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Géopolitique

Géopolitique

57 episodes — Page 2 of 2

Guerre des récits: qui a encore le droit de dire le monde?

On parle souvent d’un monde multipolaire, de rivalités de puissances, de retour de la guerre. Mais derrière les chars, les sanctions ou les routes commerciales, il y a autre chose. Cette autre chose, ce sont des récits. Des récits sur l’histoire, sur les valeurs, sur ce qui est juste ou légitime. Aujourd’hui, les grandes puissances ne s’opposent pas seulement par la force, mais par des visions du monde concurrentes. Quelles contestations, ces récits expriment-ils au-delà des catégorisations simplistes qui opposent le « Sud global » à l’ « Occident » ? Comment ces discours ont-ils évolué ? Nous sommes entrés dans un monde où il n’existe plus de grand récit dominant, mais plusieurs visions concurrentes de l’histoire, du progrès et de la justice. Comprendre ces récits, c’est se donner les moyens de comprendre pourquoi le monde se fracture et pourquoi il devient si difficile de se mettre d’accord sur le sens même des mots : paix, droit, liberté, souveraineté. Sommes-nous entrés dans une guerre des récits civilisationnels ? Invitées : Delphine Alles, professeure des Universités en Sciences politique, vice-présidente de l’INALCO et directrice scientifique du programme DÉCRIPT. « La part des dieux : religion et relations internationales », CNRS éditions et à paraitre début mars 2026, avec Bertrand Badie et Stéphane Paquin : « Les mots du nouveau monde », CNRS éditions Louise Beaumais, post-doctorante du programme DÉCRIPT, associée au Laboratoire CESSMA, Centre d’Études en Sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques. Louise Beaumais qui a co-dirigé avec le collectif du projet DataWar « Quantifying international conflicts. Data on war or Data for War », éd. Springer. Émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformation du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.

Feb 1, 202648 min

Iran: l'escalade peut-elle être évitée?

Cent treize villes se sont soulevées au début de cette année (2026) en Iran, témoignant du rejet de la République islamique par la population iranienne. Des soulèvements violemment réprimés, à un degré absolument inégalé. Il est fait état de plus de trente mille morts. Une tragédie qui laisse entrevoir que le pouvoir iranien a sans doute eu peur. Pour l’heure, si la répression a eu raison des manifestants, beaucoup de questions se posent alors qu’une armada américaine très médiatisée est désormais sur zone… et que le renforcement militaire se poursuit. L’escalade est-elle déjà en cours, par étapes, par signaux, par calculs ? Ou peut-elle être évitée ? Et surtout que cherchent réellement les États-Unis en massant autant de moyens militaires face à l’Iran ? Dissuasion défensive ou préparation offensive ? Invités : Clément Therme, chargé de cours à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier, « Idées reçues sur l’Iran. Un pouvoir à bout de souffle ? », éditions Le Cavalier Bleu Nasser Etemadi, journaliste à la rédaction persane de RFI Pierre Razoux, historien, directeur académique de l'Institut Fondation méditerranéenne d'Études stratégiques.

Jan 31, 202648 min

Vulnérables Outre-mer (Partie 2)

La France est inquiète des conséquences de la politique prédatrice américaine dans la Caraïbe. Et la question se pose de savoir si Paris peut compter sur sa présence en Guyane pour peser sur le continent. La Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées du Sénat rendait publique au début du mois de janvier 2026 un rapport de mission. La visée américaine sur le Groenland et l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela sont autant de sources d’inquiétudes. Les effets de la doctrine Monroe, invoquée pour justifier la domination des États-Unis dans cet hémisphère et l’émergence de nouveaux États pétroliers aux immenses réserves que sont le Guyana et le Suriname font craindre des risques de déstabilisation, auxquels s’ajoutent le narcotrafic et l’orpaillage illégal. Les territoires français de la Caraïbe -Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy et Guyane sont aujourd’hui au cœur d’un enjeu géopolitique et sécuritaire d’ampleur. La souveraineté française s’y négocie au quotidien. Invités : Fred Constant, professeur des Universités en Science politique à l’Université des Antilles. Auteur de « Géopolitique des Outre-mer », aux éditions le Cavalier bleu et « Atlas des Outre-mer », aux éditions Autrement Yannick Chenevard, officier supérieur de réserve. Député du Var, rapporteur du budget de la Marine et de l’exécution de la loi de programmation militaire. Chercheur associé au Lab’HOMERe Patrick Roger, ancien journaliste au quotidien Le Monde, auteur de « Nouvelle-Calédonie, la Tragédie », récompensé par le Prix des Députés 2025. Et « L’archipel de la discorde. Paris-Nouméa. Demain le Pacifique », aux éditions du Cerf.

Jan 25, 202648 min

Vulnérables Outre-mer (Partie 1)

Les Outre-mer du globe traversent une période difficile, attentifs qu’ils sont aux menaces qui pèsent sur le Groenland, pays constitutif du royaume du Danemark et territoire associé à l’Union européenne. De fait, ils sont nombreux les Outre-mer contemporains, produit résiduel de l’expansionnisme colonial qui a poussé en son temps des nations rivales à étendre leurs frontières au-delà des mers et des océans, ces territoires offshore se situant souvent dans des zones névralgiques pour les échanges mondiaux. Engagé à partir du XVIIè siècle, ce mouvement avait pour but de satisfaire les intérêts économiques de ces nations et promouvoir leurs idéaux politiques et religieux. Et voilà qu’il refait surface sur fond de velléités de Donald Trump de mettre la main sur le Groenland. Une démarche qu’on peut imaginer être observée de près et dans un certain silence, par le grand rival des États-Unis qu’est la Chine et qui n’en est pas moins active elle aussi dans d’autres zones et de manière moins ouverte….quoique. Géopolitique se saisit de cette occasion pour jeter un regard sur les Outre-mer français -dans les Caraïbes, le Pacifique, l’océan Indien et l’Atlantique Sud- qui fondent une large part du rayonnement mondial de la France et qui se trouvent confrontés à deux situations qui, parfois, ne sont pas sans lien : entre mouvements de contestation au sein même de ces territoires et stratégies de déstabilisation portées par divers acteurs internationaux. Regard sur les vulnérabilités de l’Outre-mer français ou comment, hier, marginal cet espace est devenu stratégique. Invités : Fred Constant, professeur des Universités en Science politique à l’Université des Antilles. Auteur de « Géopolitique des Outre-mer », aux éditions le Cavalier bleu et « Atlas des Outre-mer », aux éditions Autrement Yannick Chenevard, officier supérieur de réserve. Député du Var, rapporteur du budget de la Marine et de l’exécution de la loi de programmation militaire. Chercheur associé au Lab’HOMERe Patrick Roger, ancien journaliste au quotidien LE MONDE, auteur de « Nouvelle-Calédonie, la Tragédie » récompensé par le Prix des Députés 2025. Et « L’archipel de la discorde. Paris-Nouméa. Demain le Pacifique », aux éditions du Cerf.

Jan 24, 202648 min

Trump à la Maison Blanche : un an de révolution

Bientôt un an que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. Douze mois ont passé pendant lesquels le président américain a profondément remodelé la scène politique américaine, les relations transatlantiques et plus généralement les relations internationales. Richard Werly est notre invité éditorialiste international du quotidien suisse « Blick ». « Cette Amérique qui nous déteste », éditions Nevicata, une plongée dans l’Amérique Maga.

Jan 18, 202648 min

Démographie: influence et puissance

La population mondiale s’élevait en 2020 à 7,8 milliards d’habitants. En 2030, nous serons au moins 8,5 milliards. Et en 2050, ce chiffre pourrait dépasser les 10 milliards dans l’hypothèse d’une fécondité forte. La démographie est l’un des principaux éléments de la puissance d’un État, en même temps qu’elle peut aussi être un facteur de sous-développement. Ces chiffres sur la démographie mondiale recoupent des réalités extrêmement différentes. (Rediffusion) Alors que l’Europe connait un hiver démographique qui ne permet plus le renouvellement des générations, en Asie, l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d’habitants, devançant la Chine, dont la population vieillit inexorablement. Ce vieillissement de la population est déjà manifeste depuis des années au Japon et maintenant en Corée du Sud. En revanche, la population africaine explose. Nombre de pays du continent n’ont pas achevé leur transition démographique. En 1950, l’Afrique pesait à peine pour 8,3% de la population mondiale et avait moins d’habitants que les États-Unis. En 2050, le continent africain devrait abriter un quart de la population mondiale. Quels effets ces nouvelles donnes démographiques auront-elles géopolitiquement et militairement ? Édition en partenariat avec la revue Questions Internationales « Démographie. Une inconnue décisive ». Invités : Gérard-François Dumont, professeur à Sorbonne Université. Président de la revue Population et Avenir. « Géographie des populations », Armand Colin Jean-Pierre Guengant, démographe et économiste du Développement. Directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement Serge Sur, professeur émérite de l’Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la Revue Questions internationales. Membre de l’Institut - Académie des sciences morales et politiques.

Jan 17, 202648 min

Dans quel monde sommes-nous ?

On a presque l’habitude de terminer ou de commencer chaque année en évoquant la « polycrise » en cours, et en reconnaissant la difficulté d’anticiper un avenir qui parait lourd de risques de nouvelles guerres, de pandémies, de crises financières et de catastrophes climatiques. 2025 a, comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ajouté un ingrédient particulièrement toxique à ce mélange : le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, dont les politiques erratiques et illégales ont déjà bouleversé l’ère de la mondialisation d’après-guerre. Face à tant de chaos et d’incertitude, il est difficile d’affirmer avec certitude où vont les États-Unis et le monde. Alors que nous entamons notre deuxième année à la merci des caprices de Donald Trump, l’enlèvement héliporté de Nicolas Maduro au centre de Caracas a précipité une nouvelle vague d’interprétations de la politique étrangère américaine. Adversaires et critiques du locataire de la Maison Blanche déploraient la fin du rôle international des États-Unis et le retour de l’isolationnisme américain. Les voilà maintenant devant de l’impérialisme décomplexé, qui rappelle celui du XIXème siècle et qui n’a même pas la prétention de promouvoir la démocratie. La stratégie nationale de sécurité récemment publiée définissait les principales orientations de la nouvelle Administration, et notamment son intention de dominer « l’hémisphère occidental ». Bertrand Badie est notre invité. Professeur émérite des universités à Sciences Po, auteur d’une trentaine d’ouvrages, son dernier livre sort ces jours-ci chez Odile Jacob, son titre Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale.

Jan 11, 202648 min