
Choses à Savoir TECH VERTE
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En Chine, les éoliennes flottent dans l’air ?
Dans le ciel gris du Sichuan, certains ont levé la tête, un peu perplexes. Ce 11 janvier, au-dessus de la ville de Yibin, ce n’était ni un drone ni un ballon météo. Mais une éolienne. Oui, une éolienne volante. La société chinoise Beijing SAWES Energy Technology vient de tester, grandeur nature, une machine qui bouscule les codes du secteur. Oubliez les mâts géants plantés au sol. Ici, la production d’électricité prend de la hauteur. Littéralement.Sa plateforme, baptisée S2000, est construite en matériaux légers et remplie d’hélium. Elle flotte comme un dirigeable et capte les vents en altitude pour les convertir en énergie. Lors de ce vol d’essai, l’engin est monté jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du sol. Résultat : 385 kilowattheures produits, directement injectés dans le réseau local, selon le Global Times, média proche du pouvoir chinois. Après un premier modèle, le S1500, présenté il y a quelques mois, l’entreprise franchit donc un cap supplémentaire. Plus haut, plus puissant.Visuellement, la machine ressemble à un grand ballon conique de 60 mètres de long sur 40 de large. Elle est reliée au sol par un câble qui assure à la fois sa stabilité… et le transport de l’électricité. À l’intérieur, douze turbines tournent pour maximiser la production. Son concepteur assure qu’il s’agit de la première éolienne capable d’opérer au-dessus de zones urbaines. Un argument clé. Le PDG, Weng Hanke, imagine deux usages principaux : alimenter des sites isolés, comme des postes-frontières, ou compléter les parcs éoliens traditionnels dans une logique énergétique « en trois dimensions ». Car là-haut, le vent est plus fort, plus régulier. À comparer avec les éoliennes terrestres, limitées à environ 155 mètres, le gain est évident. La forme même de la S2000 joue un rôle : l’air est canalisé et compressé avant d’atteindre les turbines, ce qui améliore encore le rendement. À terme, la plateforme pourrait produire jusqu’à 3 mégawatts. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

32 entreprises responsables de 50% des émissions mondiales de CO2 ?
Pour la première fois, une année civile entière a dépassé la barre des +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. C’était l’objectif à ne pas franchir fixé par l’Accord de Paris. C’est le constat posé par Copernicus, le programme européen de référence sur le climat. Les rejets mondiaux de gaz à effet de serre ont encore progressé de 1,3 % par rapport à 2023, avec une consommation d’énergies fossiles toujours en hausse.Une étude, révélée par The Guardian, pointe des responsabilités très concentrées. Selon cette analyse, 32 entreprises de combustibles fossiles à elles seules seraient à l’origine de la moitié des émissions mondiales de CO₂ liées à la crise climatique en 2024. L’année précédente, elles étaient 36. Autrement dit : moins d’acteurs, mais toujours autant de pollution. Pour Tzeporah Berman, co-autrice du rapport et membre de l’initiative Fossil Fuel Non-Proliferation Treaty, la conclusion est sévère : un petit groupe d’entreprises domine les émissions mondiales et freine activement les politiques climatiques. La base de données Carbon Majors, qui suit 178 grands producteurs de pétrole, gaz, charbon et ciment depuis 1854, montre que les émissions ont augmenté dans toutes les régions du monde en 2024. Les entreprises asiatiques, à elles seules, représentent près d’un tiers du total.Et beaucoup de ces géants sont publics. Dix-sept des vingt plus gros émetteurs sont contrôlés par des États. Des pays comme l’Arabie saoudite, la Russie, la Chine ou l’Inde. Ce sont aussi ces mêmes États qui ont bloqué, lors de la COP30, une feuille de route vers la sortie des fossiles. À eux seuls, ils ont généré 38 % des émissions liées aux combustibles fossiles et au ciment. Les conséquences, elles, sont déjà mesurables : 213 vagues de chaleur plus intenses entre 2000 et 2023, près de la moitié du réchauffement actuel et un tiers de la hausse du niveau des mers imputables à ces émissions. Le coût économique ? Jusqu’à 3 600 milliards de dollars de pertes liées à la chaleur extrême entre 1991 et 2020. Pour l’ancienne négociatrice climat de l’ONU Christiana Figueres, ces grands émetteurs sont clairement « du mauvais côté de l’histoire ». Les investissements dans les énergies propres progressent, mais les mastodontes du carbone, eux, s’accrochent encore au passé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un constructeur d’éolienne demande 44 M€ à un petit village ?
À Puyrolland, petit village de 200 habitants près de La Rochelle, un parc éolien validé par arrêté préfectoral en octobre 2019… n’a toujours pas vu le jour. Sur le papier, le projet semblait pourtant bien engagé. Baptisé « parc des Chênaies Hautes », il devait s’implanter sur trois communes des Vals de Saintonge, un territoire déjà très convoité par la filière : en 2023, 15 % des éoliennes de Nouvelle Aquitaine y étaient concentrées. À la manœuvre, la filiale française du groupe allemand Windstrom, qui revendique plus de 470 mâts installés en Europe. Mais à Puyrolland, rien ne sort de terre. Et l’affaire a pris un virage judiciaire. L’entreprise assigne aujourd’hui la commune et une cinquantaine de propriétaires devant le tribunal civil de Saintes. Une audience procédurale se tient cette semaine, sans encore aborder le fond.Ce que reproche Windstrom ? Le refus de la mairie d’accorder les autorisations de voirie nécessaires pour acheminer sept éoliennes géantes, culminant à 180 mètres en bout de pale. Le groupe réclame des servitudes de passage, et à défaut, 44 millions d’euros pour compenser le retard du chantier, soit environ 6,5 millions par an. Pour les élus, c’est une stratégie d’intimidation. « Leur objectif est de faire peur aux administrés », accuse l’un des avocats de la commune. La bataille se joue aussi devant la justice administrative. En décembre, la cour d’appel de Bordeaux a rejeté le recours du promoteur. Celui-ci s’est pourvu en cassation devant le Conseil d’État.Le maire, Thierry Giraud, reconnaît avoir d’abord été favorable. En 2016, il signe même une promesse de bail, en échange d’aides promises pour l’église ou des chèques énergie. Mais, selon lui, rien n’a suivi. « On ne voulait pas que le sacrifice soit vain », explique-t-il. Les habitants dénoncent un « passage en force ». Aujourd’hui, ce conflit dépasse la seule question des éoliennes. Il pose celle du rapport de force entre petits territoires ruraux et grands développeurs énergétiques. « On ne peut pas s’essuyer les pieds sur les communes comme sur un paillasson », lâche le maire. En face, Windstrom défend la stabilité des projets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un ordinateur qui tourne uniquement grâce au soleil ?
Au Mobile World Congress 2025 de Barcelone, Lenovo a décidé de voir grand. Très grand, même. S’il fallait résumer l’ambition du constructeur chinois en une formule, ce serait presque une devise olympique : plus haut, plus fort… et surtout plus flexible. Parmi les curiosités dévoilées sur le salon, un prototype attire tous les regards : le ThinkPad « Flip ». À première vue, on découvre un ordinateur portable équipé d’un immense écran OLED vertical de 18,1 pouces. Un format inhabituel, taillé pour la bureautique, la lecture ou le traitement de longs documents, un peu comme si l’on travaillait sur une feuille A4 géante.Mais le plus surprenant, c’est la mécanique. L’écran peut se plier vers l’arrière et se transformer en deux dalles de 13 pouces. Une fois refermé, l’ensemble prend la forme d’une tablette 13 pouces. Pour un simple concept, la fiche technique est loin d’être symbolique : processeur Intel Core Ultra 7, 32 Go de mémoire LPDDR5X, ports Thunderbolt 4, lecteur d’empreinte digitale. Lenovo évoque cinq usages : mode ordinateur traditionnel, affichage vertical pour relire des documents, double écran pour le travail à deux, tablette pour la création, et même mode lecture sans distraction. Ce n’est pas un coup d’essai : la marque avait déjà tenté l’expérience avec le ThinkPad X1 Fold.Et Lenovo ne s’est pas arrêté là. Autre idée futuriste présentée sur le stand : le Yoga Solar PC Concept. Ici, c’est l’autonomie qui est repensée. Le dos de l’écran est recouvert de panneaux solaires affichant un rendement de 24 %. D’après le constructeur, vingt minutes en plein soleil suffiraient pour récupérer une heure de lecture vidéo. Même sans lumière directe, le système continuerait à produire un peu d’énergie pour prolonger la batterie. Pour l’instant, ces machines restent au stade expérimental. Mais elles donnent un aperçu clair des pistes explorées : écrans modulables, recharge autonome, nouveaux usages nomades. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Deux énergies renouvelables surpassent le fossile en Europe ?
C’est un petit séisme énergétique, passé presque inaperçu dans le vacarme de l’actualité. Et pourtant, le signal est fort. Selon le think tank Ember, pour la toute première fois, l’éolien et le solaire ont produit davantage d’électricité en Europe que l’ensemble des énergies fossiles en 2025. Oui, vous avez bien entendu : le vent et le soleil ont dépassé le gaz, le charbon et le pétrole réunis.Plus largement, les énergies renouvelables ont assuré plus de la moitié de la production électrique des 27 pays de l’Union européenne l’an dernier. Un basculement historique. Dans le détail, l’éolien et le solaire représentent à eux seuls 30 % du mix électrique, contre 29 % pour toutes les sources fossiles. Une inversion des courbes qui aurait semblé impensable il y a encore dix ans. Le solaire, surtout, avance à marche forcée. Il fournit désormais 13 % de l’électricité européenne, avec une progression spectaculaire de 20 % sur la seule année 2025. Certains pays tirent clairement le peloton : la Hongrie, Chypre, la Grèce, l’Espagne ou encore les Pays-Bas multiplient les installations et affichent des records de production.Ce boom peut surprendre. Car l’objectif politique affiché par Bruxelles l’an dernier n’était pas d’abord écologique, mais économique : réduire la facture énergétique des Européens. Et c’est justement là que se trouve la clé. Selon la Commission, la flambée des prix venait surtout d’une dépendance excessive aux combustibles fossiles importés, chers et volatils. Autrement dit, passer aux renouvelables n’était pas seulement un choix climatique, mais aussi un choix budgétaire. Le charbon, déjà en déclin, ne constituait plus le principal problème. Le vrai point noir, c’est désormais le gaz : coûteux, fortement émetteur de CO₂, et géopolitiquement sensible. Résultat, en voulant faire des économies, l’Europe a accéléré sa transition. Par pragmatisme plus que par idéalisme. Mais au final, le constat est le même : en 2025, le vent et le soleil ont pris l’avantage. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des hackeurs menacent l’éolien et l’hydraulique français ?
Ce n’est pas le genre de lecture qui rassure en buvant son café du matin. Jeudi, le CERT-FR, la cellule d’alerte informatique française, a publié une note qui sonne comme un avertissement clair : nos infrastructures d’énergie renouvelable et de gestion de l’eau sont devenues des cibles privilégiées pour les hacktivistes. Des militants numériques qui frappent moins pour l’argent que pour le symbole… et pour le bruit médiatique.Derrière ce constat, l’ANSSI, l’agence nationale de cybersécurité, parle d’une hausse nette des attaques visant ces installations. Et ce ne sont plus de simples tentatives théoriques. Récemment, des intrus ont réussi à prendre la main à distance sur des équipements industriels. L’épisode le plus marquant ? L’arrêt complet d’un parc éolien pendant plusieurs heures. Résultat : production stoppée, pertes financières, et un sérieux coup de stress pour l’exploitant. Éoliennes, centrales hydroélectriques, panneaux solaires, stations de pompage… tout ce qui est connecté est désormais dans le viseur. Et le plus inquiétant, c’est que les attaquants n’ont pas besoin d’outils sophistiqués. Selon le rapport, leur niveau technique est souvent basique. Leur force, c’est surtout leur capacité à transformer chaque intrusion en opération de communication, à faire le buzz pour déstabiliser leurs cibles.Le vrai talon d’Achille se trouve ailleurs : dans la sécurité minimale, parfois inexistante. Beaucoup d’installations compromises appartiennent à de très petites entreprises, voire à des particuliers, peu formés aux risques cyber. Certains équipements restent accessibles directement sur Internet, sans authentification. Parfois même avec les mots de passe d’usine jamais changés. Des protocoles industriels circulent sans chiffrement. En clair : la porte est ouverte. Face à ce constat, l’ANSSI rappelle des règles simples, presque du bon sens numérique. Filtrer les connexions par adresse IP, installer un VPN, remplacer tous les identifiants par défaut, utiliser des protocoles sécurisés comme TLS ou SSH, et appliquer les mises à jour. Des outils que la plupart des box Internet proposent déjà. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des chiffres climatiques alarmants pour 2025 ?
Pour la première fois depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, la ligne rouge a été franchie. Le seuil de +1,5 °C de réchauffement climatique, que 196 pays s’étaient engagés à ne pas dépasser, l’a été trois années de suite. C’est le constat dressé par Copernicus, l’organisme européen de surveillance du climat, dans son rapport publié le 14 janvier 2026. Après 2023 et 2024, l’année 2025 confirme cette tendance : jamais, depuis le début des mesures, une période de trois ans n’avait dépassé ce seuil symbolique.Dans le détail, 2024 demeure l’année la plus chaude jamais enregistrée, suivie de près par 2023, puis par 2025. La température moyenne mondiale a atteint 14,97 °C l’an dernier, soit près de 0,6 °C au-dessus de la moyenne observée entre 1991 et 2020. L’écart avec 2024 est faible, à peine 0,13 °C. L’Antarctique a connu sa température la plus élevée jamais mesurée, tandis que l’Arctique enregistrait la deuxième plus chaude. Même constat côté océans : hors régions polaires, la surface des mers affichait en moyenne 20,73 °C, un niveau parmi les plus élevés jamais observés.L’année 2025 n’a pas battu tous les records, mais elle a multiplié les signaux inquiétants. Janvier a été le plus chaud jamais mesuré. Plus de 90 % de la surface du globe a connu des températures supérieures à la moyenne récente, et près de la moitié des régions ont subi des anomalies très marquées. En février, l’étendue de la banquise mondiale a atteint son plus bas niveau depuis le début des observations satellites, dans les années 1970. L’Atlantique, lui aussi, a connu une chaleur record.Que signifie réellement ce seuil de +1,5 °C ? Il ne s’agit pas de la température moyenne de la planète, mais de l’augmentation par rapport à l’ère préindustrielle, entre 1850 et 1900. À cette époque, la température mondiale oscillait autour de 13,5 °C. Aujourd’hui, elle frôle les 15 °C. Pour certains scientifiques, trois années consécutives suffisent à acter l’échec de l’objectif de Paris ; d’autres estiment qu’il faudra attendre une décennie pour parler de dépassement durable. Copernicus rappelle que cette séquence exceptionnelle s’explique par la combinaison de facteurs bien connus : l’accumulation continue de gaz à effet de serre, la saturation progressive des puits naturels de carbone, et des océans anormalement chauds, notamment sous l’effet d’El Niño. Les variations naturelles jouent un rôle, mais la tendance de fond reste claire : la température mondiale grimpe, année après année, sous l’effet des activités humaines. Rien n’est pourtant irréversible. Selon les conclusions de la COP de 2024, une réduction de 43 % des émissions mondiales d’ici 2030 pourrait encore infléchir la trajectoire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Après l’électrique, la Chine et l’UE s’accordent sur l’hybride ?
La semaine dernière, Bruxelles et Pékin ont enfin esquissé une sortie de crise sur l’un des dossiers commerciaux les plus explosifs du moment : les surtaxes imposées aux véhicules électriques chinois entrant sur le marché européen. Après des mois de bras de fer, l'Union européenne et la Chine se sont entendues sur un mécanisme alternatif, destiné à remplacer les droits de douane punitifs. Un compromis fragile, qui comporte déjà une faille… mais une faille que l’Europe semble décidée à colmater rapidement.Le principe de l’accord est simple sur le papier : pour éviter des taxes élevées, les constructeurs chinois devront respecter un prix minimum de vente pour leurs voitures électriques, fixé en concertation avec les autorités européennes. En échange, ils pourront continuer à accéder au marché sans pénalités excessives, tout en s’engageant à investir localement. Problème : ce dispositif ne concerne que les modèles 100 % électriques. Les hybrides, pourtant omniprésents dans les catalogues chinois, échappent totalement au cadre. Une subtilité qui n’a pas échappé aux industriels. Comme l’a relevé le média spécialisé Automobile Propre, plusieurs marques chinoises ont déjà ajusté leur stratégie, étoffant rapidement leur offre hybride pour contourner les contraintes du nouvel accord et accélérer leur implantation en Europe. Résultat : Bruxelles se retrouve face à une brèche réglementaire trop tentante pour être ignorée.La Commission européenne envisage désormais d’intégrer les véhicules hybrides dans le périmètre du prix minimum. Objectif : rétablir une forme d’équité et éviter que l’accord ne soit vidé de sa substance. En procédant ainsi, l’exécutif européen ferait d’une pierre deux coups : fermer une échappatoire évidente et inciter davantage de constructeurs chinois à entrer dans un cadre négocié, assorti d’obligations d’investissements industriels sur le sol européen. L’enjeu est loin d’être théorique. Aujourd’hui, les marques chinoises représentent déjà plus de 5 % des ventes automobiles en Europe. Les projections les plus prudentes les placent au-delà de 10 % avant 2030. Dans ce contexte, chaque détail réglementaire compte.Reste que la négociation s’annonce délicate. Le climat géopolitique est tendu, et l’Europe avance sur une ligne de crête. Entre la pression commerciale venue de Pékin et les incertitudes liées à l’attitude de l’administration américaine — toujours marquée par l’héritage protectionniste de Donald Trump — Bruxelles doit arbitrer sans donner l’impression de subir. Une chose est sûre : sur le dossier automobile, la partie est loin d’être terminée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Une batterie « radioactive sans danger » ?
Le nucléaire reste la colonne vertébrale de la production électrique française. Une énergie massive, pilotable, peu émettrice de CO₂. Mais avec un revers bien connu : des déchets radioactifs dont la dangerosité s’étale sur des durées vertigineuses. Parmi les radiations qu’ils émettent, il y a les rayons gamma, extrêmement pénétrants, aujourd’hui surtout exploités en médecine, notamment pour l’imagerie et certains traitements. Et si ces rayons pouvaient aussi produire de l’électricité ?C’est précisément la piste explorée par des chercheurs de Ohio State University, qui viennent de publier leurs travaux dans la revue Optical Materials: X. Leur idée : concevoir une batterie capable de transformer les rayonnements gamma en énergie électrique. Attention, on est encore loin de recharger une voiture électrique ou un smartphone. La puissance générée se compte en microwatts. Mais pour alimenter des capteurs autonomes, le concept est déjà opérationnel. Le dispositif repose sur un principe en deux temps. D’abord, les rayons gamma traversent des cristaux dits « scintillateurs », capables de convertir le rayonnement ionisant en lumière visible. Ensuite, cette lumière est captée par une cellule photovoltaïque classique, qui la transforme en courant électrique. Le prototype mis au point par l’équipe américaine est minuscule : à peine 4 centimètres cubes. Placé à proximité d’une source de césium-137, il a produit 288 nanowatts. Avec du cobalt-60, plus énergique, la puissance grimpe à 1,5 microwatt.Ces chiffres peuvent sembler anecdotiques, mais ils ouvrent une voie nouvelle. Cette batterie ne contient aucun matériau radioactif : elle se contente d’exploiter le rayonnement ambiant. Elle peut donc être manipulée sans risque et fonctionner pendant des années sans maintenance, tant que la source gamma est présente. Dans l’esprit des chercheurs, l’application est claire : alimenter des capteurs installés près de sites de stockage de déchets nucléaires, là où l’accès humain est limité et où remplacer des batteries classiques est coûteux et contraignant. Les prochaines étapes sont déjà identifiées. Augmenter la taille du dispositif pour gagner en puissance, mais surtout optimiser la forme, la composition et l’agencement des cristaux scintillateurs afin d’améliorer le rendement. À plus long terme, les scientifiques imaginent aussi des usages dans des environnements extrêmes : exploration spatiale, fonds marins, ou systèmes nucléaires isolés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Quelles sont les percées énergétiques en 2026 ?
La COP 30 l’a rappelé avec une certaine brutalité : la bonne volonté ne suffira pas à tenir les Accords de Paris. Pour sortir réellement des énergies fossiles, il faudra des solutions technologiques solides, déployables à grande échelle. Bonne nouvelle : sur ce terrain, la recherche avance vite, parfois très vite.Prenons le solaire. Les panneaux photovoltaïques classiques, majoritairement en silicium, butent sur une limite physique : ils ne captent pas l’ensemble du spectre lumineux du Soleil. Résultat, leur rendement plafonne autour de 25 %. Pour dépasser ce seuil, les chercheurs misent désormais sur des cellules hybrides, dites « tandem », associant silicium et pérovskite. La pérovskite absorbe très efficacement la lumière bleue, tandis que le silicium se charge des longueurs d’onde plus élevées. Chacun fait ce qu’il sait faire de mieux. Selon une étude publiée dans la revue Nature, ces cellules atteignent déjà près de 34 % de rendement en laboratoire. Les premières versions commerciales sont attendues dès cette année, ouvrant la voie à un solaire plus performant, mais aussi plus léger et potentiellement portable.Reste une question centrale : que faire de l’électricité quand le soleil ne brille pas ? Le stockage demeure le talon d’Achille des renouvelables. Les batteries lithium-ion dominent le marché, mais elles sont peu adaptées au stockage de longue durée. De nouvelles pistes émergent. Les batteries fer-air, développées notamment par la société américaine Form Energy, promettent jusqu’à 100 heures de stockage continu. Leur production a démarré en 2025 et doit monter en puissance cette année. Autre alternative sérieuse : le sodium-ion. Moins cher, plus abondant et plus sûr que le lithium, ce type de batterie entre en production de masse chez le géant chinois CATL dès cette année.Enfin, il y a le Graal énergétique : la fusion nucléaire. Les progrès sont réels, mais un verrou majeur subsiste : le tritium. Aujourd’hui, seuls quelques dizaines de kilos sont disponibles dans le monde, alors qu’un réacteur de fusion d’un gigawatt en consommerait jusqu’à 60 kilos par an. Pour résoudre cette équation, les laboratoires nucléaires canadiens et l’entreprise Kyoto Fusioneering lancent le projet Unity-2 en 2026. Objectif : créer une boucle fermée de production et de recyclage du tritium. Une étape indispensable pour espérer, un jour, faire de la fusion une source d’énergie propre, continue et réellement exploitable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La NASA accélère pour son réacteur nucléaire sur la Lune ?
Alors que les États-Unis s’apprêtent à renouer concrètement avec l’orbite lunaire, la NASA affine patiemment les contours de son programme Artemis. L’objectif ne se limite plus à planter un drapeau sur la Lune : il s’agit désormais d’y rester. Et rester implique une question centrale, presque triviale sur Terre mais cruciale à 380 000 kilomètres d’ici : comment produire de l’énergie de manière fiable et durable ? Parmi les options étudiées, le nucléaire s’impose de plus en plus comme une solution crédible.L’idée ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, l’agence spatiale américaine travaille sur des systèmes de fission nucléaire capables d’alimenter une ou plusieurs installations lunaires. Mais le calendrier s’est brutalement accéléré en décembre dernier, lorsque Donald Trump a signé un décret relançant officiellement l’ambition lunaire américaine : un retour d’astronautes sur le sol sélène dès 2028, puis l’installation d’un réacteur nucléaire à l’horizon 2030. Un cap politique clair, désormais assorti d’engagements concrets.Le 13 janvier, la NASA a ainsi signé un protocole d’accord avec le Department of Energy. Objectif : coordonner les efforts et tenir ce délai particulièrement ambitieux. Pour Jared Isaacman, administrateur de l’agence, le choix est presque évident : « Pour bâtir des infrastructures durables sur la Lune et préparer le chemin vers Mars, l’énergie nucléaire n’est pas une option parmi d’autres, c’est une nécessité. » Contrairement au solaire, dépendant de cycles jour-nuit extrêmes et de longues éclipses, un réacteur à fission peut fournir une électricité stable, continue, pendant des années, sans ravitaillement.Cette course énergétique lunaire ne se joue pas en solitaire. La Chine affiche des ambitions comparables et prévoit elle aussi une base lunaire alimentée par un réacteur nucléaire. Pékin a déjà annoncé plusieurs missions préparatoires, dont une étape clé programmée dès cette année, signe que la compétition technologique et stratégique s’intensifie. Côté américain, l’échéance se rapproche. Dans les prochaines semaines, les astronautes Jeremy Hansen, Victor Glover, Reid Wiseman et Christina Koch embarqueront à bord du vaisseau Orion pour une mission de dix jours autour de la Lune. Un vol sans alunissage, mais hautement symbolique : il servira de répétition générale avant le retour officiel de l’humanité sur la surface lunaire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La charge rapide ne détruit pas les batteries finalement ?
Faut-il redouter la recharge rapide quand on roule en électrique ? La question revient sans cesse, à mesure que les bornes ultrapuissantes se multiplient sur les routes. Pour y voir clair, Geotab, spécialiste de la gestion de flottes connectées, a publié une étude d’ampleur fondée sur les données de 22 700 véhicules électriques. Verdict : les batteries tiennent plutôt bien le choc, même si les recharges express ne sont pas totalement neutres.Premier enseignement : la perte moyenne de capacité atteint aujourd’hui 2,3 % par an. C’est un peu plus qu’en 2024, où Geotab mesurait 1,8 %. Cette hausse s’explique par des usages plus intensifs : davantage de kilomètres parcourus, plus de bornes rapides utilisées, et des véhicules désormais pleinement intégrés à la vie quotidienne. Concrètement, une batterie de 60 kWh qui descend à 80 % de santé équivaut encore à 48 kWh disponibles. L’autonomie baisse progressivement, mais reste largement suffisante pour les trajets courants. Rien d’alarmant, donc. Pour Charlotte Argue, responsable de la mobilité durable chez Geotab, « les batteries conservent des performances solides bien au-delà des horizons de remplacement souvent anticipés par les flottes ». L’analyse couvre 21 marques et modèles suivis sur plusieurs années grâce à la télématique embarquée.Le point sensible reste la recharge rapide. Les véhicules qui s’y appuient majoritairement, à plus de 100 kW, peuvent voir la dégradation grimper jusqu’à 3 % par an. À l’inverse, ceux qui privilégient la recharge lente à domicile tournent autour de 1,5 %. Faut-il alors bannir les bornes rapides ? Pas vraiment. Pour les professionnels et les gros rouleurs, le gain de temps et la meilleure disponibilité des véhicules compensent largement l’usure légèrement supérieure, au point de réduire le coût total par kilomètre sur la durée de vie.D’autres facteurs jouent, mais restent secondaires : le climat chaud ajoute environ 0,4 % de dégradation annuelle, l’usage intensif 0,8 %. La puissance de recharge demeure donc le levier principal. Bonne nouvelle : quelques ajustements suffisent. L’étude démonte au passage plusieurs idées reçues. Charger de presque vide à presque plein n’est pas un problème en soi. Ce qui fatigue vraiment la batterie, c’est de la laisser longtemps, et souvent, au-delà de 80 % ou en-dessous de 20 %. En clair, inutile de s’angoisser : rechargez doucement quand c’est possible, rapidement quand c’est nécessaire. Comme le résume Charlotte Argue, « tout est question d’équilibre entre contraintes opérationnelles et santé de la batterie ». Les données embarquées font le reste, pour ajuster ses habitudes sans se compliquer la vie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’entraînement des IA bientôt ultra-économe grâce aux « impulsions » ?
L’intelligence artificielle générative repose aujourd’hui sur l’apprentissage profond, une technique qui imite, de loin, le fonctionnement du cerveau humain à l’aide de réseaux neuronaux artificiels. Mais là où notre cerveau se montre d’une sobriété remarquable, ces réseaux numériques se révèlent particulièrement gourmands en énergie, surtout lors de la phase d’entraînement, quand les modèles apprennent à reconnaître des images, du texte ou des sons. Un talon d’Achille bien connu, à l’heure où l’empreinte énergétique de l’IA inquiète de plus en plus.C’est précisément sur ce point que se sont penchés des chercheurs de l’Université de Bonn. Leur travail, publié dans la revue scientifique Physical Review Letters, explore une piste alternative : les réseaux de neurones à impulsions artificiels, appelés SNN pour Spiking Neural Networks. Une approche inspirée beaucoup plus directement du vivant. Dans le cerveau biologique, les neurones ne transmettent pas de signaux continus. Ils communiquent par de brèves impulsions électriques, envoyées uniquement lorsque cela est nécessaire. À l’inverse, les réseaux neuronaux classiques utilisés en IA fonctionnent en flux permanent, ce qui explique en grande partie leur appétit énergétique. Les SNN, eux, ne déclenchent une activité que lorsqu’un seuil est franchi. Résultat : une consommation potentiellement bien plus faible.Jusqu’à présent, un obstacle majeur freinait leur adoption. Dans les réseaux classiques, l’apprentissage repose sur l’ajustement progressif de l’intensité des connexions entre neurones : on passe par exemple de 0,9 à 0,8. Or, dans un réseau à impulsions, pas de demi-mesure : soit le neurone émet une impulsion, soit il reste silencieux. Impossible, pensait-on, d’y appliquer les méthodes d’entraînement traditionnelles. C’est là que l’équipe de Bonn a fait une découverte clé. Si l’intensité d’une impulsion ne peut pas varier, son timing, lui, le peut. Plus la connexion entre deux neurones est forte, plus l’impulsion est émise rapidement. En jouant sur cette temporisation, les chercheurs ont montré qu’il est possible d’ajuster l’influence d’un neurone sur un autre, et donc d’entraîner le réseau. « Nous pouvons utiliser les mêmes méthodes d’apprentissage conventionnelles, très efficaces, sur les réseaux à impulsions que nous avons étudiés », explique Christian Klos, l’un des auteurs.Les premiers résultats sont prometteurs : le réseau a déjà appris à reconnaître des chiffres manuscrits. Prochaine étape annoncée : la reconnaissance vocale. Si ces travaux se confirment à grande échelle, ils pourraient ouvrir la voie à des intelligences artificielles bien plus sobres, capables d’apprendre en consommant nettement moins d’énergie. Un changement discret, mais potentiellement décisif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Meta signe le plus gros accord énergétique de la tech ?
L’intelligence artificielle a un appétit vorace, et Meta a décidé d’y répondre avec une énergie qui ne connaît ni intermittence ni demi-mesure : le nucléaire. Pour alimenter ses data centers et ses supercalculateurs, le groupe de Meta vient de conclure trois accords majeurs aux États-Unis, mêlant prolongation de centrales existantes et financement de réacteurs de nouvelle génération. Objectif : sécuriser, sur plusieurs décennies, l’électricité nécessaire à ses ambitions dans l’IA.Premier pilier de cette stratégie, un partenariat avec TerraPower, la société fondée par Bill Gates. Meta va soutenir le développement de huit réacteurs Natrium, capables de monter jusqu’à 2,8 gigawatts de puissance, assortis de 1,2 gigawatt de stockage intégré. Les deux premières unités pourraient fournir 690 mégawatts dès 2032, les six suivantes devant entrer en service d’ici 2035. Ces réacteurs se distinguent par une conception pensée pour la flexibilité : plus sûrs, plus réactifs face aux variations de demande, et plus faciles à intégrer au réseau existant.Deuxième axe, l’alliance avec Oklo, spécialiste des petits réacteurs modulaires. L’entreprise prévoit de bâtir un véritable campus nucléaire dans le comté de Pike, dans l’Ohio. À terme, jusqu’à 1,2 gigawatt pourraient être injectés dans le réseau PJM dès 2030. Mais l’accord le plus spectaculaire concerne trois centrales nucléaires vieillissantes exploitées par Vistra : Perry et Davis-Besse, dans l’Ohio, et Beaver Valley, en Pennsylvanie. Menacées de fermeture, elles bénéficieront d’un contrat d’achat d’électricité sur vingt ans, garantissant 2,1 gigawatts stables, assortis d’extensions de capacité totalisant 433 mégawatts. Une puissance supplémentaire qui profitera à l’ensemble du réseau régional.Toute cette énergie converge vers une cible bien précise : Prometheus, le méga-centre de calcul IA de Meta à New Albany, appelé à fonctionner en continu. Contrairement aux renouvelables, le nucléaire offre un courant constant, indispensable pour entraîner des modèles d’IA à grande échelle. Meta insiste sur un point : l’entreprise finance intégralement ces accords, sans faire peser la charge sur les consommateurs locaux. Mieux, les nouvelles capacités ajoutées pourraient contribuer à stabiliser les prix de l’électricité et créer des milliers d’emplois. Avec cet investissement hors norme, complété par un précédent accord avec Constellation Energy pour prolonger la centrale de Clinton dans l’Illinois, Meta s’impose désormais comme l’un des moteurs privés du renouveau nucléaire américain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La France promet de détruire les polluants éternels (PFAS) ?
Assainir un terrain pollué sans le retourner à coups de pelleteuse ni faire défiler des centaines de camions : c’est la promesse affichée par MP Geotex, présente cette semaine au CES Las Vegas. La PME française y dévoile MP Cocoon, une technologie de dépollution in situ qui entend changer la logique classique du secteur, y compris face aux PFAS, ces fameux « polluants éternels » devenus un casse-tête sanitaire et réglementaire.Traditionnellement, dépolluer un sol revient à l’extraire, le transporter, puis le traiter ailleurs. Une méthode lourde, coûteuse et très émettrice de carbone. MP Geotex prend le problème à l’envers. Son dispositif encapsule les terres contaminées directement sur place et déclenche une série de traitements ciblés pour neutraliser les polluants, sans déplacer la moindre pelletée. Le cœur du système repose sur un géosynthétique issu de cinq années de recherche : il isole le sol, empêche toute migration des contaminants et crée ce que l’entreprise appelle une « cellule intelligente ».À l’intérieur, plusieurs leviers agissent simultanément. Les polluants biodégradables sont traités par des mécanismes biologiques et fongiques. Les substances les plus persistantes, comme les métaux lourds ou les PFAS, sont capturées grâce à des biocharbons et des médias techniques capables de les fixer durablement. Un réseau d’oxygénation maintient l’activité biologique dans la durée, garantissant un traitement en profondeur. Pour Patrice Cheval, dirigeant du groupe Sapiens, maison mère de MP Geotex, l’enjeu est clair : « Il est désormais possible de dépolluer efficacement sans déplacer des milliers de tonnes de terre. L’innovation environnementale doit être pragmatique et immédiatement utile aux territoires. »L’intérêt économique est évident. En supprimant les opérations d’excavation et de transport, les coûts fondent, tout comme les délais. Un terrain traité avec MP Cocoon peut redevenir exploitable bien plus rapidement, un argument de poids pour les aménageurs et les collectivités. Sur le plan environnemental, le gain est tout aussi net : moins de camions, moins d’énergie consommée, et une empreinte carbone fortement réduite. Avec cinq millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, MP Geotex voit plus loin que l’Hexagone. En venant à Las Vegas, l’entreprise affiche clairement ses ambitions internationales. Elle espère convaincre les grands acteurs de l’ingénierie environnementale et imposer MP Cocoon comme une référence mondiale, à l’heure où la réglementation sur les PFAS se durcit partout dans le monde. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Pourquoi la Chine déverse du sable dans l’océan depuis 12 ans ?
Tout commence à la fin de l’année 2013. Dans une relative discrétion, la Chine lance alors l’un des plus vastes chantiers maritimes de l’histoire contemporaine : le remblaiement massif de récifs coralliens dans les archipels de îles Spratleys et des îles Paracels. En moins de vingt mois, entre décembre 2013 et juin 2015, Pékin transforme sept récifs en terres émergées. Le bilan est spectaculaire : plus de 12 kilomètres carrés de surfaces artificielles créées, soit dix-sept fois plus que l’ensemble des revendications territoriales cumulées de ses voisins sur quarante ans, selon les autorités américaines.Depuis, la dynamique ne s’est jamais vraiment interrompue. Les nouvelles îles sont progressivement durcies : pistes d’atterrissage, ports en eau profonde, hangars, radars et infrastructures militaires s’y succèdent. Les images satellites accessibles via Google Earth offrent un témoignage saisissant : on y voit littéralement la mer reculer, remplacée par du béton et de l’asphalte. La technique, elle, est simple mais redoutablement efficace : dragage du fond marin, pompage des sédiments, confinement par digues, compactage industriel, puis aménagements lourds. Une démonstration de puissance logistique assumée.Officiellement, Pékin plaide un usage civil : secours en mer, recherche scientifique, pêche, sécurité de la navigation, observation météorologique. Et, en filigrane, une capacité de défense « si nécessaire ». Un discours qui peine à convaincre. Les Philippines, le Vietnam, Taïwan ou encore le Japon y voient une stratégie d’appropriation unilatérale d’eaux disputées. Tokyo parle même d’une projection militaire permanente capable de contrôler l’ensemble de la mer de Chine méridionale. Les analyses du Center for Strategic and International Studies vont dans le même sens : sans ces îles artificielles, la présence chinoise durable dans la région serait beaucoup plus fragile.Mais derrière les enjeux militaires, un autre bilan s’impose : l’impact environnemental. Entre 12 et 18 kilomètres carrés de récifs coralliens, parmi les plus riches de la zone, ont été détruits. Les panaches de sédiments étouffent la vie marine bien au-delà des chantiers. Même certaines études chinoises reconnaissent un effondrement local des écosystèmes. Pékin, de son côté, relativise et renvoie la responsabilité vers le changement climatique global. Résultat : une mer artificiellement remodelée, devenue à la fois front stratégique et cimetière écologique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un avion électrique pour trajet court arrive en France ?
À mesure que la pression climatique s’intensifie, l’aviation se retrouve face à une équation redoutable : continuer à relier les territoires sans aggraver son empreinte carbone. Hydrogène, électrification totale, nouvelles architectures… les pistes se multiplient pour tenter de réinventer le transport aérien. Contrairement à une idée reçue, le développement du rail et des transports publics ne suffit pas à couvrir tous les besoins. Dans de nombreuses régions enclavées, peu denses ou montagneuses, l’avion reste parfois la seule option viable. Encore faut-il qu’il devienne plus propre, plus silencieux et économiquement accessible, sans exiger d’infrastructures lourdes.C’est précisément sur ce créneau que se positionne Eenuee, une start-up fondée en 2019 en région stéphanoise. Son ambition : électrifier l’aviation régionale avec un appareil certifiable, efficace et discret. Il y a quelques jours, l’entreprise a annoncé un partenariat stratégique avec Duqueine Group, spécialiste reconnu des matériaux composites. Objectif : accélérer le développement du Gen-e, un avion régional 100 % électrique, dont le premier vol est attendu à l’horizon 2029.Le cahier des charges est clair. L’appareil doit embarquer 19 passagers, afficher une autonomie d’environ 500 kilomètres en mode tout électrique et desservir des liaisons aujourd’hui délaissées par les compagnies traditionnelles faute de rentabilité. Autre atout : il pourra opérer depuis des infrastructures existantes, sans nécessiter la construction de nouveaux aéroports ou d’équipements coûteux. Pour des territoires comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, où la topographie complique les déplacements, cette promesse de désenclavement à faible impact carbone est loin d’être anecdotique.Mais l’innovation ne s’arrête pas à la propulsion. Eenuee et Duqueine parient sur une architecture dite de « fuselage porteur ». Plus complexe à concevoir qu’un fuselage tubulaire classique, cette structure permet d’améliorer les performances aérodynamiques et l’efficacité énergétique globale. À cela s’ajoute un concept encore plus audacieux : une version capable de décoller et d’atterrir sur l’eau. Grâce à des hydrofoils — des ailes immergées générant de la portance — l’appareil réduit drastiquement les frottements au décollage, à la manière des bateaux de course.Cette polyvalence ouvre des perspectives commerciales inédites. L’avion pourrait opérer indifféremment depuis une piste ou un plan d’eau, sans démontage, ce qui le rend particulièrement attractif pour des régions comme l’Asie du Sud-Est, la Scandinavie ou le Canada. Contrairement aux hydravions classiques, coûteux à entretenir et limités à l’eau, le Gen-e promet des coûts d’exploitation réduits et une grande flexibilité. Une tentative sérieuse de prouver que l’aviation régionale peut encore avoir un avenir… à condition de le repenser en profondeur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Xiaomi affole les compteurs avec ses voitures électriques ?
Xiaomi poursuit son ascension éclair dans l’automobile électrique. Le groupe chinois a publié ses chiffres pour l’exercice 2025 et le cap symbolique est franchi : plus de 400 000 véhicules électriques ont été livrés en un an. Rien que sur le mois de décembre 2025, 50 000 unités ont quitté les chaînes, venant s’ajouter aux 361 625 véhicules écoulés entre janvier et novembre. Une performance qui confirme que Xiaomi n’est plus un simple outsider, mais un acteur industriel désormais installé.Derrière ce total flatteur se cache toutefois un déséquilibre marqué entre les modèles. La berline SU7, premier véhicule de la marque lancé en mars 2024, montre des signes d’essoufflement. En novembre 2025, elle s’est écoulée à 12 520 exemplaires. À l’inverse, le SUV YU7, arrivé sur le marché en juin 2025 pour aller chasser sur les terres du Tesla Model Y, affiche une dynamique spectaculaire : 33 729 livraisons sur le même mois. En six mois à peine, le YU7 a dépassé les 150 000 véhicules livrés, illustrant un basculement clair de la demande vers les SUV. À volumes comparables, la berline accuse désormais un retard de près de 63 % face à son grand frère utilitaire.Pour 2026, Xiaomi prépare un tournant stratégique. Le constructeur annonce l’arrivée de deux nouveaux modèles hybrides reposant sur une architecture EREV, pour « Extended Range Electric Vehicles ». Au programme : un grand SUV sept places et un SUV compact cinq places. Le principe diffère du tout électrique : un moteur thermique embarqué ne sert pas à entraîner les roues, mais agit comme générateur afin de recharger la batterie en roulant. Cette solution permet d’étendre fortement l’autonomie, au prix d’une mécanique plus complexe que celle des plateformes 100 % électriques SU7 et YU7. La berline SU7 n’est pas abandonnée pour autant. Un restylage est prévu en 2026, accompagné d’une déclinaison dite « executive », dont les caractéristiques techniques restent encore confidentielles.Côté distribution, Xiaomi reste pour l’instant concentré sur son marché domestique. Au 31 décembre 2025, le groupe comptait 477 points de vente dans 138 villes chinoises, ainsi que 264 centres de service après-vente. L’international est toutefois dans le viseur. Une arrivée en Europe est annoncée pour 2027, avec des essais déjà en cours en Allemagne afin de valider les normes de sécurité et d’homologation. Une étape indispensable avant de transformer ce succès chinois en ambition mondiale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un soleil artificiel construit aux Émirats arabes unis ?
C’est une annonce qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’énergie solaire à grande échelle. Dans le désert d’Abou Dhabi, un projet inédit ambitionne de produire de l’électricité solaire en continu, jour et nuit, toute l’année. Baptisée Khazna Solar PV, cette méga-centrale est développée conjointement par Masdar, Engie et Emirates Water and Electricity Company. Sa mise en service est prévue pour 2027.Le pari est audacieux : fournir 1,5 gigawatt d’électricité décarbonée 24 heures sur 24, sans intermittence. À ce jour, aucun site solaire au monde n’a atteint un tel niveau de production continue à cette échelle. Pour y parvenir, Khazna Solar PV repose sur une combinaison massive de production et de stockage. Le site accueillera environ trois millions de panneaux photovoltaïques, capables de générer jusqu’à 5,2 GW en pointe, couplés à un système de batteries de 19 gigawattheures. Il s’agira, lors de sa mise en service, du plus vaste dispositif de stockage par batteries jamais déployé pour une centrale solaire.Cette capacité de stockage est la clé du projet. L’énergie produite le jour sera emmagasinée, puis restituée la nuit ou lors des périodes de moindre ensoleillement. Une architecture pensée pour lever l’un des principaux freins historiques du solaire : son caractère intermittent. Selon les promoteurs du projet, l’installation pourra alimenter environ 160 000 foyers aux Émirats arabes unis et éviter chaque année l’émission de plus de 2,4 millions de tonnes de CO₂, l’équivalent du retrait de près de 470 000 véhicules thermiques de la circulation.Khazna Solar PV s’appuie également sur une forte couche numérique. Les panneaux seront équipés de systèmes de suivi solaire, ajustant automatiquement leur orientation. Des capteurs connectés et des outils d’analyse de données surveilleront en temps réel les performances, la météo et l’état des équipements. Des robots assureront le nettoyage des panneaux, un enjeu crucial dans un environnement désertique. Au-delà du projet lui-même, les partenaires veulent démontrer qu’un modèle solaire pilotable, fiable et reproductible est désormais possible. À l’heure où la demande mondiale d’électricité explose, notamment sous l’effet des centres de données et de l’intelligence artificielle, Khazna Solar PV pourrait bien servir de vitrine à une nouvelle génération d’infrastructures solaires capables de rivaliser avec les sources d’énergie pilotables traditionnelles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

200 000 milliards $ pour « vaincre » le réchauffement climatique ?
Depuis quelques années, une idée jusque-là cantonnée à la science-fiction gagne du terrain dans certains cercles scientifiques et industriels : tenter de freiner le réchauffement climatique non pas en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, mais en agissant directement sur le climat lui-même. Cette approche porte un nom : la géo-ingénierie. Et l’une de ses pistes les plus controversées consiste à injecter des particules dans l’atmosphère pour réfléchir une partie du rayonnement solaire.Le principe n’est pas totalement théorique. Lors de grandes éruptions volcaniques, le dioxyde de soufre projeté dans la stratosphère forme un voile d’aérosols qui refroidit temporairement la planète. Certains chercheurs envisagent donc de reproduire artificiellement ce phénomène. Problème : le dioxyde de soufre est loin d’être anodin. Il peut fragiliser la couche d’ozone, modifier les régimes de précipitations et provoquer des pluies acides. Autant de risques qui font hésiter une partie de la communauté scientifique.C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs s’est demandé s’il existait de meilleures alternatives. Dans une étude publiée dans Geophysical Research Letters, ils ont testé, à l’aide d’un modèle climatique en trois dimensions, plusieurs types de particules susceptibles d’être injectées dans l’atmosphère. Parmi elles : la calcite, l’aluminium, le carbure de silicium… et même la poussière de diamant. Sur le papier, le diamant coche beaucoup de cases. Il réfléchit efficacement la lumière et la chaleur, se disperse sans s’agglomérer, reste suffisamment longtemps dans l’atmosphère et, surtout, il est chimiquement inerte, ce qui limiterait les risques de réactions indésirables comme les pluies acides. Selon les simulations, injecter chaque année cinq millions de tonnes de poussière de diamant pendant quarante-cinq ans permettrait de faire baisser la température moyenne mondiale d’environ 1,6 °C.Mais le rêve s’arrête net au moment de sortir la calculatrice. Une telle opération coûterait près de 200 000 milliards de dollars. À titre de comparaison, la transition vers une économie bas carbone est estimée à moins de 10 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. La conclusion est sans appel : si la géo-ingénierie fascine par son audace, elle apparaît aujourd’hui comme une solution démesurément coûteuse et risquée. De quoi rappeler que, face au dérèglement climatique, réduire les émissions reste, de loin, l’option la plus réaliste. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'énergie renouvelable est plus rentable que le fossile ?
Comme le rappelle le secrétaire général de Nations unies, la transition énergétique n’avance pas seulement à coups de discours écologiques : elle est d’abord guidée par l’argent. Et, pour une fois, les logiques financières et climatiques semblent s’aligner. En 2024, les énergies renouvelables ont franchi un cap décisif : elles sont devenues, tout simplement, plus rentables que les énergies fossiles.Les chiffres traduisent ce basculement. En un an, entre 2023 et 2024, la capacité mondiale de production d’énergies renouvelables a progressé de 20 %. Les investissements dans les énergies dites propres ont dépassé les 2 000 milliards de dollars, un record historique. Surtout, le différentiel de coûts s’est creusé : produire de l’électricité solaire coûte désormais 41 % moins cher que de recourir aux énergies fossiles. L’éolien fait encore mieux, avec un coût inférieur de 53 %. Résultat : 90 % des nouvelles capacités renouvelables installées dans le monde sont aujourd’hui plus compétitives que le charbon, le pétrole ou le gaz.Cette dynamique a déjà des effets visibles. Les énergies renouvelables assurent désormais environ un tiers de la production mondiale d’électricité. Un seuil symbolique, qui marque l’entrée dans ce que l’ONU qualifie de « nouvelle ère énergétique ». Loin d’être un pari risqué ou une contrainte réglementaire, le renouvelable est devenu un choix rationnel pour les investisseurs, soucieux de rendement et de stabilité à long terme.Selon les Nations unies, ce mouvement est désormais difficile à enrayer. « L’âge des énergies fossiles s’effondre un peu plus chaque jour », résume l’organisation. Sans nier les résistances politiques ni les tensions géopolitiques autour de l’énergie, l’ONU estime que la transition est engagée sur une trajectoire irréversible. Non pas parce que le monde serait soudainement devenu vertueux, mais parce que l’économie a changé de camp. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

De l’hydrogène sous nos pieds pour 170 000 ans ?
Il n’existerait pas d’hydrogène à l’état naturel sur Terre : pendant longtemps, cette idée a fait figure de vérité scientifique. Et pourtant, les faits racontent une autre histoire. Dès le début du XXᵉ siècle, des émanations d’hydrogène ont été observées en France. À partir des années 1970, les chercheurs commencent à identifier, un peu partout sur la planète, des poches d’hydrogène naturel – désormais baptisé hydrogène blanc – depuis les fonds océaniques jusqu’à la croûte continentale. Longtemps restées marginales, ces découvertes prennent aujourd’hui une tout autre dimension.Car dans un monde engagé dans une course contre la montre pour décarboner ses économies, l’hydrogène naturel apparaît comme une ressource providentielle. L’hydrogène industriel actuel, dit « gris », est produit à partir de ressources fossiles et génère près de dix kilos de CO₂ pour chaque kilo d’hydrogène. Un hydrogène bas carbone pourrait, lui, transformer l’industrie, les transports, voire la production d’électricité. Résultat : la ruée est lancée. Des forages exploratoires sont en cours en Australie et aux États-Unis. En France, plusieurs permis ont été délivrés, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes. Plus spectaculaire encore : l’annonce récente d’un gisement estimé à 46 millions de tonnes d’hydrogène naturel dans le sous-sol de la Moselle. À titre de comparaison, la consommation mondiale d’hydrogène atteignait environ 90 millions de tonnes en 2022.C’est dans ce contexte que des chercheurs de l'University of Oxford, de l’University of Durham et de l’University of Toronto publient des travaux majeurs. Leur étude identifie les conditions géologiques nécessaires à la formation et à l’accumulation de l’hydrogène blanc. Et leur conclusion est vertigineuse : les environnements favorables seraient répandus à l’échelle mondiale, avec un potentiel capable de couvrir nos besoins énergétiques pendant… 170 000 ans. Les chercheurs expliquent désormais comment l’hydrogène se forme, migre à travers les roches et se retrouve piégé, mais aussi ce qui peut le faire disparaître, comme certains microbes qui s’en nourrissent. Ces avancées offrent une véritable feuille de route aux industriels de l’exploration. Tout n’est pas encore connu : l’efficacité exacte des réactions chimiques ou l’influence de l’histoire géologique restent à préciser. Mais l’essentiel est là. « Trouver de l’hydrogène, c’est comme réussir un soufflé », résume le géochimiste Chris Ballentine : il faut les bons ingrédients, au bon moment. Une recette que la science commence enfin à maîtriser, ouvrant la voie à une nouvelle ère énergétique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’IA beaucoup plus économe grâce à un nouvel isolant ?
Pour faire tourner l’intelligence artificielle, il ne suffit pas d’aligner des serveurs. Il faut surtout les refroidir. Et c’est là que le bât blesse. Selon un rapport de l’International Energy Agency, les centres de données ont consommé 415 térawattheures d’électricité dans le monde en 2024, soit quasiment l’équivalent de la consommation annuelle de la France. D’ici 2030, cette demande pourrait plus que doubler, pour atteindre 945 TWh, portée en grande partie par l’explosion des usages liés à l’IA. Une trajectoire énergivore, qui interroge la soutenabilité à long terme du modèle actuel.Face à ce mur énergétique, des chercheurs explorent des pistes radicalement nouvelles. À l’University of Houston, une équipe du département d’ingénierie biomoléculaire vient de mettre au point un matériau inédit pour les puces électroniques. Il s’agit d’un isolant bidimensionnel ultrafin, dit « Low-K », c’est-à-dire à faible constante diélectrique. Concrètement, ce matériau ne conduit pas l’électricité, mais laisse circuler les forces électrostatiques nécessaires au fonctionnement des circuits.Pourquoi est-ce crucial ? Parce que dans les puces actuelles, une grande partie de la chaleur provient justement des interférences électriques entre composants. En réduisant ces interactions parasites, cet isolant permet aux processeurs de fonctionner à haute vitesse tout en produisant beaucoup moins de chaleur. Résultat : des serveurs plus efficaces, qui nécessitent moins de refroidissement, donc moins d’électricité, sans sacrifier les performances. Pour fabriquer ces films Low-K, les chercheurs ont utilisé une technique appelée « polymérisation interfaciale synthétique », popularisée notamment par le chimiste Omar M. Yaghi, prix Nobel de chimie 2025. Le principe : assembler des briques moléculaires légères, comme le carbone, un peu à la manière d’un jeu de Lego à l’échelle atomique. On obtient ainsi des feuillets cristallins ultrarésistants, capables de supporter des températures élevées tout en maintenant une excellente stabilité électrique.Ces nouveaux isolants offrent un double avantage. D’un côté, ils améliorent la dissipation thermique dans les centres de données dédiés à l’IA. De l’autre, ils pourraient à terme bénéficier à toute l’électronique grand public, des smartphones aux ordinateurs. Si la technologie passe le cap de l’industrialisation, elle pourrait devenir l’un des leviers clés pour freiner l’explosion énergétique de l’intelligence artificielle — et rappeler que l’innovation matérielle reste aussi stratégique que les algorithmes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Google va racheter un spécialiste des datacenters ?
À mesure que l’intelligence artificielle s’impose dans tous les services numériques, la facture énergétique de Google enfle à une vitesse vertigineuse. Recherche assistée par IA, modèles génératifs, services cloud : chaque requête mobilise des milliers de processeurs et alourdit un peu plus la consommation électrique du géant californien. Pour sécuriser cet appétit énergétique hors normes, Google change de stratégie : produire lui-même l’électricité dont ses centres de données ont besoin.C’est dans ce contexte qu’Alphabet, la maison mère de Google, négocie le rachat d’Intersect, une entreprise américaine spécialisée dans la colocalisation d’infrastructures énergétiques et numériques. L’opération pourrait atteindre 4,75 milliards de dollars, dettes comprises. Un investissement massif, mais stratégique. Car Intersect ne se contente pas de bâtir des data centers classiques : son modèle consiste à installer directement les serveurs à proximité immédiate de centrales électriques dédiées. Résultat : des capacités de calcul qui sortent de terre sans peser sur les réseaux publics déjà saturés.Intersect revendique aujourd’hui près de 15 milliards de dollars d’actifs en exploitation ou en construction aux États-Unis. Google, déjà actionnaire minoritaire, souhaite désormais prendre le contrôle total de l’entreprise. Son fondateur, Sheldon Kimber, resterait aux commandes, mais la société deviendrait un pilier de la stratégie énergétique d’Alphabet. Un premier projet emblématique est déjà en cours dans le comté de Haskell, au Texas : une centrale électrique et un centre de données y sont construits côte à côte pour alimenter directement les services d’IA du groupe. L’enjeu est colossal. Selon plusieurs autorités de régulation, chaque interaction avec des outils comme Gemini entraîne une consommation bien supérieure à celle d’une recherche classique. Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, estime que ce modèle permettra à Google de gagner en agilité en développant simultanément production électrique et capacités de calcul. Le groupe ne mise pas uniquement sur le gaz : géothermie de nouvelle génération, batteries géantes pour le stockage longue durée et gaz couplé à la capture de carbone font partie de la feuille de route.Ironie du sort, Google utilise aussi ses propres algorithmes d’IA pour accélérer le raccordement des nouvelles centrales au réseau : l’intelligence artificielle aide ainsi à bâtir les infrastructures énergétiques qui l’alimenteront demain. Si le rachat obtient le feu vert des régulateurs, il devrait être finalisé au premier semestre 2026. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'IA pollue autant que la ville de New York ?
L’addition environnementale de l’intelligence artificielle commence enfin à sortir du brouillard. Et elle est salée. Une étude menée par Alex de Vries-Gao, doctorant à l’université d’Amsterdam et fondateur de Digiconomist, met en lumière un angle mort majeur : l’empreinte carbone et hydrique des systèmes d’IA reste largement sous-évaluée, faute de données publiques et détaillées de la part des géants du numérique.Selon ses estimations, les systèmes d’IA pourraient émettre entre 32,6 et 79,7 millions de tonnes de CO₂ dès 2025. Un ordre de grandeur comparable aux émissions annuelles d’une grande métropole comme New York, ou d’un pays européen de taille moyenne. La consommation d’eau est tout aussi vertigineuse : entre 312 et 764 milliards de litres par an, soit l’équivalent de la consommation mondiale d’eau en bouteille. En cause, une explosion de la puissance électrique mobilisée par l’IA : 23 gigawatts attendus fin 2025, contre 9,4 GW seulement un an plus tôt.Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance déjà pointée par Agence internationale de l'énergie, qui estime que l’IA représentait 15 % de la consommation électrique des centres de données en 2024, une part susceptible d’atteindre près de la moitié à moyen terme. Mais mesurer précisément cet impact relève aujourd’hui du casse-tête. Aucun acteur majeur — Google, Microsoft, Amazon ou Apple — ne distingue clairement, dans ses rapports environnementaux, ce qui relève spécifiquement des charges de travail liées à l’IA. Meta fait figure d’exception partielle en publiant sa consommation d’eau indirecte, liée à l’électricité achetée : 3,92 litres par kilowattheure, soit quatre fois plus que les estimations de référence. À l’inverse, Google assume ne pas communiquer ces données, arguant d’un manque de contrôle sur la production électrique — une position que l’étude juge révélatrice d’un déficit de transparence.Face à ce flou, Alex de Vries-Gao appelle à des règles plus contraignantes : obligation de reporting détaillé, publication de métriques hydriques et carbone spécifiques à l’IA, et création d’un indice carbone des modèles. Certaines initiatives émergent, comme celle de Mistral, qui a publié une analyse environnementale détaillée de l’un de ses modèles et invite ses concurrents à faire de même. Sans cette transparence généralisée, prévient le chercheur, impossible d’évaluer l’efficacité réelle des stratégies de réduction d’impact. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’ISS recyclé en une station spatiale Russe ?
La Russie prépare déjà l’après-ISS, et le projet de sa future station spatiale en dit long sur l’état actuel de son programme orbital. Baptisée provisoirement Russian Orbital Service Station, cette infrastructure doit entrer en construction à partir de 2027. Mais les contours du projet ont récemment évolué, révélant une stratégie plus contrainte qu’annoncé.À l’origine, Roscosmos envisageait une station entièrement nouvelle, composée de sept modules lancés progressivement à partir de la fin de la décennie. L’ensemble devait être assemblé dans les années 2030 et inclure, fait notable, des modules privés destinés au tourisme spatial. Une ambition élevée, fidèle à l’héritage soviétique de l’exploration spatiale. La réalité semble aujourd’hui plus pragmatique. Selon des responsables de l’agence spatiale russe, le cœur de cette future station pourrait finalement être constitué… des modules russes de l’actuelle Station spatiale internationale. L’idée serait de détacher ce segment à l’horizon 2030, lorsque l’ISS arrivera en fin de vie, afin de le maintenir en orbite et de le réutiliser. Pendant que la partie internationale serait désorbitée et détruite dans l’atmosphère, la section russe poursuivrait son existence sous une nouvelle bannière. Cette option présente un avantage évident : le coût. Construire une station entièrement neuve exige des investissements colossaux, difficilement compatibles avec la situation économique russe actuelle, marquée par des sanctions technologiques et un budget largement absorbé par l’effort militaire. Réutiliser l’existant permet de maintenir une présence en orbite basse à moindre frais. Mais ce recyclage pose de sérieux problèmes. Les modules russes de l’ISS auront alors passé plus de trente ans dans l’espace. Usure des matériaux, pannes à répétition, fatigue des structures, sans oublier les risques biologiques liés à des décennies d’occupation humaine : les inquiétudes sont nombreuses. Les cosmonautes russes effectuent déjà régulièrement des réparations pour maintenir les systèmes en état de fonctionnement.Au-delà des défis techniques, ce choix traduit un recul stratégique. Tandis que la Chine consolide sa station Tiangong, que l’Inde vise l’autonomie orbitale et que les États-Unis s’appuient sur le secteur privé pour renouveler leur présence spatiale, la Russie semble contrainte de faire avec ce qu’elle a. Cette future station, si elle voit le jour sous cette forme, garantirait une présence symbolique en orbite… mais au prix d’ambitions scientifiques et technologiques nécessairement limitées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des réacteurs d’avions transformés en centrale électrique ?
La course à l’intelligence artificielle est aussi une course à l’énergie. Pour alimenter des centres de données toujours plus gourmands, tous les leviers sont désormais actionnés, quitte à reléguer les considérations climatiques au second plan. Dans ce paysage déjà sous tension, un autre secteur énergivore entre en scène : l’aviation. Deux univers que tout oppose en apparence, mais qui partagent en réalité trois obsessions communes : la vitesse, la puissance et l’accès à l’énergie.C’est précisément ce croisement inattendu qu’exploite Boom Supersonic, l’avionneur américain qui rêve de faire renaître le vol supersonique civil avec son appareil Overture. Faute de financements suffisants pour mener seul ce projet coûteux, la start-up a trouvé une voie de diversification audacieuse : transformer un moteur d’avion… en générateur électrique pour l’IA. Le principe est simple : une turbine reste une turbine. Le moteur Mach 1+ Symphony, conçu pour propulser un avion supersonique, a été adapté pour produire de l’électricité au sol. Ce dérivé, baptisé Superpower, fonctionne comme un turbogénérateur alimenté au gaz naturel — ou au diesel en secours. Le cœur technologique reste très proche de la version aéronautique : près de 80 % des composants sont identiques. La principale différence réside dans l’ajout d’étages de compression et d’une turbine à vapeur libre, dont la rotation génère l’électricité. Résultat : un générateur compact, à peine plus volumineux qu’un conteneur de fret, capable de produire jusqu’à 42 mégawatts en continu, sans système de refroidissement actif, même sous 43 °C. Autre atout majeur : une mise en service en une quinzaine de jours, là où la construction d’infrastructures énergétiques classiques prend des années.Boom Supersonic affirme déjà avoir séduit des clients. L’entreprise Crusoe, spécialisée dans les infrastructures pour centres de données, a commandé plusieurs unités Superpower pour une capacité cumulée annoncée de 1,21 gigawatt. Une puissance équivalente à celle d’une centrale électrique de taille respectable. À première vue, l’alliance entre aviation et intelligence artificielle surprend. Mais aux États-Unis, la demande énergétique liée à l’IA explose à un rythme tel que d’anciennes centrales nucléaires sont parfois réactivées. Les projections évoquent un doublement de la consommation électrique des data centers dans les prochaines années. Dans ce contexte, un générateur capable de fournir une énergie massive, stable et rapidement déployable apparaît presque logique. Reste une question majeure, largement éludée pour l’instant : celle de l’empreinte carbone. Car derrière cette ingénierie brillante, l’énergie fossile demeure au cœur du système — un paradoxe de plus dans la révolution numérique en cours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un gel métallique pour révolutionner le stockage de l'énergie ?
C’est une première mondiale qui pourrait bien rebattre les cartes du stockage d’énergie. Des chercheurs viennent de mettre au point le tout premier gel métallique jamais observé, un matériau hybride aux propriétés étonnantes, à mi-chemin entre le solide et le liquide, capable de résister à des températures extrêmes.À l’origine de cette découverte, un mélange peu commun : du cuivre et du tantale, un métal gris bleuté reconnu pour sa conductivité électrique et sa robustesse thermique. Chauffé à haute température, le cuivre fond, tandis que le tantale reste solide et se structure en un réseau interne ultrafin, composé de cavités microscopiques. Ce squelette agit comme une gaine interne qui piège le métal liquide. Le résultat est une substance à la consistance gélatineuse, fluide comme un liquide, mais mécaniquement stable. Contrairement aux gels classiques, comme ceux utilisés dans les produits désinfectants, ce gel métallique conserve ses propriétés jusqu’à 1 000 degrés Celsius.Cette prouesse pourrait résoudre l’un des principaux verrous des batteries à métal liquide. Ces batteries sont très prometteuses : elles stockent de grandes quantités d’énergie, supportent un grand nombre de cycles de charge et vieillissent mieux que les batteries lithium-ion. Mais jusqu’ici, elles restaient cantonnées à des usages stationnaires. En mouvement, le métal liquide a tendance à se déplacer, provoquant des courts-circuits et des pertes de puissance. Pour tester leur matériau, les chercheurs ont fabriqué une batterie expérimentale utilisant le gel métallique comme électrode. Plongée dans un sel fondu, la batterie a produit de l’électricité de manière stable, démontrant que le gel joue efficacement son rôle de stabilisateur. Le métal reste en place, même dans des conditions thermiques extrêmes. Cette avancée ouvre la voie à des applications jusque-là hors de portée. Des batteries à métal liquide pourraient alimenter des navires de grande taille, des équipements industriels lourds, voire des véhicules hypersoniques, dont les contraintes thermiques sont incompatibles avec les technologies actuelles. À plus long terme, ce gel métallique pourrait transformer le stockage d’énergie de forte puissance, en rendant mobiles des systèmes jusqu’ici condamnés à rester immobiles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La France lance sa filière de batterie qui pourrait tout changer ?
L’industrie automobile française est en train de vivre un virage stratégique majeur, souvent passé sous les radars : la naissance d’une véritable filière nationale de batteries électriques. Un chantier décisif pour l’avenir de la mobilité, mais aussi pour la souveraineté industrielle européenne. Au cœur de cette transformation, un acteur clé : Automotive Cells Company, plus connue sous le nom d’ACC.Créée en 2020, ACC a déjà franchi une étape symbolique : la mise sur le marché de ses premières batteries électriques produites en France. Objectif affiché : réduire la dépendance de l’Europe aux fournisseurs asiatiques, notamment chinois, tout en accompagnant l’électrification rapide du parc automobile. Un enjeu colossal, quand on sait que la batterie représente aujourd’hui près de 40 % du coût d’un véhicule électrique. Implantée dans le nord du pays, ACC s’appuie sur quatre sites industriels, dont une gigafactory installée à cheval sur Billy-Berclau et Douvrin, dans le Pas-de-Calais. Un choix géographique qui n’est pas anodin : il s’agit à la fois de redynamiser un bassin industriel historique et de repositionner la France dans la course mondiale aux batteries.La montée en puissance annoncée est spectaculaire. Après une phase de rodage en 2024, ACC vise 150 000 batteries dès 2025, puis 250 000 en 2026. À l’horizon 2030, l’ambition est claire : 2 à 2,5 millions de batteries par an, soit environ 20 % du marché européen. Une trajectoire alignée avec l’échéance de 2035, date à laquelle l’Union européenne prévoit la fin de la vente des véhicules thermiques neufs. Mais le défi est immense. Comme le reconnaît la direction d’ACC, produire des batteries à grande échelle suppose une courbe d’apprentissage longue et coûteuse, jalonnée de défis techniques. Même les leaders chinois du secteur admettent que les débuts sont complexes. La fiabilité, la durée de vie et la qualité des cellules sont désormais des critères aussi stratégiques que les volumes. Les premières batteries françaises équiperont des modèles Opel et Peugeot, au sein du groupe Stellantis. Une intégration industrielle qui pourrait, à terme, faire baisser le prix des voitures électriques et accélérer leur démocratisation.Au-delà de la production, le recyclage des batteries devient lui aussi un pilier stratégique, avec l’émergence d’usines dédiées. Une logique d’économie circulaire indispensable pour rendre la filière durable. Pendant ce temps, d’autres constructeurs européens, comme Mercedes-Benz, explorent des technologies alternatives, preuve que la course à l’innovation est loin d’être terminée. En structurant une filière complète, de la cellule au recyclage, la France tente un pari industriel ambitieux. S’il est tenu, il pourrait faire du pays — et de l’Europe — un acteur central de la batterie électrique mondiale, et un peu moins dépendant des puissances extérieures dans la transition énergétique à venir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les data centers misent sur les microréacteurs nucléaires ?
Lorsqu’on met de côté la question des déchets radioactifs, le nucléaire reste l’une des rares sources d’énergie capables de produire massivement de l’électricité sans émissions de gaz à effet de serre. Son principal défaut demeure toutefois bien connu : les centrales sont longues et coûteuses à construire. Face à cette contrainte, une solution alternative gagne du terrain, notamment pour les sites isolés ou les infrastructures critiques : les microréacteurs nucléaires.C’est sur ce créneau que se positionne Radiant Nuclear. La start-up américaine vient d’annoncer une levée de fonds de plus de 300 millions de dollars pour accélérer la commercialisation de Kaleidos, un microréacteur nucléaire d’une puissance électrique d’un mégawatt. Radiant prévoit de construire une usine dans le Tennessee, capable de produire jusqu’à 50 unités par an. Concrètement, chaque microréacteur Kaleidos tient dans un volume équivalent à celui d’une semi-remorque. Il fournit non seulement un mégawatt d’électricité, mais aussi 1,9 mégawatt d’énergie thermique, exploitable pour le chauffage industriel ou la désalinisation de l’eau. Le système repose sur un combustible de nouvelle génération, le TRISO, réputé pour sa robustesse et sa sûreté. Une unité peut fonctionner cinq ans en continu avant d’être récupérée par Radiant pour être rechargée en combustible.Ces microréacteurs sont conçus pour être transportables, surveillés à distance, et interconnectables. Selon l’entreprise, plusieurs centaines d’unités pourraient être déployées ensemble, en fonction des besoins. Les cas d’usage ciblés sont variés : bases militaires, opérations de secours, sites industriels isolés ou zones où le réseau électrique est insuffisant. Le secteur des centres de données figure aussi dans le viseur. Si un microréacteur ne suffit pas à alimenter à lui seul les gigantesques infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle — qui réclament désormais des puissances proches du gigawatt, comme chez Meta ou dans le projet Stargate — il peut néanmoins constituer un appoint stratégique. Radiant a déjà signé plusieurs accords, notamment pour équiper une base militaire américaine et fournir plusieurs dizaines d’unités à Equinix. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les réfrigérateurs cessent (enfin) de polluer ?
L’annonce remonte à octobre 2023, mais elle mérite clairement qu’on s’y attarde à nouveau. Des chercheurs du Lawrence Berkeley National Laboratory et de l’Université de Californie à Berkeley ont présenté une technologie de refroidissement radicalement nouvelle, capable de bouleverser un secteur aujourd’hui sous pression climatique. En ligne de mire : les hydrofluorocarbures, ces gaz réfrigérants ultra-polluants encore largement utilisés dans la climatisation et la réfrigération.Le principe exploité est à la fois simple et élégant. Lorsqu’un matériau change d’état — solide, liquide ou gazeux — il absorbe ou libère de la chaleur. La glace qui fond refroidit son environnement : tout le monde l’a déjà constaté. Les chercheurs sont partis d’un autre phénomène bien connu : l’ajout d’ions peut modifier le point de fusion d’une substance sans en augmenter la température. C’est exactement ce qui se passe lorsque l’on sale les routes en hiver pour empêcher la formation de glace.L’équipe californienne a transposé ce mécanisme dans un système de refroidissement inédit, baptisé cycle ionocalorique. En appliquant un très faible courant électrique, inférieur à un volt, les chercheurs déplacent des ions à l’intérieur du dispositif. Ce mouvement modifie le point de fusion du matériau utilisé, provoquant une variation de température spectaculaire. Lors des tests, un mélange de sel iodé et sodique a permis de faire fondre du carbonate d’éthylène — un solvant courant dans les batteries lithium-ion — avec un écart thermique atteignant 25 degrés Celsius. Une performance inédite pour ce type de technologie. « Personne n’avait jusqu’ici développé une solution qui soit à la fois efficace, sûre et respectueuse de l’environnement », souligne Drew Lilley, ingénieur en mécanique au laboratoire de Berkeley. Contrairement aux systèmes classiques, basés sur la compression et l’évaporation de fluides frigorigènes très polluants, ce procédé se passe totalement d’hydrofluorocarbures. Un enjeu crucial, alors que l’amendement de Kigali impose une réduction de 80 % de leur usage d’ici 2048.Autre atout majeur : le carbonate d’éthylène utilisé peut être produit à partir de dioxyde de carbone, ouvrant la voie à un système au potentiel climatique nul, voire négatif. Pour Ravi Prasher, autre chercheur du projet, l’équation repose sur trois critères clés : impact climatique, efficacité énergétique et coût. Et, pour la première fois, les résultats préliminaires semblent satisfaisants sur les trois fronts. Les travaux, publiés dans la revue Science, montrent même que cette technologie pourrait rivaliser avec, voire dépasser, les systèmes actuels. Le défi désormais est industriel : passer du laboratoire à des applications à grande échelle. De nouvelles équipes testent déjà d’autres sels, notamment à base de nitrates recyclables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Shein : quelle est la pollution réelle d'un colis ?
Fausses promotions, produits non conformes, polémiques sur la protection des données ou encore accusations liées à des articles au design jugé problématique : ces dernières semaines, Shein a multiplié les controverses. Et pourtant, le 5 novembre dernier, le géant chinois de la fast-fashion a franchi une étape symbolique en ouvrant son premier magasin physique au monde, en plein cœur de Paris, au BHV Marais. Une implantation qui tombe à point nommé à l’approche des fêtes… et qui relance une question centrale : quel est réellement le coût carbone d’un achat Shein ?Le cabinet français Greenly, spécialiste de l’empreinte carbone, s’est penché sur la question. Son analyse se concentre uniquement sur le transport des colis, sans même intégrer les émissions liées à la fabrication des vêtements — pourtant loin d’être neutres. À titre d’exemple, produire un kilo de coton génère environ 16,4 kg de CO₂, et jusqu’à 21,1 kg pour certaines fibres synthétiques très présentes chez Shein.Premier enseignement : selon le mode de livraison, l’empreinte carbone d’un colis peut être multipliée par plus de douze. Pour une commande standard de 7 à 8 articles, soit environ 2 kilos, les émissions varient de 1,01 à 12,96 kg de CO₂ équivalent. Le scénario le plus polluant reste sans surprise le transport aérien : camion depuis l’entrepôt chinois, vol long-courrier jusqu’à Paris, puis nouvelle livraison routière. À l’inverse, la solution la plus vertueuse consiste à expédier les commandes par bateau vers des entrepôts européens, notamment en Belgique ou en Espagne. Dans ce cas, l’empreinte tombe à 1,01 kg de CO₂, retours et emballages compris. Une différence considérable.Et qu’en est-il des achats en boutique ? Contrairement aux idées reçues, acheter directement au BHV Marais n’est pas forcément plus écologique. Certes, les marchandises arrivent elles aussi par bateau. Mais il faut ajouter l’impact énergétique du magasin — chauffage, éclairage — ainsi que les déplacements des clients. Résultat : 2,11 kg de CO₂ si vous venez en métro… et jusqu’à 4,84 kg si vous utilisez la voiture. Soit parfois plus du quadruple d’une livraison depuis un entrepôt européen. À l’échelle individuelle, l’écart peut sembler modeste. Mais rapporté aux 29 millions de colis Shein livrés chaque année en France, l’impact devient massif. Transportés par avion, ils représenteraient l’équivalent des émissions annuelles de 64 000 Français. Greenly recommande donc plusieurs leviers simples : regrouper ses achats, éviter la livraison express, privilégier des transports peu émetteurs pour se rendre en magasin… et surtout, résister à la logique de la fast-fashion. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La France produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme ?
Après plusieurs années de tensions, le système électrique français respire enfin. Depuis 2020, la production peinait à suivre la demande, conséquence d’une baisse progressive du nucléaire amorcée dès 2015, puis des retards accumulés pendant la crise sanitaire. Mais en 2024, la dynamique s’est nettement inversée. Le parc nucléaire a retrouvé un niveau de production proche de celui d’avant-crise, tandis que les énergies renouvelables ont accéléré. L’an dernier, 7 gigawatts de nouvelles capacités solaires et éoliennes ont été installés.Résultat : la France dispose aujourd’hui d’une électricité décarbonée à 95 % et a battu un record historique d’exportations, avec 89 térawattheures de solde net en 2024. Un signal fort, dans un contexte européen encore marqué par l’instabilité énergétique. Pour autant, le tableau n’est pas entièrement idyllique. Selon RTE, la France importe encore près de 60 % de l’énergie finale qu’elle consomme. Une dépendance coûteuse, évaluée entre 50 et 70 milliards d’euros par an, principalement liée aux énergies fossiles, qui représentent toujours 60 % de la consommation finale. Or, pour respecter ses engagements climatiques — une réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 — cette part devra tomber autour de 30 %.Pour y parvenir, deux leviers sont privilégiés : les économies d’énergie et l’électrification des usages. Sur le premier point, les résultats sont déjà là. Entre 2017 et 2023, la consommation énergétique a reculé, grâce aux gains d’efficacité mais aussi aux changements de comportement induits par la hausse des prix. Au total, 30 TWh sont économisés chaque année. Conséquence directe : la France se retrouve aujourd’hui en situation de surcapacité électrique. Elle produit plus qu’elle ne consomme. « La France est dans une position avantageuse pour s’électrifier », souligne RTE dans son bilan prévisionnel 2025-2035. D’ici 2030, l’adoption massive des véhicules électriques devrait ajouter 17 TWh de consommation annuelle. À cela s’ajoutent la production d’hydrogène vert par électrolyse, estimée à 15 TWh, et l’électrification de procédés industriels, pour 13 TWh supplémentaires.Même le numérique trouve sa place dans cette trajectoire. Les data centers, dont la consommation devrait tripler entre 2025 et 2030, passant de 5 à 15 TWh, pourront être alimentés sans compromettre les objectifs climatiques. Selon RTE, cette trajectoire de décarbonation rapide pourrait même soutenir la croissance, avec une hausse du PIB de 1,1 % par an. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Quel est l'état du climat en France ?
La France se réchauffe plus vite que le reste du monde. Et désormais, les chiffres ne laissent plus place au doute. Aurélien Ribes, climatologue à Météo-France et contributeur au prochain rapport du GIEC, a présenté une première photographie du climat français en 2025 lors de la conférence Climat et Santé, organisée à Paris par l’association Météo et Climat. Le constat est saisissant.En France, le réchauffement d’origine humaine atteint désormais +1,9 degré par rapport à l’ère préindustrielle. À l’échelle mondiale, on se situe encore entre +1,3 et +1,5 degré. Sur la dernière décennie, de 2015 à 2024, la moyenne française grimpe même à +2,1 degrés. Un seuil symbolique, et surtout politique, puisque l’Accord de Paris visait à limiter le réchauffement global à +1,5 degré. Pour la France, ce plafond est déjà largement dépassé. Et selon Aurélien Ribes, à l’échelle planétaire, « maintenir le climat sous +1,5 degré semble désormais hors de portée ». Les conséquences sont déjà visibles. Les vagues de chaleur sont aujourd’hui plus fréquentes, plus longues, plus intenses, et s’étendent sur une saison de plus en plus large. Et ce n’est qu’un début. Les projections climatiques dessinent un avenir compris entre +2,7 degrés, dans le scénario le plus optimiste, et +4 degrés, dans le scénario le plus probable, d’ici la fin du siècle.L’évolution des journées de chaleur extrême est particulièrement parlante. Entre 1961 et 1990, la France connaissait en moyenne deux jours par an de chaleur extrême, parfois aucun certaines années. Aujourd’hui, entre 2014 et 2025, on en compte déjà treize par an. À l’horizon 2050, ce chiffre atteindrait 25 jours par an dans un climat à +2,7 degrés. Et en 2100, avec +4 degrés, on parlerait de 45 jours de chaleur extrême par an. Autrement dit, à la fin du siècle, presque tout l’été serait concerné. « Dans une France à +4 degrés, Paris aura le climat de Montpellier », résume le climatologue.À l’inverse, le froid disparaît progressivement. L’année 2025 n’a connu aucune véritable vague de froid. Même le coup de fraîcheur de fin novembre n’était ni assez intense, ni assez durable pour entrer dans cette catégorie. Les grandes vagues de froid historiques, comme celle de 2012, ne devraient tout simplement plus se reproduire. Ce que décrit Aurélien Ribes, ce n’est pas un futur lointain. C’est déjà le présent climatique de la France. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La Corée du Sud détruit le plastique sans polluer ?
L’annonce est passée relativement inaperçue lors de sa publication, en septembre dernier. Et pourtant, elle pourrait bien marquer un tournant majeur dans la lutte contre la pollution plastique. Le Korea Institute of Machinery & Materials, le KIMM, a dévoilé une technologie de recyclage par plasma présentée comme une avancée mondiale. Une innovation qui promet de traiter les déchets plastiques sans les dégâts environnementaux associés aux méthodes actuelles, tout en ouvrant la voie à une véritable économie circulaire.Aujourd’hui, le recyclage chimique du plastique repose largement sur la pyrolyse. Le principe : chauffer des déchets plastiques broyés à environ 600 degrés pour les décomposer. Sur le papier, la solution paraît séduisante. Dans la réalité, elle pose de lourds problèmes. La pyrolyse génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre, des fumées toxiques dangereuses pour la santé, des résidus inutilisables… et contribue à la pollution de l’air, des sols et des eaux. Autrement dit, une méthode censée recycler finit parfois par polluer. La technologie développée par le KIMM prend le problème à la racine. Elle repose sur une torche plasma, utilisant un gaz ionisé porté à des températures comprises entre 1 000 et 2 000 degrés. Presque trois fois plus que la pyrolyse classique. Mais surtout, le processus est fulgurant : la décomposition du plastique s’effectue en un centième de seconde. Cette rapidité empêche les phénomènes de combustion prolongée responsables des émissions toxiques.Autre différence clé : le résultat. Le plastique n’est pas réduit en résidus problématiques, mais transformé directement en benzène et éthylène, deux molécules essentielles servant de matières premières à la fabrication de nouveaux plastiques. Le recyclage devient alors réellement circulaire, sans dépendre de nouvelles ressources fossiles. L’atout environnemental ne s’arrête pas là. La torche plasma fonctionne à l’hydrogène, une énergie propre, réduisant drastiquement l’empreinte carbone du procédé. Selon les chercheurs, ce système pourrait, à terme, atteindre une quasi-neutralité carbone. « Nous avons réussi à convertir des déchets plastiques mixtes en matières premières exploitables, une première mondiale », souligne le responsable du programme au KIMM. Cette percée arrive à un moment critique, alors que la production mondiale de plastique continue de croître et que les solutions durables peinent à suivre. Reste désormais l’étape décisive : la commercialisation. Le KIMM prévoit de multiplier les démonstrations industrielles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Une « taxe au KM » pour les voitures électriques en France ?
Pendant longtemps, la voiture électrique a incarné une promesse simple : rouler sans passer à la pompe, sans odeur d’essence sur les mains… et surtout sans payer les lourdes taxes sur les carburants. Une forme de liberté retrouvée. Mais cette parenthèse pourrait bien se refermer. À mesure que les véhicules électriques se multiplient, une nouvelle question fiscale s’impose : comment compenser la chute des recettes liées aux carburants ?Car le manque à gagner est bien réel. En France, les ventes d’essence et de diesel auraient reculé d’environ 1 % sur un an. Or, ces carburants sont une véritable manne pour l’État. Selon le magazine Auto Plus, entre taxes et contributions diverses, 50 à 60 % du prix d’un litre reviennent aux finances publiques. En 2024, cela aurait représenté près de 43 milliards d’euros pour Bercy. Une source de revenus qui s’effrite lentement, mais sûrement, avec l’essor de l’électrique. Face à cette érosion, certains pays cherchent déjà des solutions. Au Royaume-Uni, le débat est ouvert : le gouvernement envisage une taxation au kilomètre parcouru pour les voitures électriques. L’idée est simple : remplacer la taxe sur le carburant par une contribution liée à l’usage réel du véhicule. En clair, même sans émission à l’échappement, rouler resterait taxable.En France, cette piste commence aussi à circuler. Une taxe de quelques centimes par kilomètre pourrait rapporter plusieurs centaines d’euros par an et par conducteur, selon son profil. Pour un automobiliste « moyen », la facture pourrait avoisiner les 300 euros annuels. Un montant non négligeable, qui remettrait en question l’un des arguments économiques majeurs du passage à l’électrique. Reste une question épineuse : comment appliquer concrètement cette taxe ? Plusieurs scénarios sont évoqués. Un relevé du kilométrage lors du contrôle technique. Un dispositif connecté embarqué, capable de comptabiliser précisément les distances parcourues. Ou encore une déclaration annuelle auprès de l’administration fiscale. Pour l’heure, rien n’est tranché. Le paradoxe est frappant. Alors que les pouvoirs publics encouragent la transition vers le véhicule électrique à coups de primes et d’incitations, l’idée d’une nouvelle taxation pourrait refroidir certains automobilistes, notamment ceux qui roulent beaucoup. Car si la voiture électrique promettait une mobilité plus propre, elle n’a jamais été synonyme de gratuité absolue. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

En Inde, l’IA relance massivement le charbon ?
En Inde, la spirale est bien connue : croissance économique, vagues de chaleur de plus en plus intenses, explosion de la demande d’électricité… et, en retour, hausse des émissions de gaz à effet de serre. Un cercle vicieux climatique qui semblait presque inévitable. Mais une enquête conjointe du média d’investigation SourceMaterial et du The Guardian vient pointer un acteur majeur dans cette nouvelle flambée de la consommation électrique : Amazon et ses centres de données.À Mumbai, deux centrales à charbon appartenant aux groupes Tata Group et Adani devaient fermer en 2023, dans le cadre des engagements climatiques du gouvernement. Mais la décision a été annulée. En cause : une explosion de la demande d’électricité, jugée incompatible avec l’abandon du charbon dans une mégapole de 18 millions d’habitants. Selon des documents internes consultés par SourceMaterial, Amazon exploite pas moins de 16 data centers dans l’agglomération. Un chiffre colossal, dans un pays qui affiche désormais de grandes ambitions dans l’intelligence artificielle. Le problème, c’est que ces infrastructures sont extrêmement énergivores. En 2023, les centres loués par Amazon à Mumbai auraient consommé plus de 624 000 mégawattheures, soit l’équivalent de la consommation annuelle de plus de 400 000 foyers indiens.Le Guardian souligne un paradoxe : ces data centers sont peu visibles, car Amazon les loue au lieu de les posséder directement. Mais leur impact, lui, est bien réel. Dans le quartier de Mahul, qualifié d’« enfer toxique » par un rapport de 2019, se concentrent trois raffineries, seize usines chimiques… et l’une des centrales à charbon les plus polluantes de la ville, responsable à elle seule d’un tiers de la pollution aux particules fines locales. Les métaux lourds rejetés provoquent maladies respiratoires, cutanées, rénales et cardiaques. Alors que le charbon ne suffit déjà plus, Amazon a équipé ses centres de données de 41 générateurs au diesel, et prévoit d’en installer encore davantage pour éviter les coupures. Une fuite en avant énergétique qui inquiète fortement les ONG. Pour Eliza Pan, porte-parole d’Amazon Employees for Climate Justice, « Amazon utilise l’attrait de l’IA pour masquer la construction d’un véritable empire énergétique polluant ». Ironie amère : tandis que l’intelligence artificielle est souvent présentée comme un outil de lutte contre le dérèglement climatique, elle contribue ici, très concrètement, à en accélérer les effets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Comment GIEC peut-il amplifier le doute climatique ?
Créé en 1988, le GIEC est devenu, au fil des décennies, la référence mondiale en matière de climat. Sa mission : rassembler, analyser et synthétiser les connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique, ses causes et ses conséquences. En 2021, le diagnostic était sans appel : « Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé la planète. » Et pourtant, malgré ce consensus, le doute persiste dans l’opinion publique.Pourquoi une telle défiance ? C’est la question posée par des chercheurs de l’Université d’Essex, au Royaume-Uni. Après avoir interrogé plus de 4 000 personnes, leurs travaux, publiés dans la revue Nature Climate Change, aboutissent à une conclusion troublante : le GIEC pourrait, bien involontairement, nourrir une part du scepticisme… à cause de son vocabulaire. Sur le fond, les scientifiques sont clairs : le réchauffement est bien réel et d’origine humaine. En revanche, les projections futures comportent forcément des marges d’incertitude selon les scénarios d’émissions. Et c’est précisément là que le malentendu s’installe. Dans ses rapports, le GIEC utilise des termes précis, comme « improbable » pour désigner un événement dont la probabilité est inférieure à 33 %. Scientifiquement, c’est rigoureux. Mais dans le langage courant, ce mot est souvent associé au doute ou à la contestation. Résultat : lorsque le GIEC écrit qu’une élévation extrême du niveau de la mer est « improbable », une partie du public comprend… que les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux.Les chiffres le confirment. Un sondage récent montre que 9 Français sur 10 constatent que le dérèglement climatique est en cours. Mais selon le dernier baromètre publié par l’Ademe avec OpinionWay, 33 % des Français pensent encore que les scientifiques ne sont pas tous d’accord. Certaines enquêtes montent même jusqu’à 45 % de climatoscepticisme, selon la manière dont les questions sont posées. Les chercheurs évoquent plusieurs causes : politisation de l’écologie, défense du mode de vie, peur du changement, théories complotistes. À cette liste s’ajoute désormais un facteur inattendu : la façon de présenter les probabilités. Pour la chercheuse Marie JuanChich, de l’Université d’Exeter, parler de « faible probabilité » serait plus efficace que « d’improbable ». Une nuance de mots, mais un impact réel sur la confiance. Les auteurs tiennent à le rappeler : le GIEC rend un service inestimable à la société. Mais dans un contexte de tensions politiques et de désinformation, chaque formulation compte. Car sur le climat, le message est simple, et il est pressant : il n’existe toujours… qu’une seule planète. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les ventes de Tesla s’effondrent en Europe ?
Depuis plus d’un an, Tesla traverse une zone de fortes turbulences en Europe. En cause, bien sûr, l’image de son patron, Elon Musk, dont les prises de position politiques répétées sur le Vieux Continent ont durablement abîmé la marque. Dans le même temps, la montée en puissance des constructeurs chinois bouleverse l’équilibre du marché. Résultat : trimestre après trimestre, les ventes de Tesla reculent. Et le mois de novembre confirme la tendance.À l’échelle européenne, la marque affiche un repli global d’environ 12 % par rapport à novembre de l’an dernier. Sur le papier, cela pourrait presque sembler modéré. Mais cette moyenne cache en réalité des écarts spectaculaires entre les pays. Car si l’on isole certains marchés, la chute devient beaucoup plus sévère. En retirant le cas à part de la Norvège, les ventes de Tesla s’effondrent tout simplement de 36,3 % en Europe. Sur les grands marchés automobiles, le recul est parfois brutal. En Allemagne, la baisse atteint 20,2 %. Mais ailleurs, c’est l’hémorragie : –43,5 % aux Pays-Bas, –57,8 % en France, et jusqu’à –59,3 % en Suède. Des chiffres qui traduisent un net décrochage de la marque sur ses marchés historiques.Une exception se distingue pourtant dans l’Union européenne : l’Italie. Le pays affiche une croissance spectaculaire de +58,5 %. Une performance directement liée aux nouvelles incitations financières mises en place pour soutenir l’achat de véhicules électriques. La preuve, une fois de plus, du poids décisif des politiques publiques sur ce marché. Mais c’est surtout la Norvège — pourtant hors de l’Union européenne — qui maintient aujourd’hui les ventes de Tesla à flot sur le continent. En novembre, la marque y a immatriculé 6 215 véhicules, un record. À titre de comparaison, le deuxième marché européen de Tesla, l’Allemagne, plafonne à 1 763 unités sur la même période. Cela représente en Norvège une envolée spectaculaire de +175,2 %. Cette ruée ne s’explique pas par un regain soudain d’amour pour la marque américaine, mais par une urgence fiscale. Les avantages fiscaux accordés aux véhicules électriques premium doivent disparaître en 2026. Les acheteurs norvégiens se précipitent donc pour profiter une dernière fois de ces conditions favorables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

2035 ne sera finalement pas la fin des véhicules thermiques ?
Il y a trois ans, l’Union européenne frappait fort : à partir de 2035, la vente de véhicules thermiques neufs devait être interdite sur l’ensemble de son territoire. Un cap historique pour le climat… mais un choc frontal pour l’industrie automobile. Depuis, cette échéance n’a cessé d’être contestée. Et ce qui se prépare aujourd’hui ressemble peut-être au plus important recul politique sur le sujet.Cette semaine, Paris a réuni l’ensemble des acteurs de la filière automobile. Objectif : arrêter une ligne claire avant la présentation, le 10 décembre, de la révision du règlement européen sur les émissions de CO₂. Le message est sans ambiguïté : la France veut défendre ses constructeurs, et éviter toute décision qui fragiliserait leur compétitivité face aux géants chinois de la voiture électrique. Dans les coulisses de cette rencontre, une orientation se dessine : aller vers la fin du moteur thermique, oui, mais dans un cadre de « préférence européenne ». Comprendre : protéger l’industrie du continent le temps que la transition vers l’électrique se fasse réellement à armes égales. Et surtout, Paris ne ferme plus totalement la porte à la vente de véhicules thermiques neufs après 2035. Une inflexion notable, là où le calendrier était jusqu’ici présenté comme non négociable.Mais si la position française reste volontairement floue, entre impératif climatique et protection industrielle, la ligne allemande, elle, est beaucoup plus assumée. Selon le quotidien économique Handelsblatt, le gouvernement de Allemagne entend défendre clairement l’avenir du moteur thermique après 2035 — à condition qu’il soit « hautement efficace ». Cela inclut les hybrides, les carburants de synthèse, ou encore de nouveaux moteurs à combustion aux émissions fortement réduites. Autrement dit, Berlin refuse catégoriquement une Europe condamnée au tout-électrique. Une position portée avec vigueur par certains territoires industriels. Les Länder de Bade-Wurtemberg et de Bavière ont déjà fait pression sur le gouvernement pour « garantir l’avenir du moteur à combustion ».Cette divergence entre Paris et Berlin illustre les tensions qui traversent aujourd’hui l’Europe automobile. D’un côté, l’urgence climatique. De l’autre, la crainte d’un décrochage industriel face à l’Asie. La révision du texte sur les émissions, attendue dans quelques jours, dira si l’interdiction de 2035 reste une ligne rouge… ou devient un simple cap « indicatif ». Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’impossible parcours des entreprises pour toucher les « financements verts » européens ?
L’Europe voulait frapper fort face aux plans massifs de subventions vertes lancés par les États-Unis. En 2021, la Commission européenne lançait l’Innovation Fund, présenté comme la réponse au programme climatique américain porté par Joe Biden. Quatre ans plus tard, le constat est sévère. Sur les 7,1 milliards d’euros de subventions attribuées, à peine 333 millions ont réellement été versés. Soit moins de 5 %. Une information révélée par le Financial Times.En cause : une machine administrative jugée étouffante. La procédure est si lourde que 77 % des candidats ont dû faire appel à des cabinets de conseil pour monter leurs dossiers. Coût moyen : 85 000 euros par candidature, soit bien plus que pour accéder au programme de recherche Horizon Europe. Et pour un résultat très incertain : moins de 20 % des projets sont retenus, et parmi eux, seuls 6 % sont déjà opérationnels. Cette inertie fait écho au diagnostic posé par Mario Draghi, qui dénonçait récemment la bureaucratie comme un frein structurel à l’innovation européenne. « Certaines entreprises passent jusqu’à 3 000 heures sur un dossier », explique Victor van Hoorn, du collectif Cleantech for Europe. Un an et demi de travail à temps plein… pour une chance minime d’obtenir un financement.Pour les grandes entreprises, l’effort est pénible mais absorbable. Pour les plus petites, c’est parfois rédhibitoire. Eoin Condren, dirigeant du groupe cimentier bas-carbone Ecocem, raconte avoir englouti cinq mois de travail et plusieurs centaines de milliers d’euros pour constituer son dossier. Et encore, les projets financés concernent surtout des technologies lourdes, comme l’hydrogène vert ou la capture carbone, souvent longues à rentabiliser. Conséquence directe : certains industriels préfèrent partir. L’exemple le plus parlant est celui de Vianode. Lauréate d’une subvention européenne de 90 millions d’euros, l’entreprise a finalement choisi de s’implanter… au Canada, en partenariat avec General Motors. En cause, la concurrence chinoise et un marché européen jugé trop difficile. « En Amérique du Nord, les fabricants sont incités à éviter les fournisseurs chinois », explique son vice-président, Andreas Forfang. L’Innovation Fund devait être un moteur de la transition verte européenne. Pour l’instant, il ressemble surtout à un embouteillage administratif. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Mer du Nord : le premier cimetière marin de CO2 d’Europe ?
Chaque année, la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, mais aussi la fabrication de l’acier, du ciment ou des plastiques, libèrent des quantités colossales de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Résultat : l’effet de serre se renforce, le climat se dérègle, et les équilibres écologiques vacillent. Face à cette urgence, une solution s’est imposée dans le débat climatique : capter le CO₂ à la source, puis l’enfouir profondément sous terre ou sous la mer pour l’empêcher de retourner dans l’atmosphère.Mais ce stockage du carbone ne s’improvise pas. Il faut des sites géologiques extrêmement stables, capables d’emprisonner le CO₂ pendant des siècles. C’est précisément ce que propose le projet Greensand Future, au large du Danemark. Il repose sur la reconversion d’un ancien gisement pétrolier, le Nini oil field, déjà utilisé pendant des millions d’années pour stocker naturellement du pétrole et du gaz. À près de 1 800 mètres sous le plancher marin, les couches de roche offrent des conditions idéales : une roche-réservoir poreuse scellée par une épaisse couverture étanche. Autre avantage majeur : les infrastructures sont déjà là — plateformes, forages, pipelines. Résultat, les coûts sont réduits et la mise en œuvre accélérée. L’objectif annoncé est ambitieux : atteindre environ 400 000 tonnes de CO₂ stockées par an dans un premier temps, puis jusqu’à 8 millions de tonnes à l’horizon 2030. Ce serait alors le premier site offshore de stockage de carbone pleinement opérationnel dans l’Union européenne.Pour autant, les experts appellent à la prudence. Même à pleine capacité, ces 8 millions de tonnes restent dérisoires face aux 38 milliards de tonnes de CO₂ émises chaque année dans le monde. Le stockage ne supprime pas les émissions : il les retarde, les enferme. Le risque, selon certains, est qu’il serve d’alibi à des secteurs industriels très polluants pour ralentir leurs efforts de réduction. Pourtant, l’intérêt du stockage est bien réel, notamment pour les industries dites « difficiles à décarboner » — chimie, ciment, raffineries — où les alternatives sont limitées. En transformant d’anciens gisements en puits de carbone, Greensand Future incarne une forme de recyclage géologique de l’ère fossile. Ce projet marque donc une étape importante pour la stratégie climatique européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Norvège : un superordinateur stocké dans une mine ?
La Norvège vient de franchir un cap majeur dans le domaine du calcul scientifique. Son nouveau superordinateur, baptisé Olivia, entre officiellement en service. Un projet mûri de longue date, conçu par Hewlett Packard Enterprise et aujourd’hui exploité par Sigma2, l’organisme public chargé du calcul intensif. L’ensemble est installé dans un site pour le moins spectaculaire : le Lefdal Mine Datacenter, un centre de données creusé dans d’anciennes galeries minières et alimenté à 100 % par des énergies renouvelables.Olivia devient ainsi l’infrastructure de calcul la plus puissante jamais déployée en Norvège. Elle est destinée à porter l’essentiel de la recherche nationale : modélisation climatique, transition énergétique, médecine, intelligence artificielle… Pour répondre à cette avalanche de calculs, la machine s’appuie sur une architecture de très haut niveau, combinant 504 processeurs AMD Turin et 304 modules NVIDIA Grace Hopper, capables de fusionner CPU et GPU dans un même ensemble. À cela s’ajoutent 5,3 pétaoctets de stockage et un réseau ultra-rapide capable de transmettre jusqu’à 200 gigabits par seconde.Résultat : Olivia s’impose directement à la 134ᵉ place du Top 500, tout en consommant près de 30 % d’énergie en moins que le supercalculateur qu’il remplace. Pour Helge Stranden, « un nouveau chapitre s’ouvre pour la recherche norvégienne ». Et les premiers effets concrets ne se sont pas fait attendre. Le projet GoHydro, porté par l’institut de recherche indépendant SINTEF, dédié à la planification de la production hydroélectrique, voit désormais ses simulations les plus lourdes s’exécuter jusqu’à 200 fois plus vite. De quoi optimiser quasiment en temps réel un pilier essentiel du mix énergétique du pays.Mais Olivia ne se distingue pas seulement par sa puissance. Le centre récupère aussi la chaleur dégagée par ses serveurs. Cette énergie thermique, captée via un système de refroidissement liquide, est directement réinjectée pour chauffer l’eau de fermes de saumons voisines. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Une île flottante « pour recherche scientifique » créée par la Chine ?
La Chine vient de lancer un projet maritime hors normes, à mi-chemin entre prouesse technologique et démonstration de puissance. Selon le South China Morning Post, Pékin a engagé la construction d’une gigantesque île flottante capable, fait inédit, de résister à des explosions nucléaires. Une installation conçue pour accueillir durablement des équipes humaines, par tous les temps, et sans ravitaillement pendant plusieurs mois.Cette structure colossale affichera 78 000 tonnes sur la balance. Elle pourra héberger jusqu’à 238 résidents pour des missions atteignant quatre mois en autonomie complète. Officiellement, il s’agit d’un équipement destiné à la recherche scientifique. Son nom : « Deep-Sea All-Weather Resident Floating Research Facility ». Dimensions annoncées : 128 mètres de long pour 85 mètres de large, avec un pont principal situé à 45 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pour assurer sa résistance exceptionnelle, les ingénieurs n’ont pas opté pour de simples plaques d’acier renforcé. Ils ont développé des panneaux en métamatériaux, capables de se comprimer sous l’impact et de redistribuer l’énergie de l’onde de choc. Dans une publication parue dans le Chinese Journal of Ship Research, les chercheurs expliquent que les compartiments stratégiques – alimentation de secours, communications, contrôle de la navigation – nécessitent une protection absolue, y compris face à des événements extrêmes.Par ses dimensions, l’île flottante rivalise avec les géants des mers. Elle affiche une masse comparable à celle du porte-avions chinois Fujian et se rapproche de celle de l’USS Nimitz. Mais à la différence de ces mastodontes militaires, cette plateforme n’est pas contrainte par les impératifs classiques de carburant ou de ravitaillement. Sa double coque lui permettra d’affronter des vagues de six à neuf mètres et de résister à des typhons atteignant 220 km/h. Mise en service attendue en 2028. Les usages annoncés : observation continue des grands fonds, tests de technologies d’exploitation minière sous-marine, expérimentation d’équipements marins impossibles à déployer depuis des laboratoires traditionnels.Mais le vocabulaire employé par le SCMP intrigue : l’installation est aussi décrite comme capable de « projeter une puissance sans précédent » dans les océans contestés. Difficile de ne pas penser à la mer de Chine méridionale, zone stratégique au cœur des tensions régionales, où se trouve notamment Taïwan. Officiellement scientifique, cette île flottante s’inscrit surtout dans un plan chinois de développement du « pouvoir maritime » sur quinze ans. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La SNCF repense entièrement son offre low-cost ?
La marque low-cost OUIGO affiche désormais des ambitions XXL. Sa maison-mère, SNCF Voyageurs, vient de dévoiler sa feuille de route pour les cinq prochaines années : capter près d’un tiers du trafic à grande vitesse en France. Une stratégie résumée en un slogan interne : le « 3x30 » — 30 % du marché, 30 % de voyageurs en plus, 30 % de destinations supplémentaires. Première étape dès le 14 décembre. Un nouveau train quotidien reliera Paris à Hendaye, en longeant toute la côte basque, avec des arrêts à Dax, Bayonne, Biarritz et jusqu’à Saint-Jean-de-Luz. Au passage, Bordeaux gagne un aller-retour supplémentaire vers la capitale. De quoi rendre l’Atlantique accessible sans faire exploser le budget vacances.La montée en puissance se poursuit ailleurs. La Bretagne verra sa desserte renforcée avec un troisième Paris-Rennes. L’axe Paris-Montpellier via Lyon gagnera une fréquence estivale en 2026. Même la très fréquentée liaison Paris-Lyon accueillera un troisième aller-retour lors des week-ends prolongés à partir de fin 2026. Mais le tournant le plus symbolique arrivera mi-2027 : une liaison directe Lyon–Bordeaux, sans passer par Paris. Cinq heures de trajet, via Massy, Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers et Angoulême. Une petite révolution pour les flux interrégionaux, longtemps contraints par la centralisation parisienne. D’autres renforcements sont aussi prévus sur les axes Strasbourg-Paris et Lille-Paris Nord.OUIGO fait aussi évoluer ses services. La plateforme OUIGOSWAP permet désormais à tous les voyageurs de revendre leurs billets et d’en récupérer 80 % de la valeur. Pour l’acheteur, c’est parfois jusqu’à 50 % de réduction. Le modèle s’assouplit, la revente se fluidifie. Côté image, les agents changent de tenue, avec des uniformes fabriqués en France par Armox-Lux, tandis qu’une nouvelle campagne publicitaire détourne les codes de l’automobile avec un humour assumé. Malgré des hausses ponctuelles de prix, la promesse reste celle du low-cost, avec des billets enfants maintenus à 8 euros. Avec douze nouvelles rames attendues d’ici 2027, OUIGO entend bien s’imposer durablement comme l’option rapide et accessible pour traverser la France sans se ruiner. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La Chine produit de l’énergie grâce au CO2 ?
Et si le dioxyde de carbone, symbole du réchauffement climatique, devenait… un outil de production d’électricité ? C’est le pari que vient de concrétiser la China National Nuclear Corporation, en Chine, en raccordant au réseau le tout premier générateur électrique au monde fonctionnant grâce au CO₂ supercritique. Derrière ce terme technique se cache un état très particulier de la matière. Sous une pression et une température extrêmes, le CO₂ ne se comporte plus ni comme un gaz, ni comme un liquide, mais comme un fluide dense, capable à la fois de circuler facilement et de transporter efficacement la chaleur. Un fluide bien plus performant que la vapeur d’eau utilisée dans les centrales classiques.Le principe est simple : la chaleur fait tourner une turbine, qui produit de l’électricité. Mais avec le CO₂ supercritique, le rendement serait presque doublé, tandis que les installations deviennent plus compactes, plus sobres en matériaux et, surtout, sans émissions directes de gaz à effet de serre. Cette première mondiale a été réalisée dans une aciérie de Liupanshui, dans la province de Guizhou. La chaleur utilisée ne provient pas d’un combustible, mais des rejets thermiques de la production d’acier, habituellement perdus dans l’atmosphère. Le dispositif comprend deux unités de 15 mégawatts chacune. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de captage du CO₂ atmosphérique : le gaz est fourni par l’industrie, mis en circuit fermé, et n’est ni brûlé ni consommé.L’idée, pourtant, ne date pas d’hier. Dès la fin des années 1960, des ingénieurs italiens et américains imaginaient déjà des cycles thermodynamiques fondés sur ce fluide. Mais pendant des décennies, la technologie est restée bloquée par des limites très concrètes : matériaux incapables de résister, turbines inadaptées, coûts trop élevés. La recherche relance le concept dans les années 2000, avec l’essor des énergies propres… sans parvenir à dépasser l’expérimentation. Avec cette installation désormais reliée au réseau, Chine franchit un cap décisif. L’utilisation industrielle du CO₂ supercritique devient une réalité. Et les perspectives sont immenses : centrales nucléaires de nouvelle génération, unités énergétiques mobiles, voire applications spatiales. Reste maintenant la dernière étape, la plus délicate : passer de la démonstration technologique à l’industrialisation à grande échelle. Si elle réussit, ce fluide longtemps considéré comme une curiosité de laboratoire pourrait bien devenir un acteur clé de l’énergie de demain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L’énergie sans fil (laser) va révolutionner l’espace ?
Les satellites d’aujourd’hui ne se contentent plus d’envoyer de simples signaux. Ils doivent désormais assurer des connexions directes avec nos smartphones, traiter des données par intelligence artificielle, observer la Terre en très haute résolution… Autant de missions toujours plus gourmandes en énergie. Or, dans l’espace, l’électricité reste une ressource rare. Les panneaux solaires atteignent leurs limites, et les agrandir alourdit considérablement les coûts et les lancements.Face à cette équation énergétique, une entreprise américaine avance une idée digne de la science-fiction : installer de véritables centrales solaires en orbite, capables d’envoyer de l’électricité sans fil aux satellites. Cette start-up, c’est Star Catcher Industries, qui rêve de créer, à terme, un « réseau électrique orbital ». Le principe est audacieux. Plutôt que de multiplier les panneaux embarqués, l’énergie serait produite dans l’espace par des fermes solaires et transmise vers les satellites via des faisceaux laser, directement dirigés sur leurs panneaux. Une approche encore expérimentale, mais qui vient de franchir une étape majeure.Star Catcher a récemment mené un essai au mythique Centre spatial Kennedy, aux États-Unis. Résultat : un nouveau record mondial de transmission d’énergie sans fil par laser. En utilisant des lasers à longueurs d’onde multiples et des panneaux solaires classiques, les ingénieurs ont réussi à transmettre 1,1 kilowatt de puissance. Ils dépassent ainsi le précédent record de 800 watts, établi en juin par Darpa. Si l’entreprise reste discrète sur la distance exacte et la durée du test, elle affirme avoir transféré plus de 10 mégajoules d’énergie, soit l’équivalent de près de 3 kilowattheures. Surtout, la quantité d’énergie reçue par les panneaux a été multipliée par dix. Preuve que la technologie commence à sortir du laboratoire.Point notable : la transmission a fonctionné avec des panneaux solaires similaires à ceux utilisés en orbite aujourd’hui. Mieux encore, cette énergie a permis de recharger le véhicule lunaire de Intuitive Machines. Une démonstration prometteuse, notamment pour les missions sur la Lune, où les nuits durent… deux semaines. Une éternité sans Soleil pour les équipements. Prochaine étape désormais : une démonstration directement dans l’espace, annoncée pour 2026. Si elle est concluante, Star Catcher pourrait bien transformer en profondeur la manière dont les satellites s’alimentent, et ouvrir une nouvelle page de l’infrastructure énergétique spatiale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Une nouvelle technologie pour lancer « proprement » les satellites ?
Le secteur spatial est en train de vivre une transformation majeure. Une révolution qui ne vient pas d’une nouvelle fusée, mais d’une machine… qui lance les satellites en les projetant à la force centrifuge. Cette technologie, développée par l’entreprise américaine SpinLaunch, promet de bouleverser à la fois les coûts, les cadences de tir et l’impact environnemental des mises en orbite.Ici, pas de moteur à combustion, pas de tonnes de carburant brûlées. Le principe est radicalement différent : un gigantesque bras rotatif, enfermé dans une chambre sous vide, accélère une charge utile jusqu’à près de 8 000 kilomètres par heure. La charge subit alors des accélérations extrêmes, jusqu’à 10 000 G, avant d’être éjectée vers la haute atmosphère. Ce système, baptisé « Accelerator Suborbital », a déjà fait ses preuves lors de plusieurs tirs d’essai réussis sur un site d’essai situé au Nouveau-Mexique. Le dernier test majeur, en 2022, a confirmé la faisabilité technique du concept. L’intérêt est double. D’abord environnemental : aucun gaz à effet de serre n’est émis au moment du lancement. Ensuite économique : les coûts annoncés varient entre 1 250 et 2 500 dollars par kilogramme, nettement en dessous des standards actuels. À cela s’ajoute un autre avantage stratégique : l’absence de boosters limite la création de débris spatiaux, un enjeu devenu critique en orbite basse.Première application concrète de cette technologie, la constellation Meridian Space. Ces microsatellites au design très particulier, larges, plats et pesant environ 70 kilos, sont conçus pour être empilés dans le lanceur centrifuge. Plusieurs unités pourront ainsi être projetées en un seul tir, ouvrant la voie à des déploiements de masse rapides et peu coûteux. Les premiers lancements commerciaux sont attendus dès l’an prochain, avec pour ambition de fournir de l’internet haut débit à bas prix. À terme, la version orbitale géante du système pourrait permettre jusqu’à cinq lancements par jour. Une cadence inédite, qui pourrait transformer l’accès à l’espace pour les télécoms, l’observation de la Terre ou encore la recherche scientifique. Mais cette démocratisation accélérée soulève aussi des inquiétudes : multiplication des objets en orbite, risques de collisions, pollutions lumineuses, interférences scientifiques. L’innovation avance vite, plus vite parfois que les cadres de régulation. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

COP 30 : les résultats conviennent-ils aux scientifiques ?
La COP30 s’est achevée dans une atmosphère de désillusion rarement aussi partagée. Climatologues, ONG, experts du GIEC… tous dénoncent un accord jugé creux, incapable de répondre à l’urgence climatique. Et ils le disent sans détour.Davide Faranda, directeur de recherche au CNRS, résume le sentiment général : « un accord vide », incapable de protéger les priorités essentielles — sécurité alimentaire, santé, stabilité des sociétés. Il pointe une incohérence majeure : l’absence totale de référence aux énergies fossiles, pourtant cause première du dérèglement climatique. « Sans engagements concrets, mesurables et vérifiables, les promesses resteront des slogans », regrette-t-il, estimant que l’Europe a perdu en influence et se retrouve aspirée dans un monde dominé par les rapports de force.Même amertume chez François Gemenne, spécialiste des migrations environnementales et co-auteur du dernier rapport du GIEC. Son verdict est lapidaire : « Le texte est naze. Archi-nul. » Il déplore un recul massif par rapport à la COP28, notamment sur les énergies fossiles, totalement effacées du texte final. Il s’attendait au moins à des avancées sur la déforestation ou l’agriculture : « Là aussi, le bilan est nul. »Katharine Hayhoe, climatologue américaine très suivie, souligne elle aussi l’absurdité d’un accord qui se limite… à « entamer des discussions » sur la sortie des fossiles, après deux semaines de négociations intenses.Les ONG ne mâchent pas leurs mots non plus. WWF France reconnaît quelques avancées symboliques — comme la création d’un mécanisme de transition juste, ou la reconnaissance du rôle des peuples autochtones — mais juge l’ensemble très en dessous des besoins, surtout après une année entière passée au-dessus des +1,5 °C. « Ces avancées demeurent très insuffisantes pour enclencher l’action rapide et transformative nécessaire », prévient l’organisation.Manuel Pulgar-Vidal, président de la COP20, parle carrément d’« illusions » : de grandes promesses sans actions, un document fragilisé par les forces opposées à l’ambition climatique. Quant à Nikki Reisch, du Center for International Environmental Law, elle tranche : « Cet accord est vide. Les réponses ne se trouvent plus dans ces négociations, mais dans les mouvements qui ouvrent la voie à un avenir sans énergies fossiles. » À un an de la COP31 à Antalya, une chose frappe : une partie de la confiance autrefois placée dans ces grands sommets semble s’être évaporée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des militants COP 30 « enflamment » les panneaux des villes ?
De Montpellier à Orléans, jusqu’aux villages de la Sarthe, les entrées de ville affichent depuis quelques jours un décor inhabituel. Plus de 800 panneaux routiers ont été recouverts de stickers représentant des flammes, une action simultanée dans au moins 24 départements. Le timing n’a rien d’un hasard : ces collages se multiplient alors que la COP30, à Belém, vient de fermer ses portes.Derrière cette campagne visuelle, on retrouve le mouvement ANV-COP21 (Action Non Violente). Sur son site, l’organisation explique vouloir dénoncer « le sabotage des négociations des COP successives par les pays riches et l’industrie fossile », jugés directement responsables de l’aggravation du dérèglement climatique. Les militants et habitants ont ainsi « symboliquement enflammé leurs villes », en apposant ces stickers accompagnés d’un message sans ambiguïté : « Stop Sabotage Climat ».Partie de l’Isère et de la Loire-Atlantique, la mobilisation s’est rapidement propagée. La semaine dernière, ANV comptabilisait 152 communes déjà ciblées, et près d’une centaine d’autres ont été annoncées. Florian Eberhard, porte-parole du mouvement, rappelle que « nous sommes toutes et tous touchés » : mégafeux dans l’Hérault, submersions dans le Pas-de-Calais, crues dans l’Isère… Autant de phénomènes qui nourrissent leur colère. Le mouvement dit aussi vouloir soutenir le Sommet des Peuples et les manifestations organisées cette semaine à Belém, y voyant une manière de contrer le « musellement des voix dissidentes ».Pendant que les panneaux s’enflamment symboliquement sur les routes françaises, les négociateurs, eux, piétinent au Brésil. La COP30 s'est achevé la semaine dernières, sans que les délégations ne soient parvenues à un accord sur la sortie des énergies fossiles. L’Union européenne a poussé pour un texte ambitieux, actant une réduction massive du charbon, du pétrole et du gaz. En face, un front du refus rassemblant Chine, Russie, Inde et Arabie saoudite a été rejoint par plusieurs pays émergents. Ces derniers soulignent qu’ils n’ont ni les moyens financiers d’une transition rapide, ni la capacité d’adaptation aux impacts climatiques actuels, et réclament un soutien accru des pays riches. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.