette petite ville du 77 (18:30). Hyperactive depuis son plus jeune âge (23:20), elle joue de plusieurs instruments de musique et fait du break dès le collège. Elle s’intéresse très tôt au rap, inspirée par ses textes engagés, rythmiques et puissants (28:23). Après le lycée, elle se forme à l’académie Fratellini, l’une des plus prestigieuses écoles de cirque contemporain (34:34). Elle a été entre autres l’une des interprètes de Raphaëlle Boitel, l’une des grandes créatrices de cirque contemporain d’aujourd’hui. Si elle se définit circassienne, c’est aussi parce que cette discipline lui permet de ne pas choisir entre théâtre, danse et musique, ce qu’elle continue à mettre en pratique dans ses propres performances scéniques (40:37). Elle incarne une vraie liberté dans sa façon de refuser les cases de la création mais aussi dans celle de se réapproprier les étiquettes : elle donne ainsi son propre sens à celle de « femme » (42:23) dans son cheminement et apprend à s’assumer, comme individu, comme chanteuse (56:03) ou encore comme actrice, notamment dans le film 120 battements par minute où on a pu la voir en 2017. Une voie qu’elle se trace avec brio malgré les doutes, et dans laquelle elle porte sa vision de la société, moins genrée, moins hétéronormée (01:02:08), toujours plus fluide et incandescente. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Montage et mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 18, 20221h 12m

(ARCHIVES) Épisode 63 - Yseult

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! 🎶 Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 63 avec Yseult. On y parle de corps, de scène et de pouvoir. Bonne écoute, et à jeudi prochain !Yseult, la compositrice, chanteuse et toplineuse à la voix d’or est l’invitée du 63e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de scène et de pouvoir. L’édito de Lauren : Ah ! Vous êtes là ! Bienvenue en 2020. Pour célébrer cette nouvelle décennie, je vous offre la voix du futur. Résumé de l’épisode : Yseult est née le 18 août 1994 à Paris. Elle passe son enfance de déménagement en déménagement (15:10) et n’a pas toujours eu la relation apaisée qu’elle a aujourd’hui avec ses parents (16:32). Son adolescence bat au rythme de son envie de faire de la musique (21:20) malgré l’incompréhension de sa famille. Encore au lycée, elle chante à Montmartre sur les marches du Sacré-Cœur. À 18 ans, elle passe les castings et est sélectionnée pour La Nouvelle Star. Elle y fait l’expérience d’un rapport parfois très dur avec la presse et une partie du public (33:01) malgré son talent indéniable. Après cette émission où elle finit deuxième, elle sort un premier album mais se débat avec le sexisme et le racisme de l’industrie musicale (40:40). Au creux de cette vague, elle est contactée par ASOS pour être l’une de leur mannequin. Une expérience très positive sur le chemin de sa relation avec son propre corps (48:22). Elle n’abandonne pas la musique, loin de là, et revient avec un projet très personnel en 2019 en commençant avec le single Rien à prouver. Étant l’une des seules femmes noires du paysage musical français, elle évoque la solidarité, notamment avec Lous, qu’elle ressent comme nécessaire(39:17). Elle crée également son propre label pour pouvoir produire sa musique et celle des artistes qui la touche (44:40). Rendez-vous en 2020 pour voir la suite de sa révolution de l’industrie musicale ! Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La chanson que vous entendez dans l’introduction est Corps, d’Yseult. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Montage et mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 11, 20221h 3m

(ARCHIVES) Épisode 55 - Chris

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! 🎶 Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 55 avec Chris. On y parle de performance, de contrôle et de sexe. Bonne écoute, et à jeudi prochain !L’artiste Chris, chanteuse, musicienne, productrice et performeuse, est l’invitée du 55e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de performance, de contrôle et de sexe. L’édito de Lauren : « J’ai envie de baiser. J’ai envie de jouir. J’ai envie de mouiller. J’ai envie de crier. J’ai envie d’être nue. J’ai envie de bander. J’ai envie d’éjaculer. J’ai envie de mordre. J’ai envie de montrer mes seins sur Instagram. J’ai envie de pas cacher mon vibromasseur. J’ai envie de parler de clitoris à table. J’ai envie de désirer sans attendre qu’on me désire. J’ai envie de toi. Et alors ? Y a quoi ? » Résumé de l’épisode : Chris est une icône de la pop internationale. Cette discussion s’ouvre sur un échange concernant l’importance de la pensée queer dans son travail créatif (04:36). Née Héloïse Letissier, en 1988 à Nantes, et passionnée de littérature, elle a fait des études de lettres et de théâtre à Lyon. Elle évoque ici la chance de grandir entourée de livres (06:08), avec un père prof de lettres et une figure de mère très libre et indépendante (11:10). Ce qui ne l’empêche pas de se sentir étrangement déclassée et nostalgique dans l’enfance (14.22). Heureusement, le théâtre la sauvera de ce spleen (15:22). Elle rencontre la violence sexiste à la sortie du conservatoire de Lyon (27:13) et doit enterrer son rêve de devenir metteuse en scène… Qu’importe, elle s’embarque pour Londres, rencontre un trio de drag queens et décide de mettre le queer au centre de sa vie (34:58) : Christine and the Queens est née. En 2014, elle sort son premier album, Chaleur humaine qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires et remporte le prix de l’artiste interprète femme de l’année aux Victoires de la musique. Cheveux courts, pseudo raccourci : son deuxième album, Chris, sorti en octobre 2018 propose une définition précisée de sa vision du féminin (38:08), continue de porter haut sa revendication des sexualités multiples et son identité pansexuelle (49:20) et rend visible un désir féminin ardent, affamé, décomplexé, dans un geste féministe salutaire ! Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Coordination : Gaïa Marty Mixage : Audrey Ginestet Pour faire parler La Poudre sur les réseaux sociaux, rendez-vous sur Instagram @lapoudretv, sur Twitter @lapoudrene et sur Facebook sur la page La Poudre podcast. Vous l’avez sûrement remarqué, La Poudre aime les livres. Si vous aussi, rendez-vous sur notre site La Poudre lit, où nous recommandons toutes les deux semaines des ouvrages pour aller plus loin après l’écoute des épisodes. La Poudre c’est aussi une newsletter à laquelle vous pouvez vous abonner sur le site nouvellesecoutes.fr, puis cliquez sur La Poudre. Cela sera l’occasion de découvrir Mortel, Primo, Commencer, Quoi de Meuf, Splash, Vieille Branche, bref toutes les émissions merveilleuses que nous produisons. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 4, 20221h 6m

(ARCHIVES) Épisode 14 - Juliette Armanet

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! 🎶Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 14 avec Juliette Armanet. On y parle de famille, de littérature, de documentaires et d’hétéronormativité des rapports amoureux. Bonne écoute, et à jeudi prochain !Dans ce 14ème épisode de La Poudre, Juliette Armanet se livre, au micro de Lauren Bastide, dans une chambre d’hotel parisienne. Juliette Armanet est musicienne, chanteuse, pianiste, compositrice et autrice. Son album « Petite amie », sorti en avril 2017 est dans toutes les oreilles. Née à Lille en 1984, elle grandit dans une famille de libraires et de musiciens où la conversation est foisonnante et érudite. À 14 ans, elle compose ses premiers morceaux. Après des études de lettres, elle s’essaye au théâtre puis au journalisme et réalise des documentaires pour Arte et France Culture, sans jamais cesser de composer et d’explorer sa créativité musicale. En 2014, elle compose « L'Amour en solitaire », un morceau qui va éveiller l’attention des professionnels du monde de la musique. Un EP de quatre titres, « Cavalier Seule », suit rapidement, précédant l’envoutant « Petite amie ». Dans cet épisode, Juliette Armanet raconte l’histoire d’amour particulière de ses parents libraires et musiciens (07:10), la continuité entre ses premières créations artistiques et son dernier album (12:55), son sentiment de n’être ni femme ni homme et son exploration de cette dualité qu’elle considère comme générationnelle (15:05), son détour par le théâtre -des moments magnifiques mais aussi des désillusions- et le journalisme (21:15), la question de sa représentation en tant qu’artiste (28:05), et les rapports amoureux non-hétéronormés de « Petite Amie » (41:05). Enfin, cadeau pour les Poudreu.ses.x : Juliette Armanet chante une chanson à cappella (45:20). La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Assistante de production : Zisla Tortello. Mixage : Zaki Allal. Cet épisode de La Poudre est rendu possible grâce au soutien d’Audible, la plateforme web dédiée à l’audio parlé (livres, documentaires, podcasts). Et pour vous Poudreu.ses.x, ça n’est pas un, mais deux livres audio qui seront offerts à l’utilisation du code « Nouvelles » sur la page audible.fr/cadeau. Ne nous remerciez pas ! Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 28, 202247 min

(ARCHIVES) Épisode 42 - Imany

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à ré(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! Aujourd’hui, on vous propose de (ré)découvrir l’épisode 42 avec Imany. On y parle de sport, de New York, d’endométriose et de responsabilité des artistes. Bonne écoute, et à jeudi prochain !Au micro de Lauren Bastide, Imany évoque le thème de la responsabilité des artistes (05:00) puis raconte son enfance à Istres au sein d’une grande fratrie (08:19), quand elle détestait sa voix (13:35), son rapport inné au sport (17:23), sa carrière de « mannequin de classe moyenne » à New York (20:19), le 11 septembre, la crise et la musique (27:45), le succès colossal de son premier album (34:05), quand sa musique empouvoire les femmes (38:45), l’endométriose, son combat personnel et universel (40:02), et son rapport conflictuel avec son utérus (52:58). Imany est chanteuse et ambassadrice de l’association Endomind, qui lutte pour une meilleure connaissance de l’endométriose et une amélioration de sa prise en charge par le corps médical. Elle est née en 1979 à Martigues, et a passé son enfance auprès de ses nombreux frères et soeurs. Elle entame à l’INSEP un sport études où elle concilie le lycée et le saut en hauteur, avant d’être repérée par une agence de mannequin. À 18 ans, elle s’envole pour New York. Elle y reste 7 ans, poursuivant une carrière de mannequin « de classe moyenne » comme elle dit. Son rêve de faire carrière dans la musique la rattrape et elle décide de tout faire pour l’atteindre. De retour en France, elle sort son premier album, « The Shape of a Broken Heart » en mai 2011, un succès colossal qui se vend à plus de 400 000 exemplaires et qui a été suivi d’une tournée triomphale qui l’a menée sur 400 scènes à travers le monde. En mars 2015, elle co-organise, avec Endomind, le premier concert en France au profit de la lutte contre l’endométriose. Son dernier album, « The Wrong Kind of War », est sorti en 2016. La chanson que vous entendez dans l’introduction de l’épisode est un morceau d’Imany qui s’intitule « There Were Tears ». La Poudre est une production Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Coordination : Zisla Tortello Mixage : Laurie Galligani Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 21, 20221h 0m

(ARCHIVES) Épisode 57 - Clara Luciani

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à re(écouter) certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥. Et cet été, on le passe en musique, avec des chanteuses, compositrices ou musiciennes ! Aujourd’hui, on vous propose de (ré)écouter l’épisode 57 avec Clara Luciani. On y parle de confiance en soi, du pouvoir de la scène et de sororité. Bonne écoute, et à jeudi prochain !Clara Luciani, talentueuse musicienne et chanteuse, est l’invitée du 57e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de se chercher, de se perdre et de se trouver. L’édito de Lauren : Il y a des matins, je me lève, je me dis qu’on n’est pas mal : je vois le mot « féminicide » écrit en une des journaux, un vrai beau clitoris dans un manuel de SVT, je me dis que des trucs sont rentrés, que le monde a compris qu’on ne voulait plus se faire parler comme à des enfants par nos médecins, qu’on aimerait bien jouir nous aussi et que la charge mentale, bah ça se répartit. Il y a des matins où je me dis qu’on n’y arrivera jamais, qu’il y a trop de voix qui couvrent les nôtres. Celles qui disent qu’on ne peut plus rien dire, qu’une femme voilée n’a pas le droit de se baigner, que deux femmes c’est pas des parents, et puis le droit d’importuner, et puis certaines l’ont bien cherché.Vous connaissez la théorie du tube de dentifrice ? Une fois le dentifrice sorti du tube, cela devient très difficile de le faire rentrer. Alors on fait quoi ? Bah on insiste, on persévère, on lâche rien. Gardez la tête haute et tenez-moi la main. Solides comme des roches, fortes comme des lionnes et fières comme des paonnes - oui, la femelle du paon s’appelle une paonne. Persistons toutes ensemble. Bienvenue dans La Poudre, saison 4. Résumé de l’épisode : Clara Luciani est née en 1992 à Marseille et a grandi dans sa banlieue, à Septèmes-Les-Vallons (08:20). Entourée d’une mère attachée à la culture (10:40) et d’un père musicien, elle rêve d’un jour, comme la Solange de Jacques Demy, « vivre de son art à Paris » (26:15). À 19 ans, elle atteint la capitale, où elle jongle entre petits boulots et expériences musicales diverses (21:33). Elle se cherche, travaille, tremble sur scène… Les séquelles du harcèlement scolaire qu’elle a subi dans son adolescence la rattrapent et entament sa confiance en elle (17:16), mais la scène la libère et la fortifie, l’aide à accepter et à trouver sa féminité (24:00). C’est le chanteur Raphaël qui, en lui proposant de jouer sur sa tournée (34:17), la sauve du découragement, après sept ans de persévérance. Mais c’est sa première grande rupture amoureuse (43:05) qui lui inspire les premières chansons dans lesquelles elle se reconnaît vraiment et lui font gagner l’amour du public. Depuis, elle enchaîne les concerts, y a été confrontée au sexisme, mais y a aussi gagné des amies dont elle admire les actes de réelle sororité (47:50). Sa trajectoire flamboyante depuis la sortie de son album « Sainte-Victoire » ne fait que commencer ! Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit Pour les produits bareMinerals, code LAPOUDRE offrant 15% de réduction sans minimum d’achat. Valable jusqu’au 31/10 sur le site https://www.bareminerals.fr Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 14, 20221h 2m

Épisode 118 - Féminismes et influence

Pour la dernière de la saison, La Poudre envoie du lourd.Il faisait très chaud le mercredi 15 juin, rappelez-vous. L’équipe de La Poudre avait organisé une table ronde, dans un salon du Pavillon des Canaux, autour des questions des féminismes et de l’influence : comment se nourrissent ces deux domaines ? Que doit le militantisme aux réseaux sociaux, et inversement ? C’est en famille en quelque sorte que Lauren Bastide a abordé ces questions, avec Habibitch, Morgane Ortin et Elvire Duvelle-Charles, toustes trois spécialistes des questions d’influence, qu’iels gèrent par ailleurs au quotidien via leurs réseaux sociaux très suivis.Le terme d’« influenceuse » est en lui-même questionnable : si Habibitch l’oppose à celui d’activiste, qu’iel revendique (6’22), Elvire Duvelle-Charles et Morgane Ortin pointent le caractère réducteur et misogyne de ce terme (8’59). L’échec des médias (18’25) se caractérise par l’utilisation des réseaux sociaux comme espace d’accueil pour des questions auparavant complètement mises de côté (22’05). Si l’addiction aux réseaux sociaux est vecteur d’une certaine angoisse (27’47), nos trois invité•es évoquent l’importance de leur « communauté » (47’25), même si les interactions peuvent être parfois difficiles car très profondes (32’40). La pression qu’iels subissent (57’08), portée à la fois par la fachosphère et ces milieux parfois violents (13’45), se mêle à une responsabilité parfois compliquée à gérer (36’50), et à une injonction à l’irréprochabilité (18’35). Si comme le dit Morgane Ortin, « la haine est un moteur qui consume beaucoup » (1’02’38), il ne faut pas se tromper d’ennemi - ce que les luttes intestines liées aux mouvements militants peuvent créer (56’25) - et arriver à communiquer en conséquence (1’02’04).La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Wrobel.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 29, 20221h 7m

Épisode 117 - Lous (and the Yakuza)

Comme un chat, Lous semble avoir eu neuf vies (et encore). La chanteuse de Lous and the Yakuza se révèle au micro de Lauren Bastide particulièrement énergique, à quelques mois de la sortie de son nouvel album (04’02). Elle décrit l’arrivée de la musique dans sa vie, issue d’un besoin de s’exprimer, enfant, (17’03) au sein d’une famille singulière et aimante (17’46). Elle grandit en partie au Congo (13’06), période bénie d’une enfance heureuse, à laquelle elle aspire à revenir à ses cinquante ans, seule au Japon avec ses chiens (49’54) : consacrer la moitié de son existence à révolutionner le système de santé publique en Afrique, le reste pour elle-même, après une vie à toute vitesse (52’40). Elle qui fut l’une des porteuses du mouvement Black Lives Matter en Belgique (10’20) aborde l’importance d’internet dans la lutte pour les droits et la connaissance (08’26). Descendante d’une grand-mère princesse de son village (26’57), dans une société plutôt matriarcale, Lous raconte comme elle est « devenue » femme (28’52). Le rouleau compresseur des labels, qui a pu toucher d’autres artistes, ne l’a pas empêchée de conserver son identité (45’17) et un rapport sain à son image (42’03). Solitaire très entourée (37’44), Lous est multiple (15’23), ce qui lui donne son assurance impressionnante.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Wrobel.Merci à Mireille Faure pour la prise de son de l’introduction.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 8, 202255 min

Épisode 116 - Lola Lafon

« Je n’ai pas le souvenir de ne pas avoir écrit » : Lola Lafon est marquée par la littérature dès l’enfance (11’52). L’autrice de nombreux ouvrages, dont Chavirer paru en 2020, est la 116e invitée de La Poudre, et ça nous ravit. Au micro de Lauren Bastide, elle raconte son enfance en Roumanie (07’55), et les langues qu’elle maîtrise, qui lui font l’oreille (08’09), elle qui est également musicienne et danseuse (18’30). Son arrivée en France est un véritable choc (14’14) : l’aliénation des corps des femmes (15’42) lui laisse un goût amer. Elle se réjouit des avancées du féminisme, et d’une jeunesse qui ne laisse « rien tomber de ses identités » (26’20) dans une lutte nécessairement collective (30’20). Celle qui brise l’un de ses préjugés à chacun de ses livres (22’47) raconte son entrée en écriture (35’23), et ses héroïnes (41’43), souvent racontées par d’autres personnages de femmes dans ses récits (44’). Parmi elles, Nadia Comaneci, et le regard pédocriminel posé sur elle (49’54). Si la violence féminine est l’un des thèmes qu’elle aborde dans ses ouvrages (55’07), elle dénonce la problématique de la mythification et de la mise en avant des « femmes puissantes » (56’25), injonction qui ne laisse pas la place à la fragilité (56’53). Lola Lafon évoque enfin son prochain livre, qui parlera d’Anne Frank (01’01’41), manière pour elle d’aborder une nouvelle héroïne, statufiée en « icône » par une société profondément patriarcale.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Wrobel.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 25, 20221h 6m

Épisode 115 - Audrey Diwan

Appartenant à une nouvelle génération de réalisatrices, “suffisamment peu nombreuses pour ressembler à un groupe” (36’), Audrey Diwan aborde au micro de Lauren Bastide son entrée en cinéma (26’40) et la question du female gaze (6’35). Autodidacte (37’10), après une adolescence un peu rebelle (14’52), elle qui a commencé par être journaliste (20’05), trouve dans la nuit un espace de soupape (17’16), une échappatoire vers une liberté (10’36) recherchée à tout crin, héritage de sa famille (8’15).Il arrive parfois que l’actualité rattrape la temporalité des épisodes de La Poudre : cet épisode, enregistré début avril, en est un exemple. Le film d’Audrey Diwan, L’Évènement (40’), est en effet une adaptation du roman à caractère autobiographique d’Annie Ernaux, qui y évoque son propre avortement clandestin, en 1964. Le film a obtenu plusieurs récompenses, dont le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2021 (5’07). À l’heure où aux Etats-Unis, la Cour suprême s’apprêterait à revenir sur le droit à l’avortement dans chaque Etat des Etats-Unis, garanti par son arrêt Roe v. Wade, cet entretien prend une nouvelle couleur. Audrey Diwan y raconte la rareté du récit de l’avortement (42’38), une silenciation marquée pour elle par la difficulté à produire un film sur ce sujet (45’30). Elle évoque sa première rencontre avec Annie Ernaux (39’12), et l’importance de la justesse de son travail et de son adaptation (46’45) face à un récit si intime.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Wrobel.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 11, 202259 min

Épisode 114 - Camille Froidevaux-Metterie

Le samedi 19 février dernier, dans la grande halle du Carreau du Temple, en public et sous le soleil, s’est tenu l’enregistrement d’un épisode de La Poudre, qu’on met aujourd’hui dans vos oreilles. Lauren Bastide y parle avec la philosophe féministe Camille Froidevaux-Metterie, autrice du récent ouvrage Un corps à soi (9’19), du corps des femmes, qui a toujours eu sa place dans les luttes féministes (15’20) . Elle qui a commencé à s’intéresser à cette thématique au moment de sa maternité (16’05), décrit les changements constants auxquels sont soumis les corps féminins (22’22), enfermés par les diktats patriarcaux dans une assignation des femmes à la tâche reproductive (32’39).Après une campagne politique qui a démontré encore une fois la difficulté d’accepter la monstration d’un corps féminin puissant (54’36), Camille Froidevaux-Metterie évoque la réponse de la France au mouvement #metoo (33’48), et les injonctions patriarcales posées sur le corps des femmes, continuellement (39’37), dans une société dans laquelle le modèle corporel dominant est un modèle soi-disant neutre mais qui est en fait un modèle viril (19’55). Il est nécessaire de reprendre possession une à une de toutes les libertés relatives à nos corps (36’37), grâce à la sororité, qui doit tenir compte des diversités (40’22). Camille Froidevaux-Metterie décrit l’importance de la notion de groupe dans les luttes féministes (52’20), mais aussi la place que peuvent prendre les hommes dans ces combats (01’02’35). Elle décrit enfin la joie d’une avancée vers une sexualité épanouissante pour les femmes, réclamée suite à la dénonciation des violences sexuelles (34’49).La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Wrobel.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 27, 20221h 8m

Épisode 113 - Marie Cau

Quatre jours après le premier tour de l’élection présidentielle, La Poudre zoome sur une commune française, dans le département du Nord, Tilloy-lez-Marchiennes, et surtout sur sa mairesse, Marie Cau. Première mairesse trans connue de France (19’58), celle qui s’est lancée en politique récemment, en 2019 (17’01), raconte au micro de Lauren Bastide la difficulté d’être à la tête d’une municipalité rurale, le travail ingrat que cela peut représenter, et le manque de moyens criant alloués aux territoires (20’08). En 2021, elle s’est lancée dans une aventure encore plus grande en essayant de candidater à la présidence de la République, une aventure qui a tourné court faute de parrainages (08’47) : mépris des petits candidats par les médias (08’54), difficulté à obtenir des parrainages (06’01), elle dénonce un déni de démocratie, et un entre-soi politique (09’33). Son enfance (21’52), son rapport à la religion catholique (26’25), les difficultés familiales et judiciaires qu’elle a connues lorsqu’elle a « arrêté de faire l’homme » (39’53) et sa compréhension du féminisme (51’13) : Marie Cau évoque sa vie avec pudeur et pragmatisme. Elle qui n’a pas suivi les parcours traditionnels (46’15) dénonce les ravages de la psychanalyse (46’54), et décrit les injonctions de beauté faites aux femmes trans (49’40). Elle prône la tempérance (55’02) et nous explique sa manière de répondre aux trolls (56’04), avec pédagogie, et sans colère.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Vincent.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 13, 20221h 0m

Épisode 112 - Féministes contre le fascisme

Dimanche 3 avril 2022, à tout pile une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, La Poudre a fait vibrer la salle de concert du Point FMR, à Paris, en invitant trois féministes à parler, en public, d’extrême-droite et de résistance. Un événement que nous faisons dès le lendemain de cet enregistrement parvenir à vos oreilles. Parce qu’il y a urgence. À une semaine du premier tour, elles évoquent leurs peurs et leurs espoirs. Mathilde Larrère, historienne et co-fondatrice du collectif Stop Bolloré, rappelle que le fascisme a historiquement toujours pris pour cible les féministes. Sasha Yaropolskaya, journaliste, militante et co-fondatrice de XY Media, dénonce la silenciation des candidats issus de minorités, et la nécessité de créer des espaces médiatiques alternatifs pour lutter contre la banalisation du racisme et de la transphobie dans les médias traditionnels. Kaoutar Harchi, écrivaine, sociologue et penseuse de l’intersectionnalité, met en avant la multiplicité des dominations, qui donne le “la” des stratégies de défense à mener. Ensemble, elles dissèquent l'intérêt d’utiliser le mot “fascisme” dans le contexte contemporain et l’émergence d’un courant fémonationaliste, qui utilise des arguments féministes à des fins racistes, idéologie souvent portée, dans l’espace public, par des femmes. Elles décrivent la nécessité d’impulser une convergence de mouvements sociaux et d’inventer de nouvelles tribunes de diffusion des idées progressistes, notamment pour se réapproprier des mots symboliques en perte de sens comme « liberté ». Et si le backlash, c’était elles ? Ensemble, elles tissent la possibilité d’un horizon optimiste face à une extrême-droite française, riche, puissante, accueillie à bras ouverts par les grands médias et qui se trouve, à l’heure où nous bouclons cet épisode, aux portes du pouvoir.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur Spotify.Générique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-Mahieu.Montage et mixage : Marion Emerit.Programmation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie Vincent.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 4, 20221h 35m

Épisode 111 - Dilnur Reyhan

Dans un contexte pré-électoral tendu et sur fond de guerre en Ukraine, Lauren Bastide reçoit une infatigable militante des droits humains, Dilnur Reyhan dans La Poudre, pour évoquer les persécutions et exactions dont sont victimes les populations ouïghoures en Chine, loin des caméras (10’23).Dilnur Reyhan évoque son enfance dans la province ouïghoure chinoise du Xinjiang (21’10), sa famille, qu’elle n’a pas vue depuis des années (42’40), l’école, qu’elle fréquente très tôt (24’10), et son parcours, marqué par de nombreux épisodes de discrimination (29’59). Après son arrivée en France il y a 18 ans, elle se heurte à des difficultés liées à son statut d’étudiante étrangère (33’42). En 2016, le raidissement de la Chine vis à vis des Ouïghours la détourne des études et de la carrière professionnelle qui s’offrait à elle : elle décide de s’engager, et fonde, en 2019, l’Institut Ouïghour d’Europe. Peu à peu, elle acquiert une visibilité médiatique (41’21). À ses yeux, la cause ouïghour est un combat féministe : stérilisation forcée, violences sexuelles, les femmes ouïghoures sont les premières cibles (49’07). Des avancées sont à saluer, comme le procès, intenté par plusieurs collectifs français, pour recel de crimes contre l’humanité, contre des marques de textile recourant au travail forcé ouïghour (57’15), ou le vote, en janvier 2022 à l’Assemblée nationale, sur la résolution reconnaissant un génocide. Dilnur Reyhan dénonce un manque de considération de plusieurs collectifs ou partis politiques pour la situation de son peuple, colonisé par la Chine (01’04’30). Dilnur Reyhan évoque enfin la difficulté qu’elle a parfois à s’exprimer sur ce sujet (01’12’35), éminemment politique bien sûr, mais aussi, forcément, à forte résonance personnelle et intime.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 31, 20221h 16m

Épisode 110 - Constance Debré

Résumé de l’épisode :L’écriture à la première personne est un exercice exigeant auquel se plie depuis maintenant trois ouvrages Constance Debré (4’22). Au micro de Lauren Bastide, celle qui préfère le mot « écrivain » évoque son dernier livre, Nom, attaché aux thèmes de la filiation, de l’héritage, et de ce qu’on en fait : faut-il s’en arracher (47’35) ? Constance Debré y convoque sa famille, imposante dans le paysage politique français (12’19), mais qui représente aussi le lieu d’une certaine folie - comme toutes les familles après tout (15’36). Elle évoque son enfance (23’42), confrontée frontalement à une réalité crue, celle de la drogue que consommaient ses parents, confrontation qui lui a évité une forme de « dressage », qui transforme aujourd’hui l’enfance en une structure sacralisée, liberticide (17’18). La société, profondément marquée par des dominations sociales et par l’exclusion des catégories non bourgeoises (38’57), cette justice de classe qu’elle a bien connue en tant qu’avocate (40’17), Constance Debré les explore dans ses ouvrages, via l’utilisation d’un « je » politique (09’50). Le pire étant, selon elle, les positions de pitié et le surplomb (43’10). La littérature elle-même prend la forme d’un outil de domination bourgeoise et doit être désacralisée (52’40), tout comme la recherche absolue de consommation doit être restreinte (51’25). Mais Constance Debré, c’est aussi une écriture sur l’amour (maternel, filial, amoureux), l’un des thèmes majeurs de ses ouvrages (26’27). Ses doutes existent (58’19), mais ne l’empêcheront pas d’écrire un prochain livre, qui nous permettra de sortir du brouhaha ambiant pour entrer dans le silence (56’05).La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 17, 20221h 4m

Épisode 109 - Sexisme en campagne

Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, ex-députée EELV, ancienne Ministre du Logement et de l'Égalité des territoires (2012-2014), Assia Hebbache, co-fondatrice du collectif Chair collaboratrice à la suite de l’affaire Baupin et Claire Desmares, Présidente du groupe EELV au conseil régional de Bretagne sont les invitées du 109e épisode de La Poudre, enregistré en public le 28 janvier 2022 au festival Longueur d’Ondes à Brest.Résumé de l’épisode :Le 10 avril prochain aura lieu le premier tour de la première élection présidentielle en France depuis la déferlante #MeToo (07’15) : trois professionnelles de la politique, naviguant depuis des années dans ce milieu viriliste (22’57), évoquent au micro de Lauren Bastide les avancées mais aussi le (long) chemin à parcourir pour arriver, un jour, peut-être, à une véritable démocratie post-#MeToo (8’01).Assia Hebbache, collaboratrice parlementaire et co-fondatrice, en 2016, du collectif Chair collaboratrice, évoque le rôle des organisations politiques et leur devoir de réagir face aux violences sexistes qui peuvent avoir lieu en leur sein (14’52). Elle dénonce également des structures organisées destinées à silencier les agressions sexuelles (29’30).Claire Desmares, Présidente du groupe EELV au Conseil régional de Bretagne, constate la difficulté particulière pour les femmes de progresser dans leur parcours politique (19’14), et décrit les spécificités de l’échelon politique local (33’53), et l’entraide entre les femmes au sein de son parti (38’53).Cécile Duflot, ex-députée EELV et ancienne ministre, évoque la nécessité de modifier la manière dont on regarde les autres femmes (21’45). Le plafond de verre en France, et l’absence de femmes aux plus hauts postes du pouvoir, est selon elle une spécificité bien française (55’07).Elles dénoncent également l’emprise exercée sur le corps des femmes politiques (36’40), et constatent une dépolitisation du féminisme et un feminism washing par un certain traitement médiatique (52’16). La constatation de la violence subie particulièrement par les femmes politiques dans les médias, où elles ne sont pas traitées de la même manière que les hommes (44’30), les mène à réfléchir à de nouvelles manières d’utiliser les réseaux sociaux, pour en faire un lieu de débat respectueux et qualitatif (1’00’52).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Merci au festival Longueur d’Ondes et à toute leurs équipes d’avoir rendu cet enregistrement possible.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Marie Laurence-Chérie assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 3, 20221h 9m

Épisode 108 - Sarah Schulman - (doublé en français)

This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click on the previous episode.Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--« Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :Sarah Schulman est une penseuse et militante féministe à la production foisonnante, romans, essais, pièces de théâtres, elle est aussi professeure à l’Université de la Ville de New York. Son militantisme l’a menée des luttes pro-IVG des 70’s au collectif Jewish Voices for Peace en passant par Act Up. Avec Lauren Bastide, elle revient sur son essai culte Le conflit n’est pas une agression, sorti en 2016 et tout juste traduit en français (4’21). Sa thèse a profondément modifié les lectures psycho-sociologiques des dynamiques de conflit au plan intime, étatique, géopolitique, mais aussi au sein même des mouvements sociaux, au point que la jeune génération d’activistes y a parfois lu - à tort - une réflexion sur la cancel culture (5’19). S’appuyant sur une distinction fondamentale entre conflit et agression (10’32), Sarah Schulman dénonce le mécanisme de victimisation comme recherche de compassion, réflexe qu’on trouve tant chez les dominant-e-s (8’37) que chez les personnes souffrant de traumatisme (9’22). Ce réflexe entraîne un phénomène d’exagération du préjudice (11’49), engendrant à son tour une escalade de la violence et, à terme, le recours massif à l’intervention de l'État, de la police, de la justice (14’15). En observant, en tant que femme lesbienne, les violences exercées au sein des familles homophobes contre les personnes queer (22’12) mais aussi, en tant que femme juive, les violences d’état exercées par Israël contre les Palestiniens (23’26) elle aboutit au concept de loyauté négative : le fait de se liguer contre une personne par appartenance à un groupe (13’35). Et appelle à la négociation, à l’autocritique et à la nuance pour sortir de cette dynamique (20’43). Elle évoque l’importance dans sa construction des travaux d’Adrienne Rich et Audre Lorde (25’08). L’organisation militante, horizontale et efficace portée dans les années 80 par Act Up New York dont elle a longuement exploré les archives orales dans Let the record show, son dernier livre paru outre-Atlantique (42’19). Elle évoque enfin la nécessité que les revendications féministes soient portées par des mouvements mixtes afin d’éviter le backlash (52’46) et sa lecture du Génie lesbien d’Alice Coffin (55’35).La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 27, 20221h 0m

Episode 108 - Sarah Schulman - 🇬🇧

Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez sur l'épisode suivant pour l’écouter.Part of the discussion in this episode revolves around sexual violence. It may be triggering for survivors.--“Me Too and Now?” is an eight-episode series to give the floor to sexual violence whistleblowers who have made and are still making the #MeToo revolution. Whether they have taken the mic, the keyboard or the pen, whether their testimonies have had judicial repercussions or not, they have put words on what is often silenced, they have said “me too”. But what comes next? What does one feel after speaking up? Do they feel stronger? More vulnerable? Do they feel heard, understood by society, by the justice system, by the media? By their closed ones? Is speaking up healing, or do they just get by?Episode Summary:Sarah Schulman is a thinker feminist activist and prolific writer, her books include novels, essays, theater plays, she is also a professor at the City University of New York (CUNY). She fought for abortion rights in the 70’s, was an active member of Act Up and is now an advocate for the Jewish Voices for Peace collective,. With Lauren Bastide, she revisits her cult essay Conflict is not Abuse: Overstating Harm, Community Responsibility and the Duty of Repair, published in 2016 and just translated in French (4’21). Her work has deeply enlightened the psycho-sociological field of conflict, in the intimate, public and geopolitcal frameworks, but also inside social movements themselves. A young generation of activists had sometimes seen this book - wrongly - as a reflexion about cancel culture (5’19). She actually draws a crucial distinction between conflict and abuse (10’32), and criticizes the victimization mechanism as a research for compassion, an impulse that can be found both from dominant (8’37) and traumatized people (9’22), causing an overstating of harm (11’49), escalation of violence, and eventually heavy reliance on State intervention, police and justice (14’15). Observing, as a lesbian woman, violences occuring in homophobic families towards queer people (22’12) but also, as a Jewish woman, violences from the State of Isreal towards the Palestinian people (23’26), she reaches the concept of negative loyalty (13’35). She calls for negotiation, self-criticism and nuance to put an end to this dynamic (20’43). She also mentions Adrienne Rich and Audre Lorde, and their importance in her education (25’08), the horizontal and efficient organization of Act Up New York in the 80s, which she deeply studied the oral archives for Let the record show, her last-published book in the US (42’19). Lastly, she raises the necessity for the feminist claims to be led by mixed movements to avoid backlash (52’46) and her reading of Alice Coffin’s Lesbian Genius (55’35).Producer: Lauren BastideExclusively broadcasted on SpotifyOpening title: Lauren Bastide and Marion Emerit on an original concept by Aurore Meyer-MahieuOriginal music for the introduction: Jeanne CherhalEditing, mixing: Marion EmeritExecutive production: Gaïa Marty and Marie Laurence-Chérie with the help of Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 27, 20221h 0m

Épisode 107 - #MeToo : Le Bilan

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--L’actrice et chanteuse Nadège Beausson-Diagne, la militante et autrice Rose Lamy et la journaliste Marine Turchi sont les invitées du 107e épisode de La Poudre, septième volet de la série « Moi aussi, et après ? » enregistré en public le 28 novembre 2021 au festival Les Créatives.« Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :Après la multiplication des hashtag dénonçant les violences patriarcales dans tous les milieux et sous toutes leurs formes, ou encore la publication en Une d’affaires liées à ces violences, est-ce que #MeToo en tant que réel changement politique serait enfin en train d’advenir (05:03) ? Au micro de Lauren Bastide, trois observatrices aux avant-postes des lieux où se joue cette révolution tentent de répondre à cette question. Marine Turchi, journaliste ayant étudié de près les rouages judiciaires constate que si ces sujets commencent à sortir de la rubrique faits divers pour être enfin traités comme relevant d’intérêts et de santé publics (09:10), la défiance vis-à-vis de la justice et l’échec de celle-ci dans un bon nombre de ces affaires restent encore la norme (14:09). Rose Lamy, créatrice du compte Instagram Préparez-vous pour la bagarre et autrice du livre du même nom observe et déconstruit depuis longtemps les mécanismes sexistes déployés dans les médias (20:00) et relève que si le langage employé pour traiter de ces violences évolue (40:00), il reste encore de nombreux progrès à faire pour rendre justice aux victimes. Leur protection dans les sphères publiques où on leur demande de s’exprimer est, selon elle, encore bien trop souvent négligée (1:09:21). Enfin Nadège Beausson-Diagne, actrice ayant entre autres porté le #MeToo dans le cinéma africain, reste sceptique quant à la pérennité de ces avancées (07:40) et rappelle le très lourd coût de ces prises de parole (25:16) en particulier dans les milieux de la culture où la création sert encore trop souvent d’alibi (36:40). Toutes trois observent la nécessité pour les victimes de devenir expertes de leur propre vécu pour pouvoir se frayer un chemin dans les injonctions qui leur sont faites et le prix qu’on leur fait payer pour cette même expertise (43:37). Mais elles notent aussi la puissance du groupe, du soutien prodigué par celles et ceux ayant un vécu similaire comme de leurs allié·e·s, et poussent à continuer le combat, ensemble (1:01:10).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Merci au festival Les Créatives et à toute leur équipe d’avoir rendu cet enregistrement possible.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jan 13, 20221h 17m

Épisode 106 - Chanel Miller - (doublé en français)

This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click on the previous episode.Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--La lumineuse autrice et artiste Chanel Miller est l’invitée du 106e épisode de La Poudre, sixième volet de la série « Moi aussi, et après ? ».« Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :L’identité de Chanel Miller a été révélée au monde lors de la publication de son premier livre, J’ai un nom (07:09). Elle s’y exprimait pour la première fois en son nom pour raconter son histoire, celle d’une jeune femme victime de viol et du procès de son agresseur, Brock Turner. Restée anonyme pendant toute la procédure, elle s’est peu à peu réapproprié son histoire ainsi que son statut de victime. Un statut qu’elle a d’abord fui avant que son agresseur ne tente de se l’accaparer pour attirer la sympathie. Elle a ainsi réalisé l’importance de le revendiquer même s’il ne la définit pas (14:08). Ce procès, sans doute l’un des plus importants de l’histoire judiciaire des États-Unis concernant les violences faites aux femmes, a eu lieu peu de temps avant le début du mouvement #MeToo, apportant sans doute sa pierre à l’édifice de son avènement. Chanel Miller a observé avec stupeur et gratitude ces dénonciations des violences, connaissant intimement les risques encourus par celles qui prennent la parole (16:37). Elle regrette que les institutions et la société toute entière ne soient pas des lieux cherchant activement à protéger les victimes (19:41) pour qu’elles puissent livrer leur témoignage en toute confiance, sans avoir besoin de s’armer pour le faire (25:41). Elle a elle-même fait l’expérience de la brutalité non seulement du fonctionnement de la justice mais aussi des médias (26:17) et des réseaux sociaux (30:04). Elle a dû apprendre à s’en détacher et à dompter l’expression de sa propre colère pour parvenir à exprimer son point de vue (33:16). Elle l’a fait magistralement à la fin du procès dans sa déclaration de victime, dont la publication intégrale a été un tournant majeur (37:17), puis avec tout autant de brio dans son ouvrage. Elle espère aujourd’hui pouvoir continuer à écrire et à répandre l’amour qu’elle a reçu pour que d’autres personnes victimes de violences se sentent elles aussi soutenues et accompagnées (51:54).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Chanel Miller est incarnée par Thérèse, merci à elle.La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalTraduction : Zisla TortelloPrise de son, montage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 30, 20211h 0m

Episode 106 - Chanel Miller - 🇬🇧

Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez sur l'épisode suivant pour l’écouter.Part of the discussion in this episode revolves around sexual violence. It may be triggering for survivors.--The radiant author and artist Chanel Miller is the guest of the 106th episode of La Poudre, the 6th episode of its mini-series “Me Too and Now?”.“Me Too and Now?” is an eight-episode series to give the floor to sexual violence whistleblowers who have made and are still making the #MeToo revolution. Whether they have taken the mic, the keyboard or the pen, whether their testimonies have had judicial repercussions or not, they have put words on what is often silenced, they have said “me too”. But what comes next? What does one feel after speaking up? Do they feel stronger? More vulnerable? Do they feel heard, understood by society, by the justice system, by the media? By their closed ones? Is speaking up healing, or do they just get by?Episode Summary:Chanel Miller’s identity was revealed to the world when her first book came out: Know my name (07:09). In it, she was speaking up in her own name for the first time, to tell her story: the one of a young woman who was the victim of a rape, and of her agressor’s trial. She had stayed anonymous during the procedures, and has since reclaimed her own story as well as being called a victim. Even though she will not be reduced to it, she appreciated the power and importance of this label when her aggressor tried to define himself as such during the trial (14:08). This trial – probably one the most important in the United States judicial history on violence against women –, has taken place soon before the beginning of the #MeToo movement and has presumably helped build its momentum. Chanel Miller observed these flowing testimonies with awe and gratitude, intimately knowing the risks of speaking up publicly against sexual violence (16:37). She regrets that both institutions and society at large are not trying to actively protect survivors (19:41) to make sure they can safely deliver their story without having to prepare and arm themselves before doing so (25:41). She experienced first-hand the brutality of not only the justice system, but also of the media (30:17) and social networks (34:04). She had to learn to keep it at arm’s length and harness her own anger to be able to express her point of view (37:16). She did it admirably at the end of the trial with her victim impact statement which was then published in its entirety (41:17), and then just as brilliantly in her book. She now hopes to be able to keep on writing and spread the love and encouragement she received to other survivors, so they may feel supported along their way (55:54).Producer: Lauren BastideExclusively broadcasted on SpotifyOpening title: Lauren Bastide and Marion Emerit on an original concept by Aurore Meyer-MahieuOriginal music for the introduction: Jeanne CherhalEditing, mixing: Marion EmeritExecutive production: Gaïa Marty with the help of Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 30, 20211h 0m

Épisode 105 - Christine Angot

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.Pas d’inquiétude, vos écouteurs sont bien réglés ! Cet épisode a été enregistré dans les bureaux de Flammarion et sa qualité sonore n’est donc pas tout à fait celle à laquelle nous vous avons habitué·e·s. --Christine Angot, écrivain dont la plume cherche inlassablement à décrire le vrai, est l’invitée du 105e épisode de La Poudre, cinquième volet de la série « Moi aussi, et après ? ».« Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :L’écriture de Christine Angot est de celles qui ont durablement marqué le monde littéraire français et son plus récent roman, Le Voyage dans l’Est, a reçu le prix Médicis en octobre dernier. Si le thème de l’inceste y apparaît, comme dans plusieurs de ses écrits, il n’est pas constitutif de son œuvre (4:48) et elle vit la nécessité d’écrire sa propre vérité sur ce sujet comme une contrainte (07:06). Elle observe le discours public changer depuis la parution il y a un peu plus de vingt ans de L’Inceste, le premier de ses romans qui l’évoquait, mais réserve encore son jugement sur le changement sociétal qu’il pourrait signifier (10:42). En tant que créatrice, écrire « ce qui est » est pour elle le plus grand enjeu de la littérature (20:08), ce qui ne signifie pas pour autant en oublier la frontière entre réalité et fiction : chacun de ses personnages est une construction complexe avec laquelle elle souhaiterait ne plus être amalgamée (33:15). Ce qui l’intéresse, c’est justement la perspective individuelle, le vécu unique qui fait de chaque personne un sujet, ce qui la pousse à prendre ses distances avec les débats publics qui ont tendance à créer des cases et parler d’expériences personnelles en termes de statistiques (36:45). C’est ainsi qu’elle considère également les personnes victimes d’inceste et d’autres violences sexuelles : des sujets, les mieux à même d’expliquer leur ressenti et de gérer les conséquences de ce qu’elles ont subi. C’est en cela qu’elle s’est opposée aux propositions d’institutionnalisation de la prise en charge de la parole des victimes qui, selon elle, les en déposséderaient (01:02:40). Elle-même a trouvé ses propres stratégies pour « se débrouiller » avec son expérience (01:10:11) et poursuit son œuvre avec une passion profonde pour la splendide gratuité de la création littéraire. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalPrise de son, montage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 16, 20211h 16m

Épisode 104 - Flavie Flament

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--La poignante autrice et animatrice Flavie Flament est l’invitée du 104e épisode de La Poudre, quatrième volet de la série « Moi aussi, et après ? ».« Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :Flavie Flament est autrice, animatrice de télé et radio, et elle est celle grâce à qui ont pu être dénoncés les viols et agressions sexuelles commis par le photographe David Hamilton sur plusieurs adolescentes dont elle faisait partie. Cinq ans après, elle trouve aujourd’hui une forme de réconfort dans les réformes de la loi (04:49) auxquelles elle a contribué en participant activement à une mission ministérielle pour l’allongement des délais de prescription (50:51). Elle ne s’était cependant pas préparée à ce combat politique qu’il lui a fallu mener très rapidement après la sortie de La Consolation. Ni au suicide du photographe, le 25 novembre 2016, à peine plus d’un mois après la sortie de son livre, un événement qui l’a dévastée, elle qui avait méticuleusement conçu sa prise de parole, pour faire sortir son agresseur de sa réserve (07:09). Dans ce récit très personnel, elle raconte également l’écriture comme bouée de sauvetage et expose avec sincérité les enjeux de santé mentale rencontrés par les personnes victimes de violences sexuelles (10:54). Éduquée avec l’obligation de se conformer aux stéréotypes de la féminité par une mère défaillante (15:00), elle a utilisé pour diffuser son histoire les ressorts d’une presse people qu’elle connaissait bien (26:58). Elle témoigne du courage qu’elle a trouvé dans ses liens avec les autres victimes de son agresseur (44:00) et rappelle combien l’excuse de l’art pèse peu face aux souffrances générées par la violence masculine (35:26). Si elle met en garde sur quand, comment, et à qui parler (58:00) tout comme sur les sommations à « aller mieux » une fois la parole prise, elle affirme pour elle la possibilité, si non de vivre avec, au moins de vivre malgré, avec splendeur, force et sensibilité.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalPrise de son, montage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Dec 2, 20211h 5m

Épisode 103 - Sandrine Rousseau

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--Sandrine Rousseau, femme politique, est l’invitée du 103e épisode de La Poudre, troisième volet de la série « Moi aussi, et après ? ».« Moi aussi, et après ? » est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :Sandrine Rousseau est une femme politique mobilisée pour l’écologie et les droits des femmes depuis de nombreuses années, comme l’a montré sa récente campagne pour la primaire d’Europe Écologie Les Verts en vue de la prochaine élection présidentielle. Elle est aussi l’une de celles qui ont pris la parole, en 2016, pour dénoncer les agressions sexuelles et harcèlement qu’elles ont subis de la part de Denis Baupin, alors vice-président de l’Assemblée nationale. Avec Lauren Bastide, Sandrine Rousseau s’interroge sur la portée de ce « moi aussi », à la fois déclencheur de violences médiatiques et politiques (5:13), mais également lien de confiance tissé avec de nombreuses femmes (7:10). Née un 8 mars et élevée avec une conscience aiguë des différences de traitement entre filles et garçons (13:40), elle témoigne de l’importance de la colère comme moteur pour son action politique (9:11). Elle revendique une place laissée à l’émotion, une nécessité selon elle pour que la politique soit réellement en lien avec les personnes qu’elle va impacter (11:29). Son expérience personnelle l’a conduite à une profonde réflexion sur la transmission au sein des familles du trauma des violences sexuelles (14:53) et elle constate aujourd’hui la brutalité du retour de bâton face à l’enchaînement des prises de paroles pour y mettre fin (24:30). Un backlash auquel elle a été personnellement confrontée, tant à l’époque de son témoignage contre Denis Baupin (35:00) que lors de sa récente campagne. Mais elle sent aussi les lignes bouger (42:10) et si elle ne voit pas son récit public comme une réparation (48:50), elle nous enjoint tous et toutes à se joindre au combat avec tout l’espoir et la force qui sont les siens. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentEnregistré au studio NovaSpotHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 18, 20211h 5m

Épisode 102 - Paoline Ekambi

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles intrafamiliales. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--La légendaire championne de basket Paoline Ekambi est l’invitée du 102e épisode de La Poudre, deuxième volet de la série « Moi aussi, et après ? ».« Moi aussi, et après ? » c’est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :Paoline Ekambi est une championne de basket au palmarès de légende, une cheffe d’entreprise ayant manœuvré sa reconversion de main de maîtresse, elle est aussi l’une de celles qui ont pris la parole, pour que les violences qu’elles ont subi puissent un jour, peut-être, être épargnées à d’autres. C’est ainsi qu’elle a parlé de l’inceste imposé par son père à l’adolescence (6:02) au micro d’Axelle Jah Njiké dans son podcast Me Myself and I, ainsi que dans L’Équipe en février 2021 (7:56). Elle constate non pas un besoin de libération de la parole, mais bien de l’écoute (6:59), alors que la résistance à l’appréhension des récits d’inceste est un phénomène qui commence tout juste à être reconnu. De son côté, c’est le sport – sas de liberté pour la jeune adolescente qu’elle était (16:29) – qui l’a aidée à se reconstruire. Une bouée de sauvetage et un environnement dans lequel elle avait trouvé les rares appuis qui lui ont permis de survivre (25:54). Excellant dans ses performances sportives comme dans la prévision de sa reconversion, son indépendance était plus qu’une nécessité pour échapper à l’emprise familiale (32:36). Elle réfute ainsi la tendance à réduire les sportif·ve·s à leurs seules performances, rappelant combien ils et elles sont nombreu·ses·x à être confronté·e·s à des enjeux de santé mentale et des traumas (34:29). Elle-même est à présent mieux en mesure de parler de son expérience, après s’être livrée à plusieurs reprises (37:45). Si elle constate que certaines choses semblent évoluer depuis le #MeToo inceste (51:41), elle voudrait aujourd’hui que le rôle des complices soit largement plus pris en compte (53:35) et que les délais de prescription soient abrogés (58:30). Elle travaille sur un projet de livre qui pérenniserait son témoignage et dans lequel elle s’adresse à la petite fille qu’elle a été, comme à de nombreuses autres.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentEnregistré au studio NovaSpotHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Nov 4, 20211h 4m

Épisode 101 - Vanessa Springora

Dans cet épisode sont évoquées des violences sexuelles. Assurez-vous de l’écouter dans de bonnes conditions.--L’écrivaine et éditrice Vanessa Springora est l’invitée du 101e épisode de La Poudre. Elle ouvre la série « Moi aussi, et après ? » avec toute la justesse et la nuance de ses mots.« Moi aussi, et après ? » c’est une série de huit épisodes pour tendre le micro aux lanceuses d’alerte sur les violences sexuelles dont les prises de parole ont fait et font encore la révolution #MeToo. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Mais après ? Que ressent-on une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias ? Par l’entourage ? Est-ce que parler répare, ou est-ce qu’on se débrouille ?Résumé de l’épisode :Vanessa Springora est éditrice depuis des années. Elle est aussi l’autrice du bouleversant ouvrage Le Consentement, un livre dans lequel elle raconte sa rencontre à 14 ans avec Gabriel Matzneff, écrivain de quarante ans son aîné et prédateur étalant ses agissements pédocriminels dans ses romans. Elle y témoigne de la glaçante emprise de cet homme sur l’adolescente qu’elle était et a été surprise par le succès de son livre après tant d’années d’omerta autour de ses agissements pourtant publiés par ailleurs (05:00). Si elle a d’abord tenté de se réapproprier son histoire par la fiction, c’est finalement le récit autobiographique, presque clinique, qu’elle a adopté pour rendre toute la vérité de son expérience (07:49) et laisser la place à ses lecteur·ice·s de se forger leur opinion (10:21). Selon elle, ce récit décrit comme une « libération de la parole » par certain·e·s n’est pas une thérapie (12:40) bien qu’il ait faciliter le dialogue avec ses proches (15:00) : ce qui lui est arrivé, il lui faut vivre avec jusqu’à la fin de sa vie, et les mots couchés sur le papier n’y changeront rien. Pour Vanessa Springora, il s’agissait surtout d’ouvrir un débat, de questionner une période (28:27) et un statut (33:18), celui tout puissant de l’artiste. Déçue de l’accueil de certains médias qui en ont fait un scandale de mœurs (51:20) plutôt qu’une œuvre littéraire portant une profonde interrogation sociétale, elle attendait beaucoup du procès qui n’aura finalement pas lieu à cause d’une anomalie administrative (59:13). Être entendue par la police reste tout de même un moment à la fois incroyablement difficile et incomparable à toute autre écoute de son récit (48:07). Après avoir puisé le courage de se lancer grâce aux récits d’autres personnes victimes (1:03:12), elle souhaite à présent pouvoir continuer à explorer les chemins que la littérature lui ouvre.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Lauren Bastide, diffusée en exclusivité sur SpotifyGénérique : Lauren Bastide et Marion Emerit sur un concept original d’Aurore Meyer-MahieuMusique originale de l’introduction : Jeanne CherhalMontage et mixage : Marion EmeritProgrammation et coordination : Gaïa Marty assistée de Marie VincentEnregistré au studio NovaSpotHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Oct 20, 20211h 10m

La Poudre présente « Moi aussi, et après ? »

Quatre ans après la vague « Metoo » La Poudre fait le bilan avec celles qui ont fait cette révolution. Lanceuses d’alertes sur les violences sexuelles, certaines se sont inscrites dans ce grand mouvement, d’autres avaient dit « je » il y a bien plus longtemps. Qu’elles aient parlé ou écrit, que leur témoignage ait eu des répercussions juridiques, ou non, elles ont posé des mots sur ce qui est souvent tu, elles ont dit « moi aussi ». Et avec toutes, comme toujours dans La Poudre, on prendra le temps d’échanger longuement et en nuances sur ce geste, le parcours qui y a mené, et les espoirs qui en découlent. Ou pas.Et après ? Que ressent-on, une fois qu’on a parlé ? Est-ce qu’on se sent plus forte ? Plus vulnérable ? Et surtout est-ce qu’on se sent écoutée, comprise par la société, par la justice, par les médias, par l’entourage ? Est-ce que parler répare ou est-ce qu’on se débrouille ?“Moi aussi, et après”, une série exceptionnelle de huit épisodes (ou peut-être plus, on verra!) de La Poudre, à écouter en exclusivité sur Spotify.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Oct 11, 20211 min

(Rediff) Épisode 17 - Léonora Miano

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Aujourd'hui, c’est le mythique entretien avec Léonora Miano qu’on vous renvoie, comme une carte postale. Cet épisode avait clôturé la saison 1 et a durablement marqué La Poudre et même son générique (vous reconnaissez le petit « boum » ? 😉) Dans ce 17e et dernier épisode de La Poudre saison 1, Léonora Miano se livre, au micro de Lauren Bastide, dans une chambre d'hôtel parisienne. Léonora Miano est une autrice française née à Douala, au Cameroun, en 1973. Son dernier roman, « Crépuscule du tourment » (Grasset), est un chef-d’oeuvre en deux tomes qui questionne, à travers les voix de quatre femmes et d’un homme, les questions de la féminité et la masculinité. Léonora Miano quitte le Cameroun pour la France en 1991. Elle y étudie les lettres anglo-américaines à Valenciennes puis à Nanterre. Elle publie son premier roman, « L’intérieur de la nuit », en 2005, récompensé de six prix littéraires. En 2006 son deuxième roman, « Contour d’un jour qui vient », reçoit le prix Goncourt des lycéens. En 2011, l’ensemble de son œuvre est saluée par le Grand prix littéraire d'Afrique noire. En novembre 2013, son roman, « La saison de l’ombre » remporte le prix Femina. Autrice incroyablement prolifique, Léonora Miano a publié 14 romans depuis sa première parution en 2005. Au mois de septembre prochain paraîtra « Marianne et le garçon noir », un recueil de paroles articulées autour des violences policières en France. Au micro de Lauren Bastide, Léonora Miano raconte la recherche de son « genre féminin » dans l’écriture de « Crépuscule du tourment » (04:04), son enfance à Douala (14:10), son amour pour le théâtre qui dépeint des archétypes du genre humain (17:24), ce que signifie « habiter la frontière », et l’hybridité (19:45), les moments de précarité qu’elle a connu en France et le fait de devenir mère à 22 ans (30:01), l’éveil des consciences provoqué par le terme « Afropéen » qu’elle a inventé (37:09), sa lecture d’un passage de « Crépuscule du tourment » (43:00), sa réluctance à définir l’orientation sexuelle des individus (47:15), le problème de représentations qui se joue derrière les cas de violences policières (54:10) et le dernier tabou qui subsiste : la blanchité (01:14:28). La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Assistante de production : Zisla Tortello. Mixage : Zaki Allal. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 26, 20211h 29m

(Rediff) Épisode 62 - Maggie Nelson - (doublé en français)

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Aujourd'hui on (ré)écoute le passionnant épisode avec Maggie Nelson qui nous aide à penser le queer et le rapport des femmes à la violence avec une poésie inégalable. This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. L’immense autrice et penseuse Maggie Nelson est l’invitée du 62e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Judith Butler, de violence et d’amour. L’édito de Lauren : C’est drôle, ces derniers jours les bleuets sont apparus parmi les coquelicots et les pissenlits dans la petite prairie qui borde la rivière. Les cueillir et les faire sécher entre les pages 58 et 59. Au fond de l’eau un reflet lapis lazuli attire mon regard. Je plonge ma main dans l’eau. Ramasse l’objet. C’est un morceau de mosaïque, ou peut-être un carreau de piscine. Bleu comme la rivière. Bleu comme les bleuets. Bleu comme un coup sur ma cuisse, comme mon âme les soirs d’été, comme l’encre de mon stylo sur mon carnet. Résumé de l’épisode : Maggie Nelson est née en 1973 à San Francisco où elle a grandit (08:50). Ses parents, amours de jeunesse mariés jeunes, divorcent un an avant que son père ne meurt d’une crise cardiaque. Un drame qui marque son adolescence (17:16) autant que les récits familiaux, dont celui de sa tante Jane, la sœur de sa mère, morte assassinée (25:08). Elle déménage à New York pour faire ses études et y rencontre des figures telles les autrices Eileen Miles et Annie Dillard qui se révèleront très importantes pour l’autrice qu’elle est en train de devenir. Elle publie de la poésie dès 2001 et sort son premier premier essai en 2005, Jane, a Murder où elle se confronte à l’histoire de sa tante qu’elle retrace et explore. À la publication de ce livre, par un concours de circonstance le dossier de l’assassinat de Jane est rouvert. Ce procès sera le thème de son premier roman, Une partie rouge (2009) où son style d’écriture, entre notes très structurées et référencées, autofiction et poésie se déploie déjà brio (14:20). Elle complètera cette trilogie sur le rapport des femmes à la violence par The Art of Cruelty, un essai paru en 2009, en même parallèle de Bluets, un recueil de pensées autour du bleu dans lequel elle dissèque les ressorts de la dépression (37:10). En 2015, elle publie Les Argonautes, un nouveau roman hybride autour de sa grossesse et de la transformation physique de son compagnon Harry (54:36). Ce livre, traduit dans une dizaine de langues met son nom sur le devant de la scène littéraire mondiale. Sa pensée, profondément queer, complexe et limpide à la fois, lui vaut une reconnaissance dans de nombreux pays et un lectorat déjà en attente de son prochain écrit. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Maggie Nelson est incarnée par Marie Labory, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Céline Leroy Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Charles de Cillia Montage et mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 12, 20211h 6m

(Rediff) Episode 62 - Maggie Nelson - 🇬🇧

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Aujourd'hui on (ré)écoute le passionnant épisode avec Maggie Nelson qui nous aide à penser le queer et le rapport des femmes à la violence avec une poésie inégalable. Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The incredible author and thinker Maggie Nelson is the guest of the 52nd episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about about Judith Butler, violence and love. Lauren’s foreword It’s funny, these past few days, bluets have appeared among poppies and dandelions in the small meadow near the river. I gathered them and put them to dry between the pages 58 and 59. In the river, a lapis lazuli sparkle catches my eye in the water. My hand dives in the water. I take the object. It’s a piece of mosaic, maybe a swimming pool tile. As blue as the river. As blue bluets. As blue as a bruise on my thigh, as my soul on summer evenings, as my pen’s ink on my notebook. Episode summary Maggie Nelson was born in 1973 in San Francisco where she grew up (08:50). Her parents, high-school sweethearts who were married very young, divorced a year before her father’s death from a heart attack. This tragic event, as well as her family’s story – especially her mother’s sister murder – left their mark on her adolescence (17:16). She moved to New York to go to university and met there important litterary figures such as Eileen Miles or Annie Dillard who both influenced and inspired the young writer she was becoming. She started publishing poetry in 2001 and Jane, a Murder, her first essay in which she explored and confronted her aunt’s death, went out in 2005. Coincidentally, the trial on Jane’s death was reopened at the same time. She published her first novel on the subject, The Red Parts, in which her writing style, between very structured notes and references, autofiction and poetry bloomed (14:20). She completed a trilogy on women and violence in 2009 with another essay, The Art of Cruelty, published the same year as Bluets, a collection of thoughts on the colour blue in which she explores depression’s intricacies (37:10). In 2015 she published The Argonauts, a new hybrid novel revolving around her pregnancy and the parallel transformation of her companion, Harry (54:36). This book, published in a dozen foreign languages, puts her at the forefront of world literature. Her sharp, complex and subtle writing and queer thought gives her recognition in many countries and a wide audience already waiting on her next book. Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty Editing and mixing : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Aug 12, 20211h 5m

(Rediff) Épisode 68 - Vandana Shiva - (doublé en français)

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Et pour commencer, dans ces temps où la catastrophe écologique est de plus en plus palpable, voici l’interview de la grande militante Vandana Shiva à (re)glisser dans vos oreilles. Diffusée le 19 mars 2020, cette discussion résonne toujours avec autant de force. This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. La militante écoféministe Vandana Shiva est l’invitée du 68e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de garder espoir, d’enlever les arbres et désobéir. L’édito de Lauren : Le 21 janvier 2017 j’étais à Washington, pour la Women’s March. Cela a donné l’épisode « La Marche » que j’ai posté le 8 mars 2017. C’est la que j’ai enregistré « We are not afraid of Donald Trump » du générique. J’arrive pas à croire que cela fait déjà trois ans. C’était je pense l’étincelle, la case départ de la révolution féministe que nous sommes en train de vivre. Ce jour là il y a avait un demi-million de femmes dans les rues, de Washington. Et ce jour là j’ai rencontré une femme : Ashley McCray. Cette rencontre a été déterminante pour moi. C’est grâce à elle une j’ai compris que le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme étaient les trois facettes d’un même système. Résumé de l’épisode : Vandana Shiva mène depuis près de cinquante ans des combats écologistes et féministes dans le monde. Malgré cette lutte de longue haleine, elle est aussi l’une de celle qui porte le plus la notion d’espoir dans ses discours et ses écrits (02:45). Un espoir qu’elle ne cesse d’affirmer comme essentiel pour éviter le défaitisme : il faut combattre le fatalisme et se servir du temps qu’il reste pour agir, non pour fuir et abandonner la planète (03:29). Née le 5 novembre 1952 à Dehradun (Inde), elle fait des études de physique et de philosophie des sciences, en Inde puis au Canada. Après avoir œuvré contre la construction de gigantesques barrages, ou encore avec le mouvement Chipko (31:16) pour la préservation des forêts dans son pays d’origine, elle agit depuis de nombreuses années pour conserver l’autonomie des paysans sur l’utilisation des semences en se positionnant contre le brevetage des graines (14:17). Elle rappelle ainsi l’importance de garder du recul par rapport aux « avancées technologiques » (11:11) qui doivent rester des outils et donc pouvoir être remis en question. Lorsque cette remise en question n’est plus possible, ou détournée sous couvert de discours paternalistes, elle révèle le néocolonialisme véhiculé par les multinationales de l’agroalimentaire, qu’elle dénonce sans relâche. Si Vandana Shiva porte un combat écologiste, elle s’inscrit aussi dans les luttes féministes, démontrant les liens profonds entre ces problématiques. Elle a d’ailleurs reçu le prix Nobel alternatif en 1993 pour ces engagements conjoints. Elle revendique la valeur des savoirs réputés « féminins » de soin et de sens de la communauté pour servir de guide dans la transition qu’il faut aujourd’hui entreprendre (22:26). Pour cela, l’activiste rappelle aussi le pouvoir de la désobéissance civile, un outil militant utilisé notamment par Extinction Rebellion ces derniers temps (33:24). De son côté, elle ne baisse pas les bras et continue à inspirer les militant·e·s écoféministes à travers le monde. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Vandana Shiva est incarnée par Patricia Loison, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Agnès El Kaïm Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Charles de Cillia Montage et mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 29, 202141 min

(Rediff) Episode 68 - Vandana Shiva - 🇬🇧

Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Et pour commencer, dans ces temps où la catastrophe écologique est de plus en plus palpable, voici l’interview de la grande militante Vandana Shiva à (re)glisser dans vos oreilles. Diffusée le 19 mars 2020, cette discussion résonne toujours avec autant de force. Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The ecofeminist activist Vandana Shiva is the guest of the 68th episode of La Poudre.With Lauren Bastide, they talked about staying hopeful, hugging trees and disobey. Lauren’s foreword: On the 21st of January 2017, I was in Washington D.C. at the Women’s March. This gave birth to the episode « La Marche », published on the 8th of March 2017. That’s where I recorded the « We are not afraid of Donald Trump » that you can hear in the opening credits. I can’t believe it’s been three years already. It was the spark, the starting point of the feminist revolution we are living today. On that day, half a million women were on the streets in Washington. And on that day, I met one woman : Ashley McCray. This encounter was crucial for me. Thanks to her, I understood that patriarchy, colonialism and capitalism are three sides of the same system. Episode summary: Vandana Shiva has been leading both environmentalist and feminist fights for more than fifty years accross the globe. Despite this long-term endeavor, she is also one of the few carrying the idea of necessary hope in her speeches and writings (02:45). She sees hope as essential to avoid defeatism: we need to fight fatalism and use all the remaining time to act instead of running away and abandoning the planet (03:29). Born on the 5th of November 1952 in Dehradun (India), she studied physics and science philosophy, in both India and Canada. After fighting against gigantic dams construction, or taking part in the Chipko movement for forest preservation in India, she has been working towards peasants’ autonomy in their use of seeds by taking a stance against seed patenting (13:17). She warns us about keeping in perspective the various “technological advances” (11:11) which have to remain mere tools which can be challenged and reassessed. When they cannot be called into question, or their reevaluation is made impossible by paternalist discourses, it reveals the neocolonialist methods of the food-processing industry she condemns relentlessly. If Vandana Shiva has been fighting for the environment, she has also taken part in feminist battles, establihsing the profound link between the two. She has indeed received the Alternative Nobel Prize in 1993 for her activism in these intertwined issues. She reminds and honors the value of “womanly” knowledge regarding care and sense of community to help guide us in the much needed transition (22:26). To reach this goal, she also reminds us of the power of civil disobedience, an activist tool used nowadays by Extinction Rebellion among others (33:24). As for Vandana Shiva, she does not give up and keeps on inspiring ecofeminist activists around the world. Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty Editing and mixing : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 29, 202140 min

Épisode 100 - Penser les futurs féministes

Les philosophes et chercheuses Manon Garcia, Sandra Laugier et Éléonore Lépinard sont les invitées du 100e épisode de La Poudre, enregistré aux Rencontres Philosophiques de Monaco le 18 juin 2021. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé des résistances contre la pensée féministe, beaucoup plus parlé de taches ménagères que prévu, de sexe et de notre ras-le-bol de ne pas être écoutées, bref, elles ont beaucoup parlé des hommes. L’édito de Lauren : Bon en vrai je mens, c’est pas l’épisode 100. Enfin si, c’est l’épisode 100 parce qu’il arrive juste après l’épisode 99. Mais c’est en fait le 139e épisode mis en ligne, parce que pendant les quatre premières saisons, on ne numérotait pas les tables rondes, on les appelait “épisode bonus”. Enfin bref, c’est notre cuisine interne ça vous regarde pas vraiment, mais c’est intéressant parce que le fait que j’appelle cet épisode “l’épisode 100”, ça raconte aussi un peu ce qu’est la pensée féministe. Si si, ça raconte le fait que chaque savoir, chaque décompte, chaque nomination, chaque concept est fondamentalement situé. Chaque nom, chaque chiffre, chaque pensée est complexe, et imbibée de l’identité de celle ou de celui qui en est l’auteur ou l’autrice. Pour résumer, d’un point de vue universaliste cet épisode n’est pas l’épisode 100, mais de mon point de vue à moi – le seul qui compte du coup puisque ce podcast est mon espace et un peu ma narration –, ben si, en fait, c’est l’épisode 100. Je m’envole un peu là, je suis désolée. J’arrête pas de m’envoler comme ça depuis que je me penche sur la philosophie. C’est fabuleux, la philosophie. C’est presque aussi chouette que la sociologie. C’est pour cela que lorsque Charlotte Casiraghi m’a proposé d’animer une table ronde féministe aux Rencontres Philosophiques de Monaco, bah j’ai sauté de joie. J’ai réuni autour de la table trois penseuses féministes, avec l’idée qu’on allait toutes ensemble réussir à penser des futurs féministes, les futurs féministes, et à décrire ce à quoi pourrait ressembler une société véritablement égalitaire, véritablement juste, véritablement libre. C’est le dernier épisode de la saison 5 de La Poudre. Une saison qui a été riche en savoirs, en complexité et en espoir, et que je vous remercie du fond du cœur d’avoir suivi. Pour continuer de suivre les aventures de La Poudre à la rentrée, je vous invite fort à suivre La Poudre sur les réseaux sociaux, notamment Instagram où on vous tiendra au courant de la suite des événements qui va peut-être vous surprendre. En attendant, place à la philosophie ! Cet épisode est délicieusement long, régalez-vous bien. Résumé de l’épisode : Alors que depuis plus d’un an, l’incertitude règne en maîtresse et que le climat politique se raidit, comment penser le futur ? Comment opter entre utopie et dystopie ? Lauren Bastide a tendu son micro à trois immenses penseuses pour tenter d’apporter quelques réponses : les philosophes Manon Garcia et Sandra Laugier ainsi que la sociologue Éléonore Lépinard. Ensemble, elles se penchent sur ce que le féminisme peut pour la philosophie et inversement (09:25), mais aussi en quoi il est positif de voir la place qu’il prend dans les disciplines telles que la philosophie dans ces temps où toute une partie des sciences sociales est menacée (19:37). Elles explorent en quoi la pensée du care ou encore l’écoféminisme pourraient apporter des éléments concrets pour penser des politiques publiques plus égalitaires et durables (32:33) mais constatent aussi la présence de nombreux obstacles et résistances contre ces futurs possibles (46:18). Dans le moment historique que nous sommes en train de vivre (50:00), la grande question reste de savoir comment toucher les personnes en position de privilège pour qu’elles se joignent au mouvement (51:29). Si elles oscillent entre optimisme et pessimisme (1:14:05), elles nous offrent ici de nombreuses pistes pour poursuivre le travail amorcé et défricher de nouveaux champs (1:06:45). Bonne écoute, et continuezHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 15, 20211h 24m

Épisode 99 - Genres et Moyen Âge avec Clovis Maillet

Clovis Maillet, historien médiéviste et performeur, est l’invité du 99e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé d’Eugène/Eugénie, de Leslie Feinberg et de Jeanne d’Arc. L’édito de Lauren : Il n’y a pas deux sexes. Non, je vous promets. Que ça soit biologiquement, chromosomiquement ou hormonalement, il est impossible de diviser les humains en deux catégories, il existe tout un spectre qui a été très bien décrit dans les travaux de la chercheuse Anne Fausto-Sterling. Il existe partout, tout le temps et depuis toujours, des personnes intersexes, dont les caractéristiques physiques ou biologiques ne correspondent aux définitions classiques de la masculinité et de la féminité. Ces personnes subissent aujourd’hui, en France, des violences médicales absolument inimaginables tant on s’acharne à vouloir à tout prix les faire rentrer dans les cases de la binarité de genre. Je vous renvoie au merveilleux documentaire de mon ami Océan, En Infiltré·e·s, dans lequel il a longuement échangé avec Mö, une personne intersexe en lutte contre le système médical qui a bousillé sa santé et son identité. Je vous renvoie aussi au site du Collectif Intersexes et Allié·e·s qui fait un travail colossal d’accompagnement et de transmission sur ces questions si invisibles dans le débat public. Figurez-vous qu’au Moyen Âge, ces personnes qu’on appelait hermaphrodites sont parfaitement reconnues et nommées, et personne ne songe à les forcer à rentrer dans l’une des deux catégories de sexe. Au Moyen Âge, il y a trois sexes. C’est l’une des découvertes réjouissantes et déterminantes que j’ai faite en lisant le livre Les Genres fluides de mon invité Clovis Maillet, historien médiéviste que j’ai eu la chance de recevoir sur la scène du Carreau du Temple. Résumé de l’épisode : Clovis Maillet est historien médiéviste et l’auteur du révolutionnaire Les Genres fluides, de Jeanne d’Arc aux saintes trans, un essai qui explore les formes de transidentités au Moyen Âge. Refusé aux Beaux Arts, il a trouvé sa voix en études d’histoire (07:04), un domaine qui l’a vite passionné et en particulier l’histoire médiévale qu’il connaissait mal avant d’y plonger tête la première. Autant intéressé par l’histoire en elle-même que par la façon dont on l’écrit, il défend l’importance de l’analyse des personnes concerné·e·s qui vont décrypter différemment les sources, sensibles à des éléments invisibles pour d’autres (14:20). C’est son projet aujourd’hui, aux côtés d’autres chercheur·euse·s, d’approfondir les recherches historiques sur les transidentités, à l’instar de la démarche de Michelle Perrot – entre autres –, pour l’histoire des femmes. Les personnes trans ont en effet souvent été effacées de l’histoire ou invisibilisées, même si Clovis Maillet met en garde contre les politiques de la visibilité et leur effet sur les figures mises en lumière (21:25). Pour ses propres recherches sur les saint·e·s trans au Moyen Âge, il a particulièrement travaillé à remettre en série et nommer les parcours des ces personnes (25:39). L’enjeu était grand de trouver des termes qui ne trahiraient pas les significations de l’époque mais pourraient également prendre tout leur sens aujourd’hui (35:24). Il s’est aussi penché sur la figure paradoxale de Jeanne d’Arc (38:57), à la fois sainte catholique et héroïne anticléricale. Ce cas complexe en termes de genre ne cesse d’ailleurs de l’étonner, tant il aurait été plus facile, pour tous les bords tentant de s’approprier ce personnage de choisir des égéries plus lisses (42:00). Immergé dans les échelles de valeurs médiévales qui, bien que patriarcales, prête par exemple plus attention à l’abstinence ou non qu’à l’appartenance à un genre (1:00:65), Clovis Maillet entend bien poursuivre ses explorations et continuer de braquer le projecteur sur l’histoire des transidentités. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : AuroreHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jul 1, 20211h 6m

Épisode 98 - Écrire nos utopies avec Wendy Delorme

La brillante chercheuse, autrice et performeuse Wendy Delorme est l’invitée du 98e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Rosa, de Raphaël, de Grâce et de Louise. L’édito de Lauren : Il existe un art féministe d’écrire le passé et le futur. Dans l’épisode précédent j’évoquais avec Geneviève Brisac l’Orlando de Virginia Woolf et ce·tte voyageur·euse du temps qui préfigure presque les transidentités contemporaines. Et puis il y a Herland, d’une de mes idoles, Charlotte Perkins Gilman, qui imaginait au tout début du XXe siècle le fonctionnement d’une société entièrement exemptée d’hommes. Dans La Parabole du semeur, Octavia Butler imagine en 1993 la société américaine de 2025. Une société de violence et de chaos que seule peut sauver l’empathie. Et puis il y a bien sûr La Servante écarlate, de Margaret Atwood, que j’ai eu la chance de recevoir dans La Poudre, une étrange et inquiétante prévisualisation de l’Amérique trumpiste. Toutes ces autrices féministes ont pour point commun de puiser dans le présent les éléments qui nous démontrent où nous conduirait le pire, mais aussi où se situe l’espoir. Et c’est exactement ce que fait, dans Viendra le temps du feu, Wendy Delorme. Wendy Delorme était bien là, bien présente sur la scène du Carreau du Temple ce soir-là. Pour la première rencontre de La Poudre en présentiel depuis longtemps. Parce que les livres c’est bien, mais les corps, je crois, c’est encore mieux. Résumé de l’épisode : Wendy Delorme est docteure en sciences de l’information et de la communication, enseignante, autrice de grand talent et performeuse, autant de cordes à son arc qui nourrissent toute son œuvre. Son dernier roman, Viendra le temps du feu, mêle des événements réels à un futur potentiel, dans un élan visionnaire qui résonne avec la démarche de Margaret Atwood et sa Servante écarlate (12:35). Dans ce texte, c’est aussi Monique Wittig que l’écrivaine convoque (14:04), une autrice qui a marqué son parcours de sa langue romanesque à la puissance symbolique sans pareille (16:30). L’écriture tient un rôle important dans la vie de Wendy Delorme, et ce depuis son enfance, lorsque sa grand-mère envoyait ses poèmes de petite fille à des maisons d’édition (25:52). La force qu’elle tire de cette transmission, elle la trouve aussi chez ses aînées choisies, les militantes lesbiennes qu’elle a rencontré dès les débuts de son engagement politique, alors qu’elle découvrait l’ampleur du champ féministe (28:47). C’est en écrivant sa thèse qu’elle s’est profondément ancrée dans cette mémoire, en se plongeant dans l’histoire des mouvements LGBTQI+ (31:13). Docteure et performeuse, autrice et enseignante, elle passe du monde de l’intellect à celui du corps sans voir ni opposition ni barrière entre eux, contrairement à la tradition française qui voudrait les garder bien séparés (34:16). Elle défend ainsi le droit pour chacun·e à disposer de son corps comme iel l’entend, tissant des liens indiscutables entre divers enjeux féministes (38:07). Elle-même interroge son propre corps, et comment la façon dont sa forme de féminité et la manière dont elle est perçue viennent interagir avec son discours politique (42:58). Un discours qu’elle avait mis en veille pendant les premières années de sa parentalité, sidérée par la violence de la Manif’ pour tous (49:46), mais qu’elle porte haut à nouveau aujourd’hui, renforcée par le pouvoir de la sororité (57:00). Membre d’un collectif d’écriture, RER Q (18:09), elle mesure la valeur de l’écriture à plusieurs mains, plusieurs cœurs et si cette sororité reste indissociable de la non-mixité, il n’y a aucun doute sur le fait que pour elle, le futur s’écrit au féminin pluriel (59:30). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy anHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 17, 20211h 5m

Épisode 97 - Lire Virginia Woolf avec Geneviève Brisac

Geneviève Brisac, écrivaine poignante, savante et immense lectrice de Virginia Woolf est l’invitée du 97e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Virginia, de génie et de folie. L’édito de Lauren : Je ne sais pas si je vous ai dit combien j’aimais le Carreau du Temple, son équipe, ce lieu, les idées qui y circulent. Le cycle de rencontres « Parole aux savant·e·s » aurait dû avoir lieu sur la scène de son auditorium, mais bon ça s’est passé surtout sur Zoom. Mais même sur Zoom, on pouvait sentir la bienveillance et la passion du Carreau derrière ces rencontres. Donc vraiment je voulais encore leur dire merci. En mars, je me souviens, j’étais un peu au bout du rouleau à cause des confinements successifs et puis du reste. Pour la rencontre prévue le 8 mars, j’ai eu vraiment envie de me faire un cadeau et de vous faire un cadeau en parlant de ma personne préférée dans toute l’histoire du féminisme : Virginia Woolf. Et je l’ai fait avec une femme aussi érudite que bienveillante : Geneviève Brisac. Et c’était fabuleux. En réécoutant cet épisode, je retrouve la joie que je cherchais à convoquer ce soir-là. Mission, donc, accomplie. Les rencontres au Carreau peuvent reprendre en présentiel ce mois-ci, donc joie, joie et encore joie. Résumé de l’épisode : Geneviève Brisac est une autrice prolifique à l’écriture merveilleuse qui depuis toujours rend hommage aux nombreuses écrivaines et artistes dont le travail l’accompagne. Virginia Woolf est l’une de ces figures, peut-être la plus centrale. Geneviève Brisac admire ainsi sa capacité à dire vrai sur elle-même (09:37), à se livrer sans fard, dans tous les états de son être et jusque dans les replis de sa folie, à laquelle elle assimile la maladie (10:57). C’est d’ailleurs dans la maladie que Geneviève Brisac s’en est fait une compagne de route (13:43). Une compagne qui apporte souvent de la combativité et de l’espoir, même si, comme Sylvia Plath, elle a fini par le perdre elle-même (15:53). Dans ses journaux, l’écrivaine britannique se livre toute entière, à commencer par la relation complexe qu’elle entretient avec sa mère et l’admiration qu’elle lui voue malgré son incapacité à se conformer au modèle d’ange du foyer qu’elle lui renvoie (28:33). Elle évoque également son quotidien à Bloomsbury, entourée de sa sœur, son frère et des amis de ce dernier, petit groupe au cœur de l’effervescence intellectuelle de l’époque (31:13). Une expérience de remise en question des normes de genre et des relations qui pourrait aisément trouver son parallèle dans le bouillonnement de mai 68. Bien qu’elle soit parfois renvoyée à sa position aristocratique, pour Geneviève Brisac Virginia Woolf est une figure transgressive, qui avait choisi un quotidien bien loin des carcans de sa classe et de son genre, ou qui cherchait par exemple à construire une relation de couple égalitaire (36:30). Les réflexions qu’elle menait avec son entourage font ainsi écho bien après son temps, comme lors de la redécouverte d’« Une Chambre à soi » dans les années 1970 (43:01). Sa lectrice fidèle constate à quel point la guerre a balayé toutes ces avancées, les effaçant de l’histoire (39:02). Le suicide de l'écrivaine est d’ailleurs éminemment politique selon Geneviève Brisac (1:03:25), lié à son découragement face à la violence. Ses textes, qui sont parfois ardus mais valent toujours le travail entrepris pour les appréhender (59:00) résonnent fort avec les réflexions actuelles des mouvements féministes (1:06:00). Et si vous hésitez encore à aller à sa rencontre, les mots émouvants de Geneviève Brisac sur l’œuvre magistrale de Virginia Woolf et sur tous les mystères qu’elle recèle encore (1:12:18) ne peuvent que finir de vous convaincre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at httHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Jun 3, 20211h 15m

Épisode 96 - La révolte des mères avec Fatima Ouassak

Fatima Ouassak, passionnante autrice et politologue est l’invitée du 96e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’esprit critique, des folles de Mai et de désenfantisation. L’édito de Lauren : Je vous parle régulièrement de la joie que je peux éprouver quand je découvre une pensée qui retourne ma façon de voir le monde. La pensée de Fatima Ouassak fait partie de celles-ci. La lecture de son livre « La Puissance des mères » a déclenché en moi des émotions très fortes lorsque je l’ai ouvert pour la première fois l’été dernier. Elle reprend des constats que je connaissais : les violences qui s’exercent contre les jeunes dans les quartiers populaires, le mépris institutionnel contre les actions politiques issues de ces quartiers, la violence contre les femmes musulmanes dans l’espace public et dans les écoles, la confiscation de la pensée écologiste par une classe blanche et aisée. Mais son tour de force c’est de relier tout ça en un seul projet politique : la mobilisation des mères. Elle porte une véritable stratégie révolutionnaire. Une stratégie dont elle préconise l’application dès aujourd’hui à l’échelon local. Et vous savez ce que ça fait ? Ça donne de l’espoir, et c’est bon. En mai, le Front de mères organise le Front de mai, un mois de rencontres et d’ateliers pour imposer dans l’espace politique les enjeux de protection des enfants contre les violences et les injustices. Fatima Ouassak prépare d’autres projets, à l’entrecroisement des luttes antiracistes, féministes et écologistes. Un conseil : suivez-là ! Résumé de l’épisode : Fatima Ouassak est politologue et autrice. Elle est aussi militante, depuis de nombreuses années, dans les luttes antiracistes, féministes et aujourd’hui écologistes. Elle est l’autrice du formidable essai « La Puissance des mères », rendant aux mères mobilisées pour l’avenir de leurs enfants toute la puissance politique de leur engagement, à l’intersection de tous ces combats. Fatima Ouassak a grandi à Lille et malgré l’inégalité du système scolaire, elle souligne la croyance placée en l’école par ses parents (16:05). Une voie d’émancipation qui favorisait à son époque l’esprit critique, une qualité qu’elle ne retrouve plus aujourd’hui dans l’enseignement prodigué à ses propres enfants (20:57). Elle souligne néanmoins la volonté continue des institutions de gommer les traces des héritages de certaines familles immigrées ou descendantes de l'immigration postcoloniale, privant les enfants des racines nécessaires à leur construction (26:05). En regard de cette manifestation limpide du racisme institutionnel, Fatima Ouassak salue la force de résistance des parents qui ne cèdent pas face à cette pression. Une force qu’elle a pu constater autant dans son enfance que dans ses engagements en tant que mère aux côtés d’autres parents. L’expérience de la maternité a en effet été un tournant dans sa lutte militante, modifiant sa vision stratégique pour viser des victoires pouvant avoir un réel impact sur la vie de ses enfants (32:57). C’est ainsi qu’elle s’est notamment reconnue dans les combats écologistes qui répondent aux enjeux concrets d’amélioration de leurs quotidiens. Cofondatrice du Front de mères – un syndicat de parents des quartiers populaires luttant pour protéger leurs enfants au niveau local –, elle tire de la force de celles qui, comme elles, ont porté des combats politiques dans l’espace public en tant que mères, comme les folles de la place Vendôme en 1984 (37:49). Avec le Front de mères, Fatima Ouassak tente de faire reconnaître combien le système discriminatoire et raciste en place désenfantise les jeunes générations des quartiers populaires (45:50). Elle appelle à construire des projets politiques communs pour démonter ces pratiques et bâtir un futur plus égalitaire. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordiHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 20, 20211h 3m

Épisode 95 - Le cinéma change le monde avec Maïmouna Doucouré

La réalisatrice prodige Maïmouna Doucouré est l’invitée du 95e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Maman(s), de Mignonnes et de Netflix. L’édito de Lauren : C’est fou que La Poudre se soit aussitôt placée sous le marrainage des femmes du cinéma. Parmi mes toutes premières invitées, celles qui ont échangé avec moi dès 2016, avant même que le podcast soit en ligne, il y avait les réalisatrices Rebecca Zlotowski et Houda Benyamina. Deux femmes qui m’impressionnaient par leur capacité à se créer un nom aux côtés de tant d’hommes. C’est fou parce que c’est par le cinéma que la révolution féministe que nous vivons aujourd’hui s’est déclenchée. En 2017, les femmes d’Hollywood ont dénoncé haut et fort le sexisme de leur industrie et depuis, l’histoire du féminisme est jalonnée de prises de paroles par des femmes du cinéma qui constituent de grands tournants. Comme un bilan, le livre La Poudre Tome 2, Féminismes et cinéma, rassemble les voix engagées du cinéma qui sont passées à mon micro ces quatre dernières saisons. Aïssa Maïga, Iris Brey, Alice Diop, Julie Gayet, Fanny Herrero, Céline Sallette, Déborah Lukumuena et les autres… toutes ont fait bouger les lignes. Pas seulement dans leur milieu, mais dans la société toute entière. Cet ouvrage dont je suis super fière sera en librairie le 19 mai, mais il est déjà disponible en précommande. Et pour en marquer la sortie, j’ai voulu inviter dans La Poudre l’une des réalisatrices les plus talentueuses du moment. Une femme qui reprend le flambeau de ces combats contre le sexisme et le racisme au cinéma. Une femme qui raconte des histoires et qui crée des images qui changent le monde. Résumé de l’épisode : Maïmouna Doucouré est la réalisatrice internationalement reconnue de Maman(s) et de Mignonnes. Pour elle, aucun doute : le cinéma a le pouvoir de changer le monde en nourrissant les imaginaires (06:23). Après une enfance dans le 19e arrondissement de Paris, elle démarre des études de biologie, fait un petit détour par le théâtre puis se lance sans filet dans la réalisation, grâce à un concours qu’elle remporte sur la base de son scénario (24:35). Dans ce premier court-métrage, elle filme déjà à hauteur d’enfant, un trait que l’on retrouve dans la suite de son parcours. Son second court-métrage, Maman(s), remporte le César du court-métrage en 2017, ex aequo avec Alice Diop, et sera sélectionné dans plus de 200 festivals dans le monde. Le féminisme qui infuse son œuvre n’est selon elle pas une histoire de choix (08:44). En observant la condition des femmes autour d’elle, dans sa famille comme dans la société – ou même dans les histoires de princesses passives qui lui étaient proposées dans la fiction –, impossible pour elle de ne pas combattre le statu quo (10:12) et hors de question d’encaisser sans broncher. Elle nourrit son cinéma de tout ce qu’elle aimerait pouvoir dire à son entourage et transcende ses souhaits de rébellion grâce à sa caméra. C’est aux États-Unis surtout qu’elle trouve soutien et accompagnement (47:32). C’est toutefois aussi là-bas qu’éclate la polémique autour de son premier long-métrage, l’acclamé et récompensé Mignonnes, suite à un choix de marketing problématique de Netflix – la plateforme ayant annoncé le film avec une image prenant à revers tout le propos du projet (40:58). Mignonnes est pourtant une création sensible et nuancée, s’attaquant à l’hypersexualisation des petites filles dans nos sociétés, un sujet que Maïmouna Doucouré a porté en ayant également sa propre fille en tête, née au tout début du tournage (51:52). Sa réalisation puissante et porteuse d’images renouvelant profondément les représentations promet encore de prochains grands films qu’on a hâte de découvrir dans les salles obscures. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion EmeritHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

May 6, 202159 min

Épisode 94 - Cultiver la nuance avec Cloé Korman

Cloé Korman, écrivaine de la nuance et de la profondeur, est l’invitée du 94e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de la Muette, de Bobigny et de Marseille. L’édito de Lauren : Depuis trois ans, les actes antisémites flambent partout en France. On profane des cimetières, des symboles à la mémoire de Simone Veil ou d’Ilan Halimi. On révèle la présence de groupuscules néo-nazis, notamment au sein de l’armée française. On insulte. On caricature. On tue. La haine des juifs et des juives s’exprime partout, tout le temps, de façon décomplexée, il y a encore quelques jours sous forme de graffitis sur la façade de Sciences Po Paris. La rabbine et brillante essayiste Delphine Horvilleur le dénonçait déjà il y a deux ans dans l’épisode 46 de La Poudre que je vous invite à réécouter. Récemment, sur Radio Classique, elle disait : « La montée de la haine antisémite est un prélude à une haine qui va frapper tout le monde. Il est urgent de lutter contre la dissociation qui s’opère souvent dans l’espace publique entre l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Car l’antisémitisme est un racisme. » Et c’est ce rappel salutaire qu’est venue faire l’écrivaine Cloé Korman dans son essai « Tu ressembles à une juive » paru en 2020. C’est aussi une romancière bouleversante. Je suis encore éblouie par les éclats de lumière de « Midi », dont je vous recommande chaudement la lecture. Et je suis très honorée de la recevoir dans La Poudre aujourd’hui. Résumé de l’épisode : Cloé Korman est l’autrice de plusieurs romans et de l’essai « Tu ressembles à une juive » paru il y a un peu plus d’un an (10:47). Dans cet ouvrage dont l’intention est toujours autant d’actualité, elle décrypte en quoi l’antisémitisme est une forme de racisme ainsi que les liens étroits entre ces différentes manifestations des discriminations et des haines (16:14). Elle rappelle l’ancrage de l’antisémitisme dans la société française (18:22) et la reconnaissance encore partielle et tardive de la responsabilité de l’état français dans la déportation des personnes juives. Le refus de faire face à cette partie de notre histoire prend pour elle des formes très concrètes, comme la cité de la Muette qui, de camp d’internement au cœur de la politique de déportation de la France, est devenu lieu d’habitation pour des populations précaires où le racisme étatique s’exprime encore (22:09). Ayant grandi à Boulogne-Billancourt, elle est plongée très jeune dans l’engagement politique de ses parents et témoigne de l’incrédulité qui régit les rapports de sa famille à l’état. Une méfiance vis-à-vis des institutions qui la pousse sans cesse à remettre en question les discours officiels (28:10). La langue est un outil qui lui est cher et les mots ont pour elle une substance concrète qui peut autant la réjouir que la blesser. C’est parce qu’elle est sensible à toute leur portée qu’elle cultive la nuance dans la façon de les brandir (32:21). Elle s’en empare d’ailleurs dans ses romans pour raconter des histoires pleines d’ombre et de lumière, une complexité qui touche autant aux espaces urbains qu’aux rapports sociaux. De son passage par les États-Unis, elle a retiré une capacité à témoigner des rapports de domination sans rendre les mots responsables des situations qu’ils décrivent. Si elle n’hésite pas à prendre la plume pour exprimer ses positions politiques dans des tribunes (05:05), elle aimerait aussi avoir la même liberté que les groupes dominants de parfois laisser sur le bord de la route la colère crée par les discriminations pour avoir le loisir de créer sans limite et sans assignation (48:17). Son écriture qui cherche à galvaniser sans céder à la simplification est un remède puissant aux maux d’aujourd’hui dont on ne peut que vous recommander la lecture. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : GaïaHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 22, 20211h 8m

Épisode 93 - Sauver l'amour avec Victoire Tuaillon

La journaliste et autrice Victoire Tuaillon est l’invitée du 93e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Barbe bleue, de chèvres et de révolution romantique. L’édito de Lauren : J’ai l’impression qu’en ce moment on a toutes et tous beaucoup, vraiment beaucoup, besoin d’amour. Mais d’un amour qui ne ferait pas mal. D’un amour moderne, libre, politique, qui permettrait à chacun et chacune de s’épanouir comme iel l’entend. De sortir des schémas de genre. De se libérer des injonctions à la sexualité, à la reproduction, aux balivernes des contes de fées. Bref, on rêve tous et toutes d’un amour féministe et c’est compliqué. C’est pourquoi je suis extrêmement reconnaissante à ma consœur, Victoire Tuaillon, du studio Binge, d’avoir conçu un podcast entièrement dédié au sujet : « Le Cœur sur la table ». Et comme c’est un sujet important, j’ai eu envie de l’inviter à mon micro pour faire un petit tour d’horizon. C’était au début du printemps, on était à l’opéra de Lyon dans le cadre du festival « Femmes libres ? » et ça m’a fait du bien. Résumé de l’épisode : Victoire Tuaillon est journaliste, autrice et la créatrice du podcast culte « Les Couilles sur la table » et du récent « Le Cœur sur la table » qui se penche sur le vaste sujet de l’amour dans toute sa complexité. Dans cet épisode enregistré dans le cadre du festival « Femmes libres ? » organisé par l’Opéra de Lyon et dans lequel plusieurs pièces mettent en scène la figure violente de Barbe Bleue, elle déploie au micro de Lauren Bastide les liens entre nos vécus de l’amour et ses représentations (05:00). Les contes de fées et autres tropes de l’amour romantique construisent nos attendus mais génèrent aussi des zones d’ombres dans nos visions des relations amoureuses (07:58). Que se passent-ils après « et ils eurent beaucoup d’enfants » ? À quoi ressemble une relation qui dure, ou qui ne respecterait pas ces codes ? (11:50) C’est sur ces questions essentielles pour repenser nos relations hors des schémas patriarcaux que se penche Victoire Tuaillon. Elle détricote le couple, ou tout du moins sa base politique et religieuse (13:24), s’appuyant sur les écrits de nombreuses penseuses féministes qui toutes, au travers des époques, se sont attaquées à ce sujet relationnel, si central dans nos vies (17:23). Pour Victoire Tuaillon, il est temps de mener une grande révolution romantique intersectionnelle, pour reprendre la formulation de Costanza Spina, et de délier définitivement amour et violence (22:41). Elle propose de plonger tête la première dans la zone grise, en explorer ses recoins et enfin éclairer les rapports de pouvoir qui sous-tendent nos relations, pour mieux pouvoir les reconstruire sur des bases saines, en toute lucidité (32:35). Au-delà de sauver l’amour romantique, elle souhaite qu’on puisse rendre leurs lettres de noblesse à toutes les formes d’amour, dans leurs aspects les plus concrets, qu’on reconnaisse à nouveau les gestes aimants pour ce qu’ils sont, dans le cadre de la famille, celui de l’amitié ou des relations amoureuses (35:20). Elle invite également à repenser l’amour propre, à même commencer par apprendre à s’aimer pour pouvoir mieux aimer les autres et à se défaire des petites voix patriarcales qui abîment nos rapports aux autres et à nous-mêmes (48:15). Si la révolution est en cours, pour elle l’amour est ainsi l’un des hauts lieux de notre résistance politique (01:01:40). Merci à l’Opéra de Lyon et à son festival « Femmes Libres ? » d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Apr 8, 20211h 5m

Épisode 92 - Écrire contre la violence sociale avec Kaoutar Harchi

Kaoutar Harchi, brillante autrice, sociologue et chercheuse, est l’invitée du 92e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’identité, de reconnaissance et de fémonationalisme. L’édito de Lauren : Je vous parle d’un jeudi où l’on attend une annonce gouvernementale qui nous dira ce qu’on a le droit de faire ou de pas faire le soir et le week-end. Comme la plupart des françaises et des français, je suis partagée entre la résignation et la rage. Le fatalisme et l’inquiétude. À cause de ça, de ces informations fluctuantes, flippantes, sur la pandémie qui décime nos aîné·e·s et nos proches les plus fragiles depuis bientôt un an, j’avoue que je consulte un peu moins les médias qu’avant. Moi qui vis sous perfusion d’infos depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai remplacé les flash radios du matin par des playlists, désinstallé les réseaux sociaux de mon téléphone et rationnalisé ma consultation des sites de médias auxquels je reste abonnée. Ce qui ne m’empêche pas d’entendre monter une petite musique de plus en plus angoissante. Rien que là, cette semaine, les attaques contre Assa Traoré se sont multipliées, Médiapart a révélé un courant néo-nazi au sein de l’armée française, la loi sécurité globale s’apprête à passer au Sénat, donnant des pouvoirs colossaux à la police et cerise sur le gâteau, Manuel Valls annonce qu’il fera son retour en 2022. Bref, pendant qu’on cause – ou qu’on ne cause pas –, du Covid 19, le racisme d’état continue sur sa lancée. Heureusement mon invitée, la sociologue Kaoutar Harchi, reste elle pleinement connectée à l’actualité, pleinement ancrée dans le présent, vivement consciente des enjeux du moment et de la nécessité de porter haut et fort, partout où elle le pourra, la pensée féministe intersectionnelle. Résumé de l’épisode : Kaoutar Harchi est sociologue et autrice. Ses écrits voyagent de la fiction à la tribune et dans la période actuelle, face aux rhétoriques de l’extrême-droite (05:35) et à l’islamophobie qui gagnent du terrain (07:33) elle use de sa plume lumineuse pour mener des combats féministes intersectionnels. Préoccupée par la nette différence entre les mobilisations contre le projet de loi sécurité globale et celui sur les séparatismes, elle note cependant l’espoir apporté par les grandes mobilisations antiracistes récentes (08:50). La violence de la réponse institutionnelle et gouvernementale est, selon elle, le signe que ce rapport de force ébranle enfin le statu quo (11:54). Née à Strasbourg (20:35), elle quitte cette ville dès qu’elle le peut, jonglant avec la complexité de ce départ grâce à l’acte aussi gratuit que nécessaire de l’écriture (21:44). Acte coûteux pour elle, par certains côtés (24:52) mais qui lui permet de déployer ses réflexions sur de nombreux terrains, littéraires comme théoriques, analysant le social au travers d’un prisme artistique (15:45). Pour sa part, elle souhaiterait pouvoir un jour se passer des catégories qui lui font porter la notion d’intersectionnalité haut et fort, et brûler pour de bon les carcans qui voudraient la cantonner à des espaces historiquement liés à la déshumanisation (28:40). Elle refuse le miroir aux alouettes de l’exceptionnalité (41:40), combat les preuves d’allégeance demandées par les structures de pouvoir en place pour accorder leur reconnaissance (38:00) et propose au contraire un combat commun contre les systèmes de domination où personne ne serait laissé sur le carreau. Autrice d’un bel article sur le fémonationalisme (51:02), elle met en garde contre l’utilisation fallacieuse de certaines luttes pour s’attaquer à d’autres et la force de ses écrits est un phare dans le brouillard sombre qui nous entoure ces derniers temps. Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation etHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 25, 202156 min

Épisode 91 - La révolution médiatique avec les Avengers du féminisme

Les journalistes et autrices Lorraine de Foucher, Daphné Gastaldi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski et Marine Turchi sont les invitées du 91e épisode de La Poudre réalisé en partenariat avec le festival Longueur d’ondes. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de silence, d’écoute et de self-care. L’édito de Lauren : Ce jour-là elles étaient cinq dans le studio : Marine Turchi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski, Daphné Gastaldi et Lorraine de Foucher. Elles sont journalistes et/ou productrices de podcasts. Par leur travail, toutes ont fait, ces dernières années, plus bouger les lignes que toutes les instances politiques réunies. On a pu se voir dans un vrai studio, et ça faisait du bien, même si c’était un peu triste parce que cette table ronde, normalement, aurait dû avoir lieu au festival Longueur d’ondes qui a malheureusement dû être annulé en raison des contraintes sanitaires. Sur Twitter, quelqu’une a tout de suite réagi en s’exclamant : « Les Avengers du féminisme ! » et comme on a besoin de rire un peu, aussi, j’ai choisi ce titre pour l’épisode. Merci encore Pauline ! Oui parce que bon les sujets de ce podcast sont ceux de leurs enquêtes respectives : le viol, l’inceste, les violences de genre. Donc petit trigger warning, écoutez-le dans de bonnes conditions, même si rassurez-vous, il n’y a rien de graphique, on parle surtout de leurs pratiques de journalistes et c’est passionnant. Résumé de l’épisode : C’est au festival Longueur d’ondes qu’aurait dû se réunir cette table ronde d’exception pour évoquer le travail considérable et essentiel des enquêtes journalistiques au long cours sur les violences sexistes et sexuelles. Au micro de Lauren Bastide, Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, Daphné Gastaldi, journaliste indépendante et co-créatrice du collectif We Report, Axelle Jah Njiké, autrice et créatrice de podcasts, Charlotte Pudlowski, co-fondatrice du studio Louie Media et Marine Turchi, journaliste chez Médiapart, évoquent le rôle de la presse face à celui de la justice dans les enquêtes qu’elles mènent et ont mené sur ces violences (09:33). Convaincues de l’utilité publique de ce travail de longue haleine, elles espèrent que les lignes qu’elles contribuent à faire bouger ne seront pas tracées dans le sable, même si la menace du backlash n’est jamais loin (19:38). Bien que certaines rédactions mettent moyens et formation de leurs effectifs au service de la lutte contre ces violences (13:44), ces pratiques sont loin d’être répandues et exigeraient d’infuser dans tous les médias. Toutes appellent à ce que la parole des personnes victimes puisse avoir plus d’écho, surtout lorsque leur statut social ne les fait pas figurer sur les tables des librairies ou les affiches de cinéma (24:42). La diversité des représentations reste selon elles un sujet central pour combattre le caractère systémique de ces violences (01:08:10). Tour à tour, elles racontent la complexité des enjeux pour respecter les personnes victimes et leur parole (28:00), mais aussi pour rendre leurs récits palpables pour les auditeur·ice·s et spectateur·ice·s (39:40) sans y perdre leur propre humanité. Dans ce travail journalistique minutieux et prolongé, elles affirment l’absolue nécessité du contradictoire et l’importance des témoins, du soutien de l’entourage (45:05). Ces enquêtes laissent des traces sur elles aussi et c’est sur un encouragement au self-care et à l’accompagnement qu’elles concluent cet échange explorant les dessous des enquêtes ayant tant fait ces dernières années pour renverser l’ordre établi (01:15:01). Merci au festival Longueur d’ondes sans qui cet épisode n’aurait pas été possible. Et merci à Pauline Linard d’avoir accepté que nous utilisions son expression pour le titre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Nora Hissem, Gaïa Marty, Cécile TeHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 18, 20211h 32m

Épisode 90 - La non-violence avec Judith Butler - (doublé en français)

This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. Lae mythique théoricien·ne Judith Butler est l’invité·e du 90e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 25 novembre 2020. Avec Lauren Bastide, iels ont parlé de corps, de deuil et de Macron. L’édito de Lauren : J’avais peur qu’iel soit froid·e. J’avais peur qu’iel soit complexe. J’avais surtout peur qu’iel soit atterré·e par l’incapacité de mon cerveau ordinaire à capter l’immense subtilité de sa pensée. Bref, avant d’interviewer Judith Butler j’ai été frappée d’un immense complexe de l’impostrice. Du coup j’ai fait ce qu’on fait souvent dans ce genre de cas, je me suis surpréparée. J’ai littéralement appris par cœur des pans entiers de ses textes. Et j’ai même fait une sorte de prépa physique : huit heures de sommeil et la peau super hydratée. Et puis voilà. Non seulement iel a été chaleureux·se et époustouflant·e de clarté, mais en plus iel a ri à mes blagues et a semblé trouver mes analyses plutôt dignes d’intérêt. Cette interview avec Judith Butler, au final, a été l’une des plus fluides, les plus joyeuses, de l’histoire de La Poudre. Je suis sûre qu’il y a une sorte de morale à tirer de tout ça, mais la philosophe, c’est pas moi. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions après l’écoute, j’ai très envie de poursuivre cet échange avec vous. Ah oui et c’est Elisabeth Lebovici, chercheuse, historienne et militante queer, qui double sa voix en français. Vous avez beaucoup de chance vous savez. Résumé de l’épisode : Judith Butler est l’un·e des philosophes les plus important·e·s de notre époque. Son livre, « Trouble dans le genre » a marqué durablement la pensée queer et féministe, bien qu’il ait mis plus de quinze ans à être traduit en français. Sa traduction a d’ailleurs été le sujet de bien des incompréhensions, dont Judith Butler s’amuse aujourd’hui, explorant les résonances culturelles que rencontrent ses théories (05:20). En temps de pandémie, elles ont aussi des résonances très concrètes : iel qui a forgé le concept de “vies dignes d’être pleurées” se désole de voir la crise actuelle illustrer sa théorie (13:13). Face à la répression des gouvernements utilisant les enjeux sanitaires pour réprimer leur population, iel croit néanmoins toujours à la force de la non-violence et de la solidarité (25:34). Aux côtés de Lauren Bastide, Judith Butler s’alarme de l’attaque faite à l’université, et notamment à la recherche en études de genre et postcoloniale (35:40). Pour iel c’est bien la peur des conservateur·ice·s et leur refus de voir le monde changer qui s’incarnent dans ce backlash (32:00). Iel garde cependant espoir en observant les mouvements féministes, queer et antiracistes inventer de nouvelles formes de mobilisations partout dans le monde (47:02) et la force sans cesse renouvelée de leurs revendications pour la liberté de se définir (39:30). Si iel reconnaît la nécessité du repos, iel encourage à ne jamais abandonner l’idée, l’utopie, de l’égalité radicale (51:52) et invite à penser la révolution comme un mouvement en cours auquel prendre part chaque jour (57:17). Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Judith Butler est incarnée par Elisabeth Lebovici, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Lucie Plescoff Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Adrien Beccaria au studio L’Arrière Boutique Mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 11, 20211h 6m

Episode 90 - Non-violence with Judith Butler - 🇬🇧

Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The legendary theoretician Judith Butler is the guest of the 90th episode of La Poudre, recorded in public the 21st of November 2020. With Lauren Bastide, they talked about bodies, grief and Macron. Lauren’s foreword: I was scared they might be cold. I was scared they might be complex. I was above all scared they might be appalled by the incapacity of my ordinary brain to grasp the immense complexity of their thinking. In a nutshell, before interviewing Judith Butler, I was struck by a huge impostor syndrome. So I did what one usually does in that case: I overprepared. I literally learned by heart some parts of their writing. I even prepared physically, slept eight hours, hydrated very carefully. And then? Well, not only were they incredibly warm and clear, but they also laughed at my jokes and seemed to think my analysis was of some interest. This interview with Judith Butler ended up being one of the most joyful and smooth interviews in La Poudre’s history. There is probably some lesson to take out of this story but I’m not the philosopher here. Episode summary: Judith Butler is one of the most important philosophers of our time. Their book “Gender trouble” left a long-lasting mark on queer and feminist theory, even though it took more than fifteen years to be translated into French. Its translation has indeed given rise to many misunderstandings, which Judith Butler finds amusing and interesting now, pushing them to explore the cultural resonances their theories find in various countries (05:20). In a global pandemic, these theories unfortunately have very concrete resonances: they had coined the concept of ‘grievable lives’ and are saddened to see it vividly illustrated by the current situation (13:13). Observing the governments using health safety to justify repressing their populations, they nonetheless believe in the force of non-violence and solidarity (25:34). Together with Lauren Bastide, Judith Butler is alarmed by the attacks on universities, especially on gender and postcolonial theory (35:40). For them, this backlash definitely is the embodiment of conservatives’ fear and their refusal to see the world change (32:00). They stay hopeful thanks to the feminist, queer and antiracist movements inventing new forms of mobilisations around the world (47:02) and the strength, always renewed, of their self-determination claims (39:30). If they acknowledge how important rest is in an activist’s life, they encourage to never abandon the idea, the utopia of radical equality until it is reached (51:52) and invite everyone to think about revolution as an ongoing movement to which it is possible to contribute everyday (57:17). Our deepest gratitude to the Les Créatives festival and their amazing team who made this episode happen. Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty Mixing : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 11, 20211h 5m

Épisode 89 - Une justice féministe avec Gwenola Ricordeau

Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante pour l’abolition du système pénal, est l’invitée du 89e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de prisons, de victimes et de justice. L’édito de Lauren : Bon anniversaire tout le monde ! On approche du mois de mars. Ça va faire bientôt un an que nous sommes plus ou moins confiné·e·s, complètement coupé·e·s de notre vie d’avant, celle où on allait boire des coups dans des bars et écouter des gens dans des salles. Cette saison, La Poudre devait se dérouler intégralement dans l’auditorium du Carreau du Temple et j’étais vraiment folle de joie à l’idée de sentir vos présences, vos souffles, vos chaleurs. Alors je suis un peu frustrée. Mais ma petite contrariété n’est pas grand chose comparée à celle des artistes scéniques et en ce moment mon cœur se sert souvent quand je pense à Clara, Yseult, Aloïse, Jeanne, Mélissa et les autres, privé·e·s de leur milieu naturel. Donc je leur envoie un peu d’amour, en passant. Parce que j’ai envie, et c’est comme ça. Enfin voilà on s’adapte et donc ça fait quelques mois que je fais mes conférences sur Zoom. Et y a un bon côté : c’est que je peux parler avec des gens qui sont loin, comme la chercheuse Gwenola Ricordeau qui enseigne en Californie. Et ça c’est une bonne nouvelle. Gwenola Ricordeau est la dernière chercheuse qui m’a retourné le cerveau. À cause d’elle, je ne peux plus lire des phrases comme « la fin de l’impunité » sans ressentir un petit dégoût. À cause d’elle, à chaque fois que je vois le gouvernement répondre aux violences par un durcissement de la répression pénale, je hoche tristement la tête. À cause d’elle, je pense qu’il faut qu’on se débarrasse des prisons, des cours d’assises et de tout ce système pénal, finalement incapable de répondre aux véritables besoins des victimes, ni de protéger quiconque des violences sexistes et sexuelles. Vous allez sortir de cet épisode avec la même certitude, vous verrez, ça fait drôle. Résumé de l’épisode : Gwenola Ricordeau est chercheuse et enseignante en justice criminelle. Elle est l’autrice de Pour elles toutes, femmes contre la prison, un essai argumentant sa position pour l’abolition du système pénal, un point de vue rarement partagé dans un certain nombre de courants féministes dominants (13:03). Pourtant, l’intensification du recours au système pénal – rejeton d’une société raciste et patriarcale –, a peu de résultats, des conséquences problématiques et des applications peu réalistes (15:00). Gwenola Ricordeau invite à remettre en cause ce système au lieu de se fonder sur la morale individuelle pour évaluer sa pertinence (17:45) et avance les outils de la justice transformative comme solution pour se concentrer sur les besoins des personnes victimes (20:33). Cette forme alternative de justice est d’ailleurs née au cœur de ces besoins puisqu’elle vient des plus vulnérables et marginalisé·e·s, celleux qui n’ont généralement aucun réel accès à la justice telle qu’elle est rendue actuellement (26:48). Remettre les personnes victimes au centre du processus (29:19) est bien tout l’enjeu de la déconstruction de la justice et de ses fonctionnements selon la chercheuse. Elle a elle-même fait l’expérience du parloir et c’est en partant de là qu’elle s’est intéressée au système pénal, à la prison, puis à l’impact de la prison sur la vie des femmes (35:00). Elles notent ainsi l’incidence directe du fonctionnement d’une société raciste et hétérosexiste sur qui est incarcéré·e, comment, et qui en payent les conséquences (38:01). Elle réfute la naturalisation de ce système (48:57) et appelle de ses vœux sa dissolution plutôt que son énième réforme (53:29). Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty MHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 25, 20211h 12m

Épisode 88 - Le care avec Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem

La philosophe Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre et directrice de l’ONG One en France sont les invitées du 88e épisode de La Poudre, enregistré en live le 10 décembre 2020. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de vulnérabilité, d’interdépendance et de soin. L’édito de Lauren : L’autre jour quelqu’un m’a dit que La Poudre était moins sexy depuis que je recevais plus de savantEs et moins d’artistes. Ça m’a même pas énervée, parce que c’est pas vrai. Je trouve qu’il n’y a rien de plus excitant, de plus désirable, que la pensée féministe. Personnellement je ressens des frissons d’extase quand on me donne un mot pour nommer une intuition, quand on me déroule une logique qui me fait voir les choses sous un jour nouveau. L’une des notions théoriques qui m’a donné la plus grande jouissance ces dernières années, c’est celle de care. On la croise à peu près partout où l’on essaie de penser le genre. Pour vous en parler, je vous ai chopé LA chercheuse du care en France : Sandra Laugier. Il y en a deux-trois autres que je cite dans l’épisode. Elle a co-écrit, avec Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre, un petit livre captivant : La société des vulnérables. On s’est parlées un soir d’hiver, sur Zoom. Et vous étiez là, et on s’est donné·e·s chaud avec de l’amour et des idées. Et je vous promets, c’était super sexy. Résumé de l’épisode : Si la crise du Covid a mis un élément en pleine lumière dès le premier confinement, c’est bien la place centrale des enjeux de l’éthique du care et de celles et ceux qui exercent des fonctions s’y rapportant. Le 10 décembre dernier, au micro de Lauren Bastide et en public, Sandra Laugier, l’une des plus importantes penseuses de ce concept féministe en France et Najat Vallaud-Belkacem, directrice France de l’ONG One qui lutte contre l’extrême pauvreté ont décortiqué tout l’apport de cette philosophie à la situation actuelle. Toutes deux déplorent la réaction du gouvernement et sa rhétorique guerrière face à la pandémie (06:00), mais aussi la disparition des femmes de l’espace médiatique, au moment même où leurs rôles sont au cœur de la réponse au virus (08:32). En effet, si nos interdépendances ont été visibilisées de façon flagrante, cette vulnérabilité partagée n’est pas égalitaire : certain·e·s y sont bien plus exposé·e·s que d’autres (10:57). Et sans prisme féministe (14:30) et antiraciste (31:54), impossible de comprendre pourquoi les fonctions les plus essentielles sont aussi les plus dévalorisées et pourquoi les personnes exerçant ces fonctions sont aussi parmi les moins protégées. Ce concept philosophique introduit en France sur la base des travaux de Carol Gilligan grâce à Sandra Laugier, Pascale Molinier ou encore Patricia Paperman (23:15), a mis longtemps avant de trouver sa place comme outil d’analyse dans le champ politique (19:10). Par ailleurs, Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier soulignent comment l’obsession de l’universalisme empêche de s’en saisir pleinement en refusant de nommer et visibiliser les inégalités existantes (28:18). Elles relient les enjeux du care à la préoccupation écologique (42:00) et appellent à s’appuyer sur l’expertise citoyenne, celle des femmes et des personnes racisées pour qu’une politique de l’attention et du soin puisse voir le jour (58:15). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 18, 20211h 12m