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La guerre en Iran est-elle née d’une menace fantôme ?

La guerre en Iran est-elle née d’une menace fantôme ?

Samedi soir, Donald Trump a publié sur son réseau social un ultimatum de guerre : si l'Iran ne rouvre pas le détroit d'Ormuz, dans les 48 heures, les Etats-Unis frapperont et anéantiront ces centrales électriques. En commençant d'ailleurs par la plus grande. Quand ...

Chronique économique

March 23, 20264m 18s

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Samedi soir, Donald Trump a publié sur son réseau social un ultimatum de guerre : si l'Iran ne rouvre pas le détroit d'Ormuz, dans les 48 heures, les Etats-Unis frapperont et anéantiront ces centrales électriques. En commençant d'ailleurs par la plus grande. Quand on sait que la plus grande installation énergétique iranienne pourrait désigner Bouchehr, la centrale nucléaire, on mesure la gravité du propos. La réponse iranienne a d'ailleurs été immédiate. Le commandement militaire a prévenu : toute attaque contre nos infrastructures entraînera des frappes sur l'ensemble des installations énergétiques, informatiques et de dessalement américaines et alliées dans le Golfe. Traduction concrète : les usines qui fournissent de l'eau potable à Riyad, Doha et Abu Dhabi sont menacées. Les data centers qui font tourner la finance régionale sont également menacés. Et quant aux nœuds numériques par lesquels transitent les ordres de bourse et surtout les flux logistiques planétaires, ils sont également en danger. Pendant que le monde fixait le détroit d'Ormuz, l'Iran a frappé Dimona, le site nucléaire israélien que personne ne nomme jamais officiellement, mais que tout le monde connaît. Donc, frapper Dimona, c'est dire à Israël : votre sanctuaire est fini, c'est l'escalade dans l'escalade. Soyons clairs, le régime iranien est une théocratie absolument brutale et personne ne peut avoir de sympathie pour ce régime. Mais la lucidité oblige au moins à poser une question : cette guerre avait-elle la moindre raison d'exister? La directrice de renseignement américain, Tulsi Gabbard, proche de Donald Trump, a reconnu devant le Sénat que l'Iran n'avait fait aucun effort pour reconstituer son programme d'enrichissement nucléaire après les frappes de juin 2025. Un autre intervenant, Joe Kent, le directeur du Centre national de contre-terrorisme, vient de démissionner il y a quelques jours en déclarant que l'Iran ne représentait aucune menace imminente. Quant au médiateur Omane, il a indiqué que les négociations avançaient plutôt bien. Même Tucker Carlson, le journaliste vedette, l'ex-journaliste vedette de Fox News, pourtant l'un des plus fervents soutiens de Trump, a qualifié cette guerre de trahison des promesses électorales. Souvenez-vous, en effet, Trump a bâti toute sa carrière politique en dénonçant les guerres de ses prédécesseurs, l'Irak de Bush, la Libye d'Obama, les fiascos de l'argent, donc jetés par les fenêtres, répétait-il. Lui, disait-il, ne ferait jamais cette erreur. Il parlait encore vendredi dernier de réduire progressivement l'opération. Car oui, Trump ne parle jamais de guerre, mais d'opération. Le voilà donc aujourd'hui, enfermé dans une escalade qu'il ne maîtrise plus face à un adversaire qu'il a visiblement sous-estimé. Et donc l'Iran ne plie pas, l'Iran frappe même Dimona, menace le Golfe tout entier et retourne la pression. On a l'impression que l'histoire bégaye. En 2003, une guerre lancée sur des mensonges a déstabilisé le Moyen-Orient pour 20 ans. Et là, en 2026, on risque une déflagration mondiale, non pas sur la base d'une menace réelle, en tout cas immédiate, mais plutôt sur base de testostérone et de calculs politiques. Le chronomètre est en train de tourner, puisque l'ultimatum expire en principe ce soir. En juin, Trump disait avoir anéanti le programme nucléaire iranien. Huit mois plus tard, il lance une nouvelle guerre pour la même raison. Aujourd’hui, son ultimatum expire à 23h44, l’Iran ne plie pas, et Trump découvre ce que tous les présidents américains finissent par découvrir au Moyen-Orient. La chronique d’Amid Faljaoui, tout de suite.​​​​​​​​​​​​​​​​ --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30.

  

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