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C'est dans ta nature

C'est dans ta nature

RFI · France Médias Monde

26 episodesFR

Show overview

C'est dans ta nature launched in 2025 and has put out 26 episodes, alongside 1 trailer or bonus episode in the time since. That works out to roughly 1 hours of audio in total. Releases follow a weekly cadence.

Episodes typically run under ten minutes — most land between 3 min and 3 min — and the run-time is fairly consistent across the catalogue. None of the episodes are flagged explicit by the publisher. It is catalogued as a FR-language News & Politics show.

The show is actively publishing — the most recent episode landed 3 weeks ago, with 17 episodes already out so far this year. Published by France Médias Monde.

Episodes
26
Running
2025–2026 · 1y
Median length
3 min
Cadence
Weekly

From the publisher

C'est dans ta nature, le rendez-vous hebdomadaire de RFI avec la biodiversité. Reportages et infos sur les végétaux et les animaux, leurs comportements, leurs secrets, leurs rôles dans les écosystèmes et dans la mondialisation. Tout ce dont on parle ici, C'est dans ta nature !

Latest Episodes

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Dans les coulisses de l'Herbier national du Muséum de Paris, trésor botanique bien gardé

Apr 25, 20263 min

Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales

Apr 18, 20263 min

Manchots, éléphants de mer: comment le réchauffement climatique menace la vie en Antarctique

Le manchot empereur est désormais en danger d'extinction, selon la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'UICN. La crise climatique affecte la banquise et les sources d'alimentation des animaux du pôle Sud. C'est l'un des endroits les plus reculés de la Terre et les plus froids, mais où le réchauffement climatique est deux fois plus important. L'Antarctique subit de rapides bouleversements, ce qui affecte les animaux qui y vivent : le manchot empereur, le plus grand et le plus lourd de toutes les espèces de manchots, est désormais considéré « en danger » d'extinction, selon la nouvelle liste rouge de l'UICN, l'Union internationale pour la conservation de la nature, publiée cette semaine. De nombreuses colonies ont perdu 20 % de leurs effectifs en quinze ans. Le réchauffement climatique a des effets sur la banquise, qui se rétrécit, ainsi que sur l'alimentation des animaux. L'eau devient plus chaude et le krill, ces petites crevettes à la base de la chaîne alimentaire marine, vit désormais dans des eaux plus profondes où il fait davantage froid. Ses prédateurs – mammifères, oiseaux et poissons – doivent ainsi plonger plus profondément. « Ils doivent consacrer plus de temps à descendre pour atteindre la profondeur où se trouvent les proies, plus à remonter à la surface pour respirer. Cela va diminuer le temps efficace de pêche, qui est le temps passé au fond de la plongée », explique Christophe Guinet, directeur de recherche au CNRS. Voyager plus pour plonger moins Certaines espèces préfèrent alors voyager plus pour plonger moins. C'est le cas des éléphants de mer. « Les femelles éléphants de mer que l'on équipe de balises vont s'alimenter en moyenne 350 kilomètres plus au sud qu'elles ne le faisaient il y a vingt ans, précise Christophe Guinet, qui travaille à la station scientifique des îles Kerguelen. Cela veut donc dire six jours passés en plus à voyager sur un voyage de sept mois. Ce n'est pas majeur. Surtout si, à l'endroit où vous allez, vous trouvez beaucoup de nourriture, ce qui semble être le cas. » L'UICN vient pourtant de classer « vulnérable » l'éléphant de mer austral, mais c'est à cause de la grippe aviaire, transmissible aux mammifères. Dans certaines colonies, le taux de survie des nouveau-nés n'a pas dépassé les 10 %. À lire aussiPourquoi la ruée sur le krill est une menace pour la planète? Course contre-la-montre Mais la migration du krill provoquée par le réchauffement climatique est un problème pour les manchots. Pendant que l'un des parents couve l'unique œuf pondu, ou protège le poussin du froid, l'autre doit aller pêcher plus loin, faire le plein de nourriture (non digérée) pour revenir nourrir le petit resté sur terre – enfin sur glace. Une vraie course contre-la-montre. « Cent kilomètres de plus pour accéder à la nourriture, cela veut dire pratiquement deux jours de plus pour accéder à la zone de pêche, deux jours de plus pour revenir sur un voyage qui doit faire dix ou quinze jours au maximum. Si vous voulez revenir avant que le poussin meure, cela commence à avoir un effet énorme », souligne Christophe Guinet. Les jeunes manchots sont aussi menacés par la fonte de la banquise, avant que leur plumage ne soit imperméable. Des colonies sont aujourd'hui régulièrement décimées, quand la glace se brise et que les oiseaux se noient dans l'eau froide. La question de la semaine À lire aussiLe manchot empereur et l'otarie à fourrure antarctique désormais classés comme espèces en danger

Apr 11, 20263 min

Découvrez le conseil-santé d'Entabu, chimpanzé et médecin

Dans la forêt d'Ouganda, la primatologue Sabrina Krief observe depuis des années une communauté de grands singes et nous partage ses découvertes : comment les chimpanzés de Sebitoli se soignent ou évitent de tomber malades. C'est l'histoire d'Entabu, un chimpanzé du parc national de Kibale, en Ouganda, qu'observe plusieurs mois par an la primatologue française Sabrina Krief. Et ce jour-là, « après une espèce de combat avec beaucoup d'effusions, de cris, etc., je le suis et je me rends compte qu'en fait, il a la lèvre vraiment ouverte, avec une blessure profonde, raconte la codirectrice de la station de recherche du Sebitoli Chimpanzee Project. Il se dirige vers un arbre, monte, récupère des feuilles, en descend avec une sorte de boule de feuilles qu'il va presser sur sa lèvre avant d'aller se reposer dans un nid pendant plusieurs heures. » Entabu fait-il un gros dodo pour soigner son gros bobo ? Pas tout à fait. Lors de sa sieste, il forme une nouvelle boule avec les feuilles qu'il avait cueillies dans l'arbre et qu'il applique encore sur sa lèvre. « Quand j'ai vu la blessure, je me suis dit qu'il n'allait pas être capable de manger pendant plusieurs jours tellement la blessure était impressionnante, poursuit Sabrina Krief. Le lendemain, c'était quasiment cicatrisé, et deux jours après rien, ne paraissait plus. J'ai regardé dans les articles scientifiques et j'ai vu que c'était une plante qui avait des propriétés pour les problèmes d'hémorragie, pour limiter les saignements. » Les chimpanzés, qui partagent 99% de leur ADN avec les humains, n'ont pas besoin d'aller sur internet pour se soigner. Non seulement la pression du cataplasme a permis d'arrêter les saignements, mais les feuilles choisies ont aussi agi comme un médicament. À l'instar d'autres animaux, les chimpanzés font de la médecine de terrain, et ils apprennent les uns des autres. « Ce n'est pas inné, ce n'est pas instinctif. Il y a de l'apprentissage de type essai-erreur, mais c'est dangereux quand même de faire des erreurs en forêt tropicale parce que certaines plantes sont extrêmement toxiques. La curiosité des chimpanzés est ce qui permet de dépasser cette peur. Quand un individu utilise ou consomme quelque chose de différent de ce qui est habituel, cela suscite vraiment l'intérêt des autres », explique Sabrina Krief. Chaque communauté de chimpanzés possède ainsi une culture, comme on a aussi pu le constater avec l'utilisation d'outils. Parmi les autres découvertes médicales que la primatologue partage dans son livre Infiniment proches aux éditions Grasset : l'invention d'un lit anti-moustique. « Les chimpanzés font un nid différent tous les soirs. Ils ont vraiment un très vaste choix d'espèces dans la forêt tropicale. Or, quand on a enregistré plus d'un millier de nids, on s'est rendu compte que pratiquement 80% des nids étaient concentrés autour de dix espèces seulement. On a alors testé les propriétés aromatiques de ces feuilles et on s'est rendu compte que certaines d'entre elles avaient des actions répulsives contre les moustiques. » Les chimpanzés de Sebitoli savent se soigner, et mieux encore, ils font de la prévention. La question de la semaine

Apr 4, 20263 min

Les derniers secrets des oiseaux migrateurs

De récentes études scientifiques nous en apprennent un peu plus sur un phénomène fascinant, mais encore parfois mystérieux : pourquoi, et comment, chaque année, des dizaines de milliards d'animaux à plumes se lancent dans de (très) longs voyages pour trouver chaleur et nourriture. (Rediffusion du 26 janvier 2025) Ils sont, chaque année, plus de 50 milliards à s'envoler vers ailleurs, pour passer l'hiver au chaud, se reproduire ou trouver une nourriture plus abondante. Une espèce d'oiseau sur cinq appartient ainsi à la grande famille des migrateurs. Préparation physique Mais au sein d'une même espèce, tous les oiseaux ne sont pas migrateurs. C'est par exemple le cas du merle qui possède l'un des plus beaux chants d'oiseau en Europe. On le voit gratter le sol en hiver à la recherche de quelques vers. Mais un quart d’entre eux, environ, préfère s'exiler plusieurs mois, là où il fait plus chaud et où il y a plus à manger, en Espagne ou en Afrique du Nord. Un voyage de 800 kilomètres en moyenne. Ce n'est pas rien, et ça se prépare, comme l’ont constaté des scientifiques allemands en équipant des merles d'une forêt du sud de l'Allemagne des mêmes capteurs qu'utilisent les sportifs pour mesurer leurs performances. Un mois avant le grand départ, le rythme cardiaque diminue la nuit, avant que la température corporelle, la nuit aussi, ne se mette également à baisser. L'heure est aux économies d'énergie. Phénomène social À l'image de l'autoroute des vacances qu'empruntent les humains, les oiseaux migrateurs parcourent souvent les mêmes chemins, et ils ne sont pas tout seuls. Sur la longue route, dans l’air ou sur les aires de repos, on socialise, et pas qu’avec les siens, comme viennent de le montrer de récentes études réalisées notamment grâce aux progrès de l'intelligence artificielle, en s'appuyant sur des enregistrements sonores d'oiseaux en vol ou au repos. Ce sont en moyenne trois espèces différentes qui voyagent ensemble (2,7 exactement, selon une étude publiée ce mois-ci aux États-Unis). Il y a une dimension sociale dans la migration et elle est liée au plumage : puisque la vitesse en vol dépend de la taille des ailes, les oiseaux aux ailes similaires voyagent ensemble. Qui se ressemble s’assemble. À écouter aussiLa migration des animaux Cocaïne et déforestation Pendant ces longues migrations, les oiseaux affrontent de nombreux périls dont les humains sont souvent responsables – la chasse, la pollution lumineuse, les constructions, le changement climatique... Et il y a aussi, plus inattendue, la cocaïne. Non, les oiseaux n’en consomment pas pour tenir le coup sur ces longues distances. Mais la coca les menace indirectement. C'est l'un des effets pervers de la lutte antidrogue en Amérique latine, mise en lumière l'an dernier par une étude de chercheurs aux États-Unis. Pour échapper à la surveillance, les narcotrafiquants s'enfoncent toujours plus dans les forêts tropicales et sont responsables, au Guatemala ou au Nicaragua, de près d'un tiers de la déforestation. Précisément là où viennent passer l'hiver, 20% des oiseaux migrateurs nord-américains. À lire aussiD'ici 2050, 80% des espèces d'oiseaux migrateurs menacées Le plein de caca Dernière révélation : la migration encourage la coprophagie, le fait d'avaler des excréments. Le caca, c'est caca, mais c'est surtout plein d'énergie. Des chercheurs australiens ont observé que le pétrel géant, avant la traversée de l’océan Austral, se nourrissait d'excréments de phoques, pour s'envoler le ventre plein. Chez tous les oiseaux migrateurs coprophages, il s'agirait aussi d'enrichir leur microbiote intestinal, pour que le système digestif s'adapte sans problème aux nouveaux types de nourritures rencontrées tout au long de la migration. Chez les oiseaux, la tourista, on ne connaît pas. La question de la semaine

Mar 28, 20263 min

Certaines plantes ne perdent jamais la boule

Dans des milieux arides, comme dans le Haut Atlas au Maroc, des végétaux poussent en forme de sphère. Une adaptation aux conditions extrêmes qui leur procure de nombreux avantages. Avez-vous déjà vu un hérisson se mettre en boule ? Ou un cloporte ? C'est pour se protéger. Des plantes ont la même tactique. Dans des zones arides, presque désertiques, comme dans les montagnes du Haut Atlas marocain, des boules vertes ponctuent les paysages, « des paysages magnifiques », témoigne Thierry Gauquelin, qui les arpente pour leur beauté, et pour son travail à l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie de Marseille. Des plantes poussent donc en forme de boule parce que cette architecture sphérique offre de nombreux avantages. Dans une région aux étés marqués par la sécheresse, il s'agit d'abord de perdre le moins d'eau possible et de limiter l'évapotranspiration (lorsque les feuilles rejettent dans l'atmosphère de l'eau sous forme gazeuse). « On sait que la sphère est la structure qui présente le rapport surface/volume le plus faible. Pour les végétaux qui doivent lutter contre la sécheresse, l'idée est donc de présenter une surface de contact avec l'atmosphère la plus faible possible et donc des possibilités de transpiration les plus faibles possibles », explique l'écologue. À lire aussiÀ la clinique des hérissons Microclimat Ces touffes de feuilles limitent aussi l'érosion du sol. Ce sont des boules vivantes qui forment « vraiment un coussin plaqué contre le sol, poursuit Thierry Gauquelin, professeur émérite à l'Université d'Aix-Marseille. On a ainsi un sol bien différent de celui qu'on a à l'extérieur, plus riche en matière organique, plus épais, qui présente une biodiversité plus importante. Un certain nombre d'insectes, des coléoptères, etc., vont se développer au sein de la touffe en y trouvant des conditions optimales pour leur développement. » Ces boules abritent aussi un formidable microclimat, comme l'a mesuré Thierry Gauquelin en plein été : alors que « la température était à l'extérieur de 30°C ou 35°C, elle n'était plus que de 20°C à l'intérieur de la touffe et l'humidité y restait beaucoup plus importante. On a effectivement une sorte de microclimat qui affranchit un petit peu la plante du climat général. » Et c'est aussi utile pendant les hivers rigoureux à 2 500 mètres d'altitude. Cette architecture sphérique est le fruit de millions d'années d'évolution, au Maroc mais aussi dans les Alpes ou même en Alaska. À des milliers de kilomètres, des plantes ont trouvé la même stratégie. Depuis, elles n'ont jamais perdu la boule. La question de la semaine À écouter dans 8 milliards de voisinsFace aux sécheresses et aux inondations, peut-on cultiver la pluie ?

Mar 21, 20263 min

Dix choses que vous ignorez peut-être sur les chats

Comment les chats se soignent et nous soignent, comment nous manipulent-ils, qui sont les chats les plus célèbres, pourquoi sont-ils si performants ? Voici quelques secrets de vos animaux de compagnie préférés. Ils sont plus de 600 millions sur la planète, et cela fait plus de 9 000 ans qu'ils vivent aux côtés des humains. Les chats ont mille secrets ; en voici quelques-uns. 1. Mini-tigre Dieu a-t-il inventé le chat pour qu'on puisse caresser un tigre ? En tout cas le chat possède 95 % de l'ADN des grands félins. Leur ancêtre commun vivait il y a 10 millions d'années. 2. Astronaute En 1962, un chat est allé dans l'espace. La télé était en noir et blanc, et le chat aussi était noir et blanc. C'était une chatte, qui s'appelait Félicette, au service du programme spatial français, et qui décolla à bord de Véronique, le nom de la fusée. Un vol de 10 minutes jusqu'à 157 kilomètres d'altitude. Félicette était revenue vivante. « Ah ! Félicette va bien, assurait à la télévision un responsable du programme. Elle se porte parfaitement, elle mange bien. Je crois qu'elle va très bien. » Deux mois plus tard, pour étudier son cerveau, elle était euthanasiée. 3. Chute libre Quand ils chutent d'un toit ou d'un balcon, les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes, mais leur taux de survie est de 90 %. Grâce à leurs 30 vertèbres (les humains n'en ont que 24), une partie de leur colonne vertébrale est flexible et l'autre rigide, ce qui leur permet de se redresser pendant la chute, quand leur moustache et leurs yeux évaluent la distance jusqu'au sol. 4. La meilleure façon de marcher Les chats ont aussi le sens de l'équilibre, sur des passages étroits. C'est grâce à leur queue et à leur façon de marcher. La patte arrière se pose exactement où était la patte avant. Et c'est aussi utile face aux prédateurs : ils laissent deux fois moins de traces sur le sol. 5. Doyen Le plus vieux chat du monde, Creme Puff, est mort au Texas en 2005. Il venait d'avoir 38 ans. Il est entré dans le Livre Guinness des records. À écouter dans Autour de la questionQue se passe-t-il dans la tête d'un chat? 6. Doyenne Kitty, doyenne des mamans-chats, a donné naissance au Royaume-Uni à deux petits chats quand elle avait 30 ans. 7. Mère à chats Quand le chat tête un humain, cela lui rappelle sa mère, et s'il le fait, c'est parce qu'il est stressé. Quand il ronronne, cela lui rappelle encore sa mère – ici c'est un signe de confiance. Nous sommes tous des mamans-chats. 8. Médecin Le ronronnement lui sert aussi à se soigner. Sa fréquence, entre 50 et 150 hertz, accélère la cicatrisation des plaies et la guérison des fractures. Et nous, humains, en profitons aussi : la médecine s'est inspirée des chats et utilise ces fréquences pour soigner des blessures musculaires. 9. Le ronron du bonheur Le ronronnement du chat entraîne aussi chez les humains la production d'endorphine et de sérotonine, les hormones du bonheur. 10. Manipulateur Si le chat miaule, c'est presque toujours avec un humain. Et il varie le ton et l'intensité en fonction de ses besoins. Il a appris au fil du temps ce qui marchait avec vous, et avec vous, ça marche toujours. Vous caressez un chat, mais c'est le chat qui vous manipule. À écouter dans 8 milliards de voisinsLes chats à la conquête du monde

Mar 14, 20263 min

Comment les mouettes, les goélands et les cormorans ont colonisé la Seine à Paris

Mouettes, goélands et cormorans ont fait de la Seine leur lieu de villégiature hivernale, avant qu'un certain nombre d'entre eux décide de s'y installer à l'année. On les voit et on les entend. Des milliers de mouettes, qui piaillent ou qui pleurent en bord de Seine, le long de la voie rapide qui traverse Paris, sont posées sur le sable. Ce n'est pourtant pas Paris-Plage, on est alors en plein hiver, au mois de janvier. Le soleil s'est couché et les mouettes se sont rassemblées sur les barges remplies de sable amarrées au quai, qu'elles transforment chaque soir en immenses dortoirs. « Les mouettes sont des oiseaux d'eau douce qui vont se reproduire sur les étangs. Entre le 15 février et le 1er mars tout le monde fout le camp ! Donc à partir de cette période, si vous voyez des oiseaux blancs sur la Seine, il y a neuf chances sur dix que ce soit des goélands, qui sont plus gros d'ailleurs », précise Frédéric Malher, ornithologue à la LPO Île-de-France, la Ligue pour la protection des oiseaux. Les Parisiens (et les touristes) prennent souvent des goélands pour des mouettes, « et dans le film Vos gueules les mouettes !, ce qu'on entend, ce sont des goélands, pas des mouettes ! » À lire aussiLes oiseaux de la Seine à Paris : une étonnante biodiversité Goélands parisiens En cet après-midi du mois de mars 2026, Frédéric Malher nous a donné rendez-vous en bord de Seine, face à Notre-Dame à la pointe de l'île de la Cité, où des goélands, reconnaissables à leur bec jaune, se reposent au soleil de cette fin d'hiver. « Ce sont des espèces essentiellement marines qui, en hiver, se répartissent un peu n'importe où, et en particulier remontent les fleuves. Cela faisait très longtemps qu'on en voyait en hiver à Paris. Puis, comme un certain nombre d'espèces, ils se sont aperçus que finalement, la ville, c'était quand même bien sympathique. Il y a à manger toute l'année, en général des poubelles et des fins de marché, et éventuellement des poissons dans l'eau. Et puis, les humains leur foutent la paix. Ils ont beau avoir un paysage touristique que le monde entier nous envie, là, ils n'en ont rien à faire ! » En contrebas du quai, sur la Seine boueuse, un couple de canards colverts barbote au gré des vaguelettes. Un cormoran, ce grand oiseau marin au plumage noir et au long bec crochu apparaît. « C'est un jeune cormoran qui vient de plonger ! », remarque Frédéric Malher. L'oiseau disparaît une dizaine de secondes avant de ressortir un peu plus loin, un poisson dans le bec. Le grand cormoran est un oiseau migrateur. Il vient d'Europe du Nord et passe l'hiver à Paris, où on compte un millier d'individus. Certains restent même à l'année parce que la pêche est bonne. « Le cormoran est un grand pêcheur qui a la particularité d'avoir un plumage qui se mouille, à la différence de la plupart des autres oiseaux, explique Frédéric Malher. Quand on fait tomber de l'eau sur le dos d'un oiseau, l'eau ruisselle. Évidemment, il ne faut pas y aller au jet d'eau ! C'est en particulier très utile pour les canards qui flottent, parce qu'en plus, cela leur procure une couche d'air qui les maintient au chaud. Mais ça les empêche de plonger, ils remonteraient comme un bouchon. » À lire aussiL'observation des oiseaux, une science participative en développement actif Plongée sous-marine Le cormoran, lui, n'a pas ce problème et peut plonger « jusqu'à dix ou vingt mètres assez facilement, poursuit Frédéric Malher. Après, il va aller se poser et prendre la posture classique avec laquelle on représente souvent les cormorans, les ailes écartées qu'ils remuent éventuellement.Tiens, ça y est, il s'envole, il en a assez ! », s'interrompt l'ornithologue alors que le son d'un battement d'ailes bien spécifique s'élève de la Seine : celui d'un cormoran qui redouble d'efforts pour faire décoller de l'eau ses quelques trois kilos. Écarter les ailes au repos, « on a longtemps pensé qu'il faisait ça pour se sécher, ce qui est sûrement vrai au moment où il sort de l'eau. Puis on s'est aperçu que pour avoir cette position-là, les muscles travaillent, donc ils se réchauffent. Cela a donc une double utilité ». Sur la dalle qui leur sert de reposoir, au-dessus du Mémorial des martyrs de la déportation, goélands et cormorans continuent de prendre le soleil. Un héron les a rejoints. La Seine est un paradis. À lire aussiÀ Paris, avec l'amélioration de la qualité de la Seine, des moules refont leur apparition

Mar 7, 20264 min

Au Salon de l'agriculture, un salon de beauté pour chiens de berger

Le Concours général agricole récompense chaque année à Paris les plus beaux chiens de berger, choyés par leurs propriétaires. Reportage dans les allées du Salon de l'agriculture 2026. Une petite foule commence à se presser autour du « ring » où se déroule l'une des épreuves du Concours général agricole, qui récompense chaque année, au Salon de l'agriculture à Paris, les meilleurs animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons… et chiens. « Mes amis ne savaient pas que les chiens étaient au Salon de l'agriculture tous les ans. Pour eux, c'était cette année exceptionnellement parce que les vaches, qui ne sont pas là [à cause de l'épidémie de dermatose, NDLR], ont été remplacées par les chiens. Alors que non, les chiens sont présents tous les ans », rappelle Lætitia Cabrol, venue spécialement de Béziers, dans le sud de la France, avec Twister, son berger des Pyrénées à face rase. Comme l'explique Elodie Dormoy, en train de toiletter, dans son box, Sony des Anges, son corgi pembroke âgé de quatre ans, tous les chiens du concours « sont des chiens de berger », des races initialement destinées à garder les animaux de la ferme. « Les juges vérifient la conformité du chien par rapport aux standards de sa race », explique-t-elle. Démêlant pour cheveux Des critères subjectifs peuvent aussi entrer en compte. « On ne peut pas oublier le petit coup de cœur, parce qu'un chien, quand vous le voyez, il y en a qui vraiment vous prennent le cœur. On ne va pas l'empêcher, c'est un jugement humain », précise le speaker du concours, qui commente inlassablement la compétition au micro, du bord du ring. Surtout, « il faut que le chien courre avec élégance. C'est un concours de beauté », sourit Françoise Lauer, venue de Strasbourg, dans l'est de la France, avec un bearded collie, ou colley barbu, aux longs poils. Ou plutôt « une », car « c'est une fille, elle s'appelle Ti Amo », comme la chanson d'Umberto Tozzi. Au milieu des cages qui accueillent les chiens, au milieu des aboiements, le Salon de l'agriculture a des allures de salon de beauté, et Françoise Lauer prépare Ti Amo pour qu'elle soit la plus belle : « Ça demande de l'organisation. Il faut laver le chien au préalable. Il faut qu'elle ait le poil qui tombe très bien. C'est toute une technique pour que les cheveux tiennent en arrière. Pas de la laque, mais du gel, et un démêlant pour ne pas lui tirer sur les cheveux, pour que ça ne fasse pas mal. » Dans les concours canins, les « filles » ont des cheveux, pas des poils. Tous les candidats, ou plutôt leurs propriétaires, donnent coups de peigne ou coups de ciseaux avant de passer sur le ring et d'être jugés. Dorothée Baraton est ainsi affairée sur un berger australien, le chien d'une amie, « pour qu'il soit plus présentable ». « Je pense que la maîtresse est plus stressée que le chien », rit-elle. Deux testicules sinon rien Ici, pas d'épreuve de dressage ou de travail. « On est dans de la beauté, donc on n'arrive pas tout crotté, s'exclame Bernadette Frogier, éleveuse de berger blanc, un descendant du berger allemand. Il faut que le chien se présente bien, accepte qu'on lui regarde les dents ​​​​​​​–​​​​​​​ parce qu'on vérifie que le chien a bien toutes ses dents. Le juge va vérifier aussi pour les mâles s'il a bien ses deux testicules, sinon c'est éliminatoire. Ah oui ​​​​​​​! Pour se reproduire, il faut que le mâle ait ses deux testicules. Sinon, ça fait des problèmes après au niveau des chiots... » « Oui, vous avez le droit d'applaudir les chiens ​​​​​​​!, encourage au bord du ring le speaker, alors que les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Je dirais qu'ils sont cabots, sans mauvais jeu de mot ​​​​​​​! » Les chiens défilent devant les juges, qui les examinent un par un. « Et après, poursuit Bernadette Frogier, on fait un tour de ring en trottant parce qu'on recherche l'allure bergère du berger : le trot allongé, un beau port de queue qui descend, des belles oreilles... » « ​​​​​​​Vous voyez bien les oreilles, commente le speaker auprès d'un public souvent profane. Vous voyez bien la distance entre les deux oreilles et le bout du nez. » Un peu plus loin, en attendant son tour, Dorothée Baraton commente : « ​​​​​​​Ils sont gentils, vous savez, parce qu'ils sont patients... » La question de la semaine

Feb 28, 20263 min

L'alcool, une histoire de plantes et d'animaux

L'alcool est dans la nature. Des végétaux produisent naturellement de l'éthanol dont raffolent certaines espèces : des singes, des oiseaux ou des chauves-souris. Il n’y a rien de plus naturel que l’alcool. L’éthanol, son nom scientifique, est apparu sur Terre il y a une centaine de millions d’années, quand les plantes ont produit des fleurs, et donc des fruits, qui finissent par pourrir : ils fermentent, un processus chimique mêlant sucre et levure. L'humain n'a pas le monopole de l'alcool, mais chez les autres animaux, on mange de l’alcool plutôt qu’on en boit. C’est le cas des singes, qui seraient tombés dedans il y a 10 millions d’années, lors d’une longue période de sécheresse, contraints de se rabattre sur des fruits pourris tombés au sol, des fruits fermentés. L'alcool tue en volant Le chimpanzé, notre cousin le plus proche, consomme chaque jour en fruits l’équivalent d’une pinte de bière. Une expérience menée sur d’autres singes, des vervets, a aussi montré leur penchant pour l’alcool. Ils avaient le choix entre un verre de jus de fruit et un verre d’éthanol ; seulement 15 % ont choisi le jus de fruit. Certains animaux consomment avec modération. Une chauve-souris africaine choisit des fruits à faible teneur en alcool, 1 % au maximum, sans doute pour éviter de voler en état d’ivresse. Ce qui n’est pas le cas d’une espèce d’oiseau d’Amérique, le jaseur. Il ne tient pas l’alcool, percute régulièrement des obstacles, et certains en meurent. Parfois l’alcool tue en volant. Un drame lié à l'alcool a eu lieu en Inde quand un éléphant a tué quatre personnes dans leur sommeil, en les écrasant, attiré par un stock d’alcool frelaté. Mais vu le poids de l’éléphant, peu de risque qu’il s’enivre : il lui faudrait boire au moins 40 litres d’alcool, soit manger près de 1 500 fruits fermentés. Source d'énergie Un autre animal tient très bien l’alcool, malgré son petit poids, à peine 50 grammes. Il s’agit du ptilocerque, un mammifère d’Indonésie de la taille d’un rat. Il peut absorber l’équivalent de neuf verres de bière, sans le moindre signe d’ébriété. Mais les animaux recherchent-ils l’ivresse comme les humains ? Plutôt de l’énergie, et l’alcool est particulièrement calorique. Une espèce de mouche ferait, elle, exception. Les femelles alcoolisées ont tendance à multiplier les partenaires sexuels – l’alcool désinhibe. Alors que les mâles rejetés par leur partenaire font le plein d’éthanol – on boit pour oublier. La question de la semaine À lire aussiPourquoi le frelon oriental tient-il si bien l’alcool?

Feb 21, 20262 min

La Saint-Valentin des plantes, fidèles ou polyamoureuses

Si les végétaux offrent des fleurs pour séduire, ce sont leurs propres fleurs, pour attirer les pollinisateurs. Certains ne jurent que par la fidélité quand d'autres pratiquent l'amour libre. C'est le massacre de la Saint-Valentin. Deux cents millions de roses sont coupées en quelques jours chaque année dans le monde juste pour la fête des amoureux. Des fleurs mortes pour célébrer l'amour... Oui, ça sent la rose, mais aussi les pesticides. La Saint-Valentin des plantes, dans leur milieu naturel, a un tout autre parfum. Les plantes aussi offrent des fleurs, mais ce sont leurs fleurs (leurs couleurs, leurs parfums et leur nectar), pas à d'autres plantes mais à des insectes, en général, qui jouent les entremetteurs, pour qu'il y ait pollinisation. Un triangle amoureux, où la séduction ne sert qu'à la reproduction. Figue féconde Certaines plantes sont particulièrement fidèles ; elles dépendent d'une seule espèce pour se reproduire. C'est le cas du figuier, un symbole de fécondité dans l'Antiquité, à cause de la sève blanche qui s'écoule quand on coupe une figue – pas besoin de faire un dessin... Depuis la nuit des temps, le figuier a fait alliance avec une espèce unique pour être fécondé : une guêpe. Elle entre dans la figue pour y pondre ses œufs et transporte ainsi le pollen. La plante et l'animal ont co-évolué pendant des millions d'années. Résultat : pas de guêpe, pas de figue, et sans figue, pas de guêpe non plus. C'est l'amour exclusif, mais c'est l'amour du risque : une seule guêpe vous manque et tout est dépeuplé. L'amour à l'aveugle Mais la plupart des plantes pratiquent le polyamour, multiplient les contacts pour multiplier leurs chances de se reproduire. La fleur de colza, par exemple, est pollinisée par plus de cent espèces d'insectes. Il y a aussi des plantes qui font l'amour à l'aveugle : les plantes anémophiles qui sèment à tout vent, tels les conifères. Comme un amoureux sur Tinder qui fait répondre à tous. À ce jeu de l'amour et surtout du hasard, sur des millions de graines, il y en aura bien une pour qui ça va matcher. Enfin, des plantes n'ont besoin de personne et pratiquent l'autofécondation. C'est le cas des céréales, le blé ou le riz. Certes, ce n'est pas terrible pour la diversité génétique, mais pas de déception amoureuse, ni rupture, ni jalousie. On n'est parfois jamais si bien servi que par soi-même. La question de la semaine

Feb 14, 20262 min

Des insectes nettoyeurs au service de l'humanité

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Des mouches, des vers ou des scarabées sont de véritables agents de ménage en se nourrissant de nos déchets. Vous en avez assez de faire le ménage ? Voici l'armée silencieuse, ou presque, des petites mains qui nous débarrassent des déchets. Ici, ce sont plutôt les petites bouches de petites mouches : la mouche soldat noire pond ses œufs dans les poubelles et le compost. Elle valorise nos déchets et les transforment en engrais. Mouches cicatrisantes Les mouches nettoient aussi les plaies, depuis l'Antiquité, quand il n'y avait pas d'antibiotiques. On appelle ça l'asticothérapie, pratiquée aussi à Diên Biên Phu par l'armée française à court de médicaments. Les larves, pour se nourrir, détruisent les tissus infectés, et leurs sécrétions ont une action antiseptique. Aujourd'hui, en France ou aux États-Unis, les asticots sont officiellement reconnus comme des médicaments. Main-d'œuvre immigrée Au milieu du XXe siècle, l'Australie a dû faire appel à des champions du nettoyage, parce qu'il n'y avait, dans l'immense territoire, aucun insecte capable de décomposer les bouses des vaches importées. Les insectes coprophages présents sur place se contentaient des petites crottes des kangourous. À cause des bouses de vache – 300 millions par an –, plus d'un million d'hectares de pâturages étaient ainsi perdus chaque année. L'Australie a donc fait venir des bousiers, ces petits scarabées célèbres pour rouler des boules de bouse dont ils se régalent. Mais aujourd'hui, les vermifuges qu'on donne au bétail menacent les populations de bousiers. Nourriture plastique Face à la pollution plastique qu'il génère, l'humain aurait pu avoir un allié : le ver de cire, la chenille d'un papillon qui peut vivre plus d'un an nourrie uniquement de polyéthylène. Lors d'une expérience, une soixantaine de larves ont mis une semaine à dévorer un sac plastique. Pas mal, mais ce ne sera pas suffisant vu l'ampleur de la tâche et les 400 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année. On ne peut pas toujours compter sur les autres animaux. La question de la semaine

Feb 7, 20263 min

Près de 27 ans après la marée noire, l'Erika continue de tuer des oiseaux marins

Des oiseaux ont été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, et le coupable a été identifié : du fioul du pétrolier Erika, naufragé fin 1999 et affrété par Total, qui continue de s'échapper. Le pétrole est l'ennemi des oiseaux de mer. En mer, on fait parfois de mauvaises rencontres. Comme une flaque de pétrole, flasque et gluante. Une quinzaine d'oiseaux marins ont ainsi été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, dans l'ouest de la France, souillés par le mazout de l'Erika, plus de 26 ans après que le pétrolier affrété par Total s'est coupé en deux, le 12 décembre 1999. Entre 150 000 et 300 000 oiseaux avaient été tués à l'époque par la marée noire. Mais il y a aussi le Tanio, un autre pétrolier naufragé il y a 46 ans, toujours au large de la Bretagne. « Le Tanio est un bateau très connu de nous, ornithologues, et à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), parce que chaque année, ou quasi chaque hiver, le bateau libère des nappes de fioul, et les oiseaux se souillent dans ces nappes, raconte Cédric Marteau, le directeur de la LPO. Ce qui est nouveau, aujourd'hui, c'est l'Erika. On a pour la première fois retrouvé sur des oiseaux marins des traces de ce fioul Erika. » Peu de chances de survie pour un oiseau souillé Les oiseaux marins et le pétrole, issu des marées noires ou des dégazages, ne font évidemment pas bon ménage. « Ils vivent à 100% en mer à part pour se reproduire, ce qui est très différent des oiseaux côtiers, explique Cédric Marteau. Et donc, ils s'alimentent en mer, ils dorment en mer, ils se posent sur l'eau et ils sont souillés. » Les chances de survie sont alors très minces. « À partir du moment où les oiseaux ont ingéré du fioul, en se nourrissant ou en voulant se nettoyer, on considère qu'il est très difficile de les sauver, poursuit Cédric Marteau. Il suffit parfois qu'il n'y ait que quelques plumes pour que l'oiseau soit simplement handicapé, n'arrive plus à vivre seul et donc vienne s'échouer. » À cause du pétrole, les plumes ne sont plus imperméables, et pour un oiseau de mer, c'est quand même un problème. Les oiseaux marins parmi les espèces les plus menacées Les oiseaux marins sont le deuxième groupe d'oiseaux le plus menacé au monde, à cause des marées noires, des dégazages mais aussi de la pêche, juste après les perruches et les perroquets en raison de la déforestation. Et on risque de perdre les oiseaux marins à tout jamais, parce qu'il est impossible de mettre en place des programmes de réintroduction. « La spécificité de ces oiseaux marins, c'est qu'évidemment, on ne peut pas les élever, souligne Cédric Marteau, de la LPO. Parfois, avec des oiseaux terrestres, on peut espérer les faire se reproduire, et quand les conditions s'améliorent, les réintroduire dans leur milieu. Les oiseaux marins, c'est impossible. Si on perd une espèce ou si une espèce d'oiseau marin est en danger, on ne peut malheureusement rien faire. » À lire aussiFrance: 27 ans après le naufrage de l'Erika, du fioul identifié sur des oiseaux en Bretagne La question de la semaine

Jan 31, 20262 min

Des animaux pas si bêtes

Des chevaux, une vache et des corbeaux ont fait l'actualité cette semaine en raison de leur intelligence et de leurs capacités cognitives. Nos amis les bêtes n'ont jamais aussi mal porté leur surnom. La preuve en trois informations publiées cette semaine et qui révèlent, ou rappellent, les facultés cognitives parfois étonnantes du monde animal. Les chevaux, la sueur et la peur Les chevaux sentent la peur, au sens propre, si on peut dire : notre transpiration dégage une odeur différente selon que l'on a peur ou que l'on est joyeux, et les équidés sont capables de la ressentir, selon une étude scientifique française publiée ce 14 janvier. Les chercheurs ont soumis aux naseaux de chevaux des tampons imbibés de sueur humaine récupérés après le visionnage d'un film d'horreur. Les chevaux ont détecté l'odeur de la peur, en témoigne alors leur comportement : plus nerveux, le cœur qui bat plus fort... Une contagion émotionnelle, une communication chimique qui restent encore à expliquer. La vache et le bâton On reste à la ferme et c'est un grand meuh, ou un grand oui, pour Veronika, une brune autrichienne, la vache la plus célèbre au monde depuis la publication cette semaine d'une étude scientifique dont elle est l'héroïne. Veronika est le premier bovin à utiliser un outil. En l'occurrence, un bâton, pour se gratter le dos. La scientifique autrichienne venue observer le phénomène lui a alors donné un balai, et là, nouvelle surprise, Veronika a utilisé la brosse pour se gratter le dos, et le manche, au bout arrondi, pour se gratter le ventre. Un même outil pour deux fonctions : seuls les singes et les humains en sont capables. Dans un regard bovin, quoiqu'en disent les mauvaises langues, il y a de l'intelligence. Veronika rejoint ainsi le club VIP des animaux capables d'utiliser des outils – une centaine d'espèces ont ainsi été observées. Comme les chimpanzés, qui peuvent utiliser une quarantaine d'outils, par exemple une pierre pour casser des noix. Les corbeaux, eux, posent des noix sur la route et attendent que les roues des voitures viennent les briser. Les corbeaux anti-Trump Les corvidés sont sans doute les animaux les plus intelligents après les singes et, aux États-Unis, un militant anti-Trump fait le buzz sur les réseaux sociaux en dressant des corbeaux à attaquer les fameuses casquettes rouges MAGA portées par les partisans de Donald Trump. Plusieurs mois d'entraînement ont été nécessaires pour que les corbeaux détectent les casquettes rouges et les enlèvent d'un coup de bec pour aller déguster la nourriture cachée dessous. Les corbeaux ne font pas de politique, c'est juste l'appel du ventre. Mais voilà qui promet un drôle de remake du film d'Alfred Hitchcock, The Birds (Les Oiseaux), lors d'un prochain meeting de Donald Trump. La question de la semaine À écouter dans Autour de la questionSommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux?

Jan 24, 20262 min

Les animaux qui puent: sentir fort pour se sentir fort

Dans le monde animal, certaines espèces émettent une odeur nauséabonde pour faire fuir leurs prédateurs. Et c'est efficace. Attention, ça va puer. Le putois n'est pas très agréable à entendre, et pas très agréable à sentir non plus. Le petit mammifère au corps allongé doit son nom à sa réputation olfactive. Le putois pue, enfin pas tout le temps, seulement quand il est stressé. Une odeur putride, qui lui sert à marquer son territoire et à faire fuir les prédateurs, une odeur issue de ses glandes anales. « Casse-toi, je pue ! », ce que dit aussi la moufette face à un prédateur. L'animal à la fourrure noire, où se dessine un V en blanc, lève la queue et balance jusqu'à cinq ou six mètres un liquide visqueux qu'on peut sentir jusqu'à un kilomètre. Ça pue, et cela brûle. Une arme chimique, une arme de dissuasion massive, utilisée seulement en dernier recours parce qu'il faut du temps pour la produire. Le geste et l'odeur L'opossum, lui, joint le geste à l'odeur. Il pratique la thanatose : il fait le mort face à un prédateur. Et pour rendre la mise en scène encore plus crédible, son corps dégage une odeur de putréfaction. Les prédateurs font demi-tour. Une odeur pour faire fuir, mais aussi pour séduire. C'est le cas du chevrotain porte-musc – oui, le musc utilisé en parfumerie et en médecine traditionnelle. Les sept espèces de porte-musc présentes en Asie ont été tellement chassées par l'Homme pour leur odeur qu'elles sont aujourd'hui menacées d'extinction. Poisson pourri Mais il n'y a pas que les mammifères qui puent. Prenez le fulmar, un oiseau marin. Si on s'approche trop près du nid, il vomit, et ça sent le poisson pourri. Chez les insectes, il y a la punaise, et son nom là non plus ne doit rien au hasard. Chaque punaise a son propre parfum, unique, comme une empreinte digitale. C'est pour protéger ses petits que la punaise pue. Elle asperge ses œufs d'une substance odorante qui peut être paralysante. Parfois dans la nature, il faut sentir fort pour se sentir fort.

Jan 17, 20263 min

La mort du super éléphant Craig, une perte pour le Kenya et l'humanité

L'un des derniers « Big Tuskers » présents en Afrique est décédé à l'âge de 54 ans. Le pachyderme devait sa renommée à ses immenses défenses qui touchaient presque le sol. Un géant d'Afrique vient de disparaître, et c'est une perte pour l'humanité. Le Kenya a annoncé en début de semaine la disparition de Craig, l'un des derniers « Big Tuskers » (« grosses défenses »), comme on appelle ces éléphants aux défenses impressionnantes encore vivants en Afrique – il n'y en aurait plus qu'une trentaine. « Un éléphant comme Craig... personne ne peut rester indifférent face à une créature comme celle-là, parce que c'est vraiment quelque chose qui est en train de disparaître de la surface de notre planète. C'est bouleversant... », témoigne Vincent Jolly, grand reporter au Figaro Magazine, qui a eu la chance de rencontrer Craig en 2024. Craig est mort de sa belle mort, mais l'un de ses cousins a été tué un mois plus tôt, légalement, en Tanzanie, où la chasse est autorisée, alors que le Kenya, le pays voisin où vivait Craig, l'a abolie dès 1973. « La première crainte que j'ai eue en apprenant sa mort, poursuit Vincent Jolly, c'est qu'il se soit fait abattre de l'autre côté de la frontière, en Tanzanie. Les éléphants se fichent des frontières humaines. » À lire aussiKenya: mort de Craig, éléphant iconique aux défenses gigantesques Victimes de leur génétique Craig avait fière allure, fier de ses défenses : une cinquantaine de kilos chacune, elles touchaient presque le sol. De quoi attiser la convoitise des chasseurs et des braconniers. « De la même manière que chez les humains vous allez avoir des gens qui sont plus grands, les défenses sont uniquement dues à quelque chose de génétique », explique Vincent Jolly. Depuis la colonisation et ses massacres de masse, les super éléphants comme Craig ont été victimes de leur génétique. « On chassait les éléphants qui avaient les plus grosses défenses et donc il est rare de trouver chez les éléphants qui naissent aujourd'hui cette génétique qui va leur procurer des défenses aussi larges et aussi grosses. » On ignore si Craig avait des descendants. Il a vécu jusqu'à 54 ans, grâce aux rangers du parc national d'Amboseli. « Craig a eu une vie belle et longue grâce au travail de gens qui passent toute l'année à faire en sorte de trouver des solutions de médiation avec la population, parce qu'on ne peut pas protéger l'environnement si on ne donne pas une alternative aux populations ultra-précaires qui ont envie d'exploiter leurs terres et de vivre comme vous et nous », souligne Vincent Jolly. Sur notre petite Terre, il faut de la place pour tout le monde. La question de la semaine

Jan 10, 20263 min

Vol au-dessus de la canopée, le radeau des cimes de Francis Hallé

Le biologiste français Francis Hallé est décédé le 31 décembre 2025 à l'âge de 87 ans. Amoureux et défenseur des arbres, il avait imaginé un engin pour explorer le sommet des forêts tropicales, milieu le plus vivant au monde. C'est un radeau qui flotte non pas en mer mais dans l'air, au-dessus d'un océan vert, au-dessus des forêts tropicales. Un radeau imaginé par Francis Hallé, mort à 87 ans le 31 décembre. Le célèbre biologiste français voulait observer, sur un filet suspendu à un dirigeable, une biodiversité d'une richesse incroyable, comme l'avait montré peu avant le biologiste américain Teddy Erwin, aux méthodes peu orthodoxes. « Lui-même n'était pas monté, parce qu'à l'époque il n'y avait pas de système commode. Il a mis sur le sol un canon à gaz toxique qui tuait les bestioles qui étaient là-haut et qu'il recueillait au sol sur des draps blancs. Ce n'est pas très élégant, mais à l'époque on ne pouvait pas faire mieux. Grâce aux travaux de Terry Erwin, la biodiversité mondiale est passée de 3 millions à 30 millions [d'espèces] », racontait, en 2022, Francis Hallé au micro de Caroline Lachowsky dans l'émission Autour de la question. Plus forte biodiversité sur la planète Alors Francis Hallé décida d'aller voir au plus près, là-haut, tout là-haut, à 30 ou 50 mètres du sol, grâce au Radeau des cimes, respectueux de la biodiversité. « En bas, il y a 0,1% de l'éclairement total. Il y a très peu de lumière. Il faut que l'œil s'habitue, mais cela reste malgré tout très sombre, et on y trouve donc très peu de plantes et d'animaux. Tandis que lorsque vous êtes là-haut, il ne faut pas perdre de vue que c'est l'endroit où la biodiversité est la plus forte au niveau mondial. C'est le milieu le plus vivant du monde », précisait Francis Hallé. Trente ans d'expéditions ont ainsi été menées au-dessus de la canopée des forêts tropicales d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud. Quatre cents scientifiques y ont participé pour découvrir, au Cameroun, au Gabon, au Laos ou encore au Brésil, des milliers d'espèces nouvelles. « Les journalistes nous demandaient souvent si on en avait trouvées. Ça nous faisait rigoler parce que la difficulté là-haut est de trouver une espèce qui soit déjà connue », souriait Francis Hallé. La beauté des forêts primaires Des lézards, des grenouilles, des cigales, quantité d'insectes, des mammifères et bien sûr des oiseaux. D'autres plantes que les arbres aussi, qui ne touchent jamais terre : des orchidées ou des fougères qui vivent accrochées aux branches. Francis Hallé a aussi vu que la canopée était une vraie machine climatique : l'évapotranspiration des feuilles engendre des nuages – oui, les arbres peuvent faire pleuvoir. Dans son Radeau des cimes, au-dessus des forêts tropicales, Francis Hallé a révélé un autre monde, suspendu, ignoré quand on est au sol. Il a rencontré la beauté. « Entre une forêt primaire et une forêt secondaire, ce qui apparait immédiatement, c'est la beauté. Si je vous parle de biodiversité, il va falloir faire des inventaires pendant des années. Tandis que la beauté, elle apparait immédiatement. C'est ça que j'aime bien », racontait encore le biologiste. À lire aussiPourquoi remonter sur le radeau des cimes?

Jan 3, 20264 min

Rétro 2025: de belles histoires animales

Une ourse et une orque maternelles, un sanglier materné... Cette année, des animaux ont marqué l'actu. Maman ourse C'est presque un conte de Noël, qui s'est passé en novembre, dans le Grand Nord canadien. Une ourse polaire avait un petit, et puis quelque temps plus tard, les scientifiques qui la suivent l'ont aperçue avec un deuxième ourson, qui n'était pas le sien, qu'elle a donc adopté, dans des circonstances inconnues. C'est extrêmement rare, mais dans le froid de l'hiver arctique, maman ourse a un cœur chaud comme ça. Histoires d'orques ​L'amour maternel, jusqu'au bout. L'amour d'une orque, appelée Talequah, aperçue dans le Pacifique, au large des États-Unis, portant sur son dos la dépouille de son petit, sans vie, pour l'empêcher de disparaître en mer à tout jamais. L'amour, la mort, et puis la vie : quelques jours plus tard, les scientifiques au chevet de cette espèce d'orque menacée d'extinction ont observé une naissance. Une histoire d'orque, encore, avec la mort de Kshamenk, connue comme le cétacé le plus seul au monde. L'orque avait été capturée, dressée et exposée dans un parc aquatique argentin, enfermée dans un bassin à la taille scandaleuse, à y tourner en rond pendant 33 ans. La mort comme une libération. Rillette rieuse En 2025, Rillette a fait vibrer le cœur des Français. Rillette est un sanglier, ou plutôt une laie, la femelle du cochon sauvage. Rillette fut sauvée des chasseurs par une famille d'accueil humaine, mais Rillette et ses 100 kilos étaient à présent menacés d'euthanasie par les autorités. Le sort de Rillette a alors ému le pays. Un sanglier devenu presque cause animale, au point de déclencher des pétitions, et même une chanson. Puisqu'on vous a promis de belles histoires, celle-ci finit bien. Le préfet a cédé, Rillette a été graciée, Rillette ne finira pas en pâté. Raton buveur Une dernière pour la route, avec la folle soirée alcoolisée d'un raton laveur aux États-Unis. Le petit mammifère à la queue rayée s'était introduit dans un magasin d'alcool et il s'en est donné à cœur joie. Pas moins de quatorze bouteilles éclatées, menu dégustation en formule all inclusive, avec un petit penchant pour le whisky. Le raton buveur a fini sa nuit dans des circonstances qui vous rappelleront peut-être des souvenirs : affalé, complètement ivre, dans les toilettes. À lire aussiL'intelligence animale: les hiérarchies bouleversées du vivant

Dec 27, 20252 min

Éléphants, lions, guépards... D'où viennent les animaux de la CAN?

Des Lions de l'Atlas aux Éléphants de Côte d'Ivoire, en passant par les Aigles du Mali et les Guépards du Bénin, pourquoi la majorité des sélections nationales de foot en Afrique ont-elles pour emblème des animaux ? Six équipes de foot africaines sur dix ont pour emblème un animal, parce que l'Afrique abrite quelques-unes des espèces les plus charismatiques, à commencer par le lion. Trois pays se sont choisi comme emblème le roi des animaux, dans l'espoir d'être les dieux du stade : le Cameroun, et les Lions indomptables, le Maroc et les Lions de l'Atlas, une sous-espèce disparue à l'état naturel, et le Sénégal, avec les Lions de la Teranga. « Par sa crinière, le lion impose la respectabilité. Il vous fait peur, souligne le journaliste Rémy N’Gono, consultant à Radio Foot Internationale. Quand les Sénégalais entrent dans un stade, ils agissent comme des lions : ils se jettent sur la proie. Ils ont faim. Ils ont envie de te dévorer ! » Des animaux puissants Les félins, superprédateurs, se taillent d’ailleurs la part du lion. « L’animal représente souvent la puissance dans les totems. Prenez le léopard du Zaïre de Mobutu Sese Seko. Il avait décidé que ce serait et son emblème et l’emblème de l’équipe nationale », rappelle Rémy N’Gono. « Dans le choix d’un emblème, précise le sociologue du sport Patrick Mignon, il y a quelque chose qui relève de ce qu’on va penser être un consensus sur une représentation de soi ; quel est, effectivement, l’animal sur lequel on va pouvoir trouver un accord qui satisfera tout le monde. À partir de là, c’est aussi une image qu’on renvoie à l’adversaire. » La force tranquille des Zébus de Madagascar, le mordant des Scorpions de Gambie, ou la puissance des Étalons, l’animal symbole du Burkina Faso… On choisit un emblème, lié à son pays, pour ses qualités physiques. « En Afrique, il y a des animaux qui sont beaucoup respectés, mais qu’aucune équipe ne peut prendre comme nom ou comme sobriquet. Par exemple : la tortue. Tout le monde te dira en Afrique que c’est l’animal le plus intelligent. Mais le football représente un combat, donc à partir de cet instant, on cherche celui qui peut avoir la force de pouvoir gagner, pas par la ruse, mais par la détermination, l’endurance, le côté physique », explique Rémy N’Gono. La loi de la jungle sur la pelouse Trois pays ont choisi l'aigle : la Tunisie, le Nigeria et le Mali. Mais que dire alors des Hirondelles du Burundi ? En 2023, le Bénin a officiellement changé de nom. Les Écureuils sont devenus les Guépards. Ce qui fait sourire Rémy N’Gono : « Dans la forêt, où les fauves sont là, l’écureuil est sur des branches en train de chercher des noix de palmiste. Mais qu’est-ce que l’écureuil peut gagner ? Du coup, [les Béninois] se sont dit : nous allons devenir des guépards. Mais vous le savez très bien : l’âne a beau changer de nom, il restera toujours un âne ! ». En 2019, les Lions de la Teranga se faisaient battre en finale par les Fennecs, les renards rusés du désert algérien. La loi de la jungle n'est pas toujours respectée. À lire aussiLe lion de l’Atlas, disparu mais vivant

Dec 20, 20252 min

Les céphalopodes font pieuvre d'intelligence

Les poulpes ont-ils vraiment neuf cerveaux ? Comment sont-ils capables de résoudre des problèmes complexes ? Gros plan sur les plus perspicaces des animaux invertébrés. [REDIFFUSION DU 18 MAI 2025] C'est une expérience, réalisée par le commandant Cousteau, qui a révolutionné la compréhension des céphalopodes et suscité le plus grand intérêt pour cette famille de mollusques à laquelle appartiennent les poulpes, les sèches ou les calamars. Un poulpe est placé devant un bocal dans lequel est enfermé un crabe. « Que fait le poulpe ? Non seulement il voit qu'il y a un crabe – très bonne vision. Ensuite, il arrive à comprendre qu'il y a un couvercle. Et il arrive à trouver les moyens, avec ses bras munis de ventouses, d'ouvrir le bocal, c'est-à-dire de tourner le couvercle, raconte Laure Bonnaud-Ponticelli, professeure au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Quand les scientifiques se sont aperçus de cela, ils se sont dit : "Ah, mais en fait, ces bêtes ont un cerveau qui pourrait correspondre au nôtre". Et comme nous sommes intelligents, on s'est dit : "Ils sont donc intelligents." » Les poulpes ou les pieuvres (ce sont les mêmes animaux, le mot pieuvre ayant été inventé par Victor Hugo) sont les invertébrés les plus intelligents. En regardant un tuto sur une vidéo, un poulpe avait ensuite été capable de résoudre le problème auquel il était confronté. En revanche, contrairement à une idée reçue, ces céphalopodes n'ont pas neuf cerveaux. « Ils ont un gros cerveau, précise Laure Bonnaud-Ponticelli. Et puis ils ont des espèces de petits amas de cellules nerveuses à la base de chacun de leurs huit bras. Il semblerait qu'il y ait malgré tout une certaine autonomie de ces mini-centrales nerveuses qui pourraient commander les bras indépendamment. » Paul le poulpe C'est aussi ce cerveau qui commande l'incroyable capacité des poulpes à changer de forme, de texture et de couleur, pour se fondre dans le paysage, en un millième de secondes. « Ils ont dans leur peau un très grand nombre de cellules qui sont responsables de ces changements. Quand un ordre est donné par le cerveau à la vitesse de l'influx nerveux, si rapide qu'on ne le voit pas à l'œil nu, tout est interconnecté. Ce qui fait que l'animal va complètement disparaître aux yeux des prédateurs, également aux yeux des proies », explique Laure Bonnaud-Ponticelli. Un poulpe avait défrayé la chronique pendant la Coupe du monde de football en 2010. Le célèbre Paul le poulpe, une pieuvre enfermée dans un aquarium en Allemagne. Un champion des pronostics qui désignait presque toujours le drapeau du futur vainqueur. Mais ici pas d'intelligence ni de compétence sportive. C'était juste le hasard, les poulpes ne voyant pas les couleurs. La question de la semaine

Dec 13, 20252 min
France Médias Monde