
Show overview
C'est dans ta nature launched in 2025 and has put out 37 episodes, alongside 1 trailer or bonus episode in the time since. That works out to roughly 2 hours of audio in total. Releases follow a fortnightly cadence.
Episodes typically run under ten minutes — most land between 3 min and 3 min — and the run-time is fairly consistent across the catalogue. None of the episodes are flagged explicit by the publisher. It is catalogued as a FR-language News & Politics show.
The show is actively publishing — the most recent episode landed 5 days ago, with 28 episodes already out so far this year. The busiest year was 2026, with 28 episodes published. Published by France Médias Monde.
From the publisher
C'est dans ta nature, le rendez-vous hebdomadaire de RFI avec la biodiversité. Reportages et infos sur les végétaux et les animaux, leurs comportements, leurs secrets, leurs rôles dans les écosystèmes et dans la mondialisation. Tout ce dont on parle ici, C'est dans ta nature !
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Éloge de la lenteur chez des animaux: pourquoi ce handicap est un avantage
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Face à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux
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Dans les coulisses de l'Herbier national du Muséum de Paris, trésor botanique bien gardé
Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales
Manchots, éléphants de mer: comment le réchauffement climatique menace la vie en Antarctique
Le manchot empereur est désormais en danger d'extinction, selon la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'UICN. La crise climatique affecte la banquise et les sources d'alimentation des animaux du pôle Sud. C'est l'un des endroits les plus reculés de la Terre et les plus froids, mais où le réchauffement climatique est deux fois plus important. L'Antarctique subit de rapides bouleversements, ce qui affecte les animaux qui y vivent : le manchot empereur, le plus grand et le plus lourd de toutes les espèces de manchots, est désormais considéré « en danger » d'extinction, selon la nouvelle liste rouge de l'UICN, l'Union internationale pour la conservation de la nature, publiée cette semaine. De nombreuses colonies ont perdu 20 % de leurs effectifs en quinze ans. Le réchauffement climatique a des effets sur la banquise, qui se rétrécit, ainsi que sur l'alimentation des animaux. L'eau devient plus chaude et le krill, ces petites crevettes à la base de la chaîne alimentaire marine, vit désormais dans des eaux plus profondes où il fait davantage froid. Ses prédateurs – mammifères, oiseaux et poissons – doivent ainsi plonger plus profondément. « Ils doivent consacrer plus de temps à descendre pour atteindre la profondeur où se trouvent les proies, plus à remonter à la surface pour respirer. Cela va diminuer le temps efficace de pêche, qui est le temps passé au fond de la plongée », explique Christophe Guinet, directeur de recherche au CNRS. Voyager plus pour plonger moins Certaines espèces préfèrent alors voyager plus pour plonger moins. C'est le cas des éléphants de mer. « Les femelles éléphants de mer que l'on équipe de balises vont s'alimenter en moyenne 350 kilomètres plus au sud qu'elles ne le faisaient il y a vingt ans, précise Christophe Guinet, qui travaille à la station scientifique des îles Kerguelen. Cela veut donc dire six jours passés en plus à voyager sur un voyage de sept mois. Ce n'est pas majeur. Surtout si, à l'endroit où vous allez, vous trouvez beaucoup de nourriture, ce qui semble être le cas. » L'UICN vient pourtant de classer « vulnérable » l'éléphant de mer austral, mais c'est à cause de la grippe aviaire, transmissible aux mammifères. Dans certaines colonies, le taux de survie des nouveau-nés n'a pas dépassé les 10 %. À lire aussiPourquoi la ruée sur le krill est une menace pour la planète? Course contre-la-montre Mais la migration du krill provoquée par le réchauffement climatique est un problème pour les manchots. Pendant que l'un des parents couve l'unique œuf pondu, ou protège le poussin du froid, l'autre doit aller pêcher plus loin, faire le plein de nourriture (non digérée) pour revenir nourrir le petit resté sur terre – enfin sur glace. Une vraie course contre-la-montre. « Cent kilomètres de plus pour accéder à la nourriture, cela veut dire pratiquement deux jours de plus pour accéder à la zone de pêche, deux jours de plus pour revenir sur un voyage qui doit faire dix ou quinze jours au maximum. Si vous voulez revenir avant que le poussin meure, cela commence à avoir un effet énorme », souligne Christophe Guinet. Les jeunes manchots sont aussi menacés par la fonte de la banquise, avant que leur plumage ne soit imperméable. Des colonies sont aujourd'hui régulièrement décimées, quand la glace se brise et que les oiseaux se noient dans l'eau froide. La question de la semaine À lire aussiLe manchot empereur et l'otarie à fourrure antarctique désormais classés comme espèces en danger
Découvrez le conseil-santé d'Entabu, chimpanzé et médecin
Dans la forêt d'Ouganda, la primatologue Sabrina Krief observe depuis des années une communauté de grands singes et nous partage ses découvertes : comment les chimpanzés de Sebitoli se soignent ou évitent de tomber malades. C'est l'histoire d'Entabu, un chimpanzé du parc national de Kibale, en Ouganda, qu'observe plusieurs mois par an la primatologue française Sabrina Krief. Et ce jour-là, « après une espèce de combat avec beaucoup d'effusions, de cris, etc., je le suis et je me rends compte qu'en fait, il a la lèvre vraiment ouverte, avec une blessure profonde, raconte la codirectrice de la station de recherche du Sebitoli Chimpanzee Project. Il se dirige vers un arbre, monte, récupère des feuilles, en descend avec une sorte de boule de feuilles qu'il va presser sur sa lèvre avant d'aller se reposer dans un nid pendant plusieurs heures. » Entabu fait-il un gros dodo pour soigner son gros bobo ? Pas tout à fait. Lors de sa sieste, il forme une nouvelle boule avec les feuilles qu'il avait cueillies dans l'arbre et qu'il applique encore sur sa lèvre. « Quand j'ai vu la blessure, je me suis dit qu'il n'allait pas être capable de manger pendant plusieurs jours tellement la blessure était impressionnante, poursuit Sabrina Krief. Le lendemain, c'était quasiment cicatrisé, et deux jours après rien, ne paraissait plus. J'ai regardé dans les articles scientifiques et j'ai vu que c'était une plante qui avait des propriétés pour les problèmes d'hémorragie, pour limiter les saignements. » Les chimpanzés, qui partagent 99% de leur ADN avec les humains, n'ont pas besoin d'aller sur internet pour se soigner. Non seulement la pression du cataplasme a permis d'arrêter les saignements, mais les feuilles choisies ont aussi agi comme un médicament. À l'instar d'autres animaux, les chimpanzés font de la médecine de terrain, et ils apprennent les uns des autres. « Ce n'est pas inné, ce n'est pas instinctif. Il y a de l'apprentissage de type essai-erreur, mais c'est dangereux quand même de faire des erreurs en forêt tropicale parce que certaines plantes sont extrêmement toxiques. La curiosité des chimpanzés est ce qui permet de dépasser cette peur. Quand un individu utilise ou consomme quelque chose de différent de ce qui est habituel, cela suscite vraiment l'intérêt des autres », explique Sabrina Krief. Chaque communauté de chimpanzés possède ainsi une culture, comme on a aussi pu le constater avec l'utilisation d'outils. Parmi les autres découvertes médicales que la primatologue partage dans son livre Infiniment proches aux éditions Grasset : l'invention d'un lit anti-moustique. « Les chimpanzés font un nid différent tous les soirs. Ils ont vraiment un très vaste choix d'espèces dans la forêt tropicale. Or, quand on a enregistré plus d'un millier de nids, on s'est rendu compte que pratiquement 80% des nids étaient concentrés autour de dix espèces seulement. On a alors testé les propriétés aromatiques de ces feuilles et on s'est rendu compte que certaines d'entre elles avaient des actions répulsives contre les moustiques. » Les chimpanzés de Sebitoli savent se soigner, et mieux encore, ils font de la prévention. La question de la semaine
Les derniers secrets des oiseaux migrateurs
De récentes études scientifiques nous en apprennent un peu plus sur un phénomène fascinant, mais encore parfois mystérieux : pourquoi, et comment, chaque année, des dizaines de milliards d'animaux à plumes se lancent dans de (très) longs voyages pour trouver chaleur et nourriture. (Rediffusion du 26 janvier 2025) Ils sont, chaque année, plus de 50 milliards à s'envoler vers ailleurs, pour passer l'hiver au chaud, se reproduire ou trouver une nourriture plus abondante. Une espèce d'oiseau sur cinq appartient ainsi à la grande famille des migrateurs. Préparation physique Mais au sein d'une même espèce, tous les oiseaux ne sont pas migrateurs. C'est par exemple le cas du merle qui possède l'un des plus beaux chants d'oiseau en Europe. On le voit gratter le sol en hiver à la recherche de quelques vers. Mais un quart d’entre eux, environ, préfère s'exiler plusieurs mois, là où il fait plus chaud et où il y a plus à manger, en Espagne ou en Afrique du Nord. Un voyage de 800 kilomètres en moyenne. Ce n'est pas rien, et ça se prépare, comme l’ont constaté des scientifiques allemands en équipant des merles d'une forêt du sud de l'Allemagne des mêmes capteurs qu'utilisent les sportifs pour mesurer leurs performances. Un mois avant le grand départ, le rythme cardiaque diminue la nuit, avant que la température corporelle, la nuit aussi, ne se mette également à baisser. L'heure est aux économies d'énergie. Phénomène social À l'image de l'autoroute des vacances qu'empruntent les humains, les oiseaux migrateurs parcourent souvent les mêmes chemins, et ils ne sont pas tout seuls. Sur la longue route, dans l’air ou sur les aires de repos, on socialise, et pas qu’avec les siens, comme viennent de le montrer de récentes études réalisées notamment grâce aux progrès de l'intelligence artificielle, en s'appuyant sur des enregistrements sonores d'oiseaux en vol ou au repos. Ce sont en moyenne trois espèces différentes qui voyagent ensemble (2,7 exactement, selon une étude publiée ce mois-ci aux États-Unis). Il y a une dimension sociale dans la migration et elle est liée au plumage : puisque la vitesse en vol dépend de la taille des ailes, les oiseaux aux ailes similaires voyagent ensemble. Qui se ressemble s’assemble. À écouter aussiLa migration des animaux Cocaïne et déforestation Pendant ces longues migrations, les oiseaux affrontent de nombreux périls dont les humains sont souvent responsables – la chasse, la pollution lumineuse, les constructions, le changement climatique... Et il y a aussi, plus inattendue, la cocaïne. Non, les oiseaux n’en consomment pas pour tenir le coup sur ces longues distances. Mais la coca les menace indirectement. C'est l'un des effets pervers de la lutte antidrogue en Amérique latine, mise en lumière l'an dernier par une étude de chercheurs aux États-Unis. Pour échapper à la surveillance, les narcotrafiquants s'enfoncent toujours plus dans les forêts tropicales et sont responsables, au Guatemala ou au Nicaragua, de près d'un tiers de la déforestation. Précisément là où viennent passer l'hiver, 20% des oiseaux migrateurs nord-américains. À lire aussiD'ici 2050, 80% des espèces d'oiseaux migrateurs menacées Le plein de caca Dernière révélation : la migration encourage la coprophagie, le fait d'avaler des excréments. Le caca, c'est caca, mais c'est surtout plein d'énergie. Des chercheurs australiens ont observé que le pétrel géant, avant la traversée de l’océan Austral, se nourrissait d'excréments de phoques, pour s'envoler le ventre plein. Chez tous les oiseaux migrateurs coprophages, il s'agirait aussi d'enrichir leur microbiote intestinal, pour que le système digestif s'adapte sans problème aux nouveaux types de nourritures rencontrées tout au long de la migration. Chez les oiseaux, la tourista, on ne connaît pas. La question de la semaine
Certaines plantes ne perdent jamais la boule
Dans des milieux arides, comme dans le Haut Atlas au Maroc, des végétaux poussent en forme de sphère. Une adaptation aux conditions extrêmes qui leur procure de nombreux avantages. Avez-vous déjà vu un hérisson se mettre en boule ? Ou un cloporte ? C'est pour se protéger. Des plantes ont la même tactique. Dans des zones arides, presque désertiques, comme dans les montagnes du Haut Atlas marocain, des boules vertes ponctuent les paysages, « des paysages magnifiques », témoigne Thierry Gauquelin, qui les arpente pour leur beauté, et pour son travail à l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie de Marseille. Des plantes poussent donc en forme de boule parce que cette architecture sphérique offre de nombreux avantages. Dans une région aux étés marqués par la sécheresse, il s'agit d'abord de perdre le moins d'eau possible et de limiter l'évapotranspiration (lorsque les feuilles rejettent dans l'atmosphère de l'eau sous forme gazeuse). « On sait que la sphère est la structure qui présente le rapport surface/volume le plus faible. Pour les végétaux qui doivent lutter contre la sécheresse, l'idée est donc de présenter une surface de contact avec l'atmosphère la plus faible possible et donc des possibilités de transpiration les plus faibles possibles », explique l'écologue. À lire aussiÀ la clinique des hérissons Microclimat Ces touffes de feuilles limitent aussi l'érosion du sol. Ce sont des boules vivantes qui forment « vraiment un coussin plaqué contre le sol, poursuit Thierry Gauquelin, professeur émérite à l'Université d'Aix-Marseille. On a ainsi un sol bien différent de celui qu'on a à l'extérieur, plus riche en matière organique, plus épais, qui présente une biodiversité plus importante. Un certain nombre d'insectes, des coléoptères, etc., vont se développer au sein de la touffe en y trouvant des conditions optimales pour leur développement. » Ces boules abritent aussi un formidable microclimat, comme l'a mesuré Thierry Gauquelin en plein été : alors que « la température était à l'extérieur de 30°C ou 35°C, elle n'était plus que de 20°C à l'intérieur de la touffe et l'humidité y restait beaucoup plus importante. On a effectivement une sorte de microclimat qui affranchit un petit peu la plante du climat général. » Et c'est aussi utile pendant les hivers rigoureux à 2 500 mètres d'altitude. Cette architecture sphérique est le fruit de millions d'années d'évolution, au Maroc mais aussi dans les Alpes ou même en Alaska. À des milliers de kilomètres, des plantes ont trouvé la même stratégie. Depuis, elles n'ont jamais perdu la boule. La question de la semaine À écouter dans 8 milliards de voisinsFace aux sécheresses et aux inondations, peut-on cultiver la pluie ?
Dix choses que vous ignorez peut-être sur les chats
Comment les chats se soignent et nous soignent, comment nous manipulent-ils, qui sont les chats les plus célèbres, pourquoi sont-ils si performants ? Voici quelques secrets de vos animaux de compagnie préférés. Ils sont plus de 600 millions sur la planète, et cela fait plus de 9 000 ans qu'ils vivent aux côtés des humains. Les chats ont mille secrets ; en voici quelques-uns. 1. Mini-tigre Dieu a-t-il inventé le chat pour qu'on puisse caresser un tigre ? En tout cas le chat possède 95 % de l'ADN des grands félins. Leur ancêtre commun vivait il y a 10 millions d'années. 2. Astronaute En 1962, un chat est allé dans l'espace. La télé était en noir et blanc, et le chat aussi était noir et blanc. C'était une chatte, qui s'appelait Félicette, au service du programme spatial français, et qui décolla à bord de Véronique, le nom de la fusée. Un vol de 10 minutes jusqu'à 157 kilomètres d'altitude. Félicette était revenue vivante. « Ah ! Félicette va bien, assurait à la télévision un responsable du programme. Elle se porte parfaitement, elle mange bien. Je crois qu'elle va très bien. » Deux mois plus tard, pour étudier son cerveau, elle était euthanasiée. 3. Chute libre Quand ils chutent d'un toit ou d'un balcon, les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes, mais leur taux de survie est de 90 %. Grâce à leurs 30 vertèbres (les humains n'en ont que 24), une partie de leur colonne vertébrale est flexible et l'autre rigide, ce qui leur permet de se redresser pendant la chute, quand leur moustache et leurs yeux évaluent la distance jusqu'au sol. 4. La meilleure façon de marcher Les chats ont aussi le sens de l'équilibre, sur des passages étroits. C'est grâce à leur queue et à leur façon de marcher. La patte arrière se pose exactement où était la patte avant. Et c'est aussi utile face aux prédateurs : ils laissent deux fois moins de traces sur le sol. 5. Doyen Le plus vieux chat du monde, Creme Puff, est mort au Texas en 2005. Il venait d'avoir 38 ans. Il est entré dans le Livre Guinness des records. À écouter dans Autour de la questionQue se passe-t-il dans la tête d'un chat? 6. Doyenne Kitty, doyenne des mamans-chats, a donné naissance au Royaume-Uni à deux petits chats quand elle avait 30 ans. 7. Mère à chats Quand le chat tête un humain, cela lui rappelle sa mère, et s'il le fait, c'est parce qu'il est stressé. Quand il ronronne, cela lui rappelle encore sa mère – ici c'est un signe de confiance. Nous sommes tous des mamans-chats. 8. Médecin Le ronronnement lui sert aussi à se soigner. Sa fréquence, entre 50 et 150 hertz, accélère la cicatrisation des plaies et la guérison des fractures. Et nous, humains, en profitons aussi : la médecine s'est inspirée des chats et utilise ces fréquences pour soigner des blessures musculaires. 9. Le ronron du bonheur Le ronronnement du chat entraîne aussi chez les humains la production d'endorphine et de sérotonine, les hormones du bonheur. 10. Manipulateur Si le chat miaule, c'est presque toujours avec un humain. Et il varie le ton et l'intensité en fonction de ses besoins. Il a appris au fil du temps ce qui marchait avec vous, et avec vous, ça marche toujours. Vous caressez un chat, mais c'est le chat qui vous manipule. À écouter dans 8 milliards de voisinsLes chats à la conquête du monde
Comment les mouettes, les goélands et les cormorans ont colonisé la Seine à Paris
Mouettes, goélands et cormorans ont fait de la Seine leur lieu de villégiature hivernale, avant qu'un certain nombre d'entre eux décide de s'y installer à l'année. On les voit et on les entend. Des milliers de mouettes, qui piaillent ou qui pleurent en bord de Seine, le long de la voie rapide qui traverse Paris, sont posées sur le sable. Ce n'est pourtant pas Paris-Plage, on est alors en plein hiver, au mois de janvier. Le soleil s'est couché et les mouettes se sont rassemblées sur les barges remplies de sable amarrées au quai, qu'elles transforment chaque soir en immenses dortoirs. « Les mouettes sont des oiseaux d'eau douce qui vont se reproduire sur les étangs. Entre le 15 février et le 1er mars tout le monde fout le camp ! Donc à partir de cette période, si vous voyez des oiseaux blancs sur la Seine, il y a neuf chances sur dix que ce soit des goélands, qui sont plus gros d'ailleurs », précise Frédéric Malher, ornithologue à la LPO Île-de-France, la Ligue pour la protection des oiseaux. Les Parisiens (et les touristes) prennent souvent des goélands pour des mouettes, « et dans le film Vos gueules les mouettes !, ce qu'on entend, ce sont des goélands, pas des mouettes ! » À lire aussiLes oiseaux de la Seine à Paris : une étonnante biodiversité Goélands parisiens En cet après-midi du mois de mars 2026, Frédéric Malher nous a donné rendez-vous en bord de Seine, face à Notre-Dame à la pointe de l'île de la Cité, où des goélands, reconnaissables à leur bec jaune, se reposent au soleil de cette fin d'hiver. « Ce sont des espèces essentiellement marines qui, en hiver, se répartissent un peu n'importe où, et en particulier remontent les fleuves. Cela faisait très longtemps qu'on en voyait en hiver à Paris. Puis, comme un certain nombre d'espèces, ils se sont aperçus que finalement, la ville, c'était quand même bien sympathique. Il y a à manger toute l'année, en général des poubelles et des fins de marché, et éventuellement des poissons dans l'eau. Et puis, les humains leur foutent la paix. Ils ont beau avoir un paysage touristique que le monde entier nous envie, là, ils n'en ont rien à faire ! » En contrebas du quai, sur la Seine boueuse, un couple de canards colverts barbote au gré des vaguelettes. Un cormoran, ce grand oiseau marin au plumage noir et au long bec crochu apparaît. « C'est un jeune cormoran qui vient de plonger ! », remarque Frédéric Malher. L'oiseau disparaît une dizaine de secondes avant de ressortir un peu plus loin, un poisson dans le bec. Le grand cormoran est un oiseau migrateur. Il vient d'Europe du Nord et passe l'hiver à Paris, où on compte un millier d'individus. Certains restent même à l'année parce que la pêche est bonne. « Le cormoran est un grand pêcheur qui a la particularité d'avoir un plumage qui se mouille, à la différence de la plupart des autres oiseaux, explique Frédéric Malher. Quand on fait tomber de l'eau sur le dos d'un oiseau, l'eau ruisselle. Évidemment, il ne faut pas y aller au jet d'eau ! C'est en particulier très utile pour les canards qui flottent, parce qu'en plus, cela leur procure une couche d'air qui les maintient au chaud. Mais ça les empêche de plonger, ils remonteraient comme un bouchon. » À lire aussiL'observation des oiseaux, une science participative en développement actif Plongée sous-marine Le cormoran, lui, n'a pas ce problème et peut plonger « jusqu'à dix ou vingt mètres assez facilement, poursuit Frédéric Malher. Après, il va aller se poser et prendre la posture classique avec laquelle on représente souvent les cormorans, les ailes écartées qu'ils remuent éventuellement.Tiens, ça y est, il s'envole, il en a assez ! », s'interrompt l'ornithologue alors que le son d'un battement d'ailes bien spécifique s'élève de la Seine : celui d'un cormoran qui redouble d'efforts pour faire décoller de l'eau ses quelques trois kilos. Écarter les ailes au repos, « on a longtemps pensé qu'il faisait ça pour se sécher, ce qui est sûrement vrai au moment où il sort de l'eau. Puis on s'est aperçu que pour avoir cette position-là, les muscles travaillent, donc ils se réchauffent. Cela a donc une double utilité ». Sur la dalle qui leur sert de reposoir, au-dessus du Mémorial des martyrs de la déportation, goélands et cormorans continuent de prendre le soleil. Un héron les a rejoints. La Seine est un paradis. À lire aussiÀ Paris, avec l'amélioration de la qualité de la Seine, des moules refont leur apparition
Au Salon de l'agriculture, un salon de beauté pour chiens de berger
Le Concours général agricole récompense chaque année à Paris les plus beaux chiens de berger, choyés par leurs propriétaires. Reportage dans les allées du Salon de l'agriculture 2026. Une petite foule commence à se presser autour du « ring » où se déroule l'une des épreuves du Concours général agricole, qui récompense chaque année, au Salon de l'agriculture à Paris, les meilleurs animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons… et chiens. « Mes amis ne savaient pas que les chiens étaient au Salon de l'agriculture tous les ans. Pour eux, c'était cette année exceptionnellement parce que les vaches, qui ne sont pas là [à cause de l'épidémie de dermatose, NDLR], ont été remplacées par les chiens. Alors que non, les chiens sont présents tous les ans », rappelle Lætitia Cabrol, venue spécialement de Béziers, dans le sud de la France, avec Twister, son berger des Pyrénées à face rase. Comme l'explique Elodie Dormoy, en train de toiletter, dans son box, Sony des Anges, son corgi pembroke âgé de quatre ans, tous les chiens du concours « sont des chiens de berger », des races initialement destinées à garder les animaux de la ferme. « Les juges vérifient la conformité du chien par rapport aux standards de sa race », explique-t-elle. Démêlant pour cheveux Des critères subjectifs peuvent aussi entrer en compte. « On ne peut pas oublier le petit coup de cœur, parce qu'un chien, quand vous le voyez, il y en a qui vraiment vous prennent le cœur. On ne va pas l'empêcher, c'est un jugement humain », précise le speaker du concours, qui commente inlassablement la compétition au micro, du bord du ring. Surtout, « il faut que le chien courre avec élégance. C'est un concours de beauté », sourit Françoise Lauer, venue de Strasbourg, dans l'est de la France, avec un bearded collie, ou colley barbu, aux longs poils. Ou plutôt « une », car « c'est une fille, elle s'appelle Ti Amo », comme la chanson d'Umberto Tozzi. Au milieu des cages qui accueillent les chiens, au milieu des aboiements, le Salon de l'agriculture a des allures de salon de beauté, et Françoise Lauer prépare Ti Amo pour qu'elle soit la plus belle : « Ça demande de l'organisation. Il faut laver le chien au préalable. Il faut qu'elle ait le poil qui tombe très bien. C'est toute une technique pour que les cheveux tiennent en arrière. Pas de la laque, mais du gel, et un démêlant pour ne pas lui tirer sur les cheveux, pour que ça ne fasse pas mal. » Dans les concours canins, les « filles » ont des cheveux, pas des poils. Tous les candidats, ou plutôt leurs propriétaires, donnent coups de peigne ou coups de ciseaux avant de passer sur le ring et d'être jugés. Dorothée Baraton est ainsi affairée sur un berger australien, le chien d'une amie, « pour qu'il soit plus présentable ». « Je pense que la maîtresse est plus stressée que le chien », rit-elle. Deux testicules sinon rien Ici, pas d'épreuve de dressage ou de travail. « On est dans de la beauté, donc on n'arrive pas tout crotté, s'exclame Bernadette Frogier, éleveuse de berger blanc, un descendant du berger allemand. Il faut que le chien se présente bien, accepte qu'on lui regarde les dents – parce qu'on vérifie que le chien a bien toutes ses dents. Le juge va vérifier aussi pour les mâles s'il a bien ses deux testicules, sinon c'est éliminatoire. Ah oui ! Pour se reproduire, il faut que le mâle ait ses deux testicules. Sinon, ça fait des problèmes après au niveau des chiots... » « Oui, vous avez le droit d'applaudir les chiens !, encourage au bord du ring le speaker, alors que les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Je dirais qu'ils sont cabots, sans mauvais jeu de mot ! » Les chiens défilent devant les juges, qui les examinent un par un. « Et après, poursuit Bernadette Frogier, on fait un tour de ring en trottant parce qu'on recherche l'allure bergère du berger : le trot allongé, un beau port de queue qui descend, des belles oreilles... » « Vous voyez bien les oreilles, commente le speaker auprès d'un public souvent profane. Vous voyez bien la distance entre les deux oreilles et le bout du nez. » Un peu plus loin, en attendant son tour, Dorothée Baraton commente : « Ils sont gentils, vous savez, parce qu'ils sont patients... » La question de la semaine